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À ceux qui ont l’impression de se faire baiser par l’économie

qui ont l’impression de se faire baiser par l’économie Il n'y a pas assez de travail

Il n'y a pas assez de travail : c'est ce qu'on nous répète inlassablement. Véritable mantra de notre époque en crise, le verdict sonne comme le dernier râle que semble balbutier une humanité en train de s'étouffer dans son vomi. Le taux de chômage est un thermomètre que les média plongent régulièrement dans notre infortune, histoire de mesurer le bourbier dans lequel nous nous sommes foutus. Les politiciens se débattent et débattent péniblement sur lequel d'entre eux créera le plus d'emplois, pendant que partout s'allongent les files de chômeurs, légions de candidats à la moindre miette d'embauche.

L'ironie de l'histoire, avec un grand I, c'est que la plupart des gens détestent leur travail. Vous connaissez combien de personnes qui aiment vraiment leur job ? La triste vérité, est que la majorité d'entre nous se tient à quatre mains ne pas pour ne pas envoyer valser son boss et le boulot qui va avec - faire ça ou peigner une girafe, nous préférerions de toute façon faire autre chose

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Le "travailler dur" est une chose dont notre société est très fière. Mais un minimum d'honnêteté intellectuelle permet de réaliser très vite que s'enorgueillir d'être un "travailleur acharné" ne sert véritablement qu'à refouler et à s'accommoder des abus quotidiens, des privations, humiliations typiques que se farcit quotidiennement le travailleur lambda. Au travail, monsieur, on respect quoi ? Ben le code du travail.

Avouons aussi que la plupart de nos emplois sont loin de contribuer à un monde meilleur.

Pauvres de nous, nous chamaillant et suppliant pour jouer des rôles que nous haïssons plus que tout. Nous devrions pourtant nous rappeler que "employé" signifie littéralement "utilisé". De la même manière que l'on emploie un marteau et un clou, votre chef adoré vous emploie, autrement dit, vous utilise. Le terme "utilisé" illustre très pertinemment cette relation privilégiée qui vous lie à votre employeur. Telles des prostituées, nous nous résignons à une de relation simulée en contrepartie d'argent. Dans une relation saine et équilibrée, la dévotion est réciproque. Dans une relation caractérisée par la manipulation et la domination, on trouvera son bonheur dans un règlement à l'amiable, basé sur une rémunération sonnante et trébuchante.

Cela ne devrait surprendre personne que la classe politique et autres élites industrielles éclairées louent notre insatiable enthousiasme pour l'emploi, le boulot, le taff, et en fassent leur cause nationale, la cause de toutes les causes. Pour eux, si l'emploi est en crise, c'est parce que le peuple est insuffisamment utilisé. Une population inutilisée n'est plus rentable, et surtout, n'est plus aussi disciplinée. Quand les puissants de ce monde viennent à la rescousse, ils le font donc généralement avec des emplois. Et ils le font la main sur le cœur dans des discours aux élans héroïques, qui pourraient se résumer peu ou prou au slogan de la Fondation des mères Thérèsa de la World Company ; nommons Bill & Melinda Gates :

"Nous sommes convaincu que chaque être humain doit pouvoir mener une vie saine et productive".

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(ndt : Notons que pour être productif, il faut en effet être en bonne santé)

Le travail est donc devenu pratiquement indissociable d'autres valeurs, tels que la responsabilité individuelle ou le bien-être humain. Dans nos sociétés, promouvoir l'emploi est devenu synonyme de soutien aux familles, aux communautés et aux nations. À une époque où notre existence dépend tellement de notre travail et de l'économie, être anti-travail c'est être anti-vie. Qui d'autre que le plus paresseux, le plus crasseux et le plus irréaliste des hippies pour s'opposer au culte du travail ?

