Sunteți pe pagina 1din 50

PIA – 3

Publication interarmées

Directive d’application
de la doctrine interarmées
du commandement
en opérations

Division Emploi
1

N°932/DEF/EMA/EMP.1/NP du 02 octobre2001
PIA – 3

DIRECTIVE D’APPLICATION
DE LA DOCTRINE INTERARMEES DU
COMMANDEMENT
EN OPÉRATION

En attendant sa révision par le bureau rédacteur,


ce document reprend le texte intégral de
l’ancienne PIA – 03.201 Titre II diffusée par EMA/EMPLOI
sous le même titre
et sous le
N° 932/DEF/EMA/EMP.1/NP du 02 octobre 2001
MINISTÈRE DE LA DÉFENSE

Paris, le 02 OCT. 2001


N° 000932 /DEF/EMA/EMP.1/DR
CLT. : RBY002

__________
ETAT-MAJOR
DES ARMEES
Division "EMPLOI"
Officier rédacteur EMP.1
Colonel
Gilles ROUBY
__________
Le général d’armée Jean-Pierre KELCHE
Chef d’état-major des Armées

Destinataires « in fine »

OBJET : Instruction 2000

Pièce jointe : Titre II – Objectifs 2002-2005.

Texte abrogé : Titre II n° 2000/DEF/EMA/EMP.1/DR du 28 juin 1999.

Les capacités de commandement des Armées ont depuis quelques années fortement
progressé en densité et en qualité comme en attestent la réussite de nombreux exercices
de haut niveau tels que Réaction combinée, Aigle, Guibert, Odax, Trident d'or, etc…

Ces efforts remarquables au plan national et également remarqués par nos Alliés,
doivent être poursuivis car ils concrétisent les ambitions politiques de notre pays
affichées lors des sommets d'Helsinki et de Nice en nous donnant les moyens
indispensables pour tenir notre place dans la construction d'une défense européenne
efficace.

Aussi, dans la continuité des actions entreprises dans ce domaine, ai-je l’honneur de
vous adresser le titre II réactualisé de l’instruction 2000 qui définit les objectifs à
atteindre en matière de capacités de commandement pour la période 2002-2005.

Cette directive a été réalisée en pleine coopération avec les Armées, la Gendarmerie, les
organismes et Services interarmées et, a fait l'objet, au cas par cas, d'un consensus qui
doit faciliter son application.

L'effort porte principalement sur nos capacités d'anticipation, de planification et de


gestion de crises aux plus hauts niveaux, capacités qui doivent absolument s'adapter à
l'évolution formidable des technologies et des doctrines, en particulier, dans le domaine
de la maîtrise de l'information.

14, rue Saint-Dominique 00456 Armées - Tél : 01 42 19 68 90 – fax : 01 42 19 43 64


www.gilles.rouby@defense.gouv.fr

1/2
Conscient des efforts déjà demandés dans la directive précédente, les objectifs
recherchés pour la période à venir l'ont été avec le souci de bien s'inscrire dans la
continuité mais, également, de privilégier une réelle économie des moyens, en
particulier, en matière de ressources humaines.

Je considère que l'application de cette directive est un objectif majeur tant vis-à-vis du
pouvoir politique que des Armées alliées. Aussi, je vous demande de bien vouloir lui
assurer la plus large diffusion et de veiller à sa mise en œuvre au cours des exercices et
opérations futurs.

Destinataires pour action :

- Monsieur le général d’armée, chef d’état-major de l’armée de Terre


- Monsieur l’amiral, chef d’état-major de la Marine
- Monsieur le général d’armée aérienne, chef d’état-major de l’armée de l’Air
- Monsieur le directeur de la Gendarmerie nationale
- Monsieur le directeur du Renseignement militaire
- Monsieur le chef de l’Etat-major interarmées de planification opérationnelle
- Monsieur le commandant les Opérations spéciales
- Monsieur l’inspecteur de la Défense opérationnelle du territoire
- Monsieur le directeur central du Service de santé des Armées
- Monsieur le directeur central du Service des essences des Armées

Destinataires pour information :

- Monsieur le directeur des Affaires stratégiques


- Monsieur le chef du Cabinet militaire du ministre de la Défense
- Monsieur le contrôleur général des Armées

Copie à :

- MGEMA
- S/C PLANS
- S/C OPS
- S/C RI
- Toutes divisions et bureaux de L'EMA
- Toutes sections EMA / EMPLOI
- Tous rédacteurs EMA / EMPLOI.1
Instruction 2000

Titre II

Directive d'application
de la doctrine interarmées
du commandement en opération
------
Objectifs 2002 - 2005

Avertissement :

Ce document annule et remplace le Titre II de l'INSTRUCTION 2000


paru sous le N° 2000/DEF/EMA/EMP.1/DR du 28 juin 1999.
Préambule
Cette directive s'inscrit dans la perspective du modèle 2015 défini par la loi de programmation militaire
1997 - 2002 et dans le cadre des engagements pris par la France au sommet de Nice. Elle couvre la
première partie de la LPM – 2003 - 2008 – en cours d'adoption, et s'articule autour des deux étapes
suivantes :
! 2002-2003 : atteinte des objectifs fixés au sommet de Nice ;
! 2004-2005 : consolidation des objectifs précédents et finalisation de la chaîne de
commandement des opérations.

Dès 2003, et conformément au sommet de Nice, il s'agit en effet :


! de mettre à disposition de l'UE, selon le concept de nation-cadre, des capacités de
commandement d'une opération, d'une force interarmées multinationale (FIM), et de
composantes de force ;
! d'adosser le processus européen de veille stratégique aux capacités de commandement
nationales.

Dans ce contexte, la transformation de la chaîne de commandement des opérations, décidée par le chef
d'état-major des armées au printemps 2001, représente le coeur de cette directive.
Entièrement tournée vers la prévention et la gestion des crises, cette refonte recouvre une triple
ambition :
! appuyer l'émergence d'une identité de défense européenne autonome ;
! renforcer le processus décisionnel national ;
! développer une flexibilité accrue des capacités de commandement.

Dés l'été 2002, la création du pré-CPCO, la transformation de l'EMIA et l'adaptation de la chaîne du


renseignement opérationnel en seront les principales traductions au niveau stratégique.

L a future chaîne de
com m andem ent des opérations
DRM EM A : CO I A + autr es D IV . EM IA A rm ée s O IA

J2 J 1,3,4,6,7,8,9 J5

É c he lon
Ec he lon s traté gique : C PCO
op éra tif : PC FIM

A DO SS EM ENT
C OPER C OM A NF OR
UE

PA R IS C R E IL
Simultanément, la montée en puissance des structures de commandement opératif et tactiques
prolongera les efforts déjà entamés et définis par la directive précédente. Pour les Armées, les objectifs
majeurs viseront à développer les capacités nécessaires au commandement :

! d'une composante terrestre (JFLCC) de niveau corps d'armée pour une entrée en premier
ou dans le cadre d'une relève, ainsi que la transformation du corps européen en corps de
réaction rapide ;

! d'une composante maritime (JFMCC/MAOC) incluant des capacités de commandement


d'un groupe aéronaval assurant 150 à 200 sorties/jour et d'une composante amphibie
(CATF/CLF) de niveau européen ;

! d'une composante aérienne (JFACC/DCAOC) garantissant 1000 sorties/jour et la


projection de trois bases ;

! d'une composante opérations spéciales (CJSOTF) ;

! de forces de gendarmerie en accompagnement des forces militaires et dans le cadre


européen de la gestion civile des crises.

Ces capacités, qui s'inscrivent dans un contexte d'opérations multinationales fréquentes et souvent
durables, sont complétées par les capacités nécessaires pour des engagements nationaux, pour assurer la
Posture Permanente de Sûreté et les Postures de Consolidation de la Paix.

*
Sommaire

OBJECTIFS GÉNÉRAUX 3
1.1 Cadre général 3
1.1.1 Modèle 2015 3
1.1.2 Construction de la défense européenne 4
1.1.3 Prévention et gestion des crises 5
1.1.3.1 Nature des crises 5
1.1.3.2 Posture permanente de sûreté 5
1.1.3.3 Participation aux structures multinationales 6
1.2 Objectifs par type d'engagement 6
1.2.1 Engagements dans le cadre de l'OTAN 7
1.2.1.1 Défense collective 7
1.2.1.2 Opérations de réponse aux crises (CRO) 7
1.2.2 Engagements dans le cadre de l'Union Européenne ou d'une coalition de circonstance 8
1.2.3 Engagement national hors métropole 9
1.2.4 Cas particuliers 10
1.3 Conditions de réalisation 10

2. CONTRAT DE L'ÉTAT-MAJOR DES ARMÉES 12


2.1 Refonte de la chaîne de commandement des opérations 12
2.2 Echelon stratégique 13
2.2.1 CPCO 13
2.2.1.1 Pré-CPCO 14
2.2.1.2 COPER 15
2.2.2 Contrat de l'échelon stratégique 15
2.3 Echelon opératif 16
2.3.1 Missions et organisation 16
2.3.1.1 Noyau clé interarmées des SIC opératifs 17
2.3.2 Structure de " formation – entraînement - simulation " 18
2.3.2.1 Mission et organisation 18
2.3.2.2 Niveaux de formation et d'entraînement 18
2.3.3 Contrat de l'échelon opératif 20

3. CONTRAT DE L'ARMÉE DE TERRE 21


3.1 Missions de l'Armée de Terre 21
3.2 Capacités de commandement requises 22
3.3 Objectifs 2005 23
3.3.1 Missions T1 (défense collective) 23
3.3.2 Missions T2 (simultanéité double) 24
3.3.3 Missions T3 (simultanéité multiple) 25

4. CONTRAT DE LA MARINE 26
4.1 Missions de la Marine 26
4.2 Capacités de commandement requises 28

1
4.3 Objectifs 2005 28
4.3.1 Missions M1 (simultanéité double / effort sur l'opération multinationale) 29
4.3.2 Missions M2 (simultanéité double / effort sur l'opération nationale) 29

5. CONTRAT DE L'ARMÉE DE L'AIR 30


5.1 Missions de l'Armée de l'air 30
5.2 Capacités de commandement requises 31
5.3 Objectifs 2005 32
5.3.1 Missions A1 (défense collective) 32
5.3.2 Missions A2 (simultanéité double) 33
5.3.3 Missions A3 (simultanéité triple) 34

6. CONTRAT DE LA GENDARMERIE 35
6.1 Accompagnement des forces 35
6.1.1 Dispositif prévôtal 35
6.1.1.1 Cas d’une projection de 30 000 hommes 35
6.1.1.2 Cas d’une projection nationale de 5 000 hommes 36
6.1.1.3 Autres cas de projection 36
6.1.1.4 Place du chef de détachement prévôtal 36
6.1.2 Eléments spécialisés 36
6.1.3 Participation aux états-majors projetés 36
6.2 Participation à la gestion civile des crises 37
6.2.1 Participation aux forces de polices internationales (CIVPOL) 37
6.2.2 Restauration de la sécurité publique et renforcement de l’Etat de droit. 37
6.2.2.1 Généralités 37
6.2.2.2 Contribution de la Gendarmerie aux capacités de police européennes 38
6.2.3 Mise sur pied d’une direction des opérations de police 38

7. CONTRATS DES ORGANISMES ET SERVICES INTERARMÉES 39


7.1 Direction du renseignement militaire 39
7.1.1 Missions 39
7.1.2 Contribution de la DRM au niveau stratégique 40
7.1.3 Contribution de la DRM au niveau opératif 40
7.2 Commandement des opérations spéciales 40
7.2.1 Missions 40
7.2.2 Capacités de commandement requises 41
7.2.3 Objectifs 2005 42
7.3 Service de santé des Armées 42
7.4 Service des essences des Armées 43

2
Objectifs généraux

En préalable à la définition des contrats qui déterminent les capacités de commandement attendues à
l'horizon 2005, il importe de :
! rappeler le cadre général qui préside au développement de ces capacités ;
! préciser les objectifs généraux et nationaux de commandement par type d'engagement ;
! définir les conditions de réalisation de ces objectifs.

1.1 Cadre général


La politique de sécurité et de défense de la France vise à protéger les intérêts fondamentaux de la nation
et à contribuer à la stabilité internationale, prioritairement dans un cadre européen et en tenant compte
du caractère global de la défense.
Aussi, face à des hypothèses d'emploi beaucoup plus nombreuses et variées que par le passé, les armées
doivent développer les capacités opérationnelles et logistiques nécessaires pour :
! préserver les intérêts vitaux de la nation contre toute forme d'agression ;
! contribuer à la sécurité et à la défense de l'espace européen et méditerranéen dans la
perspective, à terme, d'une politique de défense européenne commune ;
! contribuer aux actions en faveur de la paix et pour le respect du droit international ;
! participer aux tâches de service public, notamment en renforçant en cas de nécessité les
moyens et les organisations normalement chargées de la défense civile.
Dans ce contexte 1, les armées ont entrepris une profonde réorganisation de leurs capacités de
commandement en opération selon les trois axes suivants :
! mettre en œuvre le modèle d'armée 2015 défini par la loi de programmation militaire 1997
- 20022 ;
! tenir les engagements liés à la construction de la défense européenne ;
! renforcer le processus décisionnel de prévention et de gestion des crises.

