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CHAPITRE I : FERTIGATION D’OLIVIER

I.1 Aperçu sur la fertilisation chez l’olivier

I.1.1 Azote

Chez l’olivier, l’azote est absorbé exclusivement sous forme de nitrate. Ses besoins étant très importants de mars à juillet pour former les arbres (élaboration des tiges, des feuilles, des fleurs, des fruits et des racines), et ses capacités d'absorption étant faibles, il mobilise ses réserves pour faire face à ses importants besoins. Il reconstitue ses réserves ensuite d'août à novembre.

Parmi les éléments majeurs, l’azote est l’élément prépondérant. La consommation azotée de l’année va déterminer son comportement pour l’année suivante. Si on trace la courbe de la consommatio n d’azote (du départ de végétation à la sclérification du noyau), cette courbe sera automatiquement descendante. La plante débutera son cycle végétatif avec son stock d’azote, et le niveau de ce stock à l’arrivée (sclérification du noyau) aura des influenc es positives ou négatives sur le déroulement du cycle végétatif suivant.

La courbe de la teneur foliaire en azote est pratiquement scindée en deux par un minimum correspondant à l’époque de la sclérification du noyau. Ce minimum doit être relevé le plus possible. De même, le palier hivernal de la courbe devra être porté à son point le plus haut durant la partie ascendante de la courbe.

le palier hivernal de la courbe devra être porté à son point le plus haut durant

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NB :

Les périodes critiques de forte demande en azote sont :

A la différenciation florale en février - mars ;

A

la

flora ison (avril- mai) ;

Au durcissement du noyau (août).

Départ de la courbe à un point élevé : L’olivier est en situation euphorique, il dispose d’une réserve d’azote où il peut puiser sans limites. Sa pousse sera continue, entraînant des désordres hormonaux p réjudiciables à la fructification si le cumul des apports azotés entraîne un taux d’azote trop élevé lors du durcissement du noyau. L’excès d’azote dans la plante agit également d’une façon défavorable sur la qualité des fruits ;

Départ de la courbe à un niveau faible d’azote : Si lors de la phase du durcissement du noyau, l’analyse révèle que les feuilles disposent d’un faible taux d’azote, le processus suivant est engagé : l’arbre va stocker du calcium, ce qui amènera à la chute des fleurs l’année suivante (situation d’alternance). Ce processus est déclenché lors de la sclérification du noyau, car l’olivier risque de s’épuiser à nourrir des olives, n’ayant pas assez de réserves pour l’année suivante. Ceci apparaît nettement à l’analyse foliaire effectuée pendant le repos végétatif, où on note des taux de calcium très élevés dans les feuilles d’oliviers en configuration d’alternance. Dans le cas d’un très faible taux d’azote, la chute physiologique sera totale ;

Départ de la courbe à un niveau d’azote suffisant : l’olivier fleurira, fera des olives car les taux des différents éléments seront en juste quantité.

I.1.2. Phosphore

Il est

Il est aussi présent, en grande quantité, sous d’autres formes, minérales ou organiques, moins disponibles pour la plante. On rencontre trois cas :

disponible dans la solution du sol sous

forme d’ions phosphoriques (H 2 PO 4 - ou HPO 4 -- ).

La forme diffusible : bien qu’étant un anion, on trouve le phosphore lié par l’intermédiaire des formes calciques et magnésiennes au complexe argilo- humique.

Les formes combinées : dans les sols acides, il est en partie immobilisé par les hydroxydes d’aluminium et de fer. Pour le libérer on chaule et apporte de l’humus.

Les formes insolubles : en terre calcaire, l’acide phosphorique donne les phosphates de calcium, dont certaines formes insolubles.

2

Le phosphore possède également un rôle métabolique : le fonctionnement et la création des cellules en dépendent. Comme élément régulateur de la végétation, le phosphore réduit les cycles végétatifs : c’est donc un facteur de précocité. L’agriculteur, d’une manière générale, peut, à partir d’une bonne fertilisation phosphorée, contrôler le niveau de la maturité. Pour cette raison, le phosphore est un facteur de qualité car il favorise les différents stades physiologiques de l’olivier. Pendant les premières années de sa vie, l’olivier va étendre son réseau de racines. Après, il renouvellera uniquement les radicelles et les poils absorbants, d’où l’importance d’une bonne fumure phosphorique pour assurer un bon fonctionnement ultérieur. Les besoins des jeunes arbres sont très importants afin d’assurer leur croissance rapide et équilibrée.

