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Cours n°12

Structures en câbles

SOMMAIRE

1 HISTORIQUE DES CONSTRUCTIONS EN CÄBLES

3

2 NOTIONS DE STATIQUE GRAPHIQUE

4

2.1 CORPS SOUMIS A DEUX FORCES

4

2.2 CORPS SOUMIS A TROIS FORCES

4

2.3 CORPS SOUMIS A QUATRE FORCES

4

3 DYNAMIQUE DES FORCES ET POLYGONE FUNICULAIRE

5

3.1

DEFINITIONS

5

3.2

EQUILIBRE DUN CORPS SOLIDE

7

3.4

MOMENT RESULTANT DUN ENSEMBLE DE FORCES FI

8

Cas 1 : Le dynamique est

8

Cas 2 : le dynamique est fermé

9

3.5

FUNICULAIRE PASSANT PAR DEUX POINTS

10

4 STATIQUE DES FILS

12

 

4.1 fil soumis à des charges concentrées

12

4.2 fil soumis à des charges réparties

13

5 NOTION DE CÄBLE FUNICULAIRE ET MODE DE FONCTIONNEMENT D’UN CÄBLE

15

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6

INTERÊT DE LA PRECONTRAINTE D’UN CÂBLE

17

7

TECHNOLOGIE DES CÂBLES

18

7.1 LES DIFFERENTS TYPES DE CABLES

18

7.2 DOMAINE DEMPLOI :

21

7.3 PROTECTION CONTRE LA CORROSION :

22

7.4 MODULE DELASTICITE :

22

7.5 CONTRAINTE ADMISSIBLE :

22

ELASTICITE : 22 7.5 C ONTRAINTE ADMISSIBLE : 22 L’art de dérouler un câble toronné d’après

L’art de dérouler un câble toronné d’après le manuel de la compagnie Roebling

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1

HISTORIQUE DES CONSTRUCTIONS EN CÄBLES

L’usage de câbles dans les constructions est très ancien. Des câbles de cuivre ont été retrouvés dans les ruines de Ninive, près de Babylone. Ces vestiges datent de 685 avant Jésus Christ. Un pont suspendu à des chaînes de fer aurait été construit en chine à Yunnan en l’an 65 dont on doit une description au jésuite allemand Athanase Kircher au XVIII ème siècle : « Ce pont qui a vingt chaînes, a vingt perches de long, qui font 140 pieds : l’on dit que quand beaucoup de personnes passent dessus, ou qu’il y a quelque grand fardeau, il branle si fort qu’il fait peur à ceux qui y sont»

Des câbles de bronze ont également été découverts dans les fouilles de Pompéi (an 79).

On attribue également les premiers ponts suspendus à des chaînes de fer au moine tibétain Thang-stong-rgyal-po (1385-1464) dont le pont sur la rivière Paro. En Europe, le pont de Menai, au pays de Galles, réalisé entre 1818 et 1826 par Thomas Telford et Davies Gilbert, est un des premiers ouvrages modernes, comprenant un arrangement de barres métalliques de 2.90 m auquel est suspendu un platelage de bois de 176 m. La suspension en chaînes a finalement été remplacée par des câbles en 1941.

a finalement été remplacée par des câbles en 1941. Le pont de Menai -1826- (Pays de

Le pont de Menai -1826- (Pays de Galles)

La production industrielle de câbles, faits d’arrangements de fils métalliques, date de 1832 en Angleterre (Wilson), puis de 1834 en Allemagne (A. Albert), et enfin se développe aux Etats Unis grâce à John A. Roebling vers 1850.

aux Etats Unis grâce à John A. Roebling vers 1850. Allegheny Bridge(1829) Brooklin Bridge (1883) Deux

Allegheny Bridge(1829)

grâce à John A. Roebling vers 1850. Allegheny Bridge(1829) Brooklin Bridge (1883) Deux ponts suspendus de

Brooklin Bridge (1883)

Deux ponts suspendus de John A. Roebling

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NOTIONS DE STATIQUE GRAPHIQUE

La statique graphique est l’étude des conditions d’équilibre des corps au repos à partir de la mesure et du tracé des forces. Elle n’est plus guère utilisée aujourd’hui du fait des progrès du calcul numérique par ordinateur. Cependant il est utile au constructeur d’apprécier, par un moyen simple comme le dessin, le fonctionnement des pièces et le cheminement des forces.

Le principe consiste à faire figurer sur une même épure les longueurs et les forces. Nous admettons par la suite que toute force est représentée par un vecteur glissant défini par sa ligne d’action (directrice) et son intensité (longueur du vecteur) ainsi que son orientation.

2.1 CORPS SOUMIS A DEUX FORCES

Ces deux forces sont égales et opposées

A B
A
B

2.2 CORPS SOUMIS A TROIS FORCES

Les trois forces sont concourantes et l’une d’entre elles est égale à la somme vectorielle des deux autres.

A
A

2.3 CORPS SOUMIS A QUATRE FORCES

On regroupe les forces deux à deux. La résultante en A doit être égale et opposée à la résultante en B. On appelle « droite de Cullman » la droite qui porte ces deux forces égales et opposées. Il y a trois droites de Cullman, car il y a trois façons de grouper ces quatre forces.

A B
A
B

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3

DYNAMIQUE DES FORCES ET POLYGONE FUNICULAIRE

3.1

DEFINITIONS

Soit n forces coplanaires. Par un point A0 arbitraire, on mène A0 A1 équipollent à F1, puis A1A2 équipollent à F2, puis de proche en proche Ai-1 Ai équipollent à Fi, et enfin An-1An équipollent 1 à Fn. Le contour polygonal A0 An est appelé dynamique associé aux forces Fi. La forme du dynamique ne dépend pas du point A0 mais de l’ordre dans lequel on examine ces forces.

A0

P An An-1 Fn-1 A1 F1 A2 F2 Ai Fi
P
An
An-1 Fn-1
A1
F1
A2
F2
Ai
Fi

dynamique

Le vecteur A0An est équipollent à la résultante des forces. Il ne dépend pas de l’ordre des forces Fi

Par un pôle arbitraire P , on trace des droites liant P et l’extrémité des forces Fi du dynamique. Par un point arbitraire du plan a1 choisi sur F1, on trace successivement les droites a0a1, a1a2, parallèles à A0P et A1P, puis à l’intersection avec F2, a2a3, et ainsi de suite…

F1 a0 a1 F2 funiculaire a2 Fi ai
F1
a0
a1
F2
funiculaire
a2
Fi
ai

Fi+1

de suite… F1 a0 a1 F2 funiculaire a2 Fi ai Fi+1 ai+1 an-1 an F5 1

ai+1

an-1 an F5
an-1
an
F5

1 vecteurs équipollents = vecteurs parallèles, de même direction et de même intensité

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Le contour polygonal a0an est appelé funiculaire 2 associé au dynamique Ai et au pôle P. A tout dynamique, il correspond une infinité de funiculaires, le choix de a0 et P étant arbitraire.

Tout système plan de forces est équivalent à un système de deux forces ayant pour ligne d’action le premier et le dernier côté du funiculaire et équipollents au premier et au dernier rayon polaires du dynamique, le premier rayon étant parcouru du dynamique vers le pôle, et le dernier rayon étant parcouru du pôle vers le dynamique.

funiculaire

f0 Fi fn
f0
Fi
fn

Le dynamique est ouvert si ses sommets A0 et An sont distincts. L’ensemble des n forces est alors réductible à une force Rn équipollente à A0An.

dynamique ouvert

A0 0 Rn n An
A0
0
Rn
n
An

P

Si le dynamique est fermé :

si A0 coïncide avec An. Les rayons a0-P et P-an sont confondus. Si o’ et n’ sont distincts, le funiculaire est ouvert et l’ensemble est réductible à un couple.

F1 m2 2’ 0’ d 1’ m0 F2
F1
m2
2’
0’
d
1’
m0
F2
A0 A2 0 et 2 P’ P 1
A0
A2
0 et 2
P’
P
1

A1

Funiculaire ouvert et dynamique fermé

Si o’ et n’ sont confondus, le funiculaire est fermé. L’ensemble des forces est réductible à zéro.

