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Chicago By Night

Chicago By Night

TabledesMatières

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Chapitre Un :Introduction

"Il n'y a jamais eu une telle ville, avec une telle population de Damnés. Nous ne Tolérerions jamais une. telle abomination dans l'ancien monde, mais ici. !'emprise de la Camarilla est faible. Tous sont des Anarchs. même ceux qui préfèrent se nommer Anciens, Nous avons, à de nombreuses reprises, tenté d'abattre les jeunes de cette ville mais, encore et toujours, ils reviennent et mettent de nouveaux Vampires au monde. Pour que nous contrôlions la ville un jour, nous devons les détruire, et recommencer avec des enfants de notre propre fratrie. Tenez bien compte de mon avertissement, nous devons agir bientôt, sinon la Mascarade sera vraiment démantelée par ces détestables novices."

— Petrondon, Justicar Nosfératu

1.1 Comment utiliser ce Livre

Ce livre a de nombreux usages. Idéalement, vous pourriez l'utiliser comme un exemple pour créer voire propre ville. Vous ne vous serviriez pas vraiment de Chicago comme emplacement pour votre Chroni- que, mais elle vous donnerait certainement des idées pour la ville de votre choix. Bien entendu, ce guide a été conçu pour vous permettre de mener une Chronique basée à Chicago. ou peut-être même une suite à la Chronique D'acier forgé décrite dans le livre de règles de Vampire. Ce- pendant, \ous ne devrez pas prendre les choses telles que décrites ici. Ainsi, si vos joueurs lisent ce livre, cela ne gâchera pas toutes les surprises. Ce supplément est axé sur les aspects surnatu- rels du Chicago gothique-punk. Il y a beaucoup de dé- tails banals que vous devrez mettre au point vous- même — tout dépend de la précision que vous désirez pour votre Chronique. Par bonheur, ce n'est pas une tâche difficile. Allez dans une librairie et achetez un guide de voyage pour Chicago. Vous y trouverez des cartes, des listes de restaurants, les immeubles importants, et peut-être même l'ambiance et la vitalité de la ville y seront-elles décrites. Ce guide pourra vous fournir des idées de scénarios, de rencontres, et des façons intéressantes de faire ressentir aux joueurs l'étendue et l'énergie de Chicago. A la bibliothèque, vous pourrez trouver des livres comportant des photographies, qui vous donne- ront un meilleur aperçu de l'apparence de la ville. Enfin, celle-ci a servi de cadre de beaucoup de films. Voici une brève liste de sources concernant la ville de Chicago. Elle n'est pas exhaustive, et même si elle l'était, vous n'utiliseriez probablement pas toutes les sources signalées; mais toute recherche sera récom- pensée.

Livres de Référence:

Chicago for a Day Frommer's Chicago Chicago aujourd'hui

Introduction

Fiction:

The Jungle. Upton Sinclair Chicago. Studs Terkel Chicago: City on the Make. Nelson Algren Poèmes de Cari Sandburg

Filins:

Les Incorruptibles Ferris Bueller's Day Off Les Blues Brothers Risky Business L'Expérience Interdite Le calice de jade

1.1.1

Contenu

Ce manuel compte cinq chapitres. Le premier sert d'introduction et de présentation au reste du livre. Le deuxième résume l'histoire de la ville, en insistant particulièrement sur le rôle des Morts-Vivants. Le troi- sième présente un bref aperçu géographique, et le qua- trième fournit des détails sur bon nombre des Caïnites les plus remarquables de la ville et sur leurs rapports avec les autres. Le cinquième chapitre constitue l'une des parties les plus novatrices de ce livre ; il s'agit d'une série de "tableaux de rencontres" organisés par thèmes, décrivant plus de 100 événements ou scènes auxquels les personnages peuvent être mêlés lors de leurs déplacements dans la Ville des Vents. Ces ren- contres projettent les personnages au milieu des intri- gues et des affaires politiques qui sont une composante constante de la vie à Chicago, et les promèneront len- tement à travers les mensonges et les mystères qui dis- simulent chaque facette de la Famille locale.

1.1.2 Se relever des Cendres

Le dénouement du supplément de White Wolf pour Vampire Des cendres aux cendres dépend des actes des joueurs. Par conséquent, si vous avez déjà di- rigé ce Scénario, les actions de vos joueurs lorsqu'ils auront réussi (ou échoué) à sauver Lodin auront eu une grande influence sur le cours actuel des événe- ments à Chicago. Si vous ne l'avez pas encore dirigé, vous pouvez sauter ce qui suit.

Si la horde de monstres rendus fous par le sang a arraché les derniers fragments de chair des os du Prince, alors, bien sûr, il ne gouverne plus la ville. Bien que sa destruction puisse être tenue secrète pour la Famille de Chicago, l'absence prolongée de Lodin conduit à des manigances pour le pouvoir, sans précé- dent parmi les Vampires de la ville. De nombreux Caï- nites, Capone et Ballard, notamment, envisagent de devenir Prince. Les Primogènes seront complètement divisés quant à qui soutenir, et les rivalités entre eux et les autres Anciens de la ville commenceront à remon- ter à la surface (Tyler contre Critias. O'Leary contre Inyanga). L'agitation des Anarchs atteindra de nou- veaux sommets et ils afflueront de tout le continent pour se rassembler en ville. Le Sabbat profitera de la confusion pour accroître ses propres activités dans la ville et. comme si tous ces Vampires en train de s'agi- ter alentour ne suffisaient pas. la police ne sera plus sous le contrôle des Morts-Vivants. Si les joueurs ont sauvé Lodin à temps, sa grati- tude ne connaît pas de limites. C'est avec joie qu'il fera ses gardes du corps personnels et ses Archontes de n'importe lesquels d'entre eux (qui n'aient pas de lien avec les Anarchs). leur offrant des troupeaux de mortels et un statut élevé parmi les Damnés. En outre.

il sollicitera des Primogènes la permission d'affermir son emprise sur la ville, de préférence en forçant de nombreux Vampires locaux à se Lier à lui par le Sang, Sa paranoïa s'accroîtra, et de nouveaux Vampires trou- veront la cité extrêmement inhospitalière. La moindre rumeur sur quelqu'un engendrant en ville deviendra le prétexte d'une chasse du sang, et la Meute des Loups rôdera dans les rues avec une effrayante régularité. Les lignes de front entre l'ordre établi et les Anarchs deviendront plus visibles et les actions de Lodin conduiront de nombreux Caïnites jusqu'ici sans opi- nion à se ranger du côté des Anarchs. La tension au sein de la Famille atteindra un niveau inouï.

1.1.3 Thème

Même si chaque scénario que vous raconterez dans ce cadre a son propre thème, il existe à Chicago un thème global que vous devrez garder à l'esprit. Ce thème résume la gestalt mythique et émotionnelle que nous avons créée, ainsi que le leitmotiv de la plupart des Scénarios publiés qui s'y déroulent. Chicago by Night parle de mystères à l'intérieur de mystères, de trames et encore de trames, et de la soif de pouvoir. 11 parle d'intrigues et de manipula- tions à la plus grande des échelles, et il est conçu pour

la soif de pouvoir. 11 parle d'intrigues et de manipula- tions à la plus grande des

que les personnages finissent par y être profondément impliqués — de leur plein gré ou non. Leurs buts ou leurs méthodes n'ont aucune importance, les vibrations de cette ville les marqueront. Si ce thème devait être résumé en une seule phrase, ce serait: "Rien n'est comme il le semble". Vous devriez faire en sorte que les personnages com- mencent avec une idée des plus vagues de ce que se passe et que graduellement, péniblement, ils décou- vrent des complots et des faits qui se révèlent n'être qu'une couche supplémentaire dans le tissu de men- songes. Ce n'est que vers la fin (s'il y en a une) de la Chronique qu'ils devraient découvrir le mystère cen- tral. Comme lorsqu'on pèle un oignon. Les personna- ges enlèvent une couche après l'autre, jusqu'à ce qu'il ne reste rien. A bout du compte, c'est l'intrigue qui forme la base et la substance de cette ville. Sans elle. rien ne serait pareil et Chicago serait encore plus dés- organisée et déstructurée. Utilisez chaque occasion qui se présente pour confronter les joueurs à ce thème — mais ne le leur ré- vélez jamais directement. Envoyez-les sur de nom- breuses fausses pistes et impasses, injectez autant de mystères et de secrets qu'ils peuvent en supporter et ne leur révélez jamais tout ce qu'il y a à savoir au sujet de quoi que ce soit. En bref, laissez-les se poser des ques- tions. Plus important encore, assurez-vous qu'ils aient envie de continuer à s'en poser en rendant aussi dis- trayant que possible l'ensemble du processus. Et cela signifie que. de temps à autre, ils devront découvrir une parcelle de la Vérité vraie. C'est pourquoi un autre nom de ce thème serait juste: la quête de la vérité.

What is Evil ? What is Love ? What is the force that possesses us ? Where is the beauty ? Where is the Truth ? What is the Force that watches over us ? — The The, The Violence of Truth

1.1.4 Ambiance

L'ambiance de Chicago by Night dépend du type de Chronique que vous avez l'intention de diriger. Nous suggérons que vous exploitiez le chaos autant que possible. Il n'y a pas un seul individu, dans cette ville, qui sache tout ce qui se passe. Tous sont cons- tamment surpris par les intrigues et les machinations révélées et par les rapports monstrueux entre les divers Vampires qu'il découvrent. Rien n'est comme il le semble, ce qui génère une ambiance de chaos inégalée. Les joueurs ne devraient jamais savoir ce qui va se passer ensuite. Chaque scène devrait contenir une forme de surprise et une plus grande impression de

chaos. Chicago est un endroit étrange et bizarre. Sous son apparente solidité typique du Midwest foisonne un monde de violence et d'anarchie, où règne en maître le

Introduction

surnaturel. Les personnages, qui font partie de ce "se- cond" monde, ne devraient jamais perdre de vue cette inquiétante étrangeté. "Laissez-moi vous avertir. Si vous obéissez à ses lois, il vous laissera tranquille même si vous êtes un Caitiff et ne lui avez jamais été présenté. Le Prince a assez de préoccupations sans devoir liquider chaque Anarch créé sans sa permission. Si vous ne causez pas de troubles en violant la Mascarade ou en complotant activement contre lui, il vous ignorera. Cependant, si vous le contrariez, il utilisera tous les moyens pour vous écraser. Bien sûr, le Prince est souvent contacte par les Anciens auxquels il doit des faveurs, qui lui de- mandent d'infliger des punitions pour des transgres- sions mineures. S'il accorde son attention à vos enne- mis, vous êtes dans les ennuis jusqu'au cou, quoi que vous fassiez. "

Rebecca. Observateur de Chicago

1. 1. 5 Changements

Enfin, comme avec tout matériel de jeu publié. le Conteur est libre de modifier n'importe quelle ca- ractéristique de ces personnages. Ces derniers sont un matériau brut à modeler et à adapter à votre propre jeu. Ce n'est pas seulement votre droit, c'est votre de- voir. Il n'y a jamais deux groupes de joueurs, deux Conteurs ou deux Chroniques qui soient identiques; le matériel que nous fournissons est destiné à un usage standard hypothétique (qui n'existe pas), mais tous ceux qui liront ce livre trouveront quelque chose qui, à leur avis, nécessite un changement ou une améliora- tion. Faites-le. Tant que vous n'aurez pas commencé à jouer ainsi avec ce matériel, vous ne vous sentirez pas à l'aise avec, ce qui gênera l'utilisation que vous en ferez durant le jeu. Créez votre propre Prince et débar- rassez-vous de Lodin, ou rajoutez tout un nouveau groupe d'Anarchs afin que vos personnages les ren- contrent — tout ce dont vous avez besoin pour vos propres Chroniques. Quoique ces personnages aient été conçus pour s'imbriquer en un puzzle chinois complexe de conspi- rations, d'intrigues et de contre-intrigues, chacun d'entre eux peut également être ôté du paysage de Chi- cago et placé dans n'importe quelle situation que vous, Conteur, jugez convenir. Vous pouvez utiliser Chicago

commeunexempledeceàquoiressembleunemétropo-

le, un modèle pour votre ville à vous. Ne craignez pas de 1 ' abandonner complètement pour utiliser comme cadre de vos parties n'importe quelle autre cité (votre ville natale, ou une autre que vous connaissez bien). Nous sommes convaincus que le meilleur jeu de rôles a lieu dans une création personnelle du Conteur — bien que cela prenne beaucoup de temps, c'est l'une des tâches les plus gratifiantes de ce passe-

temps. Contentez-vous de garder à l'esprit que c'est votre supplément; faites-en ce que vous voulez.

1.2 La Ville des Vents

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu

abandonné ? — Psaumes 22: 1

Chicago. Si vous demandez à quelqu'un de dé- crire la ville, il aura des problèmes pour en faire à une description concise. Quand les gens pensent à New York City, ils songent aux gratte-ciel, au métro et aux agressions dans les rues. Pour Los Angeles, au soleil, au smog et à la circulation. Et pour Détroit, aux voi- tures, aux usines et au délabrement. Chicago comporte un curieux mélange de tout ceci. La ville est fière de ses gratte-ciel, dont la Sears Tower, l'immeuble le plus haut des U. S.A. Elle a le TA (Train Aérien), l'un des systèmes de transport public les plus parfaits d'Amérique du Nord. Située sur un terrain relativement plat et près d'un lac assez grand pour être qualifié de mer intérieure, elle constitue le centre industriel, culturel et commercial du Midwest. Bien que Chicago se trouve en Illinois, elle pos- sède des banlieues dans le Wisconsin et l'Indiana. Elle fait partie d'une conurbation qui couvre l'essentiel du territoire longeant la rive sud-ouest du Lac Michigan.

Presque tout le pays, de Gary à Milwaukee, constitue une énorme communauté, et pris comme un tout, re- présente l'un des plus vastes secteurs urbain de la pla- nète. Toutefois, ce livre s'intéresse essentiellement à la ville de Chicago elle-même. Gary a déjà été décrite dans le livre de règles de Vampire, et Milwaukee aura son propre guide. Chicago, principal point de convergence des li- gnes de chemin de fer et des autoroutes du Midwest, est le centre de transport le plus important d'Amérique du Nord. Son port, par la voie maritime du Saint Lau- rent, possède un débouché sur l'Atlantique. Chicago elle-même possède une population de 2 783 726 habitants (recensement de 1990) et constitue le siège du Comté de Cook depuis 1931. Longtemps connue comme la "deuxième ville" du pays, Chicago est tombée à la troisième place parmi les plus grandes cités américaines au cours des années 1980, quand le nombre de ses habitants a baissé de 9,3 % durant la décennie. En dépit de sa population décroissante, la ville elle-même semble prospérer. Elle dresse majestueuse- ment sur la rive du Lac Michigan ses monuments à son ingéniosité et à sa prospérité, tout d'acier inoxyda- ble, de marbre blanc et de verre teinté. Le vieux Chica- go était une ville sans éclat, d'apparence grise, enve- loppée dans la fumée noire montant d'un grand

Chica- go était une ville sans éclat, d'apparence grise, enve- loppée dans la fumée noire montant

nombre d'usines, mais aujourd'hui elle est la preuve des efforts couronnés de sucées pour nettoyer l'air — et de l'effondrement total de l'industrie de l'acier à

Gary. La tradition d'inventivité architecturale de la ville reste forte — à tel point qu'on dit de certains grat- te-ciel dans d'autres villes qu'ils ont le "style Chica- go". C'est à Chicago qu'on a érigé les onze étages du premier gratte-ciel à armature d'acier (en 1884). L'ha- bileté de Mies van der Rohe, le grand maître du Bau- haus, a laissé son empreinte sur d'innombrables monu- ments ; il était largement apprécié par Lodin. le Prince de Chicago. L'impressionnante ligne d'horizon de la ville comporte des édifices comme la Sears Tower (443 m), qui est l'immeuble le plus haut du inonde, et le Centre John Hancock. Chicago, plus que toute autre ville du Midwest possède un style indescriptiblement gothique. Peut- être est-ce dû à l'ombre des rangées de gratte-ciel, ou au ciel constamment obscurci, ou peut-être aux gar- gouilles qui gardent les angles de bon nombre des im- meubles de briques les plus anciens. Dans cette ville gothique-punk, on n'a pas remplacé les pavés de beau- coup de rues et de nombreux policiers montent tou- jours des chevaux. Il y a toujours des trams (au lieu de bus) et l'énorme Cathédrale St Nerius se dresse au- dessus de Washington Park. Chicago est beaucoup de choses pour beaucoup de gens, et il n'y a pas deux personnes qui en ont la même vision. Cette diversité fait partie de sa magie, et de son mystère,

Chicago by Night est un manuel de référence pour le jeu Vampire. Il constitue votre guide pour les environs, les intrigues et les Morts-Vivants d'un Chi- cago gothique-punk. Ce n'est pas la ville de notre monde "réel", bien qu'elle lui ressemble beaucoup. C'est plutôt un Chicago contrôlé et manipulé par des Vampires, où l'histoire et la politique sont affectées par les interventions et les manœuvres des Damnés. Ils contrôlent la ville, qu'ils régissent d'une poi- gne de fer. Aucune institution des mortels, quelle que soit sa puissance, n'a échappé à leur influence. Peu de bestiaux le savent, et moins encore oseraient le contes- ter. Le Prince Lodin et les Anciens sont les seigneurs immortels de cette grande ville, et ils ne souffrent au- cune provocation. Les Vampires ont modelé cette ville, la façon- nant à leur propre image. C'est donc une cité culturel- le, car les Anciens ne l'auraient pas voulue autrement. Les Toréadors accordent de l'importance aux musées artistiques, les Ventrus à leurs clubs et à leurs restau- rants sophistiqués, et les Malkaviens à leurs cafés in- tellectuels. Les Anciens qui conservent un peu de leur humanité s'entourent de rappels des époques qu'ils ont traversées. A vrai dire, ils ont créé une ville entière à cette image. Ainsi, à côté de la culture et de la richesse, ils ont également apporté à la ville les ténèbres et le mal. Pour chaque théâtre et galerie d'art, on compte trois bottes de nuit qui pourvoient aux besoins des drogués et des skinheads. A chaque restaurant élégant corres- pond un bar miteux où des représentants de la lie de

Introduction

l'humanité gaspillent le peu d'argent qu'ils possèdent en une vaine tentative d'effacer de leur mémoire les horreurs qui les entourent. Mais cette dichotomie convient à merveille aux Anciens de Chicago. Ils peuvent vivre dans le raffine- ment et le bon goût dans la cité culturelle qu'ils ont aidé à bâtir, et se nourrir de la lie de la ville que leur avidité a contribuée à créer.

"Notre championne a été incapable de terrasser sa proie, bien qu'elle soutienne ne cesser de s'en rap- procher. Le grand conflit qu'elle a mené pendant tant d'années lui échappe de plus en plus - et le Brujah est toujours en liberté. Le seul résultat de ce conflit est que de plus en plus d'Anarchs sont créés, et qu'ils sont de moins en moins contrôlés par qui que ce soit. Si elle tarde trop à réussir, nous devrons finir par révéler notre influence, opter pour la solutionfinale et entrer en ville avec, nos propres Hoplites. Exactement comme nous avons détruit Carthage, il nous faut détruire Chicago — If cancer ne doit pas s'étendre davantage. Si cela doit déclencher la guerre et appor- ter ta Géhenne, alors je dis: qu'il en soit ainsi. Mieux vaut que ce soit aujourd'hui, alors que nous sommes forts plutôt que plus tard, quand nous aurons été affai-

blis." — deCaligula, Lettre au Conseil

1.3 Les Damnés

Plus de soixante-dix Vampires vivent actuelle- ment à Chicago; beaucoup d'entre eux sont décrits dans le Chapitre 4. Toutefois, pour pouvoir mieux tirer parti du reste de cet ouvrage, vous devez comprendre ce qui se passe dans cette ville. La politique byzantine est tortueuse et sans fin. L'essentiel de ce livre décrit et détaille les machinations de ces Vampires. De nombreux habitants de Chicago descendent d'immigrants européens du 19e siècle, attirés vers la ville par des emplois dans l'industrie, et donc, beau- coup de ses Vampires ont des origines ethniques diverses. Le lourd passé syndicaliste de Chicago a éga- lement laissé son empreinte sur sa population d'im- mortels.

1.3.1 Structure du pouvoir

Chicago est ostensiblement contrôlée par Lodin, qui en est le Prince. Mais il faut creuser plus profond pour trouver la vérité. Même si nous ne voulons pas tout révéler ici (il serait trop facile pour un joueur d'ouvrir ce livre et de lire ce passage), enfouie dans ce supplément réside la Vérité sur ceux et ce qui contrô- lent réellement Chicago. Bien entendu, cette Vérité possède beaucoup de facettes différentes, qui ne sont pas toutes décrites ici. Tandis que la Chronique progresse, la recherche des véritables puissances de Chicago devrait devenir la motivation principale des personnages. Quelle que soit la quantité d'informations qu'ils acquièrent, ils ne devraient jamais être certains d'avoir enfin découvert le vrai visage des choses. Il y a beaucoup de rumeurs, et beaucoup de théories. De nombreux Anarchs crai-

gnent que les Tremeres n'envisagent un coup d'état; la plupart des Anciens soupçonnent les Anarchs de comploter à nouveau en vue d'une rébellion; d'autres craignent le Sabbat; certains affirment que des Aïeuls œuvrent dans Chicago. Tous les membres de la Famille sont au courant de la guerre, qui a duré si longtemps, entre les Anciens et les Anarchs. Sa violence s'est gravée dans l'esprit de tous ceux qui ont traversé l'une des "Nuits de Furie". Presque tout le monde, en ville, sait que Lodin est le Prince de Chicago — et Modius, son grand rival, celui de Gary. Beaucoup savent que la puissance de Lodin est soutenue par celle des Primogènes, mais peu de gens connaissent les rivalités et les intrigues entre ces derniers, ou ont une idée de l'identité de ceux qui détiennent le pouvoir parmi eux. Bien sûr, chacun a des opinions et des théories. Presque personne ne sait que les Primogènes régnent au dessus de Lodin et qu'ils forment bien plus qu'un conseil consultatif.

Dans tout Chicago, il n'y a que cinq personnes qui connaissent les puissances obscures derrière les Primogènes, les forces anciennes qui sont à l'œuvre dans la ville. Cinq personnes seulement sont au cou- rant de l'existence des Mathusalems, et seules deux d'entre elles savent leurs noms. Ils sont en guerre de- puis plus d'un millénaire, et ils utilisent de nombreux autres Vampires comme pions dans leur Jyhad — y compris le Prince, le Primogène et tous les Anciens. Les deux camps adverses se sont partagé la ville. Les événements que la plupart des gens prennent pour des conséquences des conflits entre Lodin et les Primogè- nes, Lodin et les Anarchs ou Lodin et Modius, décou- lent en réalité directement du conflit entre ces deux Mathusalems.

Personne, à Chicago, ne connaît les puissances qui s'affrontent au-dessus de ces derniers

Damn your souls and curse your grins I stand here with a fading dream — Donovan, The Ballad of the Crystal Man

Damn your souls and curse your grins I stand here with a fading dream — Donovan,

1. 3. 2 Les Lois de Lodin

Cinq lois seulement régissent ma ville. Aussi longtemps que vous leur obéirez strictement, je ne vous ferai pas de mal et ne permettrai à per- sonne de vous en faire.

1) Nul, dans ma ville, ne doit tuer et laisser derrière lui des preuves de son festin. Si votre massacre doit provoquer une enquête de la Po- lice, ou pire, de la Presse, je vous traquerai et je vous exterminerai — ou, si d'autres plaident votre cause, je vous exilerai. Vous devez lé- cher toutes les blessures et vous débarrasser de tous ceux que vous tuez. Je tiens la quatrième tradition en très haute estime et je ne prendrai pas à la légère de telles violations de la Masca- rade.

2) Ne causez pas de tort aux voyageurs venus dans cette ville, car sa richesse est basée sur le fait qu'il s'agit d'un centre de commerce et de voyage. Vous pouvez vous en nourrir, mais ne laissez aucune trace de votre festin. Vous ne devriez pas m'éprouver sur ce point, car ces gens constituent l'assise de la richesse de mon royaume.

3) N'ayez aucun rapport avec les gens de la Presse. Ils doivent être totalement ignorés. Ils sont mon Domaine. Vous ne devez pas non plus essayer de créer des contacts ou des ser- vants parmi la Police de cette ville. Ils sont également mon Domaine.

4) Respectez l'inviolabilité de l'Elysium, car c'est notre lieu de repos et de délassement. Aucun acte de violence, aucune bagarre ne se- ront tolérés. Vous pouvez vous rendre à ma cour, comme tous, dans ma ville, sont libres de le faire, mais vous ne devez pas apporter vos conflits sur son sol sacré.

5) Ne faites aucun commerce avec mes enne- mis, ni avec ceux qui cherchent à usurper mon autorité légitime. Je punirai la trahison par la trahison, la rébellion avec une poigne de fer. Laissez-moi vous avertir. Je sais tout ce qui se passe dans mon royaume. Ne croyez pas pou- voir me cacher quoi que ce soit.

Prenez garde à ces paroles, et n'essayez pas de désobéir à mes lois. Je suis un Prince loyal et d'humeur égale, mais je vous avertis, ne me contrariez pas. Ma colère n'a pas de limites.

Introduction

1.3.3 La Société des Mortels

Either l'm a genius. or I haven't learned

a damn thing

1 can't figure how

I remember

how they look the way I'm going through people like a dirty book

— Taoist Cowboys, Not Even Johnny

Pratiquement chaque division de la structure du pouvoir à Chicago, qu'il s'agisse de la municipalité, des entreprises, des syndicats, de la haute société ou des médias, est contrôlée d'une manière ou d'une autre par des Vampires; Quoique, fréquemment, cha- que quartier soit contrôlé par un Caïnite, il arrive sou- vent qu'un ou plusieurs autres y exercent également une influence, et il est possible qu'ils tentent un jour de s'emparer du contrôle. Ils luttent continuellement pour les nombreuses proies que leur offre le monde des mortels — la municipalité locale, les entreprises, et d'innombrables autres institutions.

1.3.4 Gouvernement

La municipalité humaine de Chicago est tou- jours contrôlée par la vieille organisation politique — une organisation sans équivalent dans les autres villes du pays. Bien qu'elle ait été un moment réduite à néant par un extraordinaire politicien noir, le Maire Harold Washington, les manipulations de la Famille lui ont permis à de reprendre le dessus quelques an- nées plus lard. A ce jour, l'organisation descend au niveau des quartiers. Les chefs de circonscriptions électorales cherchent des voix dans leur voisinage et offrent des faveurs politiques à ceux qui les aident. Cette organi- sation est, en fin de compte, contrôlée par des Vampi- res — exactement comme toutes les autres institutions importantes de Chicago.

1. 3. 5 Influence de la Famille

Nothing can erase this night

And there's still light with you

Rhapsody

And ïf we can never see the sun There's still light with you

— Siouxsie and the Banshees, Rhapsody

Chicago tend à refléter les goûts de la Famille. Les entreprises utilisées ou favorisées par les Vampi- res (particulièrement les Anciens, les Ventrus, les Tre- meres et les Toréadors) continuent souvent à exister même si elles ne font pas de profits par ailleurs. Au cours de leurs longues existences, les Vampires ont pris l'habitude d'obtenir ce qu'ils veulent, sans discus- sion ni perte de temps. Se procurer de l'argent leur est facile, et leurs décisions ne sont donc pas dictées par les nécessités de la loi du profit. Un gang des rues ennuie-t-il un propriétaire, qui perd des marchandises ? La police effectuera une des- cente au quartier général du gang et ses membres se- ront abattus en résistant à l'arrestation.

11

Un Inspecteur sanitaire de Chicago menace-t-il de fermer un club social parce que son restaurant n'est pas conforme aux réglementations municipales ? L'In- specteur sera renvoyé rapidement et discrètement, ou affecté à d'autres tâches. Ces collections de vieux livres poussiéreux constituent-elles un risque d'incendie qu'un capitaine des pompiers veut voir supprimé? Le capitaine chan- gera d'avis. Peut-être ne se rappellera-t-il même pas les avoir vues. Pour cette raison, beaucoup d'entreprises qui ne pourraient plus exister dans notre monde sont floris- santes dans le monde gothique-punk de Vampire. Ce- pendant, les propriétaires sont dominés par une clien- tèle encore plus élitiste que les grosses fortunes de Chicago. Les instincts de prédateurs des Vampires vont plus loin que le simple fait de se nourrir. Les morts- vivants considèrent une entreprise de la même façon qu'un Calice. Videz-le trop rapidement, et c'est un Ca- lice ou une entreprise de moins pour l'avenir. Et une action si brutale et si définitive attire l'attention. Un cadavre vidé de son sang, comme une société mise en faillite par un client inconnu, sont une menace poten- tielle pour la Mascarade. Alors ces entreprises si importantes continuent d'exister. Toutefois, elles sont en perte de vitesse et déclinent. Le propriétaire est tellement accaparé par ce que les Caïnites demandent qu'il n'a que peu de temps pour s'inquiéter des peintures ou du ménage. L'argent est ce qui compte — s'occuper des besoins de clients si importants et prêts à dépenser leur argent si libérale- ment en est la cause. Et ainsi commence un cercle vi- cieux. Un Vampire trouve une librairie qui possède un livre rare, et le paye un prix fabuleux. Puisque le pro- priétaire de la librairie a de toute évidence certaines sources et certains contacts, le Vampire demande un autre livre rare. Sans savoir pourquoi, le propriétaire est effrayé par son nouveau client. Il utilise l'essentiel du bénéfice de sa première vente pour étendre son ré- seau de contacts, afin de trouver le livre suivant. D'au- tres Vampires entendent parler de ce libraire qui peut dénicher des livres rares et viennent dans son magasin. Bientôt, le propriétaire gagne d'importantes sommes d'argent. Toutefois, les demandes des Vampi- res deviennent plus fréquentes, et concernent des arti- cles de plus en plus rares. Dans sa quête de ces arti- cles, le libraire dépense, à peine gagné, l'argent que lui ont rapporté ses ventes précédentes. Le cycle peut prendre des années, mais en fin de compte, le propriétaire a épuisé ses sources et ne par- vient pas à trouver un article donné. Les Vampires se rendent dans une nouvelle librairie, laissant le libraire plus pauvre que lors de la visite du premier d'entre eux. La peinture du magasin s'écaille, la poussière s'y amasse et il tombe en morceaux. Les clients mortels, traités avec mépris au profit des Vampires si peu sou- cieux de ce qu'ils dépensent, ont depuis longtemps préféré des endroits plus sympathiques. Tel est le schéma de l'offre et de la demande dans toute ville qui abrite des Damnés. Chicago ne constitue pas une exception. Cette aura de décadence — pas uniquement dans les parties les plus pauvres de

la ville, mais aussi dans les quartiers abritant les clas- ses moyennes et supérieures — est ce qui donne sa texture au monde gothique-punk.

"Je vous le dis, amis, c'est une ville comme au- cune autre, une ville sans contrainte, une ville régie par le plus irresponsable des conseils. Sous couvert de maintenir la Mascarade, ses membres gouvernent les masses grouillantes, mats ils utilisent leur influence principalement pour lutter les uns contre les autres. Ils le font presque ouvertement, car ils ont tant de dé- dain pour les mortels qu'ils prennent les plus grands risques avec le plus grand aplomb. Le Nouveau-Né projeté dans un tel environnement ne peut rien croire, rien savoir vraiment, ou ne peut rien connaître sous son jour véritable. Le Novice doit être très prudent ou alors devenir rapidement le pion de quelque puissance supérieure. "Bientôt la Camarilla tentera d'intervenir, et quand elle aura échoué, certaines puissances supé- rieures essayeront la solution finale. Je vous demande la permission de prêter assistance à ceux des Anarchs qui ont les esprits les plus élevés, de les aider à créer leur propre solution avant qu'on ne leur en impose une d'en-haut. Je vous le dis, j'ai trouvé ici plus de ta- lent et de compassion que je n'en ai vus en de nom- breuses années."

— Inyanga, Primogène

1.4 Statistiques essentielles

Chicago s'étend le long de la rive sud du Lac Michigan. dans l'Etat d'lllinois. Le lac exerce une grande influence sur le climat de la ville et lui a valu ainsi le surnom de "Ville des Vents". Les températures nocturnes vont en moyenne de -4° en janvier à 24° en

juillet. Chicago n'est pas aussi venteuse que son sur- nom pourrait le suggérer. Mais les brises venant du Lac Michigan sont aussi constantes que vives, particu- lièrement durant les froides nuits d'hiver.

1.4.1 Se rendre à Chicago

Take me beyond love

Up to something above Upon this bed, between these sheets Take me to a happiness beyond human reach.

— The The, Beyond Love

II y a de nombreuses façons de se rendre à Chi- cago, quoique, bien entendu, ce soit plus simple pour les mortels que pour les Vampires. Le problème ne se posera pas pour des personnages qui en seraient natifs, mais si votre Chronique commence dans une autre ville, vous aurez besoin de savoir comment les person- nages se rendront à Chicago. La Famille utilise presque tous les modes de transport, mais chacun d'eux implique certains problè- mes particuliers, à prendre en considération. Il arrive fréquemment qu'un autre Caïnite contrôle un mode de transport donné ; il faut alors lui demander la permis- sion, voire lui payer un tribut, avant qu'il n'autorise quelqu'un d'autre à s'en servir. Ensuite, toutes les dis-

positions nécessaires seront prises. Ces "agences" of- frent les conditions de voyage les plus sûres et effica- ces pour les Vampires, mais un personnage doit être dans les bonnes grâces des Anciens pour les utiliser. Les Vampires ne voyagent presque jamais seuls. Des servants sont invariablement employés par tous, sauf les plus arrogants. Même si, naturellement, l'agence" a ses propres employés tout au long du voyage, les servants personnels de quelqu'un ont connaissance des besoins et aménagements particuliers et l'on peut compter sur eux pour placer la sécurité de leur employeur avant la leur. Au cours de longs voya- ges, des repas peuvent être organisés, mais en temps normal, on attend des voyageurs qu'ils prennent leurs propres dispositions — une autre raison pour emmener des servants. Voyager est dangereux pour les Vampi- res, et ne devrait pas être envisagé sans inquiétudes, ni précautions. PAR LA ROUTE Les agences peuvent organiser un voyage dans des containers spécialement scellés, à bord de camions de marchandises, mais c'est un concept plutôt neuf. Les personnages peuvent arranger leur propre voyage en voiture, mais c'est particulièrement dangereux. Il faut faire des haltes tous les jours et trouver des Refu- ges sûrs (souvent une simple chambre dans un motel, avec les rideaux tirés et un panneau "Ne pas déranger" sur la porte), et l'on doit prendre soin de se procurer de la nourriture en toute sécurité. Certains Anarchs voya- gent régulièrement de cette façon, mais vous ne trou- verez pas souvent des Anciens qui prennent de tels ris-

ques. La route principale de Milwaukee à Chicago est l'I-94 ; elle rejoint la voie express John Fitzgerald Kennedy qui pénètre dans le centre ville. La branche ouest de 17-94, appelée la Tri-State Tollway (Route à Péage des Trois Etats), est une voie express périphéri- que contournant la ville par l'ouest. A partir de Madi- son et Rockford, l'I-90 est l'autoroute principale ; dans la banlieue nord-ouest, elle rencontre 1'I-190, qui tour- ne ensuite vers le sud-ouest, et continue à l'intérieur de Chicago sous le nom d'Eisenhower Expressway (Voie Express Eisenhower). C'est la route principale vers la banlieue ouest. Au sud, il y a 1'I-94 (Calumet Express- way), l'I-57 et 1'I-90. Toutes trois rejoignent la Dan Ryan Expressway qui va au centre ville. Les voya- geurs venant de la rive est peuvent prendre I'I-90 et l'I-80, et ceux venant du Michigan l'I-94. PAR AVION Chicago est desservie par deux aéroports, l'im- mense O'Hare, et Midway, plus petit, situé près du centre ville. Des vols arrivent du monde entier à O'Hare. C'est l'un des aéroports les plus vastes et les plus actifs du monde. Alors qu'il est très dangereux pour des Vampi- res d'emprunter les vols normaux, pour passagers, —- des retards ou des contretemps peuvent permettre à la lumière du jour de rattraper un vol de nuit, et les volets des hublots sont tout sauf efficaces, les avions privés sont tout à fait viables, comme les containers scellés chargés sur des avions-cargos. A O'Hare, un bureau dirigé par un servant de Ballard du Clan Ventru peut prendre les mesures né-

Introduction

cessaires pour le voyage aérien de tout Vampire en bons termes avec Lodin. Un jet privé avec un équipage ne se montrant pas curieux coûtera au moins 4000 $, tandis que vous faire expédier dans un container scellé (souvent un cercueil) coûtera environ 800 $, mais pourra être extrêmement éprouvant pour les nerfs du voyageur laissé sans défense. PAR BATEAU II y a un port de mer dans l'Est de Chicago ; de nombreux navires de haute mer y accostent pour char- ger et décharger les marchandises venues du monde entier. Il existe également un dock près du centre ville, où accostent beaucoup de vaisseaux d'excursion et de ferries. Un grand nombre de bateaux de plaisance y re- lâchent aussi. PAR LE TRAIN Beaucoup de Vampires préfèrent prendre le train car le réseau est totalement contrôlé par la Fa- mille. L'avion met toujours mal à l'aise bon nombre des Caïnites les plus traditionalistes et le voyage par bateau est trop lent, mais les trains, eux, sont sûrs, rai- sonnablement rapides et constituent un genre de tradi- tion. Le plus souvent, le Vampire voyagera dans un fourgon spécialement conçu, mais s'il n'y en a pas de disponible, il lui faudra se contenter d'un comparti- ment privé dans la voiture de première classe, ou d'un cercueil scellé dans le fourgon à bagages. Il emportera presque toujours un cercueil ou un autre container scellé pour les cas d'urgence. '

1.4.2 Se déplacer à Chicago

Une fois que les personnages sont arrivés à Chi- cago, ils auront besoin de savoir comment s'y dépla- cer. La plupart d'entre eux auront leur propre moyen de transport — une moto, une voiture ou même une li- mousine. Ceux qui n'ont pas de transport personnel, ou qui ne désirent pas l'utiliser, ont plusieurs options:

ROUTE Les taxis sont très courants dans le centre ville de Chicago, et deviennent de plus en plus rares au fur et à mesure qu'on s'en éloigne. Le prix des courses varie de 5 à 50 $ selon la longueur du trajet. Il y a aussi un réseau de trams passablement étendu, qui est utilisé par certains (souvent des Anarchs) pour se pro- curer des Calices. Enfin, toute personne possédant un crédit raisonnable peut louer une voiture.

AIR

Bon nombre des gratte-ciel de Chicago ont des pistes d'atterrissage pour hélicoptères sur le toit, et beaucoup d'hélicoptères et d'hélitaxis, privés ou ap- partenant à des sociétés, survolent la ville. Ce mode de transport est de plus en plus en vogue chez les riches. Les hélitaxis demandent 120 $ pour n'importe quel trajet, sans considération de distance. Toutefois, ils ne desservent que Chicago, les banlieues proches et l'aé- roport d'O'Hare. RAIL

Chicago a un réseau très développé de trains et de métro, largement dû à l'influence de Drummond, du Clan Ventru. Un trajet coûte en moyenne entre 6 et 15 $ et peut vous emmener jusqu'aux banlieues les plus lointaines.

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Chapitre Deux : Histoire

Ils ne se rappelaient que vaguement les choses qu'ils avaient perdues et refusaient de croire qu'il y avait eu un temps où ils étaient purs et heureux. — Fyodor Dostoïevsky, Le Rêve d'un Homme Ridicule

Chicago a acquis une légion de sobriquets colo- municipalité la plus magouilleuse d'Amérique. La vé- rés durant son histoire courte mais illustre. Jeune selon rité est mêlée à la vie de ceux de la Famille qui contrô- les standards européens, la ville fut connue comme le lent cette ville et ont manipulé son histoire depuis ses Pays des Gangsters, la Massacreuse de Porcs et la tout premiers jours. Ville des Vents, entre autres noms. Son organisation politique a longtemps été l'une des plus puissantes du Ce chapitre raconte l'histoire de Chicago — tant pays, manipulant la politique même au niveau natio- la version selon Vampire de l'histoire des mortels, que

nal. Toutefois, aucune de ces images ne dit tout de la

2.1PremiersColons

Les premiers colons arrivèrent dans le secteur durant la Révolution Américaine, quand il était encore sous contrôle anglais. Les Etats-Unis et le Général An- thony Wayne dit "le Fou", héros de la guerre révolu- tionnaire, acquirent le terrain en 1795, et Fort Dear- born fût bâti en 1803. Inutile de le dire, ceci ne plut pas beaucoup aux Indiens, dont c'était la patrie depuis des générations. Ils avaient là leurs terres sacrées, leurs lieux de sépulture et leurs territoires de chasse. Les nouveaux venus qui essayèrent de déloger les précé- dents occupants se retrouvèrent la cible de raids et de bandes armées. L'armée abandonna le fort durant la Guerre de 1812, mais revint en 1816 avec davantage de colons et, finalement, des ingénieurs qui espéraient fonder une nouvelle ville à ce confluent stratégique. Les Indiens trouvèrent un meneur dans le Chef Faucon Noir (Black Hawk), et se préparèrent à défendre leurs terres ances-

trales. L'armée des Etats-Unis avait obtenu des succès considérables contre les natifs d'Amérique depuis la mort de Tecumseh pendant la Guerre de 1812. Cepen- dant, Faucon Noir pensa qu'il possédait un avantage sous la forme de Loup Blême (Pale Wolf), un homme blanc qui vivait déjà parmi les tribus du nord avant la naissance du grand-père de Faucon Noir — un très vieux Vampire qui était né sous le nom de Meneleus et s'appelait maintenant Menele. Toutefois, le Général Whistler, commandant de Fort Dearborn, était sous la Domination d'Héléna, la pire ennemie de Menele. Elle l'avait pourchassé à tra- vers le continent pendant des siècles et elle était plus que capable de faire pencher la balance en faveur des nouveaux venus. Elle attira également l'attention sur le conflit, afin que des troupes fraîches soient envoyées jusqu'à ce que la victoire soit assurée, sans regarder à la dépense.

l'histoire particulière de la Famille de la ville.

2.2 Les Guerres Indiennes

Menele avait espéré transformer le peuple de Faucon Noir en une force de combat efficace bien à lui, capable de se dresser contre Héléna et ses laquais. Par malheur, il connaissait mal le pouvoir destructeur des armes à feu, et malgré son entraînement et la va- leur intrinsèque de ses partisans, Héléna réussit à le vaincre encore une fois. L'apogée intervint durant un tragique raid noc- turne de la cavalerie sur un campement au bord d'une rivière. Menele, voyant la cruelle boucherie dont étaient victimes les braves gens avec qui il avait vécu durant si longtemps, explosa en une frénésie meurtriè- re. Au lieu de se reposer sur des pions pour mener ses batailles, comme il l'avait fait par le passé, il entra lui- même dans la bagarre, chargeant droit sur la tout aussi puissante Héléna. De nombreuses balles le frappèrent, mais rien ne semblait capable de l'arrêter. Les deux Mathusalems se rencontrèrent avec toute la fureur contenue d'une tornade, et les grandes quantités de Sang qu'ils utilisaient teintèrent l'air de rouge. A vrai dire, on raconta plus tard à ce sujet que beaucoup d'In- diens réussirent à échapper à la boucherie uniquement à cause d'une tornade rouge sang de mauvais augure. Aucun de ceux qui se trouvaient là ne put suivre le déroulement rapide de cette bataille titanesque mais, finalement, ils virent Héléna planter profondément ses griffes dans les côtes de Menele. Avec un cri d'agonie qui fit trembler la terre elle-même, il lui donna un vio- lent coup de tête qui lui enfonça le front. Ils se séparè- rent, terrassés par leurs blessures. Les braves qui res- taient à Menele tentèrent un dernier assaut désespéré pour sauver leur vieil allié, mais ne purent l'atteindre avant que Prias ne réussisse à planter profondément un pieu enflammé dans le cou du Vampire. Au prix de nombreuses vies, les alliés de Menele parvinrent à s'emparer du corps et s'enfuirent dans les bois, tandis que Prias emportait celle qu'il aimait vers la sécurité du fort.

Ainsi, deux des plus puissants Caïnites du Nou- veau Monde tombèrent en état de torpeur sous le re- gard vigilant de leurs alliés mortels. Cependant, leur profond sommeil ne signifiait pas la fin de leur vendet- ta vieille de plusieurs millénaires. Du fond de leur sommeil, ils lancèrent tous deux un appel à tous leurs partisans dispersés à travers la planète, et les Vampires comme les Bestiaux vinrent se rassembler autour d'eux.

2.3 Le premier Prince

Au début, Héléna pensa qu'elle avait l'avantage, puisque le fort et tous ses habitants étaient sous ses or- dres. Elle ignora la cité qui grandissait et, sans rencon- trer d'opposition, Menele réussit à installer ses parti- sans parmi ses instances dirigeantes. Maxwell devint le premier Prince de la Ville. Engendré par un aïeul Brujah espagnol, il était tout d'abord venu à Chicago en tant que négociant en four- rures. Exclu des échelons les plus élevés de la société des mortels à cause de sa race, il trouva que la Fa- mille, en un sens, avait moins de préjugés. En effet, Inyanga — à présent Aïeule, et membre du Primogène de la ville — songea pour la première fois à se rendre à Chicago quand elle apprit qu'un Prince noir la diri-

geait. La Guerre Civile entraîna un accroissement sur- prenant de la population mortelle de Chicago, mais peu de nouveaux Vampires arrivèrent, car la plupart d'entre eux savouraient les dépouilles de la guerre. Avec la fin de celle-ci, cependant, vint le changement.

