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Faut-il apprendre aux enfants à se méfier des

pédoprédateurs ?

Evelyne Josse, 2011

www.resilience-psy.com

Reproduction autorisée et bienvenue, moyennant mention de la source et accord préalable


d’Evelyne Josse.

Faut-il informer les enfants des dangers auxquels les exposent


les pédophiles et autres prédateurs d’enfants ? Est-il opportun
de leur apprendre à s’en protéger ? La question fait débat
dans les milieux autorisés. Certains sont pour, d’autres contre.
Nous passerons brièvement en revue les arguments avancés
par les uns et les autres et nous proposerons une issue pour
sortir de la polémique.

Un danger exceptionnel mais bien réel

Les viols et les enlèvements imputables à des inconnus sont


peu nombreux, les enfants étant plus fréquemment victimes
d’agressions commises au sein de leur environnement familial
et social. Certains pensent donc qu’il est inutile de les
angoisser en les avisant de la possibilité d’événements graves
mais cependant exceptionnels. A ces arguments, les autres
répliquent que si le danger est rare, il est bien réel.

La sécurité, responsabilité parentale ou responsabilité partagée avec


l’enfant ?

D’aucuns soutiennent que la sécurité des enfants est l’affaire


des adultes. Selon eux, c’est aux parents, gardes d’enfants,
enseignants, éducateurs, etc. qu’il incombe de garantir la
protection des enfants et non aux intéressés eux-mêmes. Les
autres rétorquent qu’aucun adulte n’est à l’abri d’une brève
distraction lorsqu’il circule dans un endroit bondé, répond au
téléphone ou devise avec une connaissance. Or, un simple
moment d’inattention suffit pour qu’un enfant échappe au
contrôle parental et tombe dans les griffes d’un prédateur à
l’affût. Les adultes ont, pensent-ils, le devoir d’enseigner aux
enfants des consignes de base susceptibles d’assurer leur
sécurité et ce, dès qu’ils commencent à interagir avec le
monde extérieur.

Fragiliser les enfants ou les renforcer ?

Certains prétendent qu’en voulant sensibiliser les enfants aux


dangers de la pédo-prédation, les adultes risquent de
transmettre leurs propres angoisses. Pour les enfants, disent-
ils, les mots « pédophilie », « abus sexuel », « enlèvement »
n’ont pas de sens concret, du moins pas celui qu’ils revêtent
pour les adultes. Ne pouvant évaluer de tels événements à
leur juste mesure, c’est au vécu subjectif de leurs proches
qu’ils sont sensibles. Les autres objectent que les enfants sont
soumis quotidiennement aux informations sordides transmises
par les médias et qu’il est irréaliste de les en préserver. Or,
même si leur compréhension diffère de celle de leurs aînés,
force est de constater qu’ils peuvent être troublés par les
événements effrayants ainsi portés à leur connaissance tout
comme par les histoires terrifiantes des films de fiction qu’ils
tiennent pour réelles (1). Vouloir les tenir dans l’ignorance des
dangers potentiels qui les menacent pour les prémunir de
l’angoisse serait donc une tentative illusoire.

Alors que les uns redoutent d’effrayer les enfants ou de les


rendre inutilement craintifs en focalisant leur attention sur
des situations dramatiques, les autres sont persuadés
qu’informés des périls et des moyens de s’en préserver, ils
sont mieux armés pour faire face aux défis de notre société.

A chacun de se faire son opinion.

Prévenir la pédoprédation, une opportunité éducative ?

Au-delà de toute polémique, reconnaissons que les agresseurs


exploitent la naïveté et l’ignorance des enfants pour assouvir
leurs pulsions. Ceux-ci subissent leurs agissements parce
qu’ils ne disposent pas des moyens intellectuels, moraux et
affectifs nécessaires pour prévenir et réagir adéquatement
aux situations critiques : leur immaturité ne leur permet pas
de différencier le bien du mal ni de comprendre la situation ;

Guidelines for psychosocial care of TRAUMA – Evelyne Josse – medical department – 2


MSF- OCB- 2004
ils sont ignorants des possibilités d’aide et de recours ; ils ne
sont pas conscients de leurs droits, etc.

Pour notre part, nous pensons que prévenir les dangers liés
aux pédoprédateurs ne se résume pas à dire aux enfants de se
méfier des inconnus. La prévention doit être l’occasion pour
les parents et autres éducateurs d’inculquer des concepts
fondamentaux tels que le respect de soi, de sa dignité, de son
intégrité corporelle, de son intimité et de sa sécurité. Ces
acquis permettront aux enfants d’acquérir la confiance en eux-
mêmes et le sens des responsabilités nécessaires pour éviter
les situations scabreuses, poser leurs limites, refuser des
comportements inacceptables, demander de l’aide, etc.

Dans les prochains articles, nous verrons dans quelles


situations les enfants doivent se montrer méfiants, nous
analyserons les ruses communément utilisées par les
pédoprédateurs et nous donnerons quelques conseils aux
parents et autres éducateurs pour les aider à prévenir les
dangers liés à la pédocriminalité.

(1) Josse E. (2011), Le traumatisme chez le nourrisson, l’enfant


et l’adolescent, de Boeck, Coll. Le point sur

Evelyne Josse

Psychologue, psychothérapeute

Source : http://www.yapaka.be

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