2 Le mot funiculaire vient du latin funiculus : petite corde.

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A1

A2

A0 A4 A3
A0 A4
A3

P dynamique fermé

Funiculaire fermé
Funiculaire fermé

Funiculaire et dynamique fermés

3.2 EQUILIBRE DUN CORPS SOLIDE

Tout solide soumis à un ensemble de forces ou de réactions d’appui est en équilibre si l’on peut associer à ces forces un polygone dynamique et un polygone funiculaire qui soient tous les deux fermés.

dynamique fermé

F1 GGGG 1’1’ 1’1’ 2’ F2 F3 3’ 1’ F3
F1
GGGG
1’1’
1’1’
2’
F2
F3
3’
1’
F3
0 et 3 2 F2 1
0 et 3
2
F2
1

P

F1

A0

funiculaire fermé

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On peut choisir un funiculaire particulier, ayant son pôle situé à l’extrémité d’une des forces. On trouve alors la ligne de pression.

3.3 LIGNE DE PRESSION :

C’est le funiculaire particulier pour lequel le pôle P du dynamique est confondu avec A0. La ligne de pression permet de visualiser le cheminement des forces dans la matière.

A1

1 P 2 A2 3’ A0 3
1
P
2
A2
3’
A0
3

a2

1’ a1
1’
a1

2’

A3

funiculaire particulier

dynamique

3.4 MOMENT RESULTANT DUN ENSEMBLE DE FORCES FI

Le moment en un point d’un ensemble de forces est égal au moment en ce point de leur résultante. Lorsque l’ensemble des forces est réductible à un couple, le moment se réduit au moment du couple.

Cas 1 : Le dynamique est ouvert

On trace le repère Gxy tel que Gx soit perpendiculaire à Rn, résultante des forces appliquées. Le moment de la résultante est égal à :

r M = − R b ' b n n n y 0’ m0 bn
r
M = −
R b ' b
n
n
n
y
0’
m0
bn
x
funiculaire
b’n
mn
n’
Rn
P
A0
0
G
dynamique
P’n
n
An

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Le moment de la résultante Rn du funiculaire en G est égal au produit de cette résultante par la distance à l’axe GY. Les triangles P A0 An et bn m0 mn sont semblables. On en déduit la valeur du moment en G.

r M = − b b × R ' b ' b P ' P
r
M
= −
b b × R
'
b ' b
P ' P
=
m m
A A
0
n
0
n
r
A A =
R
0
n
M
= −
P P × m m
'
0
n

Cas 2 : le dynamique est fermé

On considère le cas où le funiculaire est ouvert (réductible à un couple), car sinon le moment est nul en tout point du plan.

couple), car sinon le moment est nul en tout point du plan. f0 y m’o mn

f0

y m’o mn n’ - fn m0 G x 0’ P’ A0 et An 0
y
m’o
mn
n’
- fn
m0
G
x
0’
P’
A0 et An
0 et n

funiculaire ouvert

dynamique fermé

P

P’ est la projection de P sur la parallèle à Gy passant par A0. PA0 est parallèle à f0. Les triangles PP’A0 et m0 m’0 mn sont semblables.

P ' P m ' m 0 0 = A P m m 0 0
P
' P
m '
m 0
0
=
A
P
m
m
0
0
n
r
P
= −
f
A 0
0

Le moment est égal à

M

= −

r

f

0

×

m m

0

'

0

= −

'

P P m m

×

0

n

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3.5 FUNICULAIRE PASSANT PAR DEUX POINTS

A

0’1 F1 0’2 Fn n’1 Oi i’1 (D) i’2 n’2 B On
0’1
F1
0’2
Fn
n’1
Oi
i’1
(D)
i’2
n’2
B
On

construction du funiculaire passant par A et B

On trace un dynamique de pôle P1, puis un funiculaire passant par A. le coté n’1 ne passe pas par B. On choisit une droite D passant par A. On construit l’intersection de n’1 avec D. On obtient le point On. De ce point on trace la droite On B. L’intersection avec Fn permet d’obtenir

le

côté du funiculaire n’2… De proche en proche, on construit le funiculaire déformé passant par

A

et B . Le pôle P2 est obtenu par intersection de P1 P2 parallèle à D et d’un rayon quelconque

i2

du dynamique, parallèle à i’2. Cette construction permet de tracé le polygone d’équilibre d’un

fil

passant par deux points et soumis à des forces concentrées.

dynamique

F2

F1 P1 P2 (D’)
F1
P1
P2
(D’)

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Exemple : calcul d’une poutre isostatique de longueur L recevant une charge P au 1/3 de sa longueur

y>0 L/3 2L/3 B’ L/3 2L/3 A -1’’ m-1 2’’ 0’ 1’ 0’’ 1’ ‘
y>0
L/3
2L/3
B’
L/3
2L/3
A
-1’’
m-1
2’’
0’
1’
0’’
1’ ‘
Ra
(D)
m0
Rb
O1
Funiculaire fermé
B x>0 A0 P1 P’2 P2 A1
B
x>0
A0
P1
P’2
P2
A1

(D’)

dynamique

On choisit un pôle arbitraire P1. On trace le dynamique associé au pôle P1, puis le funiculaire associé 0’1’. Le point B’, intersection du rayon 1’ avec la réaction d’appui Rb, ne correspond pas avec l’extrémité de la poutre, on fait un changement de pôle par rapport à D, perpendiculaire à AB. On obtient le funiculaire 0’’1’’.

Les réactions d’appuis sont trouvées en lisant les grandeurs P’2 A0 et A1P’2.

La poutre est en équilibre sous P, Ra, Rb : le dynamique et le funiculaire doivent être fermés. La droite AB représente les côtés –1’’ et 2’’ du funiculaire associé à P2P’2.

Le moment des forces de gauche à l’aplomb de la coupure (ou moment fléchissant) s’évalue simplement en mesurant m-1 mo (<0) et en mesurant P’2P2 (>0) et en effectuant le produit des longueurs, affecté du signe moins. On retrouve facilement par le graphique le résultat donné par la RDM.

L P P ' 3 2 2 = 2 P − m m − 1
L
P P
'
3
2
2
=
2 P
− m m
− 1
0
3
M = −
P P
'
×
m m
2
2
− 1
0
2 PL
M =

9

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4

STATIQUE DES FILS

Un fil est un solide à ligne moyenne infiniment souple et flexible. Tout moment de flexion provoque une déformation importante. L’équilibre d’un fil est obtenu par un tracé tel que l’équilibre des forces de gauche se résume à une traction dans le fil. Ce tracé est funiculaire de l’état de charge appliqué au fil. Le fil est considéré, en première approche comme inextensible. Sa longueur est invariable.

4.1 fil soumis à des charges concentrées

La figure d’équilibre est une ligne brisée passant par les appuis. Cette ligne est confondue avec la ligne funiculaire particulière qui a la même longueur que le fil.

Exemple 1 : fil soumis à une charge concentrée

V1 a b T1 T2 l H1 1 2 F f
V1
a b
T1
T2
l
H1
1
2
F
f
dynamique P’ F
dynamique
P’
F

P

Le funiculaire donne la géométrie du fil de longueur L. La flèche est calculée à partir de la longueur du fil et la position de la charge.

La valeur de la traction horizontale H est égale à PP’, distance du pôle à la force F.

a ² + f ² b T = 1 P f a + b b
a
²
+
f
²
b
T =
1
P
f
a +
b
b
²
+
f
²
a
T =
2
P
f
a +
b
L
=
a
²
+
f
²
+
b
²
+
f
²
Pab
H
1
=
H
2
=
H
=
(
a
+ b ) f

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Exemple 2 : fil soumis à 2 charges concentrées

Câble =funiculaire dynamique l l l TA F F A B F H P f
Câble =funiculaire
dynamique
l
l
l
TA
F
F
A
B
F
H
P
f
TB
F
La longueur du fil L permet d’obtenir la flèche f. Le calcul du moment le long du fil
permet de déterminer H.
Fl
F =
f ⇒
H =
H
l f
L = l
+ 2
l ² + f ²
l
²
+
f
²
=
F
= T
T A
B
f
Exemple 3 : fil soumis à n charges concentrées
Fi
0
H
P
dynamique
5
6
A
0’
funiculaire
1’
5’
2’
Fi
3’
4’

B

On trouve de proche en proche la ligne funiculaire, qui est aussi la forme d’équilibre du câble. La connaissance de L, longueur du fil, permet de connaître la forme d’équilibre.

