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exploration & production Collection SAVOIR-FAIRE

EOR
augmenter
la récupération
//. sommaire

EOR

augmenter
la récupération
sss
Page 3 avant-propos

Page 4 Contexte
L’augmentation des taux de récupération des huiles
conventionnelles sera, demain, déterminante pour
compenser le déclin inéluctable des champs.

Page 6 Enjeux
En lançant un projet de Recherche et des actions
de Développement dédiés, Total veut compter parmi
les acteurs qui relèveront avec succès le défi de l’EOR.

Page 8 expertise
Injection de produits chimiques, de CO2, de vapeur
ou encore d’eau à salinité maîtrisée : les possibilités
techniques sont nombreuses pour couvrir l’éventail
des gisements cibles et, des études les plus
fondamentales aux pilotes les plus audacieux,
tous les métiers sont mobilisés.
P. 10 Des années de production additionnelle
P. 12 Les promesses de la voie chimique
P. 18 Des laboratoires intégrés
P. 20 Le dioxyde de carbone à l’étude
P. 24 Un vaste champ des possibles

Page 26 groupe
Total dans le monde en 2008

Le parc national Big Bend, au Texas.


//. avant-propos

Prolonger la durée
DE VIE des ressources
d’hydrocarbures
L’Exploration & Production de Total
repousse continuellement les frontières
de la production pétrolière et gazière. « L’innovation est le levier
C’est dans l’intégration complète majeur de la croissance
de tous ses métiers que le Groupe
puise la force d’innovation qui lui vaut
durable de nos productions. »
d’être pionnier dans les domaines
stratégiques d’avenir.
Huiles extra-lourdes, offshore ultra-
profond, gaz acides, hydrocarbures très ultimes des champs conventionnels.
profondément enfouis à haute pression S’appuyant sur les synergies avec
et haute température, parfois dans les autres branches du Groupe dans
des tight sands complexes à produire, les domaines du gaz et de l’électricité,
l’Exploration & Production de Total est du raffinage et du marketing ou encore
présente sur tous les grands challenges de la pétrochimie, ses solutions
technologiques. En parallèle, elle crée technologiques s’intègrent dans toute
les outils et les méthodes qui lui la chaîne de valeur, de la production
permettent d’accéder aux réserves aux produits finis ou aux marchés.
04 //. contexte

Une voie
technologique
EOR

incontournable
s sss
L’augmentation des taux de récupération des huiles
conventionnelles sera, demain, déterminante
pour compenser le déclin inéluctable des champs
et répondre à la demande mondiale d’hydrocarbures.

L’amélioration des taux de récupération des hydrocarbures conventionnels


est un impératif pour soutenir la production mondiale, et l’EOR (Enhanced
Oil Recovery) est l’un des principaux moyens. L’enjeu est de taille. Sur fond
de peak oil, et alors qu’un nombre croissant de champs des compagnies
pétrolières vient à maturité et que les cibles classiques de l’exploration
se raréfient, le socle de la production d’huile conventionnelle décroît selon
une pente annuelle d’environ 5 %. À l’inverse, dans un contexte de croissance
de l’économie mondiale sur le moyen terme, la demande augmente de
quelque 1 à 1,5 % par an. Combler l’écart entre ces deux courbes divergentes
passera bien sûr par les futures découvertes d’une exploration désormais
frontière et par l’exploitation rentable et à grande échelle de ressources
non conventionnelles grâce à de nouveaux développements technologiques.
Toutefois, l’essentiel des réserves d’huile conventionnelle est aujourd’hui
confiné dans des champs découverts il y a déjà vingt-cinq ans et plus.
Parvenir à extraire une part significative de cette huile résiduelle,
qui résiste aux méthodes classiques de récupération, est donc un défi
déterminant pour l’avenir énergétique de la planète. Aujourd’hui, la moyenne
des taux de récupération, de l’ordre de 32 %, permet d’estimer
à 1 000 milliards de barils (Gb) le volume des réserves mondiales prouvées,
soit l’équivalent de ce qui a déjà été produit. Améliorer cette performance
de cinq points ouvrirait l’accès à 300 Gb de réserves additionnelles,
soit un volume équivalent à celui ouvert par l’exploration.
Mais quels que soient les produits ou les procédés mis en œuvre,
les technologies EOR sont chères. Repousser les limites de la récupération
en agissant sur l’efficacité des écoulements à l’échelle macroscopique et
Estimation de l’évolution de l’écart
entre demande et production d’huile. microscopique impacte les coûts techniques et nécessite parfois un prix
du baril élevé pour être rentable. Néanmoins, parce que leur mise en œuvre
Millions de barils par jour sera incontournable demain, Total fait dès aujourd’hui de ces technologies
100
un axe prioritaire de sa stratégie de Recherche & Développement.
Hausse de
80 production
nécessaire

60

40
Estimation de la croissance
de la demande (~ 1,1 %/an)
20
Déclin des champs en
production (~ 5 %/an)
0
2000 2005 2010 2015 2020

Source : Total
Bergen, Norvège.
06 //. enjeux

Une priorité
stratégique
EOR

pour Total
s sss
En lançant un projet de Recherche et des actions
de Développement dédiés, appuyés sur une
organisation transverse qui va des chercheurs en
laboratoire aux opérationnels en filiale, le Groupe
affiche son ambition : compter parmi les acteurs
qui relèveront avec succès le défi de l’EOR.
Sont visées aussi bien les cibles offshore qu’onshore,
avec un focus particulier sur les gisements
carbonatés complexes du Moyen-Orient.

L’expertise de Total en matière d’EOR est ancienne.


Dès les années 1980, portée par l’envolée des cours du baril
consécutive aux chocs pétroliers de 1973 et 1979, la stratégie
de R&D s’oriente en effet largement, et avec succès, dans
cette voie. Ces études pionnières permettent de tester une vaste
gamme de procédés, qu’ils soient chimiques, thermiques
ou fondés sur l’injection de gaz miscibles, et de bâtir un solide
savoir-faire. Plusieurs pilotes deviennent des références
pour l’industrie pétrolière : en France, une injection de polymères
menée à l’échelle industrielle ou, au Congo, le premier
pilote d’injection de vapeur en offshore. Ce sont, pour les équipes
de l’Exploration & Production, des laboratoires aux opérations,
Des collaborations dix années de fort investissement. Mais, avec l’effondrement
internationales des cours – après avoir atteint une moyenne de 86 dollars en 1980,
tous azimuts le prix du baril chute en effet jusqu’à 16 dollars en 1998 –,
le coût élevé des barils additionnels extraits grâce à ces nouvelles
De l’architecture EOR aux
recherches les plus fondamentales technologies n’est bientôt plus supportable.
sur les mécanismes de la Dès 2003 néanmoins, alors que les cours restent relativement bas,
récupération, la R&D de Total l’E&P de Total réinvestit le champ de l’EOR et décide de réactiver
s’appuie sur un réseau mondial les savoir-faire en partie mis en sommeil sous la pression
de collaborations : en EOR du marché pour en faire le socle d’une expertise de pointe.
chimique, avec entre autres Des études pour un pilote d’injection de polymères en offshore
l’École supérieure de physique   profond sont lancées, avec une première mondiale en ligne
et de chimie industrielles de mire. En 2006, la mise sur pied, au Centre technologique
de la Ville de Paris ainsi que
et scientifique Jean-Féger (CSTJF), à Pau, dans le Sud-Ouest,
les universités d’Austin et de
d’un projet de R&D spécifique confirme l’importance stratégique
Houston, au Texas ; sur les thèmes
du CO2 et de l’injectivité en EOR, retrouvée de l’EOR. Transversal et multidisciplinaire, jouant
avec l’université de Delft (seule des synergies au sein du Groupe, en particulier avec le pôle
ou à la tête d’un consortium) et pétrochimique, et s’appuyant sur d’importants moyens
l’IFP (Institut français du pétrole, laboratoires, ce projet a pour objectif l’élaboration de procédés
en photo) ; dans le domaine adaptés au portefeuille Total, très développé en offshore,
de l’eau, avec les universités de mais aussi à l’exploitation optimale des réservoirs carbonatés
Bordeaux et du Wyoming… du Moyen-Orient, qui concentrent l’essentiel du potentiel
de production liquide mondial.
07

