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La colère chez les enfants

Travail de diplôme interdisciplinaire

Gymnase de Morges

Février 2009 Claudia Magalhaes et Melany Ferreira


Claudia Magalhaes et Melany Ferreira Travail personnel 3C

Sommaire

La colère chez les enfants..............................................................................................1


.......................................................................................................................................1
Sommaire...............................................................................................................2
1. La colère....................................................................................................................3
1.1 La colère: une émotion courante.....................................................................3
2. La colère....................................................................................................................5
2.1 Définition et fonctions de la colère..................................................................5
2.2 Les quatre phases de la colère.........................................................................6
2.3 Les caractéristiques de l’enfant en colère......................................................11
2.4 Les effets d’une colère non exprimée............................................................13
2.5 Quand la colère devient trop excessive.........................................................14
3. Le soutien de la colère.............................................................................................17
3.1 Comment aider un enfant à gérer sa colère...................................................17
3.2 Les évitements de la colère............................................................................18
3.3 Conséquences positives et négatives de la colère..........................................19
4. Conclusion
.....................................................................................................................................21
5. Remerciements
.....................................................................................................................................22
6. Bibliographie
.....................................................................................................................................23
7. Annexes...................................................................................................................24
7.1 Lettres
.............................................................................................................................25
7.2 Questionnaires...............................................................................................27
7.3 P.V décisionnel..............................................................................................34

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1. La colère

1.1 La colère: une émotion courante


Depuis toujours la colère est une émotion très présente mais on en parle très peu
car c’est quelque chose de négatif. Pourtant on remarque que de nos jours les gens ont
de plus en plus de peine à se gérer et la colère étant imprévisible se manifeste. Le
problème c’est que personne ne sait comment s’exprimer car dans la culture
chrétienne on apprend depuis l’enfance à cacher ses faiblesses et ne surtout pas
montrer ses mauvais côtés pour ne pas gâcher son image dans la société.

C’est ainsi que notre choix de travail personnel s’est dirigé vers cette émotion
considérée comme négative par les gens parce que si on l’exprime trop librement,
cela peut être nuisible au niveau social car elle se déclare de façon trop inattendue.
Alors que si on la gère et qu’on l’exprime convenablement elle nous apporte grand
nombre de bienfaits. Nous aimons beaucoup le contact avec les enfants, c’est pour
cela que notre sujet s’est orienté sur eux car non seulement nous voulons comprendre
à quoi sert la colère mais surtout à découvrir certaines significations dans le
comportement des enfants.

Les pleurs et les colères des enfants font partie des comportements que les
parents ont le plus de mal à contrôler, à comprendre et ils ne savent pas comment
réagir face à cela. Quand l’enfant se réveille au milieu de la nuit en pleurant ou quand
leur petit pique tout à coup une crise de colère sans raison, on se dit que c’est
uniquement parce que l’enfant est trop gâté d’attention, qu’il veut simplement
manipuler ses parents pour les pousser à le reprendre vers eux. Bien évidemment
avant la crise, les enfants subissent plusieurs frustrations qui, en s’accumulant, les
poussent à des petits accès passagers.

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Au Moyen-Âge, on croyait que les bébés et les enfants qui pleuraient ou qui se
mettaient subitement en colère, étaient possédés par un démon alors pour les libérer
on les faisait exorciser. Plus tard, les mentalités ont évolué mais la colère est tout de
même restée très mal vue. On disait que c’était de la faute aux parents qui avaient
trop gâté leurs bambins, il fallait alors les punir quand ils piquaient des crises. Depuis
les années 60 des études sont faites et beaucoup de livres sont écrits pour les parents,
mais les avis sur comment réagir avec l’enfant en pleine crise sont encore très
différents car auparavant on les traitait comme des rois en cédant à tous leurs caprices
et ce n’est que récemment qu’on les traite à leur juste valeur, en les éduquant dans le
respect de leur personnalité.

Notre petite recherche va tenter de répondre à la question suivante : Comment


peut-on aider l’enfant à tirer le meilleur de la colère, cette émotion qui est
socialement rejetée en la transformant de façon positive pour son développement
personnel? Pour y trouver réponse, nous nous sommes basées sur trois livres de
psychologie tous parlant de la colère, qui nous donnent des méthodes et stratégies à
adopter pour aider l’enfant à trouver une véritable sérénité. Nous avons aussi décidé
de rencontrer des psychologues, éducateurs et pédopsychiatres qui ont beaucoup de
contact avec les enfants, pour leur soumettre un questionnaire afin de comparer leurs
opinions. Vous trouverez ces questionnaires dans les annexes.

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2. La colère

2.1 Définition et fonctions de la colère


Selon la doctoresse Kirsti Gallay, cheffe de clinique adjointe en pédopsychiatrie
depuis août 2008 à l’hôpital de Morges, la colère est une émotion négative qui est là
comme réponse au mécontentement, à la déception ou à la frustration. La colère est
exprimée différemment selon la culture ou la civilisation dans laquelle on vit, on peut
l’extérioriser de manière violente ou agressive comme on peut le faire de façon
sereine. Tant que la colère ne reste qu’une émotion, c’est-à-dire tant qu’elle n’est que
passagère, cela n’est pas grave. C’est quand elle devient un sentiment constant, quand
la colère s’étend dans le temps, qu’il faudrait réagir car cela deviendra mauvais autant
pour nous que pour notre entourage.

On perçoit la colère comme quelque chose de mauvais. Selon le verset 27 de la


bible, en laissant rentrer la colère c’est comme si on laissait l’occasion au diable
d’exercer son influence sur nous. C’est pour cela que la colère fait partie des sept
péchés capitaux, car la colère est considérée par les Anciens comme une courte folie
qui peut parfois nous amener à des actes regrettables, ce qui n’est pas bon pour notre
image dans la société actuelle.

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Mais d’un point de vue psychologique en dessous de cette mauvaise apparence,


la colère est avant tout nécessaire pour le bon fonctionnement de l’être humain. Ne
dit-on pas qu’il y a toujours du bon dans le mauvais ? Virginie Fournier, psychologue
auprès du Service psychiatrique d’enfants et d’adolescents (SPEA) à Morges, nous
affirme même que l’on a tous une « balance psychologique », elle est innée chez
chacun d’entre nous. Cette balance-là est présente pour équilibrer un côté haine et un
autre côté qui est l’amour. Lorsqu’il y a un déséquilibre, il faut quelque chose pour
nous faire réagir et réguler ce problème, ce quelque chose est entre autres la colère.
Les crises de rage sont un moyen essentiel pour libérer une personne du stress,
l’enfant extériorise généralement sa douleur ou sa colère par des cris et des pleurs.
Piquer une crise est bénéfique car on se sentira soulagé, la balance psychologique
sera à nouveau équilibrée. La colère est un besoin, nous devons pouvoir l’exprimer
librement pour se rassurer, développer notre estime de soi, se soulager, etc. Madame
Fournier nous a donné l’exemple d’une situation fréquente, celle de l’enfant qui se
met en colère contre sa mère qui part au travail, il a un sentiment de perte et
d’insécurité et pour réguler sa « balance » il aura besoin de réconfort pour qu’il se
rende compte qu’elle est et sera toujours là pour lui.