1.1.1 Modèle 2015


Le modèle d'armée 2015 vise à :
! mettre en œuvre une force multinationale ou participer au commandement d'une force
multinationale avec nos partenaires occidentaux 3;
! mener simultanément une opération nationale 4.

1
Précisé par le Livre blanc sur la Défense (1994) et par le concept d'emploi des forces (Lettre N° 827/DEF/EMA/EMP.1 du
23 juillet 1997).
2
Loi N° 96-589 du 2 juillet 1996 relative à la programmation militaire pour les années 1997 à 2002.
3
Scénarios 1, 2, 5 du Livre blanc.
4
Scénarios 3 et 4 du Livre blanc.

3
A cet effet, les capacités opérationnelles suivantes ont été définies par la loi de programmation 1997-
2002 et maintenues dans la future LPM :
! pour l'armée de Terre :
- soit 50 000 hommes pour prendre part à un engagement majeur dans le cadre de
l'Alliance ;
- soit 30 000 hommes sur un théâtre, pour une durée d'un an, avec des relèves très
partielles (ce qui correspond à un total de 35 000 hommes), tandis que 5 000 hommes
relevables sont engagés sur un autre théâtre (ce qui correspond à 15 000 hommes
environ) ;
! pour la Marine, un groupe aéronaval et son accompagnement, ainsi que des sous-marins
nucléaires d'attaque, à plusieurs milliers de kilomètres ;
! pour l'armée de l'Air, avec une capacité de transport maintenue au niveau actuel, une
centaine d'avions de combat et de ravitailleurs en vol associés, ainsi que les moyens de
détection et de contrôle aérien, et les bases nécessaires ;
! pour la gendarmerie, des éléments spécialisés et d'accompagnement des forces.

1.1.2 Construction de la défense européenne


A Helsinki, le Conseil européen a exprimé la volonté européenne de développer une capacité autonome
de décider et de conduire des opérations militaires, avec ou sans l'appui de l'OTAN, en réponse à des
crises internationales.
En 2000, à Nice, les Etats membres ont officialisé et initialisé la constitution d'un réservoir de capacités
dites stratégiques (commandement, renseignement, mobilité stratégique) et de capacités d'engagement
(forces, appuis spécifiques, soutien logistique) 5 pour être capables de :
! déployer, dans un délai de 60 jours, et de soutenir, pendant au moins une année, des forces
militaires pouvant atteindre 60 000 hommes, 300 à 350 avions et de l'ordre de 75 bâtiments
pour effectuer l'ensemble des missions de Petersberg ;
! mener, en toutes circonstances, une opération d'évacuation de ressortissants d'ampleur
limitée (5 000 hommes à terre).
En matière de commandement, la France s'est engagée à mettre à la disposition de l'UE, dès 2003, et
selon le concept de nation cadre :
! une capacité de commandement de niveau stratégique (COPER) ;
! une capacité de commandement de niveau opératif (COMANFOR) ;
! une capacité de commandement d'une composante terrestre (JFLCC 6) dans un cadre
national ou européen ;
! une capacité de commandement d'une composante maritime (JFMCC 7) embarqué ;
! une capacité de commandement d'une composante aérienne (JFACC 8) ;
! une capacité d'adossement à l'EMUE, principalement en matière de planification pré-
décisionnelle.
Cet engagement, à la différence des contributions britanniques, allemandes et italiennes, considère
l'ensemble du spectre des missions de Petersberg et doit permettre ainsi une plus grande autonomie
d'action des Européens.

5
Défini par le catalogue de forces de l'UE (Headline Forces catalogue).
6
Joint Force Land Component Commander.
7
Joint Force Maritime Component Commander.
8
Joint Force Air Component Commander.

4
Par ailleurs, la spécificité de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) réside dans la
capacité à mobiliser une vaste gamme de moyens tant civils que militaires pour lui donner une capacité
globale de prévention et de gestion des crises.

1.1.3 Prévention et gestion des crises


Dans un environnement géostratégique incertain, les armées doivent poursuivre le développement de
leurs structures de commandement pour :
! mieux prendre en compte la durée, la simultanéité et la variété des crises ;
! garantir une posture permanente de sûreté (PPS) ;
! participer à des structures de commandement multinationales.

1.1.3.1 Nature des crises

Les opérations récentes confirment le caractère souvent imprévisible et divers des crises, comme leur
propension à s'inscrire dans la durée. Aussi, et en complément des objectifs de commandement définis
par le modèle 2015, il faut renforcer la réactivité et la flexibilité de la chaîne de commandement des
opérations pour être en mesure de :
! mener simultanément plusieurs engagements d'ampleur limitée ;
! gérer les phases délicates de sortie de crise qui nécessitent de maintenir en place des
dispositifs militaires résiduels de consolidation de la paix.
On peut citer pour illustrer cet état de fait :
! en 1999, la simultanéité des engagements au Kosovo, en Albanie et au Timor oriental ;
! début 2001, la posture de consolidation de la paix 9 (PCP) en Bosnie représentait environ
3200 hommes (hors gendarmerie).
Dans ce contexte, il convient d'optimiser l'emploi, l'organisation et les performances des capacités de
commandement, de contrôle, de communications et de soutien. A titre d'exemple, l'objectif retenu pour
le niveau stratégique (cf. § 2.2.4) est de pouvoir gérer simultanément :
! deux crises considérées au départ comme limitée dans leurs effets, leurs conséquences ou
leurs durées) ;
! une opération nationale et une opération multinationale dans laquelle la France peut
exercer des responsabilités de nation-cadre aux plus hauts niveaux de commandement ;
! une sortie de crise ;
! et un exercice.

1.1.3.2 Posture permanente de sûreté

La projection de moyens militaires dans le cadre des opérations extérieures ne doit en aucun cas obérer
la posture permanente de sûreté (PPS) nationale qui repose principalement sur :
! la veille stratégique (renseignement, anticipation, planification pré-décisionnelle) ;
! le maintien du dispositif permanent de dissuasion ;
! les déploiements outre-mer des forces de souveraineté et de présence (de l'ordre de 30 000
hommes, dont 60 % est assuré par des unités tournantes, soit un volume annuel d'environ
60 000 hommes ainsi que le pré-positionnement de moyens navals et aériens) ;

9
La posture de consolidation de la paix (PCP) est définie par le supplément à l'agenda pour la paix des Nations Unies (3
janvier 1995).

5
! l'alerte pour le territoire national (en moyenne 6 000 hommes), couverte en particulier par
le dispositif Vigipirate, par la surveillance des approches maritimes, par la surveillance
aérienne du territoire et la surveillance spatiale ;
! l'alerte extérieure, matérialisée par les dispositifs Guépard, Tarpon et Rapace (de l'ordre de
7 000 hommes en incluant les capacités de projection associées).
Ce dispositif normal dédié à la PPS peut être renforcé selon les circonstances, et en particulier dans le
cas ou l'engagement de la France dans une opération extérieure, entraînerait une augmentation du
niveau de menace sur le théâtre national.
A ces moyens conséquents, en termes de forces comme de capacités de commandement associées, il
faut ajouter :
! le socle, qui assure la permanence du fonctionnement des installations de la défense (de
l'ordre de 14 000 hommes) ;
! les missions de service public permanentes (action de l'Etat en mer) et occasionnelles 10
(plans de secours, missions spécifiques).
Pour mettre en œuvre la PPS et conduire ces missions, les armées s'appuient principalement sur
l'échelon central de commandement 11 et les grands commandements permanents 12, renforcés, selon le
besoin, par des capacités de commandement plus spécifiquement dédiées à la projection.
Réciproquement, les commandements permanents peuvent être désignés comme commandements
bénéficiaires de soutien ou en soutien dans le cadre des opérations.

1.1.3.3 Participation aux structures multinationales

Reposant sur des logiques de réservoirs de commandement et de forces, comme sur l'application du
concept de nation-cadre, l'approche capacitaire développée par l'UE, mais également par l'Alliance 13,
conduit inéluctablement à une participation accrue aux structures multinationales qu'il s'agisse des
structures existantes (Corps Européen, Euroforces) ou de structures à créer.
Ces contributions sont de nature à gager plus ou moins fortement les capacités nationales nécessaires à
l'appréciation stratégique, à l'autonomie de décision et au commandement des opérations,
principalement aux niveaux opératif et tactique. Aussi, elles doivent être définies en limitant
strictement l'assignation de capacités permanentes.

1.2 Objectifs par type d'engagement


Les forces françaises peuvent être engagées :
! en multinational dans le cadre de l’Alliance Atlantique, de l’Union Européenne ou d'une
coalition de circonstance ;
! en national pour une opération extérieure d’ampleur limitée, mais également pour des
opérations relevant de la protection du territoire ou du service public 14.

Le concept d’emploi des forces indique les aptitudes qualitatives et quantitatives demandées aux forces
armées pour accomplir les missions qui leur sont confiées. La doctrine interarmées d'emploi des forces
en opération précise les modalités opérationnelles.

10
En janvier 2000, le dispositif déployé pour faire face aux intempéries et à la marée noire a représenté de l'ordre de 8 000
hommes.
11
Cf. § 1.1.2 du titre 1 de l'instruction 2000 et décret N° 1-668 du 14 juillet 1991.
12
Il comprennent les commandements organiques, les commandements interarmées (ou exerçant des attributions interarmées)
et les commandements des forces stratégiques (Cf. § 1.1.3 au titre 1 de l'instruction 2000).
13
Au titre des évolutions de la structure de commandement et de la structure de forces.
14
Les opérations relevant de la protection ou du service public ne sont pas couvertes par cette directive.

6
1.2.1 Engagements dans le cadre de l'OTAN
Les forces françaises peuvent être engagées dans le cadre de la défense collective (article 5) ou dans le
cadre d'opérations de gestion des crises.

1.2.1.1 Défense collective

Dans la mesure où l’OTAN commande une opération de type article 5 à partir de ses structures de
commandement du temps de paix, il n’est fait appel aux nations que pour le renforcement ponctuel de
ces structures et pour la mise à disposition de forces.

Au niveau opératif, le recours à un groupe de forces interarmées multinationales (GFIM ou CJTF) peut
également être envisagé, mais ce concept demeure prioritairement destiné aux opérations de gestion des
crises.

La France insère du personnel dans les états-majors et met des forces à disposition de l’OTAN.

1.2.1.2 Opérations de réponse aux crises (CRO)

Qu'elles se situent en ou hors zone OTAN, l'Alliance commande ces opérations 15 en s'appuyant sur sa
structure de commandement permanente complétée, si nécessaire, par la mise en œuvre d’un GFIM. Les
opérations de gestion des crises et le concept de GFIM impliquent tout ou partie des membres de
l'Alliance, voire une coalition multinationale.

La place de la France dans le dispositif de commandement peut alors être la suivante :

Au niveau stratégique

Le commandement de niveau stratégique (SC) est assuré par SACLANT ou SACEUR. Dans ce cadre,
la France participe au renforcement en personnel du SC concerné.

Le suivi de l'opération est assuré, pour la partie française, par le CEMA en s'appuyant, à terme, sur le
centre de préparation et de conduite des opérations 16 (CPCO).

Au niveau opératif

Le commandant opératif est réalisé en s'appuyant sur :


! les commandements interarmées régionaux (RC) ou sub-régionaux (JSRC) ;
! et, le cas échéant, sur un PC de GFIM mis sur pied par l'un des PC parent prévus par
l'Alliance (RCNORTH, RCSOUTH ou STRIKEFLEETLANT).
Dans ce cadre, la France participe au renforcement de ces différentes structures de commandement.

Au niveau tactique

A ce niveau, la France peut envisager d’assurer la responsabilité de commandant de composante, tout


en respectant les accords ratifiés au titre de l'Eurocorps et des Euroforces.

Les armées peuvent principalement fournir :


! l’état-major du JFLCC17 ;
! l'état-major d'un JFMCC et la mise sur pied d'un MAOC 18 embarqué ;

15
CRO : crisis response operations.
16
Dans l'immédiat, en s'appuyant sur le COIA puis sur le Pré-CPCO à partir de l'été 2002 (Cf.2.2.1).
17
Les moyens de commandement restants lui permettent de commander sur le théâtre deux divisions.
18
Maritime Air Operations Center.

7
! l'état-major d'un JFACC / DCAOC ;
! l'état-major du CJSOTF 19.

1.2.2 Engagements dans le cadre de l'Union Européenne


ou d'une coalition de circonstance

Les forces françaises peuvent être engagées au sein d’une force interarmées multinationale (FIM), dans
le cadre de l’Union Européenne ou d’une coalition de circonstance sous mandat d’une organisation
internationale (ONU, OSCE, etc.).

L’UE, ou le comité politique de la coalition “ ad hoc ”, désigne les nations cadres (ou le groupes de
nations-cadres) aux niveaux stratégique, opératif et tactique.

Dans chacun de ces scénarios, et suivant l'ampleur de l'opération et de sa participation, la France entend
assumer pleinement ses responsabilités dans la mise sur pied de tout ou partie des différents niveaux de
commandement.

Au niveau politico-militaire
La France doit être en mesure d'appuyer le processus de définition et de validation des options
stratégiques (planification pré-décisionnelle) conduit par l'UE ou la coalition.

Au niveau stratégique
La mise sur pied du système de commandement de niveau stratégique doit faire, le moment venu, l'objet
d'accords entre les différents Etats participant à l'opération.
Lorsque la France assume la responsabilité de commandement de l'opération, elle met sur pied un PC
du COPER en s'appuyant sur la structure de niveau stratégique 20 et nomme le commandant de
l'opération. Dans le cas contraire, elle participe à la mise sur pied de l'état-major du COPER et le chef
d'état-major des armées désigne son représentant auprès du COPER (REPFRANCE COPER).