On note également que le phosphore accroît la résistance au froid, à la sécheresse et aux maladies.

Il intervient surtout comme transporteur d’énergie, tant dans l’activité photosynthétique que pour la synthèse et la dégradation des glucides (respiration).

Présent dans plusieurs chaines organiques complexes, il favorise de nombreuses phases de végétation : fécondation, maturation, migration des réserves et transmission des caractères héréditaires.

I.1.3. Le potassium

Dans le sol, le potassium utilisable par la plante est soit immédiatement disponible car en solution dans l’eau, soit absorbé dans le complexe argilo - humique et libéré ou échangé dans la solution du sol en fonction de la richesse de celle - ci en potassium est autres cations.

Il est présent dans la plante à l’état de cations dans le suc cellulaire. D’où une grande mobilité et une fonction de régulateurs dans les échanges intercellulaires et dans le transport des produit de synthèse.

Il favorise la synthèse des glucides et acides aminés et la migration de ces substances dans les organes de réserves.

Pour son action sur la formation et l’activité des chloroplastes, il accroit la photosynthèse et son rôle est important en cas de faible luminosité.

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Le potassium intervient dans l’élaboration des protéines, d’où sa nécessité pour obtenir une

efficacité maximale de l’azote. Il intervient également à la régulation de l’acidité du milieu

interne (équilibre acido-basique).

Le potassium a une action sur la teneur en huile et en acides gras (mais un excès de nutrition

en potassium est synonyme de perte de rendement en huile). Il favorise aussi la turgescence des tissus par son action sur la souplesse membranaire. Le potassium a une action bénéfique contre la sécheresse (il diminue la transpiration de la plante) et le gel (il augmente la concentration d’éléments minéraux dans la sève).

Le potassium améliore la qualité des parois cellulaires d’où une fermeté supérieure des

produits végétaux et une résistance accrue aux maladies.

La carence en potassium sur olivier se caractérise par un dessèchement de la partie apicale de

la feuille, avec une nécrose des bords et du centre de la feuille. Dans le cas de déficience

extrême, on peut observer une forte défoliation des rameaux

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I.2 Fertigation des jeunes plantations

Dans le cas des jeunes plantations, les apports en engrais doivent assurer une bonne croissance racinaire et aérienne des arbres. Les quantités à apporter dans le cas d’un sol à l’entretien sont (selon Mr Ait Houssa):

140 unités d’azote ;

100

unités

de

P 2 O 5 ;

120

unités

de

K 2 O.

Le choix des engrais destinés à la préparation des solutions mères sont ; la solubilité, le pouvoir acidifiant ou alcalisant et la compatibilité des engrais entre eux.

Le mélange constitué d’ Ammonitrate, du phosphate mono-ammoniaque (MAP) et du solupotasse constitue une combinaison qui offre une solubilité très élevée et qui par conséquent, peut être utilisée pour élaborer des solutions mères pour la fertigation sans addition d’acide.

Nature et quantité des engrais à utiliser

Nature des engrais

Quantité (kg/ha)

Ammonitrates (33,5%) MAP (11, 55, 0) Solupotasse (48%)

360

182

250

Répartition mensuelle des fertilisants.

15% d’azote, 30% de P 2 O 5 et 15% de K 2 O de la dose totale doivent être injectés pendant les premiers 10 jours du mois de Mars.

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Nombre d’unités fertilisantes mensuelles à apporter (U/ha/mois)

Elément

Jan

Fév

Mar

Avr

Mai

Jun

Jul

Aoû

Sep

Oct

Nov

Déc

N

0

0

35

21

21

21

0

0

21

21

0

0

P 2 O 5 K 2 O

0

0

38,2

12,3

12,3

12,3

0

0

12,3

12,3

0

0

0

0

30

18

18

18

0

0

18

18

0

0

21 unités d’N, 30 unités de P 2 O 5 et 18 unités de k 2 O sont injectés durant les premiers 10 jours

de mars. Ceci correspond à une dose journalière de 2,1 U d’azote, 3 U de P 2 O 5 et 1,8 U de

k 2 O. Dès la 2 ème dizaine du mois de mars jusqu’à la fin du mois de juin, et depuis le début de

Septembre jusqu’au fin octobre, une dose journalière de l’ordre de 0,7 U d’azote, 0,41 U de P 2 O 5 et 0,6 U de k 2 O est injecté dans le réseau d’irrigation.

