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ISBN : 2-909066-00-2

CONTROLES NON DESTRUCTIFS PAR RAYONNEMENTS IONISANTS

par Daniel DUGRILLON

Photo de couverture :

Deux porte-source

3

Décembre 1990

A u cours des cinquante dernières années, de réels

progrès dans la connaissance de la matière ont été accomplis. Parallèlement, cela a entraîné, entre autres, une utilisation de plus en plus fréquente des rayonnements ionisants en milieu industriel no- tamment dans le contrôle non destructif (CND).

4

ionisants en milieu industriel no- tamment dans le contrôle non destructif (CND). 4 Caisson de métallographie
ionisants en milieu industriel no- tamment dans le contrôle non destructif (CND). 4 Caisson de métallographie

Caisson de métallographie

TABLE DES MATIÈRES

Chapitre 1 - CONTROLES NON DESTRUCTIFS

Pages

- Définition

1

- Méthodes de contrôle non destructif

1

- Radiologie industrielle gamma ou X

2

Chapitre 2 - RAPPELS SUR LES RAYONNEMENTS IONISANTS

- Radioactivité

5

- Activité

5

- Période radioactive

6

- Radiotoxicité

6

- Énergie

6

- Exposition

6

- Unités radiologiques

7

Chapitre 3 - UTILISATION DU RAYONNEMENT GAMMA

- Radioéléments utilisés en France

9

- Choix du radioisotope

11

- Appareils de radiographie gamma

14

- Stockage des sources radioactives

17

- Transport des sources radioactives

18

Chapitre 4 - UTILISATION DES RAYONS X

- Formation des rayons X

23

- Distribution

24

- Qualité des rayons X

25

- Filtration

26

- Foyer optique

26

- Appareils radiographiques spéciaux

27

5

Chapitre 5 - NOTIONS SUR LA PRISE DE CLICHÉS

- Calcul du temps de pose

29

- Suppression du rayonnement diffusé

30

- Écrans renforçateurs

31

- Indicateurs de qualité d'image

32

Chapitre 6 - RISQUES DUS AUX RAYONNEMENTS IONISANTS

- Effets des radiations ionisantes

33

- Limitation des doses d'exposition

34

- Accidents du travail et maladies professionnelles

37

Chapitre 7 - ÉLÉMENTS DE RADIOPROTECTION

- Base de la radioprotection

39

- CAMARI

41

- Protection contre l'exposition externe

42

- Calcul de délimitation de zones

48

- Dosimétrie

52

Chapitre 8 - DOCUMENTATION

- Textes réglementaires

57

- Normes

59

- Divers

60

ANNEXES

- Annexe n°1 : Tableau n° 6 des maladies professionnelles

63

- Annexe n°2 : Radioprotection et personne compétente

65

- Annexe n°3 : Dispositions générales CRAM du Centre

69

Listes des figures incorporées dans le texte

71

Liste des tableaux incorporées dans le texte

73

6

Chapitre 1

CONTROLES NON DESTRUCTIFS

DÉFINITION

Le contrôle non destructif (CND) consiste à rechercher la présence éventuelle de défauts au sein des matériaux constituant les objets ou parties d'objets à tester par l'utilisation de techniques diverses, sans attenter à l'intégrité de ceux-

ci.

MÉTHODES DE CONTROLE NON DESTRUCTIF

Les métodes de contrôle non destructif utilisées couramment sont :

Le contrôle visuel, qui ne doit pas être oublié est généralement pratiqué par le soudeur lui-même : linéarité

et régularité du cordon de soudure, absence de surépaisseur ou de criques, de cani-veaux (manque de fusion du métal sur les bords de la soudure), bonne pénétration du métal d'apport, etc…).

Le contrôle par ressuage utilisable pour la recherche de microdéfauts en surface non visibles à l'œil nu de tous métaux

non poreux.

Après nettoyage et dégraissage de la surface à contrôler, un produit est appliqué au pinceau, par pulvérisation ou immersion et va s'infiltrer dans les criques. Ce produit contient soit un traceur rouge visible en lumière naturelle, soit un traceur fluorescent pour examen en lumière ultraviolette.

Le contrôle par magnétoscopie qui permet de déceler des défauts affleurant la surface mais est uniquement utilisable pour

des matériaux ferromagnétiques. Sous l'action d'un champ magnétique, les particules magnétiques en suspension dans un liquide s'accumulent au droit des défauts.

Le contrôle par ultrasons qui permet la recherche des défauts situés de quelques millimètres à plusieurs mètres de

profondeur et qui utilise la technique de "l'impulsion-écho" avec une fréquence du transmetteur de 0,5 à 15 MHz.

Le contrôle d'étanchéité qui permet de déceler les fuites dues à des défauts de dimensions microscopiques par mise sous

pression ou en dépression du conteneur à contrôler au moyen d'un gaz (hexafluorure de soufre, hélium, ammoniac, etc…) ou d'un liquide.

Et le contrôle radiologique industriel qui met en œuvre une source de rayonnements ionisants et qui reste la méthode

la plus utilisée (tableau 1).

7

Tableau 1 - CONTROLES NON DESTRUCTIFS

Type de contrôle non destructif

% d'utilisation

Radiologie industrielle (X ou gamma)

51

 

Ultrasons Courants de Foucault Ressuage (avec ou sans ultraviolet) Magnétoscopie Emission acoustique et vibrations Divers (thermographie infrarouge, potentiométrie, holographie laser, argenture par voie chimique, étanchéité, etc…)

25

11

6

3,5

2

1,5

Le contrôle non destructif par technique à l'aide de photons X ou gamma, parfois de faisceaux d'électrons (accélérateurs de particules) ou de neutrons ne se limite pas aux constructions soudées. Il concerne également :

-les ouvrages d'art où les défauts recherchés sont :

.

l'hétérogénéité d'un béton mal vibré, des reprises de bétonnage ou des joints de construction,

.

absence partielle ou totale de coulis d'injection (protection des câbles contre la corrosion),

. torons rompus ou détendus, -les contrôles d'entretien notamment sur les chaudières, les hauts-fourneaux, cubilots, -le contrôle d'objets très divers : pneus, pièces de fonderie ou en matériaux composites, etc… - l'expertise : tableaux, objets d'antiquité, etc… - etc…

RADIOLOGIE INDUSTRIELLE GAMMA OU X

Le contrôle non destructif par radiologie des matériaux s'effectue principalement avec des photons X ou γ . Il s'agit de "grain" de rayonnement de masse et de charge électrique nulles. Ce sont des rayon-nements électromagnétiques dont les longueurs d'onde se placent entre les ultraviolets et les rayons cosmiques (figure 1).

entre les ultraviolets et les rayons cosmiques (figure 1) . Figure 1 - SPECTRE DES ONDES

Figure 1 - SPECTRE DES ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES

(µm)

courants électriques (transmission de l'énergie) ondes hertziennes I.R. radar U.V. MF TV rayons X ondes
courants électriques
(transmission de l'énergie)
ondes hertziennes
I.R.
radar
U.V.
MF
TV
rayons X
ondes courtes
γ
cosmiques
1 angstrom
1 micron
1 cm
1 km
λ
en mètres
10 -14
10 -12
10 -10
10 -8
10 -6
10 -4
10
-2
1
10 2
10 4
10 6
10 8
spectre visible
violet
380
400
indigo
440
bleu
vert
500
550
jaune
orange
600
650
rouge
760

8

Ces rayonnements ont la propriété de traverser la matière, d'être atténués plus ou moins selon les matériaux traversés et de transporter une "image radiante" de ces derniers pouvant être convertie en image visible sur un dispositif approprié : film radiographique (radiographie industrielle) ou écran fluorescent (radioscopie industrielle). Voir figure 2.

Dans le cas de la radioscopie industrielle, nous pouvons utiliser, outre l'écran fluorescent, un intensificateur d'image associé éventuellement à une caméra qui permet la vision directe sur un écran de télévision et l'enregistrement éventuel sur magnétoscope. (Figure 3).

Lors du contrôle non destructif, la pièce à étudier est intercalée entre l'émetteur de rayonnements ionisants et le dispositif de visualisation. La pièce à contrôler atténuera le rayonnement émis et impressionnera plus ou moins ce dispositif sauf en cas de présence de défaut (crique, bulle d'air, etc…). Voir figure 2.

Les sources ponctuelles de rayonnements n'existant pas dans la pratique, il y aura toujours un flou géo-métrique (appelé également pénombre) autour du défaut décelé. Ce flou est déterminé par la formule :

avec

f =

f = largeur du flou l = plus grande dimension du foyer d'émission D = distance source-film d = distance défaut - film

d - l

D - d

Figure 2 - PRINCIPE D'UNE RADIOGRAPHIE

collimateur source radioactive faisceau pièce à de protons radiographier ▲ défaut image du défaut ▼
collimateur
source radioactive
faisceau
pièce à
de protons
radiographier
défaut
image du défaut
flou géométrique
film

d

D

Remarque : La radiographie neutronique, qui présente une excellente définition, ne semble pas être utilisée pour le CND des soudures.

9

Figure 3 - TECHNOLOGIES RADIOLOGIQUES

12 12 12 12 12 défaut
12
12
12
12
12
défaut
12 12 12 12 12 défaut pièce à radiographier rayons X écran fluorescent 23 23 23

pièce à radiographier

rayons X

écran fluorescent

23

23

23

23

23

Figure 3 a - Radioscopie

23 23 23 intensificateur d'image 23 23 23 23 faisceau de photons
23
23
23
intensificateur d'image
23
23
23
23
faisceau de photons

23

23

23

23

23

Figure 3 b - Intensificateur d'image

23 23 23 23 caméra TV
23
23
23
23
caméra TV

téléviseur

23

23

23

23

Figure 3 c - Télévision

10

Chapitre 2

RAPPELS SUR LES RAYONNEMENTS IONISANTS

Les radiations ionisantes sont des rayonnements composés de photons ou de particules qui, en pénétrant dans la matière, lui cède leur énergie et sont de ce fait capables de déterminer la formation d'ions, soit directement, soit indirectement.

RADIOACTIVITÉ

Un élément chimique est radioactif lorsqu'une transformation dans le noyau des atomes qui le constitue, entraîne l'émission d'un rayonnement ionisant. Nous disons que le noyau se désintègre ou que nous sommes en présence d'une transition nucléaire. Il le fait progressivement jusqu'à se transformer en un élément stable.

La radioactivité est un phénomène spontané. La probabilité de désintégration par unité de temps est exprimée par la constante radioactive du radioélément ou radio-isotope considéré.

Nous distinguons la radioactivité naturelle et la radioactivité artificielle selon que l'existence du radioélément donnant celle-ci est due ou non à l'intervention humaine.

ACTIVITÉ

L'activité d'une source est égale au nombre de désintégrations émises par seconde. L'activité radionucléaire correspond en fait à la puissance de la source radioactive considérée.

- Unité légale : le BECQUEREL (Bq) qui correspond à une désintégration par seconde.

