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Hannah ARENDT

Jean-François Mattei
Cours de Philosophie politique
IEP - 4ème année - 2009 / 2010

Mots clés : Condition humaine, modernité, politique, déterritorialisation, universel, vita


contemplativa, vita activa, travail, œuvre, vie publique, liberté.
Auteur : Arendt, Heidegger, Nietzsche, Rimbaud, Platon, Camus, Marx, Char.

Contenu
Condition de l'Homme Moderne (1959)...............................................................................................1
Qu'est-ce que la condition humaine ?..............................................................................................1
Les deux retournements de la pensée..............................................................................................2
Arendt réfute Marx..........................................................................................................................2
Une nouvelle approche de l'homme.................................................................................................3
Vita contemplativa......................................................................................................................3
Vita activa...................................................................................................................................3
La Crise de la culture (1961 et 1968)...................................................................................................3

Condition de l'Homme Moderne (1959)

Qu'est-ce que la condition humaine ?


➢ En 1957, les Soviétiques envoient un Spoutnik dans l'espace pour la première fois dans
l'histoire de l'humanité. Double conséquence :
✗ Politique : tous les journaux titrent que le socialisme a vaincu le capitalisme.
✗ Symbolique : l'homme s'arrache à sa condition terrestre.
Qu'est-ce que la condition humaine ? Peut-elle s'arracher à la terre ? C'est une idée que Arendt
emprunte à son maître, Martin Heidegger. Pour lui chaque homme est attaché à sa terre, la
condition de l'homme est toujours liée à un sol. L'être universel n'existe pas, il n'y a que l'être-
là : le « da-sein ».
L'universel moderne tend à déterritorialiser l'homme. Ex : le Spoutnik qui l'arrache même à la terre.
Depuis les Grecs et Héraclite (Cf : le four de boulanger), l'homme habite sa pensée qui est
universelle. En ce sens l'homme est lui-même universel.
Le problème de la condition de l'homme chez Arendt (tout universel soit-il, il est soumis à son

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condition d'existence hic et nunc) est de savoir jusqu'où l'homme reste homme. Nietzsche disait que
l'homme n'est pas fixé, mais n'est-il pas fixé par un « être là », par un territoire ? Pour Arendt en
tout cas, il y a une dimension éthique de l'être humain, universel au moins en droit.
NB : Depuis Saint-Paul : il n' y a plus de territoire, tous les hommes ont été inventés par Dieu.
➢ La technique est un vecteur de déterritorialisation.
Ex : Le téléphone portable, Internet, etc... Le monde moderne est celui de l'arrachement à tous
les territoires, qu'ils soient physiques, religieux, philosophiques, imaginaires. La technique change
le monde et la vie humaine. Que va-t-il se passer au sein de l'espace public ?
Jusqu'à présent, tous les rêves les plus fous de l'humanité ont été réalisés par la technique. C'est le
pari de la condition humaine, celui qu'il y a du sens, celui que nous pouvons avoir un regard et
laisser nos pas le suivre. Mais pour l'homme moderne, ça n'a plus d'importance,son regard
comme son action ne sont plus orientés. Cf : JF Mattei in Le Regard vide.
➢ Pourquoi un partage de l'universel au sein même des particularités ? On vise toujours du
sens, mais dans le monde il n'y a pas de sens. Cf : Rimbaud : « La vraie vie est ailleurs. »
Arendt n'est pas d'accord. Même Platon dit que la vraie vie est dans la Caverne, pour avoir un
besoin métaphorique de transcendance. Nous sommes ici et maintenant, autant faire avec, autant
vivre ensemble.
Mais la vie en commun, la vie politique a-t-elle encore un sens aujourd'hui ? Il y a un désaveu de la
vie en commun. Ex : Recul des questions politiques = abstention aux élections. Y a-t-il quelque
chose de pourri dans la cité moderne ? 60 % des gens ne se côtoient plus, déficit existentiel du
politique. Comme le disait Mallarmé de la poésie et des mots, le politique est là pour donner plus de
sens aux actions de la tribu.

Les deux retournements de la pensée


➢ Un premier basculement au début, celui de Platon.
Arendt reprend Nietzsche qui disait qu'avant lui, les philosophes défendaient la patrie. Depuis ils
sont en exil et conspirent contre elle. Autrement dit le philosophe n'est plus dans la vie politique, il
est désormais le critique de la société. C'est toute la pensée occidentale qui hérite de cette
rupture puisqu'elle est toute entière critique. Comprendre : elle ne se reconnait plus dans son
propre monde. Cf : Camus in L'Étranger.
Ce regard critique porté sur le monde est tel que rien ne lui résiste :
« Toute l'histoire de l'humanité est l'histoire de la lutte des classes » Marx.
« Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire ceci est à moi, est le vrai fondateur de la société
civile .» Rousseau in Discours sur l'inégalité entre les hommes.
=> Il faut faire avec cette société et tenter de redonner du sens à la vie en commun...
➢ Le deuxième retournement est celui de Nietzsche et Heidegger.
Ils retournent le retournement. Le premier consistait à sortir de la Caverne, càd critiquer le monde
tel qu'il est pour affirmer que rien de réel n'est satisfaisant par rapport à l'idée du bien, d'où l'idéalité
platonicienne = arracher l'homme à sa condition terrestre. À l'inverse, pour ces deux penseurs, il
faut rapatrier l'homme vers la terre, le monde, la cité, le politique.

