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La Conscience de Soi

Louis Lavelle
Chapitre I: La Conscience de Soi
1. La Conscience Est Notre Être Même

La conscience est une petite flamme invisible et qui tremble. Nous pensons souvent que son rôle
est de nous éclairer, mais que notre être est ailleurs. Et pourtant, c'est cette clarté qui est nous-
même. Quand elle décroît, c'est notre existence qui fléchit; quand elle s'éteint, c'est notre existence
qui cesse.
Pourquoi dire qu'elle nous donne de ce qui est l'image la plus imparfaite? Cette image est
pour nous le véritable univers: nous n'en connaîtrons jamais d'autre. Pourquoi dire qu'elle nous
enferme dans une solitude où nous ne trouverons jamais de compagnon? C'est elle qui donne un
sens aux mots société, amitié ou amour. C'est en elle que se forme le désir, mais aussi le sentiment
de la possession, qui est la possession elle-même.
Lorsque la conscience cherche un objet en dehors d'elle et souffre de ne pouvoir l'atteindre,
c'est qu'elle souffre de ses limites et qu'elle cherche seulement à grandir. Car il ne peut y avoir
d'objet pour elle que celui qu'elle est capable de contenir. On peut bien qu'elle est enfermée en
elle-même comme dans une prison: c'est une prison dont les murs reculent indéfiniment.
Mais qui pourrait penser que la conscience est une prison, sinon celui qui clôt toutes ses
ouvertures? Lorsque la conscience naît, l'être commence à se libérer des chaînes de la matiêre; il
pressent son indépendance: une carrière infinie s'étend devant lui qui surpasse toujours ses forces
et jamais son espoir. À mesure que la conscience croît, elle devient plus accueillante; le monde
entier lui est révélé; elle communique avec lui et une joie la remplit de trouver autour d'elle tant de
mains qui se tendent.
Il n'y a point d'état de la conscience, même la souffrance, même le péché, qui ne vaille
mieux que l'insensibilité ou l'indifférence. Car ce sont enconre des marques de l'être et de la vie qui
témoignent de la puissance avec laquelle elle se laisse ébranler. Il ne faut pas chercher à les abolir,
mais à les convertir. On rejette dans le néant tout ce que l'on retire à la conscience. La conscience
la plus grande, la plus riche et la plus belle est celle qui unifie le plus grand nombre d'élans et purifie
le plus grand nombre de souillures.