- Unité couramment utilisée : le CURIE (Ci) qui correspond à 37.10 9 désintégrations par seconde.

Nota :

1 Bq = 27.10 -12 curies = 27 picocuries (pCi) 1 Ci = 37.10 10 becquerels = 37 gigabecquerels (GBq)

11

Tableau 2 - TABLEAU MNÉMOTECHNIQUE POUR CONVERTIR EN BECQUERELS UNE ACTIVITÉ DONNÉE EN CURIES OU VICE-VERSA

X 37

Ci

GBq

mCi

MBq

µCi

kBq

nCi

Bq

PÉRIODE RADIOACTIVE

La période d'un radioélément est la durée au bout de laquelle l'activité a été réduite spontanément de moitié. Elle est caractéristique du radioélément. Se reporter au chapitre 3 et aux tableaux 4 et 5.

RADIOTOXICITÉ

La radiotoxicité est la toxicité d'un radioélément. La radiotoxicité n'est pas seulement liée aux caractéristiques radioactives de ce radioélément (et notamment aux rayonnements émis), mais également à son état chimique et physique, ainsi qu'au métabolisme de cet élément dans l'organisme ou dans un organe critique.

Les radioéléments sont classés en quatre groupes :

- groupe 1 : radiotoxicité très élévée

- groupe 2 : radiotoxicité élevée (cas du cobalt 60)

- groupe 3 : radiotoxicité modérée (cas du césium 137, de l'iridium 192 et du thullium 170)

- groupe 4 : radiotoxicité faible.

ÉNERGIE

L'énergie des rayonnements émis est exprimée en électronvolts (symbole eV) mais le plus souvent en kiloélectronvolts (KeV), en mégaélectronvolts (MeV) :

- 1 MeV = 10 6 KeV = 10 9 eV.

Les radiations émises et leur énergie sont spécifiques du radio-isotope considéré.

EXPOSITION

Les radiations ionisantes ne sont hélas pas perçues par nos sens et c'est ce qui les rend particulièrement dangereuses.

Elles agissent sur le tissu vivant en cédant de l'énergie au niveau des molécules constituant les cellules. Les tissus à métabolisme élevé (comme le fœtus) sont très radiosensibles. Les rayonnements ionisants peuvent agir sur le métabolisme par exposition externe (autrefois appelée irradiation externe) qui

12

résulte de sources situées en dehors du corps ou par exposition interne (appelée antérieurement irra-diation interne) qui résulte de sources introduites (accidentellement ou non) à l'intérieur de celui-ci.

En radiologie industrielle, seule l'exposition externe doit être considérée.

UNITÉS RADIOLOGIQUES

En radioprotection, outre l'activité d'une source, nous utilisons les grandeurs suivantes :

Dose absorbée : C'est le quotient de l'énergie communiquée par des rayonnements ionisants à un corps exposé par la

masse de ce corps. Diminuer celle-ci, c'est diminuer le nombre de cellules touchées, mais pas les dégâts qu'elles subissent.

Si la dose est faible, elle n'est pas inoffensive mais elle peut autoriser une restauration naturelle entre deux doses successives :

- unité légale : le gray (symbole Gy)

- sous-multiple : le rad (symbole rd)

1 Gy = 100 rd

Équivalent de dose : C'est le produit de la dose absorbée par le facteur de qualité Q et le facteur de distribution spatiale

de l'énergie absorbée :

-

ED

=

Dose x Q x FD

(en sievert)

(en gray)

En radiologie industrielle par rayonnement X ou γ, les facteurs de qualité Q et de distribution spatiale FD sont considérés comme égaux à 1.

Nota : Le facteur de qualité Q usurpe son appellation. Il s'agit en fait d'un véritable facteur de nocivité caractéristique du rayonnement émis. Ainsi, pour les rayons alpha, le facteur Q = 20 ce qui signifie qu'à une dose absorbée égale, le rayonnement α est 20 fois plus nocif que le rayonnement X ou γ.

- unité légale

- sous-multiple

: le sievert (symbole Sv)

: le rem (symbole rem) 1 sievert = 100 rems

Débit de dose : C'est la dose reçue par unité de temps. Il s'exprime en sievert/heure (Sv/h) ou en rem/heure (rem/h).

Un rappel de la hiérarchie des expositions est donné dans le tableau 3.

Tableau 3 - HIÉRARCHIE DES EXPOSITIONS EN FRANCE

 

Dose moyenne annuelle

 

Expositions de l'être humain aux rayonnements ionisants

En µSv

En mrem

 

Rayons cosmiques

300

30

Exposition

Matériaux terrestres

400

40

naturelle

Corps humain (chaîne alimentaire)

300

30

 

Montres et cadrans lumineux, télévision, écrans de terminaux

< 0,5

< 0,05

Industries non nucléaires

1

0,01

Exposition

     

artificielle

Industries nucléaires

10

0,1

Exposition médicale

1 000

100

Retombées atomiques

200

20

 

Dose moyenne totale reçue

2 200

 

220

13

Il s'agit d'expositions moyennes qui varient d'un lieu à un autre. En effet, lorsque nous nous élevons en altitude, le rayonnement cosmique augmente. De même, certaines régions de France ont des matériaux plus radioactifs (Massif Central, Bretagne par exemple). Les expositions reçues par les personnes seront donc plus fortes.

14

Chapitre 3

UTILISATION DU RAYONNEMENT GAMMA

En radiologie gamma, nous pouvons utiliser tout radioélément émettant un ou plusieurs rayonnements gamma. En

1986, le parc mondial des sources radioactives à émission gamma utilisées en contrôle non destructif se décomposait ainsi

:

-

iridium 192

:

85

%

-

cobalt 60

:

12

%

-

césium 137 et thulium 170

:

2,5 %

-

autres sources

:

0,5 %

Parmi ces dernières, souvent utilisées en laboratoire, citons : le sélénium 75, l'étain 113, le césium 134, l'europium 152, le tantale 182, le radon 223 et le radium 226.

RADIOÉLÉMENTS UTILISÉS EN FRANCE

Sources scellées

Les substances radioactives utilisées en radiologie industrielle doivent être de type scellé sous forme spéciale c'est-à-dire conforme à l'arrêté du 24 novembre 1977 et à la norme NF M.61.002. Par matière radioactive sous forme spéciale, l'article 1er de l'arrêté précité entend soit une substance radioactive solidement incorporée dans une matière solide inactive donc non susceptible de dispersion, soit une capsule scellée, contenant une matière radioactive, qui ne peut être ouverte que par destruction.

En radiologie industrielle, les sources radioactives utilisées sont scellées en capsule d'acier inoxydable à l'exception du thulium 170 qui est inséré dans une capsule en titane. Ce scellement élimine toute altération chimique et toute dispersion de substance radioactive et par là-même le risque de contamination. Ces capsules hermétiques présentent un autre avantage : celui d'arrêter les rayons bêta et d'empêcher la formation de rayons X de freinage (figure 4).

15

Figure 4 - SOURCE RADIOACTIVE

partie

active

1 à

4 mm

Figure 4 - SOURCE RADIOACTIVE partie active ∅ 1 à ∅ 4 mm ▲ 0,5 à
▲ 0,5 à 4 mm ▼
0,5 à 4 mm

15 à 16,2 mm

Principaux radioéléments utilisés

Les principaux radioéléments utilisés en CND (tableau 4) sont par ordre d'importance : l'iridium 192, le cobalt 60 et le césium 137. Le thulium 170 (170 Tm) n'est pratiquement plus utilisé en France (une seule source déclarée).

Tableau 4 - CARACTÉRISTIQUES DES PRINCIPALES SOURCES UTILISÉES EN RADIOGRAPHIE GAMMA

   

Principales

Énergie totale

Période

Constance spécifique k du radioélément à 1 m en

Radioélément

Symbole

raies

équivalente

radioactive

   

en MeV

en MeV

µSv/h par

mR/h par

GBq

Ci

Césium 137

137

Cs

0,662

0,662

30 ans

95

350

Cobalt 60

60

Co

1,17

2,5

5,28 ans

365

1 350

 

1,33

Iridium 192

192

Ir

0,201

 

0,296

74 jours

135

500

0,308

0,926

0,316

0,468

0,613

1,36

Thulium 170

170

Tm

0,084

0,0025

129 jours

0,365

1,35

Remarque : La Commission interministérielle des radioéléments artificiels (CIREA) BP 9 - 91192 Gif-sur-Yvette

cedex, limite, sauf dérogation particulière, l'activité des sources susceptibles d'être utilisées en radiographie gamma à

:

-

3,7 TBq (100 Ci) pour l'iridium 192

-

0,74 GBq (20 Ci) pour le cobalt 60 et le césium 137.

16

L'Iridium 192 ( 192 Ir) émet par désintégration des particules béta moins (négatons) d'énergie 0,59 et 0,65 MeV mais surtout un rayonnement complexe de plusieurs raies gamma d'énergies différentes comprises entre 0,201 et 1,36 MeV dont les intensités demeurent entre elles par des rapports constants. L'énergie moyenne de ce rayonnement gamma est de 0,926 MeV. La transformation de l'iridium 192 s'effectue soit en osmium 192 ( 192 Os) par capture électronique, soit en platine 192 ( 192 Pt) émetteur alpha, par émission de particules béta moins. La radiotoxicité de l'iridium 192 est modérée (groupe 3) et sa période radioactive est de 74 jours.

Le Cobalt 60 ( 60 Co) se désintègre en un élément stable le Nickel 60 ( 60 Ni) en émettant des particules béta moins (négatons) de 0,31 MeV et 1,48 MeV, mais surtout deux radiations gamma de 1,17 et 1,33 MeV qui demeurent entre elles dans un rapport constant voisin de 1. La radiotoxicité du cobalt 60 est élevée (groupe 2) et sa période radioactive est de 5,28 ans.

Le Césium 137 ( 137 Cs) se désintègre en émettant des particules béta moins (négatons) de 0,51 et 1,17 MeV en baryum 137 métastable ( 137m Ba) lequel se désexcite par émission d'une raie gamma d'énergie 0,662 MeV et d'un rayonnement X de 0,033 MeV. La radiotoxicité du césium 137 est modérée (groupe 3) et sa période radioactive est de 30 ans.

Le Thulium 170 ( 170 Tm) se désintègre en Ytterbium 170 ( 170 Yb), élément stable, en émettant des rayonnements béta moins (négatons) de 0,96 et 0,88 MeV et un rayonnement gamma de 0,084 Mev. La radiotoxicité du Thulium 170 est modérée (groupe 3) et sa période radioactive est de 129 jours.

CHOIX DU RADIO-ISOTOPE

Le choix du radio-isotope à utiliser dépend du pouvoir de pénétration dans la matière des rayonnements gamma et de l'activité résiduelle de la source qui conditionne le temps de pose (se reporter au chapitre 5).

Pouvoir de pénétration

Le facteur déterminant dans le choix de l'isotope radioactif le plus approprié réside dans le pouvoir de pénétration dans la matière des rayonnements ionisants qui est fonction de l'énergie totale équivalente (figure 5).

