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Dossier
Obéir et commander
Mensuel d’information et de liaison de l’armée de Terre N° 208 - Octobre 2009

Focus
Les bases de
Défense

Vie des unités


Une FOB à Canjuers

Portrait
L’ADC Redoutey,
spéléologue

En direct du Liban
3:HIKQRE=YUXUU[:?k@m@a@i@a;

LES CASQUES BLEUS


M 06744 - 208 - F: 3,00 E

EN MISSION
TIM208_003_SOMMAIRE.QXD 23/09/09 11:22 Page 3

Sommaire

A LA UNE
EN OCTOBRE
DOSSIER
OBÉIR ET COMMANDER
Obéir et commander : ces deux notions
sont aussi vieilles que les armées,
et forment aujourd’hui autant qu’hier

26
le socle du métier militaire.

ÉDITO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .5 Point de situation . . . . . . . . . . . .18 VIE DES UNITÉS TIM A 20 ANS


Une force de dissuasion . .20 Le SIAé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48 2003 et 2004 . . . . . . . . . . . . . . . . . . .56
A L’HONNEUR . . . . . . . . . . .6 La logistique . . . . . . . . . . . . . . . . . . .22 Une FOB à Canjuers . . . . . . . 50
La coopération SPORT
PANORAMA . . . . . . . . . . . . . . . .8 multinationale . . . . . . . . . . . . . . . .24 PORTRAIT Les 24 heures du Mans
Les actions CCM . . . . . . . . . . . . .25 L’ADJ Beaurepaire Rollers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
FOCUS au Liban . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
Le RETEX des BDD ......... 12 DOSSIER . . . . . . . . . . . . . . . . . . .26 L’ADC Redoutey,
Obéir et commander spéléologue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .54
EN DIRECT DU LIBAN
Ce ne sont pas LE CEMAT
des bleus ! . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .16 VOUS PARLE . . . . . . . . . . .40
RETEX ....................... 42
58
Brèves . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .60
TÉMOIGNAGE . . . . . . . . .43
QUARTIER LIBRE
INNOVATION Votre agenda . . . . . . . . . . . . . . . . . .64
Le SILCENT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44 Culture et loisirs . . . . . . . . . . . . .66

16 BD . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .47 54 Vu dans les médias . . . . . . . . .69


Petites annonces . . . . . . . . . . . .70

RÉDACTION SIRPA TERRE : 14, rue Saint-Dominique, 00453 Armées - Tél. : 01 72 69 + n° de poste ou PNIA 821 752 + n° de poste - Fax : 01 72 69 25 51 I PRÉSIDENT DU
COMITÉ DE RÉDACTION : COL Benoît Royal I DIRECTEUR DE LA RÉDACTION : COL Bruno Lafitte I RÉDACTEUR EN CHEF : LCL Michel Sabatier (poste 25 58) I RÉDACTEUR
EN CHEF ADJOINT : CNE Julie Cros, CNE Audrey Laisné (poste 25 50) I SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : LTN Sabine Fosseux (poste 25 50) I CHEF DES REPORTAGES :
MAJ Yannick Le Leuch (poste 25 52) I RÉDACTION : (poste 25 59 ou 25 64) - CNE Thomas Dijol, LTN Séverine Bollier, LTN Céline Brunetaud, Diane Lhéritier
I BRÈVES ET PETITES ANNONCES : Mélanie Texier (poste 25 55) I CELLULE PHOTOGRAPHIQUE : (poste 25 67) ADJ Jean-Raphaël Drahi, ADJ Gilles Gesquière, CCH Jean-
Baptiste Tabone I CELLULE ICONOGRAPHIQUE : (poste 25 63) BCH Christophe Deyres, BCH Pascal Villemur, BCH David Gaubert I MARKETING : MAJ André Le Bodic (poste 25 56) I ÉDITEUR :
Délégation à l’Information et à la Communication de la Défense - 1, place Joffre, 75007, Paris I DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : COL Benoît Royal, Chef du SIRPA Terre I PUBLICITÉ (ECPAD) :
M. Thierry Lepsch - Tél. : 01 49 60 58 56 - routage-abonnement@ecpad.fr I DIFFUSION - ABONNEMENTS : BCH Pascal Villemur - Tél. : 01 72 69 25 63 - Fax : 01 72 69 25 51 I ABONNEMENTS
PAYANTS : ECPAD - Tél. : 01 49 60 52 44 I RÉALISATION : Samourai.fr I IMPRESSION : CirclePrinters - Commission paritaire n° 0211B05259 - ISSN n° 0995-6 999 - Dépôt légal : à parution.
Ce numéro comprend un encart Terre Information folioté de I à IV, et un encart publicitaire La France Mutualiste. Tous droits de reproduction réservés. La reproduction des articles est sou-
mise à l’autorisation préalable de la rédaction. I CRÉDITS PHOTOS : SIRPAT, CNPI, ECPAD, Thomas Goisque, DR. I COUVERTURE : Liban, ADJ Jean-Raphaël DRAHI - Site internet :
www.defense.gouv.fr/terre I Courriel : sirpat-comecrite.emat@terre-net.defense.gouv.fr

TIM n°208 - Octobre 2009 3


cOMMUNiQUé
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Éditorial
L’aptitude au
commandement passe
aussi par le devoir
d’obéissance

E
n ces temps où notre armée de car la vocation du chef est, encore et tou-
Terre renoue avec les réalités d’un jours, de conduire ses subordonnés au com-
engagement opérationnel parti- bat en donnant du sens à l’action.
culièrement exigeant, redonner
ses lettres de noblesse à l’exercice Apprendre à obéir
du commandement est une impérieuse Au-delà de la formation à l’exercice du com-
nécessité. mandement, l’éducation dispensée doit
aussi être tournée vers l’apprentissage
Commander de l’obéissance aux ordres reçus parce
Plus que jamais, le chef militaire doit fon- qu’obéir et commander sont les parts
der sa légitimité et son autorité sur la indissociables d’un ensemble qui fonde
confiance mutuelle qui le lie à ses subor- l’état de soldat. Ces deux éléments, intime-
donnés, sur la fermeté de son caractère, ment complémentaires de notre manière
sur ses compétences professionnelles et d’être, garantissent naturellement l’effica-
son exemplarité en cité de nos actions. Il s’agit bien, comme le
Celui qui a le goût toutes circonstances disait le maréchal Foch, « de comprendre
de la responsabilité, mais également sur la pensée de son chef, de la faire sienne
son sens des respon- et, par tous les moyens, de la traduire en
après avoir pensé le problème, sabilités car, comme acte ». De cette articulation doit naître le
sait imposer une solution le disait le maréchal parfait équilibre entre l’obéissance formelle
Joffre, « celui qui a et l’esprit d’initiative, entre la discipline,
et la faire triompher. » le goût de la respon- indispensable à l’action militaire, et l’au-
Maréchal Joffre sabilité, après avoir tonomie, dans le respect impérieux des lois
pensé le problème, et des règlements pour « le succès des
sait imposer une solution et la faire triom- armes de la France ».
pher ». Dans cet esprit, n’oublions pas que C’est cette ambition qui continuera à ani-
le sens des responsabilités exige aussi de mer « les formateurs de l’armée de Terre »
contrôler l’action des subordonnés, au quar- que j’ai l’honneur de commander depuis
tier comme en opération. quelques semaines au sein de la DRHAT ;
car, si les structures évoluent, la mission
Apprendre à commander demeure toujours aussi impérieuse, celle
Acteurs essentiels de la préparation opé- de former des chefs qui s’efforcent de voir
rationnelle, les organismes de formation clair malgré les incertitudes, savent déci-
ont pour vocation d’éduquer et d’instruire der et assument leurs ordres.
des chefs capables de commander dans
des situations toujours plus complexes
où l’Homme, quels que soient les pro-
grès technologiques, reste au centre de
l’engagement militaire. Il s’agit donc de Général de division Philippe BONNET
former des hommes et des femmes de Directeur adjoint de la DRHAT et commandant
réflexion mais aussi de caractère et de cœur des écoles et des lycées de Défense

TIM n°208 - Octobre 2009 5


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A l’honneur

© ECPAD
Le MINDEF
en Afghanistan
Le ministre de la Défense, Hervé Morin,
s’est rendu en Afghanistan les 17 et
18 septembre 2009 pour faire un point de
situation du travail réalisé par les militai-
res français. Il s’est notamment rendu à
Tora (district de Surobi), avant de rencon-

65e anniversaire de la libération de Paris trer les autorités afghanes de la province.


Le 18, il était en Kapisa pour rencontrer
Lors de la célébration du 65e anniversaire de la libération de Paris le 25 août 1944, les unités du Groupement tactique inter-
le président de la République s’est rendu à la préfecture de police de Paris, lieu hau- armes (GTIA) sur les bases de Tagab et
tement symbolique où le général Leclerc reçut la reddition des troupes d’Occupation Nijrab. La visite du ministre s’effectuait à
et où le général de Gaulle prononça son premier discours. Au cours d’une cérémo- quelques semaines du redéploiement des
nie, une plaque a été inaugurée à la mémoire du général Leclerc dans la cour de forces françaises dans l’est du pays.
l’hôtel préfectoral. Accompagné notamment du Premier ministre François Fillon, du Le 1er novembre prochain, l’essentiel des
SEDAC Hubert Falco, du maire de Paris Bertrand Delanoë et du préfet de police de troupes françaises présentes à Kaboul
Paris Michel Gaudin, le président a appelé à se montrer digne de ce jour à l’heure où sera en effet transféré sur les bases de
de nouveaux défis nous attendent. Kapisa et de Surobi.

Le CEMA en Afghanistan Ils ont sauvé une vie


Le 11 août, le maréchal des logis-chef Vincent
Delcous et le brigadier-chef François Daix, du
519e Régiment du train de La Rochelle, partici-
paient à une activité sportive collective.
Apercevant un homme âgé d’une soixante d’an-
nées, victime d’un malaise, ils se sont portés à
son secours en pratiquant un massage cardia-
que, guidant et aidant les secours dans le trans-
port du sexagénaire.
Bien que leurs formations aux premiers secours
remontent à 4 et 12 ans, ils n’ont pas hésité un
instant. L’homme a repris connaissance avant
d’être transporté à l’hôpital.

Du 1er au 3 septembre, le général d’armée Jean-Louis Georgelin, chef


d’état-major des armées, s’est rendu en Afghanistan pour inspecter les
unités françaises présentes autour de la ville de Kaboul.
L’un des objectifs de sa venue était de faire le point sur l’engagement des
troupes françaises, notamment pendant les élections d’août dernier, et
d’étudier la réarticulation des effectifs français à compter de novembre.
En effet, l’ANA assurera alors totalement la sécurité de Kaboul et de
ses environs.

6 TIM n° 208 - Octobre 2009


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In memoriam
M. Nicolas Sarkozy, président de la Répu- mai 2005. Pilote VAB, âgé de 24 ans,
blique et chef des armées, M. Hervé il était marié et père d’un petit garçon
Morin, ministre de la Défense, le géné- d’un an et demi. Le sergent Thomas
ral d’armée Jean-Louis Georgelin, chef Rousselle, âgé de 30 ans, marié et père
d’état-major des armées, et le général d’une petite fille de trois ans, s’était
d’armée Elrick Irastorza, chef d’état- engagé en avril 1998 au 3e RIMa. C’était
major de l’armée de Terre, accompagnés sa seconde mission en Afghanistan, où
de nombreuses personnalités civiles et il exerçait les fonctions de radio-tireur
militaires, ont rendu un dernier hom- sur VAB.
mage au sergent Thomas Rousselle et Caporal-chef Sergent Le 8 septembre 2009, Hubert Falco,
Johan Naguin Thomas Rousselle
au caporal-chef Johan Naguin, lors d’un secrétaire d’État à la Défense et aux
éloge funèbre le 11 septembre 2009 au anciens combattants, leur a décerné la
3e RIMa de Vannes. Afghanistan, avant le passage d’un convoi Médaille militaire et le CEMAT, la croix
Le président a rappelé que « jamais, logistique. Ils étaient intégrés à un dis- de la Valeur militaire avec citation à l’or-
malgré les risques auxquels les expo- positif de huit véhicules et précédés par dre de l’armée, en présence notamment
sait leur engagement, je ne pourrai les moyens de reconnaissance du génie. de Mme Marie-Luce Penchard, secré-
me résigner à la fatalité de ces vies Leur VAB a été visé par un engin explo- taire d’État à l’outre-mer. Le président
brisées et trop tôt interrompues. […] sif improvisé. de la République leur a remis le 11 sep-
Le statut international de notre pays Le caporal-chef Johan Naguin, natif de tembre 2009 la Légion d’honneur à titre
nous confère des prérogatives impor- la Réunion, s’était engagé au 3e RIMa en posthume.
tantes. […] Tel est bien le rôle des
armées françaises et que nul n’en
doute, c’est également la sécurité et
la liberté de la France et des Français
Soutien à nos soldats
qui se jouent sur les principaux théâ- « Dans ces circonstances exceptionnelles, je veux rendre un hommage par-
tres extérieurs où sont engagées nos ticulier au courage, à l’abnégation et au professionnalisme de ces hommes
forces armées ». qui ont choisi de servir notre pays à travers le monde, en acceptant de faire
Le sergent Rousselle et le caporal-chef le don de leur vie. J’ai une pensée particulière pour ce régiment que vous
Naguin étaient le 4 septembre 2009 en connaissez bien et qui vient d’être à nouveau touché sur le sol afghan. »
mission de sécurisation de l’axe routier (Lettre de condoléances du Premier ministre, François Fillon.)
reliant Bagram à la FOB de Nijrab, en

Le CEMAT honore En Bref


les troupes de Marine
Une prise d’arme publique Deux députés
a eu lieu à Fréjus le 31 août 2009 se rendent au Tchad
en présence du général d’armée
Irastorza, chef d’état-major de Du 18 au 20 août 2009, le député
l’armée de Terre, dans le cadre de l’Ain, vice-président de
des cérémonies de Bazeilles, la commission de la Défense
qui perpétuent le souvenir nationale et des forces armées,
de cette grande bataille Michel Voisin, ainsi que Chris-
qui eut lieu en 1870 et coûta la vie tophe Guilloteau, député du
à 2 655 soldats. Ces cérémonies Rhône, secrétaire de la commis-
sont aussi le moyen de réaffirmer sion, se sont rendus auprès des
la solidarité des troupes militaires français stationnés au
de Marine, autour notamment Tchad.
du souvenir de la Division bleue, Accueillis par le colonel (A)
qui réunit pour la première fois Bruno Caïtucoli, commandant
de l’histoire marsouins et bigors la force EPERVIER, un bilan leur
dans un même combat. a ainsi été dressé des actions
Le général de corps d’armée menées sur place par la France.
Thonier et les généraux de division Après leur rencontre avec les
Montfort et Daniel ont fait au unités stationnées à N’Djamena,
cours de la cérémonie leur adieu les deux députés se sont rendus
aux armes. à Abéché où ils ont participé à
une série d’exercices organisés
par le 68 e Régiment d’artillerie
d’Afrique.

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Panorama
Où en est la gratuité
L’agenda du CEMAT Internet en OPEX ?
31 AOÛT En OPEX, l’accès à Internet était souvent
payant. Depuis le 1er juillet2009, à Warehouse
Commémoration des combats
en Afghanistan, l’attribution individuelle
de Bazeilles à Fréjus.
mensuelle est de :
10-11 SEPTEMBRE n 5 heures pour Internet ;
n 2 heures pour le téléphone.
Universités d’été de la Défense
à Saumur. Hommage funèbre De plus, une mission d’experts s’est rendue
au 3e RIMA de Vannes. sur place fin juin. Une venue très appréciée
par les soldats qui ont bénéficié de postes et de bornes wifi supplémentaires, de déblo-
14 SEPTEMBRE cages techniques. L’enveloppe initiale de 2 millions d’euros pour l’année 2009 a été
Réception du CEMAT espagnol. complétée en juin par une allocation de 800 000 euros du bureau CPO. Les problè-
mes de débit, de coupures intempestives ne peuvent, quant à eux, être résolus qu’au
15 SEPTEMBRE fur et à mesure, selon les sites et les pays. Les militaires basés au Liban, à titre
Visite au 2e RG de Metz. d’exemple, perçoivent désormais deux cartes réutilisables sur d’autres théâtres: l’une
Ouverture solennelle du CID. fournit 3h de communications vers les fixes ou 1h10 vers les portables, et l’autre per-
met 5 h de connexion internet. Le wifi est de plus en cours d’installation. À terme, le
16 SEPTEMBRE but est de rendre possible la gratuité sur l’ensemble des sites sans restriction.
GRAT des officiers généraux.

18 SEPTEMBRE L’Intégration des jeunes Une PMS au 519e Régiment


Visite au 1er RHC de Phalsbourg. officiers en régiments du train
22 SEPTEMBRE Le 3 septembre, Du 20 juillet au 7 août 2009 s’est dérou-
Visite à l’école d’état-major un groupe de tra- lée au 519e Régiment du train une prépa-
de Compiègne. vail, composé de ration militaire supérieure (PMS) au profit
15 présidents des de 32 jeunes. Tir au Famas, marche au
sous-officiers, pas et chant, découvertes sportives ont
s’est réuni autour été le quotidien de ces jeunes hommes et
du major Cacan, femmes attirés par la Défense.
Le 4e Régiment de conseiller des sous-officiers auprès du Point d’orgue de ce stage, un débarque-
dragons renaît au Liban CEMAT, pour recueillir leur perception ment d’assaut sur l’île de Ré.
sur l’intégration des jeunes officiers Après toutes ces émotions, les jeunes
Le 1er août 2009 au Liban, le 1-11e Régi- issus du recrutement direct dans les stagiaires ont reçu leur insigne « PMS »
ment de cuirassiers (1-11e RC) de Carpia- régiments. Les conclusions de cette pour attester de leur réussite. 90 % de
gne a changé officiellement d’appellation réunion mettent en avant l’importance ces 32 jeunes diplômés, qui envisagent
pour prendre celle de 4e Régiment de dra- du rôle du sous-officier dans l’accueil une carrière dans l’armée de Terre, ont
gons (4e RD). Afin de marquer cet événe- et la formation du jeune lieutenant, manifesté le désir de donner suite à cette
ment, une prise d’armes, présidée par confronté à ses nouvelles responsabi- expérience.
le général Lafontaine, RepFrance, s’est lités, nécessitant dans certains cas une
tenue sur le site de la Quick Reaction mise en confiance.
Force (QRF) au Sud-Liban, où se trouve De manière générale, les relations entre
une partie du régiment. sous-officiers et officiers ne souffrent
Le 4e RD, le régiment de chars AMX-30 de d’aucune difficulté. Tous soulignent
la guerre du Golfe (opération DAGUET), l’indispensable complémentarité du
avait été dissous en 1994 et son étendard jeune lieutenant et de son sous-officier
confié en 2006 au CENTAC. adjoint. À cette occasion, diverses
Le 4e RD revoit le jour pour constituer l’un propositions ont été formulées pour
des quatre régiments de chars Leclerc de améliorer tant la formation des sous-
la Force terrestre. officiers que celle des officiers.

La chaîne sécurité dispose de son site


La refonte de la réglementation nationale, avec notamment la diffusion de la direc-
tive nationale de sécurité des activités militaires de l’État par les services du Premier
ministre, a entraîné une révision générale des textes traitant de la protection des
installations et du secret de la Défense nationale au sein de l’armée de Terre.
Le bureau Emploi de l’EMAT a donc mis en place un nouveau site intranet, accessi-
ble depuis la page d’accueil d’Intraterre. Le site présente ainsi l’organisation natio-
nale de la chaîne sécurité et ses missions, facilite les contacts, met en ligne une
bibliothèque des documents réglementaires et notifie par diffusion électronique les
dernières notes : www.emat.terre.defense.gouv.fr/STSD/

8 TIM n° 208 - Octobre 2009


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« J’ai besoin des réservistes ! » Une commande


L’Association des sous-officiers de réserve supplémentaire de VBCI
(ASOR) de Nantes a organisé sa 32e jour-
née « découverte de la réserve et du Le ministre de la Défense, Hervé Morin,
monde militaire » le 27 juin 2009 à Joué- a annoncé la commande de 332 véhicules
blindés de combat d’infanterie (VBCI), por-
sur-Erdre (44). Alors que celle-ci mettait
tant l’ensemble à 630 véhicules. Lancé en
à l’honneur son 2000 e stagiaire, le CEMAT
2000, le programme, conforme aux orien-
rappelait de son côté au nouveau prési-
tations du Livre blanc, s’inscrit dans la
dent de l’Association nationale des réser-
volonté de remettre à niveau les moyens
vistes de l’armée de Terre (ANRAT)
de combat. Le montant global du pro-
l’importance de la réserve. La pleine réin-
gramme VBCI se chiffre à 2,86 milliards
tégration de la France dans l’OTAN crée
d’euros. Les premiers véhicules ont été
en effet un nouveau besoin de réservis-
reçus en septembre 2008 au 35e Régiment
tes, ayant une aptitude à travailler en état- lement environ 18 000 réservistes. Son
d’infanterie, dont la première compagnie
major. L’armée de Terre compte actuel- objectif pour 2011 : 28 000 réservistes !
équipée de ces engins a défilé lors
du 14 Juillet. Les derniers exemplaires
Le recrutement fait sa rentrée devraient être livrés d’ici à 2015.

189 Franciliens ont signé leur premier


contrat et assisté à leur première céré-
monie au fort Neuf de Vincennes le
1er septembre 2009, en présence du géné-
ral de brigade Philippe Pontiès, sous-
directeur Recrutement pour l’armée de
Terre et coordinateur du recrutement pour
les Forces armées.
88 Ultramarins ont de plus rejoint des
garnisons métropolitaines dont 17 Réu-
nionnais, affectés au 2 e RPIMA. Ce ne sont
Ces militaires qui ont changé la France
pas moins de 277 contrats qui ont été ARDANT DU PICQ
signés pour le mois de septembre, preuve
que le recrutement ne faiblit pas.
Charles
(1821-1870)
Dispositif SEVELOR Colonel français, cet homme au
Le dispositif SEVELOR, ou sécurisation de unités ou à la cellule régionale mobilité caractère difficile voire farouche
la vente des logements dans le cadre des reclassement.
participe à la campagne de
n Pour les militaires, le déposer à la cel-
Crimée, de Syrie (où il est fait
restructurations, a été mis en place par
prisonnier), ainsi qu’aux
le ministre de la Défense pour accompa- lule d’accompagnement des restructura-
événements d’Algérie de 1864.
gner les militaires et civils qui contraints tions ou à la DRH de l’unité.
Homme de terrain, ce colonel,
de se séparer de leur résidence princi- En cas de dissolution, les demandes
sorti de Saint-Cyr avec un
pale suite à une mutation liée aux restruc- devront êtres faites auprès de la nouvelle
classement médiocre, n’hésite
turations, rencontrent des difficultés à affectation. Une offre d’achat sera propo-
pas à remettre en cause
vendre. Le groupe SNI, spécialisé dans sée dans un délai d’un mois.
les fondements stratégiques
l’immobilier, s’engage à faire une offre Pièces à fournir pour le dossier : justifi-
militaires de l’époque et nous
d’achat pour tout bien qui n’est pas vendu catif de propriété, de mise en vente, de
laisse une œuvre majeure :
dans les deux mois. mutation et un document attestant du prix Études sur le combat; Combat
n Pour les civils, le dossier est à déposer de cession demandé. antique et combat moderne.
à l’antenne mobilité reclassement des Partant des combats antiques
comme ceux de Cannes et
de Pharsale, il s’inscrit en faux
Le salon d’armements de Londres contre la théorie des « gros
Le salon Defense Systems & Equipment ploi de la force, la communication géné- bataillons », privilégiant
International (DSEI) s’est tenu à ralisée des informations, ainsi que la une théorie microstratégique.
Londres du 8 au 11 septembre 2009. protection renforcée des soldats et Il place ainsi le soldat au cœur
L’armée de Terre s’est donc transpor- l’interopérabilité des forces armées. de sa pensée, montrant que
tée pour l’occasion sur les bords de la À cet effet, la première expérimentation la victoire doit être remportée
Tamise pour présenter les projets de la a commencé le 14 septembre 2009 et grâce à la force morale
France en matière d’innovation. s’achèvera le 5 octobre 2009. Il s’agit des soldats, à leur discipline
Son atout principal était le programme d’ARTIST, mené en Allemagne, au camp et à solidarité.
Scorpion, qui a pour objectif de mettre de Bonnland. Source : Fabrice Fanet et Jean-Christophe Romer
en avant l’accroissement des capacités Le prochain numéro de TIM en fera un (dir), Les militaires qui ont changé la France,

opérationnelles, la souplesse de l’em- compte rendu complet. Editions Le Cherche Midi.

