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Dys% des élèves

Nicole Bouin le 15 mai 2019


Présentation de l’intervenante
• Professeur de lettres histoire en lycée professionnel pendant 40 ans
tertiaire pendant 34 ans, coiffure pendant 1 an et industriel pendant 5 ans.

• Formatrice d’enseignants et de cadres de l’enseignement


IUFM-ESPE, CNFETP, CRAP, CAPE, CARDIE, AFAE, ATD Quart Monde, AFEV, Rectorats, établissements…
Formée et supervisée par Gérard Wiel à l’accompagnement des adolescents et à l’analyse des pratiques des
enseignants.

• Militante du CRAP - Cahiers pédagogiques


Coordination d’un dossier sur Neurosciences et pédagogie en 2016
Auteur, en collaboration avec Canopé de « Enseigner, apports des sciences cognitives » paru en avril 2018
Coordination d’un dossier sur les dys paru fin mars 2019 : « Les dys »
• Correspondante du CRAP au CAPÉ de l’Académie de Lyon (Collectif des Associations Partenaires de l’École).

• Animatrice d’ateliers de remédiation cognitive pour des jeunes porteurs de troubles dys-TDA/h et
du spectre autistique dans le cadre des associations 123 dys et Ordys. Impliquée dans l’association
Dystinguons-nous qui organise la JND et responsable de la commission formation de la Maison des dys à
Lyon ATOUTDYS.

• Animatrice d’un dispositif de raccrochage régional « Potentiel Jeunes » pendant deux ans.
• Marraine d’une association travaillant sur la prévention du décrochage « Les Déclics ».
• Impliquée dans la recherche d’ATD quart Monde sur la scolarité et l’orientation des enfants des milieux
populaires.
Quelques images pour commencer
Ce « diaporama » sera laissé à votre disposition,

avec l’indication de films,

de livres,

de sites,

pour approfondir la réflexion.


• Les définitions
• Les principaux troubles dys
• Les principes de base pour aborder les
enfants dys
2. LES DÉFINITIONS
Handicap, retard, trouble, déficience, déficit…
Ce que sont - et ce que ne sont pas - les
troubles dys
L’arbre diagnostique et les dispositifs scolaires
actuels
Définition des troubles dys, causes et
répercussions
Les 8 principaux troubles dys
Les points communs et les différences entre
les dys
Les fonctions cognitives perturbées
Rappel de la définition du handicap
Selon la loi du 11 février 2005 - art L 114

« Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation


d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie
dans son environnement par une personne en raison d'une altération
substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions
physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un
poly-handicap ou d'un trouble de santé invalidant. »

Il s’agit donc bien d’un handicap, on dit le plus


souvent
un trouble. Ce n’est pas une maladie car cela
ne se soigne pas. On est dys toute sa vie, même
si on trouve des moyens de gérer les
conséquences de ces particularités cérébrales.
Les difficultés d’apprentissage spécifiques ne sont pas des
retards.

Il ne faut pas confondre un retard, passager, fonctionnel et réversible…


et un trouble, durable, structurel et nécessitant des stratégies
compensatoires.
Le diagnostic va d’abord exclure les retards, la déficience mentale,
les troubles sensoriels et environnementaux, les carences éducatives et
causes culturelles et linguistiques. C’est un diagnostic en entonnoir et par
étapes successives :
repérage, dépistage, diagnostic.
Les diapositives en bleu ciel et rose sont tirées des diaporamas du docteur Michel Habib du CHU de Marseille, disponibles en ligne.
L’arbre diagnostic des troubles dys
Diapositives de Vincent des Portes
Définition des troubles dys

DYS pour
dysfonctionnement
mais aussi pour
difficulté.