Figure 5 - ÉPAISSEURS D'ACIER EXPLORABLES PAR DIVERSES SOURCES DE RAYONNEMENT

RAYONS X - 400 KV RAY. X - 200 KV 60 Co 137 Cs 192
RAYONS X - 400 KV
RAY. X - 200 KV
60 Co
137 Cs
192
Ir
170 Tm
mm
50 100
150
200

17

Les tableaux 5 et 6 fournissent d'une part les épaisseurs limites d'autre part les facteurs d'équivalence acier pour différents métaux.

Tableau 5 - ÉPAISSEURS LIMITES POUR DIFFÉRENTS MÉTAUX

Radioélément

Symbole

Période

 

Épaisseurs limites en mm

radioactive

Acier

Aluminium

Cuivre

Cobalt 60 60 Co Césium 137 Thulium 170 Iridium 192

5,28 ans

200

570

180

 

137

Cs

30 ans

100

280

90

170 Tm

129 jours

5

15

4,5

192

Ir

74 jours

80

230

70

Tableau 6 - FACTEURS D'ÉQUIVALENCE POUR QUELQUES MÉTAUX

Métal

 

Sources radioactives

 

60

Co

137 Cs

192 Ir

Aluminium

 

0,35

0,35

0,35

Acier

1

1

1

Cuivre

 

1,1

1,1

1,1

Zinc

1

1

1,1

Laiton (1)

 

1,1

1,1

2,1

Plomb

2,3

3,2

4

(1) Sauf en présence d'étain ou de plomb où ces valeurs doivent être multipliées par 1,5. Nota : Facteurs par lesquels il faut multiplier l'épaisseur du métal considéré pour obtenir l'équivalence acier (ou diviser l'épaisseur pour obtenir l'équivalence métal).

de l'acier

Décroissance radioactive

Une substance radioactive décroît en fonction du temps, suivant la formule :

avec

N =

N O

e -

λ T

N

N 0

e = 2,71828, base des logarithmes naturels ou népériens

λ = constante de décroissance radioactive

= activité du temps T = activité du temps 0

Afin d'éviter des calculs fastidieux et par commodité d'emploi, nous avons défini la période radioactive Tr comme le temps au bout duquel l'activité a été réduite de moitié. Nous avons donc :

Tr =

Ln 2

0,693

=

λ

λ

La période radioactive, tout comme la constante de décroissance radioactive, est caractéristique du radioélément. Les tableaux 4 et 5 donnent la période radioactive des principales substances radio-actives utilisées en radiologie industrielle.

Du point de vue pratique, nous utilisons :

Soit des coefficients multiplicateurs par exemple :

- pour le cobalt 60 :

pour un trimestre

:

0,97

pour six mois

:

0,93

pour une année

:

0,87

- pour le césium 137 :

pour un an

: 0,98

pour 5 ans

: 0,90

- pour l'iridium 192, nous utilisons les coefficients de réduction du tableau n° 7.

18

TABLEAU 7 - COEFICIENTS DE RÉDUCTION A APPLIQUER POUR 192 Ir Nombre Nombre Nombre Coefficient
TABLEAU 7 - COEFICIENTS DE RÉDUCTION A APPLIQUER POUR 192 Ir
Nombre
Nombre
Nombre
Coefficient
Coefficient
Coefficient
de jours
de jours
de jours
10
0,911
70
0,519
130
0,302
20
0,829
80
0,473
140
0,269
30
0,755
90
0,430
150
0,245
40
0,688
100
0,392
160
0,223
50
0,626
110
0,357
170
0,203
60
0,570
120
0,325
180
0,185

Soit quelque soit le radioélément considéré, le graphique de la figure 6. Pour trouver le coefficient d'affaiblissement, il suffit de calculer en nombre de périodes, le temps écoulé.

Exemple :

Soit une source de cobalt 60 de 740 MBq. Quelle est l'activité résiduelle au bout de 13 ans ?

1 Utilisation du graphique :

-

13

= 2,5 (point A)

5,2

- le nombre de périodes écoulées est :

- coefficient d'affaiblissement : 0,175 (point B)

- activité résiduelle au bout de 13 ans : 740 x 0,175 = 129,50 GBq (3,5 Ci).

2 Utilisation du calcul

-

- au bout de 2 fois 5,2 ans = 10,4 ans, l'activité résiduelle est de 185 GBq (5 Ci),

- pour les 2,5 ans restants, nous obtenons : 185 x 0,87 x 0,87 x 0,93 = 130,25 GBq (3,52 Ci).

Figure 6 - ABAQUE DES COEFFICIENTS D'AFFAIBLISSEMENT

Figure 6 - ABAQUE DES COEFFICIENTS D'AFFAIBLISSEMENT

19

APPAREILS DE RADIOGRAPHIE GAMMA

Description succincte

Un appareil de radiographie gamma industrielle, appelé souvent et improprement "gammagraphe", est un ensemble d'éléments conçus pour l'utilisation, à des fins de radiographie industrielle, du rayonnement gamma émis par une ou plusieurs sources scellées de type "spéciale". Cet ensemble com- prend généralement le projecteur servant de conteneur porte- source, une gaine d'éjection, le porte-source et le dispositif de télécommande (voir figures 7 et 8)

et le dispositif de télécommande (voir figures 7 et 8) Télécommande d'un appareil de radiographie gamma
et le dispositif de télécommande (voir figures 7 et 8) Télécommande d'un appareil de radiographie gamma

Télécommande d'un appareil de radiographie gamma

Utilisation d'un appareil de radiographie gamma

Figure 7 - GAMMAGRAPHE

Projecteur

Figure 7 - GAMMAGRAPHE Projecteur Commande obturateur Gaine de Télécommande Obturateur 123456789 123456789 Gaine de

Commande obturateur

Gaine de Télécommande Obturateur 123456789 123456789
Gaine de Télécommande
Obturateur
123456789
123456789

Gaine de réserve

Obturateur 123456789 123456789 Gaine de réserve Gaine d'éjection P o r t e - s o

Gaine d'éjection

Porte-source

Télécommande

20

Figure 8 - PORTE-SOURCE

source radio-active filetage crochet de fixation 23456 23456 12345 23456 1234 12345 23456 1234 protection
source radio-active
filetage
crochet de fixation
23456
23456
12345
23456
1234
12345
23456
1234
protection
12345
23456
1234
23456
arrière
23456
23456
goupille

Classification

Les projecteurs sont classés en fonction :

Du dispositif d'éjection de la source à savoir :

- catégorie 1 : sans éjection avec émission du faisceau de rayonnement avec (catégorie 1.2) ou sans (catégorie 1.1) déplacement de la source ou du porte-source.

- catégorie 2 : avec éjection, porte-source lié mécaniquement au dispositif d'éjection permettant l'éjection par mise en œuvre d'une télécommande exclusivement mécanique (catégorie 2.1) ou non exclusivement méca- nique (catégorie 2.2).

- catégorie 3 : avec éjection, porte-source ou source non lié mécaniquement au dispositif d'éjection permettant l'éjection par mise en œuvre d'une télécommande non mécanique (électromagnétique, hydraulique ou pneumatique par exemple).

De la mobilité des projecteurs (qui doivent tous être munis de crochets d'élingage pour en faciliter la manipulation) :

- classe P : projecteur portatif conçu pour être porté par une personne seule, de masse y compris le dispositif de télécommande au plus égale à celle prévue par la réglementation en vigueur (55 kg selon article R. 233.1 du code du Travail). Il doit être muni d'au moins une poignée.

- classe M : projecteur mobile mais non portatif conçu pour être déplacé aisément au moyen d'un chariot muni d'un dispositif d'immobilisation et dont le rayon de braquage est inférieur ou égal à 3 mètres.

projecteur fixe ou de mobilité réduite aux limites d'une installation de radiologie gamma industrielle

- classe F :

(blockhaus ou en centre spécialisé).

- classe A : projecteur spécial conçu pour des déplacements autonomes ou non, dans des conduits tubulaires.

Nota : Bien que les spécifications corresondant aux projecteurs de classe A ne sont toujours pas définies, nous pouvons, dès à présent, appliquer celles correspondant à la classe M (notamment pour les limites du débit de dose absorbée dans l'air en position stockage et les dispositifs de sécurité).

Limite de débit de dose absorbée dans l'air

Les limites du débit de dose en position stockage sont données dans le tableau 8 page suivante.

21

Tableau 8 - LIMITES DE DÉBIT DE DOSE DES PROJECTEURS EN POSITION STOCKAGE

   

Débit de dose absorbée dans l'air en mGy/h

 

Classe de projecteur

Au contact

A 50 mm des parois du projecteur

A 1 m des parois du projecteur

du projecteur

Moyen

Maximal

P

(portatif)

1

0,5

0,02

0,1

M (mobile)

2

0,5

0,02

0,1

F

(fixe)

2

1

0,02

0,1

Dispositifs de sécurité

Toute éjection de source ne doit pouvoir s'effectuer qu'après une opération manuelle de déverrouillage à l'aide d'une clé de sécurité.

Le dispositif de verrouillage doit être conçu de façon à permettre la rentrée de la source en position stockage en toutes circonstances, y compris en cas de choc sur la source.

Tous les appareils doivent comporter un dispositif de signalisation placé sur le projecteur et sur le dispositif de télécommande électrique lorsque ce dernier existe. La signalisation doit être conforme aux spécifications du tableau 9 ci-après :

Tableau 9 - DISPOSITIF DE SIGNALISATION PLACÉ SUR UN PROJECTEUR

Position du porte-source

Signalisation

Totalité du porte-source en position de stockage, obturation complète et verrouillée

Signal vert

Totalité du porte-source en position stockage et obturation complète mais non verrouillée

Signal jaune

Obturation non complète, porte-source en position de stockage ou non

Signal rouge

Marquage

Projecteur :

Chaque projecteur doit posséder une plaque extérieure inamovible et résistant au feu et à la corrosion et portant les inscriptions suivantes rédigées en langue française :

- noms et adresses du constructeur et de l'importateur,

- année de fabrication,

-identification (type et numéro d'immatriculation),

- masse du projecteur seul,

- activité maximale de chacun des radioéléments que le projecteur est susceptible de contenir,

- schéma de base des radiations ionisantes,

- mention "RADIOACTIVE" en caractères majuscules d'au moins 10 mm de haut et 2 mm de largeur de trait,

- mentions : "Ne pas stationner" et "A n'utiliser que par une personne autorisée".

22

Source radioactive :

Chaque source radioactive doit être identifiée par un marquage inaltérable par :

- le symbole chimique et nombre de masse du radioélément (ex : 60 Co),

- activité du radioélément et date de sa mesure,

- numéro d'immatriculation de la source.

Porte-source :

Chaque porte-source doit porter extérieurement un marquage inaltérable visible à une distance de 60 cm avec le symbole "tête de mort", la mention "RADIOACTIVITÉ", le numéro d'immatriculation et l'année de fabrication.

