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L'Afrique du Nord illustrée :

journal hebdomadaire
d'actualités nord-africaines :
Algérie, Tunisie, Maroc

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


L'Afrique du Nord illustrée : journal hebdomadaire d'actualités nord-
africaines : Algérie, Tunisie, Maroc. 20/06/1937.

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ix de ce numéro : 2 fr. 50.
ÇJUL-
Nouvelle série, N° 830. 32° Année.

DIMANCHE 20 JUIN 1937

JOURNAL
HEBDOMADAI RE
D'ACTUAL TES I

ALGER. — Le village d'EI-Affroun vu d'avion. On reconnaît, au centre, du premier à l'arrière-plan Monument aux Morts, l'Eglise, la Mosquée.
le
:
A gauche de l'Eglise : le presbytère ; à gauche de la Mosouée : le bain maure. En haut, à gauche, la Cité Indigène.
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE ANNONCES I
ANNONCES II L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE ANNONCES
ANNONCES IV L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE ANNONCES V
ANNONCES VI L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE
Prix de ce numéro : 2 fr. 50. DIMANCHE 20 JUIN 1937 Nouvelle série, N° 830. 32° Année.

MARC CHADOURNE,
LA LITTÉRATURE COLONIALE
ET L'AFRIQUE DU NORD

e 20 mai, j'assistais, au siègle social de sonnes prirent la parole ; on discuta sur la crise de la meroun. On l'aperçut ensuite au Colorado, en Louisia-
l'Encyclopédie française, rue du Four, à librairie et les projets de M. Duhamel ; la question fut ne, en Californie, et à nouveau aux îles du Pacifique.
Paris, à une réunion amicale organisée d'ailleurs mal posée et l'on raisonna pantoufle. Dès En 1930, on le trouve en Indo-Chine, au Siam, aux
par le Comité de cette vaste entreprise qu'eurent été menées à leur fin ces palabres, je m'ar- confins du Thibet ; il fonde une revue à Shanghaï, et
dont l'initiateur a été le très éminent rêtai à converser longuement avec le grand helléniste part de Pékin pour le désert, s'attarde à Bali, la « der-
M. de Monzie. Cette entreprise a pour dessein, comme Mario Meunier, qui parlait de Pythagore ; il vient de nière île ». Le livre qu'il publiera, « Chine », à son re-
on sait, d'établir le bilan de la connaissance dans la so- consacrer à Apollonius de Tyane, disciple de ce philo- tour à Paris, obtiendra le prix Gringoire. De Russie, il
ciété française de notre temps ; elle recherche et décèle sophe de pensée cosmique, un livre remarquable, et a rapportera un volume : « l'U.R.S.S. sans passion », qui
les routes et traverses de toute l'activité contemporaine, entrepris la traduction des poèmes homériques, oeuvre lui vaudra de cruelles inimitiés! Les conférences qu'il
soif dans le domaine social et économique, soit dans le difficile, délicate et de longue haleine ; des remous de donna sur sa randonnée chez les moscovites firent quel-
domaine scientifique, soit dans celui des arts et de la que tapage, même en Afrique du Nord. Au Mexique
littérature. il recueillit les éléments de son dernier roman, « Ab-
J'ai naguère signalé, aux dirigeants de cette impor- sence » où est décrit un poignant drame intérieur. Il
tante publication, les lacunes du tableau qu'elle avait a écrit aussi un livre sur les coutumes tahitiennes,
donné de la littérature ; sur ce tableau la littérature « Vasco », et son volume « Cécile-de-la-folie » lui va-
coloniale ne figurait point, bien qu'elle soit devenue lut, en 1930, le prix Fémina. Plusieurs bouquins de
d'une extrême richesse en France ; j'étais surpris de ce grand reportage ont rendu aussi son nom notoire dans
défaut et sollicitai qu'on l'effaçât. le monde des journalistes. Cet excellent écrivain est
Avec courtoisie, M. de Monzie m'écrivit que la litté- des mieux informés des choses coloniales.
rature coloniale dépendait du fait colonial et serait trai- Il me poussa dans son auto et nous gagnâmes de
tée en même temps que lui dans un volume en prépa- concert les bureaux du commissariat général de l'Expo-
ration. Je le remerciai de sa bonne volonté ; je n'appris sition coloniale, où il occupe un poste de choix. Et là,
point sans étonnement que la littérature coloniale ne dans une chambre bourrée de paperasses et encombrée
relevât point de la littérature pure et simple. M. Pier- de cartes et de plans, je lui soumis mes doutes et lui
re Abraham, directeur de la partie littéraire de l'Ency- narrai mes démarches. Marc Chadourne écouta mon
clopédie, eut la bonté de me convier à l'assemblée de récit sans m'interrompre, puis bourra et alluma, sans
ses collaborateurs, auxquels il offrait collation. se départir de son calme, une pipe dont la fumée abo-
Nous ne pûmes nous entretenir que pendant de lit peu à peu les relents d'encre qui flottaient dans la
courts moments, car l'affluence était considérable ; M. pièce. Il prit ensuite la parole, son discours ne man-
Abraham, qui est un homme d'une parfaite élévation quera point d'intéresser les intellectuels du Nord de
de pensée, m'avisa que bientôt paraîtrait en librairie l'Afrique.
un supplément à l'ouvrage que je chipotais ; on y por- « Un écrivain, me dit-il, subit un préjudice le jour
terait le nom et l'oeuvre principale de tous les écri- où il accueille l'épithète de colonial ; ne m'en veuillez
vains métropolitains ou coloniaux français de quelque point de ma franchise ; je n'ai point accoutumé d'or-
talent ; ainsi se satisferait l'amour propre de chacun. ner de fleurs de rhétorique les opinions que je crois jus-
Je m'empressai de l'assurer que je n'avais point de- tes, et je suis convaincu de voir juste quand je prétends
mandé cela ; il ne s'agissait pas à mon avis d'établir que l'adjectif colonial est préjoratit au regard de la
un palmarès, mais bien de reconnaître et de procla- critique. Et au regard du public les mots « écrivain
mer, dans les pages consacrées aux belles-lettres, qu'en colonial » entraînent une certaine dévaluation dans
Fronce le monde colonial était, depuis cinquante ans, l'estime qu'il a d'ordinaire pour les productions de l'es-
entré de façon normale, continue et originale, dans la prit. Notez bien ce point : à mon idée la critique et le
littérature. Ce point seul importait ; l'individu ne comp- public se trompent et bien lourdement ; à mon idée,
tait point devant la doctrine. J'ajoutais qu'il était tou- foule nous séparèrent ; comme je tirais vers la porte, certains de nos écrivains coloniaux possèdent un talent
tefois déplorable que des noms d'initiateurs, tels ceux je rencontrai Gabriel Audisio et Marius Leblond qui qui les range parmi les meilleurs auteurs de l'époque.
de Louis Bertrand, Le Glay, Nolly, Daguerches, Boissiè- me parlèrent du pavillon de l'Algérie à l'Exposition. Au Mais le mot « colonial » gâte tout. Ce que je dis de
re, Victor Ségalen, Charles Renel, Isabelle Eberthardt dehors, la pluie tombait à verse. ce mot peut être dit aussi du mot « régionaliste »
et Marius Scalési, n'eussent point été désignés à l'at- Comme je débouchais sur le boulevard Saint-Ger- quand on perle de littérature régionale ; il mit obsta-
tention des lecteurs de l'Encyclopédie. main, je fus rejoint par le bon romancier Marc Cha- cle à la diffusion des livres de Leroy, l'admirable bâtis-
Nous n'eûmes point le loisir de prolonger notre cau- dourne, qui est aussi un intrépide voyageur ; adminis- seur de « Jacquou-le-croquant » et du « Moulin du
serie. La salle était envahie par force membres de l'Ins- trateur des colonies et sans cesse chargé de missions, il Frau » ; on ne mit que récemment ce grand écrivain
titut et autres savants et par des érudits. Plusieurs per- parcourut l'Océanie, puis passa dix-huit mois au Ca- à sa place dans la littérature française toute
; sa vie
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

il souffrit de son obscurité ; celle-ci fut la conséquence d'Amérique que probablement aucun résident ou natif pelle aussi avec émotion un très bel essai du regretté
des jugements qui le réléguaient dans la foule des pro- de ces contrées aurait été incapable de donner. Mais M. Eugène Marsan, intitulé « Celles d'Alger » ; il m'aida
1

sateurs de province: Morand n'aurait jamais pu écrire sur la Chine les livres à comprendre les algériennes.
« Oui, de très grands talents coloniaux ou régiona- de Pearl Back, cet américain né en Chine, qui y a tou- « Je voudrais aussi rappeler le plaisir que j'éprouvai
listes souffrent d'avoir été classés comme tels; il suf- jours vécu, qui professe dans une université chinoise et à la société de M. Soubiron, dont l'activité de pensée
fit d'une épithète mal choisie pour apparaître diminuer qui connaît la Chine à fond. Il est également certain sans compter en faveur des livres, des écrivains et des
le domaine d'action et le champ de lu sensibilité d'un que « Batouala ».n'aurait pu être écrit par un voyageur conférences a rendu autant de services aux écrivains
écrivain, pour leur attribuer en quelque sorte des limites étranger à l'Afrique. qu'à l'Algérie. N'est-ce pas grâce à lui que fut édité
restreintes. Nous savons qu'en fait l'espace où se meut Tout doucement la conversation dévie et nous nous le joli livre de Montherland : « Il y a encore des Para-
l'auteur colonial est imrr\,ense et qu'une action située entretenons maintenant de l'Afrique du Nord. Marc dis ? » Je souhaiterais à beaucoup de nos libraires fran-
aux colonies a autant d'importance que si elle était éta- Chadourne a plutôt circulé en Tunisie qu'en Algérie; çais d'avoir autant de générosité et d'allant.
blie dans la métropole. Mais le public a sa routine et il narre avec verve les péripéties d'un voyage à Gabès « Et comment ne pas me souvenir avec émotion du
il est toujours funeste de s'élever contre ses préjugés. et jusqu'au bordj LeboeUf ; il a voulu, ajoute-t-il, fai- délicieux Armand Guibert, qui dirige à Tunis le petit
« Mon observation, vous le voyez, ne porte que sur re en Tunisie une sorte de pèlerinage, à la suite de Gi- groupe des « Cahiers de Barbarie » ? Ce groupe nous
ces mots; en ce qui me concerne, je souhaiterais que de, sur les traces de l'« Immoraliste » et d'« Amyri- fournit l'exemple d'écrivains qui, dans un pays consi-
la littérature coloniale trouvât la large audience qu'elle fas ». déré comme colonial, font une littérature aussi peu co-
,
mérite en abandonnant une étiquette qui à tort ou à Il donna des conférences à Oran, à Alger, à Cons^ loniale que possible, de même que les «Cahiers du Sud»,
raison semble la classer dans un genre secondaire. Le tontine. A Alger, Mme Lucienne Favre le guida à la à Marseille, ne font pas une littérature marseillaise,
mot colonial évoque une attitude relativement étroite, Ccsbah, sur laquelle elle écrivit un livre qui est d'un mais au contraire touchent aux sujets lés plus humains
une compréhension strictement européenne de problè- auteur dé talent. II. estime aussi Gabriel Audisio qui et à la poésie d'avant-gardë qui relève de la plus hau-
mes et de psychologie qui ne sont pas ceux de l'Eu- sut, dans une étude du milieu africain faire valoir te culture.
rope. Dans l'opinion commune, le colonial est lé porte- tous ses dons de poète méditerranéen. Il suit avec un Telle est, en résumé, l'opinion peut-être sévère, mais
plume qui conduit l'indigène et fait de l'administration. vif intérêt la revue des Etudiants d'Alger, « ce groupe qu'il est bon de faire connaître, parce qu'elle est par-
« Je crois que lorsqu'il s'agit de prendre Une Vue plein de vie et d'activité qui est un exemple pour nos tagée par une partie du public français, d'un écrivain
d'ensemble d'un pays le fait d'avoir vécu sur place Facultés de Paris et de province ; j'ai eu l'occasion de sur la littérature coloniale. Elle est d'autant plus inté-
empêche souvent un recul favorable aux idées géné- les rencontrer et d'avoir avec eux des conversations qui ressante que celui qui la professe n'a point de parti-
rales. Par contre, une étude fouillée des moeurs, et la m'ont prouvé leur curiosité d'esprit alliée à une impé- pris et a d'ailleurs consacré son talent à l'exotisme.
pénétration des caractères et des âmes sont d'un accès tuosité sympathique. » Nous comprenons, grâce à l'exposé qu'il a bien voulu
plus sûr et plus facile à ceux qui sont nés ou ont lon- « Je découvris l'Algérie il y a huit ans ; je ne la me faire, les raisons qu'eurent les rédacteurs littéraires
guement séjourné dans ce pays. Comme il convient de connaissais alors que par les livres du grand écrivain de l'Encyclopédie française de frapper d'ostracisme lés
donner des exemples, je soutiendrai que, certaines étu- Louis Bertrand ; j'avais de « Pépète et Balthazar » des écrits de ceux qui prennent la plus grande France pour
des d'un voyageur tel que Morand ont pu fournir une souvenirs inoubliables. Je n'éprouvai point de décep- sujet de leurs ouvrages.
vision en synthèse de contrées d'Extrême-Orient ou tion à confronter mes souvenirs à la réalité ; je me rap- Robert RANDAU.