4.2 fil soumis à des charges réparties

On découpe les forces en une infinité de petites forces élémentaires et on est ramené au cas précédent. On trouve une courbe dynamique en choisissant P sur l’horizontale de A0, et une courbe funiculaire. La figure d’équilibre du fil est la courbe funiculaire. A l’abscisse x, correspond

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le point A du dynamique repéré par l’angle alpha. A0A correspond à la somme des forces élémentaires p(x)dx comprises entre 0 et x. La valeur AAn/H est égale à la variation de l’angle de la tangente au polygone funiculaire, c’est à dire la courbure 1/R de la courbe funiculaire.

d=H P A0 α dα fi+1 0i p(x)dx A 0i+1 p(x)dx dα fi An -H
d=H
P
A0
α
fi+1
0i
p(x)dx
A
0i+1
p(x)dx
fi
An
-H
H
0
x
x x A A = ∑ p ( x ) dx = ∫ p (
x
x
A A
=
p ( x ) dx
=
∫ p ( x ) dx
0
0
0
dy
A
A A
0 A
0
=
tg
α =
=
dx
A
d
0 P
d
² y
1
d A A
p ( x
)
0
=
=
(1)
d
² x
d
dx
d
1
p ( x
)
p ( x
)
=
=
R d
H

La courbure 1/R est égale à la densité de charge divisée par la composante horizontale de la traction du câble qui est constante. Si p est constant, la solution de l’équation différentielle (1) est une parabole.

de l’équation différentielle (1) est une parabole. Manuel publié par la compagnie Roebling pour promouvoir

Manuel publié par la compagnie Roebling pour promouvoir l’usage de ses câbles

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5

NOTION DE CÄBLE FUNICULAIRE ET MODE DE FONCTIONNEMENT D’UN CÄBLE

Galilée, en 1638, décrit la forme d’une chaine tendue comme celle d’une parabole. La description mathématique d’un câble soumis à ses charges de poids propre est due à Jacques Bernoulli (Bâles-1690). On considère un câble symétrique plan de longueur l et de flèche f, ancré à ses deux extrémités A et C. Il est soumis à une charge uniforme p, constante. Le point B est situé sur l’axe de symétrie de la figure. Les trois équations de la statique permettent de trouver la tension le long du câble.

(1)

F

x

= 0

 

(2)

F

y

= 0

(3)

M

B

=

0

 

(1)

H

=

H B

(2)

V

=

px

 
 

2

2

2

(3)

p

x

Vx

+

=

x

2

+

= −

x

2

Hy

p

2

px

Hy

p

2

(4)

y =

p

x

2

 

2

H

p(x)

T V y M H R HB α B + Hy = 0
T
V
y
M
H
R
HB
α
B
+
Hy
= 0

x

C’est l’équation d’une parabole rapportée à son sommet B. L’équilibre des forces permet de définir la géométrie du câble. En désignant par R le rayon de courbure au sommet, l’équation devient :

x

2

y = 2 R dy x px tg = α = = dx R H
y =
2 R
dy
x
px
tg =
α
=
=
dx
R
H
2
d
y
1
p
=
=
2
d
x
R
H

On retrouve ainsi l’équation différentielle établie à l’aide de la statique graphique au paragraphe précédent. Le rayon de courbure est obtenu en reportant f (flèche) et l (distance entre ses extrémités) dans l’équation du câble. Il est égal à :

R

=

l

2

8 f

On en déduit que la composante horizontale H est constante tout le long du câble et égale

à :

l

2

H

=

pR

=

p

8 f

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La force V croit du centre vers les extrémités du câble. D’après le théorème de Pythagore, la tension du câble T est égale à:

V 2 2 2 2 T = H + V = H 1 + (
V
2
2
2
2
T
=
H
+
V
=
H
1
+
(
)
=
H
1
+
tg
α
H
dy
x
8 f
tg
α
=
=
=
x
2
dx
R
l
x
2
T
=
H
1
+
(
)
R

La tension du câble croit avec l’abscisse x. Elle est maximale aux extrémités du câble, c’est à dire aux ancrages A et C.

La longueur du câble est obtenue, avec une approximation suffisante, grâce à la formule

suivante :

L = l +

8 f

2

32 f

4

3

l

5

l

3

Câble surbaissé :

On dit que le câble est surbaissé quand l’angle de la tangente aux extrémités est inférieur à 10 degrés. La tangente de l’angle est alors inférieure à :

R
R

tg α 0.176

α<10 °

Et la tension maximale du câble est égale à : 2 2 T = H
Et la tension maximale du câble est égale à :
2
2
T
= H
1
+
(
x )
R
=
T
=
H
1
+
(0.176)
=
1.015
H

La tension T peut être considérée comme constante (variation inférieure à 1.5%) tout le long du câble et égale à H.

Chaînette :

Si l’on examine l’équilibre d’un câble sous l’effet de son poids propre p0, la charge par mètre de longueur n’est plus uniforme, mais sa répartition dépend de la pente du câble : la charge est plus forte vers les appuis, lorsque la pente du câble augmente.

dx

vers les appuis, lorsque la pente du câble augmente. dx ds p ( x dx )

ds

p ( x dx ) = p ds 0 d ² y p 0 ds
p (
x dx
)
=
p ds
0
d
² y
p
0 ds
=
dx
²
H
dx
dy
ds
=
dx
²
+
dy
²
=
dx
1
+
(
=
dx
1
+
y
dx
d
²
y
p
0
=
1
+ y
dx
²
H
'² dx d ² y p 0 = 1 + y '² dx ² H p(x)

p(x)

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La solution de cette équation différentielle donne l’équation du câble, qui est une chaînette (courbe en sinus hyperbolique). Cette courbe est « plus ronde » que la parabole.

6 INTERÊT DE LA PRECONTRAINTE D’UN CÂBLE

Exemple 1 : Lorsque le câble n’est pas précontraint, la figure d’équilibre ne dépend que de la longueur du câble et de son allongement sous l’effet de la tension. Cette déformation peut être importante. Lorsque l’on tend le câble, avant application de la charge, le câble se déforme jusqu’à l’obtention de l’équilibre des forces internes et de la charge appliquée. La flèche du câble est plus faible que dans le cas précédent, car la composante de la force de précontrainte dirigée dans le même sens que l’action croit avec l’angle du câble. L’état d’équilibre est atteint plus tôt et la flèche totale est plus faible.

A P B f 1 ∆ T ∆ l A B f 2 T +
A
P
B
f 1
T
∆ l
A
B
f 2
T + ∆ T '

f 1f 2

Exemple 2 : Considérons un fil vertical, non tendu. A mi-hauteur on accroche un poids P que l’on augmente progressivement. La partie inférieure se détend. L’allongement du câble lorsque la charge augmente ne dépend que des caractéristiques mécaniques de la partie supérieure: longueur du fil, section, module. Si l’on précontraint ce fil, la déformation dépendra de la rigidité de la partie supérieure et de la partie inférieure tant que cette dernière restera en tension, et ce, jusqu’à ce que la précontrainte inférieure soit annulée par l’allongement relatif du fil. La déformation relative sera la moitié de celle obtenue dans le cas du fil sans précontrainte. La précontrainte raidi le système. Le dernier point 5 correspond à l’annulation de la précontrainte inférieure. Les déformations du fil non tendu et du fil précontraint sont égales.

1 2 3 4 5
1
2
3
4
5

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Année 2001 Page 17 / 22

7

TECHNOLOGIE DES CÂBLES

7.1 LES DIFFERENTS TYPES DE CABLES

On utilise plusieurs types d’éléments tendus :

- Les barres à haute résistance ou en acier ordinaire

- Les câbles faits de fils tréfilés parallèles

- Les monotorons

- Les câbles toronnés ou assemblages de torons

- Les câbles clos

BARRES EN ACIER A HAUTE RESISTANCE

TYPE

SECTION

CLASSE

Frg (KN)

frg (Mpa)

Feg (KN)

feg (Mpa)

(mm2)

Φ 26

531,0

1030

 

547

1 030

443

 

834

Φ 26

531,0

1230

 

653

1 230

575

1

083

Φ 32

804,0

1030

 

830

1 032

670

 

833

Φ 32

804,0

1230

 

990

1

231

870

1

082

Φ 36

1018,0

1030

1

050

1 031

850

 

835

Φ 36

1018,0

1230

1

250

1 228

1100

1

081

Utilisées pour mettre en précontrainte des pièces courtes

BARRES EN ACIER 460 POUR TIRANTS (Utilisées pour des haubans de faible puissance)

Type

Diamètre

Section

Frg (kN)

Feg (kN)

Poids

(mm)

(mm2)

Kg/m

M20

19

254

153

115

2

M24

22

380

221

167

2.95

M30

28

572

350

264

4.6

M36

34

855

510

384

6.75

M42

39

1195

694

523

9.18

M48

44.