Télécommande :

Les télécommandes, les gaines d'éjection et les dispositifs d'irradiation doivent comporter les inscriptions suivantes résistant aux intempéries : numéro d'immatriculation et année de fabrication.

Notice d'instruction :

Une notice d'instruction établie en langue française par le constructeur ou l'importateur doit accompagner chaque appareil de radiographie gamma industrielle. Elle doit préciser les caractéristiques de l'appareil, les conditions de manutention, d'installation, d'utilisation et d'entretien en insistant sur les précautions à prendre pour assurer en toutes circonstances la protection contre les rayonnements ionisants.

Entretien

Sauf prescription plus contraignante soit de la notice d'instruction, soit d'un arrêté ministériel (actuellement non paru) une révision annuelle est obligatoire pour les appareils portatifs ou mobiles, du type à liaison mécanique entre porte- source et dispositif d'éjection et lors du remplacement de la source pour les autres appareils.

En vertu de l'article 22 du décret du 27 août 1987, un document de suivi doit être remis avec chaque projecteur gamma et avec chaque accessoire. Pour le projecteur, ce document revêt la forme d'un carnet de suivi où sont indiqués l'identification du projecteur et de son détenteur et l'enregistrement des chargements successifs et où sont enregistrés les contrôles radiologiques réglementaires et toutes les opérations de maintenance (arrêté du 11 octobre 1985).

Une fiche de suivi par accessoire doit être établie et doit mentionner :

- les caractéristiques de l'accessoire,

- l'identification du possesseur,

- les opérations de maintenance.

STOCKAGE DES SOURCES RADIOACTIVES

L'utilisation de sources radioactives pour faire des radiographies industrielles ne peut se faire qu'avec des appareils appelés projecteurs conformes à la fois au décret du 27 août 1985 et à la norme NF M 60.551. En position de stockage, les débits de dose absorbée dans l'air mesurés à 1 m des parois du projecteur ne doivent pas dépasser 0,1 mGy/ h. Les appareils portatifs ne doivent contenir qu'une seule source.

En dehors des périodes de travail, tout appareil de radiographie gamma doit être stocké dans un local spécialement réservé à cet usage et fermé à clé (clé retirée évidemment). Le signal d'avertissement de la présence de matières radioactives, conforme à la norme NF X 08003, sera apposé sur chaque porte d'accès (figure 9).

23

Figure 9 - MATIÈRE RADIOACTIVE

Figure 9 - MATIÈRE RADIOACTIVE

TRANSPORT DES SOURCES RADIOACTIVES

En vertu du décret du 30 novembre 1977, certaines infractions à la réglementation sur le transport des matières et objets radioactifs sont passibles d'une amende de 1 000 à 2 000 F et d'une peine d'em-prisonnement de 10 à 15 jours ou de l'une de ces deux sanctions. Cela concerne également le transport dans une voiture particulière. Le transort de certains matériels est autorisé en véhicules particuliers (aiguilles de radium, ampoules d'iode 135, appareils de gammagraphie, etc…).

Réglementation

Le transport des matières dangereuses sur la voie publique se trouve régi par le règlement approuvé par arrêté ministériel du 15 avril 1945 et modifié par les arrêtés subséquents.

C'est ainsi que les produits dangereux sont subdivisés en groupes repérés par un numéro à cinq chiffres. Les deux premiers indiquent la classe des matières dangereuses, le troisième précise la catégorie à l'intérieur de chaque classe et les deux derniers chiffres correspondent au numéro d'ordre du produit dangereux dans la catégorie. Les matières radioactives sont actuellement classées dans la classe 7 et dépendent des articles 790 à 799 du règlement sur le transport des matières dangereuses. Ainsi un projecteur de gammagraphie conforme à la norme NF M. 60.551 de juin 1983 contenant 1850 GBq (50 curies) d'iridium 192 sera repéré par le groupe 70202 c'est-à-dire Classe 7-2ème catégorie numéro 02.

Les appareils de gammagraphie sont classés soit dans le groupe 70202 (cas le plus fréquent) soit éventuellement dans le groupe 70301.

Le groupe 70202 concerne les sources scellées sous forme spéciale pour la gammagraphie industrielle dont l'activité maximale n'excède pas 2220 GBq (ou 60 Ci) de césium 137 et 11,1 TBq (ou 300 Ci) d'iridium 192 et qui sont transportées dans des appareils portatifs de gammagraphie (projecteur de classe P) conformes à la norme NF M 60551 de juin 1983 et aux exigences du décret n° 85.968 du 27 août 1985.

Le groupe 70301 concerne les sources scellées sous forme spéciale dont certaines peuvent être utilisées en gammagraphie industrielle (conteneurs de transfert, projecteurs de classe M ou F par exemple) et transportées dans des emballages de type B (U) ou B (M) agrées par le Ministre des transports. Dans ce cas, le débit de dose du rayonnement émis par un tel colis ne doit pas excéder :

-2 mGy/h (c'est-à-dire 200 mrd/h) au contact de la surface extérieure du colis, -0,1 mGy/h (ou 10 mrd/h) à une distance de 1 m de la surface extérieure de cet emballage.

24

Équipement de la voiture particulière

L'équipement d'une voiture particulière utilisée pour le transport d'une source scellée de forme spéciale (utilisée en gammagraphie) doit comporter :

- un extinceur approprié (moteur et chargement), - des points d'ancrage robustes adaptés au chargement et facile- ment décontaminables, - une serrure en bon état permettant la fermeture à clé du véhicule, - un étiquetage des deux faces latérales et de la face arrière avec l'étiquette de transport 6 D (figure 10). La dimension d'un côté du losange doit avoir 150 mm minimum, - un ensemble de balisage (rubans, trèfles trilobés conventionnels, etc…) et un débimètre ou compteur GM en état de marche qui sont utiles en cas d'accident, -bien visibles sur le tableau de bord du véhicule les renseigne- ments suivants (figure 11) :

.

.

activité et nature du (ou des) radioéléments,

type et caractéristiques des emballages,

Figure 10 ÉTIQUETTE DE TRANSPORT 6D

RADIOACTIVE 6D
RADIOACTIVE
6D

.

personnes à prévenir (gendarmerie, expéditeur, SCPRI, etc…) en cas d'accident,

- des écrans radioabsorbants éventuels séparant les matières radioactives du poste de conduite (cas exceptionnel du

transport de plusieurs appareils de gammagraphie).

Le véhicule sera en bon état et les pneus gonflés en fonction du trajet le plus éprouvant (autoroute par exemple).

Le chauffeur ainsi que les passagers éventuels (qui ne devront jamais voyager à côté du chargement) seront munis d'un film dosimétrique, d'un stylo-dosimètre, d'une déclaration d'expédition (qui peut être temporaire ou permanente) et de consignes précises (arrêts à effectuer si possible à l'écart des lieux de rassemblement, conduite à tenir en cas d'accident, etc…).

Une vérification systématique de la contamination radioactive sera effectuée tous les ans et en cas d'accident.

Figure 11 - PLAQUETTE INFORMATIVE POUR TABLEAU DE BORD DE VÉHICULE

Expéditeur : ATTENTION Ce véhicule transporte des MATIÈRES RADIOACTIVES (Iridium 192 - 3,7 T Bq
Expéditeur :
ATTENTION
Ce véhicule transporte des
MATIÈRES RADIOACTIVES
(Iridium 192 - 3,7 T Bq max.)
Les manipulations de brève durée de
colis intacts sont sans danger
EN CAS D'ACCIDENT :
Prévenir . la gendarmerie la plus proche
. l'expéditeur

25

Cas particulier de la clé du gammagraphe

Le paragraphe 1.4 de l'article 794 du règlement des matières dangereuses stipule :

"Le transport des appareils de radiographie gamma n'est autorisé qu'aux conditions suivantes :

-le dispositif de verrouillage est en position de fermeture, clé de sécurité retirée,

- dans le cas où le transport est effectué par le titulaire d'une autorisation de détention ou d'utilisation de la source radioactive contenue dans l'appareil (ou par son préposé, titulaire lui aussi du CAMARI), la clé est conservée séparément de l'appareil par la personne effectuant le transport,

- dans le cas où le transport est effectué par un tiers :

. l'appareil de radiographie gamma est enfermé dans un conteneur spécialisé comportant un sceau de sécurité et portant extérieurement les étiquettes dûment remplies correspondant au groupe auquel appartient le colis, -la clé de l'appareil fait l'objet d'une expédition distincte".

Interdictions

De chargement :

Il est interdit de charger en commun dans un même véhicule des matières radioactives avec :

- des substances explosives,

- des munitions,

- des artifices,

- des matières sujettes à l'inflammation spontanée,

- des liquides inflammables,

- des matières comburantes,

- de l'acide nitrique,

- et des péroxydes organiques.

Nota : Le bon sens demande également de proscrire le chargement de matières radioactives avec des films, pellicules photos, nourriture et animaux vivants.

De circuler :

L'arrêté du 10 janvier 1974 interdit la circulation à tout véhicule routier astreint à la signalisation pour matières dangereuses :

- les samedis et veilles de jours fériés à partir de 12 heures,

- les dimanches et jours fériés de 0 à 24 heures.

Il n'existe aucune exemption à ce texte réglementaire pour le transport des appareils de radiographie industrielle utilisant les rayonnements gamma, même en voiture particulière.

Cependant, une dérogation temporaire peut être accordée par les préfets de chaque département traversé.

Déclaration de chargement et d'expédition

Pour les appareils de radiographie gamma portatifs du groupe 70202 (éventuellement 70.301), les transports par le titulaire (ou son préposé) d'une autorisation de détention et d'utilisation sur chantier, de la source contenue dans l'appareil pourront être effectués sous le couvert d'une déclaration permanente d'expédition de matière radioactive conforme au modèle du tableau n°10 page suivante. Cette déclaration est valable au maximum un an.

26

Tableau 10 - MODÈLE DE DÉCLARATION PERMANENTE DE CHARGEMENT ET D'EXPÉDITION DE MATIÈRES RADIOACTIVES

DÉCLARATION PERMANENTE DE CHARGEMENT ET D'EXPÉDITION DE MATIÈRES RADIOACTIVES

Groupe 70.202 (ou éventuellement 70.301)

Appareils de radiographie gamma portatifs

Je soussigné (1) agissant au nom et pour le compte de (2)

déclare transporter les matières radioactives ci-après :

du

au

(3)

et certifie l'exactitude des renseignements suivants.

Je certifie en outre que les matières sont admises au transport selon les dispositions du règlement du 15 avril 1945 modifié.

Numéro minéralogique

Nature du colis

Nom de la matière

Numéro de groupe

du véhicule

(a)

(b)

(c)

(d)

 

Appareil(s) de radiographie gamma portatif(s) (suivant norme en vigueur)

 

71.202

(ou éventuellement 71.301)

Je déclare détenir les documents suivants :

1° Agrément en forme spéciale de la (ou des) source(s) radioactive(s). 2° Conformité à la norme NF M 60 551 (catégorie portative) de l'(ou des) appareil(s) de radiographie industriel(s) transporté(s). 3° Agrément en emballage de type B (U) pour l'(ou les) appareil(s) du groupe 70.202.