TIM n° 208 - Octobre 2009 9


TIM208_010_011_PANORAMA.QXD 23/09/09 11:23 Page 10

Panorama
Jargon Colis de fin d’année : pensez-y !
Go no go Envoyez vos colis dès fin novembre et au plus tard
En référence au « go ! » pour la semaine 49 ! Les fêtes de fin d’année appro-
anglais des parachutistes avant chent et avec elles les cadeaux ! Que l’on soit en
le saut, être en « go no go » Guyane, en Nouvelle-Calédonie, en Afghanistan ou
désigne l’attente, le moment ailleurs, il est important que chacun ouvre son
où on ne sait pas quoi faire. précieux cadeau le 25 décembre. L’année dernière, le service de la Poste interarmées
Le « go no go » est aussi une a traité pour la période de décembre 153 tonnes, soit 25 000 colis à destination
cale utilisée sur la mitrailleuse du personnel de Défense et des familles. Il faut, par exemple, en moyenne 14 jours
de calibre 12,7 et qui sert à pour qu’un colis arrive normalement en Afghanistan. Avec les fêtes de fin d’année,
positionner exactement le n’hésitez pas à prendre de l’avance !
canon.Celle-ci, d’épaisseur
différente à chaque extrémité,
indique d’un côté «go» et de L’armée de Terre intervient à Marseille
l’autre «no go». «Qui donne
Le 22 juillet 2009, un feu détruisait la garrigue
le go no go» ? En clair :
aux portes de Marseille sur 1 077 ha. Afin de
«Qui donne le feu vert ?»
conjurer les risques de coulées de boues et
Par extension, « go ! » désigne
d’inondation, les militaires, avec les services de
un ordre ne soufflant aucune
l’État, ont mis en place un dispositif de réhabili-
hésitation et appelant une
tation des espaces sinistrés.
action immédiate.
Encadrés par l’ONF (Office national des forêts),
80 militaires du 1er RE d’Aubagne, du 4e RD de
Carpiagne, du 1 REG de Laudun et du 2e REG de Saint-Christol ont été engagés pour
er

LOYAL MIDAS 09 assurer le nettoyage des sites. Bilan : 1 600 arbres abattus, 500 fascines réalisées,
Du 21 septembre au 3 octobre, 350 m de talwegs créés pour l’écoulement des eaux, etc.
l’armée de Terre participait à l’exercice
multinational amphibie LOYAL MIDAS 09,
en Méditerranée puis sur le camp de Can-
Ça tourne à Canjuers
juers pour la partie aéroterrestre. Mené Dans le cadre de la future campagne de
en vue de l’alerte amphibie NRF14 du pre- recrutement de l’armée de terre, qui
mier semestre 2010, cet exercice, conduit sera lancée au début de l’année 2010, la
par le Joint Command Lisbonne (OSE), sous-direction recrutement de l’armée de
devait permettre la certification de la com- Terre a tourné sur le camp de Canjuers
posante amphibie (CATF/CLF). L’EMF1 ses nouveaux films TV, avec le concours
assurait la coordination entre les partici- du 27e BCA et du 1er RCA. Élaborée par
pants de la force terrestre (6e BLB, l’agence TBWA, cette campagne s’appuiera sur un site internet répondant aux critè-
4e BAM, 1re BM, CFT) et armait également res de convivialité et d’interactivité les plus performants. Il sera valorisé par la mise
une partie des postes Terre du CATF. en œuvre d’une stratégie de communication multimédia, dont ces films seront le pro-
duit emblématique. L’armée de Terre aura recruté près de 14 000 jeunes en 2009.

96 %
Afin d’évaluer Une nouvelle aide à la reconversion
Le chiffre

la perception
des lecteurs Implic’action sera lancée le 8 octobre. partager leurs expériences. Accompa-
de la revue Terre Information Cette association s’inscrit dans les dis- gnés de professionnels du changement
Magazine, la DRHAT (BCP-EH) positifs existants d’aide à la reconver- de métier et de la réorientation de car-
et le SIRPA Terre ont réalisé sion. Cette aide vise toute personne de rière, ils proposent ainsi des parcours de
une étude quantitative en la Défense et s’appuie sur un réseau reconversion adaptés et personnalisés.
avril 2009, par questionnaire national d’anciens militaires et civils qui n www.implication.fr
auto administré. Au total, ont réussi leur reconversion et désirent n 06 80 73 72 66
3 397 personnes ont été
questionnées. 96% (contre
77 % en 2004) se déclarent
Le détachement HEPHAISTOS
intéressés par le contenu, Du 10 août au 18 septembre 2009, 14 militaires du 1er RHC,
dont 17 % très intéressés. 1 Gazelle et 2 Puma ont assuré l’alerte incendie avec
Ce résultat est confirmé par l’UIISC 7 au sein du Détachement d’intervention héliporté
le très faible pourcentage (DIH), dans le cadre du plan HEPHAISTOS (lutte contre
de ceux qui ne lisent jamais les feux de forêt). Grâce à des bacs souples d’une capa-
la revue et qui sont légèrement cité de 1 500 l, les Puma interviennent en moins de 3 h
plus nombreux en régiment et peuvent s’approcher à 500 m du feu, dans des zones
ou en école (de l’ordre de difficilement accessibles aux pompiers. Malgré des
4 %). 51 % lisent tous les départs de feu fréquents, la contribution des hélicop-
numéros ou presque (contre tères est restée faible et ponctuelle – 35 h de vol effectuées –, conséquence d’une
60 % en 2004). maîtrise rapide et efficace de la Sécurité civile. Lors des grands incendies en Corse,
du 24 au 28 juillet 2009, ces mêmes hélicoptères ont réalisé plus de 70 allers-retours.

10 TIM n° 208 - Octobre 2009


TIM208_010_011_PANORAMA.QXD 22/09/09 10:20 Page 11

63e foire de Châlons-en-Champagne


Du 28 août au 6 septembre 2009, le pôle
armée de Terre était présent à la foire
de Châlons-en-Champagne. 140 soldats,
15 véhicules, 14 unités, 6 matériels ma-
Devise
« À L’AFFÛT TOUJOURS,
jeurs et deux chiens se sont mobilisés pour JAMAIS NE RENONCE. »
faire découvrir au public les moyens tech- C’est la devise de l’un des plus vieux
niques et humains dont dispose la 1re Bri- régiments de France et des plus décorés
gade blindée. Le CAESAR, l’équipement de l’artillerie : le 3 e RAMA. Fondé en
FELIN, le char LECLERC, le DRAC, etc. 1803 par décret consulaire, le 3 e RAMA
ont été exposés au grand public. fait front sur tous les champs de
Le 2 septembre a été marqué par la venue née de l’armée de Terre. La Nouba (fan- batailles jusqu’en 1918. À la fin de la
du général Bras, commandant la 1re Bri- fare aux tonalités nord-africaines) est Seconde Guerre mondiale, le président
gade mécanisée, qui a inauguré la jour- venue spécialement d’Épinal. des États-Unis lui remet la Unit citation.
C’est en 1994 qu’il rejoint son
affectation actuelle à Canjuers.

Opération séduction La nouvelle


simulation de l’ALAT Exercice ZURB
Le 8 octobre 2009, l’École de l’aviation
légère de l’armée de Terre (EALAT) et
SARREBOURG
l’Ecole franco-allemande de formation Du 16 au 17 septembre s’est tenu l’exer-
des équipages Tigre (EFA) inaugureront cice ZURB SARREBOURG 2009. Dans le
les centres de simulation de la plateforme cadre des montées en puissance du PC
aéronautique du Cannet-des-Maures. numérisé du 1er RHC, des exercices de
Cette inauguration marque une nouvelle combat en zone urbaine ont été menés,
étape dans la politique de simulation qui de jour et de nuit, en liaison avec le 1er RI
permet de garantir la capacité opération- et en accord avec la ville de Sarrebourg.
Les 12 et 13 septembre 2009, le 3e Régi- nelle des équipages d’hélicoptères de Assaut héliporté, survol de la ville à basse
ment du génie a organisé des journées l’ALAT. Elle participe aussi à la politique altitude, évacuation de ressortissants
portes ouvertes. Un spectacle son et de développement durable de notre pays (RECEVAC) en centre-ville, récupération
lumière original, suivi d’un feu d’artifice, en permettant la limitation des nuisan- de pilotes abattus, etc., le rythme dyna-
était l’attraction majeure de ce week-end. ces sonores et la réduction de la consom- mique de l’exercice a mobilisé 180 per-
Alternant le ludique et le pédagogique, le mation de produits pétroliers. Rappelons sonnels, 10 Gazelle, 6 Puma, 8 camions,
régiment a présenté son matériel (EBG que l’apport de la simulation a été déci- 6 P4. Sans surprise et même avec curio-
– engin blindé du génie, PFM – pont flot- sif dans la formation et l’entraînement sité, les habitants se sont à nouveau prê-
tant motorisé, etc.), son savoir-faire, son des équipages Tigre qui viennent d’être tés au jeu.
savoir-être... déployés en Afghanistan.
Chacun a ainsi pu profiter du parcours
action man, du pont de singe et du tir laser
© CCH Jean-Jacques CHATARD

au FAMAS, en passant par l’atelier démi-


Clin d’œil

nage et une balade sur la Meuse en Engin


de franchissement de l’avant (EFA).

Cultures militaires,
culture du militaire
Parler de cultures militaires a-t-il encore
un sens à l’heure où les réformes tendent
à l’homogénéisation ? Sans aucun doute.
C’est le propos du dernier numéro de juin-
septembre d’Inflexions, intitulé « Cultures
militaires, culture du militaire ». Homo-
gène en apparence, l’armée de Terre est
en effet composée d’une multitude de
cultures spécifiques à chaque arme, cha- Kosovo : instant de tendresse entre un para et un chiot.
que régiment sous la bannière d’un même Faites-nous parvenir vos clins d’œil
drapeau. Les cultures brassées dans ce
>

et situations militaires originales à l’adresse Internet


numéro sont aussi vastes que le sujet.
sirpat-comecrite.emat@terre-net.defense.gouv.fr
« Cultures militaires, cultures du mili-
taire », Inflexions, La Documentation fran- Les meilleurs seront publiés et récompensés
çaise, n° 11, juin-septembre, 12 euros.

TIM n° 208 - Octobre 2009 11


TIM208_012_015_FOCUS.QXD 23/09/09 11:48 Page 12

Focus

Après plusieurs mois d’expérimentation, c’est l’heure d’un premier bilan pour
les onze Bases de Défense expérimentales (BdD). Lancées en janvier 2009,
les BdD constituent une véritable révolution dans l’organisation des tâches
d’administration et du soutien commun pour les armées. Un retour d’expérience
sur un premier semestre riche en enseignements a eu lieu à l’été 2009.
Des mesures correctives et certains changements sont annoncés. Rappel
des faits et point de situation sur ce « dossier chaud ».

Bases de Défense

Etape 2 !
S
ix mois, le temps d’une OPEX,
le temps qu’il a fallu aux défri- 18 Bases de Défense pilotes
cheurs des BdD expérimen-
tales pour lancer, sur ordre du
chef d’état-major des armées,
cette réforme qui va complètement Cherbourg
transformer les armées et donc l’armée Creil
de Terre. Nancy
Son principe fondateur? Mutualiser l’ad- Montlhéry
Brest Rennes
ministration générale et les soutiens
communs. Comment? En étant pragma-
Besançon
tique, en choisissant entre les différen- Coëtquidan Avord
tes façons de procéder celle qui est la plus
efficace dans un contexte administratif La Valbonne
et budgétaire où l’emploi des moyens
doit être recentré sur l’opérationnel. L’ob-
Rochefort, Clermont- Valence
jectif ? Économiser de la ressource, jus- Ferrand
Saintes,
tement, et mieux employer le personnel Cognac
pour privilégier la capacité d’engagement. Aubagne
Comme c’est une phase d’expérimen-
tation, certains principes retenus au
Marseille
départ se sont révélés modulables. Par Pau
exemple, un rayon de 30 km avait été fixé
pour le périmètre géographique des BdD.
En fait, le délai de déplacement s’avère
être un critère plus pertinent. 11 Bases de Défense expérimentales 2009
7 nouvelles Bases de Défense 2010 La Réunion Djibouti
Optimiser le temps de travail
et harmoniser la gestion Le concept général de Base de Défense sera validé en 2009 puis consolidé en 2010 avec, notamment,
le déploiement de 11 bases expérimentales et de 7 nouvelles.
Bien sûr, les premiers manques sont
aussi apparus. Notamment dans le
domaine des outils de transmission d’in- blement chronophage. Cet aspect est un budgétaire et comptable). L’harmonisa-
formation où les besoins sont importants. de ceux qui est apparu à de nombreuses tion à terme de tous les modes et procé-
Tous les acteurs de l’expérimentation reprises dans le Retex. Il sera en partie dures de gestion, pour l’instant le plus
insistent d’ailleurs sur ce point essentiel: résolu par la création d’un portail infor- souvent juxtaposés, devient également
être rapidement capables de dématéria- matique pour les BdD et la mise en place l’un des objectifs majeurs de cette
liser les documents, de travailler à dis- d’outils communs de plus en plus nom- réforme. C’est un procédé long et com-
tance, en télétravail plutôt qu’avec la breux (comme CHORUS, qui deviendra plexe qui oblige tous les acteurs à repen-
navette courrier du vaguemestre terri- l’outil unique interministériel de gestion ser leur manière de travailler (cf. pp. 14

12 TIM n°208 - Octobre 2009


TIM208_012_015_FOCUS.QXD 22/09/09 10:27 Page 13

QUESTIONS
4 au général de corps aérien Éric Rouzaud
Sous-chef « organisation » de l’état-major des armées
Quels sont les points marquants de
ce premier Retex sur les Bases de Défense ?
Premièrement, la BdD fonctionne. L’adhésion au concept
financière et comptable des BdD et optimiser la gestion
de nos ressources humaines. L’harmonisation du corpus
réglementaire et la simplification des procédures
est une réalité et beaucoup s’investissent pour assurer demeurent, avec la convergence des SIC, une priorité.
la réussite de cette réforme. Deuxièmement, les
premières mutualisations ont été réalisées avec succès. Les étapes déterminantes
Le GSBdD a rationalisé la gestion des transports pour la réforme en 2010 ?
(véhicules, chauffeurs…), du logement, de l’hébergement Cette année, nous validons le concept
et des achats. Enfin, au cœur de l’expérimentation, général de BdD. Nous déterminons
nous avons décelé de nouvelles pistes pour ce qui constitue la colonne
les mutualisations que nous allons maintenant vertébrale d’une BdD et comment
étudier avec attention. les particularités locales doivent
s’y greffer. 2010 sera une période
Où se trouvent les principaux motifs essentielle de consolidation avec,
de satisfaction ? notamment, le déploiement
En trois mots : l’engagement, la conviction et le maintien des 18 BdD pilotes (11 bases
de l’exigence opérationnelle. Les principaux acteurs expérimentales + 7 nouvelles BdD).
ont bien compris l’esprit de « laboratoire » dans lequel Le Service du commissariat
le Chef d’état-major des armées souhaitait conduire cette des armées (SCA), outil
première étape avec les BdD dites « expérimentales ». fondamental de cette réforme,
Les difficultés ont été nombreuses, mais les sera également créé en
commandants de BdD ont été inventifs et ont su proposer janvier 2010. Regroupant
des solutions qui, aujourd’hui, permettent au système les trois commissariats
de fonctionner. Les missions opérationnelles n’ont pas d’armées, il sera placé
eu à souffrir de ce changement, ce qui constitue un point sous l’autorité du CEMA.
central dans la réforme. Le soutien reste efficace, Un nouveau retour
en France comme à l’étranger. d’expérience aura lieu
enjuin 2010 pour
Quelles lacunes principales préparer l’entrée dans
sont apparues dans le Retex 1 ? la phase finale de 2011
Le nombre excessif et la diversité des réglementations où près de 70 bases
et des procédures constituent la principale difficulté. seront déployées en
Cela a notamment eu des incidences dans l’élaboration métropole et outre-mer.
et la mise en œuvre des contrats de services passés L’ensemble des
entre la BdD et les entités soutenues. La convergence formations et unités
très lente des systèmes d’information et de du ministère seront alors
communication est un autre point majeur. Elle doit être soutenues par la chaîne
accélérée pour améliorer la gestion administrative, interarmées du soutien.

et 15, «Interarmées par nature»), à revoir remontées du « terrain » et « L’objectif ? Économiser de


leurs habitudes. de l’avis de ceux qui mettent
en œuvre cette réforme au la ressource, justement, et mieux
Tenir compte des remontées quotidien. Pour l’armée de employer le personnel pour
émises par les maîtres d’œuvre Terre en particulier, les pro-
Toutes ces difficultés font finalement par- blèmes soulignés ne sont
privilégier la capacité
tie du processus expérimental. Elles pas différents. d’engagement.
confirment les points d’efforts identifiés Les chefs de corps s’inquiè-
par l’EMA : préciser les attributions du tent de perdre leurs prérogatives dans le avec acuité dans une armée de Terre qui
Com BdD (cf. encadré), déterminer quelle domaine RH et veulent impérativement se définit par ses traditions, sa tenue, sa
doit être la répartition du pilotage entre garder la main sur leurs hommes, c’est- cohésion et son identité forte. Sur ce der-
le niveau local et le central, définir les à-dire les noter, les récompenser, les nier point, le débat se poursuit sur le
modalités pratiques de ce nouveau sys- sanctionner ou les muter. L’armée de niveau de civilianisation des postes et celui
tème d’organisation en déterminant, par Terre envisage d’ailleurs de conserver de la capacité de projection des person-
exemple, quelles doivent être les bonnes dans les régiments un officier RH, qui nels servant dans la chaîne COMIAS.
distances, la bonne répartition des tâches. serait rattaché au chef de corps. De Le Retex a pris en compte l’ensemble de
L’expérimentation fonctionne donc selon même, la question de l’identité et de la ces éléments afin que les mesures cor-
une méthodologie ouverte, sans dogme, subordination des personnels du GSBdD rectives envisagées soient le résultat tan-
en tenant compte attentivement des placés auprès des formations se pose gible des remontées de terrain.

TIM n°208 - Octobre 2009 13


TIM208_012_015_FOCUS.QXD 23/09/09 11:20 Page 14

Focus

Nancy

Interarmées
par nature
La BdD de Nancy a commencé ses activités en mars 2009. Composée
de plus de 4 000 personnes, elle s’articule autour de plusieurs sites majeurs :
la base aérienne 133 d’Ochey, le 516 e Régiment du train à Ecrouves
et le 53e Régiment de transmissions à Lunéville. À ces trois sites s’ajoutent
plusieurs emprises dans Nancy, mais aussi jusqu’à Epinal ou Contrexéville.
Étalement géographique, forte hétérogénéité et « méthode de la découverte »,
panorama de cette BdD innovante qui illustre bien l’état d’esprit créatif
qui doit prévaloir dans la réalisation de la réforme.

N
ous sommes un véritable rimentation. » Dans les faits, que se l’Air, faisant la même mission, au même
laboratoire ! » déclare, avec passe-t-il ? La compréhension des pro- endroit, ne percevront pas les mêmes
un grand sourire, le capitaine cédures de chaque armée est difficile et frais de missions », explique le capitaine.
Marc Montemont (Air), adjoint il y a plutôt, dans un premier temps, la « Voilà une aberration qu’à terme nous
au chef de la division finances juxtaposition de deux systèmes qu’une devrons avoir résolue, sous peine d’avoir
achats. « Nous devons trouver des sys- refonte complète en un seul. « Deux mili- des injustices. » « Le point le plus positif
tèmes, proposer des solutions, des taires de grade équivalent, l’un de l’ar- c’est l’interarmisation de notre vie quo-
pistes à explorer pour la suite de l’expé- mée de Terre et l’autre de l’armée de tidienne qui se passe parfaitement bien »,
explique le Com BdD, le colonel (Air) Phi-
lippe Morales. « L’acculturation se fait
Le Com Base de Défense : un chef d’orchestre petit à petit et les militaires comme les
au service des formations soutenues civils ont plutôt choisi de se concentrer
Les attributions du Com BdD en font d’abord un coordinateur des soutiens et sur ce qui les unit et les motive à travail-
un arbitre essentiel des relations entre soutenants et soutenus. En revanche, ler ensemble », poursuit-il. « Partout,
il n’intervient pas dans la manière dont chaque entité de soutien spécialisé dans tous les services, je vois de la moti-
(SSA, SEA, SID, DIRISI…) remplit sa mission. Par définition, il n’a pas d’autorité vation, l’envie de trouver des solutions.
directe sur les soutiens, mais exerce un rôle de régulateur incontesté. Cette C’est cet état d’esprit dans lequel nous
distinction se trouve dans le système de notation : les responsables des entités devons travailler. »
de soutien spécialisé continueront d’être notés par leur autorité d’emploi,
qui s’appuiera sur l’évaluation qualitative réalisée par le Com Bdd. Enfin, Limiter les déplacements inutiles
au niveau opérationnel, le GSBdD s’engage à ce que le personnel projetable À plus de 30 km de Nancy, sur la BA 133,
fourni aux formations soutenues ait des aptitudes opérationnelles certifiées. le téléphone du capitaine Henri-Xavier
Thuin, chef du bureau administration du

14 TIM n°208 - Octobre 2009


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Djibouti : six mois après l’expérimentation de 2009


La BdD de Djibouti est la seule de cette première phase à se trouver hors
Le point du territoire métropolitain. La base de la corne de l’Afrique avait déjà été
un site expérimental pour les bases de soutien à vocation interarmées
le plus positif, dès 1998. « La forte concentration des FFDJ est un point fort », explique
c’est l’interarmisation le commissaire colonel Jean-Louis Paquette, Com GSBdD. « Nous sommes
presque tous dans un rayon de 10 km2. » Une division logistique commune
de notre vie quotidienne assure le ravitaillement, la maintenance et la comptabilité de tous
qui se passe les matériels communs. De même, la fonction achat-finance rassemblée
en un seul lieu a fort à faire avec près de 23 millions d’euros de budget.
parfaitement bien. » « C’est, avec le soutien de l’homme, le nœud des économies possibles »,
Colonel (Air) Philippe Morales, analyse le commissaire Paquette. « Quand on sait qu’il y a 10 points
Com BdD de fabrication et 14 de consommation pour la nourriture, chacun peut
imaginer qu’il y a ici des possibilités d’économies, tant en ressources
personnel (BAP) pour le GSBdD, ne cesse qu’en effectifs. » Un chantier parmi une multitude, mais toujours
de sonner et les dossiers s’empilent le même objectif : économiser, rationnaliser pour libérer des ressources
sur tous les bureaux du BAP. Le capi- qui pourront être redistribuées au volet opérationnel.
taine est plutôt optimiste : « C’est vrai
que nous travaillons énormément. Nous
devons finalement faire face à la même
charge de travail, mais avec moins de
personnes. Pour autant, gérer plus de
1 900 militaires est un challenge passion-
nant et une vraie responsabilité pour tout
le monde ici. » La majorité des traitants
est pour l’instant issue des unités soute-
nues, ce qui facilite d’autant les rapports
avec leurs correspondants RH. Le télé-
phone sonne encore. Le capitaine est
sollicité aussi bien pour un problème sur
Concerto que par un interlocuteur à la
DRHAT qui ne comprend pas tout de la
réforme.

L’objectif : une seule façon


de faire pour tous
« Le souci, c’est que c’est une période
transitoire pour nous, mais pour
quelqu’un qui se reconvertit après des
années de service, il n’y a pas de droit à
l’erreur, il a une famille derrière et on doit
assurer ! » Pour continuer à garder le
contact avec les unités soutenues, le capi-
taine essaye de se déplacer le plus sou-
3 QUESTIONS
au colonel Philippe Morales,
ComBase de Défense de Nancy
Quel est votre sentiment après six mois d’existence
à peine de la BdD ?
La vérité, c’est que nous devions repenser complètement nos façons
vent possible… Tout en pestant contre les de travailler, arrêter d’être chacun de notre côté. Alors, sans tout
déplacements inutiles. Il a récemment fait bouleverser, j’ai demandé à ce qu’on mette l’accent sur les domaines
acheter 18 scanners pour tenter un début finances et RH : les premiers résultats sont probants.
de dématérialisation. « Le problème est
que certains se satisfont des documents Des exemples ?
scannés tandis que d’autres veulent Dans le domaine de la finance, nous avons été très attentifs
toujours des originaux. » Toujours cet aux achats et marchés. Le mot d’ordre a été « homogénéisation »
enjeu de normaliser, d’avoir une seule et on a vu de bonnes possibilités d’économies, notamment en
façon de faire pour tous. L’objectif des mutualisant les contrats et donc en les négociant mieux,
BdD, finalement. mais aussi en reprenant certains marchés en régie interne.
CNE Thomas DIJOL
Photos : BDD Nancy, Que voulez-vous voir avancer en priorité
CCH Jean-Baptiste TABONE dans les prochains mois ?
Tout ! Je vais chercher à optimiser la dématérialisation des documents
de travail, de raccourcir les circuits administratifs tout en continuant
Pour en savoir plus: à m’inspirer de ce qui est bien fait dans les autres BdD. Par exemple,
TIM n° 201 de février 2009. lors du dernier séminaire Com BdD, j’ai particulièrement été intéressé
Le site de l’EMA consacré aux BdD:
par le plan d’action d’Aubagne et la méthode RH de Creil : nous allons
www.ema.defense.gouv.fr/
travailler dans ce sens.
basesdedefense/

TIM n°208 - Octobre 2009 15


TIM208_016_025_LIBANR2.QXD 24/09/09 17:22 Page 16

En direct de…

Escorte de convoi logistique


assurée par la PCR du 503 e RT.