Expériences de Total dans le domaine de l’EOR

Huiles visqueuses
de mer du Nord

Joslyn
(SAGD *) Marienbronn
(Huff & Puff)

Châteaurenard
Pécorade,
Grenade
(CO2)
Poso Creek
(vapeur)

Horse Creek Lacq


East Penwell supérieur
West Brahaney (Air)
(vapeur) Handil
(CO2)
(Air)
Émeraude
(Drive)

Deep Jusepin
(WAG **) Nkarika

Dalia,
Camelia

Air CO2 Polymères Vapeur Tensioactifs WAG

* Drainage gravitaire par injection de vapeur. ** Injection alternée d’eau et de gaz.

1 2 3

1. Forage sur le site de Dalia,


en Angola.
2. Plate-forme d’Abu Al Bukoosh,
aux Émirats Arabes Unis.
3. Chaudière de l’usine de Lacq,
en France.
//. expertise

Des techniques
multiples
à exploiter
sss
Lancé en 2006, le projet de R&D EOR témoigne
de l’importance stratégique de la récupération
pour Total. Injection de produits chimiques,
de CO2, de vapeur ou encore d’eau à salinité
maîtrisée : les possibilités techniques
sont nombreuses pour couvrir l’éventail
des gisements cibles et, des études
les plus fondamentales aux pilotes les plus
audacieux, tous les métiers sont mobilisés.
10 //. expertise

Des années
de production
EOR

additionnelle
s sss
Le projet EOR vise à passer, aussi rapidement que possible,
de l’innovation aux pilotes. La clé de son architecture
réside dans l’intégration des métiers et des savoir-faire,
des laboratoires aux opérations, ainsi que dans la synergie
avec les centres de recherche de l’E&P, présents partout
dans le monde, et avec le pôle pétrochimique du Groupe.

L’industrie pétrolière n’a évidemment pas attendu que se profile l’ombre du


peak oil pour se confronter à la question cruciale de l’augmentation des taux
Centre scientifique et technique de récupération. L’injection d’eau, la technique la plus ancienne et la plus
Jean-Féger, à Pau. courante encore à ce jour, est ainsi mise en œuvre depuis la fin du XIXe siècle.
Ce procédé est, avec l’injection de gaz hydrocarboné immiscible, appelé
“récupération secondaire”, car intervenant souvent après une phase primaire
de récupération par éruption naturelle des puits. Le principe consiste à
contrer le déclin des productions par le maintien de la pression du réservoir
et à pousser l’huile mobile vers les puits producteurs.

Les défis de la récupération tertiaire


Si, entre les murs du laboratoire, le balayage à l’eau permet de récupérer
jusqu’à 70 %, voire 80 % de l’huile piégée dans une carotte, ce chiffre tombe
à 32 % en moyenne dans les conditions réelles d’exploitation en raison
des hétérogénéités des réservoirs et varie fortement selon la viscosité
de l’huile cible : s’il atteint 40 à 50 % pour les huiles légères, il chute sous
la barre des 10 % pour une viscosité d’une centaine de centipoises (cP).
Les techniques avancées EOR, aptes à franchir les seuils auxquels

Viscosité de l’huile en cP
0,1 1 10 100 1 000 104 et +

Injection de gaz
Miscible, non miscible, Méthodes thermiques
CO2, WAG et variantes Huff & Puff,
vapeur d’eau,
combustion in situ
Méthodes chimiques
Alcalin/tensioactifs/
polymères/salinité optimisée Solvant
VAPEX
Méthode
microbiologique

Méthodes de récupération tertiaire


selon le degré de viscosité des huiles. Huiles conventionnelles Huiles extra-lourdes
% taux de
récupération
11
80
70 %

Gaz miscible EOR chimiques


60 de 20 % à 40 %
de 15 % Alcalin/
à 30 % tensioactifs/
polymères (ASP)
EOR chimiques/
40 de 5 % à 15 % thermiques
Polymères seuls
de 20 % à 40 %
Thermique
de 10 %
de 40 % de 40 % de 20 % à 30 %
20 à 50 % à 50 % à 30 % Polymères
ou ASP Accroissement des taux
Injection
d’eau ou Injection de récupération en fonction
Injection de 5 % à 20 %
de gaz d’eau des techniques EOR employées
d’eau Déplétion et injection d’eau
0 et de la viscosité de l’huile.
0,1 10 100 1 000
Viscosité de l’huile en cP

se heurtent les méthodes de la récupération secondaire, relèvent donc


d’une récupération dite “tertiaire”. Elles impliquent l’injection de produits
qui – à l’exception de certains gaz : CO2, H2S ou gaz hydrocarboné miscible –
ne sont normalement pas présents dans les réservoirs pétroliers : produits
chimiques, solvants, vapeur, voire air, eau faiblement salée, bactéries…
Il s’agit, d’une part, d’améliorer le drainage en optimisant le balayage
macroscopique de l’huile mobile et, d’autre part, de mettre en œuvre,
à l’échelle microscopique cette fois, des processus physico-chimiques aptes
à déloger l’huile résiduelle prisonnière de la matrice réservoir, qui résiste
aux méthodes classiques de récupération. Potentiellement applicables
à tous les champs conventionnels, quel que soit leur degré de maturité,
ces technologies sont particulièrement attendues pour améliorer
la productivité et les taux de récupération des réservoirs les plus difficiles :
champs d’huile visqueuse ou de faible perméabilité.

