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INTRODUCTION

Henry Cuche

Henry Cuche, Dépression et libido

L’Esprit du temps | « Psychologie »

2000 | pages 7 à 8
ISBN 2913062350
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INTRODUCTION

Henry CUCHE
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Est-ce le plaisir qui nous fait désirer vivre, ou la vie qui


nous fait désirer le plaisir? se demandait Aristote, tout en
conseillant de dépasser cette interrogation du philosophe.
Est-ce l’anhédonie, la perte de sensibilité au plaisir, qui est
l’origine et l’expression de la dépression, ou est-ce la douleur
morale, le ralentissement, les pulsions de mort du déprimé
qui éteignent tout désir ou toute pensée de plaisir? peut s’in-
terroger le clinicien confronté aux patients déprimés. Là aussi,
dépassons cette interrogation fondamentale présentement
sans réponse pour nous intéresser aux données pratiques et
observables des relations entre dépression et libido.
L’impossibilité d’éprouver du plaisir et l’absence de désir
sexuel sont des symptômes qui appartiennent à la constel-
lation dépressive et qui sont souvent d’installation précoce.
Ces signes doivent être recherchés pour étayer le diagnostic de
dépression, ils doivent être abordés dans une perspective
thérapeutique. N’est-ce pas un soulagement de savoir que
cette perte de désir est normale dans un contexte dépressif?
N’est-ce pas une information apaisante pour un couple
d’apprendre qu’il ne s’agit pas d’une répulsion inquiétante
et que ce symptôme est réversible au même titre que la dépres-
sion?

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La dépression comporte de nombreux troubles du caractère
: susceptibilité, irritabilité, fatigabilité, envie de rien, qui créent
de nombreuses difficultés relationnelles, y compris dans la vie
sexuelle, d’où la nécessité pour le médecin de recevoir le conjoint
avec le patient (si ce dernier en est d’accord, bien entendu) pour
aider le bien portant à comprendre et surtout à attendre. L’inter-
rogatoire peut ainsi faire apparaître que les difficultés de

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caractère antérieures à la dépression font souvent le lit de cette
dernière. Une telle configuration rend le pronostic plus sévère,
à moins qu’une psychothérapie n’amende le sujet de façon
sensible.
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L’absence de libido peut être le symptôme longtemps isolé


d’un état dépressif. Le sujet déprimé se dévalorise un peu plus,
le conjoint est souvent silencieux ou trouve des explications
qui n’en sont pas. L’attitude didactique du médecin est alors
très importante en démontant les quiproquos, en nommant
les difficultés et en décrivant la dimension relative et tempo-
raire du trouble du désir.
Nous savons les difficultés qu’il y a à distinguer l’origine
des troubles sexuels en cours de traitement. Sont-ce des symp-
tômes de la dépression? Sont-ce des effets iatrogènes? Cette
question est très importante, ne pas y répondre induit de
nombreux abandons de traitement. D’où, encore une fois, la
nécessité de parler de la sexualité au cours de la prise en
charge.
Le choix d’un antidépresseur est en partie guidé par ses
possibles effets délétères sur la sexualité. Ce critère, peu
important au début du traitement d’une dépression grave, le
devient en même temps que l’état du sujet s’améliore, surtout
s’il faut le traiter pendant une longue période.