2.2 Les quatre phases de la colère


Nous nous sommes basées sur le deuxième chapitre du livre de Tim Murphy,
« L’enfant en colère »1, pour constater que chaque crise de colère que nous pouvons
avoir, suit une progression prévisible en quatre phases. Durant chaque étape, et si l’on
sait reconnaître la colère, nous pouvons désamorcer cette émotion.

1
MURPHY Tim avec la collaboration de HOFF OBERLIN Loriann, L'enfant en colère, Montréal, Les
éditions de l'homme, 2002, (pages 33-56)

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Phase n°1 : l’accumulation

L’accumulation représente les assises sur lesquelles reposera la colère. Donc sur
un plan imagé, l’accumulation consiste à empiler des bâtons de dynamite, chacun
représentant un souvenir douloureux ou des tensions qui ont accompagné les stades
de développement de l’enfant, tel que le rejet de l’enfant d’un groupe ou les
méchantes taquineries. Mais certaines tensions physiques ne pouvant être contrôlées
raccourcissent les mèches des bâtons de dynamites (exemples : la faim, la fatigue, la
maladie). Les problèmes émotionnels – défaitisme, soucis précis – auront le même
effet que les tensions physiques.

Notre vécu influence nos actes. Notre conception du monde qui est différente de
chacun, nous font aborder certaines situations différemment. Nos réactions face au
présent sont donc influencées par notre passé. Chaque fois que le stress s’accumule
chez un enfant en colère, le moment de l’explosion se rapproche.

A ce stade, notre but est donc de prévenir l’explosion (qui est la 3ème phase) et
pour cela, il nous faudra appliquer plusieurs stratégies pour empêcher les explosions
de se multiplier. Voici quelques stratégies pour éviter l’explosion : apprendre à
connaître l’enfant ; inciter l’enfant à se confier afin de résoudre ses problèmes ; ne
jamais rabaisser un enfant ; traiter un enfant avec le même respect que l’on aimerait
avoir ; resserrer les liens familiaux.

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Phase n°2 : l’étincelle

Ce sont les éléments de l’accumulation qui détermineront la réaction à une


étincelle qui peut être petite ou grosse. L’étincelle est l’action ou la pensée qui
déclenche la crise de colère. Mais une colère peut être modérée selon la personne qui
provoque celle-ci.

Une crise peut subvenir du simple fait que l’enfant soit taquiné par ses copains
ou encore se cogne un orteil. Mais il n’y a pas que les évènements externes qui
peuvent mettre le feu aux poudres, il y a aussi la pensée qui peut faire basculer
l’humeur de l’enfant. Je me souviens de mon petit cousin Dylan de 3 ans qui jouait
tranquillement et sa sœur de 9 ans un peu plus loin lisait un livre, quand soudain sans
savoir pourquoi, il se leva et alla vers Melissa et lui donna une gifle. S’est-il soudain
souvenu que sa sœur lui avait pris un jouet ? Ou son imagination a-t-elle créé un
problème venant de nul part ? On peut voir que le simple fait de ruminer un problème
a suffit pour déclencher une crise chez le petit Dylan. Et lorsqu’on lui demande
pourquoi il a fait cela, il arrivera à se faire passer pour la malheureuse victime en
recueillant un souvenir par-ci, un autre par-là, avant de les relier et d’en faire une
nouvelle « réalité ».

Le but de ce stade est de désamorcer le problème; car au stade de


l’accumulation, notre but est de prévenir l’explosion. Donc lorsque la mèche du bâton
de dynamite est allumée, cela exige notre attention immédiate car le temps entre
l’étincelle et l’explosion peut s’avérer être court, donc il faudra agir vite. Mais
attention, il est possible que l’intervention d’un adulte aggrave encore plus la
situation.

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Phase n°3 : l’explosion

La troisième phase de la colère est celle qui demeure gravée en nous. C’est à ce
moment-là que l’enfant déballe tout en manifestant : méchanceté (vocifération et
insultes), agressivité et parfois de la violence. Les blessures seront donc profondes et
il peut y avoir des dommages matériels considérables (exemples : devoirs déchirés,
jouets fracassés, vitres cassés). C’est également à ce stade là, que les parents perdent
leur calme.

Il y a une autre forme d’explosion qui est sous une forme d’attaque passive.
L’enfant refuse de ranger ses vêtements, ignore les parents ou renverse quelque chose
« accidentellement » lors d’un repas avec des invités. Il pourra également manifester
sa colère en volant de l’argent, des objets précieux ou en refusant d’étudier en jouant
à l’imbécile pendant les cours. L’enfant va chercher les querelles non pas pour trouver
une solution mais pour faire mal à son adversaire. Les disputes sont donc des
manifestations très courantes de l’explosion.

Le but de cette phase est de circonscrire l’explosion, de maîtriser au maximum


la colère de l’enfant, donc les parents sont là alors pour minimiser les dégâts. A cette
phase, il est facile de se laisser emporter par la rage mais l’adulte doit garder la tête
froide et essayer d’appliquer les stratégies suivantes : parler calmement, éviter de
crier, ne pas négocier avec un enfant qui menace (l’enfant en plein milieu d’une
explosion, n’aura dans la tête que la manipulation et l’intimidation), montrer du
respect (en attaquant l’enfant, on ne fera que lui donner un piètre exemple qu’il
suivra), être raisonnable (ne pas punir l’enfant pendant une durée interminable).

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Phase n°4 : la retombée

Cette quatrième phase est la plus négligée alors que la retombée nous permet de
résoudre les conflits. On appelle « retombée » le moment où les parents et les enfants
sont enfin capable de regarder le problème de face. Si la cause profonde d’une petite
crise n’est pas traitée, il est presque inévitable qu’elle dégénère en explosion majeure.
C’est de là que partira l’accumulation qui aboutira à la prochaine explosion. Et il est
bien plus simple d’apprendre à maîtriser la colère sur une petite échelle que de
s’attaquer directement aux gros conflits. Durant les retombées il faudrait : apprendre à
l’enfant à donner un autre nom à son émotion, car la colère n’est qu’une façon
d’exprimer une autre émotion engloutie sous celle-ci ; résoudre le problème ; en tirer
une conclusion ou définir des règles à suivre pour éviter une nouvelle crise ; lui
apprendre ce qui se passerait s’il transgressait cette règle, quelles seraient les
conséquences.

Donc le but de cette étape est de résoudre le problème. Pour cela il ne faut pas
ignorer le problème (ce n’est pas parce que l’explosion est terminée que le problème
est résolu, et en laissant passer cet épisode, nous ne faisons que transmettre le
message que la colère n’a pas d’importance), profiter des moments propices aux
dialogues et surtout continuer à soutenir l’enfant.