Des expertises intégrées


Le champ de la recherche pour l’amélioration de la récupération est
partagé entre le projet de R&D EOR pour les huiles conventionnelles,
d’une viscosité maximale de 1 000 cP, et le projet de R&D Huiles
extra-lourdes, abrités tous les deux au CSTJF. Des passerelles existent
cependant entre les entités, la frontière entre les deux domaines s’estompant
pour certains procédés, en particulier thermiques.
Les équipes multidisciplinaires de la récupération améliorée couvrent
toute la chaîne des compétences, du réservoir à la surface, des études
aux opérations, en passant par l’architecture pétrolière. Car, à l’instar
de toutes celles dévolues à la croissance des productions, leur vocation
est de transformer efficacement les innovations de la recherche en pilotes
opérationnels. Bénéficiant de moyens laboratoires de premier plan
– laboratoires de physico-chimie et de balayage en milieu poreux du Pôle
de recherche & développement de Mont/Lacq (PRDML), dans le Sud-Ouest,
et laboratoire de pétrophysique du CSTJF –, elles s’appuient aussi,
au-delà des frontières hexagonales, sur l’expertise des centres de recherche
internationaux de l’E&P : le Stavanger Research Center (Norvège), le Groupe
de recherche géophysique de Houston (États-Unis), le Total Research Centre
de Doha (Qatar) et le Centre de recherche géosciences d’Aberdeen
(Royaume-Uni). Avec au fondement même de l’organisation de ce vaste projet,
une intégration complète des compétences, car seule une synergie
de toutes les expertises permettra de repousser la récupération jusqu’aux
limites du possible. Et l’enjeu est considérable, car chaque point de
récupération supplémentaire gagné ouvrira l’accès à un “bonus” équivalent
à quatre années de la production mondiale actuelle.
12 //. expertise

Les promesses
de la voie
EOR

chimique
s sss
La mise en œuvre de polymères et de tensioactifs
pour améliorer l’efficacité de l’injection d’eau concentre
aujourd’hui une part très importante des recherches
du projet EOR. Cette option s’avère en effet particulièrement
bien adaptée au portefeuille de Total. Bénéficiant d’importants
moyens d’études en laboratoires, ces techniques sont
d’ores et déjà évaluées par des pilotes. À l’horizon,
une première mondiale, signe de la capacité d’innovation
et de l’audace de Total.

La voie chimique de la récupération améliorée concerne d’abord les réservoirs


argilo-gréseux contenant des huiles d’une viscosité inférieure à 50 cP.
Potentiellement bien adaptée à la tranche conventionnelle du portefeuille
de Total, nettement dominée par l’offshore, elle concentre une part
importante des efforts de R&D du Groupe en matière d’EOR. Le processus
de qualification de polymères et de tensioactifs aptes à doper la production
et la récupération s’appuie sur une étroite synergie entre les expertises
et les moyens d’études de l’E&P et ceux de Total Petrochemicals France.

Les polymères,
accélérateurs de récupération
Le constat est simple : dans les conditions de fond des réservoirs, l’eau
a presque toujours une viscosité plus faible que l’huile. Or, tout en assurant
le maintien de la pression du réservoir, l’eau injectée devrait aussi idéalement
pousser l’huile, tel un piston. Mais, parce qu’elle est plus mobile que l’huile,
Qu’est-ce elle faillit souvent à cette mission, se faufilant par les chemins de moindre
que la mobilité ? résistance que lui offre le réservoir (voir l’encadré). Remédier à ce problème
La mobilité d’un fluide   est, dans le principe, tout aussi simple : il s’agit de réduire la mobilité de l’eau
exprime le rapport entre la en augmentant sa viscosité, de manière à rapprocher autant que possible ses
perméabilité relative de ce fluide propriétés de celles de l’huile cible. Comment ? En lui ajoutant un polymère,
dans un milieu poreux donné   longue chaîne moléculaire qui répète à l’identique et un grand nombre de fois
et la viscosité de ce fluide.   le même motif de base. À la condition que ce polymère soit soluble dans l’eau,
La viscosification de l’eau par   il pourra s’y déplier et augmenter la viscosité de cette dernière.
des polymères vise à tendre   Ainsi, une augmentation potentielle des taux de récupération de 5 à 15 %
vers un rapport de mobilité  
peut être obtenue grâce à un “effet piston” beaucoup plus efficace.
entre l’eau et l’huile égal à 1,  
c’est-à-dire à obtenir une
mobilité équivalente pour   Une expérience industrielle
les deux fluides. En milieu   de premier plan
peu salé, une concentration   La grande efficacité potentielle du contrôle de la mobilité de l’eau par
de polymères à 300 ppm (parties l’adjonction de polymères est démontrée depuis longtemps par Total.
par million), soit 0,3 g/l, permet En 1977, le Groupe lance en effet sa première opération pilote,
d’augmenter aisément la viscosité sur le champ français argilo-gréseux de Châteaurenard, dans le sud du
de l’eau d’un facteur 10. Bassin parisien. Ce réservoir peu profond, d’une température de 30 °C
et composé de sables inconsolidés d’excellente perméabilité, recèle
Injection d’eau Injection de polymères
Fort rapport de mobilité Faible rapport de mobilité

(a) Injection d’eau


Injection d’eau Injection de polymères
Fort rapport de mobilité Faible rapport dek1
mobilité
Eau Huile k2
k3
(a) Injection d’eau
k2>k3>k1 k1
Eau Huile k2
Injection d’eau Injection de polymères
Injection de polymères k3
Fort rapport de mobilité (b) Faible rapport de mobilité
k1
Polymères k2>k3>k1 Huile k2
Injection d’eau k3
(a)
(b) Injection de
k1 polymères(k = perméabilité)

Eau Huile k2 k1
Polymères k3 Huile k2
k3
(k = perméabilité)
k2>k3>k1

au Injection
(b) Injection de polymères
de polymères
obilité Faible rapport de mobilité k1
Polymères Huile k2
k3
Comparaison
Injection d’eau du balayage : eau versus(k =polymères
perméabilité)
k1
Huile k2
k3

k2>k3>k1
une huile visqueuse de 40 cP en conditions réservoir. L’opération pilote,
comptant un puits injecteur et sept producteurs, conduite jusqu’au
Injection milieu
de polymères
des années 1980, présente d’excellents résultats sur quatre
des puits producteurs. Elle k1 justifie la mise en œuvre industrielle
ères Huile k2
de l’injection de polymères sur le champ satellite de Courtenay, champ
k3
mature d’huile(kvisqueuse
= perméabilité)(40 cP) où la production d’eau atteint 80 %.
Lancée à l’échelle pilote en 1985, cette seconde opération est déployée
à l’échelle industrielle à partir de 1989 avec quatre puits injecteurs et
seize producteurs. L’eau injectée (420 m3/j) atteint une viscosité de 23 cP
via un polyacrylamide dont la concentration est maintenue à 900 ppm
pendant les vingt-sept premiers mois du développement avant d’être
progressivement réduite à 100 ppm au cours des deux années suivantes. Bureau du siège social
de la filiale de Total E&P USA,
Au final, l’efficacité du procédé est largement démontrée : 56 700 m3 à Houston, au Texas.
d’huile additionnelle sont produits, soit une amélioration de 9 % du taux
de récupération initial de 22 %. Expérience industrielle très concluante
au regard de la viscosité de l’huile cible, Courtenay fait toujours figure
de référence mondiale.
pp
Résultats de l’injection de polymères à Courtenay
Production d’huile (m3/j)
120

