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La fin de l’Éther

Par Adam Apollo

Texte original sur le site


Resonance Academy

Pendant des milliers d'années, l'Éther, un


champ unifiant et pénétrant toutes
choses, fut dans les cultures du monde
entier une facette essentielle, tant de la
philosophie que de la science. Aussi
connu comme "la Quintessence", l'Éther
était le cinquième de la série des
éléments dont on pensait qu’ils
constituaient ce que nous percevons de
l'univers. Le grec Stoicheion, le japonais
Godai, le tibétain Bön, l'Alchimie
médiévale européenne, aussi bien que le
Druidisme, le Paganisme, la Wicca, le
Chamanisme tribal et celui des indiens
d'Amérique et beaucoup d'autres
traditions spirituelles et philosophiques, Un exemple de représentation des cinq éléments. Dans
tous décrivaient les éléments ce type de représentation, le dodécaèdre illustre
fondamentaux comme : l’Univers, l’Esprit ou l’Éther.

– le Feu – l’Air – la Terre – l’Eau – l’Éther


Bien que l'Éther ait autant de noms qu'il y a de cultures qui y font référence, son sens
général transcende et inclut invariablement à la fois les quatre mêmes éléments
« matériels »1. En général, on le traduit parfois simplement par « Esprit » lorsque l’on
désigne la force vivante incorporelle derrière toutes choses.2 En japonais, on le
considère comme le vide dont sont issus tous les autres éléments. Dans
l'Hindouisme, on le connaît comme l’Akasha, qui signifie simplement « espace » en
Sanscrit.3

Il y a aussi beaucoup de termes pour désigner les mouvements de l'énergie dans


l'Éther, ou celui de l'Éther lui-même. Par exemple, le qi (ou chi, ch'i, ou ki) est un
concept chinois taoïste traditionnel pour l'énergie naturelle ou « force vitale » de
n'importe quel être vivant. Dans l'Hindouisme, un concept similaire est le prana, qui
est la force de vie qui connecte tous les éléments de l'univers. Pour les Hawaïens et
dans quelques cultures polynésiennes, ce champ de force vivant est appelé mana.
Le même concept est désigné par ruah en Hébreu, ou encore lüng dans le
Bouddhisme tibétain, comme le pneuma en Grèce antique et comme l’énergie vitale
dans la philosophie Occidentale. Il fut aussi popularisé par l'idée de « la force » dans
La Guerre des Étoiles.

Depuis toujours, l'Éther joua un rôle central dans notre façon de comprendre les
phénomènes naturels dans l'univers et ce, jusqu'au tournant du 20e siècle. Comme
nous l’avons dit précédemment, tant René Descartes qu’Isaac Newton (mais aussi
Nicolas Fatio de Duillier en 1690, Georges-Louis Le Sage en 1748 et d'autres
encore) ont vu la gravité (ou source de la masse) découler de la mécanique de
l'Éther. À l’époque d'Isaac Newton, c’était une proposition quelque peu dangereuse
du fait que le postulat de telles « forces invisibles travaillant à distance » était
considéré pour la Science comme un recours à des « agents occultes ».4

Cependant, même jusqu'à la fin des années 1800,


on continuait de penser qu’un « luminiferous » Éther
(éther vecteur de la lumière) était le medium dans
lequel se déplaçaient les ondes électromagnétiques
(la lumière). Tant les partisans de la nature
corpusculaire de la lumière que ceux de sa nature
ondulatoire (voir la Section 4 - une Brève Histoire
Moderne de la Lumière) s’accordaient à penser
qu’elle devait se déplacer via un tel medium.5
Cependant, tandis que la cohérence des théories de
l’époque reposait sur l'Éther, beaucoup
d'expériences destinées à le détecter échouèrent.
Ses propriétés apparurent trop dynamiques et trop
éphémères à tester et beaucoup de ses Le vent d’éther, Wikipedia – CC BY-SA 3.0
caractéristiques avaient déjà été expliquées par des
théories alternatives : des éthers furent inventés pour que les planètes s’y meuvent,
pour constituer des atmosphères électriques et des flux magnétiques, transmettre