En conclusion, nous pouvons désamorcer une colère à tout moment dès que
nous savons la reconnaître. Et une fois la crise désamorcée, il ne faut pas oublier d’en
parler afin de ne pas en faire un élément d’accumulation, car chaque problème mis de
côté ou contourné est propice à une nouvelle crise.

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2.3 Les caractéristiques de l’enfant en colère


Les enfants en pleine croissance doivent chaque jour surmonter une nouvelle
épreuve : apprendre à marcher, attraper une balle dans les airs, savoir-faire une suite
de mouvements coordonnés et ainsi de suite. Chaque âge regorge de situations durant
lesquelles ils font face à divers sentiments, soit de satisfaction ou, au contraire, des
sentiments qui sont propice à déclencher la colère.

La personnalité unique de chaque enfant ajoute une nouvelle dimension. L’un


sera irritable tandis que l’autre sera plus tolérant. Ainsi les qualités avec lesquelles
l’enfant naît et son expérience ultérieure s’influencent l’un l’autre pendant des
années. Pour comprendre un enfant en colère, nous devons commencer par
comprendre son mode de pensée. Il est crucial que nous parvenions à comprendre
certaines des caractéristiques de l’enfant en colère car une fois acquises, nous
pouvons aider le bambin à changer. Le tout est de savoir ce que l’enfant essaye
d’exprimer ou de cacher afin de l’aider à résoudre un problème.

Voilà quelques caractéristiques que nous considérons les plus flagrantes parmi
celles citées par Tim Murphy2 qui d’après lui déforment la vision du monde des petits
et leur façon de réagir face à l’adversité. Chacune de ces caractéristiques est présente
pendant la crise mais à des degrés différents, elles nous aident à mieux comprendre
les bambins et nous aident à réaliser pourquoi il est si difficile de les faire changer.

L’enfant en colère est incapable d’analyser les problèmes. L’incompréhension


des problèmes qui arrive chez l’enfant comme chez l’adulte, est l’un des facteurs
principaux de l’accumulation. Souvent l’enfant résiste à tous les efforts que l’on peut
faire pour l’aider à se calmer et à réfléchir posément. Par conséquent, l’enfant refuse
de parler, avant ou après l’explosion, ce qui l’empêche d’apprendre par l’expérience.
Donc cette lacune l’empêche d’apprendre à résoudre logiquement son problème.

L’enfant en colère juge les autres responsables de ses propres revers. Les autres
2
MURPHY Tim avec la collaboration de HOFF OBERLIN Loriann, L'enfant en colère, Montréal, Les
éditions de l'homme, 2002, (pages 57-100), ce chapitre nous décrit les différentes manières dont
l’enfant vit les moments de crise.

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sont considérés comme la cause de leur problème. Ils ne feront confiance et


demanderont de l’aide qu’aux personnes qu’ils considèreront être « dans leurs
camps ». Le sentiment d’isolement aggrave la colère, qui bouillonne juste sous la
surface et un rien suffit à faire émerger le tout. Les enfants en colère accomplissent
beaucoup d’efforts à jeter la pierre aux autres, de la sorte ils évitent d’assumer la
responsabilité de leurs sentiments et de leurs actes. Ils préfèrent donc attaquer les
autres plutôt qu’essayer de résoudre les problèmes.

L‘enfant en colère se montre incapable de comprendre les autres. La colère


aveugle l’enfant, mais elle l’empêche également de distinguer les sentiments de
quelqu’un d’autre. Leur jeune âge et leur manque de maturité rendent difficile toute
analyse des émotions des autres. Lorsque les enfants paraissent insensibles aux
émotions des autres, il faut commencer à s’inquiéter. Cette absence de sensibilité
signifie qu’il n’aura aucun scrupule à torturer des animaux ou à blesser les autres.

L’enfant en colère utilise la colère pour accroître son pouvoir. Les enfants
utilisent la colère pour dominer leur petit monde et manipuler les personnes de son
entourage. Malheureusement, certains bambins ont grandi dans des conditions moins
amusantes que d’autres avec un parent alcoolique ou encore un père qui bat sa
femme, tout cela influence beaucoup le comportement du petit. Les enfants qui
grandissent dans un monde où la colère est source de pouvoir et d’influence
apprennent vite à l’utiliser contre la famille et les amis, afin de dominer une situation.
Et quel que soit le milieu dans lequel il a grandi, il apprendra vite que la colère est un
moyen de parvenir à ses fins (un jouet, un relâchement des règles, une faveur). Le
côté manipulateur apparaît chaque fois que l’enfant en ressent le besoin. Ceux qui
font des mauvaises choses consciemment, se montrent généralement sous un autre œil
lorsqu’il y a d’autres personnes.

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L’enfant en colère se livre à un dialogue intérieur destructeur. La querelle


s’ouvre dans son esprit par un dialogue acrimonieux et après l’explosion, l’enfant s’y
livre aussi. Le dialogue intérieur entretient la colère, l’enfant imagine plusieurs
scénarios à partir d’une conclusion défavorable. Donc l’enfant imaginant des
situations catastrophiques et des représailles par anticipation, réagira d’une façon plus
intense.

En conclusion un enfant doit être aidé pendant la crise par des adultes qui le
mettent en confiance et qui prennent le temps de lui parler pour qu’il apprenne petit à
petit à comprendre sa colère. Car un enfant seul face à sa colère ne pourra pas en tirer
de point positif, il continuera toujours à réagir de la sorte.

2.4 Les effets d’une colère non exprimée


Une colère que l’on retient sortira de toute façon un jour ou l’autre mais on
l’exprimera de manière plus violente, plus agressive, plus bruyante que si on l’avait
laissé sortir dès le début. Évidemment si cela ne se passe que très rarement ce n’est
pas grave mais si à long terme on ne fait que ça, cela nous dégrade petit à petit.

Les enfants vont se replier sur eux-mêmes, ils vont s’isoler, seront difficiles à
vivre, plus tard en étant adolescents ils vont être dépressifs et chercheront à se mettre
en danger pour « soulager » la colère. Puis en devenant adultes, les sentiments vont
être gardés au fond de nous et ils essayeront de soulager ce mal avec des moyens tels
que l’alcool, café, tabac pour donner une sensation de bien-être et soulager la douleur.
Un autre moyen est la boulimie car dès que ça ne va pas beaucoup se dirigent vers la
nourriture et les friandises mais c’est très risqué à cause d’une possible crise
cardiaque ou autre par la suite.