Réalisé avec l’injection


100 de polymères

80

Simulation avec
60 l’injection de polymères

40
Simulation sans
l’injection de polymères
20

0
1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995
14 //. expertise
EOR

s
pp Première en grands fonds
C’est aujourd’hui un challenge de plus vaste envergure que relèvent
les spécialistes EOR de Total, avec, en ligne de mire, une première
mondiale : l’injection de polymères dans le domaine extrême des grands
fonds, en l’occurrence sur Dalia, immense champ de l’angolais développé
sous des profondeurs d’eau variant de 1 200 à 1 500 m.
Les gisements de l’offshore profond apparaissent en effet comme
d’excellents candidats à cette technique. En général faiblement enfouis
sous le fond de la mer, ils affichent souvent une température modérée
allant de pair avec des huiles relativement visqueuses. De plus, l’injection
1
d’eau y est le mécanisme de récupération le plus fréquemment mis
en œuvre. Le lancement de ce projet en 2003, trois ans avant l’entrée
en production de Dalia, marque une étape déterminante dans la stratégie
de Total : l’EOR n’est plus, désormais, réservée aux seuls champs
matures, mais peut et doit trouver sa place, chaque fois que le besoin
s’en fait ressentir, sur de nouveaux champs. Les opérations débutent
fin 2008 avec la réalisation d’un test d’injectivité de l’eau viscosifiée
sur site. Ce délai de cinq ans témoigne de l’ampleur de l’étude
multidisciplinaire requise pour démontrer la faisabilité et la rentabilité
de la technique. Quatre thèmes majeurs sont traités, mêlant géosciences,
2 chimie et architecture pétrolière :
– la sélection, via un programme laboratoire dédié, d’un polymère
1. FPSO de Dalia,
au large de l’Angola. adapté au réservoir et à l’huile de Dalia ;
2. Suivi de l’évolution − l’estimation, au travers d’importantes simulations réservoir nourries
de la viscosité du polymère par les paramètres acquis en laboratoire et scrutant différentes
dans les conditions de fond.
stratégies, des ressources additionnelles susceptibles d’être apportées
par la viscosification de l’eau d’injection ;
− le design et la définition des objectifs d’une installation pilote ;
− la logistique et l’étude/évaluation des équipements opérationnels
additionnels requis pour mettre en œuvre le procédé sur le site de Dalia.

Le défi de la salinité
À chaque champ, “son” polymère. Sa salinité, sa température, la composition
et les propriétés de l’huile, la dynamique des fluides à l’œuvre dans
le réservoir sont quelques-uns des paramètres qui président au choix
de l’assemblage moléculaire idoine. Si les polymères s’accommodent
de températures de 70, voire 80 °C, ils perdent en revanche leur pouvoir
viscosifiant dans une eau fortement saline. Sous l’action du sel,
ces longues chaînes flexibles, qui ne sont efficaces que dépliées, se mettent
en effet ”en pelote”. L’amélioration de leur tenue au sel est donc un axe
majeur des recherches. Parmi les molécules candidates, les biopolymères,
fabriqués par des levures ou des bactéries. Il s’agit notamment
de polysaccharides, dont la solubilité est excellente et dont la structure
rigide résiste au sel. Autre avantage majeur, ils peuvent s’accommoder
de températures allant jusqu’à 100, voire 110 °C.
pp
Dalia, le polyacrylamide chez un géant des grands fonds

Caractéristiques
du champ
Température des réservoirs : 50°C
Perméabilité moyenne : 1 D
Viscosité de l’huile en conditions
réservoir : de 3 à 7 cP
Viscosité de l’eau en conditions
réservoir : 0,5 cP
Salinité de l’eau de formation :
130 g/l
Volume maximal d’eau injectée :
375 000 b/j via 4 lignes d’injection
d’une longueur cumulée de 35 km
Volume moyen d’injection par
puits : 12 500 b/j

Entré en production en 2006, qualifié par rapport à sa facilité


Dalia compte parmi les plus de dissolution (rapide  
grands développements par et homogène), à son pouvoir Développement
grands fonds du monde. Les viscosifiant dans une large phasé
chiffres parlent d’eux-mêmes : gamme de salinité (25 à 52g/l),  
Décembre 2008-janvier 2009 :
230 km2 de champ, 4 réservoirs à sa capacité à résister au
test d’injectivité sur un puits,
et 71 puits sous-marins, dont   cisaillement lors de son passage
au moyen de 60 t de polymères
37 producteurs, 31 injecteurs par les duses et les vannes  
sous forme de poudre.
d’eau et 3 injecteurs de gaz. des puits d’injection, à son
2009 : lancement d’un pilote
L’injection de polymères sur aptitude à rester stable pendant  
d’au moins un an sur une ligne
l’intégralité de ce géant, prévue   les années passées dans  
d’injection alimentant
à l’horizon 2013, devrait la formation avant qu’il arrive
3 puits injecteurs, avec une
conduire à une récupération jusqu’aux puits producteurs,
consommation quotidienne
incrémentale moyenne estimée distants de 500 à 1 500 m  
de 5 à 6 t de polymères.
à 5 % des réserves sur vingt ans des injecteurs, ou bien encore  
2013 : généralisation du
après un minimum de trois ans à la faisabilité de l’injection.
procédé à l’ensemble du
d’injection d’eau “classique”. D’autres paramètres
champ, soit une injection de 40
Le polyacrylamide sélectionné, déterminants, en particulier  
à 50 t de polymères par jour.
d’une masse moléculaire   son prix et sa disponibilité, ont
de 18 millions de daltons, a été également été pris en compte.
16 //. expertise
EOR

s
pp Prometteurs pour des gisements chauds et à forte salinité,
ils présentent toutefois une faiblesse majeure : générés par des bactéries,
ils sont aisément biodégradables. Une propriété qu’il est primordial
de pallier pour garantir leur pérennité face aux bactéries présentes dans
les réservoirs.

