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GUIDE DES

THÉRAPIES ALTERNATIVES
Guide des
Thérapies alternatives
Principes, efficacité
et risques

Avec la collaboration de
Krista Federspiel etVera Herbst
Pourquoi
un tel guide?

' Pourquoi un tel guide ?


La tendance est claire et de plus en plus m a r q u é e : le
public se tourne de plus en plus vers les t h é r a p i es na-
turelles et la m é d e c i n e alternative.
Les raisons sont certes d i f f é r e n t e s et m ê m e très dif-
férenciées d'une personne à l'autre, mais une motiva-
tion revient sans cesse : le souhait d ' é t a b l i r une autre
relation avec son m é d e c i n , de b é n é f i c i er d'une é c o u t e
plus personnalisée et d'avoir face à soi un spécialiste
prêt à dialoguer. S'ajoutent à cela un scepticisme crois-
sant par rapport à l'invasion technologique et à la spé -
cialisation de la m é d e c i n e , ainsi qu'une crainte quant
aux effets secondaires des m é d i c a m e n t s .
Des é t u d e s m e n é e s r é c e m m e n t en Allemagne, ber-
ceau e u r o p é e n de "l'autre" m é d e c i n e , indiquent que
près de 90 % de la population pensent que les m é -
thodes de soins alternatives sont un c o m p l é m e n t utile
et plus de 50 % sont d'avis que de telles m é t h o d e s
sont souvent meilleures pour porter r e m è d e à de nom-
breuses maladies.
En Allemagne, les caisses d'assurance maladie sui-
vent é g a l e m e n t la tendance puisque, pour des raisons
de concurrence, elles reprennent de plus en plus de m é -
decines alternatives dans la liste de leurs prestations.
Cependant, dans notre pays, bon nombre de m é t h o d e s
alternatives ne sont pas remboursées par les m u t u a l i t é s
et les compagnies d'assurances lorsque la preuve de leur
efficacité n'a pas encore été faite. Pour les patients, cela
signifie souvent qu'ils doivent payer de leur poche s'ils
souhaitent suivre un traitement qui sort de la norme. Et
bon nombre de patients ne se rendent compte avec ef-
froi des frais encourus dans ce genre de traitement que
longtemps après le d é b u t du traitement.

6
Pourquoi
un tel guide?

M ê m e les patients bien i n f o r m é s ne savent, dans la Le besoin croissant d'information et d'aide à l'orienta-
plupart des cas, que peu de choses sur les fonde- tion a donc m o t i v é la r é d a c t i o n de ce guide pratique,
ments, les risques et les effets secondaires des m é d e - qui a pour but de donner aux personnes intéressées
cines dites douces. La raison en est simple : les promo- une série de critères qui leur permettent de d é c i d er si
teurs de ces m é t h o d e s ne vont é v i d e m m e n t pas insis- elles souhaitent oui ou non suivre un traitement "dif-
ter sur leurs aspects p r o b l é m a t i q u e s . Et ce qui, de f é r e n t " . Quel est le rapport c o û t - s e r v i c e des m é d e -
prime abord, porte l ' é t i q u e t t e "naturel" est rarement cines naturelles et des t h é r a p i e s alternatives ? Quelles
remis en doute. Pourtant, quiconque se demande ce sont les m é t h o d e s qui promettent de l'aide et fonc-
qui justifie la confiance placée dans ces m é d e c i n e s al- tionnent vraiment ? A quels frais doit-on s'attendre ?
ternatives, attendra souvent en vain une r é p o n s e satis- Et le plus important : à quel praticien peut-on s'en re-
faisante. Une personne sur deux ayant testé "l'alterna- mettre ?
tif" est g é n é r a l e m e n t d é ç u e . Ce guide pratique est un c o n d e n s é de toutes les
Pour le consommateur, le boom du bio, du naturel, m é t h o d e s naturelles de soins et de toutes les t h é r a p i e s
de l'alternatif et de l ' é s o t é r i q u e a ses avantages et ses alternatives connues à ce jour; il se veut donc être une
i n c o n v é n i e n t s . L'offre en m é t h o d e s , produits et appa- r é p o n s e aux questions pressantes des personnes qui
reils de soins croît sans cesse et est de moins en moins souhaitent faire confiance à ce genre de m é d e c i n e s .
transparente. C o n f o r m é m e n t à la t â c h e que Test-Achats s'est as-
Parmi celles-ci figurent quelques nouvelles créa- signée, ce guide pratique soumet toutes les m é t h o d e s
tions comme des appareils assistés par ordinateur ou la t h é r a p e u t i q u e s alternatives à des critères stricts et se
m é d i t a t i o n mystique venue d'Extrême-Orient , mais aussi fonde sur les connaissances médicale s les plus ac-
des m é t h o d e s de traitement depuis longtemps oubliées tuelles. Les conflits scientifiques ne peuvent é v i d e m -
et m ê m e considérées avec mépris telles que l'urinothéra- ment pas être réglés dans ce cadre. Cependant, si des
pie, qui jouissent d'une véritable renaissance. preuves scientifiques claires manquent pour prouver
Manque é g a l e m e n t de transparence la qualification qu'une "nouvelle" m é t h o d e t h é r a p e u t i q u e est - dit-
des personnes qui offrent et pratiquent ces médecines al- on - efficace ou s'il y a des é l é m e n t s qui donnent à
ternatives. Les patients ont le choix entre des médecins penser que son utilisation n'est pas d é p o u r v u e de
ayant suivi formations et recyclages en profondeur, qui risques, nous ne pouvons pas la recommander sans r é -
" tentent le coup " pour être à la mode, des naturopathes, serves.
des personnes issues d'autres professions du secteur de la Cette attitude critique et c o h é r e n t e suscitera peut-
santé ayant suivi une formation c o m p l é m e n t a i r e solide être des critiques de la part de certains t h é r a p e u t e s .
ou parfois douteuse, des guérisseurs autoproclamés ou Pourtant, les effets secondaires et les dangers de cer-
encore de purs charlatans. La plaque sur la porte du cabi- taines m é t h o d e s ne peuvent en aucun cas être tus. Et
net reste très laconique sur le type d'activités pour les- toute personne qui promet la g u é r i s o n est mise au d é f i
quelles la personne est véritablement qualifiée. et doit faire la preuve de son h o n n ê t e t é .

7
Sommaire

Sommaire

11 Les thérapies de A à Z 60 La s a i g n é e
14 La méthode 61 Le traitement par sangsues
62 Les ventouses
63 La t h é r a p i e de Baunscheidt
64 L ' e m p l â t r e de cantharidine et la fontanelle
16 Prendre sa santé en main 66 La photothérapie
68 Les massages classiques
17 La médecine empirique 71 Le drainage lymphatique
19 Le changement d'étiquette 71 Le massage sous l'eau par jets à haute pression
20 L'effet placebo 72 Les massages de zone réflexe
21 La contrôlabilité 72 Le massage du tissu conjonctif
21 La médecine holistique 72 Le massage de zone réflexe musculaire
22 La consommation et la croyance dans les appareils 72 Le massage du périost e
23 Le développement des médicaments 73 Le massage du c ô l o n
24 Les thérapeutes et leur formation 74 La médecine manuelle (ostéopathie, chiropraxie)
26 L'expérimentation sur l'homme 76 La thérapie du mouvement
82 L'alimentation
83 La d i é t é t i q u e qualitative
86 L'alimentation selon Kollath
28 Principes de base 86 Le r é g i m e de Bircher-Benner
des thérapies 87 Le r é g i m e de Schnitzer
88 Le r é g i m e de Bruker
30 La stimulothérapie ou thérapie de régulation 89 Le v é g é t a r i s m e
33 L'immunomodulation 90 Le r é g i m e dissocié de Hay
37 La thérapie de l'ordre 91 La macrobiotique
92 Le j e û n e
95 La cure de Mayr
96 La cure de Schroth
40 Méthodes thérapeutiques 97 L'alimentation instinctive
classiques 98 Les o l i g o é l é m e n t s
100 Les "modes" dans l'alimentation
42 Les thérapies du chaud et du froid 100 La gelée royale
44 Le sauna et le bain de vapeur 100 Le miel
47 La t h é r a p i e de Kneipp 100 Le komboucha
51 Les applications d'eau 101 La propolis
57 Les enveloppements et les compresses 101 LeQlO
59 Les processus révulsifs 102 Le lait de jument

8
Sommaire

102 L'eau minérale et médicinale 158 Le moxa (moxibustion)


103 Les plantes médicinales (phytothérapie) 159 L'acupression et le shiatsu
113 Maria Trebern 160 Le qigong
114 Les produits "à la mode" 161 L'ayurveda
114 L'éleuthérocoque 167 Le yoga
114 Le ginseng 169 Les cinq t i b é t a i n s
115 L'ail
115 L'huile d ' œ n o t h è r e
116 L'huile de l'arbre à t h é
117 Les immunostimulants d'origine végétale 170 Systèmes médicaux alternatifs
118 L'arbre de vie (thuya)
119 Le gui 172 La médecine anthroposophique
120 L'échinacée 175 L'art-thérapie
121 Les techniques de relaxation et de méditation 176 L'homéopathie
123 Le training a u t o g è n e
123 La relaxation selon Jacobson
123 Le biofeedback
124 L'eutonie 182 Méthodes thérapeutiques
124 La relaxation fonctionnelle selon Fuchs non conventionnelles
125 La t h é r a p i e du nnouvement concentratif
125 La m é d i t a t i o n 184 L'aromathérapie
125 Les mindmachines 187 Le traitement de l'aura et le massage magnétique
128 La thérapie respiratoire 189 L'auriculothérapie
132 L'hypnothérapie 190 Les remèdes autologues
134 La musicothérapie 194 La thérapie florale de Bach
136 La biodanse 197 La biochimie selon Schùssier
138 Les cures 199 La thérapie de la chélation
200 L'hydrothérapie du côlon
202 La thérapie cranio-sacrée
203 La lithothérapie
44 Systèmes médicaux étrangers 206 L'auto-hémothérapie
207 Le traitement par urine autologue
146 L'ethnomédecine 210 L'enzymothérapie
148 La médecine traditionnelle chinoise 212 La chromothérapie
150 La m é d e c i n e japonaise Kampo 215 La m é t h o de Feldenkrais
150 La m é d e c i n e traditionnelle t i b é t a i n e 217 La réflexologie plantaire
153 L'acupuncture 218 La méthode Grinberg

9
Sommaire

220 La médecine de Hildegard 270 Systèmes diagnostiques


221 L'homotoxicologie et thérapeutiques
224 Le traitement au dioxyde de carbone non conventionnels
225 La laserthérapie
227 La magnétothérapie 272 Introduction au diagnostic alternatif
229 La thérapie microbiologique 274 La kinésiologie appliquée, la kinesthétique
232 La thérapie neurale selon Huneke éducationnelle, le Touch for Health
235 Les nosodes 277 La bioélectronique
238 L'organothérapie 277 La thérapie par biorésonance, multirésonance, Mora
239 Le traitement par cellules fraîches et Multicom
241 La t h é r a p i e de Theurer 281 L'électroacupuncture selon Voll (EAV)
242 La t h é r a p i e à base de thymus 284 Le test électrocutané et le test électrofocal
243 La cure de Wiedeman 284 Le diagnostic et la thérapie électroneuraux
244 La médecine orthomoléculaire 285 L'analyse minérale des cheveux
248 Le massage pétéchial par succion et la thérapie de 287 L'iridologie
régénération matricielle 288 Le diagnostic des pupilles
250 Le reiki 288 La photographie de Kirlian
251 Le rolfing 290 L'écologie clinique
252 Les oxygénothérapies 293 Le pendule
253 La t h é r a p i e d'oxydation h é m a t o g è n e (HOT/UVB, 294 Le diagnostic par thermorégulation
dialyse sanguine) 295 La rhabdomancie, la radiesthésie, la géopathie
255 Le traitement par perfusion d ' o x y g è n e 298 Le diagnostic de la langue, de la main, du pied et
256 L'ozonothérapie de l'oreille
258 La t h é r a p i e d'inhalation d'ions o x y g è n e
259 L ' o x y g é n o t h é r a p i e en é t a p es
262 L'entraînement oculaire
265 La spagyrique 300 Thérapies anticancéreuses
267 L'électrostimulation nerveuse transcutanée (TENS)

302 A propos de prévention, de dépistage et de


nouvelles voies
309 Diagnostic non conventionnel du cancer
311 Régimes et directives alimentaires

314 Index

10
Les thérapies
deAàZ

Les thérapies de A à Z

D
Diagnostic de la langue, de la main, 298
Acupression 159 du pied et de l'oreille
Acupuncture 153 Diagnostic des pupilles 288
Ail 115 Diagnostic électroneural 284
Alimentation 82 Diagnostic par thermorégulation 294
Alimentation instinctive 97 Dialyse sanguine 253
Alimentation selon Kollath 86 Diététique qualitative 83
Analyse minérale des cheveux 285 Dioxyde de carbone (traitement au) 224
Anthroposophie 172 Drainage lymphatique 71
Applications d'eau 51
Arbre de vie 118
Aromathérapie 184 E
175 Eau minérale et médicinale 102
Art-thérapie
187 EAV 281
Aura (traitement de I')
189 Echinacée 120
Auriculothérapie
205 Ecologie clinique 290
Auto-hémothérapie
161 Electroacupuncture selon Voll 281
Ayurveda
Electrostimulation nerveuse transcutanée 267
Eleuthérocoque 114
B Elixirs floraux de Bach 194
Bach (thérapie florale de) 194 Emplâtre de cantharidine 64
Bain de vapeur 44 Entraînement oculaire 262
Baunscheidt (thérapie de) 63 Enveloppements • 57
Biochimie selon SchiJssIer 197 Enzymothérapie 210
Biodanse 136 Ethnomédecine 146
Bioélectronique 277 Eutonie 124
Biofeedback 123
Biorésonance 277

Feldenkrais (méthode) 215


Fontanelle 64
Cellules fraîches (traitement par) 239
Chaud et froid (thérapie du) 42
Chélation (thérapie de la) 199
74 Gelée royale 100
Chiropraxie
212 Géopathie 295
Chromothérapie
169 Ginseng 114
Cinq tibétains
57 Grinberg (méthode) 218
Compresses
95 Gui 119
Cure de Mayr
Cure de Schroth 96
Cure de Wiedeman 243
H
Cures 138
Hildegard (médecine de) 220

11
Les thérapies
deAà Z

Homéopathie 176 Médecine anthroposophique 172


Homotoxicologie 221 Médecine de Hildegard 220
HOT/UVB 253 Médecine manuelle 74
Huile de l'arbre à thé 116 Médecine orthomoléculaire 244
Huile d'œnothère 115 Médecine traditionnelle chinoise 148
Hydrothérapie du côlon 200 Méditation 125
Hypnothérapie 132 Miel 100
Mindmachines 125
Modes dans l'alimentation 100
I Mora 277
Immunomodulation 33 Mouvement (thérapie du) 76
Immunostimulants d'origine végétale 117 Mouvement concentratif (thérapie du) 125
Inhalation d'ions oxygène (thérapie d') 258 Moxa (moxibustion) 158
Iridologie 287 Multicom 277
Multirésonance 277
Musicothérapie 134

JelJne 92
N
Nosodes 235
Kinésiologie appliquée 274
Kinesthétique éducationnelle 274 0
Kirlian (photographie) 288 Oligoéléments 98
Kneipp (thérapie de) 47 Ordre (thérapie de 1') 37
Komboucha 100 Organothérapie 238
Ostéopathie 74
Oxydation hématogène (thérapie d') 253
Oxygénothérapie en étapes 259
Lait de jument 102
Oxygénothérapies 252
Laserthérapie 225
Ozonothérapie 256
Lithothérapie 203

M
Pendule 293
Macrobiotique 91
Perfusion d'oxygène (traitement par) 255
Magnétothérapie 227
Photographie de Kirlian 288
Maria Treben 113
Massage de zone réflexe musculaire 72 Photothérapie 66
Massage du côlon 73 Phytothérapie 103
Plantes médicinales 103
Massage du périoste 72
Processus révulsifs 59
Massage du tissu conjonctif 72
Produits "à la mode" 114
Massage magnétique 187
Propolis 101
Massage pétéchial par succion 248
Massage sous l'eau par jets à haute pression 71
Massages classiques 68
Massages de zone réflexe 72 010 101

12
Les thérapies
deAàZ

Qigong 160
TENS 267
Test électrocutané 284
R
Test électrofocal 284
Radiesthésie 295
Thérapie cranio-sacrée 202
Réflexologie plantaire 217
Thérapie électroneurale 284
Régénération matricielle (thérapie de) 248
Thérapie microbiologique 229
Régime de Bircher-Benner 86
Thérapie neurale selon Huneke 232
Régime de Bruker 88
Thérapie respiratoire 128
Régime de Schnitzer 87
Theurer (thérapie de) 241
Régime dissocié de Hay 90
Thuya 118
Régulation (thérapie de) 30
Thymus (thérapie à base de) 242
Reiki 250
Touch for Health 274
Relaxation 121
Training autogène 123
Relaxation fonctionnelle selon Fuchs 124
Relaxation selon Jacobson 123
Remèdes autologues 190 u
Rhabdomancie 295 Urine autologue (traitement par) 207
Rolfing 251

Végétarisme 89
Saignée 60 Ventouses 62
Sangsues (traitement par) 61
Sauna 44
Shiatsu 159
Spagyrique 265 Yoga 167
Stimulothérapie 30

13
La méthode
Ce guide s'est fixé pour objectif de p r é s e n t e r tous les
faits et opinions qui portent sur le sens, l'efficacité et
les risques des m é d e c i n e s naturelles. Selon les possibi-
lités, il reprend le large spectre des d é f e n s e u r s et des
d é t r a c t e u r s de ces m é t h o d e s .
Le nombre des m é t h o d e s t h é r a p e u t i q u e s propo-
sées sous l'appellation " m é d e c i n e s naturelles" est par-
t i c u l i è r e m e n t élevé. Certaines ont leurs racines dans
des pays comme l'Allemagne ou l'Autriche mais ont
largement dépassé leurs f r o n t i è r e s , tandis que d'autres
se limitent plus au plan r é g i o n a l . Certains procédé s se
fondent sur des traditions venues d ' E x t r ê m e - O r i e n t ,
d'autres sont originaires des États-Unis. Nous avons
choisi de p r é s e n t e r des m é t h o d e s qui se sont fait un
nom et dont l'application est connue.
Sont ici décrites comme m é t h o d e s t h é r a p e u t i q u e s
classiques celles qui utilisent des moyens naturels, qui
ont fait leurs preuves depuis longtemps et dont l'effi-
cacité est p r o u v é e . Elles sont reconnues par les
sciences naturelles médicales. Étant d o n n é que les
cures réunissen t tous les principes et m é t h o d e s des
m é d e c i n e s naturelles, elles se trouvent à la fin du cha-
pitre c o n c e r n é .
Un chapitre séparé p r é s e n t e les systèmes m é d i c a u x
é t r a n g e r s , qui se distinguent de notre tradition m é d i -
cale par leur bagage culturel et par la pensée religieuse
qui les sous-tend.
Pour ce qui est des systèmes m é d i c a u x alternatifs,
nous d é c r i v o n s des concepts complets qui se sont im-
posés comme des m é t h o d e s i n d é p e n d a n t e s et sont re-
connus comme orientations t h é r a p e u t i q u e s spéci-
fiques.
Sont classées comme "non conventionnelles" les
m é t h o d e s t h é r a p e u t i q u e s qui ne sont pas (encore) ou
plus reconnues par le monde scientifique. Le fait qu'il
soit fait é t a t de réussites t h é r a p e u t i q u e s g r â c e à l'em-
ploi de ces m é t h o d e s ne suffit pas pour en faire des
techniques c o m m u n é m e n t a c c e p t é e s . Une m é t h o d e
ne pourra être c o n s i d é r é e comme ayant fait ses
preuves que si son e f f i c a c i t é est clairement a v é r é e.
La méthode

