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PRSE 2

"Phase diagnostic"

Atelier "consommer"
Compte rendu de la réunion du 26 mai 2009

L'atelier a rassemblé 28 personnes représentant 20 institutions de la région Bretagne1. Il était


présidé par Jean-Pierre Gaillard, Adjoint au chef du service régional de la DRIRE, co-
responsable du pôle risques Ouest et Hervé Strilka, directeur du Comité départemental
d’éducation pour la santé du Morbihan a accepté d'être le rapporteur.

1.Le périmètre de l'atelier et données de cadrage pour la sélection des


risques à prendre en compte dans le PRSE 2
Les risques pour la santé en relation avec l'environnement recensés par le groupe ont été
abordés sous 3 angles, qui s’articulent autour des grands champs de la vie quotidienne :

 l'alimentation : manger et boire.


 la vie domestique : cuisiner, laver, téléphoner, bricoler, jardiner, trier ses déchets ;
 l'hygiène et les soins : se soigner, se laver, utiliser des cosmétiques, lessives,
médicaments humains et vétérinaires

L’atelier a distingué les risques pour les consommateurs (liés à l’alimentation, l’eau
potable, ou l’utilisation de produits de consommation courante) et les risques provoqués par
leurs comportements, leurs choix et leurs pratiques.

Les risques hors champ du PRSE

Aucun thème n’a été exclu a priori du PRSE. Cependant l'atelier n'a pas statué sur la question
des additifs alimentaires jugée « limite », car on ne peut pas parler de contamination
environnementale. Pour éclairer la décision de retenir ou non cette thématique, il a été
souhaité une contribution qui devra notamment s’attacher à explorer la prise en compte ou
non de cette problématique dans d’autres programmes, type plan national nutrition santé
(PNNS).

L'atelier a également évoqué les risques liés à l'usage d'Internet qui ne sont pas
spécifiquement environnementaux. En effet la généralisation d'Internet encourage le recours à
l'automédication et permet l'achat en ligne de produits non nécessairement contrôlés, voire
de contrefaçon. Il a été estimé que ce risque de recours à des produits peu sûrs à faible coût
augmente avec la précarisation des populations.

1
liste détaillée en annexe

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Les risques renvoyés ou traités en lien avec d’autres ateliers

Certains thèmes, longuement débattus dans l'atelier ont néanmoins été renvoyés vers
d’autres ateliers qui les avaient également inscrits en objectifs prioritaires :

 Les nanotechnologies (atelier produire, travailler – contribution attendue du CNRS).


Les nanoparticules utilisées dans les cosmétiques, les pneus et bien d’autres
produits (sans l’on sache précisément les inventorier) présentent potentiellement
un risque. Ce risque est aujourd'hui mal connu, d'autant plus que les propriétés
physiques et chimiques des nanoparticules changent du fait de leur taille. Les
enjeux économiques autour des nanotechnologies font que les industriels protègent
leurs procédés de fabrication, de sorte qu’il est difficile d’évaluer la diffusion de
cette technologie. A cet égard, le rapport du CCP prévoit l'identification des secteurs
de production utilisant les nanomatériaux. Par ailleurs, un participant signale que le
MEEDADT a missionné des experts pour évaluer le risque et qu'un groupe de travail
du Conseil national de la consommation doit rendre ses conclusions prochainement.

 Les pollutions électromagnétiques (atelier "Habiter, accueillir" – contribution


attendue du centre de formation santé énergie habitat). L'atelier "Consommer" a
rappelé que l'on ne disposait pas actuellement de données permettant de conclure à
un problème faute de moyens financiers et humains suffisants pour lever les
incertitudes, les études donnant souvent des résultats divergents. Cependant il
convient de rester vigilant car certaines études montrent une augmentation du
risque de cancer après 10 ans d'utilisation de téléphone mobile (cancer du cervelet
et des glandes maxillaires). D’autre part, l’utilisation de portables, de plus en plus
puissants, se banalise auprès des enfants de plus en plus jeunes. A cet égard, la
décision du Grenelle des ondes d'interdire les portables dans les écoles a été saluée
par le groupe.

 Les risques biologiques, l’atelier produire, travailler ayant abordé la question des
pandémies (au travers des risques liés aux mutations virales dans les élevages) et
des déchets de soins. Il a en effet été estimé que les risques de pandémies dus aux
élevages sont essentiellement dus à l'air, plutôt qu'à l'alimentation et qu’on
constatait un manque de transparence dans les informations sur les mutations
virales constatées dans les élevages.