1520

911

687

12.09

M56

52

2124

1253

945

16.6

M64

59

2827

1649

1244

21.9

M76

71

4072

2381

1795

31.6

M90

85

5809

3403

2566

45.2

M100

95

7238

4243

3200

56.3

FILS TREFILES A FROID EN ACIER A HAUTE RESISTANCE (utilisés pour fabriquer des câbles à fils parallèles : haubans, précontrainte du béton)

TYPE

SECTION

CLASSE

Frg (KN)

frg (Mpa)

(mm2)

Φ 7

38.5

1570

60.4

1570

Φ 8

50.2

1570

79

1570

Φ 7

38.5

1670

64.3

1 670

Φ 8

50.2

1670

84

1 670

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Ecole Spéciale d’Architecture Cours n°12 – Structures à câbles

Année 2001 Page 18 / 22

Arrangements de câbles toronnés selon le catalogue de la compagnie Roebling Utilisés pour des suspensions

Arrangements de câbles toronnés selon le catalogue de la compagnie Roebling Utilisés pour des suspensions de pont

TORONS EN ACIER A HAUTE RESISTANCE

Utilisés pour des câbles de précontrainte et des haubans

TYPE

SECTION

CLASSE

Frg (KN)

frg (Mpa)

Feg (KN)

feg (Mpa)

(mm2)

 

T

13

93,0

1860

173

1 860

154

1 656

standard

 

T13

93,0

1770

164

1 763

146

1 570

standard

 

T

15

139,0

1770

246

1 770

220

1 583

standard

 

T

15

139,0

1670

232

1 669

207

1 489

standard

T

13 super

100,0

1860

186

1 860

166

1 660

T

15 super

150,0

1770

265

1 767

236

1 573

T

15 super

150,0

1860

279

1 860

249

1 660

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Année 2001 Page 19 / 22

LES MONOTORONS (enroulement en spirale):

(utilisés pour des haubans, suspentes et des suspensions)

(utilisés pour des haubans, suspentes et des suspensions) Diamètre Section Masse par m Rigidité axiale

Diamètre

Section

Masse par m

Rigidité axiale

Force de rupture grade 1570 kN

Force de rupture grade 1770 kN

mm

mm2

Kg/m

(EA)

Nm

13

105

0.85

18.4

152

171

16

156

1.26

27.3

225

254

30

530

4.29

92.8

766

864

40

942

7.63

160.1

1362

1536

50

1473

11.91

243

2129

2400

60

2121

17.2

350

3065

3456

70

2891

23.6

462.6

4169

4700

80

3673

30.8

569

5240

/

90

4653

39

721

6640

/

569 5240 / 90 4653 39 721 6640 /

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LES CABLES CLOS :

(Utilisés pour des haubans , suspentes, et suspension)

: (Utilisés pour des haubans , suspentes, et suspension) Diamètre Section Masse par m Rigidité axiale

Diamètre

Section

Masse par m

Rigidité axiale

Force de rupture kN

mm

mm2

Kg/m

(EA)

Nm

 

30

594

5.3

92

858

40

1090

7.22

125

1170

50

1710

15.3

265

2470

60

2490

22.2

386

3590

70

3390

30.2

525

4990

80

4420

39.5

685

6390

90

5600

50

868

8090

100

6990

62.6

1083

10100

110

8460

75.7

1311

12200

120

10100

90.1

1565

14500

130

11900

107

1844

16200

7.2 DOMAINE DEMPLOI :

Les barres sont utilisées lorsque les longueurs des tirants sont courtes et que les efforts de traction sont faibles. Le réglage s’effectue par manchons filetés et les extrémités doivent être articulées. Elles sont handicapées par leur poids et lorsqu’il y a des flexions parasites qui créent des variations de contraintes nuisibles vis a vis de la résistance à la fatigue.

Les câbles sont utilisés lorsque la finesse des tirants est recherchée ou lorsqu’une précontrainte importante est nécessaire pour raidir la structure.

Les câbles toronnés sont principalement utilisés dans les ouvrages d’art à haubans ou les ponts sous tendus, qui demandent des puissances considérables et une mise en tension active.

Les câbles clos et les monotorons sont utilisés pour les toitures, les câbles de rive des structures en textile, les suspentes des arcs de type bow-string, et certains ouvrages haubanés. Les câbles clos permettent la reprise de charges importantes, avec des diamètres faibles.

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Les pièces d’ancrage sont volumineuses (culots sertis à la résine ou au zinc, barres relais et vérins de traction). Ces dispositions technologiques doivent être intégrées avec soin dans le projet définitif.

être intégrées avec soin dans le projet définitif. sertissage d’un culot au zinc 7.3 P ROTECTION

sertissage d’un culot au zinc

7.3 PROTECTION CONTRE LA CORROSION :

Elle est assurée par peinture ou métallisation pour les barres, par gaine PEHD et enrobage de cire pétrolière ou au coulis de ciment pour les torons, par galvanisation et peinture pour les câbles clos et les groupes de torons des ponts suspendus. Certains câbles ou barres peuvent être réalisés en acier inoxydable mais les caractéristiques mécaniques sont plus faibles.

7.4 MODULE DELASTICITE :

Il est égal à 200 000Mpa pour les barres et les fils, et à 190 000 Mpa pour les torons. Il est plus faible (car c’est un module apparent que l’on mesure, et non le module du métal seul) pour les câbles clos, et les groupes de torons torsadés. Il varie alors de 140 000 à 157 000 Mpa

7.5 CONTRAINTE ADMISSIBLE :

On adopte généralement une tension admissible inférieure ou égale à 0.45 Frg, avec Frg la force de rupture du câble. Les variations de tension doivent rester inférieures à 0.20 Frg sous l’effet des charges d’exploitation et des charges climatiques pour éliminer le risque de rupture par fatigue de l’acier.

éliminer le risque de rupture par fatigue de l’acier. Williamsburg Bridge (1903)

Williamsburg Bridge (1903)

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Cours n°13

Structures légères

1 DOMAINE DE DEFINITION

 

2

2 LES STRUCTURES A CABLES

4

2.1

LES STRUCTURES HAUBANEES

7

2.2

LES STRUCTURES A CABLES SOUPLES

12

2.2.1

Le câble simple

 

12

2.2.1

Les ouvrages suspendus linéaires

13

2.2.3

Les

poutres à

câbles :

16

2.2.4

Les couvertures en câbles

18

2.4

LES STRUCTURES HYBRIDES

22

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Année 2000 Page 1 / 24

1

DOMAINE DE DEFINITION

Les structures légères sont des structures où l’on cherche à éliminer les sollicitations de flexion et à transmettre directement les charges appliquées aux appuis en mobilisant les matériaux en traction et en compression. Les éléments tendus sont particulièrement efficaces, car ils ne présentent pas d’instabilité élastique. Le dimensionnement des pièces en traction peut ainsi être minimal. La figure suivante montre le passage des structures comprimées ou fléchies aux structures tendues.

structures comprimées ou fléchies aux structures tendues. Pour réaliser des structures de grande portée telles que

Pour réaliser des structures de grande portée telles que les hangars, les halls d’exposition, les couvertures de stades, de salles de spectacle et les ponts et passerelles, les ingénieurs ont recours à des structures utilisant des câbles ou des tirants, et mettant ainsi en œuvre une faible quantité de matière. Le poids de la structure porteuse est ainsi minimum.

Ces structures posent cependant quatre types de problèmes :

- Les câbles ont un tracé d'équilibre courbe ou polygonal. Les courbures sont souvent importantes et posent parfois des problèmes d'encombrement vis à vis des volumes utilisables, en particulier lorsqu'il s'agit de bâtiments.

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-Les forces horizontales ou verticales nécessaires pour tendre les systèmes de câbles sont très importantes, et il faut réaliser d'imposants massifs d'ancrages au sol ou en rive des structures.

-Les contraintes de fabrication et de montage de la structure sont importantes, car la stabilité générale n'est obtenue qu'une fois le schéma statique final réalisé.