PASSÉ et PRÉSENT

n magn:fique soleil, soleil d Algérie, semblait-il, et tout neuf, car jus- ier, avec le même soleil, avec le même beau temps, le chef de l'Etat
qu'ici il ne nous avait pas gâtés, présidait à ce défilé militaire tant inaugurait ce qui était prêt de la gigantesque Exposition. Planté dans
attendu, qui commémorait le Centenaire de l'Arc de Triomphe. Aussi l'île des Cygnes, où s'élèvent les pavillons de l'Algérie, de Tunisie et
la grande foule des parisiens, et des étrangers, déjà arrivés pour l'Ex- du Maroc, j'attendais le passage de la flottille présidentielle qui al-
position, s'échelonnait-elle le long de cette voie unique au monde lait inaugurer, un peu vite à notre gré, cette partie de l'exposition.
que sont les Champs Elysées. Elle tenait en réserve cette foule, de frénésie, d'accla- Autour de moi, rangés le long des barrières, la foule des artisans acclamait le re-
mations pour le spectacle qui allait lui être offert. Nous ne nous arrêterons pas sur présentant de la France, et le Chef de l'Etat n'aura pas manqué d'être touché de
ce que fut ce défilé rétrospectif des Armées Françaises depuis cent ans, mais noua cette manifestation quoique de trop loin, que l'Algérie fidèle au rendez-vous était
soulignerons, avec nombre de nos confrères de la grande presse, le succès qu'ont prête à l'heure fixée.
remporté auprès du public, les zouaves, les chasseurs d'Afrique et les spahis. Zoua- C'est un juste hommage de reconnaissance qu'il convient d'adresser à M. Falck,
ves de Lamoricière, chasseurs de Margueritte, spahis de Yousouf, ils ont récolté qui en fut l'infatigable animateur, et le plus parfait des réalisateurs.
tout au long du défilé le meilleur des acclamations de la foule. Ne sont-ils pas les
plus beaux et les plus fiers de notre épopée algérienne ?
1 " - • Henr. RABAN|T.
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

L'arrivée à Alger clé M. Sleeg : Le sénateur accompagné par M. Le Beau est reçu à la gare de VAgha
par M. Grégoire.
ALGER l'Algérie, la Tunisie et les Territoires du Sud. Plusieurs d'entre elles ont même poussé
plus loin et se sont dirigées vers l'A.O.F. et l'A.E.F., profitant de leur passage en,
Depuis quelques mois, l'Afrique du Nord est, pour des raisons aussi diverses Afrique du Nord pour y glaner quelques renseignements que nous souhaitons pré-
que
graves, le sujet de préoccupations gouvermentales. Au début dé l'année et jusqu'à cieux. Dernièrement, M. Steeg, sénateur, ancien Gouverneur Général de l'Algérie, a
ce jour, des missions ont été créées qui sont venues se rendre compte sur place des été l'hôte du Maroc, de l'Algérie et de la Tunisie. M. Le Beau partit en avion à sa
origines des malaises dont nous souffrons. Elles ont parcouru en tous sens le Maroc, rencontre à Oran et l'accompagna jusqu'à Alger où il eut avec lui maints entretiens.

La pose de la première pierre du Groupe scolaire Deux nouveaux groupes d'Habitations à Bon Marché
du Champ de Manoeuvres ont été inaugurés par la Régie Foncière

.1/. Berlin déposant le parchemin historique.

Les personnalités sont reçues par le Comité de Quartier.


Photos l)css;iiill. .1/. Grégoire inaugurant les grouprx II.B.M.
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

L'Exposition d'horticulture
Les manifestations sous des formes diverses; par les-
quelles on s'efforce de tonifier l'activité commerciale se
succèdent depuis quelques temps, à un rythme tel que
le :public semble s'y accoutumer et les considérer avec
une certaine indifférence. Cependant, lorsqu'il s'agit de
jardins, de végétaux décoratifs, dé fruits ou de légumes
de choix et surtout de jolies fleurs, ce même-public ac-
court avec enthousiasmé, du lieu de l'Exposition. Tout
le mondé; de la plus humble ménagère à l'élite dé la
Société mondaine, du petit artisan à l'homme d'affaU
res, du campagnard lé plus fruste au citadin
le plus
évolué; s'intéresse à ces beautés; de la nature; sans ces-
sé; affinées par la science génétique et la technique
-culturale hôrticùlë.,:

.L'Ëxppsjtiôn' d'Horticulture T937, par lés productions


qui y prit été présentées, dura révélé un effort considé-
rable de la part des exposants dont le mérite se trouve
encore, accru par les; circonstances pénibles de Idîcrise.
économique que'nous traversons.
Dans cet effort, nos professionnels et amateurs ont
tenté de se surpasser et il n'est pas; jusqu'aux organis-
mes administratifs (hors concours), qui ne soient venus
apporter leur appoint désintéressé dans l'ensemble de
cette féerie, où nous allons, pendant quelques instants
promener le lecteur.
Cette manifestation artistique, placée sous le haut Vue générale de l'Exposition d'horticulture. Photo Dessault.
patronage dé M. lé Gouverneur Général Le Beau a été
organisée par la Société d'Horticulture d'Algérie, dans qui, sous l'éclairage bleuté d'Un réflecteur, prennent Revenons dans la grande salle; d'appétissants bo-
là grande salle de là Maison du Colon. une teinte féerique. caux de fruits attirent vers la droite, nos regards. Ce
Dès l'entrée, nous remarquons au ceritre un impo- Plus avant; nous pouvons admirer une plate-bande sont des préparations de l'Ecole Ménagère agricole ;
sant massif d'hortensia que domine un këntia superbe. de Pétunia doubles aux délicates corolles ondulées que sur une table voisine, quelques boîtes d'insectes, soi-
Au pied dé cette pyramide fleurie s'étale un motif de présente la maison Truffàut. Puis, ce sont quelques su- gneusement préparées par les Services de la Défense des
Bégonia rouges sur un fond blanc,.constitué par une perbes Rosés exposées par M. Ehrmann et quelques pro- Cultures, nous rappellent les redoutables ennemis de
multitude dé Cinéraires maritimes. Cet ensemble majes- duits agricoles algériens, pouvant servir à l'alimentation l'Horticulture. Enfin, une autre table surmontée d'un
tueux concrétise l'effort consenti par la Ville d'Alger, de nos indigènes, présentés par le Service Agricole Gé- grand panneau, nous montre quelques belles gerbes de
pour l'embellissement de l'exposition... A droite, un ren- néral d'Alger. blés durs et tendres, sélectionnés par le Laboratoire de
foncement du grand hall est occupé par de superbes A notre gauche, notre regard est attiré sur un gra- génétique de l'Institut agricole de Maison-Carrée.
Hortensia, quelques gerbes de Glaïeuls et d'OEilléts et cieux massif de plantes vertes et de fleurs disposées Le stand important de la Maison Dieudonné de Bou-
un groupe de Sanseviera aux feuilles rubanées et ti- avec un goût exquis, par l'Amicale des Jardiniers. farik, nous présente quelques superbes plants d'agrumes
grées. Le tout est surmonté, d'une enseigne bien connue Au fonds, ce sont les ateliers Garcia, connus eh fer- issus de ses pépinières et aussi un joli lot de Cëréus
dans l'art floral à Alger : « Franco ». ronnerie d'art, pour jardins ; la maison Mosti de Kouba, encadré de deux imposants exemplaires d'Agaves ferox.
Mais voici à nos pieds, un massif, sans fleur celui-là, dont les poteries artistiques ne sont plus méconnues ; Le tout entouré de petites plantes grasses attire beau-
hérissé dé rocailles d'où émergent dés plantes extrava- les explosifs agricoles ; les engrais, etc.. L'Afrique Oc- coup d'amateurs.
gantes, dont les noms aussi bizarres que les silhouettes cidentale Française, dont quelques produits entourent A quelques mètres de là, la maison « Flore » a su,
sont inscrits sur dés étiquettes blanches. C'est toute la un superbe crocodile... empaillé. En face figurent quel- avec un goût exquis, disposer quelques superbes vases
collection, de plantes grasses du Jardin d'Essai, dont le ques types de cageots standards, de primeurs, présentés et corbeilles de fleurs dont le cachet est remarquable-
personnel a su tirer ainsi, le maximum d'effet décoratif. par l'Ofalac. Puis les maisons Brand et Boucher (grai- ment rehaussé par un petit mobilier de salon, style
Dans le coin, à droite, l'« Orchidée » a disposé ses nes Vira), vis-à-vis desquelles, le comptoir de « Pur- arabe.
plus belles fleurs. Ce sont des OEillets et des Glaïeuls pom's (pur jus de pommes), offre aux visiteurs de quoi Dans le coin, M. Honoré, d'EI-Biar, présente savam-
aux épis flamboyants et aussi une corbeille de roses se rafraîchir délicieusement et... hygiéniquement. ment, sur une pente rocheuse, uns collection de plan-
tes grasses et Cactées, unique en Algérie... Tout à côté,
voici la maison Peyret qui présente une imposante ta-
Me de roses variées.
Enfin, nous voici devant le Stand Meffre fils. Comme
haque année, de magnifiques Rosiers fleuris, en pots,
y sont exposés en un parterre fleuri se détachant sur un
fond de verdure d'une collection de conifères de grand
mérite.
Après la visite de ce véritable Eden de plantes et de
fleurs, on ne peut s'empêcher de songer aux prodiges
de patience et le travail d'art que nos horticulteurs et
fleuristes algériens doivent mettre en oeuvre, créer, cul-
tiver et entretenir ces merveilles à travers nos étés trop
secs et chauds ; beaucoup se demandent, certainement,
comment ils y parviennent.
Pour en avoir une idée exacte, il leur suffirait de
penser aux peines et soins journaliers qu'entraîne, pour
eux, le simple entretien des quelques pots de fleurs ou
de plantes vertes, avec lesquelles ils s'efforcent d'agré-
menter leur habitation.
B. M.

Le Vieil-Alger à Djenan
Mustapha-Pacha
C'est de l'Orphelinat St-Vincent de Paul qu'il s'agit,
domaine où jadis, villégiaturait le dey Mustapha-Pacha
qui le créa. Dans sa monographie, le président M. H.
Klein, exprima qu'après ce souverain, y habitèrent les
consuls Dubois-Thainville et A. Deval, et durant quel-
La cour de Djenan Mustapha Pacha d'après une aquarelle ancienne. ques jours, le savant Arago. Après 830, ce devint un
1

(Collection Jules Carboncl). hôpital militaire, puis, jusqu'en 1848, une caserne. A
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

cette époque, y fut installé l'Orphelinat St-Viricent de La Fête dès Croisés toile, emblème de la pureté de l'âme et des intentions
Paul qui l'occupe toujours. à Notre-Dame-d'Afrique innocentés de ces Chevaliers en herbe-garçons et fillés-
Dé magnifiques restes subsistent, dé cette princière arrières-petits-fils des Grands et Hardis Devanciers du
résidence qui comporte encore, outré de belles salles à. Le III" Congrès Diocésain de la Croisade Eucharisti- Moyen-Age.
céramiques et à broderies murales, trois remarquables
que a été célébré dernièrement avec un éclat particu- Jean de NODES.
cours. L'attention des visiteurs, fut aussi retenue par lier.
lés intéressants petits protégés des dévouées soeurs de Les Institutions libres, les Ecoles, lès Patronages, les
l'établissement, lequel — ainsi qu'il fut dit en l'étude Paroisses d'Alger et des environs prenaient part à cette
présentée à son sujet, — « après avoir été une maison cérémonie.
de l'Histoire, est devenu et est demeuré une précieuse
Plus de 2.000 enfants, accompagnés de prêtres et de
maison de la Charité ». religieuses, étaient rassemblés, le matin — certains
venus de fort loin, tels ceux de Berrouaghia — et par-
ticipaient aux différentes manifestations du programme
Un coin de France tout près d'Alger établi par le R. P. Joseph Ledroit, directeur diocésain de
On va parfois chercher bien loin ce que l'on peut la Croisade.
avoir à portée de la main. Avec la saison chaude par La Croisade ! Quel nom évocateur des magnifiques
exemple, nous voyons partir vers la France ou bien élans de Foi, qui animèrent l'Europe chrétienne et, en
vers nos montagnes et nos plages des quantités tou- particulier, la France, du XI'' au XIII siècle !
1'

jours plus grandes de citadins. Le résultat est, bien Comme il sait remettre devant nos yeux, après avoir
souvent, à l'opposé de celui que l'on recherchait. Le ravivé nos mémoires d'écoliers, ces chevaliers bardés de
long parcours que l'on s'impose, avec des moyens de fer, haut casqués, épée au côté et lance au poing qui,
locomotion pas toujours très confortables, est la cause partaient au loin pour disputer à l'infidèle la possession
de fatigues que ne peut compenser le court instant des Lieux Saints !
de repos dont on jouit entre l'aller et le retour. L'Emblème de leurs expéditions, leur signe de rallie-
Aussi vaut-il mieux se contenter des coins char- ment, après qu'ils se fussent levés de toutes parts au
mants et tout proches qui sont nombreux autour d'Al- cri de « Dieu le veut ! » était la croix, ils la portaient
ger. Tel est celui dont nous montrons ici deux as- fièrement sur leur poitrine.
pects caractéristiques et qui n'est éloigné de la capitale Combien ne sont pas revenus ! Mais, encore que le
que d'une dizaine de kilomètres. Il se trouve à deux but de leurs valeureux efforts n'ait pas été atteint,
cents mètres à peine de la route d'Alger à Chéragas. puisque le tombeau du Christ est toujours aux mains des
Une grande mare y étale ses eaux claires où vien- infidèles, leur oeuvre n'a pas été stérile, ne serait-ce
nent se rafraîchir les délicats feuillages tombant de qu'en ouvrant des relations entre l'Occident et l'Orient,
quelques saules. Des quantités de grenouilles y vivent très mystérieux en cette époque lointaine.
qui sautent à l'eau dès votre approche en poussant C'est sous une forme plus pacifique, mais tout aussi
un drôle de petit cri. enthousiaste, que, depuis trois années, se lève une nuée
Sous les ombrages, une douce température invite de petits Croisés, un peu partout, en France.
à la sieste et le calme de l'endroit est bien fait pour Plus d'armes, certes, plus de bouclier ni de heaume ;
donner le repos nécessité par les exigences de la vie mais la Croix, la même, largement étalée près du coeur, Un aspect pittoresque de. la rue Rundon pendant les
citadine. peur marquer la ferveur de celui-ci à la cause sacrée. grandes fêles du Mouloud i/ui se sont déroulées
P. C. Plus de cotte-de-maille mais une tunique de blanche avec éclat.

.1 dix kilomètres d'Alger, un vrai coin de France. Photos Dcssnull.


L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

A LA CITÉ INDIGÈNE
D'ASSISTANCE
DE BENI MESSOUS
-

ans un précédent article (1), nous avons p.aKé de l'oeuvre admirabb


réalisée par le Bureau de bienfaisance européen de la Ville d'Alger
dans le but de secourir les orphelins européens. Afin de parer à cer-
taines critiques, formulées par des esprits chagrins; nous allons mon-
trer aujourd'hui avec quelle sollicitude sont traités les indigènes misé- L'entrée de l'Hospice des Vieillards indigènes.
reux et malades.
Il existe en effet, à Beni-Méssous, à quelques centaines de mètres seulement de ruine de plus. Depuis 1926, ce domaine de 74 hectares, avec des bâtiments de plus
l'orphelinat, un établissement hospitalier destiné aux vieillards indigènes. de 100 mètres de long, a dû être abandonné. Après avoir fonctionné normalement
Cette oeuvre n'est d'ailleurs pas une nouveauté et voici ce que nous pouvions en depuis sa création jusqu'au milieu de la guerre, ce dépôt de mendicité a vu dé-
dire il y a déjà quelques années (2), alors que l'hospice n'était même plus un « dé- croître sa clientèle. A partir de cette époque, il n'y eut plus de mendiants, ou, plus
pôt de mendicité », mais un domaine abandonné. exactement, on avait d'autres chats à fouetter que de continuer à s'occuper d'eux.
Les quelques idiots et épileptiques qui y demeuraient
encore furent expédiés à Douera. Et cependant, c'était
là une bien bonne chose pour les malheureux qui, ra-
massés par les services spéciaux, étaient amenés à Be-
ni-Messous où on les réconfortait moralement et phy-
siquement. Lorsqu'ils étaient aptes à reprendre la route,
ils se dirigeaient vers Staouéli où les Trappistes les hé-
bergeaient encore pendant trois jours... puis ils se lais-
saient reprendre et revenaient à Beni-Messous.