Quantités mensuelles d’engrais à apporter (kg/ha/mois)

Engrais

Jan

Fév

Mar

Avr

Mai

Jun

Jul

Aoû

Sep

Oct

Nov

Déc

Amonnitrates

0

0

90

54

54

54

0

0

54

54

0

0

MAP

0

0

69,6

22,5

22,5

22,5

0

0

22,5

22,5

0

0

Solupotasse

0

0

62,5

37,5

37,5

37,5

0

0

37,5

37,5

0

0

54 kg d’Ammonitrate, 54,6 kg du MAP et 37,5 kg de Solupotasse sont injectés durant les

premiers 10 jours de mars, Ceci correspond à une quantité d’engrais journalière de 5,4 kg d’ammonitrate, 5,46 kg de MAP et 3,75 kg de Solupotasse. Dès la 2 ème dizaine du mois de

mars jusqu’à la fin du mois de juin, et depuis le dé but de Septembre jusqu’au fin octobre, une

quantité d’engrais journalière de l’ordre de 1,8 d’ammonitrate, 0,75 kg de MAP et 1,25 kg de Solupotasse est injecté dans le réseau d’irrigation.

Quantité d’engrais à mélanger

Nous avons pris le mélange ammonitrate + MAP+ Solupotasse aux doses respectives de 90,

38 et 62 g/l, soit une concentration de 190g/l.

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Le taux d’injection peut être déterminé par mesure de l’EC de la solution d’arrosage par la formule de « Duclos » qui donne une bonne approximation de l’EC. Cette formule est la suivante :

EC de l’eau utilisé = EC de l’eau d’irrigation*0,8 + concentration en engrais dans l’eau fertilisée en

0,8

EC de l’eau d’arrosage fertilisée : 1,6 mmhos/cm (pour les jeunes plantations il faut maintenir l’EC entre 1,5 et 1,7 mmhos/cm) ;

EC de l’eau d’irrigation : 1,14 mmhos/cm.

Ce qui donne une concentration en engrais dans l’eau fertilisé de 0,37 g/l.

Le taux d’injection est donc le rapport entre les deux concentrations solution fille par rapport à la solution mère, soit :

Taux d’injection = 0,37/190=0,00194 ~ 2‰

Pour apporté la dose fixée il faut injecter pendant 1 heure 40min.

Pour les premiers 10 jour du mois de mars, le mélange est consititué de 90g d’ammonitrate, 91g de MAP et 62g de Solupotasse, soit une concentration totale de 243g/l. nous allons fixer le taux d’injection à 5‰ . Pour apporter la dose de cette période il faut injecter pendant 1 heure 57min.

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Cas des plantationns adultes

Les besoins sont déterminés à partir des exportations par les fruits et le bois de taille, une

tonne de fruit exporte :

16 U d’azote

6 U de P 2 O 5

15 U de K 2 O

Pour une production de 10 t/ha, il faut apporter 160 U d’azote, 60 U de P 2 O 5 et 150 U de K 2 O.

Nature et quantité des engrais à utiliser

Nature des engrais

Quantité (kg/ha)

Ammonitrates (33,5%)

442

MAP (11, 55, 0)

110

Solupotasse (48%)

312

Répartition mensuelle des fertilisants.

15% d’azote, 30% de P 2 O 5 et 15% de K 2 O de la dose totale doivent être injectés pendant les premiers 10 jours du mois de Mars.

Le reste de la fumure phosphatée doit être injectée pendant le mois de Mars et Avril.

L’injection de l’azote doit être maintenue jusqu’au mi- juillet (sclérification du noya u). Le potassium doit être injecté régulièrement dans le réseau d’irrigation jusqu’au fin juillet. En cas

de forte production les injections en cet élément doivent poursuivre sur le mois de septembre.

Nombre d’unités fertilisantes mensuelles à apporter (U/ha/mois)

Elément

Jan

Fév

Mar

Avr

Mai

Jun

Jul

Aoû

Sep

Oct

Nov

Déc

N

0

0

46

33

33

33

15

0

21

21

0

0

P 2 O 5 K 2 O

0

0

34,8

25,2

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

40

27,5

27,5

27,5

27,5

0

20 (forte

18

0

0

 

production)

8

24 unités d’N, 18 unités de P 2 O 5 et 22 unités de k 2 O sont injectés durant les premiers 10 jours de mars. Ceci correspo nd à une dose journalière de 2,4 U d’azote, 1,4 U de P 2 O 5 et 2,2 U de

k 2 O. Dès la 2 ème dizaine du mois de mars jusqu’à la mi- juillet une dose journalière de 1,1 U

d’azote est injecté dans le résea u d’irrigation, le reste du P 2 O 5 est injecté avant fin avril avec

une dose journalière de l’ordre de 0,84 U de P 2 O 5 .