Des savons pour huile résiduelle


Au-delà de la simple accélération de la récupération que permettent
les polymères en optimisant le drainage de l’huile mobile, c’est désormais
1 une véritable amélioration des performances qui est visée avec
les tensioactifs, seconde classe des molécules mises en jeu par l’EOR
chimique. Ces derniers ont en effet le pouvoir de déloger la fraction
d’huile immobile piégée dans le réservoir, dite “résiduelle”, et laissent
entrevoir des perspectives d’augmentation de l’extraction de l’huile
de 20 à 40 %. À l’instar des savons, les tensioactifs possèdent une tête
hydrophile et une queue lipophile. Cette propriété les pousse à venir
se placer à l’interface de l’huile et de l’eau, ce qui a pour conséquence
de faire s’effondrer la tension interfaciale (voir l’encadré) et de créer
une micro-émulsion, mélange stable d’huile et d’eau. En pratique,
ils présentent toutefois le défaut de s’accrocher, au fil de leur avancée
2 dans la formation, sur la surface de la roche réservoir et il faut, pour
1. Étude du comportement
limiter ce phénomène d’adsorption, ajouter des alcalins à la solution
physico-chimique de aqueuse injectée : ces molécules basiques augmentent la charge négative
mélange brut/solution aqueuse sur la surface des roches et repoussent les tensioactifs, eux-mêmes
de tensioactif.
chargés négativement.
2. Les équipes du PRDML
ont pour vocation
de transformer les innovations Des tensioactifs sur mesure
de la recherche Il existe de nombreuses familles de tensioactifs, aux arrangements
en expérimentations
opérationnelles. moléculaires très variés, et toute la difficulté en matière d’EOR consiste
à trouver la juste formulation, parfaitement adaptée aux caractéristiques
du champ candidat à leur mise en œuvre (qualité de l’eau, salinité,
pH, composition de l’huile, température, etc.). La solution passe par
la connaissance fondamentale du rapport entre la structure des
molécules et leurs propriétés. Il s’agit en effet d’obtenir les interactions
les plus fortes possible, et d’égale énergie, entre la queue du tensioactif
et l’huile d’une part, et entre la tête du tensioactif et l’eau d’autre part.
La micro-émulsion créée, quant à elle, doit être la plus volumineuse
possible, mais rester fluide, et donc exempte des microgels susceptibles
d’être induits par l’arrangement spatial des tensioactifs à l’interface
huile/eau. Et c’est parfois le comportement d’un mélange de deux
tensioactifs qu’il faut comprendre et maîtriser…
Les recherches sur la mise au point de nouvelles formulations, menées
en étroite collaboration avec l’industrie chimique, sont conduites
par l’équipe de Total Petrochemicals France. Celle-ci, qui travaille pour
le compte du projet EOR dans ses laboratoires de Lacq, s’appuie
Récupération dopée à Châteaurenard
Mené de 1983 à 1985, le Pilote   produisait 90 % d’eau.   tensioactifs, eau, etc.) a été suivie
de micro-émulsion industriel   Les réservoirs sableux, enfouis   par celle d’un bouchon  
de Châteaurenard (sud du   à 600 m de profondeur, avaient de polymères. Au terme de
Bassin parisien) a démontré une bonne perméabilité et   l’opération, la récupération
l’extraordinaire potentiel   une faible salinité. Déployée   finale, augmentée de 27 points,  
des tensioactifs sur une huile sur un dispositif de quatre puits a atteint près de 70 %.  
visqueuse (40 cP). Avant sa   injecteurs et neuf producteurs, Une performance remarquable
mise en œuvre, la récupération l’injection d’une micro-émulsion au regard de la viscosité  
atteignait 40 % et le champ préparée en surface (huile, de l’huile cible.

en la matière sur l’expérience et le savoir-faire physico-chimique


acquis lors du développement du Pilote de micro-émulsion industriel
de Châteaurenard (voir encadré).

Un pilote en perspective
C’est à la définition d’un nouveau pilote que se consacrent aujourd’hui
les équipes. Ce pilote en five spots (un puits injecteur au centre d’un carré
de 100 m de côté borné par quatre producteurs) sera implanté sur
un champ mature situé dans un environnement offshore. Il visera, dans
une zone du champ produisant à fort pourcentage d’eau, des réservoirs
inconsolidés de bonne perméabilité. L’objectif est de démontrer la capacité
des tensioactifs à y produire, de manière économique, l’huile résiduelle
ayant résisté aux méthodes classiques de récupération. L’opération, prévue
pour se dérouler durant trois mois environ avant la fin 2011, verra l’injection
de bouchons de tensioactifs/alcalins, puis de bouchons de polymères pour
améliorer le contrôle de la mobilité de l’eau. Si le test est positif, l’extension
de ce procédé à l’ensemble du champ ouvrirait la voie à une récupération Déformer
additionnelle estimée à 20 % de l’accumulation d’huile initiale. les gouttes d’huile
Outre la mise au point des tensioactifs adéquats, d’importantes études Tout système tend à prendre  
ont été menées pour estimer aussi précisément que possible la saturation la forme la moins coûteuse  
de l’huile résiduelle de ce champ, une question stratégique, puisque en énergie. Comme, dans  
à la base de l’estimation de la récupération incrémentale potentielle. un système huile/eau, c’est  
Elles ont porté notamment sur la redéfinition des modèles géologiques à l’interface que l’énergie est  
et réservoir dans la zone du pilote ainsi que sur la mise au point d’une la plus élevée, l’huile adopte  
stratégie de monitoring par injection de traceurs. une forme sphérique, de manière
à limiter la surface de contact.
Mais les molécules d’huile situées
L’enjeu des carbonates à la périphérie, déséquilibrées
Les réservoirs carbonatés sont plus difficiles d’accès aux procédés chimiques par leur contiguïté avec  
de récupération améliorée. Un défi pour les équipes de R&D alors que le les molécules d’eau, cherchent  
Moyen-Orient, dont on estime qu’il recèle près de 60 % des réserves d’huile à entrer à l’intérieur de la goutte
conventionnelle encore à produire, reste une zone stratégique pour l’avenir. pour y retrouver leur équilibre,
Adapter les techniques chimiques aux spécificités des carbonates engendrant une pression
suppose en effet de surmonter deux écueils majeurs, ce dont la R&D capillaire qui empêche la goutte
de Total a fait l’une de ses priorités. Le premier tient à la très forte de se déformer. Or, pour
hétérogénéité des milieux carbonatés, associée à des perméabilités produire une telle goutte d’huile
piégée dans le réseau poreux
plus faibles, et souvent à la présence de réseaux de fractures
d’un réservoir par un balayage  
complexes dans ce type de réservoir où l’eau injectée peut se faufiler
à l’eau, il faut la faire passer dans
préférentiellement par le réseau de fissures et être produite sans des seuils de pores plus petits,  
avoir balayé efficacement l’ensemble de la matrice. Le second découle et donc la déformer. C’est là
de la forte affinité entre les carbonates et les produits chimiques. qu’interviennent les tensioactifs
Dans un environnement carbonaté, ces derniers ont en effet qui, en faisant chuter la tension
une propension bien plus forte que dans les réservoirs argilo-gréseux interfaciale, abaissent la pression
à se coller à la roche, entraînant une consommation trop forte de produits. capillaire et permettent  
Or, si les produits actifs se fixent dans le premier centimètre la déformation de la goutte.
de roche rencontré, ils ne pénétreront guère dans la matrice…
18 //. expertise

Des laboratoires
intégrés
EOR

s sss
Tous les travaux de R&D de Total en matière d’EOR,
de la physico-chimie au test des procédés sur carottes en
conditions réservoir, sont réalisés au sein d’un ensemble
de laboratoires dédiés.

