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Review

Author(s): Miklos Vetö


Review by: Miklos Vetö
Source: Revue de Métaphysique et de Morale, 83e Année, No. 4 (Octobre-Décembre 1978), pp. 567-
569
Published by: Presses Universitaires de France
Stable URL: http://www.jstor.org/stable/40901909
Accessed: 26-01-2016 22:08 UTC

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Notescritiques

empirique.A son avis, la


rapportentrethéoried9ensemblede la sociétéet recherche
méthoded'investigation doitêtredéterminée parson objet,la société- et non
inversement commedans la méthodeanalytiquede l'empirisme. Or, n'est-ce
pointà la définition de la méthodematérialiste dialectiqueque correspond la
problématique du rapportprécité? Et l'expressionépistémologique de cette
méthode se ramène,selonl'auteur,à la questionde la conception de l'expérience
pourle matérialisme dialectique. D'ailleurs,l'auteurréduitcelui-cià la dialec-
tiquematérialiste ; celle-cipourgardersa scienti fìcitéet son attachehistorico-
pratique,a besoind'unconcept del'expérience qui n'aitpas seulement pourobjet
la connaissance scientifique, maisqui conçoiveaussicetteconnaissance dansson
interaction -
avec la pratique et, par conséquent,sous la dépendancede la
pratique.Philosopheet épistémologue social avant d'êtrehistorien de la philo-
sophie,Schäfers'attachedoncà l'exemplarité de Marxet il étudiela place des
écritsde jeunessedansla compréhension matérialiste dialectiquede la science,
avec notammentles rapports Marx/Feuerbach,philosophie /économieet
théorie /pratique.Vient ensuitel'étude de la dialectiquematérialiste comme
sciencede l'expérienceavec notamment les rapportsméthodede recherche/
méthoded'exposition,praxis/connaissance et théoriesociale/empirie.Pour
l'auteur,la théoriesociale comprendla société commetotalitéet l'empirie
dégageméthodiquement le statutde l'objet.
Relevonsquelquesanalysesde l'auteur.Ce derniercritiquele typed'inter-
prétationprivilégiant les Manuscrits de 1844. Il fautabandonnerl'hypothèse
qu'ils contiendraient une théorieachevéede la société: d'une part,la critique
internedévoileleurcaractèreinachevé; d'autrepart,Schäferreprend, sans s'y
référer,la conceptionalthussérienne de la coupureépistémologique. Celle-cine
signified'ailleurspas séparationentrephilosophiede jeunesseet économisme,
car une tellescissionreproduirait une conceptionde la philosophie qui ne cor-
respondrait pas à la place que Marxaccordeà la philosophieen rapportavec
l'ensemblede son œuvre.
L'auteurreproche à Engelset à Léninede subsumer le caractèreactif,cognitif
et subjectifde la dialectiquesous unelégaliténaturelle du mouvement objectif,
sous une objectivitéen soi, interprétation objectwistequi trahiraitla première
ThèsesurFeuerbach. Pour Lénine,il s'agitde retrouver un concretdéjà donné;
origineet résultatdes conceptsdemeurent en dehorsde l'homme.La théorie
matérialiste du refletse fondesurle mouvement dialectiquede la matièreindé-
pendantdu sujet.SelonSchäfer, cettethéorie, gênéepourcomprendre Jarelation
dialectiquede la pratiqueà la connaissance, est aujourd'huiacculéeà intégrer
des donnéesinformatiques, cybernétiques et neuro-cybernétiques. Les règles
cybernétiques constituent aussiunebase épistémologique de la sociologiematé-
rialistehistorique.A Pencontred'Engels et de Lénine,l'auteurn'acceptela
dialectiqueque pourla sociétéet la refusepourla nature.Il estimerevenirà
Marxen insistant surla relationactivesujet/objet.La praxisest fondamentale
pourla connaissance : Schäferreprend là la luttede Marx,d'Engelset de Lénine,
notamment contreempirisme et idéalisme,et il réfuteles auteursallemands
qui tirentMarx versle positivisme ou versl'économisme.
Jean-MarcGabaude

Sprache, Sozietät und Geschichtebei Franz yon Baader, par Stefan Schmitz,
DisputationesTheologicaeI. PeterLang, Frankfurt am Main,HerbertLang,
Bern,1975,185 p.
Le seul faitde la parutiond'un ouvrageconsacréà la penséede Baader est
un événement à saluermaisla thèsede StefanSchmitza d'autresméritesaussi
que celui d'exister.Il s'agit d'une étudesérieuseet serréede troisthèmes: le
langage,la sociétéet l'histoiredontle premierdomineet détermine les deux
autres.Ce sontdes notionscentrales « Anti-
de la réflexion Aufklärung» du grand
penseurbavarois,notionschèresà l'espritpositifdu romantisme maisSchmitz
ne succombepas à la tentationfacilede se cantonner au niveaud'unedescrip-
» de Tordrede la Weltanschauung,
tion« existentielle il nousprésenteplutôtune
déductiondu langage,une déductiontranscendantale en bonneet due forme.