 Les risques de pollution de l’air intérieur, notamment liés à l’usage de produits de


consommation courante (atelier "Habiter, accueillir" – contribution attendue de la
MCE). Les deux ateliers ont exprimé une forte convergence de préoccupation sur le
volet information des consommateurs, et sur l’importance de la ventilation des
logements. L'atelier a également souligné l'importance en Bretagne des allergies et
de l'asthme.

 Les risques de pollution de l'air extérieur liés à l'ammoniac et aux pesticides ont été
également largement évoqués. Cette problématique non directement liée au thème
"Consommer" a été reprise en objectif prioritaire dans l'atelier "Produire, travailler"
et a également été abordée par l'atelier "Bouger, se détendre". L'atelier demande
qu'une attention particulière soit accordée dans ces ateliers à la pollution de l'air par

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les pesticides qui représente une voie d'exposition importante et insuffisamment
prise en compte.

 Les risques de pollution de l’eau seront traités en lien avec l'atelier "Produire,
travailler" (algues vertes, cyanobactéries, pesticides) et l'atelier "Bouger, se
détendre" (eaux douces et littorales : traitement des boues de dragage, PCB en
rivière, résidus de peinture de bateaux dans les ports de plaisance, cyanobactéries
en étang…) L’atelier a rappelé l'impact de la pollution des eaux littorales sur la
consommation des produits de la mer.

Considérations générales, souhaits des participants

La première partie de la réunion s'est déroulée sous forme de brainstorming au cours duquel
ont été abordées de multiples thématiques transversales à l'acte de consommer, prenant en
compte les causes (l’utilisation de pesticides par exemple) et les conséquences (présence de
résidus dans l'eau, l’alimentation…). On note une forte convergence avec les propos tenus
dans les autres ateliers. Nous ne reprenons ici de façon détaillée que les thématiques
abordées de façon spécifique par cet atelier.

Concernant les produits de consommation courante comportant un risque sanitaire


environnemental potentiel, les participants ont évoqué les produits d'entretien, les lessives,
les pesticides utilisés dans le jardinage, les cosmétiques (nanoparticules), les tétines de
biberon comportant du bisphénol A, les désodorisants et parfums d'intérieur, les meubles
vernis, les peintures, les pneus (nanoparticules), les textiles (nanoparticules)… D'autre part, les
participants ont rappelé que beaucoup de polluants de l'ait intérieur sont apportés par le
consommateur lui-même (sans qu’il le sache nécessairement) avec les solvants, les pesticides
et insecticides, les traitements vétérinaires des animaux de compagnie, les fumées de cuisines,
HAP etc. il a été signalé que dans le cadre du plan national santé environnement, le MEEDADT
lance une campagne de mesure de la qualité de l'air intérieur dans les lieux sensibles que
représentent les écoles.

Les participants ont souligné que plus de transparence, plus d'information, plus de formation,
concernant l’ensemble des acteurs de la chaîne, contribuerait largement à réduire les risques
encourus et provoqués par la consommation courante. Ils ont en particulier pointé :

 un défaut d'information de la part des producteurs ou des distributeurs, sur :


- les produits nouveaux pour lesquels est invoqué le secret de fabrication. Il est en
particulier reproché aux producteurs de manquer de transparence sur les effets
potentiellement nocifs de certains composants de leurs produits (additifs alimentaires,
nanoparticules, traitement des fruits et légumes…). Ils se conforment à la
réglementation sans anticiper les effets à long terme sur la santé.
- les bonnes pratiques d’utilisation des produits, pour les consommateurs
- certains risques induits par des produits dits « naturels » ou « sains », par exemple
certains produits de parapharmacie (à base de plantes et d’huiles essentielles, qui
comportent des principes actifs très concentrés pouvant avoir une incidence sur le foie,
ou encore cosmétiques contenant des nanoparticules…). Souvent même il s’agit d’une
insuffisance de sensibilisation et de formation des professionnels de santé, et en
particulier des pharmaciens, à ces risques.