En m é d e c i n e , une technique n'est g é n é r a l e m e n t ad- Ne sont pas à conseiller les p r o c é d é s t h é r a p e u t i q u e s :


mise que lorsqu'elle a é t é c o u r o n n é e d'un franc succès • qui n'ont pas d'effet probant;
chez un nombre suffisamment important de patients • dont l'influence s p é c i f i q u e sur la pathologie n'est
et que ce résultat peut être reproduit dans deux autres pas suffisamment d o c u m e n t é e ;
études indépendantes. • dont le concept de base est manifestement e r r o n é ;
Pour le volet "non conventionnel", il faut aussi te- • dont l'emploi n ' e n t r a î n e aucun avantage ou est lié
nir compte de la possibilité ou de l'impossibilité d'ex- à des effets secondaires importants.
pliquer avec certitude pourquoi la m é t h o d e fonctionne L'utilisation de ce genre de m é t h o d e s est unique-
de cette m a n i è r e , de la base sur laquelle elle a été choi- ment j u s t i f i ée lorsqu'il n'y a aucun autre traitement ef-
sie et f o n d é e et du fait qu'elle entre ou non en conflit ficace possible.
avec des lois naturelles avérées ou des expériences m é - Sont à cJéconseiller les m é t h o d e s
dicales c o m m u n é m e n t reconnues. • qui sont quasiment ou totalement sans effet b é n é '
Les traitements non conventionnels peuvent être fique et dont les risques ne peuvent être évalués;
vieux comme le monde ou être des " d é c o u v e r t e s " r é - • qui sont liées à un facteur de risque bien trop élevé.
centes. Les p r o c é d é s ont é t é évalués en fonction des
Ce guide pratique reprend dans un groupe à part les normes médicales et scientifiques actuellement en vi-
m é t h o d e s non conventionnelles qui peuvent être utili- gueur. Par c o n s é q u e n t , des rapports de réussite anec-
sées à des fins diagnostiques. Nombre d'entre elles ser- dotiques ne suffisent pas pour attester de l'efficacité
vent d'ailleurs é g a l e m e n t de m é t h o d e s t h é r a p e u t i q u e s . d'une m é t h o d e . En effet, des succès isolés n'excluent
Nombre de t h é r a p i e s sont représentées par des as- pas que le lien p n v i l é g ié entre t h é r a p e u t e et patient
sociations et des instituts. Nous ne mentionnons ce- puisse avoir fait naître "l'effet curatif". Des t h é r a -
pendant aucune adresse de t h é r a p e u t e , d'association, peutes convaincus sont en mesure de soutenir la
de fabricant d'appareils ou de producteurs de m é d i c a - confiance du patient et, dans bien des cas, de renfor-
ments et ce, faute de pouvoir donner des garanties cer ainsi sa c a p a c i t é à l ' a u t o - g u é r i s o n d'une m a n i è r e
suffisantes quant au sérieux de leur offre. telle que le choix de la m é t h o d e ne joue plus aucun
Les conseils sont f o r m u l é s i n d é p e n d a m m e n t du rôle.
fait que la personne qui applique le traitement ou le Ont servi de sources à cet ouvrage, les publications
procédé : des prestataires de ce genre de soins, la l i t t é r a t u re dis-
• soit convaincue de son efficacité ou ponible et - dans la mesure du possible - les d é b a t s
• utilise un placebo en connaissance de cause, pour scientifiques posés par ces produits. Une é q u i p e de
renforcer la confiance du patient et, partant, soutenir conseillers couvrant un large éventail de disciplines
les capacités d ' a u t o d é f e n s e du corps. spécialisées a c o n t r i b u é à la recherche et au choix de
Sont à conseiller les m é t h o d e s t h é r a p e u t i q u e s uti- sources scientifiques sérieuses dans la l i t t é r a t u r e , ainsi
lisant des moyens naturels qui ont fait leurs preuves et q u ' à l ' é v a l u a t i on et à la formulation du texte.
dont les effets secondaires sont minimes.
Par ailleurs, il existe des traitements pour lesquels il
a é t é p r o u v é qu'ils peuvent g u é r i r certaines maladies
ou soulager certains s y m p t ô m e s . Le cas é c h é a n t , leur
utilité doit surpasser le risque encouru par leur utilisa-
tion.

15
Prendre sa santé en main

16
Prendre
sa santé
en main

17
Prendre
sa santé
en main

La nature guérit . De nombreuses maladies apparaissent La m é d e c i n e empirique


et disparaissent d ' e l l e s - m ê m e s et ce sont leurs propres
La m é d e c i n e f o n d é e sur les sciences naturelles et les
forces d ' a u t o - g u é r i s o n qui permettent à certaines per-
m é d e c i n e s naturelles ont les m ê m e s racines : la v o l o n t é
sonnes malades de recouvrer la santé. Quoi qu'il en
de guérir, l'expérience que certaines m é t h o d e s peuvent
soit, le t h é r a p e u t e peut donner un petit coup de pouce.
être c o u r o n n é e s de succès et le désir de r é s o u d r e
Prendre sa s a n t é en main est le but de toutes les
l ' é n i g m e de la santé et de la maladie. Au 19e siècle, la
" m é d e c i n e s naturelles". Elles soutiennent l'organisme
m é d e c i n e f o n d é e sur les sciences naturelles s'est impo-
et l'activent, si les organes ne fonctionnent pas
sée : depuis lors, une m é t h o d e de soin est j u g é e effi-
comme il se doit et si les biorythmes du corps ne tour-
cace lorsque sa réussite n'est pas un cas isolé, mais un
nent plus parfaitement rond.
p h é n o m è n e vérif iable et reproductible. Pour réaliser ces
Les m é d e c i n e s naturelles utilisent des moyens natu-
tests, des normes internationales sont aujourd'hui en
rels, ont recours à des mesures physiques et d i é t é t i q u e s
vigueur et sont reconnues par tous les systèmes m é d i -
et renoncent aux m é d i c a t i o n s d'origine s y n t h é t i q u e .
caux occidentaux f o n d é s sur les sciences naturelles.
Les m é t h o d e s t h é r a p e u t i q u e s naturelles font sortir l'or-
Tout ceci relègue dans la m a r g i n a l i t é les t h é r a p e u t e s
ganisme de ses réserves, l'entraînen t et le renforcent
qui ne font confiance qu'aux seuls résultats empiriques.
(voir principes de base des t h é r a p i es p. 28).
Cependant, le patient aussi doit contribuer à sa guéri- Au siècle dernier, deux écoles se sont peu à peu déve-
son : il doit attendre patiemment jusqu'à ce que son corps loppées aux antipodes l'une de l'autre, l'opposition tour-
ait c h a n g é et se discipliner afin de suivre régulièrement le nant depuis 1880 autour du terme " m é d e c i n e acadé-
traitement. C'est uniquement par ce biais que le patient mique". Pourtant, au cours des dernières décennies, les
est en mesure d'activer ses capacités d ' a u t o - g u é r i s o n. deux courants m é d i c a u x se sont peu à peu rapprochés.

Un tel traitement suppose que le thérapeute Parallèlement à la r é v o l u t i o n industrielle, certaines


connaisse parfaitement bien son patient, le soutienne tendances sont nées et ont c o m m e n c é à promouvoir
et l'aide à se retrouver. un mode de vie sain et naturel. En temps de crise, ces
tendances plus "nature" ont s y s t é m a t i q u e m e n t connu
un essor c o n s i d é r a b l e .
La situation est comparable aujourd'hui : la croyance
/ / Q/ ) h dans le p r o g r è s est é b r a n l é e , une prise de conscience

18
Le changement
d étiquette

pour l'environnement et une certaine nostalgie de la semaines de traitement au centre, 91 % des patients
nature se d é v e l o p p e n t peu à peu pour contrer le carac- ont dit se sentir mieux. L'efficacité du traitement a g é -
tère autodestructeur de la civilisation technique. n é r a l e m e n t correspondu au taux de réussite attendu
Il est vrai que certaines maladies, blessures ou infec- par le patient.
tions aiguës ne sont plus aussi redoutables qu'aupara-
vant grâce à l'art de la m é d e c i n e ; pourtant, de plus en
plus de gens souffrent de troubles du b i e n - ê t re et de
pathologies chroniques : c'est la réponse de l'orga-
nisme aux pollutions que sont le bruit, les mauvaises
odeurs, le stress, le manque d'affection, la consomma-
tion de tabac et d'alcool et bien d'autres choses encore.
Le niveau de vie augmente et avec lui les exigences
des être humains quant à leur s a n t é . La crainte des ef-
Le changement d ' é t i q u e t t e
fets secondaires des m é d i c a m e n t s augmente, de Les concepts t h é r a p e u t i q u e s préférés sont ceux qui se
m ê m e que les désillusions quant à une " m é d e c i n e ad- disent "biologiques, doux et fortifiants". Mais toutes
ministrative", qui tient compte du résultat de l'examen les formules p r o p o s é e s ne sont pas des m é t h o d e s t h é -
m é d i c a l mais pas de l'état de santé du patient et qui rapeutiques naturelles. Bon nombre "d'alternatives"
traite la pathologie mais perd le malade de vue. sont bien loin du compte. Elles n'utilisent aucun pro-
Selon une é t u de allemande, 30 à 90 % des patients duit naturel (voir e n z y m o t h é r a p i e p. 210), les p r o c é d é s
quittent occasionnellement la sphère de la médecine aca- utilisés ne sont pas doux mais r e p r é s e n t e n t bien au
d é m i q u e et font confiance à d'autres m é t h o d es thérapeu- contraire une agression pour le corps et le blessent
tiques; la moitié de la population allemande prend réguliè- (voir t h é r a p i e de Baunscheidt p. 63).
rement des "remèdes naturels". Ces chiffres n'en restent Les rapports positifs ou tout simplement d é p o u r v u s
pas moins très vagues car chaque personne a sa propre in- de toute critique que l'on peut lire dans les médias per-
terprétation de ce que sont les "remèdes naturels". mettent à tous les procédé s populaires de jouir d'une
La majeure partie des patients reconnaissent qu'ils grande n o t o r i é t é . De plus, de nombreux d é f e n s e u r s
attendent des m é d e c i n e s alternatives une aide s u p p l é - des m é t h o d e s non conventionnelles en font une large
mentaire, un c o m p l é m e n t au traitement qu'ils suivent publicité dans la presse à sensation, avec la collabora-
déjà et qu'ils attendent de ces m é t h o d e s un renforce- tion de personnes connues et guéries grâce à eux. Sou-
ment de leurs défenses immunitaires et des effets se- vent, ce qui est "naturel" est aussi synonyme de "non
condaires m o d é r é s . Une autre motivation - et non des reconnu scientifiquement". D'autres naturopathes se
moindres - qui les anime est de pouvoir participer ac- parent de faux titres de professeurs ou fondent des so-
tivement à leur propre g u é r i s o n . ciétés aux noms ronflants du genre "Institut internatio-
L'université britannique de Southampton dispose nal de recherche sur...", qui donnent l'impression qu'il
en son sein d'un centre d ' é t u d e des t h é r a p i e s alterna- s'agit d'un organisme scientifique reconnu.
tives. Dans ce centre, des chercheurs analysent les par- Les informations fallacieuses et la propagande du
cours m é d i c a u x des patients avant qu'ils ne choisissent bouche à oreille laissent croire que de telles m é t h o d e s
les m é d e c i n e s alternatives. Dans 83 % des cas, l'échec sont d é p o u r v u e s d'effets secondaires et peuvent faire
de plusieurs traitements conventionnels a é t é la raison des miracles.
du changement de cap; 31 % des personnes é t u d i é e s Les thérapeutes non conventionnels s'adressent avant
se sont dites insatisfaites du manque de c o m p r é h e n - tout aux patients qui sont p r o f o n d é m e n t gênés par des
sion de leur m é d e c i n traitant; 29 % se sont quant à s y m p t ô m es chroniques tels que des rhumatismes, des mi-
elles plaintes des examens m e n é s à la h â t e . A p r è s huit graines ou des allergies. Ils s'adressent aussi à des per-

19
Prendre
sa santé
en main

sonnes dont les causes de maladie sont probablement psy- Leffet placebo peut être induit par de nombreuses sub-
chiques et à des parents soucieux du devenir d'un enfant stances : des c o m p r i m é s de sucre sans effet médicinal ou
qui souffre de troubles du développement. Ils promettent de vrais médicaments à l'effet pharmacologique bien réel.
d'aider ceux qui souffrent d'un cancer, de la sclérose en Les m é d i c a m e n t s ne sont pas les seuls à avoir une
plaques ou du sida, ou encore de maladies causant des influence sur le malade; les êtres humains qui l'entou-
souffrances que la médecine conventionnelle peut à peine rent ont eux aussi une influence. Ainsi, ce qu'un m é -
apaiser et contre lesquelles cette dernière ne dispose d'au- decin dit à son patient, la m a n i è r e dont il le conseille
cun remède qui fonctionne à coup sûr. Si auparavant on peuvent aussi induire une a m é l i o r a t i o n de l'état de
pensait pouvoir guérir de telles maladies à l'aide des m é d e - santé de ce dernier. La foi du m é d e c i n en sa t h é r a p i e
cines alternatives, aujourd'hui celles-ci s'entendent plus et la confiance du patient dans son m é d e c i n peuvent
comme traitement d'accompagnement et se nomment aussi influer sur l'effet que produira un traitement m é -
d'ailleurs médecines supplémentaires, " c o m p l é m e n t a i r e s " . dical. Les deux é l é m e n t s précités se renforcent mutuel-
Avec des mots clés comme "renforcer le système immuni- lement et ne peuvent être dissociés. Le secret de la
taire" ou "tonifier les défenses du corps", l'efficacité des réussite d'une t h é r a p i e d o n n é e réside dans cette rela-
médecines alternatives se voit expliquée d'office, sans de- tion de confiance. Par son d é v o u e m e n t , le t h é r a p e u t e
voir être prouvée et sans être remise en question. fait croître l'espoir de g u é r i s o n chez le malade.
Tout un chacun a déjà entendu parler des limites de la Dans chaque traitement, le "cadre" joue aussi un rôle
m é d e c i n e a c a d é m i q u e : chacun connaît au moins un important : un appareillage sophistiqué, un dosage m é -
malade qui a vécu personnellement et douloureusement dicamenteux très stricts, des indications c o m p l i q u é e s sur
ces limites. Mais l'on oublie par trop souvent que les m é - le comportement à adopter et la conviction que le m é d i -
decines naturelles ne sont pas toutes puissantes non plus cament est particulièrement efficace peuvent faire passer
et que les techniques non conventionnelles ne sont pas le taux de réponse positive au placebo de 25 à 75 % .
exemptes de dangers et d'effets secondaires. Et l'on ap- Dans ces cas-là, les placebos fonctionnent comme
prend parfois quelque chose à ses dépens : une per- thérapeutes et patients le souhaitent : ils apaisent et soi-
sonne sur deux ayant testé les médecines non conven- gnent. Pourtant, l'inverse aussi est tout à fait possible :
tionnelles a ét é déçue par celles-ci. les placebos peuvent aussi renforcer les douleurs alors
qu'ils sont censés les soulager, ils peuvent exciter alors
qu'ils sont supposés apaiser, etc. Tout comme les m é d i -
L'effet placebo caments actifs peuvent avoir des effets secondaires indé-
Les placebos sont de pseudo-pro- sirables, les placebos peuvent é g a l e m e n t présenter un
duits pharmaceutiques. Ils ne ren- effet nocebo : les placebos peuvent en effet provoquer
ferment aucune substance active des hausses de tension, donner des sueurs ou causer des
mais agissent tout de m ê m e sur le éruptions cutanées et bien d'autres choses encore.
patient. Les placebos peuvent en- La part de l'effet placebo dans l'apaisement ou la
traîner des changements mesu- g u é r i s o n d'une maladie est e s t i m é e entre 20 et 70 % .
rables dans le corps humain et peuvent m ê m e avoir des Ceci est valable pour les traitements m é d i c a u x conven-
effets secondaires. L'effet placebo participe à tout pro- tionnels avec administration de m é d i c a m e n t s , ainsi
cessus de guérison ou d ' a m é l i o r a t i o n d'un état de santé que pour les t h é r a p i e s "alternatives" .L'un des facteurs
quel que soit le type de m é d e c i n e e m p l o y é . décisifs pour l'ampleur de l'effet placebo positif est
Les maladies et symptômes qui se fondent sur les l'attitude d ' e s p é r a n c e et d'attente avec laquelle le pa-
échanges qui existent entre le corps et l'esprit sont particu- tient va à la rencontre de son t h é r a p e u t e .
lièrement perméables à cet effet placebo. Ceci a d'ailleurs Chaque traitement c o u r o n n é de succès comprend
été confirmé avec certitude par de nombreuses études. une composante placebo et tout bon t h é r a p e u t e l'utili-