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Certains se soulagent en faisant du sport ou en regardant la télévision à longueur


de journées. Ces moyens de se distraire de nos émotions négatives peuvent être très
nuisibles, mais cela est compréhensible quand on voit dans quelle société nous
vivons, car montrer notre faiblesse en pleurant lorsqu’on est très en colère est
considéré comme quelque chose de faible. C’est à partir de l’âge de douze ans que les
garçons commencent à garder leurs émotions pour eux, pour ne pas montrer leurs
« faiblesses ». Aujourd’hui, c’est considéré comme normal pour un homme de
réprimer son besoin de pleurer. Les garçons d’éducation occidentale sont forts et
virils alors que les filles sont vulnérables et sensibles. C’est pour cela que les hommes
sont plus fréquemment soumis aux troubles liés au stress, ils auraient plus de risques
de succomber à des crises cardiaques ou des attaques cérébrales. Les garçons risquent
plus d’être violents avec les autres en refoulant leur colère alors que les filles sont
plus probables d’avoir des comportements autodestructeurs comme l’anorexie, le
suicide ou l’automutilation.

2.5 Quand la colère devient trop excessive


Tim Murphy, donne sa propre définition de la colère « Réaction puissante,
déclenchée par une émotion négative, qui aboutit à un comportement agressif
d’intensité variable et pas toujours appropriée ».3 Soit la colère devient trop
excessive lorsque celle-ci aboutit à un comportement agressif non approprié.

Suite aux entretiens que nous avons eut, nous avons pu définir que l’excès de la
colère dépend de la réaction des concernés, des circonstances et des caractères.

3
Tim Murphy avec la collaboration de HOFF OBERLIN Loriann, L'enfant en colère, Montréal, Les
éditions de l'homme, 2002, (page 25)

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La réaction engendrée par la colère est tout aussi puissante que la colère même,
et lorsqu’on la laisse dégénérer, elle finit par priver l’enfant de toute pensée ou
sentiment positif ou rationnel. Beaucoup de familles pensent que le feu se combat par
le feu, donc lorsque l’enfant hurle, il faudrait hurler plus fort pour se faire entendre et
avoir le pouvoir. Mais il faut constamment exercer le pouvoir pour qu’il soit efficace,
donc hurler encore plus fort que l’enfant afin qu’il finisse par obéir, ainsi tous deux
seront convaincus que la colère est la bonne solution. Etant donné que les enfants
n’entendent plus les reproches dites avec une voix normale, ils estimeront qu’il
faudrait prendre au sérieux les menaces de Maman que lorsqu’elle hurle. Donc les
enfants concluront que lorsqu’ils veulent quelque chose, ils n’ont qu’à crier pour
l’obtenir. Cela deviendra un cercle vicieux, qui transformera la famille en un champ
de bataille.

La colère peut sembler normale et appropriée dans certaines circonstances.


Dans d’autres, elle paraîtra absurde et infantile. Pour juger si la colère est ou non
appropriée, il faudrait évaluer l’intensité de la réaction et voir contre qui elle est
dirigée. Une petite fille qui échoue à son test de mathématique n’a aucune raison de
casser un jouet de son frère et d’engueuler sa maman. C’est la puissance de la
réaction qui révèle que cette colère ne se justifie pas.

Etant donné que l’on confond souvent la colère avec d’autres sentiments, il est
possible qu’elle ne soit pas adaptée à la situation. Par exemple, un adolescent se
montrera irritable envers ses parents parce que sa petite amie l’a laissé tomber. Bien
que nous puissions compatir à son chagrin, sa réaction n’est pas appropriée.

La colère peut parfois se justifier, la méchanceté jamais. Chaque réaction de colère


peut être acceptable ou inacceptable selon la société et la culture dans laquelle on
grandit. Lorsque les parents savent faire la différence entre la « bonne et la
mauvaise » réaction, ils peuvent apprendre à l’enfant à cerner les limites du bon
comportement et à se discipliner en conséquence.

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Contrairement à la haine ou à la dépression, la colère est une émotion active qui


vise inévitablement quelque chose ou quelqu’un, parfois l’enfant lui-même. La
réaction revêt en général la forme de menaces, d’insultes ou de violence physique.
Pour qu’elle ne soit pas excessive, il faudrait l’exprimer de façon convenable par
rapport à notre communauté afin d’éviter de tomber dans cette extrémité. La garder
pour soit renferme l’enfant, donc le rend vulnérable à une dépression ou autres.
Lorsque la colère est exprimée normalement et sans exagération celle-ci n’est pas
excessive, elle le devient lorsque l’enfant l’exprime violemment et d’une façon
perturbatrice.

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3. Le soutien de la colère

3.1 Comment aider un enfant à gérer sa colère


La plupart des enfants expriment leur colère sans ambiguïtés, certains le font
avec trop de violence et d’autres la ravalent mais dans toutes les circonstances les
parents et les adultes doivent être là pour leur enseigner à exprimer ce sentiment de
manière plus saine.

Selon Aletha Solter4 quand la colère de l’enfant devient trop importante il faut
le calmer en lui parlant régulièrement et en l’écoutant attentivement pour qu’il puisse
décrire sa frustration, à ressentir ce qui l’affecte. Cela lui permettra petit à petit de
s’exprimer plus facilement et de se dire qu’il pourra faire confiance aux parents. Cette
colère réformée par des mots déclenchera une énergie positive qui l’amènera à
résoudre ses problèmes. Il faut faire savoir à l’enfant que malgré tout ce que les
parents peuvent lui refuser, il bénéficiera toujours de leur amour.

Franziska Remund, ancienne éducatrice et depuis peu psychologue au service


psychiatrique d’enfants et d’adolescents (SPEA) à Morges, nous fait savoir que les
enfants ont besoin de différents modèles pour pouvoir comparer les réactions, ils se
font beaucoup influencer dans leurs comportements par les personnes avec qui ils
sont régulièrement en contact alors il faut évidemment aussi faire attention à notre
attitude quand on est en colère et savoir avant tout la gérer soi-même avant de vouloir
guider l’enfant dans l‘expression de sa colère.

4
SOLTER Aletha, Pleurs et colères des enfants et des bébés: Une approche révolutionnaire, Californie,
Editions Jouvence, 1999, (pages 99-101)

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Il est important aussi de laisser l’enfant s’exprimer, il faut le guider,


l’accompagner et ne surtout pas l’empêcher de se manifester car sinon cela favorisera
l’apparition de comportements agressifs qui auront des effets négatifs sur lui. Il
pourrait devenir une personne désagréable dans la société, il aura une image de lui
assez dévalorisante, il sera manipulateur et aura sans cesse des réactions envers
l’autorité. La colère est comme une bombe à retardement si on la retient, le jour où
elle explosera la colère sera terrible, sans pouvoir être renfermée.

3.2 Les évitements de la colère


Kirsti Gallay nous donne pour exemples la crispation, la tension qui monte et
l’excitation comme effets de la colère sur notre physique. Et comment faire
lorsqu’une personne ne veut pas ou ne peut pas l’exprimer sous la forme de la
colère ? Il faut savoir que la colère fait partie de tout être humain et qu’elle ne devrait
pas être évitée, car elle réagit comme une sorte d’énergie en feu que même les enfants
peuvent ressentir.