À Lacq, au sein des laboratoires du Pôle de recherche & développement


de Mont/Lacq (PRDML) de Total Petrochemicals France, les équipes
s’emploient à la qualification de tensioactifs et de polymères
pour chaque champ candidat à une récupération améliorée par voie
chimique. Cette première étape de la chaîne d’études est menée avec
des huiles mortes et sur des carottes artificielles de petite taille,
analogues des gisements cibles.
Les propriétés des polymères sont d’abord scrutées en absence
d’huile dans un laboratoire dévolu aux polymères et aux tensioactifs.
Tests de dissolution, mise au point de protocoles de dissolution, études
de dégradation et de sensibilité à la température, etc. : la qualification
des molécules est un parcours jalonné de multiples étapes.
Un laboratoire de physico-chimie est consacré au screening et à
la qualification des tensioactifs. Son objet est de sélectionner le système
chimique optimal pour une huile donnée, c’est-à-dire celui qui induira
la tension interfaciale la plus basse. Pour déterminer celle-ci en fonction
de différents paramètres (pH, salinité, etc.), divers mélanges d’eau,
d’huile morte apportée des champs et de tensioactifs sont réalisés
dans des tubes à essais placés dans des étuves portées à la température
des gisements pendant plusieurs jours. L’effet de la perturbation apportée
par les gaz dissous est ensuite étudié dans une cellule saphir présentant
une pression maximale de 400 bar.

2 3
1
1. Opératrice dans un
laboratoire du PRDML.
2. Visualisation
des différents
Dernière phase des études conduites dans les laboratoires du PRDML :
comportements
le balayage en milieu poreux. Les colonnes de test, des carottes de sable de phases
de 35 cm préalablement saturées en huile et balayées à l’eau, sont soumises d’un système eau/
tensioactif/alcane.
au passage de bouchons de tensioactifs et de polymères dans des cellules
3. Influence de
à 4 bar. Huit bancs de test sont ainsi dédiés à l’évaluation de l’impact la pression de gaz sur
des produits sur la récupération finale de l’huile résiduelle en fonction le comportement
de différents scénarios (taille et concentration des bouchons). La taille physico-chimique du
mélange brut/solution
réduite de ces bancs, construits sur mesure pour cette application, aqueuse du tensioactif.
permet de mener à bien un test en une quinzaine de jours seulement. 4. Carotte de roche
Une fois les produits sélectionnés par les équipes de Lacq vient le tour incluse dans une résine
balayée par une solution
des spécialistes du Centre scientifique et technique Jean-Féger (CSTJF) aqueuse de tensioactifs
de l’E&P, à Pau. Leur rôle est d’étudier les mécanismes de récupération. et polymères.
Les études, cette fois, sont conduites, dans les conditions de pression 5. Appareillage
et de température des réservoirs, sur des carottes prélevées sur les permettant la
réalisation de balayages
gisements, et non plus sur des analogues. C’est donc au CSTJF que les d’échantillons de roches
produits chimiques passent leur ultime phase de qualification, mais toutes par des hydrocarbures
les autres voies de l’EOR y sont également testées (injection de CO2, d’air, ou de l’eau.

de vapeur, injection alternée d’eau et de gaz, etc.). Chaque étude demande


plusieurs mois, une échelle qui n’est plus la même qu’à Lacq !

4 5
20 //. expertise

Le dioxyde
de carbone
EOR

à l’étude
s sss
Aisément miscible dans les huiles légères, le CO2 apparaît
comme une alternative à l’injection de gaz hydrocarbures.
Demain, il sera sans doute un vecteur important de
la croissance de la récupération, tant pour des raisons
économiques qu’environnementales. Pour le mettre
en œuvre en toute maîtrise, la R&D de Total mène
de nombreuses études.

Pour Total, le CO2 constitue, à plusieurs titres, un sujet de tout premier plan.
Sprex®, l’unité pilote de Lacq D’abord, leader historique de l’exploitation de gisements de gaz très acides,
de séparation du H2S et du CO2. le Groupe a développé une très large gamme de solutions de traitement de
ces gaz et dispose notamment, avec Sprex® CO2, d’une technologie innovante
et économique de séparation du CO2 pour les gaz très fortement carbonatés.
Ensuite, son engagement dans la lutte contre le changement climatique
l’a conduit à placer les gaz à effet de serre (GES), et en particulier le CO2,
au rang de ses préoccupations majeures et à mener une stratégie de R&D
très volontariste. Témoin, la construction, à Lacq, d’un pilote de captage et de
stockage géologique du CO2 de combustion : première européenne par le choix
de son site de stockage, un réservoir en fin de vie à terre, et première mondiale,
car dédié au CO2 de combustion, ce pilote industriel marque une étape
stratégique pour le déploiement de cette solution innovante à grande échelle.

Approche intégrée des installations de surface d’un pr      

Captage
du CO2 Transport Injection

Origine du gaz
Centrales Caractéristiques Pression et
thermiques du gaz température
en tête et fond
Production de puits
d’éthanol,
engrais Compression

Sources Injectivité
naturelles
Thermodynamique
Associé aux gaz Environnement :
d’hydrocarbures – onshore
Pipelines – offshore
Pureté du CO2 adaptés – sous-marin

Spécialités impliquées : Installations


Dépôts d’asphaltènes lors de l’injection de CO2
L’injection de CO2 dans un des mesures, des cellules PVT d’asphaltènes quand le fluide est
réservoir à hydrocarbures peut transparentes sont utilisées à l’état critique, puis l’apparition
provoquer des comportements comme outil d’analyse visuelle. d’une phase gazeuse et de deux
multiphasiques inattendus   Ces images montrent une huile phases liquides (asphaltènes  
et des dépôts d’asphaltènes légère à 32 API (point de bulle   et condensats) qui, finalement,
préjudiciables à la production. à 273 bar, conditions réservoir deviennent miscibles au fur  
La R&D de Total a développé des initiales 480 bar et 132 °C),   et à mesure que le liquide
équipements PVT sans mercure à laquelle on a ajouté du CO2 s’allège. Aux conditions
pour étudier l’injection de CO2. (1,4 mole/mole de fluide).   atmosphériques, le liquide  
Afin d’éviter tout risque On observe, durant la déplétion, est parfaitement homogène  
d’interprétation erronée   la séparation d’une phase lourde et stable.

545 bar 406 bar 310 bar 231 bar

EOR et maîtrise des émissions de GES


L’expertise développée sur ces deux axes par Total sert aujourd’hui les études
conduites sur les potentialités de l’injection du CO2 à des fins de récupération
améliorée. De par son comportement thermodynamique – souvent
supercritique et miscible en conditions réservoir –, le CO2 apparaît en effet
comme une alternative aux gaz hydrocarbures valorisables, en particulier
pour les huiles légères. En outre, cette option semble répondre à la logique
de gestion industrielle vertueuse de ce gaz promue par le Groupe au regard
de l’indispensable maîtrise des émissions de GES, en particulier dans
la perspective de l’exploitation future des gisements très acides du
Moyen-Orient. Total étudie ainsi aujourd’hui l’intégration de l’injection de CO2
à des fins d’amélioration de la récupération comme une étape intermédiaire
au sein du processus industriel complet de capture et de stockage de ce gaz,
actuellement en cours de démonstration à Lacq.
pp
      ojet EOR d’injection de CO2