16 TIM n° 208 - Octobre 2009


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Le 14 juillet 2009, une explosion accidentelle


d’un dépôt d’armes s’est produite à Khirbat Silim,
au Sud-Liban. L’intervention des militaires français,
en appui des Forces armées libanaises, tourne
à l’échauffourée. Ces événements l’ont encore
prouvé : à la moindre étincelle, le Sud-Liban
peut très rapidement s’embraser. La paix reste des
plus fragiles dans cette région qui se reconstruit
suite à la guerre de 2006, qui opposa le Hezbollah
à Israël. Pour les Libanais, les casques bleus
de la Force intérimaire des Nations unies au Liban
(FINUL) présents sur le territoire depuis 1978
font partie intégrante du paysage. Leur présence
s’est accrue avec la FINUL renforcée instaurée
il y a trois ans. Leur mission est d’appuyer les
forces armées libanaises dans la mise en œuvre
de la résolution 1701, qui a été reconduite
pour un an le 28 août 2009.
LTN Céline BRUNETAUD
Liban Photos : ADJ Jean-Raphaël DRAHI

Ce ne sont pas
des bleus !
TIM n° 208 - Octobre 2009 17
TIM208_016_025_LIBANR2.QXD 22/09/09 10:44 Page 18

En direct de…

Les bâtiments criblés de balles ou détruits sont le témoignage


de la guerre que se mènent inlassablement le Liban et Israël. Fiers
de leur culture et de leurs origines, les Libanais gardent la tête haute.
La reconstruction est en marche, les chantiers se succèdent le long
des routes : c’est ce qu’on appelle l’optimisme libanais.

Le Liban

Ce pays où
l’optimisme
Le baril bleu
délimite de façon
officielle une partie
de la ligne de
retrait des forces
israéliennes.
est roi
Mots-clés
n FINUL : Force intérimaire des Nations unies au Liban créée
le 19 mars 1978 d’après les résolutions 425 et 426 du Conseil
de sécurité. En 2006, une FINUL renforcée aux prérogatives
renforcées est établie selon la résolution 1701.
n LAF : Libanese armed forces ou Forces armées libanaises (FAL).
Depuis 2006, l’armée libanaise reprend peu à peu le contrôle
du Sud-Liban.
n BLUE LINE : Ligne de retrait israélien validée par l’ONU
en présence d’un représentant libanais et israélien selon
des coordonnées GPS ; son marquage est en cours.
n BLUE BARREL : Barils peints aux couleurs de l’ONU
matérialisant la Blue Line.
n TECHNICAL FENCE : Ligne de démarcation sécurisée imaginée
par les Israéliens pour éviter toute incursion.

Chronologie
1861 Création 1880 – 1914 1926 Établissement 1947 Adoption 1978 Opération
d’une province du Important mouvement d’une constitution du Pacte national qui LITANI, invasion
Mont-Liban sous d’émigration vers définit les partages israélienne et occu-
la surveillance les Amériques 1943 Indépendance du pouvoir entre pation du Sud-Liban
des consuls du Liban les communautés – Création de la
européens 1920 Proclamation FINUL, Force intéri-
du Grand Liban 1946 Départ des 1975 Début de maire des Nations
troupes françaises la guerre civile unies au Liban

18 TIM n° 208 - Octobre 2009


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La FINUL en bref Données générales


n 12 200 soldats de (incluant 2 compagnies 150 sapeurs pour n NOM OFFICIEL :
31 nationalités différentes malaisiennes). le détachement du génie, République du Liban
dont 1 500 Français n Secteur est commandé 250 soldats pour n CAPITALE :
(2 e contributeur en par les Espagnols : le détachement logistique Beyrouth
troupes) 1 bataillon espagnol, et 100 éléments n SUPERFICIE :
n Force Commander : 1 bataillon indien, de soutien. 10 452 km2
général de division italien 1 bataillon indonésien, n Les insérés des n POPULATION :
Claudio Grazziano 1 bataillon népalais, états-majors de la FINUL 4,29 millions
n Chef d’état-major et 1 compagnie malaisienne. et du secteur. d’habi-tants dont
REPFRANCE : général n La QRF est uniquement 3,7 millions de
de brigade Vincent CONTRIBUTION FRANÇAISE armée par les Français Libanais, 250 000
Lafontaine n 9 e mandat pour l’opération n Le DETGEN et la QRF sont Palestiniens
DAMAN directe-ment rattachés à et 450 000 travail-
DEUX SECTEURS n Environ 1 500 militaires l’état-major de la FINUL leurs syriens
n Secteur ouest commandé avec deux missions, n Chef de corps du GTIA : n LANGUE NATIONALE
par les Italiens : la QRF (Quick Reaction colonel Claude OFFICIELLE : arabe
2 bataillons italiens, Force) de la FINUL Minjoulat-Rey n LANGUES
1 bataillon sud-coréen, et le contrôle de zone : n Commandant la QRF : COURANTES :
1 bataillon ghanéen 400 pour le BATFRA, lieutenant-colonel arabe, français,
et 1 bataillon français 400 pour la QRF, Yann Henry anglais
n PRODUIT INTÉ-
RIEUR BRUT (PIB) :
28,8 milliards
de dollars
Déploiement français américains (2008)
au sein de l’opération DAMAN n SECTEURS
D’ACTIVITÉ
DANS LE PIB :
services 73 % ;
agriculture 6 % ;
industrie 21 %.
n DETTE PUBLIQUE :
40 milliards de
dollars américains
soit 178 % du PIB
(septembre 2006)
n GÉOGRAPHIE :
deux chaînes
de montagnes ;
le Mont-Liban et
l’Anti-Liban ; deux
plaines ; quinze
fleuves dont
le Litani, 160 km
de long.
n COMPOSITION
ETHNIQUE :
18 religions
reconnues offi-
cielles, dont 60 %
de musulmans.

1982 Fondation du 1983 Attentat du 1996 Déclenchement 2000 Retrait des des Nations unies
Hezbollah et déclen- Drakkar à Beyrouth de l’opération troupes israéliennes de la résolution 1701
chement de l’opération où 61 parachutistes israélienne Les du Sud-Liban rappelant la cessation
israélienne Paix en du 1er RCP et 9e RCP Raisins de la Colère. totale des hostilités
Galilée trouvent la mort Bombardement 2006 Hostilité entre au Liban et renforçant
du Sud-Liban. Israël et le Hezbollah. le mandat de la FINUL.
Adoption par le
Conseil de sécurité

TIM n° 208 - Octobre 2009 19


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En direct de…

Commencés le 14 juillet 2009, les incidents de Khirbat Silim sont allés crescendo
et restent encore dans les esprits des Gaulois du 92e Régiment d’infanterie, arrivés
début mai au Liban. La communauté internationale s’est fortement inquiétée
de ce type d’événements qui peut rapidement s’envenimer. En règle générale,
les « feux de paille » comme celui-ci sont vite éteints. La raison ? En appui des FAL,
les 1 500 Français jouent constamment tout leur rôle : garantir la non-reprise
des hostilités.

L
es hommes de la 3 e section de
la compagnie Alpha du GTIA sont
en patrouille d’observation le
long de la Blue Line. À raison
d’une vingtaine de patrouilles par
jour, la zone française dite sensible depuis
2006 n’a plus de secret pour les Gaulois
du 92 e RI. Dans les talwegs, même com-
bat pour les engins chenillés. Les AMX
10P du 92 e RI vrombissent sur les
pistes rocailleuses et escarpées.
Leurs allers et venues, le long de
la Blue Line, ne passent jamais
inaperçus: le nuage de poussière
semble vouloir dissimuler ce
Missions du GTIA repère blanc qui vagabonde dans
les terres arides brûlées par le soleil.
BATFRA Sur le point haut, oscar 7, les occupants
Armé par le 92 e RI et complété par débarqués du char, les visages ocres, cou-
une compagnie du génie du 31e RG leur du Liban, scrutent jumelles au poing
et deux compagnies malaisiennes, les paysages immobiles. Ils rendent aus-
le BATFRA assure une mission sitôt compte du moindre fait et geste. Non
de surveillance de l’application loin de là, les VBL de la section de recon-
de la résolution 1701 de l’ONU dans naissance régimentaire sortent en ville.
une zone qui s’étend des rives du Les achats dans un commerce local ne
Litani jusqu’à la Blue Line, grâce restent qu’un prétexte. La section de
aux patrouilles en véhicules roues, reconnaissance régimentaire du lieute-
chenilles, de contact et d’observation. nant Olivier Vivet (92 e RI) garde en tête
QRF son objectif, capter le moindre renseigne-
La Force de réaction rapide est ment. Les Libanais voient la vie en bleu.
placée directement sous les ordres Patrouille à pied du 92e RI dans le village d’Ayn Ibil. De jour comme de nuit, les soldats fran-
du Force commander de la FINUL.
En un délai restreint, elle est en
mesure d’agir au profit de n’importe Opération DAMAN IX
quel contingent en tout lieu de la

Une force d
zone d’action de l’ONU. En période
calme, la QRF mène des Long Range
Patrol, déploiement massif de
plusieurs jours. Véritable « fer de
lance blindé », cette force symbolise
la volonté d’engagement de
la France.

20 TIM n° 208 - Octobre 2009


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La complexité
du pays, c’est là tout
l’intérêt de notre mission. »
Lieutenant-colonel Yann Henry,
commandant la QRF
2 QUESTIONS…
au général
Vincent Lafontaine,
chef d’état-major
FINUL et REPFRANCE 3
Quels sont les
enseignements tirés
de la mise en place de
la FINUL renforcée ?
La QRF est la seconde composante du dis- Au fil des ans, la FINUL s’était
positif français, l’instrument de dissua- progressivement limitée à des
sion. Elle est installée sur les hauteurs missions d’observation. Le réveil
çais assurent en effet un contrôle perma- de Djebel Maroun, à proximité de Dayr s’est fait brutalement avec les
nent de la zone. Kifa. Elle occupe ainsi une position cen- bombardements de 2006. La mise
Les échauffourées peuvent ainsi vite être trale dans la zone d’action de la FINUL en place de la FINUL renforcée
dissipées. Mais dans cette zone, le calme renforcée, entre le fleuve Litani au nord plus puissante, plus crédible,
n’est qu’apparent. Et tout peut basculer et la frontière avec Israël au sud. plus dissuasive a été un signe
rapidement. Une simple patrouille peut Le capitaine Didier Duprat, officier adjoint fort de la volonté internationale.
tourner à l’affrontement. C’est l’expé- du groupement d’artillerie à quatre Son déploiement a permis
rience qu’ont vécue les hommes de la pièces du 68 e Régiment d’artillerie d’Afri- d’établir une assez bonne stabilité
2 e compagnie du 92 e RI en juillet dernier1, que, se réjouit : « Le Liban avec l’Afgha- dans la zone du Sud-Liban et de
dans le village de Khirbat Silim. Suite à nistan est la seule OPEX où les artilleurs créer les conditions d’un début de
l’explosion accidentelle le 14 juillet 2009 peuvent sortir avec leur système d’ar- dialogue entre Israël et le Liban.
d’un ancien dépôt de munitions qui se mes. » Les opérateurs radars du COBRA
situait dans une maison, les hommes du du 1er Régiment d’artillerie scrutent avec Quels sont les rapports des
capitaine François Baggio interviennent, attention leurs écrans. Les pointeurs Français avec les Libanais ?
quelques jours plus tard, pour sécuriser tireurs du 54 e Régiment d’artillerie sur La population du Sud Liban
la zone, en mesure d’appuyer les FAL Mistral surveillent le ciel. Les cartes aux n’est pas monolithique, mais
dans la fouille d’une autre maison du vil- murs répertorient tout objet volant bien globalement, au quotidien,
lage. Mais soudain la population s’inter- identifié. Les quatre AUF1 sont prêts à les Français sont plutôt bien
pose et prend violemment à partie les intervenir. Défense sol-sol et défense acceptés. Ainsi, pendant
militaires par des jets de pierres, de par- sol-air, la QRF à tout moment peut sortir la Long Range Patrol, du 6 au
paings… Les Gaulois tiennent bon et réus- l’artillerie lourde pour faire face aux éven- 9 août, les blindés de la QRF ont
sissent à se dégager. tuels perturbations. été applaudis par la population
L’autre message fort demeure la présence locale alors qu’ils étaient escortés
« Ultima ratio » sur le territoire du Leclerc. Ce mastodonte par les FAL. C’est une indication
Suite à l’explosion à Khirbat Silim le de 56 tonnes intrigue les rares coureurs intéressante. Mais il faut rester
14 juillet, la tension était vive les jours du dimanche sur les routes près de Dayr vigilant. La paix est fragile et
suivants dans le village et les alentours. Kifa. Il intimide également tout adversaire la FINUL poursuit son action au
Les patrouilles du GTIA continuaient de qui oserait le défier. Il participe à la pro- quotidien et aux côtés des FAL
façon régulière, avec une vigilance accrue. tection de la force mais le lieutenant- pour la maintenir.
«Nous étions prêts et en mesure d’inter- colonel Yann Henry, commandant la QRF Quant aux Forces Armées
venir au profit des hommes du BATFRA», précise qu’il est « l’ultima ratio », dans le Libanaises, leur action sera
explique le lieutenant-colonel Henry, chef cas où la situation dégénérerait. déterminante pour l’avenir. Elles
de la QRF 2. Le BATFRA contrôlant la situa- commencent seulement à monter
1
Pour en savoir plus, consultez le témoignage
tion, la QRF n’est pas intervenue directe- page 43.
en puissance. Leurs progrès en
ment mais a été mise en alerte immédiate 2
Quick Reaction Force. deux ans et demi sont réels. Mais
et pré-positionnée à proximité de la zone. 3
En fonction depuis le 24 juillet 2009. il faut continuer à les aider à agir.

e de dissuasion TIM n° 208 - Octobre 2009 21


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En direct de…

M
algré des conditions cli-
Soutenir les unités est leur combat de tous les jours. matiques difficiles et la
Disponibilité et réactivité font la force des soldats pénibilité de l’emploi, ces
techniciens sont tous des
logisticiens. La logistique, avec ses spécificités, passionnés, au service des
matériels du théâtre », explique le capi-
est u n m a i l l o n i n d i s p e n s a b l e à l a b o n n e m a r c h e taine Sylvie Fulchic, commandant d’unité
des o p é r a t i o n s . de la Compagnie de maintenance adap-
tée au théâtre (CIMAT). Basés à U.N 9.10
(Dayr Kifa), 129 maintenanciers assurent
le soutien des 630 matériels majeurs

Logistique opérationnelle français. La disponibilité technique opé-


rationnelle (DTO) doit s’élever à un seuil
minimal de 90 % dans le domaine auto-

Une arme
engins-blindés et multitechnique.
« Actuellement, elle est de 92 %. Depuis
le début du mandat, nous avons
122 dépannages à notre compteur », se
satisfait le capitaine Fulchic.
Ces spécialistes réceptionnent, gèrent et

à toutes
distribuent les rechanges ou munitions,
réparent les matériels (si besoin la nuit)
dans des locaux en pleine rénovation. La
chaleur est accablante sous les tentes
blanches ou dans les KC20 transformés
en ateliers. Les engins chenillés sont

épreuves
même « opérés » à l’extérieur. « Et
encore, ils peuvent travailler dehors en
été ! Imaginez-vous en hiver quand il
pleut ou il neige », constate le comman-
dant d’unité de la CIMAT.

Servir en tout temps


et en tout lieu
«Tout le temps sur les routes», s’excla-
ment en chœur les chefs de section de
l’unité multifonctions logistique (UML)
composée de sept unités (503 e, 515 e et
517 e RT, 4 e GLCAT, 4 e RD, 54 e RT et SEA).
Déjà 75 000 km parcourus à raison de
500 km par jour. « Nous n’avons pas de
day-off», insiste le lieutenant Marc Mon-
teil, chef de la section eau. Il faut ravitail-
ler certaines emprises en eau tous les
deux jours, et d’autres tous les jours.
Parmi les missions récurrentes de l’UML
figurent aussi l’escorte de convois logis-
tiques, en étudiant la praticabilité des
axes pour acheminer du matériel roulant
(porte engin blindé SISU pour le trans-
port de l’AUF1 par exemple) ou du maté-
riel du commissariat (camion citerne
polyvalent de 10 m3 ou matériel HCCA1
nécessaire à la force lors des déploie-
ments massifs du GTIA). Travailler dans
la logistique se résume donc à ne pas
compter ses heures et à être disponible
pour soutenir les armes en première
ligne. L’adjudant-chef Bédat, chef de la
section MATCAT, résume assez bien cette
fonction essentielle : « L’avantage de la
log, c’est que chacun apporte sa pierre à
l’édifice. »

Convoi log istique 1


Habillement, couchage, casernement,
de l’UML. alimentation.

22 TIM n° 208 - Octobre 2009


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U n b o n s a p eu r es t r ig o u re u x e t p a t ie n t . P re u v e e n e st : l e d é t a c h e m e n t
d u g é n ie d é m in e un e z o ne e n t iè re m e nt m in é e p o u r p e r m e t t re la m a t é ria lis a t io n
de l a Bl u e Li ne . Un tr a va i l d’ or fè vr e .

Détachement du génie

Sans eux, pas


de blue barrel !
D
epuis son arrivée le 3 août sur Le travail des démineurs consiste à tra- persévérance tous les pièges mortels.
le point B.34, la section du lieu- cer un couloir sécurisé jusqu’au point Sans difficulté cette fois-ci, ils aperçoi-
tenant Christophe Pegourie, du B.34, qui se trouve à proximité de la Tech- vent une mine posée délicatement – sem-
31e Régiment du génie, a décou- nical Fence 2 . Le déminage permet, à long ble-t-il – à même le sol.
vert et détruit 20 mines, soit terme, la pose d’un baril bleu délimitant Elle est détruite sur place selon la régle-
27 m2 dépollués. «C’est un travail de lon- de façon officielle une partie de la ligne mentation ONU. Ils font une rotation
gue haleine. Nous avançons de 5 à 10m 2 de retrait des forces israéliennes. toutes les 30 minutes avec pour protec-
par jour, découvrons quotidiennement trois Dans ce maquis inextricable, le panneau tion un équipement de 35 kg et une
à six mines. J’ai beaucoup de jeunes « danger de mort » prend tout son sens. concentration maximale.
sapeurs, mais tous sont motivés et très « Entre nous et la Technical Fence,
concentrés. C’est très rare d’être sur un il y a des mines antipersonnel. On a re- 2
Barrière matérialisée par un grillage côté
chantier comme ça. Peu de chefs de sec- censé quatre lignes de mines espacées israélien, courant le long de la Blue Line.
3
Titulaire de la qualification « mines
tion ont eu cette opportunité, ça reste de 2 m. Sur ces mêmes lignes, on trouve
et explosifs » n° 3.
exceptionnel », avoue-t-il avec fierté. une mine tous les mètres », détaille le
sergent-chef Sébastien Passoni,
MINEX 32, du 31e RG.
Les sapeurs-démineurs dé- Protection de la force
broussaillent d’abord la zone, Après deux mois de déminage, la section
avancent à pas de fourmis du lieutenant Pierre-Alexandre Cordier du
armés d’une réglette et d’un 31e RG s’attèle à la protection de la force.
détecteur sur un couloir de « Sur 9.10, auparavant, les constructions
2 m de large. 9 heures et déjà é t a i e nt a na r c hi qu e s , m ont é e s t r è s
le soleil tape sur les sapeurs- rapidement, avec un degré de protection
démineurs qui décèlent avec relativement basique. » Sa section
construit des postes de défense pour
protéger le camp de Dayr Kifa d’une
Détruire é v e n t ue l l e a t t a q u e .

20 mines
équivaut à 27 m2 Un réel danger
dépollués. » pour les patrouilles
A 2.45, une équipe du 31e RG
sensibilise les sections d’infanterie
aux dangers des engins explosifs.
La sous-munition est l’engin
rencontré le plus souvent au Sud-
Liban. La « célèbre » Costal Road
est quant à elle la zone potentielle
d’engins explosifs improvisés ;
n’oublions pas que c’est ici,
au Liban, que ceux-ci sont apparus
au début des années 80.

É q u i p e d e d é mi n a g e d u 3 1 e R G .

TIM n° 208 - Octobre 2009 23


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En direct de…

S
i l’on rassemble les pièces,
Le Sud-Liban est un véritable melting-pot où se apparaît un puzzle représentant
côtoient 31 nationalités. La FINUL est cependant tout une carte onusienne homogène
où l’unique moyen de compré-
le contraire d’une tour de Babel. Chacun cohabite et hension est la pratique de la lan-
gue anglaise. Ce qui, pour certains soldats,
travaille à l’unisson pour maintenir la paix. Il suffit est une véritable épreuve !
juste de savoir parler anglais et de connaître quelques Les points de situations quotidiens
sont redoutables pour certains soldats
mots d’arabe ! français. Au début du mandat, le terme
« nothing special to report » était une
échappatoire idéale, mais le colonel Min-
Coopération multinationale joulat-Rey, commandant le GTIA français
DAMAN IX, ne l’entendait pas de la même
oreille. Les acteurs des points de sit’

On en perdrait s’efforcent désormais de s’exprimer en


anglais.
Autre difficulté à surmonter : le dialogue
quotidien avec les quelque 400 Malaisiens
(2 compagnies de combat et 1 CCL) qui

son latin !
sont intégrés au BATFRA pour remplir
les mêmes missions que les Français.
L’anglais est le seul moyen de se com-
prendre. «Tous ont fait l’effort de s’adap-
ter, aussi bien côté français que malai-
sien», se satisfait-il au bout du troisième
mois. Chez les sapeurs-démineurs du
31e Régiment du génie, l’anglais est éga-
lement de mise. C’est la réglementation
ONU qui l’exige. Le sergent-chef Sébas-
tien Passoni, sous-officier adjoint au
31e RG, s’emploie donc à adopter les ter-
mes anglo-saxons relatifs au déminage.
« On ne dit plus sapeur-démineur mais
basic deminer; ni MINEX 3, mais EOD21 ! »,
précise-t-il.

Coopérer avec les FAL


« On travaille en étroite collaboration
avec les FAL pour leur permettre d’as-
seoir leur autorité, absente dans la région
depuis trente ans, jusqu’à la crise de
2006 », explique le colonel Claude Min-
joulat-Rey. Encore faut-il arriver à se com-
prendre. Pour ce faire, le BATFRA compte
huit interprètes. Hanaa, après vingt-sept
ans dans l’enseignement, a tout plaqué
pour intégrer la FINUL. Elle est un lien
précieux pour permettre les conversa-
tions aussi bien avec l’armée libanaise
qu’avec les autorités locales. Par ailleurs,
toutes les cellules du GTIA disposent d’un
petit dictionnaire franco-arabo-libanais.
Quelques arabisants n’en font pas usage
et servent, non sans fierté, de traducteurs
lors des patrouilles communes avec les
Forces armées libanaises
Sans l’anglais, le dialogue serait inexis-
tant au sein de la FINUL, mais les quel-
ques mots en arabe prononcés par les
Français sont toujours bien accueillis par
la population locale, preuve de leur volonté
à s’imprégner de la culture locale.

Point de situation quotidien du GTIA,


en présence d’officiers malaisiens.
1
Explosive ordonnance disposal.

24 TIM n° 208 - Octobre 2009


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Le CCH Borredon demande aux enfants


ce qu’ils ont fait pendant le week-end.

Coopération civilo-militaire
Le groupe électrogène

Gagner le cœur change les conditions de travail


Autre ambiance, même village. La longue
rangée de commerces inanimés n’inspire
guère d’intérêt aux acheteurs éventuels.
Les hommes attendent assis devant la

des Libanais
Depuis novembre 2006, 90 projets de Coopération
devanture tandis que les femmes réfu-
giées dans la fabrique de produits locaux
s’enthousiasment de leurs nouvelles
conditions de travail grâce à un groupe
électrogène fourni par la France. Les
Libanais ont tout à fait conscience de l’in-
civilo-militaire (CCM), axés sur l’éducation, l’eau térêt à élaborer de tels projets. Ils appré-
cient les améliorations apportées à leur
et l’énergie, sont en cours ou achevés. Bint Jbeil quotidien et le
en est le parfait exemple. contact avec

C
les soldats
ette localité musulmane de ou d’améliorer le quotidien de l’associa- français.
30 000 habitants est devenue tion des femmes de Bint Jbeil.
un lieu de prédilection pour
les soldats français. Chaque « Prof », une fois par semaine
semaine, des volontaires se Les garçons sont d’un naturel calme tan-
réjouissent de pouvoir troquer le Famas dis que les petites filles, toutes apprêtées
contre une craie lors des ateliers de fran- comme des poupées, chahutent autour
çais donnés à des enfants de 6 à 15 ans, de «professeurs» en kaki dans la cour du
centre de lecture et d’animation cultu-
relle, le CLAC. A l’intérieur, résonne une
La CCM chanson bien connue des Français, Le
La coopération civilo-militaire est Douanier Rousseau. « L’objectif n’est pas Les victoires
une fonction opérationnelle visant d’enseigner, mais plutôt de pratiquer la s’accompliront
à améliorer l’intégration de la force langue française de façon ludique, d’en-
dans son environnement humain. courager les enfants à lire des contes, à un jour sans canons
Si le concept est ancien, longtemps décrire des illustrations. On gagne le et sans baïonnettes. »
appelé Action civilo-militaire (ACM) cœur des enfants pour mieux s’intégrer
Napoléon
ou Civilian military cooperation dans la population », répond le capitaine
(CIMIC), il est toutefois désigné Tanguy Stevant, officier adjoint de la com-
désormais sous le nouvel acronyme pagnie Bravo du GTIA, qui anime l’atelier
CCM. Dans la zone du BATFRA, des 12-15 ans. On est loin des sentiers
le GIACM, seul groupement inter- battus des patrouilles quotidiennes, et
armées d’actions civilo-militaires, cela fait pourtant partie des missions des L’ADC Grivel
situé à Lyon, met en œuvre la CCM. casques bleus français dans le cadre des en pleine séance
activités CIMIC. de lecture.