Lorsqu’une colère est évitée, elle sera transformée en sentiment car lorsqu’on
ignore une émotion, on ne fait que lui donner l’opportunité de s’installer ou
d’accroître son intensité. C’est pourquoi toute émotion ne devrait pas être négligée.
Quand la colère n’est pas exprimée, le corps encaisse toute sorte de mal physique
comme les maux de tête, de dos, d’estomac,… Le corps se tend, se noue, se fatigue
énormément en tentant de réprimer la colère.

Le premier signe que l’on peut constater lorsque l’enfant évite d’exprimer ses
états d’âme est la culpabilité. Et cela est pareil pour l’adulte, car en essayant de
l’éviter nous ne faisons que nous infliger le ressassement du pourquoi nous sommes
en colère. Serge et Carolle Vidal-Graf5 nous confirment ce point-là.

5
VIDAL-GRAF Serge et Carolle, La colère, cette émotion mal aimée: Exprimer sa colère sans
violence, Editions Jouvence, 2002, (pages 49-50), ces deux pages nous confirment ce que nous avons
pu entendre lors de nos interviews.

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L’évitement peut aussi aboutir à une hyperactivité, donc le fait de toujours


vouloir faire quelque chose, car si on ne fait rien on risquerait de faire remonter en soi
la colère ou toute autre émotion enfouie. Par exemple chez l’adulte cela se
remarquera par l’acharnement à faire le ménage et chez l’enfant une volonté de
pratiquer des activités physiques de façon compulsive.

En conclusion, il ne faut pas négliger la colère car elle fera de toute façon
surface mais de manière plus intense que si on l’aurait extériorisée au moment où
l’ébullition se faisait. Tout comme la tristesse ou la peur, si l’enfant ne l’exprime pas,
l’émotion deviendra sentiment, donc sera plus grave et plus marquante dans la vie du
petit que s’il disait immédiatement ce qu’il ressentait.

3.3 Conséquences positives et négatives de la colère


Lorsqu’une colère est exprimée par les enfants « doux » qui n’arriveraient pas à
intégrer cette expression et par les enfants « turbulents » qui réussissent à l’exprimer
sans violence verbale ou physique, cela leur permettra de vivre des relations plus
satisfaisantes avec l’entourage et leur procurera la sensation agréable d’être plus
vivants. Le tout est de trouver un juste milieu de comment extérioriser nos émotions.

Après avoir discuté avec Franziska Remund l’une des conséquences positives
de l’expression de la colère qui a retenu notre attention est le « JE » qui existe enfin.
Le « JE » a un territoire réel et symbolique. Le faire respecter, poser ses limites et les
affirmer donne à l’enfant le sentiment « d’être quelqu’un » et d’avoir de la valeur. Par
ailleurs, nous avons tous besoin d’être régulièrement confirmés dans l’estime que
nous avons de nous-même. S’exprimer donne la sensation d’être là, que nous avons
aussi des choses à dire et des points de vue à soutenir. Donc c’est une façon pour
l’enfant de dire « j’existe » et pour l’adulte de savoir ce qui plait ou pas aux bambins.

19
Claudia Magalhaes et Melany Ferreira Travail personnel 3C

Comme dans toute émotion, il y a du négatif. Les explosions de colère violentes


ou fréquentes qui ont souvent des motifs futiles, nuisent à la qualité des relations avec
l’entourage. Même si l’enfant en colère croit qu’il a obtenu ce qu’il voulait, souvent il
n’aura récolté qu’une relation avec ses proches moins authentiques. Soit ils
s’éloigneront, soit ils le craindront. Par exemple lorsque je suis en présence de mon
petit cousin Dylan qui crise car je n’accompli pas ses quatre volontés, je fini par
craindre chaque réaction qu’il pourrait avoir et par vouloir le voir moins souvent afin
de ne pas être irritée par son comportement et ne pas être vidée de mon énergie. Nous
constatons par cela que les crises de colères fatiguent l’enfant et ceux qui sont
concernés directement et indirectement. Franziska Remund nous a donné l’exemple
d’un enfant de l’ancienne garderie où elle travaillait. L’enfant à cet âge là doit faire
des liens avec ses copains mais il ne sait pas encore comment partager parce qu’avant
tout tournait uniquement autour de lui alors quand un enfant s’approche de lui pour
jouer avec, il devient agressif car cela devient trop compliqué pour lui. Sa façon de
réagir avec ses camarades de classe nuisait aux relations possibles.

D’autres conséquences négatives possibles sont les insomnies, les troubles


alimentaires ou même les dépressions. Il faudrait être beaucoup plus attentif lorsque
l’enfant n’exprime rien! Ce sont des cas graves, mais pas impossibles. L’enfant sait
très bien masquer ses émotions alors on ne remarque pas forcément quand l’extrême
arrive.

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Claudia Magalhaes et Melany Ferreira Travail personnel 3C

4. Conclusion

C’est lorsque les enfants seront capables d’agir en exprimant librement leurs
émotions provoquées par de la frustration, de la peur ou par un traumatisme, que leurs
corps et leurs esprits seront soulagés de l’effet du stress. A travers notre travail nous
avons voulu faire comprendre que les problèmes émotionnels et comportementaux
ainsi que toutes autres maladies dues au stress ne sont pas causées par le stress lui-
même mais par l’exclusion du mécanisme réparateur naturel, à savoir les larmes et les
colères qui en cas de tension fonctionnent comme restaurateurs de l’équilibre entre la
physiologie et la psychologie d’une personne. La colère est une émotion nécessaire au
bon développement de l’enfant qu’il ne faut surtout pas cacher.

Un enfant a beau être dans le meilleur et le plus affectueux des milieux, il ne


sera toutefois pas déchargé des frustrations mais malgré les difficultés et les
expériences douloureuses qu’il pourra traverser, il saura toujours guérir du stress et
des traumatismes par ce mécanisme de réparation naturelle. S’il exprime ouvertement
ses émotions, plus tard cela permettra à l’enfant d’évoluer en étant plus équilibré,
coopératif, compatissant, non-violent, passionné et plus capable d’apprendre, que ce
soit les choses de la vie ou à l’école. C’est en faisant confiance à ce processus naturel
que les personnes peuvent se soigner de leurs problèmes et il n’est évidemment
jamais trop tard pour commencer.

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Claudia Magalhaes et Melany Ferreira Travail personnel 3C

5. Remerciements

Nous souhaitons remercier toutes les personnes qui nous ont aidées à élaborer
ce dossier. Donc tout d’abord un grand merci à notre professeur de Français,
Monsieur Cesare Mongodi, de l’aide qu’il nous a apporté pour la mise en page du
dossier.

Merci à Madame Lydie Ramasco-Paslier, qui a été notre maître spécialiste, de


nous avoir mises sur la bonne voie, pour tous ses conseils et d’avoir corrigé le
premier jet.