Production Recyclage
Réservoir du CO2 ou
stockage

Simulations Métallurgie Traitement,


réservoir des puits et purification
installations
Mécanismes
de récupération
Détection
du CO2
Interactions CO2,
hydrocarbures, Compression
eau Teneur
du CO2
Interaction
CO2, roche
Séparation
Quantité de hydrocarbures
CO2 stockée et CO2 Injection

de surface / Puits / Réservoirs / Économie


22 //. expertise
EOR

s
pp L’injection de CO 2 en offshore
L’injection de CO2 est sans aucun doute une option très satisfaisante,
car elle permet à la fois de satisfaire aux principes de l’EOR,
mais aussi, au final, de le stocker en grande partie dans le réservoir.
C’est à cette option que les équipes EOR de Total se sont attachées
pour l’évaluation d’un projet en mer du Nord, qui pourrait être
mis en œuvre à l’horizon 2016. L’objectif est de substituer le gaz
hydrocarboné produit par le champ par du CO2 pour maintenir
la pression de ce réservoir de gaz à condensats aujourd’hui en phase
de déplétion rapide. Le maintien de la pression est nécessaire
pour éviter de perdre la récupération d’une partie des condensats
qui autrement se déposeront dans le réservoir.
Si la réinjection du gaz produit par le champ a été disqualifiée
pour des raisons économiques, le méthane étant commercialisable,
l’alternative CO2 est en effet envisageable. L’accès à une source

Injection de CO2 dans un champ de gaz et de condensats

Captage du Transport Injection


CO2 à la source Production
de CO2 de CO2

Mer du Nord Autres sites de


stockage de CO2 Fond

Injecteur
Transport de CO2 de CO2

Amélioration de
la récupération
des hydrocarbures
1

2 3
1-2-3. Plate-forme d’Abu Al Bukoosh,
à Abu Dhabi.

potentielle étant devenu possible grâce au programme gouvernemental


britannique de promotion du captage du CO2. Les études techniques
initiées en 2007 ont permis durant un an de passer au crible
toute la chaîne de surface assurant la maîtrise du procédé :
transport jusqu’à la plate-forme (thermodynamique dans les pipes),
équipements et procédures requis pour garantir les pressions
et températures favorables à l’injection en fond de puits, installations
dédiées à la séparation des volumes de CO2 additionnels produits
par recyclage, puis stockage dans le réservoir.
Par ailleurs, les spécialistes de Total ont été étroitement associés
aux études sur le comportement thermodynamique du CO2,
en particulier sur les équilibres CO2/huile, dans le cadre d’un futur
pilote EOR à l’horizon 2020. L’enjeu majeur est de prédire la réaction
à l’injection d’un composé acide d’un immense réservoir crayeux,
confronté à un important phénomène de subsidence.

L’Orient en perspective
C’est bien entendu aux Proche-, Moyen- et Extrême-Orient,
qui concentrent les plus importants volumes de ressources
acides (CO2 et H2S), que le CO2 devrait s’afficher, à l’avenir, comme
un des leviers de l’amélioration des taux de récupération.
L’une des conditions à réunir étant de disposer d’une source
économique de CO2 à proximité des champs candidats. Dès à présent,
les équipes EOR de Total sont à l’œuvre, en particulier au travers
d’études de faisabilité sur le champ offshore d’Abu Al Bukoosh,
à Abu Dhabi, opéré par le Groupe. Au menu, la qualification
de l’équilibre CO2/huile et son intégration au sein d’un modèle
réservoir dynamique afin d’évaluer l’efficacité de différentes stratégies
d’injection de CO2. Cette option, qui viendrait relayer une production
par injection d’eau puis de gaz hydrocarboné, aurait une valeur
de démonstration dans le cadre de l’exploitation d’un champ mature
produisant aujourd’hui quelque 90 % d’eau.
24 //. expertise

Un vaste champ
des possibles
EOR

s sss
Dans l’éventail de ses travaux à large spectre, Total apporte
une attention toute particulière à la voie thermique, largement
mise en œuvre pour les huiles extra-lourdes mais encore
peu pour les huiles conventionnelles, et à celle de la
modification de la salinité de l’eau d’injection, ouverte tout
récemment. Deux pistes qui, parmi d’autres, pourraient livrer
les clés d’une récupération améliorée en milieu carbonaté.

Si la voie chimique et l’injection de CO2 apparaissent comme les deux pièces


maîtresses de la récupération améliorée, ces procédés sont toutefois loin
d’épuiser la gamme des possibles. Réchauffement des réservoirs, injection
d’eau adoucie, mise en œuvre de bactéries, injection alternée ou simultanée
d’eau et de gaz, injection d’azote, voire de gaz de fumées… : la liste est longue.
Si certaines technologies, déjà bien connues, n’ont été que peu appliquées
en raison du coût élevé des barils additionnels produits et que d’autres,
Modéliser les découvertes plus récemment, restent à qualifier, le projet EOR de Total
réseaux de pores n’en néglige aucune. Avec, en point focal, le sujet majeur des carbonates,
Trois fluides peuvent s’écouler les cibles les plus difficiles en termes de récupération améliorée.
simultanément dans un
réservoir : l’eau, l’huile et le gaz. Injection de vapeur sur carbonates
La compréhension de ces Les réalisations de Total dans le domaine thermique au cours des
écoulements complexes est années 1980 comptent parmi les exemples les plus remarquables
encore imparfaite et, pour de l’industrie. Parmi les quatre opérations pilotes opérées entre 1977 et 1988
l’améliorer, Total s’est engagé, en (Lacq Supérieur et Saint-Jean-de-Marvejols-et-Avéjan, dans le sud de
partenariat avec des universités
la France, Poso Creek, en Californie, et Émeraude, au Congo), deux ont été
britanniques et américaines,  
des premières mondiales et restent à ce jour les seules jamais conduites
sur la voie très novatrice de  
la modélisation numérique par en milieu carbonaté fissuré, et qui plus est en offshore pour Émeraude.
réseaux de pores, qui permet La première opération de steam drive s’est déroulée entre 1977 et la fin des
d’appréhender les phénomènes années 1980 sur Lacq Supérieur, réservoir à très fortes hétérogénéités
à l’échelle microscopique. alternant calcaires poreux mais peu perméables et dolomies à faible porosité
Reposant sur la modélisation mais à forte perméabilité de fissures. Initiée par un premier pilote et étendue
initiale d’un milieu poreux   par deux fois pour impliquer finalement quatre puits injecteurs (dont un
– notamment grâce aux horizontal) et vingt producteurs, elle apporte la preuve de l’efficacité de la
techniques du microscanner   méthode dans un tel environnement avec une production incrémentale
ou d’informations sur la
globale estimée à 110 000 m3 en 1987. Mais elle permet aussi de mettre en
distribution granulométrique –
lumière un phénomène secondaire majeur : la dissolution ionique des
et sur la simulation
d’écoulements triphasiques, carbonates par la vapeur, à l’origine d’une production importante de CO2 dans
cette approche innovante, le réservoir, elle-même source d’une augmentation des taux de récupération.
aujourd’hui freinée par les Le même phénomène est au rendez-vous sur le pilote d’injection de vapeur
puissances de calcul disponibles, mis en œuvre entre 1985 et 1988 sur Émeraude, un champ très difficile
devrait progresser fortement à produire de l’offshore congolais. Cette opération très audacieuse, déployée
avec les prochaines générations sur trois niveaux réservoirs, nécessite l’emploi d’un rig incliné pour forer
de processeurs. des puits déviés (deux five spots pour une injection en steam drive sur deux
niveaux et un puits en Huff & Puff sur le troisième) dans des réservoirs enfouis
Étaodpucetio3n
Étaégpnaetio2n Pr

Étapdeeva1
peur
Impr

Injection

Huile et
vapeur
Vapeur l’encaissan
t
ns
chaleur da
Pertes de

Zone des chauds Huile


vapeur Zone liqui Huile chaude
nd en sa tion froide ) (mobile)
Co ur (peu mobile
de la vape
Producteur

auffé
Le brut ch pompés Injecteur
nt
et l’eau et l’eau so ce.
La vapeur auffent
ch vers la surfa
est injectée condensée eux.
1 La vapeur rvoir. qu 2
le brut vis
dans le rése

Techniques d’injection de vapeur 1. Huff & Puff.


