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Résumé

Votre adolescent au quotidien

Complet, ce guide de référence accompagne les parents au quotidien à travers les questions le plus souvent posées par les adolescents. Ainsi, vous saurez parler à votre adolescent de sexualité, de drogue, des nouveaux médias… Mais vous saurez aussi gérer ses chagrins d’amour, ses troubles alimentaires, ses sorties, etc. Chaque question fait l’objet d’une fiche qui décrypte le problème et donne des pistes de solution.

Chacune des 100 fiches s’articule autour de trois rubriques : « Bon à savoir », « Dangers », « Propositions ». L’ensemble est précédé d’une mise au point sur les différents stades de développement de l’adolescent. Et vous trouverez en fin d’ouvrage des adresses utiles pour prolonger votre lecture et engager des démarches.

Biographie auteur

votre lecture et engager des démarches. Biographie auteur Michel FIZE est sociologue au CNRS et consultant-médiateur

Michel FIZE

est sociologue au CNRS et consultant-médiateur parental. C’est un spécialiste reconnu de la famille et de l’adolescence. Il est déjà l’auteur de nombreux ouvrages.

Michel FIZE

MON ADOLESCENT EN 100 QUESTIONS

GRANDES QUESTIONS ET PETITES DIFFICULTÉS DE MON ADOLESCENT DE 8 À 18 ANS

Michel FIZE MON ADOLESCENT EN 100 QUESTIONS GRANDES QUESTIONS ET PETITES DIFFICULTÉS DE MON ADOLESCENT DE

Groupe Eyrolles 61, bd Saint-Germain 75240 Paris Cedex 05

En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.

© Groupe Eyrolles, 2013 ISBN : 978-2-212-55612-4

Dans la même collection Mon enfant en 100 questions. Grandes questions et petites difficultés de mon enfant de 0 à 10 ans , Agnès Laprelle-Calenge

Dédicace

Ce livre s’adresse aux milliers de parents et d’adolescents qui sont heureux en famille… Ou ne demandent qu’à l’être.

En ce qui concerne l’observation qui m’a été faite que mon “Livre pour les parents” n’était pas nécessaire, elle n’est pas tout à fait

justifiée. Bien que les parents soient des grandes personnes, ils ne savent pas toujours comment s’y prendre avec leurs enfants. C’est une erreur de croire qu’un adulte n’a plus rien à apprendre.

A. MAKARENKO

Dédicace

Avant-propos

Introduction

Partie 1 QU’EST-CE QUE L’ADOLESCENCE ?

Chapitre 1 : L’adolescence au fil du temps Chapitre 2 : Doctrines, théories et concepts Chapitre 3 : Modèles éducatifs et méthodes de communication Chapitre 4 : Différents âges d’adolescence

Sommaire

Partie 2 L’ADOLESCENCE AU QUOTIDIEN Chapitre 1 : Conseils généraux avant d’ouvrir l’abécédaire Chapitre 2 : Abécédaire

Conclusion Adresses utiles Bibliographie À propos de l’auteur Index Table des matières

Avant-propos

L’auteur précise expressément que ce livre, comme tous ses précédents sur l’adolescence (voir bibliographie en fin d’ouvrage), s’adresse en priorité aux parents désireux de mieux connaître leurs enfants, adolescents actuels ou futurs adolescents. Il espère néanmoins qu’il sera utile aussi à tous ceux et à toutes celles qui, dans leurs fonctions, sont en contact, quotidien ou pas, avec des adolescents, comme les enseignants, les juges pour enfants, les éducateurs spécialisés, les entraîneurs sportifs, les animateurs de centres de vacances, les policiers, etc.

Cet ouvrage, qui se veut d’« éducation relationnelle », n’a d’autre ambition que celle d’aider les parents à nouer de « bonnes » relations, ou à améliorer leurs rapports au quotidien, avec ces garçons et filles que l’on nomme couramment « adolescents ». Comment ?

En leur présentant une série de connaissances avérées sur les adolescents d’aujourd’hui. C’est-à-dire des connaissances scientifiquement démontrées.que l’on nomme couramment « adolescents ». Comment ? En leur donnant des clés pour avoir,

En leur donnant des clés pour avoir, en toute circonstance, des relations non conflictuelles avec leurs enfants. Car un clés pour avoir, en toute circonstance, des relations non conflictuelles avec leurs enfants. Car un conflit n’est jamais nécessaire, il ne fait qu’exprimer une défaillance de fonctionnement dans une communication quelle qu’elle soit. Quand, malgré tout, le conflit surgit, il faut savoir en tirer parti et profit. C’est alors une nécessité. La plupart des ouvrages sur les adolescents, dont certains font incontestablement autorité, concernent – sans toujours le dire – l’adolescence malade ou « en crise ». Ils sont écrits par des psychologues, des pédiatres, des psychiatres, des psychanalystes. Ils parlent d’une catégorie particulière d’adolescents, qui, de par sa situation psychologique ou médicale, n’est en aucune façon représentative de la population adolescente, forte de six à sept millions d’âmes.

Cet ouvrage parle, lui, d’abord de l’adolescence normale, qui est, répétons-le, la plus fréquente. Il parle des adolescents bien portants, qui sont aussi les plus nombreux. Des adolescents qui naturellement, dans leur vie quotidienne, rencontrent, tous, de multiples difficultés, qui viennent empoisonner leur vie.

Cet ouvrage n’a pas pour but premier de vous proposer des faits nouveaux ou des situations inédites sur l’adolescence. Il cherche à vous faire appréhender différemment les aspects principaux de cette période essentielle de la vie. Cet objectif sera atteint si, après l’avoir refermé, vous regardez l’adolescence d’une manière moins radicale, moins inquiète. Dans toute sa normalité, presque sa banalité.

Ce livre, pour nous résumer, n’est pas un livre médical, mais le livre de la relation parent-adolescent.

Introduction

Si l’adolescent est pour beaucoup d’entre nous l’être le plus familier, il est aussi, paradoxalement, celui que nous connaissons le moins bien. Certes, nous disposons de multiples études sur les « adolescents en difficulté », que ces difficultés soient de nature psychologique ou sociale, mais nous en avons fort peu en revanche sur les « adolescents ordinaires », qui sont pourtant les plus nombreux, ces adolescents « normaux » qui ne fréquentent ni les cabinets médicaux ni les consultations psy.

Par « adolescents », nous entendons dans cet ouvrage une tranche assez large, allant de 8 à 18 ans, et non 14 ou 15 ans, comme nous l’indiquons dans nos autres livres (estimant, études à l’appui, que la fin du collège marque aussi la fin de l’adolescence). L’extension à 18 ans tient essentiellement au fait qu’à cet âge les enfants vivent encore chez leurs parents. Les difficultés relationnelles concernant les moins de 15 ans concernent donc aussi les 15-18 ans, c’est-à-dire les lycéens qui relèvent, de fait, non de l’adolescence, mais de la « première jeunesse ». À partir du lycée en effet, les adolescents n’en veulent plus de leur adolescence : ils trouvent désormais trop lourds à porter les clichés, la négativité, les vilaines rumeurs de violence ou d’immaturité, qui sont encore souvent associés à cet âge. Après le très fort désir d’adolescence à 8-9 ans, vient donc le temps du déni tout aussi virulent ! Le temps de la jeunesse, autrefois ou encore nommé « post-adolescence » (pour souligner la continuité des âges) est venu ; un temps qui, plus que jamais, avec la prolongation des études et la massification du chômage juvénile, devient interminable.

Trois sous-groupes seront ici définis : les 8-12 ans, que nous nommons « petits adolescents » ou « jeunes adolescents » ; les 13-14 ans, qui sont les « moyens et grands adolescents », et les 15-18 ans, jeunes gens et jeunes filles, comme il vient d’être dit, nommés encore « post-adolescents ».

Chaque fois que cela sera possible et/ou nécessaire, cette distinction des trois âges sera faite dans l’ouvrage.

Une approche rigoureuse

Certains, à la lecture de ce livre, pourront penser qu’une nouvelle fois nous faisons preuve d’optimisme envers l’adolescence, que nous regardons les adolescents avec décidément beaucoup de bienveillance. Il n’est pourtant, dans notre esprit, question ni d’optimisme ni de bienveillance ou d’admiration béate de cet âge. Pour dire les choses autrement, nous ne pensons pas qu’il y ait les « gentils » adolescents d’un côté et les « méchants » parents de l’autre, le camp des victimes et le camp des coupables. Nous considérons seulement l’âge adolescent et le sujet adolescent avec toute l’objectivité qui sied à un scientifique qui observe l’un et l’autre depuis près de trois décennies maintenant.

L’approche privilégiée dans cet ouvrage est donc, vous l’aurez compris, une approche fondée sur des informations scientifiques. L’investigation par la preuve a ceci de particulier qu’elle produit des connaissances plus assurées, plus certaines donc, mais, précisons-le, et c’est tout à leur honneur, « provisoirement certaines ». Autrement dit, la recherche scientifique est relativiste. Ses découvertes ne s’accumulent pas, au contraire elles se bousculent, se dénoncent, s’annulent.

D’un point de vue méthodique, nous nous appuierons dans cet ouvrage, le plus souvent possible, sur des données chiffrées résultant d’études, d’enquêtes ou de sondages récents.

PARTIE 1

QU’EST-CE QUE L’ADOLESCENCE ?

Chapitre 1

L’adolescence au fil du temps

Un peu d’histoire pour commencerChapitre 1 L’adolescence au fil du temps Les origines du mot… et de l’idée Le mot

Les origines du mot… et de l’idée

Le mot « adolescent » est ancien. Il vient du latin adulescens, qui, dans la Rome antique, désigne « celui qui est en train de grandir ». Cicéron, auteur bien connu, évoque (quoique rapidement), dans son De Senectute, le temps de son « adolescence ». Il existe par conséquent des adolescents au pays de César, mais en petit nombre, et principalement des garçons appartenant aux riches familles patriciennes. Ces jeunes gens suivent un enseignement que l’on nommerait aujourd’hui « secondaire ». La plèbe (le peuple), pour sa part, qui n’a pas les moyens d’instruire ses enfants, n’a pas d’adolescents.

Avec la disparition de l’Empire romain, le mot « adolescent » tombe en désuétude. L’Ancien Régime français l’ignore totalement ou presque. La Révolution ne le connaît pas davantage. Jusque dans les années 1850, l’on ne parle ni d’« adolescence » ni d’« adolescents ». On préfère utiliser les termes d’« enfants », de « jeunesse », de « jouvenceau », de « jeunes gens ». Villermé, pour ne prendre que ce seul exemple, dans sa célèbre étude sur l’État physique et moral des ouvriers, qu’il publie en 1840, utilise le terme de « jeunes gens » pour désigner les 12-15 ans ; le mot « adolescents » n’apparaît dans son ouvrage qu’à deux ou trois reprises (dont une fois en note de bas de page).

L’adolescence étant, comme à Rome, un privilège scolaire, l’on comprend l’inexistence des adolescents dans les sociétés d’Ancien Régime où le système scolaire est peu développé. En ce temps-là, il faut travailler très vite pour subvenir aux besoins de la famille. Les enfants des milieux populaires partent donc, les uns dans les champs, les autres dans les usines que l’on appelle manufactures ou dans les boutiques de commerce. Il suffit de relire Zola et Germinal pour se rendre compte de la vie des enfants de l’époque. À 7-8 ans, on retrouve donc les « gamins » avec leurs parents, dans les fosses à charbon ou à garder les bêtes, dans les pâturages près de la maison.

C’est bien l’institution du collège qui, par les classements d’âges qu’elle opère, crée ce nouvel âge. À chaque niveau scolaire va correspondre désormais un âge défini. Bien sûr, derrière ces classements qui permettent d’assurer la progression des apprentissages, il y a aussi, ne l’oublions pas, un autre et important projet de société : contrôler ces garçons en âge de puberté, c’est-à-dire mieux en contenir toutes les menaces potentielles ou présumées pour l’ordre public.

L’adolescence, qui n’existe donc pas comme « période naturelle de l’existence » (Patrice Huerre), est une « classe d’âge », mieux encore une catégorie sociale. Elle n’est pas un « passage », une transition entre l’enfance et l’âge adulte, mais un « état » social à part entière.

La construction des grands mythes associés à l’adolescence : « crise d’adolescence », « dangerosité »…adulte, mais un « état » social à part entière. Le mythe, faut-il le rappeler, est

Le mythe, faut-il le rappeler, est une histoire que l’on raconte, que l’on croit vraie et que l’on se transmet de génération en génération. Ainsi le mythe définit-il une conduite, qui peut être, dans le domaine de l’adolescence, celle du fatalisme (« Y a rien à faire », « Faut attendre que l’orage passe »), ou de la rigueur (« Ils sont tous violents, faut les mater ! »).

La « crise d’adolescence »

L’adolescence n’est pas une crise, une révolution dans l’organisme physique et psychique, elle ne transforme pas l’individu.

P R GEORGES HEUYER, INTRODUCTION À LA PSYCHIATRIE INFANTILE.

Parmi les MYTHES les plus puissants liés à l’adolescence, il y a celui de la « crise ». Mythe tenace : il est en effet toujours universellement admis, dans la plupart des disciplines non scientifiques (psychologie clinique, psychanalyse…), que toute adolescence, fût-elle normale, s’accompagne d’une « crise », de plus ou moins grande intensité, crise variable selon les sujets, et donc que tout adolescent n’a d’autre choix, au moment de la puberté, que de « s’opposer » (pour « se poser », dit-on) à son entourage, parents en tête.

Force est de reconnaître que les familles, dans leur majorité, adhèrent à ce point de vue, même celles (ce qui est un étonnant paradoxe), pourtant très nombreuses, au sein desquelles les relations avec les adolescents sont paisibles et non conflictuelles. Harmonie (autre paradoxe) qui ne manque pas d’inquiéter les parents de ces adolescents, à qui les disciplines non scientifiques

ont encore enseigné qu’une adolescence tranquille est une adolescence en danger et donc dangereuse.

L’on attribue couramment la responsabilité de la prétendue « crise d’adolescence » à la puberté, à ces hormones malveillantes qui, tel un tsunami, viendraient détraquer le cerveau des infortunés adolescents.

À signaler que, selon des voix toutes récentes, soi-disant autorisées, qui nous viennent d’outre-Atlantique, le dérèglement serait dû en réalité non aux hormones, mais aux « neurones » mal connectés de ces pauvres adolescents !

En réalité, les conflits, quand ils surgissent (ce qui est d’ailleurs beaucoup moins fréquent qu’on l’imagine), ne font que traduire un « vice de fonctionnement » de la relation parents-adolescents. C’est comme un moteur qui, soudain, se gripperait. C’est la relation qui est malade, c’est elle qu’il faut traiter, pas les individus : adolescents ou parents. En tout cas, il faut écarter très vite l’idée que, lorsque tout va mal, c’est obligatoirement la « faute de l’ado » (raccourci inopportun du mot adolescent). Ce sont souvent les parents qui, à leur insu parfois, créent la mauvaise relation avec les adolescents. Le philosophe Emmanuel Mounier, dans son Traité du caractère, parlait de « la présence généralement provocante de l’adulte à l’adolescence, à laquelle l’adolescent réagit par une phase d’autisme et d’hostilité ».

« Crise d’adolescence » : d’où vient cette fable ? Paradoxalement de Jean-Jacques Rousseau qui, en 1762, dans Émile ou de l’éducation, l’expose rapidement – principalement en deux pages du Livre IV où il est question d’« orageuse révolution », de « moment de crise », puis ensuite, à quelques reprises, mais par quelques mots seulement… pour, soit dit en passant, la NIER aussitôt dans les 998 pages restantes d’un volumineux ouvrage (en collection poche).

Le Livre II s’ouvre en effet par cette réflexion : « Le plus dangereux intervalle de la vie humaine est celui de la naissance à l’âge de douze ans. » Ce n’est donc pas l’adolescence qui est visée. L’exemple d’Émile est significatif de cet état de non-crise. Le jeune homme qui, enfant, sous la conduite d’un précepteur, a reçu une éducation « libre », « au grand air » selon les lois de la nature, en explorant les choses, en s’amusant (ce que Rousseau nomme l’éducation « négative »), accède aux environs de sa quinzième année au raisonnement. Il est dès lors, contrairement aux autres adolescents, précisément parce qu’il n’a pas reçu une éducation contraignante et ennuyeuse, un être sérieux et raisonnable.

Mais il ne suffit pas, pour un adolescent, d’avoir bénéficié d’une telle éducation pour être préservé de la « crise d’adolescence », il faut encore que l’éducateur sache, le moment venu, changer de relation avec lui. « Quittez pour jamais votre ancien ton, conseille-t-il à l’éducateur. C’est votre disciple encore, mais ce n’est plus votre élève. C’est votre ami, c’est un homme, traitez-le désormais comme tel » (Livre IV). Rousseau adresse le même conseil à la famille de Sophie : « Sophie, à quinze ans, ne sera point traitée en enfant par ses parents » (Livre V).

Un second texte est important pour l’affirmation de l’état de « crise » à l’adolescence : c’est le fameux Les Souffrances du jeune Werther de Goethe, qui est publié quelques années seulement après le livre de Rousseau, en 1774. Werther, on s’en souvient, est un jeune homme sombre, en proie à des tourments intérieurs formidables, éperdument amoureux d’une femme « impossible », qui finira par se suicider, signant ainsi tragiquement son échec et condamnant aussi le monde factice qui l’a conduit à ce geste de désespoir.

Différents auteurs, médecins, psychologues ou psychanalystes, français et étrangers, notamment les psychologues américain Stanley Hall, en 1904, et français, Pierre Mendousse et Maurice Debesse, durant l’entre-deux-guerres, reprennent pourtant… pour notre plus grand malheur les deux pages isolées du livre de Rousseau !

La littérature ancienne sur l’adolescence n’est à cet égard pas en reste. Dans la tradition du Werther de Goethe évoqué plus haut, c’est en effet une « littérature de la crise ». L’adolescent littéraire vit, comme le « vrai » adolescent, un formidable moment critique (nous ne développerons pas ici, faute de temps, ce point traité dans nos ouvrages antérieurs). Les romans d’adolescence sont bien, la plupart du temps, des romans de l’échec.

Sans entrer dans le détail d’une analyse que nous avons longuement développée ailleurs (principalement dans notre ouvrage Ne m’appelez plus jamais crise ! ), nous rappellerons que cette « crise » que l’on nous présente comme « normale » en raison des importants bouleversements physiques et psychiques qui, nous dit-on, seraient liés à l’afflux soudain d’hormones (censées réveiller instincts agressifs et pulsions sexuelles), et plus encore, comme « nécessaire », ne repose sur aucune donnée sérieuse. Déjà en 1930, le psychanalyste dissident Alfred Adler dénonçait « la prétendue crise de la puberté ». Les chercheurs scientifiques ont confirmé ce constat. D’abord les ethnologues, à l’image de Margaret Mead qui, à la fin des années 1920, observant de jeunes filles samoanes, conclut à l’absence de toute crise. Puis les psychologues-chercheurs de l’université, dans leurs travaux sur des populations adolescentes « tout venant ».

Qu’observe-t-on aujourd’hui dans ces travaux scientifiques à la fois français, européens et québécois ? Des adolescents globalement « bien portants » (terme [encore un paradoxe] utilisé aussi… par les médecins et les psychologues-thérapeutes eux- mêmes). Des adolescents heureux et fiers de grandir, à l’image finalement de l’Émile cher à Rousseau.

Pourtant, comment le nier, il y a parfois de l’agitation en famille, du tangage. Comment donc expliquer les tensions avec les proches ?

L’hypothèse est la suivante. Si de telles tensions existent, surtout avec les parents, il faut y voir, non pas l’effet d’un quelconque « déterminisme biologique », mais le résultat d’une situation peu favorable à l’expression et à la responsabilité adolescentes, l’effet d’une distorsion entre les facultés nouvelles des adolescents (ils pensent plus, ils pensent mieux – ils ont en quelque sorte un horizon social plus large ; ils sont aussi sexuellement plus matures qu’auparavant), une distorsion donc entre ces facultés et la possibilité de les mettre en œuvre. Bien entendu, quand les parents sont capables de faire le « deuil de l’enfance », c’est-à-dire, en clair, le « deuil du pouvoir », de leur pouvoir absolu sur l’enfant, les choses vont différemment.

Toute « crise », pour être clair (comme tout conflit), est l’expression d’un dysfonctionnement, pas d’un état de bonne santé. Une crise politique, une crise économique, une crise conjugale expriment le dérèglement : qui oserait le contester ?

Enfin, argument supplémentaire contre l’idée de « crise », si l’on peut considérer une « crise » comme une rupture provisoire, sa sortie appelle un retour à la situation « normale » antérieure. Or, chacun sait bien que la vie ne revient jamais en arrière, l’adolescent ne redeviendra pas un enfant après cette rupture.

Question finale : les « défenseurs » de la crise douteraient-ils soudainement de sa pertinence ? Si prompts, hier, à défendre cette thèse et ce mot, les « pédo-psychiatres-analystes », ces professionnels d’un genre nouveau, produits de ce mélange (étonnant) de pédiatrie, de psychiatrie et de psychanalyse, entendent aujourd’hui rassurer parents et éducateurs. Alors ils disent que la « crise » n’est pas ce que l’on croit (et ont longtemps cru eux-mêmes !), qu’il faut prendre le terme dans un sens ancien, celui du vieux grec crisis qui signifie « choix », « décision ».

Après avoir réalisé ce tour de passe-passe sémantique, ces experts peuvent donc conclure que la « crise n’est pas un drame », que c’est même « un moment fécond ». Imaginons, à titre de comparaison, quelqu’un qui oserait dire qu’une société « en crise » est une société bien portante, riche d’avenir, ne lui rirait-on pas au nez ?

La « dangerosité » de l’adolescent

Au XVIII e et surtout au XIX e siècle, l’attention des médecins se focalise sur le phénomène physiologique de la puberté. Cet événement inquiète. Le pubère, être pleinement sexualisé, apparaît comme un danger. Et d’abord pour lui-même. Médecins, mais aussi pédagogues, mènent de concert le combat qui vise, notamment, à l’élimination des « pratiques solitaires » (la masturbation) – pratiques censées « détraquer » l’équilibre physique et mental des enfants.

Les médecins surtout mettent en garde les familles ainsi que les professeurs des écoles contre ce danger permanent. Comme le note Michel Foucault, dans son Histoire de la sexualité (tome I), « le sexe du collégien est devenu au cours du XVIII e siècle – et d’une manière plus particulière que celui des adolescents en général – un problème public ». Partout, ajoute-t-il, où ces plaisirs ténus, « risquaient de se manifester, on a installé des dispositifs de surveillance, établi des pièges pour contraindre aux aveux, imposé des discours intarissables et correctifs ». Ainsi, « autour du collégien et de son sexe prolifère toute une littérature de préceptes, d’avis, de conseils médicaux, de cas cliniques, de schémas de réforme, de plans pour des institutions idéales ».

Le pubère est aussi un danger pour la société, à cause de ce trop-plein d’énergie qu’il a en lui et qu’il lui faut absolument libérer (la « surcharge énergétique » dont parle Freud). La réputation d’agitateurs, de rebelles, de « bâtisseurs de barricades » colle dès cet instant à la peau des adolescents.

Plus de deux siècles ont passé : les choses ont-elles vraiment changé ? Derrière l’idée d’une période jugée « sensible », « délicate », instable, n’y a-t-il pas, encore et toujours, la peur du sexe ? L’adolescent, pour parler comme Foucault, n’est-ce pas toujours « cette chair à maîtriser », cette chair qui doit rester au repos pour ne pas nuire à la performance (scolaire plus qu’intellectuelle aujourd’hui) ? Bref, énoncer un discours sur les dangers physiques et moraux liés prétendument à cette sexualité, n’est-ce pas en somme toujours justifier le maintien du pouvoir sur les adolescents ? On connaît, ils connaissent la chanson : « Passe ton bac d’abord ! »

La violence de l’adolescent

Tout serait violence chez l’adolescent. D’abord à cause de l’événement pubertaire qu’au fil du temps l’on put qualifier d’« orage », de « tempête » ou de… « violence » tout simplement. Cet événement marquerait l’éveil de pulsions intenses, agressives, et donc dangereuses.

D’un point de vue social, dans ses pratiques multiples, il y aurait toujours, de sa part, la recherche de l’extrême, du défi violent, de la prise de risque permanente. Cette vision est à nouveau redevable du XIX e siècle quand médecins et magistrats évoquaient la criminalité effrayante des adolescents. On stigmatisera par exemple ces nouvelles « bandes de jeunes » que l’on nomme les « Apaches », qui font l’objet de chroniques régulières dans la presse. À cette violence de la jeunesse, le pouvoir répond par une non moins grande violence. En 1901, par exemple, 11 des 18 condamnés à mort sont des mineurs !

Comment expliquer cette violence ? Outre la raison pubertaire évoquée plus haut, outre les difficultés sociales, il y aurait, selon le psychologue américain Stanley Hall, l’idée d’un atavisme primitif, résurgence des sociétés humaines non civilisées. Idée courte, nous en reparlerons.

Chapitre 2

Doctrines, théories et concepts

Doctrines et théories

2 Doctrines, théories et concepts Doctrines et théories Les théories et doctrines classiques de l’adolescence

Les théories et doctrines classiques de l’adolescence

Les théories et doctrines médicales et psychologiques classiques de l’adolescence, qui sont encore celles en usage aujourd’hui, reposent toutes sur le présupposé d’une adolescence considérée comme un âge « délicat », un âge de souffrances, de perturbations, de désordres, de carences diverses, dont, nous l’avons vu, elles attribuent généralement la responsabilité à la mutation pubertaire.

Ces théories et doctrines ont une première particularité : il s’agit de théories et doctrines pessimistes. À noter que même les spécialistes qui développent une vision plus optimiste de l’adolescence, à l’image de la psychanalyste d’enfants Françoise Dolto, ou du très médiatique P r Marcel Rufo, ou du thérapeute américain Carl Rogers (quoique dans une moindre mesure), adoptent malgré tout ce présupposé.