Quantités mensuelles d’engrais à apporter (kg/ha/mois)

Engrais

Jan

Fév

Mar

Avr

Mai

Jun

Jul

Aoû

Sep

Oct

Nov

Déc

Amonnitrates

0

0

90

54

54

54

0

0

54

54

0

0

MAP

0

0

69,6

22,5

22,5

22,5

0

0

22,5

22,5

0

0

Solupotasse

0

0

62,5

37,5

37,5

37,5

0

0

37,5

37,5

0

0

54 kg d’Ammonitrate, 54,6 kg du MAP et 37,5 kg de Solupotasse sont injectés durant les premiers 10 jours de mars, Ceci correspond à une quantité d’engrais journalière de 5,4 kg d’ammonitrate, 5,46 kg de MAP et 3,75 kg de Solupotasse. Dès la 2 ème dizaine du mois de mars jusqu’à la fin du mois de juin, et depuis le dé but de Septembre jusqu’au fin octobre, une quantité d’engrais journalière de l’ordre de 1,8 d’ammonitrate, 0,75 kg de MAP et 1,25 kg de Solupotasse est injecté dans le réseau d’irrigation.

CHAPITRE II : COLMATAGE ET BOUCHAGE DES DISTRIBUTEURS

II.1. Causes d’obstruction des distributeurs

II.1.1. Colmatage minéral

Le colmatage minéral est causé par les particules constituant le sol (Sable, limon et Argile) en suspension dans les eaux souterraines ou de surface. Ces particules agissent de deux façons :

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Par colmatage brutal. La taille des particules est supérieure à la section de passage de l’eau à travers le goutteur (particules de sable) ;

Par colmatage lent ou limonage. Les particules les plus fines se déposent lentement, s’agglomèrent et forment des dépôts importants dans les distributeurs ou dans des zones de faible vitesse notamment aux extrémités des rampes.

II.1.2 Colmatage biologique

Le colmatage biologique est entraîné par deux types de matière organique :

La matière organique inerte. Elle est formée par des particules de grandes dimensions (plantes, herbes, feuilles partiellement décomposées) et par des particules de faibles dimensions (restes de protozoaires, de bactéries ou d’algues) ;

La matière organique vivante. Elle est formée par les spores des algues, les algues elles- mêmes, les colonies de bactéries ainsi que par certains champignons qui se développent dans les canalisations où ils trouvent les éléments nutritifs nécessaires à leur croissance.

II.1.3 Colmatage chimique

Le colmatage chimique résulte de la précipitation du calcium, du magnésium, du fer ou du

manganèse qui forment des incrustations et colmatent partiellement ou to talement l’orifice du goutteur. Si l’eau contient ces éléments de façon significative avec un pH supérieur à 7, les risques sont plus importants.

Les eaux souterraines sont généralement riches en calcium et en carbonates, qui se précipitent sous forme des dépôts blanchâtres. Ce phénomène est favorisé par l’évaporation de l’eau à la sortie des distributeurs et par l’injection des engrais.

Le fer est une autre source potentielle de dépôts qui peut boucher les distributeurs. Dans les

eaux souterraines, il est souvent dissous sous forme de bicarbonate de fer qui en contact avec

l’air s’oxyde et précipite.

II.2 Moyens de détection du bouchage

A part les dépôts de calcaire connus par la couleur blanchâtre, le repérage visuel des

distributeurs colmatés ou bouchés n’est pas toujours aisé. Le meilleur moyen de contrôle est

l’observation sur la parcelle et le contrôle du coefficient d’uniformité.

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III.2.1 Observation sur la parcelle

Le colmatage ou bouchage du distributeur se traduit au niveau de la parcelle par une diminution ou absence du bulbe humecté. Donc un manque d’eau qui se répercute sur la plante par :

Enroulement des feuilles ;

Arrêt de croissance du végétal ;

Production des fruits de petit calibre ;

flétrissement du feuillage si le problème n’est pas résolu.

III.2.2 Contrôle du coefficient d’uniformité

Ce type de contrôle est devenu actuellement le plus utilisé pour évaluer l’uniformité du système de distribution. Il doit se faire obligatoirement, en début, au cours et à la fin de la campagne d’irrigation pour assurer une meilleure répartition de l’eau sur la parcelle (plus homogène).