1
Wikipedia – Aether (classical element) http://en.wikipedia.org/wiki/Aether_(classical_element)
2
Wikipedia – Spirit http://en.wikipedia.org/wiki/Spirit
3
Dictionary of World Philosophy by A. Pablo Iannone, Taylor & Francis, 2001, p. 30. ISBN 0-415-17995-5
4
Edelglass et al., Matter and Mind, ISBN 0-940262-45-2. p. 54
5
Wikipedia – Luminiferous Ether – http://en.wikipedia.org/wiki/Luminiferous_ether
des sensations d'une partie à une autre de nos organismes etc. de sorte que tout
l'espace était rempli par au moins trois ou quatre sortes d’éthers. Le seul éther qui ait
survécu est celui qui a été inventé par Huygens pour expliquer la propagation de la
lumière.6 James Clerk Maxwell - Encyclopædia Britannica 1878

Plusieurs théories ont été établies afin de concilier les propriétés observées de la
lumière avec le mouvement d'autres objets sensés voyager via l'Éther, y compris la
Terre. Ces théories de « l’entraînement de l’Éther » ont été développées en
considérant que l'Éther était complètement stationnaire (ou qu’il se déplaçait
uniformément) tandis que les objets se déplaçaient à travers lui ; ou alors que l'Éther
était partiellement « entraîné » par des objets massifs comme la Terre.7 Dans les
deux cas, ces théories supposaient que le mouvement de l'Éther devrait être
détectable depuis la surface de la Terre du fait de sa rotation et de son déplacement
autour du Soleil. Beaucoup d'expériences furent imaginées pour prouver (ou réfuter)
l'existence de l'Éther en utilisant ces principes élémentaires.

L’une de ces expériences, réalisée par Hippolyte Fizeau en 1851, a mesuré la


vitesse de la lumière dans l'eau pour détecter si un milieu, ou fluide en déplacement
influençait le mouvement de la lumière le traversant. Bien que l'effet soit bien
moindre qu'attendu, l'expérience a montré qu'un milieu en mouvement pouvait en
effet influer sur la vitesse de la lumière, confortant la théorie de « l’entrainement
partiel de l'Éther » d'Augustin-Jean Fresnel.8 Bien que tout ceci ait dérangé la plupart
des physiciens de l'époque, il est notable que, plus d’un demi-siècle plus tard,
Einstein ait exprimé l'importance de cette expérience dans son travail sur la Relativité
Restreinte.9

La plus célèbre de ces expériences fut réalisée par Albert A. Michelson et Edward W.
Morley, communément connue comme l'expérience de Michelson-Morley. Ils
configurèrent un interféromètre extrêmement sensible pour mesurer le « vent
éthérique », à savoir un mouvement potentiellement détectable de l'Éther contre la
Terre en rotation voyageant dans l'espace. Leur expérience avait été conçue pour
détecter une variation de la vitesse de la lumière d’à peine 0,01 %, essentiellement
en observant des changements subtils de motifs d'interférences des ondes
lumineuses séparées et recombinées après un trajet sur de courtes distances (à
l’aide de l’interféromètre). Leurs résultats, qui ont montré un changement négligeable
de l'interférence lumineuse indépendamment de l’heure de la journée ou des
saisons, suggéraient que l'Éther devait être quasi complètement entraîné dans le
mouvement de la Terre.10