-La stabilité et la rigidité d'ensemble de la structure vis à vis des actions alternées et des phénomènes dynamiques (vent, charges mobiles) doivent être soigneusement vérifiées, et ces structures posent parfois problème compte tenu de leur destination: mouvements et confort de l'utilisateur, amplitude des déformations, fatigue des matériaux.

Le système porteur est souvent constitué de câbles ou de barres tendues associés à des poutres.

Dès que la portée devient grande, on utilise généralement des câbles en acier dur pour réaliser la suspension. Les câbles ont des propriétés mécaniques intéressantes en traction. Ils présentent des contraintes de rupture très élevées (1570 à 1 860 N/mm², c’est à dire 3 à 4 fois plus que les aciers ordinaires de charpente).

Ces structures sont stabilisées par :

-des masses -de la précontrainte -des éléments fléchis associés à des câbles, avec lesquels ils constituent des structures hybrides -des ancrages au sol

Les structures peuvent être souples ou rigides :

Elles seront souples si la structure subit des déplacements sans allongement avant de trouver sa position d’équilibre.

∆f
∆f

Elles seront rigides si les déplacements de la structure résultent uniquement des allongements des matériaux.

∆l
∆l

f

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Il faut analyser les structures souples par rapport aux déplacements, et vérifier qu’elles sont toujours propres à l’usage après chargement, et les structures rigides par rapport aux contraintes de fatigue (nombre de cycles et intensité de la variation de charges), notamment au niveau de leurs ancrages.

On distingue ainsi parmi ces structures légères :

-les structures haubanées,

-les structures suspendues,

-les poutres à câbles,

-les structures sous-tendues,

-les nappes de câbles ou les membranes tendues.

2 LES STRUCTURES A CABLES

Très utilisé pour les ponts de grande portée (100 m à 1 600 m), ce concept est également appliqué aux bâtiments. L’utilisation de câbles permet de suspendre les toitures et donc de réduire la hauteur des poutres. Les industriels ont compris l’intérêt qu’il y avait à établir un rapport entre la qualité de leurs produits et l’esthétique de leurs usines. Des structures spectaculaires ont été développées dans le domaine des halles industrielles et des équipements sportifs : INMOS microprocesseur au Pays de Galles, Fleetguard à Quimper, PA Technology aux USA, dues à l’Architecte R. Rogers, Centre Renault de Swindon de Norman Foster. Ces précurseurs anglais ont inspiré beaucoup d’autres architectes.

anglais ont inspiré beaucoup d’autres architectes. Centre Renault de Swindon (N Foster)

Centre Renault de Swindon (N Foster)

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La stabilisation d'ensemble de la structure peut être assurée :

- Par la masse de la structure

C’est la formule choisie au Stade de France où un lest en béton situé à l’extrémité de la toiture, empêche le soulèvement du porte-à-faux. C’est également le cas des ponts rubans en dalle de béton, le béton assurant le non-soulèvement de la structure et sa stabilité transversale : pont pour piétons de Sacramento ou couverture en voile de béton mince conçue par Alvaro Siza à Lisbonne.

voile de béton mince conçue par Alvaro Siza à Lisbonne. Principe statique du pont ruban Les
voile de béton mince conçue par Alvaro Siza à Lisbonne. Principe statique du pont ruban Les

Principe statique du pont ruban

Les culées d'ancrage ont une masse élevée pour s’opposer à la traction du câble

- Par une précontrainte

C’est le cas des poutres à câbles où deux câbles de courbures opposées sont liés entre eux par des éléments tendus ou comprimés. Sous charge, le câble supérieur se tend, et le câble inférieur se détend. La tension initiale des câbles permet de conserver la rigidité de l’ensemble quel que soit le cas de charge.

C'est également le cas des nappes de câbles tendues sur des poutres de rive rigides ou des ancrages.

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Passerelle de l’exposition de Hanovre (J Schlaich) - Par des éléments de structure de propriétés

Passerelle de l’exposition de Hanovre (J Schlaich)

- Par des éléments de structure de propriétés différentes

Une poutraison rigide ou semi-rigide est portée par des câbles. La poutre ou la dalle assure la résistance aux flexions et torsions locales. Elle assure également le transfert des charges jusqu’à la suspension. C’est le cas des ouvrages haubanés, suspendus ou sous-tendus. On appelle ces constructions des structures hybrides.

Parfois, la poutre porteuse sert à ancrer le câble : c’est le cas général pour les ouvrages haubanés ou sous-tendus. La poutre reçoit donc un effort normal important. Les câbles des ouvrages suspendus sont, quant à eux, ancrés sur d’imposants massifs.

Les structures peuvent également être classées en fonction de leur rigidité:

Les ouvrages suspendus linéaires ou les nappes de câbles suspendus sont du type souple.

Les ouvrages haubanés sont du type raide.

Les structures hybrides sont du type raide

Des schémas statiques intermédiaires peuvent être adoptés, combinant, les deux systèmes.

L’adoption d’un système haubané ou suspendu permet de réduire considérablement la hauteur des poutres. Les toitures des bâtiments ainsi réalisées sont plus légères et moins volumineuses.

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2.1 LES STRUCTURES HAUBANEES

2.1 LES STRUCTURES HAUBANEES le millenium - Richard Rogers Elles sont constituées par une poutre, un

le millenium - Richard Rogers

Elles sont constituées par une poutre, un ou plusieurs mâts, et des haubans. Ces haubans sont organisés en nappes parallèles (en harpe) ou convergent en un point sur le pylône.

- Le haubanage est organisé en harpe : les câbles sont parallèles. Ce système demande alors une rigidité supérieure des pylônes qui reprennent des flexions plus importantes.

- Le haubanage converge sur le sommet du pylône : la rigidité de l’ouvrage est plus grande et la flexion du pylône est limitée.

- Des dispositions intermédiaires peuvent être adoptées en étalant, par exemple, les ancrages en tête du mât.

H

h

étalant, par exemple, les ancrages en tête du mât. H h L en harpe
L en harpe
L
en harpe

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en éventail mixte Le rapport hauteur du mât à la portée H/L de la poutre

en éventail

en éventail mixte Le rapport hauteur du mât à la portée H/L de la poutre porteuse

mixte

Le rapport hauteur du mât à la portée H/L de la poutre porteuse est voisin de 0.20 à 0.25 pour un système symétrique constitué de deux mâts et une traverse.

L’espacement des haubans sur la traverse doit être tel que la flexion de cette poutre reste limitée entre deux haubans consécutifs. Il est possible de réduire la hauteur de la poutre porteuse. Ainsi l’élancement de la poutre porteuse (rapport h/L) peut être très réduit :

On obtient ainsi h/L = 1/300 au Pont de Normandie (record mondial de portée avec une ouverture de 856 m).

(record mondial de portée avec une ouverture de 856 m). Le pont de Normandie

Le pont de Normandie

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Dimensionnement du câble par la méthode du pendule :

+ +
+
+
Ti Vi αi Hi P = mg
Ti
Vi
αi
Hi
P = mg

On écrit que la tension du câble équilibre le poids d’un tronçon élémentaire de poutre, compris entre deux attaches. L’effort de compression de la poutre augmente à chaque ancrage i de câble et la tension des haubans est d'autant plus forte que le câble est incliné sur l'horizontale.

Ti

Ti

tg

cos

sin

α

α

i

i

=

=

Hi

Vi

= −

mg

α

i

=

Vi

mg

=

Hi

Hi

Ouvrage auto-ancré :

Un ouvrage est auto-ancré lorsque le système câble-poutre est fermé et lorsque les réactions transmises au milieu extérieur équilibrent uniquement les charges de gravité. La traction des câbles est équilibrée par la compression de la poutre. C’est le cas des ponts haubanés, et plus rarement, de certains ouvrages suspendus.

et plus rarement, de certains ouvrages suspendus. Ouvrage haubané auto-ancré

Ouvrage haubané auto-ancré

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Ouvrage suspendu auto-ancré Avec massifs d'ancrage Un exemple de structure haubanée : l’usine Fleetguard à

Ouvrage suspendu auto-ancré

Ouvrage suspendu auto-ancré Avec massifs d'ancrage Un exemple de structure haubanée : l’usine Fleetguard à

Avec massifs d'ancrage

Un exemple de structure haubanée : l’usine Fleetguard à Quimper - Architecte Richard Rogers

Fleetguard à Quimper - Architecte Richard Rogers Fleetguard (Quimper-France) Il s’agit d’une toiture

Fleetguard (Quimper-France)

Il s’agit d’une toiture suspendue selon une maille carrée de 18 m x18 m. Cette couverture est portée par des mâts situés à l’extérieur du bâtiment. Les poutres HK et KN sont rotulées sur les poteaux. Les tirants sont constitués de barres rondes.

