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Coralie VERNAY S5

FICHE DE LECTURE
Nasrine SERAJI, Logement, matière de nos villes (chronique européenne 1900-2007)
Paris, Pavillon de l’Arsenal / Picard, 2007
Sous la direction de Nasrine SERAJI, l’ouvrage Logement, matière de nos villes fait suite à l’exposition du
même nom qui a eu lieu au Pavillon de l’Arsenal à Paris, de juin à octobre 2007. Réunissant documents
d’époque, plans, coupes, photos et textes d’auteurs, cette étude sur le logement permet au lecteur de suivre
l’évolution de l’habitant en Europe durant le XXème siècle.

Nasrine SERAJI, architecte, enseignante et directrice de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de


Paris-Malaquais, analyse le rôle du logement dans la construction des villes européennes au XX ème siècle. En
s’appuyant sur des projets qui ont marqué l’histoire de l’architecture, elle met en avant les relations entre ville et
logement, mais également les problèmes de société liés à l’époque. Malgré une présentation chronologique,
l’approche est toute autre. L’auteur évoque plus généralement la place qu’occupe le logement dans les villes
et se questionne ainsi sur le contexte architectural, économique et social de l’époque. La frise chronologique
permet de lier tous les projets entre eux et vient également apporter des compléments historiques qui permet-
tent de replacer la situation dans laquelle les logements ont été pensés et construits. Le développement critique
de l’auteur remet les questions d’urbanisme et d’habiter en ville au centre du débat. C’est en analysant le pas-
sé que Nasrine SERAJI parle du présent et évoque le futur.

Le début du XXème siècle est marqué par l’application des nombreuses avancées
techniques de l’époque dans l’architecture. Le premier immeuble en béton, conçu
par Auguste PERRET en 1904, influe profondément sur les prochaines décennies. En
étant à la fois la commanditaire, l’architecte, le constructeur mais également l’occu-
pant en plaçant son agence en rez-de-chaussée, il révolutionne les conventions de
l’époque, tant au niveau de la fonction première d’un immeuble de logements que
de la construction et de l'urbanisme.
Les innovations se poursuivent en plaçant les questions d’hygiénisme au centre

1904
des préoccupations. Henri SAUVAGE devient le précurseur de cette question et cons-
truit ainsi deux immeubles, dit « immeubles à gradins », dont il dépose un brevet. Il redé-
finit le programme du logement de masse pour le mêler à une forme d’un genre nou-
veau et également introduire des outils qui n’ont jamais été utilisés dans un pro- Immeuble de rapport
Paris, Auguste PERRET
gramme pour logements. Ces outils répondent aux problèmes de santé de l’époque,
notamment celui du choléra et de la tuberculose (utilisation de la faïence du métropolitain en façade, piscine
au cœur de l’immeuble).
Dans les années 20, un autre mode de vie apparait. Appelés « cité-jardin », ces nouveaux quartiers ras-
semblent à la fois logements, loisirs et travail à proximité. En Allemagne, Bruno TAUT et sa cité dite « du fer à che-
val », met un accent fort sur l’urbanisme. Synonyme de renouveau, ces cité-jardin renforcent le mythe de l’ar-
chitecture moderne et inspirent des architectes tel que Le Corbusier pour concevoir ses unités d’habitation. En
souhaitant créer 3 unités comportant 3500 logements à Firminy, l’architecte pensait pouvoir regrouper toutes les
fonctions essentielles d’une ville en un seul endroit. Faute de moyens, une seule unité fut créer et son projet
échoua. Pour la construction de la Cité Radieuse à Marseille, plusieurs années de combat ont été nécessaires.
Le Corbusier a tout même réussi à obtenir le droit de construire, mais sans permis. Il était le seul maître et possé-
dait à lui seul toutes les responsabilités de l’ouvrage, achevé en 1952. Innover est une chose, mais convaincre
les commanditaires en est une autre et il n’est pas toujours facile pour les architectes de faire accepter leurs
idées face à des personnalités ancrées dans les mentalités et coutumes du passé. Les nouvelles techniques et
les évolution sont bien présentes et pourtant difficiles à mettre en œuvre.

Peu à peu, les questions du confort intérieur tendent à disparaître pour laisser place à l’urbanisme paysa-
ger et à la mise en valeur du bâtiment de part sa position dans la ville, mais également pour loger un maximum
de personnes dans un minimum de place, après les destructions massives de la Seconde Guerre Mondiale. « Les
Grands Ensembles sont radicalement grands » titre Dominique ROUILLARD. Leur longueur (400 mètres à Nancy)
et leur hauteur (60 mètres à Meaux) font qu’ils ne passent pas inaperçu dans une ville où les immeubles clas-
siques ne comptent que très peu d’étages. L’État planifie et aménage le territoire en dessinant le plan des villes,
des quartiers et des rues, sans penser au confort des habitants. Dans sa politique de construire toujours plus
grand, l’État oubli une question fondamentale : la taille du logement.
Et le problème est toujours le même... L’écart s’intensifie entre la société et ceux qui pensent les loge-
ments. Les habitants réclament des surfaces d’habitation plus grandes, quant à l’extérieur un vaste parc a été
aménagé au pied de leur immeuble. Jean Nouvel reformule cette demande en basant la conception des lo-
gements sur la demande d’espace et ajoute ainsi une surface considérable (50 % à Saint-Ouen, 35 % à Nîmes)
par rapport aux normes HLM (Habitation à Loyer Modéré). Cependant, cette politique a atteint ses limites, et la
taille élevée des logements s’est avérée être un handicap car ils n’ont pas su convaincre les classes sociales
auxquelles ils se destinaient, et sont maintenant occupés par des personnes aux revenus plus élevés.