Au niveau opératif

La mise sur pied de l'état-major du COMANFOR doit faire, le moment venu, l’objet d'accords entre les
différents Etats participants : attribution des postes de responsabilité, contributions respectives à la
fourniture des moyens, ...

Lorsque la France est nation-cadre à ce niveau, elle met sur pied le PC du COMANFOR en s'appuyant
sur la structure du PC de Force 21 renforcée par du personnel étranger. Selon l'ampleur de l'opération,
elle assure seule ou contribue, avec le renforcement d'autres nations, à la mise sur pied des centres de
mise en œuvre de niveau opératif.

Dans le cas où la France n'est pas nation-cadre, elle participe à la mise sur pied des états-majors du
niveau opératif et le chef d'état-major des armées désigne son représentant auprès du COMANFOR
(REPFRANCE COMANFOR) ainsi que l'autorité en charge du soutien administratif et logistique
national sur le théâtre (ADCONFRANCE).

19
Combined Joint Special Operations Task Force.
20
Voir § 2.2
21
Voir § 2.3

8
Au niveau tactique

La France contribue à la mise sur pied de la force en application du processus de constitution de forces
(force generation process and force balancing conference).

A ce niveau, elle peut envisager d’assurer des responsabilités de commandant de composante (JFLCC,
JFMCC, JFACC, CJSOTF, …), tout en respectant les accords ratifiés au titre de l'Eurocorps et des
Euroforces.

1.2.3 Engagement national hors métropole

La France peut-être amenée à conduire des opérations nationales :


! pour défendre l’intégrité du territoire national hors métropole, ses intérêts vitaux ou la
sécurité de Français à l’étranger ;
! dans le cadre des accords de défense ou d’un mandat international.

L’organisation du commandement est alors assurée conformément aux principes énoncés dans le titre 1
de l'Instruction 2000.

Au niveau stratégique

Le commandement de l'opération est le chef d'état-major des armées. A cet effet, il dispose à Paris d'un
centre de préparation et de conduite des opérations 22 (CPCO).

Au niveau opératif

Le chef d'état-major des armées désigne le commandant de la force (COMANFOR) auquel il délègue
généralement le contrôle opérationnel (OPCON).
Selon la nature et l'ampleur de l'opération, cette autorité peut être soit un officier général, soit le
commandant permanent exerçant son autorité dans la zone géographique concernée. Ce dernier
intervient alors respectivement comme commandant en soutien ou comme commandant bénéficiaire de
soutien.

Le système de commandement du COMANFOR est mis sur pied en s'appuyant sur la structure du PC
de Force et les moyens SIC interarmées de l'échelon opératif. Selon le contexte de l'engagement, ce PC
peut être co-localisé (mais non fusionné) avec celui d'un commandant de composante.

Au niveau tactique

Chaque commandant de composante assure le commandement des forces relevant de sa responsabilité.

22
Constitué à l'été 2002 (Cf.2.1.1).

9
1.2.4 Cas particuliers
Certains cas décrits ci-après constituent des exceptions aux règles générales décrites précédemment.

La fusion des niveaux de commandement


La fusion de deux niveaux de commandement peut être exceptionnellement envisagée pour :
! des opérations de projection de puissance, dans un cadre multinational ou national ;
! des opérations de projection de force à dominante d'armée particulièrement marquée, mais
d'ampleur limitée ;
! des opérations nationales caractérisées par l'urgence, et menées par une force
d'intervention 23 dans un cadre action-espace-temps très limité.
Dans le premier cas, le commandant de l'opération assure généralement les attributions liées aux
niveaux stratégique et opératif mais il peut déléguer l'OPCON à la composante concernée (le plus
souvent, les composantes aérienne et marine).
Dans les deux autres cas, le chef de la force d'intervention se voit déléguer l'OPCON et cumule les
responsabilités spécifiques de théâtre touchant à l'environnement immédiat avec ses attributions de
niveau tactique.
La fusion des trois niveaux de commandement stratégique, opératif et tactique n'est jamais souhaitable.

Le recours aux attachés de défense


Lors d'opérations nationales de durée limitée nécessitant une parfaite connaissance du milieu, telles que
les opérations à caractère humanitaire ou de prévention, le chef d'état-major des armées peut désigner
l'attaché de défense concerné comme commandant des moyens engagés.
Celui-ci peut se voir déléguer le contrôle opérationnel (OPCON) des éléments sur place. Ses moyens de
commandement sont alors renforcés en tant que de besoin.

Les COMELEF
Le commandement du contingent français peut être confié à un commandant des éléments français
(COMELEF) conformément aux modalités définies par la doctrine d'organisation du commandement en
opération 24.

1.3 Conditions de réalisation


Couvrant la période 2002-2005, cette directive définit les contributions capacitaires de l'état-major des
Armées, des Armées, de la Gendarmerie, des organismes et services interarmées pour répondre aux
trois objectifs majeurs suivants :
! tenir, dès 2003, les engagements pris à Nice dans le cadre de la construction de la défense
européenne ;
! renforcer le processus pré-décisionnel et décisionnel de prévention et de gestion des
crises ;
! réaliser l'ensemble des capacités de commandement requises pour les deux objectifs
précédents à l'horizon 2005.

23
Cette force d'intervention s'appuiera, le plus souvent possible, sur les forces prépositionnées.
24
Titre 1 de l'instruction 2000 (§2.2.5).

10
Ces objectifs nécessitent :
! d'engager, dès 2001, la refonte de la chaîne de commandement des opérations 25 décrite au
chapitre suivant ;
! de poursuivre la montée en puissance des capacités de commandement opératif et tactique
décrites dans la directive précédente.
La poursuite de ces objectifs doit prendre en compte les trois impératifs suivants :
! garantir strictement la permanence du commandement opérationnel tout au long de cette
transformation ;
! être en mesure de renforcer la PPS en cas d'accroissement de la menace sur le territoire
national, y compris si celle-ci est liée à un engagement extérieur ;
! créer les conditions nécessaires à un travail en multinational futur de qualité.
Le premier impératif impose d'adopter une démarche progressive et pragmatique.
Le second nécessite d'évaluer précisément les conséquences intérieures d'une intervention extérieure
dès la phase de planification.
Le dernier impératif impose enfin, du fait du nécessaire et croissant besoin de concertation entre les
autorités politiques et militaires d'une coalition et de la maîtrise de l'information indispensable à tous
les niveaux de commandement , de :
! renforcer, au travers des retours d'expérience, des doctrines d'emploi, des actions de
formation et des exercices, la culture interarmées et multinationale ;
! développer des structures de commandement intégrant systématiquement la dimension
multinationale dans leur organisation et leur mode de fonctionnement courant ;
! disposer, impérativement et dans les meilleurs délais, de systèmes d'information et de
communications facilitant le travail coopératif 26 dans un cadre national (Intranet défense,
SICA, SITOPS…) et dans un cadre multinational (Internet, SIC de l'UE et de l'OTAN…).

25
L'organisation actuelle de la chaîne de commandement des opérations est décrite par le titre 1 de l'instruction 2000.
26
Consultation, planification en parallèle, génération de force, tenue de situation, C2, etc.

11
2. Contrat de l'état-major des Armées

La réalisation, l'entraînement et la montée en puissance des structures de commandement aux niveaux


stratégique et opératif, mais également au niveau tactique s'agissant des objectifs à atteindre, relèvent
de la responsabilité du chef d'état-major des Armées.

A cet effet, l'état-major des armées est chargé de :


! mettre sur pied la chaîne de commandement stratégique et opérative ;
! préciser les capacités attendues des armées, de la gendarmerie, des organismes et services
interarmées et coordonner l'emploi ;
! d'entraîner ou de contribuer à l'entraînement des différents niveaux de commandement.

Par ailleurs, l’état-major des armées est responsable de :


! la réflexion doctrinale menée en interarmées et interalliés ;
! la spécification des SIC et des moyens de simulation nécessaires aux niveaux stratégique et
opératif, en veillant à l'interopérabilité avec les armées.

2.1 Refonte de la chaîne de commandement des opérations


En avril 2001, le chef d'état major des Armées a décidé d'engager la transformation de la chaîne de
commandement des opérations pour répondre aux engagements pris à Nice et renforcer la capacité de
prévention et de gestion des crises au niveau stratégique.

Objectif général
Approuvé dans ses grandes lignes à l'été 2000, le schéma fonctionnel de la chaîne des opérations 27, qui
ménage une place à nos alliés dès le temps de paix, repose sur la constitution :
! d'un échelon stratégique, à Paris, centré sur un Centre de préparation et de conduite des
opérations (CPCO) en charge de :
- la veille stratégique (renseignement, tenue de situation, alerte) ;
- la planification pré-décisionnelle (expertise de théâtre, définition et validation
d'options stratégiques, consultation) ;
- la planification opérationnelle de niveau stratégique ;
- la conduite des opérations en national (CEMA) ou en multinational (COPER) ;
! d'un échelon opératif, à Creil, organisé en PC de Force 28, en charge de la planification
opérationnelle et de la conduite au niveau opératif (COMANFOR) en multinational ou en
national, et disposant, dans son environnement immédiat (BA 110, 41ème RT), de capacités
adaptées en matière de moyens de formation, d'entraînement, de simulation, de SIC, de
soutien et d'appui à la projection.

27
Dossier N° 643/DEF/EMA/EMP/CDT/NP du 4 juillet 2000.
28
Interarmées, national ou multinational.

12
Démarche
Les contraintes multiples qui accompagnent cette transformation (implantations, continuité de
fonctionnement, préservation des savoir-faire, sécurité, renseignement, multinationalité, délocalisations,
soutien, …) imposent l'adoption d'une démarche progressive et pragmatique.
Engagée dès l'été 2001, la première étape (2001-2003) doit :
! garantir la tenue des engagements pris dans le cadre de la défense européenne :
* mise à disposition de capacités de commandement d'une opération (COPER) et d'une
force interarmées multinationale (COMANFOR) ;
* adossement de l'UE dans le cadre de la planification pré-décisionnelle et
opérationnelle ;
! valider la réalisation du CPCO et engager les premières mesures de réalisation.
La seconde étape (2003-2005) finalisera la montée en puissance de la chaîne des opérations
(infrastructure, SIC, etc.).
Placé sous la présidence du général, major général de l'état-major des armées, un comité directeur
conduit et contrôle cette transformation.

Dans ce contexte, la période 2001-2003 constitue une étape clé matérialisée par :
! la création d'un Pré-CPCO dès l'été 2002 ;
! la transformation de l'EMIA pour constituer exclusivement un échelon opératif de
commandement à Creil ;
! la fin de la montée en puissance du système de commandement associé à cet échelon
opératif ;
! la constitution d'une capacité de COPER ;
! l'établissement des relations entre le Pré-CPCO, l'échelon opératif de Creil, les armées, les
OIA et les services interarmées ;
! et la prise en compte des aspects propres aux infrastructures, aux SIC et aux doctrines
d'emploi.

2.2 Echelon stratégique


Cet échelon regroupera à terme à Paris l'ensemble des expertises nécessaires à la planification et à la
conduite des opérations au niveau stratégique. Il s'articulera autour du CPCO.

2.2.1 CPCO
Son organisation retient deux niveaux :
! le premier permet la planification pré-décisionnelle politico-militaire et, à cet effet, il
s'articule autour :
- d’une cellule de permanence opérationnelle permettant d’assurer à toute heure la
capacité de veille et de réaction ;
- d’un ensemble de cellules de zone à compétence géostratégique qui assure le suivi de
situation et la conduite correspondant à la PPS ;
- d'un ensemble de cellules de crise, constituées selon le besoin et en s'appuyant sur les
cellules de zone concernées ;

13
! le second met en œuvre les capacités nécessaires à la planification opérationnelle militaire
de niveau stratégique et à la conduite des opérations, qu'elles soient nationales ou
multinationales. A cet effet :
- il sera organisé autour d’un état-major structuré en divisions équivalentes à celles des
grands états-majors alliés (J1, J2, J3, J4, J5, J6, J7, J8 et J9) bénéficiant de l’appui
direct de l'EMA, du COIA et des autres divisions+, de la DRM, des Armées, des OIA
et des Services interarmées ;
- il mettra sur pied un noyau de COPER lorsque la France sera désignée pour exercer
les responsabilités de nation-cadre.
Directement en charge d'une crise, une cellule de crise pourra, en s'appuyant sur l'ensemble de la
structure du CPCO, et selon les décisions 29 prises dans le cadre de l'évaluation de situation et de la
planification pré-décisionnelle :
! planifier puis conduire une opération nationale ;
! ou exercer le suivi d’une opération multinationale conduite par une autre nation.
Le CPCO garantira la capacité à traiter simultanément deux crises de niveau 1, une crise de niveau 2 ou
de niveau 3 (cf. § 1.1.3.1), une sortie de crise et un exercice. Ouverte à la multinationalité dans des
conditions à préciser, cette structure à caractère permanent et interarmées sera installée à Paris.