20
La médecine
holistique

sera en connaissance de cause. Le fait que bien des m é - Par contre, s'il est scientifiquement prouvé que la m é t h o d e
decines alternatives ne soient pas connues des patients et ne fonctionne pas ou si ses risques sont documentés, bon
que le t h é r a p e u te doive commencer par leur en expliquer nombre des défenseurs des médecines alternatives ont
le principe, le fait aussi que bien des traitements se fon- tendance à l'ignorer ou le cachent tout bonnement à leurs
dent sur un premier dialogue intensif entre t h é r a p e u t e et patients. Nombre de thérapeutes non conventionnels se
patient plaident pour l'établissement d'un lien de sont débarrassés des éléments non probants de leur m é -
confiance entre le t h é r a p e u te et celui qui a besoin de son thode et ont pris leurs distances par rapport aux marginaux
aide. Par ailleurs, la plupart des m é t h o d e s "alternatives" de leur école. En h o m é o p a t h i e et en médecine anthropo-
sont basées sur un traitement personnalisé et privé. Les sophique, les tests scientifiques étaient auparavant catalo-
thérapeutes peuvent donc prendre le temps nécessaire gués de "contraires à l'éthique" et rejetés, car ils ne te-
pour leurs patients et leur donner le sentiment qu'ils sont naient pas suffisamment compte de l'être humain dans son
pris au sérieux en tant que personnes souffrantes. Le t h é - entièreté. Cependant, afin de jouir de la reconnaissance du
rapeute est payé en fonction du temps passé avec un pa- grand public, les anthroposophes travaillent actuellement à
tient, contrairement aux médecins conventionnés et dont l'élaboration d'une m é t h o d e qui prenne en considération
la consultation est payée sur une base forfaitaire. les exigences de ces orientations médicales particulières
Le prix que le patient doit payer de sa poche pour fi- tout en n'oubliant pas de satisfaire les demandes de
nancer son traitement n'est pas le dernier é l é m e n t à preuves acceptables et reproductibles quant à l'efficacité de
renforcer son désir que l'effort financier consenti la m é t h o d e . Des sommes considérables ont déjà été inves-
puisse être utile à sa s a n t é . ties dans la recherche afin de prouver que le principe actif
avancé par l'homéopathie - c'est-à-dire que les remèdes
h o m é o p a t h i q u es transmettent des "informations" au
La c o n t r ô l a b i l i t é corps humain - est bien exact. La preuve n'a pas encore été
faite. Des études sont disponibles sur l'effet thérapeutique
Dans l'exercice de la m é d e c i n e , il y a aussi des
des remèdes homéopathiques, mais elles sont de qualités
"modes" changeantes. Des m é t h o d e s qui é t a i e n t hier
très diverses et fournissent des résultats contradictoires.
p o r t é e s aux nues sont aujourd'hui o u b l i é e s . Pour pro-
t é g e r les patients, il faut lutter pour que chaque type
de traitement avec son utilité et ses risques fasse l'ob-
jet d'autant de recherches aussi intensives et objectives
que possible. Ceci vaut pour la m é d e c i n e a c a d é m i q u e
mais aussi pour les t h é r a p i es "alternatives".
Pour bien des procédés thérapeutiques non conven-
tionnels, la documentation et les résultats manquent, de
m ê m e d'ailleurs qu'une comparaison qui prouve que telle
ou telle m é t h o d e est au moins aussi efficace, voire m ê m e
plus efficace que les traitements conventionnels. Une expé-
rience positive suffit généralement à de nombreux utilisa- La m é d e c i n e holistique
teurs pour prouver l'efficacité et la réussite d'une m é t h o d e . Dans les a n n é e s 80, on assista à un tournant par rap-
De nombreux défenseurs des nouvelles méthodes lais- port à la vision de l'homme et de la santé qui r é g n a i t
sent à la médecine académique qu'ils critiquent le soin tant au siècle des lumières : comme à l ' é p o q u e qui a p r é -
de prouver si leur technique est une thérapie vraiment digne cédé la d é c o u v e r t e des sciences, on se mit à nouveau
de ce nom. Ils contestent les incidents ou les attribuent à à considérer l'être humain comme un é l é m e n t du cos-
une "technique mal a d a p t é e " , ils critiquent donc le théra- mos qui ne peut rester en bonne santé que s'il est "en
peute afin de ne pas égratigner la m é t h o d e employée. phase avec le cosmos et la nature". Les concepts clés

21
Prendre
sa santé
en main

de cette vision du monde, a p p e l é e "New Age", sont le ne peut dire ce qui parmi tout cela fonctionne ou ne
" t o u t " et la " s p i r i t u a l i t é " , un esprit qui s'infiltre par- fonctionne pas, ni comment. De cette m a n i è r e , il de-
tout. Ces idées font renaître les anciennes r e p r é s e n t a - vient très difficile d'attester des risques, des effets se-
tions divines des cultures du Moyen- et de l'Extrême - condaires et de l'inefficacité d'une m é t h o d e isolée.
Orient, les m é l a n g e n t et les fondent les une aux
autres. Le New Age veut unir les objets et propager
une "nouvelle conscience", qui puisse rassembler
dans un ordre s u p é r i e u r toutes les d é c o u v e r t e s faites
j u s q u ' à présent .
Mais si l'on y regarde à deux fois, on constate que
cette orientation suit souvent une f a ç o n de penser de
cause à effet bien plus linéaire que la m é d e c i n e
conventionnelle. Ses m o d è l e s explicatifs sont certes
d i f f é r e n t s mais l'absolu, qui est la base de sa vision de La consommation
monde, francfiit souvent la f r o n t i è r e du dogmatisme. et la croyance dans les appareils
Les nouvelles écoles de la santé se disent "glo- La tendance prend une tournure dangereuse : le tourisme
bales" ou "holistiques". Elles affirment que l'état sub- de la guérison interpelle les gens en leur offrant de l'exo-
jectif doit être plus pris en compte que les diagnostics tisme. On importe et consomme des médecines é t r a n-
établis à l'aide d'appareils et veulent é l i m i n e r les gères sans tenir compte du fait que lorsque celles-ci pas-
causes de la dysharmonie entre le corps et l ' â m e . Ces sent d'une culture à une autre leur contenu aussi change.
m é t h o d e s holistiques promettent bien plus que la Les instituts ésotériques et la vente par correspondance
s a n t é et ciblent ainsi le désir de beaucoup d'individus offrent à des prix prohibitifs amulettes et "objets protec-
qui recherchent aussi la g u é r i s o n au sens spirituel du teurs" qui doivent protéger d'ondes (soi-disant) nocives.
terme. D'innombrables livres r é p a n d e n t des théories volonta-
Ces t h é o r i e s font appel à des techniques occultes ristes et déstabilisantes et des ébauches de théories in-
telles que l'astrologie, le pendule et la photographie sensées pour faire de l'auto-traitement. Et pour ce faire,
de Kirlian et en reviennent à des p r o c é d é s anciens et on n'hésite pas à invoquer les plus hautes instances :
non conventionnels tels que la spagyrique. Elles sup- ainsi. Maria Treben appela son recueil de recettes aux
posent qu'il y a des "vibrations", des "rythmes" et des plantes médicinales "La pharmacie de Dieu". Le marché
" r é s o n a n c e s " dans un corps malade et veulent "mo- des thérapies alternatives est en plein boom et enregistre
duler" ces énergies par la g u é r i s o n de l'esprit et l'im- un chiffre d'affaires qui se compte en milliards.
position des mains. Elles ont recours à des m é t h o d e s Lors des congrès de m é d e c i n e holistique, on pré-
qui doivent "conduire a u - d e l à " du moi. La relaxation sente des appareils c o m p l i q u é s de diagnostic et de t h é -
et la m é d i t a t i o n sont considérée s comme des m é - rapie qui ne peuvent rien diagnostiquer, ni rien soigner.
thodes qui aident à être en bonne s a n t é , elles se veu- Les "mesures" qui sont censées d é t e r m i n e r les allergies,
lent vaincre le cancer et m ê m e le sida g r â c e à la pen- prouver un empoisonnement, voire m ê m e une ten-
sée positive. dance à d é v e l o p p e r un cancer ont des conséquences
Le r é p e r t o i r e t h é r a p e u t i q u e de cette "médecine t h é r a p e u t i q u e s majeures. Une certaine nouvelle m é d e -
globale" est peu efficace et doit m ê m e - lorsqu'il est cine à appareils étale aujourd'hui les fastes de sa tech-
utilisé seul - être classé dans la c a t é g o r i e des m é - nologie, m ê m e si tout ce faste ne peut remplacer la
thodes dangereuses. En effet, les naturopathes pla- preuve tangible de l'efficacité d'une m é t h o d e . Ces for-
cent volontiers sous le titre "global" un large spectre mules vont à la rencontre d'une attitude de consomma-
de p r o c é d é s et de produits d i f f é r e n t s . Et plus personne tion très r é p a n d u e chez les patients d'aujourd'hui.

22
De nombreuses personnes qui ne se sentent pas bien déjà commercialisés, bien q u e certains contiennent
clioisissent u n médecin " a l t e r n a t i f " c o m m e s'ils v o u - t o u t de même d e nouveaux ingrédients actifs. A u cours
laient faire réparer leur propre appareil : le guérisseur de la phase préliminaire d e la recherche, jusqu'à
doit leur rendre la santé et faire en sorte qu'ils la gardent. 10 0 0 0 liaisons chimiques s o n t testées p o u r en établir
Quelques-uns de ces patients seulement sont prêts à l'utilité en t a n t q u e p r o d u i t médical, mais u n e petite
vivre de manière plus naturelle. Pourtant, une initiative partie seulement est sélectionnée pour la mise au
personnelle et la responsabilité de soi et de sa santé sont p o i n t . Le développement d ' u n e nouvelle substance ac-
les f o n d e m e n t s mêmes de t o u t t r a i t e m e nt naturel. tive p e u t prendre 10 ans et coûter plusieurs milliards.
On p e u t dire q u ' u n e nouvelle substance active sur cinq
s e u l e m e n t , u n e fois commercialisée, arrive à a m o r t i r les
Le développement frais d e recherche e t de développement.
des médicaments C h a q u e nouveau produit lancé à des fins médicales
La catastrophe de la t h a l i d o m i d e , commercialisée sous d o i t être enregistré par le g o u v e r n e m e n t (en pratique le
le n o m de S o f t e n o n , a secoué le m o n d e des médica- Ministère de la santé publique) avant d'être lancé sur le
m e n t s . Jamais a u t a n t de personnes n'avaient s o u f f e r t marché. Tous les médicaments destinés à la c o n s o m m a -
à cause d ' u n médicament d o n t elles étaient c o n v a i n - t i o n h u m a i n e o u animale vendus o u mis à disposition
cues d e la sécurité. C'est p o u r q u o i d e nouvelles procé- doivent répondre à certaines normes. A cet effet, le m i -
dures o n t été mises sur pied p o u r éviter des effets se- nistère d o i t disposer au préalable d ' u n m a x i m u m d ' i n f o r -
condaires aussi catastrophiques . mations concernant la qualité, l'efficacité et la sécurité

L'exigence de prouver l'utilité des préparations par du produit. Lévaluation de la qualité concerne les pro-

des études s c i e n t i f i q u e m e n t reconnues a l a r g e m e n t priétés physiques et chimiques de la substance active et

renforcé les recherches menées dans le d o m a i n e des des composants considérés c o m m e n o n actifs et qui ser-

" p r o d u i t s p o u r thérapies spéciales". De nouvelles d é - vent à introduire le p r o d u i t dans l'organisme. En marge

couvertes o n t m ê m e été faites q u a n t à la c o m p o s i t i o n de cela, il y a lieu d e connaître certaines données sur la

et aux effets d e certaines plantes. manière d o n t la substance active est combinée aux

L'industhe p h a r m a c e u t i q u e est florissante. Les e n - autres ingrédients, c o m m e n t le médicament sera f a b r i-

treprises belges, mais aussi (ou s u r t o u t ) m u l t i n a t i o n a l es qué et emballé et quelle sera sa durée de conservation

sont très prospères grâce à la recherche, à la mise au après qu'il ait quitté l'usine. La commission compétente

p o i n t et s u r t o u t à la c o n s o m m a t i o n de médicaments. d u ministère d o i t juger de la sécurité d ' u n médicament et

C h a q u e année, de nouveaux produits sont lancés; il des risques qu'il c o m p o r t e par rapport à ses effets béné-

s'agit pour la p l u p a r t d e variantes d e p r o d u i t s existants fiques et à la gravité d e l'affection à traiter.

23
Prendre
sa santé
en main

Les essais réalisés en laboratoire et sur a n i m a u x a p p o r - séminaires pour s'informer et que seuls 17 % avaient p u
t e n t des i n f o r m a t i o n s sur l'efficacité d ' u n médicament suivre une f o r m a t i o n spécifique. Pour savoir si vous avez
et sur ses éventuels effets t o x i q u e s (toxicité). Ensuite, choisi u n b o n thérapeute et donc si vous êtes en de
le p r o d u i t d o i t subir u n essai sur un g r o u p e de per- bonnes mains, voyez les encadrés ci-contre.
sonnes s u f f i s a m m e n t i m p o r t a n t - volontaires sains et Il se peut q u e le thérapeute ne soit pas très c o m m u -
malades ayant besoin d ' u n t r a i t e m e n t - d o n t la c o m - nicatif de prime a b o r d . O u peut-être n'avez-vous pas
p o s i t i o n d o i t refléter précisément le g r o u p e cible a u - compris t o u t ce qu'il a d i t et avez-vous encore des ques-
quel s'adresse le f u t u r médicament. Les médicaments tions à poser. En t o u t cas, vous devez avoir eu réponse
spécialement destinés aux personnes âgées o u aux e n - aux questions qui f i g u r e n t ci-dessous lorsque vous q u i t -
fants nécessitent u n e étude particulière. tez le cabinet : peu de patients sont au courant d u p r o -

Après avoir réalisé tous ces essais, le fabricant d u mé- g r a m m e de t r a i t e m e n t . S'il s'agit d ' u n t r a i t e m e n t peu

d i c a m e n t peut introduire sa d e m a n d e d'enregistrement courant, faites-vous remettre un plan de t r a i t e m e n t

au ministère, qui base son j u g e m e n t sur toutes les infor- écrit. Un tel d o c u m e n t constitue un élément de sécu-

mations rassemblées au cours de la période de dévelop- rité : le thérapeute d o i t y préciser sa méthode ainsi q u e

p e m e n t , ce qui équivaut à un dossier d o n t le v o l u m e est le b u t des actes posés. Dans une certaine mesure, vous

comparable à plusieurs annuaires téléphoniques.

Les thérapeutes et leur formation


Q u i c o n q u e recherche une alternative à u n t r a i t e m e n t
par la médecine académique a plusieurs possibilités.
Toutefois, dans notre pays, les actes médicaux ne p e u -
vent légalement être posés q u e par les personnes ayant
suivi u n e f o r m a t i o n reconnue, cette f o r m a t i o n étant
basée sur la médecine académique telle qu'elle est e n -
seignée dans les universités. Il est vrai q u e , p e n d a n t leur
f o r m a t i o n , les candidats-médecins peuvent s'initier à pouvez ainsi vérifier si t o u t se déroule c o m m e prévu o u
des méthodes autres qu'académiques, mais il n'y à ce si le thérapeute progresse par "tâtonnements". En cas
j o u r aucune f o r m a t i o n de n a t u r o p a t h e reconnue et les de conflit porté devant les tribunaux, un tel d o c u m e n t
personnes n o n diplômées en médecine ne peuvent pas écrit pourra vous aider à faire valoir vos droits.
poser d'actes médicaux (ces deux possibilités existent
dans des pays c o m m e l'Allemagne, par exemple). Questions au thérapeut e
Par ailleurs, o n trouve n o m b r e de personnes q u i
exercent une profession médicale o u paramédicale, • Quelle est la différence essentielle entre ce traitement
c o m m e les kinésithérapeutes, les pédagogues d u m o u - et celui que préconiserait un médecin conventionnel ?
v e m e n t et les psychothérapeutes, qui o n t appris cer- • Quels sont les risques et les effets secondaires ?
taines méthodes thérapeutiques et q u i les a p p l i q u e n t . • Quels sont les symptômes d'une détérioration de la
Il va de soi q u e les médecins, y compris ceux qui a p - situation en dépit du traitement ?
pliquent des méthodes " n a t u r e l l e s " , doivent être formés • Que faire en cas d'aggravation de la maladie ?
de façon optimale. Or, dans une enquête allemande • Peut-on combiner ce traitement avec un traitement
consacrée à ces derniers, 2/3 des médecins o n t reconnu médical conventionnel ?
qu'ils avaient acquis leurs connaissances par auto-forma- • Que faire des médicaments pris jusqu'à présent ?
t i o n , alors que quelque 6 0 % avaient eu recours à des • Que devient le dossier à la fin du traitement ?

24
Les thérapeute!
et
leur formation

Signes distinctifs d'un t hérapeut e sérieux

Voyez l'intitulé de sa profession. • Il vous examine et vous fait part des résultats de

Lorsqu'il traite un malade, un thérapeute sérieux se l'examen.


reconnaît aux points suivants : • Il vous indique dans quelle voie il compte orienter le
• Il peut faire état de sa carrière professionnelle et est traitement.
disposé à répondre aux questions qui s'y rapportent.
• Il cite les alternatives éventuelles et motive son choix
(Attention : les titres et diplômes obtenus à l'étranger ne
de traitement.
doivent pas être automatiquement assimilés aux nôtres. Il
• Si sa méthode ne convient pas dans votre cas, il vous
existe même des universités étrangères qui vendent leurs
conseille une thérapie conventionnelle. Si vous êtes
diplômes et des diplômes décernés par des universités
également traité par votre médecin de famille, il vous
fantômes).
renvoie vers ce dernier.
• Les consultations se font à horaire fixe. De nombreux
thérapeutes vivent de leur art, pour d'autres il s'agit d'une • Il vous indique la voie à suivre quant aux médicaments

activité complémentaire. qui vous sont prescrits par d'autres thérapeutes.

• Il demande si un (autre) thérapeute a déjà posé un • Il établit un plan de traitement (voir p. 26).

diagnostic et, si oui, se procure ce dernier. • Il demande explicitement votre accord pour tout écart

• Il s'enquiert des symptômes, du mode de vie et des par rapport au traitement convenu.

conditions de travail de son patient. • Il vous met au courant de l'aspect financier du


• Il demande si les symptômes ont déjà été traités et, si traitement et du remboursement éventuel par la caisse
oui, comment. d'assurance maladie.

Signes

• Le thérapeute consacre peu de temps au premier • Il prétend que le traitement peut tout soigner et qu'il
entretien et vous conseille d'emblée une coûteuse série de est dénué de tout risque ou effet secondaire.
séances de soins. • Il exige que vous interrompiez la prise de tout autre
• Le traitement doit absolument commencer dans médicament.
l'immédiat, même si les symptômes ne sont pas aigus. • Il n'accède pas à votre demande d'informations quant
• Le thérapeute vous prédit une grave maladie ou même à un plan de traitement bien précis.
votre décès en cas d'abandon du traitement. • Il se formalise si vous lui demandez un reçu pour un
• Il vous ausculte sans que vous sachiez exactement ce paiement en espèces.
qui va se passer et que vous y ayez consenti. • Il vous demande de payer d'avance pour un traitement
• Il s'offusque si vous souhaitez encore consulter de longue durée.
quelqu'un d'autre avant de commencer le • Il se montre méprisant à l'égard des méthodes
traitement. thérapeutiques conventionnelles.

