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SCÈNE VI

Lecture analytique dirigée


de l'intégralité de la scène.

Les Comédiens-Italiens par Lancret

Objectif 1 : Situation de la scène dans l'œuvre :


- elle se place au milieu de la pièce et on peut en attendre que l'enjeu dramatique y soit à son apogée. Trivelin a
quitté la scène, satisfait des portraits railleurs qui ont composé la première épreuve infligée aux maîtres par leurs
esclaves. Ceux-ci se trouvent maintenant face à face sans la médiation du gouverneur de l'île. Que pourra -t-il en
résulter ?
- Investis de leur nouveau pouvoir, les domestiques peuvent en effet en user diversement : ils peuvent multiplier les
brimades à l'égard de leurs anciens maîtres et oublier en cela les leçons de Trivelin ("point de vengeance"); le
spectateur les attend aussi à ce véritable piège qui les ferait tomber dans les travers qu'ils ont condamnés. Ainsi la
scène ne peut manquer de représenter un tournant qui, lançant un nouvel enjeu, décidera du dénouement.
Choisissons-nous ce projet de lecture : comment cette scène ravive-t-elle l'enjeu dramatique ?

Objectif 2 : La distribution de la parole :

- le spectateur a tôt fait d'être informé de l'intention des domestiques : le choix de Cléanthis de faire "la belle
conversation", "comme dans le grand monde", et d'être l'objet d'une conquête amoureuse ("poursuivez mon cœur")
répond à la seconde de nos attentes, d'autant que les maîtres resteront muets : évincés du jeu, ils assisteront
impuissants au dialogue de leurs esclaves. Cette situation révèle une double intention : il s'agit de marquer leur
déchéance par la privation de la parole, qui a été jusque là signe de leur pouvoir ; leur éviction du champ "à dix pas"
fait aussi d'eux des spectateurs et accentue le caractère théâtral de l'entretien qu'auront les valets. Ceux-ci, d'ailleurs,
donnent l'impression de préparer une représentation : Cléanthis conseille le jeu d'Arlequin, sur le plan du langage
("n'épargnez ni compliments, ni révérences") comme sur celui du jeu scénique ("promenons -nous plutôt de cette
manière-là"), indications de mise en scène auxquelles Arlequin ajoute ses directives ("vite des sièges pour moi",
"n'épargnez point les mines"). Après cette "répétition" et l'ordre donné aux maîtres de se retirer, la didascalie marque
solennellement le début du spectacle.
A nouveau se manifeste le goût du dramaturge pour la "mise en abyme" : mais comment mieux stigmatiser les
affectations du grand monde qu'en en faisant la parodie ? Cette scène de "théâtre dans le théâtre" s'inscrit donc dans
le projet moral de l'œuvre et fait même de l'art dramatique l'instrument privilégié de la catharsis : on peut s'attendre à
ce que, pour les maîtres, le jeu des esclaves soit un miroir impitoyable tendu sur leurs mines et leurs caprices. Il s'agit
donc bien d'une seconde épreuve, qui répond à l'entreprise de régénération annoncée par Trivelin. Pourtant avisons-
nous de l'intention affichée par Cléanthis : "il faut bien jouir de notre état, en goûter le plaisir". La servante ne
savoure-t-elle pas sa revanche en prenant un plaisir dont elle a été privée ? Il faudra donc dans ce dialogue
constamment veiller à la double énonciation : jouant à être les maîtres, les esclaves ne trahissent -ils pas leur vraie
nature ?
- la scène est nettement divisée en trois parties : après les préliminaires, commence l'entretien galant. Mais les
interruptions successives d'Arlequin finissent par y mettre un terme et s'amorce alors un nouvel enjeu : conquérir les
maîtres. Si la scène nous semble faire culminer ici la puissance des valets, elle relance néanmoins l'intérêt en laissant
attendre une nouvelle épreuve qui l'attesterait bien davantage.
. la première partie ( > "qu'on se retire à dix pas") donne l'avantage à Cléanthis : la servante impose la belle
conversation et affirme à plusieurs reprises sa nouvelle identité avec une évidente satisfaction. Le vocabulaire
employé révèle son plaisir d'accéder à une classe dont elle a pourtant condamné les affectations ("devenus maîtres,
allons-y poliment, comme le grand monde, nous sommes d'honnêtes gens, procédons noblement"), révélant par là
une secrète fascination.
. dans la deuxième partie ( > "vous gâtez tout"), la parodie de l'entretien galant ne résiste pas longtemps à la
distanciation d'Arlequin. Malgré les rappels à l'ordre de Cléanthis, celui -ci ne peut s'empêcher d'apprécier son
propre jeu et la qualité nouvelle de son langage. Son fou-rire révèle son incapacité à échapper longtemps à sa nature
et fait de lui un personnage authentique et lucide ("nous sommes aussi bouffons que nos patrons, mais nous sommes
plus sages").
. la dernière partie de la scène lui donne l'avantage : il renonce à cette parodie mensongère pour proposer de partir à
la conquête des maîtres et sait conseiller Cléanthis dans cette entreprise nouvelle. Ici encore, celle -ci y mettra une
dimension vindicative et personnelle ("mais enfin me voilà dame et maîtresse d'aussi bon jeu qu'une autre ; je la suis
par hasard ; n'est-ce pas le hasard qui fait tout ? Qu'y a-t-il à dire à cela ? J'ai même un visage de condition ; tout le
monde me l'a dit.")