On distingue plusieurs famille de tirants :

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Les tirants porteurs CIJD et DLME dont le tracé est descendant. Ils soutiennent la toiture et portent la charge permanente et la neige. Leur tracé polygonal est funiculaire des charges ponctuelles.

Les tirants HIJK et KLMN destinés à stabiliser la toiture vis à vis du soulèvement, dont le tracé est ascendant : ils résistent au vent. Le soulèvement est transmis au câblage par les bielles I, J et L, M.

Les tirants CK, HD, DN et KE stabilisent la structure vis à vis des effets dissymétriques, qui relient la tête de mât à la toiture pour rigidifier l’ensemble : neige localisée sur une travée, vent transversal

Les éléments comprimés et rigides sont les mâts C, D, E et les jambes de forces AH et NG réalisées en tube d’acier. Ces jambes de forces servent à stabiliser la structure vis à vis des efforts horizontaux dus au vent.

Cette couverture est extrêmement légère. Le poids de charpente est inférieur à 50 kg par m2

W

Le poids de charpente est inférieur à 50 kg par m2 W C D E I
C D E I J L M H K N B F A G 1
C
D
E
I
J
L
M
H
K
N
B
F
A
G
1
2
3
-P
5/2P
3P
5/2P
-P

= 6P

Centre Renault de Swindon (GB) de Norman Foster :

Ce bâtiment, symbole du High Tech anglais, comprend:

Les poutres d'acier polygonales, reprenant par leur forme naturelle le soulèvement du au vent sur une maille 24 x 24 m².

Les tirants, constitués de barres rondes, ABCDEFGH assurent la fonction porteuse vis à vis du poids propre et de la neige. Les poinçons D et E transmettent la charge verticale au tirant inférieur: Les traverses sont sous-tendues.

Les tirants intermédiaires MIC et MJC, puis NKF et MLF raidissent les poteaux vis à vis des charges horizontales de vent, qu'ils transmettent directement au sol en M et N, comme les gréements des voiliers de plaisance transmettent la poussée vélique à la coque (Norman Foster est un passionné d'aviation, de vol à voile et de navigation dont il utilise les techniques).

Les poteaux CM et FN et les câbles BA et GH assurent l'encastrement du portique.

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C

F

B G W I J K L D E A M N H
B
G
W
I J
K L
D
E
A M
N
H
-W/2
-W/2

W/2

Mc Mf Mm Mn 2.2 LES STRUCTURES A CABLES SOUPLES
Mc
Mf
Mm
Mn
2.2 LES STRUCTURES A CABLES SOUPLES

2.2.1 Le câble simple

2.2 LES STRUCTURES A CABLES SOUPLES 2.2.1 Le câble simple Le câble prend sa position d'équilibre

Le câble prend sa position d'équilibre en fonction des charges appliquées.

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2.2.1

Les ouvrages suspendus linéaires

2.2.1 Les ouvrages suspendus linéaires Les ouvrages suspendus sont constitués d’un câble porteur, de suspentes

Les ouvrages suspendus sont constitués d’un câble porteur, de suspentes régulièrement espacées, de suspentes et d’une poutre appelée poutre de rigidité. Le rapport de la hauteur des pylônes à la portée L est de 0.10L à 0.15L.

La poutre de rigidité permet la répartition des charges d’exploitation entre les suspentes (cas des ponts et passerelles pour piétons) et la stabilité de l'ouvrage en torsion. Les ouvrages dont les suspentes sont verticales sont des ouvrages souples. Ils sont moins sensibles aux phénomènes de fatigue, à l’exception des zones d’ancrages ou ils subissent des flexions alternées. Ces structures sont très utilisées pour les ponts et passerelles de très grande portée.

pour les ponts et passerelles de très grande portée. Golden Gate Bridge

Golden Gate Bridge

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Rigidité croissante

suspendu triangulé
suspendu
triangulé

mixte

Rigidité croissante suspendu triangulé mixte haubané haubané croisé Si les suspentes des ouvrages suspendus sont

haubané

Rigidité croissante suspendu triangulé mixte haubané haubané croisé Si les suspentes des ouvrages suspendus sont

haubané croisé

Si les suspentes des ouvrages suspendus sont triangulées, elles raidissent la structure. Cette disposition convient davantage aux ouvrages supportant des charges légères comme les passerelles pour piétons car les variations de tension dans les suspentes sont plus importantes

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(risque de détente et de fatigue de l'acier). Les systèmes mixtes raidissent la poutre au voisinage du pylône, en particulier s'il y a des charges localisées.

en particulier s'il y a des charges localisées. passerelle piéton (J Schlaich) Le calcul simplifié du

passerelle piéton (J Schlaich)

Le calcul simplifié du câble porteur, conduit à partir du moment de la poutre isostatique associée donne :

Miso H = f l ² R = 8 f H T = cos α
Miso
H =
f
l ²
R
=
8 f
H
T
=
cos α
T
σ
=

= pR

R T H f l
R
T
H
f
l

A

Avec

Miso =moment de la poutre droite associé en MN x m

H = réaction horizontale (MN)

f = flèche du câble (m)

T = tension du câble (mN)

σ = contrainte dans l’acier (MN/m²)

A = section d’acier (m²)

R= rayon de courbure du câble (m)

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2.2.3

Les poutres à câbles :

Ces poutres planes sont constituées par des câbles tendus de concavités opposées. Elles ne mettent en jeu que des tractions. La tension initiale de chaque câble est calculée pour que les membrures ne se détendent jamais. Ces poutres sont donc précontraintes, et doivent être ancrées en rive. Si les suspentes sont verticales, la structure est souple. Si les suspentes sont triangulées, la structure est rigide. Les montants et diagonales sont réalisés en câbles s'ils sont tendus (structure biconcave) ou en barres rigides s'ils sont comprimés (structure biconvexe), selon le signe de la concavité des membrures. La répartition des tensions entre le câble inférieur et le câble supérieur dépend des sections et des flèches relatives des câbles.

dépend des sections et des flèches relatives des câbles. Un bel exemple de poutre à câble

Un bel exemple de poutre à câble est donné par la couverture du stade de Stuttgart (H Siegel & partner - architecte, Schlaich & Bergermann - ingénieurs) faite d'une poutre à câbles et d'une toile tendue sur des arceaux en charpente tubulaire appuyés sur le câble inférieur. Un anneau central en câbles tendus maintient l'ensemble en traction.

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H/2cos α1 caissons comprimés câbles α H/2cos α2 Gottlieb-Daimler Stadium H Anneau de traction H/2
H/2cos α1 caissons comprimés câbles α H/2cos α2 Gottlieb-Daimler Stadium H Anneau de traction H/2

H/2cosα1

caissons comprimés

câbles α
câbles
α

H/2cosα2

Gottlieb-Daimler Stadium

H

comprimés câbles α H/2cos α2 Gottlieb-Daimler Stadium H Anneau de traction H/2

Anneau de traction

H/2
H/2

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2.2.4

Les couvertures en câbles

les structures spatiales suspendues

Les principes de suspension bi ou tri-dimensionnels sont appliqués aux systèmes porteurs. Les suspentes portent ensuite une poutraison classique de petite portée.

portent ensuite une poutraison classique de petite portée. Couverture suspendue Cylindre comprimé Anneau comprimé

Couverture suspendue

Cylindre comprimé Anneau comprimé
Cylindre comprimé
Anneau comprimé
Couverture avec axe de révolution Anneaux de compression Couverture de révolution
Couverture avec axe de révolution
Anneaux de compression
Couverture de révolution

Les couvertures de révolution sont de deux types:

- Biconcaves, elles exigent au centre deux anneaux tendus portés par comprimés.

des montants

- Biconvexes, les anneaux de compression sont rejetés à l'extérieur.

Les systèmes porteurs des poutres à câbles peuvent être générés par rotation autour de l' axe de symétrie. Ces couvertures permettent de réaliser de grandes salles circulaires ou elliptiques.