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 la multiplication des appellations, labels, mentions (…) de type « biologique,
écologique, sain, naturel » (…), parfois exploitées comme argument marketing de la
part des producteurs, sans que ces appellations fassent l'objet d'un cahier des
charges strict ou d'un contrôle. Ceci a pour effet de désorienter le consommateur.

 l'insuffisance des recherches, et études :


- sur les risques émergents, notamment ceux liés à la qualité de l'eau
- l’insuffisance de l’utilisation des bio-marqueurs (prélèvements et analyses biologiques,
anatomo-pathologiques), qui permettraient de mesurer l’imprégnation de la population
par les produits chimiques. Des études ont montré par exemple qu'une centaine de
molécules chimiques peuvent être retrouvées dans le sang du cordon ombilical chez le
nouveau-né.
- Sur les effets cocktails
- Sur les cancers. Le groupe a souligné la nécessité de mobiliser des financements pour
développer les registres de cancer en Bretagne. A l’heure actuelle il existe un registre
uniquement pour les enfants. Il a également été signalé l’existence de quelques données
sur le cancer du sein dans le Finistère (issues du suivi, entre 2000 et 2008, d’une
population de bénévoles)
- Sur les effets toxiques des produits. De façon générale, il a été estimé qu'il serait
nécessaire de renforcer les tests toxicologiques.

 la nécessité de soutenir les « lanceurs d’alerte », qui ont souvent du mal à se faire
entendre et dont les travaux peuvent être menacés.

Enfin, les participants ont souhaité que les différentes problématiques soient abordées par
rapport aux publics les plus vulnérables que sont les enfants et les femmes enceintes (ou en
âge de procréer) particulièrement sensibles en particulier aux résidus de pesticides que ce soit
dans l'alimentation, ou dans l'environnement (air, pelouses traitées). Sur ce point, ont été
signalées des actions déjà menées, telles un colloque sur les produits chimiques ou la charte
"jardiner au naturel" pour laquelle les équipes sont très motivées, mais éprouvent des
difficultés à toucher certaines catégories de population.

2. Identification et classification des risques


4 critères ont été proposés à l’atelier pour permettre de hiérarchiser les risques :

 niveau de gravité potentielle pour les populations,


 nombre de personnes potentiellement exposées,
 prégnance du risque en Bretagne,
 niveau d'inquiétude de la population.

La liste exhaustive des thématiques abordées par l'atelier figure en annexe. Elles ont été
regroupées autour de 4 problématiques fortes à approfondir dans le cadre de cet atelier à
l'aide de contributions complémentaires.

 les risques liés à l'eau potable


 les risques pour le consommateur liés à l'alimentation
 les risques liés à un déficit d'information du consommateur
 les risques liés aux déchets, notamment les déchets toxiques diffus

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Chacune de ces problématiques a été abordée sous l'angle des risques subis par le
consommateur d'une part et des risques provoqués par son comportement d'autre part. Par
ailleurs, il a été souligné que chacun de ces risques devra être abordé de façon transversale en
tenant compte de l'implication de tous les acteurs : pouvoirs publics, chercheurs, producteurs
et consommateurs

3. Contributions attendues pour les 4 thématiques retenues


3.1. les risques liés à l'eau potable

L’atelier a admis que la qualité de l’eau distribuée au consommateur (notamment vis-à-vis des
nitrates et des pesticides) s’était améliorée ces dernières années, grâce à la mise en place de
traitements efficaces. Ceci n’est pas sans conséquence sur le prix de l’eau potable en Bretagne
(l’une des plus chères de France), et d’autre part, sur la présence dans l’eau de résidus de
traitement.
En revanche, l’atelier a rappelé que la pollution des ressources en eau restait en Bretagne un
enjeu fort.

L'atelier "Consommer" a estimé que 2 facteurs de risque méritaient un approfondissement: les


résidus de médicaments et perturbateurs endocriniens, d’une part, et les résidus de la
chloration de l’eau (THM) d’autre part.

 Les résidus médicamenteux humains ou vétérinaires éliminés dans l'environnement


par les urines et les résidus de perturbateurs endocriniens dus aux détergents,
shampoings, agents tensio-actifs, pesticides sont à l'origine d'une pollution dont
l'impact sur la santé est actuellement inconnu compte tenu des doses infimes et des
effets cocktail. Ils sont notamment suspectés de contribuer au déclin spermatique
(estimé à -50 % en 50 ans) et à augmenter les risques de malformation des foetus. La
répétition et la continuité dans la durée de l'exposition à ces risques appellent à la
vigilance. Le groupe a estimé qu'il convenait de parler de phénomène émergent
plutôt que de risque émergent dans la mesure où l'effet de ces molécules est
connu depuis longtemps. En revanche ce que l'on ignore, c'est l'effet de leur
recombinaison et dégradation. Cette problématique fait l’objet de travaux de plus
en plus nombreux au niveau national (un participant signale par exemple un rapport
récent de l'académie de pharmacie sur la présence de médicaments dans les eaux
brutes). Elle revêt une importance particulière en Bretagne compte tenu du contexte
« élevages » et donc d’une utilisation potentiellement plus importante de
médicaments vétérinaires. Sur ce thème, un lien sera à établir avec l'atelier
"Produire, travailler" qui l'a également inscrit en objectif prioritaire.