Ces théories ont une seconde particularité : elles affirment, ou induisent, la supériorité de l’âge adulte sur les autres âges de la vie. Elles présentent cet âge, pour reprendre une vieille formulation utilisée lors de la « Fête de l’adolescence », le 30 juillet 1899, comme « une Terre promise du complet développement intellectuel et moral » de l’Homme (nous savons aujourd’hui que l’Homme est en réalité un être à jamais « inachevé »).

L’approche médicale généraliste

C’est paradoxalement l’approche la plus négligée s’agissant de l’adolescence. Alors que, pour les adultes, un dérèglement de santé conduit le patient chez le généraliste ; pour l’adolescent, il le mène plus volontiers directement chez le spécialiste :

pédopsychiatre, psychiatre, voire chez le psychologue ou psychothérapeute. C’est dire combien, dans ce pays, la « médecine de l’adolescence » occupe une place anormalement restreinte.

La psychiatrie

Le psychiatre est un médecin spécialiste qui prend en charge les personnes souffrant de difficultés ou de pathologies mentales. Il travaille en cabinet, à l’hôpital, en clinique privée, dans des centres de soins médico-psychologiques, ou dans des institutions spécifiques (maisons de retraite, maisons pour adolescents aujourd’hui). À l’hôpital, le psychiatre peut travailler dans le seul service de psychiatrie, ou bien intervenir aux urgences, ou bien encore dans d’autres services de l’hôpital.

Le psychiatre, qui a une formation médicale, peut faire de la psychiatrie générale et/ou se sous-spécialiser dans un domaine particulier, comme l’adolescence. Nous sommes dans ce dernier cas dans le domaine de la pédopsychiatrie, avec de nouvelles spécialisations possibles comme l’addictologie (prise en charge des addictions et dépendances) ou la sexologie (traitement des troubles sexuels). Ces différentes dénominations nécessitent le plus souvent une formation médicale complémentaire.

Le psychiatre peut être également psychanalyste ou psychothérapeute, s’il a suivi naturellement les formations appropriées. En France, plus des trois quarts des psychiatres ou pédopsychiatres d’adolescents sont aussi psychanalystes.

La ou les psychologies

La psychologie, en tant que discipline spécifique, apparaît au XIX e siècle. Il s’agit à l’origine d’une psychologie « philosophique ».

Dans la seconde moitié de ce même siècle apparaît la psychologie expérimentale, qui entend, par une méthode rigoureuse de type scientifique, étudier des faits et des notions psychologiques issues de l’observation. Cette psychologie effectue des mesures sur des éléments isolés à l’aide d’un appareillage particulier qui décompose la personnalité en variables indépendantes et établit des moyennes (sans support concret).

La psychologie clinique, quant à elle, prend l’homme comme une totalité. D’abord très présente, cette psychologie va connaître une éclipse. On doit à Daniel Lagache de l’avoir en quelque sorte ressuscitée en 1949. Il la définit alors en ces termes : « étude approfondie des cas individuels ». Une définition qu’affinera quelques années plus tard Juliette Favez-Boutonier. La psychologie clinique, déclare-t-elle, c’est « l’étude d’une personnalité singulière dans la totalité de sa situation et de son évolution ».

La doctrine psychanalytique

La psychanalyse demeure en France, en matière d’adolescence, l’une des grandes doctrines de référence, une doctrine qui, au fil du temps, s’est glissée subrepticement dans les autres disciplines, médicales et psychologiques, les dénaturant quelquefois. Nous rappelons que les trois quarts des psychiatres ou pédopsychiatres d’adolescents sont aussi de formation analytique. Constat qui vaut largement pour les psychologues et les thérapeutes d’adolescents.

Malgré sa prétention, depuis ses origines, à vouloir donner une coloration scientifique à ce qu’elle désigne comme les perturbations physiques et psychiques de la puberté, la psychanalyse n’est pas une science. Elle ne démontre pas des faits à partir d’hypothèses. Elle soutient des idées dont elle n’accepte jamais la discussion. Elle ne remet pas en cause ses conclusions – sauf pressée par les faits quand ils viennent à infirmer certaines de ses affirmations.

La psychanalyse, sur le plan comportemental enfin, est souvent méprisante envers les autres disciplines (qu’elle ne connaît d’ailleurs pas toujours ou pas correctement). Ainsi n’accorde-t-elle aucun intérêt à la « psychologie différentielle ». Pour elle, l’adolescent se développe selon des structures et des pensées types, sans considération des particularités individuelles, des mentalités collectives et des circonstances sociales ou d’environnement alors qu’on le sait bien, les modes de pensée d’une communauté influent sur l’état biologique.

La psychanalyse se veut finalement « pensée unique », entend incarner, à elle seule, le savoir absolu sur l’adolescence. Or, cette doctrine n’est pas sans danger pour le sujet adolescent, car, faut-il le rappeler, elle est foncièrement pessimiste . Elle met en avant les mécanismes de conflit générés durant cette période, par la métamorphose pubertaire qui conduit, selon elle, à une réactualisation des pulsions les plus agressives. Pulsions qui, selon Anna Freud, poussent l’adolescent au manque d’égard, à la cruauté mentale avec « déchaînements antisociaux ». Quelle perspective !

Nonobstant le caractère peu probant de ces affirmations, c’est d’optimisme dont l’adolescent a besoin pour mener son chemin.

Néanmoins, comme thérapie, la psychanalyse a évidemment toute sa place dans la panoplie des soins.

Les théories nouvelles : analyse transactionnelle, Gestalt-théorie, PNL…

Nous ne mentionnerons ici que les trois principales. Chacune, naturellement, exigerait de longs développements. Nous n’en donnerons ici que les lignes essentielles. Le lecteur qui voudrait en savoir plus pourrait utilement se reporter à l’ouvrage collectif Choisir sa psychothérapie. Les écoles, les méthodes, les traitements (ouvrage référencé en bibliographie et publié sous la direction d’Alain Braconnier, Bertrand Hanin et al. ).

a) L’analyse transactionnelle

Imaginée par Berne dans les années 1960, cette analyse, qui s’appuie sur les concepts psychanalytiques, décrit des États du Moi. Bertrand Hanin et Daniel Widlöcher, qui sont tous deux psychiatres et psychanalystes, la résument, dans l’ouvrage cité ci-dessus, en ces termes : « Le Moi est l’instance qui maintient l’unité et la personnalité en permettant l’adaptation au principe de réalité, la satisfaction partielle du principe de plaisir et le respect des interdits émanant du surmoi. C’est ce qui constitue l’individualité… On considère dans cette approche thérapeutique que le Moi du patient peut tour à tour se retrouver dans la situation d’être un Moi enfant, un Moi parent ou un Moi adulte, tendance vers laquelle il convient de tendre… Les modes de communication dépendent des états du Moi dans la réception et dans l’émission des messages. L’analyse transactionnelle permet de reprogrammer, de remodeler les processus de décision et d’interaction liés aux injonctions précoces reçues par le patient. »

b) La Gestalt-théorie

D’origine allemande, définie par le psychanalyste Perls dans les années 1940, la Gestalt-théorie met en avant le corps, les émotions, le ressenti du sujet, qu’elle réhabilite grâce à la notion de responsabilité existentielle. Ici le sujet est appréhendé dans sa globalité, c’est-à-dire dans ses cinq dimensions majeures : sensorielle, affective, intellectuelle, sociale et spirituelle. La Gestalt-théorie explique que les causes des pathologies résident dans les mauvaises relations avec l’entourage et le milieu. « C’est, précisent Hanin et Widlöcher, la prise de conscience des éléments morcelés du psychisme et du corps qui

permet un nouveau processus d’unification. »

c) La PNL ou programmation neurolinguistique

La PNL, mise au point en 1975 par Bandler et Grinder, a pour finalité de changer le modèle de perception de l’environnement dont le sujet est victime à cause d’une perception erronée de la réalité. Les erreurs de raisonnement sont assimilées à des erreurs d’apprentissage.

Les thérapies et traitements associés à ces théories et doctrines

Aux théories et doctrines classiques, que nous venons de rappeler, sont associées diverses thérapies ou psychothérapies. Celles-ci ont en commun de s’adresser à des adolescents qui rencontrent certaines difficultés, comme :

l’anxiété, le stress, la dépression ;adolescents qui rencontrent certaines difficultés, comme : des troubles du comportement (hyperactivité, agressivité,

des troubles du comportement (hyperactivité, agressivité, retrait social…) ;comme : l’anxiété, le stress, la dépression ; des difficultés relationnelles (manque de confiance en soi)

des difficultés relationnelles (manque de confiance en soi) ;(hyperactivité, agressivité, retrait social…) ; des troubles du sommeil ; des troubles du comportement

des troubles du sommeil ;difficultés relationnelles (manque de confiance en soi) ; des troubles du comportement alimentaire (anorexie,

des troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie).(manque de confiance en soi) ; des troubles du sommeil ; Toutes ces thérapies visent aussi

Toutes ces thérapies visent aussi à comprendre et à remédier aux modifications dans les attitudes des adolescents,

symptomatiques quelquefois de pathologies plus ou moins graves.

Rappelons qu’une psychothérapie est un traitement réalisé par des procédés psychiques mettant en relation un thérapeute et un patient (avec contact de l’entourage ou non).

L’on peut distinguer deux grandes catégories de thérapies : les thérapies individuelles et les thérapies familiales. Les unes et les autres ont cependant la particularité d’être, le plus souvent, des « thérapies de pouvoir » (pouvoir de spécialistes sur des patients). La relation duelle qu’elles introduisent : expert-malade ou expert-bloc famille est une relation asymétrique, le premier constituant la « partie haute » de la relation, le second la « partie basse ». La relation est de type vertical.

Le traitement psychiatrique

Le traitement psychiatrique est un traitement médical, fondé sur une nosologie rigoureuse des pathologies. Le psychiatre peut proposer à son patient une thérapie psychologique, associée ou non à la prescription de médicaments. Celle-ci peut consister en une psychothérapie de soutien, une thérapie comportementale/cognitive, une psychanalyse, une thérapie de couple ou une thérapie familiale (cf. page suivante). Il existe un grand nombre de thérapies psychologiques différentes nécessitant plus ou moins une formation spécifique. Le psychiatre peut pratiquer une ou plusieurs d’entre elles, en fonction de ses affinités, de ses formations et des patients à traiter.

Les psychothérapies

Rappelons qu’une psychothérapie est un traitement réalisé par des procédés psychiques, mettant en relation un thérapeute et un patient.

Elles sont, nous l’avons dit, soit de type individuel, soit de type familial. Mais ces thérapies ainsi définies peuvent encore se subdiviser en thérapies non psychanalytiques et en thérapies avec usage au moins des concepts psychanalytiques, et, selon l’analyse de Braconnier, Hanin et Widlöcher, en « thérapies d’interprétation » (psychanalyse principalement), « thérapies de prescription » et « thérapies d’expression ».

Cela fait au total beaucoup de thérapies, sous-thérapies, sous-sous-thérapies. Il nous est impossible d’entrer, dans le cadre de cet ouvrage, dans toutes les variantes thérapeutiques aujourd’hui disponibles sur le marché.

Pour chaque grand type de thérapies, individuelles ou collectives, exposé à présent, nous mentionnerons donc à quelle subdivision il appartient : « interprétation », « prescription » ou « expression ».

a) Les thérapies familiales ou systémiques traditionnelles

Les thérapies systémiques sont nées aux États-Unis. Elles reposent sur la théorie dite des « systèmes ». Elles considèrent la famille comme un système où les différentes parties forment un tout indissociable, indiquent que tout groupe exige, pour subsister, une certaine stabilité, et que toucher à l’un de ses membres peut déséquilibrer les autres. À qui s’adressent ces thérapies ? Principalement à des familles dont un enfant présente de graves troubles psychotiques ou névrotiques, ou bien des troubles du comportement ou de sérieux troubles des conduites alimentaires. Elles reposent sur le principe selon lequel un enfant ou un adolescent perturbé fait partie d’une famille troublée elle-même dans sa totalité. L’enfant est en quelque sorte le symptôme visible de cette famille malade. C’est donc cette dernière qu’il faut traiter en améliorant le jeu des communications et des interactions. Pour cela, le thérapeute rencontre, au moins dans les premières séances, les différents membres de la famille : parents, grands-parents, frères et sœurs du patient en difficulté.

b) Les thérapies familiales ou individuelles d’orientation psychanalytique

Les thérapies familiales psychanalytiques utilisent les concepts psychanalytiques individuels pour comprendre la structure des conflits interpersonnels en action dans le groupe familial. Elles tiennent compte de la projection des conflits psychiques non résolus des parents sur leur enfant qui les vit passivement. Ces thérapies sont mises en scène dans des réunions où, à tour de rôle, les membres présents de la famille prennent la parole, sous la direction du thérapeute. À côté de cette première salle de réunion existe une seconde, séparée par une glace sans tain. Là se trouve un superviseur qui dialogue avec le thérapeute, pour le protéger d’une trop grande implication émotionnelle. La famille est préalablement informée de ce dispositif.

Les thérapies nouvelles de type comportemental/cognitif, art-thérapie et les thérapies humanistes de type rogérien ou personnaliste

La thérapie comportementale ou cognitive

La thérapie comportementale ou cognitive (TCC) entend elle aussi résoudre les souffrances d’enfants ou d’adolescents, telles qu’énurésie, phobie scolaire, troubles déficitaires et de l’attention (hyperactivité). Cette thérapie considère que ce ne sont pas les situations en elles-mêmes qui provoquent les émotions et les comportements, mais plutôt les pensées automatiques (cognitions) qui traversent l’esprit à ces moments-là. La TCC vise donc à faire repérer les pensées sans fondement réel (appelées « symptômes invalidants »), pensées apprises à une certaine époque de la vie, et elle apprend à les remplacer par des pensées plus adaptées. Elle permet aussi d’apprendre à s’apaiser avec ses émotions et sensations.

L’objectif de la thérapie comportementale et cognitive (TCC) est donc totalement différent de celui de la psychanalyse. Il s’agit ici de thérapies courtes et actives, qui ne visent pas à transformer une personnalité, mais à se débarrasser d’un symptôme invalidant, cause réelle de la souffrance. Les thérapeutes de la TCC estiment que ce qui a été appris peut être désappris et qu’un nouvel apprentissage peut être entrepris.

Dix ou quinze séances d’environ quarante-cinq minutes chacune peuvent permettre de venir à bout de phobies très anciennes. Le

thérapeute propose pour ce faire des exercices pratiques de déconditionnement. Il accompagne le patient, lui sert de modèle comportemental. Le jeu de rôles peut être utilisé, de même que la relaxation. Enfin, certains thérapeutes donnent quelquefois des petits exercices personnels à faire chez soi.

L’art-thérapie

L’art-thérapie peut se définir comme l’exploitation des facultés et des potentiels psycho-corporels pour acquérir ou recouvrer une meilleure autonomie et manière d’être dans sa vie quotidienne, grâce à l’expression et au savoir-faire artistiques. Il contribue ainsi à faire disparaître les troubles et les handicaps somatiques, psychiques ou sociaux, qui, associés ou pas, créent des difficultés d’apprentissage ou perturbent les relations interpersonnelles. Par le biais d’activités artistiques variées et adaptées, l’enfant ou l’adolescent se « libère », effaçant inhibitions et tensions personnelles, se mettant en situation de mieux comprendre les autres. Mieux sans sa peau, il est ainsi à même de développer ses possibilités de coopération et solidarité sociale. L’art-thérapie rassure l’enfant ou l’adolescent sur ses véritables compétences, l’aide à se familiariser peu à peu avec les règles de la vie quotidienne et à acquérir de nouvelles performances motrices, sensorielles ou cognitives.

La thérapie rogérienne

Les théories « différentes », incarnées par des psychologues américains comme Carl Rogers (Le Développement de la personne )

ou Thomas Gordon (Parents efficaces ), ne sont pas des « théories du pouvoir », mais des « théories de service ». Elles n’expriment pas un savoir qui se voudrait incontestable comme dans les autres théories. Ce fait est capital.

Elles ont cependant, redisons-le, dans le domaine de l’adolescence qui nous intéresse ici, un gros défaut. Si elles apportent d’importantes réponses novatrices en matière de communication avec les jeunes, elles ont cependant le tort de ne pas se départir totalement de l’idée d’une adolescence conçue comme une période « délicate », « sensible ».

Mais ne nions pas leur force : elles sont un puissant apport à la redéfinition de rapports plus équilibrés entre parents et adolescents.

Au contraire du psychanalyste, le thérapeute rogérien sait qu’il ne peut se dégager complètement de sa propre subjectivité, ne

peut « réifier » le patient, se distancier de lui.

Le « traitement » ou communication personnaliste

Le philosophe Emmanuel Mounier disait que « tout le secret de l’éducation est de passer entre les deux écueils de l’autoritarisme et du relâchement ». On sait que l’on peut être « autoritaire » (ce à quoi conduit nécessairement tout système ou structure d’autorité), soit par besoin de « revanche » : l’on a soi-même souffert de l’autorité familiale de ses propres parents, soit par faiblesse : l’on n’a pas suffisamment d’imagination pour penser qu’il puisse y avoir d’autres systèmes éducatifs applicables, soit par méfiance : l’on ne croit pas que les enfants puissent être vraiment responsables ou bien l’on ne veut surtout pas être taxés de « parent libéral » c’est-à-dire « passant tout » à ses enfants. On peut, en revanche, être hyper-libéral, c’est-à-dire laxiste, en ayant la conviction que l’enfant n’a besoin que de sa liberté pour grandir correctement.

Au plan scolaire, cela donne des enseignants écartelés entre l’autoritarisme le plus strict (« je me fais obéir tout de suite, après je

suis tranquille pour l’année »), qui redouble d’acharnement à contrôler, interdire, sanctionner, et le « laisser-faire », construit sur

l’idée qu’ainsi il n’y aura aucune rébellion des élèves.

Ces deux méthodes sont donc, au final, insatisfaisantes. Elles sont même, tant elles se ressemblent, blâmables l’une et l’autre. La

psychanalyste Maud Mannoni, dans son livre L’Éducation impossible , dit qu’en réalité « la conduite autoritaire ou libérale procède d’une même violence, ouverte ou masquée » ; dans les deux cas, précise-telle, il y a contrainte : l’éducation autoritaire prend la forme d’une violence physique tandis que l’éducation libérale revêt « une forme plus subtile de violence psychique

cachée (il s’agit de persuader l’enfant qu’il est consentant) ».

D’où cette nouvelle technique relationnelle : le « personnalisme éducatif » ou « éducation personnaliste » qu’à travers différentes thématiques, nous présentons ici, qui a la particularité de reposer sur une vision optimiste de l’enfant et de l’homme.

En ce sens, cette technique se distingue fondamentalement du regard psychanalytique qui, nous l’avons vu, est un regard de défiance, un regard qui exprime une vision pessimiste de la « nature » humaine. Pour Freud et ses disciples, en effet, quand il est livré à lui-même, l’homme ne sait, ne peut que s’abandonner à ses bas instincts… et plus encore quand il est en groupe. C’est pourquoi il a besoin d’autorité, de cadres, de limites, de règles, etc.

Le « personnalisme éducatif » est un pragmatisme organisé autour de trois grandes notions de base, trois notions-clés (qui forment comme des « principes directeurs » guidant paroles et actes) : personnes, relations, égalité (posture d’). Il se présente comme un approfondissement du système familial démocratique que nous avons analysé dans notre livre La Démocratie familiale, il y a plus de vingt ans.

Le « personnalisme éducatif » rejette par conséquent le double postulat communément admis :

1) La supériorité de l’âge adulte sur les autres âges (l’adulte incarnant pour les « supérioristes » la maturité achevée et la stabilité). 2) L’imperfection (ou immaturité) de l’enfance et de l’adolescence (l’adolescent incarnant alors l’inachèvement de l’Homme).

Le « traitement relationnel personnaliste », s’il doit beaucoup à Rogers et ses disciples, s’il puise par ailleurs à cette autre source que sont les pédagogies de l’École nouvelle (Montessori, Dewey, Decroly, Freinet…), se distingue cependant de ces deux approches, et s’en écarte quelquefois, sur deux points majeurs :

1) Cette méthode ne vise pas, contrairement à la thérapie rogérienne, à un changement psychique des personnes, à transformer leur personnalité (néanmoins, nous pensons, et espérons qu’en cherchant une amélioration des rapports interpersonnels, elle est de nature à produire une amélioration du fonctionnement psychique de toutes les personnes en cause). 2) Elle exprime surtout – et ce point est fondamental – une représentation de l’adolescence qui n’est pas faite de préjugés, de clichés, d’a priori (dont les auteurs précités n’ont pas, on le sait, toujours réussi à se dégager) ; elle ne considère pas cet âge comme problématique (ingrat) en soi ; elle regarde au contraire et appréhende cette période de la vie comme un capital de capacités et de ressources personnelles souvent méconnues ou sous-estimées.

Nous intégrons, pour notre part, l’idée que c’est toujours par et sous le regard de l’autre que l’on vit, que l’on pense, que l’on agit. Or le regard des gens, des spécialistes, sur l’adolescent est encore trop souvent (parfois à leur insu) un mauvais regard, un regard d’exaspération ou de compassion, c’est selon.

Trois principes de base inspirent la stratégie relationnelle personnaliste : la considération positive, la confiance inconditionnelle et l’écoute attentive (taisante).

Concepts

et l’écoute attentive (taisante). Concepts Qu’est-ce que l’adolescence ? L’adolescence est encore

Qu’est-ce que l’adolescence ?

L’adolescence est encore très fréquemment confondue avec la puberté. Pour le médecin et le psychologue, l’adolescent est ce sujet, cet individu, qui a une certaine constitution physique, un corps possédant des caractéristiques particulières quant à la longueur des membres, aux systèmes musculaire, respiratoire, etc. Ce point de vue, qui met l’accent sur le seul phénomène pubertaire, fait ainsi de l’adolescence un phénomène de toujours. C’est une erreur.

L’adolescence, qui ne se résume pas et ne se réduit surtout pas à la puberté (elle s’en passe même aujourd’hui dans ses commencements), n’a pas toujours existé : ce n’est pas une réalité intemporelle. C’est un « âge nouveau » dans la vie des hommes, le privilège des nations occidentales. Pour dire les choses autrement, l’adolescence n’est pas un état naturel de l’existence, c’est une construction sociale. Point d’adolescents dans l’ancienne France. L’historien Philippe Ariès l’a montré (L’Enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, 1960), les enfants (des milieux populaires) étaient absorbés trop tôt dans le monde du travail pour avoir le temps de bénéficier de cet « entredeux-âges ». Ils devenaient adultes « sans transition », des adultes « précoces » en somme. Il en est d’ailleurs encore ainsi de nos jours dans les sociétés rituelles ou économiquement peu développées : l’enfant y rejoint, très jeune, les bataillons des travailleurs adultes. L’adolescence est donc bien le produit de conditions et de circonstances sociales déterminées. Précisons le propos.

C’est de l’extrême fin du XIX e siècle, avec le développement de l’enseignement secondaire, que date la naissance de ce « nouvel âge de la vie ». En « enfermant » ses fils au collège pour, à la fois mieux les contrôler et les tenir à distance des responsabilités politiques et économiques, la bourgeoisie invente du même coup l’adolescence. Désormais réunis par âge, par uniforme, ces garçons (qui ne seront rejoints par les filles que beaucoup plus tard) se créent aussitôt des solidarités, se forgent une première « conscience de classe (d’âge) ». Ce qui ne manque pas d’inquiéter cette même bourgeoisie, laquelle s’empresse de confier à la psychologie le soin d’organiser la pédagogie et aux mouvements de jeunesse d’encadrer ces adolescents jugés « turbulents » et « naturellement » tentés par une vie désordonnée ou aventureuse.

C’est dans les années 1960 et 1970, avec la massification scolaire et la généralisation de la mixité, que cette adolescence qui n’était réservée qu’à quelques-uns (les jeunes mâles bourgeois) devient une « adolescence pour tous » : ouvriers et bourgeois, paysans, garçons et filles. L’émergence, à la même époque, puis la propagation d’une culture spécifique à cet âge (d’inspiration américaine) confortent le sentiment d’appartenance à cette « nouvelle classe d’âge ». Le rock and roll, le cinéma américain, celui de James Dean et Marlon Brando, les yé-yé et les « blousons noirs » en France commencent à rythmer ce nouveau monde.

Résumons ce point. L’adolescence doit son existence au collège, qui institue de rigoureux classements d’âge, correspondant aux niveaux d’étude scolaire. Sans collégiens, pas d’adolescents ! L’adolescence est un privilège , celui des sociétés riches qui peuvent se permettre de donner une instruction prolongée à leurs enfants.

L’adolescence n’est donc pas, répétons-le, une réalité universelle. Dans certaines parties actuelles du monde, les plus déshéritées, qui sont aussi les plus nombreuses (Afrique subsaharienne, Asie, Amérique latine…), elle n’existe toujours pas.

Le constat est terrible : aujourd’hui, près de la moitié des jeunes de la planète qui ont l’âge de fréquenter le collège n’y vont pas,

en raison soit du coût élevé des études, soit de l’éloignement des écoles, soit des corvées ménagères imposées aux filles, soit du fait des grossesses ou des mariages précoces. Dans ces pays souvent pauvres, seuls les enfants des milieux favorisés, un peu plus souvent les garçons que les filles, vont au collège, et sont, pour cette raison, adolescents.