Avec la fin de celle-ci, cependant, vint le changement. De nouveaux Caïnites commencèrent à converger de

De nouveaux Caïnites commencèrent à converger de partout vers la ville, en dépit des efforts de Maxwell pour qu'elle demeure un refuge de Brujahs. Parmi les nouveaux venus se trouvait le Ventru Lodin. Vers 1871, Maxwell et ses alliés s'étaient finale- ment débrouillés pour endiguer l'afflux. Puis vînt l'horreur de la Nuit du Diable. Les flammes allumées par un Malkavien suicidaire balayèrent la ville comme un coup de vent meurtrier, brûlant tout dans leur silla- ge. Etonnamment, peu de mortels moururent, mais le feu détruisit 18 000 immeubles et annihila presque complètement les partisans que Maxwell avait au sein de la Famille. Lodin vit sa chance dans la déroute de la classe dirigeante vampirique de la ville. Choisissant une nuit où Inyanga avait quitté la ville, le Ventru porta son coup. Avec un petit groupe de Toréadors et de Ventrus fidèles, il attaqua Maxwell dans une demeure que les Brujahs avaient dans l'East Side. Ils s'attendaient à un combat bref et unilatéral, mais trouvèrent Maxwell beaucoup plus fort qu'ils ne le pensaient. Beaucoup furent décapités par le sabre du Prince avant qu'un des Toréadors ne parvienne à lui arracher le bras. Maxwell s'échappa par une fenêtre, et on ne l'a pas revu en ville depuis lors. Lodin ne voulait aucun rival parmi sa propre espèce; il détruisit donc méthodiquement les rares Ventrus qui avaient survécu à la bataille. Depuis lors, tous les Ventrus de Chicago sont de sa lignée.

2.4 Après l'Incendie

Alors que les Caïnites qui se souviennent du grand incendie l'appellent toujours la Nuit du Diable, dans l'ensemble, la destruction fut profitable à Chica- go. Une reconstruction massive rajeunit la ville ; en l'espace de quelques années, elle avait surpassé son ancienne gloire et, sous la direction de Lodin, devint l'un des foyers industriels des Amériques. Avec une croissance aussi rapide vint une agita- tion inattendue. Le pouvoir de Lodin parmi les mortels irradiait de haut en bas. et il donnait à ceux qu'il sou- tenait le pouvoir et la liberté d'accroître leur richesse à volonté. Il utilisa les puissances jumelles de l'argent et de la force (cette dernière par le biais de la police et des gardes de la sécurité spéciale) pour garder les mas- ses populaires dans le droit chemin. Cependant, ce fut une surprise lorsque les travailleurs sur les épaules desquels la cite avait été construite commencèrent à protester contre leur condition désespérée. Le fait qu'un Vampire puisse transformer ce mécontentement massif en coup d'état fut un choc.

2.5 Le défi de Modius

Le Toréador Modius parut sortir de nulle part. 11 gagna rapidement le soutien des travailleurs mortels et des Vampires mécontents. Plus important, il avait le soutien d'Inyanga, de Khalid et du Brujah Procet, trois puissants Anciens qui n'avaient pas apprécié la façon violente et arbitraire dont Lodin s'était emparé du pou- voir.

Chicago by Night

Tout d'abord, leur bataille n'entraîna que peu d'affrontements, les deux camps laissant les mortels supporter l'essentiel du conflit. Bientôt, toutefois, Lodin découvrit que sa puissante force de police et ses agences de sécurité privées étaient neutralisées par les éléments les plus violents des travailleurs, et se retrou- va manquant d'alliés vampires. Les grandes institutions que Lodin avait créées pour assurer la stabilité de son autorité commencèrent à s'effriter devant l'extension des grèves et de la vio- lence. Ses espoirs qu'une économie forte et contrôlée créerait un environnement paisible pour la Famille comme pour le bétail s'avéraient illusoires. Même avec l'aide de deux nouveaux lieutenants, Ballard et Drummond, Lodin semblait incapable de faire à peine plus que retarder son renversement final. Tout d'abord, il essaya de détruire quelques-uns des leaders syndicaux durant une manifestation dans un marché en plein air. Un de ses agents mortels jeta une bombe dans un groupe de policiers, déclenchant une émeute qui conduisit au décès de plusieurs mem- bres du syndicat et de la police, et à la peine de mort pour quatre meneurs syndicaux, bien qu'aucun d'entre eux n'ait pu être relié à l'attentat, même devant le tri- bunal marron de Chicago. Ce coup renvoya un retour de flamme à Lodin. Les morts gagnèrent bien plus d'influence comme martyrs qu'ils n'en avaient eu de leur vivant, et l'ar- deur des syndicats s'éleva vers de nouveaux sommets. Lodin jura de ne pas commettre deux fois la même er- reur, mais les événements lui firent perdre le contrôle del'épisode suivant.

2.6 La grève chez Pullman

La grève de 1894 chez Pullman est passée à la postérité comme l'une des grandes tragédies de l'his- toire syndicale. Une grève contre de mauvaises condi- tions de vie et de travail réussit à unir les travailleurs noirs et blancs de chez Pullman et paralysa le réseau ferroviaire de la nation — une menace directe pour le lieutenant le plus récent de Lodin, le baron du chemin de fer Drummond. Sans même consulter son prince, il fit attaquer les travailleurs et briser la grève par les troupes gouvernementales. Mais ses actes infléchirent encore plus l'opinion publique en faveur des tra- vailleurs. L'incident devint un scandale mondial et un embarraspourlaville. Lodin conclut finalement que son arsenal actuel n'était pas capable d'arrêter les travailleurs. Il se mit à chercher un outil convenable pour les contrôler, et ses yeux tombèrent sur Tommy Hinds. Il Etreignit rapide- ment l'éminent socialiste (voir la description de Hinds en p. 122) et utilisa la Domination pour forcer sa Pro- géniture à se retourner contre les autres chefs tra- vaillistes. Hinds commença par corrompre la direction du syndicat avec des promesses de richesse et de puissan- ce personnelles s'ils assuraient la coopération des tra- vailleurs. Les industries les plus menacées furent for- cées d'améliorer la paye et les conditions de travail, tandis que les syndicats récalcitrants commençaient à

Histoire

souffrir les premières tentatives de prise de contrôle par le crime organisé. Les forces de Modius furent len- tes à réagir à cette nouvelle menace, mais quand elles le firent, ce fut avec une violence jamais vue dans ce long conflit. Fatigués de la bataille apparemment sans fin, les partisans de Modius étaient devenus impatients et moins désireux de s'en remettre au bétail. Guidés par l'Anarch Balthazar et son Père, ils commencèrent à chercher et détruire les partisans de Lodin, aussi bien parmi la Famille que parmi les bestiaux. Alors, Lodin sut qu'i l tenait les rebelles. Il alla quérir les Caïnites les plus anciens de la ville et insista sur le risque qu'entraînaient les violations de la Mascarade commi- ses par les Anarchs. Il promit également de faire de son mieux pour préserver la paix en ville, et les An- ciens lui donnèrent, à contre-cœur, leur agrément pour mettre un terme à la longue guerre par tous les moyens nécessaires. Au même moment, Hinds avait effectué son in- fâme visite à Balthazar et l'avait convaincu de changer de bord. Avec l'aide de ce Brujah et l'assentiment taci- te du Primogène, Lodin se lança dans une campagne d'extermination systématique. Il se débrouilla pour dé- guiser ses attaques en une série de chasses du sang contre des transgresseurs de la Mascarade et, vers le début de la Première Guerre mondiale, il avait réussi à détruire la plupart de ses adversaires. Toutefois, Mo- dius — avec l'aide secrète d'Annabelle — réussit à se retrancher dans Gary, qui était un centre de la puissan- ce syndicale.

2.7 Praxis de Cauchemar

Les 50 années suivantes furent appelées la Praxis de Cauchemar, une période de paix parmi les Vampires. Lodin aime s'attribuer le mérite de cette ère tranquille, mais la plupart des Caïnites voient dans cette époque des années durant lesquelles Chicago vé- gétait. Cependant, même cette période relativement calme eut sa part d'agitation.

2.8 La création de l'Elysium

Lodin apprit, durant cette période, à craindre le pouvoir grandissant du Primogène. Cette puissante Coterie d'Anciens fit sentir son pouvoir pour la pre- mière fois peu de temps après que Lodin se fut emparé du contrôle de la ville. A l'origine, le Primogène était composé de ceux qui estimaient que le nouveau Prince avait dépassé les bornes. Nul n'avait pu l'accuser de violer la Loi du Talion, mais trois personnes au moins — Inyanga, Khalid et le Brujah Procel — sentirent que ses actes avaient créé un dangereux précédent. Tous trois craignaient également que Lodin n'utilise sa nouvelle puissance pour faire le mal, peut-être en les pourchassant pour leur Fluide Vital ancien. Ces trois Vampires avaient apporté leur aide à Modius, mais trouvèrent leur pouvoir annulé par la mystérieuse puissance des Ventrus, des Tremeres et des Malkaviens. Ils décidèrent donc que la véritable

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autorité de la ville résidait dans les forces combinées des Anciens. Peu après la Première Guerre mondiale, des invites timides furent faites et, bientôt, les Caïnites les plus importants de Chicago commencèrent à se

réunir. Ils s'appuyèrent sur l'ancienne tradition des To- réadors d'interdire la violence dans les lieux possédant une importance culturelle. Donnant à ces endroits sûrs le nom d'Elysium, ils se rencontrèrent ainsi dans les couloirs consacrés du Chicago Symphony Orchestra. Enveloppés par les accords de la grande musique, les Vampires suprêmes de la ville se retrouvèrent engagés dans ce qui allait devenir une tradition sacrée. Echangeant des remarques, s'engageant dans de brûlants débats télépathiques et poursuivant des dis- cussions par l'intermédiaire de messagers, les Primo- gènes commencèrent à établir une structure de pouvoir au-dessus de Lodin. Tant qu'ils s'entendaient entre eux, ils étaient plus puissants que lui. La première réu- nion s'acheva sur peu de réalisations tangibles, mais ceux qui y assistèrent repartirent avec la sensation qu'ils avaient trouvé un moyen de régler des différen- ces qui auraient pu sinon éclater brusquement en un conflit sanglant. Ces aïeuls Caïnites étaient complète- ment indifférents au fait que beaucoup de ce qu'ils voulaient accomplir nécessiterait l'accord — volontai- re ou non — de Lodin. Lodin était au courant de la réunion, mais n'en apprécia pas pleinement l'influence jusqu'à ce qu'il envisage de faire de Capone son nouveau lieutenant. Ceci entrait en conflit avec les plans personnels de Procet pour manipuler le Milieu, et les mit tous les deux sur une trajectoire de collision. Alors que, par le passé, ce conflit aurait pu être réglé par les deux prota- gonistes en combattant ou en manipulant le bétail, cette question se retrouva alors portée devant le Primo- gène réuni. Par un vote de 5 contre 2, celui-ci décida d'accorder au Prince son dernier Nouveau-Né — mais en ce qui concernait la pègre, Lodin devrait s'incliner devant son aîné. La colère de Lodin explosa quand il fut mis au courant de la décision. Il n'y avait pas de Primogènes dans le pays de son Etreinte, et ces intrigants sem- blaient déterminés à ruiner tous ses rêves et ses es- poirs. Encore et toujours, il se retrouvait mis en échec par leur puissance, sans moyen de leur résister.

2.9 L'Interdiction

Lodin refusa d'oublier le défi de Modius à son autorité. Aussi longtemps qu'aucune nouvelle menace n'apparaissait, l'objectif principal du Prince de Chica- go demeurait la destruction de celui de Gary. Il mit sur pied ce qui est connu comme l'Interdiction de Gary — un plan pour dépouiller Modius de sa puissance en dé- truisant celle des mortels qu'il contrôlait. A cette fin, Lodin donna à Ballard et Capone les coudées franches ou presque pour paralyser l'économie de la ville de l'Indiana et détruire l'influence des syndicats. Il fallut un certain temps pour que les effets de l'Interdiction se fassent sentir, mais quand Modius et les autres so- cialistes réalisèrent ce qui se passait, ii était trop tard.

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L'économie de Gary était depuis longtemps basée sur l'acier. Incapable de chasser les aciéries hors de la ville, Ballard s'en prit à la sidérurgie à l'échelle du pays — et il le fit avec une efficacité étonnante. En forçant les dirigeants mortels de l'industrie à prendre les décisions les plus stupides, en étranglant l'investis- sement et en soutenant la croissance des sidérurgistes étrangers, Ballard réussit à entraîner l'économie de Gary dans une dépression qui, jusqu'à présent, s'est avérée incurable. Capone utilisa avec tout autant d'efficacité les forces du crime organisé. Extorsions, attaques de ca- mions et autres rackets variés contribuèrent à accélérer le déclin de Gary. Il s'arrangea pour placer ses gens du Milieu à des postes importants dans les centrales syn- dicales nationales, les laissant attaquer Gary à travers les unions locales qui y étaient actives. Au bout d'un moment, ils commencèrent à attirer l'attention d'agents fédéraux. Pour couronner le tout, tous les Ventrus de Chicago s'associèrent pour empêcher Gary de développer son infrastructure, de construire un aé- roport décent ou de prospérer de quelque façon que ce soit. L'Interdiction a été un succès total, et Modius s'est avéré incapable de la briser. Maigre les nombreuses tâches dont Lodin s'oc- cupa durant ces cinquante années, il se trouve que cette époque faisait partie des meilleures de son exis- tence — notamment en comparaison de ce qui restait à venir.

2.10 Les Anarchs

Les premiers indices de troubles vinrent d'au- tres princes un peu partout dans le pays. Des rapports concernant des Nouveaux-Nés non présentés, des gangs d'Anarchs qui grandissaient et des clans de membres du Sabbat en maraude commencèrent à par- venir à Lodin, en sécurité à Chicago. Les décennies de tranquillité relative ne s'étaient pas limitées à la ville, et les chefs de la Camarilla, dans tout le pays, étaient devenus trop coulants en matière d'autorité. Quand des menaces apparurent, ils se fourvoyèrent ou réagi- rent trop exagérément. Les problèmes commencèrent dans le Sud, ou de nombreux Vampires noirs aidaient leurs pendants mortels dans la lutte pour l'égalité. Les Princes, pres- que sans exception des produits blancs de la culture ra- ciste qu'ils dominaient, réagirent avec une brutalité fé- roce. Toutefois, pour une fois, le bétail l'emporta sur les Vampires, et les droits civiques vinrent à l'ordre du

jour. Les Anarchs n'avaient pas disparu d'Amérique. Tandis que la Camarilla et les Princes s'étaient arran- gés pour les tenir en échec, leur nombre avait crû len- tement, mais constamment. Lorsque quelques Princes de la Côte Ouest décidèrent, dans les années 60, de briser cette menace potentielle, les rebelles réagirent avec une furie sans égale. Alliés à des mortels mécon- tents, les Anarchs opposèrent une agression organisée au mouvement des Princes et, bientôt la violence ba- laya le pays. Beaucoup de villes de la côte ouest, géné- ralement dirigées par des Princes plus jeunes, tombè-

Chicago By Night

rent sous l'assaut, et demeurent à ce jour aux mains desAnarchs. Ceux de Chicago avaient été durement malme- nés lors de la chute des socialistes, dans la première moitié du siècle, mais ils avaient tranquillement récu- péré au fil des années. Vers 1960, ils avaient dépassé ceux qui s'étaient soulevés avec Modius, tant en force qu'en nombre, et ils étaient devenus une source cons- tante de préoccupations pour Lodin. Durant les pre- mières années de la décennie, un genre de guerre fan- tôme se développa, les Ventrus de la ville essayant de chasser les Anarchs les plus faibles et les Anarchs ten- tant d'arracher les institutions des mortels au contrôle du Prince. Cependant, les deux camps évitèrent toute violence sérieuse jusqu'en 1966.

2.11 Les Nuits de Furie

Lors de ce qui devint connu parmi les Caïnites de tout le pays comme les Nuits de Furie, la situation changea du tout au tout. Les ennuis commencèrent quand Balthazar partit en quête d'un Brujah Nouveau- Né dont la rumeur disait qu'il était entré en ville quel- ques jours plus tôt. L'homme de main du Prince ne ré- ussit pas à trouver le nouveau venu, mais il tomba sur un groupe de Brujahs rassemblés dans Lincoln Park. Craignant qu'ils ne complotent contre le Prince, Bal- thazar et ses assistants Ventrus les attaquèrent, détrui- sant deux Brujahs. Sans que le Ventru le sache, ces derniers étaient une des raisons majeures pour lesquelles la ville n'était pas encore entrée en éruption. Membres d'une bande appelé Urban Sprawl, ces Végétariens étaient devenus une force directrice parmi les Anarchs, à cause de la popularité de leur musique. Ils conseillaient la non- violence comme un moyen pour la Famille de résoudre ses nombreux problèmes, mais leur pacifisme était vain face à la brutalité de Balthazar. Les Anarchs répondirent à l'atrocité avec une fé- rocité qui ébranla la société des Vampires jusqu'à ses racines. Des batailles firent rage sur les toits et dans les égouts de la ville gigantesque. Les Anciens n'étaient nulle part en sécurité, même pas dans l'Elysium, et certains furent traqués jusque dans leurs refuges. A la fin de la semaine, plus d'une douzaine de membres de chaque camp avaient été détruits ou forcés à entrer en état de torpeur. Bientôt, le pire du combat fut passé, mais la guerre était une fois de plus sortie de l'ombre.

2.12 Le conflit des générations

Chicago, en tant que plus grande ville des U.S.A. sous contrôle de la Camarilla, devint bientôt le centre du Conflit des Générations. Des Anarchs arrivèrent en masse en ville, et la Camarilla envoya un groupe de puissants Archontes pour les combattre. Durant tes deux années qui suivi- rent, chaque camp harcela l'autre, manœuvrant à tra- vers la ville dans l'espoir d'obtenir quelque avantage. Les Anarchs firent quelques tentatives timorées pour prendre le contrôle d'institutions des mortels, mais

Histoire

pour la plupart, ils se joignirent à la révolte des jeunes qui, à l'époque, battait son plein. Les vieux socialistes restèrent, pour la plupart, en-dehors du conflit, mais ils apportèrent aide et conseils aux Anarchs plus jeunes. Au tout début de 1968, il devint de plus en plus apparent que la confrontation ne pouvait être plus longtemps retardée. Avril apporta un avant-goût de la violence à venir. L'assassinat de Martin Luther King Jr. fit exploser l'amertume jusqu'ici réprimée. Tandis que les émeutes provoquaient une grande inquiétude dans la société des mortels, les Caïnites avaient encore à régler leur conflit. Cela se produisit en août. De tout le pays et de toute la planète, des Vampires et des bestiaux se dé- versèrent dans la ville pour la convention Démocrate en vue des élections présidentielles. La tension monta jusqu'à l'un des derniers jours de la convention — le 28 août. La ville était pleine à craquer, et le sang de presque tous les Caïnites de la ville sur le point d'en- trer en ébullition, échauffé par les odeurs étranges montant des mortels excités. Au début, le combat sem- bla peu différent des escarmouches précédentes, avec de petits groupes de chaque bord se tendant des em- buscades mutuellement. La violence véritable se déchaîna lorsque Lodin eut obtenu toute latitude de la Justicar Ventrue pour régler une fois pour toutes la question des Anarchs — mais elle aurait sans doute hésité à donner son autori-

pour régler une fois pour toutes la question des Anarchs — mais elle aurait sans doute

sation si elle avait su ce que Lodin avait en tête. Tan- dis que les Anarchs et les rebelles mortels se prépa- raient pour la nuit et commençaient à quitter Lincoln Park pour se répandre dans les rues, le Prince lança son attaque. Des armées de policiers et d'Anciens en- vahirent les rues et attaquèrent les manifestants. La ba- taille commença, et l'essentiel fut montré en direct sur les chaînes nationales. Jamais, jusqu'ici, les Anarchs n'avaient eu à subir un assaut de cette importance. Face aux charges massives des policiers lourdement armés, les rangs des manifestants se désagrégèrent et les Anarchs furent forcés de fuir. Une fois qu'ils eurent quitté le champ des caméras, des groupes d'Anciens et d'Archontes s'abattirent sur eux. Plus d'une centaine de Vampires de toutes les parties du monde disparurent cette nuit- là. Tous ne furent pas anéantis, mais on raconte que les rues étaient couvertes de cendres le lendemain matin.

Les forces du Prince eurent leur part de pertes mais, pour la première fois depuis des siècles, la Ca- marilla commença à se dire que les Anarchs avaient été écrasés. Bien que beaucoup fussent choqués par le risque encouru par la Mascarade — il fallut détruire un peu de pellicule et influencer ou éliminer certains témoins oculaires — le calme fut finalement rétabli à Chicago. Non seulement le mouvement Anarch local avait été démantelé, mais des chefs Anarchs de tout le pays avaient également été détruits. Bon nombre de villes eurent le cœur même de leur rébellion arraché, et les Princes, dans tout le pays, se retrouvèrent libres de se livrer à une vengeance brutale. Partout, les Anarchs étaient en fuite : l'aube d'une ère de répres- sion s'était levée. Chicago avait souffert plus que toute autre ville ; son âme elle-même avait été arrachée. Bien que les Anciens eussent gagné, durant des années ils vécurent dans la peur, dans la terreur d'une agression par un Anarch rendu fou par le désir de vengeance. Les quel- ques rebelles qui vivaient toujours en ville — car il était impossible de les éradiquer complètement — se firent aussi discrets que possible. Ceux qui étaient pro- tégés par les alliés les plus puissants ou qui possé- daient les esprits les plus rusés réussirent à survivre, mais Lodin en chassa et en tua autant qu'il put. Il in- terdit d'Engendrer dans la métropole — un édit auquel la plupart des Vampires obéirent vraiment. Durant dix ans, les Anarchs ne jouèrent presque aucun rôle dans la ville. Ils existaient toujours, mais seulement en marge de la société vampirique,

2.13 Le Mystère du Zoo

Au début des années 70, il y eut une série de vols d'animaux dans le Lincoln Park Zoo. Les voleurs avaient établi leur repaire dans ce quartier, au sous-sol d'une maison de rapport abandonnée. Dans une rare explosion de frénésie, plusieurs des Anarchs survi- vants, guidés par Rosa Hernandez ("Rose"), une Gan- grel, s'abattirent sur les voleurs et les tuèrent dans une orgie sanglante. On ne sut jamais exactement pourquoi les voleurs voulaient les animaux. Rose prétendit

qu'ils prévoyaient de les vendre à des laboratoires mé- dicaux comme sujets d'expériences, mais les raisons qui pouvaient pousser un laboratoire à acheter un léo- pard n'était pas claires. En tout cas la police crut que, d'une manière ou d'une autre, les voleurs étaient devenus les proies des créatures qu'ils avaient volées. Cette théorie tenait à peine plus que celle de Rosé au sujet de la raison prin- cipale pour laquelle les animaux avaient été dérobés. Car ces derniers furent retrouvés morts eux aussi, mais bizarrement, quelqu'un avait perforé leurs principales articulations et vidé leurs corps de la moelle des os elle-même. On ordonna plus tard à Rose de fournir un rap- port complet à Lodin lors de l'assemblée suivante à l'Elysium. Elle assura que les voleurs venaient juste de rentrer à leur quartier général et d'y trouver les ani- maux morts quand elle était arrivée avec les Anarchs. On eût dit que les lieux avaient été ravagés par un ou- ragan, et tous les appareils électriques du sous-sol avaient disparu. Entre le moment de l'attaque de Rose et celui où Lodin détermina l'implication de celle-ci, il y eut plusieurs autres tueries bizarres. Chaque fois, les os de victimes humaines avaient été vidés de leur moelle. Sur les ordres de Lodin, la municipalité étouffa ces meurtres pour éviter la panique — tout comme la mort des voleurs. Lodin put donner l'ordre d'une autre des- cente sur les Anarchs, écrasant tous ceux assez peu sages pour vivre à nouveau au grand jour. La Cama- rilla choisit d'oublier que Rose avait violé la Mascara- de, à cause de circonstances atténuantes. Lodin lui donna toutefois un avertissement strict, et elle s'est, depuis lors, montrée plus circonspecte. Ces étranges meurtres avec assèchement de la moelle des os cessèrent une semaine plus tard environ, et nul n'a jamais déterminé leur cause. Bien sûr, les commérages de la Famille ont fourni plusieurs expli- cations possibles, depuis des extraterrestres jusqu'à un Mathusalem en visite avec une soif toute neuve.

2.14 Le retour des Anarchs

Quelle que soit l'obscénité de l'existence des Vampires, ils demeurent une partie de la nature, et celle-ci a horreur du vide. Lentement, des Anarchs re- commencèrent à s'infiltrer dans la ville, ou furent créés en dépit de l'édit de Lodin. Confiant dans le fait que sa victoire avait été définitive, Lodin commença à relâcher la pression qu'il avait exercée durant si long- temps. Il déclara une trêve et accepta officiellement la présence d'Anarchs dans sa ville. Aussi longtemps qu'ils obéissaient à ses lois, dit-il, ils pourraient y de- meurer. Cependant, il insista pour qu'ils se présentent à lui à Ï'Elysium. Bien qu'ils ne lui fissent guère confiance, aucun Anarch ne pensait qu'il prendrait le risque de briser la Mascarade et donc, peu à peu, la plupart des survivants se présentèrent à lui. Malgré cette nouvelle tolérance, il aurait pu fal- loir des décennies pour que les Anarchs récupèrent, sans l'apparition de Maldavis. Elle sembla sortir de nulle part mais, soutenue par des Anarchs respectés, et

manifestant des pouvoirs mystérieux, elle s'éleva rapi- dement à une position d'autorité parmi les rebelles abattus. Elle commença à forger un nouveau mouve- ment Anarch.

2.15 Les Guerres du Conseil

Même avec rapport de Maldavis, il aurait pu ne rien arriver si Lodin était demeuré prudent. Mais rendu trop confiant par ce qu'il considérait comme sa victoi- re écrasante, il décida de consolider sa puissance. Il commença par créer plusieurs Nouveaux-Nés, pour l'aider à diriger les domaines de la société des mortels où il restait mal à l'aise et pour contrebalancer sa progéniture plus ambitieuse. Il voulait désespéré- ment limiter le pouvoir de ses premiers rejetons, et ga- gner une emprise sur les puissants médias et la techno- logie informatique qui devenaient sans cesse plus importants pour le commerce de chaque jour. Les Primogènes commencèrent à s'en rendre compte quand Lodin eut Engendré le quatrième Nou- veau-Né de sa seconde fratrie. Au début, seuls ceux qui s'étaient historiquement opposés au Prince soule- vèrent une quelconque opposition ; il n'y eut donc que peu de résultats. Cette minorité frustrée entreprit de soutenir la montée de Maldavis parmi les Anarchs, la nourrissant de leur propre sang puissant et lui appre- nant les noirs secrets de la ville. Maldavis ne sut ja- mais qui étaient ses mentors, bien qu'elle en soupçon- nâtbeaucoup. Cependant, elle ne demeura qu'une irritation mi- neure pour le Prince jusqu'au début de 1983, lorsque Lodin tourna contre lui un autre membre du Primogè- ne. Cette fois, il mit en colère Annabelle Treabelle, l'un des principaux Toréadors. Elle n'occupait pas une position particulièrement influente au sein du Primogè- ne, mais son vote était celui qui diviserait le conseil. Avec son changement de position commencèrent les Guerres du Conseil. Comme beaucoup d'autres grands bouleverse- ments au sein de la Famille, le monde des bestiaux épousa ce combat féroce. Le puissant poste de Maire avait été un sujet sur lequel l'autorité de Lodin n'avait jamais été défiée, et il l'avait toujours pourvu avec des mortels plus que désireux d'exécuter ses ordres. Mal- davis choisit de frapper là en premier, et après des an- nées de préparation, elle présenta un nouveau candidat à la Mairie — Harold Washington. Elle ne le contrôlait pas elle-même, mais elle pouvait être certaine qu'il n'était pas suborné par Lodin. Celui-ci fut pris complè- tement au dépourvu, et les Primogènes bridèrent l'envie immédiate qu'il avait d'écraser Maldavis et de mettre à mort le candidat mortel. Le 15 avril 1983, Ha- roldWashington devint Maire. Horrifié par ce qu'il avait perdu, Lodin ignora les restrictions des Primogènes et tenta de riposter. A son grand étonnement, il trouva les forces de Maldavis prêtes, et fut bouleversé de découvrir que, même avec tous les Ventrus derrière lui, les Anarchs demeuraient hors de son atteinte. La bataille continua durant quatre ans ; mais, à la différence des conflits précédents, la violence y jouait un rôle secondaire. L'arène principa-

Histoire.

le se révéla celle de la politique des mortels, car les deux camps essayaient de placer leurs pions le mieux possible, dans l'espoir d'utiliser le bétail pour faire leur sale travail. II y eut bien quelques Vampires qui furent détruits, mais nul ne voulait une nouvelle Nuit de Furie. Pendant ces années, le pouvoir de Maldavis grandit tandis que celui de Lodin diminua. Quoi qu'il fît, le Prince n'arrivait pas à découvrir les endroits où elle se cachait, alors que les Anarchs traquaient, confondaient — et parfois exterminaient — en toute impunité ses propres partisans. La Camarilla n'écouta pas ses lamentations, ne voulant pas provoquer une autre Nuit de Furie. Le dés- espoir de Lodin s'accentua quand il réalisa que cer- tains des Primogènes soutenaient Maldavis. Ce qui lui restait d'orgueil lui interdit de mendier leur aide lors- qu'il apprit qu'ils s'étaient retournés contre lui.

2.16 Opération Incubateur

Lodin commença à répondre aux subtiles machi- nations de Maldavis par des manœuvres à lui plus crues, moins sophistiquées. Par exemple, vers Noël 1985, il mît en œuvre l'Opération Incubateur, par la- quelle il tenta de ruiner certains alliés mortels essen- tiels pour Maldavis, par des persécutions policières et des mises en cause publiques. Ses plans se retournè- rent contre lui quand la nouvelle de ces efforts attei- gnit le public et un scandale éclata au sujet de la "per- sécution" exercée sur la municipalité. D'une manière ou d'une autre, l'histoire avait réussi à franchir le bar- rage de sa censure, fait qui conduisit à la création par lui d'un Nouveau-Né supplémentaire, Joseph Peter- son, dont le devoir consistait à contrôler les médias. La puissance de Maldavis atteignit son point culminant au printemps 1986. Durant l'année suivante, les Anarchs détruisirent beaucoup des contacts et ser- vants que le Prince avait au sein de la municipalité et installèrent leurs propres pions à bon nombre de pos- tes-clefs de la ville. Finalement, désespéré et craignant pour son existence même, juste avant le Jour d'Ac- tions de Grâces (Thanksgiving) 1987, Lodin se jeta aux pieds des Primogènes et mendia leur pardon. Des heures durant, il écouta les récriminations des Anciens au sujet de la façon dont il gérait la ville, jusqu'à ce qu'ils passent finalement un marché. Anna- belle accepta de changer de bord si le Prince accordait à un Ventru précis une liberté exceptionnelle, et lui donnait, à elle, le droit d'Engendrer deux Nouveaux- Nés. Même les Primogènes avaient dû se soumettre à la loi de Lodin contre l'Etreinte, car elle était ratifiée par la Camarilla, mais le Prince n'eut pas d'autre choix que de concéder le privilège demandé. Plus en- core, on lui demandait d'assister aux réunion des Pri- mogènes dans l'enceinte de l'Elysium, le premier lundi de chaque mois, pour entendre leurs réclama- tions et écouter leurs avis. Renforcé par ce changement de fortune et la ré- vélation, par Annabelle, de l'existence d'un espion qui avait trahi les Ventrus, le Prince entreprit de recouvrer sa puissance. Lodin commença son Massacre du

21

Thanksgiving par une attaque directe contre le maire, populaire, que Maldavis avait porté au pouvoir. Le Ventru lui prit tant de sang qu'il mourut le lendemain, d'une crise cardiaque. Ce jour-là, aidés par la capture de l'un des lieu- tenants de Maldavis en qui elle avait le plus confiance, les alliés mortels du Prince commencèrent à traquer les Anarchs et à les tuer alors qu'ils dormaient dans leurs Refuges. La nuit tourna en une nuit de terreur pour les alliés qui restaient à Maldavis. Les forces de Lodin surveillaient tous leurs Refuges, et ils n'étaient nulle part en sécurité. De nouveau, les Anarchs perdirent l'essentiel de leur puissance sous l'assaut du Prince. Cependant, cette fois-ci, ce fut encore plus horrible. Les Lècheurs s'endormaient dans le plus sûr de leurs Refuges et étaient réveillés à midi par le pieu qu'on leur plantait dans le cœur. Le puis- sant Brujah Procet fut au nombre de ceux qui disparurent. Le Prince parvint presque à tuer Maldavis elle-même, mais elle réussit à survivre grâce à des moyens que Lodin ne comprend toujours pas. Il soupçonne une tra- hison permanente au sein des Primogènes. Il a dû se contenter de savoir que la plus grande menace pour sa puissance avait été détruite, et se mit à la tâche de regagner son emprise sur la société des mortels.

2.17 Des Secrets à l'Intérieur de Secrets

Vampires en ont péri. A présent, le jeu a pris une nouvelle dimension plus subtile. N'étant plus protégée par une épaisseur de terre, Héléna est sortie de sa torpeur l'année derniè- re. Affaiblie par son long sommeil et désorientée par un monde si différent de celui qu'elle avait connu en dernier, elle joue lentement. Elle a essayé de découvrir l'endroit où repose Menele, mais elle a modéré ses re- cherches, inquiète des protections mystiques que son adversaire pouvait avoir pour le garder — et de ce que les domestiques de son ennemi pourraient faire à son corps à elle, toujours convalescent, s'ils le trouvaient. Elle vit donc tranquillement au Succubus Club, sous l'identité de la Nouvelle-Né Portia. Son inactivité apparente ne signifie pas qu'elle ait abandonné sa grande lutte ; ayant vu la puissance des Anarchs si adroitement maniée durant les Guerres du Conseil elle a décidé d'enlever cet outil puissant à Me-

elle a décidé d'enlever cet outil puissant à Me- Après une telle Connaissance, qu'est l '

Après une telle Connaissance, qu'est l'oubli ?

— T.S. Elliot

Comme les Vampires les plus intelli- gents de la ville, Lodin soupçonne qu'il s'en passe plus qu'il n'en sait. Les plus paranoïa- ques voient la Géhenne derrière tout nouvel incident, mais les autres soupçonnent que quelque Jyhad plus vaste se déroule sur la toile de fond de Chicago. Ils ont raison. Héléna et Menele sont tous deux res- tés en ville. En dépit de leur longue torpeur, ils ont poursuivi leur guerre éternelle, et la plupart des principaux événements qui agi-

tent la Famille (mais pas tous

) émanent

d'eux. Les forces d'Héléna ont été centrées autour du Prince Lodin, qui joue son jeu sans en avoir conscience, tandis que Mene- le contrôle les Anarchs de la ville au travers de son Lien de Sang avec Critias et de sa Domination sur leurs autres chefs. Jusqu'ici, la plupart des batailles ont eu chacune pour pivot des tentatives d'un Mathusalem pour tuer les alliés d'un autre et, par conséquent, beaucoup de

nele. Peu après la fin des guerres, elle a commencé à chercher un pion utile et, finalement, a choisi Juggler, un Brujah de Gary non encore impliqué dans le Jyhad. Avec soin, elle a développé le potentiel de ce dernier en tant que chef Anarch et a amené Tyler, le Brujah qui lui est lié par le sang, à développer un lien identique avec Juggler. Il sert à présent de chef à bon nombre des mécontents de la ville, bien qu'il ait enco- re à finir de gagner leur confiance. Elle a pris soin de provoquer un conflit entre Juggler et le Prince afin de maintenir la crédibilité de son Brujah. Menele, de son côté, a également calmé les cho- ses. Alors que, par le passé, il aurait agi à l'instant pour mettre fin à la montée du pouvoir de Juggler, il essaye maintenant une tactique plus subtile. Exacte- ment comme il a poussé Héléna à croire qu'elle possè- de le contrôle d'Annabelle, il espère lui faire croire qu'elle a effectivement pris celui des Anarchs. C'est une stratégie risquée — Héléna pourrait réussir à s'em- parer réellement des Anarchs — mais Menele considè- re que le jeu en vaut la chandelle. Il a décidé sa nouvelle approche pendant les Guerres du Conseil. Durant un long moment, son som- meil fut harcelé de questions au sujet de ses actes de l'époque, il commença à se dire qu'il avait joué trop

tôt le pion Maldavis, au lieu de la laisser grandir jusqu'au point où elle aurait été un ennemi invincible pour le Prince. Tandis qu'il commençait à retracer toute l'histoire de son grand Jyhad, un doute affreux commença se développer au fonds de son cœur. Ses actes étaient-ils bien les siens ? Quelqu'un le manipu- lait-il comme lui-même en manipulait d'autres ? Quel- que Vampire encore plus vieux, et puissant ? Ou même ses ennemis jurés ? La pensée l'assaillait et hantait ses rêves. A présent, il joue pour assurer son propre contrôle, faisant tout ce qui est en son pouvoir pour prouver qu'il a toujours son libre-arbitre. Héléna pense qu'elle a gagné les Guerres du Conseil, mais Menele a sacrifié Maldavis afin de faire croire à son adversaire qu'elle a pris le contrôle du Pri- mogène Annabelle. Héléna pense qu'un usage continu de sa puissante Domination a forcé celle-ci à changer de bord, et elle ne peut imaginer que Menele aurait sa- crifié un outil puissant comme Maldavis, pour quelque raison que ce fût. En fait, Menele prévoit d'infiltrer un certain nombre de pièces dans le camp d'Héléna, en lui faisant croire qu'elle les contrôle. Puis, quand il sentira que le moment est venu, il les jettera sur elle en un coup brutal destiné à mettre fin une fois pour toutes à leur Jyhad.

2.18 Chronologie :

Cette chronologie n'est qu'un bref survol de l'histoire de Chicago, résumant celle, plus détaillée, qui est don- née dans le reste du présent chapitre.

Evénements de l'Histoire de Chicago

1700

Meneleus rejoint les Indiens des Plaines et vit avec eux. Il apprend comment trouver la paix

1820

et se rapproche de Golconda. Héléna retrouve une fois de plus Menele et il est forcé de fuir chez son ami, le Chef Faucon

1832

Noir. Lors d'une grande guerre entre les Soldats de Fort Chicago et Faucon Noir, les Indiens su-

1833

bissent une grave défaite. Au cours de la bataille, Menele et Héléna sont tous deux si gravement blessés qu'ils entrent en état de torpeur. Fondation officielle de Chicago.

1837

Maxwell devient le Prince de la Ville.

1871

La Nuit du Diable. O'Leary allume le Grand Incendie de Chicago. Lodin profite du chaos

1880

pour renverser Maxwell. Modius commence sa montée vers la puissance.

1894

Grève chez Pullman.

1901-1906

Les syndicats atteignent le sommet de leur puissance.

1908

Hinds rencontre Balthazar ; ce dernier trahit les Anarchs.

1913

Lodin parvient finalement à contrôler les syndicats et Modius s'enfuit à Gary.

1913-1966

Praxis de Cauchemar. Période de paix et de tranquillité sous la férule de Lodin.

1919

Première réunion des Primogènes et fondation de l'EIysium.

1921

Lodin édicté l'Interdiction de Gary.

1966

Nuit de Furie.

1968

Convention démocrate en vue des présidentielles.

1973

Le Mystère du Zoo.

1983

Début des Guerres du Conseil. Harold Washington est élu maire.

1985

Lodin démarre l'Opération Incubateur.

1987

Lodin est vainqueur des Guerres du Conseil. Mort d'Harold Washington.

L'année dernière

Eveil d'Héléna.

Chapitre Trois : géographie

II y avait une fissure dans son crâne et un peu du Monde des Ténèbres s'y infiltrait et le poussait vers la mort. — Rudyard Kipling, Le rickshawfantôme

Le Chicago du monde gothique-punk diffère peu, sur le plan architectural, de celui qui existe dans notre univers. Les gens s'efforcent toujours d'atteindre le ciel, et des bâtiments d'une centaine d'étages domi- nent les constructions moins hautes. Mais les ombres entre les immeubles sont, en un sens, plus denses. Peu de piétons osent s'aventurer dans les rues après la tom- bée de la nuit, même dans les "bons" quartiers de la ville. Ceux qui le font n'ont pas de bonnes intentions en tète. Même au cœur de Chicago (particulièrement dans ce cœur), on trouve la lie de la société, les crimi- nels, et les Morts-Vivants qui, la nuit, régnent sur les

rues. Chicago est composée d'une gamme de styles de construction allant du Gothique au contemporain. Les constructeurs qui ont laissé leur empreinte sur la ville avaient trop de vie et d'imagination pour que les Vampires aient envie de beaucoup changer leur travail ou y réussissent, même si l'on sait que Lodin en a mis en faillite quelques-uns. Il subsiste quelques construc- tions gothiques, comme la Chicago Tribune Tower, mais les Vampires se sont généralement contentés d'exercer leur influence dans d'autres domaines. Après le Grand Incendie de 1871, la ville fut considérée comme un endroit où "repartir à zéro". Plu- sieurs ingénieurs devenus architectes — des gens comme Louis Sullivan, William Jenney, D.H. Burn- ham et David Adler — retroussèrent leurs manches et se mirent à l'ouvrage. Ces hommes d'affaires, qui ne s'intéressaient guère aux styles d'architecture euro- péens, développèrent une manière plus "fonctionnel- le". Adler conçut les auditoriums pour répartir le son, pas pour être jolis. Sullivan construisit des magasins où il était facile de faire ses courses.

3.1 Les Quartiers

Nous avons pris quelques-uns des secteurs les plus importants de Chicago cl de ses environs et nous les avons divisés en un certain nombre de quartiers dif- férents : le Centre Ville, l'Ouest, l'Est, le Nord, le Sud et les Marches,

3.1.1 Le Centre Ville

Alors que Chicago est bien plus que le résumé de son centre ville, ce quartier en constitue toujours le cœur. Il contient aussi bien le Loop que le "Magnifi-

Géographie

Plusieurs inventions récemment entrées en usage influencèrent également ces changements : les ascenseurs mécaniques, les caissons de fondations, et le remplacement des murs porteurs en maçonnerie par des ossatures d'acier. Ces progrès firent que Chicago devint traditionnellement le "Centre des Gratte-Ciel". Plus tard, des constructeurs comme Ludwig Mies van der Rohe et Frank Lloyd Wright apposèrent leur em- preinte sur l'horizon, donnant à la ville un style hété- roclite bien à elle. Chicago est entourée par de nombreuses ban- lieues (appelées les Marches, voir p. 39), mais la Fa- mille n'éprouve que peu d'intérêt pour ces quartiers. Les banlieues sont très orientées vers les appartements de quatre pièces, les galeries commerciales et les "fast-foods". Un gang d'Anarchs peut s'y réfugier à l'occasion, et un ou deux Gangrels ont leurs Refuges dans des parcs banlieusards, mais dans l'ensemble, on y voit rarement de Vampires. En conséquence, les ban- lieues ne sont pas décrites dans ce livre. Les clans les plus "comme il faut" (Toréador, Ventru et Tremere) préfèrent la culture accessible au cœur de Chicago à celle que l'on peut trouver dans les Marches. Tandis que les Gangrels considèrent le cen- tre ville comme un endroit plus chaotique que les pai- sibles Marches, les excentricités d'apparence et de style des Nosferatus et des Brujahs tranchent pénible- ment sur ce voisinage tranquille. Et, bien entendu, la Famille peut entretenir la Mascarade plus facilement dans la ville elle-même. Au cœur de celle-ci, nul ne cherche à savoir d'où venait ce cri, ou (ce) qui a laissé ces traces de pas sanglantes.

cent Mile" (North Michigan Avenue). On y trouve l'Art Instituts of Chicago, le Musée d'Art Contempo- rain et le Civic Opéra House. Ces lieux sont facile- ment accessibles à des Vampires ayant un penchant pour les arts. Les magasins les plus sophistiqués se trouvent le long du Magnificent Mile. Beaucoup de ceux-ci fournissent les Toréadors, qui se considèrent obligés de se tenir au courant des modes actuelles. Ce quartier est aussi le cœur des activités d'af- faires de Chicago. Les Vampires qui apprécient le monde de la haute finance s'éloignent rarement d'im- meubles comme le Chicago Mercantile Exchange, le

25

Board of Trade et l'International Monetary Market, où l'on trouve respectivement la Bourse des Valeurs, la Chambre de Commerce et le Marché Monétaire Inter- national. Même s'ils sont incapables ou peu désireux de participer directement, on y voit couramment leurs servants.

3. 1. 2 Le Loop

Cette partie du centre ville reçut ce nom dans les années 1890 à cause du rectangle formé par les voies surélevés pour les trains. L'appellation se réfère aussi à la convergence des lignes de trolleys dans ce secteur, le cœur de la ville. A ce jour, les trolleys font toujours la navette sur la rue qui longe l'E1 (à la place du systè- me de bus qui existe dans la réalité). Cependant, les Vampires, particulièrement les jeunes, lui ont donné un autre nom. Ils l'appellent "La Ruche". Pour plus d'informations sur cet aspect de la ville, voir La Ruche, p. 47. C'est le cœur même de Chicago, bien qu'on y trouve presque uniquement des immeubles de bureaux, et qu'il ne s'y passe pas grand-chose la nuit. Un édifice important, d'un point de vue caïnite, est le Prudential Building, au 130 East Randolph. C'est de son 33e étage que Lodin, Prince de Chicago, gouverne la ville.