TIM n° 208 - Octobre 2009 25


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Obéir et comm
Au cœur de Commander, Savoir obéir À l’épreuve La compétence
notre vocation ça s’apprend... _34-35 des OPEX_36-37 avant tout_38
_28-29 _30-33

26 TIM n° 208 - Octobre 2009


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DOSSIER

O
béir et commander : ces
deux notions sont aussi vieilles
que les armées, et forment
aujourd’hui autant qu’hier
le socle du métier militaire.
« Commander et obéir sont les deux
aspects d’un tout indissociable qui garantit
la solidité de notre édifice », déclarait
le CEMAT 1. En effet, la force des armées
réside en partie sur sa capacité à fédérer
les énergies dans un être collectif fondé
à la fois sur la fraternité d’armes et sur
la discipline. Commander trouve sa
justification et sa finalité dans l’engagement
commun au combat, que seule l’association
étroite entre chefs et subordonnés rend
possible. Obéir est son corolaire immédiat
qui permet l’exécution de la mission,
quelle que soit la difficulté de la situation
L’exercice du commandement a toujours dû,
au cours de l’histoire, s’adapter à l’évolution
des mentalités. Le colonel de Linares,
commandant le 5 e Régiment de tirailleurs
algériens pendant la campagne d’Italie,
de France et d’Allemagne, disait déjà
à ses lieutenants le jour de son
départ : « J’ai essayé de vous commander
avec le cœur », un style de commandement
adapté à ses subordonnés. La période

mmander
actuelle n’échappe pas à cette règle.
Le chef exerce également son autorité
par son exemplarité. En s’offrant comme
modèle, il permet de prouver que l’idéal
à atteindre est réalisable. Son école est
celle de la vie où l’enseignement de sonne
par l’action, toujours plus convaincante
que la parole 2. Or, il importe que tous
disposent, en la matière, d’un cadre
de référence, que l’on reçoit au cours
de la formation, à Coëtquidan pour les
officiers, à Saint-Maixent pour les sous-
officiers ou encore au cours de la période
de formation initiale pour les militaires
du rang, et tout particulièrement dans
le nouveau concept de Centre de formation
initiale militaire (CFIM).
LTN Ariane PHILIBERT
Photos : ADJ Jean-Raphaël DRAHI,
CCH Jean-Baptiste TABONE, CNPI 2 et 6

1
Allocution aux promotions sortantes des Écoles
de Saint-Cyr Coëtquidan, le 14 mai 2009.
2
Colonel Benoît Royal, L’Ethique du soldat français,
chapitre 2, troisième principe.

TIM n° 208 - Octobre 2009 27


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DOSSIER Obéir et commander

Commander et obéir font intrinsèquement partie du métier militaire. Pourtant,


à l’image de la société, l’armée de Terre a accompagné ces dernières années
de profonds changements. Qu’ils soient d’ordre culturel, sociologique,
économique ou technologique, notre armée a dû s’adapter et doit continuellement
faire évoluer son style de commandement. Dix ans après les débuts
de sa professionnalisation, quel constat dresse-t-on ?

V
os chefs, comme vos subor- ment, aux promotions sortantes des Éco- contraire d’une obéissance active sollici-
donnés, n’attendront rien d’au- les de Saint-Cyr Coëtquidan, le 14 mai tant un investissement personnel, une
tre de vous dans votre propre 2009. Et d’ajouter: «Commander et obéir volonté d’action et une exécution parfaite.
exercice du commandement sont les deux aspects d’un tout indis- Elle nécessite une adhésion car le carac-
que cet acte d’obéissance intel- sociable qui garantit la solidité de notre tère impérieux de l’ordre a été bien com-
ligent et réfléchi qu’est la transcription, édifice. » pris, parce qu’il est légitime et conforme
à votre main, des ordres que vous aurez au droit et parce qu’il est la traduction
reçus, fidèle reflet de votre esprit d’ini- Savoir obéir… concrète d’un acte de commandement,
tiative, de votre intelligence des situations En effet, obéir constitue l’exigence pre- lui-même légitime. L’obéissance aux
et de votre instinct dans l’adversité.» C’est mière du métier militaire car elle contri- ordres est enfin un facteur clé de la cohé-
en ces termes que le CEMAT, le général bue à l’excellence professionnelle du sion, elle-même gage d’efficacité. Car la
d’armée Elrick Irastorza, rappelait les soldat. Il ne s’agit pas ici d’obéissance force des armées réside en partie sur sa
principes d’obéissance et de commande- aveugle et irréfléchie, mais bien au capacité à fédérer les énergies dans un

Au cœur de
notre vocation

Exercice COLD RESPONSE 2009


en Norvège.

28 TIM n° 208 - Octobre 2009


TIM208_026_038_DOSOK.QXD 23/09/09 11:08 Page 29

être collectif fondé à la fois sur la frater- dement dans l’armée de Terre. La com- entre le commandement et la notion très
nité d’armes et sur la discipline. Cet état munication est en effet présentée comme à la mode du management.
d’esprit est un indispensable acquis dans un acte essentiel : « La communication En bref, même si le commandement
les situations difficiles. ouvre la voie à un meilleur style de com- demeure le ciment de l’armée de Terre,
mandement », permettant de parvenir à la façon de l’exercer s’est infléchie, ten-
… pour mieux commander ! une meilleure compréhension mutuelle, dant à faire percevoir comme antagonis-
Commander trouve également sa justifi- qui elle-même amène le respect récipro- tes les notions pourtant complémentaires
cation et sa finalité dans l’engagement que «et —pourquoi pas? —l’estime par- de confiance et de contrôle, au détriment,
commun au combat, que seule l’associa- tagée.» Elle s’oppose ainsi à l’information, avouons-le, de ce dernier.
tion étroite entre chefs et subordonnés action à sens unique. La communi-
rend possible. Parce que le commande- cation est présentée comme une
ment est au cœur du métier particulier responsabilité du commandement.
Commander et obéir
de l’armée de Terre, la façon dont on Mais pourquoi le CEMAT a-t-il tenu sont les deux aspects
l’exerce influence profondément les rap- à rappeler ces principes à de jeu-
ports qui s’y développent entre individus, nes officiers, à peine sortis d’école?
d’un tout indissociable qui
engendre un style particulier de relations Parce qu’après avoir réussi le défi garantit la solidité de notre
humaines, modèle enfin son identité. de sa professionnalisation, l’armée édifice. » Général d’armée
L’exercice du commandement a dû s’adap- de Terre constate, dix ans plus tard,
ter à l’évolution de la société. « Commu- que malgré ce succès, l’exercice du Elrick Irastorza, CEMAT
niquer, faire participer, décentraliser en commandement s’est quelque peu
développant le sens de l’humain, voilà déformalisé dans les unités. «Nous vivons A-t-on voulu trop bien faire ? À force de
bien les conditions nécessaires pour dans une société de la communication où vouloir être trop en phase avec la nouvelle
adapter l’art du commandement aux exi- chacun peut avoir un accès illimité à l’es- génération d’engagés, n’aurait-on pas
gences de notre époque », rappelait-on pace public, chacun peut s’exprimer sur négligé les principes inhérents à nos
déjà en 1986 dans L’Exercice du comman- tout, partout et comme il veut… Du coup, armées ? Toujours est-il que les conclu-
la figure du cadre change aussi dans l’ar- sions de cette étude sont claires. Il faut
mée… On parle de moins en moins de réaffirmer un certain nombre de princi-
chef, mais de manager, d’encadrant, de pes fondamentaux de l’exercice du com-
façon plus souple et plus large. Cela mandement qui ont pu être oubliés.
modifie en profondeur les rapports à l’ins- Concrètement, par quoi cela passe-t-il ?
titution et à la mission», explique le lieu- Par une meilleure formation des jeunes
tenant-colonel Bertrand Le Testu, ancien cadres (sous-officiers et officiers) mais
chef de la section Formation au compor- également par la restauration des procé-
tement militaire au Commandement de dures et des cadres traditionnels qui
la formation de l’armée de Terre (CoFAT). régissent la plupart des actes du soldat,
Un constat que ne fait que confirmer une au quartier comme en opérations. À titre
étude récemment conduite. En effet, l’Ins- d’exemple, il faut remettre au goût du jour
pection de l’armée de Terre (IAT) a pré- l’établissement de plans d’action écrits
senté en avril dernier 1, les conclusions et des fiches de tâches (lire l’encadré).
d’un audit mené sur les conditions d’exer- L’IAT a constaté que nombre de postes de
cice du commandement dans 21 forma- travail dans les unités étaient dépourvus
tions de l’armée de Terre. Les jeunes de ces dernières ! Des propositions
engagés, logique reflet de leur généra- concrètes ont déjà été soumises au
tion, mais dont les atouts l’emportent sur CEMAT et tendent toutes vers un objectif
leurs faiblesses, peuvent pourtant dérou- commun : revaloriser et décomplexer
ter des cadres souvent guère plus âgés. l’exercice du commandement.
Ces derniers peuvent alors osciller, dans
la recherche de l’affirmation de leur auto-
rité, entre l’expression d’une distance un 1
Rendue publique auprès des commandeurs,
peu froide au «copinage». Dans le même le 29 avril 2009.
temps, une confusion s’instaure parfois

Rappel des fondamentaux


« Commander, c’est prévoir, donner des ordres et en contrôler l’exécution. » Dans le but
d’améliorer ce dernier point, le général d’armée Irastorza, CEMAT, a tenu à rappeler dans
une note intitulée « Cadres de référence en matière d’exercice du commandement »,
publiée en juin 2009, les obligations du commandement, à chaque niveau hiérarchique. Il
y rappelle l’importance de plusieurs supports incontournables du commandement : le
plan d’action, le cahier de rapport hiérarchique, l’emploi du temps, le cahier d’ordres, le
carnet du chef de section, de peloton ou de groupe, la fiche de séance, la fiche de poste.
Il est précisé que si la plus-value de la « dématérialisation » est incontestable, elle n’au-
torise toutefois pas les cadres placés en situation de commandement à s’affranchir tota-
lement du support « papier ».

TIM n° 208 - Octobre 2009 29


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DOSSIER Obéir et commander

Les Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (ESCC) et l’École nationale des sous-officiers


d’active (ENSOA) apprennent à leurs élèves officiers et sous-officiers à commander.
Le but : qu’ils puissent tous mener leur unité au combat, à des niveaux de décision
différents bien sûr, avec une formation adaptée à leurs futures responsabilités.

Commander,
ça s’apprend...
L
a Formation militaire générale extrême en termes d’éthique et de com- des besoins de l’armée de terre et des
(FMG) est constituée de l’ensem- portement, en détermine la nature. retours d’expérience, mais les fondamen-
ble des savoirs, savoir-faire et taux en la matière restent les mêmes. »
savoir-être fondamentaux que Les écoles de Coëtquidan Ainsi, la « Grande école du commande-
chaque militaire doit acquérir au « Obéir et commander aujourd’hui, est- ment » forme des officiers capables de
cours de sa formation, approfondir et ce vraiment différent d’hier ? » Pour le décider en situation difficile, des chefs en
entretenir dans toutes ses activités pour général de division Nicolas de Lardemelle, vue du combat, quelle que soit sa nature.
donner du sens à son action et orienter commandant les écoles de Saint-Cyr Dans un contexte opérationnel en perma-
son comportement en toutes circons- Coëtquidan jusqu’à l’été 2009 : « Il faut nente évolution, il faut donner à l’officier
tances. L’emploi de la force, caractéristi- sans cesse adapter la formation au nou- les dispositions intellectuelles, physiques,
que du métier des armes, d’une exigence veau contexte (…) au gré de l’évolution techniques et humaines qui lui permet-
tront de faire face aux situations d’aujour-
d’hui mais aussi d’imaginer les solutions
aux défis de demain.
« Les aptitudes à développer sont de
pouvoir discerner dans la complexité,
décider dans l’incertitude, agir dans l’ad-
versité », précise le général de Larde-
melle. On retrouve en elles « les qualités
fondamentales d’intelligence de situation,
de force de caractère et de savoir-être».
C’est un équilibre entre « l’obéissance et
l’initiative, la force de proposition et la
rigueur d’exécution, l’exigence et l’atten-
tion aux subordonnés, la force du raison-
nement et la curiosité d’esprit, le courage
physique mais aussi intellectuel». La per-
sonnalité est forgée par une formation
intégrée, à la fois militaire, académique
et humaine. Formation académique pour
la communication, la rigueur de concep-
tion, l’inventivité et la capacité de discer-
nement. Formation militaire pour devenir
des chefs, hommes et femmes d’action
au savoir faire technique, tactique et phy-
La « Grande école du commandement » sique. Formation humaine pour acquérir
forme des officiers capables de décider
en situation difficile.
le sens des responsabilités, une force
morale élevée, et un style de commande-

30 TIM n° 208 - Octobre 2009


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L’ENSOA donne aux jeunes des notions


de commandement et d’obéissance.

ment combinant autorité naturelle et sens la responsabilité de la façon dont il fait le Un chef se doit
de l’humain. Cette dernière vise en par- travail qu’on lui a confié ».
ticulier à faire assimiler les fondements La formation au commandement s’exerce
d’être exemplaire,
intellectuels, éthiques et déontologiques par l’exemplarité et l’action des cadres de rigoureux et discipliné.
de l’exercice du métier des armes. contact, les mises en situation, la respon-
Au-delà des lois et des textes qui définis- sabilisation progressive en stages et
J’ai bien conscience qu’il
sent la conduite à tenir, le jeune chef exercices avec troupe. Qu’ils soient saint- me faut obéir avant d’être
devra faire face à la complexité des situa- cyriens, élèves-officiers de l’EMIA, de un chef moi-même.
tions au combat, avec son lot de danger l’EMCTA ou élèves-officiers sous contrat,
et de stress, et être armé de références tous sont placés en situation et font le J’ai pris exemple sur mon
solides pour commander. L’accent mis sur constat unanime : « Pour bien comman- premier cadre de contact,
l’éthique et la déontologie se justifie donc, der, il faut être exemplaire et fédérer ses
selon le professeur Henry Hude, comme hommes, susciter les énergies pour un il est le chef à qui on
«une force pour l’action. Le militaire porte même objectif.» Le chef de bataillon > aimerait tous ressembler,
c’est l’image du chef idéal. »
Un seul cas de non obéissance SLT Martin, élève officier de
Certaines situations rendent inutile ou impossible l’exécution ultérieure la 2e compagnie du 1er Bataillon
d’un ordre ou d’une mission. Repérer ces moments-là est l’épreuve la de l’ESM
plus difficile pour l’autonomie du jugement militaire. Ce sont ces situations
où le militaire, qui assure sa part de responsabilité, ne doit pas exécuter
l’ordre qui lui est donné, en pleine conscience. Ceci s’applique uniquement
dans le cas où un ordre donné est contraire à la loi, comme le précise
l’article 8 du Statut général des militaires : « Les militaires doivent
obéissance aux ordres de leurs supérieurs et sont responsables de
l’exécution des missions qui leur sont confiées. Toutefois, il ne peut leur
être ordonné et ils ne peuvent accomplir des actes qui sont contraires
aux lois, aux coutumes de la guerre et aux conventions internationales. »

TIM n° 208 - Octobre 2009 31


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DOSSIER Obéir et commander

> Bernard Gaillot, commandant la


2 e compagnie du 1 er bataillon de l’École
spéciale militaire de Saint-Cyr (ESM) sou-
ligne : « Ces jeunes ont déjà un véritable
Pour exercer goût du commandement, ils se projettent
ce métier, il déjà sur leur première partie de carrière.
Bien entendu, ils idéalisent ce moment,
faut avoir une véritable mais ils ont la chance d’avoir été placés
conscience professionnelle, très régulièrement dans des situations
proches du réel, ils sont donc assez luci-
savoir obéir, se mettre à des et bien préparés.» La formation tient
la place de ses futurs compte du caractère international des
opérations ; depuis deux ans un exercice
subordonnés. La finalité, franco-britannique mené en partenariat
c’est la mission. » avec l’école royale militaire de Sandhurst
place régulièrement les élèves-officiers
EVSO Bonnet, 12 e compagnie à la tête de sections françaises intégrées
du 1er Bataillon de l’ENSOA dans des compagnies de cadets britanni-
ques. Bien sûr, les scénarios s’inspirent
L e c o d e d u s o l d a t r é c a p it u l e directement de la réalité opérationnelle
e n d o u z e a rt i c l e s l e s rè g l e s d e c o n d u i t e du théâtre afghan.
d u m i l i t a i r e fr a nç a i s .

Et à Saint-Maixent ?
« Ici on leur donne les bases du comman-
dement et du respect d’autrui. Nos développer chez eux une certaine auto-
élèves sont extrêmement motivés. Ils vien- nomie », explique le général de brigade
nent chercher chez nous un cadre, la Didier Legrand, commandant l’École natio-
cohésion, qu’ils ne retrouvent plus dans nale des sous-officiers d’active de Saint-
notre société moderne. Nous véhiculons Maixent-l’École (ENSOA). Ainsi la préoc-
des valeurs humaines et de discipline cupation principale à l’ENSOA, en un
qu’ils recherchent. Le challenge c’est à la espace de temps contraint, est de donner
fois d’inculquer des savoir-faire et de aux jeunes des notions de commandement

La passation de commandement

32 TIM n° 208 - Octobre 2009


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L’objectif est de f orger les esp rits


s a n s c r é e r d ’ a u to ma t i s me s .

et d’obéissance. Pour cela, il a fallu ren-


forcer la formation initiale. Comme nous
l’explique le directeur général de la for-
mation, le colonel Alain Leclerc. « Nous
avons séquencé la formation en deux
phases : premièrement l’acquisition des
fondamentaux ; deuxièmement, l’appren-
tissage du commandement. » Et de
commenter : « L’apprentissage de l’obé-
issance formelle est la véritable école du
soldat, ceci jusqu’à l’obtention du Certifi-
cat militaire élémentaire (CME). »
La formation au comportement fait évo-
luer les méthodes d’enseignement. Le
comportement est un domaine transverse,
Être un bon chef,
qui vise à former les élèves à obéir pour
c e la s ’a pp r e n d.
pouvoir ensuite commander. « Le but est
de former des professionnels capables
d’identifier les problèmes et de se donner
les moyens d’agir en fonction des règles Génération Facebook
du métier », comme nous l’indique le chef
de bataillon Richard Pinna, chef de la Frédéric Charillon, professeur des universités en science politique
direction de la formation au comporte- et directeur de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire,
ment (DFC). Il faut susciter chez eux la constate que les nouvelles générations recrutées sont plus individualistes.
réflexion de groupe. Le chef doit savoir « Nous assistons, ces dernières années, à une plus grande marge
réguler les comportements. de manœuvre dans la gestion des contraintes sociales, avec la génération
Le chef est responsable de la formation MSN et Facebook. Tandis que sur le web, les jeunes peuvent choisir
de ses hommes. Les jeunes sont en perte d’être “présents”, “absents”, “occupés” ou “disponibles” en fonction des
de références, ils ont besoin d’un cadre. interlocuteurs qui les sollicitent, l’engagement dans l’armée, par vocation
Ici ils se sentent accompagnés, c’est la ou par envie d’aventure, les amène à gérer une socialisation qui cette fois
pédagogie de la réussite. C’est dans cette n’est plus virtuelle, et en devient donc plus contraignante, ce qui peut
optique que la DFC a mis en place de nom- constituer un changement brutal. »
breux exercices concrets. À l’heure actuelle, tous les formateurs ont constaté une montée de
L’objectif, forger des esprits, sans créer l’individualisme. Le besoin de cohésion dans les armées se heurte ainsi
d’automatismes mais au contraire susci- aux individualités fortes des jeunes recrues, tendant à inhiber,
ter une capacité à réfléchir, à réagir vite. notamment chez les plus jeunes cadres, l’exercice du commandement,
Il leur faut prendre conscience de leur rôle plus particulièrement dans sa dimension de contrôle. Il faut donc trouver,
de chef. Un bon chef est déjà quelqu’un dans les approches pédagogiques, un moyen de modifier ces comportements
qui a des connaissances; être un bon chef, pour que les jeunes engagés acceptent d’eux-mêmes d’adhérer
cela s’apprend. aux fondamentaux indispensables de cohésion et d’esprit de corps.

TIM n° 208 - Octobre 2009 33


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DOSSIER Obéir et commander

É ch a u f f em e n t au P ar c o u r s d ' o b st a cl e s
a u C e n t re d e fo r m a t i o n i n i t i a l e m i l i t a i r e
(CFIM) de la 27 e BIM.

Savoir obéir
S i l’e x e rc ic e d u c om m a n de m e n t im p li qu e u ne f o rm a t io n s pé c if iq u e , l’o b é is s a n c e
n é c e s s i t e a u s s i u n a p p r e n ti s s a g e . D e v e ni r s o l d a t pa s s e pa r p l u s i e ur s é ta pe s ,
n ot amment celle, cru ciale, de la fo rmat io n g énérale in it i al e. L’outil de formation
s ’ a d a p t e à l ’ é v o l u t i o n d e no s j e u n e s e n ga gé s e t d e s C e n t r e s d e f o r m a ti on i n i t i a l e
m i l i t a i r e ( C F I M ) o n t é t é e x p é r i m e n t é s e n 2 0 0 9 . A ve c s u c cè s …

L’
honneur de ce métier, c’est de se complexifie au contact de générations de l’armée de Terre a donc décidé d’ex-
commander et de savoir obéir», qui évoluent logiquement au rythme de périmenter, sur le modèle britannique,
rappelait le CEMAT. L’armée de la société, rendant notamment la tâche des centres de formation initiale militaire
Terre a passé avec brio le cap de des jeunes cadres plus délicate. C’est l’un (CFIM). Avec le CFIM, on uniformise la for-
la professionnalisation, tout en des constats établis par la récente étude mation tout en la valorisant et en la pro-
adaptant son style de commandement aux conduite par l’IAT auprès d’une vingtaine tégeant des «perturbations» du régiment.
caractéristiques sociales et psychologi- de formations. Les conclusions de l’IAT En effet, les jeunes recrues sont formées
ques des engagés. Cette évolution du sont claires. Il faut « relégitimer » la dans des locaux équipés à neuf, qui leur
commandement relève d’un processus notion de contrôle, affermir l’exercice du sont exclusivement réservés. Comme
complexe, recherche d’équilibre entre la commandement mais aussi mieux pré- c’est déjà le cas pour la formation initiale
prise en compte du profil de nos jeunes, parer les recrues à leurs conditions d’en- en régiment, il s’agit de donner aux jeunes
parfois en contradiction, au moins initia- gagements futurs, en adaptant leur engagés, par un effort permanent d’édu-
lement, avec les valeurs militaires, et la période de formation initiale. cation, un cadre de référence et un code
nécessité de fidéliser des soldats dont les de conduite.
atouts l’emportent en définitive sur leurs Une instruction progressive Dans ces centres, le chef et l’instructeur
faiblesses. Dès lors, certains cadres peu- Il s’agit bien d’éviter un choc des cultu- manifestent, en toutes circonstances et à
vent avoir l’impression de jouer le rôle res qui provoque nécessairement une chacun de leurs subordonnés, l’estime
d’éducateurs, en complément de l’exer- incompréhension d’un côté comme de due à des compagnons d’armes. La péda-
cice de l’autorité purement militaire. l’autre. Soucieux de fidéliser et d’amélio- gogie mise en œuvre 2 tend à inculquer
Indéniablement, donc, le commandement rer leur formation, le chef d’état-major des comportements et acquérir des

34 TIM n° 208 - Octobre 2009


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Séance de course à pied.