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Reçue de Métaphysiqueet de Morale

Contrela philosophiedes Lumières, maisaussien marquantses distancespar


rapportau criticisme
de Kant,Baaderconçoitl'entendement commesolidement
ancrédansles rapportshistoriques etlibresentreles individuset croitque la clef
surl'activitéde la penséese trouvedansl'analysedu langage.
de touteréflexion
Le langagen'estpas seulement l'enveloppeextérieure ou un simpleproduitde
la penséemais plutôtla seule manièreoù la penséepeut s'accomplir.« Seul
l'amour parle » - écritBaader dans ses Eclaircissements
sur les œuvresde Saint-
Martin- et cecisignifie que les parolesqu'on profère ne ponctuent pas simple-
mentle déroulement mécaniquedes processusmentaux,qu'elles ne sont pas
seulementle fruitd'une spontanéitéde la raisonthéoriquemais qu'ellesjail-
lissentcommeautantd'acteslibresdu cœurmêmede la personne.Le langage
est constitutif de la consciencede soi et il exprimeou plutôtil accomplitun
rapportlibreentresoi-mêmeet soi-mêmepour mettre« ensuite» en relation
le moià autrui,ma consciencede soi à une autre.La parole,œuvrelibre,est
toujoursunplusque l'espritajoutedu sienà soi-même et à son monde.Les mots
nesontpas de simplestraductions ou des décalquesextérieurs de la choseensoi
cachée des êtresmatérielsmais grâce à leur usage conventionnel-inventeur
l'espritréarrange les chosesdans un nouvelordre.L'usage conventionnel ou
« hyéroglyphique » des motstraduitet accomplitune doubleliberté.En les
nommant, on détacheles chosesde leursituationfixéedansl'espaceetle temps.
Grâceà la puissanceefficace de la parole,les chosescessentd'êtredes portions
figéesde l'universmatérielpours'inscriredans un systèmemobilede forces
spirituelles (pp. 119 sq.). Or cettelibérationdes chosesde leurfixation spatio-
temporelle n'est que le préludeet le moyend'une libérationde la conscience
de son « lieu » naturel,de sonipséitérenfermée. Disposantlibrement des choses
détachéesde leur contextematériel,immémorial, la consciencede soi peut
s'offriravec liberté,peutse présenter librement à une autreconsciencede soi.
« On entendparlangage- écritBaader- cettefacultéd'uneintelligence (d'un
esprit)au moyende laquelleelle est en mesurede faireparticiperune autre
intelligence à sa consciencede soi ».
Lecteurde Saint-Martin, le philosopheinconnu,Baader aime le citer: « la
nature,c'est le silence» - pourpouvoirensuiteexpliquer,à son tour,que la
société,c'estle langage.Natureetsociétése distinguent enfonction desrapports
qui en relientles éléments- rapportslibresentreles humains,rapportspour
ainsidiremécaniqueset aveuglesentreles choses.Les existantsinfra-humains
- expliqueBaader - « ne peuventpas se différencier sans repousser...l'un
l'autreet ne peuvents'ouvrirl'un devantl'autresans que,se confondant mutel-
lement,ils s'annihilent dansleuripséité». Or grâceà l'usagede la parole,grâce
à l'exercicedu langage,cetécueilest évité.On arriveplutôtaux rapportsinter-
humainsoù « deux êtresse différencient l'un de l'autre,sontl'un en dehorsde
l'autredansla mesuremêmeoù, grâceà un troisième, qui leurest extérieur à
tous les deux,ils se trouventmaintenusl'un par l'autre». Ce troisièmepar
lequelles deuxsontainsimaintenus en unionetenséparationestévidemment le
langage(p. 126).
Le langageest doncunenouvelleversionde lienlibreet intelligible qui estle
thèmecentralde l'idéalismeallemand.Partantdu jugementsynthétiquea
prioride Kant, passantpar le Band chez Schellinget le Geisten Hegel,on
aboutitau Sprachede Baader.Notionpurement philosophique encoredans la
Critique, le lienrévèleuneimmensepotentialité de signification religieusechez
les post-kantiens. Il estétudiéparSchmitzenvue d'unecontribution à la discus-
sion contemporaine surl'herméneutique en philosophie et en théologie(p. 12)
et ce n'estqu'à la dernière pagede l'ouvragequ'ontrouvela phrasebaadérienne
qui nous semblepourtantêtre à l'originede cette dissertation de théologie
catholique: « ... le principede la religionchrétienne... dérivede la puissance
associantedu Logos (commeprincipedu langage)...». Le Logos est la clefde
ces relationsintelligibles et libresque le Christianisme révèleet instaureentre
les esprits.
L'étude rigoureuseet systématiquedu langage commeprolégomène à la
doctrinechrétienne du Logos est doncle thèmedirecteur, le thèmecentralde
cet ouvragequi n'estpas pourtantsans richessedansles détails.Nous pensons

