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Président d’Agrobio Poitou-Charentes, Dominique Brunet, agriculteur

à Pleumartin, brosse la courte histoire du bio en Poitou-Charentes.


Une histoire à laquelle on promet un bel avenir

Par Bruno Delion photo Claude Pauquet

443 fermes bio


en Poitou-Charentes
orsque Dominique Brunet s’installe en janvier sident. «Ces dernières années, nous nous sommes

L 1987 à Pleumartin, à quelques kilomètres de La


Roche-Posay, le paysage du bio en Poitou-
Charentes est bien différent de celui qui existe actuelle-
attachés à développer la production en oubliant de
développer nos filières. Il y a encore des choses à
construire en 2003, nous devons nous réorganiser.»
ment. «A l’époque, il n’y avait pas de certification ou de Ce manque d’organisation et d’infrastructures, Do-
logo AB. Les organismes gestionnaires étaient respon- minique Brunet y est personnellement confronté.
sables de plusieurs cahiers des charges. La réglementa- Alors qu’il pourrait apporter son blé à la coopéra-
tion était moins rigoureuse et les aides à la reconversion tive de Pleumartin, à côté de chez lui, Dominique
n’existaient pas», se souvient l’agriculteur. doit le livrer, via un transporteur, à l’une des seules
Désormais, Dominique Brunet participe activement coop bio du Poitou-Charentes : la Corab basée à
à l’évolution de l’agriculture biologique régionale. Saint-Jean-d’Angély. Il y a cinq ans, il a même dû
Président d’Agrobio Poitou-Charentes depuis sa cesser son élevage de moutons. Seul sur sa ferme,
création en 1996, il précise que cette association a l’agriculteur avouait certaines difficultés à suivre
fédéré les quatre groupements d’agriculteurs bio- la réglementation, notamment pour la vente directe
logiques départementaux. Le but étant de faire dé- de sa viande. «J’étais trop esseulé dans mon coin
couvrir ce mode de production à d’autres agricul- et les mesures de la DSV (Direction des services
teurs. Le réseau regroupe aujourd’hui 70 % des vétérinaires) étaient trop draconiennes.» Doréna-
agriculteurs bio de la région. vant, il exploite 40 ha de terres avec principalement
du triticale, un hybride de blé et de seigle. Ces deux
PROBLÈME RÉCURRENT DE L’OFFRE exemples lui suffisent pour affirmer que «le bio,
ET DE LA DEMANDE c’est encore un tissu assez éclaté».
En 2001, l’Observatoire de l’agriculture biologi-
que compte 443 fermes bio ou en conversion ré- UNE AGRICULTURE ATTRACTIVE
parties sur les quatre départements. Cela représente Contrairement à l’agriculture conventionnelle, l’agri-
1,9 % des exploitations agricoles de la région. C’est culture biologique compte autant de jeunes qui s’ins-
peu mais ce chiffre est supérieur à la moyenne na- tallent issus du milieu que des jeunes venant d’autres
tionale. Les conversions se poursuivent. Néan- horizons. Pour le président d’Agrobio Poitou-
moins, Dominique Brunet s’inquiète de l’évolu- Charentes, c’est la preuve que «cette agriculture est
tion : «La croissance de la consommation en pro- attractive pour une certaine catégorie de gens qui se
duits bio se poursuit alors que la production a ten- retrouvent dans cette démarche environnementale».
dance à stagner.» C’est le problème récurrent de Si devenir agriculteur bio est certainement plus diffi-
l’agriculture biologique : celui de l’offre et de la cile et contraignant que de travailler «en chimique»,
demande. «Pendant la crise de la vache folle, nous Dominique Brunet rappelle qu’un blé bio affiche des
n’avons pas pu toujours faire face», regrette le pré- prix trois fois supérieurs à un blé conventionnel.

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agriculture

QUELLE IMAGE DU BIO ?