25
Prendre
sa santé
en main

Les principes éthiques d e référence les plus c o n n u s


Inform ations dans le plan de t rait em ent
s o n t repris dans la "Déclaration d ' H e l s i n k i " d e l'Asso-
ciation médicale m o n d i a l e , complétée à Tokyo en
• Quel est le but du traitement ?
1 9 7 5 , à Venise en 1 9 8 3 et à H o n g - K o n g en 1 9 8 9 , q u i
• Quelles sont les différentes étapes prévues ?
définit u n c o d e i n t e r n a t i o n a l d'éthique médicale. L'ex-
• Concrètement, que va faire le thérapeute et quels
périmentation de médicaments et de t e c h n i q u e s m é -
sont ses objectifs ?
dicales sur l'être h u m a i n y est l a r g e m e n t abordée. Des
• Quelle est la durée probable du traitement ?
textes d u Conseil de l'Europe et des Communautés e u -
• Quels sont les effets et effets secondaires ?
ropéennes c o n t i e n n e n t aussi des r e c o m m a n d a t i o n s en
• Quel est le coût global probable (frais de traitement,
la matière.
médicaments et autres) ?
" L ' E X P É R I E N C E SUR L'ÊTRE H U M A I N D O I T ÊTRE M E N É E PAR D ES PER-
• Comment ou en fonction de quels barèmes le
S O N N E S SCIENTIFIQUES Q U A U F I É E S ET S O U S L A S U R V E I L L A N C E D 'UN
thérapeute calcule- t- il ses honoraires ?
CLINICIEN C O M P É T E N T " , est-il d'emblée précisé.
La Déclaration d'Helsinki insiste par ailleurs sur la
nécessité absolue d ' o b t e n i r " L E C O N S E N T E M E N T LIBRE ET

É C L A I R É D U SUJET, DE PRÉFÉRENCE PAR ÉCRIT". Ces règles i m -


p o s e n t n o n s e u l e m e n t les exigences d u sérieux scienti-
f i q u e mais aussi l ' o b l i g a t i o n d e respecter l'intégrité
physique et m e n t a l e d u sujet ainsi q u e celle d e respec-
• D'autres frais peuvent- ils s'ajouter aux frais prévus ? ter sa vie privée.
• Le thérapeute sait-il si tout ou partie du coût du Les règles élaborées à Helsinki m o d i f i e n t celles éla-
traitement est remboursé par la caisse d'assurance borées à N u r e m b e r g en 1 9 4 7 . O n y sent planer la v o -
maladie ? lonté d'éviter q u e les atrocités commises dans les
camps de c o n c e n t r a t i o n nazis par des médecins o u
pseudo-médecins puissent u n j o u r se répéter.
L'expérimentation sur l'homme Les principes d'Helsinki o n t dépassé le stade d e
Tout n o u v e a u médicannent, a v a n t d'être connmercialisé, simples r e c o m m a n d a t i o n s ; des textes d e droi t belge
fait l'objet de tests expérimentaux sur plusieurs c e n - s'y réfèrent expressément c o m m e liant les personnes
taines de personnes, tests a y a n t p o u r b u t de p e r m e t t r e qui p r a t i q u e n t les essais cliniques.
l'évaluation de ses effets p h a r m a c o l o g i q u e s et cli- En outre, le code de déontologie médicale élaboré par
niques. Certains de ces tests se déroulent sur des l'Ordre des médecins, qui lie l'ensemble d u corps médical,
h o m m e s sains, d'autres sur des malades. La p l u p a r t des énonce une série de garanties figurant aux articles 8 9 à
gens acceptent de collaborer à ces expériences, les uns 9 4 de ce code. A ce propos, les lecteurs intéressés se ré-
parce qu'ils en retirent un a v a n t a g e financier, les autres, féreront aussi aux recommandations des Académies
les malades, parce qu'ils espèrent p o u v o i r ainsi profiter royales d e Médecine, aux directives d u Comité d'éthique
des avantages supposés d u n o u v e a u médicament. médicale d u Fonds de Recherche scientifique médicale et

La f i n ne j u s t i f i a n t en a u c u n cas les moyens, les ins- à l'avis d u 15 février 1992 d u Conseil national de l'Ordre

tances internationales o n t établi des directives p o u r des médecins sur l'expérimentation sur l'homme.

obliger les médecins et autres expérimentateurs à res- Voici le texte des articles précités :

pecter les droits de la p e r s o n ne h u m a i n e q u i p o u r - Art. 89 : " L ' E S S A I SUR L ' H O M M E DE N O U V E L L E S M É D I C A T I O N S ET

raient être menacés. Elles posent les limites d e t o u t e DE N O U V E L L E S T E C H N I Q U E S M É D I C A L E S EST INDISPENSABLE : IL N E

expérimentation sur l ' h o m m e et f o n t référence au PEUT C E P E N D A N T ÊTRE P R A T I Q U É Q U ' A P R È S U N E EXPÉRIMENTATION

c o n s e n t e m e n t v o l o n t a i re et éclairé d u sujet. A N I M A L E L A R G E ET S É R I E U S E . "

26
L'expérimen-
tation sur
l'homme

Art. 90 : " L ' E X P É R I M E N T A T I O N SUR L ' H O M M E BIEN P O R T A N T N'EST

ADMISSIBLE QUE SI LE SUJET EST MAJEUR, EN SITUATION DE DONNER

UBREMENT SON CONSENTEMENT, CE QUI N'EST PAS LE CAS D'UN

PRISONNIER, ET D A N S DES C O N D I T I O N S DE S U R V E I L L A N C E MÉDICALE

DE NATURE À FAIRE FACE À TOUTE COMPUCATION. "

Art. 91 : "LES M A L A D E S ATTENDENT D U M É D E C I N S O U L A G E M E N T

ET GUÉRISON. ILS N E P E U V E N T À AUCUN TITRE ÊTRE UTIUSÉS À DES

SEULES FINS D ' O B S E R V A T I O N ET DE RECHERCHE.

ILS NE PEUVENT ÊTRE SOUMIS SANS LEUR CONSENTEMENT, OU S'ILS

EN SONT INCAPABLES, SANS CELUI DE LEUR RÉPONDANT, À DES I N -

T E R V E N T I O N S O U À DES PRÉLÈVEMENTS QUI P O U R R A I E N T LEUR O C -

C A S I O N N E R LE M O I N D R E I N C O N V É N I E N T , SANS LEUR ÊTRE DIRECTE-

MENT UTILES."

Art. 92 .• " § 1 . l'ESSAI D E N O U V E A U X T R A I T E M E N T S ET NOTAM-

M E N T L A M É T H O D E DE " D O U B L E INSU" NE P E U V E N T D É L I B É R É M E N T

PRIVER LE M A L A D E D ' U N E T H É R A P E U T I Q U E RECONNUE V A L A B L E :

LES D O N N É E S SCIENTIFIQUES ET L ' E X P É R I M E N T A T I O N PRÉALABLE SUR

L ' A N I M A L D O I V E N T LAISSER ESPÉRER DES CHANCES RAISONNABLES

DE SUCCÈS.

§ 2. t o u t e e x p é r i m e n t a t i o n d e t h é r a p e u t i q u e m é d i c a l e

ou chirurgicale d o i t être e n t o u r é e d e garanties mo-

rales, appréciées au b e s o i n par le conseil p r o v i n c i a l de

l ' o r d r e , e t d e garanties scientifiques c o n t r ô l é e s p a r u n

g r o u p e c o m p é t e n t i n d é p e n d a n t de l'expérimentATEUR .

LES D O N N É E S D O I V E N T ÊTRE RECUEILLIES A V E C RIGUEUR ET FAIRE

L'OBJET DE PROTOCOLES.

§ 3. d a n s le c a s d ' a f f e c t i o n s i n c u r a b l e s d a n s l ' é t a t a c -

tuel d e s connaissances m é d i c a l e s et dans les stades

t e r m i n a u x d e ces a f f e c t i o n s , l ' e s s a i d e n o u v e l l e s théra-

peutiques ou de nouvelles techniques c h i r u r g i c a l es

d o i t p r é s e n t e r d e s c h a n c e s r a i s o n n a b l es d ' ê t r e UTILE ET

A V A N T TOUT TENIR COMPTE D U BIEN-ÊTRE M O R A L ET PHYSIQUE D U

MALADE. IL NE PEUT J A M A I S LUI IMPOSER DES SOUFFRANCES OU

M Ê M E U N INCONFQRT SUPPLÉMENTAIRES."

Art. 93 : " L E M É D E C I N O U LE G R O U P E DE M É D E C I N S P R A T I Q U A N T

U N E E X P É R I M E N T A T I O N O U U N ESSAI T H É R A P E U T I Q U E SUR L ' H O M M E

D O I T A V O I R U N E I N D É P E N D A N C E F I N A N C I È R E T O T A L E VIS-À-VIS DE

T O U T ORGANISME AYANT DES INTÉRÊTS COMMERCIAUX À PRO-

MOUVOIR U N NOUVEAU TRAITEMENT O U U N E N O U V E L L E INSTRU-

MENTATION."

Art. 94 : " L ' É T H I Q U E M É D I C A L E INTERDIT T O U T E S RECHERCHES

Q U I POURRAIENT DÉTÉRIORER LE PSYCHISME OU L A CONSCIENCE

M O R A L E D U SUJET, O U ATTENTER À S A D I G N I T É . "

27
' rincioes de base des théraoies

28
Principes
de base
des tliérapies

29
La stimu otherapie
ou thérapie de régulation ^^^(^f^^

— Historique
une s t i m u l o t h é r a p i e ou t h é r a p i e de r é g u l a t i o n , ou par
La plupart des m é t h o d e s de s t i m u l o t h é r a p i e ou de des processus d'immunomodulation (voir p. 33).
t h é r a p i e de r é g u l a t i o n sont vieilles comme le monde. Abstinence
Peu de m é d e c i n s se sont cependant souciés, ces der- La p r e m i è r e chose que doit faire le patient malade est,
nières d é c e n n i e s , de la f a ç o n de les appliquer et de bien sûr, se reposer Garder le lit peut s'avérer néces-
leurs indications en g é n é r a l . saire, mais pas dans tous les cas. Il faudra s'abstenir de
Situation actueile toute une série de choses qui sollicitent le corps : les
Grâce à l'actuelle tendance de vivre et de guérir de ma- repas trop copieux, le café, le tabac, l'alcool, les
nière plus naturelle, pas mal de procédés de m é d e c i n e drogues, le travail excessif pour une d é t e n t e trop
naturelle sont ressortis de l'ombre. On les applique le faible, la stimulation e x a g é r é e par le bruit ou la t é l é v i -
plus souvent comme auto-traitement, mais aussi dans sion (voir t h é r a p i e de l'ordre p. 37).
les cabinets de m é d e c i n s établis et dans les h ô p i t a u x . Pendant cette p é r i o d e d'abstinence, il faut éviter au
corps toute sollicitation superflue pour lui permettre
de concentrer toute sa force auto-curative sur l'élimi-
— Concept de base
nation de la maladie.
Chaque personne possède en elle les ressources et les Normalisation
forces pour rester vivante et en bonne s a n t é . Ces Les réactions exagérées du corps et de l'esprit s'apaisent,
forces auto-curatives r é g u l e n t tous les processus phy- les adaptations erronées se raréfient. La résistance re-
siques et assurent l'adaptation aux conditions chan- vient peu à peu au niveau qui était sien avant la maladie.
geantes. Cette adaptation est, bien sûr, une prestation Renforcement
pour laquelle le corps a besoin de temps. Tant qu'il La c a p a c i t é d'endurer les sollicitations et la résistance
subsiste de la force, les sollicitations sont g o m m é e s et aux infections et autres maladies peuvent être entraî-
ce qui a é t é c o n s o m m é est r e n o u v e l é . nées. On expose pour cela r é g u l i è r e m e n t le corps à des
Les pics de sollicitation récurrents posent un gros stimuli m o d é r é m e n t puissants dont on augmente gra-
p r o b l è m e au corps. La résistance naturelle qui assure duellement l'intensité.
son a u t o - g u é r i s o n semble s'affaiblir au fur et à mesure Il va de soi qu'il y a des limites à cette f a c u l t é
que les facteurs de stress deviennent trop puissants. d'adaptation du corps : l ' e n t r a î n e m e n t corporel, tout
Des maladies dues au stress peuvent alors s'exprimer. comme les m é d i c a m e n t s , atteint à un certain moment
Les trois piliers de toutes les m é d e c i n es naturelles un plafond. L'adaptation n'est d'ailleurs possible que
sont basés sur ce que toute personne d o u é e de bon tant que le corps dispose encore de réserves.
sens conseillerait à une personne malade : s'abstenir de
faire certaines choses, normaliser et renforcer. Les natu-
— Procédé
ropathes tentent dans ce cadre de lancer ou d'accélérer
le processus de normalisation et de renforcement par Nombre d ' é l é m e n t s présents dans la nature peuvent

30
Ld iLIIIIUlU-
thérapie
ou thérapie
de régulation

faire office de stimuli pour stimuler la force auto-cura- — Traitement et auto-traitement


tive du corps : la chaleur et le froid, l'eau, la l u m i è r e ,
Trouver la dose a d é q u a t e pour chaque personne est
l'air et les changements climatiques. Le mouvement
tout aussi important pour la s t i m u l o t h é r a p i e que pour
sous la forme, entre autres, d'un e n t r a î n e m e n t à la
les autres domaines m é d i c a u x . Il faudra dans tous les
course ou à la nage ( t h é r a p i e du mouvement, voir
cas tenir compte de l'âge. Certaines stimulations sont
p. 76) et la t h é r a p i e respiratoire (voir p. 128) sont é g a -
plus efficaces à certains moments de la j o u r n é e p l u t ô t
lement des é l é m e n t s de stimulation.
q u ' à d'autres. La d u r é e de l'application doit é g a l e m e n t
Le j e û n e (voir p. 92) ou un changement d'alimenta-
être soigneusement calculée. L'effet positif d'une sti-
tion peuvent pousser le corps à mobiliser ses forces
mulation dure encore quelque temps après l'interrup-
auto-curatives. On attend un effet similaire de la part
tion de l'application, mais finit par s'estomper.
des immunostimulants v é g é t a u x (voir p. 117) et l'ho-
m é o p a t h i e joue é g a l e m e n t un rôle de s t i m u l o t h é r a p i e
ou t h é r a p i e de r é g u l a t i o n .
— Explication de l'action
Certains processus vieux comme le monde, venus
de l ' é t r a n g er ou bien de chez nous, recourent à la dou- La stimulation
leur - en blessant la peau, par exemple - pour relancer • fait réagir la partie du corps c o n c e r n é e : les os, les
les forces auto-curatives affaiblies. nerfs et les muscles ont, par exemple, besoin de la sti-
Nombre d'influences stimulantes peuvent provenir mulation du mouvement pour ne pas s'atrophier et
d'un changement d'environnement, comme c'est le pour pouvoir se renouveler;
cas d'une cure par exemple (voir p. 138). Des instruc- • fait réagir la partie interne du corps et les organes
tions professionnelles doivent alors donner lieu à une reliés par des faisceaux nerveux à la zone c u t a n é e sti-
r é f l e x i o n sur la f a ç o n dont on a vécu jusque là, pour m u l é e . La chaleur a p p o r t é e au bas du dos peut ainsi
é v e n t u e l l e m e n t p r o c é d e r aux changements qui s'im- a t t é n u e r la douleur due aux règles;
posent. • fait réagir des cycles de r é g u l a t i o n du corps entier :
l'alternance de chaud et de froid peut stimuler ou
mettre au repos un système n e u r o v é g é t a t i f trop faible

31
Principes
de base
des thérapies

ou surexcité, équilibre r la t h e r m o r é g u l a t i o n ou influen- neurovégétatif (voir processus révulsifs p. 59, acupunc-


cer le systèm e hormonal. ture p. 153, thérapie neurale p. 232, massages p. 68).
Les réactions des organes n'expliquent cependant L'organisme s'adapte progressivement à une sollici-
que partiellement l'action. Les détails de l'explication tation que l'on augmente s y s t é m a t i q u e m e n t . Ce sys-
doivent probablement être cherchés au niveau du sys- t è m e , a p p l i q u é pendant un certain temps, m è n e à un
t è m e immunitaire (voir p. 33). processus d'endurcissement ou d ' e n t r a î n e m e n t .
Chaleur
Le corps dilate ses vaisseaux pour é l i m i n e r la chaleur
— Indications
excessive par une surface plus é t e n d u e .
Froid Les stimulothérapie s jouent un rôle de préventio n de ma-
Le corps resserre ses vaisseaux pour r é d u i r e au maxi- ladies. Elles doivent a t t é n u e r les affections chroniques,
mum la d é p e r d i t i o n de chaleur. les troubles de l'état général et les douleurs. Les stimulo-
L'alternance rapide de stimuli de chaleur et de froid thérapies accompagnent é g a l e m e n t la r é é d u c a t i o n.
e n t r a î n e les vaisseaux sanguins et a m é l i o r e ainsi la Limites de l'application
t h e r m o r é g u l a t i o n du corps (voir t h é r a p i e s du chaud et Les s t i m u l o t h é r a p i e s ne peuvent stimuler qu'un corps
du froid p. 42). encore capable de réagir. Les limites de cette forme de
Eau traitement sont atteintes lorsque la d é f e n s e immuni-
L'eau fait surtout office d'auxiliaire pour la transmission taire est épuisée ou quand il est question de troubles
de stimuli de t e m p é r a t u r e (voir applications d'eau p. 51). des organes ou des tissus. La sollicitation s u p p l é m e n -
Lumière taire d'une s t i m u l o t h é r a p i e peut m ê m e être n é f a s t e
La l u m i è r e du soleil influence positivement notre hu- dans ce cas.
meur parce qu'elle nous révèle la clarté et les couleurs. Les stimulations ne sont pas i n d i q u é e s en cas d'ur-
La chaleur solaire nous fait é g a l e m e n t du bien. Lors de gence. Elles ne peuvent se substituer à une o p é r a t i o n
bains de soleil, notre peau réagit à la l u m i è r e ultravio- indispensable ou remplacer des produits essentiels.
lette par un m é t a b o l i s m e accru et une coloration
brune (voir p h o t o t h é r a p i e p. 66).
— Critique
Climat de montagne
A grande altitude, l'air contient moins d ' o x y g è n e et de Pas mal de s t i m u l o t h é r a p i e s provoquent une aggrava-
vapeur d'eau. Afin de fournir suffisamment d ' o x y g è n e tion au d é p a r t : la maladie que l'on veut combattre
aux tissus, le corps g é n è r e une plus grande q u a n t i t é de semble d'abord s'accentuer. De nombreux t h é r a p e u t e s
globules rouges et adapte son m é t a b o l i s m e cellulaire. y voient la preuve de l'effet du traitement.
La perfusion des muqueuses est a u g m e n t é e pour évi- Les critiques sont par contre d'avis qu'il est difficile de
ter qu'elles ne d e s s è c h e nt (voir cures p. 138). d é t e r m i n e r si cette "aggravation" reste bien dans les li-
Mouvement mites du traitement (ce qui est acceptable), si elle les d é -
Lors d'un exercice é p r o u v a n t , la respiration devient passe et nécessite une inten/ention ou encore si elle est
plus profonde et le corps utilise mieux l ' o x y g è n e (voir le signe d'une régression de l'état général du patient.
t h é r a p i e du mouvement p. 76). Le corps p r é v i e n t
l ' é p u i s e m e n t en adaptant la circulation sanguine.
— Conseil
Douleur
La douleur en un point d o n n é de la peau influence les Les s t i m u l o t h é r a p i e s sont utiles pour rendre le corps
circuits du système nerveux et peut ainsi "camoufler" moins sensible aux maladies. En cas de maladies exis-
une douleur chronique du corps et interrompre la trans- tantes, elles peuvent contribuer à r é d u i r e la consom-
mission de la douleur La douleur stimule aussi le système mation de m é d i c a m e n t s .