La scène dans sa progression donne donc l'avantage au naturel et s'inscrit dans le propos moral de la pièce. Le
dialogue, tout en manifestant la fusion des deux personnages, en signale aussi les différences. Sans Arlequin, qui
prend sensiblement l'avantage, la parodie aurait manifesté plus encore l'ambiguïté de Cléanthis, plus occupée à jouir
de son nouveau rang qu'à en représenter les tares. La scène nous prépare ainsi au rôle déterminant d'Arlequin dans
le nouvel enjeu dramatique : le valet semble avoir mieux compris que Cléanthis l'entreprise de Trivelin, ou y mettre
moins de rancœur. Il ne s'agit pas d'endosser l'habit des maîtres pour en reproduire les défauts, mais bien de les
soigner par l'épreuve.

Objectif 3 : L'occupation de l'espace :

- l'effet le plus notable à cet égard est la relégation d'Iphicrate et Euphrosine à dix pas des protagonistes. A cette
occasion, la didascalie sait noter les regards croisés des domestiques sur leurs maîtres, signes d'une convoitise
amoureuse que le projet final d'Arlequin concrétisera, et du choix, pour chacun des valets, du vrai spectateur à
conquérir. Ainsi la place des maîtres renforce la "mise en abyme", d'autant qu'il est loisible d'imaginer les gestes, les
mimiques par lesquels les deux maîtres accompagnent sans doute l'entretien de leurs valets. Déjà, obéissant à l'ordre
d'Arlequin, la didascalie indique leur expression d'"étonnement" (au sens fort) et de "douleur". Leur position prend
valeur de symbole : spectateurs de leurs doubles, ils se trouvent en situation de domestiques (Arlequin ordonne à
Iphicrate d'apporter des sièges, ce qui donne à ce dernier l'occasion de s'en indigner dans son unique réplique), mais
cette distance leur offre surtout l'occasion de jeter sur leurs affectations un regard extérieur qui devrait favoriser
l'autocritique. Si rien dans la scène n'en donne encore de signe, on peut penser que l'évolution des deux maîtres
devra beaucoup à cette épreuve comme à celle des portraits.
- du côté des valets, les effets scéniques appartiennent à la comédie de caractères. La didascalie signale le regard
appuyé de Cléanthis sur Iphicrate et d'Arlequin sur Euphrosine, anticipant sur le nouvel enjeu que posera la fin de la
scène. Dans leur parodie galante, si Cléanthis a souhaité "prendre l'air assis", Arlequin donne tous les signes d'une
distanciation burlesque : ravi de ses trouvailles, il saute de joie, s'applaudit, accentue sa déclaration en se mettant à
genoux. C'est le zanni de la commedia dell'arte, lâché dans la rhétorique amoureuse, et cette rupture perpétuelle
entre le discours et les gestes, soulignée par les reproches de Cléanthis, rend cette scène franchement comique.
Le rire d'Arlequin a une autre vertu : il renvoie aux maîtres l'image de leur ridicule et signale au valet la fausseté de
l'entreprise. C'est au nom de la vérité qu'il propose d'ailleurs à Cléanthis un autre jeu ("vous ne m'aimez pas, sinon
par coquetterie, comme dans le grand monde"). Le jeu scénique souligne donc le désir d'authenticité par la
représentation ridicule du mensonge.