En Poitou-Charentes, le fromage de En revanche, le poulet est encore vu
chèvre bio est fortement serré dans une cage au milieu d’un
concurrencé par les fromages AOC élevage industriel. D’où la
(appellation d’origine contrôlée) type progression de 16 % de la
sainte-maure de Touraine ou production de poulets de chair en
Chabichou. Pourquoi ? Parce que les Poitou-Charentes entre 2000 et 2001.
consommateurs associent encore
l’image de la chèvre au petit
producteur qui fait lui-même son
fromage dans sa ferme. Un peu
comme si tous les fromages de
chèvre avaient une connotation bio !

LE BIO BON POUR LA SANTÉ ?


Des nutritionnistes affirment que personne n’a encore
démontré par A+B que le bio apportait un plus pour
la santé humaine. Dominique Brunet en est bien cons-
cient. «Je préfère voir plus large et constater que le
bio a un impact important sur l’environnement. Ce-
pendant, les produits biologiques se gardent plus long-
temps, ont moins d’eau et les résidus au niveau de
l’organisme sont moins importants.»

ET LES OGM ?
Comme les pesticides et les insecticides, ils sont in-
terdits dans le cahier des charges de l’agriculture bio-
logique. «Pour le moment, je pense que le principe PORTRAIT TYPE composé de 34 mères. La viande
de précaution prévaut avant tout», explique Domini- DE L’AGRICULTEUR BIO produite sur son exploitation sera soit
que Brunet, logiquement opposé aux organismes PICTO-CHARENTAIS vendue en direct, soit par la
En croisant plusieurs données de la coopérative Poitou-Charentes Nature
génétiquement modifiés.
deuxième édition de l’Observatoire de installée à Bompaire dans les Deux-
Quand il s’est installé sur les 28 ha de la ferme de son l’agriculture biologique, on peut Sèvres. L’élevage est conduit de
grand-père, Dominique Brunet commence tout de dessiner le portrait type de manière extensive. Les animaux sont
suite en bio. Son expérience de trois années en Côte l’agriculteur bio picto-charentais. En élevés à l’herbe puis nourris avec un
moyenne, il a 44 ans et exploite 58 ha mélange issu de l’agriculture
d’Ivoire en tant que technicien agricole lui a ouvert biologique qui provient, de préférence,
de terres. Son exploitation est plutôt
les yeux. «C’est là que j’ai pris conscience des mé- sur le Nord Deux-Sèvres (Bressuire, de l’exploitation. Les techniques
faits et des saccages de l’agriculture conventionnelle.» Parthenay) mais peut très bien aussi d’élevage visent à maintenir les
Au moment où il stoppe la production ovine (il garde être basée dans la Vienne animaux en parfaite santé par des
(Montmorillon), régions d’élevages actions essentiellement préventives.
encore une quinzaine de brebis), Dominique prend la bovins et ovins. Ses rendements en Ainsi, les bêtes sont soignées par
responsabilité du centre équestre de la Gatinière à La céréales, sans être exceptionnels, homéopathie et phytothérapie.
Roche-Posay. «Je ne suis pas tenu de travailler en s’avèrent corrects avec 29 quintaux Bien évidemment, pour ses
par hectare pour le blé et 64 qx/ha céréales, comme pour ses animaux,
bio, mais les chevaux sont nourris avec une alimen-
pour le maïs : bien en dessous des notre agriculteur bio picto-
tation qui provient de ma ferme, et lorsqu’ils sont rendements de l’agriculture charentais répond à un cahier des
malades, je les soigne par homéopathie.» Quand on a conventionnelle, mais payé trois fois charges national homologué par le
l’agriculture bio dans la peau ! ■ plus cher par la Corab (coopérative ministère de l’agriculture, de la
spécialisée dans les productions pêche et de l’alimentation. On peut
végétales bio) de Saint-Jean-d’Angély. retrouver ses produits sous le signe
Son troupeau de vaches allaitantes officiel de qualité AB (Agriculture
(destinées à la boucherie) est biologique), propriété du ministère.

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