Le coefficient d’uniformité peut être facilement déterminé à la parcelle en suivant la procédure décrite dans le bulletin (FAO 36) ci- dessous :

Calculer le débit moyen de seize distributeurs, choisi sur quatre rampes différentes ;

Première rampe et dernière rampe, puis rampe située au tiers et rampe située au deux tiers ;

Sur

le dernier

chaque

rampe, on choisit pour

la

mesure,

le premier et

distributeur, puis celui situé au tiers et celui situé aux deux tiers de la rampe.

Calculer la moyenne des quatre faibles valeurs des débits ;

Calculer le coefficient d’uniformité à la parcelle par la formule suivante :

 
 
 
 

CU =

min / )*100

Avec

    CU = m i n / )*100 Avec
    CU = m i n / )*100 Avec

CU

: Coefficient d’uniformité ;

min : Moyenne des quatre mesures de débit les plus faibles ; : Moyenne des seize débits mesurés. Si le CU est supérieur à 90%, le réseau fonctionne correctement et ne nécessite pas une intervention ;

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Si le CU est compris entre 90% et 70%, la régularité de la distribution est affectée, il faut nettoyer le réseau ;

Si le CU est inférieur à 70 %, il faut chercher les causes de colmatage et intervenir.

II.3. Moyens de lutte en cas de bouchage

II.3.1 Lutte contre le colmatage minéral Lorsque la quantité de sable contenu dans l’eau d’irrigation est importante, il est utile de placer un hydrocyclone en amont de la station de filtration. Les particules de dimension supérieure à 100 µm sont arrêtées par la plupart des filtres (à sable, à t amis ou à disques). Par contre les éléments plus fins tels que les argiles et les limons fins ne sont pas retenus.

II.3.2 Lutte contre le colmatage chimique

Les dépôts calciques

Lors d’une modification de l’équilibre (Augmentation du pH, ajout d’éléments chimiques incompatibles), le gaz carbonique dissous dans l’eau se dégage. Les bicarbonates se transforment en carbonates qui, moins solubles, précipitent. Le carbonate de calcium est souvent associé au carbonate de magnésium. Ces carbonates peuvent être solubilisés facilement par l’injection de solutions acides dans le cas de colmatage partiel. En cas d’obstruction totale, ce traitement est inefficace.

En injectant des solutions d’acide nitriques ou chlorhydrique du commerce à une concentration de 0,2 à 0,5% en volume, l’efficacité de ce traitement est immédiate puisque dans les dix minutes qui suivent l’injection, les goutteurs bouchés ont retrouvé leur débit initial ; l’utilisation de concentrations supérieures a été essayée sans donner de meilleurs résultats. Si le colmatage est important, il est préférable, dans le cas de goutteurs en dérivation, de les enlever et de les traiter à part avec des solutions plus concentrées.

Lorsque l’eau utilisée a une teneur élevée en sels de calcium, il est possible de faire fonctionner une installation d’irrigation localisée sans risque de bouchage des distributeurs. On injecte, à des intervalles de temps dépendant de la quantité de carbonates présents dans l’eau (en général, une fois par semaine), une solution d’acide nitrique ou chlorhydrique du commerce (ne pas aller au- delà de 2 %). Cette solution est introduite dans le réseau à basse pression et à très faible débit, pour laisser l’acide en contact dans les canalisations pendant au

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moins une demi- heure. Au bout de ce temps, en augmentant la pression, on classe le résidu et, au bout de quelques minutes le réseau reprend son débit initial. Ce traitement a l’inconvénient de ne pas distribuer également dans le réseau la solution d’acide car les points hauts auron t un temps de contact plus court que les points bas ;

L’utilisation d’un complexant du calcium, du type hexametaphosphate de sodium peut être utilisé à la dose de 2 ppm dans l’eau d’irrigation pendant tout un cycle ; ceci correspond à 2g par m 3 d’eau d’irrigation.

Les dépôts ferriques

La quantité de fer dissous dans les eaux de nappes profondes doit être connue avant même la mise en place d’un réseau d’irrigation. Pour éliminer le fer ferreux dissous dans les eaux profondes, le traitement traditionnel comporte deux étapes :

Une oxydation du fer ferreux Fe ++ soluble en fer ferrique Fe +++ insoluble. En général, l’oxygène atmosphérique suffit pour parvenir à ce résultat. Cette opération consiste en une mise contact étroite de l’eau et de l’air en réalisant un barbotage par cascades successives ou une aspersion dans un bassin ;

Une décantation suivie d’une filtration pour laisser déposer le fer trivalent et arrêter les particules encore en solution.