Merci à Monsieur Gabriel Parriaux, notre maître de bureautique, de nous avoir


donné des conseils avisés.

Pour terminer, nous remercions Mesdames Kirsty Gallay, Virginie Fournier et


Franziska Remund de nous avoir consacré un peu de leur temps afin de nous donner
divers points de vue, qui nous ont été très utiles lors de la réalisation de notre projet.

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Claudia Magalhaes et Melany Ferreira Travail personnel 3C

6. Bibliographie

Dictionnaires et encyclopédies

•Le Petit Robert, 2002, article « colère »

Ouvrages spécifiques

•VIDAL-GRAF Serge et Carolle, La colère, cette émotion mal aimée: Exprimer


sa colère sans violence, Editions Jouvence, 2002

•MURPHY Tim avec la collaboration de HOFF OBERLIN Loriann, L'enfant en


colère, Montréal, Les éditions de l'homme, 2002

•SOLTER Aletha, Pleurs et colères des enfants et des bébés: Une approche
révolutionnaire, Californie, Editions Jouvence, 1999

Références Internet

• Wikipédia, L’encyclopédie libre,


http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9ch%C3%A9_capital (informations sur
les sept péchés capitaux, site mis à jour le 29 janvier 2009, consulté en janvier
2009)

• Eglise de la Vôge, Eglise Evangélique Menonnite de la Vôge,


http://eglisedelavoge.com/messages/Colere.pdf (dossier concernant la colère
vu par les chrétiens, site mis à jour en novembre 2008, consulté en janvier
2009)

• TopChrétien, Communauté chrétienne en ligne,


http://www.topchretien.com/topfamille/view/5278/gerer-la-colere-des-enfants-
3eme-partie.html (conseils pour une vie de famille meilleure, page mise à jour
le 12 mars 2008, consulté en février 2009)

Illustration

• Garçon qui crise, http://www.lefigaro.fr/medias/2008/06/07/694b3fd0-340a-


11dd-b3ff-a0430a2a1cd1.jpg, (site consulté le 21 décembre 2008)

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Claudia Magalhaes et Melany Ferreira Travail personnel 3C

7. Annexes

7.1 Lettres________________________________________________________22

7.2 Questionnaires_________________________________________________24

7.3 P.V décisionnel_________________________________________________31

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Claudia Magalhaes et Melany Ferreira Travail personnel 3C

7.1 Lettres

Melany Ferreira et
Claudia Magalhaes
Rue de la Lecheire 3
1148 La Coudre La Coudre, le 8 octobre 2008

Dr. Kirsti Gallay


Hôpital de Morges
Ch. Du Crêt 2
1110 Morges

Demande d’interview

Madame Gallay,

Etudiantes de 3ème année à l’école de culture générale, option socio-pédagogique,


nous devons effectuer un travail personnel obligatoire dont le sujet est à choix. Pour
cela nous avons décidé de parler de la colère chez l’enfant. Ce sujet nous intéresse car
nous deux aimons le contact avec les enfants et sommes curieuses de comprendre la
réelle signification de leur comportement.

En espérant vous rencontrer, nous vous proposons de nous indiquer une date qui vous
conviendrait le mieux pour faire une interview.

Dans l’attente d’une réponse de votre par, nous vous prions d’agréer, Madame Gallay,
nos salutations les meilleures.

Claudia Magalhaes

Melany Ferreira

Annexe: Questionnaire

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Claudia Magalhaes et Melany Ferreira Travail personnel 3C

Melany Ferreira et
Claudia Magalhaes
Rte de Senarclens
1124 Gollion Gollion, le 24 novembre 2008
Tél : 079'465’82’62

Dr. Kirsti Gallay


Hôpital de Morges
Ch. Du Crêt 2
1110 Morges

Lettre de remerciement

Madame Gallay,

Nous tenions à vous remercier du temps que vous nous avez consacré, lors de notre
entretiens en date du lundi 20 octobre.

Nous avons beaucoup apprécié votre accueil et votre aide concernant notre travail
personnel sur l’enfant et la colère. Vos explications ainsi que vos réponses à nos
questions nous ont beaucoup servis dans l’élaboration de notre dossier.

Si cela vous intéresse nous pourrions vous faire d’un exemplaire de notre travail final
afin de vous remercier de votre collaboration.

En attendant nous vous prions d’agréer, Madame Gallay, l’expression de nos


salutations distinguées.

Melany Ferreira

Claudia Magalhaes

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Claudia Magalhaes et Melany Ferreira Travail personnel 3C

7.2 Questionnaires

Interview de Madame Kirsti Gallay


1. Qu’est-ce que la colère?
La colère est une réponse à la frustration quand une habitude change.

2. Peut-on contrôler la colère?


Oui cela s’apprend avec l’âge et cela dépend aussi de la maturité de la personne.
Un enfant apprend à contrôler sa colère vers l’âge de 3ans, c’est en tout cas le
développement normal.

3. Comment savoir si une personne est colérique ou pas?


C’est quand une personne et souvent, voir toujours, en colère.

4. Quelqu’un qui exprime sa colère avec violence peut-elle changer et


s’exprimer sans violence?
Oui le changement est possible, on peut évoluer avec l’âge mais on change en le
choisissant soi-même car il faut de l’entraînement pour changer cela.

5. A quelle autre émotion associez-vous la colère? Et quelles sont les émotions


qui en découlent?
J’associe la colère à la peur de perte, c’est une peur qui est au fond et qui peut
provoquer la colère. Mais bien évidemment on arrive à bien gérer la colère qu’en
prenant conscience de sa peur.

6. Comment perçoit-on quelqu’un en colère dans notre culture occidentale?


La colère est une émotion que l’on sent, c’est une énergie que l’on capte et avec
l’évolution les gens en parlent.

7. Est-ce que la colère a un acte répréhensible dans toutes les cultures?


On ne juge pas la colère, on condamne uniquement l’acte.

8. Quels symptômes a la colère sur nous physiquement et psychologiquement?


La colère est une émotion qui nous crispe, notre tension monte, on est excités, ce
sont quelques uns des symptômes physiques, maintenant psychologiquement cela
nous donne de l’hésitation, on a peur mais après s’être exprimé on se sent
soulagé sur le moment mais à long terme cela peut nous faire du mal et nous
provoquer des crises cardiaques car tout le corps réagit.

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Claudia Magalhaes et Melany Ferreira Travail personnel 3C

9. Expression de la colère: Y a-t-il des expressions de la colère plus


« acceptables » dans notre société?
La colère est plus acceptable dans certains pays, mais par exemple en Suisse c’est
assez mal vu, on doit dire ce que l’on pense mais sans jamais vraiment s’énerver.
Mais de nos jours on est plus ouverts à cette émotion, on va voir toutes sortes de
spécialistes pour que cela ne reste pas enfoui. La colère doit quand même être
montrée parfois

10. Comment exprimer (faire sentir) sa colère quand elle n’est socialement pas
admissible?
Quand elle n‘est pas admise on ne dit rien par peur d‘être puni alors on l‘exprime
selon notre éducation. Le problème c’est que si on n’exprime rien on peut avoir
des insomnies, avoir des troubles alimentaires ou même finir en dépression et les
enfants le masquent très bien alors on ne le remarque pas forcément et c’est
mauvais.