32
L'immuno-
modulation

L'immunomodulation le travail est effectué par des cellules qui font partie de
la grande famille des globules blancs et par d'autres
substances messagères présentes dans le sang.
Chaque contact avec un élément étranger au corps
— Historique
suscite d'abord une réaction immunitaire aspécifique.
La thérapie en soi n'a rien de réjouissant : brûler la Les phagocytes et "cellules tueuses" détruisent l'enva-
peau par un fer chauffé à blanc pour chasser la syphi- hisseur ou du moins l'attaquent. Ils s'occupent aussi
lis. Ce traitement appliqué au Moyen-Âge est pourtant des cellules erronées produites par le corps (les cellules
le résultat d'une longue expérience et détient tout de cancéreuses).
même un noyau de vérité : la stimulation du système Ce que nous reconnaissons comme symptômes
immunitaire. C'est sur base de ce principe que Cari d'une inflammation - la rougeur, réchauffement, l'œ-
Baunscheidt (1809-1873) traitait les enfants atteints dème - est le résultat de processus qui se déroulent en
de refroidissements : il égratignait la peau et frottait cascade au sein de ce système.
dans les plaies un produit irritant (voir p. 53). L'interféron fait partie du système de défense aspé-
Il est question d'autres expériences qui, de prime cifique et met fin à la dissémination de virus dans les
abord, paraissent surprenantes mais qui s'expliquent cellules du corps. Il freine la multiplication de cellules
aujourd'hui grâce aux connaissances acquises sur le normales et de cellules tumorales, et diminue ou active
fonctionnement du système immunitaire. A la fin du les réactions du système de défense spécifique. Les in-
19e siècle, Robert Koch (1843-1910) constata que les terférons alpha, bêta et gamma ont été acceptés de-
personnes atteintes d'une infection chronique, comme puis quelques années comme nouveaux médicaments
la tuberculose, contractaient rarement une autre infec- pour le traitement d'infections virales sévères et de
tion sévère. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'ef- certains types de cancers.
fet immunisant de la saleté protégea longtemps les L'activité de la deuxième ligne de protection, le sys-
gens contre les infections. Il existe aujourd'hui des in- tème de défense spécifique, est responsable de ce que
dications permettant d'affirmer qu'un système immu- l'on appelle "l'immunité".
nitaire qui a enduré de nombreuses infections pendant Le système immunitaire spécifique réagit aux sub-
l'enfance profite plus tard de cet "entraînement" : ces stances étrangères au corps, les antigènes. Ces der-
enfants sont moins susceptibles de développer des niers ont à leur superficie un "signe de reconnais-
leucémies ou autres pathologies malignes de l'héma- sance" qui induit une réaction de la part des lympho-
topoïèse que les autres enfants. cytes B. Les lymphocytes B sont des globules blancs qui
assurent certaines tâches au sein du système immuni-
taire. Le contact entre les antigènes et les lympho-
— Concept de base cytes B suscite la production d'immunoglobulines. Les
Quand on considère le nombre de bactéries et de virus, immunoglobulines se lient à l'antigène et peuvent
de moisissures et d'unicellulaires qui nous entourent, ainsi le rendre inoffensif. C'est pour cette raison qu'on
nous ne pouvons pas encore trop nous plaindre. La les appelle également anticorps.
peau, les muqueuses et l'estomac sont, chez une per- Le contact entre les antigènes et les lymphocytes B
sonne saine, des barrières contre les envahisseurs. suscite aussi l'apparition de "cellules à mémoire", qui
Chaque "étranger" qui parvient à franchir ces barrières reconnaîtront encore l'antigène des années plus tard.
est combattu dans notre corps par deux mécanismes : le C'est cette "mémoire" qui nous immunise contre une
système de défense aspécifique et ses réactions congé- maladie. Au moment où ces cellules reconnaissent un
nitales, et le système de défense spécifique qui apprend envahisseur, elles réagissent de façon inouïe : chaque
de nouvelles choses toute la vie. Pour chaque système, cellule compétente alertée produit environ 2 000 anti-

33
Principes
de base
des thérapies

corps par seconde. Ceux-ci s'abattent sur les antigènes logie". Leur recherche porte sur la façon dont l'expé-
de telle sorte que l'homme ne tombe pas "vraiment" rience, le sentiment et le comportement, en tant
malade au départ. qu'expressions du système nerveux, sont communi-
Les lymphocytes T sont un autre groupe de cellules qués au cerveau, sur l'impact de tout ceci sur le sys-
du système immunitaire spécifique. Le T est mis pour tème hormonal et/ou immunitaire, et sur l'influence
"thymus", une glande où ces globules blancs sont for- des réactions de ces mêmes systèmes sur l'état géné-
més à leur tâche immunologique (voir p. 242). Une ral. Les éléments qui relient ces différents systèmes
sous-espèce de lymphocytes T s'attaque aux cellules sont les faisceaux et plexus nerveux. Les organes du
d'origine étrangère. Ce sont eux qui provoquent, par système immunitaire - la rate, la moelle osseuse, le
exemple, le rejet d'une greffe après transplantation et thymus, les ganglions et canaux lymphatiques - sont
qui combattent les cellules cancéreuses. Une autre sous- directement reliés au cerveau par les fibres nerveuses.
espéce freine toute l'activité immunitaire. En cas de sida, Nombre de cellules du système immunitaire sont
une maladie qui affaiblit le système immunitaire, ce type proches des cellules nerveuses.
de cellule se multiplie au point de dominer la situation. La communication entre les trois systèmes se fait
Cette présentation du système immunitaire est for- par l'intermédiaire de produits signalétiques. Il s'agit
tement simplifiée mais donne tout de même une idée généralement d'hormones ou de substances hormo-
des interactions complexes qui s'y déroulent. Un sys- nales produites par des glandes hormonales du cer-
tème aussi ramifié et influençable à tant de niveaux veau et du reste du corps. Un autre groupe de sub-
est, bien sûr, sensibles à certains troubles. L'allergie est stances de transfert sont les neurotransmetteurs et les
un exemple de dysfonctionnement; il s'agit d'une hy- neuropeptides.
persensibilité aux antigènes. Les maladies auto-im- Lorsque les cellules nerveuses délivrent une sub-
munes constituent un autre exemple. Dans le cas de stance "signal", le système hormonal réagit. Les hor-
ces pathologies, le corps n'est plus à même de faire la mones sécrétées vont à leur tour susciter les réactions
distinction entre ce qui est étranger et ce qui ne l'est du système immunitaire. Quand les signaux du système
pas. Des substances et des tissus du corps se font atta- nerveux indiquent un "stress", par exemple, la surré-
quer, ce qui engendre des troubles. On soupçonne un nale va produire une plus grande quantité de cortisol.
caractère auto-immun pour certaines maladies dont la Son action est très souhaitée lors d'un stress : le corps
cause n'a pu être définie de façon irréfutable à ce jour. est alors capable de supporter des sollicitations impor-
La polyarthrite rhumatoïde chronique, le diabète de tantes pendant une plus longue période. Au niveau du
type I, la sclérose en plaques et l'hyperthyroïdie sont système immunitaire, le taux de cortisol plus élevé est
des exemples de maladies auto-immunes. plutôt négatif : il freine la formation d'anticorps et de
Relation avec d'autres systèmes du corps cellules tueuses. Résultat : le système immunitaire voit
Le système immunitaire est un des grands organes du ses performances décroître et les maladies infectieuses
corps. Il travaille en interaction avec d'autres systèmes peuvent plus facilement s'installer. Ceci explique le fait
du corps, comme le système nerveux et le système que des personnes vivant sous un stress important tom-
hormonal. Au sein de cet énorme réseau, tout tient bent plus facilement malades que celles qui vivent de
avec tout. Un changement en un endroit entraîne irré- manière plus paisible. Certaines indications laissent
médiablement un changement en un autre endroit. penser que des sollicitations exagérées, permanentes et

Deux types de recherche relativement jeunes ten- récurrentes du corps favoriseraient le développement

tent de percer à jour le jeu d'interaction entre ces dif- de maladies auto-immunes, comme l'arthrite, le dia-

férents systèmes. Ces accords de collaboration entre la bète et l'hyperthyroïdie, voire même le cancer.

médecine et la psychologie s'appellent la "psycho- L'effet contraire, positif pour le système immuni-
neuro-endocrinologie" et la "psycho-neuro-immuno- taire, renforce l'homme, fait fonctionner tout ce qui lui

34
L'immuno-
modulation

fait du bien et lui fait sentir la force dont il dispose. La exemples de la f a ç o n dont on peut stimuler notre d é -
personne qui passe à l'offensive et ne s'abandonne fense naturelle.
pas à la maladie g u é r i t plus vite que celle qui souffre Leurs contraires induisent une sollicitation psychique,
en silence. Rien ne paralyse autant le corps et l'esprit un stress indésirable et des efforts physiques extrême s :
que le sentiment d ' ê t r e r é d u i t à l'impuissance. L'in- ils affaiblissent les forces du système immunitaire.
fluence positive des sentiments et du comportement, Nombre de produits d'origine v é g é t a l e , animale,
la joie et l'optimisme par exemple, peut être q u a l i f i é e organique et inorganique influencent le système im-
de r é a c t i o n biochimique au m ê m e titre que la concen- munitaire. Ceci peut être m e s u r é dans des cultures cel-
tration de substances "signal" et similaires. lulaires ou lors de tests sur des animaux. Pour toutes
Nombre de systèmes m é d i c a u x anciens expliquent les techniques, la f r o n t i è r e entre la stimulation utile ou
cette c o h é s i o n entre s a n t é et maladie et l'action cura- l'hyperstimulation nocive est difficile à d é t e r m i n e r . Elle
tive de certaines mesures d'une f a ç o n que nous avons varie de personne à personne et d'un moment à un
du mal à comprendre aujourd'hui. Leur seul point de autre, et les conditions changent sans cesse selon le
concordance est l'état p a r t i c u l i è r e m e n t maigre de type de stimulation. Le systèm e immunitaire réagit en
leurs connaissances sur la constitution et le fonction- tout cas de f a ç o n bien plus d i f f é r e n t i é e qu'on ne l'at-
nement du corps. Au travers de la plupart de ces sys- tendait g é n é r a l e m e n t . Pour les immunostimulants
t è m e s m é d i c a u x , chemine la p e n s é e qu'une vie saine d'origine v é g é t a l e , voir p. 117.
implique une mise en é q u i l i b r e d ' é l é m e n t s d i f f é r e n t s
et contraires. Dans le bouddhisme zen il s'agit du yin
et du yang, dans l'Ayurveda ces é l é m e n t s s'appellent
—Traitement et auto-traitement
Vata, Pitta et Kapha, pour les anthroposophes ce sont L'immunostimulation poursuit deux buts : soit p r é v e n ir
le corps, l'esprit, l ' â m e et le je. Il est possible que ce les maladies, soit les combattre de f a ç o n plus inten-
que la recherche moderne d é c o u v r e comme interac- sive. Ceci se fait en stimulant directement la prestation
tions entre le s y s t è m e nerveux, hormonal et immuni- du système immunitaire ou en e x e r ç a n t une influence
taire n'est d'autre que la face scientifique naturelle sur autre chose, qui à son tour a un impact sur le sys-
des d é c o u v e r t e s de ces anciens courants m é d i c a u x , t è m e immunitaire.
d é c r i ts à leur m a n i è r e et sur base de leurs connais- La recommandation d'usage veut que l'on renforce
sances. notre système de d é f e n s e par une "cure" une à deux
fois par an. Le type de cure et les moyens utilisés d é -
pendent de la conviction de celui qui formule la re-
— Procédé
commandation. L'arsenal mis à disposition va de la
Du temps de nos g r a n d s - m è r e s , l'immunomodulation cure de Kneipp à la t h é r a p i e à base d'extraits thyroï-
n ' é t a i t rien d'autre que le fait de "s'endurcir" et on se diens, en passant par les saignées et l ' a u t o - h é m o t h é -
d é b r o u i l l a i t avec tout ce que l'on trouvait (voir stimu- rapie.
l o t h é r a p i e p. 30 et cures p. 138). Aujourd'hui, on s'en
tient à une version plus pratique, on avale des "immu-
— Explication de l'action
nostimulants" comme des m é d i c a m e n t s ou on se les
fait injecter. Chaque stimulation s p o n t a n é e , comme l'eau froide
L'immunomodulation est un traitement à base de par exemple (voir t h é r a p i e de Kneipp p. 47), et
stimuli qui touchent le corps et l'esprit en m ê m e chaque blessure active le s y s t è m e immunitaire. Les
temps. Une alimentation é q u i l i b r é e , une occupation traitements à base d'injections recourent g é n é r a l e -
sportive, la relaxation, marcher dans l'eau ou se rendre ment à cet effet (voir acupuncture p. 153, t h é r a p i e
au sauna, la joie et la satisfaction ne sont que quelques neurale p. 232).

35
Principes
de base
des thérapies

Les inflammations, m ê m e induites de f a ç o n artificielle, nitaire augmente dans le m ê m e temps la production


ont le m ê m e effet (voir t h é r a p i e de Baunscheidt p. 63). de certains anticorps.
L'action n'est pas dirigée sur des agents patho- • Les mesures immunostimulantes actives p r é s e n t e n t
g è n e s d é t e r m i n é s ; les stimuli e n t r a î n e n t le système im- des effets secondaires. Chaque m é t h o d e p r é s e n t e ses
munitaire a s p é c i f i q u e , de sorte que les envahisseurs se risques particuliers (voir immunostimulants v é g é t a u x
heurtent à une d é f e n s e bien p r é p a r é e . p. 117).
Nombre de substances et de mesures renforcent • Lorsqu'un produit ou une m é t h o d e est p r é s e n t é
é g a l e m e n t l ' i m m u n i t é s p é c i f i q u e et travaillent ainsi sur comme totalement d é n u é de risque, on peut c o n s i d é -
les deux tableaux. Ce genre de traitements influencent rer qu'il n'est pas actif.
aussi l'équilibre psychique. La personne qui d é c i d e • Les cycles de r é g u l a t i o n complexes du m é c a n i s m e
après une p é r i o d e de souffrance passive de "se faire de d é f e n s e ne sont pas encore suffisamment bien
du bien" reprend le c o n t r ô l e en main. Elle commence connus à ce jour. L'intervention dans cet ensemble re-
en outre le traitement dans l'espoir qu'il va enfin ap- lève plus d'une e x p é r i e n c e m e n é e à l'aveuglette que
porter un changement à la situation. d'une t h é r a p i e v é r i t a b l e m e n t ciblée. Une personne d é -
De nombreuses t h é r a p i e s alternatives et leurs re- sireuse de renforcer son système immunitaire fait bien
p r é s e n t a n t s , mais bien sûr aussi les m é d e c i n s conven- de choisir des m é t h o d e s dont le risque prévisible est le
tionnels, activent ce facteur espoir ou "action d é c i - plus faible possible.
sive" face à leurs patients. Il est fort probable qu'une • Les techniques à haut risque ne peuvent être appli-
partie de l ' a m é l i o r a t i o n s p o n t a n é e c o n s t a t é e suite à quées que par un m é d e c i n et pas par d'autres t h é r a -
l'application de ces d i f f é r e n t s modes t h é r a p e u t i q u e s peutes.
soit due à leur activation de ces facteurs.

—Conseil
— Risques et critique
Seules les i m m u n o t h é r a p i e s à faible risque peuvent
Au sein du systèm e immunitaire, nombre de facteurs être conseillées.
individuels sont à p r é s e nt mesurables. On peut comp- Les t h é r a p i e s à haut risque o ù l'on introduit
ter les lymphocytes, d é t e r m i n e r le niveau d'anticorps quelque chose dans le corps (par ingestion ou injec-
dans le sang, mesurer la concentration d'interleukines, tion) sont à déconseiller.
etc. Mais on ne sait pas vraiment ce que tout ceci re- Immunomodulation à faible risque
p r é s e n t e par rapport à l'ensemble. Toutes les m é t h o d e s physiques, comme le froid (voir
• L'immunostimulation est une s t i m u l o t h é r a p i e . Pour p. 42), la chaleur (voir p. 42), les douches alternantes
faire de l'effet, le système doit encore être en é t a t de (voir p. 54), le sauna (voir p. 44), la c l i m a t o t h é r a p i e
réagir à la stimulation. (voir p. 142), le mouvement (voir p. 75), la d i é t é t i q u e
• La dose, le genre, la d u r é e et le moment de l'appli- qualitative (voir p. 83), la relaxation (voir p. 121), le
cation sont des é l é m e n t s essentiels. Le système immu- massage (voir p. 68).
nitaire réagit d i f f é r e m m e n t selon qu'on le stimule Immunomodulation à haut risque
avant, pendant et après le contact avec l ' é l é m e n t Le j e û n e (voir p. 92), la t h é r a p i e de Baunscheidt (voir
contre lequel on désire le renforcer. p. 63), les p r é p a r a t i o n s végétales à avaler ou à injecter
• Il est difficile de d é t e r m i n e r la dose correcte propre (voir p. 117), les substances injectables comme les p r é -
à un individu. Un programme d'activités sportives salu- parations à base de bactéries (voir p. 235).
taire pour l'un peut s'avérer nuisible pour l'autre.
• On assiste parfois à des effets paradoxaux inexpli-
cables : un m é d i c a m e n t qui r é p r i m e le système immu-

36
La thérapie
del'ordre

La thérapie de l'ordre

—Historique
Les chamans, les sorciers et les m édecinsd'antan ne
guérissaient pas uniquement au moyen de m édica-
ments ou d'interventions chirurgicales, mais aussi par
des rituels, de la musique et de la danse, des états de
transe, l'hypnose et les cures de sommeil. L'action thé-
rapeutique était toujours intégréeàla com m unautéso-
ciale, un élém ent desesconceptions religieuses et desa
culture. Elle influençait lecomportement et l'état d'âm e
des malades. Pendant l'Antiquité, un bon m édecinétait
quelqu'un qui se souciait autant des besoins physiques Lathérapiede l'ordre constitue le noyau des thérapies
que spirituels de la personne qui seconfiait à lui. Cette naturelles. Les principes de base peuvent en être re-
vision large de la m édecines'est perdue depuis ces trouvésdans la m édecine de cures (voir p. 138), qui
150 dernières années. Le souvenir en subsiste dans fait appel à la responsabilité du patient vis-à-vis de sa
l'image idéalisée du "m édecin de famille" qui connaît personne et souligne le rôlede catalyseur du m édecin.
tous lesbesoins deses patients, lesmoindres recoinsdes Situation actuelle
coulisses familiales et agit en connaissance decause. La percée de la psychosomatique au sein de la m éde-
Il ya50ans environ, lem édecinsuisseMaximilian Os- cine reflète bien la résurgencede l'idéeque lecorps et
kar Bircher-Benner (1867-1939), l'inventeur du muesli l'esprit collaborent, que des troubles et plaintes phy-
(voir p. 86), utilisa pour lapremièrefois leconcept dethé- siques peuvent être le résultat de problèmes mentaux,
rapiedel'ordre. Ceconcept sebasesur l'idéeantique de sociaux et relationnels, et que les maladies et la souf-
la "diaita" qui nous a donné entre autres le mot diété- france physique ont à leur tour un impact sur l'esprit.
tique et sur les propositions de Sébastian Kneipp (voir Dans certains pays européens, les m édecinspeuvent
p. 47). L'ordresignifie ici : vivrede manière sainesur tous depuis peu suivre uneformation en soins psychosoma-
les plans. Lerecours m odéréet raisonnable aux aliments tiques de base. Ils apprennent alors, sur base d'une
et àla boisson enfait égalem ent partie (voir alimentation discussion avec le patient, àidentifier les rapports pos-
p. 82). La peau doit absorber la lumière du soleil et être sibles entre les plaintes et le mode devie et à modifier
entouréede tem pératuresfluctuantes; les poumons doi- des comportements ou des habitudes néfastes. La for-
vent se remplir d'air frais. L'homme est obligéde tenir mation de psychologue clinique et la m édecine com-
compte, pour son propre bien, de son "horloge inté- portementale permettent aux psychologues et aux
rieure" et de prévoirune alternance naturelle de phases psychothérapeutesd'apprendre les techniques spéci-
detravail et detemps libre, d'effort et de repos, de som- fiques pour influencer les maladies en ce sens. Leurs
meil et deveille. Lemanque de mouvement et destimu- m éthodes apprennent égalem ent aux patients de
lation physiquedoit êtrecom pensépar lasollicitation cor- mieux appréhender leur maladie et suscitent plus de
porelle (voir thérapiedu mouvement p. 76). com préhensionde la part de leurs proches. Dans la
Bircher-Benner était convaincu que toute personne formation com plém entaire en m édecine naturelle,
respectant "avec amour et joie" les prescriptions de l'équilibreentre les fonctions corporelles et l'harmonie
cet ordre dispose d'un esprit sain et m aîtriseses sautes dans le comportement personnel est mis au premier
d'humeur. plan.

