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Pour Mieux Connaître Homère (1911)

“Para Conhecer Melhor Homero”


Michel Jules Alfred Bréal (1832-1915)

Indicação Bibliográfica: BRÉAL, Michel. Pour Mieux Connaître Homère. Paris, 1911.
Indicado por: Otto Maria Carpeaux In História da Literatura Ocidental.

Índice

Avant-Propos (Prefácio);
I. Un Problème de L'Histoire Littérarie (Um Problema da História Literária);
II. Qu'est-ce que L'Iliade? (O que é a Iliada?);
III. Le Temps et le Lieu (Hora e Lugar);
IV. Le Temps et le Lieu (Suite) (Hora e Lugar 'Continuação');
V. La Langue D'Homère (A Linguagem de Homero);
VI. La Composition de L'Iliade (A Composição da Ilíada);
VII. Les Poèmes Homériques et la Critique Moderne (Os Poemas Homéricos e a Crítica Moderna);
Lexilogus;
Table des Matières (Tabela de Conteúdos).

Prefácio ou Introdução

Si les idées exposées dans ce volume trouvaient accueil, elles auraient pour effet de rapproucher
notablement des temps historiques les deux grands poèmes qui portent le nom d'Homère, en
même temps qu'elles en rendraient intelligible l'origine et la successive formation.

On pouvait craindre que le respect ne finît par mettre l'épopée grecque hors des prises de la science.
Nous ne disions pas encore avec notre grand poète lyrique: "Le monde naît, Homère chante". Mais
sur ce domaine réservé, il semblait que toute recherche d'une époque précise, d'une patrie
déterminée, d'une cause compréhensible, fût comme interdite. La supposition d'une trop haute
antiguité imposait silence à la critique: une terminologie abstraite faisait évanouir la notion même
d'auteur.
Il était peut-être temps de faire rentrer ces poèmes dans l'ordre normal des productions humaines,
et de leur assigner leur place, loin des théories creuses et des exagérations poétiques, parmi les
institutions et les oeuvres du génie grec déjà pourvu de traditions.

Ce n'est pas une inspiration subite ni le goût de la polémique, qui m'a suggéré mes objections aux
idées reçues: c'est encore moins le désir de m'étendre hors du domaine qu'on veut bien dire mon
terrain attitré. De tout temps j'avais eu des doutes, malgré moi, au sujet de l'âge de ces poèmes. La
régularité de la forme, la maturité relative de la pensée, l'air de haute civilisation répandu sur les
grandes scènes de l'Iliade, m'inquiétaient. A ce sentiment sont venus plus tard se joindre les
scrupules que faisait naître la langue homérique. J'ai eu l'occasion, pendant une suite d'années, d'en
faire une étude minutieuse. Rien ne porte à regarder de près un texte comme l'obligation d'en
donner, à des auditeurs exigeants, une analyse qui n'a le droit de laisser dans l'ombre aucune
difficulté.

A ces doutes sont venues s'ajouter des observations plus générales sur les poésies qualifiées de
populaires et de spontanées. Cette catégorie du spontané et de l'instinctif (comme l'appelait Renan)
joue un grand rôle dans l'oeuvres de la civilisation humaine: mais je pense qu'il n'est point juste de
descendre si profondément lá où nous nous trouvons en présence de la raison devenue adulte.

Dans l'Iliade et l'Odyssée les preuves d'une inteligence consciente et maîtresse d'elle-même
frappent à chaque pas: je n'ai pu à la longue y fermer les yeux. Le lecteur qui voudra bien prendre
connaissance de la première partie de ce livre pourra suivre le progrès de ma pensée à cet égard. Il
verra s'affermir et se préciser ma conviction.

La seconde partie du volume est toute philologique. Je me proposais d'abord d'y faire entrer
seulement les termes qui ont contribué à fixer mes idées et à me servir d'argument en ce qui
concerne l'âge et la nature du poème. Mais j'ai peu à peu élargi mon cadre et j'y ai compris un
certain nombre de mots que m'avaient paru expliqués de manière peu satisfaisante. Ce n'est pas
cependant un Lexique de la langue homérique: la tâche est infinie, elle a lassé des travailleurs plus
érudits et plus jeunes que moi. J'espère que le lecteur, sans me reprocher les lacunes, me saura
quelque gré de ce me j'apporte.

On verra qu'en géneral j'essaye de faire rentrer dans le giron hellénique des mots pour lesquels mes
devanciers avaient cru devoir s'adresser à des idiomes plus éloignés, quoisque de même famille,
tels que le latin, le gothique, le sanscrit.

On n'attendait peut-être pas précisément ce genre de service d'un professeur dont l'enseignement
consistait surtout à expliquer les rapports du grec avec les langues congénères. Mais tel est le
bénéfice d'une étude un peu approfondie. De même que l'originalité de l'Olympe grec se montre
tout particulièrement à celui qui a fait connaissance avec les dieux des Védas et de l'Avesta, de
même les caractères distinctifs de la langue grecque, ses facultés originales, ses acquisitions, son
génie propre apparaissent plus clairement à qui a longuement manié le vocabulaire et la grammaire
des langues soeurs. Étude utile cependant, étude nécessaire, et dont rien ne peut dispenser celui
qui veut se mouvoir avec quelque sûreté parmi des problèmes si compliqués et si délicats!

Je l'ai vivement senti en relisant l'ouvrage dont je veux dire quelques mots pour finir.

J'ai intitulé ma seconde partie Lexilogus en souvenir du titre qu'avait pris, il y a trois quarts de
siècle, le grammairien Philippe Buttman pour un Lexique de la langue d'Homère. Il m'est arrivé
bien des fois, en parcourant cet ouvrage, si judicieux, si rempli de faits intéressants, de voir en
Buttman le modèle du philologue classique. Il est vrai que l'élément comparatif lui manque, et
qu'on s'en aperçoit: mais il diffère des hellénistes ses contemporains en ce qu'il savait ce qui lui
manquait et qu'il le reconnaissait. Il a même tenté quelques pas de ce côté, qui lui était moins
familier.

Avouerai-je que j'ai été heureux quand, en feuilletant un dictionnaire biographique, j'ai appris au
dernier moment que Buttmann étai d'origine française, que son nom étai Boudemont, et qu'il
descendait de ces réfugiés qui, au XVIIª siècle, avec certaines autres choses, avaient failli emporter
de France le bon esprit critique? J'ai voulu, en manière de tardif hommage, rappeler le souvenir de
ce descendant des Français du Midi, qui a appris le grec é tant de petits Allemands!... Le nouveau
Lexilogus n'a pas l'ampleur, ni la vaste information classique de son aîné, mais il reprend quelques-
une des questions laissées par celui-ci à mi-chemin, et il a toujours voulu s'inspirer du même esprit
d'exactitude et de vérité.