Un exemple : Haïti

Un exemple : Haïti

Un exemple : Haïti Dans ce pays, 80 % des garçons et filles âgés de 10
Dans ce pays, 80 % des garçons et filles âgés de 10 à 19 ans
Dans ce pays, 80 % des garçons et filles âgés de 10 à 19 ans

Dans ce pays, 80 % des garçons et filles âgés de 10 à 19 ans ne fréquentent pas un établissement d’enseignement secondaire. Ils sont dans la vie adulte, travaillent, ont charge de famille. À 18 ans, un tiers des filles sont déjà mariées et près de la moitié (48 %) à 20 ans. Par ailleurs, 30 % ont leur premier enfant à 20 ans.

Quelles tranches d’âge recouvre l’adolescence ?

Les réponses sont variables. Pour les Américains qui ont forgé le concept de teen-agers, l’on est adolescent de 13 à 19 ans. En France, selon les cliniciens, les tranches varient fortement : 10-25 ans (Alain Braconnier, psychiatre), 12-30 ans (Tony Anatrella, psychologue). Selon les définitions de l’ONU, l’on est adolescent de 10 à 19 ans. Pour les institutions européennes, à 15 ans, l’on n’appartient plus à cet âge : on est « jeune », jeune homme ou jeune fille, et on le reste désormais jusqu’à 25 ans au moins.

Nous considérons, quant à nous, que l’on entre aujourd’hui en adolescence beaucoup plus tôt, très tôt : vers 8-9 ans et que l’on en sort également plus vite : vers 14-15 ans (voir « Partie 2 », p. 46 ).

C’est seulement, par une commodité de langage que nous désignerons, dans cet ouvrage, l’adolescence comme étant la tranche des 8-18 ans. L’âge d’adolescence stricto sensu s’étend en fait de 8 à 14-15 ans. La période qui suit, de 15 à 18 ans, forme la première partie de la jeunesse.

de 15 à 18 ans, forme la première partie de la jeunesse. Qu’est-ce que la famille

Qu’est-ce que la famille ?

Les adolescents vivent en famille. Mais de quelle famille parlons-nous ? Peut-on encore parler en 2013 d’institution familiale ? Ne faut-il pas plutôt parler aujourd’hui de système relationnel ? Ou de réseau ?

Qu’est-ce donc que la famille aujourd’hui ? Une génération transmet le mot à l’autre, comme quelque chose dont on connaîtrait a priori la valeur et, par conséquent, dont on n’aurait plus besoin de vérifier le contenu.

Le piège est là : lorsque quelqu’un parle de la « famille » et que quelqu’un d’autre écoute, ils se comprennent aussitôt. Mais nous accordons-nous vraiment sur le sens du mot ?

Qu’est-ce donc que la famille ? Paraphrasant ce que saint Augustin dit du temps, quelque part dans Les Confessions , il est clair que « quand personne ne me le demande je le sais, mais dès qu’il s’agit de l’expliquer, je ne le sais plus ».

Jusqu’à une période récente (approximativement les années 1950), la famille était une institution strictement définie par la loi, très rarement mise en cause par ses membres. Ainsi l’autorité qu’exerçaient le mari sur la femme, ou les parents sur les enfants n’était pas réellement contestée (au moins dans sa légitimité).

Aussi longtemps que l’activité rurale a été prédominante, la famille française est restée stable. Constituée de toutes les personnes vivant au foyer – on disait « à même pot et même feu » – unies par des liens de parenté ou d’alliance, elle s’est ainsi transmise, inchangée, de génération en génération.

Ce type d’organisation n’a pas bougé jusqu’à la Révolution industrielle du XIX e siècle qui, entraînant un puissant mouvement d’exode rural, a eu pour effet de distendre les liens familiaux traditionnels. La famille conjugale s’est alors développée au détriment de la famille élargie qui dominait toujours au sud de la Loire. Avec l’intensification de la concentration industrielle au XX e siècle, la dissociation de l’unité familiale et de l’unité économique s’est aggravée.

La force de la famille traditionnelle reposait en fait sur les trois fonctions fondamentales de reproduction, d’apport de savoirs et d’éducation.

Du fait de la libération des mœurs, l’on a actuellement de plus en plus d’enfants nés en dehors du mariage (plus de la moitié en réalité). Ainsi la famille n’est-elle plus le lieu unique et légitime de l’activité sexuelle reproductrice (elle n’est même plus, du reste, le lieu de démarrage de cette activité).

Par ailleurs, en raison de la multiplication des moyens de communication et d’information (avec Internet, notamment), les enfants acquièrent de plus en plus de savoirs et d’informations, en dehors de la famille, et même de l’école.

Nous sommes ainsi passés, en quelques siècles, d’un monde solidaire (où les hommes n’étaient que les éléments d’un grand « tout social ») à un monde solitaire (où chacun constitue un monde à lui tout seul). Avec ce que l’on appelle désormais la « postmodernité », nos sociétés sont devenues des sociétés du JE. Progressivement, le NOUS a été évacué des communautés anciennes. Nos sociétés, résolument, visent d’abord l’affirmation du MOI plus que l’épanouissement du NOUS. Du MOI-tout de suite au détriment du NOUS-perspective. Elles exacerbent l’immédiateté au profit de la durée. Elles sont « sociétés d’individus », d’individus déliés , qui ne sont plus soudés par une communauté d’intérêts et de destin. Pour ces individus-là, il n’est d’autre vérité que personnelle , d’autre mobile que profitable . Alors ces individus, indépendants, interchangeables, souffrent de leur

solitude, si, bien sûr, l’on admet avec Norbert Elias que tout homme a besoin du commerce des autres hommes.

Les familles sont en somme à l’image de ces sociétés post-modernes : individuelles jusqu’à l’excès, méfiantes, indifférentes même aux autres. Comme nous le dit un jour ce père de famille : « Je veux bien dire bonjour à tout le monde, échanger quelques mots, mais s’ils n’ont aucune envie d’avoir affaire à moi, je n’ai aucune envie d’avoir affaire à eux. Ils ne me gênent pas. Tout ce qui m’intéresse, c’est ma petite famille. Ma femme et mes deux enfants, ce sont eux qui comptent. Ma vie ici, c’est chez moi. »

Individualité, intimité. Voilà le vrai « nouvel esprit de famille », essentiellement frileux, atrophié. Le JE conjugal et familial, assurément, remplace un NOUS désormais suranné ; le désordre libéral n’est plus très loin, l’« égoïsme familial », selon l’expression de Gide, menace.

La famille est aujourd’hui moins organisée autour de statuts (époux, parents, enfants) que d’individus . La rigidité statutaire (ici ou là maintenue) laisse la place à des rapports d’individus, devenus par la « grâce » démocratique, potentiellement libres et égaux. C’est ici l’idée de citoyenneté familiale (poussant à une certaine égalisation des conditions, selon le mot de Tocqueville, qui s’impose. En effet, dans une famille qui est d’abord d’individus, chacun est avant tout le pair – P.A.I.R. – de l’autre. Nous verrons que dans les familles d’adolescents cette idée prend toute sa force.

La famille actuelle est, fondamentalement, une famille (d’esprit) démocratique , faite d’individus échangeant des biens et des services, de nobles sentiments, mais aussi, hélas, des peurs et des angoisses.

Dans cette famille, hélas encore, chacun est guidé par ses propres intérêts, cherche à assouvir ses propres désirs. Et la télévision de produire C’est mon choix , émission qui a résumé, plusieurs années durant, l’état d’esprit général (qui n’est, somme toute, que l’addition d’états d’esprit particuliers). Bref, chacun est pour soi, chacun est sa propre fin. Chacun est roi – au moins dans la sphère privée.

Ouvrons ici une utile parenthèse. Nonobstant cette démocratisation, les enfants restent évidemment soumis au double pouvoir légal et économique de leurs parents. Assujettis, depuis 1970, à l’« autorité parentale », ils doivent à leurs géniteurs toujours respect et obéissance. La famille demeure bien l’expression d’un pouvoir hiérarchique : il y a toujours, comme disait le sociologue allemand Max Weber – définissant la domination – ceux qui commandent (les parents) et ceux qui doivent obéir (les enfants). Que l’effectivité du pouvoir parental soit aujourd’hui affaiblie ne change rien à la réalité (et, parfois, à l’in- supportabilité) de ce pouvoir.

L’« individualisation » de la vie familiale produit donc toute une série de dysfonctionnements et de troubles relationnels qu’il nous faut rapidement présenter, au risque de contrarier nombre d’idées reçues :

a) In-communication. On présente d’ordinaire la famille moderne comme une famille « bavarde ». Certes, des mots sont

échangés, très librement de surcroît, mais les mots suffisent-ils à « faire communication » ? Non. Pour qu’il y ait vraie communication, il faut qu’il y ait compréhension entre les « échangeurs » – au moins le désir de compréhension –, le dialogue des points de vue, la confrontation des idées c’est-à-dire des différences. Il faut qu’il y ait un langage commun. Analysant « le fossé des générations », l’ethnologue américaine Margaret Mead disait, dans les années 1970, que les deux parties (parents, enfants) manquaient de ce vocabulaire commun. Nous pensons pour cette raison que la famille d’aujourd’hui n’est pas très communicante.

b) Absence et indisponibilité. Pour toutes sortes de raisons, dont certaines légitimes (comme l’implication professionnelle,

qui peut être lourde dans certaines familles), nombre de parents (de pères surtout) ne sont plus présents aux côtés de leurs enfants. Nombre d’entre eux préfèrent occuper leur temps libre, avec des partenaires de leur choix (qui sont adultes, et appartiennent à leur univers professionnel ou à leur cercle de voisinage), au détriment de leurs propres enfants. Conséquence : vie ludique familiale et filiale divergent – réduisant d’autant le champ des activités communes.

c) In-intérêt. Chacun, en famille, porte d’abord attention à sa propre vie sociale, d’où la méconnaissance fréquente des

parents des activités de leurs enfants (adolescents surtout), des compétences qu’ils mobilisent à cette occasion, d’où l’ignorance aussi des enfants des centres d’intérêt et d’épanouissement de leurs parents.

Cet « égoïsme familial », selon l’expression déjà rapportée de Gide, éloigne de l’humanité sociale, vient générer diverses situations pathologiques. Le drame d’absence (de l’autre) est le vrai drame de notre temps. Solitudes des uns (soi-même), solitudes des autres (clones de soi-même), le monde est organisé autour de toutes ces solitudes, solitudes qui jamais ne se rejoignent, les pavés de la vie en sont remplis. Plus rien ne semble relier les hommes entre eux. Ajoutons à ces multiples dysfonctionnements – ces « ères du vide » – la question du surinvestissement affectif (touchant principalement les jeunes enfants) – zone peut-être unique du « trop-plein familial ».

Les parents ainsi surinvestis ne semblent plus rien sans leurs enfants ; ils s’attachent à leurs basques comme des forcenés à une embarcation à la dérive. Ils les considèrent un peu comme une possession personnelle. Alors, les « chers petits » semblent définitivement enchâssés dans l’édifice familial.

Quel avenir pour la famille – puisqu’elle n’est pas « finie », mais continue sa route cahin-caha ? Demandons-nous à quoi pourrait ou devrait ressembler « une famille de personnes », une famille ouverte au monde et à la gratuité, une famille qui serve réellement à quelque chose ? Qui soit repère pour chacun, épanouissement pour tous ?

Il est des conditions à remplir. Débarrassons d’abord la famille actuelle des mauvais instincts qu’elle génère : instinct de domination des parents sur les enfants (surtout adolescents), sens de la propriété à leur endroit. Reconnaissons l’enfance et l’adolescence comme des « âges en soi » et donc les enfants et les adolescents comme d’authentiques personnes. Portons ensuite

remède aux dysfonctionnements familiaux les plus criants. « J’ai fait un rêve », disait Martin Luther King. Faisons-en un aujourd’hui pour la famille.

Rêvons d’une Constitution familiale qui, prenant appui à la fois sur le Code civil et la Convention internationale des Droits de l’Enfant (voir article éponyme, p. 107 ), redéfinirait clairement les droits et les devoirs des partenaires familiaux. Érigeons les parents en personnes navigatrices donnant le cap à la barque familiale. Accordons à tous les pères et mères les moyens d’amener la progéniture à la responsabilité et à la liberté. Permettons aux enfants d’entendre les convictions de leurs parents, leur lecture du monde. Ouvrons enfin la famille à d’autres familiers : grands-parents bien sûr (de plus en plus populaires), mais aussi oncles et tantes, cousins et cousines. Imaginons pour conclure des « lieux de vie » – sortes de foyers – où les « grands » enfants viendraient se reposer de la vie de famille (nucléaire). Imaginons, imaginons…

Que signifie être parent d’adolescent ?de la vie de famille (nucléaire). Imaginons, imaginons… « Parent d’adolescent » est un métier à

« Parent d’adolescent » est un métier à part entière, distinct de celui de « parent d’enfant ». Il s’agit dès lors de mettre en place une nouvelle organisation relationnelle. C’est une nécessité pour la famille, qui, si elle y répond, évitera bien des conflits et des tensions.

Le parent d’adolescent est plutôt un parenC, avec un c, qu’un parenT, avec un t.

Dans « parence », il y a l’idée de « parité », d’« égalité ». La parence, c’est l’esprit même de la relation parent-adolescent (ou enseignant/éducateur-adolescent). On peut la définir comme un processus par lequel des personnes nommées « parents » ou éducateurs accomplissent une série d’actes relationnels et de communication à l’égard d’autres personnes nommées « adolescents ».

Bien entendu, la « parence », ainsi définie, est un art, celui de mettre en relation des personnes désormais égales en droits et en devoirs, douées également d’intelligence et disposant, les unes les autres, de capacités et de talents à faire valoir. Toutes ces personnes, quoique conservant chacune leur statut de parent, d’enseignant, d’éducateur ou d’enfant, doivent à présent avancer de concert.

L’instauration de cette nouvelle relation suppose pour tous un départ et un abandon de l’enfance : de la part de l’enfant, de la part de l’éducateur. Pour l’enfant, impatient de quitter son état d’infériorité, la chose est aisée, pour les parents, l’opération est souvent plus délicate. Pas facile pour lui/pour elle, en effet, d’« effacer » l’enfant, d’accepter un être qui soudainement revendique sa propre liberté, qui aspire à faire ses propres choix, qui entend analyser seul les situations qui se présentent à lui. Parfois, les parents trouvent même cela proprement inacceptable. Ces avancées d’autonomie, ils les vivent alors comme autant de défaites personnelles. D’où leur crispation, leur mauvaise humeur.

Qu’est-ce que la puberté ?personnelles. D’où leur crispation, leur mauvaise humeur. La puberté est une mutation à la fois corporelle

La puberté est une mutation à la fois corporelle et psychique (on parle dans ce cas de « puberté mentale »). On s’explique toujours mal ce qui la déclenche. On peut seulement dire que la région diencéphale-hypophysaire, qui se trouve à la base du cerveau et contient les centres de l’activité biologique générale, à un moment donné, entre en activité. Les échanges biologiques s’accélèrent, la croissance s’engage et se réalise par secteurs successifs.

La puberté est plus précoce qu’autrefois (mais, semble-t-il, seulement pour les filles). Une étude danoise de 2009 a montré en effet que le développement des seins chez les filles intervenait, en 2006, un an plus tôt qu’en 1991. Il n’est donc plus rare aujourd’hui qu’à 9 ans des filles voient leur poitrine se former (des cas sont même signalés dès l’âge de 7 ans ! Une étude américaine portant sur 1 239 petites filles, publiée dans la revue Pediatrics en 2010, révèle que 15 % d’entre elles ont un développement des seins à partir de cet âge et 20 % un développement des poils pubiens dès l’âge de 8 ans).

S’agissant de la France, l’on constate que si l’âge des premières règles n’a pratiquement pas bougé depuis une trentaine d’années, s’établissant à 12 ans et 6 mois en 2010, l’âge de l’apparition des seins est de 9 ans et 6 mois, au lieu de 10 ans et 3 mois auparavant.

Comment expliquer cette imprégnation hormonale précoce ? Diverses hypothèses sont avancées : une contamination par des perturbateurs endocriniens d’origine chimique (pesticides, bisphénol A, phtalates…) qui « mimeraient » l’action des œstrogènes (hormones sexuelles féminines à l’origine des modifications anatomiques) ; le surpoids, étant entendu que le tissu adipeux produit des œstrogènes ; enfin l’hyper-sexualisation de la société qui provoquerait un état d’excitation permanente chez les enfants.

La puberté est-elle une violence faite à l’individu ?

C’est l’opinion courante. L’on parle ainsi, nous l’avons vu, dans la tradition d’un Jean-Jacques Rousseau, d’un Stanley Hall (célèbre psychologue américain du début du XX e siècle) ou d’un Sigmund Freud (père de la psychanalyse), d’un « moment de crise », d’une « tempête », d’une période de conflits. L’on parle de nos jours aussi de « violence pubertaire » (Daniel Marcelli), de « débordement pubertaire » (Patrice Huerre). Le sujet, pris au dépourvu, confronté à une mutation qu’il n’a pas choisie, proclament de concert les tenants des doctrines classiques de l’adolescence, réagirait naturellement à cet événement par des conduites à risque, des actes d’agressivité. C’est là pure spéculation.

Car d’abord la puberté n’est un phénomène ni soudain ni brutal. Son évolution, au contraire de celle de certains animaux, s’étend sur plusieurs années : trois, quatre, cinq, ce qui laisse à l’adolescent le temps de s’acclimater à elle. Et ensuite, la mutation est globalement appréciée et bien vécue par les intéressés…

N’y a-t-il pas cependant des cas où le phénomène est réellement une cause de mal-être ?

Il existe effectivement deux cas dans lesquels cet événement peut générer stress et angoisse : quand il se fait attendre ou quand au contraire il vient trop tôt. Nous parlons ici du retard et de la précocité pubertaire, que tous les anciens manuels de psychologie et de médecine identifiaient comme de possibles sources de « crise ».

Mais aujourd’hui, des études montrent que la précocité pubertaire (féminine) est de mieux en mieux acceptée, qu’elle flatte même les jeunes filles. Cette génération, en effet, est fière de sa féminité. Les très jeunes filles formées s’empressent de revêtir des vêtements moulants, d’aller dans des petites soirées festives. La maman d’Agathe (11 ans aujourd’hui, qui a eu de la poitrine à 8 ans et demi et ses règles à 10) estime que les petites adolescentes vivent très bien cette précocité, ne se prenant cependant pas pour des femmes (contrairement à une opinion répandue).

pour des femmes (contrairement à une opinion répandue). Qu’est-ce que la culture adolescente ? Cette culture,

Qu’est-ce que la culture adolescente ?

Cette culture, on en trouve les prémisses aux États-Unis, dès les années 1920-1930. Le jazz, un certain parler jeune, un style vestimentaire caractérisent cette époque d’après-Première Guerre mondiale. Ces nouvelles manières juvéniles sont aussitôt stigmatisées (plusieurs décennies plus tard, le rock et le rap le seront d’ailleurs pareillement). Milton « Mezz » Mezzrow, célèbre jazzman, en témoigne dans son livre La Rage de vivre. À l’origine, se souvient-il, le jazz était perçu comme une « musique de bordel faite par des nègres malfaisants ». Mais cette nouvelle musique est très vite récupérée par le système et devient pour les grandes firmes un moyen de faire de l’argent (ainsi fera-t-on plus tard avec le rock et le rap, par exemple).

Après la Seconde Guerre mondiale, le monde économique se rend compte du pouvoir financier des « teen-agers ». Mode, musique, cinéma, alimentation se mettent au service des goûts adolescents. Les filles portent à présent des chaussettes blanches, les garçons des pantalons flottants. Les uns et les autres prennent leurs distances avec le monde adulte, parlent un argot incompréhensible de lui.

Le phénomène « teen » se répand d’abord en Angleterre avant de débarquer en France : nous sommes toujours au début des années 1950 et le jazz est toujours la musique rebelle de référence pour les jeunes « zazous ». Mais, bientôt, deux grandes figures légendaires émergent en Amérique : Elvis Presley et James Dean. Une nouvelle musique rythmée, le rock and roll , remplace le jazz. Un cinéma propre aux adolescents se met en place, dans lequel la nouvelle génération peut se projeter et s’identifier. Sur scène, à l’écran, s’affirme le côté rebelle et antiautoritaire des nouveaux jeunes, affirmant des attitudes « contristes », d’opposition au monde adulte et à ses valeurs jugées « ringardes ».

On dit fréquemment que les adolescents ont une culture propre, et même des cultures selon leur origine sociale, leur âge, leur sexe, leur niveau d’instruction… On énumère alors la palette des pratiques musicales, sportives, artistiques, récréatives, dans lesquelles on retrouve tous ces jeunes : rap, rock, reggae, techno, pour la musique ; roller, skate, surf, pour les sports.

Voilà bien une façon inconvenante, surtout inappropriée, de parler de la « culture adolescente ». Celle-ci ne se résume pas en effet à une collection de distractions du temps libre, ne se réduit pas à de l’amusement. Elle est autre chose, de plus large, de plus signifiant. C’est, une véritable « manière de vivre », autrement que les adultes. C’est une manière d’être au monde et avec les autres, une manière particulière de faire les choses. Elle a ses codes, ses symboles, ses valeurs, ses habitudes, ses projets. Elle a son langage. C’est un MODE DE VIE.

L’adolescence, en réalité, c’est fondamentalement une mise en scène (sociale) de soi, pour soi, pour affronter l’autre. Elle implique donc des marqueurs identitaires, comme autant de signes d’appartenance et de reconnaissance. Surgit avec elle un langage, « pas tout à fait comme les autres », pas tout à fait comme le nôtre. Un langage dont Durkheim disait déjà qu’il ne consiste pas à manifester la pensée du dehors, une fois qu’elle est formée, mais qui sert au contraire à la former. Langage cru, agressif, des garçons, mais aussi parfois des filles, langage qu’il faut savoir décoder. Car il y a de la ritualité dans cet excès langagier.

Cette culture adolescente est globale, trans-sociale et internationale. Elle concerne chaque adolescent, de chaque milieu, de chaque pays (Occident en tête). Bien entendu, elle n’efface pas totalement les frontières sociales et culturelles, mais elle les fragilise beaucoup. Les adolescents sont plus semblables que l’imaginent les adultes, plus solidaires qu’on le croit.

Le mode de vie adolescent fait en effet une large place aux groupes de pairs, garçons et filles, séparés ou pas (voir « Bandes ordinaires », p. 79 ). On ne dira jamais assez combien l’esprit adolescent est d’abord un esprit pluriel, combien il est une manière collective de prendre ses distances d’avec la famille qui reste lieu d’autorité et de contraintes.

La culture adolescente, pour nous résumer, c’est trois choses distinctes et complémentaires : un langage, une « présentation de soi », des goûts et des pratiques distractives distinctives.

Cette culture se développe au sein des groupes de pairs évoqués plus haut – son terrain premier d’expression. Il y a là une mise en scène (sociale) de soi, avec, répétons-le, usage de mots « pas tout à fait comme les autres », où le verlan, mâtiné d’argot ou de termes français inventés ou de mots venus d’ailleurs (gitans, africains), domine largement.

La parure, avec la place centrale occupée par le vêtement, est aussi un signe identitaire fort. La préoccupation du paraître, dans une société qui se veut d’abord d’apparences, est même essentielle. Le vêtement (voir « Vêtements », p. 264 ) permet d’affirmer la virilité pour les uns, la féminité pour les autres. Bijoux, bracelets, tatouages et autres piercings viennent embellir ce corps que l’on veut d’abord séducteur. Ainsi « marqués », les adolescents peuvent déambuler, MP3 ou iPod en poche, pour écouter leur musique.

Adolescents que l’on retrouve dans des activités sportives et artistiques qui les passionnent, sans oublier aujourd’hui les activités du numérique avec Internet.

Il y a pourtant un revers à cette médaille. Cette culture adolescente, librement choisie dans les années 1960, est devenue, pour beaucoup de jeunes, surtout au collège, une culture contrainte, une culture qu’il faut épouser absolument pour ne pas être exclu de la communauté des pairs. La conséquence en est le renforcement du divorce de la jeune génération d’avec la génération aînée. Comme dit Edgar Morin : « Les générations cohabitent, mais n’ont plus guère de langage commun. »

cohabitent, mais n’ont plus guère de langage commun. » Qu’est-ce que la socialisation de l’adolescence ?

Qu’est-ce que la socialisation de l’adolescence ?

La socialisation est cette opération qui consiste à faire entrer le social dans le mental. Pendant des millénaires, la socialisation s’est faite, dans le cadre de l’éducation, par TRANSMISSION des parents aux enfants. Dans les sociétés traditionnelles, tout était simple et clair. Le fils reprenait le travail du père, d’abord sous sa direction, puis à ses côtés, et finalement seul. Aujourd’hui, tout est beaucoup plus compliqué. Les parents eux-mêmes d’ailleurs déplorent quelquefois de ne plus avoir grande influence sur leur progéniture.

On sait aujourd’hui que les enfants, dans la construction de leur identité, sont soumis à un large faisceau d’influences extérieures à la famille. Celle de l’école, celle des médias, qui créent de nouveaux champs de socialisation, échappant pour partie à l’emprise parentale. École, pairs, médias injectent en permanence des informations au jeune public. Ajoutons encore qu’en raison de l’investissement professionnel des femmes, le rôle des institutions éducatives d’État (crèches, écoles maternelles, équipements socioculturels, de loisirs, de vacances) s’est considérablement accru. Ces institutions offrent aujourd’hui aux enfants une pluralité de relations, de fonctions – plus ou moins cohérentes entre elles.