Aujourd'hui tout ceci est heureusement changé et le


vieux dépôt de mendicité a été complètement restau-
ré, agrandi, embelli peur ne plus recevoir que de pau-
vres hères, tous musulmans. Une infirmerie-hôpital de
construction récente y a même été adjointe pour attein-
dre au but le plus louable qui se puisse poursuivre :
soulager la misère des indigènes.
C'est là, en effet, que sont groupés tous les malades
reconnus incurables, venus des hôpitaux d'Alger.
Seuls, les hommes y sont admis, les femmes étant
dirigées sur l'hospice de Marengo.
Dès l'entrée, on est heureusement surpris par la bel-
le ordennan :e des lieux. La cour d'entrée est em-
plie de fleurs et les grands murs blancs donnent une
parfaite impression de netteté, de propreté.
La grande cour de l'Hospice. A l'ombre des vieux ficus qui croissent dans la
grande cour, les vieillards se reposent, assis sur un
« Les anciens bâtiments ne sont plus que des ruines. Une porte voûtée, surmontée long banc de pierre qui fut jadis un lavabo. Leurs vêtements sont d'une propreté ir-
d'une grande plaque de marbre portant l'inscription : « dépôt départemental de réprochable et leurs physionomies indiquent suffisamment qu'ils ne manquent de
mendicité créé le 1er mars 1875 », laisse entrevoir, dès l'abord, une végétation in- rien.
disciplinée qui envahit les cours. A l'intérieur, les diverses portes sont sumontées de A la suite de M. Millet, directeur de l'Hospice indigène, nous allons visiter les
planchettes sur lesquelles subsistent des vestiges de plaques de cuivre ajouré in- différentes parties de cet établissement hospitalier.
diquant : « Boulangerie », — « Cuisine », — « Magasin aux vivres », etc.. La
boulangerie est aujourd'hui transformée en cimetière d'instruments aratoires ; le
réfectoire est encombré de vieilles tables, de fers de lits tordus et rouilles. Dans une
seconde cour se dresse encore un long lavabo en maçonnerie sur lequel, derniers té-
moins, sont encore scellés trois ou quatre robinets de cuivre. Plus loin, se trouvel
l'infirmerie des femmes. Les fenêtres, ornées de grilles, sont presque totalement
obstruées par les toiles d'araignées se confondant avec les lambeaux de toile de sac
qui servaient de rideaux. La salle est lugubrement sombre. Aux murs sont encore
accrochées de petites tablettes de bois où sont collées des étiquettes portant cha-
cune un nom et une date : « Boumezil Zehaïr, entrée le 29 mars 1912 » — « Mary
Catherine, entrée le 15 novembre 1907». Combien de femmes, misérables épa-
ves, ont connu dans ce coin sombre quelques jours de bonheur avant de reprendre
la route ou bien avant de mourir.
D'autres cours font suite à ces bâtiments. Là, l'herbe folle a prospéré partout ;
il y croit aussi des figuiers et une treille qui, malgré son abandon, produit de bel-
les grappes. Enfin, un dernier bâtiment à étage. Le rez-de-chaussée est encombré
de caisses à lapins. Un escalier de marbre conduit au premier étage. La toiture d'une
aile s'est effondrée et le parquet est jonché de plâtras, de fers de lits, de gouttières
d'infirmes et de matelas éventrés qui offrent le plus parfait spectacle de dévastation.
Cn croirait voir encore un des hôpitaux du front après le passage de la mitraille.
C'est, en effet, la guerre qui, indirectement, a fait de ce refuge de miséreux une

(1) Voir L'Afrique du Nord llluslrée du 1" juin 1937, pages A et 5 : •<
Avec les
Orphelins de Heni-Messous ».
(2) L'Afrique du Nord llluslrée du 27 septembre 1031 : "Le rtépôl de Men Une partie du personnel entourant M. Millet. Directeur
dieilé de Heni-Messous ». de la Cité indigène d'assistance. Photos Dessnull.
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

Le réfectoire et l'un des dortoirs.

La cuisine est la première installation vers laquelle nous dirigeons nos pas. Sur vant au terme de leur pénible existence, n'est-ce point là une porte ouverte sur la
une vaste cuisinière de nombreux plats exhalent un fumet odorant. béatitude éternelle ?
—« Il nous est possible, grâce à l'identité d'origine de nos pensionnaires de pré- Plus loin, voici les dortoirs des vieillards valides, de ceux ,tout au moins, qui ne
parer une nourriture susceptible d'être servie à tous. Cela facilite la tâche du sont atteints d'autre invalidité que celle que l'âge confère à tous les êtres humains.
personnel ». nous dit notre cicérone. La même ordonnance, la même clarté règne en ces lieux et l'on ne peut s'empê-
De beaux poissons, des plats de couscous sont là qui attendent l'heure du déjeu- cher, à leur vue, de songer aux tristes et sombres refuges où gîtent tant de mal-
ner. heureux dans nos villes et dans nos bleds.
Parmi eux se trouvent quelques jeunes. Cette sur-
prise n'en est plus une lorsqu'on nous apprend que ce
sont des indigènes victimes d'accidents qui sont héber-
gés ici pendant la durée de leur convalescence.
Dans les cours, où nous redescendons maintenant,
sur des bancs ou bien sur les marches de quelques es-
caliers sont assis d'autres vieux. Que de misères humai-
nes sont soulagées ici. Voici des aveugles, des idiots
aux faciès torturés, des épileptiques au regard fou, aux
membres disloqués. Tous ces déchets humains sont là,
heureux de vivre, malgré l'horrible mal qui les mine.
Leurs vêtements sont propres et confortables et leur
ventre ne crie plus famine.
Notre visite se termine par le parcours de l'hôpital.
Ce bâtiment n'existait pas du temps du dépôt de men-
dicité. Tout y est prévu pour soulager les misères phy-
siques des malheureux qui y trouvent gîte. Beaucoup
d'amputés y sont réunis qui attendent, dans les meil-
leures conditions, l'heure de leur guérison. Une salle
d'opération moderne, un laboratoire et une pharmacie
complètent cette installation. Un personnel, au dévoue-
ment sans borne s'affaire de tous côtés et quelques con-
valescents font leurs premiers pas dans les coquets jar-
La salle d'opération. dins fleuris.
Ainsi donc il a été beaucoup fait pour les indiqè-
Au-dessus des cuisines, une vaste infirmerie est réservée à ceux des pensionnaires nes à la cité d'assistance de Beni-Messous.
qui sont atteints de maladies bénignes et passagères. Un infirmier-chef indigène et Cette oeuvre est sans doute l'une de celles dont la France peut, à juste titre,
plusieurs aides sont la providence des pauvres hères que la Nature se plait à tyran- être fière. Et il faut ajouter que si elle n'est point la seule, elle est l'une des plus
niser. Des salles de pansements et de vastes dortoirs aérés et clairs se succèdent. belles et des mieux comprises.
Dans ces derniers des litrs tout blancs sont méticuleusement rangés de chaque côté Gérard BESSE.
des pièces dont le carrelage brille. Quelques vieillards
y sont étendus, portant, à la place de leur habituelle
chéchia, un bonnet de coton semblable à celui cher à
nos paysans Gascons. A notre approche, ils se soulèvent
de leur couche et nous saluent gentiment.
Eclairant ces faces émaciées par la douleur et les pri-
vations, un regard de reconnaissance brille dans les
yeux de chacun. On conçoit, sans qu'il soit besoin de
grands commentaires, le bonheur de ces gueux qui ont
trouvé là un paradis qui doit être pour eux l'approchant
le plus exact de celui promis aux sages par Allah.
Combien de ceux qui sont ici ont-ils précédemment
joui d'un tel confort ? Combien, parmi eux, ont-ils
connu la douce fraîcheur de draps bien blancs et la re-
vigorante tiédeur d'épaisses couvertures ? N'ont-ils
pas plus souvent connu les courbatures dues à des nuits
et des nuits passées sur le pavé humide des quais ou
de quelque ruelle nauséabonde de la Casbah ?
Et puis, à côté du confort matériel, ils trouvent en-
core le réconfort moral. Un apaisement est procuré à
leurs souffrances physiques en même temps que leur
est donnée la paix du coeur et de l'âme. Ils sont sans
cesse entourés de prévenances et, pour ces vieux arri- Une salle, d'infirmerie. Photos Dessiiiilt.
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

ORAN Néhamica. Mais je perçois encore, après 74 ans, le la direction vigilante de M. Augustin Ferran-
rire de l'Empereur et j'entends très bien l'ordre qu'il
do, de la section oranaisej il a été présenté un
ensemble d'envois de peintres, de sculpteurs,
A l'âge de 103 ans est mort donna à nos soldats : d'architectes, d'ensembliers, de ferronniers, d'ar-
—r Ne lui faites aucun
mal et relâchez ce brave tisans d'art, de dessinateurs et de céramistes,
à Relizane M. Moïse Lascar ijtii — le mot n'est pas trop fort — est vérita-
homme immédiatement !»
blement éblouissant* »
Des obsèques d'une simplicité émouvante ont été fai-
Toute la presse oranaise, d'ailleurs, célébrait, en des
tes à M. Moïse Lascar, l'une des personnalités les plus L'Ëmpérëur, dans un landau attelé à grandes guides,
articles analogues, le succès sans précédent obtenu par
sympathiques de la communauté de Relizane. Elles ont tiré par quatre chevaux alezans et escorté par un pe- le Salon de la F:A.T.I. Mais ce fut mieux encore, lors
été présidées par M. le Rabbin Aziza, grand mutilé dé loton de Chasseurs d'Afrique, se rendait de Mostagàriem

petit-fils du défunt. ''.-,.'.


la Division algérienne, ami de M" Maxime AboU, avoué,

Au cimetière, M. le rabbin s'est fait l'interprète ému


à Relizane. En arrivant près du barrage dé l'oued Mihq,
le cortège impérial "se heurta à une foule considérable
d'indigènes faméliques.
du gala de huit organisé le surlendemain à « l'Empire ».
Qu'on en juge par les titres mêmes dès articles : « Le
grand gala de la F.A.T.I. a obtenu un énorme succès »
des.regrets unanimes qu'emportait dans Id.tOmbë le dis- Au même moment, des cris; et des you-you retenti-
paru, jl a rappelé les services qu'il à rendus, soit au rent.- Croyant à une attaque, l'Empereur ouvrit une.
Consistoire et au sèiri de l'Assemblée: communale, soit caissette remplie de, pièces d'or, et par la portière éh-
dans les Conseils des comités dé bienfaisance. tr'ouvërtë dé sa voiture, il jeta les précieux louis et.
Né dans un beau quartier dé Mostâgaherri et à pro- napoléons. ^
, ,
ximité de; la maison, natale du ;Maréchal Frânchèf- ;
Profitant du;désarroi dés indigènes, et dé leur ruée
d'Èspérëy, M. Moj'së Lascar est mort à l'âgé de. 03 arts.
1
vers cette, 'nouvellé manne dpréë; Napoléon III traversa
au. galop la principale artère dé Relizane ; puis il re-
brûussa chemin vers la capitale, du Bas-Chéliff.

Tel fut le centenaire Moïse Lascar: un Français éner-


gique; un ardent démocrate, un homme de coeur.
René-Elie AMAR.