Un fonctionnement
particulier du cerveau
entraîne des
difficultés dans la vie
quotidienne, la
scolarité,
l’insertion
professionnelle, les
relations sociales.
Les 7 troubles dys
Troubles cognitifs et troubles des
apprentissages

Cette diapositive et les 7 qui


suivent sont tirées de cet
ouvrage.
Modèle de l’intelligence de Cattell-Horn-Carroll
Dit modèle CHC de 1993
Modèle hiérarchique à trois strates
Faire la différence entre le diagnostic et les
symptômes
Différencier les causes et les symptômes
Modéliser des liens
Du diagnostic au projet
Le trouble est l’un des éléments à prendre en
compte, en synergie avec les autres, c’est
pourquoi il n’y a
QUE des cas particuliers
Coéducation et partenariats
indispensables
Niveau 1 : Neurobiologique
Dysfonctionnement
Cerveau

Niveau 2 : Cognitif Déficience cognitive


Traitement des informations spécifique

Niveau 3 : Difficultés visibles Conséquences /


Scolaire/professionnel Symptômes

Niveau 4 : Retentissement personnel Situation de


Vécu quotidien handicap

Le fait qu’il s’agisse de handicaps invisibles complique encore les choses.


15% d’élèves en échec scolaire dans l’ensemble de
la population mais 50% parmi les enfants porteurs
d’un trouble dys.
Répercussions des troubles

Difficultés scolaires
Découragement
Baisse de l’estime de soi

Désintérêt scolaire
Troubles psychologiques
Dépression
Conduites à risque

Echec scolaire
Dépression
Addictions
Blessure /Accident

Dépression
Addictions
Problèmes relationnels
Echec professionnel
Diapositive de Sandrine
Les troubles dys font partie des TND

Projet de loi de financement de


la Sécurité Sociale 2019
Les troubles dys sont reconnus
par la Ministre de la Santé,
Madame Agnès BUZIN,
comme étant inclus dans les
Troubles du Neuro-
Développement lors de la
séance publique du sénat du
16 novembre 2018.
http://videos.senat.fr/video.896153_5bee7086139
70.seance-publique-du-16-novembre-2018-
matin?timecode=10352000
Diapositives de Vincent des
Portes
Un tableau complexe qui nécessite une approche par une équipe
multidisciplinaire.
Les points communs entre tous les troubles des
apprentissages
- Ils sont liés à des particularités du cerveau et plus fréquents chez les garçons.
- Ils sont héréditaires à environ 60% et liés aussi à l’environnement, aux perturbateurs
endocriniens par exemple.
- Ils n’entraînent pas seulement des difficultés liées à la lecture, le calcul, la parole, les gestes,
l’écriture ou l’orthographe. Tous les dys présentent des déficits des fonctions exécutives :
mémoire de travail, inhibition, flexibilité mentale, planification, organisation…
- Beaucoup de dys sont dits multidys avec une dominante de l’un des troubles. Il semble qu’en
fait, le plus souvent, une cause unique entraîne des symptômes multiples, interprétés à tort
comme un multidys.

- Ils provoquent surcharge cognitive, fatigabilité, souffrance psychique, sentiment


d’injustice, d’incompréhension.
- Ils ne sont pas d’origine psychologique, même s’ils entraînent des troubles psychologiques
secondaires : perte de confiance en soi, anxiété, inhibition sociale, dépression…
- Ils entraînent donc des comportements particuliers : lenteur, repli sur soi, défaitisme,
impulsivité,
stress et anxiété, irascibilité, agressivité, agitation, opposition, révolte, abattement…

- Ils sont indépendants des capacités intellectuelles, 20% à 25% d’entre eux sont aussi à
haut potentiel.
- Ils nécessitent un repérage, un dépistage et un diagnostic précis par des professionnels
compétents.
Les fonctions cognitives = qui permettent
d’apprendre
 Les mémoires : senrorielle, de travail, à court ou long terme, procédurale,
sémantique, épisodique…
 Les fonctions instrumentales :
- le langage (expression et compréhension, oral et écrit)
- les gestes (à différencier des mouvements)
- les gnosies (= les perceptions par les 5 sens)
 Les fonctions exécutives et l'attention qui permettent :
- La réalisation d’actions,
- La tenue de raisonnements,
- La résolution de problèmes,
- La prise de décisions,
- La planification et l’anticipation qui supposent :
- De la flexibilité mentale (passage d’une activité à l’autre)
- La capacité d'inhibition (renoncement à un automatisme et choix d’une autre voie)
- La reprise d'activités routinières