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Anneau central et câbles tendus (stade de Séoul- J Schlaich) Les nappes de câbles Deux

Anneau central et câbles tendus (stade de Séoul- J Schlaich)

Les nappes de câbles

Deux câbles antagonistes :

Schlaich) Les nappes de câbles Deux câbles antagonistes : Trois câbles de retenue

Trois câbles de retenue

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Multiplication des câbles des deux familles

Multiplication des câbles des deux familles Des couvertures tendues sont réalisées par deux réseaux de câbles

Des couvertures tendues sont réalisées par deux réseaux de câbles orthogonaux et de courbures inverses reliés entre eux.

Ces nappes de câbles sont fixées en rives à des ancrages ponctuels, à des câbles de lisières, à un anneau de compression ou une structure rigide.

Les deux nappes ont des concavités inverses afin de résister tant aux charges verticales pesantes qu’aux charges de soulèvement dues au vent. Elles sont reliées entre elles soit directement, soit par des montants verticaux comprimés ou des fils tendus.

Ces nappes sont précontraintes par les tensions exercées grâce aux câbles de bordures.

Ce type de structure a notamment été développé, à titre expérimental, par Robert le Ricolais et

surtout par Frei Otto.

Le stade de Munich construit pour les jeux olympiques de 1972 illustre parfaitement ce type de

structure. La nappe de câble est recouverte de plaques translucides acryliques. La maille a 75

cm de côté.

.
.
transluci des acryliques. La maille a 75 cm de côté. . Le stade olympique de Munich

Le stade olympique de Munich (détails)

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Si le réseau de câbles est constitué de deux nappes quadrangulaires, la structure est souple.

Nappe souple
Nappe souple

Si le réseau de câbles est constitué de trois nappes triangulaires la structure est rigide.

Nappe rigide
Nappe rigide

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Le stade de Munich (1972) 2.4 LES STRUCTURES HYBRIDES Les structures hybrides associent la flexion
Le stade de Munich (1972) 2.4 LES STRUCTURES HYBRIDES Les structures hybrides associent la flexion

Le stade de Munich (1972)

2.4 LES STRUCTURES HYBRIDES

Les structures hybrides associent la flexion de poutres et la traction des câbles. Les ponts haubanés présentant peu de câbles (dans ce cas la flexion des poutres n’est plus dérisoire) et les ponts sous tendus sont des structures hybrides. De très grands ouvrages ont été construit sur ce modèle, comme le pont sur le Neckar (portée 278 m), et le pont sur l’Argen (portée 258 m). Ces deux ouvrages comprennent un tablier en caisson métallique et un sous-bandage en câbles toronnés. Le tirant est précontraint pour réduire la déformation sous poids propre.

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pont sur le Neckar (F Léonardt) pont sur l’Argen (J Schlaich) détail d’entrée des câbles

pont sur le Neckar (F Léonardt)

pont sur le Neckar (F Léonardt) pont sur l’Argen (J Schlaich) détail d’entrée des câbles Des

pont sur l’Argen (J Schlaich)

sur le Neckar (F Léonardt) pont sur l’Argen (J Schlaich) détail d’entrée des câbles Des sous-bandages

détail d’entrée des câbles

Des sous-bandages particuliers peuvent être réalisés en profilés d'acier. Il est alors passif, c'est à dire que la tension dans le tirant dépend de la déformation d'ensemble de la structure après chargement. Il est nécessaire de construire l’ouvrage avec une déformation inverse de celle qu’il subira lorsqu’il sera mis en place.

de celle qu’il subira lorsqu’il sera mis en place. Exemple de tablier sous-tendu en profilés d’acier

Exemple de tablier sous-tendu en profilés d’acier (J Schlaich)

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Poutres Polonceau ( France - 1850) ou Queen-Post : (GB):

Ces poutres comprennent une traverse rigide (bois, béton, acier), deux poinçons comprimés et un tirant ou câble inférieur. Le moment de flexion de la traverse est ainsi divisé par 10. Le rapport f/L est de l'ordre de 0,10 à 0,15.

f Tirant détendu
f
Tirant détendu

compensation totale

réglages intermédiaires

L 0 1 2 3
L
0
1
2
3
compensation totale réglages intermédiaires L 0 1 2 3 La tension du tirant permet de régler

La tension du tirant permet de régler la compression dans les poinçons : on peut alors compenser totalement ou partiellement la charge permanente. L'appui 3 doit permettre le glissement pour que la compression apportée par le tirant passe dans la poutre.

Robert le Ricolais avait même imaginé de multiplier le système de sous-tendeur pour créer des poutres "polyten" ou poutres "polonceau" multiples.

L' L L L ' = 2 3 M ' 1 1 = = 2
L'
L
L
L ' =
2
3
M '
1
1
=
=
2
2
M
(3 )
81

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Cours n°14

Les membranes

1 LES MEMBRANES

3

1.1 DOMAINE D’UTILISATION

3

1.2 EQUILIBRE DE DEUX CORDES

3

1.3 EQUILIBRE DE MEMBRANE

4

1.3.1 Equilibre de surfaces cylindriques

6

1.3.2 Equilibre de surfaces de révolution soumise à un système de charge de révolution

6

2 LES STRUCTURES TEXTILES

9

2.1 LIBRES OU SIMPLES

10

2.2 CABLES DE VALLEE

10

2.3 ARCEAUX RIGIDES OU BORDURES RIGIDES

11

2.4 SUPPORTS RIGIDES OU POINT HAUT (MATS)

11

2.5 SURFACES DE REVOLUTION

11

2.6 PARAPLUIES

12

2.7 CARACTERISTIQUES DES TEXTILES PVC

12

3 LES STRUCTURES GONFLABLES

15

3.1 EQUILIBRE DUNE BULLE DE SAVON

15

3.2 EQUILIBRE DES ENVELOPPES SOUMISES A UNE PRESSION INTERNE

16

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

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3.3

CHARGES APPLIQUEES SUR LES ENVELOPPES GONFLABLES

18

 

3.4

MEMBRANES DOUBLES

19

4

LES DEVELOPPEMENTS D’AVENIR

23

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1

LES MEMBRANES

1.1 DOMAINE D’UTILISATION

Contrairement aux coques qui peuvent supporter des compressions et des flexions, les membranes sont constituées de surfaces à double courbure travaillant uniquement à la traction.

Elles peuvent être réalisées en béton de faible épaisseur, en câbles d’acier, croisés selon les lignes de forces, en plaques d’acier ou en textile (PVC ou Kevlar). Ces membranes doivent être précontraintes pour être stables.

1.2 EQUILIBRE DE DEUX CORDES

Deux cordes antagonistes, situées dans deux plans perpendiculaires s’équilibrent, si les résultantes des forces appliquées sur chaque brin sont égales. L’ensemble présente une rigidité structurelle qui varie avec l’angle de chaque corde dans son plan. Lorsqu’on charge cette structure, la corde inférieure se détend et la corde supérieure se tend.

inférieure se détend et la corde supérieure se tend. Equilibre de deux cordes R1>0 R2<0 Equilibre

Equilibre de deux cordes

R1>0 R2<0 Equilibre de membrane
R1>0
R2<0
Equilibre de membrane

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1.3

EQUILIBRE DE MEMBRANE

On peut imaginer qu’une membrane est un réseau de cordes parallèles et perpendiculaires tendues. Au lieu de former des angles, le grand nombre de point de croisement fait que la membrane présente deux courbures, qui, pour que la structure soit stable, doivent être inverses.

pour que la structure soit stable, doivent être inverses. Equilibre d’un grand nombre de corde L’état

Equilibre d’un grand nombre de corde

L’état de contrainte dans la membrane peut être représenté par de la traction pure ou compression pure (contraintes principales), ou des contraintes combinées de traction (ou compression) et cisaillement simultané. Le cisaillement déforme la membrane suivant le biais.

N1

Le cisaillement déforme la membrane suivant le biais. N1 N2 -N2 -N1 Traction pure (ou compre

Le cisaillement déforme la membrane suivant le biais. N1 N2 -N2 -N1 Traction pure (ou compre

N2

Le cisaillement déforme la membrane suivant le biais. N1 N2 -N2 -N1 Traction pure (ou compre

-N2Le cisaillement déforme la membrane suivant le biais. N1 N2 -N1 Traction pure (ou compre ssion

déforme la membrane suivant le biais. N1 N2 -N2 -N1 Traction pure (ou compre ssion pure)

-N1

Traction pure (ou compression pure)

τ

biais. N1 N2 -N2 -N1 Traction pure (ou compre ssion pure) τ cisaillement - τ Si

cisaillement

-τ

Si les courbures sont de même signe, la membrane ne présente pas de rigidité propre.