Les Intellectuels à l'action


Il nous est arrivé d'entendre dire, et, —- horresco re-
ferons— vous avez peut-être murmuré vous-même :
« La vie intellectuelle de l'Afrique du
Nord a grand be-
soin d'être démontrée ». Un grand gouverneur n'a-t-il
pas affirmé, un jour de mauvaise humeur sans doute,
qUe le pays qu'il administrait n'était « qu'une cave et
qu'un grenier ». Sous l'outrance se cachait là peut-être,
quelque vérité. Mais cette vérité n'en serait plus une
aujourd'hui. Témoin ce qui vient d'être obtenu à Oran,
par la Fédération Africaine des Travailleurs Intellec-
tuels.
Cette Fédération vient en effet d'organiser une suite La grande salle d'ameublement d'art,
de manifestations qui ont obtenu le plus grand suc-
sculpture et peinture.
cès.
Photo Moris.
Laissons parler nos confrères, et, en glanant parmi
leurs articles, essayons de donner à nos lecteurs, une disait la manchette d'« Oran-Matin ». C'est au cours
idée de ce qu'a déjà fait la F.A.T.I., — une idée, par de cette soirée que le Président Général de la F.A.T.I.
il/. Moïse Lascar qui vient de mourir fit une conférence présentée par le Dr Abadie, président
conséquent, de ce qu'elle peut faire, et fera. Un cer-
à l'âge de 103 ans. régional d'Oranie. La magnifique étude de la vie de
tain scepticisme, devant la grandeur des buts poursui-
vis, n'était pas sans, au début, influencer certains. Ju- « l'homme de pensée et d'action qu'est le grand écri-
C'était Un grandi et beau vieillard au teint frais, qui nius, dans son billet de « L'Algérie » n'écrivait-il pas : vain Marcello-Fabri » fut considérée généralement com-
parlait admirablement le français, l'espagnol et l'arabe. me « un beau travail de dissection », auquel l'éminent
« Il n'avait jamais bu d'alcool », mais il adorait les su- « N'ei'il été la personnalité du grand poêle chirurgien se livra, avec la compétence d'un vrai let-
creries. Sa voix était grave et c'est avec des accents Mareello-Fabri porlé à la Présidence Génér<de
du groupement par l'élan unanime des adhé- trée. Il devait, au banquet du 3 juin, y revenir : « Nous
touchants qu'il évoquait des souvenirs : rents accourus à son appel, beaucoup fussent savions la valeur exceptionnelle de l'homme et de l'écri-
demeurés inquiets quant aux destinées de l'en- vain. Sa réputation l'avait précédé ici. Mais nous avens
treprise. Mais la Fédération Africaine des Tra- été heureux de le trouver supérieur encore à l'idée que
C'est en sa qualité de président du Consistoire israé- vailleurs Intellectuels a doublé heureusement
lite qu'il eut l'honneur d'assister, aux côtés des grands le redoutable cap du départ. Elle est entrée nous nous faisions de lui. »
chefs arabes et de l'Emir Abdelkader, à une splendide dans le domaine des réalisations. Le début est Des applaudissements chaleureux unissent dans le
magnifique. Du 25 mai au 15 juin se déroulent même sentiment la salle comble de « l'Empire » et
réception des Tuileries où l'impératrice Eugénie, étince- à Oran, sous l'égide de la F.A.T.I., les fastes
lante de jeunesse et de beauté, prit plusieurs de ses l'éminent présentateur. Puis Marcello-Fabri commence
d'une exposition grandiose de peinture, sculp-
bijoux et les offrit généreusement à ses fidèles sujets ture, céramique, aineublemert d'art, qui réunit à parler, d'une voix timbrée, lente, et dont pas une syl-
de l'Afrique du Nord. l>lus de six cents oeuvres, signées de noms ad- labe n'échappe. Le calvaire des «intellectuels maudits»
mirés. Kl des galas artistiques se poursuivent est gravi. Le public suit le noble poète, et, comme le
— Grande et admirable Majesté, lui dit M. Lascar, durant ces trois semaines de fièvre créatrice, dira le lendemain la presse, à plusieurs reprises, plus
dans la gracieuse langue de Cervantes, cette soirée sera pour la grande dileclion du public, oranais.
la plus belle de ma vie ». « Telle est la preuve de la vitalité rayonnante,
d'une paupière s'humecte. Quand les bravos lui coupent
du succès indiscutable de la F.A.T.I. qui s'at- la parole, le talentueux conférencier les errât.; d'un ges-
tache et réussit à intéresser le grand public te, mais plus de dix fois, il est obligé de reprendre, car
L'Empereur Napoléon III, reçu triomphalement par aux efforts des artistes cl des écrivains. Aussi
bien, depuis sa fondation, divers groupements sa voix s'est perdue dans le fracas des battements de
la population européenne et indigène de Mostaganem, similaires, sont-ils nés qui s'efforcent de mar- mains.
venait de quitter l'église, où il avait fait don d'un ma- cher sur ses traces — heureuses initiatives dont La magnifique salle de spectacle bâtie par un jeune
gnifique tableau de maître, pour faire à pied sur de la Fédération Africaine des Travailleurs Intel- architecte oranais M. Ciliberti, actif propagandiste de
riches tapis de Kairouan placés sur son passage et of- lectuels ne saurait trop se réjouir, puisque tout
la F.A.T.I. retentira longtemps des applaudissements
ferts par le Khalifat Sidi Laribi Mohammed ben Mo- ce qui est ou sera tenté en faveur des élites
qu'elle groupe, cadre admirablement avec ses qui saluent la péroraison du jeune Président général.
hammed, grand croix de la Légion d'honneur, le trajet tendances et son but final. » Et d'autres manifestations encore eurent lieu. Des
séparant l'église Saint-Jean-Boptiste de la Sous-Pré-
Une des plus belles manifestations d'Oran, fut l'inau- « trios », des « quatuors », des séances de musique vo-
fecture. cale et instrumentale, précédèrent un autre gala, don-
guration au Musée des Beaux-Arts, d'une splendide ex-
Après avoir pris'quelques instants de repos, l'Em- né cette fois, au Théâtre municipal, au milieu d'une
position d'arts plastiques. Les journaux d'Oran en ren-
pereur, pour répondre aux vivats de la foule parut au dirent compte ainsi que d'une « grande journée d'art et foule aussi élégante et tout aussi nombreuse. M. le Dr
balcon. Alors, un israélite, bâti en athlète, s'avança au Abadie, disert et cultivé, y définit à merveille la posi-
de pensée ». Mais laissons parler M. Eugène Cruck, ré-
milieu de la chaussée et visant l'empereur, lui lança tion de l'intellectuel, grâce à ce que les anglais dési-
dacteur en chef de « L'Echo d'Oran ».
une poignée de dragées sur le corps. Croyant à un cri- gnent par : les trois H : Head, Heart, Hand, -c'est-à-
me de lèse-majesté, des soldats du 1" de ligne s'empa- La très belle manifestation qui s'est dérou-
« dire : le cerveau, le coeur et la main également néces-
rèrent du pauvre hère qui se débattait comme un dia- lée dans les s(dles de peinture du Palais des saires à tous ceux qui sculptent la cha:r ou l'âme de
ble pour décharger sur Charles-Louis Napoléon Bona- Beaux-Arts a mis en lumière, de la façon la
plus éclatante, les résultais d'un premier effort l'homme.
parte toute sa provision de bonbons. Il s'appelait David en faveur des travailleurs intellectuels. Sous J. B.
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

Vue prise pendant 1" représentation d'Iphigénie. La scène : une toile de fond évoque une ville romaine que domine
te temple de Jupiter. A droite, la baie de Rusicade.

CONSTANT!NE Pourtant, laisser disparaître à jamais ces derniers té- Cathédrale de Constantine.
moins d'une civilisation lointaine, qui gardent dans la A 15 heures, la cérémonie était présidée par M. le
Le Théâtre Romain de Philippeville simplicité émouvante de leur ruine, une éloquence Préfet Bouffet et M. le Général Rochard, commandant
grandiose, c'eut été en même temps ne pas permettre
a été restauré à Philippeville de garder le témoignage de sa grandeur
la division de Constantine. Parmi les nombreuses per-
sonnalités, on notait : MM. Troussel, secrétaire général
L'an 225 de notre ère. passée. de la Préfecture ; M. Bel, vice-président du Conseil Gé-
Marcus Fabius Fronto, préfet de Rusicade, a offert M. Emile Ledermann, président du Syndicat d'Initia- néral ; Morel, délégué financier ; Lheureux, sous-pré-
cinq mille sesterces pour que le peuple soit convié à un tive, a tout le mérite de cette initiative. Le mois der- fet ; Cordina, délégué par M. le Maréchal Frar;het-
grand soectacle. Aux alentours du théâtre, joyeuse et nier, « Les amis de Carthage » y ont joué « Iphygé-
turbulente, la foule se presse. Par les larges vomitoi- nie ». Ce fut vraiment une fête de l'art.
res que surmontent des sphinx marmoréens, le peuple Jean PERONI.
en liesse envahit les gradins. Sous les arches de mar-
bre, dans les loges profondes, partout dans l'hémicy-
cle, 3.000 spectateurs s'égayent, les femmes drapées El-Arrouch
dans leur péplum immaculé, les hommes anoblis sous
les plis des toges. Le dimanche 6 juin s'est déroulée à El-Arrouch une
Tout près de la scène, sur une plaque de marbre : cérémonie imposante à l'occasion de l'inauguration du
« Les Menechmes de Plaute ».
Monument aux Morts de la grande guerre. Ce monu-
Tout à coup, c'est le grand silence ; le rideau lente- ment a été élevé par souscriptions sur l'initiative du Dr
ment s'enroule sous le pulpitum : les acteurs vont pa- Ciavaldini et d'un Comité qui comprenait des délégués
raître. du Conseil Municipal, des Anciens Combattants et de
Vingt siècles ont passé. Le temps, avec l'aide des la population. Dû à M. Alexandra, l'excellent sculpteur
hommes, a presque tout détruit du noble monument. de constantine, l'édifice comporte un bloc de granit sur-
Les statues de Vénus, d'Alexandre Sévère, les balcons monté d'une victoire ailée et orné d'un haut relief en
ciselés de marbre, les voûtes peintes, le temps les a vo- marbre de Carrare d'une beauté parfaite.
lés à notre souvenir. Il ne reste plus aujourd'hui de L'excellente musique du 3'' Régiment de zouaves, di-
l'crène dont Rusicade s'enorgueillissait jadis que de rigée par son chef distingué M. Brio, prêtait son con-
bien modestes vestiges ; la main des hommes a par cours à cette manifestation. Le matin à 8 heures, après
moment tenté de réparer l'oeuvre des siècles ; elle n'a une solenelle messe en musique, la bénédiction du mo-
réussi qu'à créer un bien triste anachronisme. nument, fut faite par Mgr Bats, vicaire général de la

Le Comité des Anciens Combattants d'Iil-Arronch.

d'Espérey pour représenter les Amitiés Africaines ; le


Colonel Fize, du 15" Tirailleurs sénégalais''; le Colonel
Louits du 3" zouaves ; le Commandant Gouet, du 67''
d'Artillerie ; le Commandant de gendarmerie Vallon ;
l'Intendant militaire Bonneau ; Jacquier, maire ; Cia-
valdini, 1''r adjoint; Tournier, 2'adjoint, tous les mai-
res, adjoints et conseillers municipaux, les administra-
teurs, les caïds de l'arrondissement de Philippeville,
ainsi qu'un nombre considérable de sociétés et groupe-
ments avec des délégations et leur drapeau.
Des discours ont été prononcés par M. le Dr Ciaval-
dini, président du Comité ; M. Jacquier, maire ; M
Harbi Haouès, au nom de la population musulmane ;
M. Bouhedja, caïd ; M. Benamou, président des A. C.
d'EI-Arrouch ; M. Boyer, président de la Fédération
départementale des A.C.; M. Morel, délégué financier;
M. Bel, vice-président du Conseil général ; M. le Géné-
ral Rochard, M. le Préfet Bouffet.
Cette gicndicse manifestation patriotique o été sui-
vie avec émotion por uno foule nombreuse, unie par
le souvenir dans un cmcu.cnl et pieux recueillement.
F.l.-AHBOUCII. — Pendant la cérémonie d'inan motion du Monument aux Morts. Pliolos (iiiillois. CIAVALDINI.
10 L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

TUNISIE
Les Fêtes de la Pentecôte en Tunisie

Si l'industrie'hôtelière et toutes celles qui vivent du


tourisme ont pu se plaindre à juste titre du marasme
des affaires pendant les quatre premiers mois de l'an-
née, on ne saurait en dire autant à l'occasion des fêtes
de la Pentecôte qui ont amené un nombre considé-
rable de visiteurs à qui sont offertes des réjouissances
de toute sorte dans une seule semaine ; qu'on en juge
par cette seule énumération :
Tournée des Villes d'or avec les représentations en
Grand prix automobile. Quinzaine commerciale des
plein air à Carthage et aux théâtres dé Tunis et Spusse;
Souks et enfin VIe Congrès National des Sous-Officiers
de Réserve. A cette occasion, quatre des plus belles uni-
tés de la flotte Transatlantique et Touachè ont amené.
Je 1 3 mai, à Tunis, près de douze cents Congressistes
qui sont restés quatre jours dans la Régence.

Le Concours hippique de Tunis


Pendant les fêles de là Pentecôte à Tunis.
Les épreuves annuelles du Concours hippique de Tu-
nis, se sont déroulées les 22 et 23 mai sur le terrain du Les hauts-parleurs installés par M. H. de Matteis, à la recherche d'hommes originaux, dignes de tenter
26" Escadron du Train, à Saint-Henri, en présence d'une le sympathique directeur-propriétaire de Radio-Tunis le crayon de Callot ou la plume de Balzac, ne serait
importante assistance composée de sportsmen et des ont fortement intéressé le public. pas déçu.
personnalités les plus distinguées de la ville. L'élément N'oublions pas, pour terminer, de signaler un évé- Notons-en un dans la verte région où le lac de
féminin dominait largement à ces deux belles manifes- nement peut-être unique dans les annales des Concours Sedjenane étale ses eaux dormantes et perfides. Son
tations gratifiées d'une température agréable. Tous les hippiques. L'épreuve la plus sévère (Coupe des Gent- nom ? sa philosophie sereine ne nous gardera pas
balcons des imposants bâtiments étaient remarquable- lemen) a été gagnée par un enfant âgé de 13 ans au
ment pavoises. plus ; Théo Morénas. Cette victoire a enthousiasmé les
A la tribune officielle, à côté de M. le Lieutenant de assistants. C'est un encouragement pour les jeunes. La
vaisseau Lorin, représentant M. Guillon, Résident Géné- petite équipe de juniors (garçons et filles) que nous
ral ; de M. le Ministre Plénipotentiaire et Mme Car- voyons depuis quatre ans participer à l'épreuve créée
teron ; du Général commandant supérieur des troupes, pour elle, constituera bientôt un noyau de concurrents
Mme et Mlle Hanote ; du Général Laignelot, vice-pré- redoutables pour les anciens.
sident de la Municipalité, on a remarqué le Général
Albert VIE.
Compain, commandant la Cavalerie ; le Contrôleur Gé-
néral de la Marine et Mme Boyer ; le Directeur Géné-
ral des Finances et Mme Hoppenot ; Mme Gaudiani,
la presque totalité des autorités civiles et militaires et BIZERTE
leur famille et un grand nombre de colons venus des
quatre coins de la Régence. Gens et choses du pays
La place très limitée dont nous disposons pour ce
compte rendu, ne nous permet pas de nous étendre Certains de nos amis ayant le loisir d'être assez sou-
comme nous le désirerions. Cependant, disons que si vent par voies et par chemins nous adressent des let-
ces deux journées furent en tous points réussies, le Co- tres charmantes où ils ne manquent pas de nous ins-
mité du Concours Hippique le doit à l'aide précieuse truire des êtres et des choses remarqués au cours de
de M. le Général Hanote, commandant supérieur des leurs randonnées en ce beau pays tunisien.
troupes, qui s'intéresse beaucoup aux sports équestres. Dans une de ces missives qu'un jeune bizertin nous
Ajoutons aussi que le mérite revient, pour une bon- destinait, nous avons trouvé une silhouette typique, dé-
peinte d'une façon savoureuse : celle d'un de ces bons
ne part, à MM. le Commandant Lindley et à son ad-
joint, le capitaine Martin, du 26e Escadron du Train qui vieux blédards que, familièrement, les braves gens de
•ont fait aménager le terrain et les parcours d'obstacles l'endroit ont surnommé : « le Père Grenouillard ».
avec une rare compétence et un goût très sûr, permet- « En Tunisie, écrit notre ami, c'est loin des villes, où
tant ainsi aux sous-officiers, officiers et gentlemen de l'humanité a tendance à se standardiser, qu'il faut al- M. Louis Durand.
faire des parcours particulièrement brillants. La régu- ler chercher des types de caractère, des individualités Photos Braini.
larité chronométrique avec laquelle se sont déroulées échappant aux conventions.
les épreuves, fait honneur aux membres du jury. La te- Le bled leur est en effet propice par la plus grande rancune de le citer. Il se nomme Durand Louis ; il est
nue des concurrents sur le terrain donnait une note élé- liberté qu'on y trouve, l'absence de contrainte, les fa- pêcheur.
gante et gracieuse. cilités d'existence. Celui qui parcourait nos campagnes Pêcheur direz-vous, à tant de lieues de la mer?

