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Conflits et conflictualité dans le soin psychique

Villeurbanne 28, 29, 30, 31 mars 2006

Le soin psychique est dès son premier instant sous le signe du


conflit. Celui qui est dans la nécessité de s'adresser aux
soignants psychiatriques est confronté à un premier conflit
mettant aux prises son omnipotence narcissique et le démenti
que la réalité alors lui inflige. Ce conflit psychique va se mettre
en scène, parfois en actes, dans la rencontre avec les
soignants, représentants et acteurs de cette offensante réalité.
Tout au long de leur travail thérapeutique, ceux-ci auront affaire
avec les protestations et les soubresauts de cette omnipotence
bafouée - sous forme de réaction thérapeutique négative, de
disqualification de leur parole ou de leur action, ou à l'extrême
de refus agressif du soin.

Le soin psychique est-il pour autant condamné à se dérouler


dans un climat conflictuel ? Les troubles graves de la
personnalité - défenses psychotiques ou vulnérabilité
narcissique - n'ont jamais rendu impossible l'alliance
thérapeutique, mais ils lui donnent une coloration particulière.
Celle du tout ou rien - alliance réduite à sa plus simple
expression ou investissement tyrannique d'une situation de soin
à laquelle le patient s'acharne à ne rien changer. Dans un cas
comme dans l'autre, celui-ci cherche à se protéger de la
conflictualité psychiquehaine et amour, attraction par l'objet et
fuite de celui-ci. L'apparition d'un conflit relationnel est souvent
le premier mode d'expression de cette conflictualité psychique,
et ouvre l'accès à une communication véritable entre soignants
et patient. Dans d'autres cas, l'usage répété du conflit n'est-il
pas une manière défensive de se protéger contre tout contact
inter psychique - de la part des soignants comme du patient ?

Quant aux conflits institutionnels - qu'ils soient internes ou


interinstitutionnels - ne sont-ils pas le lieu où s'exprime la
conflictualité de l'équipe soignante, donc sa vitalité ?
L'acceptation de cette conflictualité est le prix à payer pour que

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l'institution reste vivante et ne se fige pas dans la répétition.
Enfin, entre institutions aux idéologies différentes, le conflit
n'est-il pas préférable à l'ignorance réciproque et au repli de
chacune sur ses convictions - rigidité défensive dont tôt ou tard
auront à souffrir les patients en relation avec elles ?

Pour éviter que les conflits ne dégénèrent en violence, n'est-il


pas nécessaire de reconnaître leur existence, de leur donner un
sens, de leur apporter une réponse ? Les soignants et les
intervenants sociaux sont les agents de cette réponse : encore
faut-il que leurs conditions de travail leur permettent de remplir
cette fonction.

Nous voulons centrer le prochain Cours sur la place des conflits


et de la conflictualité psychique dans le soin psychiatrique,
réfléchir ensemble sur les formes diverses qu'ils peuvent revêtir,
sur les processus inconscients et conscients qu'ils mobilisent,
sur leur place dans toute stratégie soignante - et plus largement
sur leur utilité subjective et sociale.

Nous voulons explorer leurs limites, les effets de leur carence -


inauthenticité relationnelle, répétition atemporelle, stérilisation
de la démarche soignante - et les conséquences de leurs excès
- confusion psychique et relationnelle, mise en péril du projet
soignant, des personnes et de l'institution.

Autant de questions parmi toutes celles que peut susciter le


thème de ce Cours, auxquelles apporteront réponse les
intervenants de diverses disciplines, choisis pour leur
compétence et leur expérience aussi bien théorique que
clinique.
Comme lors des précédents Cours, chaque journée verra se
succéder quatre à cinq exposés, des discussions et des
séances plénières.