 Pour les dérivés chlorés, le risque provient de la combinaison entre le chlore


employé pour le traitement de l'eau et les matières organiques. La problématique
est prise en compte par l'OMS et présente un dilemme qui porte sur la mise en
balance avec le risque microbien. Elle prend une importance particulière en
Bretagne dans la mesure où les eaux sont fortement chargées en matières
organiques. Parmi les travaux disponibles ou en cours, il a été signalé l’ étude

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« Pélagie », menée par l'INSERM sur les risques pour la reproduction et le
développement de l’enfant.

 contributions à solliciter auprès de Michel Clément, LERES, Jacqueline Especel, Ville de


Rennes (SCHS) et de Gilles Huet pour Eaux et rivières de Bretagne, Afssa

3.2. les risques liés à l'alimentation

Ces risques concernent les produits frais d'une part et les préparations industrielles d'autre
part. Plusieurs types de risque sont été identifiés selon la nature des produits :

 Les pesticides, notamment dans les fruits et légumes. Les LMR (limites maximales de
résidus) en particulier ne sont pas respectées systématiquement.
 Les produits chimiques, notamment dans les produits de la mer, poissons, crustacés
et coquillages : l'étude Pélagie, portant sur l’impact de l’exposition aux produits
chimiques pendant la grossesse, laisse suspecter un risque de retard de croissance
associé à une forte consommation de coquillages et crustacés. La cause n’est pas
identifiée, mais les polluants chimiques accumulés dans les gros crustacés (situés à
un haut niveau dans la chaîne alimentaire) pourraient jouer un rôle.
 Les micro-algues toxiques (dinophysis, alexandrium…), également susceptibles de
contaminer les produits de la mer.
 Tous les additifs autorisés pour les préparations industrielles ne sont pas sans
risques. Certains sont classés cancérigènes.

Au-delà de ces risques par type de produits, le groupe a insisté sur le fait qu'actuellement les
connaissances étaient embryonnaires sur les risques liés aux "effets cocktails", c'est-à-dire au
mélange de molécules à très faible dose. Il est apparu nécessaire d'encourager les travaux de
recherche sur ce thème.

Le débat sur les risques liés à l'alimentation s'est fortement centré 2 points :
1. La consommation de produits de la mer qui représentent un enjeu important en Bretagne.
S’ils sont contaminés par des produits chimiques, des toxines ou des micro-organismes, ils
peuvent être à l’origine de gastro-entérites, ou plus grave, de problèmes neurologiques,
hépatiques, voire à terme de cancer. L’atelier a proposé de développer l’information régulière
du public sur la qualité des eaux littorales où se pratique le ramassage de coquillages, car
actuellement l'information se limite à une interdiction de ramassage à certaines périodes.

2. Et surtout l'encouragement à la production et à la consommation de produits labellisés


"bio". Il a été souligné que la demande progresse de 10 % par an alors que la production se
développe plus lentement à tel point que la Bretagne est obligée d'importer des produits.
Toutefois, les producteurs commencent à s'organiser et à Brest, l'approvisionnement local des
cantines représente aujourd'hui 20 % des achats. Les lieux publics (cantines scolaires,
hôpitaux) qui accueillent des publics en situation de fragilité ont un effet levier important pour
le développement de l'agriculture biologique. On constate en effet que les pratiques évoluent.
Ainsi sur le bassin versant du Meu, 200 contrats de réduction de 40 à 50 % de l'utilisation des
phytosanitaires ont été signés. Il a également été souligné que contrairement aux idées
reçues, l'alimentation "bio" est accessible même aux ménages moins aisés, à condition

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d’accepter de modifier certaines pratiques culturelles solidement ancrées (réduire la part de la
viande dans la nourriture, accepter d’avoir des produits d’aspect moins attirant (taches)…).
Ceci nécessite de concevoir une éducation des consommateurs, car plus qu'un problème
financier, c'est un problème de connaissance des enjeux et de savoir-faire, dans le
rééquilibrage des repas en particulier. Pour les produits non alimentaires, le consommateur a
l'impression qu'il n'a pas le choix alors que des évolutions considérables ont eu lieu au cours
des 5 dernières années. Le groupe a fortement insisté sur la nécessité de lever les freins
culturels et économiques pour aboutir à une réelle démocratisation de la consommation bio
dans tous les domaines. Cela va de pair avec l'encouragement à l'application des mesures
agro-environnementales promues par l'état et la Région Bretagne, ce qui suppose la mise en
place d'actions de formation et d'information sur les bassins versants les plus problématiques.