Cela n'a pourtant pas été toujours le cas Nous ne sommes pas dépendant à ce point depuis la nuit des temps. La majeure partie de l'aventure humaine, nous l'avons passé en tant que chasseurs/cueilleurs. L'argent, l'économie, l'agriculture ne sont que des dispositifs inventés récemment. Jusqu'à une époque très proche, le travail faisait même partie de tout un ensemble de stratégies diverses qui permettaient aux familles de se réaliser. Chasse, cueillette, jardinage, micro-élevages, artisanat, dont, troc, coopération, auto-entreprise, sont autant de moyens éprouvés et pouvant permettre à tout un chacun de s'adapter et vivre bien. Nos grands-parents savaient pertinemment que l'argent n'était pas le moyen forcement le plus efficace d'arriver à ses fins. Vivre uniquement de son salaire était a leur époque une panacée réservée aux riches citadins.

Maintes fois dans l'Histoire, une poignée d'individus s'est servie de la monnaie afin d'entretenir un pouvoir disproportionné, au regard de la valeur réelle de son travail. Il est vraisemblable que nous approchions de la fin d'une telle époque.

Malheureusement, les alternatives au travail et a la culture de l'emploi-à-tout-prix sont devenue rares, pour ne pas dire éteintes.

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Peu de gens en sont conscients car la chose n'est pas abordée dans les cours d'Histoire, mais notre servitude au travail vient à l'origine de la destruction et de la mainmise sur notre environnement. Les hommes dépendaient autrefois exclusivement de ressources naturelles gratuites. La tendances au travail et à l'emploi universel a suivit de près la destruction de ces ressources. Quand ce dont nous avons besoin n'est plus disponible abondamment et gratuitement dans la nature, il nous faut alors bosser comme des ânes sur des moyens plus complexes et incertains d'extraction et de ces ressources.

L'Histoire de la relation entre notre culture et les cultures traditionnelles indigènes, telles que les Indiens d'Amérique, illustre très bien ce modèle récurent.

"Mes fils ne travailleront pas. Les hommes qui travaillent ne peuvent plus rêver, et c'est dans les rêves que nous vient la sagesse. Tu me demandes de labourer la terre. Devrais-je aussi prendre un poignard pour déchirer le sein de ma mère ? Au moment de ma mort, elle me fermerait son coeur. Tu me demandes de creuser pour des pierres. Devrais-je ainsi creuser sa chaire pour prendre ses os ? Alors quand je mourrai, je ne pourrai plus être enfoui en elle, pour ensuite renaître. Tu veux que je coupe l'herbe, vende la paille, et devienne riche comme l'homme blanc. Mais comment oserais-je couper la chevelure de ma mère ?" Smohala, Wanapum - Leader Spirituel indien, 1851.

On le sait Systématiquement, les résistances indigènes au travail échouent lorsque leurs ressources traditionnelles ont disparues.

"Mon peuple n'avait pas de fermes et n'avait besoin d'aucune agriculture, jusqu'à ce que le saumon disparaisse des ruisseaux et des rivières. La pollution causée par l'homme blanc, et la pêche commerciale sont les cause de tout cela. D'années en années, les Colville avaient de moins en moins de poissons, pas assez pour vivre, et ont alors commence à cultiver pour pouvoir manger. Puis

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les barrages ont été construit sur la Columbia, et les saumons ne purent plus jamais accéder a Grand Coulee. Le saumon a disparu, et les fusils font aujourd'hui la même chose à notre gibier. Lorsque finalement nous avons eu besoin de devenir fermiers, les jeunes générations réalisèrent que leur ancêtres avaient laissé les hommes blancs prendre les terres les plus riches et les plus fertiles. Il était alors trop tard pour les reprendre." Mourning Dove, auteur colville, 1888-1936

Les peuples traditionnels ne sont pas les seuls à devoir faire face à la destruction et à la mainmise sur leur ressources.

Corporations et gouvernements, main dans la main, s'activent aujourd'hui à marginaliser notre accès à l'eau, à une nourriture saine, à des foyers accueillants et à la solidarité sociale. Toutes ces choses autrefois gratuites et abondantes sont désormais chères payées par le peuple. Ce n'est d'ailleurs pas seulement notre environnement physique qui est détruit. C'est aussi notre environnement social, ainsi que notre environnement psychologique qui sont rendus précaires, mis sous plastique et vendus en barquettes. Pression économique, marketing et propagande ont complètement miné l'autonomie des familles et des communautés. L'ultime victoire de la société de consommation vient sans doute du fait que tant de gens soient incapables de trouver un sens à leur existence en dehors de leur profession. Un nombre incroyable de gens vous diront qu'il seraient franchement incapables de trouver quoi faire de leurs vies, s'ils n'avaient pas un travail. N'ont ils vraiment aucune ambition, aucune valeur transcendante ? Sans amour propre et respect envers notre nature profonde, sans le soutiens des autres, aucun échappatoire à ce système pervers.