FAIRE DES EMPLETTES II y a plusieurs magasins importants dans ce quartier, dont Marshall Field's (111 North), Carson Fine Scott & Co. {1 South) et Capper & Capper (1 N. Wabash Ave).

Les librairies sont en vogue dans ce secteur, l'une des principales étant Kroch's & Brentano's. La librairie I Love A Mystery (Stevens Bldg., Suite 810, 17 N. State St.) est courue chez les nouvelles généra- tions de la Famille. Elle possède un grand choix, de li- vres de poche policiers, d'horreur et de science-fiction. Les Vampires les plus jeunes y viennent souvent pour se procurer leurs auteurs préférés. On peut parfois y trouver des Vampires plus âgés, jetant un œil sour- cilleux sur le rayon de Stephen King. Les Caïnites plus anciens préfèrent des livres rares et antiques. Le London Bookshop & Gallery (79

W. Monroe, Suite 1121) est apprécié des Ventrus fa-

miliers du bon vieux temps de l'Angleterre élisabéthai-

ne. La plupart des Tremeres et des autres Vampires in-

téressés par les livres rares accorderont leur clientèle non seulement à Kroch's & Brentano's, mais aussi à

Kenneth Nebenzahl, Inc. (333 N. Michigan, 27e étage) et à J. Stephen Lawrence Rare Books (230 N. Michi- gan Ave., Mezzanine). On trouve couramment à la Librairie Moderne (407 S. Dearborn, le étage) les Vampires qui, comme Karl (Neil Graham) et Joshua, continuent à s'intéresser aux causes socialistes. Les Caïnites nés en Europe, en Afrique ou en Asie vont de temps à autre au Powell's Book Warehouse (1020 S. Wabash, 7e étage), le meilleur endroit en ville pour des livres en langue étrangère.

Géographie

Warehouse (1020 S. Wabash, 7e étage), le meilleur endroit en ville pour des livres en langue

MUSIQUE Ceux qui s'y intéressent peuvent trouver de nombreux magasins de musique entre Wabash et Jack- son. Les plus en vogue parmi les Vampires sont au Fine Arts Building, sur South Michigan. La plupart d'entre eux remarquent avec amusement la devise sur la façade de l'immeuble: "Tout passe — seul l'art sur- vit."

Bein & Fushi, au neuvième étage, propose des instruments à cordes frottées, tandis qu'Eugène S. Gordon vend des bois. Tout près, Schilke Music Pro- ducts offre des cuivres. Des Vampires comme Tamos- zius Kuszleika et Garwood Marshall ont, à l'occasion, demandé à Bein & Fushi de réparer des violons an- ciens. Pour l'instant, tous deux ont pu éluder les ques-

tions quant à la façon dont ils ont obtenu leurs instru- ments rares. Geoffrey Fushi a, cependant, offert 7000 dollars pour le Stradivarius de Tamoszius, si jamais le Toréador désirait le vendre. Il y a d'autres magasins de musique dans le quartier, notamment le long de South. On peut trouver de temps à autre des membres de Babys Chorus à la Chicago Guitar Gallery (216 South, 2e étage), au Sid Sherman Musical Instruments Co. (226 South, 2e étage) ou à Drums Ltd. (218 South, 7e étage). Il y a également par ici plusieurs immeubles régis par l'Elysium, dont l'Orchestra Hall (220 S. Mi- chigan), le Fine Arts Theaters (410 S. Michigan) et l'Auditorium Theater (70 E. Congress Pkwy.).

Hall (220 S. Mi- chigan), le Fine Arts Theaters (410 S. Michigan) et l'Auditorium Theater (70

ART

Un peu à l'est se trouve le Chicago Art Instituts. Cet immeuble est le plus grand musée artistique de Chicago, et contient un très grand nombre de peintures inestimables, dont American Gothic de Grant Wood et Dimanche après-midi à l'Ile de la Grande Jatte, de Seurat. Les Vampires plus jeunes et les Brujahs prêtè- rent le Musée d'Art Contemporain, mais les Anciens aiment s'entourer du meilleur des siècles passés. (Pour plus de détails, voir L'Elysium Endroits à Signaler.

p.42).

POLITIQUE ET FINANCES Le "cœur" de Chicago s'étend à partir de Daley

Plaza et de l'Hôtel de Ville en direction de l'ouest. Les Vampires qui se mêlent de politique viennent ici "en- dehors des heures de bureau", pour donner des instruc- tions aux politiciens qu'ils Dominent. Joseph Petersen, l'un des laquais de Lodin. est un visiteur régulier.

A plusieurs pâtés de maisons au sud de l'Hôtel

de Ville s'étend le quartier financier. Le Chicago Board of Trade Building (qui abrite la Chambre de Commerce) et le Chicago Board Options Exchange, sont un point focal de ce secteur, qui compte aussi d'autres immeubles, comme le Chicago Mercantile Ex- change (444 West), le MïdAmerica Commodity Ex- change (175 West) et le Midwest Stock Exchange (120 S. La Salle St.). La plupart des Lècheurs ne s'intéressent pas au commerce des marchandises, car il leur donne peu d'opportunités de profiter de leurs aptitudes particuliè- res. Il y en a pourtant quelques-uns qui s'en occupent, dont Lawrence Balls, Alan Sovereign et Jacob Schum- peter. Ceux qui le font préfèrent généralement des ser- vants possédant leur libre-arbitre à des négociants Do- minés. On peut voir ces servants en train d'essayer de vendre ou d'acheter des contrats vers l'heure de la clô- ture n'importe quel jour donné.

DIVERS

A l'ouest du quartier des finances, deux endroits

àsignaler:

Le premier est Union Station, l'une des deux gares importantes de Chicago, principal point de dé- part des Caïnites voyageant par le rail. Un train Am- trak fournît bien assez de cachettes pour un cercueil ou tout autre abri, et il est suffisamment public pour limi- ter le risque d'une attaque par des lycanthropes. Un Vampire prendra habituellement un train de nuit, aura au moins deux servants de garde et emploiera la Domi- nation ou la Présence pour s'assurer que le conducteur n'est pas hostile. Rien de ceci n'est possible, bien sûr, sans la permission et l'aide d'Edgar Drummond, qui contrôle le chemin de fer. Toutefois, un compliment bien tourné suffit généralement pour s'assurer sa coo- pération. La grande voyageuse Inyanga, du clan Gan- grel, en a fait l'expérience à de nombreuses reprises.

Le second endroit à signaler est la Sears Tower. Pour plus d'informations au sujet de cet immeuble, consultez La Ruche — Endroits à Signaler, p. 49. C'est le plus grand immeuble de Chicago, et il domine le centre ville comme un vautour monumental assis au sommet d'une falaise.

Au nord d'Union Station se trouve le Civic Theater, au 20 N. Wacker Dr., qui abrite le Civic Opéra House. Les Vampires les plus jeunes s'intéres- sent peu à l'opéra, mais les autres viennent ici pour la saison, de septembre à la mi-décembre. Pendant des années, il y a eu des rumeurs comme quoi un Mathusa- lem, qui s'intéresserait beaucoup à l'opéra et manque-

rait rarement une représentation, se trouverait en ville.

A ce jour, nul ne peut déterminer si la rumeur est

vraie. Tout le Civic Theater fait partie de l'Elysium.

3.1.3 Le Magnificent Mile et le Quartier Nord

La première chose qu'on remarque quand on traverse la Chicago River sur Michigan Avenue est une série d'escaliers conduisant vers le bas. Ces mar- ches mènent au niveau inférieur de l'avenue, l'une des

rues créées par la ville pour décongestionner le trafic. Dans le monde gothique-punk de Vampire, beaucoup

de gens n'y passeraient pas en voiture, même à la suite

d'un pari. Cette zone souterraine fait partie des Lan- des. Pour plus ample information, consultez Les Lan- desEndroits à Signaler, p. 50.

fait partie des Lan- des. Pour plus ample information, consultez Les Lan- des — Endroits à

MAGASINS/NOURRITURE Contrastant directement avec le niveau inférieur de l'avenue, le premier mile de North Michigan, vers le nord en partant de la rivière, "le Magnificent Mile", est une successions de magasins très sélects qui appro- visionnent l'élite de Chicago. Vous pouvez presque tout y acheter, des derniers produits de la mode à la joaillerie, au linge et aux meubles. Plusieurs hôtels chers parsèment également le quartier. Les invités esti- més des clans attachant de l'importance aux relations mondaines prendront souvent des chambres dans des endroits comme le Drake ou le Mayfair Régent.

RESTAURANTS Bien qu'il y ait de nombreux restaurants remar- quables dans ce quartier, deux sortent plus particuliè- rement du lot. Le premier, Daley's, est situé sur la face ouest du bloc de North State Street où se trouve le nu- méro 1000. Restaurant américano-international, il a des prix élevés mais pas excessifs, et son menu est un mélange varié de steaks, pâtes et produits de la mer. C'est un endroit apprécié de Ballard, qui y tient sou- vent des réunions. A deux reprises différentes, des combats de Vampires ont éclaté quand Ballard a convoqué là des Nouveaux-Nés. De telles brèches dans la Mascarade ne sont jamais restées impunies, maïs Ballard a Dominé le propriétaire, Arnold Daley. et les habitués pour leur imposer le silence en de telles occasions. Une brasserie abandonnée, dont la façade se trouve sur Dearborn, flanque l'arrière du restaurant. C'est devenu un lieu de rendez-vous pour les Anarchs de Juggler, malgré sa proximité de la tanière de Bai- lard; ils ne réalisent apparemment pas le danger. Plu- sieurs organisateurs Anarchs étrangers à la ville ont utilisé la brasserie pour rencontrer ceux que les lois de Lodin mécontentaient. Le deuxième restaurant, Spiaggia, se trouve au 980 N. Michigan. Autrefois le meilleur restaurant ita- lien de Chicago, il a été ruiné par Ballard. C'est ici que celui-ci a choisi de commencer à s'entraîner à gar- der la nourriture solide. Les premiers jours, avant que Ballard ne soit habitué à manger, il lui arrivait de vomir subitement à table — et il insistait toujours pour avoir les tables les meilleures et les plus en vues. Même si la nourriture non digérée n'avait pas le par- fum caractéristique, le bruit suffisait à écœurer Ses clients mortels. Une fois habitué à manger, Ballard in- sistait pour consommer tellement, et d'une façon si dé- plaisante, que cela constituait à peine une améliora- tion. Le propriétaire, Anthony Vincenzo, Dominé par Ballard dès sa première nuit chez Spiaggia, ne peut qu'attendre en regardant son affaire tomber en ruines. Le restaurant ne reste ouvert que grâce aux largesses du Vampire.

ART Michigan Avenue constitue aussi le cœur de la scène artistique de Chicago. Wally Findlay Galleries (814 North Michigan) est probablement la galerie la plus en vogue, du moins parmi les Vampires euro- péens. Elle est spécialisée dans les peintres impres- sionnistes et post-impressionnistes français. Richard

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Gray Gallery. au 620, et R.S. Johnson Fine Arts au 625, attirent également les Morts-Vivants de la ville. Plusieurs Caïnites ont aussi des accords de visite avec le propriétaire du musée privé Terra au 666 N. Michi- gan, qui conserve une grande collection d'œuvres d'impressionnistes américains. Les Lècheurs plus jeunes trouveront le Musée d'Art Contemporain, au 237 Ontario, bien plus intéres- sant que l'Art Institute, au sud de la rivière. A la diffé- rence de celui-ci, pourtant, le Musée d'Art Contempo- rain n'est pas sous le contrôle de Lodin, et reste donc ouvert à toute heure pour la Famille. Les Vampires voulant voir les œuvres doivent soit Dominer l'un des artistes exposants pour obtenir une visite guidée en- dehors des heures d'ouverture, soit entrer par effrac- tion. Les lois de l'Elysium l'autorisent, mais non sans quelques froncements de sourcils. Lodin a placé ses propres Edits sur le Musée, sachant que ce sont princi- palement des Anarchs qui y viennent. Cependant, ces derniers font peu de cas de ses ordres et ne changent rien à leur comportement. Dans le passé, Lodin a utili- sé de telles effractions comme excuse pour entrepren- dre des actions contre des Anarchs en général. Baltha- zar a été réputé pour arpenter le musée, attendant simplement que des Anarchs y entrent par effraction.

WATER TOWER PLACE En continuant vers le nord sur Michigan, on ar- rive à Water Tower et à Water Tower Place. La pre- mière est l'un des immeubles qui ont survécu au Grand Incendie de 1871. Anachronisme crénelé tout en pierre jaune, elle fut décrite comme une "monstruo- sité" par Oscar Wilde quand ii visita Chicago en 1882, en compagnie de plusieurs Toréadors. La ville a converti la construction en un centre touristique, voici quelques années. A l'occasion, un Vampire âgé y viendra pour raconter ses souvenirs, mais sinon, Waler Tower n'attire pas grand monde. Water Tower Place, à l'opposé, est extrêmement populaire. Elle abrite presque la moitié des magasins du Magnificent Mile. Les opinions sur l'immeuble va- rient. Certains prétendent qu'il s'agit d'une merveille de l'architecture moderne, d'autres l'appellent une monstruosité de marbre. L'endroit manque nettement de bancs (ce qui accroît le trafic des piétons et décou- rage d'épier les clients fidèles de qui que ce soit) et son intérieur de marbre est austère. Bien sûr, tout ceci est parfait du point de vue des Caïnites. Nul ne les y observera, et l'absence d'os- tentation en attire beaucoup. A cause de ceci, et de l'image haut de gamme de Water Tower Place, même les Ventrus, qui dédaignent en temps normal les "gale- ries marchandes", viennent ici jusqu'à la fermeture — et parfois après. Comme pour plusieurs autres endroits publics, Lodin a émis un édit spécifique concernant Water Tower Place, interdisant le vol, l'agression et autres violations de la Mascarade. Cependant, l'im- meuble ne fait pas partie de l'Elysium. Malgré son grand choix de magasins, il est peu probable que les Anciens viennent jamais en ces lieux. La rumeur dit qu'une Coterie d'Anarchs non identifiée se cache au dernier niveau du sous-sol, vio- lant les édits de Lodin. Le Prince a démenti de tels

Chicago by Night

propos, quoiqu'il soit plus probable qu'il préfère ne pas risquer ses serviteurs en leur faisant explorer l'en- droit. Certains prétendent que le Nosferatu Khalid pourrait être au courant de la Coterie, et du nom de ses membres. II prétend ne rien savoir chaque fois que le sujet est soulevé.

DIVERS

Au nord de Water Tower se trouve le John Han- cock Center. Troisième immeuble de Chicago par la taille, il abrite des magasins, des bureaux, des apparte- ments en co-propriété. Le garage du niveau supérieur est un aménagement important pour au moins deux Caïnites qui possèdent un Refuge dans les derniers étages. Comme pour la Sears Tower, la plupart des Vampires ne s'intéressent guère à la vue qu'on a du lac depuis les étages supérieurs. Ils entrent rarement dans l'immeuble, sauf quand ils sont en affaire avec une des entreprises des niveaux inférieurs. A l'est de ce quartier se trouvent le Navy Pier et Milton Lee Olive Park, ainsi que plusieurs plages et le Port Extérieur. Même dans le monde gothique-punk de Vampire, cet endroit conserve l'essentiel de son aspect lumineux et aéré. L'International Folk Pair, la grande foire populaire d'octobre, attire parfois quelques-uns des Vampires nés à l'étranger, mais en général, ce quartier a peu à offrir à un Caïnite. En dépit d'une constante présence policière, il fait partie des Landes. Pin continuant vers le nord sur Lake Shore Drive, on atteint la Gold Coast, le quartier résidentiel le plus élitiste de Chicago. Que vous cherchiez des co- propriétés, des résidences ou des hôtels particuliers possédant de nombreux étages, la Gold Coast est le bon endroit — si vous avez de l'argent à dépenser. Ce quartier est en vogue chez ceux dont l'Etreinte est récente, notamment ceux qui étaient déjà attachés au style de vie "yuppie". Gordon Keaton, qui vivait ici avant son Changement, entretient toujours un appartement dans le corn, quoique son Refuge princi- pal se trouve à Arlington Heights. Keaton est assez sage pour s'assurer que, lorsqu'il rencontre ses parti- sans, c'est bien à l'écart du voisinage. Les Anarchs at- tireraient certainement des soupçons. Au nord de la Gold Coast se trouvent Lincoln Park et le Lincoln Park Zoo. Les alentours sont clé- gants — pas aussi huppés que sur la Gold Coast, mais nul ne cracherait dessus. Il existe plusieurs centres nocturnes d'un intérêt passable. Les Vampires fatigués de la constante brutalité du Râtelier se rendront sou- vent dans des endroits comme le John Barleycorn Mé- morial Pub (658 W. Belden Ave. ) et Park West (322

W. Armitage Ave. ). Keaton rencontre fréquemment les

Anarchs dont il a la charge au Wise Pools Pub (2270

N. Lincoln Ave.), où il leur arrive parfois de tomber

sur Babys Chorus donnant un concert quand les choses se gâtent dans le Râtelier. De temps en temps, le grou- pe ira un peu plus loin dans la rue pour jouer égale- ment chez Orphan ou Ratso. Pour les Caïnites qui s'intéressent sérieusement aux sciences occultes, deux des meilleurs endroits où aller se trouvent dans les parages de Lincoln Park. Il s'agit du Temple Orthodoxe d'Akhénaton (2551 N.

Géographie

se trouvent dans les parages de Lincoln Park. Il s'agit du Temple Orthodoxe d'Akhénaton (2551 N.

Halsted) et du Fanum (2553 S. Halstead). Les deux temples, lieux sérieusement voués à l'occultisme, se sont développés ces dernières années. La véritable magie n'a rien à voir avec ces pactes bien connus, mais il y a quelques individus talentueux dans ces tem- ples. Malgré leur manque d'entraînement rigoureux, bon nombre d'entre eux sont capables d'exécuter quel- ques tours, et plusieurs ont même démontré des pou- voirs sur les esprits ou une capacité à voyager dans l'astral. Les temples sont jugés quelque peu amateurs par les Tremeres, et ce clan évite les deux endroits. Toutefois, des membres d'autres clans souhaitant ap- prendre la Discipline de Thaumaturgie viendront par- fois s'y instruire. Les acolytes du Temple d'Akhénaton se sont voués au culte des déités égyptiennes, dont Toth, le Dieu de la Magie. L'adepte standard est habituelle- ment un homme ou une femme d'apparence normale, que vous pourriez voir dans le quartier des affaires, avec un bon travail et une gentille famille. Cependant,

la rumeur prétend que le cercle intérieur de la hiérar-

chie du Temple, que l'on voit rarement, est composé

d'authentiques maîtres de la magie égyptienne. Les adorateurs du Fanum suivent la théologie

paganiste, et ce temple attire parfois des Gangrels; on

y a vu quelquefois la Meute des Loups. Inyanga s'y

rend de temps en temps, et elle est en bons termes avec le grand prêtre. Les racontars des Vampires pré- tendent que le Fanum entretient des rapports avec les Lycanthropes, ce qui n'a jamais été prouvé. Si le

Fanum était plus près du centre ville, quelqu'un pour- rait tenter une enquête plus serrée, mais son emplace- ment à la limite extérieure des banlieues de Chicago rend risqué un sondage trop profond. Nul ne veut pour

le moment risquer une confrontation.

Lincoln Park Zoo est assez proche du centre ville pour ne pas faire partie des Marches. Il est appré- cié du clan Gangrel, qui le visite souvent en-dehors des heures d'ouverture. Même si les Gangrels eux- mêmes ne s'y nourrissent pas, beaucoup d'autres clans trouvent que c'est un point d'approvisionnement "faci- le". Malheureusement, Inyanga, la Gangrel la plus puissante de Chicago, est souvent en voyage. Les au- tres membres de son clan n'ont pas la puissance pour en finir avec les Vampires qui font leurs proies des animaux du zoo. Rosa Hernandez, notamment, trouve cela bouleversant. Par déférence pour les sentiments de celle-ci, Doyle Fincher se nourrit ailleurs (habituel- lement à Brookfield Zoo).

VIE NOCTURNE When the last rays of sunlight Are the first thing that I see When I rise from your bed And the look on your face Is a mystery that I carry In the space inside my head — Invisible Pedestrian, Some Things are Never Change

Au nord de Michigan, après la Water Tower, et au sud de Lincoln Park, se trouve Rush Street. Ce bou-

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levard accueille les boîtes de nuit les plus à la mode du centre ville. Des milliers d'habitants et de touristes viennent chaque nuit dans le coin, en quête du prover- bial "sexe & drogues & rock'n'roll". Ce qui est dans le Chicago de notre monde un quartier exubérant — quoique un peu dangereux — s'avère plus menaçant dans le monde gothique-punk de Vampire. C'est le terrain de chasse des Morts-Vivants, qui lui donnent un nom à eux — le "Râtelier". Celui-ci est la base commune des Anarchs, exactement comme l'Elysium pour les Anciens. Plus à l'ouest, on arrive à Cabrini Green Park et au Projet Immobilier de Cabrini Green (à l'angle de Sedgwick et Locust). Le projet est le secteur le plus dangereux de la ville, et malgré sa position en plein cœur du Râtelier, il fait partie des "Landes" (voir Les LandesLieux à signaler, p. 50). Old Town Triangle, à l'ouest au-delà du projet, fait encore partie du Râtelier. Il jouit actuellement d'une poussée de popularité parmi les déclassés, avec l'ouverture de plusieurs nouveaux cinémas pour adul- tes. Quelques boîtes passent des groupes, mais Baby Chorus refuse de les honorer d'un concert, et l'on y entend rarement de la bonne musique. Plusieurs cafés- théâtres, dont Zanies (au 1548 N. Well St. ) et Second City Comedy Review (au Garrick Theater, 1616 N. Wells), contrastent avec la nature sordide du voisina- ge. Les clubs ont rendu ce quartier populaire parmi les nouveaux Lècheurs cherchant à retrouver un peu de la frivolité de leurs vie antérieure. Dans l'ensemble, le quartier n'est pas aussi dé- gradé que Rush Street. Les cinémas pour adultes et les revendeurs de drogues dures commencent à s'épar- piller vers l'ouest à partir du Râtelier, car ils sentent la chair fraîche. Le quartier continuera sans aucun doute à dévaler la pente tandis que croîtra sa réputation dou- teuse.

3.1.4 L'East Side

Techniquement. Chicago n'a pas d'East Side, puisque le Lac Michigan marque sa limite orientale. Cependant, ce quartier est apprécié des touristes et mé- rite quelques précisions. Grant Park et Jackson Park, au bord du Lac Mi- chigan, constituent l'essentiel du quartier sud de Chi- cago. Ce secteur immense abritait autrefois le port de la ville. A présent remblayé et prolongé dans le lac, c'est devenu un ensemble agréable de parcs paysagers. Même l'ambiance lugubre du monde gothique-punk de Vampire n'est pas suffisante pour ternir beaucoup ce quartier, mais celui-ci est bien plus dangereux, la nuit, que dans notre réalité. Toutefois, on y est bien plus en sécurité que, disons, dans le Central Park du New York du monde réel. Malgré la richesse de la vie et de l'activité hu- maines, les parcs sont considérés comme faisant partie des Landes; ils sont trop en vue. Les gangs, humains ou Vampires, peuvent trouver des proies plus faciles en traversant la rivière vers le nord, ou à l'ouest, au cœur de la ville.

Chicago By Night

MUSÉES

En dehors des parcs, ce secteur offre quatre at- tractions principales qui attirent de nombreux touristes. En venant du sud sur Lake Shore depuis le Loop, on dépasse Buckingham Foutain, une grande fontaine de style rococo avec un spectacle de jeux d'eau et de lu- mière, d'une durée d'une heure, contrôlé par ordina- teur. Au-delà de la fontaine, se trouvent trois musées, à l'extrémité méridionale de Grant Park. Le premier, le Field Muséum of Natural History, est le plus grand musée de Chicago situé sur la rive du lac et l'un des plus vastes bâtiments de marbre de la planète. Le second, le Shedd Aquarium, se situe à l'est, le long du lac, et l'Adler Planétarium encore plus à Test, sur une petite avancée de terre. Plus au sud, dans Jackson Park, le Musée des Sciences et de l'Industrie attire d'immenses foules (plus de quatre millions de visiteurs par an). Ses attrac- tions principales sont des expositions interactives, une reconstitution d'une mine de charbon qu'on peut tra- verser et l'U 505, un sous-marin allemand de la Deuxième Guerre mondiale. Bien que ces musées soient intéressants, ils ne présentent que peu d'intérêt pour la Famille. Quelques Vampires âgés visitent de temps à autre le Musée des Sciences et de l'Industrie, quand ils ressentent le be- soin de remettre à jour leurs connaissances et de rester en contact avec les années 1990. Tous les dix ans envi- ron, un Tremere s'intéresse à S'influence de l'astrolo- gie sur la magie et passe un moment au Planétarium. Et. depuis des années, la rumeur court qu'un Mathusa- lem inconnu, habitué à pêcher le Fluide Vital, entre parfois par effraction dans l'Aquarium pour s'y nour- rir. Cette rumeur, jamais confirmée, semble peu crédi-

ble. Dans l'ensemble, cependant, les Vampires igno- rent les musées. Ils font partie des Landes, et bien que, sur le plan technique, ils n'appartiennent pas à l'Ely- sium, Lodin a interdit de s'y nourrir.

DIVERS Soldier Field. terrain des Chicago Bears, se trou- ve au sud du Field Muséum, entre Wm. McFetridge Drive et E. Waldon Drive. Ballard a une influence considérable sur le propriétaire, et utilise le stade à des fins personnelles. C'est un grand espace découvert, à quelques miles des quartiers "plus sûrs" {du point de vue vampirique), comme le Râtelier et la Ruche. Pour cette raison, Ballard s'arrangera pour y amener de temps à autre des Nouveaux-Nés juste avant le lever du soleil, pour les mettre en mauvaise posture et prou- ver sa puissance. Plus au sud, sur Lake Shore Drive, se trouve McCormick Place, qui fait partie du Lakefront Exposi- tion Center. Occupant un emplacement peu approprié pour un important centre de convention, McCormick accueille diverses expositions commerciales tout au long de l'année. La Famille évite cet endroit, préférant attendre que les "Shriners" (membres d'une société se- crète américaine) ou autres participants à des conven- tions s'aventurent dans le Râtelier en quête de sensa- tions fortes.

3. 1. 5 Le Quartier Sud

Au sud de la rivière, en dessous du Loop, s'étend le Quartier Sud de Chicago. Il est composé de voisinages comme Bridgeport, Gage, Hyde, McKinley et Marquette, Hegewish et Kenwood Parks. Il y a peu d'endroits à signaler par ici ; dans l'ensemble, on y trouve principalement des résidences de classes moyenne et inférieure, essentiellement peuplées par des minorités. En bas de l'échelle sociale par rapport à la Banlieue Nord, la Banlieue Sud est plus susceptible d'être éclaboussée par les conflits entre Caïnites du centre de Chicago.

L'UNIVERSITÉ DE CHICAGO L'Université de Chicago, dans Hyde Park, est un établissement réputé du Midwest. La plupart des Vampires n'accordent que peu d'intérêt aux efforts in- tellectuels, et le quartier entourant le collège lui-même est plutôt triste, avec peu ou pas de vie nocturne en- dehors du corps étudiant. Il y a deux endroits intéressants sur le campus. Le premier est le site de ce qui était autrefois le stade Old Alonzo Stagg Field. Au début des années 1940, Glenn T. Seaborg, un physicien effectuant des recher- ches de pointe, amena un groupe de scientifiques à isoler le plutonium. L'un des membres de ce groupe, Enrico Fermi. dirigea la première réaction en chaîne réussie le 2 décembre 1942. Le plutonium fut isolé dans la Salle 405 du Laboratoire G.H. Jones.

réaction en chaîne réussie le 2 décembre 1942. Le plutonium fut isolé dans la Salle 405
3 4 Chicago by Night

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Chicago by Night

A cause de son importance critique pour l'histoi- re des mortels, cette caractéristique a attiré l'intérêt de plusieurs Vampires, dont le Brujah athénien Critias, qui vient de temps à autre discuter théorie avec de vieux amis et leurs protégés. Ignorant son nom, les gens de l'université l'appellent "le Docteur", d'après une série télé anglaise obscure à laquelle on voue un culte dans certaines universités [Dr. Who]. Puisqu'il ne vieillit jamais, Critias doit disparaître durant une di- zaine d'années ou à peu près, tous les trente ans, pour éviter les soupçons. Malgré cette précaution, plusieurs rumeurs plutôt bizarres courent à son sujet. Critias se contente de barboter dans divers champs de la science. Sa tendance à énoncer ses théo- ries les plus extravagantes a récemment conduit à la croyance, largement répandue parmi la communauté scientifique, de la possibilité d'un générateur à fission de la taille d'une bouteille à lait. Les anciennes expériences nucléaires sont le sujet de plusieurs rumeurs parmi la Famille. Les plus notables naquirent au début des années 1970, quand on parla de créatures monstrueuses vivant dans les égouts près des 56e et 57e rues. Une série de meurtres grotes- ques se déroula dans ce quartier à cette époque; même la moelle des os des victimes avait été sucée. Certains accusent des humains victimes de mutations à cause des radiations résiduelles, d'autres prétendent qu'un clan de Lycanthropes se terre par là, et d'autres encore maintiennent qu'une bande de Gangrels non identifiés s'y est établie. On rapporte des observations de temps à autre, mais il n'y a pas eu de meurtre similaire de- puis 1973.

BRIDGEPORT& CHINATOWN Au nord-ouest de Hyde Park s'étendent deux banlieues importantes. La première est Bridgeport. Ré- sidence de Daley, le précédent Maire, ce secteur était autrefois le centre des parc à bestiaux de Chicago. L'avènement du transport par camions et le déclin des chemins de fer a entraîné la mort de cette banlieue. Plusieurs groupes ethniques s'y sont établis —• descen- dants des travailleurs de la première moitié du siècle. Les Irlandais y sont les plus nombreux, un fait qui a conduit Frank Gaughan à s'intéresser aux envi- rons. Plusieurs de ses vieux copains des années 50 traî- nent toujours dans le coin. Gaughan les entretient comme contacts et comme servants- II n'a aucune opi- nion particulière sur les "troubles" en Irlande du Nord, mais il envoie de temps à autre des fonds à l'IRA et à d'autres organisations radicales marginales. Au début des années 1980, une guerre ouverte éclata quand des agents du MI6 anglais débarquèrent pour enquêter sur le flot d'aimés et d'argent en provenance de Chicago. Gaughan et ses hommes les tuèrent lors d'un massacre particulièrement sanglant, puis expédièrent les corps à Gary. Cela rendit furieux et embarrassa Modius, qui dut faire face à des enquêtes des gouvernements an- glais et américain. La plupart des parcs à bestiaux qui subsistent à Chicago se trouvent à Bridgeport. Malgré l'idée fausse en vogue, ce secteur ne regorge pas de dizaines de milliers de têtes de bétail. L'Union Stock Yard Gâte, à l'angle d'Exchange Ave. et Peoria St., est la seule

Géographie,

firme importante toujours en activité. A une époque, l'endroit était l'un des principaux terrains de chasse pour les Vampires qui préféraient éviter de prendre du Fluide Vital humain. Doyle Fincher, du clan Gangrel, est né et a été Etreint dans ce quartier. Son Refuge est dans le coin, et nombre de Vampires — ceux dont Doyle s'est occupé durant les conflits du milieu des années 80 — connaissent vaguement son emplace-

ment. Un magasin qui attire quelques Vampires est le Southwest Tattoo Emporium. au 4390 Archer Ave. Mike "Doc" Duggan et Gary "Snake" Martin sont les meilleurs tatoueurs du Midwest, et ils se montrent ex- perts dans la technique avec une seule aiguille. Pour un Brujah cherchant cette marque supplémentaire de distinction, le Tattoo Emporium est l'endroit voulu. Juste un peu au nord-est de Bridgeport se trouve Chinatown. West Cermak, Wentworth, Archer, Canal et 26th Street limitent le cœur de ce quartier. Les rési- dents -— environ 15 000 — ne connaissent souvent que peu ou pas l'anglais. Ils s'entassent dans des mai- sons de rapport bon marché, vivant parfois à dix dans un studio, 30 studios par immeuble. Les immondices, la crasse et la pauvreté font inévitablement partie de la vie à Chinatown. On raconte qu'il y a des tunnels sous le quartier, où se rencontrent les triades et où les sor- ciers chinois jettent leurs sorts. S'il y a une part de vé- rité quelconque là-dedans, les Nosferatus sont les seuls à le savoir.

leurs sorts. S'il y a une part de vé- rité quelconque là-dedans, les Nosferatus sont les

Dans ces conditions, Chinatown serait un terrain de chasse idéal Cependant, le quartier est sous la "protection" de Chuc Luc; il n'admet aucune intru- sion et a tué impitoyablement les intrus Caïnites, lais- sant leurs corps brisés aux abords de Chinatown. Chuc Luc a pris des dispositions pour que la Famille conti- nue à ignorer le fait qu'il est un Vampire. Certains conflits mystiques avec des sorciers orientaux ont atti- ré sur lui l'attention de divers Tremeres, notamment Nicolaï. Toutefois, le Roumain se tait, se contentant d'observer et d'attendre.

3.1.6 La Banlieue Ouest

Entre le Loop et les Landes occidentales s'étend le Quartier Ouest de Chicago. Jusqu'aux années 60, il abritait deux des principaux groupes ethniques de la ville: les Italiens et les Grecs. L'essentiel du secteur fut rasé lors de la construction de l'Université d'IIli- nois à Chicago. On peut toujours voir quelques vesti- ges — l'un d'eux, la "Petite Italie", offre quelques res- taurants et magasins italiens réputés, mais ne présente que peu d'intérêt pour la Famille. Le Vampire Capone est toujours entiché de ce quartier, et y possède plu- sieurs servants italiens. L'essentiel de la population d'origine grecque de Chicago s'est déplacée vers "New Greektown", près du quartier Lawrence/Lincoln Square dans le Nord de Chicago. Cependant, quelques restaurants méditerranéens existent toujours le long de deux blocs de Halsted. Critias vient par ici de temps à autre; avant les démolitions des années 60, il avait un Refuge dans le coin. On le trouve plus communément à l'Uni- versité. L'Athénien préfère celle de Chicago, où il en- seigne parfois, mais lorsqu'il discute de sciences "dou- ces", sa préférence va à l'UIC. Critias est réputé parmi la Famille pour sa "mystification" — une série de sug- gestions qu'il a faites aux architectes du Campus, Skidmore, Owings & Merrill. Suggestions qui ont conduit à des bizarreries comme l'University Hall (une tour plus large au sommet qu'à la base) et les Bâ- timents des Sciences du Comportement et des Scien- ces & Techniques (composés de "boîtes" à plusieurs niveaux, transformant leur intérieur en un étrange la- byrinthetortueux). A l'ouest de l'UIC se trouve le Médical Center District. Cette étendue de 185 hectares abrite plus de 60 institutions et services de santé. Si un servant esti- mé est blessé, c'est ici que son Maître le conduira. En fait, l'un des administrateurs en chef, Gideon Daniels, est un allié de Lodin. Bien que l'activité vampirique ait été faible au Centre Médical ces derniers temps, le début des an- nées 1980 fut quelque peu chaotique. Plusieurs Nou- veaux-Nés s'offrirent une "tournée des banques" pro- longée dans les diverses réserves de sang et laboratoires de tests du District. Seule la menace par Lodin d'une Chasse du Sang contre les coupables y mit fin. C'est à cette époque que le Prince est entré en rapport avec Daniels et que tous deux ont conclu une alliance. Daniels tient Lodin informé des progrès mé- dicaux en cours et soigne ses servants sans poser de questions. Le Prince, en échange, lui transmet des sug-

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gestions financières de ses conseillers, lui permettant de réaliser de jolis profits. Daniels n'est pas au courant de la vraie nature de Lodin, et le prend pour un millionnaire excentrique souffrant d'une anémie rare. Plus loin sur Madison, au bloc 2300 ou aux en- virons de celui-ci, se trouve l'ancien quartier général de l'organisation des Black Panthers. Plusieurs Lè- cheurs ont eu des liens avec les Panthers dans le passé, dont Hank Cave et Théodore Dooley. Les survivants des Panthers ont depuis longtemps émigré au 4233 S. Indiana, près de Bridgeport. Toutefois, le Refuge prin- cipal de Cave se trouve toujours dans le Q.G. aban- donné des Black Panthers. La Voie Express Eisenhower (290) sépare l'UIC et le Médical Center District du reste du Quartier Ouest. Au nord de la Voie Express se trouvent plu- sieurs endroits intéressants, dont "Union Row" sur Ashland Boulevard, qui abrite les quartiers généraux de bon nombre de syndicats influents, dont les Ca- mionneurs. Quoique le quartier soit calme, à présent, des Vampires y ont exercé une activité durant les di- vers conflits syndicaux du passé. Les autres endroits intéressants sont Broadway Costumes (932 W. Washington Blvd. ), Ginglass For- malwear Center (555 W. 14th Place) et plusieurs fabri- quants de cercueils. Tous approvisionnent sans la sa- voir la communauté vampirique. L'un des fabriquants de cercueils, Spangler Ma- nufacturing,se vante de sa capacité à créer des cer- cueils de luxe spéciaux, sur mesures. Son propriétaire, Gordon Spangler, montre remarquablement peu d'in- térêt pour les commandes bizarres qu'il reçoit de temps à autre. Ses prix sont exorbitants, mais sa dexté- rité et son ingéniosité, superbes. Bien que beaucoup d'Anciens aient la sensation que traiter avec Spangler représente une menace pour la Mascarade, il n'a ja- mais été en danger; Lodin lui-même fait partie de la clientèle de son magasin. Broadway Costumes est spécialisé dans les co- stumes de toutes sortes, tandis que Ginglass vend des habits de cérémonie et des accessoires neufs et d'occa- sion. Bien qu'excentré, Broadway Costumes reste ce- pendant commodément proche du centre ville. Les deux magasins sont appréciés des Toréadors qui cher- chent quelque chose de spécial à porter pour une soi- rée. La sélection de capes et de cannes de Broadway, et les smokings d'occasion de Ginglass rendent les deux magasins populaires parmi les Nouveaux-Nés cherchant à se monter une garde-robe avec un petit budget. Au nord du Quartier Ouest, bordant Milwaukee Avenue, se trouvent West Town, Wicker Park et Logan Square, collectivement appelés le Quartier Nord-Ouest. C'est le centre de la communauté polo- naise de la ville, avec pour seule caractéristique remar- quable St. Stanislas Kostka, à l'angle de Noble St. et Evergreen Ave. Plus ancienne église polonaise de Chi- cago, elle fait partie de l'Elysium pour son architec- ture dans le style de la Renaissance italienne et — selon la rumeur — parce que Lodin s'y est autrefois réfugié, avant de devenir Prince. L'église est considé- rée comme le chef-d'œuvre de son concepteur, Patrick Charles Keely. Beaucoup d'Anciens, d'ascendance eu-

Chicago

ropéenne, aiment s'y rendre pour voir un souvenir des grandes réalisations de la Renaissance. A vrai dire, c'est devenu pour certains d'entre eux un lieu privé où se rencontrer en toute sécurité, mais loin des yeux in- discrets. A l'ouest du Quartier Nord-Ouest se trouvent les communes d'Oak Park, River Forest et Forest Park. Si loin du centre, ces voisinages bordent les Marches, et les Vampires qu'on y rencontre ne font généralement qu'y passer. On y trouve deux magasins intéressant la Fa- mille. L'un est le Creative Workshop (1024 North Boulevard), dont le propriétaire, Tom Cameron, tra- vaille le cuir sur commande. Sa spécialité est le costu- me de cuir pour rock stars, ou pour ceux qui aime- raient ressembler à des rock stars. Les membres de Baby Chorus sont des clients réguliers, ainsi que cer- tains autres Anarchs. L'autre est Essence (169 N. Marion St. ), un ma- gasin de cosmétiques. La famille Berlinski, qui le pos- sède, a un stock sous sa marque personnelle, mais fournit également un grand choix de produits d'autres firmes cosmétiques. Ceux qui se sont particulièrement dévoués à la Mascarade — notamment les Toréadors et les Ventrus — y font leurs achats pour compléter leur parfaite "apparence naturelle".

3.1.7 La Banlieue Nord

Au nord de Lincoln Park s'étendent plusieurs banlieues, dont DePaul, Lakeview, New Town, Up- town et Lincoln Square. DePaul est une petite commune en pleine ascen- sion, avec des résidences de la classe moyenne supé- rieure, jeunes, luxueuses et à la mode. Le seul endroit à signaler est le Biograph Theater (2433 N. Lincoln Ave. ), où des agents fédéraux ont abattu John Dillin- ger. Après des années d'obscurité, le théâtre s'est fait une réputation en montrant des copies neuves de films rares, étrangers et américains. Il projette également The Rocky Horror Picturc Show tous les vendredis soirs, attirant une foule importante de fans déguisés. Beaucoup d'Anarchs viennent s'y nourrir, car nul ne remarquerait la présence d'un Vampire dans cette foule de Poupées de Sang. Damien et Néon font un ef- fort pour venir costumés, et reçoivent inévitablement des compliments pour leur excellent maquillage. New Town est un mélange de styles. Elle a été comparée à San Francisco, tant à cause de son mélan- ge varié de nationalités que de son importante commu- nauté gay. New Town abrite aussi les Chicago Cubs et Wrigley Field. La nouvelle que les Cubs jouaient des parties en nocturne a été accueillie avec enthousiasme par certains Lècheurs récemment Etreints qui nourris- saient un engouement pour l'équipe. L'Occult Bookstore (North Clarke) attire quel- ques clients, principalement des Nouveaux-Nés cher- chant leurs premiers indices sur Golconda. Un livre d'occasion contenant quelques informations valables y passe parfois, mais la plupart des Tremeres qui se res- pectent évitent le magasin comme la peste. Le Piano Man Bar attire les Caïnites qui ont envie d'écouter de la musique de temps en temps. Un

Géographie

ou deux membres de Baby Chorus s'y arrêtent à l'oc- casion pour voir s'il n'y aurait pas quelque talent va- lant la peine d'être "recruté". Parfois, ils ont de la chance, le plus souvent, ils sont déçus. Raymond Fal- con vient parfois ici, sous l'emprise de ses personae homosexuelle et musicienne. Lakeview, au nord, est un peu plus calme que New Town. Elle agit comme une barrière sociale et économique entre le mode de vie huppé de New Town, DePaul et Lincoln Park au sud, et Uptown et Lincoln Square, plus pauvres, au nord. Elle possède une importante population orientale, dont une bonne partie vient d'Old Chinatown — une demeure à Lake- view est un signe de réussite pour les résidents de celui-ci. En arrivant à Uptown, on commence à voir une dégringolade générale des couches sociales. Cette ban- lieue est réputée pour être l'une des plus grandes concentrations de personnes âgées de la ville. Elle ac- cueille aussi un nombre renversant de pauvres et d'in- digents. A cause des terrains du bord du lac, cepen- dant, le secteur attire également les gens aisés, et l'on trouve parfois des pâtés de maisons abritant des gens du bas de l'échelle sociale alternant avec d'autres dont les habitants se trouvent à l'autre extrémité de celle-ci. Comme presque partout à Chicago, les nouveaux ri- ches sont le long du Lac Michigan, la classe moyenne vit à l'intérieur des terres, et les pauvres au-delà. Dans le monde Gothique-Punk, celte bande de classe moyenne est plus étroite que dans l'univers réel, et les pauvres côtoient tous les jours les riches. Ces lieux servent de terrain de chasse aux Vam- pires du nord de Chicago, comme Gordon Keaton, Madame et Fils. L'asile où résident Ben et Paula Smith se trouve également par ici. Les quartiers pauvres engendrent la violence aussi bien au sein de la Famille que parmi le bétail. Les violences domestiques y sont fréquentes — parmi les pires de Chicago. Beaucoup de Caïnites croient qu'ici, les mortels n'ont pas besoin d'excuse pour s'at- taquer les uns aux autres — et puisqu'ils vont de toute façon s'entretuer, la Famille peut tout aussi bien faire quelque usage de leur Fluide Vital. Le seul endroit matériel réellement intéressant à Uptown est le cimetière de Graceland, dont on consi- dère qu'il fait partie des Landes. L'architecte paysager Ossian Simonds réalisa les jardins en 1860. Il délégua plusieurs architectes réputés de l'époque, dont Louis Sullivan. C'est un lieu un cran au-dessus des Landes "standard", et plusieurs Vampires trouvent un genre de réconfort quand ils s'y rendent. Bien qu'Inyanga n'y possède pas de Refuge permanent, elle se reposera souvent là durant la journée. Lincoln Square hérita de Grecktown après que la ville eut rasé l'originale du Quartier Ouest dans les années 60. Il y a un certain nombre de groupes ethni- ques d'Europe de l'Est, ainsi que des Grecs. On trouve plusieurs restaurants et magasins de nourriture grecs en vogue dans ce secteur. Griffin & Gargoyles, un ma- gasin d'antiquités au bloc 2100 de W. Lawrence Ave., est apprécié des Ventrus, de quelques Toréadors et des occasionels Tremeres ayant un penchant esthétique. Pour se distraire, l'Athens (4726 N. Western

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Ave.) et Miomir's Serbian Club (un bloc au nord de Griffin & Gargoyles) sont appréciés de certains Garni- tés européens. Critias, en particulier, va régulièrement dans ces deux restaurants, bien qu'il préfère Miomir's. Le propriétaire est l'un des alliés de Critias à Chicago, même si l'Athénien lui demande rarement quelque chose. Miomir possède quelques contacts dans la com- munauté grecque, qui se sont à plusieurs reprises révé- lés utiles à Critias.