L’équilibre de membrane ne fait intervenir que des tractions, des compressions et des cisaillements pour équilibrer la charge appliquée. Il n’y a aucune flexion.

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τ + Φz Φ ∂ N 2 N 2 + ds ∂ N 1 ∂

τ +

Φz Φ ∂ N 2 N 2 + ds ∂ N 1 ∂ s N
Φz
Φ
∂ N 2
N 2 +
ds
∂ N 1
∂ s
N 1 +
dx
τ
∂ x
ds
∂s
τ +
Φx
τ
Φs
N1
τ
ds
N2
dx

Equilibre d’un petit élément de membrane

τ

x

dx

Dans une toile, il n’y a aucune compression, contrairement aux coques. La compression est annulée soit par une précontrainte de la membrane obtenue par mise en tension des lisières, soit par une pression ou une dépression intérieure.

La forme idéale est la surface minimale, c’est à dire celle qui mobilise l’énergie de déformation minimale. On peut la trouver par analogie avec des films de savon établis sur des supports rigides.

Les surfaces à simple courbure (cylindres, cônes) peuvent être stables par leur poids qui leur donne une rigidité structurelle.

Les surfaces à double courbure, et dont les courbures sont de même signe (sphère), ne sont stables que si leur poids est suffisant ou si une pression interne les maintient en tension.

ou si une pression interne les maintient en tension. p0 Les surfaces à double courbure inversée
p0
p0

Les surfaces à double courbure inversée (paraboloïde hyperbolique) sont naturellement stables, si leur tension initiale ne s’annule pas sous l’effet des charges appliquées.

La théorie de membrane permet l’évaluation des tensions par les seules lois de la statique. Les valeurs ainsi obtenues sont indépendantes des déformations.

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1.3.1

Equilibre de surfaces cylindriques

Dans la direction x, le rayon de courbure est infini (courbure nulle). Les équations d’équilibre deviennent :

∂ N ∂ T 1 + ∂ x ∂ s ∂ T ∂ N 2
N
T
1
+
x
s
T
∂ N
2
+
x
s
N
2
= Φ
n
R

= Φ

= Φ

x

t

N1

∂ N 2 N 2 + ds ∂ s ∂ τ R ∂ N 1
∂ N 2
N 2 +
ds
s
τ
R
∂ N 1
τ
+
ds
N 1 +
dx
∂s
x
τ
τ
τ
+
dx
∂x
τ
ds
N2
dx

Dans cette catégorie, on peut également classer les ponts rubans c’est à dire les ponts ou passerelles réalisés à partir de câbles tendus entre les culées.

Outre le projet de Dykerhoff et Wydmann pour le pont sur le Bosphore conçu en 1958, mais jamais réalisé, certaines passerelles pour piétons ont été réalisées aux Etats-Unis (passerelle sur la rivière Sacramento en Californie : portée de 127 m - épaisseur : 38 cm), au Japon, en Suisse et en Allemagne sur ce principe La stabilité verticale est donnée par le poids et la stabilité horizontale par la rigidité du béton qui permettent de lutter contre les soulèvements et les balancements dus au vent.

1.3.2 Equilibre de surfaces de révolution soumise à un système de charge de révolution

Les tensions de membranes équilibrent les forces réparties appliquées perpendiculairement à la surface :

N

1

+

N

2

R

1

R

2

= Φ

n

Φn P N2 N1 ϕ r ϕ r H R V V
Φn
P
N2
N1
ϕ
r
ϕ
r
H
R
V
V

H

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La tension le long des méridiens est obtenue en écrivant directement l’équilibre des forces le long d’un parallèle. Les forces appliquées sur la partie supérieure sont équilibrées par les composantes verticales des tensions appliquées le long d’un parallèle.

N

2

= −

P

2π sinϕ

r

Exemple du pavillon de Lisbonne d’Alvaro Siza :

sin ϕ r Exemple du pavillon de Lisbonne d’Alvaro Siza : Le pavillon de Lisbonne Il

Le pavillon de Lisbonne

Il s’agit d’une couverture tendue constituée d’un voile de béton porté par des câbles de précontrainte. L’ensemble constitue une membrane tendue cylindrique. La portée est de 68 m, et la flèche de la courbe est voisine de 3,00 m. On veut trouver la puissance des câbles et l’épaisseur de béton nécessaire.

La membrane est cylindrique. Elle est soumise à des charges verticales descendantes (poids propre, neige) et des charges verticales ascendantes (vent). Elle est régulièrement suspendue le long des génératrices de rive : les cisaillements sont donc nuls sous les cas de charge uniformes et symétriques.

La charge de neige extrême est prise égale à 60 kg/m2 La charge de vent extrême est prise égale à 175 kg/m2

La traction maximale dans les câbles est donnée par :

Poids propre + neige = traction maximale

L’épaisseur minimale de béton est déterminée pour que la membrane ne se soulève jamais sous un vent extrême.

Poids propre - vent > 0

ρe

e

175

175

2500

kg

/

m

2

= 0.07 m

L

> 0 ρ e e ≥ ≥ 175 175 2500 kg / m 2 = 0.07
ρe f Vi
ρe
f
Vi

L’épaisseur de béton doit permettre de respecter le parfait enrobage des câbles de précontrainte.

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e

3

Φ

Φ = diamètre de la gaine

Si on utilise des câbles toronnés dont la gaine de protection à un diamètre de 7 cm environ, l’épaisseur ne peut être inférieure à 20 cm. Le poids au mètre carré est alors de 500 kg/m2. Il est supérieur à la sous pression due au vent.

La tension des câbles est, en première approche, considérée comme constante (câble surbaissé).

 

T

=

(

ρe

+ N

)

R

T

=

560

×

R

 

L

2

 

R

=

.

8 f 2 68
8 f
2
68
 
 

R

=

= 192.67

m

 

8

×

3

 

T

= 107895 kgf

 

T

R vent -T pe+N
R
vent
-T
pe+N
  T = 107895 kgf   T R vent -T pe+N En utilisant des câbles constitués

En utilisant des câbles constitués de 7 torons T15 « super » de force utile (0.45 Frg) unitaire voisine de 12.5 tonnes par toron, on disposera un câble 7xT15 tous les 0.80 mètres. Ces câbles sont ancrés dans les bâtiments latéraux qui jouent le rôle de culées.

Les câbles sont adhérents au béton de la couverture. Lorsque le vent soulève la couverture, la tension des câbles est partiellement transférée au béton ( le câble se détend, et son raccourcissement est gêné par le béton) et la variation de contrainte de compression du béton vaut :

σ

σ

=

=

VR

e

175

×

192.67 =

20

×

100

17 kgf/cm2

R
R

Cette variation de contrainte est très faible, et très inférieure à la résistance du béton en compression.

Vent ∆P ∆P ∆σ e>3 Φ
Vent
∆P
∆P
∆σ
e>3 Φ

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2

LES STRUCTURES TEXTILES

Les membranes textiles sont très anciennes, car le Colisée, à Rome (80 av. JC), était sans doute couvert par un vélarium. Un grand nombre de projets ont été développés par Frei Otto (professeur à Yale, Berkeley et Stuttgart).

Les membranes textiles sont les plus répandues. Les textiles les plus performants sont réalisés à base de Kevlar, et les plus courants sont en PVC. Le plan de coupe, généralement réalisé par ordinateur, dépend des dimensions de la structure lorsqu’elle est précontrainte. Il est donc déduit directement du calcul de la structure déformée. L’étude de la forme est conduite pour réduire les compressions et permettre leur reprise par la précontrainte de le structure.

Ces structures sont mises en place sur des câbles de bordure, eux-mêmes reliés à des structures métalliques. Les câbles sont généralement en acier inoxydable ou en acier galvanisé

(selon le budget). Il en est de même pour les pièces d’ancrage et de réglage : platines, ridoirs, visserie ou rivets. Un soin extrême doit être apporté dans le dessin des liaisons, avec les câbles et les charpentes pour réduire les concentrations d’efforts, et éviter une usure prématurée sur

les

charpentes.

La

résistance d’une toile PVC est d’environ 750 à 800 kg pour 5 cm. Elle est de 3000 kg pour 5

cm