2.2.1.1 Pré-CPCO

Il est décidé de constituer un Pré-CPCO à l'été 2002 pour préparer la réalisation du CPCO. Implanté
dans les locaux actuels du COIA et du COAT, il doit :
! démontrer l'aptitude à passer sans discontinuité et de mnière réversible de l'état de veille
stratégique à celui de la planification pré-décisionnelle, puis à celui de la planification
opérationnelle de niveau stratégique et enfin à celui de la conduite ;
! appuyer, dès 2002, l'état-major de l'UE (EMUE) dans le cadre de la planification pré-
décisionnelle (étude et validation d'options stratégiques) ;
! soutenir, dès 2003, le COPER et le COMANFOR d'une opération conduite par l'UE,
particulièrement si la France exerce des responsabilités de nation-cadre à l'un ou l'autre de
ces niveaux de commandement ;
! garantir strictement la permanence du commandement opérationnel des forces nationales
et la conservation des savoir-faire détenus par le COIA et l'EMIA ;
! valider l'organisation du CPCO.
Les principales actions à mener pour créer le Pré-CPCO sont les suivantes :
! créer les cellules de zone en renforçant les CAS 30 ;
! mettre en place l'environnement nécessaire à la mise sur pied des cellules de crise ;
! organiser le Pré-CPCO en bureaux (J1 à J9) selon le principe de noyau clé, noyau, renfort
en portant l'effort sur ;
- le J5 et l'environnement nécessaire à un groupe de planification 31 (GPO) ;
- le J2 et la réalisation d'un lien fonctionnel fort avec la DRM ;
- le J3 et la modernisation du centre de situation (JOC).

29
Le processus décisionnel de gestion de crise fait l'objet de l'instruction 4000.
30
Cellule Coordination-Anticipation-Synthèse.
31
Pré-décisionnelle et opérationnelle.

14
2.2.1.2 COPER

Au regard des délais liés à la transformation des infrastructures de l'îlot Saint Germain, la capacité de
COPER, détenue in fine par le CPCO, sera transitoirement assurée en s'appuyant sur la structure
d'accueil déployable du PC de Force.
Dans ce contexte, le Pré-CPCO restera par essence national et recourera, le cas échéant, à l'expertise
des officiers de liaison européens.
L'état-major du COPER sera mis sur pied à partir d'un noyau national pré-identifié et entraîné (30 à 40
% de l'effectif) complété par des renforts provenant des autres nations de la coalition.
A l'horizon 2003, la capacité recherchée permettra le commandement d'une opération européenne de
soutien de la paix d'intensité et d'ampleur moyennes (bas Petersberg).

2.2.2 Contrat de l'échelon stratégique


A l'horizon 2005, l'échelon stratégique doit être capable d'assumer les missions suivantes (S pour
mission Stratégique).

S1 : Posture permanente de sûreté


! permanence opérationnelle
! permanence de la veille stratégique et appréciation de situation
! planification pré-décisionnelle
! suivi des crises et préservation des intérêts français
! participation à un exercice

S2 : Planifier et conduire une opération nationale


! armement d'une cellule de crise " opération nationale S2 "
! mise en œuvre des SIC de niveau stratégique

S3 : Planifier et conduire, en liaison avec les Alliés, la participation française à


une opération multinationale

soit S 31 : La France est nation-cadre au niveau stratégique


! mise sur pied du PC COPER et d'une cellule de crise
" opération multinationale S31 "
! mise sur pied du REPFRANCE auprès du commandant de l’opération
! mise en œuvre des SIC de niveau stratégique

soit S 32 : La France n'est pas nation-cadre au niveau stratégique


! mise sur pied d'une cellule de crise " opération multinationale S 32 "
! renforcement en personnel du PC COPER
! prise en compte de la préservation des intérêts français
! mise sur pied du REPFRANCE auprès du commandant de l’opération
! mise sur pied des SIC associés

NB : L'échelon stratégique de commandement doit être en mesure de gérer simultanément deux crises
limitées initialement dans leurs effets, leurs conséquences ou leurs durées et de gérer les postures de
consolidation de la paix (forces limitées déployées dans la durée comme en Bosnie par exemple) ;

15
2.3 Echelon opératif

L'échelon opératif rassemble autour de Creil :


! un état-major et des moyens de commandement opératifs ;
! une structure de " formation – entraînement - simulation " associée.

2.3.1 Missions et organisation

Créé en 1997, rattaché à l'EMIA et placé sous la tutelle de l'EMA l'état-major opératif est organisé
selon les mêmes structures que celles de l’OTAN et a pour mission de :
! mettre sur pied un système de commandement opératif :
- lorsque la France exerce les responsabilités de nation-cadre d’une FIM 32 ;
- lors d’un engagement national ;
! participer à la mise sur pied du système de commandement opératif d'une force
multinationale;
! contribuer au déploiement de la chaîne de commandement nationale (REPFRANCE,
ADCONFRANCE) ;
! selon le besoin, apporter une expertise d'état-major spécifique ou renforcer les SIC des
composantes quand la France exerce des responsabilités de nation-cadre à ce niveau.

Pour remplir ses missions, l'état-major opératif dispose d'un système de commandement organisé en PC
de Force avec :
! des centres de coordination et de mise en œuvre (CMO) ;
! une unité SIC ;
! une structure d'accueil, qui peut être embarquée ;
! une structure de soutien-vie-protection (SVP) ;
! des infrastructures du temps de paix incluant une plate-forme d’instruction.

A l'exception de l'unité SIC qui est constituée dès le temps de paix au sein du 41ème régiment de
transmissions, la mise en œuvre du PC de Force est réalisée selon le principe de noyau clé, noyau et
renfort. Les missions principales du noyau clé d'état-major sont les suivantes :
! concevoir et conduire la mise sur pied, la montée en puissance et le déploiement du PC de
Force dans un cadre multinational ou national (incluant la capacité RESEVAC) ;
! réaliser la planification opérationnelle de niveau opératif en étroite collaboration avec le
niveau stratégique ;
! organiser l'instruction et l'entraînement de l'ensemble de l'échelon opératif ;
! participer en tant que joueur ou animateur aux exercices multinationaux et nationaux.

Organisation de l'état-major
L'état-major est organisé autour :

32
En particulier, il s'agit de réaliser l'ossature du PC du COMANFOR et la mise en œuvre des SIC de niveau opératif
déployés au profit de la FIM et du théâtre.

16
! d'un noyau clé interarmées permanent à 36 postes, réalisé en gestion à l'été 2002 ;
! d'un noyau interarmées identifié et entraîné 33 à 104 postes ;
! de renforts définis selon le besoin.

Chaque armée, OIA et service interarmées désignent un correspondant permanent pour assurer la
liaison avec l'état-major opératif.

L'état-major du PC de Force 34 doit être en mesure de se structurer de manière flexible pour :


! constituer, sans délai, un état-major national de force d'intervention à 50 postes capable de
conduire une opération d'évacuation de ressortissants.
! mettre sur pied un état-major opératif national à 150 postes (noyau clé et noyau) ;
! assurer la montée en puissance et encadrer un état major opératif multinational pouvant
aller jusqu'à 450 postes avec une participation française de l'ordre de 150 postes ;

Les centres de coordination et de mise en œuvre


Dans le cadre de sa structure 2001, le PC de Force dispose de quatre centres de coordination et de mise
en œuvre :
! le centre de coordination et de mise en œuvre de la logistique (CCMO LOG) ;
! le centre de coordination et de mise en œuvre des SIC (CCMO SIC) ;
! le centre de presse (CPIC) ;
! le centre de coordination civilo-militaire (CCCM).

La définition et le développement de nouveaux centres seront étudiés selon le besoin.

2.3.1.1 Noyau clé interarmées des SIC opératifs

Créé à l'été 2001, le noyau clé interarmées des SIC opératifs s'articule autour du 41ème régiment de
transmissions. Transformé en organisme à vocation interarmées (OVIA), cette unité est stationnée à
Senlis et relève :
! du chef d'état-major des Armées, dans le domaine de l'emploi ;
! du chef d'état-major de l'armée de Terre, dans le domaine organique.

Ses missions principales s'inscrivent respectivement dans le cadre de la projection, de la protection et


de la prévention. Elles visent à mettre en œuvre et soutenir des systèmes d'information et de
communication (SIC) au profit :
! des autorités de niveau opératif dans un cadre multinational et/ou national :
- commandant du théâtre et de la force interarmées (COMANFOR) nationale et/ou
multinationale quand la France exerce les responsabilités de nation cadre ;
- représentant du chef d'état-major des Armées (REPFRANCE) auprès du
COMANFOR ;
- autorité en charge du soutien administratif et logistique national (ADCONFRANCE) ;

33
Le personnel du noyau est désigné par les armées, les OIA et les services interarmées pour une durée d'affectation minimale
de deux ans.
34
Pouvant être embarqué sur un bâtiment français dans la limite de 150 postes de travail.

17
! des autorités gouvernementales et du chef d'état-major des Armées dans le cadre de
missions particulières ;
! des forces de souveraineté et de présence, essentiellement en Afrique.

2.3.2 Structure de " formation – entraînement - simulation "

2.3.2.1 Mission et organisation

Constituée à l'été 2002, cette structure doit garantir la formation et l'entraînement de l'échelon opératif,

ou des échelons en liaison directe avec le niveau opératif. D'emblée, son périmètre d'action est étendu
aux capacités de commandement similaires développées par les nations dans le cadre de la construction
de la défense européenne.
A cet effet, la structure de " formation-entraînement-simulation " est articulée autour :

! d'une capacité de montage des exercices nationaux ou multinationaux mettant en œuvre


tout ou partie de l'échelon opératif (PC de Force, noyau clé interarmées des SIC opératifs),
dans la continuité des missions d'entraînement assurées par l'EMIA, en étroite liaison avec
l'EMA et avec l'appui du PC de Force ;

! d'une capacité de formation, ouverte aux partenaires multinationaux, aux acteurs de la


chaîne des opérations, du niveau stratégique aux niveaux tactiques des commandants de
composantes (CPCO, COPER, PC de Force, OIA et Services interarmées, Armées, JFLCC,
JFMCC, JFACC, JSOTF) ;

! d'une capacité de simulation en appui des actions de formation et d'entraînement et capable


de fédérer les moyens de simulation existant dans les armées et en multinational.

2.3.2.2 Niveaux de formation et d'entraînement

Quatre niveaux de formation et d'entraînement sont identifiés :


! trois niveaux d’entraînement stratégiques et opératifs ;
! un niveau d'entraînement à dominante d'armée, relevant de chaque armée et correspondant
au commandement d'une composante engagée au sein d'une FIM.

Niveau de la stratégie militaire générale


Ce niveau est celui des autorités gouvernementales et du chef d'état-major des armées.
Dans le cadre de la veille stratégique et de la planification pré-décisionnelle, l’entraînement a pour but
de préparer le CPCO à l’étude des hypothèses d'emploi possibles, à la définition d’options stratégiques
à la proposition pour décision des contributions de forces possibles dans le cas d'une opération
multinationale.

18
Niveau de la stratégie opérationnelle
Ce niveau relève de la responsabilité du chef d'état-major des armées, commandant opérationnel des
forces françaises, et des chefs d'état-major d'armée, conseillers respectifs pour l'emploi et responsables
du soutien des forces de leur armée.
L’entraînement porte plus particulièrement sur la planification opérationnelle. A ce titre, il touche
directement le CPCO et le noyau d'état-major de COPER, mais également les groupes de planification
mis sur pied par le PC de Force et les PC de composante, car la planification opérationnelle est
conduite en parallèle par les différents niveaux de commandement d'une opération.

Niveau opératif
Ce niveau est celui du COMANFOR et de son état-major 35, du REPFRANCE et de l'ADCONFRANCE
et de leurs état-majors. Ces autorités sont désignées le moment venu et les états-majors associés sont
constitués à partir de noyaux clés, noyaux et renforts d'état-major.
L'entraînement vise à mettre sur pied ces structures de circonstance dans le cadre d'exercices d'état-
major avec ou sans déploiement de moyens associés.

Niveau tactique
L'entraînement de ce niveau relève des armées mais il ne peut s'exercer de manière réaliste sans
animation opérative et, éventuellement, stratégique. Dans cet esprit, une programmation minutieuse des
exercices sur deux à trois ans est impérative.

35
Ainsi que des CMO associés.

19
2.3.3 Contrat de l'échelon opératif
A l'horizon 2005, l'échelon opératif doit être capable d'assumer les missions ci-après (O pour mission
Opérative).

O1 : opération multinationale

soit O11 : la France est nation-cadre au niveau opératif


! encadrer l'échelon de commandement opératif
! mise sur pied du PC principal du COMANFOR
! participation aux autres PC et CMO de l'échelon opératif
! SIC de niveau opératif

soit O12 : la France n'est pas nation-cadre au niveau opératif


! renforcement en personnel du PC principal du COMANFOR

dans les deux cas :


! prise en compte de la préservation des intérêts français
! PC du REPFRANCE
! SIC nécessaires au contrôle opérationnel des USN
! participation à la mise sur pied du système de commandement de
l’ADCONFRANCE
! PC de l’ADCONFRANCE
! SIC nécessaires au contrôle opérationnel des ESN

O2 : opération nationale

soit 021 : engagement 5 000 hommes ou accord de défense


! assumer l'échelon de commandement opératif
! mise sur pied du PC principal du COMANFOR
! participation aux autres PC et CMO de l'échelon opératif
! SIC de niveau opératif

soit 022 : engagement de type RESEVAC


! mise sur pied ou participation au système de commandement de la force
d'intervention

NB : L'engagement de l'échelon opératif dans le cadre de la mission O11 est exclusif d'une participation
à une opération nationale. En revanche, l'engagement de celui-ci dans une opération nationale n'exclut
pas sa contribution à la mission O12.