C’en est donc bien fini de la situation monopolistique du savoir des parents. Désormais, les enfants – et les adolescents – eux aussi ont des savoirs à faire valoir, ils sont devenus des « sachant ». C’est patent dans le domaine des nouvelles technologies par exemple où, souvent, ce sont eux qui enseignent aux parents – ce que ces derniers reconnaissent parfois, non sans une certaine amertume : « J’essaie de suivre, mais je suis écœuré, dit un père. Pour tout ce qui est nouveau, ils ont une compréhension qui est bien plus rapide que nous. »

Ce que l’on a coutume d’appeler quelquefois « la crise de la famille », c’est donc bel et bien avant tout une « crise de la transmission ». Si chacun s’accorde en effet à reconnaître que la famille doit transmettre, que transmet-elle désormais ? Des normes, des valeurs ? Mais lesquelles ? Peut-être la réponse tient-elle dans ce propos de Marcel Proust : « L’individu baigne dans quelque chose de plus général que lui. À ce compte, les parents ne fournissent pas que ce geste habituel que sont les traits du visage et la voix, mais aussi certaines manières de parler, certaines phrases consacrées, qui presque aussi inconscientes qu’une intonation, presque aussi profondes, indiquent, comme elle, un point de vue sur la vie » (À l’ombre des jeunes filles en fleurs ).

Quoi qu’il en soit, la transmission « classique » est bel et bien en panne parce que les identités ne s’héritent plus, ne se reproduisent plus par « passage de témoin » d’une génération à une autre. Dans nos sociétés, les identités se forment à partir de la diversité des expériences et des situations dans lesquelles les individus sont pris. Albert Camus disait que les enfants doivent aujourd’hui apprendre à vivre sans leçon et sans héritage.

Il est clair qu’à l’ère démocratique, en ce temps de « démocratie familiale », comme nous l’avons nommée, la transmission « par le haut », par l’autorité, par l’imposition, a perdu de son efficience… et de sa légitimité.

En lieu et place de cette « transmission verticale », s’affirme, depuis trois ou quatre décennies, l’expérimentation. Par tâtonnements, les adolescents s’inventent, de plus en plus librement, leur vie, peu enclins à reproduire systématiquement les schémas et cultures de leur milieu d’origine. Le fils d’ouvrier n’est plus nécessairement ouvrier, le fils de médecin n’est plus lui- même nécessairement médecin.

Quant aux transmissions, elles sont désormais d’abord horizontales. C’est la transmission entre pairs : l’on apprend de ses copains et copines. C’est aussi la transmission entre frères (et sœurs). On ne dira jamais assez combien les fratries jouent un rôle déterminant dans les apprentissages. Frères et sœurs sont à la fois accompagnateurs (dans les choix culturels) et initiateurs (dans les domaines intimes, celui de la sexualité par exemple).

Nous résumerons ceci par le tableau suivant :

SOCIALISATION

AUTONOMIE

Contrainte

Liberté

Transmission par autorité

Expérimentation par essais

Limites

Repères

But : ressembler à l’autre (l’adulte)

Devenir soi-même

Chapitre 3

Modèles éducatifs et méthodes de communication

La réalité familiale est celle d’un grand désarroi de nombreux parents, qui ne savent plus parfois à quel « saint thérapeute » se vouer pour se tirer d’embarras avec leurs enfants. Conséquence…

Des consultations à tort et à travers…

Je suis frappé du nombre d’adolescents bien portants qui viennent consulter.

Le chiffre-clé

UN PSYCHIATRE RENOMMÉ À PARIS .

Le nombre de consultations en psychiatrie infanto-juvénile publique a augmenté de 15 % entre 2007 et 2009.

Les parents consultent en effet beaucoup… pour tout et rien… à tort et à travers ! Courageusement, les psychiatres consultés l’admettent volontiers. « Chacun, note l’un d’entre eux, Patrice Huerre, peut se mettre en alerte pour des broutilles, déclencher de grandes manœuvres pour un petit problème qui autrefois se serait réglé dans le périmètre familial (questions d’autorité, de débordement, absentéisme ponctuel, un joint de cannabis, abus d’ordinateur). » Il faut savoir qu’aujourd’hui plus de la moitié des demandes de consultations dans les services pour adolescents concernent des questions scolaires.

Les parents consultent (beaucoup) pour les jeunes enfants, ils consultent (un peu moins) pour les adolescents. Ils viennent voir le psychologue pour des questions de la vie quotidienne, d’alimentation, de sommeil, de scolarité, d’autorité, de précocité intellectuelle…

Ce qu’ils attendent : de bons conseils généralement pour améliorer leurs relations avec leurs enfants. Car, bien sûr, les enfants ou les adolescents dont il est question ici ne présentent que rarement des troubles psychiques avérés. Les problèmes posés relèvent plus du pédagogue ou de l’éducateur que du psy.

Qu’est-ce qu’éduquer ? La source des difficultés des parents est là. S’il est acquis que la famille éduque, comment le fait-elle ? Qu’est-ce qu’éduquer dans un monde où l’expérience des uns (les parents) n’est plus l’expérience des autres (les enfants), dans une société où chacun se construit d’abord avec ses pairs ? Comment opère donc la transmission des uns (les aînés) vers les autres (les cadets) ?

En l’espace d’à peine un demi-siècle, les manières éducatives ont bien changé. Au temps de la famille patriarcale (encore régnante dans les années 1950), il allait de soi qu’éduquer, c’était avant tout faire obéir les enfants aux ordres que les parents leur donnaient. L’autorité, perçue comme étant d’origine divine, n’était guère contestée ; en tout cas, sa légitimité n’était pas mise en question.

Ce temps-là, qui était celui du « dressage », de l’inculcation des normes et valeurs, pour parler comme le sociologue Durkheim, est révolu – en dépit d’une vague nostalgique, « à la Naouri », qui voudrait le ressusciter. Le monde a changé, la démocratie, nous l’avons vu, s’est installée en famille. Qu’on le déplore ou non, l’éducation est devenue un dialogue, un échange entre parents et enfants, un dialogue, il est vrai, souvent difficile, pour les uns comme pour les autres. Dans ce nouveau système, les parents doivent en effet désormais convaincre leurs enfants que leur parole est bonne et juste, qu’ils ont raison dans leurs « commandements ».

Quelles sont les méthodes d’éducation existantes et les modes de communication avec les adolescents ?

Disons d’abord qu’il n’existe pas de méthode d’éducation ou de communication qui ne repose sur une philosophie préalable qui lui serve de point de départ et de justification.

La nôtre, que nous appelons donc « personnaliste », si, naturellement, elle ne méconnaît pas – mais sans les exagérer cependant – quelques méfaits et tourments de l’adolescence (qui sont propres en réalité à tout âge de la vie), est fondamentalement « une philosophie de bienveillance », qui n’a d’autre visée qu’une amélioration de la relation parents-adolescents. Cette philosophie n’est pas subjectiviste, elle se nourrit au contraire, à chaque instant, des données objectives de la recherche scientifique.

L’enfant, en réalité, n’est plus seulement, en 2013, objet de l’éducation qu’il reçoit, il est aussi sujet de cette éducation qu’il contribue à élaborer lui-même. L’enfant de la « démocratie familiale » veut dorénavant une éducation qui, en quelque sorte, passe « inaperçue », il ne veut plus être enfermé dans un cadre strict d’ordres et d’interdictions, il veut comprendre pourquoi il doit obéir. Et puis, surtout, il veut pouvoir développer toutes ses capacités créatrices dans un climat de confiance et de sécurité. Voilà ce que veut l’enfant moderne.

Allons plus loin. Éduquer, n’est-ce pas d’abord montrer l’exemple, être un « bon exemple » ? Bruno Bettelheim dit qu’aujourd’hui comme jadis, la tâche la plus importante – et aussi la plus difficile – de l’éducation est d’aider l’enfant à donner un sens à sa vie, mais de le faire discrètement, car la meilleure éducation est toujours celle qui passe inaperçue.

La mission des parents est bien de préparer « la sortie » des enfants. On se souvient de ce propos de Rousseau : « Les enfants ne restent liés au père qu’aussi longtemps qu’ils ont besoin de lui pour se conserver. Sitôt que ce besoin cesse, le lien naturel se dissout » (Émile ou de l’éducation, 1762).

Qu’en est-il de l’adolescence ? L’on communique d’autant mieux avec un adolescent que l’on est « désintéressé » à son égard, c’est-à-dire qu’il n’y a pas un enjeu de pouvoir derrière la relation que l’on a avec lui, ce qui permet sans doute de dire que les parents sont à l’évidence les adultes les plus mal placés pour cet exercice de communication. C’est pourquoi, d’ailleurs, les adolescents recherchent de préférence le dialogue à l’extérieur de la maison, avec les grands-parents, des amis des parents, des oncles, des tantes…

L’abécédaire qui suit est imprégné de l’esprit personnaliste. Lui seul rend possible l’émergence d’une vraie communauté familiale où chacun, pleinement conscient de soi et des autres, se met alors au service du groupe tout entier. Un parent d’adolescent doit toujours avoir une conduite bienveillante envers « son » adolescent. Il doit faire preuve de sympathie, avoir, pour reprendre le mot de Rogers, une « considération positive inconditionnelle » à son égard, être toujours dans la compréhension envers lui, ce que le même Rogers nommait « compréhension empathique ». Il doit aussi pouvoir dire à l’adolescent, dont l’attitude lui déplaît, qu’en pareille circonstance il aurait peut-être eu la même attitude que lui – ce qui ne la légitime pas pour autant. Il doit aussi et enfin accepter de transformer ses propres comportements. Les parents n’admettent pas facilement que les enfants ou les adolescents puissent avoir leur personnalité propre, leur propre manière de penser, leurs propres idées. Ce n’est pas facile, pour eux, de changer d’attitude. Se transformer en effet, même pour un parent, c’est d’abord perdre ses repères. C’est déplaisant, insécurisant même. Mais, en 2013, il n’y a pas d’autre choix.

Chapitre 4

Différents âges d’adolescence

Nous définissons, dans ce chapitre, trois âges d’adolescence et de jeunesse (ou « post-adolescence ») : les 8-12 ans, les 13-14 ans et les 15-18 ans. Chaque fois que nécessaire (et possible naturellement), nous ferons, dans nos recommandations et/ou conseils aux parents de la seconde partie, les distinctions qui s’imposent.

Et d’abord, combien sont-ils ?

Le nombre d’adolescents (et/ou de jeunes) varie selon la tranche d’âge retenue. Si l’on adopte la définition de l’ONU, la planète compterait actuellement (en 2009) un milliard et demi d’individus de 10-19 ans, ce qui représente 18 % de la population mondiale (soit un doublement par rapport à 1950), mais constitue seulement 12 % de la population des pays industrialisés.

Dans leur grande majorité (88 %), les 10-19 ans vivent dans des pays en développement (la moitié en Asie du Sud et de l’Est et dans le Pacifique).

Il y a plus de garçons que de filles dans quasiment tous les pays. Et les 10-19 ans se répartissent pour moitié en ville pour autre moitié à la campagne (mais l’on estime qu’en 2050, 70 % d’entre eux vivront en zone urbaine).

La France, selon les données de l’INSEE (2006), compte, quant à elle, un peu plus de 11 millions de 0-14 ans et 4 millions de 14- 19 ans. À la rentrée 2006 (derniers chiffres disponibles), environ 5,5 millions étaient scolarisés : 3,2 millions l’étaient dans les collèges et 2,3 millions dans les lycées publics et privés dépendant de l’Éducation nationale.

Adolescents dès 8-9 ans

Nous l’avons vu précédemment, les adolescents sont de plus en plus jeunes. Ce rajeunissement est attribué à la précocité pubertaire. Il est vrai que, dans les pays occidentaux, la puberté survient de plus en plus tôt. Aujourd’hui, l’on estime qu’une puberté « normale » commence à 13 ans chez le garçon, à 11 ans chez la fille et dure, en moyenne, de deux à trois ans. Ce phénomène de précocité pubertaire, signalé au début des années 1960, faisait alors dire à un observateur : « Si cela continue, dans quelques années, ces filles seront pubères à l’âge des poupées et les garçons à l’âge des billes » (Pierre Gascar, Vertiges du présent, 1962). La réalité est que, probablement, nous avons gagné de deux à trois ans sur le démarrage du mécanisme physiologique, ce qui paraît être dû à la fois à une meilleure alimentation et à de meilleures conditions de vie générales. Une chose est sûre, déjà signalée par Buffon au XVIII e siècle, l’entrée en puberté des filles reste plus rapide que celle des garçons.

Qu’à cela ne tienne, le fait essentiel est de toute façon ailleurs. L’adolescence actuelle débute avant l’apparition des caractères sexuels secondaires. Ce n’est pas en effet la puberté qui déclenche le processus d’adolescence, mais l’identification culturelle. À l’issue d’une étude, que nous avons menée entre 1995 et 2001, avec la psychosociologue Marie Cipriani-Crauste, auprès d’un groupe de 30 garçons et filles suivis du CM2 à la classe de seconde, nous avons pu montrer que l’entrée dans l’adolescence se faisait par projection et immersion dans l’univers culturel des « grands pairs ». Un univers valorisé par le système médiatico- commercial qui pousse les enfants aux consommations précoces. Démonstration : en juillet 2012, l’Institut des mamans, qui avait interrogé 300 mères d’enfants de 1 à 6 ans, révéla que sur les 57 % qui possédaient un smartphone et les 19 % une tablette, 85 % déclaraient que leur enfant était attiré par leur appareil et 80 % qu’ils l’utilisaient.

D’où, chez les enfants, très vite, cette revendication d’adolescence, qui les fait vouloir s’échapper rapidement du monde étroit et jugé peu glorieux de l’enfance. De plus en plus tôt par conséquent, l’enfant ne veut plus l’être. Il veut être adolescent. Conséquence : celui ou celle que l’on s’entête encore à qualifier de « gamin » ou de « fillette », à 8 ou 9 ans, ne l’est plus tout à fait.

Nouveau langage, nouveaux codes vestimentaires, nouveaux goûts (sportifs, musicaux, alimentaires…) forment l’armature de ces « petits » ou « jeunes » adolescents (débarrassons-nous au passage du terme « préadolescent » qui n’a aucun sens chez les scientifiques).

Cette idée de rajeunissement de l’adolescence, vérifiée chaque jour par l’observateur, est certes une « pilule » dure à avaler pour les parents. Fini désormais le petit chéri obéissant ! Le 8-9 ans veut du respect, qu’on ne le traite plus comme un « bébé ». Il se méfie désormais de ces manifestations trop démonstratives d’affection. Lui, si désireux de sortir de sa « condition d’enfant », trouve à présent ces gestes d’amour terriblement humiliants et « déplacés ».

Le passage précoce à l’adolescence est difficile à accepter également par les médias. Prenons-en pour preuve les titres des papiers de la presse écrite relatant les suicides en cascade de garçons de 10-11 ans au début de l’année 2011. Ouvrons Le Parisien. Voici quelques titres : « Un enfant de 11 ans se suicide » (28/01/2011) ; « Encore un enfant de 11 ans qui se suicide » (10/02/2011).

Dans Libération à présent : « Suicide des enfants : comprendre l’impensable » (29/09/2011), Métro : « Un enfant (10 ans) retrouvé pendu » (26/10/2011), 20 minutes pour conclure : « L’enfant de 11 ans a été hospitalisé à Marseille dans un état grave »

(27/05/2011).

Pourquoi cette difficulté, surtout des parents, à admettre ce changement d’âge et à appeler « ado » un sujet de 10 ou 11 ans ?

Dans la représentation commune (qui est aussi celle des « psys »), l’enfant reste défini par sa taille (qui est petite), tandis que l’adolescent, lui, l’est avant tout par son esprit , qui est mauvais, dit-on, à tout le moins imparfait. C’est pourquoi, par réflexe et habitude, les parents, et les adultes en général, refusent à celui qui est petit par la taille le nom, pour lui prestigieux, d’adolescent. Ce qui est tout à fait curieux comme raisonnement. Il faudrait donc une certaine taille, peut-être 1,50 m (ou plus), pour ne plus être un enfant. Chacun voit l’absurdité de cette définition. Tout juste consent-on à qualifier cet « enfant » de « préadolescent » (terme, répétons-le, impropre). Les parents ne sont pas dupes en effet, ils sentent bien qu’un changement est à l’œuvre chez leur enfant, mais se refusent à aller plus loin dans les appellations d’âge.

La vérité dans cette histoire, répétons-le, est que l’enfant, de plus en plus tôt, n’a qu’un souci : s’évader de son enfance. Il en a assez d’être commandé, surveillé, contraint à dire ou à faire ce qu’il ne veut pas dire ou faire. Il veut, sinon une pleine liberté, du moins une autonomie conséquente : voir ses amis, les recevoir… Il est fin prêt pour l’opération de transformation. Le temps est venu pour lui de changer son « look », d’adopter de nouvelles façons de faire et d’être. La transformation pubertaire viendra plus tard.

Ainsi, à la manière du jeune animal qui s’imprègne de sa mère et finit par lui ressembler, le 8-9 ans, que l’on peut appeler au choix « petit adolescent » ou « jeune adolescent » s’imbibe des manières de ses aînés, qui ont 13, 14 ans (voire un peu plus). Il reproduit tout ce qu’il peut de leurs façons de parler : vive le verlan, les « meufs », les « teufs » ; de leurs façons de se vêtir : vive les luxueux vêtements de marque, les Nike, Adidas, Diesel ; de leurs façons de s’amuser : vive la glisse urbaine, le skate ou le basket de rue, les sorties avec les copines ! Alors, évidemment, à force de ressembler à plus grand que lui, le 8-9 ans devient cet autre qu’il envie tant.

Et puis, il grandit ; cet enfant qui, au cours primaire, rêvait d’adolescence, à son entrée au lycée, de cet âge il ne veut plus. Après le DÉSIR, le DÉNI. Les « années-collège » referment la parenthèse de l’adolescence. Ayant gagné en maturation, en capacité de résistance, à l’ordre parental et au conformisme générationnel, le lycéen éprouve désormais un nouveau sentiment, le « sentiment de jeunesse ». Il entre dans la « première jeunesse ».

Bien sûr, comme l’adolescence, mais pour d’autres raisons, la jeunesse a mauvaise réputation. À relire l’Histoire depuis la plus haute Antiquité, on l’a toujours tenue en mésestime. Dans les années 1950-1960, les jeunes passaient encore fréquemment pour des « tricheurs » ou des « blousons noirs ». Ils sont aujourd’hui jugés « sauvageons », « lascars » ou « voyous ». Sans compter le soupçon de fierté, d’insouciance, d’impétuosité, ou d’impatience qu’on leur attribue volontiers.

L’adolescent est un sujet… normal et bien portant

Puisque l’adolescence n’est pas une maladie (tous les psys et les médecins le disent), l’adolescent n’est pas un malade. C’est vrai : dans la grande majorité des cas, l’adolescent est un être bien portant (seuls, apparemment, 10 à 15 % d’entre eux présentent des signes pathologiques).

Redisons-le : contrairement à ce que l’on dit, il n’y a, dans cette population, que très peu de boulimiques, d’anorexiques, de suicidants ; les parents peuvent dormir sur leurs deux oreilles ! Car la probabilité que leur fille devienne anorexique ou leur fils complètement dépressif reste très, très faible. Mais, bien entendu, il faut rester vigilant !

De toute façon, les proportions 80-20 ou 85-15 n’ont pas grand sens de nos jours de crise économique, familiale, etc. Ce sont bien aujourd’hui 100 % des adolescents qui, à un moment ou un autre de leur adolescence, vont croiser une ou plusieurs difficultés de vie : familiale, scolaire…

PARTIE 2

L’ADOLESCENCE AU QUOTIDIEN

Chapitre 1

Conseils généraux avant d’ouvrir l’abécédaire

Nous allons présenter cette « Adolescence au quotidien » sous la forme d’un ABÉCÉDAIRE. Précisons immédiatement que l’on ne trouvera pas ici (ou fort peu) ce que l’on a coutume de trouver dans les abécédaires des manuels ou guides classiques de l’adolescence (adolescence « à problèmes » en fait), manuels constitués pour une très large part de mots exprimant la « pathologie », le « mal-être », la « souffrance ». Inutile de chercher dans ce texte ces nombreux termes stigmatisant, comme « crise d’adolescence » (terme que nous avons évoqué, on s’en souvient, dans les grands concepts), « deuil de l’enfance », « opposition », « agressivité », « pulsions incestueuses », c’est-à-dire, répétons-le, tout un vocabulaire psycho-médical, qui appartient au registre de l’adolescence pathologique .

À travers le choix de nos MOTS-CLÉS, nous ne visons pas, prioritairement du moins, les cas lourds de l’adolescence qui relèvent du traitement thérapeutique, mais les problèmes relationnels qui expliquent les tensions et conflits, qui peuvent quelquefois se développer à cet âge de la vie.

Tous les mots retenus n’ont pas une place égale dans le texte. Certains mots sont importants, majeurs même, comme besoins, sexualité… ; ils auront donc les développements qu’ils méritent. D’autres, au contraire, parce qu’ils indiquent un simple moment de vie, une situation particulière, n’auront pas le même « traitement de faveur ».

Derrière chaque MOT-CLÉ, il y a entre parents et adolescents une possibilité de conflit. D’où ces quelques conseils généraux préliminaires.

Premier conseil

L’on n’aborde jamais un conflit en désignant à l’avance le coupable, et on ne le résout pas davantage en indiquant tout aussi préalablement celui qui doit en sortir vainqueur – « évidemment », vous, le parent. Un conflit bien résolu est un conflit où il n’y a ni vainqueur ni vaincu. Chacun est un peu gagnant, un peu perdant : c’est affaire de proportions, mais, bien sûr, de justes proportions.

Deuxième conseil

Il est essentiel, quand vous vous adressez à « vos » adolescents, que vous vous pénétriez, dès à présent, selon la terminologie du thérapeute Thomas Gordon, des messages « je » ; que vous éliminiez les messages « tu ». Rappelons que le message « je » est celui qui permet au locuteur de mettre en avant ses propres sentiments, par exemple l’agacement, la colère, la frustration…, tandis que le message « tu » est un acte d’accusation contre les enfants pour leur signaler généralement un « vilain défaut ».

Troisième conseil

Il faut user à l’égard des enfants et des adolescents d’un langage POSITIF, à tout le moins NEUTRE, jamais d’un langage NÉGATIF.

Quelques exemples qui vous aideront à mieux comprendre mon propos :

Mots à ÉVITER

Mots à EMPLOYER

Contrainte

Confiance

Crise

Désaccord

Limites (poser des)

Repères (donner des)

Interdits (fixer des)

Loi civile, pénale (faire connaître la)

Responsabiliser

Responsabilités (confier des)

Frustration

Choix (appendre à faire des)

Il s’oppose

Il s’affirme

Quatrième conseil

Faites preuve le plus possible d’empathie. Imaginez ce que vos enfants peuvent ressentir. N’hésitez pas à leur parler de vous au même âge, parce qu’après tout vous faisiez un peu la même chose, non ?

Chapitre 2

Abécédaire

Voici donc 100 grandes ou petites questions concernant l’adolescence, présentées dans un abécédaire recensant les mots-clés liés aux problématiques relationnelles rencontrées par les adolescents et leur entourage.

Chaque thème de cet abécédaire est développé en 3 volets :

Bon à savoir » : l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur le sujet qu’il sous-tend ;thème de cet abécédaire est développé en 3 volets : Dangers » : ce qu’il semble

Dangers » : ce qu’il semble vraiment déconseillé de dire ou faire ;de ce qu’il faut savoir sur le sujet qu’il sous-tend ; Propositions » : enfin ce

Propositions » : enfin ce qu’au contraire il serait opportun de dire et/ou faire.ce qu’il semble vraiment déconseillé de dire ou faire ; Nous espérons que ces éclairages et

Nous espérons que ces éclairages et conseils vous permettront de mieux comprendre et appréhender cette période essentielle de la

vie qu’est l’adolescence.

«

«

«

Adoption

Adoption

Adoption
 

Bon à savoir

 

Jouant sur les mots, nous pouvons dire que tout adolescent, à l’entrée dans l’âge d’adolescence, a besoin d’être « adopté » à nouveau par ses parents. Le terme est pris ici, évidemment, dans le sens commun d’« accueilli », de « reconnu », dans toute sa différence d’avec l’enfant. C’est en effet une personne nouvelle qui surgit sur la scène familiale, et qu’il va falloir traiter comme telle.

Mais venons-en à l’« adopté » au sens juridique du terme. Nous savons qu’il y a des adoptés en France (à l’issue d’une procédure longue et aléatoire) et des adoptés à l’étranger (Asie, Amérique latine).

L’adopté a les mêmes droits que l’enfant biologique. Il fut même des temps, à Rome par exemple, où l’adoption était la règle dans les familles fortunées, où l’adopté était même considéré comme plus légitime que l’enfant par le sang.

 

Dangers

 
Tous âges

Tous âges

 
 

Traiter différemment, même ponctuellement, les enfants adoptés des autres enfants de la fratrie. Sous le coup de la colère,

de vilaines paroles, qui seront vite regrettées, peuvent être prononcées : « Décidément, mon garçon, tu n’as pas notre caractère, et l’on connaît la raison, toi comme moi ! ».

 

Cacher aux enfants qu’ils sont des enfants adoptés est aussi à éviter. Tous les spécialistes s’accordent à dire que la

révélation de l’adoption doit être faite, avec toute la douceur qui s’impose, le plus rapidement possible. C’est une racine que

 

l’enfant recherche, pas forcément un nouveau père ou une nouvelle mère. Cet enfant vous aime, mais il a le droit de connaître ses origines. Il y va de son équilibre actuel et futur.

 

Propositions

Tous âges

Tous âges

Seul l’amour compte. Or la plupart des parents d’enfants adoptés aiment ces enfants comme les

Seul l’amour compte. Or la plupart des parents d’enfants adoptés aiment ces enfants comme les leurs propres. Occasion de redire ici, après Rousseau, que les liens du sang sont peu de chose par rapport aux liens du cœur.

propres. Occasion de redire ici, après Rousseau, que les liens du sang sont peu de chose
Adultes

Adultes

Adultes
 

Bon à savoir

 

Il est normal de placer l’adulte aux premiers rangs de cet abécédaire. N’est-il pas le premier personnage du quotidien de l’adolescent, au lever avec les parents, puis dans la journée en classe avec les professeurs ?