11. La colère est-elle un besoin physiologique? Un régulateur physique?


D’après Freud l’être humain est fait de pulsions de vie et de mort, la colère en
fait partie, elle est innée. La colère peut être un moteur pour nous lancer un défi,
cela peut nous faire nous sentir mieux. Gérer sa colère n’est pas un besoin, en
étant adulte si on n’arrive pas à gérer sa colère c’est que l’on est immature mais
en étant enfant c’est tout à fait normal de ne pas savoir comment la maîtriser.
Mais la colère apporte quand même à la fin d’une crise un soulagement.

12. Comment aider quelqu’un qui est en colère à se « contrôler » ?


On ne peut pas arrêter les autres, chacun doit s’aider soi-même, on doit pouvoir
se calmer tout seul. On ne peut pas calmer la colère mais plutôt comprendre le
dessous des choses, le fond, le pourquoi… On a le choix de décider soi-même de
ce que l’on veut changer ou pas.

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Claudia Magalhaes et Melany Ferreira Travail personnel 3C

Interview de Madame Virginie Fournier


La colère est une émotion négative mais elle est nécessaire au bon développement
psychologique d’une personne.

1. D’après vous qu’est-ce que la colère ? Quelle est sa fonction ?


La colère est une émotion qu’on dit « négative », elle exprime quelque chose de
négatif comme le mécontentement, la déception, la frustration. Comme toutes es
émotions elle a une fonction adaptive de se qui nous arrive, sa fonction est de
réguler ce qui se passe à l’intérieur comme par exemple un malaise pour qu’on
s’adapte. Elle a pour but de nous faire réagir. Les émotions sont le moteur de
l’intelligence, elles sont toutes autant les une que les autres nécessaires au bon
fonctionnement de l’être humain.

2. Quelles sont les sources de la colère ?


D’après moi il y a des facteurs externes et des facteurs internes. Du point de vue
externe on a tout ce qui est source de mécontentement, la jalousie, la trahison, la
déception. Pour ce qui est interne c’est notre propre balance psychologique, elle
est innée en chacun de nous, c’est une balance entre l’amour et la haine et dès
qu’il y a un déséquilibre on réagit avec une émotion.

3. A quelles émotions ou sentiments associez-vous la colère ?


J’associe la colère à comme je l’ai dit avant la jalousie, la rage, la haine, la peur
de la déception, la peur de se montrer autrement, la dévalorisation,…

4. Quels symptômes a la colère sur nous physiquement ainsi que


psychologiquement ? Quelles en sont les conséquences ?
Les symptômes physiques sont que le rythme cardiaque ainsi que la circulation du
sang augmentent, on devient plus violent, on sent qu’on a plus de force pour se
battre, la sueur monte et on a des tremblements. Les symptômes psychologiques
sont que si on se retient e qu’on ne l’exprime pas, on sent la boule à l’estomac, on
a une tension intérieurement qui ne sort pas.
Les conséquences en général sont que l’on peut perdre le contrôle mais on peut
aussi sentir un soulagement. Un enfant en colère par contre sera plutôt rejeté, il
s’isolera et luttera ensuite pour s’affirmer et prendre sa place, sa confiance en lui
augmentera.
Mais un risque majeur c’est que l’on soit sans cesse en colère, rien ne changera
car elle sera toujours présente. Mais les conséquences ne seront pas toujours
négatives car quelqu’un qui exprime son avis est une personne qui ne se laisse pas
faire et qui sera bien dans sa peau.

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Claudia Magalhaes et Melany Ferreira Travail personnel 3C

5. Peut-on contrôler la colère ? Et si oui comment ?


Evidemment que l’on peut la contrôler, il suffit d’apprendre à l’exprime
autrement, il ne faut pas la garder pour soi mais savoir relativiser et plus parler
quand quelque chose ne va pas. La colère exprime un mal sous-jacent et c’est en
trouvant ce qui ne va pas réellement que l’on pourra aller mieux.

6. La colère est-elle un besoin physiologique, un régulateur physique ?


Comment l’expliqueriez-vous ?
C’est un besoin oui, un enfant a besoin de se mettre en colère contre ses parents
par exemple pour se rendre compte qu’ils seront toujours là. Cela le mettra en
confiance, il sera rassuré, cela aura des répercussions sur l’adolescence car plus il
sera rassuré plus son estime de soi va bien se développer car toues les tensions
doivent être évacuées.

7. Quelles sont les conséquences positives et négatives de la colère ?


La colère aide au développement de l’estime de soi, elle aide à avoir plus de
confiance et avoir une meilleure estime et à vider le trop plein. Tant que la colère
est exprimée correctement et bien gérée elle reste quelque chose de positif dans
notre affirmation. Le seul côté négatif c’est que cela soit mal vu par les adultes.

8. Comment peut-on éviter la colère ?


La colère ne doit pas être évitée, il faut juste la maîtriser pour que ça ne dégénère
pas. Il faut travailler au niveau de ce qui ne va pas pour éviter d’être déçu. La
colère fait partie de nous alors il faut prendre du recul pour trouver des moyens de
se relaxer et de comprendre ce qui ne va pas.

9. Quels sont les effets d’une colère non exprimée ?


Si on n’exprime pas notre colère cela finira de toute façon par sortir mais de façon
plu bruyante que si on l’avait exprimer depuis le début. En la gardant on se replie
sur soi quand on est enfant et ainsi tomber peut-être en dépression. Les
adolescents eux seront plus du genre à prendre des risques pour se soulager de
leur colère, on peut aussi parler de suicide ou d’abandon des cours… Ce sont des
signes parmi tant d’autres.
Les enfants ne gardent pas leurs émotions pour eux et l’extériorisent plus
facilement mais certains n’oseront pas s’exprimer par peur de déranger ou de faire
plus de mal aux parents, alors que d’autres font tout pour réveiller les parents
déprimés car ils ressentent quand les parents ne vont pas bien.

10. Une personne qui exprime sa colère avec violence peut-elle changer et
s’exprimer sans violence ? Comment ?
La colère exprime un mal, il faut y travailler longtemps pour l’apprivoiser. Il faut
s’exprimer autrement en trouvant ce qui provoque cette violence. La personne
violente n’a pas trouvé d’autre moyen d’exprimer sa colère, il y a donc un mal en
dessous de tout cela qu’il faut comprendre.

30
Claudia Magalhaes et Melany Ferreira Travail personnel 3C

11. Comment peut-on aider une personne à contrôler sa colère ?


On peut aider une personne en colère en lui parlant, en l’aidant à trouver ce qui ne
va pas, en l’aidant à mettre un nom sur son mal. Une personne qui ne va pas bien
se montrera sous un aspect de dur car il ne veut pas montrer sa vulnérabilité.