4° Notification d'autorisation de détenir et d'utiliser des radioéléments artificiels en sources scellées

destinées à la gammagraphie n°

valable jusqu'au

Je certifie que les objets et appareils transportés sont conformes à ces documents.

Fait à

(1) Nom et prénoms. (2) Raison sociale de la société faisant transporter. (3) Validité maximale : un an.

, le

Le transporteur, (Signature et cachet) :

27

Chapitre 4

UTILISATION DES RAYONS X

Les rayons X furent découverts en 1895 par ROENTGEN qui utilisait un tube à gaz à cathode froide (tube de Cookes). Couramment utilisés à poste fixe dans des blockhaus, les appareils générateurs de rayons X sont moins fréquents sur les chantiers. L'obligation d'être dépendant d'une alimentation en énergie électrique ne compense guère le fait que les épaisseurs d'acier explorables sont assez importantes (figure 5). La venue sur le marché de tubes à rayons X à foyer optique fin réduisant le flou géométrique, ce qui augmente la définition, va peut-être modifier la tendance.

FORMATION DES RAYONS X

Pour produire les rayons X, nous utilisons le phénomène de freinage des électrons dans un métal lourd. Pour obtenir un rayonnement cathodique (émission d'électrons) et par là-même le faisceau de rayons X, nous utilisons actuellement les tubes de Coolidge (figure 12). La cathode (filament chauffé) émet des électrons (Effet Édison). Ceux-ci sont accélérés par le champ électrique produit par une anticathode en tungs- tène reliée à l'anode portée à un potentiel fortement positif par rapport à la cathode. L'anti-cathode émet alors un faisceau de rayons X présentant un spectre continu et un spectre de raies caractéristique du tungstène (figure 14). Recevant un intense bombardement électronique, l'antica- thode s'échauffe. C'est pourquoi, pour les fortes puissances, nous utili- sons un circuit de réfrigération (courant d'eau ou d'huile). En fait, c'est la différence de potentiel appliquée qui détermine la production de rayons X. Ces derniers commencent à apparaître pour une longueur d'onde de 10 -9 m (figure 1). Cette longueur d'onde minimale nous est donnée par la formule :

λ mini =

minimale nous est donnée par la formule : λ mini = avec λ mini =longueur d'onde

avec

λ mini

=longueur d'onde minimale

h

x C

pour l'apparition

q

x V

rayons X : 10

-9 m

de

h = constante de Planck :

6,6256 x 10 -34 J.s.

C = vitesse de la lumière dans le vide :

2,9978 x 10 8 m.s -1

q = charge de l'électron :

1,6 x 10 -19 coulomb

V = la différence de potentiel appliquée en volts

soit

λ mini =

x 10 -10

12 400

V

Tube à rayons X

Figure 12 - PRODUCTION DE RAYONS X anticathode électrons cathode anode + + + faisceau
Figure 12 - PRODUCTION DE RAYONS X
anticathode
électrons
cathode
anode +
+
+
faisceau
de
rayons X

22

Nous tirons donc de cette formule : V mini = 1 240 volts.

Cela signifie qu'à partir d'une tension de 1 240 volts, il peut y avoir émission de rayons X. Cependant ceux-ci sont si mous qu'ils se trouvent absorbés par les parois en verre du tube radiogène. Afin de pallier à cet inconvénient, la fenêtre en verre par où sortent les rayons X est remplacée par une fenêtre en béryl-lium (figure 13). Ce qui permet d'avoir des postes de rayons X pouvant fonctionner à partir de 5 kilovolts (contrôle de soudure aluminium).

Figure 13 - TUBE UNIPOLAIRE A RAYONS X A FENÊTRE DE BÉRYLLIUM

cupule de ampoule _ HT concentration en verre anode cathode ▼ 123456789012345 123456789012 chauffage
cupule de
ampoule
_ HT
concentration
en verre
anode
cathode
123456789012345
123456789012
chauffage
123456789012
123456789012
du filament
123456789012342
cible
2345
filament
2345
fenêtre
▼ ▼
en béryllum
X

eau ou huile

DISTRIBUTION

Le spectre des rayons X produits par la cible (figure 12) résulte du spectre continu des photons de freinage auquel se superpose un spectre de raies des photons de fluorescence (figure 14). Le spectre de raies est caractéristique du métal constituant la cible (anticathode).

intensité du

rayonnement

Figure 14 - SPECTRE D'ÉMISSION X mA Ka spectre de raies L spectre continu λ
Figure 14 - SPECTRE D'ÉMISSION X
mA
Ka
spectre de raies
L
spectre continu
λ
longueur d'onde
λ mini
λ maxi

23

La distribution de l'intensité du rayonnement X en fonction des longueurs d'onde passe par un maximum tel que :

λ max. 1,3 λ min.

passe par un maximum tel que : λ max. ≅ 1,3 λ min. Remarque : Lorsqu'il

Remarque : Lorsqu'il cesse d'être alimenté en énergie électrique, un tube radiologique n'émet plus aucun rayonnement. Il peut de ce fait être manipulé sans risque (changement d'un tube défectueux).

QUALITÉ DES RAYONS X

L'émission de rayons X, associés au phénomène de freinage des électrons, croît à mesure que l'énergie de ces derniers augmente et que le numéro atomique de la cible est plus élevé. Le pouvoir de pénétration des rayons X (figure 5) croît avec leur énergie qui est inversement proportionnelle à la longueur d'onde. Cependant, dans la pratique, nous considérons la qualité d'un rayonnement X en fonction de la tension appliquée au tube radiogène (tableau 11) ou à la rigueur en fonction de l'épaisseur de demi-absorption d'un matériau donné pour ce dernier (tableau 12).

Nota : Tout comme les rayonnements gamma, l'épaisseur de demi-absorption pour un rayonnement X est l'épaisseur d'un matériau qui absorbe la moitié de l'intensité du rayonnement incident.

Tableau 11 - DURETÉ DES RAYONS X

Dureté des rayons X

Très mou

Mou

Demi mou

Dur

Très dur

Ultra dur

Tension appliquée au tube radiogène en KV

< à 20 20 à 60 60 à 150 150 à 400 400 à 3 000 > à 3 000

< à 20 20 à 60 60 à 150 150 à 400 400 à 3 000
< à 20 20 à 60 60 à 150 150 à 400 400 à 3 000
< à 20 20 à 60 60 à 150 150 à 400 400 à 3 000
< à 20 20 à 60 60 à 150 150 à 400 400 à 3 000
< à 20 20 à 60 60 à 150 150 à 400 400 à 3 000

Tableau 12 - ÉPAISSEUR DE DEMI-ABSORPTION DES RAYONS X POUR QUELQUES MATÉRIAUX

Tension appliquée au tube radiogène en kV

Épaisseur de demi-absorption en mm

Acier

Béton

Plomb

50

0,6

4

0,05

100

1,5

16

0,25

150

3

22

0,29

200

4,5

26

0,42

250

11

28

0,85

300

18

30

1,7

400

21

31

2,5

500

25

32

3

24

FILTRATION

Le spectre de raies pour une anticathode en tungstène se limite pratiquement à la raie Kα de cet élément dont l'énergie est de 59,5 KeV. Les raies des couches électroniques plus profondes possèdent une énergie négligeable (inférieure à 10 keV). Ces raies peuvent apparaître dans le cas d'un faisceau sortant par une mince fenêtre en béryllium.

La filtration consiste à interposer une lamelle métallique de 0,5 à 3 mm d'épaisseur sur le trajet du faisceau de rayons

X. Les principaux filtres utilisés sont le cuivre Cu et l'aluminium Al. La filtration permet d'une part de faire disparaître

le spectre de raies, d'autre part d'épurer le rayonnement en absorbant plus ou moins les rayons mous. L'élimination de ces derniers donne des clichés plus nets.

FOYER OPTIQUE

Le faisceau d'électrons heurtant l'anticathode forme

une tache qui correspond au lieu d'émission des rayons

X. Cette tache est le foyer réel Fr ou foyer thermique.

Mais ce qui intéresse l'opérateur de contrôle radiologi- que, c'est le foyer optique Fo qui correspond à la surface d'émission des rayons X (figure 15). L'anticathode des tubes à rayons X d'usage courant est légèrement incli- née, l'axe du cône de sortie du faisceau de rayons X est donc perpendiculaire à l'axe du tube.

Pour obtenir un rayonnement X panoramique (ou circulaire) de type oblique ou orthogonal, nous utilisons des tubes spéciaux soit à anode plate (figure 16) ou conique (figure 17), soit à anode longue (figure 18).

Figure 16 - RAYONNEMENT X PANORAMIQUE A ANODE PLATE

23456789012345 23456789012345 23456789012345 23456789012345 23456789012345 23456789012345 23456789012345
23456789012345
23456789012345
23456789012345
23456789012345
23456789012345
23456789012345
23456789012345
23456789012345
23456789012345
2345678901
23456789012345
2345678901
X
X
▲ ▲
Figure 15 - FOYERS RÉEL ET OPTIQUE 12 12 12 faisceau d'électrons Fr 2 foyer
Figure 15 - FOYERS RÉEL ET OPTIQUE
12
12
12
faisceau
d'électrons
Fr
2
foyer optique
Figure 17 - RAYONNEMENT X PANORAMIQUE A ANODE CONIQUE anode conique ▲ ▲ Faisceau d'électrons
Figure 17 - RAYONNEMENT X
PANORAMIQUE A ANODE CONIQUE
anode conique
Faisceau d'électrons

25

Figure 18 - TUBE A RAYONS X A ANODE LONGUE

X

▲ ▲ ▲ ▲

anode longue

X

▲ ▲ ▲ ▲

La surface du foyer optique conditionne la qualité du tube et par là-même la netteté des images radiologiques. Plus les dimensions du foyer optique sont faibles (donc plus le faisceau de rayons X est fin) et moins important est le flou géométrique donc l'examen aux rayons X est plus net. Nous avons déjà dit que l'anticathode est généralement en tungstène W d'une part en raison du nombre atomique élevé (74) de cet élément, d'autre part à cause de son point de fusion élevé (de l'ordre de 3 400°C) qui permet de résister à l'échauffement du foyer thermique dû au bombardement électronique intense. Le rendement d'un générateur de rayons X est faible (0,1 % à 20 kV à 1 % à 200 kV). Toute l'énergie appliquée au tube c'est-à-dire les "mAxkV" se retrouve pratiquement sous forme de chaleur sur le foyer thermique qui doit dissiper l'équivalent calorifique et qui de ce fait doit avoir une surface suffisante pour éviter toute surchauffe locale préjudiciable à l'anticathode. Cela explique la difficulté d'obtenir des tubes à foyer fin.