Pour les autres aliments non labellisés "bio", il est apparu nécessaire de renforcer la
transparence sur leur composition et leur mode de production par la traçabilité et des
informations consommateurs dans un langage accessible à tous sur l'étiquetage, en particulier
pour les nombres et modes de traitements des produits, ainsi que les additifs alimentaires. Ce
type d'information correspond à une attente forte des consommateurs comme l'ont souligné
les représentants des associations de consommateurs.

 contributions à solliciter auprès de Lylian Le Goff, Bretagne vivante, la Chambre d'agriculture


et l'INSERM pour l'étude Pélagie (contribution plus large sur le volet « exposition aux produits
chimiques » et transversale aux 4 ateliers). Suite au comité de pilotage, une contribution sera
également demandée à M. Séralini et M. Cicollela sur le risque chimique faible dose et les effets
cocktails.

3.3. les risques liés à un déficit d’information du consommateur

L'information du consommateur est une problématique transverse aux différents risques et


concerne tant les risques subis que les risques provoqués. Ce défaut d'information concerne :
1) la phase « amont » : sur la fabrication des produits, leur composition, les traitements
appliqués…
Exemples : traitements appliqués pour rendre l’eau potable (type de filtration utilisé
notamment), traitements phytosanitaires appliqués sur les fruits et légumes, composition
des cosmétiques…

2) la phase « aval » : sur les modalités d’utilisation des produits et la gestion des déchets
Exemple : respect des dates limites de consommation, en particulier pour les aliments ou
l'eau dans des emballages plastiques qui peuvent relarguer des molécules au-delà d'une
certaine période, précautions à prendre dans l'utilisation et le stockage des produits
d'entretien, entretien des hottes pour limiter les risques liés à l'utilisation des appareils de
cuisson, parfois un défaut de civisme vis-à-vis des risques liés à l'accumulation des
emballages et à l'élimination des déchets (en particulier les restes de peinture et de
produits de bricolage qui peuvent être déversés directement dans l'eau)…

L’atelier a rappelé une question essentielle : il ne suffit pas que l’information existe,
encore faut-il qu’elle soit lisible, compréhensible et accessible à tous. Ont été pointés, en
particulier :
 la responsabilité des producteurs de préparations alimentaires industrielles et de
cosmétiques qui mêlent de façon ambigüe les messages marketing et l'information

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objective sur la composition des produits, par ailleurs difficilement décodable par le
consommateur.
 Le manque de lisibilité des consignes figurant sur les emballages, souvent peu
compréhensibles par le consommateur
 La difficulté à atteindre un certain public, en particulier les populations les moins
aisées.

La réduction de ces risques suppose une meilleure information, sensibilisation et éducation


de l’ensemble des acteurs (producteurs, distributeurs, consommateurs…) ainsi que
l'encouragement au recours à des produits et techniques de substitution moins polluants
chaque fois que cela est possible. A cet égard, des expériences innovantes ont été menées en
Bretagne dans ce domaine sur lesquelles des contributions sont attendues. Par ailleurs, sur les
thèmes non liés à l'alimentation des liens seront à établir avec l'atelier "Habiter, accueillir".

 contributions à solliciter auprès de Claude Delabrosse, MCE - ADEIC et d'Hervé Strilka du


Codes Morbihan

3.4. les risques liés aux déchets

Les risques liés aux déchets ont été abordés sous l'angle des déchets ménagers d'une part, et
des "restes" de produits toxiques ou dangereux utilisés pour le jardinage, l'entretien et le
bricolage d'autre part. Ces risques impliquent 2 types de problématiques :

• Les risques liés à une absence ou un manque de collecte de certains types de


déchets
• Les risques liés à la filière de collecte et de traitement des déchets
(déchetteries, incinération…)

Néanmoins, tout traitement de déchets induisant nécessairement l’émission de rejets, même


lorsque les normes sont respectées, l’idée principale émise par l’atelier a porté sur la
nécessité de réduire les déchets à la source, en encourageant les pratiques socialement
responsables des producteurs.

Cet objectif de réduction des déchets à la source peut s’appuyer sur :

 le recours à des produits ou techniques « de substitution » (piles


rechargeables, produits d’entretien écolabels…)
 le recyclage
 la généralisation des consignes
 le recours au vrac pour limiter les déchets d’emballage
 le renforcement des politiques publiques de prévention des déchets

Les risques liés à une absence ou un manque de collecte de certains types de déchets
Le civisme du consommateur est déterminant pour la réduction des risques liés aux déchets,
même s’il a été souligné que le tri sélectif des déchets ne pourrait être optimum tant que
celui-ci reposera sur la seule base du volontariat.