37
Principes
de base
des thérapies

—Concept et explication de l'action encourager à écouter leur propre corps et leurs senti-
Lesystème végétatif et l'esprit s'influencent mutuelle- ments.
ment. Il existe de plus en plus de preuves scientifiques Par lebiaisdequestionsciblées, lethérapeutefait réali-
pour affirmer que l'état mental influence même lesys- ser au patient lefait qu'il semineet qu'il est trop exigeant
tème nerveux, hormonal et immunitaire (voir immuno- avec lui-même. Au cours de discussions de motivation, il
modulation p. 33). On sait qu'une attitude positive fait lui montre les opportunitésdechanger dedirertion.
disparaître la souffrance et la douleur et que, dans le Onnepeut, dujour aulendemain, élim inerdesfacteurs
cas contraire, un état dépressif permanent et une mise derisquecomme lestresset l'obésité, et sedébarrasser de
sous pression rendent les plaintes insupportables. mauvaiseshabitudescomme lemanquedemouvement, la
surexcitation et laprisedeproduits euphorisants.
E m prisonné dans le cycle d'une vie infernale, d'in-
Le thérapeutetente d'abord de normaliser et de
somnies, de surexcitation, d'ingestion de produits sti-
renforcer lesfonctions de base de l'organisme, comme
mulants, calmants, immunisants, lavoie de sortie
la respiration, latherm orégulation, ladigestion, le
semble impossible à trouver
sommeil et l'im m unité.
Dans un état de relaxation - ou proche de l'état de
Il parvient généralem ent à adapter en parallèle la
transe - il devient possible de reconnaîtreles facteurs
vie quotidienne au rythme intérieur propre au patient.
perturbateurs, de procéder àune bonne réflexionet de
Ce succès s'exprime souvent sous la forme d'une ali-
s'approprier les impulsions nécessairesau changement.
mentation plusconsciente, d'une victoire sur la facilité.
Lethérapeutefacilite lechoix de cette voie au patient.
Quand on se rend compte ensuite comment un repas
bien com poséam éliorelegoût (voir diététiquequalita-
tive p. 83), comment une promenade régulière ou
—P
ro
céd
é l'exercice d'un sport (voir thérapie du mouvement
Le procédéde base est le dialogue de confiance entre p. 76) augmente le plaisir de vivre et favorise, le cas
le thérapeuteet le patient. échéant, la perte de poids, la motivation àtendance à
Cependant, dans 99 cas sur 100, les paroles du s'étendredans le temps.
m édecin ne constituent pas une stimulation suffisante Vivre defaçonconsciente l'influence de l'état d'âm e
pour changer de comportement lorsqu'on ne et de l'humeur sur les plaintes donne envie d'y apporter
s'adresse pas à des couches plus profondes de la per- un changement positif. Bien plus que l'on ne pourrait le
sonnalité. Lespatients peuvent égalem ent apprendreà croire, il est possible de changer des conditions de vie
les sonder par eux-mêmes. D ifférentesvoies mènent à stressantes ou d'apprendre àmieux les supporter
ce but : les techniques de relaxation (voir p. 121) et la Pour que la thérapieréussisse, il faut absolument
thérapierespiratoire (voir p. 128), dans une certaine être disposéàchanger de vie. M algrétous les efforts,
mesure l'hypnose (voir p. 132), dans des circonstances certains retombent dans l'erreur; le thérapeuteles ai-
particulières lam éditation(voir p. 125), l'expression ar- dera alors àvaincre leurs faiblesses. Il doit les encoura-
tistique et l'art (voir m édecine anthroposophique ger, étape après étape, les contrôler et les stimuler à
p. 172, m usicothérapiep. 134 et biodanse p. 135). l'exercice d'une activité, éventuelem ent à l'apprentis-
sage d'une technique de relaxation. Lebut de la théra-
pie de l'ordre est une vie plus équilibrée.
—Pratique
De nombreux malades ne connaissent pas le lien entre
la maladie, le mode devie et l'état d'esprit, ou ont ten-
—Indications
dance à vouloir l'ignorer. Le thérapeutea pour tâche La thérapiede l'ordre est utile en cas d'états d'épuise-
d'aiguiser leur perception de cette interaction et de les ment, detroubles végétatifset fonctionnels, d'affections

38
La thérapie
de l'ordre

psychosomatiques et chroniques. Elle jette les bases ces sollicitations peuvent rendre une personne malade,
d'une vie salutaire pour la condition physique et men- et on ne peut toujours les influencer personnellement.
tale. Elle peut prévenir les maladies, a t t é n u e r les plaintes • Si une personne ne parvient pas à changer ses
et renforcer le patient après la guérison d'une maladie. mauvaises habitudes en faisant preuve de sens de res-
Limites de l'application p o n s a b i l i t é , elle peut d é v e l o p p e r un sentiment de cul-
La t h é r a p i e de l'ordre ne peut pas g u é r i r des maladies pabilité qui pourra, à son tour, engendrer une maladie.
existantes. • Notre m a n i è r e de vivre est fortement d é t e r m i n é e
par certains aspects sociaux. Pour des raisons sociales,
il n'est pas toujours possible d'aller " à contre-cou-
— Critique
rant" .
• Le mode de vie d é t e r m i n e la santé et l'espérance de
vie : sur base de cette devise, les t h é r a p e u t e s naturels
— Conseil
de tous les temps ont p r o p a g é l'idée d'une vie "saine"
et é q u i l i b r é e . Ces courants ne tiennent cependant pas La t h é r a p i e de l'ordre est à conseiller lorsque le mode
compte du fait que des conditions g é n é t i q u e s , so- de vie est é g a l e m e n t à l'origine des plaintes, ou quand
ciales, politiques et é c o l o g i q u e s influencent é g a l e m e n t des maladies influencent c o n s i d é r a b l e m e n t le rythme
la santé : le travail en é q u i p e s , les produits toxiques, le de vie. Elle est utile pour préveni r certaines situations
bruit et la frénésie au travail et dans l'environnement, pathologiques ou comme traitement post-trauma-
le sort qui s'acharne, les p r o b l è m e s relationnels. Toutes tique.

39
Méthodes theraoeutiaues classiques

40
Méthodes
thérapeutique:
classiques
Méthodes
thérapeutiques
classiques

Fébrothérapie
Les thérapies La fièvre est une tentative du corps de
du chaud et du froic détruire les agents p a t h o g è n e s pré-
sents en les exposant à une chaleur
excessive. Il n'est dès lors pas tou-
jours indiqué de faire baisser cette
— Historique
fièvre i m m é d i a t e m e n t . Il convien-
Une personne malade se couche, dra cependant d'agir dés que la
s'enroule dans les couvertures et fièvre augmente au point d'en arh-
laisse agir la chaleur Le repos et la v e r à une "insolation interne" (plus
chaleur ont toujours é t é des re- de 40,5°C) ou quand elle persiste
m è d e s "maison" contre la maladie. longtemps et affaiblit trop le corps.
Refroidir des plaies douloureuses Le corps a manifestement besoin de
avec de l'eau claire, c'est ce que l'on l'importante "impulsion" d o n n é e par
observe aussi chez l'animal. Les t h é r a - la fièvre. Les personnes qui ont rare-
peutes et les m é d e c i n s d'antan recou- ment de la fièvre souffrent souvent d'in-
raient é g a l e m e n t à la chaleur de différentes fections récurrentes qui ne veulent pas guérir
intensités. Il y a bien longtemps déjà, nos an- La f é b r o t h é r a p i e tente d'induire par des m é d i -
cêtres utilisaient en alternance le chaud et le froid pour caments une fièvre artificielle élevée lorsque le corps
nettoyer et endurcir le corps (voir sauna p. 44). du malade n'est pas capable de g é n é r e r une fièvre cu-
rative de bon niveau. Cette t h é r a p i e met hors jeu le
système de t h e r m o r é g u l a t i o n du corps.
— Concept et explication de l'action
Chaleur Froid
Nos connaissances, acquises par l'expérience , sont au- Les vaisseaux sanguins se resserrent sous l'effet du
jourd'hui e x p l i q u é e s par la science. froid, les muscles se contractent pour ensuite se relâ-
La chaleur dilate les vaisseaux sanguins, a m é l i o r e la cher. Dans le m ê m e temps, la douleur disparaît car les
circulation et relâche les muscles. Les faisceaux nerveux nerfs responsables de la transmission des stimuli de
qui transmettent la douleur se voient ainsi d é c h a r g és froid envoient plus vite leurs messages au cerveau que
de la pression qui les stimule. Les e x t r é m i t és nerveuses les faisceaux nerveux qui transmettent la douleur. Une
c u t a n é e s, sensibles à la chaleur, v é h i c u l e n t les stimuli r é g i o n de la peau fortement refroidie ne ressent ni le
de chaleur vers la moelle épiniére qui les aiguille à son froid ni la douleur.
tour jusqu'au cerveau o ù se situe le centre de douleur. Le froid stimule le rythme cardiaque. Ce c œ u r qui
C'est là que se d é r o u l e n t les processus chimiques qui bat plus vite doit e m p ê c h e r la baisse de la t e m p é r a -
modulent la sensation de douleur. La chaleur stimule le ture interne du corps. Le froid ralentit temporairement
m é t a b o l i s m e cellulaire... et r é c o n f o r t e aussi l ' â m e . l'activité des glandes, stimule l'intestin et a t t é n u e la
Thérapie liypertliermique douleur provenant des inflammations. Le froid freine
Par cette t h é r a p i e , on tente de donner au corps une aussi l ' h é m o r r a g i e et diminue l ' œ d è m e . La stimulation
q u a n t i t é de chaleur dont il a besoin, mais qu'il ne peut par le froid d'une zone réflexe de la peau (voir p. 72)
produire l u i - m ê m e . La t e m p é r a t u r e interne du corps permet une action à distance sur d'autres zones du
augmente l é g è r e m e n t . Le corps tente de compenser corps g r â ce aux arcs réflexes. Là aussi, la tension mus-
l'excès de chaleur par la transpiration. Cette transpira- culaire sera a u g m e n t é e et l'irrigation sanguine, dimi-
tion aura en outre pour effet de nettoyer la peau. n u é e . Le froid stimule le systèm e nerveux v é g é t a t i f .

42
Les thérapies
du chaud
et du froid

— Pratique de gel que l'on refroidit d'abord j u s q u ' à 18°C mini-


mum et que l'on appose ensuite (compresses, voir
Chaleur
p. 57).
La clialeur a besoin d'un "auxiliaire" pour agir suffi-
samment longtemps sur la peau. Les bandes de tissu,
— Indications
l'eau, la boue ou la terre m é r i t e n t le premier choix.
Elles ont la p r o p r i é t é de conserver très longtemps la Chaleur
chaleur Mais les pommades qui a m é l i o r e n t la circula- La chaleur s'avère souvent utile en cas de maux liés à
tion, les rayons chauffants, la bouillotte et la chaleur l'âge, de refroidissement, de grippe, de douleurs
du lit peuvent é g a l e m e n t a t t é n u e r la douleur et pro- menstruelles, de sciatique, de tension musculaire,
mouvoir le processus de g u é r i s o n . d'inflammation nerveuse, de rhumatisme non inflam-
L'intensité de l'action de la chaleur d é p e n d de l'âge matoire et d'autres maladies.
et de l'épaisseur de la peau. Le moment dans la j o u r n é e Thérapie hyperthermique
joue é g a l e m e n t un rôle dans l'application de la chaleur. Elle est censée aider le corps dans sa d é f e n s e contre
Les t h é r a p i e s suivantes recourent à l'action de la les refroidissements et la grippe.
chaleur : les enveloppements chauds (voir p. 57), les Fébrothérapie
applications d'eau (voir p. 51), les bains (voir p. 54), le Elle est censée lutter contre les infections chroniques,
sauna et le bain de vapeur (voir p. 44), le massage les allergies et affections intestinales et m ê m e le cancer,
(voir p. 68) et la p h o t o t h é r a p i e (voir p. 66). mais elle comporte de grands hsques (voir plus loin).
Limites de l'application
Thérapie hyperthermique Un visage l é g è r e m e n t rouge et une forte transpiration
En recouvrant c o m p l è t e m e n t le corps d'une enveloppe ne constituent pas une raison pour interrompre le trai-
chauffante (voir p. 57) ou en le plongeant dans un tement par la chaleur. Cependant, quand la t e m p é r a -
bain très chaud (voir p. 54), on r é c h a u f f e les couches ture du corps augmente soudainement, que l'on ne
superficielles et la t e m p é r a t u r e interne du corps aug- transpire plus mais que l'on ressent des maux de t ê t e
mente d'un d e g r é . On "simule" ainsi une légère fièvre. et des envies de vomir, il y a risque de perte de
Le sauna et le bain de vapeur (voir p. 44) augmentent conscience. Il faut alors se rafraîchir en s'arrosant
é g a l e m e n t la t e m p é r a t u r e interne du corps pendant la d'eau froide et, sans s'essuyer, se reposer en se cou-
phase de r é c h a u f f e m e n t . Pendant la phase de refroi- vrant soigneusement.
dissement, elle baisse à nouveau. Cette interaction en- On ne peut traiter une zone de veines malades par
traîne tous les circuits fonctionnels du corps. la chaleur : cela aggraverait l'affection vasculaire. Pour
Fébrothérapie les tendinites et autres inflammations aiguës ou chro-
Le t h é r a p e u t e injecte un produit immunostimulant (une niques, le traitement par la chaleur n'est pas i n d i q u é .
p r é p a r a t i o n à base de gui, voir p. 119, ou un extrait de
constituants bactériens), ce qui suscite la fièvre. La tem- Froid
pérature du corps augmente alors de quelques degrés. Le froid agit sur les œ d è m e s , peut arrêter les saigne-
ments et a t t é n u e la douleur II peut être utile dans les
Froid inflammations aiguës. Une stimulation par le froid de
Un traitement par le froid peut être a p p l i q u é en arro- courte d u r é e assure une réaction de chaleur de plus
sant d'eau froide (de 12 à 15°C environ), en faisant longue d u r é e . L'alternance de froid et de chaud active
prendre des bains ou des douches en alternance, ou la circulation sanguine. Avant chaque traitement par le
en marchant dans de l'eau ou de la neige (voir p. 54). froid, il faut vider la vessie et l'intestin. Aprè s chaque
On peut fabriquer des compresses à base de glace ou traitement par le froid, il faut bien réchauffer le corps.

43
Méthodes
thérapeutiques
classiques

Limites de l'application les applications en alternance sont utiles pour les


Le froid ne peut être utilisé que lorsque le corps est parfai- plaintes m e n t i o n n é e s ci-dessus et les effets secon-
tement chaud et que la t e m p é r a t u r e ambiante n'est pas daires sont rares. Ces traitements font partie des sti-
inférieure à 20°C. Si pendant le traitement la peau ne de- m u l o t h è r a p i e s classiques qui endurcissent le corps
vient pas rouge ou blanche ou si l'on frissonne, il faut se (voir t h é r a p i e de Kneipp p. 47).
réchauffer i m m é d i a t e m e n t . On peut se mettre au lit Fébrothérapie
(éventuellement avec une bouillotte) ou faire de l'exercice. Pour les maladies m e n t i o n n é e s , l'action n'est pas
En cas de maladies infectieuses aiguës, surtout aux scientifiquement d é m o n t r é e . Les effets secondaires -
voies urinaires, de maladies cardiovasculaires sévères nausées, p r o b l è m e s de circulation sanguine, throm-
ou de trouble de la sensation du froid, on n'appli- boses, embolies pulmonaires, réactions allergiques -
quera pas de traitement par le froid. sont désagréable s et dangereux; le risque est élevé.
Les affections chroniques seront traitées par la chaleur M ê m e sous c o n t r ô l e m é d i c a l , des personnes sont d é -
ou le froid de courte durée, tandis que les maladies aiguës cédées à cause de cette t h é r a p i e .
et très douloureuses recevront un traitement par le froid.

—Conseil
— Risques
Les traitements par la chaleur et par le froid sont à
Chaleur conseiller comme moyen de p r é v e n t i o n et comme
Nombre de personnes ne supportent pas le traitement t h é r a p i e de r é g u l a t i o n . Ils constituent en outre un bon
par la chaleur du fait de leur constitution. r e m è d e maison pour des plaintes et des douleurs b é -
Thérapie hyperthermique nignes (voir t h é r a p i e de Kneipp p. 47). La f é b r o t h é r a -
La chaleur forte sollicite le c œ u r Avant le traitement, le pie est à déconseiller.
m é d e c i n s'exprimera sur le bien f o n d é de l'application.
Fébrothérapie
Une fois l'hyperthermie e n g a g é e , le corps ne peut
plus se d é f e n d r e et la fièvre ne cesse d'augmenter. Les
t e m p é r a t u r e s de plus de 4 2 ° C constituent une charge
Le sauna
e x t r ê m e pour le c œ u r et la circulation sanguine et ris- et le bain de vapeur
quent d'endommager les tissus. Dans le cas d'une in-
solation ou d'un coup de chaleur, la t e m p é r a t u r e dans
le cerveau peut atteindre entre 41 et 4 3 ° C , ce qui af-
fecte les cellules nerveuses. Surviennent alors des
— Historique
crampes et un délire suivis d'une perte de conscience. Sauna
A l'origine, le mot "baigner" signifiait " r é c h a u f f e r " .
Froid Ces bains o ù l'on transpire é t a i e n t déjà connus à
Ouand des compresses froides du commerce restent trop l ' é p o q u e primitive. Les Scythes d'Asie Mineure se puri-
longtemps en contact avec la peau, celle-ci peut geler La fiaient après l'enterrement d'un mort en chauffant
peau et les articulations sous-jacentes doivent toujours l ' i n t é h e u r d'une tente f e r m é e à l'aide de pierres
être protégées par un linge de l'action directe du froid. chaudes. Cette f a ç o n de purifier le corps é t a i t déjà
connue des peuplades asiatiques et se r é p a n d i t g r â ce
à eux dans le monde entier. Les peuples qui envahi-
— Critique
rent le continent a m é r i c a i n en passant par le d é t r o i t
Les traitements par la chaleur et par le froid ainsi que de Bering e m m e n è r e n t l'habitude avec eux.