Les dimensions du foyer optique sont donc déterminées par :

- la surface du foyer thermique,

- la valeur de l'angle α (figure 15).

APPAREILS RADIOGRAPHIQUES SPÉCIAUX

Pour l'examen de pièces très épaisses, nous utilisons outre les sources radioactives à rayonnement gamma (se reporter au chapitre 3), les appareils radiographiques spéciaux suivants :

Accélérateur de type VAN de GRAAFF qui émet un rayonnement X très dur avec une énergie pouvant atteindre 5 MeV (cas de ceux qui existent au CEA de CADARACHE). Contrairement aux générateurs courants de rayons X où la haute tension est obtenue par un ensemble "transformateur-redresseur", l'accélérateur VAN de GRAAFF est basé sur le phénomène de charge électrostatique d'un ruban circulant à grande vitesse. Le foyer a une superficie faible (diamètre 0,75 mm environ), donc le flou géométrique qui en résulte est minime.

Le bétatron qui est un accélérateur électronique pouvant émettre un rayonnement X d'énergie comprise entre 10 et 30 MeV. Le rendement est de l'ordre de 40 %.

L'accélérateur linéaire appelé également LINAC qui utilise un klystron ou un magnétron pour obtenir un champ électrique haute fréquence qui accélère les électrons afin d'obtenir un rayonnement X d'énergie comprise entre 50 et 100 MeV.

26

Chapitre 5

NOTIONS SUR LA PRISE DE CLICHÉS

CALCUL DU TEMPS DE POSE

Le temps de pose, c'est-à-dire le temps de l'exposition externe durant lequel la source radioactive est sortie de son conteneur pour la prise d'un cliché nous est donné par la formule :

T =

Q x d 2 x k x 10 -6

37 x N

avec

T

= temps de pose en heures

Q

=

facteur fonction de la densité fixée par le cahier des charges du client et de l'épaisseur d'acier à traverser (tableau 1). La densité souhaitée conditionne le contraste recherché

d

= distance source-film en mètres

k

= coefficient de rapidité du film utilisé (fourni par le fabricant)

N

= activité résiduelle en becquerels

Tableau 13 - VALEUR DU FACTEUR Q

Épaisseur d'acier ( ou équivalent) en mm

 

Densité souhaitée

 
 

2

 

2,5

 

3

5

 

800

 

950

1

100

10

1

000

1

200

1

500

15

1

250

1

500

1

900

20

1

600

2

000

2

500

25

2

000

2

500

3

100

30

2

500

3

200

5

000

40

4

000

5

000

6

000

27

Exemple :

- source d'iridium 192 ayant une activité de 925 MBq (25 curies) au 1er mars 1989,

-cliché pris le 10 juin 1989 avec un film ayant un facteur k = 4 pour une densité recherchée de 2,5,

- soudure à radiographier : tube de 508 x 5 en acier,

- source radioactive disposée dans l'axe du tube.

- calcul de l'activité résiduelle au 10 juin 1989 : 925 x 0,392 = 362,6 MBq = 362,6

- épaisseur de l'acier : 5 mm donc Q = 950 (densité voulue 2,5) -distance source film en mètres : d =0,26 m

- coefficient de rapidité du film = K = 4

donc le temps de pose sera :

10 6 Bq

T =

950 x 0,26 x 0,26 x 4 x 10 -6

37 x 362,6 x 10 6

= 0,019 heure

soit 1 minute environ.

Nota :

a) Si le film avait eu un facteur K =15, nous aurions eu T = 0,071 heure soit 4 minutes environ.

b) Il existe des règles à calcul permettant de calculer d'une manière rapide et efficace les temps de pose des radiographies

obtenues avec des sources de cobalt 60, de césium 137 et d'iridium 192.

SUPPRESSION DU RAYONNEMENT DIFFUSÉ

Nous savons que lorsqu'un faisceau de rayons X ou gamma traverse un objet, une partie de ce rayon-nement se trouve diffusé dans toutes les directions par les atomes constituant cet objet. Ce rayonnement diffusé, qui croît avec l'épaisseur de l'objet à examiner, produit un voile uniforme qui diminue le contraste de l'image radiante et par là-même réduit la netteté du cliché. Le voile dû à ce rayonnement peut être atténué en :

-réduisant la section du faisceau de photons au strict minimum par l'utilisation soit d'un diaphragme et/ou d'un localisateur (figure 19) dans le cas des rayons X, soit d'un collimateur, avec ou sans positionneur à sangle ou magnétique, dans le cas du rayonnement gamma (figure 20). Il existe des collimateurs type "diabolo" pour tir panoramique, hélas, peu utilisés (figure 21), -utilisant des masques sous forme de plaques de plomb entourant l'objet ou la partie d'objet (soudure à radiogra- phier par exemple). Voir figure 22.

Figure 19 - LOCALISATEUR

Figure 19 - LOCALISATEUR

FIGURE 20 - COLLIMATEURS

sangle
sangle

a) collimateur avec positionneur à sangle

aimant
aimant

a) collimateur avec positionneur magnétique

Positionneur

à sangle

Positionneur

magnétique

Collimateur 120°

Collimateur 120°

28

Collimateur Figure 21 - COLLIMATEUR "DIABOLO" γ ▲ ▲ ▲ ▲ ▲ uranium appauvri porte-source
Collimateur
Figure 21 - COLLIMATEUR "DIABOLO"
γ
▲ ▲
uranium
appauvri
porte-source
câble d'éjection
gaine d'éjection
collimateur
▼ ▼
▼ ▼
γ

ÉCRANS RENFORÇATEURS

La dose d'énergie radiante absorbée par les couches sensibles du film est de l'ordre de 1 % du rayonnement X ou gamma émis. Pour renforcer l'action "photographique" de ce rayonnement, le film est disposé entre deux écrans renforçateurs qui sous l'action des rayons X ou gamma soit deviennent fluorescents (écrans renforçateurs fluorescents), soit émettent des électrons (écrans renforçateurs au plomb). Les écrans renforçateurs s'emploient par paire. Ils peuvent être utilisés pour toute radiographie effectuée avec une énergie supérieure à 100 keV.

Les écrans au plomb sont constitués d'une mince feuille de plomb laminé, montée sur carton afin d'assurer une certaine rigidité et de protéger la feuille de plomb.

Les écrans fluorescents permettent de diminuer le temps de pose par augmentation du rendement. Ils sont en outre indispensables à la radiographie pour tirage papier.

Les écrans fluorométalliques équivalent à l'associa- tion d'un écran au plomb et d'un écran fluorescent classique. Ils permettent d'associer qualité d'image et rendement.

Afin d'obtenir des images radiantes nettes, les écrans renforçateurs doivent être appliqués contre le film et sont de ce fait toujours utilisés dans un portefilm (figure 22).

Figure 22 - MASQUES ET ÉCRANS

Filtre

Écrans au

plomb

Collimateur Source Pièce à radiographier Plomb du porte-film
Collimateur
Source
Pièce à
radiographier
Plomb du porte-film

Masque

Film

Porte-film

29

INDICATEURS DE QUALITÉ D'IMAGE

Pour apprécier la qualité des clichés radiographiques, nous utilisons les indicateurs de qualité d'image (IQI) ou pénétramètres. En France, la norme NF A 90205 préconise l'utilisation de plaques métalliques à gradins percés de trous d'un diamètre égal à l'épaisseur de la plage correspondante. Ces IQI sont de forme soit rectangulaire, soit hexagonal (figure 23).

Figure 23 - INDICATEURS DE QUALITÉ D'IMAGE

Figure 23 - INDICATEURS DE QUALITÉ D'IMAGE Indicateurs de qualité d'image à gradins de forme hexagonale

Indicateurs de qualité d'image à gradins de forme hexagonale

Indicateurs de qualité d'image à gradins de forme hexagonale Indicateur rectangulaire à gradins percés

Indicateur rectangulaire à gradins percés

Cependant, d'autres IQI sont utilisés en France:

-indicateurs à 7 fils (DIN 54.109) de largeur 50 mm (parfois 25 mm) et de diamètre décroissant. Ces fils doivent être de même nature que le métal à contôler, -indicateurs américains (type ASTM code ASME ou API), -indicateurs anglais (type BWRA).

Ces indicateurs se placent en travers de la soudure devant être radiographiée.

30

Chapitre 5

RISQUES DUS AUX RADIATIONS IONISANTES

Lss rayonnements ionisants ne sont hélas pas perçus par nos sens et il s'écoule toujours un certain temps de réaction entre le moment de l'exposition (ou irradiation) et celui de l'apparition des troubles physiologiques. C'est ce qui les rend particulièrement dangereux.

EFFETS DES RADIATIONS IONISANTES

En traversant la matière quelle qu'elle soit, les rayonnements ionisants heurtent les atomes constituant celle-ci. Au cours de ces chocs, ils arrachent un ou plusieurs électrons au cortège électronique périphérique entourant le noyau central de l'atome. Il y a ionisation de la matière.

Les radiations ionisantes agissent sur le tissu vivant au niveau des molécules, notamment d'acide désoxyribonucléique ou ADN (qui est, entre autres, un vecteur de la génétique), qui constituent les cellules par leur effet ionisant en lui cédant de l'énergie. Cette action peut concerner soit les cellules qui constituent notre corps individuel (le soma) et engendre de ce fait des troubles qui constituent les effets somatiques, soit les cellules qui sont destinées à la reproduction (le germen) et les lésions ne se manifesteront que dans la descendance de l'individu irradié, ce sont les effets génétiques.

Les effets somatiques dus aux rayonnements ionisants présentent à la fois un caractère polymorphique (grande variété des formes biologiques qui peuvent concerner tous les organes et toutes les fonctions du corps) et un caractère non spécifique, c'est-à-dire que la variété des effets somatiques peut être provoquée par d'autres causes (produits chimiques, tabac par exemple). Le tableau 14 résume l'apparition des effets somatiques en fonction de la dose reçue.

Les études entreprises depuis plusieurs décennies sur les effets biologiques des rayonnements ionisants ont conduit à mettre en évidence des :

- effets non stochastiques ou non aléatoires. Un effet biologique est dit non aléatoire lorsque son apparition est systématique pour une dose seuil suffisante et que le degré de gravité est une fonction croissante de la dose. Ces effets apparaissent de façon précoce, après l'exposition à une dose seuil suffisante. En pratique, la dose seuil couramment admise est égale à 1 sievert (100 Rems), - effets aléatoires ou stochastiques. Un effet biologique est dit aléatoire lorsque sa fréquence d'apparition statistique sur un grand nombre d'individus présente un caractère de probabilité qui est également une fonction croissante de la dose. Le caractère aléatoire est indépendant de la notion de seuil (figure 24).