L’expérience sur le mouvement relatif


de la terre et de l'éther s’est donc
soldée par un résultat résolument
6
Maxwell, James Clerk (1878), “Ether“, Encyclopædia Britannica Ninth Edition 8: 568–572
7
Whittaker, Edmund Taylor (1910), A History of the Theories of Aether and Electricity (1. ed.), Dublin:
Longman, Green and Co.
8
Lahaye, Thierry; Labastie, Pierre; Mathevet, Renaud (2012). “Fizeau’s “aether-drag” experiment in the
undergraduate laboratory”. American Journal of Physics 80 (6): 497. arXiv:1201.0501
9
Miller, A.I. (1981). Albert Einstein’s special theory of relativity. Emergence (1905) and early interpretation
(1905–1911). Reading: Addison–Wesley. ISBN 0-201-04679-2
10
Shankland, R.S. (1964). “Michelson–Morley experiment”.American Journal of Physics 31 (1): 16–
35.Bibcode:1964AmJPh..32…16S.doi:10.1119/1.1970063

L’expérience de Michelson-Morley, Stigmatella


aurantiaca CC BY-SA 3.0
négatif… : « Étant donné que le déplacement (des franges d’interférences – NDT)
est proportionnel au carré des vitesses relatives, il s'ensuit que s’il s’avère que l'éther
s’écoule sur la surface de la Terre, sa vitesse relative est inférieure à un sixième de
la vitesse de celle-ci. » Albert Abraham Michelson, 1887

Toutefois, ceci était en contradiction avec la propriété connue d'aberration stellaire,


du fait que l’on s’attendrait à ce qu’un Éther entraîné par la Terre modifie
sensiblement notre observation des étoiles.11 L’aberration stellaire est un
phénomène astronomique qui produit un déplacement apparent des objets célestes
en raison d’un changement du système de référence inertiel de l'astronome. Cette
contradiction alliée à l'échec de tant d'autres expériences destinées à mettre en
évidence le « vent d’éther » aboutirent au rejet systématique de l'Éther au sein de la
majeure partie de la communauté scientifique.

Quand Einstein publia sa Théorie de la Relativité Restreinte, il demeurait beaucoup


de problèmes théoriques s’expliquant par l’Éther et qu’il résolut en remplaçant ce
dernier par le cadre conceptuel de l'espace-temps lui-même. Il proposa une façon
plus simple de regarder les choses, sans recours à l’Éther luminifère ; une idée qui
séduisit grandement la tendance anti-éther en vogue au début des années 1900.
L'échec de l'expérience de Michelson-Morley contribua également à accélérer une
large acceptation de la constance de la vitesse de la lumière proposée par Einstein.12

Faisant suite à la publication d'Einstein de la Relativité Générale en 1916, son livre


de vulgarisation sur la Relativité Restreinte et Générale expliquait :

Selon cette théorie il n'existe rien de tel qu’un système de coordonnées privilégié
permettant d’introduire l’idée d’un éther et, par conséquent, il ne peut y avoir aucun
entraînement d’éther, ni aucune expérience pour le démontrer. … Ainsi, dans un
système de coordonnées se déplaçant avec la Terre, le système de miroirs de
Michelson et Morley n'est pas raccourci, mais il est raccourci dans un système de
coordonnées qui est au repos relativement au soleil.13

Pour l’ensemble de la communauté scientifique, ce fut le coup de grâce à l’existence


de l'Éther. À partir de là, on considéra en général, pour des raisons pratiques, que
l'Éther n’existait pas.

11
Janssen, Michel & Stachel, John (2010), “The Optics and Electrodynamics of Moving Bodies”, in John Stachel,
Going Critical, Springer, ISBN 1-4020-1308-6
12
Stachel, John (1982), “Einstein and Michelson: the Context of Discovery and Context of Justification”,
Astronomische Nachrichten 303 (1): 47–53, Bibcode:1982AN….303…47S,doi:10.1002/asna.2103030110
13
Einstein A. (1916 (translation 1920)), Relativity: The Special and General Theory, New York: H. Holt and
Company
Pourtant, peu de temps après cette publication, Hendrik Lorentz, l’un des mentors
d'Einstein, lui écrivit qu’au lieu d’écarter l'Éther, la Relativité Générale l’avait
réintroduit. Et tandis que réhabiliter le concept d'Éther aurait stigmatisé n'importe
quel jeune scientifique, Einstein avait alors, grâce à la Relativité Restreinte et
l'équivalence masse-énergie (E=mc²), déjà assis sa notoriété. Il n’en demeura
d'abord pas moins prudent, n’offrant que de rares déclarations publiques sur le sujet
et ses apparentes contradictions ne promurent guère le « nouvel Éther » aux yeux de
la communauté scientifique.14