Le commandement
se complexifie
au contact de générations
qui évoluent logiquement
au rythme de la société,
rendant notamment
notamment l’exercice du
commandement des jeunes
cadres plus complexe. »

capacités en vue de réaliser une action


collective. Elle s’attache à rester pédago-
gique et progressive.
Pédagogique, comme l’explique le colo-
nel Dominique Lemaire, ancien chef
de corps du 4e Régiment de chasseurs
(4e RCh) de Gap, ayant soutenu l’expéri-
mentation du CFIM pour l’ensemble des
unités de la 27e Brigade d’infanterie de
montagne : « La qualité de l’instruction
contribue à l’image de la vie militaire que
se font les jeunes recrues dans les pre-
miers jours de présence au régiment.
Beaucoup d’entre elles sont en situation
d’échec parce qu’elles ne se sont pas sen-
ties à leur place dans le système d’ensei-
gnement national. Aussi avons-nous la
responsabilité de ne pas en faire des
échecs de la Défense nationale en repro-
duisant des méthodes pédagogiques aux-
quelles elles n’ont jamais adhéré. »
Progressive, car les niveaux de départ
sont disparates, les niveaux physiques
souvent médiocres et qu’il faut amener
l’ensemble du groupe au niveau fixé dans
Entraînement au combat
les domaines du combat, du tir, du sport, en zone urbaine.
de l’endurance, de la rusticité et des pre-
miers secours.
Elle permet également de responsabili- Pichon, de l’ENSOA, a commandé la pre-
Des résultats probants grâce à ser davantage le personnel d’encadre- mière session de formation qui s’est tenue
un taux d’encadrement renforcé ment et facilite la prise d’initiatives. du 12 janvier au 3 avril 2009. « Les jeu-
Les CFIM permettent de déléguer l’ins- À l’instar du 4e RCh pour la 27e BIM, l’École nes que nous avons incorporés étaient en
truction aux chefs de groupe et ainsi de nationale des sous-officiers d’active attente de contact, ils n’ont pas eu peur
dispenser une formation quasi-indivi- (ENSOA) de Saint-Maixent a été désignée d’obéir et ils étaient demandeurs. » Au vu
duelle aux jeunes engagés. L’encadre- pour expérimenter un centre de forma- du succès de cette première expérimen-
ment, trié sur le volet, a été sensibilisé, tion initiale militaire (CFIM) pour toutes tation, le principe des CFIM devrait être
lors d’un stage de mise en condition pré- les formations non embrigadées. La pre- étendu à toute l’armée de Terre au cours
cédant la formation, aux exigences de mière session s’est tenue sur douze des deux années à venir.
qualité du CFIM. La mise en application semaines avec 83 jeunes de toute la
des principes d’instruction favorise la France. Le bilan est positif, seulement 7%
manipulation du matériel, la répétition et d’attrition ont été constatés sur le pre- 1
Ordre du jour du 8 novembre 2008,
l’attractivité de l’instruction. mier stage. Le chef de bataillon Christian à Saint-Cyr Coëtquidan.

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DOSSIER Obéir et commander

À l’épreuve
des engagements
opérationnels
L’apprentissage, en temps de paix, de l’obéissance pourquoi ils étaient là », explique le capi-
taine Laurent de Saint Blanquat, ancien
et du commandement trouvent leur finalité dans commandant d’unité de la 2 e compagnie
de combat du Régiment de marche du
l’engagement opérationnel et le combat. Le but Tchad (RMT). C’est dans l’action que tout
premier : faire en sorte que, dans l’environnement le travail du commandement en temps de
paix trouve sa plénitude. Frédéric Pons,
d’une guerre ou d’une crise, tout fonctionne dans son ouvrage Opérations extérieures
à l’instinct et avec l’efficacité maximale. : les volontaires du 8 e RPIMa, cite ainsi
l’expérience de l’adjudant Evrard, chef de

L
section de Carmin 2 lors des combats
es combats que les forces ter- étrangère, d’obéir ou de commander à d’Uzbeen, en Afghanistan : « Dans l’es-
restres ont à conduire aujour- des militaires d’autres nationalités. Cela prit du 8, il a appris à ses jeunes à obéir,
d’hui dans le cadre des opéra- requiert une grande ouverture d’esprit. mais en se posant aussi des questions
tions, sont violents, longs et « En 2008, en Afghanistan, notre mission pour savoir faire preuve d’initiative le
répétés. Ils exigent une coopé- s’est révélée immédiatement intéres- moment venu. Il sait que le meilleur
ration interarmes et interarmées appro- sante, mais aussi dangereuse. Nous moyen de gagner la confiance de ses
fondie et poussée jusqu’aux plus petits n’avions pas beaucoup de temps pour hommes est de leur donner confiance.
échelons du commandement. penser, le travail était prenant. Sans dire […] Avant le départ, Evrard a senti mon-
Le militaire doit savoir s’adapter en que nous n’avions aucun problème de ter l’excitation pour cette première opéra-
milieu multinational, il arrive parfois discipline, ceux-ci restaient vraiment à la tion extérieure. Chacun a pris conscience
d’avoir à travailler dans une langue marge… Mes hommes comprenaient des risques. Evrard part en confiance avec

36 TIM n° 208 - Octobre 2009


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Le commandement opérationnel du futur


« Le FELIN apporte de nombreuses
plus-values sur le plan des relations
chefs/subordonnés. Ce système est
plus rapide, plus sûr et plus clair.
En se dégageant ainsi une marge de
temps supplémentaire, le chef peut
faire participer ses subordonnés à
l’élaboration de la décision. Dans ce
contexte, les relations entre un chef
et son subordonné ne peuvent être
que simplifiées », explique le capi-
taine Julien Maurel commandant d’unité de la 4e compagnie de combat du RMT,
qui a expérimenté le système FELIN. FELIN ne change pas réellement la concep-
tion des ordres, mais ajoute une nouvelle vision de l’espace de bataille, autori-
sant une meilleure gestion des efforts dans des espaces ou des zones d’actions
de grande dimension. « Un des intérêts majeurs, c’est qu’aujourd’hui le chef sait
où sont ses hommes. Avant, on commandait à la voix… Grâce à FELIN, nous voyons
se dissiper en partie “le brouillard de la guerre”. Cela permet aussi d’éviter les
tirs fratricides », souligne le capitaine Maurel. L’information, qu’elle soit ascen-
dante ou descendante, constitue l’un des fondements du commandement.
Mais travailler avec les nouvelles technologies peut aussi fausser la perception
des choses pour le chef et ses subordonnés. Tout va plus vite, les hommes sont
donc obligés de s’adapter, de comprendre plus vite, de réagir plus vite. Et même
si les nouvelles générations sont habituées au virtuel, il n’en reste pas moins
déstabilisant, surtout en période de stress où l’être humain a besoin de se
rattacher à du concret. Rien ne remplacera le contact humain, d’autant plus que
la technique n’a pas encore fait preuve d’une fiabilité à 100 %. « Attention il ne
faut pas oublier que nous commandons des hommes et non des machines !
Le FELIN est un système d’hommes », conclut le capitaine Maurel.

Remplir sa mission, un objectif ancré dans apprendre à gérer l’éloignement prolongé


Patrouille d’une section
la tête de tout militaire au départ. Mais il et la promiscuité de la vie collective. Pour
du 8e RPIMa dans le bazar ne faut pas oublier que ce qui fait fonc- de nombreux militaires l’éloignement est
de Nijrab, en Afghanistan. tionner le système ce sont les hommes un facteur déterminant dans la gestion
qui le composent! « L’armée de Terre est du quotidien. « La fatigue, le stress, les
un système d’hommes, où obéir et com- difficultés logistiques, de maintenance,
mander, que ce soit à l’entraînement ou l’omniprésence de l’armement, peuvent
ses “petits”. Il n’a pas tort. Eux sont sou- en opérations, reste fondamentalement modifier les relations entre le chef et
dés derrière leur chef. Ils le suivraient la même chose. Aujourd’hui, il faut davan- ses subordonnés. Dans ce cas, le chef
partout. Ils le disent : “Jusqu’en enfer…”» tage expliquer le pourquoi de la mission. doit savoir faire un choix, prendre une
Il faut amener à faire comprendre pour décision qui ne fera pas forcément
Obéir d’amitié légitimer l’ordre. Une troupe qui sait l’unanimité.
Il arrive parfois que des liens forts pourquoi elle se bat est bien meilleure. Il doit aussi savoir faire preuve de recon-
s’instaurent entre chefs et subordonnés. Cela oblige également le chef à clarifier naissance pour le travail accompli, il doit
Au-delà de la confiance réciproque, c’est ses idées. Tout doit passer par l’adhé- savoir écouter, sans doute plus qu’en
l’amitié qui devient le moteur de toute sion », confiait le colonel de Medlege, chef France… d’où l’importance d’instaurer un
action, c’est ce qu’on appelle obéir d’ami- de corps du RMT. véritable dialogue », précise le capitaine
tié. Comme le disait le général Delattre de Saint Blanquat. Il faut éviter qu’un
de Tassigny : « Il ne suffit pas de com- Gestion de la distance individu s’isole du groupe. En opérations
mander à des hommes, il faut aussi savoir Au sein des régiments, les départs en plus qu’ailleurs la cohésion doit passer
les aimer. » On parle aussi d’esprit de mission sont nombreux, il faut alors au-dessus de tout !
corps, fort sentiment d’amitié et de soli-
darité liant les membres d’un groupe et
ce à tous les niveaux de la hiérarchie. Il ne suffit pas de commander
C’est tout ce qui réunit dans une même
communauté fraternelle et solidaire et à des hommes, il faut aussi
qui fédère tous les personnels vers un
intérêt collectif supérieur : la réussite
savoir les aimer. C’est ce qu’on appelle
dans l’engagement opérationnel. obéir d’amitié. » Général Delattre de Tassigny
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DOSSIER Obéir et commander

Comment s’appliquent les notions de commandement et d’obéissance lorsque


l’on est militaire de réserve ou personnel civil ? Il faut savoir faire face aux mêmes
contraintes, de discipline, de relations humaines ou de travail, sans pour autant
être présent à temps plein ou partager le même statut.

La compétence
avant tout
L
e capitaine Sage est comman-
dant d’unité de la compagnie
de réserve du 19e Régiment
du génie de Besançon et ensei-
gnant en histoire-géographie.
Réserviste depuis 1998, il a suivi depuis
ces dernières années la montée en puis-
sance de la réserve opérationnelle de l’ar-
mée de Terre.
À ses débuts, sa compagnie avait un effec-
tif de 15 personnes ; aujourd’hui, elle est
composée de 120 militaires. Preuve du
professionnalisme abouti de cette compa-
gnie : l’année passée, elle a été l’une des
premières à expérimenter une mission
VIGIPIRATE à Paris en compagnie consti-
tuée. « Commander des réservistes est
à la fois complexe car même si les réser-
vistes sont volontaires ils sont aussi civils,
avec une vie à part entière et des préoc-
cupations autres que militaires. Ils peu-
Personnel civil de la Défense
vent claquer la porte sans problème »,
chargé de la gestion
nous explique-t-il. du parc auto au 1er Régiment
Bien sûr, sa formation militaire l’a beau- d’infanterie.
coup aidé à mieux appréhender l’exercice
du commandement. Pour lui, « c’est dans soumis au quotidien aux mêmes notions matériel (8e RMAT), ce n’est pas un pro-
la difficulté que le commandement prend d’obéissance et de commandement. L’ab- blème d’être civil ou militaire. «Après les
tout son sens. C’est pour cela qu’il faut sence de grade et d’uniforme, les diffé- premiers émois, la seule chose impor-
adapter son commandement en établis- rences de contraintes et quelquefois de tante à retenir dans les relations humai-
sant une relation de confiance, savoir mission sont susceptibles de générer des nes, c’est la compétence, le savoir-être
commander sans être autoritaire, susci- décalages et des incompréhensions de professionnel. » Et de souligner un point
ter l’adhésion. » part et d’autre. Il faut alors savoir faire fi important : « Un civil ne peut pas se
Fort heureusement, la compréhension des préjugés. La solution se trouve retrancher derrière ses galons, la seule
de l’art du commandement chez les nécessairement dans la discussion et la limite au commandement d’un civil c’est
réservistes est en phase avec celle des concertation ! qu’il ne peut pas punir directement un
militaires d’active. Toutes les bonnes idées sont les bienve- militaire, il propose une sanction et sa
nues, à l’instar du Groupe de transit et hiérarchie décide. Pour ma part je ne fais
Du côté des civils d’administration des personnels isolés aucune différence entre la gestion du civil
L’armée de Terre est constituée d’envi- (GTAPI) de Rueil-Malmaison qui, en 2006, et celle du militaire ; humainement, tout
ron 23 000 civils1 de la Défense. Même si a créé une charte de bonne conduite à le monde est au même niveau. » Et de
ces derniers n’ont pas le même statut l’égard de ses personnels civils et mili- conclure : « Et n’oublions pas que le chef
que les militaires, ils partagent les taires. Histoire de parler le même lan- des armées est lui-même un civil ! »
mêmes préoccupations et travaillent dans gage ! Pour Philippe Pax, commandant le
le même système hiérarchique, en étant détachement de Douai du 8e Régiment du 1
22 982 postes sont décrits au DUO 2009.

38 TIM n°208 - Octobre 2009


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Le CEMAT vous parle


2010 : année
pivot de la
transformation
La transformation de l’armée de Terre est en cours. La première
phase s’est achevée à l’été 2009, avec la dissolution de formations,
le transfert d’unités et la fermeture de garnisons. Les efforts se
poursuivront en 2010, avec une priorité : l’exécution de nos missions
opérationnelles et leur préparation.

E
n 2009, l’armée de Terre a rempli toutes ses missions TIGRE, 32 canons CAESAR, 224 PVP et 1049 FELIN. Les com-
opérationnelles. J’en sais gré aux unités qui se sont mandes de 200 PVP, 22 NH90, 332 VBCI et 3 systèmes SDTI
succédé sur tous nos théâtres d’opérations et mes ont été notifiées, devraient suivre d’ici la fin de l’année celles
premières pensées vont à tous nos camarades qui de la dernière tranche FELIN, des premiers LRU et VHM.
sont allés au bout de leur engagement personnel et Parallèlement, le processus d’adaptation réactive a permis de
professionnel et à leurs familles dans la peine. Fruit d’une pré- conduire plus de 60 opérations allant d’effets de combat aux
paration opérationnelle exigeante, leur capacité opérationnelle tourelleaux téléopérés pour VAB ou aux engins Buffalo.
est reconnue et tous les efforts entrepris dans ce domaine Cet investissement d’ensemble se poursuivra en 2010, car
devront être poursuivis. nos soldats déployés en opérations ont absolument besoin du
Selon une tradition désormais bien établie, le grand rapport meilleur de ce que nous pouvons leur donner pour remplir
de l’armée de Terre rassemble chaque année l’ensemble des leurs difficiles missions. Au total, 300 millions d’euros y seront
chefs de corps autour du CEMAT et des commandeurs. Vos consacrés sur trois ans.
chefs respectifs vous communiqueront dans le détail
les directives et orientations reçues à cette occasion,
et dont l’ordre n°2 pour la transformation de l’armée Je suis donc confiant, au moment
de Terre constitue le cœur. Au moment où chacun a où nous entamons la deuxième
rejoint son poste, notamment dans les nouvelles affec-
tations, je veux faire un bilan succinct du lancement phase de notre transformation.
de la transformation de notre armée de Terre, et vous Celle-ci s’effectuera dans la continuité
donner mes axes d’effort pour 2010. L’été dernier a vu
se réaliser l’essentiel des mesures de réorganisation
des mesures déjà prises ou lancées en 2009. »
prévues en 2009. Les dissolutions de formations,
transferts d’unités et fermetures de garnison ont été effec- Représentant 19000 mutations dont 6400 d’EVAT, le PAM 2009
tuées, tout en maintenant la continuité des engagements s’est exécuté de façon satisfaisante, à l’exception de retards
opérationnels. de paiement des frais de déménagement qui doivent être
En matière de renouvellement des matériels majeurs, 2009 résorbés dans les meilleurs délais. Les dispositifs d’aide à la
devrait s’achever sur la livraison de 96 VBCI, 10 hélicoptères mobilité ont correctement fonctionné, et les flux de départ et

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1
les réorientations ont correspondu aux attentes. Enfin, condi-
tionnant la préservation du cœur de métier de nos régiments,
l’expérimentation des bases de Défense a produit une première
série d’enseignements qui seront pris en compte dans la mise
3
sur pied des bases pilotes en 2010. Plus que jamais, pragma-
tisme, imagination et sens de l’intérêt général doivent préva- personnel. L’adaptation des parcours 1. Patrouille du groupement
loir pour que ces réorganisations produisent, à efficacité professionnels se poursuivra. Mon commando montagne (GCM)
du 27 BCA dans la vallée
e

équivalente, les économies attendues. objectif est clair: favorisant les acquis d'Afghanya, en Kapisa.
Je suis donc confiant, au moment où nous entamons la professionnels, il s’agit, en particulier 2. Instruction VBCI par les
deuxième phase de notre transformation. Celle-ci s’effectuera pour les EVAT, d’offrir des possibili- personnels du 35 RI avant
e

dans la continuité des mesures déjà prises ou lancées en 2009. tés de carrière plus valorisantes et sa perception à Canjuers.
3. L’année 2009 devrait
La mission est claire : donnant la priorité absolue à l’exécution plus lisibles à ceux dont la manière et
s’achever sur la livraison
de nos missions opérationnelles et à leur préparation, pour- l’envie de servir doivent permettre de de 32 canons CAESAR.
suivre les mesures de réorganisation du commandement et rester dans nos rangs.
les expérimentations pilotées par l’EMA dans le domaine de La suppression des barrières à 11, 15 et 17,5 années de ser-
l’administration générale et des soutiens communs, ainsi que vice, l’augmentation des volumes d’accès au corps des sous-
la réorganisation des forces terrestres, en marquant l’effort en officiers et les évolutions du BSTAT n’ont pas d’autre but.
2010 sur les forces en métropole et la fonction maintenance, Par ailleurs, ayant produit des résultats très positifs en matière
conformément au calendrier initial. de standardisation et donc d’amélioration de la formation, le
Nous devons nous approprier pleinement les nouveaux modes principe des centres de formation initiale des militaires du rang,
de fonctionnement résultant des attributions désormais les CFIM, sera étendu dès la fin de cette année et en 2010.
élargies de la DRHAT en matière de formation, et du CFT en Enfin, un effort notable doit être accompli dans le domaine de
matière de logistique, étendues en 2010 à l’armement des CMO la concertation. Le CFMT renouvellera cette année une partie
aéromobilité, artillerie et agencement de l’espace terrestre. de ses membres. Pour qu’il puisse pleinement jouer son rôle,
La réussite de la réorganisation de la chaîne maintenance il est essentiel qu’il fasse l’objet de volontariats nombreux, en
constitue aussi un objectif majeur. Combinée à l’atteinte du particulier dans les régiments: au cœur de l’action, ils doivent
rythme de croisière par la PEGP et au retrait des matériels non être au cœur de la concertation.
nécessaires au contrat opérationnel, cette restructuration volon- L’armée de Terre entre à présent dans la phase charnière de
tariste doit nous permettre de dégager les économies atten- sa transformation, dans un contexte d’interarmisation résolue
dues. Un défi similaire nous attend pour faciliter l’intégration des soutiens et d’engagement opérationnel soutenu. Nous
du commissariat de l’armée de Terre dans le nouveau service n’avons pas parcouru tout ce chemin pour nous arrêter sans
du commissariat des Armées. avoir atteint l’objectif fixé. Alors, poursuivons nos efforts et
Dans le domaine des ressources humaines, nous devons abso- continuons notre marche en avant !
lument maîtriser nos effectifs, ce qui passe par un suivi rigou-
reux et encore perfectible des situations de prise d’armes au Photos: ADJ Dominique DHE / CNPI2,
sein des unités, dont dépendent la gestion et le recrutement du ADJ Jean-Raphaël DRAHI, ADJ Gilles GESQUIÈRE

TIM n° 208 - Octobre 2009 41


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RETEX

Le lieutenant
Aurélien de La Soujeole,
du 27e Bataillon
de chasseurs alpins,
était en Afghanistan
Vos comptes rendus en mars 2009, au
sein du GTIA Kapisa.
et expérimentations ne
Lors d’un engagement
sont pas inutiles. Le Centre particulièrement
de doctrine et d’emploi difficile, il a été
des forces (CDEF) vous confronté à la réalité
propose ainsi chaque mois du métier militaire
un point, en quelques brèves, et aux exigences
sur les RETEX en cours. du commandement.
e 14 mars 2009, ma section est

L
ADAPTATION héliportée à 4 h 30 sur les
hauteurs sud du village d’Ala-
Retour au calme… cences initiales et suscité l’adhésion des say District. J’ai pour mission
Un détachement OMLT de retour d’Afgha- bénéficiaires. Le retour d’une opération d’empêcher toute infiltration
nistan a transité par Chypre du 2 au 4 juin éprouvante est délicat. ennemie dans cette zone.
2009. Il s’agissait, dans le cadre d’une Le succès de cette expérience confirme L’hélicoptère américain Chinook me
étude sur la gestion du stress en opéra- le besoin d’un retour au calme. Le sas de pose un peu plus bas que prévu. Mon
tion, d’expérimenter un « sas de fin de fin de mission pourrait être une solution. premier réflexe, une fois mes groupes
mission ». La qualité du séjour, des acti- La gestion du facteur humain est un élé- postés en 360 degrés, est d’observer
vités proposées et de la prise en compte ment important pris en compte par le les forces et les faiblesses de ma
des militaires a rapidement levé les réti- commandement. position. Je m’aperçois vite que celle-
ci n’est pas idéale. Au-dessus de moi,
un mouvement de terrain m’inquiète.
PUBLICATIONS Il me surplombe et cache les vues sur
la ligne de crête qui mène à une autre
Cahier de la recherche section de la compagnie.
Alors que les forces de la coalition présen- Je décide donc de m’emparer de cette
tes en Afghanistan cherchent à former une position. Mais cela ne sera pas facile.
Armée nationale afghane performante et Nous avons du matériel, des munitions
autonome, il semble intéressant d’analy- et des vivres pour quatre jours.
ser les expériences passées comparables.
Aussi convient-il de revenir sur l’expérience
française pendant la guerre d’Indochine
(1946-1954). Le gouvernement français de
la IVe République assura la création, puis
la montée en puissance d’une Armée
nationale vietnamienne (ANV), capable d’ai-
der puis, à terme, de se substituer au corps
expéditionnaire français en Extrême-Orient
dans le combat contre la guérilla vietminh.
Malgré les difficultés de recrutement et
d’emploi de ces unités, l’ANV sut prendre
à sa charge un pan du combat contre la
rébellion communiste. Ce cahier retrace
l’histoire de ce recours aux supplétifs et
aux formations permanentes.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site Intraterre du CDEF:


www.cdef.terre.defense.gouv.fr
© ADJ Jean-Raphaël DRAHI

42 TIM n°208 - Octobre 2009


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Cette expérience fut exceptionnelle pour


moi à plusieurs titres. Elle me confirmait
d’abord l’évidence tactique de s’appro-
prier les hauts. Mais c’est surtout humai-
nement que je retiens un grand nombre
d’enseignements. J’étais heureux de
constater que mes hommes ont toujours
obéi sans broncher, malgré les efforts
hors du commun que je leur ai demandé.
J’ai pu constater leur calme, leur profes-
sionnalisme à chaque instant. C’est par-
ticulièrement enrichissant pour un chef
de section de pouvoir vivre une telle expé-
rience. J’ai constaté avec joie les bienfaits
de notre entraînement spécifique. J’ai pris
conscience de l’importance des stages
comme celui du CNEC, qui nous entraîne
à agir en situation d’extrême fatigue. Je
jouissais enfin d’avoir à vivre une telle
mission en étant le seul chef sur mon ter-

© Thomas GOISQUE
rain. Il est assez rare pour un chef de sec-
tion de pouvoir prendre de telles décisions
tactiques et de se confronter à la réalité
totale de son métier.
Je suis heureux d’avoir pu vivre cette
problème ma position que j’ai en plus for-
Pour atteindre ce point haut, il nous faut expérience et surtout d’avoir ramené tous
tifiée avec des sacs à terre. A 1 heure du
tout d’abord descendre dans un talweg, mes hommes. »
matin, je reçois l’ordre de décrocher de
puis remonter environ 200 m de dénive-
ma position et de rejoindre le village à
lée. Mais je sais au fond de moi-même Le lieutenant de La Soujeole commande
pied, les hélicoptères ne venant pas car la 2 e section de la 4 compagnie du 27 BCA.
que cette position doit être mienne.
e e

la zone est trop dangereuse pour eux. Ne


La journée me donne raison. L’ennemi
pouvant pas laisser tout mon matériel APPEL A TÉMOIGNAGES !
essaye à trois reprises de m’en déloger.
et mes munitions sur zone, je dois tout Faites partager vos expériences
La première fois, en arrivant aux abords opérationnelles à nos lecteurs. Envoyez
emporter, missiles, roquettes AT4, cais-
de cette position, nous recevons quelques vos textes à la rédaction par internet à
ses de munitions, grenades… Nous nous
tirs en provenance de la crête juste en face. sirpat-comecrite.emat@
répartissons le matériel. Chaque homme terre-net.defense.gouv.fr
Bloqué, je réussi à reprendre ma progres-
porte entre 70 et 100 kg sur le dos. Nous
sion et à m’emparer de cette position en
nous exfiltrons et arrivons aux VAB vers
demandant et réglant un tir de mortier de
5 h du matin. Je n’ai toujours pas dormi.
120 mm. Les deux autres fois, l’ennemi se
place à nouveau sur la ligne de crête et
me harcèle. La mise en œuvre de ma puis-
sance de feu me permet de maintenir sans

« J’Etais le seul chef


sur mon terrain »
TIM n°208 - Octobre 2009 43
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Innovation
Le Système d’Information Logistique CENTral (SILCENT) est en pleine
transformation. Créé au lendemain de la guerre du Golfe, ce système permet
de suivre les ressources expédiées, sans discontinuité, entre la métropole,
les théâtres d’opérations et l’outre-mer. Le dernier module SILCENT, Client léger,
récemment développé, apporte aux régiments des forces terrestres une nouvelle
autonomie. La 7e BB a été désignée pour expérimenter cette nouvelle application.