20
3. Contrat de l'Armée de Terre

Le contrat de l'armée de Terre découle :


! des missions fixées par la dernière loi de programmation militaire ;
! des capacités de commandement afférentes ;
! des conditions de simultanéité des différentes missions potentielles.

3.1 Missions de l'Armée de Terre

Le concept d'emploi des forces et la loi de programmation 2003-2008, dans la continuité de la LPM
1997-2002, dimensionnent le modèle d’armée de Terre 2015 autour de la capacité à déployer, sur un an
et dans tous les types d’opérations ou de missions, de 60 000 à 78 000 hommes.
Tout en participant au maintien de la PPS, cette capacité se traduit par les missions exclusives suivantes
(T pour mission Terre) :
! T1 : déployer plus de 50 000 hommes, avec des relèves individuelles très partielles, en
corps d'armée multinational, dans le cadre de l’Alliance Atlantique ;
! T2 : mener une opération nationale limitée nécessitant de l'ordre de 5 000 hommes
relevables sur un an, et, simultanément, engager 30 000 hommes dans une opération
multinationale majeure, avec des relèves partielles pour une durée au plus égale à un an ;
! T3 : sans limitation de durée, engager jusqu’à 20 000 hommes relevables, sur un ou
plusieurs théâtres, dans une famille de scenarii simultanés comprenant tout ou partie de la
participation à :
- une opération européenne (jusqu’à 12 000 hommes) ;
- un engagement national limité (5 000 hommes) ;
- la mise en œuvre d’accords de défense (jusqu’à 10 000 hommes), incluant le recours
aux forces prépositionnées ;
- la posture permanente de consolidation de la paix (jusqu'à 7 000 hommes) ;
- d'autres types d'engagement, en particulier, la participation à des missions de service
public.
Les missions de type T3 peuvent engager momentanément jusqu’à 26 000 hommes, sur une période
limitée à une année, pour tenir compte d’un taux d’activité moyen des unités n’excédant pas 4 mois de
déploiement annuel.
Ces objectifs de projection et d'action, comparables à ceux du Titre II précédent de l'Instruction 2000,
résultent de l'analyse des engagements antérieurs en termes de simultanéité et de durée.

21
3.2 Capacités de commandement requises

Les capacités de commandement de l'armée de Terre doivent répondre à deux objectifs majeurs :
! contribuer aux capacités nationales et multinationales de commandement des opérations ;
! être en mesure d’assumer des responsabilités de nation-cadre d'une composante terrestre
(JFLCC) rassemblant des forces du niveau d'un corps d'armée OTAN.
Par ailleurs, elles doivent en permanence être en mesure de participer aux systèmes de commandement
du Corps de réaction rapide européen et de l’Eurofor.

Les capacités attendues varient quelque peu selon le volume de forces à commander mais de manière
non linéaire. Trois niveaux ont été prédéterminés :
- niveau 1 : capacités pour commander une composante terrestre ou des forces
terrestres du volume d'un corps d'armée ;
- niveau 2 : capacités pour commander une composante terrestre ou des forces
terrestres du volume d'une division ;
- niveau 3 : capacités pour commander une composante terrestre ou des forces
terrestres du volume d'une brigade.
-
L'armée de Terre doit disposer :
! d’un système de commandement de niveau 1 permettant :
- soit de commander un corps d'armée au sein de l'Alliance ;
- soit d’être nation-cadre d’une composante terrestre multinationale du volume d'un
corps d'armée (JFLCC) ou d'une FIM conduite par l'UE, l’Alliance ou une coalition,
pour une entrée en premier, une relève ou dans le cadre de la PCP (Posture de
Consolidation de la Paix) ;
- soit de renforcer une structure de commandement terrestre européenne ou de
circonstance au titre d’un groupe de nations cadres ;
- soit de contribuer à la réalisation du noyau d'un échelon opératif encadré par la
France;
! de systèmes de commandement de niveau 2 indifférenciés permettant chacun :
- d’être nation-cadre de deux divisions de classe OTAN subordonnées à un CA ou un
commandant de composante terrestre, pour une entrée en premier, une relève ou dans
le cadre de la PCP ;
- d'être nation cadre d'une structure de commandement de composante terrestre
multinationale (JFLCC) du volume d'une division dans le cadre d'une entrée en
premier, d'une relève ou de la PCP ;
- de contribuer à la réalisation du noyau de l'échelon opératif national ;
! de systèmes de commandement de niveau 3 permettant chacun :
- d'être nation-cadre de quatre brigades interarmes subordonnées à une division
multinationale encadrée par la France, une division alliée, ou un commandement de
composante terrestre allié ;
- d'être nation-cadre d'une composante terrestre multinationale (JFLCC) du volume
d'une brigade dans le cadre d'une entrée en premier, d'une relève ou de la PCP ;
- de mettre sur pied un état-major de CLF (Combined Landing Force) colocalisé avec
un état-major de CATF (Combined Amphibious Task Force) dans le cadre d'une
opération amphibie ;
- de diriger la composante terrestre d'un engagement national de faible envergure.
22
! des systèmes de commandement des appuis correspondants à chaque niveau,
! des systèmes de commandement du soutien national (ADCONFRANCE). et des soutiens
de chaque niveau.

Ces capacités permettent globalement de contrôler jusqu’au double des forces terrestres françaises
projetées sur un théâtre, soit :
! pour le corps d'armée ou le commandement de composante terrestre de niveau 1, de
commander quatre divisions dont deux alliées ;
! pour chaque division ou le commandement de composante terrestre de niveau 2, de
commander quatre brigades dont deux alliées ;
! pour chaque brigade ou le commandement de composante terrestre de niveau 3, de
commander jusqu’à 6 groupements tactiques interarmes ou d'appui, y compris les alliés.

La notion de commandant de composante terrestre 36 (LCC) n'est pas attachée à un volume de forces
(CA, division ou brigade) mais au plus haut niveau de commandement tactique terrestre exercé dans
une opération.
Le niveau de commandement 1 doit être considéré comme multinational, la France pouvant assurer les
responsabilités de nation-cadre. Les brigades sont préférentiellement nationales.

3.3 Objectifs 2005


L'armée de terre, à l'horizon 2005, doit disposer de capacités de commandement suivantes (T pour
mission Terre).

3.3.1 Missions T1 (défense collective)

Tout en participant à la PPS ,

T1 : Opération multinationale majeure au sein de l’Alliance (50 000 h)

! fournir le système de commandement d’un corps d’armée à quatre divisions dont une à deux
alliées
! fournir le système de commandement de deux à trois divisions encadrées par la France
! fournir le système de commandement de 4 à 8 brigades encadrées par la France
! fournir le système de commandement de l’ADCONFRANCE

NB : Dans cette hypothèse, le scénario national et le renforcement des structures de commandement


européennes sont exclus tandis que la participation au niveau de commandement opératif est limitée au
noyau-clé.

36
Il faut noter à ce stade que lors d'un engagement majeur de l'Alliance à plusieurs corps d'armée (article V du traité de
Washington), c'est un commandement interarmées sous-régional (JSRC) qui assume cette responsabilité : JSRC CENTRE.
Dans ce cas, les CA ne disposent pas des fonctionnalités LCC.

23
3.3.2 Missions T2 (simultanéité double)

Tout en participant à la PPS,

T2 : s'engager simultanément dans une opération multinationale (30 000 h) …

soit T21 : la France est nation-cadre d’un JFLCC / CA


! fournir le système de commandement de la composante terrestre (JFLCC/CA), à quatre
divisions dont deux alliées
! fournir le système de commandement de deux divisions encadrées par la France
! fournir le système de commandement de quatre brigades encadrées par la France
! fournir le système de commandement de l’ADCONFRANCE.

soit T22 : la France est nation-cadre du niveau opératif et participe au JFLCC


! participer au système de commandement opératif de la force, en complément du noyau-clé
! fournir le système de commandement de l’ADCONFRANCE
et soit T221 : l'Eurocorps est CRRE ou corps de relève
! renforcer le système de commandement de l’Eurocorps
! fournir le système de commandement d’une division intégrée à l'Eurocorps et encadrée
par la France
! fournir le système de commandement de 2 brigades françaises sous commandement de
cette division nationale
! participer au système de commandement de la BFA (FRI de la force)
soit T222 : un corps allié est JFLCC
! participer au système de commandement du JJJFLCC / CA allié, éventuellement au titre
de membre du groupe de nations cadres
! fournir le système de commandement de 2 divisions encadrées par la France intégrées à
cette force
! fournir le système de commandement de quatre brigades encadrées par la France

et dans une opération nationale (5 000 h)

soit T23 : mettre sur pied le LCC et contribuer au commandement de la force


! fournir le système de commandement du LCC (niv. 2 ou 3) relevable une fois
! contribuer au système de commandement opératif de la force relevable une fois
! assurer la partie soutien-vie-protection du PC de la Force s'il est colocalisé avec le PC du LCC

soit T24 : mettre sur pied un système de commandement de force à dominante


" terrestre "
! fournir le PC de la Force et le système de commandement relevable une fois
! fournir le système de commandement des groupements tactiques, relevable une fois

NB : Dans le cadre des missions T2, sont exclues :


! la capacité à exercer simultanément des responsabilités de nation-cadre aux niveaux
opératif et terrestre (JFLCC) dans une opération multinationale ;
! la participation à d’autres structures de commandement (PCP, autres opérations).
L'hypothèse T24 correspond au commandement d'une force à dominante terrestre, quand la France
encadre un échelon opératif multinational sur un autre théâtre (missions O11 et T22).

24
3.3.3 Missions T3 (simultanéité multiple)

Tout en participant à la PPS ,

T3 : s'engager dans tout ou partie des opérations suivantes :

T31 : participer à la composante terrestre d'une force de réaction européenne


! participer à un système de commandement de composante terrestre de niveau 1 ou 2, sur la
base du Corps européen ou de toute autre structure européenne
! fournir le système de commandement de 1 division encadrée par la France
! fournir le système de commandement de 2 à 4 brigades encadrées par la France

T32 : encadrer la composante terrestre d'une force multinationale


! fournir un système de commandement de composante terrestre de niveau 1 ou 2, en tant que
nation-cadre ou membre d’un groupe de nations cadres
! fournir le système de commandement de 1 division encadrée par la France
! fournir le système de commandement de 2 à 4 brigades encadrées par la France

T33 : participer à des postures de consolidation de la paix


! fournir le système de commandement d’une force de niveau 1 ou 2 engagée en commandant
de composante terrestre
! fournir éventuellement le système de commandement de 1 division en PCP encadrée par la
France
! fournir le système de commandement de 2 à 4 brigades encadrées par la France

T34 : participer à des accords de défense


! contribuer au système de commandement opératif de la force
! fournir le système de commandement de la composante terrestre de la force, éventuellement
colocalisé avec le PC de force

T35 : participer à une opération nationale limitée


! identique à T23

T36 : participer à un échelon opératif encadré par la France


! identique à T22

T37 : participer à une opération aéroportée ou amphibie (CLF)

NB : Dans tous les engagements multinationaux, l'armée de terre doit fournir les structures de
commandement du soutien national (ADCONFRANCE ).
Structurellement, l'armée de terre est limitée en volume à :
! 20 000 hommes en cas d'engagement instantané sans limitation de durée, soit environ
60 000 hommes cumulés sur un an ;
! 26 000 hommes en cas d'engagement instantané limité à un an, soit environ 78 000
hommes cumulés sur un an.

25
4. Contrat de la Marine

Le contrat de la Marine découle :


! des missions fixées par la dernière loi de programmation militaire ;
! des capacités de commandement afférentes ;
! des conditions de simultanéité des différentes missions potentielles.

4.1 Missions de la Marine

Le concept d’emploi des forces et la dernière loi de programmation militaire dimensionnent la


composante maritime autour d’un groupe aéronaval (GAN) et d’un groupe amphibie, volets interarmées
des moyens de projection de puissance et de projection de forces, et autour d’une capacité de maîtrise
de l’espace aéromaritime pour déployer ces moyens à plusieurs milliers de kilomètres, ou pour conduire
des missions à caractère maritime.

Forces maritimes
Le groupe aéronaval rassemble autour du porte-avions et de son groupe aérien embarqué un ensemble
de frégates, de sous-marins nucléaires d’attaque et de bâtiments de soutien logistique. Un dispositif
d’avions de patrouille maritime basés à terre et, si nécessaire, un groupe de guerre des mines,
complètent ce dispositif.
Le groupe amphibie est articulé autour des bâtiments amphibies porteurs d’hélicoptères et de divers
moyens de mise à terre des premiers éléments d’une force terrestre. Il regroupe un ensemble modulable
de forces d’accompagnement pour assurer la maîtrise locale de l’espace aéromaritime et aéroterrestre,
le soutien opérationnel (appui feu) et le soutien logistique : frégates, sous-marins, dispositif d’avions de
patrouille maritime basés à terre, groupe de guerre des mines, bâtiments de soutien logistique.
Ces moyens sont essentiellement modulables et peuvent être répartis sur plusieurs théâtres d’opérations
dans un engagement national ou multinational. Le déploiement dans la durée est assuré par
l’organisation de relèves de bâtiments.
Les forces maritimes opérationnelles sont articulées en "Task Group" (TG), groupes fonctionnels
dédiés à une mission, et en "Task Force" (TF), une TF étant constituée de plusieurs TG et comprenant
normalement au moins un groupe amphibie ou un groupe aéronaval.
Les fonctions de CTF et de CTG 37 sont confiées à un amiral. Cette autorité embarque avec un état-
major de conduite de force, dimensionné en fonction de la mission principale et du volume de la force
ou du groupe. Le commandement d’un TG peut-être confié à un capitaine de vaisseau embarquant avec
un état-major réduit, voire à un commandant de bâtiment, lorsque le nombre ou le type d’unités
constituant le TG ne justifient pas l’autorité d’un amiral. Ces états-majors sont en permanence capables
d’intégrer des officiers de liaison nationaux ou étrangers en provenance d’autres armées.