Einstein finit par publier une explication complète en vue de concilier ses conceptions
apparemment contradictoires concernant l'Éther, tout d'abord en affirmant que la
Relativité Restreinte ne nie pas explicitement l'existence d'un Éther puis en arguant
simplement que l’Ether n’est pas indispensable pour expliquer les propriétés relatives
de l'électromagnétisme et du mouvement. Enfin, il clarifia et expliqua l'importance
cruciale de l'Éther pour la Relativité Générale.

En effet, nier l'éther doit en fin de compte présumer que l'espace vide n'a aucune
espèce de qualité physique. Les faits fondamentaux de la mécanique ne s'accordent
pas à cette vision. Car le comportement mécanique d'un système de corps flottants
librement dans l'espace « vide » dépend non seulement de leurs positions relatives
(distances) et de leurs vitesses relatives, mais aussi de leur état de rotation, qui en
physique peut être considérée comme une caractéristique n'appartenant pas au
système en soi. Pour pouvoir considérer la rotation d’un système, au moins
formellement, comme quelque chose de réel, Newton du objectiver l'espace. Puisqu'il
classe son espace absolu avec les choses tangibles, la rotation par rapport à un
espace absolu est à ses yeux quelque chose de tout aussi tangible. Newton aurait
tout aussi bien pu appeler « Éther » son espace absolu ; ce qui est essentiel, c’est
simplement qu'en plus des objets observables, autre chose, qui n'est pas perceptible,
doit être considéré comme tangible pour permettre que l'accélération ou la rotation
puissent être considérées comme concrètes.15

Ce développement, ainsi que le reste de l’article publié en 1920, laisse à penser


qu'Einstein avait justement envisagé l'espace-temps comme un « nouvel Éther ».

14
A. Einstein (1918), “Dialog about Objections against the Theory of Relativity“, Naturwissenschaften 6 (48):
697–702,Bibcode:1918NW……6..697E, doi:10.1007/BF01495132 asasf
15
Einstein, Albert: “Ether and the Theory of Relativity” (1920), republished in Sidelights on Relativity
(Methuen, London, 1922)
Cependant, cette vision ne rencontra guère de succès et l'Éther fut lentement oublié
comme l’artefact « métaphysique » d'une ère scientifique révolue.

Pour clarifier les propos d’Einstein, disons que son idée de base est que si un objet
tourne, cette rotation a nécessairement une source. Si la source de la rotation n'est
pas l'objet lui-même, alors ce doit être l'espace autour de lui.

Au vu de cette brève exploration de son histoire, nous pourrions nous demander s'il
était approprié d’éradiquer la notion d’Éther de la science et de tout enseignement
ultérieur des sciences. Voici quelques questions pertinentes que l’on pourrait se
poser à ce propos :

 Pourquoi tant de cultures et civilisations différentes partagent un concept presque


identique appelé le cas échéant « Éther » ?
 Si quelque chose est circonscrit et expliqué par des termes et concepts
caractéristiques, son nom générique original n’en reste-t-il pas moins pertinent ?
Autrement dit, nous savons qu'il y a beaucoup de sortes de « sels » et que la
composition scientifique réelle pourrait en être le chlorure de sodium ou autres
assemblages moléculaires. Devrions-nous pour autant renoncer au terme de
« sel » et, à la place, utiliser uniquement des désignations moléculaires plus
spécifiques ?
 Pensez-vous que l'espace-temps, qu’Einstein voit comme une toile de fond
continue qui connecte tout dans l'univers, pourrait justement être défini comme
étant l'Éther ?