Les troubles des apprentissages peuvent être la conséquence de plusieurs


dysfonctionnements, ils ne touchent pas l’intelligence mais gênent certaines
activités tout de même.
Pratiquement tous les enfants dys présentent des troubles des fonctions
exécutives, en plus du trouble spécifique lié à la lecture, au calcul, aux gestes,
à l’écriture...
Exécuter une tâche c’est… difficile et encore plus
dysficile !
• Prendre conscience de la tâche à réaliser.

• Trouver en soi l’envie suffisante pour se lancer, la


confiance.

• Traduire cette envie en actes en :


– Se représentant les opérations à réaliser .
– Planifiant ces opérations dans l’ordre.
– Organisant l’espace pour mener à bien la tâche.
– Mobilisant les ressources dont on dispose.
– Inhibant les distracteurs.
– Régulant au fur et à mesure l’action en fonction de
l’observation des résultats.
– Maintenant son attention tout le long de l’activité.
Une fonction essentielle, l’inhibition
Cela sert à rectifier une procédure cognitive erronée.

Cela permet de se concentrer sur son travail


en inhibant les distracteurs.

Cela sert à ne pas penser qu’à soi


pour communiquer
correctement avec les autres, pouvoir s’oublier un
moment pour se mettre à leur place.

Cela permet aussi de bloquer à temps un geste


dangereux.
Expérimenter l’inhibition
bleu vert jaune rouge orange
violet jaune orange noir violet
jaune rouge violet vert bleu
bleu orange vert noir jaune
rouge jaune bleu jaune vert
vert violet noir orange violet
rouge bleu orange rouge vert
jaune noir vert bleu rouge
orange jaune violet rouge noir
violet vert rouge jaune orange
La question essentielle de la double tâche

8’

Il est important d’éviter les situations de double tâche avec les enfants
jeunes et avec tous les enfants présentant des troubles des
apprentissages.
Par exemple il faut d’abord expliquer, puis montrer, puis laisser faire,
puis expliquer ce qui n’est pas acquis, le montrer…
Des différences entre tous les porteurs de
troubles dys

La constellation dys selon le Professeur Habib

Il y a autant de formes de troubles dys que de personnes dys, en termes d’intensité,


d’association de troubles, de façons de le vivre, de talents spécifiques…

Toutes les diapositives en bleu ciel et rose sont tirées des diaporamas du docteur Michel Habib du CHU de Marseille, disponibles en ligne.
3. LES PRINCIPAUX TROUBLES

Les dyslexies et dysorthographies


Le TDA/h ou trouble dysattentionnel
Les dyspraxies et dysgraphies
Les dyscalculies
Les dysphasies
Les troubles dysexécutifs
Un exercice facile pour commencer !
Vous disposez de 2 minutes pour répondre à la
question.

Lal ut tev er slar éu s sit e. A l ar e nt ré ed esc las ses, jes aut ai


sdej oi ea vecl es ga rço nse tlesf il lesd uqu art ier, d és ir eux de
co mm encerl es co ursq uico mb ler a ien tmo nes pritc urie ux.
Am es ur equ el’ an né eav anç ait, le scou rs dev inr entp lusdi f
fic ilese tuns ent im entdener vos it é etde p r é occ upat io ncom
me nçaàm’ e nv a hi r.

Co mb ie ndev er besco mp ortec ete xtr ai td et ex te ?