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Arendt réfute Marx
NB : Pour Marx, l'homme est aliéné dans son essence, idée d'un pêché originel = tous les hommes
naissent coupables.. Il y a du Saint-Augustin chez Marx.
➢ 3 hypothèses marxistes :
✗ Le travail a créé l'homme.
✗ La violence est la sage-femme de toute vieille société grosse d'une nouvelle.
✗ Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde qu'il s'agit désormais de transformer.
➢ Pour Arendt, ces 3 thèses sont contradictoires et s'autodétruisent :
✗ Si le travail a créé l'homme, que sera l'homme quand le travail sera aboli ?
✗ Si l'histoire humaine est une suppression de toute violence (idéal de la société
communiste), que deviendra l'histoire inscrite dans la lutte des classes ? = vide...
✗ Si suppression de la philosophie, que devient la pensée de l'homme ?
=> Renversement total de l'idéalisme dans le matérialisme, plus de vision sur l'avenir. Depuis Marx,
il n'y a plus qu'une seule vision de l'homme : travailleur, producteur et consommateur. Quel sens
donner à l'existence humaine ?

Une nouvelle approche de l'homme

Vita contemplativa

➢ C'est celle de la « theoria », de la recherche, du regard sur le monde pour essayer de la


comprendre. Ce mode de vie disparait dans le monde moderne.

Vita activa

➢ C'est celle de la « praxis », de l'action, de l'activité perpétuelle. Elles présente 3 niveaux :


✗ Le travail : c'est la seul détermination moderne de l'homme.
Le travail est selon Arendt l'« activité de réponse aux processus biologiques du corps .»
=> Le travailleur, l'expression de la société.
✗ L'œuvre : c'est l'activité de réponse à la culture, à la civilisation.
L'ouvrier n'est pas un travailleur, c'est Cézanne face à la Sainte-Victoire. L'œuvre ouvre un monde
de culture là où le travail s'enferme sur un monde de produits et d'échanges. Le travail ne renvoie à
rien sinon au cycle biologique de la vie (lat. proles = descendance = celui qui a assez force pour
faire un gosse après la journée à l'usine). L'œuvre s'arrache au temps là où le travail est éphémère (il
ne sert qu'à acheter le pain, qui va disparaître puisqu'on va le manger).
« L'œuvre d'art est un désir demeuré désir. » Char
=> Le créateur, l'expression de l'art.
✗ La vie publique : c'est la réponse de chaque homme qui veut vivre en société.
=> Le citoyen, l'expression du politique.

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La Crise de la culture (1961 et 1968)
➢ Aujourd'hui il n'y a plus de liens entre le passé et l'avenir. La vie quotidienne est devenue
vide, nous n'assumons plus notre passé et nous ne sommes plus responsables devant l'avenir.
Nous ne savons plus vivre le temps, l'existence n'a plus de sens :
✗ elle n'est plus orientée, du fait de la fin des idéologies;
✗ du coup elle n'a plus de signification, on ne sait plus quoi faire.
➢ La pensée européenne et occidentale peut se définir en un mot : LIBÉRALE, au sens de la
Liberté.
Tous les grands penseurs se sont mis en branle en son nom. Pb : Au XXe siècle, nous ne savons plus
ce que c'est que la Liberté. On ne connait plus que des individus dits libres qui font ce qu'il veulent
(et qui va jusqu'au meurtre ou au viol...) Cela n'a rien à voir avec la Liberté. Elle est au contraire ce
qui donne du sens à l'existence en commun.
La Liberté c'est la rencontre des autres dans un même espace : l'espace public (physique et
mental). Mais à l'heure de la mondialisation de l'information via Internet, y a-t-il toujours un espace
public ? Le politique continue-t-il de diriger l'espace public ou est-ce désormais l'économie ?
➢ Traditionnellement, le politique est ce qui donne un sens à la vie en commun. Il semble
aujourd'hui dissolu dans d'autres espaces collectifs comme l'économique, le social, le
culturel...
« Notre héritage n'est précédé d'aucun testament. » René Char, Feuillets d'Hypnos in Fureur et Mystère
(1946)
« Aujourd'hui, le passé n'éclairant plus l'avenir, l'esprit marche dans les ténèbres. » Tocqueville
« À tous les repas pris en commun, nous invitons la liberté à s'asseoir. La place demeure vide mais le
couvert reste mis. » Char
=> Synthèse de Arendt : nous avons perdu notre trésor (« l'absence de nom du trésor perdu »
Char), la Liberté. Nous l'avons perdu et mettons n'importe quoi sous son nom.
Pour Arendt, nous sommes au crépuscule de notre civilisation, une idée présente chez tous les
penseurs depuis le XVIIIe, l'idée que l'histoire est en train de basculer (Cf : Chez Camus, récurrence
d'un basculement du jour dans la nuit). Mais quand la nuit tombe, cela suppose que le jour se lèvera
de nouveau pour redonner un sens à la vie humaine.

H. Arendt - 4/4