31

Tableau 14 - RELATION DOSE-EFFETS DES RAYONNEMENTS IONISANTS

   

Dose en Sieverts

 

Effets des radiations

0,1

0,25

0,5

1

2

4

10

Aucun effet apparentX

             

Modification de la formule sanguine

 

X

         

Limite CIPR

   

X

       

Malaises, nausées, vomissements

     

X

     

Érythème, fièvre, agitation

       

X

   

Dose léthale 50 %

         

X

 

Décès certain

           

X

Figure 24 - PROBABILITÉ D'APPARITION D'UN EFFET ALÉATOIRE

Probabilité d'apparition Dose cumulée (SV)
Probabilité d'apparition
Dose cumulée (SV)

Zone d'incertitude

sur l'apparition

En 1977, la CIPR (Commission internationale de protection radiologique) a donc été amenée à adopter dans ses recommandations n° 26, cette nouvelle classification (tableau 15).

LIMITATION DES DOSES D'EXPOSITION

Réduire les doses absorbées, c'est diminuer le nombre de cellules touchées par les radiations ionisantes, mais pas les dégâts qu'elles subissent : toutes les doses de radiations ionisantes, faibles ou fortes, sont, malgré un léger effet de réparation naturelle entre deux doses successives, cumulatives toute la vie. Il n'y a pas de radiations ionisantes inoffensives (voir "Restauration et réparation naturelles" page suivante).

32

Tableau 15 - CLASSIFICATION DES EFFETS BIOLOGIQUES DES RAYONNEMENTS IONISANTS

Effets somatiques

Effets génétiques

- Atrophies

   

- Altération de la formule sanguine

- Leucémies et cancers

- Mutations concernant la descendance

- Atteinte de la fertilité

- Cataracte

- Mutations sur l'individu irradié

 

- Dermites

- Erythèmes

- Épilation

- etc…

Effets non aléatoires

Effets stochastiques

RESTAURATION ET RÉPARATION NATURELLES

Ces phénomènes existent à trois niveaux :

Niveau tissulaire : une cellule lésée de façon irréparable ne peut plus se diviser et de ce fait meurt. Dès son élimination, les cellules souches du tissu auquel elle appartenait se divisent et compensent cette perte par des cellules neuves.

Niveau moléculaire : les lésions des molécules d'ADN sont réparées par certaines enzymes et ainsi l'intégrité du gène atteint peut être rétablie. Cette restauration ne fonctionne pas à 100 %.

Niveau de l'organisme : une cellule "mutée", c'est-à-dire anormale, peut être reconnue comme telle et déclencher une réaction de l'organisme. Cette cellule est fagocitée par les lymphocytes (globules blancs).

(D'après le Professeur TUBIANA)

Nous rappelons à cette occasion que le Comité d'études des effets génétiques des radiations ionisantes de l'Académie nationale des Sciences américaines affirme :

"N'importe quelle dose de radiations, si petite soit-elle, peut produire des mutations. Il n'existe pas de doses minimales de radiations. Ce qui est important pour un enfant, c'est la dose totale de radiations que ses parents ont reçue, depuis qu'ils ont été eux-mêmes conçus".

C'est pourquoi, il faut impérativement, dans l'ignorance où nous sommes de ce que nous pourrions recevoir ultérieurement, réduire au maximum, sans limite inférieure l'irradiation des individus. C'est ce que rappelle la réglementation, car contrairement à une opinion, hélas encore trop répandue, nous n'avons pas "droit" à un certain nombre de siéverts (ou de rems). La réglementation n'a fixé que des doses maximales à ne pas dépasser (se reporter au tableau 16).

33

Tableau 16 - RÉCAPITULATIF DES ÉQUIVALENTS DE DOSE MAXIMAUX ADMISSIBLES EXPRIMÉS EN MILLISIEVERTS (1) RÉSULTANT DE L'EXPOSITION EXTERNE

 

Catégorie A (Travailleurs directement affectés à des travaux sous radiations)

Catégorie B (Travailleurs non directement affectés à des travaux sous radiations)

Organes

 

En 3 mois consécutifs

   

En 3 mois consécutifs

 

En 1 mois

 

(2)

 

En 12 mois

En 1 mois

 

(2)

 

En 12 mois

Hommes

 

Femmes

(4)

Hommes

 

Femmes

(4)

(3)

(3)

Organisme entier (en profondeur)

4,2

30

 

12,5

50

1,26

9

 

3,75

15

Peau, mains, avant-bras, pieds et chevilles

42

300

125

500

12,6

90

37,5

150

Cristallin

12,6

90

37,5

150

37,8

27

11,25

45

(1) 1 Rem = 10 millisieverts. (2) Tolérance pour 3 mois consécutifs (à éviter). (3) Il s'agit de femmes en état de procréer. Les femmes enceintes ne doivent pas dépasser 10 mSv durant les 9 mois de grossesse. (4) Sauf expositions exceptionnelles concertées (effectuées en 1 ou plusieurs fois) où il est admis un équivalent de dose maximal double des valeurs limites annuelles.

 

Tous les textes internationaux ou nationaux demandent que l'exposition aux radiations ionisantes soit la plus faible possible. Citons les documents suivants :

La Convention internationale du travail n° 115 du 22 juin 1960 précise dans son article 5 :

"Tous les efforts doivent être faits pour réduire au niveau le plus bas possible, l'exposition des travailleurs à des radiations ionisantes et toute exposition inutile doit être évitée pour les parties intéressées".

L'article 6 du décret modifié du 20 juin 1966 stipule :

"L'exposition des personnes et le nombre des personnes exposées aux rayonnements ionisants doivent, dans la limite des maximums prévus par la réglementation, être aussi réduits que possible".

La directive européenne n° 80/836 EURATOM du 15 juillet 1980 demande dans son article 6, paragraphe b :

"Toutes les expositions doivent être maintenues à un niveau aussi faible qu'il est raisonnablement possible".

L'article 4 du décret du 2 octobre 1986 exige :

"Les matériels, les procédés et l'organisation du travail doivent être conçus de telle sorte que les expositions professionnelles, individuelles et collectives soient maintenues aussi bas qu'il est raisonnablement possible en-dessous des limites prescrites par le présent décret. A cette fin, les postes de travail exposés font l'objet d'une analyse dont la périodicité est fonction du niveau d'exposition.

Dans son introduction, la norme expérimentale M 62.102 sur les installations de radiologie gamma industrielle prévoit

:

"Les spécifications de la présente norme doivent permettre d'assurer la radioprotection des installations de radiologie gamma industrielle et le respect de la réglementation en vigueur les concernant aussi bien pour les travailleurs que pour le public ; ainisi la limite fixée pour l'exposition des personnes est une limite maximale, étant entendu que la valeur de cette exposition doit être la plus faible raisonnablement possible".

L'article 11 du titre intitulé "Rayonnements ionisants" annexé au décret du 13 juillet 1989 précise :

"Les matériels, les procédés, les méthodes de travail doivent être conçus de telle sorte que les expositions individuelles et collectives aux rayonnements ionisants soient maintenus à un niveau aussi faible qu'il est raisonnablement possible, en dessous des limites prescrites. A cette fin, les postes de travail exposés font l'objet d'une analyse dont la périodicité est fonction du niveau d'exposition".

34

ACCIDENTS DU TRAVAIL ET MALADIES PROFESSIONNELLES

Accidents du travail

Les accidents du travail en contrôle non destructif, c'est-à-dire les expositions externes, bien que peu fréquents (en moyenne un accident grave par an est dû aux CND) sont souvent très graves. Les conséquences sont toujours identiques, à savoir :

- œdème et radionécrose au bout de 3 semaines à 2 mois après l'exposition à une dose absorbée toujours élevée : 100 à 120 grays (10 000 à 12 000 rads), -restauration ou guérison apparente au terme de 3 à 6 mois, -rechute tardive plus d'un an après cette exposition accidentelle et dont les séquelles sont toujours très importantes (amputation ou greffe), voire mortelles.

Maladies professionnelles

Le nombre moyen annuel des maladies professionnelles reconnues au titre du tableau n° 6 (annexe 1), est de 17 pour les dix dernières années connues (1979 à 1988).

Le nombre moyen de décès annuels pour la même période est de 5 (figure 25). Notons cependant que ces maladies et décès ne sont pas tous imputables au contrôle non destructif par radiations ionisantes.

Nombre

35

30

25

20

15

10

5

0

Figure 25 - MALADIES PROFESSIONNELLES RELEVANT DU TABLEAU N°6 Maladies reconnues Décès Années 1961 1962
Figure 25 - MALADIES PROFESSIONNELLES RELEVANT DU TABLEAU N°6
Maladies
reconnues
Décès
Années
1961
1962
1963
1964
1965
1966
1967
1968
1969
1970
1971
1972
1973
1974
1975
1976
1977
1978
1979
1980
1981
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988

35

Chapitre 7

ÉLÉMENTS DE RADIOPROTECTION

Dans le cas de contrôles non destructifs par rayonnements ionisants, la réglementation impose l'utilisation de sources scellées sous forme spéciale. Il s'ensuit que le seul risque qui existe est celui de l'exposition externe.

Par exposition externe, nous entendrons toute irradiation résultant d'une ou plusieurs sources situées à l'extérieur de l'organisme. La radioprotection en CND ne concerne donc que les moyens mis en œuvre pour réduire cette exposition externe à un minimum raisonnable.

BASE DE LA RADIOPROTECTION

L'objectif de la radioprotection est double :

-prévenir tout effet pathologique non aléatoire des rayonnements ionisants, - limiter à un niveau considéré comme acceptable tant pour chaque individu que pour la société le détriment éventuel que pourrait occasionner l'existence d'effets aléatoires à faible dose.

Pour atteindre cet objectif, la CIPR (Commission internationale de protection radiologique) a recommandé un programme de limitation des doses basé sur trois principes : justification, optimisation et limitation.

La justification de l'activité entraîne l'exposition. Il faut, pour être acceptable, que toute exposition d'un ou plusieurs individus produise un bénéfice net positif soit pour cet ou ces individus (cas de l'exposition médicale), soit pour la société (utilité du processus mis en œuvre). La justification permet donc, dans le cas du contrôle non destructif par radiations ionisantes, de tolérer, hors blockhaus, la radiologie X ou gamma à l'aide d'appareils portatifs.

L'optimisation conduit à l'élaboration avant tout tir radiographique d'un plan d'intervention. Ce dernier a pour but, lorsque l'activité qui entraîne une exposition des opérateurs est justifiée, de maintenir cette exposition à un niveau aussi bas qu'il est raisonnablement possible de l'obtenir. Ce plan de tir procure certains avantages pour la société prestataire de service qui procède aux examens radiographiques :

- maintien des connaissances en radioprotection de ses opérateurs, - connaissance exacte du problème avant intervention, - choix optimum de la source de radiations ionisantes.

39

et un inconvénient majeur :

-retarde l'intervention (en fait l'urgence n'est réelle que dans 5 % des cas).