3. 1. 8 Les Marches

A White Blazing Deep Through this Wasteland searching we Soaring birds now hunt the brow As I thirsty gripped with hunger now — Peter Murphy, The Line Between the Devil's Teeth

Le terme Caïnite "Marches" désigne, à l'origine, tout lieu situé hors de la ville, mais qui conserve un lien avec elle. Plusieurs Lècheurs de Chicago entre- tiennent des Refuges dans les Marches. Toutefois, ils ne s'y nourrissent jamais, sauf quand ils sont désespé- rés. Pour maintenir la Mascarade, ainsi que la sécurité de leurs Refuges, les Vampires habitant les Marches viennent à Chicago quand le soleil décline, et rentrent juste avant l'aube. Les Marches sont divisées en trois groupes:

lieux spécifiques, banlieues, et Gary. Tous trois sont décrits ci-dessous.

LIEUX SPÉCIFIQUES Ces secteurs des Marches sont des régions où l'on trouve une activité vampirique, mais qui sont trop éloignées de Chicago pour être considérées comme se rattachant à la ville. Trois des lieux spécifiques sont les aéroports de Chicago. O'Hare s'étend à environ 27 kilomètres à l'ouest du centre ville, duquel Midway Airport est, par l'I-55, à une demi-heure. Meigs Field se trouve au bord du lac, sur I5th Street, à environ quinze minutes du centre ville, près de Soldier Field. Les risques du voyage par avion ont déjà été décrits (p. 13). La plu- part des Vampires sont casaniers, et voyagent rare- ment. Ceux qui désirent se déplacer par avion doivent s'adresser à Tyler, et ses prix sont toujours élevés. Les servants et les alliés, bien entendu, ne sont pas frappés par de telles restrictions. Ils utiliseront sou- vent O'Hare pour des affaires Familiales; ils préfére- ront Midway ou Meigs, plus petits, s'ils désirent se montrer discrets, mais Tyler contrôle également ces aéroports. Les Vampires utiliseront en temps normal le Midway Airport. Il voit passer plus de vols que Meigs, mais il y a moins de risques qu'à O'Hare qu'un contai- ner de transport soit accidentellement ouvert ou dérou- té. Si c'est Tyler a pris les dispositions, il n'y a aucun danger.

Une histoire apocryphe courante parle d'un Vampire qui s'était lui-même envoyé par avion à la fin des années 1960. Il fut accidentellement expédié à une mauvaise destination, et les inspecteurs des douanes ouvrirent le container dans la lumière du jour — avec des résultats prévisibles. De façon tout aussi prévisi- ble, aucun de ceux qui racontent l'histoire ne sait qui était le voyageur au destin malheureux; on la tient toujours de "l'ami d'un ami". Signalons au passage que Meigs Field est sou- vent utilisé par Lodin. Il y possède deux hélicoptères, tenus prêts à décoller dans un délai d'un quart d'heure. Ce qui donne au Prince un immense avantage en ma- tière de mobilité et de surprise — quelque chose que beaucoup d'Anarchs ont appris à leurs dépens. D'autres lieux spécifiques sont le Brookfield Zoo, plusieurs champs de courses comme Arlington et Maywood Park, des établissements scolaires construits hors de l'agglomération, et le parc d'attractions Six Flags Great America. Le Brookfield Zoo est un terrain de chasse couru parmi les Vampires qui préfèrent le fluide vital des animaux à celui des humains. Son recours à des douves pour garder les animaux en semi-liberté facili- te l'accès des Morts-Vivants aux pensionnaires. Doyle Fincher vient souvent se nourrir ici. Les champs de courses jouent quatre rôles. Cer- tains Vampires trouvent amusant de parier sur les ré- sultats semi-hasardeux des courses. D'autres, particu- lièrement les Ventrus, apprécient le côté social des champs de courses les plus sophistiqués. Certains des conseillers financiers de Lodin, particulièrement Alan Sovereign, utilisent les chevaux comme investisse- ment et pour réduire les impôts. Et, enfin, les Vampi- res qui ont recours à des animaux, pour se nourrir, mais désirent éviter les foules des deux zoos de Chicago, boiront souvent le Fluide Vital de chevaux de courses. Les établissements scolaires bâtis hors de la ville n'ont que peu d'intérêt, même pour ceux qui ont été Etreints alors qu'ils étaient au collège ou au lycée. Le Vampire connu sous le nom de Rosé se nourrit ha- bituellement sur des professeurs et des élèves des ly- cées. Elle préfère se déplacer beaucoup entre les repas, pour éviter d'attirer l'attention sur elle. Critias prend plaisir à donner un cours à une classe de temps à autre et il en suit toujours lui-même afin de se tenir au cou- rant des théories scientifiques et des débats philosophi- ques. Pour entretenir la Mascarade, il s'engage rare- ment dans le débat socratique en utilisant pleinement ses pouvoirs, aussi est-il toujours à la recherche de Vampires avec qui il puisse échanger des idées. Gréât America est à peu près à la limite de ce que la Famille de Chicago considère comme les "Mar- ches". Certains Infants, notamment ceux qui ont été Etreints quand ils étaient enfants, prennent un grand plaisir à s'y promener dans la soirée ou même à entrer par effraction dans le parc après la fermeture. Peter et Tammy Walenski l'ont fait en de nombreuses occa- sions, comme Damien et Néon. Le Tremere Nicolaï, bien entendu, n'a pas de temps à perdre avec des plai- sirs aussi infantiles.

3. 1.9 Les Banlieues Lointaines

La Famille applique le terme de "Marches" à presque tout lieu de Chicago et de ses proches envi- rons qui n'a pas été décrit ci-dessus. A ses yeux, cela désigne n'importe quel secteur qui possède une activi- té nocturne faible ou inexistante, de maigres perspecti- ves pour se nourrir et aucun magasin digne d'intérêt. La lointaine banlieue nord de Chicago abrite l'essen- tiel de la faible activité Vampirique des Marches. Evanstown, sur la rive du Lac Michigan, accueille la Northwest University, à laquelle Critias rend visite de temps à autre Le Refuge de Jason Newberry ("Fils") se trouve à Skokie, à 24 kilomètres du centre ville. De là, il peut facilement atteindre l'asile d'Uptown où résident les Smith.

Arlington Heights, à 36 kilomètres au nord- ouest de Chicago, était autrefois une banlieue prospè- re. Elle abrite le bordel tenu par "Madame" (Priscilla Gibbs) et supervisé par Gordon Keaton. Comme Ma- dame est devenue de plus en plus dépressive à cause du contrôle de Keaton, elle a commencé à se nourrir sur des drogués pour effacer ses souvenirs. Afin de s'assurer une provision de tels Calices, elle a dû encourager la distribution de drogue à Heights, et les revendeurs régnent sur les rues de ce secteur.

Ceci, bien sûr, n'est qu'un petit exemple des banlieues qui entourent Chicago. Bon nombre d'entre elles fournissent des Refuges temporaires à ceux qui ont besoin d'un endroit pour se faire oublier durant l'un des interminables conflits entre Vampires. Mais habituellement, les Morts-Vivants préfèrent être plus près de l'action qui se déroule au centre ville de Chicago. GARY Selon la personne qui en parle, Gary est soit un "secteur développé des Marches", soit une ville indé- pendante avec son propre Prince. Presque personne ne tombe d'accord sur son statut, mais pratiquement tous les Vampires de Chicago s'y sont rendus à un moment ou à un autre — car les lois de Lodin y sont appliquées moins strictement, lorsqu'elles le sont. Gary est un en- droit que les Vampires utilisent pour se nourrir quand ils sont trop blessés ou trop fatigués pour chasser en ville.

Les points de vue différents sur Gary résulte du schisme qui s'est produit entre Lodin et Modius. Les deux villes ont été des fiefs séparés jusqu'à la fin des années 1960. Puis Lodin réussit à anéantir la sidérur- gie de Gary et à convaincre la Camarilla de forcer Mo- dius à "le consulter" au sujet de toutes les décisions importantes affectant l'une ou l'autre des deux

dius à "le consulter" au sujet de toutes les décisions importantes affectant l'une ou l'autre des

Bien que Modius soit toujours un Prince, sur le plan technique, il doit subir les décisions de Lodin. Si vous avez fait jouer Des Cendres aux Cendres et si Lodin a été anéanti, le statut de Gary est alors un peu confus. Le camp de Lodin soutient vigoureusement sa prétention d'avoir un contrôle absolu sur Gary. N'im- porte qui d'autre préfère considérer Gary comme une ville indépendante, mais n'en débattrait pas avec les partisans de Lodin. Après tout, si celui-ci ou ses la- quais sont occupés par un fief voisin, ils auront moins de temps pour diriger les affaires à Chicago. Géographiquement, Gary est plus près de Chica- go que certaines des banlieues des Marches qui font vraiment partie de la ville, comme Chicago Heights et Elgin. Il y a un flot régulier de circulation vampirique de Chicago vers Gary, pas seulement pour l'occasion d'un repas facile mais aussi à cause d'entreprises comme Gary Exports Co. et la Williams Auction. Pour plus d'informations sur Gary, reportez- vous au chapitre 8 du livre de règles de Vampire.

3.2 L'Elysium

But in the dead of night When everything is quiet There's a blast of lightning And the Righteous will fall — House of Freaks, The Righteous Will Fall

L'Elysium est moins un endroit précis qu'une façon de désigner tout immeuble favorisé par les An- ciens. Après tout, peu de grandes villes possèdent un quartier central recelant toutes les joies culturelles qu'une cité peut offrir. Chicago ne fait pas exception à larègle. Un bâtiment considéré comme appartenant à l'Elysium est toujours dédié aux beaux-arts, ou offre une stimulation artistique ou intellectuelle. Bon nom- bre des principaux musées, galeries d'art, théâtres et centres accueillant chant, danse, art dramatique, etc. font partie de l'Elysium.

3.2.1 Lois de l'Elysium

Les lois qui s'appliquent à un bâtiment apparte- nant à l'Elysium sont simples mais claires:

1. Sous peine d'une Chasse du Sang, aucune violence contre des Vampires, du bétail ou des objets matériels n'est autorisée dans les locaux. Non seule- ment accomplir de tels actes violent la Mascarade, niais ils pourraient également nuire à des objets, des causes ou des individus que les Anciens estiment. 2. L'Elysium doit être considéré comme un ter- rain neutre. Nul conflit d'aucune sorte entre Vampires ne peut être poursuivi sur son sol sacré. Les Anciens aiment se rencontrer et apprécier les beaux-arts sans que d'autres Vampires troublent la tranquillité de leur contemplation. Par courtoisie, les discussions doivent se limiter aux beaux-arts et les sujets politiques être évités (sauf lors d'une réunion du Primogène). 3. L'accès ne sera pas limité ; tous les Caïnites sont les bienvenus. En pratique, ceux qui pénètrent dans l'Elysium quand des Anciens sont présents sont

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supposés avoir choisi de partager le sort de ce groupe. 4. On ne doit pas attirer l'attention quand on entre dans l'Elysium ou quand on le quitte. Certains immeubles ne seront pas, en temps normal, ouverts durant la nuit, mais dans ce cas, on a prévu certains moyens d'entrer et de sortir. Les gardes sont souvent Dominés, et répondront instantanément à certains mots d'ordre.

Bien entendu, ces lois ne sont pas gravées dans la pierre; il s'agit plutôt de lignes directrices ou de rè- gles d'étiquette. Un Père instruira habituellement — mais pas toujours — sa Progéniture de ces lignes de conduite, et de l'étendue de l'Elysium. Un Nouveau- Né qui n'a pas été prévenu de la sorte peut invoquer l'ignorance pour sa défense lors d'une première viola- tion mineure; Lodin (en accord avec le Primogène) peut imposer un genre d'amende (en utilisant la Domi- nation, si nécessaire, pour voir si la compensation est effectuée), mais aucune action ultérieure ne sera entre- prise contre l'offenseur. Toutefois, par la suite, une violation grave, ou manifestement volontaire, attirera l'entière colère du Prince et des Anciens. Par exemple, un Infant non instruit, grise par ses pouvoirs nouvellement découverts, peut décider de Dominer un conservateur. Il obtient accès à une cham- bre forte scellée dans l'Art Institute of Chicago, où il griffonne "Imbéciles ! Je peux aller où je le veux !" sur un tableau de grande valeur. Il pourrait, à raison, invoquer l'ignorance, mais ce serait une défense inadé- quate. Le vandalisme, le mépris et la violation de la Mascarade ne reposent pas sur la connaissance des rè- gles de l'Elysium, et le gamin encourra la colère des Anciens — et le respect de la plupart des Anarchs. Une Chasse du Sang sera dans tous les cas déclarée. Une telle destruction fait voir rouge à tous les An- ciens, qu'ils aiment ou non l'œuvre défigurée. L'Ely- sium est un symbole de leur puissance, et défier ses lois signifie s'attaquer au pilier sur lequel repose cette puissance. Les Vampires en visite sont avertis de l'existen- ce de l'Elysium et de ses lois, lorsqu'ils se présentent. S'ils ne le font pas et, plus tard, commettent une viola- tion, ils ne peuvent pas invoquer l'ignorance; la négli- gence volontaire est ajoutée aux charges qui pèsent sur eux. Nul encore n'a été assez stupide pour mentir à un Ancien et invoquer l'ignorance quand ce n'était pas le

cas. Les lois de l'Elysium sont vagues au sujet du statut des artistes et des acteurs. Leur travail fait partie de l'Elysium, mais la question reste posée de savoir s'il en est de même pour eux, surtout quand ils se trou- vent hors des emplacements physiques qui sont définis comme appartenant à l'Elysium. Ce détail a constitué un problème ces dernières années, depuis que quel- ques Vampires — particulièrement les Malkaviens et les Caitiffs aux Etats-Unis — ont pris l'habitude de chasser les acteurs, les modèles, etc. Habituellement, un acteur n'est pas considéré comme "sous la protec- tion de l'Elysium", et l'on peut librement s'en nourrir, le Dominer ou le tuer. Un Vampire peut commettre une série de meurtres de ce genre, ou de Dominer une vedette pour en faire un alcoolique irrécupérable, sans

rompre la Mascarade. Bien entendu, on risque toujours la fureur d'un Ancien pour la mort ou la déchéance d'un de ses acteurs favoris

3.2.2 Extension de l'Elysium

Le Primogène décide si un nouveau bâtiment est considéré comme faisant partie de l'Elysium. Une fois le vote effectué, il en avise le Prince, qui est censé in- former la Famille locale. Le Primogène tint Lodin pour responsable des violations lors de la seule occa- sion où il n'avait pas transmis la consigne — ce fut simplement une autre manière pour eux de lui montrer qui commande. Un Prince publiera souvent des proscriptions ou des édits contre la violence des Vampires dans certains secteurs, ou déclarera que ceux-ci sont "terrain neutre" sans les intégrer à l'Elysium. L'efficacité de tels édits est directement proportionnelle au pouvoir du Prince; à Chicago, que l'édit vienne de Lodin lui-même, ou que ce dernier transmette les consignes du Primogène fait une énorme différence. Le Prince prononcera par- fois de tels édits uniquement pour montrer son indé- pendance. La plupart du temps, le Primogène lui passe cette indulgence, mais on finit toujours par apprendre de qui viennent réellement les ordres.

par apprendre de qui viennent réellement les ordres. En cas de doute, l'attitude la plus saine

En cas de doute, l'attitude la plus saine est de supposer qu'un endroit fait partie de l'Elysium. Violer le caractère sacré de celui-ci est une vraie folie, puis- qu'il s'agit d'un des rares points sur lesquels Lodin et le Primogène sont d'accord. Ils s'unissent invariable- ment pour punir ceux qui en transgressent les lois.

3.2.3 Bâtiments faisant partie

de l'Elysium

Vous trouverez ci-dessous une liste des immeu- bles communément considérés comme faisant partie de l'Elysium. Cette liste reflète les goûts des Anciens de Chicago. Leur conservatisme millénaire s'enrichit de temps à autre d'une nouvelle appréciation d'un style artistique ou d'un genre musical précis. C'est parfois le résultat du souvenir de leurs vies de mortels perdues depuis longtemps, et parfois un pur caprice. Les Anciens peuvent déclarer qu'un bâtiment est sous la protection de l'Elysium pendant plusieurs mois, puis abroger l'annonce aussi abruptement. Ce- pendant, ce même conservatisme signifie que les An- ciens opèrent rarement des changements importants. Cette liste est restée pratiquement identique depuis un certain temps. Danse & Ballets — American Dance Center School and Ballet Co. (22413 Governors Hwy., Rich- ton Park); Chicago City Ballet (223 W. Erie St. ). Galeries — Arts Club of Chicago (109 E. Onta- rio St.); Linda Enfîcld, Tnc. (620 N. Michigan); R. S. Johnson International (645 N. Michigan); St. Albus Fine Arts (620 N. Michigan}. Bibliothèques — Central Library (425 N. Mi- chigan Ave. ); Cultural Center (78 E. Washington). Musées — Art Institute of Chicago; Block Gal- lery (Northwestern University, Evanstown); Chicago Academy of Science (2001 N. Clark St. J; Chicago Historical Society (Clark St at North Ave.); Freeport Art Muséum (511 S. Liberty St., Freeport); Martin D'Arcy Gallery of Art (Cuddayy Library, Loyala Uni- versity); Muséum of Contemporary Art, Oriental In- stitute Muséum (Univ. of Chicago); Smart Gallery (Univ. of Chicago); Terra Muséum of American Art (2600 Central Park Ave., Evanstown). Opéras — Chicago Opéra Theater (Athenaeum Theatcr, 2936 N. Southport Ave.); Civic Opéra House. Orchestres — Orchestra Hall ; Pick-Staiger Concert Hall (1977 Sheridan RD., Evanstown). Théâtre — Arie Crown Theater (McCormick Place, 23rd St. & Lake Shore Dr. ); Civic Theater. Divers — Auditorium Théâtre; Fine Arts/Word Playhouse; Pelrillo Music Shell (Grant Park); Uni- versity of Chicago (South Sidc).

3.2.4 Endroits à signaler

ART INSTITUTE OF CHICAGO L'Art Institute of Chicago est l'un des plus beaux musées d'art du monde et, sans le moindre doute, le meilleur du Midwest. Sa collection de ta- bleaux remonte jusqu'au Moyen Age et à la Renais- sance, et le monde entier y est représenté. Comme tel,

Chicago

c'est probablement la partie de l'Elysium. la plus en vogue, parmi les Anciens comme parmi les Vampires en général. Les tableaux, à eux seuls, comprennent des œuvres d'artistes comme le Gréco, Monet, Renoir. Rembrandt, Cézanne, Degas, Picasso, Chagall, Matis- se et Dubuffet. Des peintures des deux dernières dy- nasties chinoises en font également partie. En fait, on croit qu'au moins trois des principales œuvres asiati- ques ont été données anonymement par un Ancien. Bien que ce ne soit pas du goût de la plupart des Anciens, d'autres vitrines présentent des céramiques, la collection de presse-papiers Rubloff. l'exposition de maisons de poupées Thorne et la galerie de photogra- phies. Même des Lècheurs Etreints quand ils étaient enfants viennent parfois ici. L'Art Institute a succédé à la Chicago Academy of Design, fondée en 1866, et fut constitué sous le nom de Chicago Academy of Fines Arts le 24 mai ] 879, ac- quérant son appellation actuelle en 1882. Depuis 1893, il est situé sur Michigan Avenue, à l'intérieur d'une grande et belle construction de style Renaissance, éri- gée par Shepley, Rutan et Coolidge pour l'Exposition Mondiale Colombienne [World's Columbian Exposi- tion] de 1893. Les heures d'ouverture de l'Institut sont 10 h 30 - 16 h 30 le lundi et du mercredi au vendredi, 10 h 30 - 20 h le mardi, 10 h - 17 h le samedi et 12 h - 17 h le di- manche. Mardi est le seul soir où les Vampires peu- vent y entrer comme tout le monde — et même cela leur est impossible en été. Donc, les Anciens considè- rent cet immeuble comme "fermé" du coucher au lever du soleil. Une nuit se passe rarement sans qu'un Caïni- te, au moins, ne vienne le visiter pour regarder une vi- trine ou une exposition. En fait, l'An Institute est l'un des rares endroits de Chicago qui soit vraiment un terrain neutre. Même les Anarchs se dresseraient probablement contre un des leurs qui y transgresserait la loi de l'Elysium. Les Anciens et même certains Anarchs viennent ici jusqu'au petit matin pour discuter des détails les plus beaux d'un tableau (ainsi que pour comploter et intri- guer). Même les Nosferatus et les Malkaviens appré- cient le musée. Les premiers ont développé un goût pour les beaux-arts, peut-être en compensation de leur apparence. Les seconds, plus que tout autre clan, ont une perception particulière des excentricités de l'esprit artistique. La vision de Vampires de plusieurs clans diffé- rents assis dans un musée sur la fin de la nuit, discu- tant des coups de pinceau de Monet, est l'une des plus bizarres que l'on puisse trouver à Chicago.

LYRIC OPERA OF CHICAGO Depuis 1956, le Lyric Opéra est la compagnie résidente de Chicago, qui reçut sa première troupe iti- nérante en ! 850. Le Lyric Opéra est le successeur im- médiat du Lyric Theater of Chicago, lancé par Fox, Lawrence Kelly et Nicolas Rescigno en 1954, alors que la ville avait passé huit ans sans avoir son propre opéra professionnel. Durant la saison d'automne an- nuelle, la somptueuse Civic Opéra House, inaugurée en 1929, est pleine à craquer. La compagnie est renom-

Géographie

mée pour ses productions soignées et ses chanteurs in- ternationalement célèbres. Les soirs de première, pres- que tous les Anciens de la ville seront présents. A vrai dire, à moins d'avoir des relations, il est très difficile d'obtenir un billet.

CHICAGO SYMPHONY ORCHESTRA Troisième salle de concert pour orchestre sym- phonique créée aux Etats-Unis, et toujours parmi les plus prestigieuses, le CSO est géré par l'Orchestral Association of Chicago, une fondation saine établie en 1891, l'année même de la création de l'orchestre. L'Association possède l'Orchestra Hall, un autre bâti- ment vraiment somptueux, construit en 1904. Parmi les grands chefs d'orchestre de marque, on a pu voir régulièrement Fritz Reiner, Artur Rodzinski, Rafaël Kubelik et Sir Georg Solti. L'orchestre se déplace souvent et a effectué de nombreuses tournées en Europe.

UNIVERSITY OF CHICAGO La prestigieuse Université de Chicago fut fon- dée en 1890 par l'American Baptist Educational So- ciety. C'est une institution privée, quoique à présent non-confessionnelle. Elle a une capacité d'accueil de 8600 élèves et une énorme bibliothèque de 4 600 000 volumes, rendue possible par les larges dons de John D. Rockerfeller et de ses descendants. Inspirée du système universitaire allemand, elle fut parmi les premières institutions américaines à met- tre en avant les études diplômées. Le système des tri- mestres pour l'année académique, utilisé par beaucoup d'écoles, y fut inventé. Ce fut aussi la première univer- sité importante à accepter les femmes sur un pied d'égalité avec les hommes. Elle est le centre d'un en- semble réputé d'institutions théologiques, et beaucoup de chasseurs de Sorcières l'utilisent comme Refuge. Elle possède également un département de Psycholo- gie Paranormale très actif, engagé dans de nombreuses "études environnementales" dans toute la ville.

3.3 Le Râtelier

Dans certaines villes, la Famille le nomme "le Creuset", dans d'autres, "le Territoire de Chasse". A Chicago, les Vampires appellent le quartier qui est le centre de l'activité nocturne humaine "le Râtelier". Nul ne sait qui a inventé le premier l'expression. Le terme entra dans l'usage courant durant les premières années du dix-neuvième siècle, et y est resté depuis

lors. Le quartier de Chicago considéré comme le Râ- telier est surtout centré sur Rush Street. Sur six ou huit rues sont dispersés plus d'une centaine de bars, clubs et restaurants différents. Cette diversité fait du quartier l'endroit nocturne le plus à la mode de toute la ville en dépit de son atmosphère de danger. Plus loin à l'ouest, dans le quartier d'Old Town, les proxénètes, les revendeurs de drogues et les gangs ont senti des proies fraîches. La vogue de ce quartier varie largement. Après quelques années de tranquillité relative (après un nettoyage organisé par Lodin), quel-

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ques nouveaux clubs ont ouvert dans le secteur d'Old Town Triangle. Les gens se sont remis à s'y rassem- bler pour goûter à nouveau le péché. Et il en est de même de ceux qui tes considèrent comme des proies. Dans l'ensemble, le quartier de Rush Street est un endroit très mal famé (plus encore dans le Chicago gothique-punk que dans le nôtre). Les célibataires y sont juste un peu plus désespérés, les tapineuses un peu plus effrontées, et les habitués un peu plus étran- ges. On y trouve un grand nombre de travestis, de punks et de Poupées de Sang. Les gangs marchent dans les rues en toute impunité et les groupes ont plu- tôt tendance à jouer du punk que du jazz ou du blues. La plupart des gens extérieurs ne font que rire des punks crâneurs et prétendent que ces gangs font partie de ce qui donne son atmosphère au quartier. Par bonheur, il y a une loi non écrite qui retient la plupart des gangs de mortels de s'attaquer à des couples aventureux, ainsi qu'à la plupart des célibatai- res bien habillés. Tous sont Dominés à un degré quel- conque par des Anarchs, et s'il y avait trop de violen- ce, cela tiendrait les gens à l'écart. Les Lècheurs n'auraient alors personne sur qui se nourrir. Mais malheur à l'individu bien en fonds et appa- remment sans défense qui trébuche dans une ruelle sombre pour se soulager, à celui qui a beaucoup dé- pensé, ou à celui qui rencontre un gang en manque d'action depuis un moment. L'individu en question se retrouvera délesté de ses biens, sinon de son sang. Même les Vampires peuvent être molestés — bien qu'ils puissent compter sur de meilleures défenses que la plupart des gens. Quelques-uns des groupes les plus chauds de la ville viennent ici pour jouer dans les clubs. L'entoura- ge multi-clans de Baby Chorus signifie qu'ils ont sou- vent un ou plusieurs Vampires à leurs trousses pour leur faire un mauvais parti — une situation malheureu- se puisqu'ils préfèrent les clubs du Râtelier à tout autre endroit. En fonction de l'état des hostilités entre élans, le groupe peut soit se trouver en haut de l'affi- che quand Sa querelle est au plus bas, soit n'être là que pour faire un bœuf surprise avec des bestiaux quand les conflits culminent. On trouve habituellement le groupe au Andy's (sur East Hubbard), au Backroom (1007 North Rush) ou au Rick's Café Américain (Ho- liday Inn sur Lake Shore Dr. ). Le groupe préfère Rick's — ils trouvent amusant de jouer les "Attrac- tions pour Holiday Inn", même si l'endroit est réputé comme un endroit musical chaud. Rick's étant égale- ment un peu à l'écart de la "zone dangereuse" de Rush Street, Ses problèmes y sont considérablement moins fréquents. Bon nombre des autres bars du quartier ac- cueillent des célibataires, fournissant un parfait terrain de chasse pour les Aristos. Certains s'amusent à sim- plement influencer un représentant attirant du sexe op- posé, usant de la Domination ou de la Présence; d'au- tres se contentent de regarder la myriade d'interactions humaines. Et puis il y a ceux qui y chassent. Ils suppo- sent — à juste titre — qu'ils peuvent boire, une nuit donnée, à n'importe quel nombre de Calices sans atti- rer une attention exagérée. Un box d'angle dans un bar comme Billy's (936 North Rush), Mother's (26 W. Di-

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vision) ou She-Nannigans (16 W. Division), offre assez d'intimité pour que le Vampire le plus maladroit dîne à loisir. Même les nuits de semaine, la foule est suffisante pour leur fournir à tous du Fluide Vital en abondance. Les disputes territoriales entre Vampires sont peu fréquentes dans le Râtelier, une zone neutre

officieuse

se mélangent. Il y a aussi les Poivrots, ceux qui cherchent à

obtenir un "high" d'alcool ou de drogue en s'imbibant

à un Calice qui s'y adonne. La plupart des Lècheurs de

Chicago ne sont pas des Poivrots réguliers, mais beau- coup d'entre eux recherchent le frisson occasionnel qui rendra la vie à leurs sens parfois émoussés. Les Calices convenables ne manquent pas. Signalons particulièrement le secteur à l'ouest de Rush Street, qui fait toujours partie du Râtelier. Le Succubus Club et la Caverne se trouvent tous deux dans ce quartier, sur State Street. Tandis qu'on s'éloi- gne vers l'ouest, de nombreux cinémas pornos éclo- sent sur Dearborn, Clark et La Salle. Les membres du Conseil Municipal à l'esprit le plus civique ont es- sayé de les interdire pendant des années, mais d'autres membres sous la Domination de divers Vampires ont toujours fait échec à leurs projets Après tout, aucun clan ne veut que ce terrain de chasse bien garni se dé- peuple.

où tous les clans et toutes les convictions

3. 3. 1 Endroits à signaler

LE BLUE VELVET

Le Elue Velvet est situé du côte nord de ce qui était autrefois connu comme la "Grande State Street",

à l'ouest de Rush Street, au cœur du Râtelier. Le club

est toujours à la pointe des tendances stylistiques et musicales. Cette particularité lui vaut d'être à la mode parmi les mortels, bien que nul ne sache qui en est le propriétaire. La rumeur court dans la Famille qu'il s'agit de l'un(e) d'eux. Ce qui ne fait qu'augmenter sa popularité parmi les Vampires de Chicago. Avant 1972, le Elue Velvet connut plusieurs in- carnations: "speakeasy" de la Prohibition, pub irlan- dais, taverne pour travailleurs manuels et bar gay. En 1972, i! fut pris en mains par un acheteur non identifié. Selon la rumeur, le propriétaire avait fait quelque pro- fits en dessous de table lors de la fermeture des acié- ries. De ces gains mal acquis vint le financement pour la prise de contrôle de Fantastica, comme s'appelait alors le Elue Velvet. Le club ferma trois mois. Des ouvriers travaillè- rent durant toute cette période, exécutant une impor- tante remise en état du bâtiment. En mai 1972, le club rouvrit sous le nouveau nom de Elue Velvet. On y avait ajouté, entre autres, quatre bars diffé- rents, une immense piste de danse et un bar pour VIP permettant de voir toute la boîte à travers une glace sans tain. On fil venir les barmen et les serveurs de Los Angeles. Tous ont une mémoire infaillible de n'importe quelle boisson jamais créée. Les serveuses sont toutes vêtues avec goût, en dépit du nom du club. La popularité du Elue Velvet s'étend à toutes les couches sociales et il attire aussi bien les Vampires

Chicago By Night

que le bétail. Le vendredi et le samedi soir, la file d'at- tente pour entrer fait le tour du pâté de maisons. Même les autres soirs, les affaires du club marchent bien. Les Vampires ont découvert qu'ils sont admis immédiatement s'ils se montrent au début de la file d'attente. Ils reçoivent également un laissez-passer pour le bar des VIP. Le portier, Ian Gibson, possède un

don infaillible pour identifier les morts-vivants. Il s'est révélé immunisé contre la Domination, et n'a jamais répondu à la moindre question concernant son don ou son employeur. Il est mortel, mais il est difficile de dire s'il s'agit d'un "neutre" ou si un Caïnite possédant une capacité de Possession de Niveau 5 a exécuté un superbe travail de conditionnement. Gibson, individu physiquement imposant, sert de première ligne de dé- fense contre les resquilleurs.

A l'intérieur, la piste de danse est occupée

jusqu'à la fermeture. Durant les nuits plus fréquentées du jeudi, du vendredi et du samedi, les meilleurs DJs de la ville diffusent le top 100 pour les danseurs. Le di- manche et le lundi sont plus calmes, et attirent les élé- ments du noyau dur qui n'ont nulle part ailleurs où aller. La musique vire à la new wave, au heavy métal ou à n'importe quoi d'autre qui semble pouvoir sédui- re les marginaux du public. Le mardi et le mercredi, la musique varie en fonction de l'humeur du public. On entend souvent du jazz et du country & western. Seuls les meilleurs groupes sont invités à jouer au Blue Velvet. Baby Chorus y fait une apparition tous les deux mois environ. Les leaders et les agents des groupes disent tous que c'est Gibson qui les contacte et les paye, et qu'ils n'ont jamais rencontré le proprié- taire. Les barmen et les serveurs, de la même manière, touchent leurs chèques de Gibson, et prétendent n'avoir jamais rencontre le propriétaire. L'utilisation de l'Auspex, de la Domination et de la Présence ont prouvé qu'ils disaient lavérité. Nul, parmi les Vampires de Chicago, n'a jamais admis être le propriétaire du Blue Velvet. Qui que ce soit, cet individu est sans le moindre doute conscient des flirts vampiriques qui se déroulent dans la boîte de nuit, mais il n'a pas fait le moindre geste pour y mettre fin. En effet, le statut privilégié des Vampires entrant dans le club indique que le propriétaire les favorise. La plupart des Morts-Vivants de Chicago n'ont pas voulu risquer un conflit en fouillant trop avant, et désirent à présent laisser la question en suspens.

LE SUCCUBUS CLUB Praying to your angel of darkness I wanted no part but you needed a partner Dance beneath the sheets of crimson Dance in praise of age-old fundamental lie — Baby Opaque, Blue Crimson

Ce club est peut-être le plus célèbre de tous les

lieux nocturnes de Chicago — plus célèbre encore parmi les Vampires que parmi les mortels. Un article dans le Chicago Reader, l'année dernière, décrivait

l'endroit et ses fans les plus remarquables.

Géographie

LES POUPÉES DE SANG "Jason Sanders ne se réveille jamais avant 21 h. Quand il sort enfin du lit, il allume immédiatement sa chaîne hi-fi, puis se prépare pour la nuit. Il prend une douche et se met de l'eau de Cologne, de la pommade et du maquillage. Il s'habille lentement et soigneuse- ment, toujours à la recherche de peluches ou de fils oubliés sur sa veste noire à jabot. Il se glisse dans un pantalon moulant en cuir noir, puis s'occupe méticu- leusement de ses cheveux, s'assurant que chaque mèche est à sa place. Il fait un choix attentif parmi ses bijoux d'argent, se décidant finalement pour une bague à tète de mort, un collier d'argent et d'onyx et une boucle d'oreille en forme de croix ansée. Puis il se faufile derrière ceux qui ne veulent pas qu'il sorte la nuit et descend les rues noires de Chicago, cherchant l'endroit où il se sent libre et vivant — le Succubus Club. C'est ce qu'il fait chaque nuit; toutes les nuits. L'entrée de la plus infâme boîte de nuit de Chi- cago lui donne toujours une raison de s'arrêter. En plus des hordes de gens qui attendent, dans l'espoir d'entrer, l'aura même que l'ancien entrepôt en briques projette contre les rues modernes déclenche une antici- pation glaciale. La construction qui le domine semble clamer son héritage, malgré le dessein ultramoderne auquel ses visiteurs l'utilisent. Beaucoup échouent à satisfaire les exigences strictes pour entrer, mais les vi- deurs aux bras croisés savent que Jason est un habitué, et ne l'empêchent pas de passer. Une fois à l'intérieur du célèbre établissement, il savoure les hordes de danseurs exubérants qui l'en- tourent. Tandis que des nuages houleux de fumée de tabac masquent les parfums de l'humanité, Jason sent que le club lui-même amplifie ses sens, lui permettant de remarquer les sensations les plus légères. Dans la foule tourbillonnante, il peut en repérer d'autres qui lui ressemblent, tous produits de la même société dé- cadente. Tous connaissent la torture de l'existence et le déclin de la civilisation — et tous en jouissent. Jason se joint aux autres sur la piste de danse, et bien- tôt se perd dans le puissant son industriel qui puise à travers l'immeuble, faisant trembler le sol lui-même. Tandis que s'éteignent les dernières mélodies explosi- ves de Nine Inch Nails, il prend les mains d'une sédui- sante jeune femme toute vêtue de dentelle noire, avec qui il a échangé un regard pendant qu'ils dansaient. Ils descendent de la piste de danse brillamment éclairée et se frayent un chemin jusqu'aux alcôves sombres du club. Il découvre que le nom de sa nouvel- le amie est Mélissa, mais elle se montre évasive quand il lui demande l'origine des taches de sang sur son cor- sage de dentelle. Un ami commun, encore un habitué du club, se matérialise hors de l'ombre et les invite à se joindre à lui dans l'un des balcons "flottants". De ce nouveau point de vue, Jason et Mélissa regardent, en bas, la piste de danse noire de monde et critiquent chacun à leur tour les mouvements de la foule dont ils faisaient si récemment partie. Ils obser- vent aussi les armées de punks mal fagotés et les gangsters impeccablement vêtus qui se dirigent vers l'immense sous-sol du Succubus Club. Leur ami leur ayant lancé un défi, Jason et Mélissa se précipitent au sous-sol, dépassant les videurs géants qui gardent le

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passage vers l'appartement privé du balcon du deuxiè- me étage et écartant les clients sur l'escalier en spirale. Ils ouvrent les doubles portes massives conduisant au niveau inférieur du club et plongent dans ses profon- deurs sentant le rance. Même quand aucun orchestre ne joue sur la scène monumentale du sous-sol, les propriétaires du club laissent l'immense salle faiblement éclairée, et la fumée de centaines de cigarettes allumées complique encore plus pour le couple la circulation dans le laby- rinthe souterrain. Malgré les nombreuses visites que Jason a faites au Succubus Club, il s'aventure rare- ment dans le remue-ménage du sous-sol et éprouve toujours des difficultés pour trouver son chemin à tra- vers le labyrinthe installé plusieurs années auparavant.

pées de Sang. Les videurs maintiennent une politique d'admission stricte, encore que non écrite, qui accorde de l'importance au style avant toute autre chose. Un séduisant adolescent de 17 ans, habillé de façon appro- priée, a de meilleures chances d'être admis qu'un yup- pie de 30 ans ayant réussi, en vêtements de loisirs. Une fois à l'intérieur, la plupart des visiteurs re- marquent immédiatement le système de sonorisation à la pointe du progrès et les immenses enceintes. Le haut-parleur des basses reste constamment dirigé vers le sol et, peu importe ce que passe le DJ, le sol vibre en rythme. Habituellement, le club passe de la musi- que de danse industrielle, et les DJs sont réputés pour jouer des CD entiers des Sisters of Mercy sans arrêt. Parmi les autres caractéristiques principales, on trouve

A

un moment, le couple tourne au mauvais endroit et

une piste de danse immense, qui reste toujours encom-

se

retrouve face à plusieurs hommes distingués, discu-

brée malgré sa taille, et un très grand bar rectangulaire

tant apparemment du prix d'un petit paquet de poudre blanche. Devant les regards fixes, intensément hosti- les, ils se retirent en riant. Après plusieurs minutes passées à faire fausse

affichant une pléthore de marques. Des balcons donnant sur la piste de danse procu- rent un endroit un peu plus tranquille pour profiter du club, ainsi que des bars pourvus de boissons plus exo-

route et à revenir sur leurs pas, ils atteignent enfin l'al- côve dont leur ami a dit auparavant qu'ils seraient in- capables de la trouver. Alors, fatigués et émoustillés par leur aventure, ils se jettent sur les coussins laissés tachés de sang par quelque visiteur précédent. Jason tire un fin canif de la poche de sa veste et Mélissa en ôte un d'une chaîne d'argent ceignant son cou. Après un baiser, tous deux portent les lames à leurs propres poignets et tailladent de petites coupures irrégulières. Puis Mélissa prend la main blessée de Jason dans celle des siennes qui reste saine, Jason prend le poignet san- glant de Mélissa dans sa main intacte — et, ensemble, ils commencent à boire." Aucun Caïnite n'a jamais Etreint ni Mélissa, ni Jason. Pas plus que ces derniers n'ont encore atteint 18 ans. Cependant, ils ont découvert une race entièrement nouvelle de gens comme eux — solitaires, blasés et qui s'ennuient. Les mortels convenables n'ont que ré- cemment entendu parler des Poupées de Sang, comme se nomment ces jeunes mondains urbains, et les mé- dias à sensations se sont mis à les appeler adeptes de

tiques (et plus onéreuses). Les clients les plus âgés du club ont tendance à rester là. laissant la piste de danse à ceux qui sont jeunes et énergiques. Les éléments les plus dangereux de la ville sem- blent presque tous surnaturellement attirés par le célè- bre sous-sol du club. Des groupes punks, de speed métal, de rap militant et autres styles musicaux vio- lents jouent à cet étage, attirant un assortiment ahuris- sant de fans issus de la lie de la société. Des Poupées en grande tenue et parées d'or côtoient des punks aux chemises et pantalons déchirés, pendant qu'ils regar- dent des fans de heavy métal aux cheveux longs com- parer leurs tatouages. Quand ils éprouvent un besoin d'intimité, ils se glissent dans les ténèbres du labyrin- the, un immense dédale qui court le long de la limite du sous-sol. Dans ses coins et recoins, des revendeurs proposent leur marchandise, des couples s'étreignent avec passion et des Poupées de Sang comme Jason et Mélissa partagent leur sang. Pour beaucoup de ces mortels, les clubs de danse sont un mode de vie. Pour beaucoup de Vampi-

la

mort et adorateurs du sang. Pour eux, ce partage de

res, ils sont une source de vie. Les rumeurs abondent

sang est meilleur que le sexe — c'est l'apogée de leur bizarre subculture. Ils sont aussi étranges que la cul- ture qu'ils imitent inconsciemment, et que les créa- tures qu'ils croient qu'ils aimeraient devenir. Jason, bien qu'il n'ait que 17 ans, n'a jamais de problèmes pour entrer dans le club. 11 se couche juste après la sortie de l'école et dort jusqu'à 21 h. Puis il se glisse hors de la maison et se rend au club, où il reste- ra jusqu'à ce que les cours reprennent le lendemain. Alors qu'aucune description n'est commune à toutes les Poupées de Sang, elles partagent un certain nombre de traits distinctifs. Peu importe la ville où elles vivent, elles tendent à graviter autour des boîtes de nuit qui semblent avoir été conçues pour leurs be- soins. Les Poupées de Sang désignent le Succubus Club comme un exemple de premier ordre de l'envi- ronnement sombre et morbide qu'ils préfèrent. Fondé en 1982 dans ce qui a été autrefois une des principales discothèques de Chicago, le Succubus Club ne pourvoit pas seulement aux plaisirs des Pou-

selon lesquelles un Caïnite possède le club et, en fait, nombreux sont ceux de la Famille qui préfèrent passer leurs nuits ici plutôt que partout ailleurs. Alors que le Succubus Club n'a jamais été déclaré partie de l'Ely- sium, aucun Caïnite n'y déclencherait volontairement une bagarre et les rumeurs abondent selon lesquelles son propriétaire est un puissant Ventru. Beaucoup ren- dent visite à un club privé au 3ème étage, bien que de nombreux bestiaux peuplent également cet espace élé- gant. Les Toréadors y admirent la collection d'art pri- vée et les Vampires favorisés par le club savourent un répit de la foule humaine qui emplit le reste du club. Les chasseurs trouvent que le club est une excel- lente source de Fluide Vital, car peu de bestiaux pré- sents se rendraient compte qu'on boit leur sang et moins encore y prêteraient attention. C'est un accord tacite chez les Caïnites de ne tuer personne dans le club — en fait, ils ne sont pas les bienvenus, à moins que la couleur et le contact de leur peau ne montre à l'évidence qu'ils se sont récemment nourris. Même le

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Chicago by Night

Vampire possédant la meilleure maîtrise de lui-même trouverait presque impossible de résister à la Frénésie s'il était au milieu d'une foule de mortels riches en Fluide Vital alors qu'il manque de sang. Pour plus d'informations sur le Succubus Club, consulter le sup- plément du même nom.