Le système d’information logistique centrale

Méthode de marquage
Le suivi des flux s’exerce depuis la sortie d’un dépôt (avec une saisie unique des
données ou un interfaçage avec un système partenaire) jusqu’au destinataire
final. Ce système évite ainsi les ressaisies et donc minimise les marges d’erreur.

SILCENT répond
au besoin
du commandement de
localiser en permanence
les ressources. »
CBA Geyer, chef de la SAF
SILCENT

44 TIM n° 208 - Octobre 2009


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S
imple d’emploi », annonce SILCENT, comment ça marche ?
d’entrée de jeu l’adjudant-chef
L’introduction de l’application Client léger dans le SILCENT démultiplie
Dechard, un des stagiaires de
les points d’initialisation des ressources et permet d’étendre à toute l’armée
la formation Client léger expé-
de Terre un système cohérent et uniforme.
rimentée au sein de la 7e Bri-
gade blindée au cours 2008. « J’ai été
désigné pour ce stage en toute logique,
puisque j’occupe les fonctions de sous-
officier transit au 35 e Régiment d’infan-
terie », continue-t-il. « L’intérêt de cette
application est d’homogénéiser le sys-
tème, en toute simplicité », explique-t-il.
« Désormais, avec Client léger, n’importe
quelle unité pourra initialiser ses ex-
péditions de ressource », indique l’ADC
Douchet, de la Section administration
fonctionnelle (SAF) SILCENT.
« Même si Client léger ne présente pas
toutes les fonctionnalités des postes
nomades [cf. infographie “SILCENT, com-

ment ça marche ?”], déployés dans les


établissements expéditeurs de ressour-
ces (DCMAT, DCCAT), au niveau des
nœuds logistiques – escales aériennes,
zones de ravitaillement, etc. – et dont le Le déploiement de SILCENT
rôle est d’initialiser et de “tracer” les res-
La pertinence du système réside dans sa capacité à suivre les flux logistiques
sources expédiées, il permet à ses utili-
au-delà des frontières de la métropole.
sateurs l’édition des documents liés
à une expédition vers un théâtre d’opé-
ration extérieure ou l’outre-mer et de
rendre compte de la réception de res-
sources », complète-t-il. « J’ai déjà uti-
lisé l’application Client léger pour la
projection d’une compagnie du régiment
en Guyane et en ce moment je travaille
sur la préparation GUEPARD », indique
l’adjudant-chef Dechard.
À terme, les formations des forces ter-
restres seront toutes en mesure d’initia-
liser leurs expéditions avec SILCENT.
« Son utilisation par les autres armées
et services renforce le caractère inter-
armées du SILCENT et illustre bien le
besoin du Commandement de pouvoir
localiser en permanence les ressources
dans la chaîne des acheminements »,
conclut le CBA Geyer, chef de la SAF SIL-
CENT. Le Système d’information logis-
tique pour le suivi de la ressource en
interarmées (SILRIA) devrait succéder à
SILCENT à l’horizon 2012.

CNE Nathalie DURAND


Infographies : Idé
Photos : ADC Olivier DUBOIS

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BD

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Vie des unités

Créé le 1er janvier 2008, le Service industriel de l’aéronautique


(SIAé) est un défi qui attend l’armée française. Au carrefour
de la culture militaire et de la culture de la performance,
cette structure, à la fois étatique et industrielle, illustre l’avancée
vers l’interarmisation. Au détachement de Toul, les aéronefs
des armées de Terre et de l’Air (depuis le 14 avril 2009)
sont au premier rang pour en profiter.

Le SIAé

Une mécanique
de haut vol
48 TIM n° 208 - Octobre 2009
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C’
est une expérience très en- La fusion des ateliers aéronautiques a
richissante d’être confronté permis une spécialisation des ateliers et
à cette nouvelle culture détachements, ainsi qu’une harmonisa-
industrielle. » Le capitaine tion du langage et des outils de travail.
Frank Châtillon, comman- Pour l’armée de Terre, le but est de spé-
dant la division Gazelle Puma du détache- cialiser les ateliers de telle sorte qu’ils
ment de Toul, est conscient du potentiel deviennent les spécialistes de la mainte-
d’une telle structure. Placé sous la tutelle nance des Gazelle, Puma et Cougar.
de l’armée de l’Air, le SIAé regroupe des
entités de toutes les armées fusionnées
autour des ateliers industriels aéronauti- Le SIAé se doit donc
ques (AIA). Les aéronefs de l’armée de d’être compétitif
Terre sont pris en charge par les détache- mée de l’Air et ceux de l’armée de Terre
ments de Toul et de Phalsbourg, rattachés vis-à-vis des entreprises sont les mêmes. La différence se situe au
à l’AIA de Clermont-Ferrand (cf. encadré). privées. » niveau des ballonnets et de quelques
Initiée depuis plus d’un an, cette démar- autres options », ajoute le capitaine Châ-
che permet de regrouper les moyens Ces exigences, dans l’atelier Puma du tillon.
industriels étatiques au sein du SIAé, qui détachement de Toul, ne modifient pas la Avec une capacité opérationnelle main-
est ainsi la première entreprise française qualité du travail ni la réputation des mili- tenue et développée aux autres Puma de
de maintenance aéronautique militaire. taires de l’armée de Terre. Dans le l’armée française, le travail ne manque
Cette volonté de mise en commun des domaine technique, il n’y a pas de grand pas. Et pour obtenir la satisfaction du
moyens et du savoir-faire en matière de changement : « L’atelier qui donne le client, être ou avoir été militaire, ça aide:
maintenance aéronautique a été décidée tempo est l’atelier Cellule et moteur. Il «La culture militaire nous permet d’avoir
dans une volonté de rationalisation. démonte tout et les autres ateliers, Avio- des civils et militaires d’une très grande
Employant environ 4 000 personnes, le nique et Structure, suivent le rythme pour disponibilité et réactifs. Ils savent qu’ils
SIAé réalise un chiffre d’affaires de être en temps et en heure au rendez-vous travaillent pour le soutien opérationnel
439 millions d’euros. des vols de contrôle de l’atelier Pilote », des aéronefs des troupes projetées »,
précise le capitaine Châtillon. Dans cet rappelle le capitaine Châtillon. L’ingénieur
La satisfaction du client atelier récent et moderne, où flotte une principal Cottereau le confirme : « Il y a
La création de ce service avait un seul but: odeur caractéristique de kérosène et un socle armée de Terre, un cœur de
« La satisfaction du client », comme l’ex- d’huile de moteur, les mécaniciens du métier qu’on a gardé et qu’on enrichit
plique l’ingénieur principal Cottereau, chef SIAé ne chôment pas. avec les normes de qualité. L’élément le
du détachement de Toul et Phalsbourg. plus important, et que l’on veut conser-
Car la particularité de cette industriali- « Il y a un socle armée de Terre » ver, c’est l’esprit de service. Le person-
sation de la maintenance aéronautique Les missions opérationnelles des an- nel du détachement est animé d’une
est qu’elle soumet à concurrence ce qui ciennes unités du Groupement de mainte- flamme. » Et en effet, un client bien connu
autrefois relevait de la Direction centrale nance ALAT (14e GMALAT) sont préservées des mécaniciens de Toul attend ses aéro-
du matériel de l’armée de Terre (DCMAT). puisque l’atelier de Toul continue à pro- nefs: l’armée de Terre ne sera pas déçue.
La Structure intégrée du maintien en jeter des équipes techniques au Tchad et
condition opérationnelle des matériels à Djibouti afin de réaliser in situ les visites Cédric BEYSSAC
aéronautiques du ministère de la Défense des aéronefs déployés. La création du Photos : CCH Jean-Baptiste TABONE
(SIMMAD) décerne les marchés après SIAé a même augmenté le rythme des
comparaison des solutions étatiques et missions, car des appareils de l’armée de 1
Réservoirs supplémentaires au niveau
privées. Le SIAé se doit donc d’être com- l’Air sont également pris en charge: « Les des trains principaux propres aux Puma
pétitif vis-à-vis des entreprises privées. éléments de base entre les Puma de l’ar- de l’armée de l’Air.

Le SIAé regroupe des entités de toutes les armées Le statut du personnel


AIA : Atelier industriel de l’aéronautique Il y a trois catégories de personnel au sein du
BAN : Base aéronavale détachement de Toul. Une partie du personnel
Section Cougar
civil a un statut de fonctionnaire. Une autre
Phalsbourg partie des civils, qui dépend de l’armée de
Toul l’Air, a le statut de PCO (personnel civil
ouvrier). Et enfin, il reste les militaires qui
SIAé appartenaient au 14e GMALAT. Bien que sous
Direction
Centrale l’autorité de l’armée de l’Air, les militaires du
détachement de Toul ont un statut particulier.
Ils bénéficient d’une appartenance double.
Les notations relèvent du SIAé, mais ils
Site historique dépendent toujours de la Direction
AIA
du SIAé
Site issu de Ambérieu des ressources humaines de l’armée de Terre
l’armée de l’Air AIA (DRHAT) au niveau des mutations. La charge
AIA Clermont
Site issu de
l’armée de Terre Bordeaux Ferrand AIA
de travail de maintenance sur les aéronefs de
Site issu Cuers l’armée de Terre et de l’armée de l’Air
de la Marine
demeurant fixe et importante, les effectifs
BAN ne baissent pas pour l’instant dans le cadre
Hyères
des restructurations.

TIM n° 208 - Octobre 2009 49


TIM208_050_051_FOB.QXD 23/09/09 10:59 Page 50

Vie des unités

Afin d’entraîner les SGTIA1 avant leur projection en Afghanistan, une Forward
operating base (FOB) a été construite sur le camp de Canjuers : un chantier majeur
pour le 5e Régiment du génie de Versailles, qui s’est déroulé d’avril à octobre.
L’installation de cette base opérationnelle avancée permettra l’instruction
des hommes dans des conditions les plus réalistes possibles, dans le cadre
des Mises en condition avant projection (MCP).

Une Forward operating base à Canjuers

Un chantier
de taille carrière militaire de France). Le drainage
de la plate-forme et l’écoulement des
eaux sont alors déterminés par une pente
faible, des fossés et des passages busés.
La construction des routes d’accès com-

S
plète cette troisième étape.
ur une emprise de 2,5 hecta- Dans un troisième temps, une fois la zone La préservation de l’environnement et du
res, la section renforcée2 de la correctement nivelée et à la cote topo- cadre naturel sont pris en compte dans
3e compagnie de travaux du graphique conforme au projet, des maté- l’ensemble de la réalisation de ce projet
lieutenant Marc Lassus est à riaux supplémentaires sont apportés pour (zone Natura 2000, prise en compte des
l’œuvre pour relever le défi. réaliser les couches successives de struc- eaux usées, etc.)
Commencé fin avril, le chantier est réa- ture de la plate-forme finale. Une couche
lisé en plusieurs étapes. de fondation constituée de matériaux drai- Un projet inscrit dans la durée
La première est la réalisation des travaux nants est d’abord réalisée et nivelée. Elle La construction de la FOB comprend éga-
préliminaires, c'est-à-dire l’installation, est ensuite recouverte de la couche de lement trois zones distinctes avec la réa-
le déboisage et l’implantation topogra- base, constituée de matériaux de granu- lisation d’une plate-forme zone vie, d’une
phique de la zone définie pour le chantier. lométrie plus fine, qui est nivelée et com- zone parking et d’une zone d’installations
La seconde étape est l’assainissement pactée. Celle-ci est alors à la côte finale tactiques. Les ouvrages de protection
provisoire et le terrassement de la zone. du projet et forme une surface suffisam- composent la quatrième étape du projet.
Il s’agit du décapage de la zone (retrait de ment durcie pour répondre aux sollicita- La création d’une entrée protégée avec
la couche superficielle de terre dite végé- tions attendues (trafics routiers, zone vie, une chicane, des postes de combat, un
tale), du déblaiement (retrait de maté- parkings, etc.). abri-section, un mirador, une enceinte en
riaux) et du remblaiement (apport de Tous ces matériaux sont issus des zones Bastion-Wall constituent une étape sup-
matériaux) pour réaliser le fond de forme d’extraction du camp de Canjuers, notam- plémentaire de la construction de la FOB
de la future plate-forme. ment la carrière de Comboutaire (unique pour les hommes de la section renforcée

50 TIM n° 208 - Octobre 2009


TIM208_050_051_FOB.QXD 23/09/09 11:00 Page 51

40 camions et engins permettent


d’assurer la continuité du chantier.
Un des camions KERAX se
positionne devant la niveleuse,
pilotée par le CCH Ramdine.
Il dépose ainsi son contenu en
avançant et réalise un tapis
pour faciliter le passage de la
niveleuse. C’est la réalisation
des couches de matériaux.
Après leur nivellement, celles-ci
seront ensuite arrosées pour
optimiser leur compactage.

Pour assurer la continuité du chantier, pas moins


de 20 camions bennes KERAX sont à l’œuvre.
Un va-et-vient permanent assure l’approvisionnement
du chantier en matériaux. Chaque camion exécute pas
moins de six rotations par jour à la carrière de
Comboutaire (distante de 30 kilomètres environ).
Le défi est de taille et nécessite une gestion des
hommes et des engins de tous les instants.

Une des zones d’extraction


est à proximité du chantier.
Un concasseur mobile,
avec aux commandes
le caporal Mercier, permet
de produire 40 tonnes à
l’heure de matériaux de
On fait du concret, granulométrie choisie.

le sapeur peut
se retourner et voir ce qu’il
a réalisé, c’est du réel. »
jusqu’en octobre. A l’issue des travaux, sage obligé dans les MCP Afghanistan. Le devenir des compagnies
les capacités d’accueil de la FOB seront Une semaine complète sera proposée. du 5e Régiment du génie
alors de 250 militaires et de 80 véhicules Ce sera la dernière étape avant la pro- La dissolution du 5e Régiment
environ. jection. Au programme de base viendront du génie (5e RG) en 2010 entraîne
La dernière étape consistera aux finitions s’ajouter des incidents variés et différents une réorganisation de ses
du projet, c'est-à-dire réaliser le déboi- à chaque fois. Les détachements pour- compagnies qui rejoindront
sement périphérique, 100 mètres autour ront jouer différents scénarios afin depar- le 19e Régiment du génie (19e RG).
de la FOB et le nettoyage du chantier. faire leurs connaissances sur le terrain À ce jour, le 5e RG possède trois
Cette base opérationnelle avancée per- (parcours IED, techniques de brouillage, compagnies de travaux dont une
mettra aux SGTIA devant être déployés etc.) et de se familiariser à leur environ- possède une spécialité « voie
en Afghanistan de compléter leur entraî- nement futur. ferrée ». Elles seront regroupées
nement et leur apprentissage, dans des Si la FOB de Canjuers a été prévue pour pour former les deux compagnies
conditions les plus réalistes possibles. l’entraînement des SGTIA, une FOB spé- d’aide au déploiement lourd (ADL)
Le plastron sera fourni par la brigade à cifique pour les OMLT sera également du 19e RG et seront implantées
laquelle le SGTIA appartient. Un DAO3 créée prochainement. sur les sites de Mourmelon
d’une trentaine de personnes, rattaché (la 1re compagnie sera forte de
au 1er Régiment de chasseurs d’Afrique LTN Séverine BOLLIER
280 militaires) et de Canjuers
de Canjuers, est chargé de la mise sur Photos : CCH Jean-Baptiste TABONE
(la 3e compagnie sera forte de
pieds, de la conduite des exercices et de 200 militaires) Les actuels bureaux
la définition des programmes. Ce DAO 1
Sous-groupements tactiques interarmes. opérations et le détachement de
sera renforcé par un DIO4 armé par des 2
Les renforts en hommes et matériels liaison et de reconnaissance
unités rentrées d’Afghanistan depuis sont fournis par l’ensemble des unités
du régiment, notamment les 1re et
travaux, à vocation travaux lourds,
moins de six mois, ce qui permettra l’uti- viendront renforcer l’état-major
10e compagnies.
lisation des RETEX « en boucle courte ». 3
Détachement d’assistance opérationnelle. du 19e RG à Besançon.
Le passage à la FOB deviendra un pas- 4
Détachement d’instruction opérationnelle.

TIM n° 208 - Octobre 2009 51


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Portrait

ssus et à dr.)
Instruction au contrôle de foule (ci-de

Liban

Le bon, la brute
L’adjudant Benoît Beaurepaire commande la 4 e section
de la 2 e compagnie du 92 e Régiment d’infanterie, basé
ticulière en amont pour « distiller » ses
connaissances. Consciencieux, il s’appuie
notamment sur des annales du brevet
à Clermont-Ferrand. Lors de son OPEX au Liban, pour préparer ses séances. L’ingénieux
pédagogue a aussi ses propres astuces.
ce « gorille pur et dur » a dévoilé un nouveau talent : Le militaire se dévoile, se servant des pho-
tos de toute sa famille comme support de
celui de professeur de français. cours. Deviner l’âge d’un neveu ou décrire

L
l’expression d’un oncle sur un cliché: tous
a pile de chemises, c’est tous les tenant, c’est parti, j’ai réussi à les ama- les prétextes sont bons pour les faire par-
cours de français. » Est-ce son douer, elles sont très fières. Elles n’osent ler et pour enrichir leur vocabulaire ! Le
goût pour l’encadrement qui l’a jamais avouer qu’elles ne savent pas. Il fantassin confie même qu’il adapte les pro-
persuadé? « Il fallait prendre son faut alors insister pour savoir si elles ont cédés de pédagogie militaire pour s’adres-
courage à deux mains. J’avais un tout compris. Elles sont aussi très fran- ser aux petites Libanaises. Au-delà des
peu d’appréhension, mais une fois que ches et plus volubiles que les garçons. » commentaires de textes ou d’images, une
c’est lancé, c’est lancé. » Pugnace, l’adju- Pour le chef de section, c’est une vérita- complicité s’installe entre « l’enseignant »
dant Beaurepaire ne lâche jamais prise. ble bouffée d’oxygène qui, deux fois par et ses élèves.
Son esprit combattif le pousse à affronter semaine, laisse de côté les patrouilles. Au fil des séances, en toute confiance, les
n’importe quelle situation même celle – L’objectif n’est pas de se substituer à un enfants se livrent peu à peu à l’adjudant.
inédite pour lui – de donner des cours de professeur. « On étudiait un texte sur une fête. Ce qui
français à Jumayjmah, à proximité d’UN m’a interpellé, c’est qu’à 15 ans, les filles
2.45, à des adolescentes de 11 à 15 ans. Comment l’enseignant enrichit parlent déjà du mariage. » Très curieuses,
« Je les ai d’abord aidées pour les épreu- le vocabulaire de ses elèves les espiègles, tombées sous le charme du
ves du brevet. J’ai préparé mon premier Ces activités de coopération civilo-mili- trentenaire aux yeux bleus, veulent tout
cours pendant trois jours avec le concours taire (CCM) sont organisées pour mieux connaître de sa vie privée!
d’Hamsa, une interprète de la compagnie, se faire accepter de la population. D’ail- Les cours de français pour les enfants
ancienne professeur de français. Main- leurs, il n’a pas suivi de préparation par- avaient seulement été envisagés par le

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scentes de Jumayjmah.
Cours de français donné à des adole

e et l’enseignant « C’est un pur et dur. Il a tout à fait l’esprit


matière. « Nous avons été confrontés à
une fusillade. Les manifestations ryth-
1er Régiment de tirailleurs lors du précé- des Gorilles. » C’est en ces termes que le maient nos journées. Il fallait tenir les
dent mandat. Grâce à une dizaine capitaine François Baggio, commandant positions. Le contrôle de zone était inten-
de volontaires – dont l’adjudant Beau- la 2 e compagnie surnommée « les Goril- sif, j’ai dormi cinq heures par nuit pen-
repaire –, le GTIA a pu mettre en œuvre les », qualifie l’adjudant Beaurepaire. dant quatre mois. » Il est ensuite affecté
cette heureuse initiative dans deux villes, « Quand je me suis engagé, juste après au 92 e RI en tant que chef de section. C’est
Bint Jbeil et Jumayjmah. Âgés de 6 à mon bac, j’avais le choix entre l’infante- là qu’il devient un gorille.
15 ans, les élèves sont nombreux en cette rie, la cavalerie et le génie. J’ai choisi l’in- Au sein de la compagnie, l’adjudant Beau-
période de grandes vacances. Les parents fanterie. Quand faut y aller, faut y aller! » repaire fait l’unanimité. Pas étonnant,
Le chef de section lorsqu’on voit à quel point il se donne pour
athlétique n’hésite les autres: « Une bonne partie du temps,
Les photos de famille du militaire jamais très longtemps. on s’occupe plus des mecs que de soi-
servent de support de cours. » Il fonce toujours, mais même. » Il sourit souvent, comme pour
de façon posée et mieux dissimuler son humilité et sa dis-
trouvent là une occupation bénéfique pour réfléchie et ce, malgré son âge, 31 ans, crétion. Lorsque sa section n’est pas en
leurs enfants qui, dès leur plus jeune âge, et ses allures de brute charpentée… C’est patrouille, il parfait sans relâche l’instruc-
sont presque bilingues. Historiquement, une force tranquille. Pourtant, il insiste : tion de ses hommes. L’homme réservé
le pays du cèdre étant très attaché à la « Non, je ne suis pas un calme. Quand il laisse place au chef de section autoritaire
France, la langue de Molière est une des faut que ça bouge, comme la mise en bat- mais juste. « Le côté humain est énorme
langues officielles et la seule à être dis- terie d’un mortier, il faut immédiatement dans l’infanterie, il y a un aspect forma-
pensée dans les écoles privées. Certains avoir les bons réflexes. Et si ça ne va pas, teur qui me passionne. » Mais ce qu’il
assistent même aux séances pour parler j’engueule mes mecs. » retiendra surtout du Liban, c’est son expé-
couramment, dans le but de poursuivre Il rejoint, en 1999, le 152e Régiment d’in- rience de professeur : « Oui, les ateliers
des études scientifiques 1. fanterie (152 e RI). de français avec les enfants, ça va me
Deux ans auparavant, à 18 ans, le bacca- manquer ! »
Une force tranquille, humble lauréat en poche, il s’engageait pour LTN Céline BRUNETAUD
et discrète « l’aventure et l’action ». Le Kosovo, son Photos : ADJ Jean-Raphaël DRAHI
Les séances de français terminées, le premier mandat OTAN à 21 ans comme 1
Au Liban, les matières scientifiques
gorille, qui sommeille en lui, se réveille. chef de groupe, est une bonne entrée en sont enseignées en français.

TIM n° 208 - Octobre 2009 53


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Portrait

Adjudant-chef Redoutey

La tête sous l’eau,


les pieds sur terre
Côté pile, l’adjudant-chef Sylvain Redoutey occupe logie est le dernier moyen de découvrir
des terres inconnues. Cette sensation
la fonction d’adjoint travaux au bureau camp du d’être le premier à pénétrer des terri-
13e Régiment du Génie de Valdahon. Côté face, il revêt toires lui fait franchir tous les paliers
de la passion.
des combinaisons de plongée pour exceller dans Au bord de la source du Doubs, sa camion-
nette s’ouvre sur un véritable arsenal.
la discipline de la spéléologie. Détenteur de records1, Normalement le matériel coûte cher pour
plongeur de pointe, membre du Spéléo Secours un spéléologue. Sauf pour l’adjudant chef
Redoutey. L’ancien du Tchad et du Kosovo
Français, ce militaire attaché à sa région est un inventeur fou, une sorte de « Géo
trouve-tout ». D’ailleurs, ses collègues
franc-comtoise se distingue par son inventivité plongeurs de l’armée de Terre, qui l’ac-
et son perfectionnisme. compagnent pour le soutien logistique
de ses expéditions, ne s’y trompent pas :

C
« Il a de l’or dans les doigts », certifie
ela ne s’explique pas avec des grandes arabesques, les yeux bleus l’adjudant-chef Sylvan Zini. Son expé-
mots » : c’est le paradoxe du transparents laissent deviner l’excitation rience de vingt-cinq années de plongée,
spéléologue Redoutey. Très de partager, d’expliquer cette discipline sa créativité, sa débrouillardise lui per-
peu loquace pour évoquer les qui l’a pris aux tripes depuis une descente mettent de développer son matériel et
sensations qu’il ressent dans « féerique et mystérieuse » à la source ce, à moindre coût.
les profondeurs, le flot peut pourtant du Planey (Vesoul). Bricoleur, inventif, ce plongeur au phy-
devenir intarissable quand il plonge dans sique de coureur de fond devient insa-
ses souvenirs et ses connaissances. Si « De l’or dans les doigts » tiable quand il s’agit d’évoquer ses
sa timidité initiale peut le faire passer Son oxygène à lui, c’est l’impression de créations : « Mes plus beaux bijoux, ce
pour un homme discret et calme, il ne « liberté totale et de découverte ». Pour sont mes recycleurs : il s’agit d’une bou-
faut pas s’y fier. Dès qu’il évoque ses cet amateur de raid aventure, la spéléo- cle respiratoire qui fonctionne en circuit
expéditions, son matériel, ses mélanges,
le débit s’accélère, les mains font de L’adjudant-chef
Redoutey à son
bureau au 13e RG
de Valdahon.
Qui est-ce ?
SON PARCOURS
n 25 e Régiment du génie de l’Air
à d’Istres
n 34e Régiment du génie d’Épernay
n 19 e Régiment du génie de Besançon
n 13e Régiment du génie de Valdahon

SES OPEX
Tchad, Arabie Saoudite, Djibouti,
ex-Yougoslavie, Kosovo.