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Notes critiques

plusparticulièrement à la déduction de la conscience de soi à traversles concepts


compliquéset ardusdu Grundet à' Ursache.De mêmeà l'interprétation de la
théoriebaaderiennede la croyance commefacteuressentielde toutecommuni-
cationet en vertuduquelles rapportsnoétiquesde compréhension et de véri-
fication se constituent eo ipsocommerelationslibreset interpersonnelles. Il y
a égalementd'intéressants excursuspour comparerBaader à, Descarteset à
J.L. Austinet l'on rencontre un effort constantde ponctuerl'exposédes thèses
baaderiennesavec des références à Hegel. Par contre,l'auteurne rendguère
justiceà Fichte.Il renvoiede tempsen tempsau philosophedu moipourlui
reprocher d'avoiridentifié le non-moià l'inanimé,au passif,à l'opaque, mais
il ignoretout à faitle Fichtedu DroitNaturel,celui qui a ^déduitautrui et
l'intersubjectivité bienavantque ne le ferontHegelet Baader! Schmitzessaye
de tenircomptede la maigreet confuselittérature secondaire« spéculative»
surBaader,des livresde Sauter,de Spreckelmeyer et de Hämmerlemaisil ne
mentionne pas l'étuderichement documentée de D. Baumgardt surBaaderet la
romantiqueni les articlesde T. Steinbüchel, consacréspourtantà la critique
baaderiennede Descartes.Et surtoutil passe sous silencel'immenseœuvre,
les six volumesqu'E. Susinia consacrésjusqu'alorsà Franzvon Baader. Qu'il
noussoit aussi permisd'exprimer l'opinionque cet ouvrageaurait gagnéen
« efficacité» s'il étaitd'unelecturemoinsardue.Sans douteS. Schmitzne fait
que de se conformer aux us et coutumes de la proseacadémiqueallemandemais
n'aurait-ilpas mieuxvalu faciliter la compréhension des difficiles et obscures
idéesbaaderiennes par un exposéquelquepeu moinsabstrait?
Pour conclure: travailsérieuxet solide,le livrede S. Schmitzreprésente
une contribution utile à un chapitrenégligéde l'histoirede la philosophie
allemande.Étude approfondie et pénétranted'un des thèmescentrauxde
la philosophie baaderienne, il ne faitpas moinsressortir l'absenced'uneinter-
prétation globalede celuique Thierschappelaitdans son temps« un Schelling
délirant» 1
Miklos Veto

Voyage au centredu monde. Essai de philosophiepolitique,par Jacques


Rolland de Renéville, Paris,Anthropos, 1975,22 x 14 cm,413 p.
L'auteur,dontnous avionsappréciéhautement l'essai de philosophie
géné-
rale, paru en 1972 sous le titreAventures de Vabsolu(Éd. M. Nijhofï),veut
présentement, dans un essai de philosophiepolitique,rechercher, après tant
d'autres,la cause de l'inégalitéqui règneparmiles hommes.Depuisles révoltes
d'esclavesde l'Antiquitéjusqu'aux révolutions prolétariennes de notretemps,
la cause est certesd'importance, mais quelle réponse? La notioncorollaire
à' aliénation
complète le tableauet permetà la dialectiquede réussirunebrillante
synthèsequ'il est tentantde nommerRévolution,ou Progrès,ou Histoire.
L'auteurcependantpose de trèspertinentes questions,aussi troublantesque
la première, et s'y rattachant, puisquec'estla naturequi est en œuvre,et aux-
quellesnul n'a pu décemment répondre: le problèmedes racessupérieures et
inférieuressurle plantechnique, le problèmede la civilisation,celuidu progrès
et du sens de l'histoire,celui enfinde la culturedontnousn'avonspas finide
rêver.Tous ces problèmessont-ilsliés ou donnésglobalement dans un certain
coup d'envoicommeéchantillon élémentaire de la société? L'auteurconstate
« un universelrelativismedes cultures», qui masque l'essentiel,à savoir :
« la subjectivitéqui est la seule véritableobjectivitéparce qu'elle est seule
constituante». Ainsi,nousatteignons le cœurde la questionen remarquant que
« le relativisme n'est que la caricaturede la véritablerelativité». L'Invariant
absolufondel'hommeet le processusd'hominisation. L'hommes'affirme libre
parson travailen maîtrisant la nature.A notreavis,l'auteura tortd'identifier
cet invariantabsoluau zéroabsolu,car le zéroen lui-même restezéro.Maissi
certainshommesse hissentet d'autresstagnent,établissantune hiérarchie au
moinsformelle, ici l'auteurse réfèreà Husserl,Vesquissetrèsprovisoire ainsi
avancéeest-elleuneréponseà l'angoissedes retardés, mêmesi l'on faitappelau
sensque se taillentles collectivités ? Ne sommes-nous pas au rouet? De ce fait,

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