L’adulte, dit-on, serait la « bête noire » des adolescents. Ils n’en voudraient plus dans leur vie et, l’adolescence venue, rejetteraient les plus proches d’entre eux : leurs géniteurs. Rien n’est plus inexact. Il y a là un premier malentendu entre les deux générations. Selon un sondage Ipsos Santé, effectué en mars 2012 auprès de 805 jeunes âgés de 15 à 18 ans, 85 % d’entre eux considèrent qu’ils ont besoin des adultes et près de la moitié souhaiterait même avoir plus d’échanges avec eux. S’agissant des parents, 92 % des jeunes sondés comptent d’abord sur leur mère pour devenir adulte et 74 % sur leur père, enfin 58 % sur leurs amis. Du côté des adultes, en revanche, les sentiments sont très différents, inverses même. Les trois quarts sont persuadés que les jeunes n’ont pas besoin d’eux et une même proportion estime que ces derniers comptent d’abord sur leurs amis pour devenir adultes à leur tour. Un dernier mot. Si malmenée dans nombre d’études, la figure du père est pourtant une référence pour 83 % des adolescents « bien portants » (pour seulement 57 % de ceux qui éprouvent un mal-être).

Mais « besoin d’adultes » ne signifie pas « ingérence » ou « domination » de leur part. Il faut se souvenir qu’à l’âge de l’autonomie (ce qu’est fondamentalement l’adolescence), les adolescents doivent désormais concilier l’impératif de libre disposition de soi avec la présence d’aînés qui, reconnaissons-le, peuvent quelquefois se montrer souvent encombrants ou intrusifs.

Dangers

 
  Tous âges

Tous âges

 

Ne vous comportez pas avec vos enfants, quel que soit leur âge, en adultes « tout-puissants », convaincus de savoir tout sur tout, d’être, en raison de votre âge, de votre statut de parents précisément, de votre expérience acquise avec les ans, les « maîtres de la pensée ». Sachez que nul n’a raison sur tout, toujours. La valeur, faut-il le rappeler, n’attend pas le nombre des années !

 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

Sachez faire preuve d’une grande humilité. La modestie, qui n’est pas la faiblesse, n’a jamais

Sachez faire preuve d’une grande humilité. La modestie, qui n’est pas la faiblesse, n’a jamais nui à personne. Personne ne vous demande d’abandonner vos convictions ni vos préférences éducatives. Mais souvenez-vous que l’on n’IMPOSE rien à un adolescent. On ne peut que lui proposer des pistes de vie et de comportement, lui suggérer des valeurs et des principes auxquels l’on croit : c’est même votre droit, et votre devoir !

lui suggérer des valeurs et des principes auxquels l’on croit : c’est même votre droit, et
Affirmation

Affirmation

Affirmation
 

Bon à savoir

 

Pouvoir s’affirmer est le premier désir et la première préoccupation de l’adolescent. Ayant découvert qu’il avait une « pensée propre » (voir « Penser »), distincte de celle de ses parents, il veut naturellement les prendre à témoin de son nouveau « pouvoir ». Ce n’est pas simple. Ces derniers préfèrent souvent que leur « enfant » continue à penser comme eux. Le philosophe Alain disait (dans Propos d’un Normand ) que souvent, dans les conversations, l’on n’avait d’autre moyen d’affirmer sa liberté que de contredire. Il y a en effet, ajoutait-il, un ton dogmatique, insupportable, qui veut faire entendre que la discussion n’est pas admise. Voici précisément le piège dans lequel se retrouve enfermé l’adolescent. Ne pouvant s’affirmer, il ne va avoir d’autre choix, pour se faire entendre, que de « s’opposer ». C’est l’« opposition réactive ».

Dangers

 

8-12 ans   

 
 

Il ne faut pas contrarier le besoin d’expression de vos enfants, surtout dès lors qu’ils n’en sont plus ! Puisque ces garçons et filles pensent désormais par eux-mêmes, ils expriment, à l’occasion, des désaccords avec vous sur tel ou tel sujet. C’est la loi du vrai dialogue. Il n’est pas pire chose qu’un parent qui croit avoir raison en tout en toute circonstance (ce qui est le propre de l’Homme, grand vaniteux), qui estime que ce n’est tout de même pas un « plus petit que lui » qui va faire la loi à la maison !

 

Autres âges   

 
 

Ne contrariez pas leur point de vue, ne cherchez pas à annihiler leur esprit critique. S’expriment-ils avec virulence, ne leur en tenez pas rigueur. Il est si agréable de développer des idées toutes neuves.

 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

Il faut laisser les adolescents dérouler leur propos, en considérant que, s’ils n’ont pas toujours

Il faut laisser les adolescents dérouler leur propos, en considérant que, s’ils n’ont pas toujours raison dans ce qu’ils disent, ils n’ont pas toujours tort non plus. Le vrai dialogue est celui qui accepte la parole de l’autre comme pouvant être vraie.

pas toujours tort non plus. Le vrai dialogue est celui qui accepte la parole de l’autre
Agressivité

Agressivité

Agressivité
 

Bon à savoir

 

L’âge de l’adolescence, dit-on couramment, est celui de l’agressivité (pouvant conduire, dans certains cas, à des actes d’agression). La cause en serait le réveil des pulsions, une déferlante d’émotions incontrôlées. Voici bien encore une idée reçue que les faits ne confirment guère depuis le temps qu’on les énonce.

Ce que les adultes nomment « agressivité » n’est souvent qu’une attitude de désaccord, plus ou moins bruyant, manifesté par l’adolescent, en telle ou telle circonstance.

Dangers

 
  Tous âges

Tous âges

 

On ne répond pas à l’agressivité par l’agressivité. La sérénité est le meilleur argument. Et puis n’oubliez pas que l’agressivité peut dissimuler une souffrance qu’il faut débusquer au plus vite pour éviter que le mal-être n’empire.

 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

Il faut relativiser. Dire par exemple que nul n’est à l’abri d’un mouvement d’humeur. Que

Il faut relativiser. Dire par exemple que nul n’est à l’abri d’un mouvement d’humeur. Que vous-même, dix fois par jour, êtes tenté de perdre patience. Il est rassurant pour un adolescent d’entendre dire que l’agressivité est la chose du monde la mieux partagée, qu’il n’est pas, lui seul, « anormal » de ce seul fait.

l’agressivité est la chose du monde la mieux partagée, qu’il n’est pas, lui seul, « anormal
Alcool “ Beaucoup de jeunes de quinze à vingt ans, lorsqu’ils sont réunis, veulent jouer

Alcool

Alcool “ Beaucoup de jeunes de quinze à vingt ans, lorsqu’ils sont réunis, veulent jouer à

Beaucoup de jeunes de quinze à vingt ans, lorsqu’ils sont réunis, veulent jouer à l’adulte en absorbant des apéritifs, des cocktails, des digestifs, du

gin ou du whisky…

Bon à savoir

HENRI JOUBREL, MAUVAIS GARÇONS DE BONNES FAMILLES

Les adolescents boivent un peu, beaucoup, passionnément, à la folie (« binge drinking »)… ou pas du tout, car, contrairement à une idée reçue, les adolescents français, globalement, ne boivent pas (ou très peu), en tout cas pas régulièrement (tous les jours).

Ceux qui boivent, en revanche, le font plus tôt qu’autrefois. Dès 2003, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) observait que partout en Europe la consommation d’alcool augmentait entre 11 et 15 ans, avec une préférence pour la bière et les spiritueux. À 11 ans aujourd’hui, 60 % ont déjà bu de l’alcool, 72 % à 13 ans, 84 % à 15 ans (chiffres extraits de l’enquête internationale du Health Behaviour in School-Aged Children de 2006)… et 91 % à 17 ans (ce dernier chiffre est issu de l’enquête Escapad de 2011).

Ceux qui boivent le font de plus en plus régulièrement (+ 18 % entre 2008 et 2011), et cela concerne aussi bien les filles que les garçons, mais seuls ces derniers avouent une consommation « quotidienne ».

Le collège reste la période de l’expérimentation de l’alcool. Il faut dire que boire de l’alcool n’est plus considéré comme un tabou (on boit donc dans la rue sans scrupule et même quelquefois dans l’enceinte du collège). Huit élèves sur dix environ déclarent ainsi avoir déjà bu de l’alcool une fois dans leur vie (ce qui n’est pas beaucoup, convenons-en). Mais, heureusement, seuls 7 % des troisièmes reconnaissent une consommation « régulière » et 15 % un état d’ivresse. Selon l’enquête Escapad précitée, menée lors de la Journée d’appel de préparation à la défense, 28 % des jeunes de 17 ans admettent avoir été ivres au moins trois fois dans l’année. Ces chiffres, resitués sur l’échelle européenne, placent la France à une intéressante 25 e place sur 39 pays observés. Notons, à titre de comparaison, que 38 % des jeunes Tchèques de 15 ans par exemple, boivent de l’alcool au moins une fois par semaine.

Le phénomène d’hyperalcoolisationboivent de l’alcool au moins une fois par semaine. Un danger guette cependant les adolescents de

Un danger guette cependant les adolescents de 15-18 ans et même, de plus en plus, les 13-15 ans : le fameux binge drinking, phénomène venu d’Angleterre qui consiste à absorber – souvent en soirée – un maximum d’alcool en un minimum de temps. La France a découvert ce phénomène au début des années 2000. En 2006, la presse quotidienne lui a consacré de nombreux papiers (voir par exemple Le Parisien du 9 novembre 2006).

Le week-end ou pendant les vacances, avant de partir en soirée, l’on passe donc au supermarché acheter une bouteille de pastis, de whisky ou de vodka.

Divers facteurs peuvent être mis en avant pour expliquer cette alcoolisation (relative) : la pression ou l’échec scolaire, les exigences sociales poussant à la performance… L’alcool devient une sorte d’antidote au stress (qui est considérable) ; il permet de mettre entre parenthèses, d’« anesthésier » en quelque sorte un présent trop lourd à supporter pour cette génération.

Dangers

8-12 anstrop lourd à supporter pour cette génération. Dangers — Comme souvent, la « leçon de morale

— Comme souvent, la « leçon de morale » que vous pourriez être tenté de faire à « votre » jeune adolescent n’est pas une

bonne réponse, à moins que sur le sujet vous ne soyez totalement exemplaire (en ne buvant pas vous-même, par exemple). Indiquez seulement que l’alcool est une drogue qui modifie les comportements, peut rendre violent, et pas seulement les jeunes, ajouterez-vous alors.

— Sachant que l’alcoolisation commence aujourd’hui en moyenne à 11 ans, évitez toute initiation précoce. On sait combien, à

l’occasion de fêtes, d’anniversaires, l’on peut être tenté de faire boire aux enfants un « fond » de champagne ou quelques gouttes de vin, en leur disant qu’ils sont des « hommes » à présent (vieux rite culturel du vin). À ne pas faire. Plus un enfant ou un adolescent commence à boire tôt, plus il augmente le risque de devenir plus tard un gros buveur. En effet, l’alcool marque les circuits du plaisir dans les zones limbiques du cerveau. Et, si ces circuits prennent l’habitude de se déclencher avec l’alcool, le risque de dépendance s’accroît considérablement.

13-14 ans— Une fois encore, ne faites pas de sermon, insistez plutôt sur les dangers de

— Une fois encore, ne faites pas de sermon, insistez plutôt sur les dangers de l’alcool, l’accoutumance au produit. Dites

combien vous regrettez d’avoir commencé vous-même à boire (même modérément) trop tôt, que vous l’avez regretté ensuite. Notez que l’on peut s’amuser sans boire (certaines discothèques organisent, pour les plus jeunes, des après-midi dansantes « Coca-Cola »). Dites, vous qui ne buvez pas, qu’il n’y a pas de honte à ne pas boire, et puis que certaines pratiques (comme le sport auquel vous vous adonnez) ne sont guère compatibles avec la prise d’alcool.

— Enfin, soyez conscient que tout encouragement à boire à la maison est néfaste. Une étude menée en 2011 aux Pays-Bas sur

428 familles (avec deux enfants par foyer âgés de 13 à 15 ans) le démontre. Plus les adolescents sont autorisés à boire chez eux, plus ils auront tendance à boire à l’extérieur. Boire devant ses enfants pour leur donner l’exemple d’une consommation maîtrisée est donc à proscrire.

15-18 ansd’une consommation maîtrisée est donc à proscrire. Garçons et filles sont devenus des jeunes gens et

Garçons et filles sont devenus des jeunes gens et des jeunes filles à présent. Il ne servirait à rien, pour cette tranche d’âge, de proclamer l’interdiction totale de consommation d’alcool. Une bière, de temps en temps, fait partie des habitudes non dangereuses, des habitudes de groupe, de la convivialité. Mais attention au binge drinking déjà signalé, il peut causer des dégâts énormes comme des comas éthyliques, suivis quelquefois de décès.

Propositions

8-12 anséthyliques, suivis quelquefois de décès. Propositions Faites comprendre qu’il y a un âge pour tout, un

Faites comprendre qu’il y a un âge pour tout, un âge pour ne pas boire (le leur), un âge pour boire un peu. Il est important que vous rappeliez que beaucoup de gens, jeunes ou adultes, s’amusent, y compris dans des soirées, ou avec des amis, sans nécessairement boire jusqu’à l’enivrement. Dites aux 8-12 ans que dire « non à l’alcool », c’est faire preuve de force de caractère, et ne pas être un mouton.

13-14 anspreuve de force de caractère, et ne pas être un mouton. Les arguments avancés pour les

Les arguments avancés pour les plus jeunes sont encore valables pour cette tranche d’âge.

15-18 ansjeunes sont encore valables pour cette tranche d’âge. Reprenant le slogan bien connu, dites que l’alcool

Reprenant le slogan bien connu, dites que l’alcool doit en toute circonstance être consommé avec modération. L’excès seul est blâmable. « Boire un petit coup est agréable, mais il ne faut pas rouler dessous la table », comme dit la chanson. Un petit verre de vin n’a jamais tué personne, la médecine le recommande même pour ses vertus thérapeutiques.

Un petit verre de vin n’a jamais tué personne, la médecine le recommande même pour ses
Un petit verre de vin n’a jamais tué personne, la médecine le recommande même pour ses
Alimentation

Alimentation

Alimentation
 

Bon à savoir

 

À l’extérieur de la maison, les adolescents de tous âges aiment pratiquer le « snacking ». Selon l’enquête « Ado Food, une assiette sous influence », qui a été réalisée par Consofood de KantorMedia, fin 2010, ils sont ainsi 69 % (des 8-19 ans) à grignoter un peu toute la journée (mais ce chiffre est en baisse). Par ailleurs, 87 % des jeunes de cet âge sont allés au fast-food au moins une fois dans les douze derniers mois (un chiffre en augmentation par rapport à 2006). Près de 40 % des adolescents interrogés affirment même y aller deux ou trois fois par mois. À la maison, il semble que le petit déjeuner, avec céréales et chocolat chaud, reste très apprécié des 8-19 ans. Le goûter en revanche est une pratique alimentaire en recul : ils ne sont plus que 71 % à en prendre un de manière régulière contre 80 % en 2006. S’agissant des grands repas équilibrés, si l’on en juge par les résultats de l’enquête de 2012 de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, la situation est plutôt bonne. La consommation quotidienne des fameux « 5 fruits et légumes » est en hausse, depuis 2006, chez les 11-15 ans : 39 % contre 31 % chez les 11 ans, et 45 % contre 42 % chez les 15 ans.

Dangers

 
  Tous âges

Tous âges

 

Il ne sert à rien de stigmatiser la restauration rapide, de type McDo. Ne la condamnez pas ! Ces espaces de restauration sont des lieux de convivialité pour les adolescents. Mais restez fermes sur les « 5 fruits et légumes » et continuez à traquer le grignotage.

 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

Certains aliments sont indispensables à une bonne croissance. À la maison, ne négligez pas les

Certains aliments sont indispensables à une bonne croissance. À la maison, ne négligez pas les protéines (viandes, poissons, œufs…) qui sont indispensables au développement musculaire et qui, riches en fer, constituent un remède efficace contre la fatigue et l’anémie. N’oubliez pas non plus les produits laitiers tout aussi nécessaires, mais qui doivent être consommés avec modération (ce qui n’est pas toujours le cas). Pour le calcium, les nutritionnistes recommandent les légumes (brocolis, épinards fenouil). Une tranche de jambon ou un steak haché, une portion de pâtes, une salade de tomates, voilà un exemple de bon repas. L’idéal, bien sûr, est de manger à heures fixes, d’éviter de grignoter entre les repas et de prendre ses repas à table. À l’extérieur, suggérez à votre enfant adolescent de consommer tout de même McDo avec modération. S’il préfère les sandwicheries, conseillez-lui de choisir des sandwiches avec des protéines (thon, poulet) et des légumes. Manger équilibré est assurément essentiel.

choisir des sandwiches avec des protéines (thon, poulet) et des légumes. Manger équilibré est assurément essentiel.
Amitié

Amitié

Amitié

Amitiés sans replis qui sont le privilège de l’adolescence.

DANIEL-ROPS, MORT, OÙ EST TA VICTOIRE ?

 

Bon à savoir

 
 

L’adolescence est le temps des grands sentiments. Amour et amitié y occupent une place essentielle. On sait la place de choix occupée par « la meilleure amie » dans la vie des filles. Les amies se font des confidences, se confient leurs peines, mais aussi leurs joies. Rien de vraiment comparable chez les garçons, dont la préférence va à la « bande de copains », plus qu’à un « meilleur ami ». Le temps des solides amitiés, chez eux, viendra plus tard.

Car il y a amis et amis. Les vrais et les faux. Les « amis » sur Facebook sont généralement de « faux amis », à peine des relations. Heureusement, plus de 80 % des jeunes de 15 ans déclarent avoir, dans la vie réelle, trois véritables amis (ou plus), à qui ils peuvent se confier. S’agissant d’Internet et des réseaux sociaux, ne leur jetons pas trop vite la pierre. Ils permettent tout de même aux adolescents timides de se risquer à la relation, ce qui peut leur servir de terrain d’apprentissage pour nouer ensuite, inhibition levée, de véritables relations à l’extérieur.

Dangers

 
  Tous âges

Tous âges

 

Interdire à vos enfants la fréquentation d’untel ou d’unetelle, au motif qu’il ou elle ne vous plaît pas, n’est pas chose raisonnable. Cette interdiction est d’autant plus inopportune si l’ami ou l’amie choisie n’a rien à se reprocher, sinon un « genre » (qui peut être vestimentaire) qui ne vous plaît pas. Si les fréquentations de vos enfants vous paraissent « louches », engagez le dialogue avec eux, informez-vous sur ce que les amis sont réellement, mais évitez de vous livrer à une « enquête de police », en appelant par exemple les parents de ces adolescents ou adolescentes. Si vous apprenez que les amis de vos enfants sont consommateurs de produits toxiques, ne les stigmatisez pas trop vite. Du dialogue encore et toujours.

 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

Vous avez informé « vos » adolescents, alors qu’ils étaient encore très jeunes, des dangers

Vous avez informé « vos » adolescents, alors qu’ils étaient encore très jeunes, des dangers de la drogue, de la délinquance, des mauvais comportements en général. Ils savent donc ce qu’il est raisonnable de faire ou de ne pas faire. Bien sûr, il y a toujours, dans l’entourage, quelqu’un qui prendra un malin plaisir à tenter de les faire chuter. Il y a amis et amis, nous l’avons dit.

quelqu’un qui prendra un malin plaisir à tenter de les faire chuter. Il y a amis
Amour

Amour

Amour
 

L’inquiétude de cet âge est une soif d’aimer.

 

STENDHAL, DE L’AMOUR

 

Bon à savoir

 
 

Malgré l’expansion de la pornographie, les adolescents restent très « fleur bleue ». N’être plus aimé, ne plus être « populaire » (voir « Populaire »), plus encore être rejeté, constitue une immense souffrance. La première sécurité de l’enfant, ne l’oublions pas, est la sécurité affective.

Les « années-collège » sont souvent celles du premier baiser (avec la langue) – vers 14 ans environ, mais pas de la « première fois » (avec pénétration). Seulement 9 % des garçons et 4 % des filles affirment avoir eu des rapports sexuels avant 13 ans, selon les données françaises de la dernière enquête internationale sur la santé des adolescents (Inpes/OMS, 2012). En classe de 4 e , plus de 92 % des filles et 86 % des garçons sont toujours vierges, en 3 e les chiffres sont respectivement de 81 et 72 % (voir « Sexualité »).

Malgré le développement d’une sexualité pornographique, les adolescents restent donc de vrais sentimentaux.

 

Dangers

 
  Tous âges  

Tous âges

 
 

Ne sacrifiez jamais l’amour, ni dans vos propos ni dans vos conduites. Les adolescents ont besoin qu’on les aime et qu’on le leur dise.

 

Propositions

Tous âges

Tous âges

 

L’amour c’est d’abord le sentiment que vous devez témoigner à vos enfants. Il est important de dire aux enfants, avec des

mots, vos mots, que vous les aimez. C’est dur quelquefois, et plus encore pour les pères que les mères. Combien d’entre vous, les pères, osez dire votre amour à votre fils adolescent ?

 
Réjouissez-vous des « flirts » de vos enfants. Ne l’avez-vous pas fait vous-même ? Revivez,

Réjouissez-vous des « flirts » de vos enfants. Ne l’avez-vous pas fait vous-même ? Revivez, grâce à vos enfants, ces moments merveilleux.

» de vos enfants. Ne l’avez-vous pas fait vous-même ? Revivez, grâce à vos enfants, ces
Le chiffre-clé Argent de poche En 2008, 68 % des parents étaient favorables au principe
Le chiffre-clé Argent de poche En 2008, 68 % des parents étaient favorables au principe

Le chiffre-clé

Argent de poche

Le chiffre-clé Argent de poche En 2008, 68 % des parents étaient favorables au principe de

En 2008, 68 % des parents étaient favorables au principe de l’argent de poche.

Bon à savoir

L’argent, dit-on, est le nerf de la guerre. Ne pas en avoir (du tout) ne peut que plonger les « démunis » dans la « crise de nerfs ». L’argent est nécessaire aux enfants, il leur permet de consommer : c’est un « droit non écrit de l’enfant ». S’il ne fait pas leur bonheur, quand ils en manquent totalement, le malheur n’est pas très loin. L’argent est aussi, ne l’oublions pas, dans cette société de l’« avoir » et du paraître, un symbole de richesse et d’aisance. Tous les adolescents savent cela. L’argent, c’est le moyen de s’affirmer, d’être valorisé.

Les adolescents disposent d’un formidable pouvoir d’achat. L’argent en poche est de loin supérieur à l’argent de poche. En effet, outre l’argent donné par les parents, il y a celui reçu d’autres membres de la famille (grands-parents, oncles et tantes…) et à l’occasion d’événements particuliers (anniversaires, fêtes de fin d’année…). Et, puis pour les plus grands (à partir de 16 ans), il peut y avoir les revenus provenant de petits boulots (baby-sitting, emplois McDo…). Notons cependant qu’après la crise financière de 2008, selon une enquête CSA commandée par le Crédit agricole, le montant alloué par les parents aux 6-15 ans a baissé. Finalement, ils donnent aujourd’hui un peu moins de 20 € par mois.

Pourquoi les parents donnent-ils de l’argent de poche ? Les motivations sont diverses : apprendre aux enfants et aux adolescents à gérer un budget, les récompenser, leur faire plaisir…

Dangers

Tous âgesun budget, les récompenser, leur faire plaisir… Dangers — Il ne faut pas priver les enfants

— Il ne faut pas priver les enfants d’argent de poche, non seulement parce qu’ils ont besoin, répétons-le, d’argent pour

consommer dans la vie courante, mais parce que cela leur permet d’apprendre à être autonomes et à savoir gérer un budget. En ce sens, il est déconseillé de faire des « avances » permanentes d’argent de poche, il faut apprendre à se débrouiller avec ce que l’on a.

— Il est tout aussi déconseillé de rémunérer systématiquement de bonnes notes en classe ou le moindre service rendu à la

maison. Si l’on peut récompenser l’obtention d’un diplôme (à partir du brevet du collège) ou un service exceptionnel en famille (garde d’un petit frère ou d’une petite sœur tout un week-end par exemple, au détriment de ses propres loisirs), il ne faut pas faire plus. Ce serait accréditer l’idée que l’on ne peut rien faire par solidarité ou par générosité, par simple plaisir de faire plaisir. De la même manière, nous déconseillons le retrait d’argent de poche pour punir un enfant ou un adolescent d’une quelconque faute commise. Il y a d’autres moyens pour réparer des « fautes ». L’argent de poche est un « dû », qu’on ne peut retirer, quand on est parent, au gré de son humeur ou de ses fantaisies.

— À chaque enfant d’utiliser son argent comme bon lui semble (le contrôle des achats – sauf achats illicites naturellement – est interdit).

Propositions

8-12 ans

8-12 ans

 

La question de savoir s’il faut donner de l’argent de poche à la semaine ou au mois est à la discrétion de chaque famille. Cependant, au moins pour les 8-9 ans (voire 10 ans), nous recommandons le versement hebdomadaire. À ces âges, l’on a encore un peu de mal à se projeter loin dans le temps, et un mois ça peut paraître très, très long.

Pour les 8-9 ans, 5 € par semaine paraît une bonne somme, qui sera augmentée ensuite.

Autres âges

Autres âges

— Un paiement au mois paraît ici préférable. Quelle somme ? Peut-être 20 € pour les 13-14 ans, 30 pour les 15-16 et 40 ou 50 pour les 17-18 ans. Les sommes seront nécessairement plus élevées si avec elles les enfants doivent aussi s’acheter leurs

propres vêtements. — Ces sommes bien entendu sont des repères. Chaque famille donne aussi en fonction de ses ressources. Il est à cet égard recommandé d’indiquer aux enfants le budget de la famille, de pointer les périodes difficiles pour demander à chacun de faire de petits sacrifices le cas échéant.

de la famille, de pointer les périodes difficiles pour demander à chacun de faire de petits
de la famille, de pointer les périodes difficiles pour demander à chacun de faire de petits
Autorité

Autorité

Autorité
 

Bon à savoir

 

L’autorité colle à la famille comme la sangsue à la chair. On la place ordinairement du côté du père. Erreur, comme l’amour, l’autorité est moins un « fait de nature », qui concernerait préférentiellement tel ou tel sexe, qu’un « fait de culture », qui dépend de choix sociaux et de modèles politiques. Il n’y a pas plus d’autorité « naturelle » qu’il n’existe d’amour « instinctif ». Les hommes savent ou ne savent pas exercer l’autorité. Les femmes aiment ou n’aiment pas leurs enfants. Chaque parent fait ce qu’il peut avec ce qu’il est : c’est ce que nous appelons le « parent de proximité ».

Dangers

 
  Tous âges

Tous âges

 

Ne parlez pas d’autorité aux adolescents avec quelque arrière-pensée de continuer en réalité à leur imposer votre pouvoir. À l’adolescence, le temps n’est plus à l’autorité mais à l’autonomie.

 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

Même si sondages et enquêtes s’entêtent quelquefois à le leur faire dire : les adolescents

Même si sondages et enquêtes s’entêtent quelquefois à le leur faire dire : les adolescents ne réclament pas d’autorité et, rappelons-le, n’en ont pas besoin. Ce qu’ils veulent c’est de la sécurité. Celle-ci passe par des repères, des références, une grille de lecture du monde, des convictions affichées (par les parents).

passe par des repères, des références, une grille de lecture du monde, des convictions affichées (par
Avortement

Avortement

Avortement

Bon à savoir

Il est des réalités qui fâchent. En voici une : l’avortement. Depuis une vingtaine d’années, l’on observe une hausse des IVG chez les adolescentes. Selon les chiffres de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), sur les 210 000 avortements pratiqués en France métropolitaine en 2009, 29 000 concernaient des jeunes filles âgées de 15 à 19 ans. Parmi elles, 11 600 étaient mineures (13 500 en 2011).

Sans doute les filles, se retrouvant en situation de grossesse non désirée (ce qui est loin d’être toujours le cas), sont-elles plus promptes que par le passé à recourir à l’IVG que de subir une maternité qu’elles peineraient à assumer pleinement. Sans doute aussi le fait que l’avortement soit anonyme et gratuit pour les mineures (la contraception – sauf pilule du lendemain – qui ne l’était pas l’est devenue par décision du gouvernement Ayrault) peut-il expliquer cette augmentation des chiffres.

Dangers

8-12 anspeut-il expliquer cette augmentation des chiffres. Dangers Cette question de l’IVG n’est pas de leur âge.

Cette question de l’IVG n’est pas de leur âge. Elle n’est pas traitée ici. Rien n’empêche cependant les parents d’enseigner un peu d’anatomie.

Autres âgescependant les parents d’enseigner un peu d’anatomie. Ne réduisez pas la sexualité à ses dangers. Si

Ne réduisez pas la sexualité à ses dangers. Si votre fille tombe enceinte, elle aura besoin de votre soutien. Et si elle veut garder son enfant : c’est son choix ! La loi lui permet d’avoir le dernier mot.

Cela ne doit pas vous empêcher d’en discuter jusqu’au bout et d’essayer de faire changer d’avis l’intéressée si vous

estimez, pour toutes sortes de raisons, qu’il y va de sa santé et de son bien-être.

Ne la rejetez pas en tout cas ! Des parents, on le sait, mettent à la porte leur enfant, ou menacent de le faire lorsque celui-ci s’oppose à toute IVG.

Propositions

8-12 anslorsque celui-ci s’oppose à toute IVG. — Propositions Aux plus jeunes, il faut d’abord parler d’amour

Aux plus jeunes, il faut d’abord parler d’amour et de tendresse. Mais un peu d’éducation sexuelle n’est pas à négliger. Aux Pays-Bas, elle commence à l’école dès l’âge de 4 ans.

Autres âgeselle commence à l’école dès l’âge de 4 ans. L’information sexuelle est un devoir des parents,

L’information sexuelle est un devoir des parents, à tout âge pourrait-on dire. D’autant que la

L’information sexuelle est un devoir des parents, à tout âge pourrait-on dire. D’autant que la loi de 2001, qui prévoyait une information à l’école à raison de trois heures hebdomadaires à partir de la 6 e , n’est pas appliquée. Il faut en particulier parler de contraception, de préservatifs. Mais, encore une fois, sans oublier de parler des sentiments et du plaisir.

parler de contraception, de préservatifs. Mais, encore une fois, sans oublier de parler des sentiments et
Bandes ordinaires Chose vue ce jour (30/10/2012) Une bande est là, devant nous. Elle est

Bandes ordinaires

Chose vue ce jour (30/10/2012)Bandes ordinaires Une bande est là, devant nous. Elle est mixte : quatre filles, trois garçons,

Bandes ordinaires Chose vue ce jour (30/10/2012) Une bande est là, devant nous. Elle est mixte

Une bande est là, devant nous. Elle est mixte : quatre filles, trois garçons, âgés de 13 à 15 ans environ. Ils sont assis sur les marches du grand escalier qui plonge sur la rue Montorgueil à Paris. Un peu en retrait, le couple de la bande. Le garçon tient la jeune fille par l’épaule. Ils restent là une vingtaine de minutes. Et puis, selon la coutume adolescente, ils bougent…

Bon à savoir

Si l’adolescent est avant tout un être singulier, une personne, il vit au pluriel : « tous ensemble », selon le slogan d’usage, il vit en « groupe ». Le rapport à soi est donc aussi un rapport de l’entre soi. C’est dire combien l’adolescence est un bloc, une totalité : physique, psychique, culturelle et sociale, politique peut-être, demain.

L’adolescence, c’est bien moins « une affaire de points noirs », selon l’expression de Montherlant, qu’un état social et culturel spécifique, une nouvelle situation de vie. Être adolescent, c’est être soi avec les autres, par les autres. C’est devenir soi par l’autre. L’autre comme (seul) moyen de communion avec soi. Lui ressembler et s’en distinguer à la fois. Pour être soi, il faut être comme les autres, et, en même temps, il faut s’en dissocier. Pour devenir un soi complet, il ne faut plus être totalement comme les autres. Pas simple.

Un besoin d’appartenancene faut plus être totalement comme les autres. Pas simple. Les adolescents aiment être en «

Les adolescents aiment être en « bande ». Les « groupes de pairs », comme on les nomme, occupent donc une place essentielle dans leur vie. Ces groupes sont à la fois intemporels et universels, on en trouve à toutes les époques et dans toutes les communautés et sociétés. Ils sont constitués de garçons (fréquemment), les filles étant plus surveillées sortent moins de chez elles.

Tandis que le monde environnant se montre si peu accueillant et compréhensif envers les adolescents, le groupe apporte la reconnaissance mutuelle et la solidarité, qui s’expriment d’autant mieux que l’on partage le même langage, des intérêts communs et que l’on garde dans le collectif son autonomie et sa personnalité. Le groupe est aussi le lieu où chacun peut montrer aux autres de quoi il est capable. Les relations au sein du groupe passent d’ailleurs souvent moins par le langage (on n’y parle pas nécessairement beaucoup) que par une similitude de comportements. Les « groupes de pairs » sont enfin le lieu des performances, des exploits individuels.

Dangers

8-12 ansle lieu des performances, des exploits individuels. Dangers Ne cherchez pas à empêcher le jeune adolescent

Ne cherchez pas à empêcher le jeune adolescent de sortir, au moins un peu. Il doit se séparer progressivement de vous.

13-14 ansmoins un peu. Il doit se séparer progressivement de vous. Le besoin de sortir, si naturel

Le besoin de sortir, si naturel à l’adolescence, se renforce. Ne le contrariez pas, ne cherchez pas, au nom de fallacieuses raisons parfois, à empêcher vos enfants d’aller « courir le monde » (les copains et copines). (N’est-ce pas souvent l’envie refoulée de ne pas pouvoir le faire vous-même qui vous incite à interdire ?)

15-18 anspouvoir le faire vous-même qui vous incite à interdire ?) Maintenant que vous avez accepté les

Maintenant que vous avez accepté les sorties, gardez la bonne attitude. Ne cherchez pas à savoir absolument avec qui vos enfants sortent, pour faire quoi. Sachez que le copain ou la copine n’est pas toujours désigné à l’avance, avant la sortie, et que vos enfants ne savent pas toujours ce qu’ils vont faire au cours de leur sortie.

Propositions

Tous âges Un adolescent ne doit pas être confiné chez lui 24 heures sur 24.

Tous âges

Un adolescent ne doit pas être confiné chez lui 24 heures sur 24. Il doit avoir une vie sociale. Encouragez-le à sortir, à voir des amis, à faire des activités, des visites.

sur 24. Il doit avoir une vie sociale. Encouragez-le à sortir, à voir des amis, à
sur 24. Il doit avoir une vie sociale. Encouragez-le à sortir, à voir des amis, à
Banque

Banque

Banque
 

Bon à savoir

 

Ayant compris le formidable pouvoir d’achat des adolescents, les banques redoublent d’efforts pour les attirer vers elles. C’est ce que l’on a pu appeler autrefois la « bancarisation ».

 
Des produits pour chaque âge

Des produits pour chaque âge

 

À

partir de 12 ans, il existe le livret jeune (lancé en mai 1996). Il s’agit d’un livret d’épargne dont les banques fixent librement

le taux d’intérêt. La plupart d’entre elles offrent une rémunération de 1,75 % net depuis le 1 er août 2010. Ce livret jeune (à la même date) est plafonné à 1 600 €. Il est associé le plus souvent à une carte de retrait. Certaines banques permettent aux parents de fixer le montant maximal des retraits par période de temps (toutes les semaines ou tous les mois). Ce livret est disponible jusqu’aux 25 ans de son titulaire.

 

À

partir de 16 ans, un jeune peut ouvrir seul un livret A. En revanche, pour ouvrir un compte courant, avec un chéquier et une

carte de paiement, l’accord des parents, assorti de leur caution, est obligatoire. Pour limiter les risques, certaines banques proposent des cartes de paiement avec autorisation préalable. Les retraits et les paiements ne sont alors possibles que dans la limite de la somme disponible sur le compte.

 

À

partir de 18 ans, un jeune peut, sans autorisation parentale, ouvrir un compte bancaire, avec chéquier et carte de paiement. Il

peut tout aussi librement contracter un crédit. Mais, lorsque la somme est importante, les banques demandent généralement

 

aux parents de se porter garants.

Tout est bon pour les banques afin de séduire la jeune clientèle, surtout la première année : cartes de retrait gratuites, découvert autorisé sans frais, assurance en cas de vol des papiers, offres de réductions dans les magasins et les restaurants, offres spéciales de téléphonie mobile. Mais les jeunes ne sont pas dupes de ces manœuvres financières et leur fidélité n’est jamais acquise. Certaines études montrent qu’avant ses 29 ans un jeune sur deux aura changé d’établissement bancaire.

 

Dangers

8-12 ansaura changé d’établissement bancaire.   Dangers   N’interdisez pas aux 12 ans cette première

 

N’interdisez pas aux 12 ans cette première expérience qui apprend la responsabilité. C’est important de se sentir responsable !

 
 

Autres âges 

 

Même conseil : pas d’interdit.

 

Propositions

Tous âges

Tous âges

Épluchez bien avec vos enfants les offres qui leur sont faites. Choisissez les banques qui

Épluchez bien avec vos enfants les offres qui leur sont faites. Choisissez les banques qui s’engagent à les accompagner tout au long de leur vie. Regardez aussi celles qui seront là en cas de difficultés.

qui s’engagent à les accompagner tout au long de leur vie. Regardez aussi celles qui seront
Bon à savoir Besoins capitaux L’adolescent est moins un « sujet de soins » qu’un

Bon à savoir

Besoins capitaux

Bon à savoir Besoins capitaux L’adolescent est moins un « sujet de soins » qu’un «

L’adolescent est moins un « sujet de soins » qu’un « être de besoins ». Reliant les deux idées, nous dirons que c’est en satisfaisant les besoins du sujet adolescent qu’on le « soigne » le mieux. L’enjeu est aujourd’hui de « démédicaliser », de « dé- psychanalyser » l’adolescence, plus encore de « banaliser » cet âge, de le rendre « ordinaire » (ce qu’il est plus qu’on n’imagine et plus que les intéressés eux-mêmes le pensent).

À cet égard, soulignons immédiatement, pour n’en plus parler ensuite, qu’il n’existe pas deux types d’adolescents – les « bien- portants » (les faciles) et les « malportants » (les « difficiles ») –, mais un seul type : des adolescents ordinaires dont, il est vrai, certains peuvent se retrouver, passagèrement ou durablement, dans des situations extraordinaires ou difficiles, conduisant parfois, certains d’entre eux, à des conduites pathologiques.

Nous avons dit plus haut que le souci majeur de l’adolescent était de S’AFFIRMER, pas de s’opposer. Redisons une fois encore qu’il n’y a pas d’opposition nécessaire entre les adultes et les adolescents, pas de tensions obligées, pas de crise nécessaire.

Mais pour ces derniers, SEPT besoins capitaux doivent, impérativement, être satisfaits : besoin de confiance, besoin de dialogue, besoin de sécurité, besoin d’autonomie, besoin de responsabilités, besoin d’affection et besoin d’espoir. C’est « la colonne vertébrale » de la relation parents-adolescents. Considérons chacun de ces besoins.

Premier besoin : la confianceparents-adolescents. Considérons chacun de ces besoins. Si elle est nécessaire à tout âge du processus éducatif,

Si elle est nécessaire à tout âge du processus éducatif, elle l’est plus encore durant l’adolescence. La confiance est inconditionnelle ; elle ne saurait s’accompagner de réserves. Celui qui donne la confiance renonce, du même coup, au contrôle de celui qui la reçoit. Ce dernier, ainsi doté, est un gagnant qui acquiert (ou retrouve) l’estime de soi, qui est à présent apte à prendre des risques utiles et positifs et peut, à son tour, donner sa confiance aux autres.

Deuxième besoin : le dialogue et la communicationet peut, à son tour, donner sa confiance aux autres. Dialoguer, c’est échanger des idées, donc

Dialoguer, c’est échanger des idées, donc exprimer des désaccords, des divergences. Pensant désormais par lui-même (voir « Penser »), l’adolescent a beaucoup d’idées à produire – des idées qui expriment sa vision personnelle du monde et des autres, sa vision de lui-même. La famille, par la grâce de la modernité politique étant devenue démocratique, c’est là une seconde raison pour activer le dialogue. C’est une posture égalitaire qui dorénavant doit guider la relation. Il s’agit pour les parents, plus que jamais, de traiter d’adulte à adulte avec les « enfants ». Assurément, le dialogue est une procédure délicate, mais il n’y faut point renoncer sous prétexte de cette délicatesse. Dans un temps où, pour combattre la violence et l’indiscipline, autorité et limites sont à nouveau réclamées, il faut, plus que jamais, au contraire, engager toutes les parties familiales à plus de dialogue et de démocratie.

Troisième besoin : la sécuritéparties familiales à plus de dialogue et de démocratie. Nous le distinguerons de l’autorité qui, contrairement

Nous le distinguerons de l’autorité qui, contrairement à ce qu’études et sondages voudraient nous faire croire, nous l’avons vu, n’est pas demandée par l’adolescent, et, en tout cas, n’est nullement applicable dans une société qui n’est plus d’autorité.

Élevés dans une ambiance de libertés, les adolescents ne veulent plus de l’auctoritas dont chacun pressent qu’elle n’a jamais été, par le passé, que pouvoir et domination, potestas.

L’autorité « naturelle », dont on nous rebat les oreilles pour qualifier les temps antérieurs, n’a en effet jamais existé ; elle n’était qu’un funeste exercice de puissance, d’autant plus efficace que sa légitimité n’était pas sérieusement mise en cause. Les adolescents d’aujourd’hui réclament, cela est clair, moins des limites (qu’on voudrait à nouveau leur imposer) que des repères et des références. Ils attendent des adultes moins des commandements que des convictions, ils réclament une force morale qui les rassure (voir « Adultes »). C’est un « nouvel adulte » qui est aujourd’hui espéré, qui n’est plus l’adulte « tout-puissant » d’hier, mais un adulte modeste capable d’admettre qu’il ne sait pas tout sur tout : tel est désormais l’adulte « fort ».

La sécurité demandée par l’adolescent passe naturellement par une ambiance familiale détendue, amicale. Voir ses parents se disputer à longueur de repas (ou à d’autres moments) n’a rien d’apaisant pour lui qui est en quête de stabilité. La sécurité c’est encore celle qu’apporte l’aisance matérielle. Faut-il rappeler ici qu’il y a en France deux millions d’enfants pauvres ? La sécurité, c’est encore de se savoir aimé et respecté, encouragé, stimulé.

Quatrième besoin : l’autonomieUn besoin essentiel, toute l’éducation est, ou devrait être, tournée vers elle. N’oublions pas l’étymologie

Un besoin essentiel, toute l’éducation est, ou devrait être, tournée vers elle. N’oublions pas l’étymologie : ex-ducare qui signifie préparer la sortie, libérer l’enfant du « nid » familial – après l’avoir doté, cela va de soi, des outils et des valeurs nécessaires à son épanouissement personnel et à son insertion sociale. Paraphrasant Jaurès évoquant la Révolution, nous pouvons dire que l’adolescence n’est pas une rupture, c’est une conquête.

Les adolescents – parce qu’ils le sont précisément – entendent se libérer des contraintes de leur enfance qui en est pleine. Ils veulent se prendre en main, librement. D’où cette revendication d’égalité avec les parents, qui en est la condition.

L’autonomie passe par l’expérimentation, d’aucuns parleraient de « prise de risque ». Pourquoi pas ? À condition d’appréhender cette notion aussi dans le sens positif qu’elle peut avoir : celui de levier pour grandir. Le risque ainsi conçu est utile. C’est lui qui permet de progresser, de s’autoévaluer, de s’estimer.

Cinquième besoin : les responsabilitéspermet de progresser, de s’autoévaluer, de s’estimer. Très vite, l’enfant doit être habitué à cet exercice.

Très vite, l’enfant doit être habitué à cet exercice. Ivan Ilich, le célèbre abolitionniste de l’école, disait qu’« un garçon ou une fille de douze ans devait devenir un citoyen responsable en commençant de tenir un rôle, d’assumer des tâches dans la communauté ».

L’adolescent, en effet, doit pouvoir prendre sa place dans la cité, réfléchir aux côtés de ses aînés pour inventer une société plus juste, plus solidaire, car c’est bien d’inutilité sociale qu’il souffre le plus ; les jeunes ont le sentiment d’être des « laissés-pour- compte », dont l’intelligence reste toujours inemployée.

C’est à cet égard toujours une erreur de vouloir organiser pour des adolescents des choses qu’ils peuvent organiser eux-mêmes – simplement pour légitimer une place d’adulte, d’éducateur, de « responsable ». Se substituer à l’adolescent dans le management d’une activité qu’il conduit fort bien est le plus sûr moyen de l’en dégoûter très vite.

Sixième besoin : l’affectionbien est le plus sûr moyen de l’en dégoûter très vite. On le sait, les liens

On le sait, les liens d’affection sont essentiels dans le processus de maturation de l’enfant. Ce sont eux qui consolident sa personnalité. Ces liens demeurent déterminants ensuite. Dans un monde rude, brutal quelquefois, l’amour n’est jamais en trop, et il n’y a jamais trop d’amour dispensé. Comme chacun d’entre nous, l’adolescent a donc besoin d’aimer et d’être aimé. Sans doute devrions-nous lui dire plus souvent combien il est important et compte à nos yeux. Nous vivons tous par amour, pour l’amour, lui aussi.

Dernier besoin, capital : l’espoiryeux. Nous vivons tous par amour, pour l’amour, lui aussi. Dans ce monde compétitif qui lui

Dans ce monde compétitif qui lui demande beaucoup : réussir en classe, réussir sa vie sentimentale, réussir son orientation, l’adolescent peut quelquefois perdre espoir, ne plus voir le chemin devant lui : il est de notre responsabilité de lui redonner des raisons fortes de croire en l’avenir.

Dangers

Tous âgesredonner des raisons fortes de croire en l’avenir. Dangers Ne négligez pas ces besoins. Nombre de

Ne négligez pas ces besoins. Nombre de difficultés relationnelles proviennent de leur non-satisfaction.

Propositions

Tous âgesproviennent de leur non-satisfaction. Propositions Rappelons que l’adolescent est moins un « sujet de soins

Rappelons que l’adolescent est moins un « sujet de soins » qu’un « être de besoins ». Les sept besoins capitaux forment une solide armature. On ne grandit qu’avec la confiance, des responsabilités, etc.

Les sept besoins capitaux forment une solide armature. On ne grandit qu’avec la confiance, des responsabilités,
Les sept besoins capitaux forment une solide armature. On ne grandit qu’avec la confiance, des responsabilités,
Bonheur

Bonheur

Bonheur

J’entrais [à 15 ans]… dans une vie réelle où j’avais ma place, dans une harmonie immense… Je goûtais avec joie cet épanouissement charmant, et

mes sens s’éveillant ajoutaient à mon orgueil…

 

GUSTAVE FLAUBERT, NOVEMBRE

 

Bon à savoir

 

Pourquoi à cette question « qu’est-ce que l’adolescence ? » ne pouvons-nous, sans avoir la certitude d’être bien entendu et compris, répondre aisément : « l’âge du bonheur » ? Partout, dans notre société, il n’est question pourtant que de lui. Que de livres pour en vanter les mérites et les moyens de l’obtenir au mieux et au plus vite en quelques magistrales recettes !

 

Les adolescents, quoique traqués par d’innombrables problèmes familiaux ou scolaires, sont plutôt des gens heureux (presque par nature), ils n’ont pas besoin de « livres de recettes de bonheur ». Et pourquoi d’ailleurs, heureux, ne le seraient-ils pas ? Ne jouissent-ils pas, outre des précieuses modifications physiques, qui apportent virilité pour les uns, féminité pour les autres, de ces précieuses libertés de pensée, de sorties, d’actions, dont les adultes, peu à peu dépossédés, éprouvent sûrement la nostalgie

?

 

Dangers

 
Tous âges

Tous âges

 

Nous vivons tous pour le bonheur. Ne considérez pas que, chez les adolescents, cette quête soit superflue.

 
 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

Vos enfants sont heureux, soyez-le avec eux. Le bonheur est communicatif. Ils ne le sont

Vos enfants sont heureux, soyez-le avec eux. Le bonheur est communicatif. Ils ne le sont pas ? Comportez-vous pour les aider à en trouver le chemin, fait bien souvent de petits riens, de quelques paroles flatteuses.

Comportez-vous pour les aider à en trouver le chemin, fait bien souvent de petits riens, de
Bruit

Bruit

Bruit
 

Bon à savoir

 

À défaut d’avouer qu’ils aiment le bruit, force est de reconnaître que la plupart des adolescents sont en permanence dans le bruit. Des exemples ? Ils écoutent la musique avec forte intensité. Ils parlent fort. Ils rient bruyamment. Du bruit, toujours.

Nous revient à l’esprit cette scène d’un téléfilm français projeté récemment à la télévision : un éducateur a réuni quelques jeunes dont il a la responsabilité au milieu de la forêt. C’est le silence total seulement entrecoupé de chants d’oiseaux. Les jeunes n’en peuvent plus de tout ce silence. Quelle souffrance pour ces garçons habitués à la bruyance de la cité !

Dangers

 
  Tous âges

Tous âges

 

Inutile d’évoquer les « de mon temps ! », un temps où, affirmez-vous, le bruit n’existait pas chez les jeunes. L’enthousiasme de cet âge s’est toujours accompagné d’un déferlement sonore.

 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

Il y a un temps et des lieux pour faire du bruit. Le bruit doit

Il y a un temps et des lieux pour faire du bruit. Le bruit doit s’arrêter là où commence le désagrément pour autrui. C’est une question de respect. Et une fois encore une question de dialogue et de compromis.

désagrément pour autrui. C’est une question de respect. Et une fois encore une question de dialogue
« Call of Duty »

« Call of Duty »

« Call of Duty »

Bon à savoir

Parmi les jeux vidéo (voir « Jeux vidéo »), le plus célèbre du moment est sans nul doute Call of Duty. En novembre 2012, est sorti le neuvième épisode de la série, intitulé « Black Ops 2 ». Rappelons que Call of Duty est un jeu de guerre qui plonge le joueur dans des actions s’enchaînant les unes aux autres, sans aucune pause. Ce jeu, comme le rappelle le logo rouge sur la jaquette, est, légalement, réservé aux adultes.

Dangers

8-12 ansjaquette, est, légalement, réservé aux adultes. Dangers Bien sûr, les jeunes adolescents (voir rubrique éponyme),

Bien sûr, les jeunes adolescents (voir rubrique éponyme), qui veulent faire tout ce que font leurs aînés, ne manqueront pas de vous réclamer ce jeu à la mode. Plutôt que de leur lancer « Ce n’est pas de ton âge ! » indiquez-leur que ce jeu est interdit à la vente pour les mineurs, et qu’il est du rôle des parents de respecter la loi.

13-14 anset qu’il est du rôle des parents de respecter la loi. Même recommandation. 15-18 ans Difficile

Même recommandation.

15-18 ansparents de respecter la loi. 13-14 ans Même recommandation. Difficile pour cette tranche d’âge d’invoquer la

Difficile pour cette tranche d’âge d’invoquer la seule loi, d’autant que le classement des joueurs par catégories d’âge, surtout pour les catégories supérieures, est assez arbitraire. Ainsi la différence entre la recommandation 16 ans et + et 18 ans et + est- elle assez ténue.

Propositions

8-14 ansans et + et 18 ans et + est- elle assez ténue. Propositions Prenez le temps

Prenez le temps de parler avec vos enfants. Soulignez combien ce type de jeu ultra-réaliste est violent. S’ils ne veulent pas renoncer, laissez-les peut-être se faire peur.

15-18 ansveulent pas renoncer, laissez-les peut-être se faire peur. À partir de 15 ans, âge qui coïncide,

À partir de 15 ans, âge qui coïncide, redisons-le, avec l’entrée en période de jeunesse,

À partir de 15 ans, âge qui coïncide, redisons-le, avec l’entrée en période de jeunesse, sachez lâcher du lest. Que vos enfants testent le produit. Soyez attentifs à leurs comportements. Si vous ne remarquez rien de changé dans leur comportement, qu’ils s’amusent !

attentifs à leurs comportements. Si vous ne remarquez rien de changé dans leur comportement, qu’ils s’amusent
Bon à savoir Cannabis La France figure, depuis vingt ans, parmi les plus gros consommateurs

Bon à savoir

Cannabis

Bon à savoir Cannabis La France figure, depuis vingt ans, parmi les plus gros consommateurs (réguliers)

La France figure, depuis vingt ans, parmi les plus gros consommateurs (réguliers) de cannabis en Europe. Elle occupe la 4 e place sur 39 pays observés. Les dernières études montrent que les « années-collège » sont aussi les « années-cannabis ». En 2010, un collégien sur dix a déjà consommé cette substance au moins une fois dans sa vie. Si l’on détaille par niveau scolaire, l’on obtient les résultats suivants : 11 % des élèves de 6 e ont goûté au joint et 24 % des élèves de 3 e . La France fait partie des 4 pays (sur 26 étudiés) où la proportion des jeunes ayant expérimenté cette substance augmente le plus rapidement. L’on peut parler d’une « banalisation » du produit et d’une « nationalisation » de sa consommation, le milieu rural n’étant pas épargné par le phénomène.

Prenons l’exemple des jeunes Parisiens ? En moyenne, ceux aujourd’hui âgés de 17 ans disent avoir fumé leur premier joint au début de leur quinzième année. Les plus concernés par cette drogue résident, semble-t-il, à l’ouest et au sud de la capitale. Cependant, les plus gros consommateurs se trouvent dans le nord-est.

Quelle est la signification de cette haute consommation (la part des jeunes de 15-16 ans qui ont déjà fumé une fois dans leur vie est passée de 23 % en 1997 à 39 % en 2011) ? Elle est à relier, nous semble-t-il, parmi de nombreux facteurs, à un état dégradé de la société, source de beaucoup d’inquiétudes personnelles, lesquelles poussent nombre de jeunes à vouloir s’en extraire : c’est la « vocation » du cannabis, qui est donc moins aujourd’hui une « pratique festive » (en groupe) qu’une pratique dépressive (en solitaire).

En quête d’apaisement(en groupe) qu’une pratique dépressive (en solitaire). Ne parlons donc plus de sociabilité, c’est être «

Ne parlons donc plus de sociabilité, c’est être « hors sujet » ! Le produit a désormais principalement une fonction « anesthésiante » (de la réalité). L’on consomme pour « déstresser », se sentir mieux, pour retrouver un équilibre, pour éviter l’ennui. Il s’agit rarement de plaisir, aujourd’hui.

Le jeune consommateur de cannabis a souvent une mauvaise estime de lui-même liée à une angoisse dans la relation à l’autre, et sur laquelle le produit a un effet provisoirement apaisant.

La consommation régulière de cannabis est souvent associée à d’autres consommations régulières, comme celles du tabac et de l’alcool (principalement chez les garçons).

L’un des dangers identifiés est que, plus la consommation est élevée, plus elle est dangereuse, et moins elle est perçue comme telle par les intéressés (qui placent le danger plutôt du côté des « drogues dures »).

Mais, rassurons-nous, les experts sont unanimes à dire qu’il n’existe pas de preuve scientifique d’un lien de causalité directe entre consommation de cannabis et expérimentation d’autres drogues.

Dangers

8-12 ansde cannabis et expérimentation d’autres drogues. Dangers — Comme sur d’autres sujets, il faut éviter le

— Comme sur d’autres sujets, il faut éviter le cours de morale. Mais ne pensez pas que le cannabis ne concerne que les

adolescents plus âgés, et seulement les garçons : même s’ils restent majoritaires, les filles consomment aussi, mais moins, c’est tout.

— On sait qu’aujourd’hui le premier joint se fume dès 12 ans (en lieu et place de la bonne vieille cigarette). Certains indices

peuvent attirer l’attention : les yeux rougis, un fléchissement subit et incompréhensible des résultats scolaires, de nouvelles

fréquentations…

— Mais n’éprouvez aucune honte si votre enfant consomme. Parlez-en avec lui. Rien n’est plus dramatique que de garder le silence. Et si l’addiction est là, trouvez ensemble les moyens d’y mettre fin.

Autres âgesest là, trouvez ensemble les moyens d’y mettre fin. — Ne dites pas que le cannabis

— Ne dites pas que le cannabis est une « drogue douce ». Il n’y a pas de « drogues douces » ni de « drogues dures », il existe seulement des usages qui, pour chaque produit, peuvent être « modérés » ou « intensifs ».

— Si, d’après tous les experts, il n’existe pas de réelle dépendance physique au cannabis, il existe une dépendance

psychologique, avec craving (envie irrépressible), surtout dès lors que le sujet a commencé à fumer tôt, et qu’il consomme

quotidiennement (jusqu’à 15 joints quelquefois).

Propositions

(jusqu’à 15 joints quelquefois). Propositions Tous âges — Donner une information sur la nature, la

Tous âges

— Donner une information sur la nature, la nocivité des produits n’est jamais inutile (mais il faut savoir que cette

connaissance modifie rarement les comportements).

— Quels sont les vrais dangers ? Ils sont du côté d’une consommation « régulière et abondante ». Celle-ci altère en effet une

zone spécifique du cerveau, la substance blanche, qui entraîne une baisse de l’attention et de la mémoire. Elle peut aussi provoquer une diminution de l’activité de certains neurotransmetteurs. Le taux de dopamine en particulier, impliqué dans les processus de plaisir, peut chuter jusqu’à 20 %, un niveau inconnu chez un sujet « normal ». Sachez encore que le « joint » fait inhaler de 6 à 7 fois plus de goudrons et de monoxyde de carbone qu’une cigarette. D’où un risque de cancers (gorge, lèvre, poumon…) démultiplié. — En conclusion, rassurez du mieux que vous pouvez vos enfants pour qu’ils retrouvent confiance en eux. Le vrai problème, en effet, n’est pas le produit, mais le problème qu’il masque : un sentiment d’abandon, une tristesse, un traumatisme dans l’enfance. Luttez contre cette détresse.

qu’il masque : un sentiment d’abandon, une tristesse, un traumatisme dans l’enfance. Luttez contre cette détresse.
qu’il masque : un sentiment d’abandon, une tristesse, un traumatisme dans l’enfance. Luttez contre cette détresse.
Chambre

Chambre

Chambre
 

Bon à savoir

 

La chambre est à la fois le lieu d’autonomie et l’espace d’évasion de l’adolescent. Là, il est à la fois dedans et dehors, dans l’espace familial et dans l’espace-monde (grâce à Internet qui le transporte aux quatre coins de la planète).

La chambre doit être considérée comme un territoire privé. L’écriteau : « Défense d’entrer » est donc on ne peut plus justifié.

 

Dangers

 
  Tous âges  

Tous âges

 
 

La chambre de votre fils/votre fille n’est pas rangée, et cela vous ennuie, vous qui, bien sûr, êtes très ordonné. Vous devez éviter de tenir ce langage : « Mon pauvre garçon/ma pauvre fille, tu es décidément bien désordonné(e). Tu vas me ranger ton bazar, tout de suite. » C’est la manière forte, autoritaire, et souvent sans effet : c’est amplement démontré !

Vous devez tout autant éviter de ranger la chambre à la place de l’adolescent.

 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

Voici plutôt ce qu’il faut dire : « Le désordre de ta chambre me gêne.

Voici plutôt ce qu’il faut dire : « Le désordre de ta chambre me gêne. Il gêne aussi notre femme de ménage qui m’a dit l’autre jour qu’elle n’y arrivait plus avec ton capharnaüm et qu’elle allait probablement nous quitter. Tu le sais, travaillant toute la journée, j’ai besoin d’elle. Ce serait donc sympa que nous lui facilitions la tâche. Qu’en penses-tu ? Je te remercie des efforts que tu pourras faire en ce sens. » Cela est la manière fine, démocratique, empathique, et croyez-moi terriblement efficace.

tu pourras faire en ce sens. » Cela est la manière fine, démocratique, empathique, et croyez-moi
Collège

Collège

Collège

Bon à savoir

Le collège est l’école des adolescents par excellence. Même si, nous le savons, les premiers adolescents se rencontrent dans le primaire, à partir du CE2, c’est bien au collège que, principalement, la vie des adolescents se déroule, pour le meilleur et, quelquefois, pour le pire (violences, consommation de tabac, de cannabis). Nous n’évoquerons pas ici, faute de temps, la scolarité proprement dite, les programmes.

Notons seulement que c’est au collège que se dessinent souvent les mauvais destins sociaux par le biais des orientations- exclusions (des filières d’excellence), des mauvaises appréciations de certains enseignants, des stigmatisations diverses dont font l’objet certains élèves. Il s’ensuit démotivations et découragement, dégoût de l’école, et bientôt absentéisme (voir « Échec amoureux, échec scolaire », p. 125). Le collège est le lieu de sociabilité des adolescents. S’y développent à la fois des fraternités, des plaisirs, mais aussi des inimitiés fortes.

Dangers

8-12 ans et 13-14 ansdes plaisirs, mais aussi des inimitiés fortes. Dangers N’exigez pas trop de vos enfants. Ne vous

N’exigez pas trop de vos enfants. Ne vous polarisez pas sur les seules matières « nobles » comme les maths ou le français. Vos enfants sont peut-être meilleurs en sport ou en guitare. Ce sont aussi des compétences qui, de surcroît, ne sont pas données à tout le monde. Et puis, la scolarité est une chose, la camaraderie en est une autre. Laissez vos collégiens vivre également leur « vie de groupe ». Le temps du collège est aussi le « temps des copains ».

15-18 ansLe temps du collège est aussi le « temps des copains ». Non concernés. Propositions 8-12

Non concernés.

Propositions

8-12 ans et 13-14 anstemps des copains ». 15-18 ans Non concernés. Propositions Souvent présenté comme le « maillon faible

Souvent présenté comme le « maillon faible » du système scolaire, le collège est une étape importante dans la vie de vos enfants. Parfois, ils aimeraient être ailleurs qu’« enfermés » dans une salle de classe, mais personne n’a le choix – obligation scolaire oblige ! Alors, valorisez tout ce qu’ils font de bien et oubliez un peu le reste.

15-18 ansobligation scolaire oblige ! Alors, valorisez tout ce qu’ils font de bien et oubliez un peu

Non concernés.

Non concernés.

Non concernés.
Conduites d’excès

Conduites d’excès

Conduites d’excès
 

Bon à savoir

 

Si la « prise de risque » n’est finalement pas plus « naturelle » à l’adolescence que « la crise pubertaire » (beaucoup d’adolescents, garçons ou filles, n’aiment pas le risque), force est de reconnaître que certains adolescents se mettent parfois en danger en ne prenant pas les précautions d’usage pour éviter des accidents.

Les uns par exemple font du ski hors piste, les autres, à partir de 10-11 ans, rechignent (mais comme les adultes) à porter le casque lorsqu’ils pratiquent ce sport (observation qui vaut aussi pour les adeptes du roller).

Dangers

 
  Tous âges

Tous âges

 

Ne jamais dire : « Tu vas me mettre des protections pour aller skier, que cela te plaise ou non. Je ne veux pas que tu nous reviennes avec une fracture du crâne ! »

 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

Dire : « Je suis inquiet des accidents de ski : il y en a

Dire : « Je suis inquiet des accidents de ski : il y en a des milliers par an et l’on dit que 20 % des accidentés souffrent de lésions de la tête et de traumatismes crâniens. J’ai lu, l’autre jour, une enquête canadienne (de février 2010) qui indique que le port du casque permet de réduire ce risque de 35 %. Tu sais combien tu comptes pour nous, je ne voudrais pas qu’il t’arrive pareil accident. »

ce risque de 35 %. Tu sais combien tu comptes pour nous, je ne voudrais pas
Conformisme

Conformisme

Conformisme

Bon à savoir

On fustige quelquefois le conformisme des adolescents en les comparant à des « moutons de Panurge ». Vieille rengaine des « ados » « habillés tous pareils », dépourvus de tout esprit critique ! La réalité est pour le moins quelque peu différente. Le conformisme, qui s’abat sur les « années-collège », est en réalité moins un choix qu’une contrainte (parfois épouvantable). Comme le note cette adolescente de 14 ans : « Le monde des “ados” est très dur et ne laisse rien passer… Si l’on n’est pas conforme à la mode, que ce soit pour les vêtements, la musique, si l’on n’est pas ami avec les gens qu’il faut, si l’on n’aime pas les fêtes, ou ce genre de choses, on a très vite fait d’être rejeté par cette société de jeunes. »

Chaque adolescent est en permanence sous le regard (c’est-à-dire la critique) des autres, et ce n’est pas toujours facile à vivre.

Dangers

8-12 ansautres, et ce n’est pas toujours facile à vivre. Dangers Ne jamais dire : « Les

Ne jamais dire : « Les marques (vestimentaires), ce n’est pas important, reste-toi même, tu vaux mieux que tous ces clones. »

13-14 ansreste-toi même, tu vaux mieux que tous ces clones. » Dès lors que la tenue de

Dès lors que la tenue de l’adolescent est décente, ne critiquez pas ses choix. En 2013, l’on n’aime ni les mêmes musiques ni les mêmes distractions qu’autrefois. Et il en sera toujours ainsi.

15-18 ansdistractions qu’autrefois. Et il en sera toujours ainsi. Regardez, admirez même si vous voulez, mais ne

Regardez, admirez même si vous voulez, mais ne jugez pas.

Propositions

8-12 ansmême si vous voulez, mais ne jugez pas. Propositions Il faut apprendre aux jeunes adolescents à

Il faut apprendre aux jeunes adolescents à savoir affirmer leurs véritables goûts (qui peuvent ne pas être ceux du groupe). Mais il faut le faire avec intelligence : un adolescent doit suivre, au moins en partie, les codes de son groupe d’appartenance. Sinon, c’est l’exclusion garantie.

13-14 ansd’appartenance. Sinon, c’est l’exclusion garantie. Sachez apprécier les goûts de vos enfants – jusqu’à

Sachez apprécier les goûts de vos enfants – jusqu’à l’enthousiasme quelquefois. C’est reconnaître la valeur de leurs choix.

15-18 ansquelquefois. C’est reconnaître la valeur de leurs choix. La liberté vestimentaire fait partie aujourd’hui des

La liberté vestimentaire fait partie aujourd’hui des grandes libertés adolescentes.

La liberté vestimentaire fait partie aujourd’hui des grandes libertés adolescentes.

La liberté vestimentaire fait partie aujourd’hui des grandes libertés adolescentes.
Conseils d’enfants et de jeunes

Conseils d’enfants et de jeunes

Conseils d’enfants et de jeunes
 

Bon à savoir

 

Les conseils municipaux d’enfants ont été institués en 1979. Ils permettent à de jeunes volontaires, de tous âges, de développer toutes sortes d’initiatives et de s’inscrire dans la vie de leur quartier ou de leur commune, en menant à bien différents projets.

Ces conseils sont un lieu d’expression démocratique et d’apprentissage de la citoyenneté. La coordination en est généralement confiée à l’adjoint au maire élu à la jeunesse ou à son représentant et son fonctionnement à un « animateur ».

Dangers

 
  Tous âges

Tous âges

 

Ne détournez pas vos enfants de cette expérience citoyenne. Ils en sortent généralement grandis.

 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

Cette démocratie pour les jeunes est utile. Vivez-la comme un engagement, comme une première marche

Cette démocratie pour les jeunes est utile. Vivez-la comme un engagement, comme une première marche de responsabilité. Encouragez donc vos enfants à s’impliquer dans la vie de la cité.

comme une première marche de responsabilité. Encouragez donc vos enfants à s’impliquer dans la vie de
Consommation

Consommation

Consommation

Bon à savoir

L’adolescent est de plain-pied avec son temps. Il est donc, comme chacun d’entre nous, un consommateur, et plutôt un gros consommateur. Le problème est que pour lui, comme pour ses aînés, le nombre de produits qui sont à sa « disposition » se développe plus rapidement que les moyens monétaires pour les acquérir. Ce décalage a des incidences importantes ; il crée de la frustration, surtout chez les adolescents les plus démunis, qui peuvent alors être conduits à recourir à des procédés illégaux pour obtenir les produits qu’ils convoitent.

Malgré tout, nous l’avons dit, les adolescents ont de l’argent. Cet argent qui fascine. Et, si l’on en croit un sondage du site Aufeminin.com , réalisé en novembre 2012 auprès d’un millier de mères, c’est ce que plus d’un tiers (34 %) des enfants réclament aujourd’hui pour leur Noël. Viennent ensuite le Smartphone (25 %), puis les jeux et les jouets (23 %). Chez les 13- 18 ans, la demande d’argent concerne 40 % et celle de Smartphone ou de tablette 40 % aussi.

Dangers

8-12 ans% et celle de Smartphone ou de tablette 40 % aussi. Dangers Rien ne sert de

Rien ne sert de fustiger la « société de consommation », nous en sommes tous dépendants… plus ou moins.

Autres âges», nous en sommes tous dépendants… plus ou moins. Puisque vos enfants ont de l’argent, qu’ils

Puisque vos enfants ont de l’argent, qu’ils consomment ! S’ils consomment mal, ils l’apprendront vite à leurs dépens. C’est ainsi, après tout, que l’on acquiert de l’expérience.

Propositions

8-12 anstout, que l’on acquiert de l’expérience. Propositions L’argent de poche, dont nous avons parlé, est un

L’argent de poche, dont nous avons parlé, est un bon moyen pour « consommer utile ». Les très jeunes sont, nous l’avons vu, sous la tentation permanente de la consommation : les vitrines sont si alléchantes. Apprenez à vos enfants qu’il faut parfois savoir différer un achat pour en faire un plus important plus tard.

Autres âgesun achat pour en faire un plus important plus tard. Munis de leur argent, les 13-18

Munis de leur argent, les 13-18 ans sont maintenant assez grands pour savoir ce qu’ils

Munis de leur argent, les 13-18 ans sont maintenant assez grands pour savoir ce qu’ils ont à faire.

Munis de leur argent, les 13-18 ans sont maintenant assez grands pour savoir ce qu’ils ont
Convention internationale des Droits de l’Enfant

Convention internationale des Droits de l’Enfant

Convention internationale des Droits de l’Enfant
 

Bon à savoir

 

La Convention internationale des Droits de l’Enfant, que la France a signée et ratifiée en 1990, est le premier instrument juridique international ayant force obligatoire qui énonce une série de droits de l’enfant dans les domaines civil, culturel, économique, politique et social.

En 1989, les États ont décidé que les enfants (entendus au sens de « mineurs civils » : 18 ans en France) devaient avoir un texte spécial les protégeant en différents domaines. En cinquante-quatre articles et deux protocoles facultatifs, la Convention a donc énoncé les droits fondamentaux qui sont ceux de tous les enfants du monde. Parmi ceux-ci, le droit à la vie, le droit de se développer normalement, le droit d’être protégé contre les influences nocives, les mauvais traitements et l’exploitation, le droit de participer à part entière à la vie familiale, culturelle et sociale, le droit à l’intimité, le droit de réunion, d’association, d’expression, etc.

Tous les droits reconnus dans la Convention sont inhérents à la dignité humaine et au développement harmonieux des enfants et des adolescents. La Convention fixe ainsi des normes en matière de soins de santé, d’éducation et de services juridiques, civils et sociaux.

En acceptant d’honorer les obligations stipulées dans la Convention (en la ratifiant ou en y adhérant), les gouvernements se sont engagés à défendre et à garantir les droits des enfants, ainsi qu’à répondre de ces engagements devant la communauté internationale. Les États parties à la Convention sont tenus de concevoir et de mettre en œuvre des mesures et des politiques qui tiennent compte de l’intérêt supérieur de l’enfant.

Dangers

 
  Tous âges

Tous âges

 

Il ne faut pas cacher cette Convention aux enfants et aux adolescents mineurs. Les droits qui y sont définis les protègent et leur donnent les moyens d’être des acteurs dans la société.

 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

Les parents connaissent mal, voire pas du tout cette convention. Il est donc important que

Les parents connaissent mal, voire pas du tout cette convention. Il est donc important que vous la lisiez attentivement. Puis que vous la lisiez ou la fassiez lire à vos enfants. Il sera temps ensuite d’en discuter librement avec eux.

Puis que vous la lisiez ou la fassiez lire à vos enfants. Il sera temps ensuite
Corps

Corps

Corps
 

Bon à savoir

Le corps est pour l’adolescent à la fois une découverte et une conquête. Une découverte qui le conduit à en explorer les parties les plus intimes. On sait combien la masturbation occupe à cet âge une place importante, avec curieusement, ici, un discours assez paradoxal des adultes. Comme dit le psychanalyste Joël Clerget, « imaginairement, il [ce discours] fait d’elle un point de passage de l’adolescence, sans en reconnaître l’effectivité »… et, ajouterons-nous, une « vraie légitimité ».

Si l’on admet donc qu’il est normal que le jeune enfant explore son corps pour le connaître, l’on semble plutôt, quoique plus discrètement qu’autrefois, s’offusquer que l’adolescent prenne possession du sien. Car, comme nous le disions, le corps est une conquête pour l’adolescent. Voilà au moins une chose qui lui appartient et qu’on ne peut lui contester. On trouve là sans doute la vraie raison qui le pousse à ne plus vouloir le montrer. C’est donc moins par pudeur qu’il ferme la porte de la salle de bains à l’arrivée des parents que pour leur signifier son droit à sa propre intimité.

On dit que l’adolescent a tendance à cacher ce corps parce qu’il ne l’aime pas, qu’il lui fait peur, qu’il ne le reconnaît pas, que c’est un « corps étranger », « indésirable », bref qu’il est pour lui une source de préoccupations et d’angoisses. MAIS NON, l’adolescent a un rapport à son corps moins conflictuel qu’on le pense d’ordinaire. MAIS NON, il n’a pas ce sentiment d’étrangeté qu’on lui prête. Plus des trois quarts des adolescents se disent « bien portants », tandis que seulement un quart des parents ont ce sentiment et pensent au contraire que leurs enfants sont « mal dans leur peau ».

Dangers

8-12 ans et 13-14 ans 

 

Le corps est quelque chose que, tout petit déjà, l’enfant aime parer. Bracelets, colliers, petits bijoux font partie de

l’ornement corporel. Personne ne s’en offusque plus.

 

Devenu adolescent, ce souci demeure, ne le contrariez pas ! Accompagnez-le en donnant votre sentiment sur les choix qu’il fait.

 

15-18 ans 

 

La parure du corps se fait plus méthodique. Les envies de tatouages ou de piercings peuvent alors se faire plus pressantes. Dès lors que ces inscriptions ne présentent pas de risque pour la santé, elles ne sont pas un outil d’exhibitionnisme. Ne soyez donc pas dans la tentation de l’interdit.

 

Propositions

8-12 ans et 13-14 ansdans la tentation de l’interdit.   Propositions Sachant que tatouages et piercings ne sont pas

Sachant que tatouages et piercings ne sont pas nécessairement l’expression d’un mal-être, d’une souffrance particulière, vous accepterez que vos enfants recherchent l’originalité. On le sait, il faut savoir se distinguer dans le monde adolescent. Cependant, les limites de la décence doivent être respectées et la santé préservée. On ne pose pas, sans risque, un piercing ou un tatouage n’importe où sur le corps. D’ailleurs, tant que vos enfants sont mineurs, rien ne peut être fait sans votre consentement. Entre 8 et 12 ans, conseillez plutôt les décalcomanies, ces tatouages que l’on retire à son gré.

 

15-18 ans 

Discutez entre personnes « responsables » des risques réels de ces nouvelles pratiques de marquage

Discutez entre personnes « responsables » des risques réels de ces nouvelles pratiques de marquage du corps. Car les risques sont réels : l’infection, la contamination. Et puis il y a la douleur liée aux inscriptions corporelles, qui pour certaines seront ensuite ineffaçables, sauf à subir une douleur encore plus grande au moment de l’effaçage. Il faut donc choisir un bon professionnel, installé dans des locaux propres, utilisant un matériel stérilisé.

Il faut donc choisir un bon professionnel, installé dans des locaux propres, utilisant un matériel stérilisé.
Crise parentale

Crise parentale

Crise parentale
 

Bon à savoir

 

S’il existe une « crise » dont la réalité n’est pas douteuse (au contraire de la « crise d’adolescence »), une « crise » qui se produit généralement à l’âge de l’adolescence des enfants, c’est bien celle des parents, que l’on nomme, soit « crise du milieu de la vie », soit « crise de la maturité ». Sait-on que, dans les années 1950 encore, « l’âge critique » était d’ailleurs constitué par la seule ménopause des femmes ?

Avec la « naissance » de l’adolescent, le parent éprouve un sentiment de « perte » (de l’enfant et, plus encore, de son pouvoir sur lui). Il a soudainement l’impression de ne plus être utile à rien. Certains parents en ressentent alors une profonde angoisse (l’« ado-blues » ?). Angoisse avivée par un autre sentiment, celui de sa propre finitude : un enfant qui grandit, n’est-ce pas un parent qui vieillit ? Et puis le petit enfant servait d’équilibre conjugal, faisait oublier les heurs et malheurs du couple. À cet instant, celui-ci se retrouve face à lui-même. C’est parfois insupportable. C’est, faut-il le rappeler, à l’âge de l’adolescence que les parents, âgés en moyenne de 40-50 ans (milieu de vie), se séparent le plus. C’est aussi à ce moment que les difficultés professionnelles peuvent s’accroître, les licenciements se profiler.

Dangers

 
  Tous âges

Tous âges

 

Ne faites pas de vos enfants les « boucs émissaires » de vos difficultés, qu’elles soient physiologiques (pour vous surtout, les mamans), conjugales, financières ou professionnelles.

 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

Il vous faut accomplir le processus de « séparation » d’avec votre enfant (qui, précisément,

Il vous faut accomplir le processus de « séparation » d’avec votre enfant (qui, précisément, n’en est plus un). C’est difficile, chacun en convient. Mais l’heure est venue de traiter cet « enfant » comme ce qu’il est devenu : une personne adolescente.

en convient. Mais l’heure est venue de traiter cet « enfant » comme ce qu’il est
Délinquant

Délinquant

Délinquant
 

Bon à savoir

 

Il existe de jeunes délinquants, que l’on appelle « mineurs » dans le Code pénal. Si l’on se réfère aux statistiques du ministère de la Justice (pour l’année 2010), il apparaît que les mineurs sont d’abord condamnés pour des atteintes aux biens (un peu plus de 20 % du total de ces atteintes), puis pour des atteintes à la personne (20 %), pour des atteintes à la sûreté publique (15 %), pour commerce et transport d’armes (12-13 %), pour atteintes à l’ordre administratif et judiciaire (un peu plus de 10 %), pour infractions aux stupéfiants (7 %).

Il existe, parmi ces mineurs, des adolescents meurtriers. Chacun se souvient du drame du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire) en novembre 2011. Le 16 de ce mois, Agnès, 13 ans, disparaît soudainement. Le lendemain, Matthieu, 17 ans, scolarisé dans le même internat que l’adolescente, est placé en garde à vue et reconnaît partiellement être mêlé à cette histoire. Le 18, grâce aux indications du jeune homme, le corps calciné de la jeune fille est découvert dans une forêt du Chambon. Le 19, le parquet de Clermont-Ferrand ouvre une information judiciaire pour assassinat et viol sur mineure de moins de 15 ans. Matthieu est écroué (il était sous contrôle judiciaire après sa mise en examen pour un précédent viol commis durant l’été 2010, dans le Gard).

Chacun se souvient encore du quadruple meurtre de ses parents et de ses frères jumeaux, perpétré, en 2009, par Andy, 16 ans. Jugé irresponsable en novembre 2012, le jeune homme est interné.

Ces actes particulièrement choquants sont fortement médiatisés, d’où cette impression d’ampleur du phénomène, mais il faut rappeler que moins de 2 % des homicides sont imputables à des mineurs. C’est une situation très différente de la situation américaine où, à cause de rivalités entre bandes très armées, le meurtre d’adolescents commis par d’autres adolescents est une réalité quotidienne.

Il existe enfin des « délinquants malgré soi », une nouvelle race de délinquants en quelque sorte, qui commettent des délits sans savoir que ce sont des délits. La Toile offre ici le meilleur exemple de cette délinquance « non intentionnelle », souvent très toxique. C’est l’adolescent (qui peut être une fille) qui fait circuler des rumeurs sur untel ou untel, ou unetelle ou unetelle, de sa classe ou qui va montrer des images de sa professeure, filmée à son insu, dans des situations désavantageuses pour elle.

Dangers

 
  Tous âges

Tous âges

 

Pour regrettable qu’elle soit, une infraction ne fait pas un délinquant. Il y a (beaucoup, du reste) de délinquance occasionnelle. Si vous êtes audacieux, vous irez même jusqu’à penser que le « délinquant », ça n’existe pas, qu’il n’y a que des individus qui, à un moment de leur vie, commettent des actes d’infraction à la loi. Bien entendu, tenir de pareils propos, ce n’est pas « couvrir » la faute de l’adolescent dont il vous appartient de rappeler que le droit chemin vaut toujours mieux que les « chemins de traverse » !

 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

La délinquance cache souvent un mal-être, des besoins non satisfaits. Tendez l’oreille. Rassurez.

La délinquance cache souvent un mal-être, des besoins non satisfaits. Tendez l’oreille. Rassurez.

La délinquance cache souvent un mal-être, des besoins non satisfaits. Tendez l’oreille. Rassurez.
Désir

Désir

Désir
 

Bon à savoir

 

L’homme est un être de désirs. À tout âge ! D’abord, l’enfant a le désir de soi : c’est son narcissisme à lui (qui conduit à l’amour de soi – un amour nécessaire –, amour bien compris commence en effet par soi-même).

Ce désir est, dans un premier temps, associé au désir de ses parents (l’enfant veut se marier avec son papa ou sa maman).

L’adolescent a, au début de son adolescence, disent les psys, ce même désir (nous n’en sommes pas très sûrs, personnellement), puis il acquiert, notamment dans la relation amoureuse, le désir sexuel de l’autre. Parfois, quand il va très mal, il est au contraire dans le désir de mort.

Dangers

 
  Tous âges

Tous âges

 

Il ne faut pas nier la légitimité du désir. Nous en avons tous, et en grand nombre. La vie, fort heureusement, n’est pas faite que de devoirs.

 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

Au-delà du désir, il y a le plaisir qui donne sens à nos vies. L’homme

Au-delà du désir, il y a le plaisir qui donne sens à nos vies. L’homme est en vie tant qu’il éprouve du désir pour quelqu’un ou pour quelque chose.

qui donne sens à nos vies. L’homme est en vie tant qu’il éprouve du désir pour
Détenu

Détenu

Détenu
 
  Le chiffre-clé

Le chiffre-clé

 

Au 1 er mai 2011, 791 mineurs étaient incarcérés en France.

 

Bon à savoir

 
 

Un mineur condamné à une peine d’emprisonnement doit être placé, soit dans un établissement spécial pour mineurs (il en existe une dizaine), soit dans une prison ordinaire, mais disposant d’un quartier spécial pour mineurs. Dans ce dernier cas, les mineurs sont, théoriquement, séparés des détenus majeurs. Les détenus âgés de moins de 16 ans doivent suivre une scolarité normale, ceux plus âgés peuvent bénéficier d’une formation scolaire adaptée.

Le mineur emprisonné est pris en charge dès son arrivée par des personnels pénitentiaires spécialement attachés à la prise en charge de cette jeune population. Des éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) interviennent également.

Alors que le personnel de surveillance assure, sous tous ses aspects, le bon fonctionnement du quartier et suit au quotidien chaque mineur, les personnels médicaux (qui dépendent d’un hôpital civil) assurent la prise en charge médicale, et organisent des actions de prévention. Des enseignants de l’Éducation nationale conduisent enfin des activités pédagogiques permettant aux jeunes détenus, nous l’avons dit, de poursuivre ou de reprendre leur scolarité.

Dès sa sortie de prison, le mineur est pris en charge par sa famille ou par un service éducatif de la Protection judiciaire de la jeunesse.

Dangers

 

8-12 ans   

 
 

Peu concernés par cette question.

 

Autres âges   

 
 

Il n’est pas facile d’être parents d’un jeune détenu. Cela suppose une bonne organisation de vie. Il y a en effet des jours et des heures spécifiques pour les visites. Il y a un temps de transport à prendre en compte. Il y a la rancœur que certains parents peuvent éprouver envers leurs enfants qui n’ont pas respecté la loi. Mais ne les abandonnez pas.

 

Propositions

 

8-12 ansMais ne les abandonnez pas.   Propositions     Peu concernés par cette question.   Autres

 

Peu concernés par cette question.

 

Autres âges   

 
Il faut soutenir les adolescents dans leur nouvelle vie carcérale, qui est difficile. La détention

Il faut soutenir les adolescents dans leur nouvelle vie carcérale, qui est difficile. La détention reste une épreuve, et plus encore pour les plus jeunes. Le réconfort familial est important.

difficile. La détention reste une épreuve, et plus encore pour les plus jeunes. Le réconfort familial
Deuil

Deuil

Deuil
 

Bon à savoir

 

Dans la tradition psychanalytique classique, l’adolescent, confondu injustement, répétons-le, avec le pubère, doit faire le « deuil de l’enfance », c’est-à-dire rompre avec « le refuge maternel intériorisé psychiquement » (Alain Braconnier), pour accéder à l’autonomie.

Mais l’adolescent ne demande que ça : faire le deuil. Ce sont les parents qui, très souvent, s’y refusent. Pour eux, « faire le deuil de l’enfance » équivaut à faire le « deuil du pouvoir ».

Mais venons-en au « vrai » deuil (touchant les êtres vivants). Les adolescents, plus encore que les enfants, sont éprouvés par la disparition d’un proche ou d’un ami/d’une amie. Il leur est parfois difficile d’exprimer (surtout les garçons) leurs émotions, qu’ils dissimulent souvent pour ne pas apparaître faibles. Si le disparu est un parent (père ou mère) ou un membre plus jeune de la fratrie, l’adolescent va quelquefois avoir tendance à se comporter en « chef de famille », refoulant ainsi sa douleur personnelle, ou du moins en la déplaçant du centre de l’attention de ses proches.

Un décès peut aussi déclencher chez l’adolescent une formidable colère et l’entraîner à des prises de risque compensatoires. La colère peut être dirigée contre le défunt lui-même ou contre sa famille, voire contre le monde entier rendu responsable.

 

Dangers

 
Tous âges

Tous âges

 
 

Il ne faut stigmatiser ni le silence de l’adolescent (qui peut être terriblement affecté par la disparition de l’être aimé), ni son débordement d’émotions (qui peuvent vous paraître excessives).

 

Propositions

Tous âges

Tous âges

 

Vous devez respecter le besoin d’isolement de votre enfant ou au contraire ses envies presque frénétiques de sorties avec

des copains. C’est sa façon d’oublier son chagrin.

 

Il est important de vous rappeler que vous êtes là pour l’aider et le soutenir dans l’épreuve. Certains adolescents accablés

par la douleur peuvent se réfugier dans les stupéfiants interdits et l’alcool. Ces produits n’apportent cependant qu’un répit provisoire, anesthésiant en quelque sorte le chagrin, mais à longue échéance ils ne parviennent qu’à compromettre le travail nécessaire de deuil. D’autres adolescents peuvent évoquer le suicide, une idée, nous le verrons, qu’il faut toujours prendre au sérieux.

 
— Quand le mal-être perdure ou s’aggrave, il faut chercher à consulter.

Quand le mal-être perdure ou s’aggrave, il faut chercher à consulter.

— Quand le mal-être perdure ou s’aggrave, il faut chercher à consulter.
Drogues

Drogues

Drogues
 

Bon à savoir

 

Si le cannabis reste le premier produit toxique illicite consommé par les adolescents (il concerne 41,7 % des jeunes de 17 ans), arrive en 2 e position, mais loin derrière, le « poppers » (testé par 9 %), suivi de la cocaïne (3 %), de l’ecstasy (2 %) et de l’héroïne (1 %). S’agissant plus spécifiquement des 15-19 ans, le Baromètre santé de l’INPES pour l’année 2010 indique les chiffres suivants : champignons hallucinogènes (1,5 %), cocaïne (1,4 %), ecstasy et MDMA (1,2 %), amphétamines (1 %) et héroïne (0,2 %).

Les jeunes connaissent très bien les noms de tous ces produits qui existent sur le marché, et de plus en plus tôt, mais ils n’en connaissent généralement pas les vrais dangers (pour leur santé). Fort heureusement, les niveaux de consommation, comme nous venons de le voir, restent faibles.

Cependant, en Europe, l’essor des drogues de synthèse inquiète de plus en plus les autorités. Rappelons qu’en 2011, 49 nouvelles substances psychoactives – soit près d’une par semaine – ont été officiellement identifiées. Une enquête de 2011 indique que 5 % des jeunes Européens de 15-24 ans ont déjà consommé des « euphorisants légaux » (substances psychoactives non réglementées ou produits annoncés comme contenant de telles substances, qui sont spécifiquement conçues pour limiter les effets des substances contrôlées). Principaux pays touchés : l’Irlande (16 %), puis la Lettonie, la Pologne et le Royaume- Uni (chacun 10 %).

Dangers

 
  Tous âges

Tous âges

 

Il ne faut ni exagérer ni sous-évaluer le problème. Un fumeur occasionnel de joint n’est pas un toxicomane, mais cette consommation n’est jamais innocente. Elle doit vous interpeller. Ne pensez pas que vous pourrez, dans tous les cas, résoudre le problème seul. N’hésitez donc pas à consulter un tiers, qu’il soit pharmacien, médecin, conseiller familial. Évitez la colère ou les grandes envolées du genre : « Comme tu me déçois ! »

 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

Vous devez vous informer sur ces produits : leurs effets, leurs dangers. Certains effets sont

Vous devez vous informer sur ces produits : leurs effets, leurs dangers. Certains effets sont d’abord positifs, comme la griserie, le sentiment de puissance, la désinhibition : il faut les indiquer pour être crédibles à l’égard des adolescents. Avec l’énonciation ensuite des effets négatifs, rappelez également les interdictions légales et les risques encourus avec la transgression de la loi. Mais, surtout, sachez faire preuve d’empathie et n’ayez pas honte d’exprimer votre inquiétude. Dites clairement : « Je suis inquiet », « Je me sens tellement impuissant ». Et puis offrez le dialogue.

inquiétude. Dites clairement : « Je suis inquiet », « Je me sens tellement impuissant ».
Droits

Droits

Droits

Tel un migrant, l’adolescent devra camper dans les faubourgs de la vie.

ANDRÉ BURGUIÈRE, HISTORIEN, 1978

 

Bon à savoir

 
 

Bruno Bettelheim disait, dans Les Enfants du rêve, ouvrage qui a été publié en France en 1972, que « ce qui cause la révolte de l’adolescence c’est le fait qu’une société garde trop longtemps la nouvelle génération dans un état de dépendance – trop longtemps en termes de maturité sexuelle et d’efforts vers l’indépendance ».

Jusqu’à leur majorité civile, fixée à 18 ans depuis 1974, les jeunes sont en effet, essentiellement, des mineurs juridiques, qui ne disposent que d’un minimum de droits : ce n’est que progressivement qu’ils entrent dans les responsabilités, à partir de seuils d’âges différenciés.

Entre 10 et 18 ans, apparaissent ainsi les premiers droits pour les adolescents. En voici les principaux : à 10 ans, le droit de regarder les spectacles qui leur étaient interdits jusqu’alors, le droit d’occuper la place avant passager dans la voiture d’un adulte ; à 12 ans, le droit d’ouvrir un livret jeune dans un établissement bancaire ; à 14 ans le droit de conduire un véhicule à deux roues (type scooter, mais de faible cylindrée), de travailler la moitié des vacances scolaires à condition que les travaux ne soient pas pénibles ; à 15 ans, c’est la majorité sexuelle ; à 16 ans, le droit d’ouvrir un compte bancaire personnel, d’arrêter théoriquement d’aller en classe (fin de l’obligation scolaire), c’est le droit de signer un premier contrat de travail et d’adhérer à un syndicat de son choix, de créer une association (depuis 2011), de commencer la conduite automobile accompagnée, de devenir sapeur-pompier volontaire, d’effectuer le service civique ; à 17 ans, le droit de s’engager dans l’armée, de passer le Bafa (Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur), etc.

Faut-il aller plus loin et abaisser par exemple l’âge de la majorité civile ? Chez les spécialistes, les avis sont partagés. Françoise Dolto était favorable à cet abaissement, situant le nouveau palier à l’âge de la puberté. D’autres, comme le psychiatre Patrice Huerre, verraient bien une majorité civile à 15 ans. À titre personnel, nous ne sommes pas favorables à cette évolution, non pas parce que nous pensons que des garçons et des filles de moins de 18 ans soient incapables d’assumer les droits de la majorité, mais parce que, dans le contexte social et économique actuel, où la dépendance financière des jeunes s’accroît, ce serait, nous semble-t-il, un bien mauvais service à leur rendre que de les abandonner trop vite à une vie adulte sans les moyens d’y faire face.

Dangers

 
  Tous âges

Tous âges

 

Les droits sont faits pour être exercés. Ne les contrariez pas. Avec les droits naissent les responsabilités qui permettent de devenir adultes.

 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

Soyez fiers d’enfants prenant en main leur destinée, prêts à s’engager au service des autres

Soyez fiers d’enfants prenant en main leur destinée, prêts à s’engager au service des autres (en entrant dans l’armée ou en créant une association, par exemple).

prêts à s’engager au service des autres (en entrant dans l’armée ou en créant une association,
Échec amoureux, échec scolaire

Échec amoureux, échec scolaire

Échec amoureux, échec scolaire
 

Bon à savoir

 

La massification de l’école opérée à partir des années 1960 n’a pas entraîné, on le sait, parallèlement une complète et réelle démocratisation scolaire. La création des baccalauréats professionnels en 1985 n’a pas permis de réduire les inégalités entre élèves. Toutes les études montrent que l’école n’a même jamais été aussi élitiste qu’aujourd’hui. Ainsi, la proportion d’élèves des classes sociales les plus modestes est d’autant plus faible que le niveau d’études est élevé. Les enfants d’ouvriers et d’employés, qui représentent la majorité des élèves de 6 e , ne représentent plus qu’un quart des bacheliers et moins d’un élève sur cinq en classe préparatoire aux grandes écoles. Et un élève dont le père est enseignant a quatorze fois plus de chances d’obtenir le bac que l’élève dont le père est un ouvrier non qualifié.

De mauvais apprentissages existent, se traduisant notamment par le fait qu’à l’entrée au collège plus de 15 % des collégiens éprouvent des difficultés en lecture, en restitution de sens de textes élémentaires, et qu’à l’issue de la scolarité obligatoire plus de 10 % des élèves peinent à l’écrit. Et, bien sûr, il y a les échecs : nombreux. Chaque année, ce sont, au bas mot, 150 000 élèves qui sortent du système scolaire sans formation ni diplôme. À peu près autant qui sont « décrocheurs » (en réalité des « décrochés »)… et l’on compterait 300 000 absentéistes. Cette « désaffiliation » et ce « désamour » scolaire ont évidemment de multiples causes dont la démotivation n’est pas la moindre : « Mais qu’est-ce que je fous en classe ? Chez moi, ils ont tous fait des études, et ils sont chômeurs, alors à quoi ça sert d’aller en cours ? » Des situations familiales compliquées, marquées par la faiblesse des ressources, l’impossibilité de suivre la scolarité des enfants – par manque de temps ou de compétences –, l’exercice de petits boulots pour pallier le manque d’argent de la famille ou pour consommer comme les autres jeunes sont aussi des facteurs explicatifs à prendre en compte.

Autre échec : l’échec amoureux. À tout âge, il est une souffrance et remet en question l’estime de soi.

 

Dangers

 
  Tous âges  

Tous âges

 
 

Un échec amoureux, à tout âge, est une grande épreuve. Ne minimisez pas ceux de l’adolescent. Évitez des expressions

telles que « Une de perdue, dix de retrouvées » ou bien « Ce garçon (ou cette fille) n’était pas fait(e) pour toi ».

 

Un échec scolaire n’est jamais bien vécu non plus (y compris chez les « cancres » avides de succès comme les autres).

Mais ne le dramatisez pas. Et surtout, attention aux mots blessants tels que « Décidément, tu n’arriveras jamais à rien », ou

 

bien pire encore « Tu es vraiment nul, mon pauvre garçon (ou ma pauvre fille) ! »

 

Propositions

Tous âges

Tous âges

 

Face à l’échec amoureux de votre enfant, faites à nouveau preuve d’empathie. Puisez dans vos souvenirs personnels et

dites-lui combien vous avez pu souffrir vous aussi d’une rupture amoureuse.

 
Face à l’échec scolaire, qui peut n’être que momentané, sachez garder la sérénité. Pour dommageable

Face à l’échec scolaire, qui peut n’être que momentané, sachez garder la sérénité. Pour dommageable qu’il soit, on n’en meurt pas ! Il y a toujours une solution.

sachez garder la sérénité. Pour dommageable qu’il soit, on n’en meurt pas ! Il y a
École

École

École
 

Bon à savoir

Curieusement et sans parti pris de notre part, dans cet abécédaire, « école » est situé entre « échec » et « ennui ». Ces deux mots, hélas, ne sont pas sans fondement.

Les élèves, qu’ils soient collégiens, lycéens et même parfois écoliers, s’ennuient en (salle de) classe. Les cours sont longs, abstraits, déconnectés des réalités sociales (vieille rengaine que celle-ci ! Jean Jaurès l’observait déjà il y a un siècle, voyant dans ce fait la volonté du pouvoir de ne pas permettre aux élèves d’acquérir une conscience de classe [sociale] et un esprit de révolte). Vincent Peillon, le ministre de l’Éducation nationale, a donc bien raison de dire que, globalement, les adolescents ne sont pas très heureux à l’école. Heureusement, il y a les copains et les copines : cela sauve la face et la mise de cette pauvre institution scolaire. Comme le dit Juliette, 13 ans : « Il n’y a pas beaucoup de gens qui aiment l’école, mais il y a tous nos amis, donc ça n’est pas horrible ! »

Pour un adolescent, l’école est donc avant tout un lieu de sociabilité, d’apprentissage des rapports humains. Vive la cour de récré ! Pour le reste, la plupart des élèves rêvent d’une « autre école », avec moins d’heures de cours, des profs plus sympas et intéressants, avec plus de sorties et de voyages aussi.

L’école d’aujourd’hui, qui devrait rimer avec savoir et plaisir d’apprendre, rime plus volontiers avec « réussite ». Pour les parents comme pour les enseignants, la priorité est et reste bien la « réussite scolaire » de leurs enfants ou élèves. C’est pourquoi, la crainte, pour les uns comme pour les autres, est, nous l’avons vu, l’échec.

 

Dangers

 
Tous âges

Tous âges

 

Il ne faut pas avoir l’obsession de la réussite en classe. Hélas, il y a plus de vingt ans, nous montrions déjà, dans La

Démocratie familiale, que les parents avaient cette préoccupation obsessionnelle – préoccupation d’autant plus forte que l’on

 

s’élève dans l’échelle sociale.

Certes, comment en douter ? La réussite scolaire est importante, elle conditionne même aujourd’hui très souvent la réussite

sociale, mais il faut rappeler aussi qu’une vie est possible sans le bac, que la motivation produit parfois les meilleurs destins.

 

Propositions

Tous âges

Tous âges

Il faut être attentif autant au mal-être des enfants qu’à la réussite scolaire. On peut avoir peur d’aller en classe, jusqu’à la phobie quelquefois. En effet, l’école moderne est devenue, en raison des nombreuses épreuves qu’elle impose, un lieu de souffrances.

S’agissant des études, soyez positifs : encouragez, soutenez, valorisez les efforts autant que les bonnes notes. Un adolescent est-il insatisfait d’une école, vérifiez-en les raisons. S’il a de bons motifs de vouloir en changer (les professeurs sont durs avec lui, il est victime de harcèlement, etc.), trouvez-lui un autre établissement où il retrouvera le plaisir d’étudier.

Rappelez à vos enfants que l’école, aussi en difficulté soit-elle aujourd’hui, reste le lieu du

Rappelez à vos enfants que l’école, aussi en difficulté soit-elle aujourd’hui, reste le lieu du savoir commun, utile pour pouvoir se comprendre, communiquer et échanger.

soit-elle aujourd’hui, reste le lieu du savoir commun, utile pour pouvoir se comprendre, communiquer et échanger.
Engagement

Engagement

Engagement
 

Bon à savoir

 

Les adolescents s’engagent comme ils peuvent, et en fonction de leur temps disponible. Il faut savoir qu’ils sont impatients d’agir. Face à eux, pourtant, ils trouvent quelquefois des adultes méfiants ou sceptiques.

Ils s’engagent pour toutes sortes de causes : humanitaire, environnement, aide aux personnes âgées, sport…

Voici Baptiste. Il a 16 ans. Il a créé son club de futsal (football en salle) à Lescar (Pyrénées-Atlantiques). Après avoir obtenu le prêt d’un gymnase, une quinzaine de personnes ont adhéré à son club qu’il a pu inscrire à un championnat. « Grâce à cette action, raconte-t-il au journal 20 minutes (19 novembre 2012), j’ai appris beaucoup de choses en termes administratifs, économiques et sociaux. J’ai découvert réellement ce que c’était d’avoir le sens des responsabilités. »

Dangers

 
  Tous âges

Tous âges

 

Il ne faut pas décourager les bonnes volontés de vos enfants au motif qu’ils auraient bien d’autres choses à faire, des choses plus sérieuses, comme les études. Il y a un temps pour tout, un temps pour soi, un temps pour les autres.

 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

Vous devez favoriser l’engagement de vos enfants : il y a tant de choses à

Vous devez favoriser l’engagement de vos enfants : il y a tant de choses à faire pour aider son prochain ! Et puis, comme le montre l’exemple de Baptiste, s’engager, c’est grandir, assumer des responsabilités, être acteur dans la cité.

le montre l’exemple de Baptiste, s’engager, c’est grandir, assumer des responsabilités, être acteur dans la cité.
Ennui

Ennui

Ennui
 

Bon à savoir

 

L’ennui est considérable dans le monde adolescent contemporain. Il est même mortel quelquefois (voir « Suicide », p. 252). L’on regarde la télévision, l’on s’active sur les réseaux sociaux pour ne pas se sentir seul dans ces « villes de grande solitude » dont parlait naguère Michel Sardou dans l’une de ses chansons.

Dangers

 
  Tous âges

Tous âges

 

Ne dites pas que vous ne comprenez pas l’ennui, qu’il y a tant de choses que l’on peut faire aujourd’hui (ce qui n’était pas le cas autrefois). Proposez des activités, des sorties communes.

 

Propositions

 
Tous âges

Tous âges

L’ennui est propre à l’homme. Vous-même vous vous ennuyez parfois : ce n’est pas un