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Pour les déchets toxiques diffus des ménages, par exemple, normalement acceptés en
déchetteries, le principal frein reste le déplacement à faire jusqu’à la déchetterie, a fortiori
pour de petites quantités. Le stockage de ces déchets, en attente d'avoir des quantités
significatives, n’est pas non plus une solution, car il peut, dans certaines conditions, engendrer
une pollution de l'air intérieur.
Pour les déchets d'emballages, les participants ont soulevé 2 questions : le développement de
la vente en ligne, qui provoquerait une augmentation des quantités de déchets d’emballage, et
le relâchement des consommateurs vis-à-vis des sacs en plastique « de caisse » (sur ce point le
groupe aurait souhaité pouvoir disposer d'une évaluation).
Enfin, concernant la responsabilité des producteurs, l'atelier a signalé la réflexion en cours du
MEEDADT sur l'instauration d'une "éco-contribution" sur les produits vendus aux particuliers
contenant des produits dangereux. Il a par ailleurs été rappelé que certains conditionnements
mal adaptés sont générateurs de risques, comme par exemple certains plastiques utilisés pour
les barquettes ou films alimentaires qui pouvaient au contact de l'eau relarguer des
perturbateurs endocriniens.

Les risques liés à la filière de collecte et de traitement des déchets

Les pollutions diffuses provenant des déchèteries et du transport des déchets ont été
évoquées. Il a été souligné que ce sont les personnels des déchetteries qui sont les plus
exposées, en particulier lors des manipulations liées à l'assemblage de certains produits, car
beaucoup de produits dangereux se retrouvent dans le tout-venant.

Les risques liés au brûlage des déchets ont également été évoqués, l'obligation de porter les
déchets verts en déchetterie étant souvent méconnue, alors que leur combustion par nature
humide est source d'émission de dioxines et de HAP. Toutefois l'atelier a souhaité avoir des
compléments d'informations par rapport à la réglementation sur le brûlage des déchets.

Enfin, l’atelier a abordé la question des usines d’incinération d’ordures ménagères et a


reconnu qu’en Bretagne, des efforts importants ont été entrepris pour réduire les nuisances.
Dans les campagnes de mesure de la pollution atmosphérique, l’impact des fumées des usines
d’incinération émerge à peine de celui des autres sources de pollution, et en particulier de la
circulation automobile. Des efforts peuvent cependant encore être accomplis pour diminuer
les seuils d'émission sur certains polluants et inciter à l'utilisation des meilleures techniques
dans les incinérateurs. Il a été souhaité que l'état des lieux fasse apparaître les tonnages de
déchets collectés et incinérés en Bretagne. L'aide de l'état pour le chauffage urbain issu de la
valorisation énergétique de l'incinération a été considérée comme un frein à une politique
volontariste de prévention des déchets. La question des pollutions dues aux déchets ultimes
(mâchefers) a également été soulevée.

Les contributions attendues auront comme objectif principal de faire le point sur la
problématique spécifique des incinérateurs d'une part et de faire le lien avec le plan régional
d’élimination des déchets dangereux (PREDD) et les plans départementaux d’élimination des
ordures ménagères (PDEOM) pour dégager les enjeux sanitaires actuels liés à la production et
à la gestion des déchets, d'autre part.

 contributions à solliciter auprès de Karine Le Méhauté du Conseil régional de Bretagne, de


Sylvain Ségal de Rennes Métropole, de Frédéric Chahine, DRIRE et de Magali Corron d’Air Breiz
avec l'appui de la DRASS

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En conclusion : les enjeux
Les échanges entre les partenaires : représentants des consommateurs, représentants des
pouvoirs publics et des collectivités territoriales, représentants du monde agricole,
représentants de la société civile, représentants des organismes et institutions de recherche
ont donné lieu à des échanges de point de vue très riches, et parfois contrastés, à partir
desquels 4 enjeux prioritaires faisant l'objet d'un consensus ont été identifiés. L’atelier a
souhaité rappeler que pour chacun de ces enjeux, il s’agira de bien articuler les responsabilités
respectives des pouvoirs publics, des producteurs, des distributeurs, des consommateurs (…)
et de veiller à éviter que cela ne se traduise par un effort financier à réaliser de la part du
consommateur, ce qui aurait pour conséquence d’accroître encore plus les inégalités entre
ménages aisés et moins aisés.