La capacité de nuisance de la minorité opulente n'echappe plus à grand monde. Mais ceux d'entre nous issues des pays développés se doivent aussi de comprendre que l'actuelle crise économique

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trouve sa raison ultime dans cette ruade en pleine preparation, ce coup de pied au cul que la planète va nous administrer à tous Le grand coup de pied au cul de la part de mère nature.

Le fait que notre prospérité économique puisse défaillir si rapidement montre clairement que ces masses de richesse ne sont pas fondées sur la valeur réelle de notre travail, mais sur un jeu trompeur et abusif pour lequel nous sommes devenu particulièrement brillant. Nous devons notre richesse à des montagnes de dettes et à une position géo-politique dominante qui nous a permis de tirer la vache à lait jusqu'à la vider de son sang. À la manière de ces indiens qui troquaient autrefois leurs fourrures contre de la camelote sans valeur, nous avons fourgué des wagons de camelote, de promesses bling-bling et de spéculations boursières contre les richesses tangibles de ce monde.

Mais aujourd'hui, nous sommes entrés dans l'ère des bulles qui éclatent. Notre train de vie dépend de ressources en énergie fossiles finies, de sols arables en constante érosion, de ressources en eau grandement menacées et d'une nature a l'agonie. Dans un monde ou 370 000 nouveau-nés réclament chaque jour leur part d'un gâteau reduit à peau de chagrin, il pourra être judicieux de se poser pour une fois la question suivante : ça fait quoi, de vivre selon ses moyens ?

Soyons clair : nous n'avons pas besoin de plus de jobs. Nous avons besoin d'un accès universel aux ressources vitales. Nous n'avons pas non plus besoins d'argent supplémentaire : nous avons besoin de prendre soin de notre environnement. Nous n'avons pas besoin que des employeurs nous aident à passer le temps. Nous avons besoin de temps pour enfin faire de nos communautés des lieux de vie dignes de ce nom.

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Moins nous participerons à cette économie abusive, mieux nous nous porterons. 10% de chômage, c'est à ce titre un véritable échec Il nous faut 90% de chômage. Si ce système doit brûler, alors laissons le s'enflammer nous danserons autour du feu. Tachons de faire mieux avec moins ; moins de fric, moins de babioles inutiles, moins de shopping, moins d'accumulation insensée. Ne parlons plus en dollars ou en euros, mais en matériaux, énergie, apport nutritifs, monnaies locales, réseaux relationnels. Fini le développement Stabilisons. Re-approprions nous l'art, la culture et les loisirs. Renversons la pyramide.

Notre mission, si nous l'acceptons, est la suivante. Rendre l'eau abondante et disponible partout ou tombe la pluie, cultiver notre propre bouffe et la rendre suffisamment abondante pour le partage. Construire des maisons à un prix abordable, et libres de toute dette. Il nous faut aussi relocaliser nos besoins et nos opportunités, abolir le contrôle des terres et des ressources par les minorités puissantes. Nous voulons aussi des méthodes d'agriculture intégrées, regeneratives et durables, que dans les jardins poussent nos récoltes et qu'ailleurs repoussent les forêts. Nous devons utiliser et gérer l'énergie de manière à préserver la paix et la stabilité. Il nous faut enfin nous serrer les coudes, recréer et resserrer les liens sociaux. Si vous avez un travail, mettez votre vie en ordre et abandonnez le. Faites le dés que possible, car nous n'avons jamais eu autant de pain sur la planche.

Article original ; "To everyone feeling screwed over by the economy." par Kyle Chamberlain - 10 février 2012.

Traduction de l'anglais: Sébastien Debande.

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