37
Commander Task Force ou Commander Task Group.

26
Commandement des forces maritimes
Dans la plupart des cas, les forces maritimes agissent sous le contrôle opérationnel d’un commandant
de zone maritime chargé, au sein de sa zone de responsabilité permanente, de la conduite des opérations
maritimes liées à un théâtre. Dans le cadre d’une opération interarmées de circonstance avec activation
d’un théâtre d’opération, la force maritime constituée pour répondre aux besoins d’un
COMANFOR/Force Commander est normalement placée sous l’autorité d’un commandant de
composante maritime (JFMCC 38).
Le JFMCC est responsable de la conduite des opérations maritimes liées à un théâtre d’opérations 39.,
c’est-à-dire de l’ensemble des actions entreprises par les forces sous et au-dessus de la surface pour
obtenir la maîtrise nécessaire des espaces aéromaritimes, projeter de la puissance ou appuyer la
projection de forces depuis la mer vers la terre. Il intervient ainsi très couramment en soutien des autres
composantes, ou, réciproquement, bénéficie de leur soutien.
Placé sous l'autorité du JFMCC, le Maritime Air Operations Center 40 (MAOC) est le centre de
programmation et de mise en œuvre des moyens aériens pour les opérations aéromaritimes sous son
contrôle. Le CAOC 41 et le MAOC doivent coordonner leurs activités respectives afin de permettre aux
moyens aériens d’obtenir la meilleure efficacité. Cette coopération se traduit, en particulier, dans la
rédaction de l'ATO et de l'ACO.
Le PC de JFMCC, qui est en principe, mais non nécessairement, embarqué, doit être capable d’assurer
l’échange d’informations et les communications, principalement avec le commandant de la force et les
commandements interarmées adjacents (JFLCC, JFACC, CJSOF).
En fonction de la nature des opérations et des moyens associés 42, le commandement de la composante
aérienne (JFACC) peut être assuré à proximité du JFMCC, voire colocalisé avec celui-ci ; dans ces
circonstances, la responsabilité de JFACC peut être assurée par un officier de marine.
Lorsque la directive initiale prévoit une opération amphibie, la force amphibie est placée sous l’autorité
d’un officier de marine (CCATF 43), commandant cette composante fonctionnelle occasionnelle. Ce
CCATF est alors responsable, en liaison avec le commandant de la force de débarquement (CCLF 44),
de la planification puis de la conduite de l'opération amphibie dans l’aire des objectifs de cette dernière.

Principes de réalisation
Ces structures de commandement nécessitent une organisation rassemblant, sous forme de noyaux-clefs
ou de noyaux, des états-majors de JFMCC, de CTF/CTG de GAN, de CCATF et de guerre des mines
(GDM). Ces états-majors comprennent des spécialistes des domaines d’action considérés (projection de
puissance, opération amphibie) et des domaines de lutte (sous la mer, au-dessus de la surface,
renseignement, guerre des mines). Leur organisation (cellules N1 à N9) et leur fonctionnement
s’appuyant sur un tronc de compétences tactiques communes.
Enfin, la conduite d’une opération nationale ou internationale à caractère interarmées, notamment en
cas de projection de puissance ou de forces contre la terre nécessite, le cas échéant, de pouvoir
accueillir à bord d’un bâtiment un PC de force. Les TCD / NTCD disposent de cette capacité à hauteur,
respectivement, de 80 et 150 postes de travail.

38
Joint Force Maritime Component Commander.
39
A ce titre, il se voit normalement déléguer le contrôle opérationnel des moyens de la composante maritime.
40
Défini dans le cadre de la directive N° 403/DEF/EMA/EMP.1/NP du 25 avril 2000.
41
Combined Air Operations Center.
42
Par exemple, en présence d’une importante composante aéronavale avec porte-avions et sans composante aérienne basée à
terre majeure.
43
Commander Combined Amphibious Task Force.
44
Commander Combined Landing Force.

27
4.2 Capacités de commandement requises

Dans ce cadre, la Marine devra disposer, à l’horizon 2005,

- de la ressource en personnel d'état-major pour concourir à l'armement de PC de :


1. COMANFOR national ou multinational (conformément au plan d'armement fixé par
l’EMA) ;
2. JFMCC (à hauteur de 60% environ), embarqué ou à terre, pour lequel la France est nation
cadre, avec un MAOC dimensionné pour 150 à 200 sorties par jour ; celui-ci doit être
capable d’assumer la responsabilité de JFACC avec le même dimensionnement ;
3. JFMCC (participation), embarqué ou à terre, lorsque la France n’est pas nation-cadre ;
4. CCATF (à hauteur de 60% environ, avec l’armée de Terre) pour une opération
multinationale, lorsque la France est nation cadre ;
5. CCATF (participation) pour une opération multinationale, lorsque la France n’est pas
nation cadre ;
6. CATF pour une opération nationale amphibie de dimension conforme au CNOA 45 ;
7. CTF ou CTG de GAN, doté d’une capacité de planification et de conduite des opérations
aériennes (MAOC dimensionné pour un nombre de 150 sorties par jour) ;
8. CTG sans PA ;
9. CTG de guerre des mines ;

10. REPFRANCE, ADCONFRANCE (participation).

- des structures d’accueil et des moyens SIC interopérables pour des états-majors de :
11. COMANFOR embarqué pour une opération nationale ou multinationale d'ampleur limitée
(volume de l’état-major comprenant jusqu’à 150 postes de travail) ;
12. JFMCC avec un MAOC (80 postes de travail environ dont 20 pour le MAOC) ;
13. CATF/CLF ou de CCATF (60 à 80 postes de travail environ) ;
14. CTF/CTG au sein des forces de projection (groupe aéronaval, groupe amphibie, groupe de
frégates,…) ;

4.3 Objectifs 2005

La Marine doit être en mesure de participer aux états-majors décrits au paragraphe précédent et de
fournir les structures d’accueil, pour engager deux opérations dont une importante (mise en œuvre d’un
groupe aéronaval et d’un groupe amphibie), à l’horizon 2005.
Les missions décrites ci-après ne prennent en compte que les cas les plus dimensionnants (M pour
mission Marine).

45
Concept National des Opérations Amphibies.

28
4.3.1 Missions M1 (simultanéité double / effort sur l'opération
multinationale)

Tout en participant à la PPS ,

M1 : engagement dans une opération multinationale importante

soit M11 : France nation-cadre du PC de force et du JFMCC


! fournir une structure d’accueil du PC embarqué de la force avec les SIC associés (1)
! fournir le personnel nécessaire pour participer à la fonction cadre du CJTF (5) et à l’état-
major de l'ADCONFRANCE (14)
! fournir une structure d’accueil du JFMCC avec les SIC associés (2)
! assurer la fonction cadre du JFMCC avec MAOC (6) : noyau-clé / noyau d’état-major et SIC
! fournir le personnel nécessaire pour participer à l'état-major du CCATF (9)
! assurer la fonction de CTF/CTG d'un GAN (4 et 11)

soit M 12 : France nation-cadre du JFMCC et du CCATF


! fournir le personnel nécessaire pour participer à l’état-major du CJTF (5) et à l’état-major de
l'ADCONFRANCE (14)
! fournir une structure d’accueil du JFMCC avec les SIC associés (2)
! assurer la fonction cadre du JFMCC avec MAOC (6) : noyau-clé / noyau d’état-major et SIC
! fournir une structure d’accueil du CCATF/CCLF avec les SIC associés (3)
! assurer la fonction cadre du CCATF pour une opération d’envergure équivalente à celle
décrite dans le CNOA (8)
! assurer la fonction de CTF/CTG d'un GAN (4 et 11, 13)

et dans une opération nationale limitée


! fournir le personnel nécessaire pour participer à l’état-major réduit du PC de force (5)
! assurer la fonction de CTG d’une opération d’ampleur limitée (4 et 12)

4.3.2 Missions M2 (simultanéité double / effort sur l'opération


nationale)

Tout en participant à la PPS ,

M2 : simultanéité d'une opération nationale importante incluant


l'embarquement du PC de Force et du CATF
! fournir la structure d’accueil du PC de la force (1)
! fournir le personnel nécessaire pour participer à l’état-major du PC de force (5)
! fournir une structure d’accueil du CATF/CLF (3)
! assurer les fonctions de CATF, CTF et CTG (certaines d'entre elles étant éventuellement
fusionnées) (4 et 10, 11, 13)

et en multinational
! participer à la structure du JFMCC (7)
! assurer la fonction de CTG d’un TG sans PA (4 et 12)

29
5. Contrat de l'Armée de l'Air

Le contrat de l'armée de l'Air découle :


! des missions fixées par la dernière loi de programmation militaire ;
! des capacités de commandement afférentes ;
! des conditions de simultanéité des différentes missions potentielles.

5.1 Missions de l'Armée de l'air

Le concept d’emploi des forces et la dernière loi de programmation militaire définissent les hypothèses
générales d’engagement d’une force aérienne. A l'horizon 2015, ils en fixent le niveau à une centaine
d’avions de combat avec le support opérationnel associé. Ces moyens peuvent être répartis, le cas
échéant, sur plusieurs théâtres d’opérations.
De plus, la France affiche la volonté d’assumer la responsabilité de nation cadre pour la composante
aérienne, notamment dans le cadre d’une opération réalisée sous l’égide de l’Union Européenne, ce qui
implique la capacité à planifier et à conduire une opération aérienne garantissant au maximum 1 000
46
sorties/jour .
Par ailleurs, l’armée de l’Air doit assurer le maintien de la posture permanente de sûreté (PPS) et son
renforcement éventuel en période de crise ou de tension intérieure. Dans ce contexte, trois hypothèses
d'emploi exclusives caractérisent son engagement (A pour mission Air) :
! A1 : opération multinationale conduite par l'Alliance au titre de la défense collective ;
! A2 : simultanéité d'une opération multinationale et d'une opération nationale ;
! A3 : simultanéité de plusieurs engagements de gestion de crise.

Implications opérationnelles
La défense collective et les engagements multinationaux régionaux (S1 47 et S2 48 du Livre blanc)
peuvent impliquer l'engagement, limité ou non dans la durée, de la totalité des forces aériennes et, par
voie de conséquence, leur déploiement sur trois bases aériennes projetées (BAP) dont au moins une
majeure (hypothèses A1 et A2). Le déploiement de structures de commandement se fera en priorité sur
une de ces trois bases de théâtre, mais son installation sur un autre site ne doit pas être exclue.
Par ailleurs, la simultanéité d'un engagement multinational de moyenne ampleur et d'engagements
nationaux ou multinationaux se situant dans la gamme des interventions de faible intensité sur d'autres
théâtres d'opérations n'est pas exclue (hypothèse A3). Ainsi la défense de l'intégrité du territoire hors
métropole (S3), la mise en œuvre d'un accord de défense (S4) ou des actions en faveur de la paix et du
droit international (S5) peuvent obliger l'armée de l'Air à répartir ses moyens sur un ou deux autres

46
Capacité figurant au « Head Line Goal Catalogue » de l’Union Européenne.
47
S1 : conflit régional ne mettant pas en cause les intérêts vitaux nationaux : la menace est conventionnelle et symétrique.
48
S2 : conflit régional pouvant mettre en cause les intérêts vitaux nationaux : une puissance nucléaire régionale serait
impliquée.

30
théâtres d'opérations éloignés. Bien que ces hypothèses d'engagement soient plus modestes, elles
mobilisent des moyens de commandement et des SIC importants.
Dans un contexte géostratégique incertain, marqué toutefois par la quasi-disparition d'une menace
majeure en Europe, la combinaison de trois engagements correspond ainsi à la situation la plus
complexe à laquelle l'armée de l'Air aurait à faire face en terme de déploiement de ses capacités. En
effet, la conduite de trois opérations simultanées, illustrée par le tableau suivant, implique une grande
flexibilité des structures de commandement et, en particulier des SIC. De plus, le rôle de nation cadre
dans une opération multinationale impose également à la nation qui assume cette charge de fournir le
noyau de la structure de commandement estimé à au moins 30% du personnel, ainsi que la totalité des
SIC et du soutien.