1. Les enjeux liés à l’eau en Bretagne sont doubles :

 poursuivre les efforts pour réduire la pollution de l'eau à la source. Bien que la
qualité de l’eau du robinet se soit améliorée, grâce à la mise en place de traitements,
des problèmes demeurent concernant la qualité de la ressource.
 porter une attention nouvelle sur les risques émergents qui soulèvent la question de
l'application locale possible du principe de précaution. La problématique est
désormais essentiellement centrée sur ces risques émergents (résidus de
médicaments, perturbateurs endocriniens, tri-halométhanes (THM)) et plus
particulièrement sur les THM en raison de l'importance des matières organiques dans
les eaux en Bretagne.

2. Les risques pour le consommateur liés à l’alimentation portent sur 2 enjeux


régionaux forts :

 La consommation de produits de la mer qui présentent une fragilité particulière


face aux risques de pollution.
 la réduction de l’exposition alimentaire aux pesticides représente un enjeu de
santé publique et économique auquel les collectivités bretonnes sont fortement
attachées, au travers du développement de la filière bio.

3. La problématique de l’information, de la sensibilisation et de l’éducation de


l’ensemble des acteurs de la chaîne de distribution, du producteur au
consommateur, a fait l'objet d'un consensus a autour de la nécessité d'information,
de transparence, de sensibilisation et de pédagogie. Associé à cette problématique,
l'enjeu consiste à guider les pratiques d’achat des consommateurs et d’utilisation des
produits chimique de consommation courante, ainsi qu’à développer les produits et
techniques de substitution pour :
• réduire les risques pour le consommateur liés à l’utilisation de produits de
consommation courante (produits d'entretien, de bricolage et de jardinage,
cosmétiques et produits de santé, lessives…)
• réduire les risques pour l'environnement que font courir les consommateurs au
travers de leurs choix et de leurs pratiques d’achat. Cet aspect renvoie en partie aux
enjeux de la problématique déchets.

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4. Les enjeux autour des déchets sont principalement de 2 ordres : réduire la production
de déchets à la source et améliorer la collecte des déchets toxiques diffus. Ces
enjeux, bien que non spécifiques à la région, impliquent une politique volontariste des
collectivités locales pour optimiser l'engagement citoyen des consommateurs sur ce
problème.

Le schéma page suivante résume les interactions de la consommation avec les différentes
catégories d'acteurs.

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Les interactions entre les acteurs de la consommation

Producteurs Conformité aux normes Pouvoirs publics


Risques liés • réglementation
• aux traitements et • labellisation
aux additifs (IAA) • contrôles
• aux emballages • sensibilisation
• aux exigences de la
grande distribution Organismes de
• à la demande des
consommateurs
recherche
• évaluation des
(présentation,
risques émergeants
praticité)
• aux innovations Produits de
(nanoparticules…)
consommation

Sensibilisation
Information

• risques subis
pour soi (santé)

Consommateurs
• risques provoqués
pour l'environnement

Déchets
• pollution de l'air
• pollution de l'eau
• risques pour les
professionnels

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La liste détaillée des thématiques évoquées par l'atelier

Les risques abordés par l'atelier ont été regroupés autour des moments de la vie
quotidienne

1. l'alimentation
 manger
de la viande
—> risques dus à la chaîne alimentaire
des fruits et légumes
—> pesticides, LMR (limites maximales de résidus) non
respectées systématiquement
des poissons, des crustacés et coquillages
—> Etude Pélagie
—> micro-algues toxiques
des produits industriels avec additifs alimentaires
—> manque d'information du consommateur pour décrypter
l'étiquetage
—> tous les additifs autorisés ne sont pas sans risque
des produits importés
—> contribution à la pollution de l'air par le frêt
des OGM

 boire
l'eau du robinet
—> risque maîtrisé : nitrate, mais inquiétude du consommateur
—> risque réel : dérivés chlorés résultant du traitement de l'eau
—> risque émergeant : résidus médicamenteux et perturbateurs
endocriniens
l'eau en bouteille
—> risque de relargage des molécules du plastique au-delà de la
date limite de consommation (DLC)
l'eau du puits
—> risque marginal au XXIe siècle

2. la vie domestique
 cuisiner
dans la cheminée ou le barbecue
—> risques dus à la combustion des graisses
au micro-ondes ou sur une plaque à induction
—> pollution électromagnétique présentant un risque en
particulier pour les personnes hypersensibles : fatigue, irritabilité,
migraines pouvant évoluer vers un cancer