Un autre, en mathématiques cette fois
En CE1, résolvez ce problème en moins de 10
minutes :

Monsieur etma damare novon deupari achameau nit. Ladisten cet


deux 600 Km lavoix tureconsso me 10 litr rausan quil aumaître.
Ilfocon thé 18€ deux pé âge d'aux taurou tet 8€ dere papour
désjeu néleumidit. Les sens kou tes 1€ leli treu ilpar ta 8 eureh.
Kélai laconso mas siondes sans ? Quélai ladaipan setota lepour
levoiaje ?
Texte « clair » :

Monsieur et Madame Renaud vont de Paris à Chamonix. La


distance est de 600 km et la voiture consomme 10 litres aux
cent kilomètres. Il faut compter 18 € de péage d'autoroute
et 8 € de repas pour déjeuner le midi. L'essence coûte 1€ le
litre. Ils partent à 8 heures.
Quelle est la consommation d'essence ?
Quelle est la dépense totale pour le voyage ?
Le sujet : compte rendu de la
lecture d’un ouvrage au
programme, mais pas un
résumé, il s’agissait de rendre
compte de sa propre lecture
du texte. Garance a voulu
tenter de partager son
expérience de dyslexique.

Œuvre de Garance Corteville, 17 ans, en Terminale STD2A à l’école


Boulle
Œuvre de Garance Corteville, 17 ans, en Terminale STD2A à l’école
Boulle
Œuvre de Garance Corteville, 17 ans, en Terminale STD2A à l’école
Boulle
Œuvre de Garance Corteville, 17 ans, en Terminale STD2A à l’école
Boulle
La dyslexie
• Elle touche environ 8% des élèves français , ce trouble existe dans toutes
les langues, y compris à idéogramme mais dépend du degré de
transparence de la langue.

• On en connaît de mieux en mieux les causes :


– Un déficit essentiellement phonologique (liaison grapho-phonétique)
fragilisant le langage, mais des causes multiples et éventuellement
cumulatives.
– Une déconnexion partielle de la région temporale gauche avec le
reste du cerveau due à des ectopies apparues dans cette zone lors de
la formation du cerveau au moment de la migration neuronale.
– 4 gènes au moins sont liés à la dyslexie. On constate une héritabilité
d’environ 60%.
Des différences au niveau
de la matière,
de la structure
du fonctionnement
Ectopies sur le cerveau dyslexique
(Galaburda et al., 1979, 1985)
Schéma de Stanislas
Dehaene
Schéma de Michel Habib
Toutes les diapositives en bleu ciel et rose sont tirées des diaporamas du docteur Michel Habib du CHU de Marseille.
Des pistes de solutions

D’abord un diagnostic fiable et dès que possible (vers 7-8 ans, fin de CE1) qui
rassure l’enfant, permet la prise en compte du problème par tous, la mise
en œuvre d’un accompagnement adapté et coordonné, un entraînement
spécifique avec l’orthophoniste, la mise en place des aménagements
nécessaires par les adultes, l’élaboration de stratégies de contournement
adéquates pour l’enfant.

La plasticité cérébrale
permet de mettre en place
des circuits de compensation
favorisés par un entraînement
spécifique.
La première mesure qui ne demande aucune
compétence spécifique, aucun matériel, la
bienveillance.
Dysorthographie

« Ce n’est certainement pas – comme on l’entend encore dire


quelquefois – en « lisant plus » que ces enfants amélioreront leur
orthographie lexicale, puisque justement c’est parce que leur stratégie
de lecture ne leur donne pas, ou mal, ou rarement, accès à la forme
orthographique du mot qu’ils sont dysorthographiques ! »
Michèle Mazeau
Ce qui peut être efficace, à tester :
- L’apprentissage de listes de mots courants,
- L’épellation,
- La transcription simultanée, la définition, l’évocation d’autres mots
de la famille ou partageant les mêmes particularités,
- L’utilisation du correcteur orthographique, les logiciels prédicteurs
de mots.

Il faut éviter de dramatiser pour préserver l’estime de soi, la


curiosité intellectuelle, l’envie de s’exprimer par écrit, le plaisir
d’apprendre, la confiance en soi et en l’avenir.
Le TDA/h ou trouble dysattentionnel
• Il touche environ 5% des enfants français et il ne
doit pas être confondu avec des capacités
d’attention faibles, le comportement d’un enfant «
mal élevé » ou particulièrement dynamique ou
turbulent.

• Comme les autres troubles des apprentissages il


doit être diagnostiqué par une équipe
pluridisciplinaire compétente. Actuellement le
diagnostic est posé en moyenne vers 9 ou 10 ans.

• Il recouvre une triade de symptômes : Inattention,


impulsivité verbale, motrice et émotionnelle,
auxquelles s’ajoutent souvent l’hyperactivité.

• Il se manifeste très différemment chez le garçon et


chez la fille dans bien des cas. Les filles sont moins
souvent hyperactive et plus introvertie, avec des
tendances à la dépression. Elles sont deux fois
moins diagnostiquées que les garçons bien que le
trouble touche également les deux sexes.
Physiques,

Les causes chimiques,


héréditaires,
environnementales.

On constate à l’IRMf un défaut d’activation de plusieurs parties du cerveau :


- du cortex cingulaire antérieur ( zone du cerveau qui détecte les anomalies)
- du cortex préfrontal (contrôle d’impulsivité, réactions sociales, fonctions
exécutives)
- du striatum (communication et information)

On constate également que les neurotransmetteurs inhibiteurs comme la


dopamine jouent moins leur rôle.
Les gènes concernés ont été identifiés. Les causes environnementales sont
aujourd’hui avérées, la pollution par les perturbateurs endocriniens par
exemple.
Des pistes de solutions
• Une bonne compréhension du trouble par l’enfant et sa famille, de ses causes, de
ses mécanismes et des procédures utiles pour limiter les effets négatifs :
inattention, impulsivité, hyperactivité.
• Des entraînement à la métacognition, à l’inhibition. Le neurofeedback et la
remédiation cognitive donnent souvent de bons résultats et qui semblent durables.
• Les techniques de relaxation, yoga, méditation de pleine conscience.
• Le méthylphénidate diminue la recapture de la dopamine et en laisse donc
davantage en circulation, ce qui entraîne chimiquement la diminution des troubles.
• Une éducation bienveillante mais très cadrante, rassurante pour le jeune.
• Une pratique pédagogique adaptée :
– Limiter le plus possible les distractions dans l’environnement : fenêtre,
affiche…
– Donner une consigne à la fois, la faire reformuler et accompagner la
planification des tâches.
– Demander peu bien fait plutôt que tout bâclé.
– Expliquer au jeune en quoi consiste le trouble dont il souffre pour le
déculpabiliser et l’aider à se contrôler de mieux en mieux.
– Préserver le plus possible le silence et le calme dans l’environnement.
– Lui épargner les situations de double tâche autant que possible.
Des outils peuvent aider à expliquer à l’enfant


La dyspraxie
Toutes les diapositives en bleu ciel et rose sont tirées des diaporamas du docteur Michel Habib du CHU de Marseille.
Toutes les diapositives en bleu ciel et rose sont tirées des diaporamas du docteur Michel Habib du CHU de Marseille.
Toutes les diapositives en bleu ciel et rose sont tirées des diaporamas du docteur Michel Habib du CHU de Marseille.
Toutes les diapositives en bleu ciel et rose sont tirées des diaporamas du docteur Michel Habib du CHU de Marseille.
3.38’
La dysgraphie
La dysphasie
2.48’
Les difficultés que peuvent rencontrer les enfants
dysphasiques :
• Perturbation du langage oral et écrit,
• Troubles de l’orientation dans le temps ou l’espace,
• Troubles de l’attention, difficultés de concentration,
• Troubles de mémorisation,
• Difficultés à retenir des poésies, définitions, tables, leçons longues,
• Transpositions ou omissions de lettres,
• Difficultés à déchiffrer les sons complexes (euil, ein/ain/in, …),
• Confusion sur les constrictives : v, f, che…
• Lenteur,
• Vigilance sur les couleurs, certains sont daltoniens,
• Grande fatigabilité,
• Mauvaise estime de soi lié souvent à un parcours scolaire difficile (échecs dans
certains apprentissages),
• D’immenses difficultés dans l’apprentissage des langues étrangères.

Il y a des dysphasies réceptives, expressives et mixtes, les dysphasies


réceptives sont invisibles.
La dyscalculie
Le diagnostic :

• Les aptitudes arithmétiques, évaluées par des tests standardisés sont nettement
en dessous du niveau escompté compte tenu de l’âge du sujet, de son
développement intellectuel et d’un enseignement approprié à son âge.

• Le trouble interfère de manière significative avec la réussite scolaire de l’enfant ou


les activités de la vie courante.

• Les difficultés mathématiques ne sont pas liées à un déficit sensoriel, ni à un


déficit cognitif.

L’occurrence
Environ 5% de la population, autant de filles que de garçons contrairement aux autres
troubles des apprentissages qui touchent davantage les garçons que les filles.
Un quart d’entre eux souffriraient de troubles de l’attention et 17% seraient
aussi dyslexiques.
Schéma tiré du livre de Michèle Mazeau cité précédemment
• Les expérimentations de
Karen Wynn en 1992 ont
montré que les bébés étaient
capables de percevoir et
d’anticiper des additions et
soustraction avec de petits
nombres.
• Ces résultats ont été
confirmés depuis .

• C’est sur ces compétences


innées que les apprentissages
mathématiques vont pouvoir
se développer.

• Si ces compétences sont


absentes à la naissance
l’enfant rencontrera des
difficultés à construire le sens
du nombre.
Les manifestations
• L’enfant ne peut se libérer de matériel concret.
Il compte sur ses doigts jusqu’à la troisième année primaire et au-delà.
• Il apprend par cœur les tables arithmétiques mais ne les comprend pas.
• Il a des difficultés pour écrire un nombre dicté ou poser une opération.
• Il est très faible en calcul mental.
• Il a du mal à classer des nombres en ordre croissant ou décroissant.
• Il n’arrive pas à estimer les quantités.
• Il n’arrive pas à comprendre et résoudre les problèmes.
• Il éprouve de grandes difficultés à se représenter des formes géométriques, à lire
l’heure, à évaluer les distances ou les durées et à reconnaître des suites
numériques régulières.
• Il peine à suivre des procédures et à exécuter des stratégies de comptage.
• Il se repère mal dans l’espace et dans le temps, dans la chronologie.

• La répétition et l’exercice n’apportent que très peu – voire pas - d’amélioration.


• Les devoirs d’arithmétique à faire à la maison tournent au cauchemar et prennent
un temps fou.
• Les échecs en mathématiques entraînent l’évitement de toutes les activités qui s’y
rapportent et peuvent provoquer une aversion de l’école en général.
• Le trouble est très handicapant à l’école, le calcul étant le meilleur prédicteur de
réussite scolaire.
• Le trouble est aussi invalidant dans la vie privée quotidienne : comprendre un taux
d’intérêt, rendre la monnaie, établir un budget, faire un chèque…
Les causes
• Il semblerait que le problème se situe au niveau
des sillons intrapariétaux, du gyrus angulaire et
de la région préfrontale. On constate moins de
matière grise dans le sillon intrapariétal, or
apprendre les nombres symboliques implique
un recyclage neuronal des sillons intrapariétaux.

• Les dyscalculiques n’arrivent pas à évaluer


intuitivement les approximations, à faire des
liens entre nombres non symboliques et
nombres symboliques (quantités et chiffres), ils
n’ont pas le sens du nombre. En fait ce n’est pas
tant l’arithmétique qui pose problème que les
notions basiques de magnitude.

• On n’est pas encore capable de dire si c’est lié à


la migration neuronale comme la dyslexie, si
c’est génétique… Cela pourrait être en fait un
symptôme lié à d’autres troubles.

• En France l’enseignement de la numération et du


dénombrement pourrait aggraver la situation
des enfants dyscalculiques.
Schéma tiré du livre de Michèle Mazeau cité précédemment
Troubles associés

 Des problèmes de compétences linguistiques, ils n’entendraient pas les nombres


comme nous mais de façon juxtaposée.

 Un déficit de la mémoire verbale, la boucle phonologique serait déficiente.

 Des troubles visuo-attentionnels et visuo–practo-spatiaux qui gênent la perception de


l’espace.

 Des trouble des fonctions exécutives (stratégies de planification, inhibition des


interférences…).
Schéma tiré du livre de Michèle Mazeau cité
précédemment
Des pistes de solutions
• Il paraît important de travailler sur le sens
des nombres (magnitude, par exemple avec le
logiciel The Number Race ou la course aux
nombres). Daniel Ansari a créé des exercices
avec des nuages de points et des nombres
symboliques. Des orthophonistes et des
orthopédagogues sont spécialisés dans la
rééducation de ce trouble.

• Des expérimentations utilisent la stimulation


électrique par courant continu (Transcranial
direct current stimulation ou TDCS).

• Le neurofeedback donnerait de bons


résultats, rétablissant partiellement l’activité
cérébrale dans les sillons intrapariétaux.

• Une fois les réseaux de neurones confortés


les enfants n’ont plus besoin de starter, c’est la
théorie de la fusée de Daniel Ansari.
LES PRINCIPES DE BASE POUR
ABORDER LES ENFANTS DYS

L’engagement des parents


La double peine dans les milieux populaires
Des pistes de solutions
Des principes face au handicap invisible
L’engagement des parents

Etre parent d’un enfant dys peut devenir une occupation à plein temps
et coûte cher… Ils faut trouver les meilleurs spécialistes, accompagner la
scolarité de très près, restaurer l’image de soi de l’enfant, le soutenir…
La double peine dans les familles de milieux
populaires
• Il n’est facile pour personne de comprendre en quoi consiste ces troubles et comment les faire
diagnostiquer.
• Les enseignants sont mal formés et ils vont donc plus souvent faire cette hypothèse pour les
enfants de milieux favorisés. Pour les enfants de milieux populaires ils vont penser plutôt à des causes
sociales, familiales voire à des déficiences intellectuelles, d’où un sous diagnostic et des
orientations en sections spécialisées.
• Les facteurs de protection mis en évidence pour les porteurs de troubles sont un environnement
riche et des sollicitations intellectuelles constantes (livres, jeux, activités culturelles…), un
accompagnement scolaire très intensif.
• Le stress chronique, la pollution dans l’environnement et l’habitat, l’alimentation, le sommeil…
pèsent dans l’expression des gènes, retardent la maturation cérébrale et limitent la neuroplasticité
dans l’hippocampe et le lobe frontal : mémoire, inhibition, flexibilité cognitive, raisonnement logique
sont touchés. Les carences en fer et en vitamines B6/B12 et en fibres sont les plus délétères pour le
cerveau.
• Les professionnels compétents pour diagnostiquer et prendre en charge ces troubles sont difficiles
à trouver et coûtent cher, les orthophonistes, orthopédagogues, orthoptistes, psychomotriciens,
ergothérapeutes, professeurs de yoga… Les cours particuliers par des enseignants formés ou des
orthopédagogues aussi. Les clubs de théâtre, de dessin, de danse… qui prennent en charge le
handicap et aident ces jeunes à s’épanouir aussi.
• Obtenir de l’école les aménagements nécessaires est souvent un véritable parcours du combattant,
comme de remplir un dossier MDPH.
• Tout cela demande non seulement des moyens financiers, du temps et surtout une disponibilité et
une énergie considérables.
Quelles pistes de solutions à explorer ?
• La formation des enseignants. Pour l’instant la formation dépend essentiellement de la
bonne volonté des enseignants : stages, lectures, journée des dys, associations de
parents… La formation initiale est très insuffisante et même pas obligatoire. La formation
continue tout à fait insuffisante.
• La formation des médecins généralistes. Il n’y a pratiquement aucune formation
prévue sur le sujet durant les études de médecine.
• Les associations de parents très actives et efficaces. Pour 20 € par an elles proposent
des cafés des parents, des activités ludiques pour les jeunes, des conférences, des
formations, du matériel gratuit, des logiciels, un accompagnement pour compléter les
dossiers MDPH, un accompagnement pour rencontrer les enseignants… La plupart sont
prêtes à accepter un tarif adapté aux ressources familiales.
• La Journée des dys, gratuite, dans chaque région ou département, permet de s’informer,
de rencontrer des professionnels, des parents des associations, de tester du matériel…
• La Maison des dys qui va s’ouvrir à Lyon en 2019 pourrait faire évoluer les choses. 4
secteurs : Formation et information, recherche, diagnostic et traitement et mieux être.
Elle devrait permettre la rencontre des différents partenaires : chercheurs, praticiens,
enseignants, parents, pouvoirs publics, associations…
• Une sensibilisation des pouvoirs publics pour qu’ils prennent des mesures,
collaborent avec les associations, facilitent l’accès aux soins et accompagnements…
L’école inclusive de demain ?

• On pourrait réfléchir à une école véritablement inclusive


ou au moins intégrative : les sections spécialisées à
l’intérieur de l’école ordinaire, les personnels spécialisés
au service des collègues du circuit ordinaire. Des
spécialistes du soin et de l’accompagnement à l’intérieur
de l’école et à la disposition de tous : orthophonistes,
psychologues, orthopédagogues…
Des principes de base
face au handicap invisible

• Nier ou remettre en cause le handicap dont un enfant est porteur sous prétexte
qu’il n’est pas visible est d’une grande violence et provoque d’énormes souffrances.

• Chaque enfant a des besoins propres à cerner avec lui, sa famille, l’équipe éducative de
l’établissement et les professionnels qui s’occupent de lui (orthophoniste, psychologue,
neuropsychiatre, orthoptiste, ergothérapeute, orthopédagogue, psychomotricien,
nutritionniste…).

• L’enfant qui apprend qu’il est porteur d’un trouble est soulagé, non il ne le faisait pas
exprès, non il n’était pas idiot… Il comprend enfin pourquoi il n’était pas comme les
autres, il apprend qu’il y a des stratégies de contournement et que d’autres s’en sont
sortis : Albert Einstein, Bill Gates, William Churchill, Steven Spielberg, Léonard de Vinci,
Agatha Christie, Johnny Hallyday, Tom Cruise, Thomas Edison, J.F. Kennedy, Walt Disney,
Gustave Flaubert, Benjamin Franklin…
Expliquer aux autres enfants
Ne pas hésiter à aborder la question de la différence avec les autres enfants :
pourquoi tel enfant dispose de tel aménagement, la différence entre égalité et
équité, comment chacun est différent dans ses capacités, sa façon d’apprendre,
ses besoins… mais également respectable. Et pourquoi notre rôle d’éducateur
consiste aussi à nous adapter à chacun tout en faisant vivre le groupe. Par contre
ne jamais révéler le handicap d’un jeune sans son autorisation et sans l’avoir
préparé à l’annonce qui va en être faite.
Je vous remercie de votre attention

N’hésitez pas à me contacter pour obtenir des


documents :
nicole.bouin@gmail.com