Exemple de simultanéité de trois engagements

Nature Moyens Capacités Observations

Engagement multinational - 60 avions de combat - FR nation cadre JFACC - 30 % personnel JFACC/DCAOC


(UE, OTAN, Ad hoc) - 1 BAP majeure - 1000 sorties/jour - totalité des SIC et du soutien

Engagement national - 20 avions de combat - JFACC/CAOC national - renforcement des structures de


- bases nationales renforcées - 20 à 50 sorties/jour commandement permanentes

Accord de défense - 20 avions de combat - FR nation cadre JFACCl - JFACC/CAOC (20 à 110 personnes)
– 1 BAP de théâtre - 50 à 100 sorties par jour - forces prépositionnées en priorité

5.2 Capacités de commandement requises

La diversité du cadre d’engagement (UE, OTAN, coalitions de circonstance) impose à l’armée de l’Air
de se doter d'une capacité de commandement de composante aérienne et de moyens de commandement
mobiles et interopérables avec les Alliés.

Structure de direction et de conduite des opérations aériennes


Quel que soit le type d’opération, assumer le rôle de commandant de la composante aérienne de la force
interarmées (JFACC 49) implique de disposer des moyens d’exercer les responsabilités suivantes :
! être le conseiller air auprès du commandant de la force, principalement pour la
planification de la campagne aérienne ;
! assurer la gestion centralisée de l’espace aérien du théâtre et de ses approches ;
! conduire les opérations aériennes proprement dites, à l’aide de tous les moyens placés sous
son contrôle opérationnel ou son commandement tactique ;
! être l’autorité de défense aérienne sur l’ensemble du théâtre ;
! assurer le recueil et l’exploitation du renseignement d’intérêt « air ».
La planification et la conduite des opérations aériennes s’effectuent à partir de l’état-major du JFACC
50
et de son centre de conduite (DCAOC ).
Ces deux structures sont déployables et dimensionnées pour une activité aérienne maximale à 1000
sorties/jour. Toutefois, les ressources humaines nationales ne permettent pas un fonctionnement au delà
de 600 sorties par jour. Des renforts en personnel des autres nations de la coalition sont nécessaires

49
Joint Force Air Component Commander.
50
Deployable Combined Air Operation Center.

31
pour atteindre le plein rendement. Conformément au concept de nation-cadre, l’armée de l’Air doit être
en mesure de fournir le tiers du personnel armant ces structures et la totalité des systèmes d’information
et de communication.

Des outils interopérables


Pour assurer les responsabilités qui lui sont confiées, l’armée de l’Air sera dotée à terme du système de
commandement et de contrôle des opérations aériennes (SCCOA) dont l’évolution se poursuit
principalement autour des deux caractéristiques majeures que sont l’automatisation et l’acquisition d’un
niveau d’interopérabilité élevé dans un contexte interarmées et interallié.
Dans le cadre de la projection de puissance, les éléments fixes du SCCOA permettront de commander
et de contrôler l’exécution de missions aériennes au départ de la métropole (tout en conservant les
capacités nécessaires au maintien de la PPS).
Dans une opération multinationale, les éléments déployables du SCCOA jouent un rôle majeur, en
permettant à la France d’assurer le rôle de nation cadre du commandement et du contrôle des opérations
aériennes. En particulier, le DCAOC, outil de synthèse des activités aérospatiales sur le théâtre, donne
au JFACC la capacité d’assumer l’ensemble de ses responsabilités opérationnelles, et globalement de
contrôler jusqu’au triple des forces aériennes françaises engagées.
Lorsque la France est engagée seule sur un autre théâtre, les capacités du SCCOA permettent à l’armée
de l’Air, de conduire une manœuvre aérienne comprenant de 20 à 50 sorties par jour. Dans ce cas, le
JFACC peut être localisé auprès du PC de la Force.

5.3 Objectifs 2005


L’armée de l’air, à l’horizon 2005, doit être capable d'assumer les missions ci-après (A pour mission
Air).

5.3.1 Missions A1 (défense collective)

Tout en participant à la PPS ,

A1 : Opération multinationale majeure au sein de l’Alliance (défense collective)

! fournir le système de commandement de la composante aérienne nationale (ACC)


! participer à la mise sur pied du JFACC/DCAOC de l'Alliance
! mettre sur pied une BAP majeure et 2 BAP secondaires
! contribuer au système de commandement de l'ADCONFRANCE

Pour ce type de missions sont exclus :


! le scénario national ;
! le renforcement d’un niveau de commandement opératif ;
! le renforcement des structures de commandement européennes.

32
5.3.2 Missions A2 (simultanéité double)

Tout en participant à la PPS ,

A2 : engagement dans une opération multinationale

soit A21 : la France est nation cadre du JFACC/DCAOC


! mettre sur pied un JFACC/DCAOC dimensionnés pour 1000 sorties/jour
! fournir 1/3 du personnel d'état-major
! spécialistes et moyens SIC : en totalité
! soutien vie protection : en totalité (sur une base aérienne de théâtre)
! mettre sur pied une BAP majeure et une BAP secondaire

soit A22 : la France n'est pas nation cadre du JFACC/DCAOC


! contribuer à la mise sur pied d'un JFACC/DCAOC dimensionnés pour 1000 sorties/jour
! personnels d'état-major : participation du noyau clé de JFACC/DCAOC national
! mettre sur pied un ACC et une BAP majeure

et :

! contribuer à la mise sur pied du système de commandement de l'ADCONFRANCE

et, si la France est nation-cadre de la force :

! participer au niveau opératif


! personnels d'état-major : noyau "air" national
! spécialistes et moyens SIC : en complément du noyau clé opératif

et dans une opération nationale

soit A23 : mettre sur pied le JFACC et contribuer au commandement de la force


! mettre sur pied un JFACC/DCAOC pouvant atteindre 100 sorties/jour 51
! fournir tout ou partie du personnel d'état-major
! fournir totalité des spécialistes et moyens SIC :
! renforcement des bases aériennes nationales concernées
! fournir totalité des moyens de soutien vie protection du JFACC/DCAOC
! contribuer au système de commandement opératif de la force relevable une fois
! personnel d'état-major : noyau "air" national
! spécialistes et moyens SIC : en complément du noyau clé opératif
! assurer les moyens SVP du PC de la Force, s'il est colocalisé avec le PC du JFACC

soit A24 : mettre sur pied un système de commandement de force " aérienne "
! fournir le PC de Force/JFACC/DCAOC pouvant atteindre 100 sorties/jour 52
! personnel d'état-major : fourni en tout ou partie
! spécialistes et moyens SIC : en totalité
! bases : renforcement des bases aériennes nationales concernées
! soutien vie protection du PCIAT/JFACC/DCAOC : en totalité

51
Pour l'application de certains accords de défense, la structure de commandement devra prendre en compte la totatlité de
l'activité aérienne réalisée par les deux nations.
52
Idem note précédente.

33
L'hypothèse A24 correspond au commandement d'une opération nationale à dominante aérienne, quand
l'échelon opératif est engagé en multinational dans une autre opération.
Si la France est à la fois nation-cadre de la force et de la composante aérienne multinationale, cela peut,
selon les circonstances, s'avérer très consommateur de moyens, dans le domaine des SIC notamment.
Cette contrainte pourrait, à l'horizon 2005, conditionner l'organisation de l'opération nationale et
nécessiter une optimisation globale des ressources disponibles dans les armées.

5.3.3 Missions A3 (simultanéité triple)

tout en participant à la PPS

A3 : trois engagements simultanés parmi les scénarios suivants

A31 : encadrer la composante aérienne d'une force européenne


! mettre sur pied un JFACC/DCAOC dimensionnés pour 1000 sorties/jour
! personnels d'état-major : 1/3 minimum
! spécialistes et moyens SIC : en totalité
! soutien vie protection : en totalité (sur une base aérienne de théâtre)
! mettre sur pied une BAP majeure

A32 : opération nationale


! mettre sur pied un JFACC/DCAOC dimensionnés pour 20 à 50 sorties/jour
! renforcer les bases existantes

A33 : accords de défense


! mettre sur pied un JFACC/DCAOC pouvant atteindre 100 sorties/jour
! mettre en œuvre une BAP de théâtre

A34 : posture de consolidation de la paix


! au maximum identique à A33

A35 : soutien d'une RESEVAC


! au maximum identique à A32

A36 : autres opérations


! au maximum identique à A32

NB : pour tous les engagements multinationaux, contribuer, selon le besoin, au système de


commandement de la force et de l’ADCONFRANCE,
La simultanéité de ces opérations, qui se déroulent sur des théâtres différents, respecte les limitations
précédemment définies (Cf. § 5.1) en terme de nature, d'intensité et de volume des engagements.

34
6. Contrat de la Gendarmerie

L’engagement de la gendarmerie dans les opérations extérieures doit être appréhendé au travers de deux
volets :
! l'accompagnement des forces armées ;
! la participation à la gestion civile des crises.

6.1 Accompagnement des forces


Tout en poursuivant ses missions sur le territoire national, la Gendarmerie doit être en mesure
d’accompagner les forces dans les opérations extérieures avec des structures adaptées au format de la
force projetée.
Dans les opérations extérieures, l’action de la Gendarmerie s’articule autour de trois fonctions :
! la prévôté, action d’accompagnement au profit des forces ;
! le déploiement d'éléments spécialisés ;
! l’expertise gendarmerie auprès des états majors militaires ;

6.1.1 Dispositif prévôtal


La Gendarmerie nationale constitue des détachements prévôtaux de circonstance pour accompagner,
hors du territoire de la République, les forces armées participant à des opérations extérieures. Le
service de la prévôté est exécuté en conformité avec les dispositions des lois et des règlements français,
plus particulièrement celles découlant du code de procédure pénale et du code de justice militaire. Hors
du territoire national, le respect des accords internationaux bilatéraux et nationaux, en particulier ceux
relatifs aux stationnements de troupes étrangères, s’imposent également.
La gendarmerie doit donc pouvoir fournir à tout moment les forces prévôtales adaptées aux formats
définis dans les scénariis d'emploi des forces.

6.1.1.1 Cas d’une projection de 30 000 hommes


Mise sur pied de l’organisation prévôtale suivante :
! au niveau du corps d’armée ou du commandant de la force :
- 1 officier supérieur commandant le détachement prévôtal ;
- 1 officier adjoint ;
- 1 groupe de commandement ;
- 1 cellule renseignement ;
- 1 cellule logistique ;
- 1 cellule traitement automatisé de l’information ;
- 2 pelotons prévôtaux ;
- éventuellement, la constitution d’un peloton de prison prévôtale ;

35
! au niveau de la division :
- 1 officier supérieur ;
- 1 groupe de commandement ;
- 1 centre opérationnel ;
- 1 brigade prévôtale d’investigation ;
- 1 peloton prévôtal ;
! au niveau de la brigade :
- 1 officier supérieur ;
- 1 groupe de commandement ;
- 1 peloton prévôtal ;
! au niveau du bataillon type OTAN ou du régiment :
- 1 brigade prévôtale commandée par un gradé.

6.1.1.2 Cas d’une projection nationale de 5 000 hommes

Mise sur pied d’un détachement prévôtal composé :


- d’une compagnie prévôtale par brigade ;
- des éléments prévôtaux adaptés aux structures projetées.

6.1.1.3 Autres cas de projection

Mise sur pied des structures prévôtales adaptées, inspirées des principes retenus pour les deux autres
grands types de projection, à savoir un détachement prévôtal (commandé par un officier supérieur) et
composé des éléments prévôtaux appropriés.

6.1.1.4 Place du chef de détachement prévôtal

Dans tous les cas de figure, le commandant de détachement prévôtal est placé :
! dans un cadre national, auprès du commandant de la force ;
! dans un cadre multinational, auprès du REPFRANCE/COMANFOR.

6.1.2 Eléments spécialisés


De par ses spécificités, la Gendarmerie est en mesure de fournir aux forces des capacités spécialisées
dans les domaines du renseignement, du maintien de l’ordre et des opérations spéciales. Pour répondre
aux besoins opérationnels définis par le commandement , la gendarmerie met sur pied :
! des pelotons de gendarmerie de surveillance et d’investigation (PGSI). Ces pelotons
exercent une mission de surveillance générale des zones dans lesquelles les forces opèrent
et sont en mesure de mener des investigations en soutien des unités prévôtales ;
! des escadrons de gendarmerie mobile. Ces unités sont spécialisées dans les missions de
sécurité publique, en particulier le maintien de l’ordre, et agissent en appui ou en soutien
des forces terrestres dans leur mission de restauration de l’ordre ;
! des éléments d’intervention pour effectuer des actions ciblées dans le domaine des
opérations spéciales.

6.1.3 Participation aux états-majors projetés


En fonction des besoins exprimés par les différents états-majors constituant les chaînes de
commandement multinational et national de l’opération, la Gendarmerie :
36
! procure une expertise et des capacités de renseignement dans le domaine de la sécurité
publique ;
! met en œuvre des mécanismes de coordination avec les institutions policières et
judiciaires ;
! apporte une expertise juridique, notamment au plan pénal.

A ce titre, elle fournit en particulier :


- un conseiller gendarmerie auprès du COMANFOR et au sein du noyau d'état-major
opératif quand la France est nation cadre ;
- un conseiller auprès du LCC, si la France est nation cadre, et des grandes unités
terrestres nationales (brigade, division, corps d’armée) engagées dans une opération.

Lorsque la structure REPFRANCE est activée (cas des engagements multinationaux), la Gendarmerie
met en place, en plus du commandant de détachement prévôtal, un conseiller gendarmerie / sécurité
publique.