LACAVERNE La Caverne se trouve également sur State Street, deux pâtés de maisons au nord du Succubus Club. Malgré leur proximité géographique, les deux bars ne pourraient pas être plus éloignés l'un de l'autre. Le Succubus Club accueille l'élite, les solitaires, et les gens branchés qui rôdent dans le quartier. La Ca- verne, à l'inverse, est un bar pour la classe laborieuse en bleu de travail. Il est apprécié des ouvriers du bâti- ment, des motards et des employés sous-payes de la municipalité, comme les éboueurs. Le propriétaire, Horace Turnbull, ne sert que de la bière et des alcools forts. Bartles & James [NdT: les Gault et Millau lo- caux] ne s'approcheraient pas à moins de 50 mètres de cet endroit. La Caverne mérite son nom. Une enseigne sale et éteinte pend au-dessus des escaliers menant à l'en- trée d'un sous-sol. Un couloir de cinq mètres conduit au bar lui-même. Le long du couloir sont accrochés, tous les soixante centimètres, d'antiques heurtoirs, al- lant des gargouilles aux sirènes. Il n'y a pas de portes, seulementdesheurtoirs. Une porte battante conduit dans la Caverne elle- même. La pièce en sous-sol est grossièrement circulai- re, avec des poutres s'entrecroisant au plafond. Son emplacement souterrain lui donne une apparence hu- mide et sombre, et de l'eau s'égoutte du plafond par endroit. Il y a quelques boxes à l'ancienne contre le mur du fond. On s'asseoit principalement aux tables éparpillées autour du sol dégagé. Les clients viennent ici à n'importe quelle heure. La Caverne est un endroit tranquille, et les clients le préfèrent ainsi. C'est là que viennent les gangs de motards quand ils veulent boire sérieusement sans être gênés par des yuppies ou des gamins des collèges. Horace, un Malkavien qui sert Lodin, ne tolè- re pas les clients bruyants ou toute autre sorte de pro- blèmes. Il n'est pas surprenant que les hommes soient des machos typiques. S'ils sont impressionnés par l'as- pect physique d'un nouveau venu, ils lui offriront un siège, lui paieront un verre et lui demanderont "Qu'est-ce que tu penses des Bears ?" S'il paraît une lavette ou un intellectuel, ils le considéreront avec mé- pris ou l'ignoreront Les femmes sont traitées assez courtoisement — même par les motards. Les habitués peuvent payer un verre à une femme séduisante sim- plement pour qu'elle reste dans le bar. La seule rupture dans le mépris général pour les "grosses têtes" est un échiquier placé à un bout du bar. Horace, joueur d'échecs passionné, est plus que dési- reux d'accepter des défis. Plusieurs habitués sont éga- lement d'excellents joueurs d'échecs. La Caverne est le seul endroit où ils peuvent jouer une partie sans rui- ner leur image. Si un nouveau venu défie Horace aux échecs, il y aura de gros paris. Une foule importante se

géographie

rassemblera autour d'eux, transformant le jeu en quel- que chose qui ne sera pas sans rappeler un match de boxe en quinze rounds à Las Vegas. Les deux serveurs réguliers du bar sont Fred et Maureen. Fred va sur la cinquantaine, et Maureen, une petite blonde, approche de la quarantaine. Horace est rarement là, sauf quand il joue aux échecs. Etant l'un des chefs secrets des Anarchs, il préfère garder un pro- fil bas. Si quelqu'un a besoin d'entrer en contact avec Horace, il s'adresse à Fred ou à Maureen. Les serveurs peuvent mettre la main sur Horace dans l'heure. Deux portes conduisent hors de la salle princi- pale de la Caverne. L'une donne sur le lavabo mixte, l'autre sur un couloir avec trois portes. L'une d'elle s'ouvre sur le bureau d'Horace, la seconde sur une ré- serve et la troisième sur un vaste magasin vide où se rencontrent les Anarchs. La pièce contient également un coin-cuisine, une grande table de conférence et des étagères bourrées de livres de référence. Horace jouera toujours le rôle d'un lieutenant loyal à Lodin et à Ballard. Il ne peut pas permettre que ses liens avec les Anarchs soient découverts. Les au- tres Ventrus de Chicago savent qu'Horace a des clients Anarchs, mais le tolèrent à cause de sa nature Malkavienne. Si ses vrais rapports avec les Anarchs étaient connus, il serait dans une position très dange- reuse. Il est toutefois plus susceptible de traiter avec les maîtres-chanteurs en les tuant plutôt qu'en les payant. Pour plus d'informations sur la Caverne, consul- tez Des cendres aux cendres.

3.4 La Ruche

"La Ruche" est le nom que la Famille de Chica- go a donné au quartier du centre ville, situé immédia- tement au. sud de la rivière, que les mortels appellent le Loop. Le nom est venu d'une métaphore vampiri- que courante comparant les mortels à des insectes grouillants. Le Loop — ou la Ruche — est le centre de leurs activités. La Ruche est le cœur des activités ayant trait aux affaires et à la politique à Chicago, Le clan Ventru en dirige beaucoup. Le Prince a imité la municipalité en utilisant la Ruche comme centre de ses activités. Daley Center n'est qu'à une courte distance du Pru- dential Building, où Lodin tient sa cour. Si un officiel s'avère réticent à obéir aux ordres, il sera aisé pour le Prince ou l'un des mortels qui le servent de lui rendre

visite. La plupart des Vampires préfèrent la Ruche pour faire leurs achats, au lieu du quartier que les mor- tels appelle le "Magnificent Mile". Après la Deuxième Guerre Mondiale, la Ruche entama un déclin dont elle toucha le fond durant les années 60, tandis que les en- treprises fermaient au Sud et à l'Ouest. Une fraction de plus en plus importante de la population noire de Chicago a emménagé dans ce secteur. Les choses culminèrent en 1968, quand éclatè- rent les émeutes de la convention démocrate. Dans le monde gothique-punk, la violence s'étendit à toute la ville. Les Noirs de la Ruche, manipulés par des

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Anarchs opposés à Lodin, lancèrent des attaques contre plusieurs immeubles qui servaient de bases d'opérations pour le Prince. Les représailles policières furent rapides et brutales. C'est lors d'une de ces ren- contres que Théodore Dooley fut blessé et s'enfuit au quartier général des Black Panthers. Il y rencontra Hank Cave et fut Etreint. A cause des émeutes, la Ruche a toujours une réputation de violence. Celle-ci est le plus souvent in- justifiée, mais les Ventrus l'entretiennent pour justifier l'importante présence policière dans ce quartier, ce qui procure à Lodin et ses partisans une sécurité supplé- mentaire contre les Anarchs ou les usurpateurs potentiels. Les noirs prédominent toujours dans le quartier, et beaucoup de blancs sont réticents à y pénétrer après la tombée de la nuit. Les hommes d'affaires ou les amateurs d'art qui y viennent la nuit se déplacent dans des limousines blindées. Les hommes d'affaires fortu- nés s'offriront volontiers un ou deux gardes du corps. Les galeries d'art et les musées qui ne sont pas sous la protection de l'Elysium ont trois fois plus de gardiens que des lieux situés dans des secteurs plus respectables de la ville. Ces gardiens ont des pouvoirs discrétion- naires étendus pour empêcher certains "types" d'entrer. On trouve ici plusieurs excellents magasins, mais pour tout un chacun, il y a trois magasins bon marché de chaussures et de vêtements. Certains sont décrits dans la partie concernant le Loop (p. 27).

3.4.1 Endroits à signaler

LE PRUDENTIAL BUILDING Cet immeuble, sur East Randolph, est le centre de la puissance de Lodin. Avant 1958, Lodin contrô- lait Chicago d'un appartement avec terrasse dans le Manhattan Building, où il résidait depuis sa construc- tion en 1890. En 1958, il entreprit une révision com- plète de ses systèmes de sécurité et de son organisa- tion de vie. II fit chanter le propriétaire du Prudential Building, Walter Leipzig, afin qu'il lui accorde un bail de 99 ans pour le 33e étage. Ouvrant la société fictive "Denham Invest- ments", Lodin prit possession de l'étage. Il fit installer un équipement de sécurité dernier cri et emménagea. Quand d'autres Vampires usèrent de violence à son égard, Lodin put conserver sa location en menaçant de faire chanter Leipzig et en exerçant une pression gou- vernementale sur toute entreprise qui menaçait de poursuivre le sujet. S'il a péri au cours de Des cendres aux cendres, il vivait toujours ici jusqu'au moment de sa mort; s'il a survécu ou si vous n'avez pas joué ce Scénario, il y vit toujours. Lodin entretient plusieurs autres Refuges en ville, dont un dans une copropriété de l'autre côté de la rivière et un dans la Sears Tower. Tous sont d'une conception identique. Les quatre cinquièmes du côté ouest de l'immeuble sont occupés par neuf pièces en un bloc de trois sur trois. Un couloir va de l'ascenseur, dans le coin sud-est, vers le nord jusqu'à l'entrée de la pièce qui constitue le seul accès aux appartements de

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Lodin. Le mur est du couloir n'a pas de fenêtres. Parmi les neuf pièces se trouvent le bureau de Lodin, une salle de garde, des aménagements pour les servants et sa chambre forte, au centre du bloc. Seul quelqu'un possédant l'empreinte manuelle complète de Lodin peut entrer dans cette pièce. A l'intérieur, le Prince a installé un lit avec matelas à eau, un ordina- teur et des installations pour garder plusieurs Calices. L'ordinateur est relié à divers terminaux secon- daires situés dans les autres Refuges de Lodin. La sé- curité informatique de celui-ci est si bien conçue qu'il faudrait réussir quatre jets avec une Difficulté de 9 pour accéder à l'ordinateur centra! à partir de l'un des terminaux secondaires. Les terminaux personnels de Lodin reposent sur une liaison directe spéciale, mêlée aux câblages de la ville, et non sur une connection par modem. Un pirate informatique audacieux devrait faire six jets avec une Difficulté de 9 pour pénétrer le système. Pour plus d'informations sur l'appartement de Lodin, consultez Des cendres aux cendres.

MARSHALL FIELD & CO. Marshall Field's occupe tout le pâté de maisons délimité par State, Washington, Wabash et Randolph. L'un des plus vastes grands magasins de la ville, il compte plus de cinq cents rayons. Toutefois, il n'a pas toujours été ainsi. Quand le commerce déclina dans la Ruche après les émeutes de 1967, les propriétaires furent désespérés de devoir déménager vers North Michigan Avenue. Ce- pendant, c'est ce que firent la plupart des autres entre- prises importantes de la Ruche. Le lent déclin du quar- tier, durant la décennie précédant les émeutes, avait laissé Marshall Field's dans une mauvaise position fi- nancière. Ses comptes étaient dans le rouge et le maga- sin agonisait. Incapables d'abandonner le navire, les proprié- taires se mirent au travail. Ils organisèrent la promo- tion du magasin sur une grande échelle, souscrivirent plusieurs prêts risqués et augmentèrent le choix offert. Etonnamment, leur pari paya. En cinq ans, les comptes sortirent du rouge. Par bonheur, ils avaient pu surmonter l'image publique du Loop que répandaient Lodin et ses partisans — celle d'un endroit dangereux. Plus important, l'une de leurs innovations était un rayon de livres rares. En le montant, ils avaient récu- péré plusieurs caisses de littérature de l'époque de la Renaissance. Quand les Tremeres découvrirent ces ouvrages, ils montrèrent autant d'excitation que les membres de ce clan flegmatique en sont capables. Les livres se trouvaient dans une cache perdue par les Anciens du Clan au cours du 16e siècle. Ils firent immédiatement pression sur Lodin pour qu'il cesse de contrarier la pu- blicité pour le quartier faite par Marshall Field's. Le Prince, réticent à mettre en colère les Thaumaturges — et ayant d'autres affaires pressantes dont il lui fal- lait s'occuper — fit marche arrière. Avec la patience de leur espèce, et pour éviter de violer la Mascarade, les Tremeres passèrent les deux années suivantes à acheter lentement les livres. En 1972, les ayant tous acquis, le clan cessa de s'inté-

Chicago

By Night

resser au magasin. A cette époque, toutefois, Marshall Field's avait suffisamment affermi sa propre notoriété pour que même la réputation du Loop ne puisse tenir les clients à l'écart. Cette notoriété aida également d'autres magasins, comme Carson Pirie Scott & Co., à regagner une clientèle de base et à rester ouverts. On y trouve toujours beaucoup de livres rares. D'autre articles en vogue sont les bijoux antiques. Beaucoup de jeunes Vampires ambitieux feront leur choix dans la belle collection de meubles anciens du magasin pour donner à leurs Refuges une apparence vampirique "classique". Bien sûr, les Caïnites plus âgés n'ont pas besoin de tels faux-semblants. Soit ils manquent trop d'Humanité pour se soucier de telles trivialités, soit ils ont gardé autour d'eux les meubles de leur vie précédente, bien plus authentiques que tout ce qu'ils pourraient acheter en magasin.

KROCH & BRENTANO'S La librairie de la Ruche la plus appréciée des Vampires est Kroch & Brentano's — une boutique au service étendu, datant de 80 ans, qui offre des dizaines de milliers de livres obscurs. On pourrait trouver un Ventru à un niveau, fouillant à la recherche d'un roman de quatre sous qu'il ou elle se rappellerait de l'époque lointaine où il ou elle respirait. A l'étage sui- vant, un Tremere pourrait être vu en train de chercher d'obscurs tomes magiques pour compléter quelque ri- tuel d'arcanes. Le magasin possède aussi des annexes dans Chicago; un Vampire peut ainsi obtenir le livre qu'il désire presque n'importe où en ville. Le propriétaire, Arnold Kroch, s'est personnelle- ment occupé de cette branche du magasin pendant au moins cinquante ans. Les Vampires qui étaient déjà clients à l'époque ont fait le commentaire qu'Arnold offre une ressemblance frappante avec son père, An- thony Kroch, mort en 1940. Des Garnîtes encore plus âgés remarquent que la forte ressemblance familiale s'étend au grand-père d'Arnold, Anton, mort en 1890. Arnold a à présent dans les 60 ans, mais il en pa- raît dix de moins. Certains soupçonnent que, dans les proches années à venir, Arnold pourrait être remplacé par un de ses fils, qui lui ressemblerait tout autant. Aucun des Vampires n'a de véritable preuve qu'il se déroule quelque chose qui sort de l'ordinaire. Beau- coup croient qu'Arnold a été Anton, puis Anthony. Ils prétendent que, d'une certaine manière, il peut contrô- ler son vieillissement, et qu'il mène sa propre Masca-

rade. Bien entendu, nul n'a de preuves solides de ceci. Certains Vampires prétendent que c'est une Goule sub- sistant à l'aide du Fluide Vital d'un Ancien. D'autres disent que c'est un Mage. Puisque la plupart des Caïni- tes les plus âgés estiment ses services, nul n'a voulu creuser plus loin la question. Alors que Krock & Brentano's ne fait pas partie de l'Elysium, et que Lodin n'a jamais publié d'édit de son chef, il est considéré de mauvais goût de contreve- nir aux lois de l'Elysium dans ses locaux. On ne sait jamais quand on pourra avoir besoin des services de Kroch. Divers groupes de Vampires utilisent fréquem- ment le magasin comme point de rendez-vous, à cause

Géographie

de ses heures d'ouverture tardives (22 h durant la se- maine, minuit le vendredi et le samedi soir). Le Brujah Hank Cave vient souvent ici, menant des recherches pour un travail en cours. A plusieurs occasions, il a utilisé le magasin comme lieu de rencontre pour les Anarchs. Gordon Keaton, un Caitiff possédant sa pro- pre suite d'Anarchs, se sert également du magasin pour des réunions quand il doit tenir celles-ci à l'inté- rieur du quartier de la Ruche

LA SEARS TOWER La Sears Tower fut construite en 1974 par les architectes Skidmore, Owings & Merrill. Ultime ex- pression de l'obsession de Chicago pour les gratte- ciel, elle a 110 étages de hauteur. Bien que ce ne soit plus l'immeuble le plus haut de la planète, avec 443 mètres, la Tour reste toujours la plus élevée des Etats- Unis. Cet immeuble occupe tout un pâté de maisons à l'angle de Jackson Blvd. et Wacker Drive. Le 103e étage, avec la terrasse panoramique, est le plus apprécié des touristes. Cependant, les Vampi- res ne s'intéressent pas spécialement à la vue de Chi- cago depuis les hauteurs, vivant comme ils le font principalement dans les profondeurs. Le principal intérêt que la Sears Tower présente pour la Famille est qu'elle contient plus de locaux de bureaux que n'importe quel autre immeuble des Etats- Unis (à l'exception du Pentagone). On y trouve parfois les Caïnites engagés dans les affaires, dans l'un de ces innombrables bureaux. L'autre raison pour laquelle la Famille s'intéres- se à la Sears Tower est qu'elle abrite l'une des combi- naisons Refuge/Quartier Général de Lodin. Bien que le Refuge principal du Prince soit dans le Prudential Building, plus à l'est, son ego ne pouvait résister à l'envie de posséder au moins un Q. G. ayant vue sur tous les autres immeubles de la ville. Un ascenseur express monte directement à l'ap- partement entouré d'une terrasse. C'est l'un des deux ascenseurs rapides de l'immeuble (l'autre va à la ter- rasse panoramique). En 1974, Lodin réussit à influen- cer les constructeurs pour installer son ascenseur per- sonnel, de telle manière que même la plupart du personnel de l'immeuble n'est pas au courant de son existence. Les autres ascenseurs n'ont pas accès aux appartements de Lodin, au 107 étage. La disposition de ceux-ci est identique à celle du Refuge principal du Prince au Prudential Building. Un couloir court le long du côté Est de l'étage. La porte donnant sur l'appartement lui-même est tout au bout du couloir, dans le mur ouest. Il y a deux diffé- rences significatives par rapport au Prudential Buil- ding: l'ascenseur express s'ouvre au milieu du couloir au lieu de l'extrémité sud, et des fenêtres percent le mur oriental. Il y a neuf pièces, disposées trois par trois. Les huit pièces extérieures entourent une chambre centra- le, où Lodin se repose durant les heures du jour. Les pièces sont meublées avec goût, mais moins que celles du Refuge du Prince au Prudential Manhattan Buil- ding. Sinon, elles ont les mêmes fonctions que celle du Refuge principal.

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Deux gardes sont de service dans le poste de sé- curité du 107e étage. Us ignorent la véritable nature de Lodin et sont remplacés par- les servants du Prince quand celui-ci choisit d'utiliser ces locaux. Autrement. la sécurité est aussi grande qu'au Prudential Building. Quand Lodin désire utiliser ce bureau, il envoit les ser- vants en lesquels il a le plus confiance; ils font minu- tieusement le ménage pour s'assurer que nul n'a pré- paré de piège ou d'embuscade. Le terminal informatique du bureau est directe- ment relié au Refuge de Lodin dans le Prudential Buil- ding, et il est presque impossible pour qui que ce soit d'accéder à partir d'ici aux principaux fichiers de don- nées du Prince sans les bonnes combinaisons de mots de passe. L'essentiel du contenu et de l'agencement de ces pièces est le même que l'équipement du Prudential Building. Pour plus de détails, voir ci-dessus, et Des cendres aux cendres.

3. 5 Les Landes

La Famille applique le terme "Landes" à toute zone, située à l'intérieur de Chicago, où ses membres n'ont aucun désir particulier de se rendre. II peut y avoir plusieurs raisons à cela, parmi lesquelles le man- que de Fluide Vital convenable, le danger, une impor- tante présence policière, ou parce qu'il n'y a rien qui les y intéresse. Les endroits hors de Chicago qui n'ont aucun intérêt, principalement les banlieues, portent le nom de Marches. Il y a plusieurs vastes secteurs qui sont considé- rés comme faisant partie des Landes, et ceux-ci sont mentionnés dans les diverses descriptions que vous trouverez plus haut dans ce chapitre. Parmi eux, il y a les musées attirant une importante foule de touristes (le Field Muséum, l'Adler Planétarium, le Shedd Aquarium et le Musée des Sciences et de l'Industrie), les divers cimetières autour de Chicago, et les parcs à bestiaux. Les abords de Gary, où les aciéries ont fermé depuis longtemps, sont maintenant un champ de débris rouilles. Sa proximité du centre de Gary, où l'ont trou- ve quelques quartiers d'importance, fait que ce secteur — appelé la "Zone" — appartient aux Landes, et non aux Marches. Et ce, même si l'on considère que Gary fait partie des Marches de Chicago. Mais bien sûr. considérer que Gary appartient ou non aux Marches varie selon que l'on parle à des adversaires ou à des partisans de Lodin. Ainsi va la vie (ou la non-vie) parmi la Famille de Chicago. Malgré leur nom, les Landes accueillent occa- sionellement des Vampires. Quelques Nosferatus sont obligés d' y vivre à cause de leur apparence. Des Vam- pires fuyant un rival ou un autre iront se cacher dans ces endroits. Peu de Caïnites les ont vraiment utilisées comme une base pour leur puissance. En général, tou- tefois, la Famille évite les Landes.

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3.5.1 Endroits à signaler

LES BAS-FONDS DE MICHIGAN AVENUE Dans le cadre d'un projet pour fluidifier la cir- culation difficile dans le centre ville de Chicago, les autorités municipales en sont venues à l'idée de cons- truire une série de "sous-rues". Près de la Chicago River, là où Michigan Avenue la traverse. Trois pâtés de maisons de Michigan et dix de Wacker Drive, ainsi que plusieurs autres rues plus petites, ont été divisés en un niveau Supérieur et un niveau Inférieur. Par malheur, la notoriété de Chicago pour le crime et la violence urbaine a donné aux rues inférieu- res une mauvaise réputation. Le quartier a immédiate- ment commencé à se délabrer. Les rues supérieures projettent leur ombre sur celles du bas, une ombre aussi noire que la nuit sur Michigan et Wacker. Occu- pée à se garnir les poches, la municipalité n'avait pas d'argent à dépenser pour remplacer les lampadaires. Pour ces raisons, très peu de voitures choisissent de prendre ce circuit. Les responsables de la ville profi- tent de l'absence de trafic pour justifier le manque de réparations, et peuvent détourner encore plus d'argent. Ce quartier, qui reçut vite le nom de "Bas- Fonds", possède une particularité qui rachète le reste:

sa proximité des niveaux souterrains des immeubles du centre ville assure, tout au long de l'hiver, qu'il y fait toujours quelques degrés de plus que dans reste de la ville. Pour cette raison, la population de sans-logis de Chicago a bientôt commencé à dormir au bord de la route.

Le quartier s'est installé dans la décrépitude. Bon nombre des lampadaires ne fonctionnent toujours pas, car la ville n'ose pas envoyer des ouvriers rempla- cer les ampoules. Il règne dans les Bas-Fonds une nuit perpétuelle. A cause de l'absence de trafic, des mai- sons de carton se dressent au milieu de la rue. Parfois, elles sont devenus les mausolées de leurs propriétaires malchanceux. La police, qui descend une fois par mois pour "nettoyer", n'entrera dans le quartier que par équipes d'au moins dix hommes.

Quand la circulation passe, elle doit ralentir à cause des mauvaises conditions d'éclairage et des dé- bris au milieu de la rue. Si un véhicule s'arrête, des douzaines de mendiants et de "laveurs de carreaux" l'assiégeront. Ouvrir une fenêtre pour leur donner de l'argent est une idée parfaitement stupide. Ceux qui ne le font pas, toutefois, risquent de voir leur voiture re- tournée par des sans-logis en rogne contre les nantis qui osent pénétrer dans le royaume de ceux qui n'ont

rien.

Le Nosferatu Elucid est le seul Lècheur à vrai- ment vivre ici, tandis que même les autres membres de son clan ont plus de goût et de respect d'eux-mêmes. Il connaît de nombreux passages qui partent de ce quartier pour rejoindre le réseau des égouts et les nom- breux niveaux en sous-sol des immeubles. Il est possi- ble de voyager des Bas-Fonds jusqu'à un réseau de caves tout à fait voisines du bord du lac où Khalid pos- sède son Refuge.

ChicagoByNight

Ironiquement, ce quartier est un genre de "sta- tion-service" vampirique. Par ici, les clochards et les poivrots sont remarquablement plus faibles après un important conflit Familial. Beaucoup de Vampires s'arrêteront ici pour une morsure rapide si le Fluide Vital n'est pas facilement disponible ailleurs, ou si leur situation est particulièrement désespérée. Bien enten- du, nul n'admettra qu'il s'abaisserait à se nourrir de ceux qui se trouvent dans une si misérable condition. Pourtant, la plupart des Vampires de Chicago ont cer- tainement dîné ici à un moment ou à un autre. Pour le tracé de ce quartier, voir la carte Les Bas-Fonds de Michigan Avenue.

LE PROJET DE LOGEMENT DE CABRINI GREEN Le Rêve Américain. Même dans le monde gothi- que-punk, il y a ceux qui le poursuivent. Quelques ci- toyens de la catégorie la plus basse croient qu'ils peu- vent le trouver. Tout ce dont ils ont besoin est un appartement subventionné par la ville, afin qu'ils puis- sent utiliser l'argent supplémentaire pour nourrir les enfants et payer les factures. Le Rêve Américain qui a mal tourné. Cabrini

Green. La plupart des habitants sont coincés là. La ville refuse de les reloger. Après tout, leurs propres repré- sentantsne veulent pas qu'ils s'en aillent ailleurs. Ce serait abattre leur propre circonscription. Les promoteurs veulent Se terrain. Le quartier, à l'ouest du Râtelier, pourrait être transformé en de nom- breux clubs et logements pour la classe moyenne supé- rieure, tous rentables. Les membres du conseil munici- pal qu'ils ont achetés et payés dans ce but n'ont pas assez de pouvoir politique pour obtenir la reclassifica- tion du quartier. Alors, les promoteurs ont contacté quelques amis. Leurs amis ont contactés d'autres amis. Des re-

vendeurs de drogues, des receleurs et des prostituées n'ont pas tardé à faire leur apparition. Les gangs ont obtenu un petit supplément pour s'y arrêter et terrori- ser les habitants. Un peu de pression ici, un peu de pression là. Si la municipalité ne veut pas déplacer les gens de Cabrini Green, peut-être peut-on les convain- cre de déménager de leur propre chef. Cette attitude a fait de Cabrini Green le champ de bataille qu'il est aujourd'hui. On entend sans cesse des coups de feu. Les vendeurs de drogues dures se li- vrent ouvertement à leur commerce dans les rues. On ne voit jamais la police. La ville n'a aucun désir de payer les "indemnités de combat" que les syndicats d'entretien demandent pour envoyer leurs hommes y faire des réparations. Les habitants de Cabrini Green sont pris au piège. Ceux qui avaient un endroit où aller sont partis depuis longtemps. Ceux qui restent sont ceux qui ont été obligés de venir à Cabrini avant tout parce qu'ils étaient pauvres. A présent, ils n'ont pas assez d'argent pour partir. Même les mortels sont connus pour qualifier Cabrini de Landes. La Famille s'en tient à l'écart. Un Lècheur cherchant un "high" de cocaïne pourrait venir ici de temps à autre, mais il y a des lieux plus sûrs pour chasser. Le Ventru Kevin Jackson règne sur le secteur. Avec le soutien de Lodin, il a mis la main sur plu- sieurs immeubles du Projet. Très peu de rivaux ont la témérité de s'aventurer ici en quête de Sang. Ironique- ment, il y a peu ou pas de violence à l'intérieur du do- maine de Jackson. Celui-ci insiste pour garder le sec- teur libre de tout crime violent. Grâce à cette politique, il a gagné la loyauté des habitants, qui le considèrent comme un héros, et l'avertissent de toute intrusion. C'est devenu une forteresse armée et probablement l'immeuble le plus solidement fortifié de Chicago.

intrusion. C'est devenu une forteresse armée et probablement l'immeuble le plus solidement fortifié de Chicago.

Chapitre Quatre: La famille

The moon appears Reflecting Heavy weighted and pierced The walker looks at his days Bad deeds gone by For which he must pay — Peter Murphy, Seven Veils

La Ville des Vents abrite l'une des plus impor- tantes concentrations de Vampires de la planète. Peu de Princes tolèrent que la densité de population de leur ville atteigne un membre de la Famill e pour 100 000 bestiaux, mais Lodin, Prince de Chicago, n'a pas pu, ou voulu limiter la population de sa ville à un nombre raisonnable. Les sept millions de mortels de l'agglo- mération devront, à certains moments, faire subsister jusqu'à 140 Vampires. L'entassement conduit à des frictions et, parfois, à des conflits, et il arrive que la communautévampirique setrouvebrusquementrédui- te. Cependant, la plupart des Morts-Vivants arpentent les rues de Chicago comme nulle part ailleurs dans le monde. Tandis que certains Anciens d'autres villes rica- nent de l'incapacité du Prince Lodin à contrôler la po- pulation de son fief, ses mains sont liées par la nature même de la ville. Tout d'abord, il gouverne selon le bon plaisir d'un Primogène exceptionnellement puis- sant (voir Coteries, p. 149), dont chacun des membres a ses propres projets personnels pour la ville. En second lieu, les véritables puissances de Chicago sont en fait deux Mathusalems endormis avant même sa fondation. Ils se combattent continuellement en utilisant d'autres membres de la Famille comme pions, usant de leur in- croyable pouvoir de Domination afin d'adirer en ville de nouveaux Lècheurs pour leurs divers projets. Et, enfin, Chicago a toujours été l'un des carrefours de l'Amérique; son emplacement central, ses nombreuses voies de chemins de fer et ses aéroports géants (O'Hare fut longtemps le plus fréquenté du pays) continuent d'attirer de nouveaux venus du monde en- tier— tant des Vampires que du bétail.

En bref, Chicago est trop peuplée pour être contrôlée, trop indocile pour être réfrénée, et trop ou- verte pour être coupée de l'extérieur. Il est facile de s'y cacher; dans une ville si chaotique et tumultueuse,

il est impossible à Lodin de se tenir au courant de tout.

A

vrai dire, il a depuis longtemps renoncé à essayer et

il

se contente à présent de maintenir le statu quo entre

les crises, amenuisant la population d'Anarchs chaque fois que l'opportunité se présente. Il est impossible pour Lodin de gouverner Chicago, et il le sait; le mieux qu'il puisse faire, c'est de chevaucher la vague de son mieux, La ville vient juste d'achever l'un de ces net- toyages sporadiques. La lutte du milieu des années 80 pour le pouvoir, entre le Prince et les Anarchs (voir Histoire), a conduit à la mort et à la torpeur une soixantaine de Vampires et en a obligé beaucoup d'au- tres à s'enfuir. En résultat, la population des Garnîtes de Chicago est tombée à un nombre plus raisonnable d'environ 70 (personne ne connaît le chiffre exact, sauf peut-être les Nosferatus) et, à nouveau, Lodin à décrété des restrictions sur la création de nouveaux Lè- cheurs.

Des cendres aux cendres

Si Lodin est mort dans Des cendres aux cen- dres, ses restrictions concernant la création de nou- veaux Vampires ne sont pas en vigueur. S'il a survécu, ou si vous n'avez pas dirigé ce scénario, quiconque créera un Nouveau-Né dans l'agglomération métropo- litaine de Chicago aura besoin d'une bonne raison (ou de puissants appuis) s'il veut éviter une Chasse du Sang. Donc, les Vampires énumérés dans le reste de ce chapitre comprennent peu de membres de la Fa- mille créés au cours des quinze dernières années.

4.1 La Famille de Chicago

L'essentiel de ce chapitre est consacré à des des- criptions détaillées des Caïnites de Chicago. Ceux-ci sont groupés par clans, avec un "arbre généalogique" au début de chaque section. Sur l'arbre, entre parenthè- ses après le nom de chaque Vampire, est indiquée sa génération. Lorsqu'il y a un "D" entre parenthèses, cela signifie que le Caïnite en question a été détruit et que nous ne l'avons inclus que pour conserver la conti-

La famille

nuité généalogique. A une exception près, les Vampi- res détruits ne sont pas décrits. Vous y trouverez éga- lement les descriptions de trois immortels qui ne comptent pas parmi les membres de la Famille locale, bien que tous possèdent des caractéristiques qui conduiraient quiconque Ses rencontrerait à les prendre pour des Vampires. Chaque description commence par le nom le plus couramment utilisé du personnage, suivi d'un ré- sumé de son existence mortelle. Puis vient une brève histoire de sa vie parmi les Morts-vivants, de son

53

Etreinte à ses activités actuelles à Chicago. Vous trou- verez enfin une feuille de personnage abrégée, ainsi que des conseils d'interprétation destinés à être utilisés par le conteur lorsqu'il présentera le personnage aux

joueurs. Chaque description de personnage est contée sous la forme d'une histoire; on y insiste beaucoup sur son passé, de manière à rendre claires sa personna- lité et ses motivations. Ses actions futures sont laissées à votre bon vouloir de Conteur — vous devez décider comment il se comportera et réagira. Ceci n'a pas été conçu pour être la liste définiti- ve des Vampires de Chicago, et vous pouvez facile- ment ajouter à ce cadre des personnages de votre pro- pre cru. Il reste encore de la place en ville pour une quinzaine de Vampires environ; s'il y en avait plus, vous pourriez avoir besoin de trouver un moyen de contourner le décret de contrôle de la population de Lodin. Mais, cependant, Chicago est réputée pour avoir supporté deux fois plus de Caïnites que ceux que vous trouverez décrits ici. Si vous avez besoin d'un personnage précis pour un scénario de votre propre conception et si aucun de ceux présentés ici ne convient (ou ne peut être adapté), vous êtes tout à fait libre d'en composer un. Vous aurez peut-être à impro- viser ses rapports avec les autres membres de la Fa- mille de Chicago, mais ce n'est pas une raison pour vous inquiéter. Après tout, c'est exactement ce que vous faites avec les personnages des joueurs.

4.1.1 Nouveaux Traits

Pour les besoins de ce supplément, nous avons conçu deux nouveaux Traits, et la plupart des mem- bres de la Famille présentés dans ce chapitre ont une estimation pour les deux. Les nouveaux Traits sont les suivants:

CHICAGO Cette nouvelle Connaissance couvre la familia- rité avec la géographie de la ville, les personnalités mortelles et autres lieux "terrestres". Elle ne couvre pas la connaissance de la Famille, comprise dans Se- crets.

SECRETS Je ne sais pas tout; même s'il y a beaucoup de choses gué je comprends.

— Gœthe

Secrets est considéré un peu comme un trait d'historique. Il existe, à la base, cinq niveaux de Se- crets qui sont notés de A à F, comme dans le système de notation scolaire. Chaque personnage a un niveau de Secrets, indiquant la masse d'informations qui peut être obtenue par cette source. Un personnage sait tout ce qui est décrit pour son niveau, plus tout ce qui est décrit pour tous les niveaux inférieurs. Par exemple, un A en Secrets inclut les connaissances de B à F. Les valeurs plus et moins indiquent une plus ou moins grande familiarité avec ces connaissances. Ainsi, un B+ indique une familiarité totale avec les conflits entre le Primogène et les personnalités en cause, alors qu'un B- n'en indique qu'une vague idée.

A+ Le personnage connaît le détail exact de

tous les conflits de la ville (tout comme vous après avoir lu ce livre).

A Le personnage sait quelque chose à propos du

contrôle exercé par Menele et Héléna, et de leur conflit en cours. Il ne sait pas exactement qui est contrôlé par qui. A- Le personnage a une connaissance générale des conflits entre Menele et Héléna, mais ne sait pas qui ils contrôlent, pas plus qu'il ne connaît le détail du mécanisme de leurs jeux.

B+ Le personnage est bien informé sur la nature exacte des Primogènes, leurs votes passés, qui soutient qui, et sur bon nombre des intrigues qui se déroulent entre eux. Il peut soupçonner qu'il y a des Aïeux dans les coulisses.

B Le personnage connaît les conflits entre les

Primogènes, ainsi que beaucoup des autres membres

de la Famille qu'ils contrôlent — y compris les Anarchs.

B- Le personnage a la vague idée que le Primo-

gène œuvre en coulisse.

C+ Le personnage connaît le détail exact de la politique de chaque Coterie.

C Le personnage en sait beaucoup au sujet des

Coteries, et sait comment elles réagissent les unes par rapport aux autres. Il connaît l'existence du Primogè- ne, mais pas l'étendue de sa puissance et de son in- fluence.

C- Le personnage comprend qu'il y a différents

groupes parmi les Vampires, et que leurs conflits indi- quent les flux et reflux de la politique locale. D+ Le personnage comprend pourquoi le Prince de Chicago et celui de Gary sont antagonistes, et sait qui a le dessus.

D Le personnage connaît l'antagonisme entre

les deux Princes, et les conflits entre Anarchs et An-

ciens — mais il ne sait rien à propos des silhouettes spectrales dans les coulisses. Le personnage peut connaître quelques relations données, mais il en sait très peu sur l'ensemble de la toile de fond D- Le personnage ne connaît que des généralités au sujet des Princes.

F Le personnage sait qui est un Anarch et qui

est un Ancien, et peut identifier quelques-uns des chefs de chacun des groupes. Ainsi, par exemple, il re- connaîtra le nom de Lodin, mais pas celui de Modius. Le personnage sait très peu de choses à propos de Chi- cago et de sa Famille — il connaît seulement quelques visages et ne possède qu'une vague compréhension des troubles et des antipathies.

ACQUISITION DES SECRETS

Si vous le souhaitez, vous pouvez permettre aux

personnages d'accroître leur connaissance des Secrets, tout comme pour n'importe quel autre Trait de Connaissance. Toutefois, ils ne pourront pas utiliser de points d'expériences pour augmenter leur score; ils

devront réellement acquérir les informations corres- pondant au niveau de connaissance qu'ils recherchent. En tant que Conteur, vous pouvez, à la fin d'un scéna- rio, attribuer des points qui ne seront appliqués qu'aux Secrets.

Les voies du Jyhad

Les Mathusalems jouent un jeu profond et subtil à Chicago, laissant des années à leurs coups les plus meurtriers pour se développer. Par exemple, dans Des cendres aux cendres, les personnages se trouvaient impliqués dans la folle revanche d'une Goule contre le Prince Lodin. A l'insu des joueurs, cependant, leurs ac- tions faisaient toutes partie d'u n plan concocté par Me- nele des décennies plus tôt. En 1969, Lodin comptait Roarke parmis ses goules les plus fiables et mêlait l'homme d'affaires trapu à la plupart de ses tractations. Menele, qui venait juste de subir une défaite durant la Convention de Chi- cago, l'année précédente, décida de manipuler la goule dans l'espoir de l'utiliser un jour contre le Prince. Avec l'aide d'une autre goule qui l'assistait depuis longtemps, Menele s'arrangea pour que Roarke soit tué, et, avant qu'il ne "meure", pour que l'assassin as- socie le crime à Lodin. La balle dans le cœur de Roarke ne se montra toutefois pas fatale, puisque Menele avait remis à la goule une fiole de son sang pour l'administrer à Roar- ke. La goule donna en effet une fiole de sang surpuis- sant à l'ancien servant du Prince, et réussit à le rame- ner à la vie, brûlant de haine pour Lodin. Sous le contrôle de Menele, Roarke retourna à Chicago, où il s'installa, complota et protégea incons- ciemment celui qui l'avait fait tuer. En fait, Menele

l'obligea à demeurer à l'écart du monde jusqu'au mo- ment opportun. Roarke ne fit donc rien durant la mon- tée au pouvoir de Maldavis, tandis que Menele plaçait toutes ses pièces là où il voulait qu'elles soient. Une fois que l'antique Mathusalem eut la certitude que sa vieille ennemie croyait détenir le contrôle du Primogè- ne, et quand les choses furent apaisées, il activa Roarke. Comme le décrit Des cendres aux cendres, Roarke réussit à kidnapper le Prince. Dans le même temps, Menele manipula ses pions de Gary en en- voyant une bande de Nouveaux-Nés pour qu'ils soient accusés de l'enlèvement. Il n'espérait pas qu'ils retien- draient longtemps la curiosité d'Héléna, mais il pen- sait qu'il ne faudrait pas beaucoup de temps pour met- tre ses force en position de prendre la ville. Cependant, un accroc se produisit dans son plan lorsque la police fit une descente dans l'immeuble où Roarke protégeait le corps de Menele. Ayant besoin d'un nouvel emplacement sûr, et craignant que la des- cente de police ne fût l'œuvre d'Héléna, le Mathusa- lem exploita les premières forces disponibles qui pou- vaient le protéger — les Nouveaux-Nés de Gary. Evidemment, si vous n'avez pas dirigé Des cen- dres aux cendres, il est peu probable que ces événe- ments se soient produits. Néanmoins, ceci devrait fournir quelques indications sur la profondeur et la complexité de l'ancien Jyhad.

Les niveaux A à F des Secrets correspondent aux cinq niveaux habituels de la façon suivante:

A

*****

B ****

C ***

D **

E *

Les plus et moins dépendent du bon sens; un personnage a le niveau qui correspond à ce qu'il ou elle sait.

4.1.2 Groupes et Conflits

Après les descriptions de personnages se trouve une section concernant la manière dont les membres de la Famille s'influencent mutuellement et sur les co- teries qu'ils ont formées. A cause de la guerre entre les

Mathusalems, des batailles entre le Prince et les Anarchs, des manœuvres pour le pouvoir des Treme- res et d'une foule d'autres raisons, les relations entre Vampires à Chicago sont riches en intrigues, en mal- veillances et en craintes. Peu de membres de la Fa- mille peuvent faire totalement confiance à quelqu'un, même aux proches dans leur clan ou dans leur fratrie. Ils savent que leur pire ennemi est un autre Vampire, et que leurs vies sont empreintes d'une paranoïa qui augmente régulièrement à mesure qu'ils vieillissent et qu'ils acquièrent de l'expérience. Le Conteur devrait s'en souvenir chaque fois que les personnages des joueurs rencontrent un nouvel immortel, et faire que le PNJ se comporte de la manière adéquate. Nul ne fait confiance à qui que ce soit, dans cette ville, à moins d'y être absolument obligé.

4.2 Les Brujahs

Les Brujahs de Chicago constituent un groupe très varié, plus enclin à la rivalité et à l'antagonisme qu'à la sympathie et à l'unité. Toutefois, c'est précisé- ment cette sorte de conflit créatif qui marque le clan Brujah et fait ressortir le meilleur chez chacun de ses membres. Même si les Brujahs de Chicago ne tiennent pas de réunions régulièrement planifiées, de quelque sorte que ce soit, ils se réunissent de temps à autre. Lorsque

La famille.

l'un d'entre eux appelle à une réunion, les autres s'y rendent, en général, mais habituellement pas grand- chose n'y est accompli. Les réunions ont lieu dans des endroits divers, dépendant autant du caprice que d'autre chose. Les arrière-salles de bar sont des en- droits communément utilisés, de même que les cime- tières ou les immeubles désaffectés. Les Brujahs sont tous plutôt amicaux entre eux — du moins avant que les disputes et récriminations ne commencent — et semblent prendre plaisir à leurs "assemblées", ainsi qu'ils les appellent. Souvent, un ou deux d'entre eux repartiront d'une humeur massacrante, ayant été pris

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pour cible, ridiculisés et insultés par les autres. En effet, choisir un bouc émissaire pour chaque assem- blée semble être l'unique chose sur laquelle ils puis- sent jamais se mettre d'accord. Beaucoup des jeunes Brujahs voudraient que tous, dans le clan, se rangent du côté des Anarchs et renversent le Prince. Toutefois, les trois plus anciens — Critias, Tyler et Balthazar — ont leur propres plans, qui ne prévoient pas une action si radicale. Le résultat final est que les Brujahs demeurent divisés, mais continuent à débattre avec beaucoup de plaisir et de délectation. Chacun, à sa façon, est fier d'être un Brujah, et la plupart d'entre eux s'enorgueillissent d'avoir des membres dans presque chaque Coterie de la ville, considérant qu'il s'agit de la preuve d'une grande ouverture d'esprit. L'adage dit que les Brujahs n'ont rien en commun hormis leurs différences, et ceux de Chicago montrent certainement la véracité de ce dicton. En période de conflit, ces Brujahs n'ont ab- solument aucun scrupule à en attaquer d'autres, quoi- que toutes les vendettas soient suspendues pendant les assemblées.