Une épreuve des officiers. A droite, le. kiosque dn jury. Passage de la rivière par Mme Dupré. Photos Licnri.
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE I I

Oui, il a voué une haine vivace à la genf Batra- qualités, le courage du pilote qui venait de disparaître. Bizerte, M. Mzali, à qui il remît le Grand Cordon du
cienne et plus particulièrement aux pauvres grenouil- « L'Afrique du Nord Illustrée » exprime à la fa- Nicham Iftikhar.
les, peut-être à cause de leur amour immodéré de mille, à l'aviation, ses sincères condoléances. Nous accueillant comme d'habitude, avec aménité,
l'eau, à coup sûr pour la saveur de leurs cuisses bien M: Mzali, que nous venons de voir, nous dit : « Je suis
accueillies sur la table des gourmets. A. R.
très content ; il est si bon savez-vous, de l'être un ins-
Soixante-cinq ans bien sonnés, un aspect un peu hir- tant, en ce monde, tableau mouvant qui tour à tour
sute, car Durand ne met point en pratique l'aphoris- change et varie », s'écartant des choses personnelles,
me cher aux snobs : Le caïd de Bizerte, M. Mzali, reçoit le caïd ajoute notamment : « ce qui, surtout, contribue
« Le prestige de l'homme réside dans son habit » ; le grand cordon du Nicham Iftikhar à me réjouir, c'est de voir la grande misère de ces temps
un regard limpide et franc. Respectueux des lois, mais derniers due à un aussi mauvais qu'inévitable caprice
insoucieux des conventions sociales, foncièrement pro- de dame Nature, à peu près réduite.
A l'occasion de la grande fête du Mouled, Si A. Ah-
be : Grenouillard est aimé et estimé à trente lieues à
med Pacha, bey de Tunisie, a tenu, selon l'usage et en « D'autre part, les grands travaux diminuent, l'ef-
la ronde. Patriote et appelé en 1914, il a voulu, mal- fectif lamentable des chômeurs, de grandes oeuvres
reconnaissance des services rendus par les hauts fonc-
gré son âge, se battre en première ligne, fut blessé à bienfaisantes se développent qui assureront certain bien-
Verdun, gagna vaillamment la croix de guerre, refusa être aux déshérités de ce pays. Enfin, l'espoir renaît,
tout grade. Il se complait à évoquer, en termes pitto- ainsi que la confiance dans le monde indigène éprou-
resques, les épisodes des années terribles, infatigable, il vé, cela grâce à la clairvoyance du Gouvernement
abat des kilomètres pour colliger les innocentes et ver- français à qui nous rendons hommage ainsi qu'à la sa-
tes victimes. Mais là ne s'arrête point son industrie, gacité de M. Armand Guillon, très dévoué collaborateur
car il confectionne aussi des balais de bruyère, autre de notre Souverain bien-aimé S.A. Ahmed Pacha.
production du pays kroumir. Ces balais sont peut-être
— El-Kheïr bel Kheïr disons-nous. Ainsi, Monsieur
symboliques, car cet homme paisible, ce vieux patriote le caïd, celui qui fait le premier, le bien, est le plus
a ses mouvements d'humeur. Ses contemporains le bla- généreux ?
guent un peu, l'estiment beaucoup. On dit même que — Toujours, madame, et le peuple que la France
s'il avait voulu endosser un smoking et élaguer son ver- protège lui sait gré de ne pas avoir traité la Tunisie en
be, il eut été promu à de brillantes destinées. Il se parente pauvre. Dans un sourire, il clôt notre entretien
contente de traquer les demoiselles aquatiques chères par ces mots qui valent mieux qu'un discours : « Sa-
à Aristophane, d'exporter de pensives tortues, de fice- chez aussi Madame qu'il n'est jamais tard pour bien
ler les balais et d'écrire parfois aux puissants du jour, faire ce qui est encore à faire ».
qu'il tutoie sans hésitation, des épîtres énergiques. La Nous souhaitons au caïd de Bizerte une longue car-
gent Batracienne a décrété sa mort. Les grenouilles lui rière au cours de laquelle il méritera de recueillir les
enverront la ciguë, dans un litre de leur liquide préféré; éloges qui lui sont dûs. A. R.
l'eau ; aussi Durand s'abstient-til prudemment de tou-
cher à ce liquide : c'est un sage. »
A bientôt. P. F. Les salaires agricoles en Tunisie
Un récent décret paru au « Journal Officiel Tuni-
B IZERTE sien » prévoit la détermination par voie d'autorité des
salaires minima agricoles et l'arbitrage des conflits qui
Des ailés à nouveau se brisent peuvent surgir entre les agriculteurs et leur main-
d'oeuvre.
L'aviation de Bizerte déplore la mort d'un brave pi- Les salaires minima seront fixés pour chaque contrô-
lote : l'adjudant Meynier dont l'appareil, pour une le civil par arrêté du Secrétaire général du Gouver-
cause ignorée, s'enflamma. nement tunisien après avis du directeur des Affaires
L'aviateur n'ayant eu le temps sans doute de se dé- Economiques. Chaque décision' sera prise après une
gager, fut retiré à l'atterrissage dans un état qui lais-
consultation par le Contrôleur civil des organismes pro-
sait peu d'espoir de le sauver. Les membres brisés et fessionnels de sa circonscription et sur un rapport fai-
cffreusement brûlé, il succomba aussitôt. sant état des avis recueillis et de celui du Contrôleur
Tous ses camarades sans exception eurent à coeur civil.
de suivre sa dépouille lors des obsèques imposantes qui ée Général île division caïd de Bizerte Ces solaires seront calculés pour les régions de cé-
lui furent faites à Bizerte. L'absoute fut donnée par Messaoud M:(di. réales en fonction du prix du blé ; ils pourront, selon
l'Archevêque de Carthage, Mgr Lemaitre. les usages locaux, comprendre une part fournie en na-
En l'absence de la famille, le deuil fut conduit par M. tionnaires et les administrateurs musulmans, à élever ture, dont le calcul n'excédera pas 2,50 par jour.
Bléry, vice-amiral préfet maritime, le général Delpy, le En cas de différend survenu dans une exploitation,
aux honneurs ceux dont Elle avait apprécié, particuliè-
contrôleur civil Mottes, le khalifat représentant le caïd, le Contrôleur Civil sera appelé à intervenir pour exer-
rement les qualités. Il nous a ainsi été très agréable
les colonels d'aviation Davet et Pelletier d'Oisy. Ces de voir figurer dans le petit nombre des dévoués ser- cer une action de conciliation. A défaut de concilia-
derniers adressèrent un vibrant hommage exaltant les viteurs du pays remarqués par le souverain, le caïd de tion dans les quatre jours, il saisira d'office le Juge
de Paix ou le Président du Tribunal Régional qui ar-
bitrera le conflit avec pleins pouvoirs.
Le respect des salaires fixés et de la procédure d'ar-
bitrage est obligatoire sous peine de sanctions pénales
pour les deux parties.
Les travailleurs de la terre trouveront dans ces me-
sures la réalisation de salaires équitables en harmo-
nie avec la hausse du prix de la vie et de la revalori-
sation des produits agricoles, les employeurs y ren-
contreront, sous la condition de respecter strictement
leurs obligations légales, la certitude d'éviter toute
éventualité de confits préjudiciables à l'économie.

Réductions permanentes en faveur


des touristes se rendant en Tunisie
De nouvelles facilités viennent d'être accordées aux
touristes séjournant plus de huit jours en Tunisie. Sur
présentation d'une carte de légitimation, ceux-ci pour-
ront obtenir sur tous less parcours ferroviaires à effec-
tuer dans la Régence et sur les cars de la « Tunisienne
Automobile Transports », une réduction de 50 % sur
les tarifs normaux, sans aucune limitation de kilomé-
trage ou d'itinéraire.
Cette carte personnelle, délivrée par le Bureau du
Tourisme, 1, avenue de Carthage, à Tunis, est valable
jusqu'au 30 juin 1937. Sa délivrance a lieu contre
Le. cortège aux obsèques de l'aviateur Megnier. I'holo l.iihmi. perception d'une taxe unique de dix francs.
12 L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

COSTUMES
DU MAROC
vus par BESANCENOT

lez l'intérêt énorme d'une semblable documentation iconographique et picturale,


au moment où hélas ! ces costumes, ces ornements, tendent à disparaître, car
iî en est.du Maroc comme de chez nous, l'indigène croit bien faire en adoptant
les modes inspirées par notre contact et notre fréquentation. Et dites-vous bien
que M. Besancenot est arrivé à l'heure précise où il n'était pas encore trop tard
pour sauver de l'oubli ce qui ne sera plus bientôt qu'un souvenir...
Son Exposition est présentée dans une salle du Musée des Colonies, salle
haute et claire. Une carte itinéraire permet dé suivre les déplacements
de I artiste, ses
pérégrinations
dans l'Atlas et
au delà dans le
Tafilalet et la
vallée du Draâ,
dans l'Anti - At-
las, le moyen
Atlas, le litto-
ral et Taza. Dès
l'abord, on est
i M. Besancenot n'est pas par la naissance un africain, il l'est certainement séduit par la co-
par lé coeur, car il a su donner le meilleur de son art et de lui-même à ce loration de ces
Maroc auquel il s'est passionnément attaché. costumes, bien
Au cours d'un long voyage d'études, il a pénétré la vie intime des indi- souvent incon-
gènes, captant bien souvent leur confiance, pour en rapporter une documen- nus. C'est une
tation précise autant que précieuse sur leurs costumes, leurs parures, leurs tatouages. véritable palette
C'est un travail de géant, vraiment formidable qu'il faut avoir vu pour être à même de haute en cou-
l'apprécier et de l'admirer. Il y a dans cette Exposition cent cinquante aquarelles ou dessins leurs, à côté de
qui sont tous autant de merveilles d'art, de sincérité de reproduction, de fini et d'harmo- nuances éteintes.
nieux. C'est aussi la
Pour représenter des costumes, uniquement des costumes, vous penseriez peut-être qu'il merveilleuse tra-
fallait faire gravure de modes, ces modes fussent-elles aussi étranges, aussi curieuses que dition du dra-
celles des tribus berbères visitées par M. Besancenot ? Quelle erreur serait alors la vôtre. pé qui se retrou-
L'auteur est avant tout un artiste et il est guidé par le souci constant de présenter en ar- ve, venant tout
tiste sincère les vêtements droit semble-t-il
lusque aans leurs plus in- des frises grec-
fimes détails. ques et des sta-
Qu'il suffise de dire ici, tues romaines.
pour fixer la manière si Voici un juif
probe de l'artiste qu'il a de l'Atlas en cos-
rapporté plus de six cents tume de marié
tout orné de ri- Berbère cheiUla,. musicienne de Tiznit.
pages de documentation
fouillée à l'extrême, prise ches broderies Photos Marc Vaux.
entièrement sur place ; rouges, la taille
qu'il a poussé le scrupule entourée d'une ceinture de lourde soie, ce qui lui confère un type extrême-orien-
jusqu'à rendre point par tal très caractérisé. Voici une femme berbère des Aït-Moghad avec son énorme
point, trait par trait les coiffure, en cheveux de laine, avec les deux cornes d'un étrange monument de
dessins, les ornements, les tête. C'est ensuite une femme de Taraudant diabolique apparition toute en
couleurs aussi de ces cos- noir. Ce sont des chirates au visage peinturlé aux costumes de broderies bario-
tumes. Nous, profanes, ne lées, couvertes de bijoux précieux, dont une vitrine présente cent échantillons,
pouvions supposer qu'ils tous plus riches, plus bizarres les uns que les autres. Voici une mariée, statue
puissent être aussi variés vivante couverte de pierreries et de brocard, pour la peindre que de ruses n'a
de forme ou de nuances, si pas dû employer M. Besancenot ! Et voici dans son costume à la turque le cher
étranges aussi. Si beau- des raïs, de ces barcassiers, corporation en voie de disparition, pour le plus grand
coup connaissent le singu- malheur de la cotume locale.
lier manteau des Glaoua, « Les planches exposées, représentent, a écrit le professeur Rurpert, vice-pré-
noir avec sa flaque vermil- sident de la Société d'Histoire du Costume, l'essentiel du folklore marocain con-
lon et ses petits dessins, cernant le vêtement arabe, berbère ou juif ».
qui savait que des gens de Et M. Besancenot disait : Je voudrais seulement qu'en regardant mes grandes
tribu de l'Atlas portassent images l'ethnographe exigeant y puisse trouver toutes les exactitudes, tous les
des culottes montant jus- détails désirables sans que ceux-ci deviennent jamais ennuyeux pour le simple
que sous les bras à la fa- curieux. »
çon de nos skieurs ? Ce but, M. Besancenot l'a atteint avec un talent, une opiniâtreté et une pa-
L'artiste s'est astreint, tience auxquels on ne rendra jamais trop hommage.
et c'est là le gigantesque
de sa tâche, à reproduire
par exemple les tatouages Mentionnons que l'Exposition a conuu un réel succès et que nombreuses fu-
divers des berbères par tri- rent les personnalités qui apportèrent à l'artiste le tribut de leur admiration. Le
bu et par fraction de tri- Président de la République a tenu, en ami de l'Afrique qu'il est, à la visiter,
bu, car les différences va- ainsi que M. Moutet, ministre des Colonies.
Jeune Juif marié de Tafhalt. rient entre douars. Calcu- Henri RABANIT.
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE 13

LES SPORTS
ALGER

ALGER. — Les postulantes du brevet d'athlétisme féminin réunies au slade de Si-Eugène attendent l'ouverture des épreuves*

Le brevet sportif populaire


à la Fédération Féminine
C'est sur le stade de Saint-Eugène que
se sont déroulées les épreuves du brevet
sportif populaire réservé aux jeunes filles.
Celles-ci, au nombre de cent douze, ont
subi avec grâce les épreuves qui leur
étaient imposées. Sur la totalité cent fu-
rent reçues. Voici d'ailleurs les lauréats
de chaque groupement : 9 reçues sur 9
présentées à l'A.S.S.E. ; 41 sur 46 aux
Groupes Laïques ; 37 sur 42 à Algéria-
Sports ; 8 sur 8 aux Capucinse sportives
algéroises ; 5 sur 7 à la Jeunesse sportive
algéroise. Algéria-Sports se classa premier
au Concours de gymnastique.
Nous sommes heureux de féliciter les
organisateurs de ces épreuves et en par-
ticulier le sympathique Président de la
F.F.F.G.E.P., M. Ferrier dont nous avons
eu maintes fois l'occasion d'apprécier
le dévouement à la cause sportive.

Photos I)ess;uill.
14 L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

Un coin de la plage.