Ce dispositif exige un pompage supplémentaire et un entretien important des systèmes à décantation et de filtration. Il est de ce fait relativement lourd et ne doit être envisagé en exploitation agricole que si aucune autre solution n’est envisageable.

II.3.3 Lutte contre le colmatage biologique

Pour lutter contre le colmatage biologique, l’injection de chlore (hypochlorite de sodium ou eau de javel NaOCl) dans l’eau d’irrigation avant la filtration est efficace mais nécessite l’acidification de l’eau (pH = 5.8) par l’injection d’un acide.

Pour éviter tout risque de prolifération d’algues vertes dans le réseau d’irrigation, il est indispensable que l’ensemble des canalisations soit totalement opaque.

Les problèmes des algues qui se développent souvent dans les bassins de stockage, peuvent être résolus en couvrant ces derniers avec une bâche noire.

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La matière organique morte et les algues pluricellulaires de taille supérieure à 50 ou à 100 µm sont arrêtées par l’ensemble des filtres, mais les algues plus petites traversent les filtres, floculent et colmatent les distributeurs.

II.3.4 Purge du réseau

Les argiles et les limons fins qui ne sont pas arrêtés par l’unité de filtration se rassemblent et se déposent aux extrémités des rampes où la vitesse est la plus faible. Ainsi la purge du réseau qui a pour objectif d’évacuer ces fines particules. Celle-ci doit se faire :

Lors de la première mise en eau et éventuellement après chaque réparation ;

En début, en cours et à la fin de la compagne d’irrigation.

La purge est réalisée par chasse d’eau, en ouvrant les e xtrémités du porte rampe et des rampes et laisser couler l’eau jusqu’à ce qu’elle soit claire.

III.3.5 Considérations générales

Une analyse complète de l’eau est obligatoire pour déterminer les facteurs d’obstruction (tableau) et pour mieux raisonner le t ype et la capacité de filtration ;

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Tableau. Classification des facteurs d’obstruction et les teneurs critiques dans l’eau

d’irrigation

Degré de colmatage

Facteur

d’obstruction

faible

Modéré

Sévère

Matière en

suspension

PH

Composés solides

Mn

Fe

Nombre de bactéries

<50ppm

<7

<500ppm

<0,1ppm

<0,1ppm

<10000

50-100ppm

7-8

500-2000ppm

0,1-1,5ppm

0,1-1,5ppm

10000-50000

>100ppm

>8

>2000ppm

>1,5ppm

>1,5ppm

>50000

Les filtres doivent être nettoyés manuellement ou automatiquement ;

Pour les filtres à sable, le sable doit être de bonne qualité (calibré et roulé) et changé

au moins tous les deux ans. Le contre-lavage est recommandé avant la p remière

filtration ;

Pour les filtres à tamis, il est indispensable de vérifier périodiquement l’état du tamis

et le changer au cas où les mailles sont obstruées ou détériorées ;

Contrôler le mode de confection de la solution mère en faisant attention au problème

de solubilité et d’incompatibilité entre les engrais.

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Tableau récapitulatif : Niveau de risques et traitements des principaux cas de colmatage

chimiques et bactériens

Type de

   

Périodicité

Durée du

Produit

colmatage

Importance

Dose

du

traitement

utilisé

traitement

 

Faible

 

2 à 3 fois dans la saison

   

Précipités de

(<100mg/l)

0,2%

30

min

Acide fort

carbonate

Moyen (100 à 200 mg/l)

0,5%

1 fois tous les 15 jours

30

min

Acide fort

de calcium

 

suivant son

   

Selon

   

importance

l’importance

dans l’eau

Fort

1% + 1 à 2 ppm de Cl-

(une fois

30

min

Acide fort + NaOCl

d’irrigation

(>200mg/l)

toutes les

 
 

semaines ou

 

plus

 

Présence

1 à 2 ppm de

Une fois par

Au cours

NaOCl

Bactéries du

faible

Cl-

semaine

d’une

fer

irrigation

Présence

5ppm de Cl-

En continue

 

NaOCl+acide à pH 6

importante

     

Une fois par quinzaine

Au cours

 

Algues

1ppm de Cl-

d’une

NaOCl

 

irrigation

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