SES DIPLÔMES
BMP2 Engins TP, Minex II et III.

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fermé. L’air utilisé est filtré et réutilisée Une passion au service de cette plongée justifie un méthodisme
ce qui permet de multiplier l’autonomie des autres qu’il revendique : « Je n’ai pas envie de
par 20. J’ai également développé un pro- Au-delà des records et de la dimension marcher sur le fil. C’est pourquoi tout est
pulseur unique avec une hélice refaite. internationale de sa renommée 2, il peut hypercalculé. »
Cela en fait le propulseur le plus rapide se prévaloir de son appartenance à l’orga- En 1997, il s’est vu décerner la médaille
jamais construit. » Inventif, il l’est éga- nisme du Spéléo Secours français. de bronze pour acte de courage et
lement au régiment. Le capitaine Fabrice Spéléologue de pointe, il a ainsi été sol- dévouement lors d’une opération de sau-
Nicol, chef de section Ops au Bureau opé- licité en mars 2009 pour récupérer le vetage au bief Goudard dans le Jura. Fou
rations-instructions, est formel : «En tant corps d’un plongeur qui est décédé dans de spéléo, oui, mais un fou conscient de
que chef de section à l’instruction, il avait la résurgence de Ressel dans le Lot : la fragilité de l’être humain dans ces
tout compris. Il avait la capacité de pro- « Il est allé beaucoup trop loin par endroits riches de merveilles et de beau-
poser des exercices originaux qu’il avait rapport au matériel qu’il avait. Cela ne tés mais cruels si l’on ne respecte pas-
la démarche de créer. » pardonne pas. Il a narcosé 3. L’issue fatale les règles de base. Sous l’eau, ce père
Mais cette inventivité ne serait rien sans de trois filles ne cherche pas à se moquer
une rigueur indispensable au bon dérou- de la mort et ne se pose pas en sur-
lement des expéditions souterraines : « homme. L’ivresse des profondeurs ne
Il est très perfectionniste et ne laisse rien l’attire pas. Sa démarche est guidée par
au hasard. Il a le souci du détail. C’est un une soif de liberté et de découverte
grand méticuleux. » L’adjudant-chef Zini qu’il cherchera toujours à habiller d’une
et le capitaine Nicol ne font que souligner combinaison de rigueur.
une évidence qu’il revendique : « Une Cédric BEYSSAC
grosse expédition se prépare plusieurs Photos : ADJ Gilles GESQUIÈRE
mois à l’avance. Les plongées sont minu-
tées avec les limites de temps et de 1
Record d’Europe de profondeur à 209 m
profondeur. Face à l’ampleur de l’infra- à la résurgence du Goulde de la Tannerie.
structure à mettre en place, tout doit être Record du monde d’immersion totale :
26 heures sous l’eau.
calé parfaitement. » Ce pur autodidacte, 2
Salon international de la plongée à Moscou
sans diplôme de plongée militaire, n’en- en 2008.
tend pas céder à l’euphorie de l’explora- 3
Excès d’azote dans le corps ou sommeil
tion, danger ultime des plongeurs dans artificiel qui peut être mortel.
les profondeurs inconnues du commun
des mortels. Même si le risque zéro
n’existe pas, son caractère et les exigen- Dès qu’il évoque ses expéditions, le débit s’accélère,
ces de la spéléologie de haut niveau lui les mains font de grandes arabesques, les yeux bleus
dictent le respect des règles de bases.
Cette discipline lui permet aujourd’hui transparents laissent transparaître l’excitation de partager
de pouvoir tutoyer l’excellence. cette discipline qui l’a pris aux tripes. »
TIM n° 208 - Octobre 2009 55
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2003- 2
TIM a 20 ans

Joyeux anniversaire !

À l’écoute de la Nation
Avec la professionnalisation récente de notre armée, le lien armée-nation est une
préoccupation permanente des années 2003 et 2004. En 2004 est également lancé
le sondage de Terre Information Magazine, qui adaptera ensuite sa ligne éditoriale
afin de satisfaire son lectorat et d’instaurer une véritable « relation de fidélité ».
2003

Un rêve de gosse
Le 15 février 2003, le 501-503e Régiment de chars de combat
de Mourmelon accueillait Louis, un enfant malade, dans le cadre
du premier partenariat entre l’association Rêves et l’armée
de Terre. TIM a pu retrouver Louis, aujourd’hui âgé de 11 ans,
qui a accepté de partager ses souvenirs.

J
e me rappelle, il faisait froid qu’on est là, c’est pas pour nous.
là-bas, il y avait du vent. Moi Je lui ai dit: “Est-ce que je peux
j’étais en T-shirt ; lui, il avait monter sur tes épaules ?” et il m’a dit
une grande veste avec un grand polo oui.» Moi, c’est Louis, un petit
et moi j’avais si froid qu’il m’a prêté garçon de 11 ans qui se souvient de
son polo. J’étais timide, près de ce 15 février 2003 où son rêve a été
EN FRANCE ET DANS maman, je ne parlais pas. Il disait, exaucé : aller dans un régiment
LE MONDE EN 2003 faut pas être timide, c’est pour toi de l’armée de Terre. Il avait 5 ans
; 22 AU 24 JANVIER : signature et l’association Rêves, créée en
des accords de Marcoussis pour 1994, faisait appel pour la première
« Je lui ai dit :
la République de Côte d’Ivoire. fois à l’armée de Terre, pour aider
; 20 MARS : bombardements
“Est-ce que
je peux monter des enfants atteints de maladies
aériens des États-Unis sur tes épaules ?” graves. Car Louis est atteint de
et du Royaume-Uni sur l’Irak. et il m’a dit gammaglobuléminie, une maladie
; 9 AVRIL : le régime de Saddam
oui. »
rare qui nécessite qu’il se fasse
Hussein en Irak tombe après des piqûres toutes les semaines.
vingt-quatre ans d’oppression Lui, c’est le capitaine Boudville,
dictatoriale. Prise de pouvoir qui a reçu Louis et deux autres
par les États-Unis. enfants au 503e RCC pour réaliser
; 24 JUILLET : adoption de la loi leur rêve. Objectif atteint car Louis
François Fillon sur les retraites regarde souvent les photos de ce
(40 ans de cotisations). jour et à chaque fois, c’est comme si
; AOÛT : canicule ; 15 000 décès il y était. Aujourd’hui, Louis rentre en
en France. 6 e et il a un nouveau rêve : aller chez
les paras. Comme son papa, ancien
Rubrique réalisée par l’ASP Adrien FACON

sergent du 2e RCP. Et pourquoi pas


AUTRES REPORTAGES devenir un jour militaire ?
DU MAGAZINE Par Mélanie Texier
• Formation de l’Unité de recherche
humaine de la 27e BIM (URH 27)
• Interview du général Beth Politique sociale au 28 e RT Tournée des plages 2003
sur l’opération LICORNE « Chouchouter » les familles À la rencontre des estivants
• Dossier Technologie sur la Bulle « Le 28 e Régiment de transmissions porte « Durant tout l’été, l’équipe
opérationnelle aéroterrestre une attention particulière aux familles des du SIRPA Terre a sillonné

2003
• Aide médicale gratuite hommes et des femmes qui y servent et prend avec son camion-podium
en Afghanistan
de nombreuses initiatives en ce domaine. De la le littoral français, allant
• Cadets tadjiks au CIECM
• Projection en République
création d’une Cellule d’information et d’aide à la rencontre des vacanciers
démocratique du Congo aux familles (CIAF) à la récente mise en place sur leurs lieux de villégiature.
• Campagne des feux de forêts 2003 d’une salle des familles, visite au cœur Succès populaire garanti
d’un dispositif novateur par son ampleur. » pour cette première édition… »

56 TIM n°208 - Octobre 2009


TIM208_056_057_TIM20 ans.QXD 22/09/09 12:47 Page 57

- 2004
2004
Ouverture de la cellule
Risques technologiques de communication personnalisée
au Kosovo du CEMAT
Les « Scorpions »
en défense
« Sur les théâtres,
les menaces
d’attaque
relèguent
souvent au
second plan
d’autres risques
que les troupes EN FRANCE ET DANS
et la population LE MONDE EN 2004
« Du statut des réserves au
; 5 AVRIL : centenaire de l’Entente

2004
locale peuvent concubinage, en passant par les
pourtant être amenées cordiale. règles d’attribution des chambres
à rencontrer. À Novo Selo, l’équipe ; 1ER MAI : entrée de 10 nouveaux en hôtel cadres, jusqu’aux demandes
NBC prévient et traite les risques membres dans l’UE. de changement d’armée, le champ
technologiques et biologiques. ; 6 NOVEMBRE : attaque de deux de prospective des rédacteurs de cette
Lumières sur cette poignée de Sukhoï Su-25 de l’armée cellule communication personnalisée
soldats qui œuvre quotidiennement ivoirienne sur Bouaké. du CEMAT s’avère très diversifié :
pour la sécurité de la force et des ; 7 NOVEMBRE : attaque de grande tout ce que les militaires, sans
Kosovars. » ampleur sur la ville de Falloujah distinction de grade, ont toujours
(Irak). voulu savoir sur l’armée de Terre
; 14 DÉCEMBRE : inauguration sans jamais oser le demander ! »
Un an en Côte d’Ivoire du viaduc de Millau.

Stage découverte au 19 e RG
Commémoration de la bataille
de Diên-Biên Phu

« Près de 4 000 soldats pour une


zone d’action de 322 000 km 2, soit
quatre fois le volume des troupes
françaises engagées au sein de Comme les vrais engagés
l’opération ARTEMIS au Congo, « À l’initiative des régiments, et
pour un théâtre trois mille fois plus basés sur le volontariat, les stages
vaste ! L’opération LICORNE n’est découverte permettent à des jeunes
pas fabuleuse que par son nom. « Jour pour jour. Cinquante ans ayant effectué leur Journée d’appel
Elle est actuellement la plus après la bataille de Diên-Biên Phu, et de préparation à la Défense (JAPD)
importante opération extérieure le 7 mai 1954, une prise d’armes de s’initier à la vie militaire sur une
menée par la France et à laquelle présidée par Jacques Chirac, courte période. Ainsi, le 19 e Régiment
l’armée de Terre participe à président de la République, était du génie (19 e RG) accueillait du
hauteur de 92 % du contingent organisée dans la cour d’honneur 22 au 31 octobre une trentaine
engagé. Un an après l’intervention de l’Hôtel national des Invalides de jeunes âgés de 17 à 22 ans. Tour
de la Force, l’attention se porte en souvenir des combattants d’horizon d’une journée passée
désormais sur le risque d’essouf- de la guerre d’Indochine. » en leur compagnie. »
flement du processus de paix. »

AUTRES REPORTAGES DU MAGAZINE


• Service militaire adapté en Guyane.
Repères • Actualité : paix fragile au Kosovo.
• BSPP : Soldats de cœur.
• Ministre de la Défense : Michèle Alliot-Marie. • Expérimentation concluante de quad au 2 e REG.
• CEMA : général d’armée Henri Bentégeat. • Visite du président de la République au 6-12 e RC d’Olivet.
• CEMAT : général d’armée Bernard Thorette. • GIACM en Afghanistan.

TIM n°208 - Octobre 2009 57


TIM208_058_059_SPORT2.QXD 24/09/09 17:18 Page 58

Sport

to s et
i r c u i t B u g a t t i d u M a n s , o n pe ut c r o i s e r l e s m o
D ’ h ab i t u d e , s u r l e c e w e e k - e n d d u 2 7 et 2 8 j u i n 20 0 9 , c
e sont
ti on . M a i s e n c
l e s v o i tu r es d e c o mp é ti c k s . V e n u s d e 1 8 p ays, tous les concurren
ts
e s t i l e s pa d d o
l e s p at i n e u r s q u i o n t i n v v i n g t - q u a t r e h e u r e s s u r l e u r s ro l l er s .
uipe , p e n d a n t
o n t r o u l é, s eu l o u e n éq e d e S u i p p e s r e p r é s entait l’armée de Te r r e .
ment d ’arti l l e r i
Parmi eu x, le 40 Ré gi
e

C
ans que le 40 RA par-
e

ela fait maintenant trois


Mans Rollers. Seule
ticipe à ces 24 heures du
te sur l’épreuve, elle se
équipe militaire présen
un sport à l’image ludi-
pose en précurseur dans
n du régiment, la curio-
que et conviviale. Au sei de grade.
hésion sans distinction
sité a cédé le pas à l’ad e figh tin g (vic e-cham-
eau en fre
Ancien athlète de haut niv des sports
ier-chef Arci, du bureau
pion d’Europe), le brigad pra tiquants
oriser ce sport et ses
du 40 RA, souhaite val
e
e par ticipa-
marquant qu’un
militaires. Quoi de plus euv e int er-
n de cette épr
tion à la dixième éditio
nationaleme nt reconn ue?

Cédric BEYSSAC
IÈRE
Photos : ADJ Gilles GESQU

Le 40e RA dans la course


Coureurs
c Arci
■ Brigadier-chef Cédri
(coach et cap itaine)
■ Lieutenant-colonel
ki
Jean-Pierre Trzcialkows
vie r Ma riotti
■ Commandant Oli
t Mic kae l Pe lm ar
■ Lieutenan
■ Adjud ant Aristid e Pe rrin
■ Maréchal des logis-
chef Paul Macé
Go ffro y
■ Caporal Arnaud
Logistique
■ MCH Ludovic Gigan
■ MCH Quentin Lom
bard
■ MCH Philippe Dume t

s Rollers
Les 24 heures du Man

58 TIM n°208 - Octobre 2009


TIM208_058_059_SPORT2.QXD 24/09/09 17:18 Page 59

CHRONOLOGIE
DE 27 H/24 H
13 H 00
s : le 40 RA
e

Ouverture des paddock


box 44 .
prend ses quartiers au
15 H 00
: le LTN
Séance de qualification
Cela ser aà
Pelmar s’y colle.
la 233 place.
e

t -q u a t re h e u re s d e c h an g e d e r o u l eu r
Au n i v e a u t a c t i q u e , l e 4 0 R A 16 H 00
e

L e d é p a rt e s t l a n c é p o u r v i n g
185 km parcourus, BCH Arci
l u s s p e c t a c u l a i re d e
Départ de la course : le
n e f o i s s e s 4 ,
r o l l e r n o n - st o p . M o m e n t l e p à chaque tour. U
i on m oto : pa ti ns o i te de s s ta nds s pour
i t l e pa t ine ur r e joint l a lig ne dr patin
s’élance vers ses
la c our s e , i l r e s p e c t e l a t r a d
n ts d e l ’ a u t re . r ou l e ur s ui v a nt.
d’un côté du cir c u i t , p a r t i c i p a pour transmett re le relais au ux premi ers tours.
L e BC H Ar c i , c a p i t a i n e e t
co ach d e l’éq uip e, I c i , l e CDT M a r i o t t i p a s s e l e rela is à l ’ADJ Perrin. assurer les de
a i s c o mm e l ’ e x i g e
a s s u r e l e s d e u x p r e m i e r s re l 16 H 20
Goffroy.
le r è g l em e n t .
Premier relais au CPL
l’ordre,
Puis viennent dans
le LC L Trzcialkowski,
le LTN Pelmar,
H Macé.
le CDT Mariotti, le MC
17 H 30
au box après
Le MCH Macé revient
le service médical.
être passé par
dans la desce nte Dunlop.
Il a chuté
s loin.
Il ne peut pas aller plu
el m a r se r e p o s e e t
Au mil ieu d e la n u it , le LTN P 18 H 30
t i o n au f r o i d n o c t u r n e . l’équipe mais
dispose de 7,5 m pour s ’ h yd r at e t o u t e n f a i s an t at t en
Deuxième chute dans
2

Au sein du box 44, le 40 RA


e
t a ire e st bén éf iq u e au
m e n t m i l i
uence
cette fois-ci sans conséq
x p é ri e n c e d e s a n n ées Mêm e s i l ’ e n t r a î n e
s ’i n s t al l er. Prof itan t de leu r e d i o , l ’ e f f o r t s p é c i f i q u e e t tr è s e x i ge a nt d e
s e c o n s a c r e r qu’à niveau car
pr é c é de nte s , l e s pa t i n e u r s n ’ o n t à
u r a n c e e n t a m e l e s o rg a n i s me s . pour le CPL Goffroy.
i o n e t l e ur hy dra t a t i o n. c e t te é pr e uv e d ’ e nd
l e u r p a t i n a g e , l e u r a l i me n t a t
d ’ a u t r e s me m b re s
L a l o g i s t i q u e es t a s s u r é e p a r 20 H 00
d u r ég i m e n t q u i s e m e t t e n t a u s e r v i c e d e s ro u l e u r s .
Après avoir rétrog radé à la
t t o u s là pour le plaisir. se stabilise
S o u t i en o u t r o u p e s, i l s s o n
391 place,
e le 40 e
RA
vers la 230 e
place.

22 H 00
our de
Le MCH Macé est de ret
Ma ns . Il ret rouve
l’hôpital du
qu ipiers da ns le bo x.
ses coé
00 H 00
pour la nuit.
Un roulement est établi
rotation ass ure les
i o n s mé té o , La première
Q u e lle s q ue s oie nt le s c on dit ndan t quatr e he ures.
us l a houl e t te relais pe
l e s p a t i n e u r s s ’ e n t ra î n e n t s o BC H Arci,
w s k i a s su r e so n du BCH Arci. En gymnase
ou en extérieur, Elle est composée du
Aux aurores, le LCL Trzcialko de l’ADJ Perrin.
p a s s a g e a v e c s é ri e u x . C o
mm e to u s s e s é q u i p i e r s , le s p a t i n e u r s a l i g n e n t l e s e x e rc i c e s t e c h n i q u e s du CPL Goffroy et
r é g im e n t d é c o u v r e e t phy s iqu e s . C ’ e s t i c i q u e s e p r é p a re
l e commandant en second du Ma n s R o l l e rs . 02 H 30
s du Mans. Toujours l ’ a v e n t u re d e s 2 4 h e u r e s d u 40e RA
Meilleur classement du
l a p a r t i cu l a r i t é d e s 2 4 h e u r e
t a m a t e u r d e ma r a th o n s e me t
d e bonne humeur, ce
à la 145 place.
e
ésent ative de t out e
a u s er v i c e d ’ u n e é q u i p e r e p r
ir e .
l a c h aî n e h i ér a r c hi q u e m i l it a
04 H 00
nd le relais
La seconde rotation pre
L Trzcialkowski, le CMT
avec le LC
ar.
Mariotti et le LTN Pelm
08 H 30
retrouve
L’équipe du 40 RA se
e

t po ur les de rnières
au comple
s. Ils se ma intien dront
heure
ce pendant
autour de la 200 pla
e

le reste de la cou rse.

15 H 30
des deux
Le BCH Arci se charge
derniers relais.
16 H 00
d ’ e n d u ra n c e . Fin des 24 heures du Mans
c e t yp e d e co m p é t i t i o n
e v i e nt u n s por t d’é qu ipe s ur s d e Tro yes. po ur le 40 e
RA à la
L ois ir in d i v i d u e l , l e r o l l e r d
t l e c la s s e m e n t g é n é r a l d e s 6 h e u r e Rollers
Le 40e RA s’est distingu
é e n 2 0 0 9 en r e m p o r t a n F r a nc e m i l i ta i r e d e r o l l e r 3e
place et 13 1 tou rs de circuit.
a r t i l l e ri e s o u h a i t e o r g a n
is er l e c h a m p i o n n a t d e
ta r ma c ? 20
À t e r m e , l e ré g i me n t d ’ d é f i d e s a r t i l l e u rs s u r l e
g i me n t s re l è v e r o n t -i l s l e
à S u i p p e s . L e s a u t r e s ré
TIM n°208 - Octobre 2009 59
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CHRONOLOGIE
DE 27 H/24 H
13 H 00
s : le 40 RA
e

Ouverture des paddock


box 44 .
prend ses quartiers au
15 H 00
: le LTN
Séance de qualification
Cela ser aà
Pelmar s’y colle.
la 233 place.
e

t-quatre heures de change de rouleur


Au niveau tactique, le 40 RA 16 H 00
e

Le départ est lancé pour ving 5 km parcourus, BCH Arci


Départ de la course : le
spectaculaire de à chaque tour. Une fois ses 4,18
roller non-stop. Moment le plus e des stands
tion moto : patins le patineur rejoint la ligne droit patin s pour
s’élance vers ses
la cour se, il respecte la tradi
l’autre. rouleur suivant.
d’un côté du circu it, parti cipants de pour transmettre le relais au premi ers tours.
h de l’équipe, otti pass e le relais à l’ADJ Perrin. assurer les de ux
Le BCH Arci, capitaine et coac Ici, le CDT Mari
s comme l’exige
assure les deux premiers relai 16 H 20
Goffroy.
le règlement.
Premier relais au CPL
l’ordre,
Puis viennent dans
le LC L Trzcialkowski,
le LTN Pelmar,
H Macé.
le CDT Mariotti, le MC
17 H 30
au box après
Le MCH Macé revient
le service médical.
être passé par
dans la desce nte Dunlop.
Il a chuté
s loin.
Il ne peut pas aller plu
ar se repose et
Au milieu de la nuit, le LTN Pelm 18 H 30
tion au froid nocturne. l’équipe mais
dispose de 7,5 m pour s’hydrate tout en faisant atten
Deuxième chute dans
2

Au sein du box 44, le 40 RA


e
aire est bénéfique au
expérience des anné es Même si l’entraînement milit i sans con séq uence
s’installer. Profitant de leur
consacre r qu’à niveau card io, l’effort spéc ifiqu e et très exigeant de cette fois-c
précédentes, les patin eurs n’on t à se
nce enta me les organismes. pour le CPL Goffroy.
tion et leur hydratation. cette épreuve d’endura
leur patinage, leur alimenta
d’autres membres
La logistique est assu rée par 20 H 00
du régiment qui se mett ent au service des rouleurs.
Après avoir rétrog radé à la
là pour le plaisir.
Soutien ou troupes, ils sont tous
391 place,
e le 40 e
RA se stabilise
vers la 230 e
place.

22 H 00
our de
Le MCH Macé est de ret
Ma ns . Il ret rouve
l’hôpital du
qu ipiers da ns le bo x.
ses coé
00 H 00
pour la nuit.
Un roulement est établi
rotation ass ure les
La première
Quelles que soient les condition
s météo,
ndan t quatr e he ures.
la houlette relais pe
les patineurs s’entraînent sous BC H Arci,
wski assure son du BCH Arci. En gymnase ou
en extérieur, Elle est composée du
Aux aurores, le LCL Trzcialko de l’ADJ Perrin.
passage avec sérieux. Comme
tous ses équipiers, les patineurs alignent les exercices techniques du CPL Goffroy et
ent découvre s. C’es t ici que se prép are
en second du régim et physique
le com man dant
s. Toujours l’aventure des 24 heures du Man
s Rollers. 02 H 30
es du Man 40e RA
Meilleur classement du
la particularité des 24 heur
ama teur de mara thon se met
de bonne humeur, cet
à la 145 place.
e
ésentative de toute
au service d’une équipe repr
la chaîne hiérarchique militaire.
04 H 00
nd le relais
La seconde rotation pre
L Trzcialkowski, le CMT
avec le LC
ar.
Mariotti et le LTN Pelm
08 H 30
retrouve
L’équipe du 40 RA se
e

t po ur les de rnières
au comple
s. Ils se ma intien dront
heure
ce pendant
autour de la 200 pla
e

le reste de la cou rse.

15 H 30
des deux
Le BCH Arci se charge
derniers relais.
16 H 00
d’endurance. Fin des 24 heures du Mans
ce type de compétition
ient un sport d’équipe sur de Troyes. po ur le 40 e
RA à la
Loisir individuel, le roller dev
le classement général des 6 heu res Rollers
Le 40e RA s’est distingu
é en 2009 en remportant Fran ce militaire de roller
3e
place et 13 1 tou rs de circuit.
tillerie souhaite organise
r le champi onnat de
ac ? 20
À terme, le régiment d’ar des artilleurs sur le tarm
ments relèveront-ils le défi
à Suippes. Les autres régi
TIM n°208 - Octobre 2009 59
TIM208_060_BREV_SPORTS.QXD 22/09/09 17:17 Page 60

Brèves sport
Sport

Le 3 e Régiment de génie à l’eau Le 8e RMAT


aux Pays-Bas
Du 19 au 24 juillet, un détachement
du 8 e Régiment du matériel s’est
rendu aux Pays-Bas pour participer
à la 93e édition de la marche interna-
tionale des quatre jours de Nimègue.
L’équipe du 8e RMAT était intégrée au
détachement France Défense Nation,
qui commémore par cette marche la
mémoire des soldats français et alliés
tombés pour la libération des Pays-
Bas en 1945. Il s’agit du plus grand
rassemblement de marcheurs du
monde, avec 45 000 participants, dont
environ 5 000 militaires.
Le 25 août, le 3e Régiment de génie a organisé un biathlon à la fois aquatique et La médaille de Nimègue est attribuée
athlétique. Par équipe de deux personnes, mixtes et non mixtes, 92 binômes se à chaque lauréat ayant satisfait aux
sont élancés avec à leur tête le chef de corps, le colonel Marotte. épreuves de la marche : avec un sac
Au programme, 6 obstacles aquatiques (légués par le Centre commando de Givet, de 10 kg sur le dos, les équipes doi-
dissous) à franchir de manière individuelle et course à pied de 3 000 m en équipe. vent parcourir au minimum 160 km
Le meilleur temps était estimé entre 25 minutes et 30 minutes ; c’était sans comp- en quatre jour.
ter sur la détermination des participants qui ont réalisé de très belles perfor-
mances : 16 min pour les hommes, 18 min en mixtes et 33 min pour les femmes.
Bilan de la journée : difficile physiquement mais très ludique et agréable.
Champions du monde
Le ballon de l’amitié de pentathlon
Le 14 août 2009 a eu lieu à Tyr, au Liban,
un rituel lié à chaque mandat FINUL : un
match de rugby. Quarante casques bleus
français du GTIA Daman 9 ont ainsi
affronté une équipe libanaise constituée
de joueurs venus du Beirut Phoenician
Rugby Club et du Black Lions Clubs.
Ce match était un défi pour les casques
bleus. Challenge réussi et victoire 25-9.
Plus qu’un match de rugby, c’est une nouvelle fois à une belle leçon d’amitié
avec le pays du Cèdre à laquelle ont pu assister le général italien Claudio Gra-
ziano, commandant de la FINUL, et le ministre des Sports libanais.