UNE OASIS FRANÇAISE : ARCACHÔN théâtre, ni cinéma, ni établissement commercial d'aucune sorte. C'est un immense
parc naturel.
armi les coins de France susceptibles par la variété dé leurs aspects, Ces deux quartiers : ville basse, ville haute, bien que juxtaposés sont, de par la
la qualité de leur climat et la diversité de leurs agréments, d'attirer nature, complètement distincts l'un de l'autre, d'où clientèles et buts nettement
l'attention du colonial, il en est un tout particulièrement privilégié : différents.
c'est Arcachon et son bassin. D'autres quartiers englobent Arcachon dont ils font d'ailleurs partie : Saint-Fer-
Ici, en effet, la mer avec sa splendeur et son soleil ; la forêt avec dinand, Moulleau, Abatilles. Ce dernier, enrichi il y a quelques années d'une source
la douce lumière de ses frondaisons toujours vertes, voisinent avec une source ther- thermale aux possibilités médicales importantes.
male, véritable fontaine de jouvence. On voit ainsi quelle admirable synthèse constitue Arcachon.
Le bassin d'Arcachon, vaste baie marine d'une superficie de 250 kms carrés, L'absence d'humidité du sol, malgré l'état hygrométrique élevé de l'air, la régu-
communique par un étroit goulet avec l'Océan Atlantique qui lui apporte un flot, larité de la température qui classe cette région dans les climats tempérés, les faibles
salé, pur et riche constamment renouvelé, dont le volume varie, selon les marées, variations saisonnières du thermomètre, font que les hivers n'y sont pas froids, que
de 50 à 300 millions de mètres cubes.
1 les étés n'y sont pas chauds, toutes conditions qui permettent un séjour dans ce coin
Ce bassin est bordé par une plage de fin sable blanc qui s'étend devant Arcachon privilégié aussi bien l'hiver que l'été, et où l'absence de neige, d'intempéries, de
sur plus de 7 kilomètres, plage sans danger pour les enfants qui y prennent leurs froid, font que le pays reste accueillant en toute saison.
Arcachon, dénommée à juste titre « ville de santé », répond à cette appellation
aussi bien par sa plage que par sa forêt que par sa source thermale, et compte à
son actif d'innombrables santés régénérées.
On peut aussi la dénommer ville de tourisme, puisqu'elle offre aux voyageurs une
gamme infinie de plaisirs ; plaisir de l'eau dans un cadre enchanteur avec la navi-
gation à rame, à voile, à moteur ; plaisir de la balnéation, plaisir de la pêche sous
toutes ses formes, plaisir de la chasse, plaisir de la forêt avec ses promenades à
cheval ou à pied, ses excursions dans un sous-bois pittoresque et toujours renouvelé
parmi de nombreuses essences exotiques, plaisir des sports tous praticables en ce
site merveilleux sans oublier : golf, pelote basque, tennis, tir aux pigeons, courses
de chevaux, concours hippique, etc..
Si nous ajoutons que cette ville offre toutes garanties au point de vue de l'hygiè-
ne, qu'elle est largement approvisionnée en eau douce et pure, que son marché de
premier ordre est admirablement achalandé, que le commerce local est susceptible de
donner satisfaction aux plus exigeants, on verra que nous n'avions pas tort d'appe-
ler cette ville une oasis française. Facile d'accès, elle est une des régions de la Mé-
tropole les plus agréables à habiter en raison de la douceur de son climat, de la
beauté et de la poésie de ses sites et où l'on peut s'isoler des agitations et de l'exis-
La plage, patrie des enfants. tence trépidante de notre époque.

ébats en toute quiétude. L'absence -de lames, la tranquillité des eaux, rendent cette
mer intérieure absolument sûre et en font un centre de navigation de plaisance
unique, où depuis le canot à rame de l'enfant jusqu'aux grands voiliers que les
sportifs barrent hardiment en régates, tous les genres de navigation sont pratiqués.
Des milliers de bateaux de travail utilisés par une population de pêcheurs et d'os-
tréiculteurs et de nombreux chalutiers font d'Arcachon un important centre de
pêche.
Sur plusieurs kilomètres s'allonge la ville maritime proprement dite, où se trou-
vent les grands hôtels et les villas particulières dont les terrasses et les jardins fleu-
ris bordent la mer. Ville surtout habitée par les touristes, les amateurs de yachting,
les amateurs de pêche et de chasse sur l'eau.
Dominant le quartier maritime, la ville forestière englobée dons une immense fo-
rêt de pins, comprend de nombreux chalets disséminés dans la verdure, à l'abri
des vents du large et du soleil. Séjour de choix, pour ceux çui veulent le repos, dési-
reux de refaire une santé ébranlée par les fatigues de la vie moderne. Cadre unique
où régnent le silence et le calme, propices à la restauration du corps et de l'esprit.
Là, pas de circulation intense, pas de bruits de la ville, car on n'y peut édifier ni Régales sur le Bassin, Photos Neveu.
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE 15

T. S. F.
LES RESULTATS DEFINITIFS désignés des associations d'intérêt géné- environ, celui des postes à galène de la res études comme candidat ingénieur ar-
DES ELECTIONS RADIOPHONIQUES ral et des groupements corporatifs, dont première catégorie à 600 répartis surtout chitecte. Mais il fut irrésistiblement atti-
ALGERIENNES la liste définitive n'a pu être encore ter- dans l'agglomération algéroise. ré par les sciences et vers 1878 suivit
La liste de l'Amicale de Radio-Alger minée à cause du retard apporté par cer- Enfin, il y aurait environ 2.000 récep- les cours de physique et de mathémati-

est élue tains groupements à faire connaître leurs teurs déclarés par les indigènes. ques à Berlin, où il se distingua par des
candidats ou représentants. A la même date, le nombre de déclara- travaux sur l'électricité. En 1880, sa thè-
Samedi 28 mai, la commission consti- Nous ne voudrions pas terminer cette tions faites dans la Métropole atteignait se sur les courants oscillants dans une
tuée pour le contrôle et les opérations du rubrique sur les élections au Conseil de le chiffre respectable de 3.899.660, soit boule tournant dans un champ magnéti-
dépouillement des bulletins de vote rela- gérance de Radio-Alger sans signaler le une augmentation de près d'un million que eut un retentissement considérable.
tifs à l'élection des représentants des au- bel esprit de collaboration et la parfaite en une année. Quelques années plus tard, en effec-
diteurs au conseil de gérance de Radio- correction qui n'ont cessé de régner aus- Avec l'Algérie, le nombre de sans-fi- tuant des recherches sur la lumière, dont
Alger a terminé ses travaux. si bien au sein de la Commission qu'en- listes français régulièrement déclarés est on venait d'émettre l'hypothèse qu'elle
Rappelons que cette commission, pla- tre tous les scrutateurs qui étaient ce- d'environ quatre millions. n'était qu'un phénomène engendré par
cée sous la présidence de M. Delpiazzo, pendant groupés en éléments de partis L'augmentation de puissance des émet- des oscillations électromagnétiques qui se
inspecteur des PTT, représentant le direc- différents. teurs et l'amélioration constante des pro- propageaient dans l'espace, Hertz par des
teur départemental, assisté de Mme Colin, Il nous faut également rendre homma- grammes grâce aux capitaux dont va expériences restées célèbres démontra que
rédactrice à l'administration, était cons- ge à la présidence de M. Delpiazzo qui disposer la radio française, ne feront que les hypothèses de Maxwell et les travaux
tituée par deux délégués de l'Amicale : s'est parfaitement acquitté, à la satisfac- contribuer au développement de la sans- de Fresnel étaient exacts.
MM. Nicolle et Urios et deux délégués de tion de tous, de la délicate mission qui fil dans tous les milieux. C'est pour ces expériences qu'Hertz
Radio-Libërté, Mme Raoux et M. Four- lui avait été confiée. C'est avec plaisir réalisa son fameux oscillateur électrique
nier. que nous remercions Mme Colin, rédac- qui porte son nom et le résonateur qui lui
Voici les résultats officiels : trice à la direction des PTT qui fut la UN CINQUANTENAIRE DANS LA RADIO servit de détecteur
d'ondes.
NoUs publions les noms dans l'ordre du cheville ouvrière du bureau de dépouil- Malheureusement Hertz qui, très mo-
nombre de voix recueillies par chacun lement et qui facilita grandement la tâ- Les brillants travaux de Hertz sur les deste, préféra le calme de la petite ville
d'eux. che aussi bien des membres de ce bu- ondes qui portent son nom. de Bohnn aux honneurs et au professo-
Nous commençons par la liste de reau qu'à celle de la presse. rat à Berlin, qui eut la géniale idée de se
Nous avons fait, ici-même et à plu-
l'Amicale qui a été entièrement élue : servir des ondes hertziennes pour établir
sieurs reprises, l'historique de la radioélec-
MM. Docteur Badaroux 17.127; Rey des communications par télégraphie sans
Remerciements de l'Amicale tricité, science découverte et améliorée
Marcel 17.127; Fournier Albert 17.126; fil en se servant, comme détecteur, du tu-
de Radio-Alger par l'ensemble des travaux de nombreux be à limaille découvert par Branly. Ainsi
Forgues Adolphe 17.124; Nicolle Pier- savants du monde entier.
re 17.121 ; Général Deschamps 17.120; L'Amicale de Radio-Alger adresse ses se confirma ce que nous avons dit au dé-
En effet, comme nous l'avons déjà dit,
Prohom Gérard 17.110; Ribère Marcel but, que la radioélectricité est l'oeuvre
remerciements les plus vifs aux 17.126 la science radioélectrique n'est pas l'in-
17.102; Salom Marcel 17.098; Bertoni d'une collaboration de savants de diffé-
sans-filistes algériens qui ont assuré le vention d'un seul mais la résultante d'une
Emile 16.911. La moyenne est de 17.096. rentes nations qui ont bien servi l'huma-
succès de la liste qu'elle patronnait aux succession de découvertes, de travaux,
nité. Fred BEDEIL.
La liste de Radio-Liberté a obtenu : élections radiophoniques. d'études, d'expériences faits par plusieurs
Mme Lemaître Edmée 11.613 voix; MM. Forte de ce témoignage de confiance, savants de nations différentes et à dif-
Buteau Jean, 1.609 ; Docteur Gaudin
1
l'Amicale demeurera fidèle aux principes férentes époques.
Charles, 11.605; Coti Noël 11.601;
A l'Exposition.
dont elle s'est toujours inspirée. C'est ainsi que nous avions analysé les
Schaltin Raymond 1 1.595 ; Gola Hen- Ses représentants au Conseil de Géran- premières découvertes sur les phénomènes A partir du 1,r juillet prochain, la
ri 1 1.589 ; Brisbarre Georges, 1 1.585 ; ce s'attacheront, conformément au désir d'induction électrique faites par le danois Compagnie Générale Transatlantique ou-
Badhtarfzi Mahieddine, 1 1.580 ; Wein- exprimé par la majorité des auditeurs, à Oersled ; les études et les premières lois vrira un restaurant à l'Exposition de
mann Léon, 1. 566 ; Achouche Robert,
1
ce que la Radio Algérienne soit Nationa- sur ces phénomènes des français Ampère, 1937, à Paris.
11.561. La moyenne est de 11.591 voix. le, libre, artistique, morale et qu'elle se Arago et de l'anglais Faraday ; les con- Ce restaurant situé dans le Palais de
Le candidat indépendant a obtenu 2 tienne à l'écart de toute préoccupation clusions et la fameuse hypothèse de l'an- la Marine Marchande, en bordure de la
voix. d'ordre politique. glais Maxwell sur la propagation dans Seine, comprendra 300 places. Il permet-
A L'Amicale de Radio-Alger a le devoir l'espace des phénomènes électromagnéti- tra aux consommateurs d'avoir une vue
Il y a eu 1.480 bulletins ou envois an- de rendre hommage à la parfaite correc- ques étudiés et mis en évidence par les panoramique incomparable sur Paris et
nulés. Les annulations provenaient, dans tion avec laquelle les opérations
de dé- savants précités. Cette hypothèse de l'a- l'Exposition.
Le service fonctionnera de 1 heures
la plupart des cas, de ce que les enve- pouillement ont été effectuées par la Di- nalogie de la propagation des ondes élec- 1

des P.T.T. d'Al- tromagnétiques avec celle de la propa- à 23 h. 30.


loppes n'étaient pas réglementaires, rection départementale
c'est-à-dire celles distribuées par l'Ad- ger ; elle tient à renouveler à M. l'Ins- gation de la lumière dont le savant fran- Outres les repas qui permettront de sa-
ministration ; que le coupon n" 2 n'ac- pecteur Delpiazzo et à ses collaborateurs çais Fresnel tira les premières lois, fut vourer la fameuse cuisine de « Norman-
compagnait pas l'enveloppe opaque ou l'expression de sa satisfaction. d'ailleurs traduits en formules mathéma- die », toutes les consommations en usa-
Elle adresse, enfin, ses remerciements tiques par Maxwell. ge dans les cafés seront servies.
que ce coupon était autre que celui n" 2;
à tous ceux de ses adhérents qui, soit C'est vers cette époque qu'un jeune Les thés et diners dansants seront as-
que certains coupons n'étaient pas tim-
brés ou timbrés d'une date antérieure au dans l'intérieur et dans
les départements savant allemand Heinrich Hertz démon- surés avec les meilleurs orchestres de Pa-
23 avril 37, enfin parce que des envois voisins, soit à Alger — et notamment
à tra — il y aura bientôt cinquante ans — ris. La haute direction du restaurant sera
ne contenaient pas de bulletin de vote.
l'occasion du dépouillement des votes — que l'hypothèse de Maxwell était exacte. confié au Commissaire principal Henry,
lui ont apporté un concours précieux aus- Par cette démonstration, Hertz réalisa, du s/s « Normandie ».
si généreux que dévoué. sans le savoir, le premier émetteur de Toutes les personnes se trouvant à Pa-
TSF dont les circuits servirent par la sui- ris et ayant des renseignements urgents
Voici donc terminées les élections ra-
te à Branly, pour la découverte de son à demander, ou une réservation de ta-
diophoniques algériennes.
Le développement de la radio en Algérie détecteur, à Teslo, à Lodge, à Marconi, à bles à faire, pourront téléphoner au Mai-
Elles se sont heureusement déroulées
Popoff, etc. tre d'hôtel ou au chef de réception : In-
dans le calme et sans incident. Environ Un communiqué au micro de Radio-Al-
Ce cinquantenaire des expériences de valides 31-58.
30.000 sans-filistes sur 66.531 déclarés ger et des informations parues dans les La porte d'accès contre laquelle se
Hertz mérite donc que nous en parlions
ont voté. Donc plus de la moitié s'est quotidiens annoncent qu'au 30 avril 1937 à nos auditeurs lecteurs. trouve situé le Palais de la Marine mar-
désintéressée de cette manifestation élec- le nombre des déclarations de postes ré-
Henrich Hertz, fils d'un avocat, naquit chande, est celle barrant le quai d'Orsay
torale. C'est d'ailleurs à peu près la mê- cepteurs atteint 66.531 se répartissant à Hambourg le 22 février 1857. Très stu- à la hauteur de la rue de Constantine,
me proportion que celle résultant des ainsi : département d'Alger, 31.098; dé- dieux et très doué, Hertz fit ses premiè- c'est-à-dire contre la Gare des Invalides.
élections métropolitaines où sur partement d'Oran, 21.502; département
3.500.000 sans-filistes déclarés, seule- de Constantine, 13.931.
ment 1.611.500 ont participé au vote. Cela représente en quatre mois une
D'ici quelques jours, l'Administration augmentation de 10.064 récepteurs ;
publiera les vingt autres noms qui com- r cette cadence, les 100.000 déclarations
pléteront le nouveau conseil de gérance seront vites atteintes.
de Radio-PTT-Alger : D'après les renseignements que nous
Les 10 représentants des services pu- avons obtenus, le nombre de récepteurs
blics, dont la liste est arrêtée et les dix de famille (récepteurs à lampes de la
représentants choisis parmi les membres deuxième catégorie) s'élèverait à 65.000
16 L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