12. Soigne-t-on toutes les colères de la même façon ?


Non pas du tout, tant que la colère reste dans la normale et qu’elle ne dérange pas
il n’y a pas besoin de la soigner. C’est quand cela devient handicapant qu’il faut
se ressaisir et se soigner. La façon de se soigner dépend avant tout de comment est
la personne et puis ensuite de l’émotion qui se cache en dessous de sa colère
comme par exemple la phobie.
Si la colère est contre soi-même il faut faire une thérapie par contre si elle est
contre l’extérieur, c’est-à-dire contre quelqu’un d’autre que soi il faut faire plutôt
appel à un médiateur qui se chargera de régler les problèmes et trouver une
solution entre les deux partis.

13. Quelles sont les caractéristiques d’un enfant en colère ?


Un petit enfant en colère réagira en criant avec des cris stridents, il dira des gros
mots, pleurera et deviendra bruyant car il s’exprimera sans même réfléchir. En
étant plus grand la colère passera plutôt par la violence verbale et même
physique. L’adolescent lui se repliera sur lui-même et s’isolera.

31
Claudia Magalhaes et Melany Ferreira Travail personnel 3C

Interview de Madame Franziska Remund


La colère fait une sorte de boucle quand on veut l’exprimer, d’abord on ressent
l’émotion dans notre corps (tripes, estomac, muscles) puis cette émotion monte au
cerveau, on réfléchit à ce que l’ont doit faire, à comment réagir ( on mâche l’émotion)
et pour finir on l’exprime. Le problème chez l’enfant c’est qu’il ne fait pas
entièrement cette boucle, dès qu’il est en colère il l’exprime sans y réfléchir.

1.D’après vous qu’est-ce que la colère ? Quelle est sa fonction ?


D’après moi la colère est un mouvement d’agressivité, une pulsion qui s’exprime.
C’est une émotion qui s’exprime de manières différentes. Mais c’est quelque
chose de tout à fait normal il faut juste apprendre à la gérer dès que l’on est tout
petit. La colère est une expression qui sert à nous montrer que quelque chose ne
va pas comme toute autre émotion.

2.Quelles sont les sources de la colère ?


La colère vient du sentiment d’impuissance, de la frustration surtout chez l’enfant
de deux ou trois ans. L’enfant ne sais pas attendre et ne comprend pas pourquoi il
n’a pas ce qu’il veut alors il se met en colère parce que son envie n’a pas été
comblée. L’enfant doit justement apprendre à réfléchir. On voit par exemple cela
dans les garderies, l’enfant doit faire des liens avec ses copains mais il ne sait pas
encore comment partager parce qu’avant tout tournait autour de lui seul alors il
devient agressif car c’est trop compliqué pour lui.

3.Quels symptômes a la colère sur nous physiquement ainsi que


psychologiquement ?
Nous sommes tous différents, on réagit tous autrement. Physiquement on peut être
plutôt tendus, on devient pâles, on rougit, etc. Un enfant l’exprime très fortement,
c’est très drôle à voir d’ailleurs car il ne réfléchit pas, il réagit directement. Plus la
colère est contrôlée moins ça sera fort. Psychologiquement par contre dès que
l’on s’exprime on se sent soulagé, déchargé. C’est important de pouvoir
s’exprimer parce que si on n’extériorise pas sa colère on est pas bien, et par la
suite si on n’arrive pas à sortir de cette colère cela peut virer sur la haine, plus on
garde pour soi plus on est mal.

4.Peut-on contrôler la colère ? Et si oui comment ?


On peut contrôler l’expression de la colère mais pas l’émotion elle-même c’est
pour cela que l’intervention des adultes est importante dans la vie de l’enfant car
on l’aide à se rendre compte de quand il est fâché. L’enfant apprend avec
l’entourage et il doit avoir différents modèles pour pouvoir comparer les
réactions. On doit l’aider à comprendre pourquoi ça ne va pas car l’enfant teste
tout et c’est comme ça qu’il apprend

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Claudia Magalhaes et Melany Ferreira Travail personnel 3C

5.Quelles sont les conséquences positives et négatives de la colère ?


Les points positifs sont que grâce à la colère on s’affirme par rapport aux autres,
on détecte plus facilement aussi quand quelque chose ne joue pas, on
communique plus aisément. Le point négatif est que la colère peut très vite être
mal exprimée socialement, notre comportement envers les autres n’est pas
adéquat car on peut les injurier et devenir facilement violent avec la colère. Mais
bon cela peut arriver à tous de mal s’exprimer car toutes les règles sociales
(politesse,…) ne sont pas faciles à toujours suivre.

6.Quels sont les effets d’une colère non exprimée ?


Quand on réprime la colère on la garde à l’intérieur, c’est comme si on la
retournait contre soi et cela peut être très mauvais pour la personne.

7. Quelles sont les caractéristiques d’un enfant en colère ?


La colère évolue par rapport à l’âge. Quand on est bébés la colère commence par
la frustration quand on lui enlève quelque chose et qu’il sent que cette chose
manque. Plus tard en étant enfant il se fâchera contre une personne et plus contre
un objet. L’enfant pique des colères, il sort sa frustration directement à l’état brut,
cela sort tout seul sans contrôle. C’est plus vers l’âge de deux ans qu’un enfant
fait le plus de crises.

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Claudia Magalhaes et Melany Ferreira Travail personnel 3C

7.3 P.V décisionnel

Juin 2008 : Lancement du travail personnel (TPL).


Lundi 9 juin : Choix du groupe.
Mi- septembre : Choix du sujet et du maître spécialiste.
Lundi 15 septembre : Début de la recherche de documents.
Mardi 30 septembre : Rencontre avec notre maître spécialiste,
Mme Ramasco-Pasliez, pour mettre au point
notre sujet.
Jeudi 9 octobre : Prise de contact téléphonique avec Kirsti
Gallay, Cheffe de clinique adjointe de
pédopsychiatrie de liaison à l’hôpital de
Morges.
Mardi 14 octobre : Prise de contact par e-mail avec Michel
Bader. Prise de contact par lettre avec
Rosette Poletti.
Vendredi 17 octobre : Recherche de documents à la Bibliothèque
Cantonale et Universitaire (BCU) de
Dorigny.
Lundi 20 octobre : Interview de Mme Kirsti Gallay.
Vendredi 31 octobre : Début de la rédaction du TPL.
Lundi 12 janvier 2009 : Fin de la rédaction de la première partie du
travail.
Mardi 13 janvier : Commentaires de Mme Ramasco-Pasliez
sur le TPL.
Vendredi 30 janvier : Renvoi de la première partie corrigée à notre
maître spécialiste.
Mercredi 11 février : Fin de la rédaction de notre travail
personnel.
Vendredi 13 février : Remise du dossier final

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