Objectif 4 : Les relations entre les personnages :

- Il faut d'abord remarquer leur relation de complicité, qui se manifeste par des rôles strictement parallèles. Cléanthis
donne l'idée de l'entretien amoureux, et les deux valets s'emploient avec autant d'initiative à le préparer puis à le
jouer. Arlequin suggère ensuite de conquérir les maîtres, et tous deux à nouveau en fixent chacun les règles. Leur
dialogue est marqué par autant d'injonctions et de conseils. Cette fusion renforce le clan des valets comme elle exclut
les maîtres dans le même silence consterné. Si le mot de "lutte des classes" a quelque sens dans la pièce, ce n'est
jamais autant que dans cette scène où le théâtre sépare l'une et l'autre et consacre la liberté imaginative des
domestiques.
- De la même manière, les deux valets rivalisent de verve dans la parodie du langage galant. Ils en reprennent tous
les poncifs, révélant par là quels spectateurs, voire quels espions, ils ont su être :
. le vocabulaire : grâces, flammes, feux, affaire appartiennent au code précieux ;
. l'évitement du pronom de la présence ("quand on se trouve en tête à tête, on n'en croira rien, vous ne persuaderez
pas, faut-il vous dire qu'on vous aime") marque une distance aristocratique ;
. les interjections (palsambleu!), l'abus des exclamations et des interrogations expriment les désordres du cœur ;
. la fausse pudeur est particulièrement singée par Cléanthis, qui prétend résister pour n'appeler qu'à plus d'assauts.
- Cependant les personnages diffèrent sensiblement. On a vu comment Arlequin désamorçait par le rire le jeu galant,
pendant que Cléanthis s'identifiait à son personnage. A cette bouffonnerie, le valet substitue une entreprise jugée
raisonnable qui pourrait être beaucoup plus subversive : se faire aimer des maîtres paraît concevable à qui se trouve
"un visage de condition" ou ne s'estime "pas désagréable". Cléanthis trouve même à cette occasion un argument sur
lequel le dramaturge ne s'étendra pas, mais qui constitue un réquisitoire révolutionnaire :"me voilà dame et maîtresse
d'aussi bon jeu qu'une autre : je la suis par hasard ; n'est-ce pas le hasard qui fait tout ?" Justifier par le hasard la
différence des conditions est en effet priver l'aristocratie de toute légitimité. Trivelin dira le contraire (et la morale de
la pièce aussi) lorsqu'il présentera cette différence comme "une épreuve que les dieux font sur nous". Pourtant
Cléanthis se prend à son propre jeu. Jouer à la grande dame ne tarderait pas, sans Arlequin, à la transformer
durablement : le langage, ici, fait le moine. Après quelques répliques galantes, Cléanthis avoue que pour aimer
Arlequin, "il ne s'en fallait pas plus que d'un mot". Lorsqu'elle demande à Arlequin de parler pour elle à Iphicrate,
c'est en vertu de codes de bienséance qu'elle semble idéaliser. On peut penser ici encore à Molière : dans la
première scène de Dom Juan, Sganarelle fait le portrait de son maître en pérorant, et, bien qu'il renâcle à servir "un
grand seigneur méchant homme", nous le voyons dans la pièce l'imiter maladroitement. Arlequin, au contraire, ne se
fait pas faute de se révéler moins complaisant en rappelant à Cléanthis que "le grand monde n'est pas si façonnier".

La scène renouvelle donc efficacement l'enjeu dramatique : comblant notre attente d'une libération des valets,
elle sait en suggérer une autre, dont Arlequin est le centre. Personnage plus authentique que Cléanthis, il lance une
nouvelle entreprise dont la charge lui incombe d'abord. Sa sensibilité, son bon naturel peuvent laisser le spectateur
incertain de ses chances de succès.