Meneleus ("Menele")

Bien que la civilisation grecque n'ait pas atteint son apogée avant l'époque de Périclès (qui commence en 456 avant notre ère), quelques huit siècles aupara- vant, Menele appréciait de gouverner l'une des villes de Grèce au commerce florissant. Malgré les charges de la couronne, il trouvait beaucoup de temps pour se laisser aller à ses penchants pour la réflexion et la beauté. Avant d'avoir dépassé la trentaine, il s'était marié à l'une des plus jolies femme de Magna Grae- cia, avait construit quelques-uns des bâtiments les plus raffinés de la péninsule, soutenu nombre de distingués philosophes et commencé à rassembler des parche- mins pour ce qui deviendrait l'une des plus grandes bi- bliothèques du monde. Tous ne l'applaudissaient pas. Tandis que sa ville prospérait, d'autres couvaient de regards avides ses routes commerciales. En particulier, une ville d'Asie Mineure commença à harceler ses marchands. Les incidents s'aggravèrent, et la ville ennemie osa kidnapper sa femme. Menele réunit tous ses alliés des cités-états grecques, rassembla une flotte importante et vogua vers l'est pour y livrer bataille. La guerre dura beaucoup plus longtemps qu'il ne s'y était attendu, mais en fin de compte, la supério- rité numérique des Grecs prévalut. Malheureusement. Menele ne put savourer sa victoire. La nuit précédant la triomphale entrée prévue dans la ville, il reçut une visite nocturne. La ville avait été secrètement gouver- née par un Brujah de la troisième génération appelle Troile; s'en étant lassé un siècle auparavant, il était parti en voyage, ne revenant que pour assister à sa chute. Il passa la nuit avec le chef des forces conqué- rantes, tentant de découvrir quel genre de mortel était ce roi Meneleus. Troile, un philosophe qui avait beaucoup voya- gé depuis la destruction de la Seconde Cité, trouva l'érudit-roi on ne peut plus fascinant. A la fin de la nuit, il emmena Menele à son Refuge au nord de la

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de la nuit, il emmena Menele à son Refuge au nord de la 56 ville; ils

ville; ils y passèrent les mois suivants en grande conversation. Enfin, Troile décida que Menele possé- dait toutes les caractéristiques le rendant digne de l'immortalité. Celui-ci rejoignit donc les Morts- vivants. Durant les quelques siècles suivants, Menele voyagea à travers l'Europe et l'Asie. En Perse, il fut séduit par le plan spirituel, et y passa un siècle à étu- dier avec les mystiques. Il poursuivit son chemin en Inde, et passa un autre siècle à suivre l'enseignement des spiritualistes de cet ancien pays. Enfin, il revint en Europe, avec l'intention de passer le reste de son exis- tence immortelle dans la contemplation du plan astral. Il rencontra alors Altamira, une Brujah ibère déjà très ancienne. Elle parla d'une puissante ville d'Afrique du Nord, en pleine croissance, qui ferait honte à la Seconde Cité et rivaliserait de gloire avec la Première. Les Caïnites y seraient les plus grands du inonde, et vivraient en parfaite harmonie avec la Ca- naille, sans avoir à supporter les restrictions d'un Prin- ce quelconque. Quelques uns, dit-elle, avaient décou- vert une façon de contrôler la Bête, et d'autres avaient été ramenés des abîmes mêmes de la Frénésie. Ensem- ble, mortels et immortels pourraient créer une mer- veilleuse cité de pais, de progrès et d'égalité qui dure- rait éternellement. L'idée enthousiasma Menele; c'était la concré- tisation de ses espoirs et de ses rêves personnels. En toute hâte, i! se rendit à cette Cartilage, et découvrit qu'elle était tout ce qu'Altamira avait promis. Vampi- res et mortels travaillaient ensemble à de grandes œuvres d'art, à l'étude de toutes les branches de la science, de l'occultisme et du progrès de l'esprit. Les mortels donnaient volontairement un peu de leur sang pour nourrir les Caïnites et, en retour, les immortels utilisaient leurs pouvoirs pour rendre la vie des mor- tels plus facile et agréable. Il était interdit de tuer ces derniers, e£ les Vampires s'alimentaient ensemble pour

Chicago By Night

assurer la sécurité de leur Calices volontaires. Bientôt, Menele vécut heureux dans cette ville, et

assurer la sécurité de leur Calices volontaires. Bientôt, Menele vécut heureux dans cette ville, et ii se joignit aux douzaines d'autres Caïnites sur le chemin de Golconda. Ce fut le début du Troisième Age, le temps des grandes villes. Alors, pour l'une des premières fois dans l'histoire, un même endroit pouvait faire subsister plus d'un seul Vampire. Avant cette époque, un seul groupe ne pouvait pas en nourrir plus d'un en toute sé- curité, car une population de plus de dix mille mortels était pratiquement inconnue. Cependant, avec l'ascen- sion de Rome et de Carthage, les membres de la Fa- mille purent vivre ensemble — l'aube d'une nouvelle ère se levait. Tandis que beaucoup de Toréadors soutenaient la fondation de Carthage par les Brujahs, d'autres clans se montraient soupçonneux. La ville de Rome, en pleine croissance, était contrôlée par une alliance houleuse de Ventrus et de Malkaviens; ils prétendirent que les Brujahs de Carthage rassemblaient leurs forces pour massacrer tous les autres Caïnites. Bientôt, Rome lança sa première attaque contre Carthage. Menele, en tant que diplomate expérimenté et orateur renommé, devint l'ambassadeur de Carthage, tentant de s'assurer du soutien des Gangrels et des Nosferatus. Il réussit également à attirer en ville de nouveaux Toréadors, dont la belle — et puissante — Héléna. Les guerres durèrent plus d'un siècle. En fin de compte, après des années de siège, Carthage fut trahie — par un Toréador, dit-on. Les légions romaines dé- truisirent la ville autrefois splendide. Ils salèrent le sol pour empêcher les Caïnites qui avaient fusionné avec la terre de se relever, et brûlèrent entièrement la biblio- thèque •— plus d'un demi-million de volumes — qui avait été l'orgueil de Carthage. Presque tous les Bru- jahs furent détruits, et les rares survivants nourrissent

La Famille

depuis lors une haine arrière contre ceux qui ont détruit leur ville. Lorsque Carthage tomba, Menele était au loin, essayant d'obtenir l'aide des Gangrels du sud de l'Afrique. 11 revint dans une ville à la grandeur défun- te, incapable de croire que ces ruines étaient tout ce qui en restait. Il s'enfuit dans les contrées sauvages de l'ouest de l'Europe, reniant à jamais les villes et la ci- vilisation. Il rompit ce serment deux ou trois siècles plus tard, lorsqu'il entendit parler, par un Gangrel ren- contré par hasard, de la très belle Toréador qui gouver- nait Pompéi. Sachant dans son cœur qu'il ne pouvait s'agir que d'Héléna, il se rendit en secret à Pompéi. Se sou- venir amèrement de la destruction de Carthage. dont elle avait été l'artisan, et voir Héléna gouverner la ville romaine furent comme un pieu dans son cœur. Cette nuit-là, Menele entra volontairement dans sa première Frénésie depuis un millier d'années. Sa colère, associée à un rituel thaumaturgique, lança un esprit de feu sur la ville ; il vola dans les rues en hur- lant, libre pour la première fois depuis des siècles. La terre trembla; le ciel sembla s'ouvrir sous la poussée du vent, et le feu se répandit à torrents sur Pompéi. Tout fut détruit. Menele n'en réchappa qu'en se jetant dans le port. Héléna, d'une façon ou d'une autre, survécut à la destruction de Pompéi. Pendant plus d'une douzaine de siècles, les deux Vampires s'affrontèrent, mais aucun d'eux ne put porter un coup décisif. Héléna prit lentement le dessus, tandis que grandissait la puissan- ce de Prias, sa Goule. Menele avait besoin d'une op- portunité pour rassembler ses forces, ou bien elle fini- rait sûrement par prendre l'avantage. Une légende phénicienne à propos d'une terre située vers l'ouest l'incita à mystifier Héléna pour qu'elle crût qu'il avait

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été tué ; des servants de confiance transportèrent son corps à bord d'un bateau spécialement préparé qui vogua en direction de l'ouest, vers une terre nouvelle et inconnue. Une fois sur cette terre, Menele commença à faire des Incas une force capable de détruire son enne- mie, mais à mesure que le temps passait, il fut envahi par l'impression que la vieille rivalité n'était rien d'autre qu'une entrave inutile pour son esprit. Enfin, il rejeta son désir de vengeance, et créa une civilisation d'une grande portée. Alors, il commença à rêver à la création d'une nouvelle Cartilage. Puis il entendit parler de nouveaux venus qui ra- vageaient les villes des Mayas, au nord, et apprit qu'il s'agissait d'Européens, conduits — comme il l'apprit à sa grande épouvante — par Héléna elle-même. 11 tenta de renforcer ses partisans, mais ils savait que sa cause était perdue. Les conquistadores d'Héléna dis- posèrent rapidement de son vaste empire, et Menele s'enfuit vers le nord, où il se cacha parmi les Indiens Pueblos. A nouveau, il entreprit de préparer ses partisans pour le combat, mais le temps passait et Héléna ne ve- nait pas. Espérant contre tout espoir que les combats étaient terminés, Menele passait de plus en plus de temps à méditer sur l'énigme de son existence. 11 cher- chait Golconda, mais juste avant qu'il n'atteigne son but, il dut s'enfuir une fois de plus. Il se dirigea vers le nord, jusqu'aux rives d'un lac immense. Malgré tout l'entraînement qu'il leur donna, les tribus qui y vi- vaient ne purent rivaliser avec des Européens bien armés, lorsque vint le temps de l'inévitable affronte-

ment. Ce fut un tournant dans leur conflit. Les deux Vampires furent grièvement blessés, et tous deux tom- bèrent en état de torpeur, se reposant sur leurs parti- sans pour les protéger et poursuivre leur vendetta. Ainsi en a-t-il été durant les deux derniers siècles et

demi. Père: Troile Nature: Visionnaire Attitude: Architecte

Génération: Quatrième Etreinte: 931 avant J. -C. (né en 954 avant J-C. ) Age Apparent: La trentaine Physique: Force 8, Dextérité 7, Vigueur 6 Social: Charisme 6, Manipulation 7, Apparence 5 Mental: Perception 7, Intelligence 9, Astuce 8

Talents: Vigilance 5, Bagarre 8, Esquive 8, Commandement 8, Subterfuge 4 Compétences: Animaux 5, Mêlée 7, Musique 5, Furtivité 5, Survie 9 Connaissances: Linguistique 9, Médecine 5, Occultisme 9, Architecture 6 Disciplines: Animalisme 5, Auspex 6, Célérité 9, Domination 6, Force d'Ame 6, Dissimulation 2, Puis- sance 8, Présence 5, Métamorphose 5, Thaumaturgie 7 Historique: Influence 4 Vertus: Conscience 5, Maîtrise de Soi 5, Cou-

rage 5 Humanité: 10 Volonté: 10 Réserve de Sang/Max par Tour: 50/10

Notes: Ce puissant Caïnite demeure en état de torpeur. Donc, ses caractéristiques n'auraient d'impor- tance que si, d'une manière ou d'une autre, il était ré- veillé. Si cela se produisait, il ne recouvrerait pas im- médiatement la totalité de ses pouvoirs, mais serait considérablement affaibli. Cependant, toutes ses Disci- plines fonctionneraient encore à "pleine puissance". Le niveau supplémentaire de Menele en Auspex lui permet de rester conscient des événements autour de lui alors qu'il est en état de torpeur. Ainsi, ses rêves sont remplis d'images de ce qui pourrait l'affecter, mais elles sont souvent difficiles à interpréter. Son ni- veau supplémentaire en Domination l'autorise à utili- ser ses autres niveaux sans avoir besoin du contact vi- suel — seul le contact physique est nécessaire. Enfin, ses deux niveaux supplémentaires en Thaumaturgie lui permettent d'appeler et de contrôler les esprits et les éléments, mais il doit être éveillé pour le faire. Image: Un cadavre allongé à plat, dont la peau est aussi dure que la pierre. Refuge: Menele déménage souvent, utilisant des servants pour le transporter. Pendant un long mo- ment, il fut enterré profondément sous la gare de che- min de fer, mais récemment, il s'est fait exhumer pour se rapprocher d'avantage de certains de ses partisans. Conseils d'Interprétation: Vous êtes en état de torpeur. Vous ne bougez pas, vous ne parlez pas.

Secrets: A+ Influence: Menele contrôle bon nombre des Vampires de Chicago, directement ou indirectement. Il est !a deuxième personne la plus puissante en ville — un peu derrière Héléna, mais nul autre n'approche de sa puissance. Ses servants actuels sont des membres d'une famille amérindienne qui le sert depuis bien plus d'un siècle.

Critias ("Docteur")

Les Sophistes d'Athènes prenaient plaisir à re- mettre en question les valeurs morales de la société à laquelle ils appartenaient. Devrait-on respecter une loi créée par des individus aussi imparfaits que soi-même ? Les lois ne seraient-elles pas simplement un artifice créé par ceux qui souhaitent conserver leur pouvoir ? Cela les rend-il immoraux ? Inutile de le dire, de telles interrogations exaspéraient Ses pères de la cité, qui étaient occupés à essayer d'entraîner la population dans une guerre commerciale contre Sparte. Critias de- vint l'u n de leur principaux adversaires, car ses explo- rations perspicaces, ses questions pointilleuses et son intelligence aiguë laissèrent beaucoup doutant des croyances qu'ils avaient entretenues toute leur vie. Critias comptait beaucoup de partisans parmi la jeunesse locale, dont bon nombre deviendraient eux- mêmes par la suite des philosophes de premier plan. Ils le payaient bien pour qu'il leur enseigne la rhétori- que et la logique, et Critias engraissa et vécut heureux, tout en ahurissant et embrouillant tout le monde. Puis le grand chef Périclès mourut d'une peste qui tua un tiers de la population de la ville. Les déma- gogues qui lui succédèrent voulurent un bouc émissai- re pour porter la responsabilité de tous les malheurs d'Athènes. Critias devint leur première cible. Ils l'ac-

cusèrent de corrompre la jeunesse de la ville, et lui donnèrent le choix entre l'exil et la mort. N'étant pas homme à sacrifier sa propre vie pour les Vérités qu'il avait enseignées, Critias emballa le peu d'affaires qu'il possédait et se prépara à partir vers l'ouest, à Delphes. Avant son départ, il reçut la visite d'un homme étrange et ténébreux. Menele avait longtemps pris plai- sir à la stimulation mentale que lui procuraient les jeux sémantiques de Critias, et il pensait que le Sophiste se- rait une subtile adjonction au Clan grandissant des Brujahs, alors davantage une organisation d'intellec- tuels qu'un clan de rebelles. La rencontre eut lieu aux bains. Menele utilisa ses formidables pouvoirs de Domination afin que le mortel garde son calme, et ils passèrent la nuit à débat- tre de la nature de l'existence, de la mort et du rôle du philosophe. Sur la fin de la nuit, Critias fut, pour la première fois de sa vie, fermement convaincu de l'un de ses propres enseignements — que les gens doivent continuellement remettre en question leurs opinions préconçues et leurs préjugés. Puis Menele lui offrit la possibilité de remplir son rôle de mouche du coche pour l'éternité entière. Critias accepta. Son acte suivant fut d'informer la population d'Athènes qu'il en était arrivé à penser que la Vérité était trop importante pour que l'on ne meure pas pour elle. Devant une grande foule, le soir suivant, il fit semblant de mourir et fut enterré. Cette nuit-là, il se re- leva de sa tombe et se rendit aux maisons de ses bour- reaux, hurlant depuis la rue pour qu'ils le laissent en- trer. Lorsqu'ils refusèrent d'ouvrir leur porte, il rit, et entreprit de les ridiculiser. Finalement la Frénésie le submergea, il entra de force dans la maison de l'un des chefs de la ville et but le sang de tous ceux qui s'y trouvaient. Critias s'enfuit alors en Cyrénaïque, qui porte aujourd'hui le nom de Libye. Voyageant avec Menele. il traversa l'Afrique du Nord Méditerranéenne, passant

il traversa l'Afrique du Nord Méditerranéenne, passant ses nuits à débattre de philosophie et de logique

ses nuits à débattre de philosophie et de logique avec les plus grands esprits de l'époque, puis buvant leur sang — mais jamais suffisamment pour leur faire du tort. II se régala aussi régulièrement de celui de Mene- le, avant de réaliser que cela créait un Lien de Sang. Même lorsque tous deux se séparèrent, la puissance extrême du sang de son Père et la fréquence à laquelle Critias s'en était nourri firent que leur lien dura beau- coup plus longtemps qu'habituellement. Au cours du 3ème siècle avant notre ère, il gagna Carthage, dont le Clan des Brujahs avait fait sa base pour la domination finale du monde. L'ancien Sophiste fut rapidement emballé par l'idée de créer un nouvel Age d'Or pour les membres de la Famille et le bétail, un Etat Mondial dirigé par des Rois Philoso- phes, et il se jeta dans cette tâche avec une passion dont il ne se serait jamais cru capable. Avec ses prouesses en matière de logique et de débat, il devint ambassadeur auprès des autres com- munautés de Vampires, et se retrouva bientôt à par- courir le monde à la recherche d'alliés. En fait, ses voyages le tinrent loin de la grande ville durant les deux siècles qui suivirent, et il était au Cathay lors- qu'il entendit parler de la destruction de sa Carthage bien-aimée. Le cœur brisé par le préjugé irréfléchi qui avait conduit les Ventrus et les Malkaviens à détruire la ville de ses rêves, Critias effectua le long voyage jusqu'à Rome, où il arriva au bord d'une grande Frénésie. Une fois sur place, sa rage s'apaisa, et il entre- prit avec calme de consacrer la totalité de ses vastes ressources d'intelligence et sa colère à la destruction de celte ville en pleine croissance. Il essaya d'abord de provoquer une dissidence entre les pauvres fermiers et les riches propriétaires, mais les Malkaviens réagirent rapidement. Des milliers de fermiers moururent lors de la répression de la révolte. En 91 avant notre ère, il fomenta un violent affrontement pour le pouvoir politique entre Rome et les autres villes italiennes, sous la forme de ce qui fut appelé la Guerre Sociale. Les Ventrus intercédèrent dans le combat et, alors que les partisans de Critias ob- tenaient des concessions politiques, Rome maintint sa domination. Fatigué des échecs après des décennies d'insur- rection, Critias décida de suivre une voie plus directe. Il se rendit en Asie Mineure, où il prit le contrôle d'un Roi appelé Mithridate. Grâce à ce pantin, Critias se prépara à s'emparer de la province romaine d'Asie, faiblement gardée — la première étape d'une campa- gne militaire contre Rome elle-même. Il dirigea per- sonnellement l'attaque nocturne qui renversa les lé- gions romaines d'Asie. Ce fut une affaire sanglante, et la vue et l'odeur de tant de sang affectèrent Critias plus qu'il ne s'y serait jamais attendu. Ses soldats fu- rent stupéfaits de voir leur chef mettre en pièces et dé- chirer aussi bien les prisonniers que les morts. Mais comme de bons soldats le font toujours, il se mirent à l'imiter. Il fallut trois nuits à Critias pour mettre fin à cette Frénésie, née de décennies de rage réprimée. Avec les premières lueurs de l'aube, il fusionnait avec la terre, uniquement pour se réveiller le jour suivant

afin de poursuivre sa vengeance contre les hommes, les femmes et les enfants romains qui étaient partis en Asie en quête d'une vie meilleure. Il ne recouvra ses sens qu'après avoir déchiré la gorge d'une enfant de douze ans et l'avoir vidée de son sang. Révolté d'avoir pu commettre des actes aussi monstrueux, il s'enfuit jusqu'à la ville de Pontus, où il apprit que le massacre de citoyens romains avait at- teint des proportions légendaires. Quand il prit fin, plus de 80 000 Romains avaient péri. Bouleversé par l'horreur de ce qu'il avait provoqué, Critias passa ses nuits sous terre, immobile, incapable d'accepter ses actes. Enfin, une fois que tout le sang de sa Frénésie fut parti, Critias se leva de la terre, et entreprit de se diriger vers les lointaines étendues du nord de l'Eura- sie, ne se nourrissant que sur les animaux. Pendant plusieurs siècles il vécut parmi les nomades du nord, se nourrissant sur les puissants bisons qui peuplaient la région. Finalement, il commença à accepter ses actions passées, et il décida de regagner le monde civilisé. Craignant d'aller à Rome, il voyagea jusqu'à Constan- tinople, la nouvelle capitale. Faisant le maximum pour dissimuler son identité aux autres Vampires de la vill e {qui avaient longtemps cherché celui qui avait osé s'attaquer à leur Empire), il y passa le millénaire sui- vant, heureux et tranquillement installé parmi l'intelli- gensia de la ville. Au début du 14e siècle, il éprouva le désir de visiter quelques-uns des lieux d'études qui commençaient à s'épanouir autour de l'Europe. Il voyagea beaucoup en Europe de l'Ouest et, alors qu'il était à Barcelone en 1415, il finança le voyage secret d'un capitaine maritime qui croyait que la Terre était ronde. Il n'entendit plus jamais parler de celui-ci. Critias ne réalise pas que tous ses voyages et tous ses actes ont été contrôlés par son Père, qu'il croit mort durant le sac de Carthage. Menele s'est donné beaucoup de mal pour qu'Héléna et Prias ignorent l'existence et le Lien de Sang de Critias. Pourtant, Me- nele a sollicité l'aide de son descendant à différents moments, plus particulièrement après avoir été griève- ment blessé, en 1415, et avoir eu besoin d'être trans- porté jusqu'au Nouveau Monde inconnu. Une fois li- béré de l'Europe, Menele relâcha son contrôle sur Critias, et le philosophe fut de nouveau livré à lui- même. Après avoir passé quelques siècles dans un mo- nastère isolé en Suisse, Critias se sentit bizarrement at- tiré par le Nouveau Monde. Il arriva à Baltimore peu après la fin de la Guerre d'Indépendance, et commen- ça à voyager, appréciant le grand dynamisme de la nouvelle nation et sa surprenante vigueur intellectuel- le. Il était particulièrement épris de la forme de gou- vernement qu'avaient créée ses habitants. Ils avaient rejeté l'idéal en usage du Roi philosophe, et ressuscité sa démocratie athénienne bien-aimée avec une nouvel- le perversion: des contrôles et des bilans ! Il tomba amoureux de cette jeune nation. De temps en temps, il s'installait, gouvernant comme un Prince ou restant caché en fonction de ses caprices et des opportunités qu'il rencontrait. Il appré- ciait particulièrement de créer des écoles et d'aider à la formation de gouvernements locaux. Il était toujours

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attiré vers les centres de pensée et d'enseignement, et continuait à aimer les échanges des discussions intel- lectuelles. En 1942, il vint à Chicago pour observer les expériences atomiques dirigées par Enrico Fermi. Il devint vite trop impliqué dans la politique byzantine de la ville pour repartir — ou, du moins, le croyait-il. Là encore, il ignore qu'il y a été appelé par son Père. Critias en est arrivé à se considérer comme le défenseur des intellectuels et rebelles de la ville. Croyant aux conflits créatifs comme moyen d'obliger les gens à penser par eux-même (il a écrit plusieurs ar- ticles érudits sur le sujet), il s'est souvent retrouvé à provoquer lui-même des conflits parmi ses compa- gnons Vampires. Il fut le premier Primogène à soute- nir l'appel d'AnnabelIe Treabelle, au milieu des an- nées 80, pour montrer à Lodin qui détenait le pouvoir réel. Il soutient secrètement les Anarchs qui s'oppo- sent à l'autorité de Lodin avec une perspicacité et une intelligence remarquables. Son but final est d'instituer un genre de gouvernement démocratique parmi les Caïnites de Chicago. Il croit que l'Anarchie ne cessera que lorsqu'on donnera à tous les membres de la Fa- mille une position puissante et respectée dans les affai- res de la ville — une idée qui peut paraître naïve, mais on ne peut contester qu'il possède des siècles d'expé- rience. Malgré ces intérêts, Critias se considère davan- tage comme un philosophe que comme un rebelle, sui- vant en cela les anciennes traditions Brujahs plutôt que le nouveau style. Il est l'un des partisans-clés de Me- nele en ville, mais il ne le sait pas. En effet, en dépit

du fait que Critias soit le Primogène le plus âgé et le plus puissant, il est le seul à ne pas soupçonner qu'il y

a deux Mathusalems qui s'affrontent en ville. Il est au

courant de l'existence d'Héléna, mais refusera d'ac- cepter celle de Menele, à moins qu'il ne soit confronté

à une preuve directe du contraire. Telle est la faille de

la fierté intellectuelle. Critias donne chaque semestre quelques cours à l'Université de Chicago, et il est réputé pour son ex- centricité et son ouverture. Les étudiants masculins les plus brillants de l'Université de Chicago sont des habi- tués de ses appartements, mais les étudiantes ne sont pas les bienvenues, Critias est tout à fait sexiste. Il a une nette préférence pour les beaux jeunes gens d'une grande distinction intellectuelle, et c'est sur eux qu'il se nourrit le plus souvent, comme il l'a toujours fait. Ses servants sont tous d'ennuyeux étudiants en philo- sophie pour lesquels il a un penchant particulier, mais qui sont si brillants, à ses yeux, qu'il mettrait fin à la carrière d'un important philosophe s'il les tuait. Père: Menele

Nature: Grincheux

Attitude: Visionnaire

Génération:

Cinquième

Etreinte: 432 avant J. -C. (né en 488 avant J-C. ) Age Apparent: Plus de la cinquantaine

Physique: Force 5, Dextérité 4, Vigueur 6 Social: Charisme 3, Manipulation 6, Apparence 2 Mental: Perception 5, Intelligence 6, Astuce 8 Talents: Empathie 3, Intimidation 5, Comman- dement 1 Compétences: Etiquette 3, Mêlée 3

Chicago By Night

Connaissances: Droit 3, Linguistique 6, Occul- tisme 4, Arguments 7, Politique 3, Philosophie 7 Disciplines: Auspex 6, Célérité 1, Domination 5, Force d'Ame 2, Présence 5, Métamorphose 3 Historique: Contacts 3, Mentor 5, Ressources 3, Servants 4, Statut 6 Vertus: Conscience 5, Maîtrise de Soi 2, Cou-

rage 3 Humanité: 7 Volonté: 9 Réserve de Sang/Max par Tour: 40/8 Notes: L'Auspex élevé de Critias se manifeste dans sa capacité à prévoir la prochaine chose que les gens vont dire (et parfois faire). C'est plus une fonc- tion de précognition que d'Intelligence, bien qu'il le nie absolument. Sa puissante capacité en Mêlée est le résultat de son entraînement militaire en tant que ci- toyen d'Athènes. Image: Un homme d'un certain âge, un peu grassouillet, ne mesurant pas plus de Im50. Il est prati- quement chauve, avec quelques cheveux blancs autour du crâne et une épaisse barbe blanche. Il est très ridé mais paraît assez robuste. Dans l'intimité de son Refu- ge, il préfère toujours porter des robes de style athé- nien et rien d'autre. Conseils d'Interprétation: Vous répondez tou- jours aux questions par des questions et vous vous fai- tes en général l'avocat du diable dans n'importe quelle discussion. Tout ce que vous dites, d'une manière ou d'une autre, relève de la rhétorique. Lorsque vous êtes obligé de répondre, vous marquez toujours une longue pause, tandis que vous considérez la façon correcte de formuler les choses. Il est impossible de vous presser, quelle que soit la gravité de la crise. Refuge: Critias possède une maison de ville en face du hall d'exposition de la Société d'Histoire de Chicago, dans Lincoln Park. Il entretient également des appartements près de tous les principaux collèges et universités.

près de tous les principaux collèges et universités. Secrets: B+ Influence : Les contacts de Critias

Secrets: B+

Influence: Les contacts de Critias sont des per- sonnages majeurs des établissements scolaires locaux:

présidents, doyens et principaux intellectuels. Quoi- qu'il le fasse indirectement, on peut dire qu'il contrôle toutes les principales universités de la ville, et sait l'essentiel de ce qui s'y passe. Critias a tout un réseau à travers les Etats-Unis, composé d'anciens élèves qui ont atteint le plus haut niveau dans leurs domaines res- pectifs. Poètes, philosophes, politiciens et scientifiques correspondent tous régulièrement avec lui et, à travers eux, il exerce une influence puissante quoique diffuse, sur l'Amérique. On dit que la moitié des "grosses têtes" de Washington ne pourraient fonctionner sans ses conseils. En outre, la rumeur court que bon nom- bre des conseillers de Kennedy faisaient partie de ses anciens élèves. Critias est aussi profondément engagé dans la Cour d'Appel Fédérale qui se trouve à Chicago. Il s'intéresse énormément à la branche la plus philoso- phique de la Justice et à l'établissement de précédents. Tous les juges fédéraux le connaissent et le respectent.

A l'occasion, il a utilisé la Domination qu'il exerce sur

eux pour étouffer une affaire pouvant menacer la Mas- carade.

PatriciaBollingbroke("Tyler")

Patricia de Bollingbroke faisait partie des pay- sans anglais qui se soulevèrent en 1380 avec John Bail

et Wat Tyler pour combattre l'oppression de la nobles-

se. Son mari était mort au bout de l'épieu à sanglier d'un Baron pour avoir braconné, et ses enfants lui avaient été enlevés pour devenir serviteurs au château. Motivée par le chagrin et la haine, elle quitta son villa- ge pour se joindre à la révolte des paysans. Grâce à son histoire d'amour avec Tyler, à son intelligence personnelle et à un caractère parfaitement impitoyable, Patricia devint l'un des chefs de la rébellion — son âme, en quelque sorte — mais nul, en dehors des membres du conseil dirigeant, ne prit jamais conscien- ce qu'elle était plus que la maîtresse de Wat. Elle se trouvait parmi les révolutionnaires qui assassinèrent l'Archevêque de Canterbury et marchè- rent sur Londres, où ils forcèrent le Roi à se soumettre à leurs exigences. Quand le retour de bâton arriva, elle constitua un objectif primordial. Il s'écoula trois se- maines avant qu'elle n'apprenne que trois de ses en- fants avaient été tués, et le quatrième emprisonné et torturé; elle se mit en route immédiatement pour libé- rer ce dernier. 11 s'agissait d'un piège, bien entendu, et malgré toutes ses précautions, elle fut reconnue et cap- turée.

Tandis qu'elle attendait la mort dans les oubliet- tes du Baron, elle reçut la visite d'un Brujah de la sep- tième génération, nommé Robin. Tous deux discutè- rent toute la nuit des injustices du système féodal et de solutions pratiques pour régler ces problèmes. Convaincue par le Vampire que la seule chose qui pourrait faire une différence était un puissant chef pay- san, Patricia accepta, la nuit suivante, l'Etreinte de Robin. Sa première victime fut précisément le Baron qui avait détruit sa famille.

Patricia découvrit rapidement qu'être un Vampi- re mettait plutôt de nettes limites à sa liberté de révo- lutionnaire. Les gens étaient moins enclins à la suivre, et les Frénésies sauvages auxquelles elle était prédis- posée l'empêchaient de former ne fût-ce que le noyau .stable d'une organisation plus vaste. En fin de compte, le mouvement fut écrasé — même si les nobles firent quelques petites concessions — et la révolte des pay- sans prit fin. Patricia s'enfuit d'Angleterre et, durant deux siècles, elle voyagea dans l'ouest de l'Europe. Elle ar- riva en Espagne durant les dernières années de l'Inqui- sition, et fit partie des Vampires qui crurent que la Fa- mille devait liquider ses tortionnaires et prendre un rôle plus apparent dans la société des humains. Avec l'aide de deux autres Brujahs et d'un groupe restreint de paysans, elle attaqua un petit château dans l'ouest de Espagne — le Refuge de l'un des Anciens du Clan Ventru, qui avait commencé à concevoir !a Camarilla comme un moyen de renforcer et de protéger la Mas- carade. Le château fut détruit et les compagnons de Patricia périrent, mais elle réussit finalement à impo- ser une étreinte mortelle au Ventru vaincu et but jusqu'à la dernière goutte de son sang. Ce fut cet évé- nement qui déclencha la révolte des Anarchs, qui de- vint par la suite le Sabbat. Patricia découvrit que boire le sang d'un Ancien pouvait accroître de façon spectaculaire le potentiel de quelqu'un. Alors pourchassée par des Archontes en- voyés par la Camarilla, qui grandissait rapidement, elle.s'enfuit vers le Nouveau Monde et s'établit à Car- tagène, qui était alors le joyau de l'empire d'Espagne en Amérique. Héléna pressentit son arrivée en ville et reconnut immédiatement son potentiel comme assas- sin de Vampires. Grâce à la Domination, elle attira Pa- tricia dans sa sphère d'influence. Héléna était très sé- duite par l'idée d'un assassin Brujah de sexe féminin et sans pitié; après trente ans de manipulation, elle ré- ussit à établir un Lien de Sang avec Patricia. Quand des membres de la Camarilla commencè- rent à faire leur apparition à Cartagène, Patricia s'en- fuit vers le nord, dans les colonies anglaises; Héléna l'appela au début des années 1900 et elle se rendit à Chicago. Elle prit le nom de Tyler, d'après celui de son amant mortel, et croit que nul ne connaît son passé comme l'une des puissances les plus anciennes du Sabbat. Quelques uns sont au courant, mais gardent le secret jusqu'à un moment où ils en auront besoin. L'âge et l'intelligence naturelle de Tyler — ainsi que le soutien secret d'Héléna — lui ont valu une place respectée parmi les Anciens, malgré son héritage Brujah, et elle a consolidé sa position au cours des Guerres du Conseil des années 1980, lorsqu'elle tua un descendant de Critias de la sixième génération qui refusait de suivre le reste du Primogène quand celui-ci cessa de soutenir Maldavis. Elle est extrêmement fière de son statut; bien entendu, cela lui a valu l'inimitié immortelle de Critias. et elle lui retourne sa haine avec une fureur entretenue par le désir qu'elle éprouve pour le sang ancien de l'Athénien. Père: Robin Leeland Nature: Rebelle

62

Attitude: Je-m'en-foutiste Génération: Sixième Etreinte: 1381 (née en 1352) Age Apparent: Difficile à dire — la trentaine ? Physique: Force 5, Dextérité 6, Vigueur 7 Social: Charisme 4, Manipulation 5, Apparence 3 Mental: Perception 5, Intelligence 4, Astuce 7

Talents: Vigilance 3, Commandement 4, Inti- midation 5, Bagarre 4, Connaissance de la Rue 3, Es- quive 3 Compétences: Armes à Feu 4, Pilotage 2, Mêlée 4, Furtivité 3, Etiquette 1 Connaissances: Politique 5

Force

d'Ame 3, Domination 3, Présence 5 Historique: Alliés 2, Contacts 4, Influence 3, Mentor 5, Ressources 4, Servants 7 Vertus: Conscience 3, Maîtrise de Soi 1, Cou-

rage 4 Humanité: 5 Volonté: 10 Réserve de Sang/Max par Tour: 30/6 Image: Une petite femme mince, d'une taille de Irn60, pesant 65 kg, avec de longs cheveux noirs qu'elle attache habituellement en une queue de cheval. Son visage porte plusieurs marques de petite vérole mais sa beauté est malgré tout indéniable. Elle s'ha- bille en général très simplement, et préfère les blue jeans et un simple corsage.

Conseils d'Interprétation: Même lorsque vous parlez du temps qu'il fait, faites-le avec passion

et conviction. Serrez les poings et agitez-les chaque

Disciplines:

Célérité

4,

Puissance

5,

fois que vous soulignez un point.

Refuge: Un hangar isolé à l'Aéroport O'Hare.

II est solidement gardé par des dispositifs de sécurité

mais n'est protégé par aucun mortel. Secrets: A- Influence: Tyler fut l'un des premiers Caïnites à réaliser les avantages du voyage par avion, et la puis- sance de celui qui contrôle ce mode de transport. Tout Vampire qui souhaite venir à Chicago ou en partir par avion doit d'abord obtenir sa permission. Elle a emmé- nage à l'aéroport O'Hare peu de temps après sa cons- truction — à laquelle elle a contribué. Elle contrôle ou connaît presque tout ce qui se passe dans l'aéroport. Ses contacts se situent aux niveaux les plus élevés des autorités de l'aéroport et, à travers eux, elle réussit à exercer un certain contrôle sur les deux autres aéro- ports de la ville, ainsi que sur les plans pour la cons- truction d'un quatrième. Les forces de sécurité de tous Ses aéroports sont directement sous son contrôle, et elle a conditionné beaucoup de leurs membres. En fait, elle a entraîné ses Forces Spéciales d'O'Hare à exter- miner les Vampires, et on dit qu'elle les a utilisées hors de l'aéroport durant les Guerres du Conseil. L'un de ses servants est un ex-pilote de chasse du Vietnam, qui lui sert de garde du corps et de valet de chambre.

Chicago By Night

Joshua

Tarnopolski

("Blackjack")

Les socialistes devinrent une menace significati- ve pour les intérêts capitalistes de Chicago au tout débet du 20e siècle et, durant un moment, ils menacè- rent de devenir une force permanente dans la législa- ture de l'état. En effet, l'ordre établi de Chicago conti- nua à craindre les socialistes longtemps après qu'ils eurent perdu leur efficacité. Joshua Tarnopolski faisait partie des chefs so- cialistes de la ville au tournant du siècle, une époque où ils étaient h leur sommet. Avec son fort accent polo- nais, il n'était pas un fameux orateur comme la plupart des leaders, mais un habile politicien d'arrière- boutique, capable de soulever une foule de travailleurs pour combattre les équipes de briseurs de grève de l'organisation de Chicago. Les sympathies naturelles de Tyler furent éveillées par ces révolutionnaires enga- gés et, quand le pouvoir des socialistes culmina, peu avant la Première Guerre mondiale, elle décida de "mettre en conserve" un peu de cette énergie pour l'éternité. Elle choisit Joshua car, même s'il était un puis- sant chef parmi les travailleurs, son visage n'était pas très connu, tant des masses que des capitalistes aux- quels il s'opposait. Tyler demanda même l'autorisation de Lodin pour créer son Nouveau-Né, permission que Lodin fut plus que désireux de donner à une Caïnite aussi puissante — en échange de son soutien crucial dans sa guerre contre Modius, lequel venait juste de s'enfuirversGary. Tyler étreignit Joshua sans lui laisser le moindre choix. Joshua, qui avait déjà commencé à prédire la mort du socialisme en Amérique, transféra sa passion pour le changement à la société des Vampires. Le sys- tème d'ancienneté lui fit rapidement perdre ses illu- sions et il prit contact avec les Anarchs. Alors que Jos- hua est, nominativement au moins, allié avec la Coterie de Hinds, il est souvent considéré comme un chef par tous les Anarchs, comme il l'était par les so- cialistes dans le passé. Les Brujahs plus jeunes sont fascinés par les récits de ses rencontres avec Eugène Debs, Joe Hill, Woody Guthrie et d'autres chefs natio- naux du début du siècle. Cependant, sa fidélité la plus instinctive va à Hinds, qui était un allié et un ami pro- che à l'époque où tous deux étaient mortels. Père: Tyler Nature: Architecte Attitude: Dirigeant Génération: Huitième Etreinte: 1913 (Né en 1870) Age Apparent: Milieu de la quarantaine Physique: Force 3, Dextérité 3, Vigueur 4 Social: Charisme 2, Manipulation 4, Apparence 1 Mental: Perception 3, Intelligence 4, Astuce 5 Talents: Vigilance 2, Sports 2, Bagarre 4, Es- quive 3, Empathie 1, Intimidation 2, Commandement 2, Connaissance de la Rue 3, Intrigue 4 Compétences: Pilotage 1, Armes à Feu 2, Mêlée 2 Connaissances: Bureaucratie 2, Linguistique 2, Politique 4, Chicago 4

: Bureaucratie 2, Linguistique 2, Politique 4, Chicago 4 Disciplines : Célérité 4, Dissimulation 2, Pré-

Disciplines: Célérité 4, Dissimulation 2, Pré- sence 3 Historique: Alliés 3, Renommée 1, Influence 1, Servants 2, Statut 2 Vertus: Conscience 5, Maîtrise de Soi 3, Cou-

rage Humanité: 8 Volonté: 9 Réserve de Sang/Max par Tour: 15/4 Image: Petit et trapu, avec une courte barbe noire mouchetée de gris. Il porte des costumes de prêt- à-porter bon marché. Conseils d'Interprétation: Vous êtes fatigué et cela se voit à vos yeux. Les choses étaient mer- veilleuses de votre temps, quand vous étiez plus jeune, et vous passez votre vie à en parler aux gens. Mainte- nant — ach — le monde est devenu très uniforme et morne. Ça ne vaut pas la peine de discuter. Vous avez aussi un fort accent polonais: il s'est amélioré durant les dernières années, mais demeure toujours tout à fait distinct. Refuge: Le sous-sol d'un vieil immeuble d'ha- bitation dans l'Est de Chicago. Secrets: B Influence: Toutes les relations de Joshua avec la société des mortels viennent de ses amis dans les syndicats. Bien qu'ils ne soient pas au courant de tout, ils savent que son engagement syndical ne date pas d'hier et ils respectent son opinion et lui prêtent assis- tance. Ses servants sont tous deux syndicalistes depuis longtemps et, à travers eux, il contrôle la plupart des syndicats de travailleurs qui subsistent encore à Chica- go. Toutefois, parce que ces derniers n'ont plus vrai- ment beaucoup d'influence globale (bien qu'ils soient encore infiltrés un peu partout dans Chicago), il a peu de véritable pouvoir en ville.

Neil Graham ("Karl")

Tandis que la grande dépression s'aggravait à travers l'Amérique, Neil Graham devint fermement convaincu que la seule façon de sauver le pays était le communisme à la manière de l'Union Soviétique. Il recruta dans ce but d'autres habitants de Chicago pour les entraîner dans une révolution. Ce recrutement noc- turne par un jeune homme barbu aux yeux farouches attira l'attention des policiers à la solde des barons d'industrie de la ville. Ils décidèrent que, plutôt que de l'arrêter et d'espérer une lourde peine de prison, ils al- laient faire de lui un nouveau "suicidé en prison". Toutefois, les incitations de Neil à la révolte avaient également attiré l'attention d'un Joshua com- patissant, qui avait toujours souhaité être un orateur théâtral comme ce jeune homme. Il suivit les agents qui arrêtèrent Neil jusqu'au commissariat, où il enten- dit deux d'entre eux discuter des différentes façons de pendre l'agitateur avec sa propre ceinture. Joshua s'ar- rangea pour se faufiler dans la prison juste à temps pour les surprendre en train d'essayer de pendre Neil haut et court. Dans la bataille qui s'ensuivit, Joshua as- somma les deux policiers et défonça réellement le mur dans sa hâte de sauver Neil. Les deux révolutionnaires s'enfuirent dans la nuit, mais pas avant que Graham n'eût reçu une balle dans le dos. Quand ils arrivèrent en lieu sûr, Neil était para- lysé en-dessous de la ceinture. Prenant conscience qu'il n'y avait qu'une façon de sauver le jeune homme, Joshua mordit profondément dans le cou de Neil et but son sang. Puis il fendit une de ses propres artères et nourrit le communiste de son sang curatif. Neil entra ainsi dans le monde des Damnés. Durant quelques années encore, il continua à se préoccuper d'apporter l'Utopie aux gens de Chicago; mais il gar- dait le profil bas, puisqu'il était recherché par la poli- ce, lentement, son intérêt se recentra sur la société des Vampires, et après la Deuxième Guerre mondiale, il devint un membre militant des Anarchs. II a changé de nom, prenant celui de n'importe quel penseur révolu- tionnaire frappant son imagination sur le moment. II s'est appelé Karl, Vladimir, Léon, Antonio, Fidel, Herbert — pour aujourd'hui revenir à Karl, refusant de répondre à tout autre nom. Père: Joshua Nature: Visionnaire Attitude: Rebelle Génération:Neuvième Etreinte: 1932 (Né en 1904) Age Apparent: Un peu moins de la trentaine Physique: Force 5, Dextérité 3, Vigueur 3 Social: Charisme 4, Manipulation 4, Apparence 2 Mental: Perception 3, Intelligence 3, Astuce 4 Talents: Vigilance 1, Bagarre 3, Esquive 3, Meneur 2, Connaissance de la Rue 3 Compétences: Mêlée 2, Réparations 1, Sécuri- té 1, Furtivité 3, Discours 4 Connaissances: Politique 2, Marxisme 4 Disciplines: Célérité 2, Domination 1, Puissan- ce 4, Présence 3 Historique: Servants 1 Vertus: Conscience 3, Maîtrise de Soi 2, Cou-

rage 5

64

1 Vertus : Conscience 3, Maîtrise de Soi 2, Cou- rage 5 64 Humanité: 6 Volonté:

Humanité: 6 Volonté: 8 Réserve de Sang/Max par Tour: 14/3 Image: Une barbe et des yeux farouches, 1m 82 et 105 kg, avec de larges épaules et d'imposants bras velus.

Conseils d'Interprétation: Vous vous méfiez de tout le monde et parlez avec concision quand vous devez le faire. Toutefois, quand vous êtes lancé, rien ne peut vous faire taire. Refuge: II a établi son domicile près de l'Ame- rican Police Center and Muséum. Secrets: B- Influence: Karl n'a que peu d'influence, même s'il est lui-même loin de réaliser ce fait.

Hank Cave ("Saint")

Certes, le nom de Hank Cave n'a pas rejoint ceux de Kerouac, Ginsberg ou Burroughs, mais il était un tout aussi bon écrivain. Tous ses amis le lui dis- aient. Et quels amis c'était Ils venaient dans son café durant les années Ei- senhower, discutaient et écoutaient de la poésie, et mangeaient {en général gratuitement, s'ils disaient qu'ils avaient lu n'importe laquelle des œuvres de Hank Cave). Puis, en 1961, son héritage s'épuisa. Quelques mois plus tard, le café ferma. II n'avait plus les moyens de s'auto-éditer, et aucun éditeur commer- cial ne désirait publier l'un de ses livres. II se retrouva bientôt obligé de travailler dans une librairie juste pour payer le loyer. Les écrits de Hank devinrent peu à peu plus noirs et plus politisés. Cette tendance s'accentua après l'assassinat de Kennedy et ensuite — surprise des sur- prises — Hank Cave écrivit un roman de littérature gé- nérale que les éditeurs allaient prendre en considéra- tion: Le Procès des Saints. Histoire sur la mort dans une société destructrice, il devint un succès mineur;

Chicago By Night

Hank n'a jamais su si c'était à cause du changement de son style d'écriture ou parce que les goûts du public avaient évolué, même s'il préfère croire cette dernière explication. L'un des plus grands fans du livre était Karl, qui commença a se pencher sur la vie et les au- tres œuvres de Hank Cave. Une nuit de 1964, après s'être nourri d'un banquier ivre, Karl décida qu'il était temps de rendre l'écrivain immortel.