Ce plan doit prévoir la mise à disposition des opérateurs, par l'entreprise utilisatrice, des moyens d'accès, plateforme de travail, éclairage, etc… :

d'une part :

- l'utilisation de la source de rayonnement la mieux appropriée pour l'obtention de clichés radiographiques corrects :

générateur de rayons X ou source radioactive d'activité suffisante,

- de moyens de collimation fonction des rayons émis (source radioactive) ou de dispositifs de filtration et de localisation (rayons X),

-d'écrans éventuels absorbant le rayonnement direct et diffusé,

- du coefficient de rapidité des films,

- de dispositifs de signalisation et de balisage des zones contrôlée et surveillée (girophares, rubans, etc…) et d'un croquis indiquant de façon précise les limites de ces zones, -d'appareils de contrôles (détecteur sonore, radiamètre), de dosimétrie (film et stylo) et d'avertissement (sifflet), -d'un véhicule adapté et en bon état. Se reporter au chapitre "Transport des sources radioactives",

- etc…

d'autre part les documents devant être présentés aux autorités compétentes (Inspection du travail, CRAM par

exemple) à savoir :

- autorisation de détention et d'utilisation délivrée par la CIREA,

- caractéristiques des sources de rayonnements,

- autorisation de transport,

- consignes écrites,

- fiches de suivi de l'appareil de radiographie gamma et de ses accessoires,

- CAMARI pour chaque opérateur,

- livret spécial délivré par le médecin du travail au personnel de catégorie A pour chaque intervenant, à défaut la fiche d'aptitude médicale datant de moins de 6 mois.

La limitation des doses individuelles :

D'une part répartit la population dans son ensemble en trois catégories :

POPULATION = CATÉGORIE A + CATÉGORIE B + PUBLIC

où :

-la catégorie A correspond aux travailleurs directement affectés aux travaux sous rayonnements ionisants (DATR). Les surveillances médicales spéciales et dosimétriques sont obligatoires.

-la catégorie B correspond au personnel non directement affecté aux travaux sous rayonnements ionisants (NDATR). La surveillance dosimétrique est obligatoire s'ils opèrent en zone contrôlée. La surveillance médicale spéciale n'a pas été prévue.

-le public concerne le reste de la population qui ne peut en aucun cas pénétrer en zone contrôlée.

D'autre part fixe les limites annuelles maximales d'exposition en fonction de la catégorie :

- : 50 millisieverts/an (ou 5 rems/an),

catégorie A

- : 15 millisieverts/an (ou 1,5 rem/an),

5 millisieverts/an (ou 0,5 rem/an).

catégorie B

- public

Ces valeurs ne permettent pas de vérifier l'efficacité des protections mises en place. Nous mesurons en effet un débit de dose soit en micrograys par heure, soit en millirads par heure.

Nous raisonnons à partir des directives EURATOM, du décret du 2 octobre 1986 (notamment l'article 44 relatif aux générateurs de rayons X à poste fixe et de l'arrêté du 1er juin 1990. Le débit est le résultat

:

40

de la division de la dose par la durée d'exposition. Pour simplifier, il a été admis de prendre 2 000 heures pour la durée annuelle de l'exposition (50 semaines de 5 jours de 8 heures), bien que les temps cumulés de mises en œuvre des sources de rayonnements ionisants soient souvent bien inférieurs. Les limites admissibles deviennent donc :

- 25 microsieverts/heure (soit 2,50 mrem/h) correspond à la limite de la zone d'accès interdite

- 7,5 microsieverts/heure (soit 0,75 mrem/h) qui délimite la zone contrôlée (cf. article 21 du décret modifié du 20 juin 1966 et article 23 du décret du 2 octobre 1986)

- : 2,5 microsieverts/heure (soit 0,25 mrem/h) valeur qui permet de limiter la zone surveillée

catégorie A :

catégorie B :

public

CAMARI

La manipulation d'appareils de radiographie ou de radioscopie industrielle ne peut être confiée qu'à des personnes titulaires du certificat d'aptitude à manipuler les appareils de radioscopie et de radiographie industrielles (appelé couramment CAMARI) délivré après examen par le Directeur régional du travail et de l'emploi (article 17 du décret du 2 octobre 1986).

Après avis du SCPRI (Service central de protection contre les rayonnements ionisants), du médecin du travail et du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) ou à défaut des délégués du personnel, le directeur régional du travail et de l'emploi peut autoriser, uniquement dans le cas de générateurs électriques de rayons X utilisés à poste fixe dans un local ou caisson particulier, un employeur à confier l'utilisation d'un appareil générateur de rayons X à des opérateurs ne possédant pas le CAMARI lorsque les conditions suivantes se trouvent remplies :

-le local ou le caisson (de radiométallographie) contenant le générateur de rayons X est à protection totale sur toutes les parois,

- l'atténuation des rayonnements X par les parois du local ou du caisson est suffisante pour que l'équivalent de dose résiduel soit inférieure en moyenne à 25 microsieverts/heure (2,5 millirems par heure) si le local ou le caisson de rayons X est à l'intérieur de la zone contrôlée ou à 7,5 microsieverts/heure (0,75 millirems par heure) si la limite de cette zone est consituée par les parois du local ou du caisson,

-le local est débarassé de tout objet sans utilité pour les radiographies ou radioscopies pratiquées,

-la signalisation permanente (lampe rouge clignotante) avertissant le fonctionnement du générateur et interdisant l'accès du local existe et est en bon état,

- un dispositif de fermeture du local ou du caisson s'oppose à tout franchissement de l'accès par inadvertance et arrête l'émission de rayons X,

-le tube radiogène ne peut être mis sous tension que de l'extérieur du local ou du caisson le contenant,

-les opérations ne peuvent être effectuées qu'en l'absence de personnel à l'intérieur du local,

-les objets à examiner sont soit installés avant la mise en marche du générateur et ôtés après l'arrêt de ce dernier, soit apportés et retirés à l'aide de dispositifs appropriés évitant tout risque d'exposition pour le personnel,

- l'installation de radiologie est contrôlée au moins une fois par an par un organisme agréé.

Remarque : Dans toute entreprise utilisant des rayonnements ionisants, l'employeur doit désigner une personne compétente en radioprotection (se reporter en annexe 2). Cette dernière devant avoir préalablement suivi avec succès une formation agréée à la radioprotection de 7 jours minimum se devrait d'être titulaire du CAMARI.

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Le CAMARI, valable pour 9 ans, est délivré soit sur titres, soit au vu des résultats d'épreuves de contrôles des connaisances par un jury composé par :

- le directeur régional du travail et de l'emploi,

- un médecin du travail désigné en raison de sa compétence particulière en radioprotection,

- une personne choisie en raison de sa compétence particulière en matière de radiologie industrielle sur une liste établie par le ministre chargé de l'emploi.

une liste établie par le ministre chargé de l'emploi. PROTECTION CONTRE L'EXPOSITION EXTERNE La protection

PROTECTION CONTRE L'EXPOSITION EXTERNE

La protection contre l'exposition externe comprend :

- le temps

- la distance,

- les écrans de protection.

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Le temps

La

dose absorbée est proportionnelle au temps. Il suffit donc de limiter au maximum la durée de l'exposition (utilisation

de

films plus sensibles par exemple).

Le

temps est une notion très importante dans le cas d'une exposition exceptionnelle concertée (récupération d'une source

radioactive) ou d'une exposition d'urgence (réduction de la zone contrôlée après incident ou accident).

Remarque importante : Avant toute exposition exceptionnelle concertée, une manipulation préalable avec essai sur maquette doit être faite afin de pouvoir réaliser la vraie manipulation avec adresse et rapidité.

La distance

Le débit de dose est fonction de l'inverse du carré de la distance. Ainsi pour une dose de :

- 100 Gy.h -1 à 1 mètre, celle-ci n'est plus que de :

- 25 Gy.h -1 à 2 mètres

- 4 Gy.h -1 à 5 mètres

- 1 Gy.h -1 à 10 mètres

En pratique, la protection par la distance se traduit par :

- l'éloignement du travailleur de la source de rayonnement ou vice et versa (utilisation de gaines de télécommande et d'éjection de grande longueur), -utilisation de pinces de manipulation assez longues (2 mètres par exemple), -télémanipulateurs, robots, etc…

L'exemple ci-après montre l'influence de la distance (utilisation d'une pince de manipulation) et du temps :

"Sur un chantier isolé, lors de la rentrée de la source radioactive de cobalt 60 d'activité 159,1 GBq, un incident, suivi d'une fausse manœuvre laisse le porte-source sur le terrain. L'opérateur dispose du matériel suivant :

- un détecteur de rayonnements ionisants, - une pince de manipulation de 2 mètres, - un conteneur de stockage en plomb.

De combien de temps dispose-t-il pour amener le conteneur au plus près, s'approcher de la source, la prendre avec la pince et la mettre dans le conteneur de stockage, sans recevoir un équivalent de dose supérieur à 1 mSv ?"

A 1 mètre, le débit de dose D 1 est :

A 2 mètres (longueur de la pince de manipulation), le débit de dose D 2 sera de :

I = C.K = 159,1 x 365 = 58 071,5 µSv/h soit 58,071 mSv/h

D 2 =

=

= 14,52 mSv/h

D 1 .d 2

D 1 .d 2

p

2

Par minute, le débit de dose à 2 mètres sera :

58,071 x (1) 2

(2) 2

14,52

60

= 0,242 mSv/m

Le temps disponible pour récupérer la source sans recevoir un équivalent de dose supérieur à 1 mSv est donc de :

1

0,242

4 minutes

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Les écrans de protection

Dans le cas du contrôle non destructif, nous utilisons pour atténuer le débit de dose du aux photons X ou γ des écrans lourds : plomb, béton baryté (tableau 17) dont l'épaisseur est fonction de la réduction désirée.

Tableau 17 - COMPOSTION DU BÉTON BARYTÉ (pour 1 m 3 de béton)

- BARYTINE granulométrie 0 à 3 mm

- BARYTINE granulométrie 3 à 7 mm

- BARYTINE granulométrie 7 à 15 mm

- Eau

- Ciment

- Plastocrète

420 kg 1 000 kg 1 780 kg

l

300 kg

l

120

1,7

Nota : Le béton baryté doit être vibré au coulage

Nous savons qu'en traversant une paroi opaque, les rayons X ou γ sont partiellement absorbés. Pour une substance

donnée, le débit de dose émergeant I est lié au débit de dose incident I O par la relation : I = I O . e - µ x

µ = coefficient d'absorption de la matière x = épaisseur de matière à traverser.

Figure 26 - ATTÉNUATION DES RAYONNEMENTS GAMMA PAR LE PLOMB

Figure 26 - ATTÉNUATION DES RAYONNEMENTS GAMMA PAR LE PLOMB

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En fait, pour obtenir aisément l'épaisseur fonction de la réduction du débit de dose souhaité, nous utilisons soit des tableaux (12 et 18), soit des abaques (figures 26 à 30). Ces dernières sont généralement 20 % supérieures aux valeurs données par les tableaux.

Tableau 18 - ÉPAISSEUR MOITIÉ ET ÉPAISSEUR DIXIÈME POUR LES RADIOÉLÉMENTS UTILISÉS EN CND