16/07/09 – PRSE – atelier "consommer" V5 13


 laver
—> solvants
—> pollution de l'eau par les lessives et détergents
(perturbateurs endocriniens)
 téléphoner à partir d'un mobile ou d'un téléphone sans fil
—> pollution électromagnétique : risque de cancer du cervelet et
des glandes maxillaires après 10 ans d'utilisation
—> risque émergeant, pas spécifiquement breton, abordé dans le
Grenelle des ondes
 bricoler
les produits
—> risques dus aux rejets de peintures et autres produits dans
l'eau (lavage de pinceaux…)
—> manque du civisme du bricoleur qui rechigne à prendre sa
voiture pour aller à la déchetterie pour de petites quantités
—> risques dus au stockage et au mélange de produits
les matériaux
> risques abordés par l'atelier "Habiter"
les outils (scies, perceuses…)
—> bruit, poussières
 jardiner
les produits
—> pesticides
les outils (tondeuses…)
—> bruit, hydrocarbures
 trier ses déchets
—> produits dangereux dans les poubelles "tout venant"
—> fumées (dioxine) dues au brûlage des déchets verts

3. l'hygiène et les soins


 se soigner
les médicaments sur ordonnance
—> résidus médicamenteux et perturbateurs endocriniens
les produits de parapharmacie
—> manque de contrôle des produits à base de plantes et
d'huiles essentielles qui peuvent contenir des principes actifs très
concentrés avec des effets sur le foie.
—>croyance du consommateur qui pense (à tort) que tout ce qui
est naturel est bon pour la santé
les produits non garantis achetés sur Internet
—> risque d'acheter de produits de contrefaçon … mais risque
non lié à l'environnement

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 se laver
—> pollution de l'eau par les produits (shampoing…)
 utiliser des cosmétiques
—> étiquetage informatif sur la composition insuffisant, sibyllin
ou lacunaire, DLC pas mentionnée ou pas suffisamment visible
> absence d'information de la part des industriels sur l'utilisation
des nanoparticules (risque émergeant)

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Les participants de l'atelier "Consommer"

Structure Représentant Fonction


ADEIC Claude DELABROSSE Secrétaire
Air Breizh Magali CORRON Directrice
BRETAGNE Ronan LUCAS Directeur
ENVIRONNEMENT
BRETAGNE VIVANTE Lylian LE GOFF Médecin conférencier
BRGM Michel LECLERCQ Directeur
Capt'air Sophie FRAIN Conseillère médicale en environnement intérieur
CESR Olivier COUTAND Conseiller technique, commission
aménagement-environnement
CESR Daniel COLLET Représentant des consommateurs, commission
aménagement-environnement
Chambre d'agriculture Patrick EDELINE responsable environnement
CISS et UFCS Michelle Vice Présidente
DELABROSSE
CRES Sonia VERGNIORY
Conseil régional Karine LE Chargée de mission santé environnement
MEHAUTE-REY
Conseil régional Pascale LOGET Vice-présidente
Conseil régional Yannick CAIRON Conseiller régional
Conseil régional Ronan LE LOUARN Chargé de l'agenda 21
DRAAF/SRAL Jérôme MARTIN Chargé de mission intrants au SRAL
DRASS Daniel MARCHAND Responsable du service santé environnement
DRASS Anne VIDY Ingénieur du génie sanitaire
DRIRE Frédéric CHAHINE Ingénieur
DRIRE Jean-Pierre Adjoint au chef du service régional, co-
GAILLARD responsable du Pôle risques Ouest
DRIRE Olivier ORHANT
France nature Sylvie PASTUREL
environnement
Mairie de Rennes (SCHS) Jacqueline ESPECEL SCHS
Mairie de Brest Julie Le GOIC Adjointe au maire (en visio-conférence)
Mairie de Lorient Emmanuelle SCHS
NICOLAS
Observatoire régional de Isabelle TRON Directrice
la santé
Observatoire régional de Cécile FERRAGU Chargée de mission

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la santé
Université de Rennes 1 - Aurélie MORICEAU Juriste
CEDRE
Etaient également présents, pour TMO-régions : Vincent GUILLAUDEUX et Dominique CALAFURI
Excusés :
CODES 56 Hervé STRILKA Directeur
DDASS 29 Brigitte YVON Responsable du service santé environnement
DRASS Thierry PANAGET Ingénieur d'études sanitaires
DRASS Marie-José MOVREL Inspecteur des affaires sanitaires et sociales
(stagiaire)
Ligue contre le cancer 35 Louis TOUJAS Vice-président

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