Il proposa l'idée à Hank peu après que celui-ci eut découvert les joies de la marijuana, et le trouva plus que consentant. Au début, Hank Cave apprécia vraiment sa nouvelle forme et prit un pied merveilleux à boire du sang. Il se nourrissait et passait ensuite le reste de la nuit à écrire des poèmes dans quelque en- droit exotique, comme le sommet de la Sears Tower, ou en regardant dans un télescope à l'Adler Planéta- rium. Cependant, il se fatigua bientôt de chasser les gens et les animaux afin de boire leur sang. Il aspirait à pouvoir de nouveau regarder le soleil. Inutile de le dire, ses écrits devinrent encore plus noirs et obtinrent encore plus de succès. Puis vint la tentative de Lodin, en 1968, de liqui- der les Anarchs. Même si Hank Cave n'avait eu aucu-

ne activité politique depuis son Etreinte, il constituait

une cible, car il avait été créé sans l'approbation du Prince. Seule sa récente amitié avec les Black Panthers

le sauva d'un sort funeste, et il passa plus d'une année

terré dans leur quartier général. En dépit de la destruc- tion des Panthers par la police, il a continué à vivre dans le sous-sol de ce vieil immeuble. Quoique celui-

ci ait été condamné à plusieurs reprises, Hank Cave

s'est toujours débrouillé pour le sauver. Il y a ouvert un nouveau café (sans l'autorisa-

tion des autorités municipales, et sans même qu'elles

le sachent) qu'il appelle le "Blue Moon" et qui est de-

venu un centre pour la scène intellectuelle under-

ground. Beaucoup d'Anarchs s'y réunissent égale-

ground. Beaucoup d'Anarchs s'y réunissent égale- ment, particulièrement ceux qui ont un penchant plutôt

ment, particulièrement ceux qui ont un penchant plutôt intellectuel. Il est arrivé, dit-on, à Critias lui-même de fréquenter l'établissement. Le massacre par Lodin des quelques amis que Hank avait parmi la Famille l'a galvanisé, le poussant à agir. Depuis cette époque, il a lentement et méthodi- quement travaillé à détruire le pouvoir de Lodin dans la ville, tout en essayant d'apparaître comme un obser- vateur léthargique et désintéressé. Il était l'un des prin- cipaux partisans de Maldavis et, alors qu'il n'est pas, de toute évidence, un chef des Anarchs, ces derniers l'écoutent quand il parle. Père: Karl Nature: Organisateur Attitude:Solitaire Génération: Dixième Etreinte: 1964 (Né en 1925) Age Apparent: Approchant de la quarantaine Physique: Force 2, Dextérité 4, Vigueur 3 Social: Charisme 5, Manipulation 4, Apparence 3 Mental: Perception 3, Intelligence 5, Astuce 2 Talents: Commandement 2, Connaissance de la Rue 4, Comédie 2, Empathie 4 Compétences; Musique 3, Peinture 4, Ecriture 5 Connaissances: Littérature 5, Histoire de l'Art 4, Philosophie 4 Disciplines: Célérité 2, Puissance 4, Présence 5 Historique: Renommée 2, Troupeau 1, Contacts 5, Ressources 3, Servants 1 Vertus: Conscience 4, Maîtrise de Soi 2, Cou-

rage 3 Humanité: 8 Volonté: 7 Réserve de Sang/Max par Tour: 13/2 Image: Grand et maigre, avec des cheveux noirs et un bouc bien taillé. S'habille souvent avec un col roulé noir et des pantalons noirs serrés. Il va par- fois jusqu'à porter un béret. Conseils d'Interprétation: Vous êtes toujours "cool". Faites beaucoup claquer vos doigts et effectuez de larges mouvements pour souligner votre point de vue. On vous trouve presque toujours avec une ciga- rette; agitez-la en l'air pendant que vous parlez avec excitation de tout ce qui vous passe par la tête (après tout, vous êtes un génie, alors tout ce qui vous vient à l'esprit doit être assez important pour en parler). Refuge: L'ancien Quartier Général des Black Panthers, qu'il a transformé en un café, obligeant sa servante à le tenir elle-même. Il se trouve au 2350 W. Madison. Secrets: C Influence: Hank a réellement quelque influen- ce, mais seulement au sein du monde intellectuel un- derground — pour l'essentiel identique à celui qui existe toujours à Chicago. Il possède des contacts par- tout, et semble connaître tous ceux qui sont quelqu'un dans 1'"underground", comme on appelle le nouveau mouvement beat. Ces individus constituent le troupeau de Hank. Son importance change régulièrement, mais il est toujours composé déjeunes aspirants écrivains et poètes qui viennent le trouver pour avoir son avis.

Théodore Dooley ("Daddy D")

Théodore Dooley a toujours apprécié de vivre aux dépens des bonnes âmes, et pendant des années, il a fait la tournée des libéraux blancs de Chicago, dont la plupart se sentaient coupables de ne pas se montrer plus actifs dans le mouvement des droits civiques. Ils étaient plus que disposés à donner de l'argent à ce "charmant jeune Nègre", qui se prétendait l'ami de Dick Gregory et de Martin Luther King, et assurait re- présenter diverses organisations en faveur des droits civiques. Une partie de l'argent atteignit réellement quelques organisations légitimes, mais la plupart fut utilisé pour payer le loyer et les notes de bar de Dooley. Tout ceci changea après la création des Black Panthers, dans les années 60. Radicalisé par leur appel à la rébellion active, Dooley devint l'un de leurs meilleurs collecteurs de fonds. Sa connaissance des faiblesses des libéraux les plus riches de la ville était inestimable. S'ils ne donnaient pas de leur plein gré, il avait recours au chantage. L'un des libéraux que Dooley avait toujours trouvé une proie particulièrement facile était Hank Cave, que l'absence d'engagement dans quoi que ce soit avait rendu particulièrement vulnérable à la culpa- bilisation. Cependant, tandis qu'il lui rendait visite une nuit de 1967, Dooley sentit que l'écrivain avait chan- gé, plus encore que lui-même. Tous deux victimes de récentes transformations, ils passèrent la nuit entière à parler et, peu à peu, chacun découvrit les secrets les mieux gardés de l'autre. Dooley était plus qu'un peu impressionné par le nouveau Cave, et celui-ci était en- tiché de la révolution projetée par les Panthers. Durant l'année suivante, Hank Cave devint plus que consen- tant à aider les Panthers de tous les moyens en sa pos- session, et Dooley développa son habileté à trouver des victimes (toujours ivres ou défoncées) pour le Vampire. Puis vint la Convention Démocrate de 1968 et le massacre par la police des manifestants à l'extérieur du centre de convention. Tandis que Dooley se battait dans les rues, Hank Cave fuyait, pour sauver sa vie. les partisans de Lodin. Tous deux se rencontrèrent au quartier général des Panthers, où chacun raconta ses ennuis à l'autre. Ils parvinrent rapidement à une solu- tion — Dooley protégerait Cave dans le quartier géné- ral bien gardé des Panthers, et Hank Cave ferait de lui un Vampire pour qu'il puisse se venger de ce que la police avait fait à ses amis. Hank Cave trouva que le quartier général était une excellente cachette. Dooley, de son côté, tomba sur le Ventru Ballard et l'un de ses lieutenants, Baltha- zar, peu de temps après avoir quitté l'immeuble. Seul le hasard le sauva d'une mort instantanée, car un im- portant groupe de manifestants traqués par la police dévala la rue juste au moment où Balthazar s'apprêtait à lui planter un pieu dans le cœur. Dooley réussit à s'échapper et à retourner au quartier général et, depuis lors, il fait preuve de réticence en ce qui concerne une confrontation physique directe avec le Prince ou ses hommes. Pourtant, il est demeuré actif parmi les

66

ou ses hommes. Pourtant, il est demeuré actif parmi les 66 Anarchs de la ville, et

Anarchs de la ville, et c'est l'un des rares vampires dans le coin qui soutiennent toujours Maldavis. Père: Hank Cave Nature: Survivant Attitude: Je-m'en-foutiste Génération: Onzième Etreinte: 1968 (Né en 1938) Age Apparent: Presque la trentaine Physique: Force 4, Dextérité 5, Vigueur 3 Social: Charisme 5, Manipulation 4, Apparence 4 Mental: Perception 4, Intelligence 3, Astuce 4 Talents: Comédie 3, Vigilance 1, Sports 2, Ba- garre 2, Esquive 4, Connaissance de la Rue 4, Intimi- dation 3 Compétences: Pilotage 2, Etiquette 3, Armes à Feu 2, Mêlée 1, Furtivité 2 Connaissances: Investigation 3, Droit 3, Politi- que 2, Chicago 3 Disciplines: Célérité 3, Puissance 3, Présence 4 Historique: Alliés 2, Contacts 2 Vertus: Conscience 3, Maîtrise de Soi 3, Cou-

rage 3 Humanité: 6 Volonté: 7 Réserve de Sang/Max par Tour: 12/1 Image: Noir, Im80, 90 kg. Musclé et très beau garçon. Conseils d'Interprétation: Vous regardez la plupart des gens avec un mépris total. Quand vous dai- gnez leur parler, laissez-les sentir le dédain dans votre

voix. Refuge: Une petite maison à Libertyville. Secrets: C Influence: Quelques-uns des amis de Dooley datant de l'époque où il était radical sont "entrés dans le système" et occupent en ville des positions de pou- voir — bon nombre étaient conseillers du Maire Ha- rold Washington et sont toujours infiltrés dans la bu- reaucratie municipale. Ils sont ses alliés et ses contacts

Chicago

By

Night

et, bien qu'ils ne lui donnent pas beaucoup d'influence réelle sur la scène politique, ils le tiennent au courant de ce qui se passe vraiment. En cas de besoin, il peut compter sur eux pour le tirer de certaines sortes d'en- nuis, mais il ne peut pas réellement les utiliser pour manipuler les affaires municipales.

Anita Wainwright

Anita Wainwright combat le pouvoir en place depuis l'époque de ses études à l'Université d'Illinois, à la fin des années 60. Elle participa à plusieurs mar- ches pour la liberté alors qu'elle était toujours au collè- ge, rejoignit les Diggers à New York City [NdT: dans notre monde, ils se sont limités à San Francisco] pour travailler dans leur magasin gratuit, et retourna plus tard à Chicago, où elle écrivit dans un journal under- ground appelé le Chicago Seed et aida à monter un autre magasin gratuit. A la grande horreur de ses pa- rents, elle devint également intime avec un Black Pan- ther nommé Théodore Dooley. Anita faisait partie des organisateurs de Chicago qui aidèrent à planifier les démonstrations de masse prévues pour la Convention Démocratique. Elle fut aussi l'une des premières à être frappée par les poli- ciers quand ils attaquèrent les manifestants. Plusieurs semaines plus tard, après s'être remise de ses blessu- res, elle partit à la recherche de Dooley. Elle le décou- vrit dans le sous-sol de l'immeuble accueillant le quar- tier général des Black Panthers, se nourrissant sur un flic. Tout d'abord, elle fut horrifiée par ce qu'il était devenu, mais ensuite, elle sentit qu'elle comprenait. Anita avait, elle aussi, soif de vengeance — la même soif qui conduisit d'autres représentants de sa généra- tion à rejoindre les Weathermen ou la Symbionese Li- beration Army. En quelques jours, elle avait convaincu Dooley de faire d'elle un Mort-Vivant. Cependant, avec les années, rengagement d'Anita dans la société des humains a diminué et son

d'Anita dans la société des humains a diminué et son envie de changer la Famille a

envie de changer la Famille a grandi. Elle a toutefois gardé sa passion pour le changement, et c'est l'un des rares Anarchs de Chicago à avoir développé de nom- breux contacts à travers le pays. Elle a, à l'occasion, fourni à des Anarchs d'une autre ville un lieu sur pour demeurer à Chicago. Partisane de Maldavis durant les récents soulèvements, Anita s'est mise à trouver la ville Trop chaude pour elle, et commence à envisager de déménager ses opérations ailleurs — à Gary, peut-

être. Père: Dooley Nature: Chevalier Attitude: Rebelle Génération: Douzième Etreinte: 1968 (Née en 1941) Age Apparent: 25 ans environ Physique: Force 3, Dextérité 4, Vigueur 4 Social: Charisme 4, Manipulation 3, Apparence 3 Mental: Perception 5, Intelligence 4, Astuce 4 Talents: Vigilance 4, Bagarre 2, Commande- ment 4, Connaissance de la Rue 3 Compétences: Animaux 1, Mêlée 1, Sécurité 3, Furtivité 2 Connaissances: Informatique 2, Investigation 2, Médecine 2, Politique 3 Disciplines: Célérité 3, Puissance 1, Présence 2 Vertus: Conscience 5, Maîtrise de Soi 4, Cou-

rage 5 Humanité: 9 Volonté: 8 Réserve de Sang/Max par Tour: 11/1 Image: Une femme de type caucasien, de taille moyenne: Im70 et 63 kg. Cheveux auburn. S'habille avec désinvolture. Conseils d'Interprétation: Vous suivez la vieille maxime "Ne parlez que quand vous avez quel- que chose à dire". Vous êtes en général silencieuse, mais quand un sujet vous tient à cœur, vous pouvez parler pendant des heures. Refuge: Un magasin abandonné dans la Ban- lieue Sud de Chicago (autrefois son Magasin Gratuit). Secrets: B Influence: Anita ne contrôle pas grand-chose dans Chicago, mais elle a d'excellents contacts avec les Anarchs d'autres villes. Elle a même développé un lien avec le Sabbat de New York. Si qui que ce soit à Chicago souhaite entrer en contact avec le réseau na- tional de Brujahs et d'Anarchs, il lui faudra passer par elle. Si elle sent que quelqu'un le mérite, elle peut fournir une liste de contacts dans presque toutes les principales villes d'Amérique du Nord — une liste qui serait très précieuse pour certains membres de la Ca- marilla qui aimeraient voir la fin du mouvement Anarch. Elle peut même arranger le transport jusqu'à la Côte Ouest, qui est devenue la capitale des Anarchs de la planète. Cependant, elle doit éprouver confiance et respect pour ceux qui cherchent cette information avant de la divulguer.

Thomas Ewell ("Balthazar", "Sheriff")

Le lieutenant Thomas S. Ewell, un aristocrate sudiste, fut bloqué à New York quand la Guerre de Sé- cession éclata. II dirigeait un groupe de brigands Confédérés qui attaquaient les banques de Nouvelle Angleterre durant la guerre, utilisant celle-ci comme prétexte pour faire fortune et mener la vie excitante d'un bandit. Ses hommes aimaient sa bravade impé- tueuse et l'auraient suivi partout, notamment s'il était question d'argent. Il porta le combat dans le nord jusqu'au New Hampshire, avant de finalement cher- cher asile au Canada quand la guerre toucha à sa fin. Tandis qu'Ewell était au Canada, ses tentatives en vue de recruter des soldats pour la cause du Sud at- tira l'attention de peu de Canadiens, mais intéressa une arrivante récente — la Vampire Alexie Blanc. Celle-ci avait fui Paris à la suite de l'échec de la révo- lution de 1848. Espérant échapper tant à la Camarilla qu'à l'aristocratie européenne, qui mettait alors le holà aux rébellions de toutes sortes, elle s'était enfuie au Canada et installée à Ottawa comme "Prince" de la ville.

Elle rencontra l'impétueux jeune officier confé- déré dans un un bal mondain et fut fascinée par sa na- ture rebelle et son charme aristocratique. Il vit en elle ce qu'il pensait être une héritière française et une oc- casion de recouvrer sa fortune. Après l'incendie d'At- lanta, Ewell se rendit compte qu'il était impossible de recruter de nouveaux soldats pour sa cause perdue — et encore plus difficile d'obtenir l'argent pour conser- ver son train de vie. Alexie vit le bouillant jeune soldat rejouer sa propre défaite en Europe et, incapable de supporter plus longtemps son chagrin, l'Etreignit quel- ques jours seulement après la fin de la guerre. Ne désirant pas retourner dans le Sud vaincu, Mr. Ewell resta au Canada avec son Père. Il prit le nom de Balthazar et se lança dans une vie de grande débauche, apprenant beaucoup d'Alexie quant aux fa-

V.
V.

çons des Damnés. Toutefois, le rôle de chevalier- servant lui parut rapidement de plus en plus ennuyeux, et les exigences que lui imposait Alexie le fatiguaient. Durant un certain temps, il vécut séparé d'elle, et refu- sa de respecter son autorité de Prince. Un soir, il créa un Nouveau-Né sans son autorisation: un jeune Cana- dien français nommé Marc Levesque. Quand elle le découvrit, elle entra dans une rage folle et, en repré- sailles, s'empara du jeune Vampire et le Lia par le Sang avec elle. Alexie et Marc devinrent très proches.

A la fin des années 1870, quand la nouvelle du

soulèvement de Chicago atteignit le Canada, tous trois gagnèrent la Ville des Vents, dans l'espoir d'établir un état Brujah. Dès leur arrivée, ils devinrent les Alliés de Modius, le Prince de Gary, qui dirigeait le mouvement socialiste en une guerre totale contre l'organisation po- litique corrompue, et s'attaquait simultanément à la puissance du Prince de Chicago. L'aide d'Alexie, Bal- thazar et Marc fut assez pour faire pencher la balance. Pendant un moment, ce fut une vie excitante, et Bal- thazar était heureux de retrouver la guerre. Cependant, celle-ci était bien moins amusante que la précédente.

Les syndicalistes étaient trop sérieux et ennuyeux, et ne savaient pas profiter de la vie. Pire encore, il était pauvre. Le Ventru Hinds fut le premier à découvrir cette insatisfaction, après avoir rencontré Balthazar à un spectacle. Il arrangea une rencontre entre le Brujah et la direction du clan Ventru. Ainsi, une nuit, Balthazar et Ballard, l'aîné des Rejetons de Lodin, se rencontrè- rent pour parler de l'avenir. Balthazar offrit de trahir Modius et sa nouvelle alliée Alexie en échange d'un traitement mensuel extrêmement généreux et de la li- berté de choisir pour Calice toute personne qui lui plairait. Ballard accepta rapidement, et cette même nuit, Balthazar conduisit un groupe de Ventrus à l'un des Refuges de Modius. Ce fut lui qui planta le pieu dans le cœur d'Alexie et qui transforma l'immeuble en une torche alors qu'elle se trouvait encore à l'intérieur. Cependant, il restait suffisamment de miséricorde dans son cœur pour qu'il laisse partir son Nouveau-Né — une décision qu'il a regrettée depuis. La perte d'un allié aussi puissant causa un préjudice si grave à Mo- dius que Lodin obtint un répit suffisant pour reprendre des forces. Peu de temps après, les socialistes subirent leurs premières défaites significatives. Balthazar commença à vivre comme un roi, et fut bien accueilli par Lodin et les autres Anciens de Chicago. Dans un effort pour surmonter et oublier sa traîtrise, il entreprit d'aider Ballard à supprimer les Anarchs. En s'engageant de plus en plus dans la trahi- son de ceux de son espèce, il espérait diminuer l'im- portance de sa félonie originelle et de la destruction de son Père. Avec le temps, il devint le principal exécu- tant de Lodin, chargé de la suppression et du contrôle des Anarchs. C'est un devoir qu'il a bien accompli au fil des ans.

Il est à présent connu comme "le Sheriff ' parmi

les Anarchs de la ville. Au début c'était un surnom in- sultant, mais maintenant, il exige qu'on l'utilise. C'est un traître à sa propre espèce, un laquais des Ventrus, et

les autres Brujahs le détestent presque universellement pour cette raison.

Chicago By Night

Père: Blanc Nature: Fanatique (ou Grincheux, cf Cendres) Attitude: Brute (ou Je-m'en-foutiste, cf Cen-

dres) Génération: Huitième Etreinte: 1869 (Né en 1834) Age Apparent: Fin de la trentaine Physique: Force 3, Dextérité 2, Vigueur 3 Social: Charisme 2, Manipulation 3, Apparence 2 Mental: Perception 3, Intelligence 3, Astuce 4 Talents: Comédie 2, Vigilance 2, Bagarre 4, Esquive 3, Intimidation 3, Connaissance de la Rue 3, Subterfuge 3 Compétences: Pilotage 2, Etiquette 1, Armes à Feu 3, Mêlée 1, Furtivité 2, Survie 1 Connaissances: Bureaucratie 2, Droit 2, Occul- tisme 3, Politique 1 Disciplines: Auspex 1, Célérité 2, Domination 5, Force d'Ame 3, Puissance 3 Historique: Troupeau 1, Ressources 2, Statut 2, Mentor 3, Servants 4 Vertus: Conscience 2, Maîtrise de Soi 2, Cou-

rage 3 Humanité: 4 Volonté: 5 Réserve de Sang/Max par Tour: 20/4 Image: Quand il n'est pas renfrogné, il a bonne apparence, et quand il décide de s'habiller, il n'a plus l'air d'un lourdaud. Cependant, Sheriff éprouve du plaisir à recevoir les insultes des autres Brujahs et à leur donner vie. Ainsi, récemment, il s'est mis à porter un stetson et des bottes de cowboy et a commencé à chiquer du tabac. Quand il n'est pas occupé à essayer d'impressionner ses pairs, toutefois, on peut le trouver dans le Râtelier, très bien habillé. Conseils d'Interprétation: Soyez arriviste, empiétez autant que possible sur l'espace vital des personnages. Laissez paraître dans votre voix votre ar- rogance et votre malveillance. Parlez avec un accent tramant du Sud des Etats-Unis, mais laissez-le tomber chaque fois que vous vous mettez en colère. Plus que tout, essayez de gagner le respect de ceux que vous malmenez. Vous voulez que les Brujahs, notamment, connaissent et craignent votre nom. Refuge: II a beaucoup de Refuges différents, tous extrêmement bien dissimulés. Pendant son som- meil, il est toujours gardé par l'un de ses servants au moins.

Secrets: B Influence: II n'a aucune influence, en dehors de celle que lui donne Ballard ou de celle qu'il extorque à ceux qu'il brutalise. Ses servants sont quatre anciens flics (tous ont été renvoyés de la police et se montrent tout aussi impitoyables que lui) qui sont bien entraînés à avoir affaire à des Vampires et feront pratiquement tout ce qu'il ordonnera. Ils sont très bien conditionnés.

Marc Levesque ("Frenchie")

Marc Levesque est issu d'une longue lignée de Canadiens français qui luttèrent pour l'indépendance du Québec. Le mouvement n'était pas aussi bien orga- nisé à la fin des années 1860 qu'à la fin du vingtième

La famille

siècle, mais il avait quand même des adhérents. Leves- que commença son activisme anti-anglais à l'âge de douze ans, en ajoutant une moustache à un buste de la Reine Victoria. De là, il passa à des agressions sur des citoyens anglais et, finalement, à des attentats à la bombe contre leurs maisons et leurs entreprises. Sa ferveur révolutionnaire lui attira l'amitié de Balthazar et, alors que celui-ci travaillait toujours pour la Confé- dération, il convainquit Levesque de l'aider à l'occa- sion. Après la fin de la Guerre de Sécession, quand Balthazar fut devenu un Vampire, ils restèrent amis. Un attentat à la bombe prévu contre un bureau de poste, en 1870, tourna mal lorsque le compagnon de Levesque glissa alors qu'il se préparait à jeter un paquet de dynamite allumé à l'intérieur. Seul le saut dément de Levesque derrière une voiture voisine l'em- pêcha de partager le sort funeste de son ami. Il fut ce- pendant grièvement blessé dans l'explosion et réussit à peine à se traîner jusqu'à sa cachette. Il y était la nuit où Balthazar vint voir ce qui était arrivé à son ami. Balthazar parla à Levesque de sa vie parmi la Famille, et offrit au révolutionnaire son sang curatif et la vie de Vampire. Levesque accepta sans perdre de temps. Toutefois, peu après l'Etreinte, il fut pris par le Père de Balthazar, une splendide Vampire française, qui lui donna son sang à trois reprises. Il tomba éper- dument amoureux d'elle et ils conçurent une amitié encore plus étroite que celle qui existait entre son Père

et lui.

Durant les années suivantes, Levesque utilisa ses capacités de Vampire pour terroriser les Canadiens anglophones, mais quand Alexie et Balthazar partirent à Chicago, il les accompagna. Il vint en aide à la gran- de révolution des socialistes et des Anarchs, et com- mençait tout juste à se faire une place dans cette nou- velle ville, quand son Père retourna sa veste. Un moment, il reposait à côté de l'amour de sa vie et, le suivant, elle avait un pieu dans le cœur. Puis le Refuge fut détruit par les flammes.

de l'amour de sa vie et, le suivant, elle avait un pieu dans le cœur. Puis

A ce jour, Levesque hait Balthazar pour ce qu'il

a fait, et serait prêt à presque tout pour lui causer du

tort. Cependant, il craint son Père et n'a pas encore eu le courage de faire quoi que ce soit. Bien qu'il com- prenne maintenant le processus du Lien par le Sang, il refuse de croire que son amour pour Alexie était autre que pur et spirituel. Il espère tragiquement qu'elle est plongée dans la Torpeur sous son Refuge, ayant d'une manière ou de l'autre réussi à Fusionner avec la Terre

avant d'être anéantie par les flammes.

Père:Balthazar

Nature: Martyre

Attitude: Fanatique Génération: Neuvième

Etreinte: 1870 (Né en 1850) Age Apparent: Un peu plus de vingt ans

Physique: Force 4, Dextérité 4, Vigueur 3 Social: Charisme 4, Manipulation 3, Apparence 3 Mental: Perception 2, Intelligence 3, Astuce 3

Talents: Vigilance 3, Sports 2, Bagarre 3, Es- quive 4, Connaissance de la Rue 1 Compétences: Pilotage 1, Armes à Feu 3, Sé- curité 2, Furtivité 2

2, Linguistique

2, Politique 2, Explosifs 2

Disciplines: Célérité 4, Puissance 4, Présence 2, Métamorphose 1 Historique: Ressources 2, Servants 3 Vertus: Conscience 2, Maîtrise de Soi 4, Cou-

rage 4 Humanité: 6 Volonté: 8 Réserve de Sang/Max par Tour: 14/3

Image: Jeune Canadien français impétueux. II a plusieurs cicatrices visibles sur le visage.

Conseils d'Interprétation: Vous parlez avec un accent québécois accentué pour insister sur l'or- gueil que vous éprouvez au sujet de votre patrimoine. Glissez des termes comme "coup de grâce", "nostalgie de la boue" (dégradation), "éminence grise" et "ména- ge à trois". Vous baissez positivement votre surnom (Frenchie) et vous vous mettrez en colère s'il est utili- se en votre présence. Refuge: Une maison près du Chicago Stadium,

là où jouent les Blackhawks.

Secrets: C Influence: Les servants de Levesque sont de fi- dèles Canadiens français qui lui servent de pilotes, de gardes du corps et d'informateurs.

Damien

Damien est un homme prisonnier du corps d'un

garçon de quatorze ans. Il a pris beaucoup d'assurance après avoir vécu comme un Vampire pendant plus de vingt ans, mais il ne s'est jamais totalement débarrassé de son allure d'enfant. 11 a été Etreint à la fin des an- nées 60 par un Brujah d'une Génération très ancienne;

il ne sait pas qui est son Père, mais pourrait réaliser un

jour qu'il s'agit de Critias, l'un des Primogènes de Chicago. Pour des raisons personnelles, Critias ne resta pas pour aider le jeune garçon à surmonter le trauma- tisme de l'expérience. N'ayant toujours pas été présen-

Connaissances:

Investigation

té au Prince, Damien en sait très peu au sujet de la so- ciété des Anciens, juste ce que lui ont appris de cons- tantes persécutions. Sheriff, qui semble lui en vouloir, ira très loin pour lui rendre la vie impossible — il n'a aucune idée de la puissance réelle de Damien, mais sait que celui-ci est difficile à tuer. Damien a été un gosse des rues sans Refuge per- manent depuis son Etreinte, mais il ne s'est toujours pas habitué à son besoin de sang. Il compense ces dé- fauts en se présentant comme une force insatiable et ir- résistible — son ego n'a pas de limites. Damien est presque comme un Toréador dans sa quête de plaisir, bien que celle-ci n'égale pas son esprit de révolte. Der- rière son attitude bravache, c'est un individu très fré- quentable, avec un sens de l'honneur très développé. Durant les dernières années, il est devenu l'ami d'un des Anciens de la ville, un Malkavien nommé Johann, qui a beaucoup fait pour lui apprendre les façons de la Famille. II a énormément appris de Johann, qui est peut- être bien le seul Vampire en qui il a vraiment confian- ce. Johann lui-même ne peut dire pourquoi il aide Da- mien — ce n'est pas parce qu'il est contrôlé — et il est très dangereux pour lui d'agir ainsi. Il existe un étran- ge attachement entre ces deux-là; quelque chose qui va bien plus loin que l'amitié normale entre Vampires, quelque chose qui va même au-delà du Lien de Sang que tant partagent. S'il doit y avoir des surprises dans le Jyhad qui se déroule à présent entre les Mathusalems, elles pour- raient venir de ce minuscule Brujah. Il détient beau- coup de secrets qui seraient une surprise pour tous, plus particulièrement lui-même. Père: Critias

Nature: Rebelle

Attitude: Enfant Génération: Sixième Etreinte: 1968 (Né en 1954)

Age Apparent: Jeune adolescent

Physique: Force 2, Dextérité 4, Vigueur 3

Sixième Etreinte : 1968 (Né en 1954) Age Apparent : Jeune adolescent Physique : Force 2,

Social: Charisme 2, Manipulation 4, Apparence 4 Mental: Perception 3, Intelligence 3, Astuce 5 Talents: Comédie 3. Vigilance 2, Sports 4, Ba- garre 4, Esquive 4, Intimidation 2, Connaissance de la Rue 5, Subterfuge 3 Compétences: Armes à Feu 4, Mêlée 1, Furti- vité 4, Survie 3, Sécurité 3 Connaissances: Investigation 1, Droit 1, Occul- tisme 3, Politique 1 Disciplines: Célérité 4, Domination 2, Puissance 3 Historique: Contact 1, Statut 3, Mentor 3 Vertus: Conscience 4, Maîtrise de Soi 1, Cou-

rage 3

Autres Traits: Fana du Top 50 Humanité: 6 Volonté: 9 Réserve de Sang/Max par Tour: 20/4 Image: Malgré son apparente jeunesse, sa Gé- nération ancienne le rend très puissant. Sa conduite ar- rogante contraste violemment avec son visage "angéli- que". Il a des cheveux d'un noir de jais et de grands yeux qui semblent remarquer tout ce qui se passe autour de lui. Il est toujours vêtu à la dernière mode et invariablement de façon voyante et absolument dépourvue de goût. Il parle et agit comme un adulte, mais au fond de lui-même, c'est encore un adolescent, ce qu'on peut facilement remarquer avec un peu d'Em-

pathie Conseils d'Interprétation: Agissez avec beau- coup plus de dureté que votre apparence pourrait le laisser supposer — gesticulez le plus possible. Ne lais- sez personne élever la voix sans en faire autant vous- même. Essayez toujours de prendre les femmes de ceux que vous rencontrez et ignorez-les avec noblesse quand elles vous repoussent. Refuge: Damien vit actuellement avec Johann (voir le paragraphe concernant celui-ci dans la section Malkaviens), mais il entretient aussi un appartement dans le centre ville, où il peut emmener ses Calices (in- variablement des femmes) une fois qu'il les a "levés". C'est là qu'il laisse en temps normal Néon, le jeune Vampire qu'il a adopté, car il n'a pas encore parlé de lui à Johann. Secrets: C Influence: Aucune, mais il a conservé une certaine réputation et le respect de quelques-uns des Vampires.

Travis Fett

Bien qu'il ait grandi dans un rude quartier noir, Travis Fett n'a jamais eu beaucoup de succès en jouant les durs. Décharné et studieux, il découvrit rapidement que sa meilleure défense contre la brutalité était un es- prit rapide et une capacité à pousser n'importe qui à s'en prendre à quelqu'un d'autre. Son oncle, qui avait travaillé dans le cabaret, puis dans les boîtes de nuit, comme musicien, magicien et tout ce qui pouvait le faire monter sur une scène, enseigna la danse et la musique au garçon, et incorpora bientôt Travis à ses numéros personnels. Avant l'âge de treize ans, ce der- nier connaissait le succès à Chicago et dans tout le Midwest.

La famille

Toutefois, cela ne lui suffisait pas. Il désirait ar- demment être craint et respecté, et ne voyait pas com- ment faire rire et applaudir les gens pourrait lui per- mettre d'en arriver là. Il essaya de devenir boxeur, mais fut mis knock- out à son premier match des Gants d'Or. Il essaya d'apprendre le karaté, mais se cassa une main en ten- tant de briser une brique. Il essaya de s'engager dans l'armée quand il eut 16 ans, en 1980, mais il fut rejeté pour avoir quitté l'école avant la huitième. Le cœur brisé, il décida de mettre un terme à sa vie. Alors qu'il se préparait à marcher dans le Lac Michigan pour la dernière fois, il remarqua qu'une grande femme noire l'avait suivi. Elle le salua et com- mença à parler en détail de sa vie à lui. Stupéfié, Travis demanda à la femme qui elle était. Elle lui dit que son nom était Bélial, et qu'elle le surveillait depuis longtemps. Elle l'entraîna loin du Grand Lac et l'emmena dans son Refuge, où elle fit de lui un Damné. Durant les années qui suivirent, Travis se délec- ta de sa nouvelle existence. Il avait du pouvoir à ne sa- voir qu'en faire, et le fit savoir. Il revint dans le circuit des boîtes de nuit, jouant du saxophone et chantant, tandis qu'en même temps, il préparait sa vengeance contre tous ceux qui l'avaient contrarié un jour. Puis vint la montée au pouvoir de Maldavis. Le Père de Travis, Bélial, était une vieille alliée de Mal- davis, et elle entraîna Travis dans la révolte des Anarchs. Toujours suffisant en ce qui concernait ses nouveaux pouvoirs, Travis crut que rien ne pourrait ré- sister à ses amis et lui. C'était avant qu'il ne commen- ce réellement à combattre les alliés de Lodin. Il apprit rapidement qu'il y avait de nombreux Vampires bien plus puissants que lui. Cette leçon se grava dans son esprit quand les partisans du Prince lancèrent leur pre- mière attaque massive contre ceux de Maldavis. Bélial fut l'une des dernières à tomber et Travis observa avec horreur depuis sa cachette l'un des rejetons du Prince mettre son corps exsangue en lambeaux.

et Travis observa avec horreur depuis sa cachette l'un des rejetons du Prince mettre son corps

Il fuit la ville et regagna le circuit des boîtes de nuit. Ses rêves d'invulnérabilité détruits, Travis jura d'abord ne jamais revenir à Chicago. Cependant, avec les années, sa crainte se transforma en haine. Mainte- nant, il est de retour, assoiffé de vengeance. Il cherche en particulier le rejeton de Lodin qui a anéanti Déliai — il ignore le nom du Vampire, mais sait seulement que celui-ci est aussi noir que lui-même et porte les vêtements d'un membre du gang du Sang. Père: Bélial Nature: Rebelle Attitude:Bouffon Génération: Treizième Etreinte: 1980 (Né en 1964) Age Apparent: Adolescent Physique: Force 2, Dextérité 5, Vigueur 4 Social: Charisme 5, Manipulation 3, Apparence 3 Mental: Perception 4, Intelligence 2, Astuce 4 Talents: Comédie 4, Vigilance 2, Sports 3, Ba- garre 1, Esquive 2, Empathie 3 Compétences: Pilotage 2, Comédie 4, Danse 5, Musique 4, Magie de Scène 2

Connaissances: Vaudeville 3 Disciplines: Célérité 1, Dissimulation 1, Puis- sance 2, Présence 3 Historique: Alliés 1, Renommée 2, Ressources 2, Servants I Vertus: Conscience 3, Maîtrise de Soi 2, Cou-

rage 4 Humanité:6 Volonté: 8 Réserve de Sang/Max par Tour: 10/1 Image: Ressemble à un jeune Malcolm X. Dé- charné et la peau plutôt claire, il porte des lunettes et a les cheveux courts. Conseils d'Interprétation: Si possible, faites des jeux de mots sur presque tout. Autrement, prenez à la légère les soucis de tout le monde. Refuge: Sous le Second City Comedy Club. Secrets: C- Influence: Son allié est son oncle, qui possède une influence modérée dans le monde du spectacle. Sa renommée et ses ressources viennent de ses dons artis- tiques et son manager lui sert de servant.

ses dons artis- tiques et son manager lui sert de servant. 4,3 Les Caitiffs There was

4,3 Les Caitiffs

There was a message for him when he got home

His mother had rung to tell him he was dead

— Lubricated Goat, Jason the Unpopular

Les Caitiffs ont peu ou pas d'organisation. En dehors du fait que tous sont des Anarchs et appartien- nent à une Coterie Anarch ou l'autre, ils ont très peu de rapports les uns avec les autres. Ils n'ont pas l'im- pression de partager une identité commune et tendent à mépriser l'ensemble du concept de clan. Pour eux, ce sont les temps modernes et les clans n'ont plus au- cune importance.

Gengis

Gengis est l'un des plus grands défenseurs des Anarchs — il se rebelle impulsivement et par réflexe. Il fut créé à la fin des années 60 par un Brujah en route vers la côte ouest, qui fut brièvement attiré par son sens du style; son Père déménagea peu de temps après, et il lui fallut apprendre à se frayer son propre chemin dans la société des Vampires. Dans les années 70, il fut l'u n des premiers punks et n'a jamais aban- donné ce genre d'apparence — elle lui va trop bien. Gengis, fermement pro-Anarch, hait les An- ciens. Il n'y a rien qu'il aime plus qu'une bonne bagar- re, particulièrement si du sang est répandu. Il n'a pas encore accepté sa propre immortalité, mais il se sent peu concerné par sa sécurité personnelle. 11 ne l'ad- mettrait jamais — pas même à lui-même —, mais il est très conformiste (vis-à-vis des valeurs des punks cl des Anarchs) et veut toujours suivre le groupe. S'il pense que quelqu'un est "cool", il voudra le suivre et l'imiter, et au bout d'un moment, il quêtera avis et

conseils de la personne qu'il considérera comme le chef. Si un personnage se révèle un puissant chef, Gengis sera aussitôt et naturellement entraîné dans son

orbite. Bien qu'il apparaisse comme un punk quand il va dans le monde, Gengis possède un appartement en co-propriété, bien tenu, où il aime regarder les matchs des Chicago Bulls et faire la cuisine pour les nom- breux amis Yuppies qu'il s'est fait au fil des années. Ceux-ci ne réalisent pas que c'est un Vampire (quelle idée absurde !), mais ils savent qu'il est. d'une certai- ne manière, étrange.

c'est un Vampire (quelle idée absurde !), mais ils savent qu'il est. d'une certai- ne manière,
Père ; Ethrica Nature : Conformiste Attitude : Visionnaire Génération: Douzième Etreinte : 1967 (Né

Père; Ethrica Nature: Conformiste Attitude: Visionnaire Génération: Douzième Etreinte: 1967 (Né en 1948) Age Apparent: La vingtaine Physique: Force 3, Dextérité 3, Vigueur 3 Social: Charisme 3, Manipulation 2, Apparence 3 Mental: Perception 4, Intelligence 3, Astuce 3 Talents: Vigilance 2, Sports 1, Bagarre 2, Es- quive 2, Intimidation 2. Connaissance de la Rue 3, Subterfuge 2 Compétences: Pilotage 2, Etiquette 1, Armes à Feu 3, Sécurité 2, Furtivité 2, Survie 1 Connaissances: Investigation 1, Droit 2, Occul- tisme 2 Disciplines: Auspex 4, Célérité 2, Puissance 2, Présence 1 Historique: Alliés 2, Troupeau 2, Ressources 2 Vertus: Conscience 3, Maîtrise de Soi 3, Cou-

rage 3 Humanité:7 Volonté: 6 Réserve de Sang/Max par Tour: 20/4 Image: Avec son crâne rasé, la dague tatouée juste au-dessus de son oreille droite et son épingle à nourrice dans le nez, on peut facilement deviner qu'il est à part. En fait, il est si loin qu'il est paumé. Conseils d'Interprétation: Hochez la tête len- tement et plissez les yeux quand vous jouez ce person- nage. Parlez avec force, mats jamais directement du sujet en question, Refuge: Un appartement en copropriété près de la Gold Coast. Secrets: D- Influence: Son troupeau est un groupe de Yup- pies, mais ils ont peu de pouvoir politique. Comme beaucoup de Caitiffs, il n'a aucune influence sur le monde des mortels.

LaFamille

Gordon Keaton

Gordon était un yuppie avant que les yuppies soient à la mode. Jeune cadre ayant réussi dans la pu- blicité au début des années 70, il vivait dans un appar- tement élégant sur la Gold Coast de Chicago, possé- dait une voiture de sport allemande et tous les gadgets électroniques qui faisaient que sa vie valait la peine d'être vécue. Ses campagnes publicitaires étaient tou- jours couronnées de succès, ses parents n'étaient plus autour de lui pour l'ennuyer avec leurs foutaises FDR- Libérales-Démocrates, et le monde était son huître, prête à être engloutie. C'est précisément ce style de vie, ainsi qu'une campagne publicitaire parodiant les Black Panthers, qui lui valut l'inimitié de Théodore Dooley. Le plan d'origine de Dooley était simplement de boire jusqu'à la dernière goutte du sang de Gordon. Toutefois, le moment venu, il décida de suivre une idée malkavienne et de voir s'il pouvait rendre Keaton fou en le transformant en Vampire, Durant une semai- ne, Dooley garda Gordon enfermé dans un placard de son propre appartement élégant de jeune cadre, lui ponctionnant un peu de sang chaque jour. Durant

dans un placard de son propre appartement élégant de jeune cadre, lui ponctionnant un peu de

cette semaine, Dooley chercha partout quelqu'un qui fût proche de Gordon, afin de pouvoir torturer celui-ci avec le pire dilemme du Nouveau-Né — la Soif de la vie de quelqu'un qu'on aime. Mais il ne put trouver personne — Gordon semblait n'aimer que lui-même. Finalement, en désespoir de cause, Dooley kidnappa le

garçon de sept ans d'un voisin et l'attacha sur une chaise. Puis il acheva de faire de Gordon l'un des Morts-Vivants, et laissa sortir du placard le Vampire émacié et mourant de faim. Gordon, incapable de ras- sembler la force pour combattre Dooley, absorba avec plaisir tout le Fluide Vital du corps du garçon, en l'es- pace de quelques battements de cœur, puis se retourna contre son Père. Toutefois, il ne faisait pas le poids en face du Vampire plus âgé. Dooley, écœuré par l'empressement de Gordon à boire le sang de l'enfant, le projeta à tra- vers les portes-fenêtres du balcon dans le Lac Michi- gan qu'elles surplombaient. Gordon survécut à la lon- gue chute, et réussit à nager jusqu'à une maison flottante amarrée sur le lac. Il massacra la famille qui

y vivait et passa plusieurs semaines à récupérer à bord. Gordon a passé l'essentiel de son existence, de- puis son changement, à essayer de se venger de Doo- ley. Durant les soulèvements du milieu des années 80,

il tendit une embuscade à un autre Vampire noir qu'il

pensait être son Père, cl but sou sang jusqu'à la derniè- re goutte. Alors qu'il réalisa vite qu'il avait commis une erreur en tuant le mauvais Vampire, il découvrit également le secret de l'effet du Fluide Vital d'un Caï- nite plus âgé. Il fut prompt à se rendre compte que le

sang de Vampires de sa génération, ou plus jeunes, n'avait pas le même effet.

Gordon est le Caitiff le plus ancien de la ville et

il est devenu un leader dans sa branche des Anarchs. Il

n'est lui-même pas tant intéressé par les buts des Anarchs que par l'accroissement de son pouvoir per- sonnel. Comme sa méthode de chasse préférée consis- te à tuer ses victimes, il fait attention à cacher ou dé- truire leurs cadavres pour éviter la colère de Lodin. Dooley continue à le surveiller attentivement, mais actuellement, il pense plus à Gordon comme à un allié que comme à un ennemi. Cette attitude pourrait bien entraîner sa chute, car Gordon n'a ni oublié, ni par-

donné. Père: Dooley Nature: Fanatique Attitude: Bon Vivant Génération: Dixième Etreinte: 1972 (Né en 1944) Age Apparent: La trentaine Physique: Force 3, Dextérité 3, Vigueur 3 Social: Charisme 4, Manipulation 4, Apparence 4 Mental: Perception 3, Intelligence 2, Astuce 2 Talents: Comédie 2, Vigilance 2, Intimidation 4, Commandement 2, Subterfuge 2 Compétences: Pilotage 3, Etiquette 4, Armes à

Feu 3 Connaissances: Bureaucratie 2, Finance 4, In- vestigation 2, Droit 2, Politique 1 Disciplines: Auspex 1, Domination 4. Thauma- turgie 1 Historique: Contacts 2, Ressources 2

74

Vertus: Conscience 0, Maîtrise de Soi 0, Cou-

rage 1

Humanité: 0 Volonté: 8 Réserve de Sang/Max par Tour: 13/2 Image: Un bel homme, grand et brun, d'lm83, 92 kg avec un hâle prononcé et des cheveux brun foncé. Imberbe. Toujours extrêmement bien habillé. Conseils d'Interprétation: Faites de votre mieux pour faire une bonne première impression, en étant d'accord avec les gens et en parlant de votre voix la plus flatteuse. Si vous êtes dérangé ou menacé, vous devenez nettement plus irascible, cherchant à "mor- dre" tout et tout le inonde. Refuge: Le bordel de Madame. Il possède aussi un appartement au dernier étage d'un immeuble, avec des vitres teintées Secrets: B Influence: Gordon s'en remet à Madame pour la plupart de ses besoins matériels; ainsi peut-il se concentrer sur son propre désir fanatique de puissance.