Championnats de parachutisme
Du 22 au 26 août 20009 se sont Les championnats du monde de Penta-
déroulés les 52e championnats de thlon se sont déroulés du 4 au 8 août 2009
France de parachutisme au centre à Sofia en Bulgarie. Le pentathlon mili-
de Maubeuge. taire consiste en des épreuves de tir, de
L’ETAP a décroché pour la seconde course d’obstacles, de jets de grenades,
année consécutive une médaille et de cross-country.
d’or catégorie équipe, mais aussi Les quarante-trois équipes représen-
en catégorie individuelle grâce aux taient trente-quatre pays membres et
performances de l’adjudant-chef invités. L’équipe vétérans de la Confé-
Ventaja. Ces deux médailles d’or dération internationale des officiers
couronnent l’habilité de ces paras de réserve (CIOR), rattachée au pôle
engagés dans les précisions d’at- réserves de l’armée de Terre, menée
terrissage, des sauts effectués à par le capitaine Chabin, composée des
1000 m visant à poser le pied le capitaines Adrien et Augé, s’est classée
plus près possible d’une cible de première dans sa catégorie et première
la taille d’une pièce de deux euros. toutes catégories confondues. C’est
À noter : le championnat de France donc un 14e titre mondial que remporte
interarmées du 5 au 8 octobre 2009 la France devant l’Allemagne et l’Angle-
à Montauban. terre.

60 TIM n° 208 - Octobre 2009


TIM208_061_BIAT.qxd 24/09/09 16:41 Page 61
TIM208_062_063_PUBS.QXD 22/09/09 17:29 Page 62
TIM208_062_063_PUBS.QXD 22/09/09 17:30 Page 63
TIM208_064_065_AGENDA.QXD 22/09/09 17:35 Page 64

Quartier libre

4
15 06 09 29 08 09
La Défense L’armée de Terre
expliquée aux ados s’expose à Perpignan
La revue de l’éducation nationale, Du 29 août au 12 septembre 2009 s’est
Textes et documents pour la classe tenu, à la caserne Mangin, le Visa off
(TDC), parue le 15 juin 2009, s’intéresse de Perpignan qui réunit depuis 1996
de nouveau aux thèmes de la Défense. des photographes de tous horizons.
Destinée avant tout aux enseignants, Une quarantaine de clichés ont été ainsi
aux collégiens et lycéens, TDC exposés, « de Paris à Kaboul », afin de
est une très bonne synthèse pour mettre en avant l’étendue des missions
qui veut découvrir le monde de la de l’armée de Terre. L’adjudant Drahi et
Défense. Enrichie par de nombreuses le caporal-chef Tabone, photographes
images et cartes, la revue aborde du SIRPA Terre, ont exposé leurs
des thèmes récurrents mais importants travaux réalisés en parallèle à Kaboul
comme les nouveaux concepts et à Paris. Cet échantillon représentait
stratégiques, la féminisation des le travail quotidien de 100 reportages
armées, les métiers de la Défense, dans dix pays. Les deux expositions
la place de la Défense dans l’Europe… peuvent être empruntées au SIRPAT.
Disponible dans les CDI des collèges Contact : ADJ Drahi au 01 72 69 25 67.
et lycées, sur www.cndp.fr

4
ou à la Librairie de l’éducation,
13, rue du Four, 75006 Paris, 4,40 €. 10 07 09
Un musée du Génie
L’inauguration du musée du Génie, en projet
depuis 1996, s’est déroulée le 10 juillet 2009 avant
son ouverture au public le jour de la fête nationale.
Angers, ville du génie depuis 1894 avec la création
du 6e Régiment du génie, assoit définitivement
son autorité dans le domaine avec la création
de ce musée tant attendu. Un sas d’imprégnation
nous transporte dans le monde du génie avant
de nous plonger dans le temps, dans une galerie
retraçant son histoire. Le parcours s’achève sur
un espace fractionné selon les diverses missions
du génie. Ouvert du mercredi au dimanche,
de 13 h 30 à 18 h. Plein tarif à 4 € et 2,5 €
en tarif réduit. Renseignements :
www.musee-du-genie-angers.fr
4

18 09 09
Bulles de Poilus
4

Jusqu’au 13 décembre 2009


20 10 09 se tient au château de Péronne,
dans la Somme, une exposition
Ventes de véhicules de bandes dessinées.
Le thème : la Grande Guerre.
de la Défense L’intérêt : confronter les illustrés
Les 20 et 21 octobre, 40 véhicules du patriotiques de l’époque avec les
parc véhicule de la Défense sont mis bandes dessinées d’aujourd’hui
en vente. Ouvertes aux agents civils majoritairement pacifistes.
et militaires, ces ventes auront lieu Mettre en images différemment,
respectivement à Fleury-les-Aubrais véhiculer un autre message,
(45) et à Saint-Maurice (94). mélanger les genres – humoris-
Pour toute information, contacter tique, satirique, merveilleux… – telle est l’ambition de l’exposition « Mobilisation
le SPAC (Service parisien de soutien générale ! 14-18 dans la bande dessinée ».Le plus : envisager la bande dessinée
de l’administration centrale) par le prisme du papier où l’image devient mot et au-delà sens.
au 01 45 52 61 15 (ou 16). Renseignements : 03 22 83 14 18 ou www.historial.org

64 TIM n°208 - Octobre 2009


TIM208_064_065_AGENDA.QXD 22/09/09 17:35 Page 65

Votre agenda

4
03 10 09 01 10 09
Angers à l’heure médiévale ! La BFA a vingt ans !
Dans le cadre des manifestations angevines À l’occasion de
liées au 600e anniversaire de la naissance son vingtième
du roi René, mécène et protecteur des arts, anniversaire,
se tiendra du 3 octobre 2009 au 3 janvier la brigade fran-
2010 une exposition rassemblant les plus co-allemande,
beaux manuscrits enluminés possédés par créée le 2 octo-
le roi. « Splendeur de l’enluminure, le roi bre 1989, consa-
René et les livres », grâce au concours de cre un livre à
20 bibliothèques européennes, rassemble ceux et celles
47 manuscrits et feuillets dont 23 seront qui ont façonné
présentés pour la première fois ! la BFA, qui
Romans chevaleresques, ouvrages souhaitent la découvrir ou la
d’histoire, livres de dévotion, chefs-d’œuvre redécouvrir. Illustré de nombreuses
de la peinture occidentale… ourdiront de photos, l’ouvrage retrace l’historique
plaisir les amateurs de littérature médiévale. de la brigade, présente les différentes
L’exposition est visible au château d’Angers, unités françaises et allemandes ainsi
galerie de l’Apocalypse. que les OPEX menées depuis 1996,
Renseignements : 02 41 23 50 00 date du premier engagement extérieur
ou www.angers.fr de la BFA.
Renseignements : www.df-brigade.de
4

Brigade franco-allemande de 1989


01 10 09 à 2009, Fölbach Verlag, 386 pages,
15 € (+ frais d’envoi).

4
Le 57 e Régiment d’artillerie sur la toile
Suite à la réorganisation de l’armée de Terre, le 57e Régiment 06 11 09
d’artillerie de Bitche a été dissous le 31 juillet 2009.
Sur l’initiative de l’adjudant Frédéric Monget, un site internet Peinture et sculpture
a été créé pour perpétuer la mémoire du 57 e RA, ainsi
qu’un livre prestige, 57 e Régiment d’artillerie. Imprimé
en 2 250 exemplaires, 1 400 sont numérotés et retracent
l’histoire, les opérations et la vie du 57. Les ouvrages
numérotés sont réservés aux personnels ayant servi
au 57e RA ou aux proches du régiment.
Les ouvrages non numérotés sont disponibles auprès
de l’adjudant Monget sur www.anciensdu57ra.fr
4

08 10 09
Rendez-vous
avec l’histoire
La 12 e édition des « Rendez-vous de
l’histoire » se tient à Blois du 8 au
11 octobre 2009 sur le thème « Le Corps
dans tous ses états ». L’ECPAD, dans
le cadre de son partenariat avec le salon,
sera présent sur le Salon du livre, le cycle La Fédération des clubs sportifs
cinéma, les expositions. L’ouvrage Le et artistiques de la Défense
sacrifice du soldat : corps martyrisé, (FCSAD) organise du 6 au 8 novembre
corps mythifié, coédité avec le CNRS son 60 e salon national de peinture et
Éditions, sera de plus présenté au public. de sculpture des armées, placé sous
De plus, la revue Inflexions dont l’édition le haut patronage du ministre
du 3e trimestre s’intitule « Le Corps de la Défense. Plus de 170 œuvres
guerrier », organise une table ronde le sont visibles de 10 h à 18 h à l’espace
11 octobre, à 9h30, à la Maison de la Commines, dans le 3 e arrondissement
magie, sur le thème du corps du guerrier. de Paris. Renseignements : Anna-
Renseignements : 02 54 56 09 50 Oriane Monge, 01 46 73 72 01
ou www.rdv-histoire.com ou www.fcsad.net

TIM n°208 - Octobre 2009 65


TIM208_066_067_CULTURE.QXD 22/09/09 17:58 Page 66

Quartier libre

Écriture et guerre ont souvent cohabité puisque ceux qui font la guerre
la racontent depuis toujours. Parfois loins de la grande littérature, parfois
très proches, certains ouvrages d’écrivains combattants sont devenus
des best-sellers et ont marqué des générations de lecteurs.

La bibliothèque idéale

Les écrivains
guerriers
D
ifficile de choisir. Selon auteurs, Hélie de Saint Marc ROMAN
quels critères ? Déjà évoque sans retenue ses dou- Pierre Schoendoerffer
certains grognent : tes et ses difficultés.
« Comment a-t-il pu oublier Engagé dans son époque, au
La 317e section
1965
untel ? » ; « De quel droit cœur des évènements et aux
choisir celui-là plutôt qu’un avant-postes de l’histoire, Tout le monde connaît cette histoire, symbo-
autre ? » ; ou « Encore un pri- il a poursuivi son œuvre, no- lique de la guerre d’Indochine.
sonnier du politiquement cor- tamment par un livre écrit L’abandon d’un poste isolé, la course à travers
rect ! » Voici donc un choix, avec August von Kagenek : la jungle sous la pression des Viet-minhs, le
forcément subjectif, d’auteurs Notre Histoire, témoignage sous-lieutenant Torrens, l’adjudant Willsdorf,
que l’on peut qualifier «d’écri- croisé d’un Allemand et d’un l’identification fonctionnait à plein.
vains guerriers » et qui vien- Français sur leurs vies de Ce livre s’est aussi transformé en un film,
dront peut-être enrichir votre soldats. prix du meilleur scénario à Cannes en 1965,
bibliothèque. avec les inoubliables Jac-
ques Perrin et Bruno Cre-
MEMOIRES ROMAN mer. Ancien du Service
Hélie de Saint Marc Erwan Bergot cinématographique des
armées, prisonnier à Diên
Mémoires Deuxième classe Biên Phu, Pierre Schoen-
Les champs de braise à Diên Biên Phu doerffer (en photo, ci-
1995 1964 dessous au centre)
Résistant à 19 ans, Ce livre se vou- a beaucoup écrit et réa-
déporté à Bu- lait un hommage lisé sur le sujet guerrier.
chenwald l’année à tous les sans-
Rubrique réalisée par le CNE Thomas DIJOL

suivante, puis li- grades de la ba-


béré, il s’engage taille mythique.
ROMAN
dans la Légion. Deuxième classe dans les médias et l’opinion,
Vladimir Volkoff
Ce sera l’Indo- à Diên Biên Phu dans les arrière-cours de la
chine, l’Algérie le putsch et reste un récit limpide sur une Le Retournement politique et du renseignement.
la prison : son parcours, au- bataille féroce menée par 1979 Auteur connu pour son œuvre
jourd’hui connu, est caracté- beaucoup comme un baroud D’origine russe, pour la jeunesse (le fameux
ristique d’une époque. d’honneur alors qu’ils se sa- Vladimir Volkoff Lieutenant X), il est surtout l’un
Plus qu’une simple histoire vaient perdus d’avance. est engagé vo- des fers de lance du roman
de guerres successives, les Plus largement, Bergot a sou- lontaire pendant d’espionnage pendant la
mémoires de Saint Marc sont vent pris le parti de raconter la guerre d’Algé- Guerre Froide. Le Retourne-
les récits des tranches de vie la guerre vue depuis la troupe. rie. Il comprend ment raconte justement toute
d’une génération d’officiers et Depuis 1995, Erwan Bergot a alors que les combats ne se l’histoire de ces agents enne-
de militaires. Dans une veine donné son nom au prix litté- gagnent pas seulement sur les mis que l’on amène à travail-
plus littéraire que d’autres raire de l’armée de Terre. champs de bataille, mais aussi ler pour son propre camp.

66 TIM n° 208 - Octobre 2009


TIM208_066_067_CULTURE.QXD 22/09/09 17:59 Page 67

Culture et loisirs

Auteurs étrangers
ROMAN en chef au journal Le Soir, ROYAUME-UNI ITALIE
il participe au conflit comme
Jean Mabire Nicholas Monsarrat Malaparte
lieutenant d’infanterie. Son
Commando de chasse Officier sans nom retrace avec La Mer cruelle Kaputt
1968 humanité la destinée de l’un 1951 1944
L’auteur livre un de ces nombreux officiers sub- Engagé Italien
témoignage sur alternes, rappelés en 1939, et dès le début d’origine
ce qu’était la qui feront la guerre vaillam- de la guerre allemande,
guerre contre- ment, jusqu’à être fait prison- dans la Navy, engagé dans
i n s u r re c t i o n - niers ou tués. Un livre à dé- Montsarrat l’armée
nelle, menée par couvrir sans à priori. livre dans ce française en
de petits grou- document une des plus 1914, il choisit
pes, les commandos de chasse, ROMAN vibrantes histoires de la vie finalement la nationalité
parfois aux limites des lois d’un équipage au cours transalpine en 1928 et
Jean Lartéguy
de la guerre. Jean Mabire a de la terrible bataille le métier de reporter.
lui-même été à la tête d’un Les Centurions de l’Atlantique. L’équipée Dans ce livre, il propose
commando de chasse, au sein 1963 de Monsarrat, embarqué un récit de voyage
du 12e Bataillon de chasseurs Voici un auteur à bord d’une corvette, à surréaliste et halluciné
alpins, après avoir été rappelé symbolique du la merci de l’océan et des de son reportage sur
en 1958. genre «fana mili» sous-marins allemands, le front de l’Est. Moins
ou « militaria ». sera adaptée au cinéma conventionnel et convenu
RECIT Ancien du 1er grou- avec Jack Hawkins. que d’autres récits de
pe de comman- guerre, il est à la frontière,
Jean L’Herminier
dos, il se lance ETATS-UNIS à la fois ancien soldat
Casabianca dans l’écriture après une car- et journaliste. Son récit
1950 Staff Sgt Bellavia
rière d’active. Ce livre est le extravagant est un
Le commandant premier volume de sa fresque House to house témoignage de prix sur
L’ H e r m i n i e r sur la guerre d’Algérie. Aujourd’hui, ce que la guerre peut
relate l’épopée Écrit en 1963, c’est un récit à les ouvrages parfois avoir de folie.
du sous-marin chaud d’une guerre complexe d’auteurs
Casabianca, de- et du décalage entre politiques américains sur
puis sa fuite de et militaires. la guerre en
la rade de Tou- Cet ouvrage a été adapté au Irak (plus
lon en 1942 où la flotte fran- cinéma avec Anthony Quinn modestement
çaise se saborde, jusqu’à être et Alain Delon. en Afghanistan) foisonnent. ALLEMAGNE
le premier bâtiment français Avec House to house, Ernst Jünger
à entrer à Ajaccio libérée en RECIT le Staff Sgt (ADJ) Bellavia
septembre 1943. a livré un témoignage Journaux
Entre-temps le submersible
Pierre Clostermann
poignant sur la bataille de guerre I et II
aura été de toutes les mis- Le Grand Cirque de Fallouja. Vu de l’œilleton Adulé
sions: débarquement de com- 1948 de son M4, il propose une par François
mandos et d’armes, exfiltra- Ouvrage majeur version très « infanterie » Mitterrand et
tion de responsables de la sur la Deuxième de son engagement, qui par Julien
résistance. Autant d’aventures Guerre mon- est d’abord une histoire Gracq, l’auteur
largement ignorées. L’histoire diale, le livre est simple de combattants, d’Orages
du Casabancia, racontée par l’adaptation de de copains englués sur d’acier a écrit
celui qui l’a alors commandé, son journal mi- la ligne de front, bien loin pour la période plusieurs
mérite vraiment d’être redé- nutieusement tenu pendant de la politique et de la opus dont ses fameux
couverte. toute la guerre. Récit de ses géostratégie en pantoufles. Journaux parisiens.
exploits et missions de pilote Affecté avec les forces
ROMAN de chasse en «version embar- Marcus Luttrel d’occupation allemandes
quée», le livre, publié en 1948, Lone Survivor à Paris, il raconte son
Guy des Cars
est sans doute à l’origine quotidien entre
L’officier sans nom de nombreuses vocations de Lone Survivor mondanités et réflexions
1955 pilote. Dans un style direct, il de Marcus sur l’époque. Il a poursuivi
Mésestimé et trop évoque le quotidien des pilo- Luttrel relate son œuvre avec Le Traité
souvent consi- tes dans ce qui est devenu un une aventure du Rebelle ou Les Abeilles
déré comme un classique du genre. Enchaî- hors pair de verre. Son texte de
auteur de romans nant les récits haletants des avec l’épopée référence sur le sujet,
de gare, Guy des combats entre Spitfire et d’une équipe de Navy Seals, La guerre comme
Cars est l’auteur Junker dans des descriptions partis à la recherche expérience intérieure,
d’un livre représentatif de l’his- incroyables il a, lui aussi, d’un chef taliban et dont concerne ses combats
toire de beaucoup de soldats été adapté au cinéma, l’ECPAD ne reviendra qu’un seul lors de la Première
embarqués dans la Seconde vient d’ailleurs de le rééditer survivant… l’auteur. Guerre mondiale.
Guerre mondiale. Rédacteur en DVD.

TIM n° 208 - Octobre 2009 67


T
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Aujourd’hui
en pleine forme…
mais demain ?

Votre sérénité et celle de vos


proches : mieux vaut y penser maintenant !
Au-delà de 60 ans le risque de dépendance double tous les

- Photo : © Théo Lannier PhotoAlto.


cinq ans… La dépendance commence quand vous ne pouvez plus assumer
seul des actes aussi simples que se laver, s’habiller, préparer un repas ou sortir
son compagnon à quatre pattes. C’est aussi devoir compter sur ses proches en cas de perte
d’autonomie ou de facultés mentales.
Dans le souci constant d’offrir à ses adhérents les meilleures garanties face aux
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Nom : Prénom : Je souhaite obtenir davantage d’informations sur :
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Les autres produits GMPA
Terre Info Magazine 10/2009

Code postal : Ville :


E-mail : Je vous remercie :
de m’adresser une documentation par courrier
Quelques renseignements vous concernant de me contacter par téléphone :
Age : Domicile : entre h et h
Situation de famille : Bureau : entre h et h
Adhérent GMPA n° (éventuellement) : Portable : entre h et h
Conformément à la loi informatique et liberté n°78.17 du 06/01/78, vous disposez d’un droit d’accès et de rectification aux données vous concernant, en écrivant par simple lettre au : GMPA - Tour Neptune - 20, place de Seine - 92086 La Défense Cedex.
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Vu dans les médias


Quartier libre

Vu par 3 millions de téléspectateurs


Le 14 juillet 2009, France 2 consacrait une soirée Vu dans la presse
spéciale à l’armée de Terre. Autour de Michel Drucker, Le Parisien, 15 juillet 2009

I
plusieurs stars et de nombreux intervenants militaires l y a une vie après le défilé. Sept ans
sont venus, sur le plateau installé aux Invalides, que Michel Drucker en fait un show en
prime time sur France 2, façon «Vis ma
échanger au sujet de notre armée. vie de militaire ». […] En ce jour de Fête
nationale, l’écrin se doit d’être prestigieux.
Il a reçu mi-juin sur l’esplanade des Inva-
lides le ministre de la Défense, Hervé
Morin, puis interviewé le président de la
République et chef des armées, Nicolas
Sarkozy, à l’Élysée. […] « L’armée n’est
pas venue nous chercher et il n’y a eu de
sa part ni censure ni propagande, réagit
Laurent Perrigault, l’un des producteurs
de l’émission. Mais c’est la preuve qu’en
la montrant telle qu’elle est, cela plaît au
public et peut susciter des vocations…»

Le nouveau jugement de Gérard


Darmon après son séjour à Kaboul
Contacté par Michel Drucker pour par-
ticiper à l’émission, Gérard Darmon
voulait juste confronter ses a priori à la
réalité du terrain […]. Le comédien est
revenu « profondément marqué » par sa
© ADJ Jean-Raphaël DRAHI

semaine parmi les 1 300 Français de la


force multinationale à Kaboul. « Comme
beaucoup de gens de ma génération,
j’avais plein de clichés en tête sur les mili-
taires. Du genre : on se tait, on reçoit les
ordres, rien ne dépasse, on mange mal.
J’y suis allé pour apporter un regard
Vu dans les blogs décalé, candide. Et pour rencontrer les
simples soldats, savoir qui sont ces four-

É
mission merveilleuse, menée par un civil nous observe. Combien d’élus ont mis de l’ombre, comment on vit à 30 ans
journaliste compétent. Invités, pré- manifesté leur colère lors des fermetu- quand on est six mois loin de sa famille.
sentation, la “classe”, mais surtout res de quartiers militaires. Dans un pre- Mais je ne m’attendais pas du tout à trou-
tout ce que les hommes et les femmes mier temps pour l’aspect pécunier mais ver ça… […] J’ai vécu là-bas un moment
engagés nous ont appris, y compris leur aussi leur attachement à une unité. Alors fort de ma vie. […] La veille de mon arri-
amour pour défendre les couleurs de leur je dis que ce reportage longuement vée, une roquette était tombée sur le
pays représentées par leur drapeau. pensé à une date clé démontre un peu la camp. Et dans ce danger permanent, j’ai
Merci de nous donner plus souvent des vitrine des Terriens. Savoir se montrer découvert des gens très attachants, qui
émissions de ce genre. » positivement. font leur métier avec dévouement et dis-
Marie-Pierre Lambert, En conclusion, on pourrait dire que les tance. J’ai clairement changé d’avis sur
Fribourg (Suisse), sur www.linternaute.com mentalités ont évolué avec l’information les militaires. » Éric Bureau
et hélas les conflits qui touchent le

A
rrêtons de vivre cachés dans nos monde. Les Français ont quasiment tou-
casernes ou faire la sourde oreille jours eu un rôle à jouer et nos citoyens
à la moindre question. Nous som- comprennent mieux notre métier. Les indicateurs
mes soumis au [devoir] de réserve, mais Fini de nous voir comme les bidasses des L’émission Au cœur de l’armée
rien n’empêche d’exprimer notre pas- années 70, pour souvenir la fin du service de Terre a réuni 3 millions de
sion de notre vocation. Car le métier de national a un peu près une dizaine d’an- téléspectateurs, soit 16,1 % de part
soldat est avant tout une vocation et non nées. Une armée pro ne se configure pas de marché. Le défilé du 14 Juillet,
un travail temporaire. […] Il faut mettre en dix ans mais nous avons su apporter quant à lui, a attiré 4 millions de
en avant notre passage à une armée les efforts quand il le fallait. La récom- téléspectateurs sur TF1 (38,3 % de
compétente et professionnelle, même si pense ? Encore plus de monde au défilé part de marché) et 3,1 millions sur
on en connaît les problèmes au quoti- du 14 Juillet. Tout simplement révéla- France 2 (30,6 % de part de marché).
dien. C’est sous cet aspect que le monde teur. » Endorphin sur www.armees.com

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