LE CINEMA
SA FEMME ET SA DACTYLO dez-vous au cours de l'après-midi dans celle des animaux. C'est ici qu'apparaî- k-kk « jjn Taxi dans la nuit» est un
un studio. Jeanne l'accompagna dans l'es- tra la magnifique silhouette de Rin-Tin- film policier d'un nouveau génie. L'in-
Dans l'histoire du coeur, le problème lé
poir d'assister à une prise de vue. Pen- Tin junior. trigue, basée sur un fait-divers authen-
plus passionnant est, sans aucun doute,
dant que les deux femmes attendaient « Le Défenseur Silencieux », un magni- tique, a un accent de « vécu » qu'il est
celui de l'éternel trio. d'être reçues, un directeur passa et re- fiqeu film Métro-Goldwyn-Mayer, passera
Comment ne pas concevoir que le ciné-
rare de trouver, à un tel degré, dans
marqua Jeanne. bientôt au ciném Olympia, du 25 juin ou un film.
ma pouvait; à son tour, être un élément 1er juillet. Vigoureuse, rapide* précise, l'action
d'extériorisation pour un Sujet aussi con- — Vous cherchez un rôle, mademoi-
selle ? *** a, sur le public* un effet direct ne per-
nu et pourtant peu éclairé? mettant pas de douter des qualités de
—- Non, Monsieur.
Avec Sa femme et sa dactylo, le met- DERNIERES NOUVELLES production qui, une fois encore
-— Cela vous conviendrait-il de faire cette
«
teur en scène Carence Brôwn a, en quel^
qUe sorte, comblé une lacune. A côté des
un essai ?
. *** Onze nouvelles vedettes seront fait honneur au cinéma américain*
plus grands chefs-d'oeuvre, il y aura dé-
La jeune fille n'avait jamais songé à
lancées cette année à Hollywood. Ce -. Brian Donlévy et Frances Drake sont
faire du cinéma. Elle demanda à réfléchir.
sormais Un beaufilm. Sont: Aliène Whalen,:Gijpsy Rose Lee* les principaux interprétés de ce drame
Comment; ne pas s'en réjouir ? Le ci-
Toutefois, elle accepta deux lettrés de
Phyllis Biôoks, Germaine Aussey, Eisa, >'sobre, intense et prenant.
recommandations pour un chef dé figu- Argall, Pauline Moore* Tony Martin, kkk
néma matérialise, donne un saveur nou-
ration et un metteur en scène. • On dira dé «Week end mouve-
velle, un reflet dé vérité, de vie au fa- Leah Ray, Jahèl Johnson, Anhâbella et menté j » qu'il est de la même veine que
meux; triangle.
A Gracie Fields. Comme Voit voit, plu- «New^Yôrk-Miami C'est
peu vrai,
.'
, ». un
sieurs d'entré elles ont déjà conquis niais
. .

Le réalisme de Sa fèhimé et sa dactylo Jeanne garda longtemps dans Un tiroir , loin d'être une iniiiatioii de ce
né se borne pas à exister: \\ se révèle à lés deux lettres. Et puis un jour... leurs, titres de noblesse en Europe. grand
, succès, « Week end mouvementé »
nous sous un dehors aimable. Et cela, Elle se présenta au chef de figuration *** Ginger Rogcrs, qui fut dans plu- éii ' est le prolongement humoristique*
grâce à là merveilleuse interprétation dé et fut aussitôt agréée. Quelques semaines sieurs filins, là très dansante partenai- Deux jeunes gens ne Se connaissent
trois nbms prestigieux: Clark Gable, après elle emmena sa mère dans un ci- re de Fred Àstaire, serait la vedette de pas du tout, se trouvent ensevelis par
,
Jeanne Har|6w, Myrna Loy. néma et lui désigna sur l'écran une jeu- deux importantes productions Warner une tempête de neige dans une cabane
ne figurante à la chevelure étonnamment Bros : en rondins... Toutes leurs aventuresj
blonde. La digne mère sursauta : «
0/t Your Tocs » (Sur la pointe des tout ce que la fertile imagination du
— C'est toi ? pieds), adaptation pour l'écran d'une scénariste a pu broder sur ce thème
— Oui, maman, répondit Jeanne. opérette célèbre de Rodgers et Hart, léger, ne peut se raconter. Et c'est là
Il fut ensuite convenu qu'on ne dirait créée récemment à Broadway et « Hol- justement ce qui fait le charme savou-
rien de cela à la famille. Mais Jeanne lywood Hôtel », où elle aurait pour par- reux de ce film qui n'est rien, vraiment
continua à figurer et même à jouer quel- tenaire Dick Potvell. Tous deux seraient rien... mais un si joli rien !
ques petits rôles. Un jour, elle dut tout encadrés par Frank Machugh, Hngh
révéler à sa famille et à ses amis. Il fut Herbert, Bonny Goodman et son orches- k-kk Warner Bros annonce trois gran-
admis que Jeanne pourrait librement ai- tre. des productions en couleurs, pour la
guiller sa vie de ce côté. D'ailleurs, lés saison 1937-38 : « Robin Ilood » (Robin
Clarke Gable et Myrna Loy. producteurs ne la firent pas attendre.
kkk Conirairement à ce qui avait été des Bois), d'après la très ancienne légen-
annoncé à grands cris par les journaux de britannique, Errol Flynn dans
Les spectateurs qui ont déjà vu Sa Après avoir interprété deux comédies pour avec
du continent, faisant écho à ceux du le principal rôle. (On s'ait qu'une
femme et sa dactylo, l'ont accueilli, ap- I Hal Roach, elle dévint rapidement une premiè-
plaudi; ovationné avec leur coeur, car ils personnalité. Sa silhouette et son élégance
nouveau monde, Paul Muni n'a nulle- re version de « Robin des Bois fut
»
ment l'intention d'abandonner le ciné- tournée au temps du muet Dou-
avaient vécu une histoire au charme mil- devinrent à la mode, avec
lénaire et contemporain. Mais faut-il s'é- ma. Il désire seulement produire moins, glas Fairbanks).
v Son premier grand film fut, comme afin de produire mieux. Il tournera en
tendre sur un pareil succès ? Et ne vaut- pour Clark Gable, « Tribunal secret ». « Gold is Where You Find il" (L'Or
principe un ou deux films par an au est où vous le trouvez) cl Valley of
il pas mieux conseiller à ceux qui pré- Parmi tous les films qui suivirent: «L'En- «
maximum. the Gianls » (La vallée des Géants).
tendent avoir une opinion sur un sembla- nemi Public », « Platinum Blonde », «Les
Il est très probable que Paul Muni La réalisation de
ble sujet d'aller puiser quelques docu- Invités de Huit Heures », « Dans ses ces trois films sem-
ments au Cinéma Olympia où il passera Bras », « Mam'zele Volcan », « J'épou-
sera la vedette masculine de « Panama ble indiquer une tendance Iras nette des
Canal » (Le Canal de Panama) que War- producteurs
jusqu'au 1 °r juillet. serai un Millionnaire », « Imprudente vers l'emploi de la couleur
Jeunesse », « La Belle de Saïgon », « La ner Bros lia réaliser tout prochainement. pour certains sujets de plein air dont
« Panama Canal » retracera la difficile la beauté picturale
Malle de Singapour », et surtout le nou- se trouvera de ce
construction du canal des deux océans, fait fort agréablement rehaussée.
JEANNE HARLOW veau « Sa Femme et sa Dactylo » con-
tribuèrent le plus à son succès. en même temps que la lutte entreprise
vedette de
De nouveaux films d'elle ? Nous en
par le docteur Gorgas (et heureusement ~kkk Warner Oland, universellement
menée à bonne, fin, en vue de combat- connu sous le nom du personnage qu'il
« SA FEMME ET SA DACTYLO » verrons bientôt. Il faut principalement tre l'épidémie de fièvre jaune (/ni déci- créa à l'écran, Charlie Chan, le célèbre
Jeanne est née dans une grande mai- citer « Suzy », un film d'espionnage, aux mait les ouvriers employés à ces rudes détective, est né en Suède. Il débuta il
côtés de Cary Grant et Franchot Tone. l'écran il y a vingt ans et sa popularité
son de Kansas City, un vilain jour de travaux.
mars. Qui aurait pu prévoir que le sort n'a cesse de grandir jusqu'au jour où il
lui réserverait une vie si brillante. Son
** + La censure vient de lever l'inter- devint tous : Charlie Chan. Au-
LE DEFENSEUR SILENCIEUX diction qu'elle avait un moment fait jourd'hui, pour
père étant médecin, il y avait dix mille tout le monde connaît ce
chances contre une pour qu'elle vive une Du temps des films muets, le fameux peser sur « La Légion Noire n. On se subtil limier et il n'est
souvient que le beau film d'Archie L. de l'Ancien pas un hameau
chien Rin-Tin-Tin, ce héros de tant de ' ou du Nouveau Monde où
Mayo conte les méfaits commis par une
prouesses, de tant d'exploits, comptait l'on n'apprécie à sa valeur ce digne suc-
parmi les vedettes les plus populaires de secte criminelle qui emprunte les' de Sherlock Holmes.
cesseur
l'écran. Sa réputation était si grande qu'il moyens d'exécution et de contrainte du' Dans «Charlie Chan à l'Opéra» son
n'est pas un amateur fervent du cinéma Ku-klux-klan, organisation dont la fu- plus récent
film, qui sera projeté sous
qui l'ait oublié. Depuis, les années ont neste activité a souvent pris aux Elais-
peu (i Paris, Warner Oland a pour parte-
passé et l'on ne revit plus Rin-Tin-Tin, si
nis un tour tragique. naire Boris Karloff, l'inoubliable «Fran-
bien qu'il nous semblait disparu pour ja- Rappelons que « La Légion Noire. » kenslein
interprétée
1
». Il nous a rarement été donné.
mais. Eh bien, non. Rin-Tin-Tin n'est pas est par Humphrcy Bogarl,' <le trouver en tète d'une aussi brillante
mort, son fils a perpétué la tradition.
lirin O'Brien Moore, Dick Foran, Ann' distribution, équipe plus promet-
Jeanne Harloiv. Sheridan. une
C'est dans « Le Défenseur Silencieux » teuse de frissons d'épouvante.
qu'il nous apparaîtra pour la première fois
bonne petite vie tranquille dans le Mid- aussi fidèle, aussi extraordinaire que le
dle-West: vieux Rin-Tin-Tin. Dans ce film, en effet,
Voilà vraisemblablement comment la sont réunis la vedette-enfant de « L'île
destinée se décida à intervenir. Parmi les au Trésor », du « Champion », l'étonnant
personnes que la jeune fille fréquentait, Jackie Cooper et le brutal gangster des
il se trouvait une dame qui, occasionnel- « Hommes traqués », Joseph Calleia. Pour
lement, avait tenu des bouts de rôles dans lier ces deux êtres si opposés, amis com-
des films. Un jour qu'elle déjeunait chez me savent seuls l'être des caractères an-
Jeanne, elle annonça qu'elle avait ren- tagonistes, il fallait une passion commune,
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE 17

LES ARTS
ALGER ra accueillie avec la plus vive satisfac- à l'Ecole primaire supérieure de jeunes jouer lumière et couleurs, dans une at-
tion. filles : un bureau de dame en acajou en- mosphère infiniment curieuse.
*** Galerie « Les vraies richesses », tièrement pyrogravé, d'une conception
rue Charras, exposition des oeuvres de PARIS charmante, et d'une réalisation absolu-
Fernand ARNAUDIES.
René Jean Clôt. *** Paul-Elie Dubois a présenté au Sa- ment parfaite. Mlle Luhman, qui est
*** M. André Wurmser, collaborateur lon des Artistes français une oeuvre im- aussi une artiste de classe dans l'art si
du journal «Vendredi », a fait une con- portante qu'il a intitulée « Yamila, prin- délicat de la reliure, présentait quelques
Conférences sur l'Algérie
férence le mardi 8 juin, salle Pierre Bor- cesse des sables ». Yamila est une maroquins pyrogravés, du plus heureux Au Palais Barbaresque à l'Exposition
des, sun le sujet suivant : « Variations jeune fille arabe du Sud algérien, dra- effet. a commencé la première série des confé-
sur le Renégat ». pée dans un voile vert véronèse écla- MAROC rences sur l'Algérie :
*** Notre bon confrère, Edmond Brua tant. Mme Henriette Damârt, qui, nous 10 juin : Les réalisations économiques
a fait, le mercredi 9 juin au soir, salle de ne l'avons pas oublié, est l'épouse char- kkk Galerie Derche, à Casablanca, le depuis 1930, par M. Robert Randau.
l'Entr'aide féminine, rue Valentin, une mante de P. E. Dubois, présentait au mê- peintre Edy Legrand fait une exposition 17 juin : L'Algérie dans la littérature
conférence des plus passionnantes, et des me Salon un très sensible portrait de jeu- de son oeuvre, presque entièrement d'ins- française, par M. Marius Leblond.
plus pittoresques, sur « L'Affaire Ca- ne fille, au pastel, oeuvre d'une grande piration marocaine. Edy Legrand qui a 24 juin : Vue d'ensemble de la coloni-
gayous. Contribution à l'étude du carac- finesse, traitée dans le style et dans l'es- longtemps séjourné au Maroc, traduit avec sation, par le Professeur E. Gautier.
tère, de la mimique et du dialecte algé- prit des peintres modernes tels que Vuil- beaucoup de force et de relief, les ima- 1<Jr juillet: Les régions naturelles de