Priscilla Gibbs ("Madame Zharinsky")

Tout allait bien pour Priscilla Gibbs quand elle tenait son bordel pour les hommes d'affaires de Chica- go. Elle était heureuse, ses clients étaient heureux, et si l'une des filles avait besoin d'être disciplinée, Mada- me était plus qu'heureuse de le faire elle-même. La souffrance était ce qui la rendait heureuse, et elle sa- vait très bien s'y prendre. L'un de ses nombreux clients heureux était Gor- don Keaton qui, parce qu'il utilisait très souvent les employées de Priscilla dans ses projets professionnels, était devenu un ami proche. En effet, le bordel snobi- nard de Priscilla, à Arlington Heights, fut le premier Refuge du jeune Caitiff après qu'il eut quitté la mai- son flottante, et il devint l'un des éléments les plus po- pulaires de ses réceptions "Punish and Judy" réputées — des séances sado-masochistes appréciées de l'élite de la société de Chicago. Priscilla était fascinée par ce que le jeune cadre était devenu, et elle lui accorda un endroit sûr en échange de son aide pour éliminer une partie de ses concurrents. Elle l'avait admiré en secret pendant un bon moment avant le changement, mais sa nouvelle forme était encore plus ensorcelante. Bientôt, le seul prix qu'il eut à payer pour rester dans la demeure fut un peu de son Sang immortel, qui faisait s'évanouir d'extase Priscilla. Une nuit, à la fin d'une réception particulière- ment réussie, se sentant grisée par l'alcool et par sa va- nité personnelle, elle tenta son coup. Elle entra à grands pas dans la retraite privée de Gordon, où il re- posait, se préparant au lever du soleil. S'allongeant sur lui, elle lécha le sang ruisselant encore de ses lèvres et lui demanda de faire d'elle un Vampire. Tout d'abord. il fit des difficultés, et lui dit de le lui redemander une autre nuit. Refusant d'accepter qu'il réconduise, et toujours sous l'effet de ce qu'elle avait absorbé durant la réception, elle ouvrit la chemise de Gordon et le mordit juste au-dessus du mamelon droit, aspirant un peu de son puissant Fluide Vital. Revigorée par le

Chicago

By

Night

goût, elle déchira sa propre chemise de nuit et insista pour qu'il lui fasse la

goût, elle déchira sa propre chemise de nuit et insista pour qu'il lui fasse la même chose. Espérant que ceci calmerait ses exigences, il perça doucement son sein 6l commença à boire. Cependant, le Fluide Vital riche en alcool et en drogues qu'il lui prit, ajouté à celui dont il avait fes- toyé durant la réception, s'avéra très vite trop pour lui. Au bout de quelques secondes, sa seule préoccupation au sujet de Madame était son sang doux et chaud. Il était à peine conscient qu'elle avait planté ses propres dents dans sa nuque. En quelques instants, Gordon avait absorbé tout le sang enivrant du corps de Mada- me. Puis il sentit que son propre sang lui était soutiré. Il repoussa Priscilla et la projeta à travers la pièce avant d'avoir pleinement compris ce qui s'était passé. Mis en colère par sa fourberie, mais ne désirant pas perdre son refuge, il lui donna un peu plus de son Sang immortel avant de se retirer pour la journée. La nuit suivante, quand Priscilla demanda si elle était à présent un Vampire, un sourire grimaçant de mauvais augure traversa le visage de Gordon. Il dit à son Infante qu'elle devait boire deux fois encore son Sang avant de pouvoir réellement marcher parmi les Morts-Vivants. N'ayant aucune raison de douter de sa parole. Madame se retrouva bientôt Liée par le Sang à Gordon, et sous le contrôle d'un homme plus cruel qu'elle le fui jamais. Madame tient toujours son agence de call-girls et son bordel, qui sert de terrain de chasse principal pour son Père et pour elle-même, mais elle s'en est lentement de plus en plus détachée. Gordon garde son contrôle sur elle aussi subtil que possible, mais elle en demeure toujours consciente, et après s'être nourri du sang de mortels ivres, il prend un grand plaisir à l'obli- ger à commettre des actes de plus en plus dégradants. Elle s'est nourrie sur des héroïnomanes pour minimi- ser la souffrance d'avoir perdu son libre-arbitre, mais elle est rapidement devenue suicidaire. A présent, seule la domination de Gordon la maintient en vie.

LaFamille.

Père: Keaton Nature: Dirigeant Attitude: Bon Vivant Génération: Onzième Etreinte: 1973 (Née en 1932) Age Apparent: Le début de la quarantaine Physique: Force 3, Dextérité 3, Vigueur 2 Social: Charisme 4, Manipulation 4, Apparence 5 Mental: Perception 2, Intelligence 2, Astuce 2 Talents: Comédie 2, Sports 2, Empathie 4, Inti- midation 3, Commandement 1, Connaissance de la

Rue 2 Compétences: Animaux 1, Pilotage 2, Etiquet- te 4, Armes à Feu 1, Musique I Connaissances: Bureaucratie 3, Informatique 1, Finance 3, Droit 2, Médecine 2, Chicago 1 Disciplines: Domination 3, Présence I Historique: Contacts 3, Influence 3, Ressour- ces 4, Servants 5 Vertus: Conscience 1, Maîtrise de Soi 3, Cou-

rage 2 Humanité: 4 Volonté: 5 Réserve de Sang/Max par Tour: 11/ 1 Image: Une splendide femme aux cheveux aile-de-corbeau, plus de la première jeunesse mais avec des yeux violets pour lesquels on mourrait. Dotée d'une silhouette opulente et toujours en bonne forme grâce à un exercice régulier. Conseils d'Interprétation: Vous êtes habituée à commander et la plupart de vos déclarations pren- nent la forme d'ordres. Cependant, des événements ré- cents vous ont laissée extrêmement frustrée, ce qui a tendance à transparaître dans le ton de votre voix. Refuge: Son borde! d'Arlington Heights. Secrets: C- Influence: Les contacts et l'influence de Mada- me viennent des nombreux politiciens et chefs d'entre- prise locaux qui ont eu recours à ses filles. On trouve parmi eux nombre des hommes les plus puissants de Chicago. Madame détient le pouvoir par le fouet et la caresse, au moyen de photos compromettantes et de promesses de faveurs futures. Son contrôle sur ses clients grandit à chaque visite qu'ils rendent à son antre de plaisir — ils sont enivrés par ce qu'elle peut leur donner en utilisant ses pouvoirs vampiriques. même s'ils ne comprenne!!! pas comment elle fait ce qu'elle fait. Le réseau de son contrôle s'étend lente- ment et, à présent, elle est assurément le plus puissant des Caitiffs — peut-être même le plus puissant des Anarchs. Donc, dans une crise future, son influence pourrait être cruciale, que les protagonistes soient un Mathusalem contre un Mathusalem, les Anciens contre les Anarchs, ou même Lodin contre Modius. Si quelqu'un pouvait la libérer du contrôle de Keaton. elle en arriverait probablement à réaliser quelle puis- sance elle détient et se montrerait reconnaissante en- vers son "sauveur".

Richard Fulcher ("Dickie")

Richard Fulcher haïssait la vie à Carbondale, Illinois. Il fît plusieurs fugues avant de couper tous les liens en 1975, à l'âge de 13 ans. Il s'enfuît vers le nord, à Chicago, et durant les deux années suivantes, vécut l'existence précaire d'un adolescent fugueur. Le mouvement hippie, qui avait longtemps pro- curé un logement de substitution aux gamins comme Dickie, agonisait, laissant livrés à eux-mêmes les jeu- nes nouveaux arrivants. Dans le vide laissé par cette disparition apparut le mouvement punk, que Dickie découvrit pour la première fois en 1977 grâce à Valé- rie, une jeune punk anglaise. Cette mince Vampire de 14 ans l'initia également aux plaisirs du Sang. Bientôt, tous deux coururent les rues de Chica- go, la nuit, savourant leurs pouvoirs et se nourrissant des gens comme il faut qui leur empoisonnaient l'exis- tence. Dickie était excessivement heureux de sa nou- velle existence et du Lien de Sang qu'il partageait avec Valérie. Cependant, celle-ci avait des plans qui allaient plus loin que de se contenter de terroriser les

gens comme il faut. Il lui avait fallu quitter l'Angleter- re au début des années 70 après l'échec pitoyable de la tentative faite par les Anarchs pour s'emparer de Bir- mingham. Valérie avait déjà entrepris quelques mala- droites tentatives pour organiser les Anarchs de Chica- go quand Dickie, à qui l'on avait confié la mission de tenir à l'œil les Tremeres, découvrit Carol Davis (à présent Maldavis — voir ci-dessous), gisant à l'exté- rieur d'une boîte de nuit de Chicago. Valérie et lui la soignèrent jusqu'à son rétablissement et lui parlèrent du monde dans lequel elle avait été projetée. Ils furent

à leur tour stupéfiés par les pouvoirs incroyables que

Maldavis manifesta bientôt. Quand celle-ci commença

à mener des actions contre l'ordre établi par les Vam-

pires, Valérie devint l'un de ses partisans les plus dé- voués, et comme toujours, Dickie suivit Valérie. Celle-ci paya le prix suprême quand le coup d'état de Maldavis échoua, et cette fois-là, Dickie ne la suivit pas. Pris au piège sous les ruines du quartier général des Caitiffs, totalement sans défense, il put ressentir directement l'agonie de celle qu'il aimait,

alors que le soleil la consumait lentement sur le toit de la Sears Tower, un pieu planté dans le cœur par Bal- lard et ses hommes. Il jura alors de se venger de Lodin et de sa Coterie et a voué le reste de son existence à acquérir la puissance nécessaire pour tenir parole. Grâce à l'excellente Dissimulation de Dickie, Lodin n'a appris que récemment que le garçon avait survécu

à l'effondrement de l'immeuble. Dickie est actuelle-

ment en deuxième position sur la liste noire du Prince, derrière Maldavis elle-même.

Père: Valérie Nature: Rebelle Attitude: Survivant Génération: Neuvième Etreinte: 1977 (Né en 1962) Age Apparent: Adolescent Physique: Force 3, Dextérité 5, Vigueur 4 Social: Charisme 1, Manipulation 2, Apparence 3 Mental: Perception 4, Intelligence 2, Astuce 3

76

3 Mental : Perception 4, Intelligence 2, Astuce 3 76 Talents: Comédie 3, Vigilance 4, Sports

Talents: Comédie 3, Vigilance 4, Sports 2, Ba- garre 3, Esquive 4, Connaissance de la Rue 5 Compétences: Animaux 2, Pilotage 2, Armes à Feu 1, Mêlée 2, Sécurité 3, Furtivité 3 Connaissances: Chicago 4 Disciplines: Animalisme 2, Célérité 2, Dissi- mulation 4 Historique: Aucun. Il est le parfait chat de gouttière dans tous les sens du terme. Vertus: Conscience 2, Maîtrise de Soi 2, Cou-

rage 4

Humanité: 4 Volonté: 8 Réserve de Sang/Max par Tour: 14/3 Notes: L'animalisme de Dickie ne s'applique qu'aux rats, qu'il entraînait et gardait déjà quand il était encore mortel. Image: Jeune punk, Dickie portait une iroquoi- se de trente centimètres de haut au moment de son Etreinte, et il l'arbore toujours fièrement quand il se présente sous sa véritable apparence. A l'occasion, il utilise sa Dissimulation pour se donner un aspect dif- férent.

Conseils d'Interprétation: Vous avez été en cavale si longtemps que vous êtes plus que légèrement paranoïaque. Regardez sans cesse autour de vous et ne parlez que lorsque cela sert vos desseins. Refuge : N'importe où. C'est l'un de ces Anarchs qui préfèrent s'emparer d'une maison en ban- lieue et en terroriser les habitants avant de les tuer. Secrets: C+ Influence: Aucune

Chicago By Night

Carol Davis ("Maldavis")

Carol Davis reconnut Abraham DuSable (voir les Tremeres, p. 116) dans un club de jazz, une nuit de 1980. Elle sut sans l'ombre d'un doute que le gentle- man noir distingué, assis seul à une table d'angle, était son grand-oncle, qu'elle ne connaissait que par de vieilles photos de famille. Ses parents pensaient qu'il avait été tué par le Ku Klux Klan après la Première Guerre Mondiale — et il ne semblait pas plus âgé que sur les clichés. Il y avait là quelque chose de très étran- ge, à tel point qu'elle s'en rendit compte; elle l'obser- va donc durant presque toute la nuit. Après que ses amis furent rentrés se coucher, elle alla parler au vieil homme, qui semblait perdu dans la musique. Il la regarda d'un air déconcerté quand elle lui dit qui elle était, mais réagit avec hor- reur quand elle lui dit qui il était. II lui promit de tout lui expliquer si elle l'accompagnait; elle était quelque peu réticente à le faire, mais au bout du compte, sa cu- riosité prit le dessus et elle accepta. Cependant, DuSable avait du mal à contrôler la Frénésie d'avoir été découvert. L'apparition de la jeune femme avait ranimé ses craintes d'être démasqué et de perdre le statut qu'il avait si soigneusement bâti parmi les Tremeres. En même temps, il sentait qu'il la désirait d'une façon dont il n'avait jamais désiré qui que ce fût auparavant. Dès qu'il quitta la boîte, la peur et la passion s'unirent et lui firent perdre le contrôle de sa Bête. Il emporta aussitôt la jeune femme et but son sang plus vite qu'il ne l'avait jamais fait auparavant. Puis, révolté par ce qu'il avait fait, il s'ouvrit le poi- gnet et laissa couler un peu de Fluide Vital dans la bouche de sa parente, avant de s'enfuir dans la nuit, ne laissant derrière lui que sa culpabilité. C'aurait pu être la fin pour Maldavis. Bien qu'ayant reçu un peu de Sang, elle était trop faible pour se déplacer, et serait morte sous les rayons flétris- sants de l'aube. Toutefois, Dickie, qui soupçonnait

sants de l'aube. Toutefois, Dickie, qui soupçonnait alors les Tremeres d'être derrière toutes les

alors les Tremeres d'être derrière toutes les manœuvres de la société des Vampires, avait observé DuSable et il s'intéressa à cette femme qui avait été Etreinte, puis abandonnée à la mort. Après l'avoir sau- vée et avoir constaté sa parenté avec le vieux Tremere, il la prit sous son aile et lui montra les divers aspects de la vie d'un Damné. Etant un Caitiff, il ne pouvait pas lui apprendre les compétences spécifiques des Tre- meres, et Maldavis (comme elle choisit de s'appeler) est le seul Caitiff connu qui n'ait pas été créé par un Brujah ou un autre Caitiff. Cependant, elle n'a jamais dit à qui que ce soit qui est son Père, et préserve son secret à cause d'un vague sentiment de loyauté fami- liale.

Après avoir vécu un an parmi les Vampires, Maldavis découvrit qu'elle possédait des capacités exceptionnelles; elle les attribue au fait qu'elle fut créée par un Tremere et reçut les enseignements d'un Caitiff. Elle ne sait pas, toutefois, qu'elle a été préparée par plusieurs Primogènes afin de mener une guerre contre Lodin. Elle a reçu du Sang d'Annabelle Trea- belle (voir les Toréadors, ci-dessous) et de Critias (voir les Brujahs, ci-dessus). Il suffit d'un léger coup de pouce de ces Anciens pour que Maldavis se mette à détester de plus en plus la façon dont Chicago était gouvernée. Elle commença à recruter parmi les Anarchs et, à sa grande surprise, elle se retrouva bien- tôt avec une puissante armée de partisans. Sa voix était la bonne, au bon moment de l'histoire — et avec les bons appuis. Elle prit également le temps d'étendre son pou- voir dans la société des mortels. Lodin ne prit cons- cience de ses activités qu'au début des années 80, et peu de temps après, une guerre totale éclata en ville. Au début, Maldavis eut la main haute sur la Famille et le bétail. Ses partisans prirent le contrôle de la munici- palité, et les Anarchs commencèrent à liquider bon nombre des Vampires qui soutenaient Lodin. Celui-ci se précipita alors vers le Primogène et jura de suivre ses ordres fidèlement et pour toujours si ses membres cessaient de soutenir Maldavis. Cette fois, le vote fut de quatre voix contre trois en sa faveur; les Primogè- nes avaient ce qu'ils voulaient et ils étaient prêts à mettre un terme à la tempête et au chaos. La vague re- flua, et les forces unies des Anciens rétablirent rapide- ment l'ordre. Bientôt, les pouvoirs de Maldavis dispa- rurent, tandis que la plupart de ses partisans étaient massacrés. Cependant, malgré les tentatives répétées de Lodin pour attenter à sa vie, Maldavis vit toujours et essaye activement d'entamer un autre round contre le Prince, bien qu'elle ait été forcée de prendre un rôle secondaire par rapport à Hinds et Juggler. Le fait qu'elle vive toujours a conduit Lodin et certains autres Vampires à croire que les Primogènes veulent la gar- der comme un atout, au cas où le Prince échapperait un jour à leur contrôle. Note: Les pouvoirs extraordinaires manifestés par Maldavis durant la rébellion étaient en fait la conséquence de l'aide des Anciens, tant par l'usage de leur Sang pour exécuter des prouesses physiques stu- péfiantes et soigner d'autres Vampires, que par leurs

actes invisibles. Même s'ils l'ont laissée tomber, elle a toutefois retenu l'attention d'autres Anciens, plus par- ticulièrement de l'Observateur de l'Inconnu (voir Au- tres, ci-dessous). Père: DuSable Nature: Architecte Attitude: Visionnaire Génération: Huitième Etreinte: 1980 (Née en 1955) Age Apparent: Entre 25 et 30 ans. Physique: Force 2, Dextérité 3, Vigueur 4 Social: Charisme 3, Manipulation 4, Apparence 3 Mental: Perception 5, Intelligence 4, Astuce 4 Talents: Vigilance 3, Bagarre 1, Esquive 2, Em- pathie 4, Commandement 5, Connaissance de la Rue 1 Compétences: Pilotage 1, Furtivité 3, Investi- gation 4 Connaissances: Bureaucratie 5, Droit 2, Politi- que 5, Chicago 5 Disciplines: Auspex 4, Domination 2, Présence 3, Force d'Âme 2 Historique: Ailles 4, Contacts 4, Influence 3, Mentor 2, Statut 2 Vertus: Conscience 5, Maîtrise de Soi 4, Cou-

rage 5

Humanité: 10 Volonté: 10 Réserve de Sang/Max par Tour: 15/4 Image: Une belle femme d'lm77, 60 kg, avec un regard impérieux. Conseils d'Interprétation: Vous êtes constam- ment déchirée entre le désir de changer la société des Vampires et la culpabilité que vous ressentez pour le tort que votre croisade a causé à ceux qui étaient vos alliés. Ainsi, vous essayez toujours d'être résolue, mais devenez hésitante et vous mettez à douter de vous-même chaque fois que vous essayez de vous re- prendre. Vous savez que vous êtes finie en tant que chef, que votre temps est révolu, et, en conséquence, que les autres peuvent facilement vous ignorer et vous rabaisser. Refuge: Maldavis a plusieurs Refuges sûrs un peu partout dans la zone métropolitaine et change sou- vent de Heu de repos. Disons qu'elle dort partout où vous pouvez l'imaginer. Secrets: B+ Influence: Elle n'en a plus beaucoup, quoi- qu'elle pourrait peut-être se tourner vers certains de ses anciens partisans au sein du Primogène si elle avait quelque chose de valeur à échanger, comme une infor- mation. Elle conserve encore de nombreux alliés mor- tels, occupant des positions importantes, sinon puis- santes.

Derrick Stack ("Uriah")

La petite amie de Derrick Stack, Carol Davis, disparut une nuit dans un club de jazz de Chicago. Il l'avait presque oubliée quand elle réapparut, tard une nuit à son appartement, trois ans après. Haletante, elle lui parla de sa nouvelle vie parmi la Famille, de la ba- taille à venir entre les législateurs et les rebelles, et de son rôle de chef dans cette lutte. Puis elle le supplia de

l'aider. Fasciné par la façon dont elle avait changé, sti- mulé par sa vitalité et sa sexualité accrues et incapable de résister à sa présence hypnotique, Derrick céda et se soumit à son Etreinte. Après une période d'adapta- tion relativement courte, il devint l'un des partisans de Maldavis les plus dévoués parmi les Damnés. L'une de ses tâches principales consistait à sur- veiller Lodin et à tenir les Anarchs au courant de ses mouvements. Un jour, Derrick perdit la trace du Prin- ce, et se précipitant pour le trouver, tomba dans une embuscade soigneusement préparée par Lodin et ses Rejetons. Au début, Derrick se prépara à lutter jusqu'à la mort, mais une fois que les hommes du Prince l'eu- rent maîtrisé, il se retrouva à regarder au fond des yeux sombres et inhumains de Lodin. Bientôt, il eut dit au Prince tout ce qu'il savait au sujet des Anarchs et de son ancienne maîtresse. Cette nuit-là, Lodin et ses alliés détruisirent les principaux sanctuaires des Anarchs, y compris le Refuge personnel de Maldavis, qui n'était connu que de Derrick et d'elle. Les Anarchs furent écrasés en quelques jours. Lodin a maintenu sa Domination sur Derrick de- puis lors. Ce dernier, qui a récemment pris le nom d'Uriah, d'après le mari de Belhsabée, possède en gé- néral son libre-arbitre, sauf pour certains domaines, comme combattre le Prince ou raconter ce qu'il a fait. Maldavis et les autres Anarchs ignorent son rôle dans la victoire du Prince, mais elle se refuse à lui faire confiance depuis. Sa principale mission pour Lodin consiste à découvrir où elle se trouve, afin que le Prin- ce puisse la tuer et mettre fin une fois pour toutes à cette période de l'histoire. Père: Maldavis Nature: Je-m 'en-foutiste Attitude: Séducteur Génération: Neuvième Etreinte; 1982 {Né en 1960)

Nature : Je-m 'en-foutiste Attitude : Séducteur Génération: Neuvième Etreinte ; 1982 {Né en 1960) 78

Age Apparent: Une vingtaine d'années Physique: Force 4, Dextérité 3, Vigueur 2 Social: Charisme 4, Manipulation 4, Apparence 4 Mental: Perception 3, Intelligence 2, Astuce 2 Talents: Comédie 2, Vigilance 2, Esquive 2, Séduction 3 Compétences: Pilotage 2, Armes à Feu 3, Fur- tivité 3 Connaissances: Investigation 2, Politique 2 Disciplines: Auspex 2, Domination 1, Puissan- ce 1, Présence 1 Historique: Contacts 1, Servants 2 Vertus: Conscience 2, Maîtrise de Soi 2, Cou-

rage 2 Humanité: 5

Volonté:4

Réserve de Sang/Max par Tour: 14/3 Image: Un bel et grand homme noir, musclé, avec une moustache bien taillée et des lunettes. Ses cheveux sont coupés en brosse, avec de petites lignes rasées sur les tempes. Conseils d'Interprétation: Plus votre disgrâce auprès des Anarchs s'est accentuée, plus vous êtes de- venu vantard. Essayez d'impressionner les nouveaux venus avec le rôle important que vous avez joué parmi les Anarchs avant que "Maldavis ne fiche tout par

terre". Refuge: Près d'un lycée en ville. Uriah a pris l'habitude de se nourrir sur des enfants. Secrets: B- Influence: Aucune. Il n'est rien de plus qu'un outil de Lodin.

JimmyHolcomb("Néon")

Fils d'une famille blanche de la classe moyenne aisée, Jimmy rentrait chez lui tard le soir quand Da- mien le remarqua. Le Caitiff s'introduisit dans la fa- mille de Jimmy, utilisant la discipline de Domination pour leur faire croire à tous qu'il était le grand frère de Jimmy. Mais Damien a fini par en avoir assez de vivre dans cette famille et il a décidé de partir. Cependant, après son départ, l'un des hommes de main de Sheriff attaqua les Holcomb, les assassinant tous dans un hor- rible bain de sang, et, pour finir, Etreignant le pauvre petit Jimmy. Damien apprit par les journaux cette "tue- rie rituelle", et trouva le garçon des jours plus tard, vi- vant dans un conduit souterrain et buvant le sang d'écureuils. Depuis, il protège Jimmy, qu'on appelle maintenant Néon, et cherche à dissimuler son existen- ce aux Anciens haïs. Jimmy a été sévèrement marqué par son expé- rience et est traumatisé de façon permanente. Il y a à présent une partie de lui-même qui demeure constam- ment hors d'atteinte; il a pris ce qu'il pense être le meilleur de lui-même, son moi enfant, et l'a mis là où personne ne pourra jamais lui faire de mal. A l'avenir, s'il survit, il aura beaucoup de travail à faire sur lui- même. Sa traversée de l'existence ne sera pas facile, et il semble, pour l'instant, qu'elle ne sera remplie que de tristesse et de mort

Mom (voir les Malkaviens) garde un œil sur Néon, et veut le materner. Père: un homme de main de Balthazar Nature: Enfant Attitude: Conformiste Génération:Neuvième Etreinte: II y a deux semaines à peine Age Apparent: Enfant Physique: Force 1, Dextérité 4, Vigueur 1 Social: Charisme 2, Manipulation 1, Apparence 3 Mental: Perception 2, Intelligence 2, Astuce 2 Talents: Vigilance 1, Sports 1, Bagarre 1, Es- quive 2, Connaissance de la Rue 1 Compétences: Etiquette 1, Furtivité 2 Connaissances: Occultisme 1 Disciplines: Célérité 1 Historique: Mentor 1 Vertus: Conscience 5, Maîtrise de Soi 2, Cou-

rage 2 Humanité: 10 Volonté: 4 Réserve de Sang/Max par Tour: 10/1 Image: Néon a le corps d'un jeune enfant de sept ans, avec des cheveux bruns ébouriffés et un visa- ge qui semble perpétuellement refléter la peur et la surprise. Conseils d'Interprétation: Soyez très silen- cieux et ne parlez qu'à Damien, toujours en chucho- tant. Ouvrez de grands yeux effrayés et soyez toujours sur le qui-vive. Refuge: Avec Damien. Secrets: F Influence: Aucune,

Ouvrez de grands yeux effrayés et soyez toujours sur le qui-vive. Refuge : Avec Damien. Secrets:

4.4 Les Gangrels

Si les Gangrels sont devenus bien organisés à Chicago, c'est principalement grâce au respect extrê- me que tous éprouvent pour Inyanga, la plus âgée d'entre eux, qui fait partie du Primogène. Quoiqu'ils ne se réunissent pas très souvent tous ensemble, ils sont pour la plupart en bons termes avec les autres, et les informations circulent rapidement entre eux. Si l'ordre vient d'Inyanga, tous obéissent, et le clan Gan- grel dans son ensemble peut être mobilisé en très peu de temps. La politique de ce clan est variée, mais en géné- ral, ils cherchent à faire pencher la ville plutôt en fa- veur de l'ordre que de l'Anarchie. Toutefois, ils possè- dent tous, en général, une Humanité très élevée, et sont parfois incapables de tolérer les abus de Lodin et de sa Coterie. Si jamais Se Prince échappait trop au contrôle, ils se dresseraient contre lui, quels que soient les risques que cela leur ferait encourir. Inyanga est tombée sous le contrôle de Menele peu de temps après son arrivée en ville et il peut un jour l'utiliser — ainsi que tout le clan Gangrel — en une sorte de feinte à rencontre Héléna. En résumé, leur propre honnêteté pourrait bien s'avérer être leur ruine. Par chance, ils font partie de ceux qui arriveraient à accepter de s'échapper vers les Marches — s'ils sont avertis à temps.

Inyanga

Bien avant que les Européens n'aient découvert la Rivière Unvunyana, ou même qu'ils aient mis les pieds où que ce fût en Afrique Australe, Inyanga vivait parmi le peuple qui deviendrait par la suite les Zou- lous. Son nom était un titre de respect, qui faisait naî- tre la peur dans de nombreux cœurs. Comme toutes les Inyanga qui l'avaient précédée, elle communiquait avec les esprits, prédisait l'avenir, utilisait des herbes pour soigner ou tuer et servait de tampon entre son peuple et Emagudu, le Pays des Morts. Elle devint ré- putée pour son habileté de chamane et, au fil des ans, nombreux furent ceux qui vinrent la trouver pour avoir son aide ou ses conseils. Ainsi, elle n'était plus jeune lorsqu'un genre de mort inédit commença à traquer son peuple. Pour les gens de sa tribu, Emagudu n'était pas une après-vie métaphysique, mais un endroit réel, plus sombre et plus redoutable que n'importe quelle jungle. Une nuit noire, la Mort vint sur les ailes d'une chauve- souris et sur les pattes d'un loup. Emagudu vint à ses sujets, au lieu que ce soit l'inverse, et il entreprit de les dévorer. En l'espace d'un mois, dix membres de la tribu avaient péri, le cou ouvert et déchiqueté, le corps vidé de tout son sang. Douze des guerriers les plus forts de la tribu, armés de javelots et de boucliers, entrèrent en Emagudu pour s'y battre. Il n'en revint que deux. Quand ils eurent recouvré la parole, ils racontèrent l'histoire redoutable d'un Esemkofu (Muet) blême qui, accompagné d'une horde de chacals, avait attaqué les guerriers alors qu'ils campaient pour la nuit, et massa- cré dix d'entre eux dans la danse de mort de ses crocs

et de ses griffes. Ils dirent que le seul espoir résidait dans la fuite — la tribu devait trouver un nouveau ter- ritoire. Tandis que son peuple se préparait à quitter ses terres ancestrales, Inyanga fit des préparatifs pour af- fronter ce qui avait envahi son domaine. Elle se prépa- ra à combattre la Mort. Emportant ses herbes et ses to- tems les plus puissants, elle pénétra en Emagudu et s'assit à l'endroit où gisaient toujours les corps en dé- composition des guerriers. Peu après que la lune eut atteint le zénith dans le ciel d'été, Inyanga vit pour la première fois l'esprit de la Mort. Il n'était pas ce qu'elle pensait que serait un Esemkofu. Au lieu de cela, il apparut sous la forme d'un homme de petite taille, grisâtre, avec une peau aux reflets rougeâtre et des cheveux bruns et raides qui pendaient jusqu'à ses joues, arborant juste un pagne brodé et un sourire sinistre. Il lui parla en une langue étrangère et marcha sur elle en riant. Quand il arriva à moins de trois pas de l'endroit où elle était assise, In- yanga jeta en l'air une poignée d'herbes broyées. L'Esemkofu se dressa avec horreur quand il vil devant lui non une femme d'âge moyen, mais un léopard adulte se préparant à bondir. Inyanga, à son tour, fut surprise par la vitesse avec laquelle il réagit à son atta- que, et par les griffes qui apparurent sur ses mains. Le saut de la chamane le jeta à terre, mais il réussit à rou- ler sous elle pour se dégager et à se remettre sur ses pieds.

Leur bataille continua sans répit. Inyanga atta- qua avec toute la vitesse et la force du plus puissant prédateur naturel d'Afrique, et l'Esemkofu répondit avec ses propres pouvoirs surnaturels. Bien que la ba- taille parût au début tourner en faveur d'Inyanga, l'Esemkofu devint encore plus puissant. Echarpé au point d'en devenir méconnaissable, il réussit pourtant à projeter Inyanga contre un arbre, lui brisant la colon- ne vertébrale. Elle recouvra sa forme humaine, et se prépara à mourir tandis qu'il lui mordait le cou.

la colon- ne vertébrale. Elle recouvra sa forme humaine, et se prépara à mourir tandis qu'il
Cependant, avant que vienne l'oubli final, l'Esemkofu se trancha le poignet avec ses crocs et

Cependant, avant que vienne l'oubli final, l'Esemkofu se trancha le poignet avec ses crocs et força Inyanga à boire son sang. Tandis que le liquide ardent se répandait, brûlant, dans ses veines, elle per- çut ses paroles dans son esprit, comme elle avait tou- jours senti les voix des esprits animaux. Les mots qui l'atteignirent à travers l'agonie/ extase/vie secouant son corps étaient un mélange de haine et de terreur. "Qu'es-tu, sorcière ? Pas l'un de ces maudits hommes-bêtes, sinon je l'aurais su depuis longtemps. QU'ES-TU ?" Ses blessures triomphèrent d'Inyanga avant qu'elle puisse répondre, et elle som- bra dans l'inconscience. Durant les jours qui suivirent, Inyanga et l'Esemkofu — il se disait Egyptien — se nourrirent sur les corps en décomposition des guerriers tandis qu'ils recouvraient leur force. Il lui parla de ce qu'elle était devenue, et lui montra comment dormir au sein de la terre. En échange, elle lui apprit les secrets du Pays des Morts dans lequel il avait établi son foyer. Au bout d'une semaine, il ne leur restait pas grand-chose à sedire. Finalement, il abandonna Inyanga dans leur clai- rière, mais revint juste avant l'aube, en pleine Frénésie, outragé que son "troupeau" — la tribu d'Inyanga — eût quitté son pâturage. Mais cette fois elle était prête — sans herbes, mais avec un javelot pris à l'un des guer- riers morts. Elle l'enfonça de toutes ses forces dans le cœur ténébreux de l'Egyptien; la force de sa charge fit que la moitié de la hampe du javelot lui traversa le corps. Inyanga resta à la surface aussi longtemps qu'elle le put, s'abritant à l'ombre d'un arbre, et ne glissa pas dans un doux sommeil avant d'avoir vu son Père commencer à noircir et à se consumer sous les rayon.s du soleil levant. Durant les mille ans suivants, elle parcourut l'Afrique de long en large, ne se nourrissant d'abord que sur des animaux, mais plus lard, quand le désir de- vint trop fort, elle traqua également des humains. Elle essaya autant que possible de limiter ses repas à ceux qu'elle estimait mauvais — les meurtriers, les vaga- bonds et tous ceux qui considéraient les femmes comme des proies. Elle essaya aussi de policer ceux de son espèce qui tuaient gratuitement et sans discrimina- tion. En 1537, Ions d'une bataille contre un Malkavien portugais de la sixième génération qui se nourrissait uniquement sur des bébés, Inyanga fut très grièvement blessée. Traquée par la fratrie du Malkavien, elle entra

La famille

dans le -sommeil à bord d'un navire d'esclaves en route vers le Nouveau Monde, sous l'œil attentif d'un servant fidèle.

Il lui fallut plus de deux siècles de sommeil pour se remettre de ses blessures. Quand elle s'éveilla, à Baltimore, la Faim l'entraîna dans une Frénésie qui anéantit les descendants de son loyal servant, qui avaient veillé sur elle pendant qu'elle dormait. Elle re- prit le contrôle de sa Bête alors que la vie s'enfuyait du dernier d'entre eux — une grand-mère de quatre- vingt-dix ans. Elle quitta la ville et traversa lentement les Etats-Unis. Quand elle atteignit Chicago, en 1852, la ville, encore sur la frontière de la civilisation, com- mençait seulement à prendre de l'importance. A l'épo- que, c'était une ville bien au-delà de l'influence des Aïeux d'Europe, et qui créait son propre système de gouvernement. Inyanga y a vécu depuis lors. Elle fut l'un des premiers Primogènes à arriver à Chicago. Celle-ci n'est plus sur la frontière, mais il n'y a pas d'autre endroit où la Gangrel voudrait vivre. Elle n'a pas le moindre désir de ranimer ses tragiques souvenirs d'Afrique, mais elle voyage toujours beau- coup. A tout moment, elle peut tout aussi bien être en voyage dans les Amériques que se trouver à Chicago. Elle se déplace toujours à pied, dormant dans le sol durant la nuit. Cependant, elle a un chic remarquable pour être en ville aux moments importants et à l'exté- rieur pendant les périodes dangereuses. Sous forme humaine, comme c'est habituelle- ment le cas, Inyanga ressemble à une femme d'âge moyen, avec une peau extrêmement sombre et ridée. Ses cheveux sont relevés haut sur sa tête et elle porte généralement des vêtements amples avec quelques bi- joux antiques faits main. Elle marche presque toujours pieds nus, même en hiver. Elle n'a pas de Refuge, préf- érant dormir dans la terre des divers parcs de Chicago. Inyanga a perdu l'essentiel de sa douceur hu- maine durant le dernier millénaire. La nécessité de se nourrir sur les morts de sa propre tribu, puis sur d'au- tres Humains, et finalement sa Frénésie, lors de son éveil à Baltimore, l'ont encore davantage séparée des mortels. Toutefois, elle se considère toujours comme un défenseur de ces derniers — comme elle l'a été de son vivant — et les personnages qui deviennent trop sauvages en se nourrissant peuvent éventuellement avoir à en répondre devant elle. Elle est particulière- ment impitoyable lorsqu'elle défend des femmes.

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Depuis son éveil, Inyanga a découvert que la Camarilla est bien plus répandue qu'à l'époque de son combat. Même si elle déteste l'ensemble du principe de celte organisation basée en Europe, elle est l'un des principaux partisans de la Mascarade à Chicago et ira très loin pour la faire appliquer. Elle le fait plus par pitié pour les mortels que par crainte pour sa propre existence. Inyanga conserve un grand nombre de capacités uniques datant de l'époque où elle protégeait sa tribu. La plus importante, à ses yeux, est probablement de pouvoir se transformer en léopard. Cela n'a rien à voir avec sa discipline de Métamorphose, et sous cette forme elle peut utiliser toutes ses autres Disciplines et capacités. Toutefois, il lui faut une journée entière de préparation physique et mentale pour effectuer la transformation, et les herbes nécessaires sont extrême- ment rares. D'autres capacités de son passé compor- tent une forme supérieure d'Auspex qui comprend la précognition et la capacité de communiquer avec les

morts. Père: L'Egyptien Nature: Chevalier

Attitude: Juge

Génération: Sixième Etreinte: 483 (Née en 440) Age Apparent: Le milieu de la quarantaine Physique: Force 5, Dextérité 6, Vigueur 7 Social: Charisme 3, Manipulation 4, Apparence 2 Mental: Perception 7, Intelligence 5, Astuce 7 Talents: Vigilance 7, Sports 5, Bagarre 4, Es- quive 5, Intimidation 4, Commandement 2 Compétences: Animaux 6, Mêlée 2, Furtivité 5, Survie 5 Connaissances: Linguistique 5, Médecine 5, Occultisme 7, Herbes 6 Disciplines: Animalisme 5, Force d'Ame 4, Métamorphose 5, Auspex 5, Domination 2 Historique: Statut 6 Vertus: Conscience 3, Maîtrise de Soi 3, Cou-

rage 4 Humanité:7

Volonté: 9 Réserve de Sang/Max par Tour: 30/6 Notes: Sous sa forme de léopard, tous les attri- buts physiques montent à 7. Elle possède alors une Cé- lérité de 3, et peut utiliser toutes les Disciplines, sauf la Métamorphose. Les griffes de léopard agissent comme des griffes de Métamorphose. Inyanga a be- soin de plusieurs heures pour se préparer à ce change- ment. Elle pourrait apprendre à n'importe qui à en faire autant, du moment qu'elle a les bonnes prépara- tions, herbes et totems, mais cela exigerait des années d'apprentissage. Image: Une femme noire d'âge moyen. Voir ci-dessus. Conseils d'Interprétation: Vous parlez avec conviction et détermination, quel que soit le sujet. Re- gardez les gens un long moment avant de parler et fai- tes-le doucement, lentement et délibérément. Refuge: N'importe quel parc. Elle a une préfé- rence pour Graceland. Secrets: A-

Influence: Elle n'a aucune influence sur les pouvoirs politiques des mortels, et n'en désire pas non plus. Elle garde cependant le contact avec un grand nombre de familles gitanes qui utilisent Chicago comme centre d'opérations {en effet, de nombreuses familles y vivent en permanence). Elle est aussi l'amie du grand prêtre du temple occulte de Fanum, et en cas de besoin, elle a la possibilité de recourir à lui et à ses initiés pour obtenir de l'aide.

Doyle Fincher ("Sledgehammer Doyle" "Doyle la Massue")

A cause de son travail, Doyle eut des milliers d'amour durant sa vie — et il tua chacun d'eux avec le moins de souffrance possible. Dans les abattoirs où il travaillait, dans les années 1880, nul ne se serait lié avec lui, mais il n'y fit jamais attention. Chaque bou- villon qui venait à lui était son ami intime et Doyle prenait le plus grand soin à faire tournoyer son mar- teau à deux mains avec amour et compassion, frappant l'animal avec netteté et précision, et le tuant instanta- nément. L'instant de la mort réunit les créatures vivan- tes comme rien d'autre ne pourrait le faire. Ce n'était pas un travail pour lui — il était un grand prêtre offi- ciant pour un rituel d'une grande profondeur. Inyanga remarqua Doyle pour la première fois quand, une nuit, elle l'entendit s'adresser en chucho- tant au bétail qui devait être abattu le lendemain. Elle fut frappée par sa sincérité venant du cœur tandis qu'if parlait aux bœufs de son amour pour eux et de sa pro- messe, faite avec tout son cœur et toute son âme, de rendre leur mort la moins douloureuse possible, et d'en faire une raison de se réjouir, et non d'éprouver de la crainte. Durant le mois qui suivit, elle l'observa avec respect tandis qu'il exprimait son amour pour chaque bête qui venait devant lui, puis abattait le mar- teau de toutes ses forces sur sa tête. Il y avait ici un homme qui valait vraiment la peine d'être sauvé, un mortel qui avait pourtant une compréhension de la

ici un homme qui valait vraiment la peine d'être sauvé, un mortel qui avait pourtant une

mort et éprouvait de la compassion pour les esprits ani-

maux. Une nuit, elle apparut devant lui et lui offrit la mort. Chaque nuit, durant les sept jours suivants, il re- trouva l'antique Vampire et la suivit tandis qu'elle chassait. Il vit la beauté dans ce qu'elle faisait. En fin de compte, il se donna un coup de marteau sur le crâne et, une fois qu'il fut mort, elle plongea ses dents dans son cou avec le plus grand amour et le plus grand soin, le vidant de son sang. Elle incisa son propre mamelon et versa juste une goutte de Fluide Vital dans sa bou- che. Doyle s'éveilla et but avidement. La gloire de la mort, sans avoir besoin de recou- rir au marteau sans âme, était presque plus que Doyle ne pouvait en supporter. La passion qu'il ressentit lors- qu'il prit sa première victime — l'un de ses bouvillons adorés — le submergea. 11 savait que leurs âmes se re- joignaient en un moment de pure extase. De cette façon, il a joui du siècle qui s'écoulait. Il se nourrit toujours essentiellement sur les animaux des parcs à bestiaux, mais il autorisera de temps à autre un humain à expérimenter l'instant ultime. Cependant, ce moment doit être réuni à la mort, et Doyle ne laisse jamais vivre ses nouveaux amis. Il se nourrit en grande partie sur les suicidés qu'il ren- contre, mais il prétend que les âmes humaines sont trop agitées pour apprécier vraiment la transformation. Père: Inyanga Nature: Ange gardien Attitude: Déviant Génération: Septième Etreinte: 1889 (Né en 1854) Age Apparent: Fin de la trentaine Physique: Force 6, Dextérité 5, Vigueur 5 Social: Charisme 2, Manipulation 1, Apparence 2 Mental: Perception 3, Intelligence 3, Astuce 3 Talents: Vigilance 1, Sports 1, Empathie 4 Compétences: Animaux 5, Mêlée 3, Furtivité 2 Connaissances: Boucherie 4, Médecine 3 Disciplines: Animalisme 6, Auspex 2, Célérité 1, Force d'Ame 2, Dissimulation 1, Puissance 1, Méta- morphose 4 Historique: Mentor 4, Statut 2 Vertus: Conscience 3, Maîtrise de Soi 3, Cou-

rage 4 Humanité: 7 Volonté: 9 Réserve de Sang/Max par Tour: 20/5 Notes: Le niveau supplémentaire d'Animalisme de Doyle lui permet de vivre aussi bien comme un ani- mal qu'il a possédé que comme lui-même. Il utilise gé- néralement cette Discipline quand il tue l'animal. Image: Un homme naturellement décharné avec un torse puissamment développé, un mince visa- ge pointu et des cheveux bruns. Le côté gauche de sa tête est toujours vilainement déformé à cause du coup de marteau par lequel il s'est tué. Il emporte l'instru- ment taché de sang partout où il va. Conseils d'Interprétation: Ayez l'air vague et distrait quand vous avez affaire aux personnages des joueurs. Parlez d'amour et de beauté comme un hippie des années i960, puis tuez quelque chose. Vous trou- vez parfois difficile de parler, car il est plus facile pour

La

vous de montrer aux gens ce que vous ressentez ou pensez, plutôt que de le leur dire directement. Ce

"montrer et dire" devient par moment tout à fait étran-

ge, voire démentiel.

Refuge: II dort dans le sol dans les parcs à bes- tiaux abandonnés. Secrets: B+ Influence: Doyle contrôle ce qui reste des

parcs à bestiaux, autrefois immenses, qui constituent toujours une précieuse réserve de sang. Les Vampires trop faibles pour chasser par eux-mêmes s'adresseront à lui pour obtenir le sang dont ils ont besoin. Les Anarchs viennent souvent le voir après avoir été bles-

sés par l'un des acolytes de Lodin, ou même alors que

ces derniers les traquent encore. Doyle ne refuse ja- mais de leur fournir ce dont ils ont besoin, mais il y a chaque fois un prix à payer. Celui-ci est différent pour chaque personne qu'il aide, mais il c'est toujours une exigence pour un comportement futur. Par exemple, le Vampire doit promettre de ne pas se nourrir sur des

mortels aux cheveux blonds, ou s'engager à nourrir les lions du zoo chaque semaine durant l'année suivante,

ou jurer de chuchoter certains mots de mort compatis-

sants à chaque mortel qu'il tue pendant tout le reste de

son existence. D'une manière ou d'une autre, Doyle finit toujours par retrouver ceux qui ne tiennent pas leurs promesses, et il les traquera et leur chuchotera

des paroles de mort s'il en a la possibilité. On sait à quel point il prend ces engagements au sérieux. Durant les combats du milieu des années 1980,

les

parcs à bestiaux servirent d'endroit pour se reposer

et

récupérer aux Vampires blesses des deux camps.

Aucun de ceux-ci ne faisait complètement confiance à Doyle. mais tous deux découvrirent qu'ils avaient be- soin de lui.

Rosa Hernandez ("Rose")

Comme beaucoup de jeunes enfants, Rosa Her- nandez voulait aider les animaux, et aspirait à devenir vétérinaire quand elle serait grande. Ses ambitions en

ce sens moururent après qu'elle eut découvert ce que

signifiait "endormir", mais son désir d'aider les ani- maux ne s'éteignit jamais. Quand elle allait à l'Univer- sité de Chicago, au début des années 70, tous ses amis étaient engagés dans le mouvement pacifiste. Toute-