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Réflexion sur la musique au temps de a Révolution

Martin Gladu

L ’adoption citoyenne de La Marseillaise serait en large partie attribuable à des

marchands ambulants, qui l’ont faite circuler de Strasbourg, où elle est née, à Montpellier.
De là, elle serait « montée » sur Paris où elle est devenue, par la bouche des fédérés
marseillais, le chant emblématique de la Révolution.

Or il faut remonter au temps de la Querelle des Bouffons de 1752-54 pour entrevoir la


genèse d’une crise musico-politique qui allait s’avérer transformatrice. Sorte de précurseur
de la Révolution, cette crise enjoignit « la base » à créer sa propre musique et à ainsi
tourner le dos à celle de la haute société.

Rappelons que la Querelle des Bouffons opposait les partisans du grand style français
(symbolisé par la musique de Jean-Philippe Rameau et soutenu par Madame de
Pompadour) aux admirateurs (avec la Reine de France & de Navarre Marie Leczinska et
Jean-Jacques Rousseau en tête) des compositeurs italiens. La musique de ces derniers,
jugée plus proche du cœur et de l’esprit du peuple, leur était favorable parce que moins
pompeuse et plus contemporaine. Pour eux, le style français, c’était ringard, et il lui fallait
absolument rompre avec son histoire et s’ouvrir aux influences étrangères, comme l’écrit
Hélène Laberge dans L’Encyclopédie de l’Agora :

La Querelle des Bouffons, c'est donc le choc de deux esthétiques de la musique. Et sur le
plan des idées, c'est l'affrontement du classicisme, encore incarné par Rameau, et du
romantisme dont Rousseau peut être considéré comme le précurseur. Catherine Kintzler
a fait une analyse très juste de ce conflit : « On ne peut rien comprendre à l'opposition
entre Rameau et Rousseau sans opposer deux esthétiques étrangères l'une à l'autre... La
Querelle des Bouffons, c'est le choc de deux esthétiques... D'une part, l'esthétique
classique inspirée par Descartes, théorisée par Boileau, défendue ici par Rameau. D'autre
part, l'esthétique de la sensibilité inspirée par les idées nouvelles de la philosophie,
théorisé par Dubos, Shaftesbury, Diderot et plus tard par Herder, défendue ici par
Rousseau ».

Le fondement purement musical de la Querelle – où la musique italienne était présentée


par le coin du Roi comme la liberté de la création – devint une polémique sur la politique
de Louis XV, qui réagit en publiant un édit interdisant toute représentation de La Serva
Padrona de Giovanni Pergolesi. En fait, la controverse servait avant tout de prétexte à
l’agitation libérale et sa critique de l’absolutisme royal. Jean-Marc Warszawski explique :
Réduire la querelle au seul horizon de la critique musicale risquerait de rendre
incompréhensible certains aspects, dont l'extraordinaire arrogance et la provocation de
la Lettre sur la musique française de Rousseau. A travers la musique, c'est la cour
décadente qui est visée, comme bien plus tard, avec les mêmes outrances on dénoncera
l'art bourgeois et les « valets » de la bourgeoisie. La querelle marque la fin d'une
tradition de cour française, celle de la tragédie en musique et l'émergence d'un genre
nouveau, l'opéra-comique, l'opéra du bourgeois.

Outil de propagande et de ralliement par excellence, la musique joua donc un rôle non
négligeable dans le projet révolutionnaire qui allait se mettre en branle quelques années
plus tard. Simples, entrainants, accessibles, engagés, et surtout, facilement mémorisables,
plusieurs des chants populaires, c’est à dire ceux de « la base », de l’époque empruntaient
aux mélodies existantes, auxquelles on composait de nouvelles paroles selon la
circonstance. Christine Bierre écrit :

Au plus fort de la Révolution, beaucoup rejetaient la musique, soit par pur anti-
cléricalisme, soit parce que l’ayant entendue à la cour, on pensait qu’elle rendait
efféminé... Dès la prise de la Bastille, une autre conception de la musique, toute politique,
a commencé à voir le jour.

Ce fut justement au lendemain de la prise de la Bastille, lors de la création de la Garde


nationale sous la direction de La Fayette, que fut créé ce que deviendrait quelques
années plus tard le Conservatoire nationale dirigé par le citoyen Bernard Sarrette.

Pour les fondateurs et animateurs de ce Corps de musique de la Garde nationale, la


musique était l’instrument de choix pour entretenir et dynamiser l’ardeur patriotique de
la population, au cours de grandes fêtes révolutionnaires (…) Ce sont les musiciens de la
garde nationale qui avaient assuré les compositions musicales pour les grandes fêtes
révolutionnaires et pour la guerre.

Il est intéressant de voir comment la culture populaire s’est appropriée ces airs que le
peuple avait déjà à l’oreille pour en faire non seulement un acte de résistance mais un
véhicule émancipateur.
La Reine de France Marie Leczinska (coin de la Reine) (1703-1768) et la favorite du Roi
Madame de Pompadour (coin du Roi) (1721-1764)

Rameau (coin de la Reine) (1683-1764) et Pergolesi (coin du Roi) (1710-1736)


Lully (coin de la Reine) (1632-1687) et Rousseau (coin du Roi) (1712-1778), dont les
imperfections de son opéra-ballet Les muses galantes avaient été soulignées par
Rameau