6.2 Participation à la gestion civile des crises


L’assistance de la communauté internationale aux Etats en difficulté conduit la Gendarmerie à
participer aux dispositifs mis en œuvre dans le cadre de la gestion civile des crises.
Dans ce contexte trois objectifs sont définis :
! participer aux polices civiles internationales ;
! contribuer au dispositif de restauration de la sécurité publique et de renforcement de
l’Etat de droit ;
! mettre sur pied une direction des opérations de police selon le concept de nation-cadre.

6.2.1 Participation aux forces de polices internationales (CIVPOL)


La situation post conflictuelle d’un Etat ou d’une région en crise se caractérise souvent par la fragilité
ou l’absence de structure de police et de justice. Pour renforcer le processus de reconstruction, la
communauté internationale met en oeuvre une série de programmes de formation, d’entraînement et de
contrôle des polices locales conduit par une force de police internationale. La Gendarmerie y contribue
par le détachement de personnels ayant le profil requis pour l’exercice de ces missions. La présence de
ces personnels sur tous les théâtres favorise les relations entre les forces françaises et les forces de
police internationale

6.2.2 Restauration de la sécurité publique et renforcement de l’Etat de


droit.

6.2.2.1 Généralités

Afin de répondre efficacement aux défis posés par la gestion des crises l’Union européenne, dans le
cadre de la politique européenne de sécurité et de défense, s’est engagée à renforcer et à améliorer ses
capacités en matière de gestion civile des crises, notamment dans le domaine policier. Cette capacité de
police de l’Union européenne pourra être utilisée dans le cadre d’opérations menées par des

37
organisations chefs de files, telles les Nations Unies ou l’OSCE, ou dans le cadre de missions
autonomes dirigées par l’Union européenne elle-même.

La gendarmerie doit être en mesure de répondre à ses sollicitations en apportant une contribution
significative à la restauration de la sécurité publique et de l’état de droit. Ces fonctions, d’essence
policière, constituent une condition essentielle du retour à la normalité. Elles recouvrent :
! le maintien de l’ordre ;
! la protection des personnes et des biens ;
! l’exercice des missions de police judiciaire ;
! le renseignement d’ordre général ;
! l’analyse criminelle ;
! le renforcement des polices locales et l’action de substitution.
!

6.2.2.2 Contribution de la Gendarmerie aux capacités de police européennes

Les Etats membres de l’Union européenne se sont engagés à fournir d’ici 2003, dans le cadre d’une
coopération volontaire, jusqu’à 5 000 policiers, dont 1 000 devront pouvoir être déployés dans un délai
de 30 jours.
La contribution prévisionnelle de la gendarmerie s’élève à 600 personnels pour les capacités globales
de police, dont :
! 200 au titre du déploiement rapide, dans un délai de 30 jours ;
! 400 déployés, dans un délai de 60 à 90 jours.
La durée de l’engagement est de 4 à 6 mois pour les unités constituées et de 6 mois à un an pour les
personnels engagés dans des missions de renforcement de police locale.

La Gendarmerie doit être en mesure de fournir un groupement polyvalent constitué comprenant :


! un élément sectorisé à vocation de sécurité publique et de proximité ;
! un élément de maintien de l’ordre à base d’unités constituées (gendarmerie mobile) ;
! un élément de police judiciaire (techniques d’investigation criminelle...) ;
! un élément à vocation de formation de contrôle et d’assistance de la police locale.

6.2.3 Mise sur pied d’une direction des opérations de police


L’UE envisage de recourir au concept de nation-cadre pour se doter d’une capacité de commandement
de la force de police. Etudiée par la Gendarmerie, cet organisme devrait, à terme, être en mesure de :
! mettre à disposition de l’UE une structure d’état-major de police de théâtre, appelée
direction des opérations de police ;
! gérer des situations de crise complexe nécessitant une synergie étroite avec la composante
militaire.

38
7. Contrats des organismes et services interarmées

La Direction du Renseignement Militaire, le Commandement des Opérations SSSpéciales, le Service de


Santé des Armées et le Service des Essences des Armées sont autant de réservoirs en officiers d'états-
majors.

A l'horizon 2005, ils doivent avoir identifié et entraîné le personnel et les moyens éventuels qui arment
les états-majors, principalement aux niveaux stratégique et opératif, selon un besoin à définir par les
responsables des structures permanentes de ces niveaux.

7.1 Direction du renseignement militaire

7.1.1 Missions
Le renseignement militaire répond à deux finalités majeures :
! informer le haut commandement national (HCN) dans le cadre de la veille stratégique, de
la planification pré-décisionnelle, de l'environnement et de la conduite des opérations, du
développement de l'outil de défense, …
! appuyer l'action des forces armées dans le cadre de la planification opérationnelle et de la
conduite des opérations.
!
Dans ce contexte, la Direction du renseignement militaire (DRM) est tête de chaîne de la communauté
du renseignement et assure la cohérence de la fonction renseignement.

A cet effet, elle prépare et actualise dès le temps de paix les bases de données concernant les théâtres
d’opérations potentiels. Sa participation aux opérations se limite à l'armement des J2 et des NIC 53 des
niveaux stratégique et opératif. En effet, l’armement des J2 au sein des différentes composantes relève
des Armées. Il en est de même pour les spécialistes du renseignement d'origine électromagnétique
(ROEM) armant les "SIGINT 54 Sections".

53
National Intelligence Cell.
54
Signal Intelligence (ROEM).

39
7.1.2 Contribution de la DRM au niveau stratégique
En national, la DRM contribue à :
! l'appréciation autonome de situation ;
! l'armement du J2 du centre de préparation et de conduite des opérations (CPCO) qui est à
la fois centre d’aide à la décision politico-militaire du CEMA, " conseiller militaire du
gouvernement " et outil de conduite des opérations nationales.
En multinational, la DRM :
! organise et met sur pied le J2 de l'état-major du COPER si la France exerce les
responsabilités de nation-cadre à ce niveau ;
! participe, selon les circonstances de l'engagement, à l'armement ou au renforcement de
certains postes du J2 de l'état-major du COPER.

7.1.3 Contribution de la DRM au niveau opératif


Dans le cadre d'un engagement national, la DRM fournit le personnel pour armer :
! le poste de chef du J2 (CJ2) du noyau-clé d'état-major du PC de Force ;
! les postes d’officiers prévus au sein du J2 du noyau d'état-major du PC de force.
Dans le cadre d'un engagement multinational, la DRM :
! contribue à la mise sur pied du J2 de l'état-major du COMANFOR si la France exerce les
responsabilités de nation-cadre à ce niveau ;
! participe, selon les circonstances de l'engagement, à l'armement ou au renforcement de
certains postes du J2 de l'état-major du COMANFOR ;
! fournit le conseiller renseignement du REPFRANCE auprès du commandant de la force
(REPFRANCE COMANFOR) chargé, en particulier, de la mise en œuvre des unités
spécifiques nationales (USN) “ renseignement ” déployées sur le théâtre si la France n’est
pas nation – cadre à ce niveau,
! fournit le chef de la FRENIC (French National Intelligence Cell).
De surcroît, et selon les circonstances, du personnel possédant une expertise de renseignement
spécifique (interprêtes, linguistes, photo-analystes, …) peut exceptionnellement être mis à la
disposition de quelques états-majors.

7.2 Commandement des opérations spéciales

7.2.1 Missions
Le commandement des opérations spéciales doit disposer de capacités spécifiques d’anticipation, de
planification, de conduite et de contrôle des opérations spéciales. Elles sont développées aux trois
niveaux stratégique, opératif et tactique.

40
Au niveau stratégique
Le COS entretient une structure opérationnelle interarmées permanente qui s’appuie sur son centre
opérations situé en région parisienne et sur son antenne de l’EMA/COIA.
Il participe et contribue en permanence au processus d’appréciation de situation stratégique et au
dialogue pré-décisionnel.
Il maintient en toutes circonstances une capacité de veille et de réaction.
Par ailleurs, il participe, si nécessaire et si possible, aux travaux de planification ou de conduite de
niveau stratégique.

au niveau opératif
Le COS met en place des structures de commandement adaptées à chaque opération et à chaque théâtre
considéré. Elles revêtent en règle générale un caractère conjoncturel mais sont susceptibles, dans
certains cas, de s’inscrire dans la durée.
Le COS met sur pied une structure de commandement de composante ou de "task force", dès que des
forces spéciales sont engagées sur un théâtre.
D’autre part, le COS peut contribuer à l’armement de la structure de commandement de l'échelon
opératif.
En multinational, et dès 2002, il est en mesure de constituer l’ossature d’un PC de CJSOTF, si la
France est nation-cadre.

7.2.2 Capacités de commandement requises


Toute simultanéité étant exclue, l’état-major du COS et les unités qu’il emploie devront disposer à
l’horizon 2005 :
! au niveau stratégique :
- d’une capacité permanente de planification, de conduite et de contrôle des opérations
spéciales s’appuyant sur le centre opérations de l’EM/COS et sur son antenne
permanente située à l’EMA/CPCO ;
! au niveau opératif :
- de la ressource en personnel d’état-major pour concourir à l’armement d’un PC de
CJSOTF, la France pouvant être nation-cadre ;
- d'une capacité d’état-major pour armer la structure de commandement d’une
composante Opérations Spéciales dans un cadre national en vue d'opération spéciale
adaptée ;
- d’une capacité de "Task Force Opérations Spéciales" agissant dans le cadre d’une
opération autonome ;
! au niveau tactique :
- de la ressource en personnels qualifiés pour diriger les différents détachements
interarmées adaptés aux scénarios envisagés pour 2005.

41
7.2.3 Objectifs 2005
Le COS, doit pouvoir réaliser simultanément les deux missions suivantes (C pour hypothèse COS).

C1 : participation à une opération multinationale


! apporter une expertise COS au sein des différents états-majors constituant les chaînes de
commandement multinationale et nationale de l'opération
! mettre sur pied le système de commandement d'un GIFS/DIFS

soit C11 : la France est nation-cadre de la composante opérations spéciales (CJSOTF)


! mettre sur pied un PC de CJSOTF

soit C12 : le COS participe à la composante opérations spéciales


! contribuer à la mise sur pied d'un PC de CJSOTF

C2 : conduite d'une opération nationale


! apporter une expertise COS au sein des différents états-majors constituant la chaîne de
commandement nationale de l'opération
! mettre sur pied le système de commandement d'un GIFS/DIFS

soit C23 : le COS conduit une opération autonome sur un théâtre où sont déployées
une force multinationale ou une force nationale

soit C24 : le COS conduit seul une opération autonome nationale (RESEVAC, …)

soit C25 : le COS assure le commandement d'une composante opérations spéciales


d'une force interarmées nationale (opération spéciale adaptée)

NB : Selon la nature de l'engagement, l'hypothèse C11 peut se montrer fortement consommatrice en


personnel et en moyens. Dans ce contexte, elle peut être exclusive de l'hypothèse C25 et conduire à
certaines limitations des hypothèses C23 et C24.

7.3 Service de santé des Armées

Le service de santé des armées (SSA) dispose à l’horizon 2002 des capacités nécessaires au soutien
sanitaire des forces définies dans les contrats des armées et de la gendarmerie nationale, pour assurer un
niveau de soin aussi proche que possible des standards médicaux qui prévalent en temps de paix.
Il est dimensionné pour assurer le rôle de nation pilote (ou spécialiste) dans le domaine de la santé pour
une opération multinationale dont la France est nation cadre au niveau opératif.
Le dispositif santé constitue une chaîne unique et continue de prise en charge des blessés et de
ravitaillement sanitaire sous l’autorité technique d’un adjoint santé. Interlocuteur de la direction
centrale du service de santé des armées (DCSSA), tête de chaîne pour le soutien santé de l’opération, ce
médecin est responsable, dans le domaine de ses attributions, de la conduite de la manœuvre « santé ».

42
En outre, et autant que nécessaire, des officiers du service de santé sont placés à chaque niveau du
commandement et participent à l’armement des J4 des différents PC.
Dans une opération multinationale, l’adjoint santé français est placé auprès de l’ADCONFRANCE et
porte le nom de chef santé de théâtre. Il a, par délégation de l’ADCONFRANCE, l’emploi des éléments
santé de soutien national du théâtre et dispose, au sein d’une cellule placée sous son autorité, des
personnels du service de santé nécessaires pour assurer ses missions.
Dans une opération nationale, l’adjoint santé responsable du soutien médical de l'opération et, à ce titre,
il est placé auprès du COMANFOR. Il prend le nom de chef santé de l’opération et il a un accès direct
au COMANFOR.
En multinational comme en national, des relais de l'adjoint santé peuvent être placés, si nécessaire,
auprès des commandants de composante.

7.4 Service des essences des Armées

Outre le soutien pétrolier des grandes fonctions stratégiques permanentes, le service des essences des
armées (SEA) participe au soutien des forces armées en projection conformément à leur contrat.
Le soutien pétrolier reste une responsabilité nationale, même s'il est un des domaines privilégiés de la
multinationalisation potentielles des soutiens.
La chaîne de soutien pétrolier est continue et spécifique, de l'acquisition de la ressource jusqu'à la
distribution.
Du personnel du SEA est intégré aux cellules logistiques de la chaîne

ommandement national. Dans un cadre multinational, en complément, le SEA intégre du personnel dans
les différents états-majors et notamment dans le centre de coordination et de mise en œuvre.
En cas de concomitance des contrats les plus exigeants de l'armée de Terre et de l'armée de l'Air, le
renforcement du SEA, pour le niveau d'exécution, demeure nécessaire.

43