Plus tard, dans les années 70, Christian DE PONTZAMPARC et Georgia BENAMO font parler toute la presse
suite à la construction de leur ILM (Immeuble à Loyer Moyen) à Paris. Sur une parcelle de moins de 5 000m², les
architectes ont conçu non pas un seul immeuble, mais plusieurs petites entités, de hauteurs différentes, recréant
ainsi une nouvelle rue et de petites places. Le projet est qualifié de logeable et devient un véritable renouveau
dans l’architecture de l’après-guerre. Pensé par une génération consciente des réels problèmes de société, il
devient un exemple pour les réalisations à venir. Christian DE PONTZAMPARC écrira qu’il a recherché le
« meilleur habitat » pour les habitants, en conciliant cadre de vie extérieur et espace intérieur. Grâce à ce pro-
jet, la taille du logement est reconsidérée et l’architecte offre de l’amplitude spatiale tout en respectant l’éco-
nomie imposée.

Dans la ville d’Amsterdam, le groupe MVRDV remanie la forme du logement social en le traitant sous l’al-
lure d’un container habité. Le processus, suivi par ces architectes, est celui d’un traitement objectif des données
du programme pour répondre au plus près aux attentes des commanditaires. Le gabarit conçu maximise la
quantité d’espace intérieur tout en minimisant l’impact et l’emprise sur l’eau, véritable enjeu à Amsterdam.
Chaque logement est traité de manière différente et la diversité de textures en façade révèlent les différences
intérieures. En introduisant des bureaux, des commerces et des espaces publics, cet immeuble recrée une ville
miniature. Surnommé « silo », cet ensemble se veut être un défi lancé aux
unités d’habitation de Le Corbusier. Le logement collectif de demain serait
entouré de toutes les fonctions de la ville, créant ainsi un mélange hétéro-
gène. En France, la ZAC (Zone d'Aménagement Concerté) de Lyon-
Confluence tend à devenir un quartier aux multiples facettes. Il regroupe à

2002
la fois des commerces, au-dessus desquels sont installés des bureaux et des
logements destinés à toutes les classes sociales. Le quartier est synonyme
de mixités à la fois économiques, culturelles et sociales.
Silodam, Amsterdam, MVRDV

Le logement de demain se dessine à partir de l’évolution de la société et des mentalités. Cette mutation
prend en compte la globalité de la ville. Les enjeux du logement futur dans l’Union Européenne résident dans le
développement urbain durable, dans les problématiques économiques territoriales, dans la mixité sociale et
dans l’impact environnemental. Les améliorations technologiques sont également les moteurs de l’évolution des
logements. L’augmentation permanente de la population mondiale devient également l’un des problèmes ma-
jeurs de la vie de demain. Comment répondre à une demande de logement de plus en plus grande tout en
prenant en compte le confort et les avancées sociales, techniques et économiques de la société ? Les futurs
acteurs, qu’ils soient architectes, urbanistes, économistes et même habitants devront donc se soumettre à ces
nouvelles perspectives pour créer la ville de demain.

La critique établie par Nasrine SERAJI propose une vision globale de l’évolution du logement social. La frise
chronologique mise en place permet de suivre les changements qui ont eu lieu au cours du XX ème siècle en Eu-
rope. L’auteur amène ainsi à se poser des questions sur le reste du monde, et notamment sur la gestion et la
construction des différents pays concernant leurs propres logements. En évoquant le passé, on se demande
alors de quoi sera fait l’avenir. Quelle place sera laissée à l’architecture ? Dans cet ouvrage, c’est la place de
l’architecte dans la conception et la pensée du projet qui est parfois oubliée pour mettre en avant la manière
globale de penser l’architecture.
Les interventions de plusieurs personnalités, issues de métiers différents, apportent un soutien non négli-
geable aux différents bâtiments décrits dans le livre. Ces différents textes constituent le fond essentiel de l’ou-
vrage. Ils permettent de contextualiser les orientations architecturales de l’époque évoquée et développent
plus précisément des évènements marquants de l’histoire de l’architecture du logement du XX ème siècle.
Les photographies, qui accompagnent les textes, sont adaptées à la compréhension générale, tout
comme les apartés historiques ou culturels qui ponctuent l’ouvrage. Malgré ces choix judicieux, le lecteur doit
pousser ses recherches dans d’autres ouvrages pour analyser en profondeur le propos tenu par l’auteur, ce qui
confère au livre, une autre dimension. Il ne s’agit plus seulement d’une analyse ou d’une étude, mais d’un réel
support qui conduit à la réflexion.