2. Balayage à la vapeur.
3. Système SAGD (Steam
Assisted Gravity Drainage).

à seulement 200 m de profondeur. Mitigés sur deux niveaux, les résultats


sont en revanche très encourageants sur le troisième. La production d’huile,
initialement de 20 m3/j atteint 100 m3/j pour une production cumulée
de 491 000 barils sur trois ans, avec un taux de récupération estimé à 50 % :
une véritable prouesse sur un champ où la récupération plafonnait,
jusqu’alors, à 3 %. Un nouveau pilote à l’étude pour un champ africain
est destiné à évaluer différentes options thermiques – parmi lesquelles
la génération de vapeur en fond de puits – du point de vue de leurs
performances technologiques, économiques et environnementales.

L’eau, tout simplement


L’une des solutions d’avenir pour élever les taux de récupération sur
les réservoirs carbonatés viendra peut-être de l’eau d’injection. Bien que très
ancien, ce procédé vient d’être éclairé par des découvertes majeures. C’est
dans le cadre des recherches conduites sur le champ norvégien d’Ekofisk
qu’il est apparu que la composition saline de l’eau d’injection a une influence
significative sur la récupération. Sur un échantillon de laboratoire, celle-ci
peut ainsi passer de 10 à 50 % selon le profil des ions en présence (calcium,
sulfate, magnésium, etc.). Lorsque les réservoirs sont gréseux, c’est la teneur
globale en sel de l’eau d’injection qui peut jouer, et plus précisément
la diminution de la salinité. Variant de 2 à 30 points selon les manipulations,
la récupération incrémentale atteint en moyenne 10 % sur une roche non
fracturée. Sujet majeur de recherche pour les experts en pétrophysique
de Total, cette découverte est étudiée en collaboration avec plusieurs
universités américaines, françaises et norvégiennes. Il s’agit de comprendre
les mécanismes fondamentaux à l’œuvre afin de pouvoir passer, aussi
rapidement que possible, au stade du pilote.
26 //. groupe

TOTAL
dans le monde
EOR

en 2008
s sss
Présent dans plus de cent trente pays, Total, l’un des
groupes pétroliers et gaziers les plus dynamiques
au monde, compte à son actif de nombreuses avancées
technologiques et économiques de premier plan.

Un acteur mondial majeur


Total, qui figure parmi les leaders en exploration et production
de pétrole et de gaz, en gaz et énergies nouvelles, en trading et
shipping ainsi qu’en raffinage et marketing, est également un acteur
clé du secteur de la chimie. En 2008, le Groupe a produit un total
de 2,34 millions de barils équivalent pétrole par jour (Mbep/j).
Sa croissance future s’appuie sur des réserves prouvées et
probables estimées à 20 milliards de barils équivalent pétrole
et sur un portefeuille d’actifs regroupant les régions clés du monde
en production de pétrole et de gaz. Leader du raffinage et marketing
en Europe, Total détient une participation dans vingt-six raffineries,
dont treize opérées directement, et exploite un réseau de près
L’E&P en chiffres - de 16 500 stations-service, essentiellement en Europe et en Afrique.
2008 Dans le secteur de la chimie, Total est l’un des plus grands
producteurs intégrés au monde. Le Groupe est numéro un sur
Effectif : 15 583 employés *  
(au 31 décembre 2008) chacun de ses marchés principaux en Europe : pétrochimie,
fertilisants et chimie de spécialités.
Investissements :  
10 milliards d’euros
Exploration-Production : l’excellence
Production de pétrole et de gaz :   opérationnelle
2,34 Mbep/j Total peut se féliciter d’être l’un des acteurs les plus actifs
Réserves prouvées et probables :   et les plus prospères de l’industrie pétrolière mondiale.
20 Gbep Le Groupe maintient cette dynamique grâce à un vaste programme
d’exploration ainsi qu’à une expertise et des capacités de recherche
Présent dans plus  
de 40 pays ultra-perfectionnées. Opérant dans les contextes géographiques
et techniques les plus divers, Total s’est fixé un objectif stratégique :
L’un des premiers exploiter au mieux et de façon durable les ressources
producteurs de pétrole et de gaz d’hydrocarbures, en préservant la sécurité des hommes
en Afrique
et l’environnement.
L’un des plus
importants  
producteurs d’hydrocarbures  
au Moyen-Orient
Participations dans 9 sites  
de liquéfaction de gaz.
* Filiales consolidées.
27

Projets pour une croissance durable

Indonésie

Développement 2008-2009 Croissance 2010-2013 (e) Croissance 2013-2016 (e)

Tout en souhaitant optimiser les dernières ressources


2008-2009 development
conventionnelles et prolonger la durée d’exploitation des champs
Growth 2010-2013(e)
matures, le Groupe entend promouvoir les technologies innovantes
nécessaires pour garantir l’accès aux ressources futures. Growth 2013-2016(e)

Les nombreux grands projets menés à bien par Total ont largement
démontré sa capacité à maîtriser les enjeux technologiques et
économiques de la production des grands gisements en conditions
extrêmes, notamment les champs haute pression/haute
température, les bruts extra-lourds, la production en offshore
profond et ultra-profond, le transport multimodal d’effluents, etc. nnn

Communication E&P – Conception et réalisation : – Crédits photo : Atlantide S.N.C., Castano, Marco Dufour, Peter Granser/laif,
Gilles Lemdorfer, Laurent Pascal, Peerakit, Marc Roussel, Laurent Zylberman, DR – Infographies : Jean-Pascal Donnot, Idé – © Total – Décembre 2009.
COLLECTION SAVOIR-FAIRE
Neuf domaines d’expertise pour prolonger
la durée de vie des ressources d’hydrocarbures

TOTAL S.A.
Capital social : 5 929 520 185 euros 
542 051180 RCS Nanterre
Exploration & Production - Paris
2, place Jean-Millier
La Défense 6 - 92078 Paris-La Défense Cedex - France
Tél. 33 (0)1 47 44 45 46
Exploration & Production - Pau
Avenue Larribau - 64018 Pau Cedex - France
Tél. 33 (0)5 59 83 40 00
www.total.com