SCÈNE X

Commentaire composé dirigé de l'intégralité de la scène.

Vous pourrez, pour la lecture méthodique préalable, suivre le modèle de la précédente. Nous vous proposons ici
d'organiser les remarques autour de deux grands axes, ce qui vous permettra de préparer un commentaire composé
destiné à déterminer comment, vrai dénouement de la pièce, cette scène nous y fait parvenir à travers un dernier
enjeu d'ordre moral. Organisez les remarques suivantes dans les tableaux qui les accompagnent :

Valeur de la saturnale :

1. Le réquisitoire de Cléanthis oppose les conditions du maître et du valet de manière rigoureuse et paradoxale.
Ainsi la phrase :"de pauvres gens que vous avez toujours offensés, maltraités, accablés, tout riches que vous êtes, et
qui ont aujourd'hui pitié de vous, tout pauvres qu'ils sont". Les valeurs s'y trouvent inversées au profit de la richesse
morale.
2. Arlequin est ici le meneur de jeu : engageant Cléanthis à pardonner sans ranc œur, il dégage la leçon morale :
"quand on se repent, on est bon ; et quand on est bon, on est aussi avancé que nous." Inversée par l'épreuve,
l'inégalité sociale ne se rétablit pas vraiment. La phrase d'Arlequin considère la seule dignité qui vaille, celle du cœur.
3. La surprise de Cléanthis au début de la scène, le réquisitoire qu'elle adresse aux maîtres laissent le spectateur en
suspens, lui faisant douter jusqu'au bout de sa capacité à pardonner.
4. La contrition d'Euphrosine abolit sa qualité de maîtresse. Sa réplique finale promet à Cléanthis une condition
fraternelle.
5. La tirade de Cléanthis marque la supériorité du valet dans la maîtrise du langage. Adressé à des maîtres
silencieux, son discours est marqué par une fonction impressive lourde de reproches : questions rhétoriques, effets
dilatoires, formes sentencieuses.
6. Le théâtre est ici le lieu d'une utopie sentimentale, dont Marivaux nous dit le prix : le sacrifice sublime que les
valets vont faire de leur pouvoir est rendu sensible par la progression dramatique, rythmée par les conseils
d'Arlequin.

Valeur de la saturnale Remarques sélectionnées : n°... Procédés relevés


l'intérêt dramatique
la situation finale
la rhétorique de Cléanthis

Une régénération morale :

1. La scène obéit à une progression rigoureuse : d'abord étonnée de constater la réconciliation d'Arlequin et
d'Iphicrate ("et notre projet ?"), Cléanthis se lance dans un vigoureux réquisitoire avant de pardonner à son tour.
2. L'entrée de Cléanthis sur la scène accroît sa différence : encore touché des larmes versées par Iphicrate et
Arlequin dans la scène précédente, le spectateur ne peut manquer d'être choqué de la dureté de la servante qui
rudoie encore une Euphrosine éplorée.
3. La première réplique d'Euphrosine doit être corrigée par Iphicrate, qui l'invite à prendre pour elle l'exemple de
clémence donné par Arlequin. Ici encore, l'accession de la femme à la lucidité et au repentir semble moins facile que
chez l'homme.
4. Le jeu scénique accentue les signes de vertu auxquels engage Arlequin : à genoux devant son maître, il invite
Cléanthis à faire de même devant Euphrosine et y voit une occasion de se grandir.
5. La scène s'achève dans la tradition du drame larmoyant : protestations de tendresse, pleurs, embrassades. Le
sentiment est gage de la vérité humaine.
6. Le réquisitoire de Cléanthis est destiné à toute une classe sociale ("Entendez-vous, Messieurs les honnêtes gens
du monde..."), dépassant la fiction théâtrale pour atteindre le public. La comédie assume ici sa mission de "châtier les
mœurs" en prônant les vertus de mesure et de bienséance.

Une régénération morale Remarques sélectionnées : n°... Procédés relevés


l'évolution des personnages
le rôle d'Arlequin
le triomphe du cœur et de la raison
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