riens ». Cette conférence était placée lard, Bonnard et Redon. A la Société Co- ges somptueuses, étonnantes de pittores- l'Algérie, par M. Larnaude, chargé de
sous les auspices de l'Union fédérale des
loniale, P.-E. Dubois a envoyé huit toiles que et de couleur, qui ont frappé ses cours à la Sorbonne.
étudiants. dont deux études récentes de Ghardaïa, yeux. Retenons, entre autres toiles d'un 8 juillet : Les civilisations primitives
*** Le peintre Daniel Bidon travaille
deux oeuvres de Figuig et différentes vues
du Hoggar.
grand intérêt, ces « Cavaliers après la du Sahara Central (Hoggar et Tassili des
fantasia » d'une qualité absolument par- Ajjers), par M. Reygasse, directeur du
actuellement dans la région de Tlemcen.
*** L'Echo d'Alger
***
Le 1 1 juin a été réalisé à l'Hôtel faite, oeuvre réfléchie, observée, extrême- Musée du Bardo.
« » consacre, sous
Drouot, la succession de Mlle de Choi- ment vivante. Citons encore ces « Rues de 22 juillet : L'Algérie Romaine, par M.
la signature de M. H. Carbonnel, un très Fès » ; et ce « Fauteuil rouge aux étof- Leschi, professeur à la Faculté des Lettres
seul-PrasIin, née de Pélissier de Malakoff.
intéressant article aux fouilles entrepri- fes marocaines », prétexte habile à faire d'Alger.
Au programme de cette succession figu-
ses depuis quelques années dans le Dahra
raient notamment des documents et ob-
par M. Jules Coco, professeur au cours
complémentaire de l'école Dordor à Al- jets ayant appartenu au duc de Malakoff,
notamment, son bâton de Maréchal, ses
ger. L'oeuvre accomplie par M. J. Coco
épées, ses décorations et aussi le moulage
est considérable. Les fouilles qu'il a con-
duites ont permis de mettre au jour, no- en plâtre de ses mains et de son visage.
tamment, la « fonderie de Guelta », l'une *** Mme Hélèna Rubinstein vient de
des seules fonderies romaines découvertes créer un prix de 25.000 frs, destiné à ré-
en Afrique du Nord ; et, tout près de compenser un artiste indépendant, fran-
Francis-Garnier, au cours de l'été 1936, çais ou étranger, appartenant à l'Ecole de
les vestiges importants d'une cité antique Paris, dont la vie et les recherches impo-
couvrant près de 10 hectares, probable-
ment celle de Lar Castellum. M. Coco
sent l'admiration. Le jury est composé de
Mme Cuttoli ; MM. Brancusi ' Braque ; Le Cercle d'Escrime de Safi
va continuer ses recherches, en vue de fi- Cassou ; Désarrois ; Eluard; Laugicr ; Lé-
xer l'emplacement d'Astacilis, et d'Ari ger ; Marcoussis ; Matisse ; Raynal ; Ri-
na, dont il est question dans les textes vière ; Zervos. Ajoutons que ce prix ne Sait-on qu'il existe à Safi une des plus à l'artiste-peintre safiot Marichal.
de Ptolémée. Nous félicitons chaleureuse- sera décerné, en principe, qu'à un artiste, belles salles d'armes du Maroc et peut- Douches et vestiaires pour dames et
ment le jeune et très sympathique archéo- âgé, ayant fait preuve de son talent, et être de l'Afrique du Nord ? Et cette as- messieurs, pings-pongs, tables de bridge,
logue, qui est aussi l'un de nos plus char- injustement méconnu. sertion ferait sourire bien des lecteurs si etc., sont à la disposition de vingt-cinq
mants confrères, pour son heureuse et **• En juin se vendra à Londres la bi- nous ne donnions ici une vue de la salle membres actifs, dont une douzaine de ti-
profitable activité. bliothèque magnifique formée depuis de d'honneur de son Cercle d'Escrime. reurs, et plus de quarante membres ho-
*** Le «Photo-Ciné-Club» d'Alger nombreuses années par les Ducs de New- Quatorze ans bientôt n'ont pas ralenti noraires. La confiance qu'ils ont placée
vient de présenter les oeuvres admises à castle. Rappelons, à l'intention des biblio- l'activité de ce groupement des belles ar- dans leur Comité a été récompensée, puis-
philes français, que les plus importants fondé 6 juillet 1923 et qui fit de que son activité a permis cette soudaine
la 11" exposition nord-africaine de Pho- mes, le
tographie et de Cinématographie. Cette ouvrages français figurant à cette ven- modestes débuts, dans un ancien entrepôt et si heureuse transformation, à quelques
te, seront exposés chez MM. Mags Bros, municipal. mètres du centre de la ville.
exposition a réuni, salle des Conférences
93, rue La Boétie. Aux compliments qu'il mérite, M. Fédi,
de la Compagnie Lebon, 39, rue Denfert- Par un labeur de quatre ans, le rajeu-
le dévoué maître d'armes, qui sortit, il y
Rochereau, un ensemble rigoureusement nissement des cadres, si on peut dire, et
choisi, et d'un éclectisme parfait. Parmi
TUNIS l'appui efficace de la Municipalité, il dis- a un lustre, les escrimeurs safiots de leur
douce torpeur, se doit d'y être associé.
les exposants, très nombreux, nous nous *•• Dimanche 6 juin a eu lieu, dans les pose de deux salles gaies et claires, et Il sut former plusieurs tireurs, dont les
plaisons à citer : MM. Andretta ; Blein ; Salons de la « Royale », avenue Jules- l'une d'elles fait l'admiration des visi-
deux premières championnes de fleuret
Bouissou Robert ; Mme Bouissou ; MM. Ferry, le vernissage de l'exposition de M. teurs par ses harmonieuses proportions et
du Maroc : Mme Roghé (1934) et Mme
Cadix ; Cauchy ; Chariot ; Cot ; Civera; Enzo Piscitello. Parmi les oeuvres exposées sa décoration si originale d'où se détache
Fédi (1935 et 1936), et initier à l'art
Clarin ; Dessagnes ; Gêner ; Greillier ; figurent d'importantes vues du golfe de un puissant et vivant « d'Artagnan », dû
des belles
armes une jeunesse attentive.
Grillât ; Moineau ; Mullet ; Naulet ; Op- Tunis, de la Marsa, au Canal ; des vues
petit ; Perret ; Remond ; Scamaroni ; Tis- encore de Gabès et de l'Extême-Sud tu-
seront ; Pages; (Section générale). MM. nisien. Rappelons que M. Piscitello a déjà
Andretta ; Cadix ; Moineau ; Mullet ; exposé à Paris, à Rome et en Alger.
Pringault (Section stéréoscopique) ; MM.
Breil ; Cot et Laffargue (Section cinéma)
*** A Bizerte, l'exposition du Salon ar-
. tistique de 1937 a connu un très légi-
*** Les récompenses suivantes ont été time succès. Ce Salon comptait, non seu-
décernées aux exposants de la 11° expo- lement un ensemble choisi de peintures
sition nord-africaine de Photographie : d'artistes locaux et tunisiens, mais enco-
Section générale, Prix d'honneur : Moi- re une section importante d'oeuvres pho-
neau ; 1 " prix : Grillât ; Section touris- tographiques consacrées au sujet et au
tique : ]eT prix : Cadix ; Section cinéma- paysage tunisiens. Ajoutons que les Arts
tographique : 1 "
prix ex-oequo : Breil ; décoratifs (tapis, tentures, étoffes, den-
Laffargue. telles) étaient représentés fort honora-
*** Nous croyons savoir qu'au début blement par les travaux des élèves de
de la saison prochaine, MM. Mathiot, l'Ecole musulmane de jeunes filles. Nous
Drack-Oub et Frac, présenteront une ex- n'omettrons pas de signaler, pour termi-
position de leurs oeuvres. L'idée est ex- ner, une oeuvre très remarquable de Mlle
Laure Luhman, professeur d'art décoratif La Salle d'honneur du Cercle d'escrime de Safi.
cellente ; et nous sommes sûrs qu'elle se-
18 L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

Notez Madame, que...


LES VACANCES APPROCHENT ! PERIODE DESIREE !

Pour les enfants, les mois qui viennent représentent un arrêt dans leurs études
et des amusements à longueur de journée.
Pour vous, Madame, c'est la fin d'une saison chargée d'obligations, mondai-
nes ou sociales. ......
Pendant l'été en vit davantage pour soi, pour les siens, chacun rompt: avec
ses habitudes et, —^ pourquoi ne pas l'avouer ? -^— relâche aussi sa tenue.
Que Dame Morale ne s'irrite pas. Il faut,, en Algérie, tenir compte de la tem-
pérature, et si nous trouvons « correcte » une personne qui porte en août bas et
gants, avouons-le, nous n'avons plus aucune envie de l'imiter.
D'ailleurs; le laisser-aller estival n'est pas limité à l'Algérie et nos yeux et
notre esprit se sont plies facilement à un usage généralisé que l'expérience a dé-
montré si pratique.
.
Donc, Madame; d'ici, peu vous allez mettre toute votre maisonnée en tenue
.

« de vacances ».
Les bains de mer joueront pour tous les vôtres un rôle important, de mê-
me les bains de soleil.
Est-ce Utile de vous mettre en garde aU sujet de ces derniers?
Les gens de bon sens me répondront que je suis une rabâcheuse et que ce'
que j'écris tout le monde le sait.
Tout le monde le sait, d'accord, mais très peu le croient, surtout parmi les
jeunes.. Pour ma part/ je n'en doute pas, car j'ai eu malheureusement l'occasion
de constater, sans chercher plus loin que mes amis, de graves, accidents impu-
tables aux bains de soleil prolongés.
Je n'exagère pas. Je suis moj-même acquise à la vie au grand air, convaincue
de la nécessité d'aérer notre peau, de respirer librement et cependant persuadée que
les stations prolongées au soleil sont mauvaises pour notre organisme.
Evitez de vous brûler, empêchez surtout vos enfants de se brunir avec acharne-
ment. Que la belle couleur dorée vers laquelle tendent vos désirs soit plutôt le ré-
sultat du contact de la peau avec l'air.
Ne laissez jamais longuement votre épiderme directement en bute à l'activité
salaire. Imprégnez-le avant de l'y exposer, d'un de ces innombrables péoduits que
tout magasin vous fournira. Sinon usez d'huile douce eu d'huile camphrée.
Naturellement votre visage doit lui aussi être soigneusement recouvert d'un
corps gras, de préférence d'une crème. N'ayez pas peur de reluire, cela n'a au-
cune importance une fois que vous êtes dans l'eau, et rappelez-vous que ni l'eau,
de mer, ni l'eau de piscine toujours fortement javélisée, ne conviennent à votre fi- Pour le Icnitis. Cliché Coiffure parisienne
gure. ' i~!!]"!»|
- •

En sortant du bain, mouchez-vous soigneusement, doucement, et d'un seul côté attribuer pour une année un service de de plantes, bien connue depuis plus de
à la foisi Séchez dé même vos oreilles. Vous pouvez même y introduire un coton bicyclette de course, qui leur permettra cent ans, maintiendra votre sang pur et
imbibé d'alcool. Ces précautions sont nécessaires pour éviter les otites occasionnées dans le cou ant de l'année de pouvoir vif, votre circulation régulière et vous
souvent par l'eau qui séjourne au fond des oreilles. s'entraîner en vue d'épreuves futures. gardera jeune et saine malgré les années.
Après un bain de mer, ne restez pas allongée. Remuez, pour éviter l'action Le Premier Pas Dunlop fut créé voici Toutes pharmacies.
profonde des rayons solaires. Jouez au ballon, promenez-vous, piquez à la rigueur un quinze ans par M. Jean Petavy, admi-
petit cent mètres. nistrateur-délégué de la Société des Pneu-
Pour celles d'entre vous qUi ont les yeux sensibles, baignez-les tous les matins matiques Dunlop.
et tous les soirs dans l'eau de rose et abritez-les pendant le jour derrière des lunettes Le nombre d'engagés depuis cette épo-
aux verres foncés. que dépasse « cent mille ». L'éloquence
Si vous vous sentez tant soit peu fatiguée, consultez immédiatement votre doc- de ce chiffre vient démontrer toute l'im-
teur, c'est souvent longtemps après l'été que les symptômes graves se manifestent. portance du Premier Pas Dunlop, qui per-
Il est alors trop tard. Christiane HILL. met aux Jeunes Espoirs du Sport Cyclis-
* * * •** te de tenter leur chance et de devenir
des champions.

PREMIER PAS DUNLOP 1937


Communiqué.
Bibliographie.
La finale de cette Grande Epreuve an-
Bernadin de Saint-Pierre, par Emile nuelle s'est déroulée le jeudi 6 mai à
Henriot ; le bourgmestre Max vu par Au- l'autodrome de Montlhéry. C'est la quin-
guste Vierset ; une vivante étude histo- zième année que se disputait cette épreu- La Santé de la Femme
rique sur la Grande Mademoiselle ; une ve qui constitue le véritable Champion-
étonnante page sur l'Extrémisme politique nat des Débutants sur Route. Entre 40 et 50 ans, la santé des fem-
mille ans avant Jésus-Christ ; des anec- Rappelons que les éliminatoires eurent mes les mieu:; portantes est menacée.
dotes sur Mallarmé à propos de la fonda- lieu dans toute la France Métropolitai- N'attendez pas de souffrir pour songer
tion de l'Académie ; une promenade à ne et que les gagnants de chacune de à vous soigner ; vous risquerez de venir
travers les Maures, des souvenirs de l'am- ces épreuves, puis celui d'Alger, étaient grossir la liste des malheureuses atteintes
bassadeur Bompard, la fin de la captivan- qualifiés pour venir disputer leur chance de métrites, de fibromes, de phlébites, de
te histoire du duc d'Enghien: tout cela se le jeudi 6 mai à l'autodrome. neurasthénie, parce qu'elles se sont négli-
trouve dans les « Annales » du 25 mai gées. Dès la quarantaine, même si vous
De nombreux prix furent offerts aux
1937. En vente partout: le numéro gagnants ; le Premier se voit attribuer en n'éprouvez aucun malaise, commencez à
2 fr. 50. faire régulièrement usage de Jouvence de
outre de la Médaille d'Or de l'U.F.F., un
chronographe en or, don de la Société
l'Abbé Soury. Cette préparation à base
Dunlop. Les suivants recevront des bra-
celets-montres, stylos et porte-mines pla-
qué or.
En outre, les cinq premiers se voient
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE ANNONCES VI!
ANNONCES VIII L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE ANNONCES IX
ANNONCES X L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE