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18/02/2017

Freud,lapsychanalyseetlalittérature

64‐73 Distribution électronique Cairn pour ERES © ERES. Tous droits réservés pour tous pays. Il

64‐73

Distribution électronique Cairn pour ERES © ERES. Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit.

Fr eud, la psychanalyse et la littérature

[1]

PourIsabelleetJulia

Freudétaitungrandlecteuretilaimaitleslivres,sequalifiantlui­mêmede

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Bücherwurm,«verdelivres»,l’équivalentallemanddenotre«ratdebibliothèque

»,etcettepassiondeslivres,commetoutepassiond’ailleurs,s’estmanifestéeparfois

demanièreinconsidérée,commecefutlecasaucoursdesonadolescencelorsqu’il

laissauneardoisechezlelibrairequifittempêtersonbonvieuxJacobdepère,luiqui

luiavaitdonné,lorsqu’ilétaitenfant,unlivreàdéchirerencompagniedesasœur,

unehistoireillustréedelaPersequelepetitSigis’empressad’effeuillercommeun

artichaut,ainsiqu’illerappelledansL’interprétationdesrêves.

D’ailleurs,cettepassiondeslivresvintprobablementconsoliderl’autrepassiondu jeuneFreud,sagrandehistoired’amour:leslivres,eneffet,furentl’objetd’échanges fructueuxetnourrisavecsafiancéeMartha,échangesaucoursdesquelsilsse conseillaientmutuellementetselivraientàl’appréciationcritiquedeleurslectures, envisageantuninstantd’écrireunromanàdeuxmains.Ilestàremarquerquedans lescommentairesqu’ilapufaireauprèsdesabelle,nousvoyonsd’embléepoindrela dimension clinique, l’intérêt clinique du futur découvreur du fonctionnement psychiqueetdesesespacesinconnus,lacuriositédufuturexplorateurdel’âme

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humaine.IlécrivaitainsiàMartha,enjuillet1883,àproposdenotrecompatriote

FlaubertetdeLatentationdesaintAntoine,l’undeseslivrespréférés:

«Ilévoquenonseulementlesgrandsproblèmesdelaconnaissance,maispose

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lesvraiesénigmesdelavie,touslesconflitsdesentimentsetd’impulsions;il

renforcelaprisedeconsciencedenotreperplexitéenfacedumystèrequi

enveloppetoutechose.»

Lesproblèmesdelaconnaissance,lesénigmesdelavie,lesconflitsdesentimentset d’impulsions…,voilàcequiintéresselejeuneFreud!Nepeut­onvoirlà,dans l’après­coup,sedessinercequiconstitueral’objetmêmedelarecherchefreudienne–

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lesconflits,lavie–que,danslalettredu30janvier1899àFliess,ilseproposait

d’appeler«psychologieclinique»?

Onlevoit,l’activitédelecteurdeFreudleported’embléeversdessujetsauxquelsil

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estsensible,quifontéchoenlui,commetoutelectureetcommecheztoutlecteur

d’ailleurs.Nousavonseneffetcequel’onpeutappelerune«lecturenévrotique»des

textes,qu’ils’agissederomansounon:notrelectureestfriandeetgourmandedecet

étranger/familierquisedéploiesousnosyeuxetrésonnedansnosreinsetdansnos

cœurs.Noussommesenfaitenquêtedenous­mêmesdansleslecturesquenous

faisons,àlarecherchedelaconfirmationdecesavoirquenouspressentonsdenous­

mêmessansvouloirvraimentlesavoir.Decepointdevue,lalecturedeslivrespsys

enestleparadigme,lesétudiantsenpsychologielesaventbien,etlesprofanesqui

feuillètentcetyped’ouvrageslesaventtoutautant:c’estbienlaquêtedesoiquifait

denoslecturesdeslecturessélectives.

Àvraidire,cen’estpasnouveau.Ilétaitclassique,ettrèsactuelàl’époquedeFreud, deconsidérerquel’intérêtquenousprenonsàunetragédieouàunromanest provoquéparlefaitquenousyreconnaissionsdessentimentsoudespassionsque nouséprouvonsnous­mêmes.Ilsuffitdepenseràlacatharsis,quibénéficiad’un regaind’intérêtsousl’impulsiondeJacobBernays,l’oncledeMartha,avantmême queBreueretFreudn’enusentdemanièrespécifique.LebaronAlfredvonBerger, dramaturge,professeurd’esthétiqueàl’universitédeViennepuisdirecteurdethéâtre

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àHambourgetàVienne,publiadeuxansaprèslesÉtudessurl’hystérie,en1897,une

petiteétudesurl’effetcathartique.Ilysoulignaitqueleprocessuscathartiquepouvait

êtreentenducomme«lasatisfactiond’unbesoinhumaind’affects»,etquelorsqu’un

hommeaspirantà«lasatisfactionsérieuseetréelledesesbesoins[…]regardeune

tragédiedontlehérosluiressemble[…],iléprouveunecatharsis»,ajoutantplus

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Freud,lapsychanalyseetlalittérature

loin que le traitement cathartique décrit par Breuer et Freud permettait particulièrementbiendefairecomprendreceteffetdelatragédie .

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Le s « effets daffects »

Etilenétaitainsipourl’hommeetlechercheurSigmundFreud,sil’onveutbiense

souvenirdecette«forcesaisissante»,ouencoredecet«effetsaisissant»que produisitenluilareprésentationd’Œdiperoiàlaquelleilputassisterlorsqu’ilvintà

Paris,en1886,suivrel’enseignementdeCharcot,qu’ilévoqueencestermes,d’abord

dansunelettreàFliessdu15octobre1897 puisdanssonouvragefondateur

L’interprétation des rêves. Et c’est précisément cet « effet d’affect » (Affektivewirkung)queprovoquentlesœuvresd’artqu’ilveutcomprendre.Illedira plustarddanslespremièreslignesdesoncommentaireduMoïsedeMichel­Angeen

1914.Aprèsavoirrappeléqu’enartilétaitplusprofanequeconnaisseur,etqu’ilétait

plusattiréparlecontenuqueparlaforme,ilprécise:

[3]

«Lesœuvresd’artn’enexercentpasmoinssurmoiuneffetpuissant,en particulierlescréationslittérairesetlessculptures,plusrarementlespeintures. J’ai été ainsi amené, en chacune des occasions qui se sont présentées, à m’attarderlonguementdevantelles,etjevoulaislesappréhenderàmamanière, c’est­à­diremerendrecomptedeceparquoiellesfonteffet.Danslescasoùjene lepeuxpas,parexemplepourlamusique,jesuispresqueinapteàlajouissance. Unedispositionrationaliste,oupeut­êtreanalytique,regimbealorsenmoi, refusantquejepuisseêtreprissansenmêmetempssavoirpourquoijelesuiset

cequimeprendainsi .»

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Oncomprendalorscombiengrandefutsasurpriselorsqu’ildécouvritdansles phantasmesdesesrêves,commedansceuxdesespatients,ledoubledésirœdipien d’incesteetdeparricide.Etc’estprécisémentàcemoment­làdesesrecherches–lors del’élaborationdeL’interprétationdesrêves–quevaserévélercelien,d’abord ignoré puis pressenti sous forme de cet « effet d’affect », entre les contenus inconscientsfraîchementdécouvertsdelapsychéetlaproductionlittéraire,en l’occurrencelemythesophocléen.

Onenprofiteraaupassagepourrappelerquec’estàJean­PaulValabrega,l’undes fondateursduIV e Groupe,quenousdevonslamiseenévidencedecedouble mouvement qui va du phantasme au mythe et du mythe au phantasme car, contrairementàcequiapuêtreavancé,cen’estpasparcequeFreudétaitunlecteur

cultivéquiconnaissaitsesclassiquesqu’iladécouvertŒdipe:ill’adécouvertdans

lesphantasmesdurêveetcen’estqueparunretouraumythequ’illuiadonnéson

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nom .

L’interprétationdesrêves,c’estlepremiergrandmomentoùlasciencefreudienne rencontrelalittérature,souslaformed’aborddecettecorrespondancesoulignée entre les contenus phantasmatiques et les contenus littéraires qui, tous deux, s’alimententàunemêmesource.Defait,danscepremiertemps,lalittératureva

servirdecontre­épreuveàlapsychanalyse,ainsiquelesouligneSarahKofman:elle

vientconfirmer,conforteretillustrerlesavoirfreudien.IciavecSophocle,demanière

passablementlisiblepournousquinepouvonsplusenavoirunelectureinnocente

puisquedésormaisnoussommestouscontaminésparlapeste,maisaussidemanière

plusmasquée,dissimulée,indirecte,avecleHamletdeShakespearequ’ilévoque

aussitôtaprès,etpourlemêmemotif–ledoubledésirœdipien–,puisquelehéros

estimpuissantàvengerl’assassinatdesonroyalpère,prisqu’ilestparlaculpabilité

quegénèrelarencontreentresonphantasmeparricideetlemeurtreréeldeson

géniteurparcetonclecriminelqui,parlamêmeoccasion,enaprofitépourépouser

lareine,samère.

Cette manière oblique, voilée cette fois, de traiter une même problématique permettrad’ailleursàFreuddemontrerdumêmecoup,enregarddel’intriguede Sophocle,lecheminparcouruparletravaildelaculturesousl’effetdurefoulement, lequeln’autoriseplusl’expositionclaire,directe,delaproblématiqueœdipiennesur lascène.

De la même manière, toujours dans L’interprétation des rêves, Freud fait le

rapprochement entre ce qu’il appelle les « rêves typiques », rêves à contenu phantasmatique universel que nous faisons chacun tôt ou tard, et diverses productionslittéraires,ainsiqu’illemontreaveclerêvedel’embarrasdûàlanudité, retrouvédansleconted’Andersen«Leshabitsneufsdel’empereur»,quialàaussi valeurdecontre­épreuve.L’histoireestcellededeuxtailleursunpeufilousqui proposentàl’empereurdeluitisserunhabitd’unematièresifineetsiprécieuse,si diaphane,queseulssesbonsetloyauxsujetsserontcapablesdel’apercevoiretd’en

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apprécierlavaleur.Bienévidemment,lestailleursnetissentriendutoutetcestnu

commeunverquel’empereur,majestueux,impérial,défiledanslesruesdelaville

devantunepopulationeffrayéeparl’épreuveetquifeintdenepass’apercevoirqu’il

estnu,jusqu’àcequ’uncandideenfants’écrie:«Maisl’empereurestnu!»Au

fondement,àlasourcedececonteetdecerêve,ilyadoncunsouvenirouun

phantasmedenotreenfancealimentéparundésirexhibitionnistecar,ainsiqueledit

Freud:

«C’estseulementdansnotreenfancequ’aexistécetempsoùnousavonsétévus sommairement vêtus par nos proches ainsi que par des étrangers : des personnesquiprenaientsoindenous,desservantes,desvisiteurs,etnous

n’avonspaseuhontealorsdenotrenudité .»

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Cepourquoi,àproposdecerêved’exhibition,Freudfaitencoreréférenceàlajoie

d’êtrenudonttémoignentlemythereligieuxd’AdametÈve,ouencorel’Odyssée,

aveclenaufragéUlyssearrivantnuaupaysdesPhéaciensoùilestaccueillipar

Nausicaaetsescompagnes.

Onestalorsenmesuredeprécisercequ’ilenestdecet«effetd’affect»quiintrigue

Freud,carilneconsistepassimplementenceconstat,sommetoutebanal,selon

lequelnousnousémouvonslorsquenousretrouvonsuneimagedenous­mêmesà

traversunhéroslittéraire:cequemontreFreud,c’estquel’émoilittéraire,l’émotion

esthétique,l’intérêtquenouséprouvonspourlalittératureviennentmoinsdufait

quenousyreconnaissonscequenoussavonsdenous­mêmes,quedufaitquenousy

apprenonscequenousignoronsdenous­mêmes:lalittératurenousprésenteune

vérité,unevéritéinavouable,unevéritérefoulée,etc’estlàsaforce.Ainsil’œuvre

littérairenouscache­t­elleetnousmontre­t­elleàlafoisunsecretenfouidansnotre

proprepréhistoirecommedanscelledeshérosquelalittératurefaitvivre.

CequelecélèbreViennoismontreencore,etquiestradicalementnouveau,c’estque

lesétatsmorbidesetlessentimentsuniverselsdontlalittératurecharrielesimages,

loind’êtrehétérogènes,ontlesmêmesracines,lesmêmessourcesets’originentdans

lapartinconscientedelapsyché.C’estnouveauparcequ’àl’époquedeFreud,

psychiatrieetlittératuren’étaientpassansentretenirdesliensréciproquesentant

que domaines distincts. Il suffit de penser au docteur ès sexualité que fut le psychiatreKrafft­Ebing,l’auteurdelafameusePsychopathiaSexualisdanslaquelle cesontprécisémentlesécritsdeSadeetdeSacher­Masochquil’amènentàélaborer lesnotionsde«sadisme»etde«masochisme»;ouencoreàdesécrivainscomme Zola, qui s’inspiraient occasionnellement de cas cliniques de la littérature psychiatrique.

Cetteparentédescontenuslittérairesetoniriques,authentifiéeparleurprovenance commune, en l’occurrence l’activité phantasmatique et ses figures universelles produitesparladynamiquepulsionnelle,sevoitconfortéeencoreparlasimilitude des processus présidant à leurs productions respectives. Divers mécanismes contribuantautravaildurêveseretrouventdanslesprocédéslittéraires,ainsiquele

soulignentnombred’auteurs ,etdecefait,làencore,laproductionlittéraire,et

plusgénéralementartistique,peutservirdemodèledecompréhensiondesprocessus primairesàl’œuvredanslerêve.Parexemple,lacondensation,àl’instardel’image dupoètequicondenseplusieurssouvenirs,expériencesousentiments,ouencoredu personnageduromancierconstituédediverstraitsappartenantàdiversespersonnes. Parexempleencoreledéplacement,quitrouvesonanalogiedanslamétonymie,mais aussilasymbolisation,soitlafigurationanalogique,quel’onpeutrapprocherdela métaphore ; et Jakobson nous rappelle que métaphore et métonymie sont constitutivesdufondementmêmedulangagelittéraireetnondesornementsdu discours.Aussiest­cepourdebonnesraisonsqueFreudprendsisouventen considérationlesphénomèneslinguistiques,carc’estauniveaumêmedesloisde fonctionnementquelangageetinconscientontdescaractèrescommunsoudes analogiesquijustifieraientàellesseulesuneexplorationpsychanalytiquedela littérature.

[7]

CequedécouvredoncFreudaucoursdecepremiermomentfondateurquecristallise

L’interprétationdesrêves,cesontlesrapportsétroitsexistantentrelesdifférentes

productionspsychiques:lesmythes,lescontes,lalittératureouplusglobalement

l’art,s’expliquentcommelesrêvesouencorelessymptômes,cesontdesformations

decompromis,desproductionsquisatisfontàlafoisledésiretladéfense,etils’agit

doncpourluiàlafoisd’endéchiffrerlesénigmesgrâceàsaméthode,demontrerleur

parentéetd’introduiredumêmecoupunecontinuitélàoùapparemmentilyaurait

rupture:continuitéentreleconscientetl’inconscient,lenormaletlepathologique,

l’enfantetl’adulte,leciviliséetleprimitif,l’individuetl’espèce,l’humainetledivin,

l’ordinaireetl’extraordinaire,etplusspécifiquementici:lienentrelesdifférentes

productionsculturellesetpsychiquessurlequelinsisteSarahKofman.

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Freud,lapsychanalyseetlalittérature

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Le savoir de lâme humaine des écrivains

MaiscequivaparticulièrementétonnerFreuddanssarencontreaveclalittérature tellequ’elleluiapparaîtalors,etqu’ilapressentidanssesjeunesannéesainsique nousl’avonsvu,c’estcesavoirprivilégiésurl’âmehumainedontsembleraient disposerpoètesetromanciers,unsavoirquelui,lesavant,peinetantàmettreau jour.Defait,Freudesttotalementséduit,admiratifetfascinéparla«connaissance» despoètes,criantau«génie»,au«don»etàson«énigmemiraculeuse».Ily renvoieparticulièrementdanslapremièredécenniedesesrecherches,notammenten

1907dansl’étudemagistralequ’ileffectued’unenouvelledeWilhelmJensen:

Gradiva,fantaisiepompéienne.

Cetteétude,eneffet,constitueledeuxièmegrandmomentaucoursduquellascience freudiennerencontrelalittérature,parcequ’iciFreudopèreunvéritabletournant,ne secontentantplusdesoulignerlaparentéoulasimilitudedescontenuslittéraireset phantasmatiquesouencoredesprocessusquiyœuvrent,ainsiqu’ill’afaitdans L’interprétationdesrêves.Ici,l’œuvred’art,etplusprécisémentl’œuvrelittéraire, change de statut : de modèle paradigmatique confirmant la connaissance psychanalytique,elledevientelle­mêmeobjetd’investigation,ouvrantdeplussurune

interrogationconcernantletravaildeproductiondontelleestissue.C’estcequien

faituneœuvrecharnière,ainsiqu’illeconfirmedansl’appendicequ’ilrédigeen1912:

«Larecherchepsychanalytique[…]nechercheplusseulementenelles[dansles

créationsdesécrivains]desconfirmationsdesestrouvaillesconcernantdes

individusnévrosésdelavieréelle;elledemandeaussiàsavoiràpartirdequel

matérield’impressionsetdesouvenirsl’écrivainaconstruitsonœuvreetpar

quellesvoies,grâceàquelsprocessus,ilafaitentrercematérieldansl’œuvre

littéraire .»

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DanslaGradivaFreudestsouslecharme,séduitparle«savoir»del’âmehumaine

dontferaientpreuvelesécrivains,

«[ces]précieuxalliésdontilfautplacerbienhautletémoignagecarils

connaissentd’ordinaireunefouledechosesentrelecieletlaterredontnotre

sagessed’école[entendonslapsychologietraditionnelleetlapsychiatrie]n’apas

encorelamoindreidée.Ilsnousdevancentdebeaucoup,nousautreshommes

ordinaires,notammentenmatièredepsychologie,parcequ’ilspuisentlààdes

sourcesquenousn’avonspasencoreexploréespourlascience ».

[9]

Etilleconfirmedanslesdernièreslignesdesonétude:lesécrivainsnonseulement

puisentàlamêmesource,maistravaillentsurlemêmeobjetquel’analyste,certes

avecuneméthodedifférentemaisaboutissentàdesrésultatsconcordants.

Cequiestintéressant,c’estlaméthodequ’ilprêteauxécrivains,quiconsisteraità

dirigerleurattentionsurl’inconscient,yguettantsespossibilitésdedéveloppement

etleuraccordantuneexpressionartistiqueaulieudelesréprimerparunecritique

consciente.Lasupérioritédel’écrivaintiendraitaufaitqu’

«iltiredelui­mêmeetdesapropreexpériencecequenousapprenonsdes

autrespersonnes–lesloisquedoitobservercetinconscient–,maisiln’apas

besoin d’énoncer ces lois, ni même de les reconnaître clairement, elles se trouvent, du fait de la tolérance de son intelligence, incarnées dans ses

créations ».

[10]

Maispassécetempsdelaséductionquifaitdel’écrivainoudel’artisteunêtre extraordinaire,ungrandhomme,unhérosdontlesavoirdevanceraitlasciencedela psyché,Freudvapasserd’uneattitudeadmirativeàl’égarddesartistesàunecertaine désillusion,nonseulementparcequelesartistesetécrivainssontdeshommes commelesautres,strictementgouvernésparlesmêmesloispsychiques,maisaussi parce que ce prétendu savoir privilégié dont ils disposeraient est banalement explicableparcesmêmeslois.

Quel’artisteappartienneàl’humainecondition,c’estcequeFreudmontrepar

exempledanssonLéonard,en1910.Aprèsavoirdéclarésonadmirationpourl’artiste

etaffirmélecaractèreénigmatiquedesesdons,ilditaussitôtquelenormaletle

pathologique,etmêmelesublime,obéissentàdesloispsychiquesdéterminées,

estimantalors«qu’iln’estpersonnedesigrandqueceluisoitunehonted’être soumis aux lois régissant avec une égale rigueur les conduites normales et

morbides ».

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Freud,lapsychanalyseetlalittérature

Quantaudon,àl’inspirationclairvoyanteouàl’intuitiondontilsferaientpreuve,elle

relèvetoutbonnementdeceprocessuspsychiquequeFreudconnaîtbieneta

découverttrèstôt,enparticulierchezsespatientsparanoïaques:laprojection,dans

sadoubledimensionnormaleetpathologique.Ensedemandantcommentlepoète

oul’écrivainpouvaitêtreparvenuaumêmesavoirquelesavant,ouplusexactement,

pouvaitêtrearrivéàfairecommes’ilsavaitlesmêmeschoses,Freudretrouvecequ’il

désignepar«connaissanceendopsychique»,privilègedespoètes,deshommes

primitifs,decertainsmaladesetdessuperstitieux.Enaucuncascetteconnaissance

nesedonnecommetelle,maiss’offreindirectement,projetéedanslesœuvresd’art,

lesmythes,lesdéliresparanoïaques,ellesedonnetoujoursdéforméeetdéplacéede

l’intérieurversl’extérieur.Cepourquoicette«obscureconnaissance,naturellement,

neprésenteenrienlecaractèred’uneconnaissance[vraie] ».

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Ainsil’écrivainsait­ilsanssavoir,carcette«connaissanceendopsychique»estune«

connaissancedansl’ombre»,pourreprendrel’expressiondeSarahKofman:cequi

setrouveprojetédanslemondeextérieurestletémoindecequiaétéeffacédela

conscience.Freudlerépéteraencoreàproposdunévroséobsessionnelquefut

l’Hommeauxrats:

« Une certaine force d’avertissement – que j’ai comparée ailleurs à une perceptionendopsychique–semblealorssubsisterdanscesrelationsrefoulées, desortequ’ellessontintroduites,parlavoiedelaprojection,danslemonde

extérieuretyportenttémoignagedecequidanslepsychismen’apaseulieu .

»

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La « fabrique littéraire » ?

Autrementdit,la«méthode»del’écrivain,quicaractériseraitlemécanismedela

créationartistique,n’enestbienévidemmentpasuneetneconsisteassurémentpasà

focalisersonattentionsurl’inconscient(etcommentlepourrait­on?)!Maisque

l’inconscientyaitsapartnefaitaucundoute;aussifaudrait­ilplutôtparleren

termesdeperméabilitéoudesouplessedesetentrelesinstancesdel’appareil

psychique–notammentdupréconscient–,qu’autorisenonpasuneattention

concentréemaisuneattentionmobile,uneattentionflottante,àl’instardecetemps

del’endormissementquenousconnaissonsbien,lequelfavoriselesurgissementdes

représentationsnonvoulues,celles­cisetransformantalorsenimagesvisuelleset

acoustiques.

Cepourquoi,àproposdel’émergencedecesidéesincidentes,dansunajoutde1909à

L’interprétationdesrêves,Freud,s’appuyantsurSchiller,qu’ilcite,évoqueune

attitudeanaloguedel’écrivain,conditionnécessairedelaproductionpoétique.

Schillerévoqueeneffetcenécessairemomentde«foliepassagère»aucœurmême

del’actecréateur,queseulepermetlasouplessedelacensure:

«Ilsemblequ’ilnesoitpasbonetqu’ilsoitpréjudiciableàl’œuvredecréationde

l’âmequel’entendementtoisetropsévèrement,pourainsidireauseuilmême

desportes,lesidéesquiaffluent.Uneidée,considéréeisolément,peutêtretrès

peudignedeconsidérationettrèsaventureuse,maispeut­êtreacquiert­ellede

l’importancedufaitdecellequiluisuccède,peut­êtrepourra­t­elle,dansune

certaineliaisonavecd’autressemblantpeut­êtretoutaussiinsipides,fournirun

maillontrèsapproprié(Lettredu1 er décembre1788) .»

[14]

Noussommesbienlàaucœurdelafabriquelittéraire,cepourquoi,plusquede

création,c’estdeproductionouencoredetravailqu’ilconviendraitdeparler,c’est­à­

diredetransformation,untravailaucoursduquellesreprésentations,images,mots

oupenséesquisurgissentetsesuccèdentsurunmodeapparemmentanarchiquese

voientbrassés,transformés,sélectionnés,triés,organisésetciselés,pouraboutiràun

texteempreintdudéterminismepsychiquedontilestissu.Freudindiquepar

exemple:

«Unepenséedontl’expressionvenaitpeut­êtred’autresmotifsagiraàcette occasionsurlespossibilitésd’expressiond’uneautre,lesdifférenciantety opérantunchoix,celapeutêtredèsl’originecommeilarrivepourletravail poétique. Quand un poème est rimé, le deuxième vers doit obéir à deux

conditions:ildoitexprimeruncertainsensetcetteexpressiondoitinclurela rime.Lesmeilleurspoèmessontceuxoùl’onneremarquepaslarecherchedela rime,maisoù,parunesorted’inductionmutuelle,lesdeuxpenséesontprisdès ledébutlaformeverbaledontunetrèsléèreretoucheferajaillirlarime »

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Freud,lapsychanalyseetlalittérature

g

.

D’ailleurs,aprèsFreudetainsiquelenoteSarahKofman,SaussureetJakobson

évoquerontquelquechosedesemblableàproposdutextepoétique,indiquantque

touttexteestcommandéparunprétextequil’induit.JeanStarobinski,commentant

Saussure,souligne:

«OnenvientàcetteconclusionimplicitedanstoutelarecherchedeSaussure,

quelesmotsdel’œuvresontissusd’autresmotsantécédents,etqu’ilsnesontpas

directementchoisisparlaconscienceformatrice.Laquestionétant:“Qu’ya­t­il

immédiatementderrièrelevers?”,laréponsen’estpaslesujetcréateur,maisle

motinducteur.NonqueSaussureaillejusqu’àeffacerlasubjectivitédel’artiste:

illuisembletoutefoisqu’ellenepeutproduiresontextequ’aprèspassageparun

pré­texte .»

[16]

Letextelittéraire,commenousl’avonsdit,esteneffetuncompromis,ilestla résultante d’un ensemble d’incitations et de résistances qui sont totalement insaisissables, mais dont nous pouvons suivre le travail par une démarche interprétative.Aussifaut­ilallerdel’intentiondéclaréeautextelui­même,carcelui­ci nepeutdireautrechosedeplusquecequel’auteurendit,seulements’ilestsoumisà uneinterprétationanalytique.Ilestuncompromisdontonpeutentendresoitlesens littéralsoitlesensinconscient,selonquel’onyappliqueounonlaméthode freudienne,laquellepartdecesdétailsnégligéspartouteautreméthode;lemoindre détail y a sa signification car « notre poète [l’écrivain auteur de la Gradiva] n’introduitdanssonrécitaucundétailquin’aitsonimportanceetneserveune intention»,ditlesavantViennois;etquel’auteurignorecesintentionsn’estpas pourétonnerpuisqu’ilécritdanslaméconnaissancedesonpropresavoir.Peu importelesintentionsdéclaréesdel’auteur,ilfauts’enreporterautexte,quiseul parle«envérité»:sonsenssetrouveenluietnedoitpasêtrecherchéàl’extérieur, bienqu’ilnesoitpasindépendantdupsychismedel’écrivain.

LeretourdeFreudautexten’estpasunretouràsalittéralité,illadénonceau

contraire,maisilinvite,àpartirdutextelui­même,àentrouverlesens«véritable»,

celuiquiseulpermetdedonnersensàtoutcequiestditdanslalittéralitédutexte,

carcesensvéritablen’existenullepartailleursquedanscelui­ci,souligneencore

SarahKofman.Iln’yapasdetextepréalablemaisunseultextequiestàlui­mêmesa

propreclé,etcequepeutfairel’analyste,c’estdemontrerqu’ilyaentreleséléments

dutextedesrapportsdifférentsdeceuxquesuggèresoncontenumanifeste,des

rapportsquidénotentjustementuncertain«travail»del’inconscient.Etc’esten

faisant«travailler»lesignifiantquelecritiqueexpliqueetdépliecequ’ilrecèle,

c’est­à­direexhibeetdissimuled’unmêmemouvement.

La science freudienne et lart poétique

Autrementditl’écrivain,oul’artiste,nesaitpasvraimentcequ’ilditetditplusqu’il necroitdire:déjàPlatonchassaitlespoètesdesacitéidéale,entreautres,pourcette raison,etaffirmaitque«seullegéomètreneditquecequ’ildit».Lepoèten’estpas maîtredelavéritéoudelanon­véritédesondiscours.LesavoirprivilégiéqueFreud reconnaissaitauxécrivainsestunsavoirquinesesaitpas,unsavoirnonsudont Freud peut rendre compte, notamment en substituant à l’inspiration, concept appartenantà«l’idéologiedel’art»selonl’expressiondeSarahKofman,leconcept opératoiredeprocessusprimaire.Cepourquoi,plusquedugrandhomme,l’artiste estprochedunévrosé,del’hommeprimitif,del’enfant.

Decepointdevue,etpourentermineraveccetaperçudesrelationsdeFreudavecla littérature,onévoqueraleslouablestentativesentreprisesparcertainsécrivainsou mouvementslittérairesautempsdeFreud–enparticulierAndréBretonetle surréalisme–pourtenterderendreles«vasescommunicants»(!)etlaisserla paroleàl’inconscientdontilsfontl’apologie,donnantàpenserquepourlaisser s’exprimer le désir inconscient, il suffirait entre autres d’user de l’écriture automatique.

Freudavaitconnaissancedecestentatives,etlessurréalistes,enparticulierBreton, étaientfamiliersdesthèsesfreudiennes,faisantdeFreudleur«saintpatron». D’ailleurs, une brève correspondance fut échangée entre les deux hommes en

décembre1932,ets’endégagelesentiment,querelèveJeanStarobinski ,d’une

mépriseetd’unmalentendu:Freudal’impressiondenepasavoirétécompris,et

Breton,celledenepasêtresoutenu,denepastrouverenFreudlacautionthéorique

dontilavaitbesoin.Freud,enhommebienélevé,metlemalentenduàsacharge,

écrivant:

[17]

18/02/2017

Freud,lapsychanalyseetlalittérature

«Jereçoisforcetémoignagesdel’estimequevousetvosamisportezàmes

recherches,maispourmapart,jenesuispasenétatdemefaireuneidéeclaire

decequeveutvotresurréalisme.Peut­êtren’ai­jepasdutoutàlecomprendre,

moiquisuissiéloignédel’art .»

[18]

L’entreprisesurréaliste,eneffet,nepouvaitquelaisserFreudperplexepuisquele

ferventpartisandel’inconscientquefutBreton,enfaisantconsciemmentsonjeu,

opéraituneconfusionvolontaireentremouvementdudésiretmouvementdusavoir

–«entrelaparoletroubléeetlaparoleélucidante»pourreprendrel’expressionde

JeanStarobinski–plaidantcontreledétourirréalisantdel’artetvisantprécisément

àenabolirladistinctiond’aveclascience,entendonslasciencefreudienne;ilprônait

dumêmecoupl’assouvissementdudésirparlesvoieslesplusdirectesetfaisaitdonc

del’automatismeunprocédélibérateurfavorisantlamanifestationdelapenséeà

l’étatpur.

Desthèses,onlevoit,quinepouvaientsesoutenirdesdistinctionsfondamentales effectuéesparlamétapsychologiefreudienne,notammententreprocessusprimaires etprocessussecondaires,représentationdechoseetreprésentationdemot,ou encore le passage d’un registre à un autre, par exemple de l’inconscient au préconscient­conscient,quinepeuts’opérerquepardestransformationsetdes déguisementsimposésparlescensures,sil’onveutbiensesouvenirdecequ’ilenest durêve.

PourFreudeneffet,lelangageverbal,etbienévidemmentl’écriture,estsecondaireà

touslessensduterme,ainsiquel’asoulignéJeanLaplanche :historiquement,

puisque l’on reconnaît un stade préverbal dans le développement individuel ; topiquement,puisqu’ilcaractériselepréconscientetlemoietquelesreprésentations

demotpermettentauxchaînesdepenséededevenirconscientes;économiquement

puisquerégléparunmoded’associationsetdecirculationimpliquantretenues,

barrages,inhibitions.Alors,quel’ontentedefairefonctionnercelangageverbal

selonleprocessusprimaire,parexempledans«cettemaladiedujeudemotsà

outrance»relevéeparJ.Laplanche,pourquoipas;maisenaucunemanièreilne

peutêtreconstitutifnidulangagedel’inconscientnientémoigner«àl’étatpur».

[19]

Ainsi,Bretonenestvenuàreconnaîtreque«l’histoiredel’écritureautomatiqueest celled’uneinfortunecontinue»mais,endépitdecetaveu,ilestrestéprofondément attachéàlanotiond’automatisme,dephénomènesautomatiques,affectésd’une valeur négative par les psychiatres français car considérés comme gravement morbides,etnégligésparFreud.Cepourquoi,ainsiquel’exposeJeanStarobinski, cettecautionthéoriquequ’ilavaitespéréedeFreud,Bretonlatrouveraducôtédela parapsychologie,duspiritisme,desvoyantsetdesmédiums,commechezl’Anglais

Myers(1843­1901),l’undesfondateursdelaSocietyforPsychicalResearch,héritant

dequelques­unesdesesnotionsclés,commecelledemoisubliminaldontilpouvait

mieuxs’accommoderquedel’inconscientfreudien.

Maisl’onremarqueracependantqueFreud,bienque«peuportéàfairecréditau surréalisme,n’enétaitpasmoinsprêtàsoumettrelacauseàunnouvelexamen»,si

l’onencroitlalettredu20juillet1938qu’ilécrivitàStefanZweigetdanslaquelleil

relateunerencontreavecSalvadorDali:

«Vraiment,ilfautquejevousremercied’avoiramenéchezmoilesvisiteurs d’hier. Car jusqu’alors j’étais tenté de considérer les surréalistes, qui apparemmentm’ontchoisicommesaintpatron,pourdesfousintégraux(disons

à95%commepourl’alcoolabsolu).LejeuneEspagnolavecsescandidesyeux

defanatiqueetsonindéniablemaîtrisetechniquem’aincitéàreconsidérermon

opinion.Ilseraiteneffettrèsintéressantd’étudieranalytiquementlagenèse

d’untableaudecegenre.Dupointdevuecritique,onpourraitcependant

toujoursdirequelanotiond’artserefuseàtouteextensionlorsquelerapport

quantitatifentrelematérielinconscientetl’élaborationpréconscientenese

maintientpasdansdeslimitesdéterminées.Ils’agitlà,entoutcas,desérieux

problèmespsychologiques .»

[20]

Onlevoit,Freudposederecheflaquestiondesfrontièresetdeslimitestantentre

l’inconscientetlepréconscientqu’entrel’artetlascience.Restantfidèleàla«notion d’art », Freud s’alarme devant la subversion de ce qui en était la condition psychologique,etnetientnullementàvoirl’inconscientprévaloir.Pourlui,«les artistes,cesrêveurssupérieurs,nepeuventqu’éprouveretmanifesteravecforcece qu’ilappartiendraàlascienced’interpréterdanssonlangagespécifique»,souligne

JeanStarobinski .Carsil’artiste«vitl’aventuredudésirparlavoiedétournéede

lafictionetdelareprésentation»,note­t­ilaussi,c’estbienàlapsychanalysede

déhiff l

[21]

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18/02/2017

Freud,lapsychanalyseetlalittérature

c reresens u sret ampeur u tour…

[ 1]

[2]

Texte remanié de la conférence du 22 janvier 2010 à la Maison de luniversité de Rouen.

La petite étude d’A. von Berger constitue la postface à lédition de la P oé tique d’Aristote, publiée par Theodor Gomperz à Leipzig en 1897. Jacques Le Rider y consacre quelques pages dans son beau livre dont ces citations sont extraites : Freud, de l’Acropole au Sinaï, Paris, PUF, 2002, p. 188.

[3] « Il mest venu une seule pensée ayant une valeur générale. Chez moi aussi jai trouvé le sentiment amoureux pour la mère et la jalousie envers le père, et je les considère maintenant comme un événement général de la prime enfance, même si cela nest pas toujours aussi précoce que chez les enfants rendus hystériques. [ …] Sil en est ainsi, on comprend la force saisissante dŒdipe Roi [ …] la légende grecque sempare dune contrainte que chacun reconnaît parce quil en a ressenti lexistence en lui-même. Chaque auditeur a été un jour en germe et en phantasme cet Œdipe, et devant un tel accomplissement en rêve transporté ici dans la réalité, il recule dépouvante avec tout le montant du refoulement qui sépare son état infantile de celui qui est le sien aujourdhui. » (S. Freud, Lettres à Wilhelm Fliess, Paris, PUF, 2006, p. 344-345).

[4]

S. Freud, « Le Moïse de Michel-Ange » (1914), dans Linquiétante étrangeté et autres essais, Paris, ©Gallimard, Folio, 1985, p. 87 ; OCF.P, XII, p. 131.

[5]

J.-P. Valabrega, « Le problème anthropologique du phantasme » (1967), dans louvrage collectif, Le désir et la perversion, Paris, PUFLe Seuil, 1967, p. 178.

[6]

S. Freud, Linterprétation des rêves (1900), Paris, PUF, 1980, p. 213 ; OCF.P, IV, p. 283.

[7]

Parmi lesquels S. Kofman, Lenfance de lart, Paris, Payot, 1970 ; M. Milner, Freud et linterprétation de la littérature, CDU/CEDES, 1980 ; P.-L. Assoun, Littérature et psychanalyse, Paris, Ellipses, 1996 ; J. Bellemin- Noël, Psychanalyse et littérature, Paris, PUF, 2002.

[8]

S. Freud, Délire et rêves dans la Gradiva de W. Jensen (1907), Paris, ©Gallimard, 1986, p. 247 ; OCF.P, VIII,

p.

125.

[9]

Ibid., p. 141, p. 44.

[10]

Ibid., p. 243, p. 123.

[11]

S. Freud, Un souvenir denfance de Léonard de Vinci (1910), Paris, ©Gallimard, 1987, p. 56 ; OCF.P, X, 1993,

p.

83.

[12]

S. Freud, Psychopathologie de la vie quotidienne (1901), Paris, ©Gallimard, 1997, p. 411.

[13]

S. Freud, « Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle (lHomme aux rats) » (1909), dans Cinq psychanalyses, Paris, PUF, 1975, p. 250 ; Remarques sur un cas de névrose de contrainte, OCF.P., IX, p. 200.

[14]

S. Freud, Linterprétation des rêves, PUF, 1987, p. 96 ; OCF.P, IV, p. 138-139.

[15]

S. Freud, Linterprétation des rêves (1900), Paris, PUF, 1967, p. 293.

[16]

Cité par S. Kofman, op. cit., p. 56-57.

[17]

J. Starobinski, « Freud, Breton, Myers » (1968), Larc, n° 34, p. 87-96.

[18]

S. Freud, OCF.P, XIX, p. 301.

[19]

J. Laplanche, Nouveaux fondements pour la psychanalyse, Paris, PUF, 1987, p. 45-47.

[20]

S. Freud, S. Zweig, Correspondance, trad. de lall. D. Plassard, G. Hauer, Rivage Poche/Petite Bibliothèque Payot, 1995.

[21]

« Freud, Breton, Myers », Larc, n° 34, 1968, p. 87.

F rançais

Mots-clés

Freudétaitfinlettréetgrandlecteur.Lalittératureoccupe,eneffet,uneplacede

choixdanslesplaisirsdel’hommeetlacuriositéduchercheur.Legénieviennoisla

considérerad’ailleurscommeunealliéeprécieusequantàlacompréhensiondes

processuspsychiquesquiprésidentàl’élaborationdurêve,avantqued’enfaire–en

tantqueproduction–l’objetmêmedesesinvestigations,laresituantàsajuste

placeenregarddelasciencenouvelle.Aussicetteréflexionentend­elleretracerles

grandeslignesdecetrajetfreudien,quimêleaubonheurdelalecturel’acuitédela

découverte. a ffect désir inconscient interprétation littérature processus rêve surréalisme texte
découverte.
a ffect
désir
inconscient
interprétation
littérature
processus
rêve
surréalisme
texte
formation de compromis

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