44
Le sauna
et le bain
de vapeur

En Asie Mineure, les Grecs firent la connaissance du Bain de vapeur


sauna sec et l'installèrent dans leurs habitations. Les En Russie, cela fait des centaines d ' a n n é e s déjà que
Romains reprirent le bain des Spartiates et d é v e l o p p è - l'on c o n n a î t le "banja" : sur des pierres b r û l a n t e s , on
rent une v é r i t a b l e culture variée de bains et de fait é v a p o r e r de grandes q u a n t i t é s d'eau afin de rem-
thermes. Quand les aqueducs furent interrompus par plir l'espace (dont la t e m p é r a t u r e ne dépasse pas les
les guerres, le manque d'eau mit fin aux bains. 4 5 ° C ) de vapeur d'eau. Notre bain de vapeur provient
Depuis le premier millénaire en Europe Centrale, de ce "banja" russe et non pas du bain turc, o ù l'on
des c h â t e a u x forts et des m o n a s t è r e s , mais plus tard produit de l'air chaud humide mais pas de vapeur.
aussi des fermes furent é q u i p é s de bains que l'on uti- Situation actuelle
lisa pour leur action salutaire. De plus en plus d ' e u r o p é e n s profitent de temps en
De leur r é g i o n asiatique d'ohgine, les Finlandais ra- temps de l'action a g r é a b l e et b é n é f i q u e du sauna
m e n è r e n t en Europe, il y a 2 000 ans environ, leur tra- dans des installations publiques ou privées. Les bains
ditionnelle technique d'espace-bain sec et fortement de vapeur sont moins populaires.
c h a u f f é qu'ils n'ont jamais a b a n d o n n é e à ce jour.
Dans les autres pays e u r o p é e n s , par contre, la tradi-
— Procédé
tion des bains chauds semble avoir é t é o u b l i é e depuis
200 ans déjà. Ce n'est qu'en 1920 que, grâc e à des Une installation de sauna se compose d'une chambre
sportifs finlandais, le sauna acquit une nouvelle re- de r é c h a u f f e m e n t , de pièces pour les applications
n o m m é e et sa culture se r é p a n d i t fortement après la d'eau - avec tuyau d'eau, douche, bain d'eau froide et
Seconde Guerre mondiale. bain de pieds chaud - et d'un espace de repos. L'accès
à l'air libre est important pour le bain de plein air Dans
le sauna proprement dit, la t e m p é r a t u r e au plafond
Ce qu'il faut é v i t e r doit être de l'ordre de 1 0 0 ° C . Au niveau du sol, elle
est d'environ 4 0 ° C . Dans un bain de vapeur, la t e m p é -
rature ne peut pas excéder les 4 5 ° C .
• Pas de sauna quand on est pressé, directennent
après un sport éprouvant ou après un repas copieux. A
— Pratique
éviter aussi quand on est à jeun (danger de collapsus).
• Ne pas prendre de douche chaude en quittant le Sauna ou bain de vapeur ?
sauna, ne pas s'installer dans la piscine ou le bassin Il y a peu de différence entre l'action du sauna et du
chauffé. Ne pas se rendre dans le bain de vapeur sans bain de vapeur Le choix d é p e n d r a donc de la préférence
s'être rafraîchi préalablement. personnelle. Le sauna à l'avantage d'induire plus rapide-
• Ne pas séjourner dans un espace chauffé pendant la ment l'effet désiré : la d é t e n t e , la surchauffe et la purifi-
phase de refroidissement, ne pas prendre de bain de cation. De nombreuses personnes préfèrent cependant
pieds froid, ne pas marcher dans l'eau. l'air humide du bain de vapeur pour son effet agréable
• Ne se reposer que lorsqu'on est couvert. sur les muqueuses, les voies respiratoires et la peau.
u Les bains de rayons U.V. ne sont pas utiles; après
avoir transpiré, la peau est particulièrement sensible
— Explication de l'action
aux rayons U.V.
• Ne pas utiliser de savon à la fin du bain afin de Le sauna et le bain de vapeur surchauffent le corps : dans
préserver la couche qui protège la peau de l'acidité. le sauna, la vapeur chaude et sa chaleur de condensation
se d é p o s e n t sur la peau, tandis que l'air très humide du
bain de vapeur e m p ê c h e la sueur de s'évaporer.

45
Méthodes
hérapeutiques
classiques

L'alternance de forte chaleur et de froid oblige le corps é l é m e n t s p a t h o g è n e s . Ceux-ci sont alors évacués par
à réagir en souplesse aux stimuli (voir p. 30) et nettoie les glandes sudoripares et par les reins. Quand on boit
la peau et les tissus. Le sang s'épaissit du fait de la lors du sauna, ce processus de purification est inter-
transpiration. En compensation, un transfert d'eau se rompu car le sang peut alors puiser l'eau dans l'intes-
fait vers le sang e n t r a î n a n t dans sa suite des d é c h e t s tin. Le sauna et le bain de vapeur e n t r a î n e n t le c œ u r et
produits par le m é t a b o l i s m e , des m é t a u x lourds et des la circulation sanguine, augmentent la souplesse des

Règles à suivre pour le sauna et le bain de vapeur

• Avant d'utiliser une infrastructure commune, il y a lieu lentement, ne pas rester debout mais s'asseoir ou se
de se doucher. S'essuyer ensuite le corps et humidifier le déplacer de droite à gauche. Se rendre à l'espace de
visage. Prendre un bain de pieds chaud ou se brosser la refroidissement avant de se mettre à frissonner.
peau avant le sauna augmente la transpiration. • S'arroser ensuite d'eau froide, de la périphérie vers le
• Ne rester dans l'ambiance humide d'un bain de cœur.
vapeur que de 10 à 15 minutes. Bien se refroidir ensuite, • Celui qui le désire peut brièvement s'immerger le
comme pour le sauna. corps dans le bassin d'eau froide.
• Pour se réchauffer dans l'air chaud du sauna, se coucher • Pendant le temps où l'on reste assis, prendre éven-
ou s'asseoir les pieds relevés, bien détendu, en choisissant tuellement un bain de pieds (4 à 5 minutes).
le deuxième ou le troisième niveau. Ne rester que le temps • Recommencer ce processus - s'arroser ou s'immerger
où c'est agréable, c'est-à-dire 8 à 10 ou 15 minutes. suivi d'un bain de pieds chaud - plusieurs fois de suite.
• Verser de l'eau sur les pierres de lave réchauffe C'est bon pour "l'entraînement des vaisseaux sanguins".
encore davantage la peau mais n'est pas indispensable; • Ne pas retourner dans le sauna tant que le corps n'est
le sauna agit pleinement sans cela. pas revenu à l'équilibre. Cela prend 20 minutes environ.
• Pour verser l'eau correctement, il s'agit d'en jeter de • Deux à trois passages dans le sauna suffisent. Les
petites quantités sur les pierres brûlantes et de disperser passages supplémentaires n'offrent pas plus d'avantages,
rapidement les jets de vapeur produits à l'aide d'une mais fatiguent énormément. Si l'on se rend quotidiennement
serviette ou, comme il est d'usage en Finlande, de au sauna, un seul passage dans la cabine ou dans le bain de
branches de bouleau feuillues. Des huiles volatiles vapeur est indiqué. Le meilleur moment pour les débutants
peuvent être ajoutées à l'eau; les aiguilles de sapin ou est le matin et, pour les habitués, entre 15 et 21 h.
de pin nain sont particulièrement appropriées (voir • Un massage entre deux séances de sauna stimule la
ajouts aux bains p. 55). Verser de l'alcool est malsain. transpiration.
• Ne pas faire d'exercice musculaire ou de gymnas- • A la fin du bain, avant de s'habiller, se rafraîchir suffisam-
tique dans le sauna, ne pas trop parler car le taux ment. Éventuellement se reposer encore une demi-heure.
d'oxygène de l'air y est le même qu'à 2 500 m d'altitude. • Bien s'essuyer les pieds pour éviter les mycoses.
• Ne pas se brosser la peau dans le sauna proprement Inutile d'utiliser des produits désinfectants.
dit, ne pas racler la transpiration. • A chaque fois que Ton verse de l'eau dans le sauna,
• Se redresser lentement, s'adapter et ne pas se lever on perd un demi-litre à un litre et demi de sueur. Ce
d'un coup et quitter le sauna (danger de perte de n'est cependant qu'à la fin du sauna que l'on pourra
conscience). boire : de l'eau minérale, du jus de fruits, éventuellement
• Après avoir quitté la cabine, choisir le chemin le plus un verre de bière sans alcool ou de lait suri allongé
court vers le plein air. Expirer profondément, inspirer d'eau minérale. Pas d'alcool.

46
La thérapie
de Kneipp

vaisseaux sanguins, r é g u l e n t la t e m p é r a t u r e , a m é l i o - gnant d'attaques, atteints d'altérations importantes des


rent la respiration, normalisent la tension artérielle, sti- vaisseaux du cerveau ou du cœur, ou de troubles de la
mulent la sécrétion de mucus dans le nez, accroissent circulation ne peuvent pas se rendre au sauna.
le m é t a b o l i s m e , activent la production d'hormones,
stimulent le système immunitaire, r é g u l e n t le système
— Risques
v é g é t a t i f et favorisent la r é é d u c a t i o n .
L'action p r é v e n t i ve contre les infections ne sera as- • Une personne p r é s e n t a n t une p r é d i s p o s i t i o n à la
surée q u ' à partir du moment o ù l'on visite le sauna r é - formation de calculs r é n a u x ou souffrant d'hyperuri-
g u l i è r e m e n t chaque semaine et dans les règles de l'art. c é m i e doit beaucoup boire après le sauna. Celle qui
Une séance de sauna correcte ne sollicite pas exa- souffre de glaucome ou de la maladie de M é n i è r e doit
g é r é m e n t le cœur. Il devra travailler plus du fait de la absorber lentement du liquide en petites q u a n t i t é s .
surchauffe, mais les vaisseaux sanguins plus dilatés of- • L ' e x a g é r a t i on de stimulation par le chaud et le
frent une résistance moindre au flux sanguin. Le bain froid, une sollicitation s u p p l é m e n t a i r e , la natation ou
froid augmente la tension artérielle pendant un court l'alcool et un refroidissement de mauvaise q u a l i t é
instant seulement, ce qui ne peut faire de mal. peuvent mener à une hyperstimulation suivie d ' é p u i -
sement et de troubles du sommeil.
• Les sports de c o m p é t i t i o n o ù l'on transpire beau-
— Indications
coup, c o m b i n é s à la prise de produits d i u r é t i q u e s et
Le sauna d é t e n d et est a g r é a b l e ; c'est un v é r i t a b l e suivis d'un sauna " s u r d o s é " peuvent représenter un
soulagement pour le corps et l'esprit. danger mortel. Il y a lieu de se m é f i e r des cabines de
La circulation sanguine est stimulée, les plaintes dimi- sauna c h a u f f é e s à 4 5 - 5 0 ° C seulement pour un taux
nuent lors d'affections chroniques des voies respiratoires, la d ' h y g r o m é t r i e élevé et o ù , d ' a p r è s la p u b l i c i t é , il faut
résistance aux infections respiratoires augmente, tout s é j o u r n e r de 30 à 120 minutes sans phase de refroi-
comme le pouvoir de concentration. Le sauna est utile en dissement. Cela peut mener à une surchauffe nocive
cas de rhumatisme chronique non actif, de troubles de la du corps et dès lors à un collapsus sanguin.
circulation périphérique, de problèmes de tension artérielle.
Il peut constituer une aide dans les cas de dépression.
— Conseil
Les enfants peuvent faire du sauna à partir de deux à
trois ans. Pour les enfants en â g e scolaire, le sauna est Le sauna est à conseiller en cas d'utilisation correcte et
un r e m è d e contre la nervosité, les troubles de concen- raisonnable.
tration et du sommeil. Pour la femme enceinte, le sauna
est é g a l e m e n t indiqué car il assouplit le canal pelvien.
On peut se rendre au sauna j u s q u ' à un âge avancé mais,
une fois passés les 70 ans, il ne faut plus commencer
Visiter r é g u l i è r e m e n t le sauna ou le bain de vapeur
La thérapie de Kneipp
est une d é t e n t e idéale et un moyen stimulant non
s p é c i f i q u e a p p r o p r i é à la p r é v e n t i o n et la r é é d u c a t i o n .
— Historique
Limites de l'application
Une personne malade au point de devoir garder le lit doit Il était une fois un pauvre fils de tisserand qui se donna
s'abstenir d'aller au sauna. Les malades présentant de la tant de mal pour étudier qu'il contracta une affection
fièvre, des infections touchant un organe interne et les pulmonaire. Dans le jardin du séminaire de Munich, il
vaisseaux sanguins, une tuberculose non guérie, un can- prit secrètement l'arrosoir et s'arrosa d'eau froide, l'hiver
cer aigu, les patients souffrant de maladies s'accompa- il plongea dans le Danube glacé et, peu à peu, il guérit.

47
Méthodes
hérapeutiques
classiques

L'étudiant en t h é o l o g i e Sébastian Kneipp (1821-1897)


s'était guéri grâce à la m é t h o d e de deux médecin s silé-
siens. Le père Joiiann Sigmund l-lalin (1664-1742) et
son fils du m ê m e nom avaient, au 18e siècle rendu pu-
blic leur traitement à base d'eau froide.
Les racines de l ' h y d r o t h é r a p i e remontent à l'Anti-
q u i t é o ù les traitements à base d'eau connaissaient
un franc succès. On les oublia pendant le Moyen  g e ,
mais ils connurent une r é s u r g e n c e au 17e siècle, au
d é p a r t de l'Angleterre. A l ' é p o q u e de Kneipp, les trai- L'efficacité de la t h é r a p i e de Kneipp a é t é p r o u v é e par
tements à l'eau froide é t a i e n t très à la mode et l'agro- la science et sa m é t h o d e est a p p l i q u é e en m é d e c i n e .
nome Vinzenz P. PrieBnitz (1790-1851) s'était déjà
rendu célèbre, des dizaines d ' a n n é e s avant Kneipp,
— Concept de base
comme " m é d e c i n des eaux".
Kneipp essaya les jets et les bains sur sa personne On pensait à l'origine qu'il fallait extraire les humeurs
et d é v e l o p p a ainsi son propre système de traitement. malades du corps par les intestins, les reins et la peau.
Au fil des ans, il affina les stimulations p l u t ô t dures du Le j e û n e , la transpiration, l'eau, les herbes et l'air frais
d é b u t pour en distiller des m é t h o d e s plus douces. En devaient permettre ce "nettoyage" du corps (voir pro-
1880, on installa à W ô r i s h o f e n un complexe de bains cessus révulsifs p. 59).
o ù il organisa des consultations en compagnie de m é - Kneipp avait r e m a r q u é que la stimulation importante
decins. Le pasteur Kneipp possédait un charisme im- a p p o r t é e par l'eau sur la peau avait un effet sur tout
portant et le public fut s é d u i t . Déjà en 1890, les l'organisme (voir thérapie du chaud et du froid p. 42) et
adeptes de ses idées en faveur d'une vie naturelle fon- que l'alternance de chaud et de froid entraînait le corps.
d è r e n t les première s "sociétés Kneipp". Ses livres fu- L'application d'eau, de chaleur et de froid r é p o n d
rent tirés à des millions d'exemplaires. aux lois fondamentales de la m é d e c i n e physique. Seule
Les herbes aux vertus curatives a j o u t é e s à l'eau du une application répété e induit dans le corps un proces-
bain, l'alternance de bains tièdes, le fait de marcher sus de transformation. L'action salutaire n ' é m a n e pas
pieds nus dans l'eau, la rosée ou la neige sont autant d'une forme de traitement isolée, mais bien d'une
de techniques qui ont fait la r e n o m m é e de Kneipp. Il combinaison de différente s formes de traitement.
propagea l'idée de l'exercice du corps et de l'esprit. Le
succès de sa m é t h o d e repose sur les "cinq piliers" :
— Examen et traitement
l'application d'eau, les plantes m é d i c i n a l e s, la t h é r a p i e
du mouvement, l'alimentation simple et la discipline Le traitement doit être p r é c é d é d'un examen m é d i c a l .
de vie (voir p. 37). Kneipp peut ainsi être c o n s i d é r é Les moyens t h é r a p e u t i q u e s seront choisis et c o m b i n é s
comme un des premiers naturopathes holistiques. en fonction des besoins et des plaintes.
Situation actuelle
Débarrassées de leurs aspects archaïques et mises au Applications d'eau
niveau de la science actuelle, ces m é t h o d e s consti- Il existe une centaine d'applications d'eau d i f f é r e n t e s :
tuent aujourd'hui la base de la m é d e c i n e naturelle. lavage, arrosage, massage par jets à haute pression,
L'accent est mis sur le dialogue avec le m é d e c i n , un marche dans l'eau, enveloppements, compresses, im-
mode de vie plus sain, les produits à base de plantes, mersion totale ou partielle, bains d'herbes, sauna...
l'air, la l u m i è r e , l'eau et le mouvement comme stimu- L'éventail complet part de stimuli à peine perceptibles
lations pour renforcer l'organisme. comme le fait de laver un bras ou un bain de pieds

48
La thérapie
de Kneipp

jusqu'aux mesures plus astreignantes comme le mas- l'organisme : la respiration, la t h e r m o r é g u l a t i o n , la di-


sage par jets à haute pression (pour les principales ap- gestion, le sommeil et l ' i m m u n i t é doivent être en har-
plications d'eau, voir p. 51). monie avec le rythme de vie. La h â t e , la surexcitation
Ce vaste choix permet l'adaptation d'un pro- et les euphorisants toxiques doivent céder la place à la
gramme individuel bien d o s é en fonction de la consti- joie de vivre et au culte de vie.
tution, de l'efficacité de la circulation sanguine et de Kneipp se souciait aussi de la santé de l ' â m e des
la f a c u l t é de r é a c t i o n pour e n t r a î n e r l'organisme acti- personnes qui se confiaient à lui. Bien avant la nais-
vement mais graduellement. sance de la " m é d e c i n e psychosomatique", il avait
compris que seul peut g u é r i r celui qui vit en parfait ac-
Phytothérapie cord avec l u i - m ê m e et avec son entourage. L'entretien
Dans la t h é r a p i e de Kneipp, on utilise des produits t h é r a p e u t i q u e vise à créer cette condition importante.
d'origine v é g é t a l e en application externe comme La t h é r a p i e de Kneipp peut donc bien être c o n s i d é r é e
ajouts pour des enveloppements, des bains, des inha- comme une m é t h o d e holistique.
lations et des bains de vapeur, mais aussi dans les Actuellement, la t h é r a p i e de l'ordre est un é l é m e n t
huiles et les pommades pour les frictions. Ces produits fondamental de la naturopathie, avec une série de
sont é g a l e m e n t ingérés sous la forme de tisanes, de p r o c é d é s utiles à son actif (voir p. 37).
jus ou de c o m p r i m é s (voir p h y t o t h é r a p i e p. 103). La devise de la t h é r a p i e de Kneipp se r é s u m e
comme suit : ne rien faire affaiblit, l'exercice renforce,
T h é r a p i e du mouvement l'excès nuit. Il revient au m é d e c i n de décider quelle ap-
A l ' é p o q u e , Kneipp demandait à ses curistes de cou- plication est i n d i q u é e et à quel moment elle est utile.
per du bois ou leur conseillait une heure de t â c h e s
m é n a g è r e s en guise d'exercice physique.
— Explication de l'action
Aujourd'hui, des promenades quotidiennes de plu-
sieurs heures - la "cure de terrain" (voir p. 142) sont Applications d'eau
préconisées par la t h é r a p i e de Kneipp. L ' h y d r o t h é r a p i e profite de la r é a c t i o n du corps aux sti-
Les applications d'eau sont combinées à la thérapie du muli de chaleur et de froid, à la pression de l'eau et à
mouvement. Les stimulations de faible intensité doivent l'effleurement de la peau. Les stimuli agissent d i f f é -
i m m é d i a t e m e n t être suivies d'exercice; les stimulations de remment selon la t e m p é r a t u r e , l'endroit, la superficie,
forte intensité doivent être suivies d'une pause d'une la d u r é e et le moment du jour ou de l'année .
heure avant de passer à l'exercice. Selon la capacité de La peau d'un adulte a une superficie de presque
prestation de chacun, on pourra se promener, courir, na- deux m è t r e s carrés et c'est le plus grand organe ca-
ger, faire de la gymnastique ou exercer des sports légers pable de recevoir, de transmettre ou de rejeter des sti-
(voir thérapie du mouvement p. 76). La thérapie respira- muli ou des produits.
toire (voir p. 128) est également r e c o m m a n d é e . Les détecteurs de t e m p é r a t u r e et de sensation situés
dans la peau et dans les couches profondes à la limite
Alimentation des muscles enregistrent les stimuli et transmettent les
Kneipp a p p r é c i a i t la cuisine populaire bavaroise de impulsions par le système nerveux vers les organes in-
l ' é p o q u e , m ê m e s'il p r é c o n i s a i t la m o d é r a t i o n dans ternes de la région concernée du corps. Dans le cerveau,
l ' a p p é t i t. Pour la base actuelle d'une alimentation l'hypothalamus (le centre de distribution) suscite la pro-
saine, voir p. 82. duction d'hormones et stimule le système immunitaire.
Les surrénales sécrètent l'adrénaline, "l'hormone de
T h é r a p i e de l'ordre stress", et stimulent le système nerveux végétatif.
Il faut mettre de l'ordre dans les fonctions de base de Un traitement s y s t é m a t i q u e d'alternance de stimuli

49
Méthodes
thérapeutiques
classiques

pendant au moins trois semaines renforce l'orga- maladies et favorise la r é é d u c a t i o n après une maladie
nisme. Il pourra dès lors mieux réagir aux stimuli de a i g u ë . Elle peut combattre les troubles fonctionnels,
stress qu'auparavant. lutter contre les plaintes p s y c h o - v é g é t a t i v e s et consi-
• Le m é t a b o l i s m e , la circulation sanguine, la presta- d é r a b l e m e n t a t t é n u e r la souffrance chronique.
tion cardiaque et la sensibilité à la douleur sont régulés. Les applications d'eau peuvent se révéler utiles
• Les organes internes travaillent de f a ç o n plus har- dans les affections a i g u ë s. Elles peuvent a t t é n u e r la
monieuse. douleur et permettre ainsi un recours moins f r é q u e n t
• La sécrétio n excessive de l'hormone de stress est aux produits a n a l g é s i q u e s. La t h é r a p i e de la chaleur
normalisée. entretient la m o b i l i t é dans les maladies d'usure, dimi-
• L'organisme peut mieux gérer les sollicitations et nue la fièvre et les inflammations, influence les mala-
mieux se d é f e n d r e des infections. dies cardiovasculaires, allège les troubles de la circula-
• Les stimuli de chaleur augmentent la sensation de tion et de la digestion.
bien-être. Limites de i'application
Exemples : un bain de pieds à t e m p é r a t u r e crois- La condition de base pour le fonctionnement de la
sante dilate les vaisseaux sanguins et élève la t e m p é - t h é r a p i e est un organisme capable de réagir. La t h é r a -
rature de toute la peau. L'affusion froide d'un genou pie de Kneipp est exclue dans les maladies a i g u ë s
ou l'immersion d'un bras provoque la contraction des graves.
vaisseaux sanguins qui se dilatent ensuite. Ce p h é n o -
m è n e a m é l i o r e l'irrigation sanguine du corps entier et Cures
a un effet revigorant. Pendant les cures de Kneipp, on apprend à s'occuper
Dans les applications d'eau, "l'horloge interne" du activement de sa santé. On se rend compte que vivre
corps joue un rôle important : une affusion froide a un sainement n'est pas une entrave et que l'exposition
effet bien plus important pendant la phase de r é - aux stimuli peut mener à une plus grande joie de vivre.
chauffement du matin que le soir, o ù la t e m p é r a t u r e Les cures de Kneipp sont utiles dans les cas d ' é p u i -
é v o l u e dans le sens contraire. sement, de troubles v é g é t a t i f s , de retour d ' â g e , d'af-
fections cardiovasculaires, de maladies rhumatismales,
de migraine, d'allergies de la peau, d'asthme.
— Indications
La t h é r a p i e de Kneipp endurcit le corps, p r é v i e n t les

Particularités de l'application

Le corps a besoin de trois à quatre heures pour terminer de bien choisir le moment de chaque traitement. Par
sa réaction à une stimulation. La stimulation suivante ne exemple :
doit donc pas intervenir trop tôt pour éviter que l'action
ne prenne une tournure non désirée, par exemple une Le matin : lavage à l'eau froide
hypothermie quand le délai entre deux traitements à Dans le courant de la m a t i n é e :
l'eau froide est trop court. Plus on fait réagir une zone brossage à sec, bain de pieds chaud,
de la peau à la chaleur ou au froid, moins elle réagira en affusion très chaude
intensité. Dans l'après-midi : bain de bras froid
Pour que la stimulation agisse bien, le thérapeute devra Le soir : marche dans l'eau ou affusion du genou,
souvent changer de surface. 11 est également important enveloppement froid, natation, sauna

50
Les
applications
d'eau

— Risques Ils stimulent ainsi la circulation sanguine, le m é t a b o -


lisme et le systèm e immunitaire, endurcissent le corps
Les risques d é p e n d e nt de la nnaladie concernée. Le m é d e -
et a t t é n u e n t les douleurs. Les d i f f é r e n t e s applications
cin doit soigneusement prescrire l'application de la cure de
peuvent cependant varier fortement en i n t e n s i t é d'un
Kneipp. Il en va de m ê m e pour les applications à domicile.
individu à l'autre. Si l'application n'agit pas, le m é d e -
cin devra prendre en main les plaintes subsistantes.
—Critique Chez les personnes atteintes de trouble de la sensi-
bilité à la t e m p é r a t u r e , les applications d'eau devront
La t h é r a p i e de Kneipp est un mode de g u é r i s o n natu-
être utilisées avec prudence.
rel reconnu. Cependant, nombre de recettes recom-
L ' h y d r o t h é r a p i e peut être a p p l i q u é e par un particu-
m a n d é e s par Kneipp il y a cent ans sont dépassées au-
lier, mais les indications d'une personne q u a l i f i é e sont
jourd'hui. C'est ainsi que les groseilles n'agissent pas
à recommander.
sur la goutte et que l'utilisation de paille d'avoine
dans le bain ou en tisane est douteuse. La preuve de
l'action de quelques produits à base de plantes Pratique
manque encore à ce jour.
La stimulation a pour devise : aussi légère que pos-
• De nombreux p r o c é d é s et leur application peuvent
sible, aussi forte que nécessaire. Plus l'affection est ai-
sembler utiles mais, sur certains points, la confirma-
g u ë , plus il faudra être prudent. La peau doit être
tion par la recherche scientifique selon les normes ac-
é c h a u f f é e avant une application d'eau. Il faut s'abste-
tuelles se fait encore attendre.
nir de fumer avant, pendant et après l'application.
• Les sacs de paille et les bains de paille peuvent, se-
A p r è s l'affusion et l'immersion d'une partie du
lon la provenance de la paille, d é c l e n c h e r des réac-
corps, il faut l é g è r e m e n t essuyer l'eau; seuls le visage
tions allergiques chez certaines personnes p r é d i s p o -
et les mains seront séchés. Il faut ensuite s'habiller et
sées. Ceci n'est pas le cas pour un bain à base d'huile
se laisser sécher en se promenant ou en marchant.
extraite de paille.
A p r è s de longues baignades dans un bassin, après
l'affusion chaude de la nuque et du dos et après le
— Conseil massage par jets sous pression, il y a lieu de se reposer
une heure au lit.
Moyennant un diagnostic préalable du m é d e c i n , la
t h é r a p i e de Kneipp est à conseiller pour la p r é v e n t i o n
de maladies internes et les refroidissements, pour a t t é - Lavage
nuer les douleurs chroniques et pour la r é é d u c a t i o n .
Comment ?
A l'aide d'un linge humide en lin grossier, se frotter le
haut du corps, le bas du corps ou le corps entier avec
une légère pression. Toujours commencer par la face
Les applications d' eau externe des membres en rejoignant le tronc. On frotte
ensuite le corps, les aisselles, la gorge, la poitrine, sui-
vis de la taille et du tronc, de haut en bas. Un peu de
L'action de l ' h y d r o t h é r a p i e se base sur la stimulation vinaigre dans l'eau augmente la stimulation de la
thermique (voir t h é r a p i e s du chaud et du froid p. 42), peau. Ne pas se sécher ensuite, mais se laisser sécher
sur la pression de l'eau et le contact avec la peau. Les en linge de nuit dans le lit.
stimuli sur la peau et sur les couches sous-jacentes Quand ?
sont transmis vers d i f f é r e n t e s zones au sein du corps. Le matin, cette friction stimule la circulation sanguine.

51
Méthodes
:hérapeutiques
classiques

Si on la r é p è t e plusieurs fois, elle peut faire baisser la Comment ?


fièvre. La m é t h o d e est i n d i q u é e pour s'endurcir contre La pression doit être réglée de telle f a ç o n que la hau-
les infections, pour les troubles de la circulation, les teur du jet sortant du tuyau tenu à la verticale ne d é -
obstructions lymphatiques, les varices. passe pas 5 c e n t i m è t r e s . Le jet sera ensuite dirig é à
courte distance de la peau en partant de l'extérieur
vers le c œ u r : des mains vers les coudes, des pieds vers
Affusions les genoux. Le jet doit glisser largement, comme un
L'affusion peut se faire à l'aide d'un arrosoir ou d'un manteau, sur la partie du corps arrosé.
tuyau d'un d i a m è t r e de deux centimètres . Au lieu d'uti- Au d é b u t on alterne le chaud et le froid, ensuite on
liser l'embout, on peut adapter une pièce d'arrosage n'arrose que d'eau froide.
spéciale que l'on trouve dans le commerce spécialisé. Il faut ensuite essuyer l'eau, s'habiller et bien s'activer
>• Attention : en cas de varices et d'engorgements,
seuls les arrosages d'eau froide sont permis; en cas
Applications d'eau : température et durée
d'obstruction artérielle, il faut l'accord du m é d e c i n . A
n'effectuer que dans un espace c h a u f f é et sans avoir
Température de l'eau
le ventre plein.

Froid (eau courante ou de source) 12 à 18°C


Affusion du genou
Tiède 30 à 33°C
Comment ?
Chaud 36 à 39°C Diriger le jet en c o m m e n ç a n t par le petit orteil droit en
Très chaud 40 à 42°C longeant la face externe du pied et de la jambe jus-
qu'au creux du genou, y rester un instant et revenir
Durée de la stimulation par la face interne du mollet; p r o c é d e r de la m ê m e fa-
ç o n pour la jambe gauche. Ensuite, du petit orteil
Bains 10 à 20 minutes droit le long de la face avant de la jambe j u s q u ' à la ro-
Bains alternants 5 minutes tule, y faire un mouvement de cercles et revenir par la
et affusions deux fois de suite chaud face interne jusqu'au gros orteil et terminer par la
alternantes et 8 à 15 secondes froid plante du pied. Faire de m ê m e pour la jambe gauche.
Vapeur 5 à 15 minutes Quand ?

Compresse de foin 20 à 45 minutes En cas de céphalée de tension, de migraine, d'hypoten-


sion, de troubles du sommeil, de varices et de contu-
Enveloppements froids, jusqu'au moment où le linge
sions. Prévient les dégât s aux vaisseaux sanguins et r é -
absorbant la chaleur d'enveloppement est chaud
5 à 10 minutes de pause, gule l'action de la digestion et des organes sexuels.
ensuite répéter >• Attention : ne pas effectuer en cas de vessie irritée,
Enveloppements chauds, deux à trois heures d'infection du système urinaire, de sciatique et pen-
éliminant la transpiration dant les règles.
Affusions 8 à 30 secondes;
commencer loin du cœur Affusion de la cuisse
et s'en rapprocher
Comment ?
Massage par jets sous jusqu'au moment Comme pour l'affusion du genou, mais en incluant la cuisse.
pression, marche dans où cela devient désagréable Quand ?
l'eau et dans la neige
En cas de rhumatisme musculaire, de varices et de
plaintes au niveau des articulations de la hanche.

52
Les
applications
d'eau

>• Attention : ne pas effectuer en cas de vessie irritée, d'infec- Quand ?


tion du système urinaire, de sciatique et pendant les règles. En cas de bronchite, d'asthme bronchique, pour sti-
muler les prestations respiratoires et cardiaques, en
Affusion du bas-ventre cas d'affections du larynx, de varices et de n e r v o s i t é .
Comment ? > Attention : ne pas appliquer en cas d'obstruction
Comme pour l'affusion de la cuisse en incluant le bas- dans la circulation pulmonaire.
ventre.
Quand ? Affusion du dos
En cas de ballonnement, de p r o b l è m e de la vésicule, Comment ?
de foie irrité et de d i a b è t e sucré. Commencer à la face externe du pied droit jusqu'au
>- Attention : ne pas effectuer en cas de vessie irritée, siège et revenir par la face interne; du pied gauche vers
d'infection du système urinaire, de sciatique et pen- le haut jusqu'au siège, passer par la face externe droite
dant les règles. du dos j u s q u ' à l'épaule et arroser ensuite le c ô t é droit
du dos. Répéter l ' o p é r a t i o n pour le c ô t é gauche.
Affusion du bras Pour une affusion d'eau chaude, on arrose le dos
Comment ? en zigzag, de l'épaule vers le bas.
De l ' e x t r é m i t é de la main droite, on d é p l a c e le jet le Quand ?
long de la face externe du bras j u s q u ' à l'épaule o ù En cas d'asthme bronchique, d'affection pulmonaire,
l'on reste un instant pour ensuite revenir en longeant de muscles du dos affaiblis, de maux de dos.
la face interne. On fait de m ê m e pour le bras gauche. >• Attention : ne pas appliquer en cas de faiblesse et
Quand ? de nervosité.
Quand on est e x t é n u é et que l'on souffre de palpita-
tions, en cas de troubles nerveux, de maux de t ê t e , de Affusion du visage
vertige, de mains froides, de douleur au niveau des Comment ?
coudes, de refroidissement et d'inflammation de la Du dessous de la tempe droite vers le menton et re-
gorge. En cas de douleur aux épaules : arroser plus monter ensuite vers la tempe gauche. Passer ensuite
longtemps j u s q u ' à la gorge. plusieurs fois sur le front de droite à gauche et ensuite
plusieurs fois du front vers le menton. Terminer en d é -
Affusion de la poitrine crivant des cercles sur le visage.
Comment ? Quand ?
Comme pour l'affusion du bras, partir du bras droit et En cas de maux de tête, de migraine et de rage de dents, en
depuis l'aisselle décrire des cercles sur la poitrine. Faire cas de tendance à l'infection et pour réguler la chaleur Stimule
de m ê m e à partir du bras gauche. l'irrigation sanguine du visage et soulage les yeux fatigués.
Quand ? >• Attention : garder les yeux f e r m é s .
En cas de bronchite chronique, d'asthme bronchique
et d'angine de poitrine. Affusion chaude de la nuque
> Attention : alterner l'eau chaude et froide en cas Comment ?
de tendance aux spasmes vasculaires. En se penchant vers l'avant, faire couler le jet d'eau
dans la r é g i o n de la nuque et augmenter la t e m p é r a -
Affusion du haut du corps ture aussi longtemps qu'on peut le supporter.
Comment ? Quand ?
Comme pour l'affusion de la poitrine mais arroser En cas de maux de nuque et de t ê t e , de migraine et
aussi le dos. d ' é t a t dépressif.

53
Méthodes
hérapeutiques
classiques

>- Attention : ne pas appliquer en cas d ' a r t é r i o s c l é - Bains


rose et avec prudence en cas de sciatique.
On peut prendre des bains d'eau froide, chaude, ou
Douche écossaise de t e m p é r a t u r e croissante ou d é c r o i s s a n t e .
Comment ? On peut ajouter au bain des produits d'origine v é -
Il faut un tuyau pourvu d'un embout m é t a l l i q u e d'un g é t a l e , sous la forme d'infusions, d'extraits, d'huiles
d e m i - c e n t i m è t r e de d i a m è t r e . Le jet d'eau est aspergé ou de sels. Les a r ô m e s en seront inspirés, et c'est ainsi
sous une pression d'une à trois a t m o s p h è r e s et dirigé qu'ils font de l'effet. Mais la peau aussi peut absorber
sur tout le corps à une distance d'environ quatre des huiles pendant les bains chauds et les bains alter-
mètres. En plus de la stimulation thermique, s'ajoute nants d'au moins 15 minutes. L'effet sera alors le
ici la stimulation m é c a n i q u e de la pression. On pra- m ê m e qu'en cas d'ingestion. Sur la peau e l l e - m ê m e
tique souvent ce type d'affusion très chaude sur le dos. agissent surtout les tanins et les bains de petit-lait.
Quand ? > Attention : les bains de camomille, d'aiguilles de
Pour une stimulation très importante du cœur, de la sapins et de fleurs de foin peuvent provoquer des r é -
circulation sanguine et du m é t a b o l i s m e . actions allergiques.
> Attention : interdit aux personnes cardiaques ou Les bains auxquels on ajoute des produits sont in-
souffrant de maladies vasculaires. terdits en cas d ' e c z é m a humide sur de grandes sur-
faces de peau, en cas de blessures, de forte fièvre et
Douches alternantes de maladies infectieuses, d'affections cardiaques
Comment ? graves et d'hypertension artérielle.
Les douches alternantes stimulent autrement la peau que
le tuyau d'arrosage de Kneipp ; ce sont des impacts plus Bain de pieds froid
"pointus" de l'eau sortant de petits trous du pommeau. Comment ?
Les douches alternantes donnent les meilleurs résultats le L'eau doit bien arriver à hauteur du mollet.
matin, après un peu d'exercice physique. On asperge Ne baigner que les pieds chauds et jusqu'au moment o ù
toujours de l'extérieur vers le cœur, en c o m m e n ç a n t tou- l'on ressent une douleur due au froid, ou que l'on a l'im-
jours par de l'eau très chaude et en terminant, après plu- pression que l'eau n'est pas si froide. Essuyer l'eau, s'ha-
sieurs alternances, par une douche froide. biller et laisser sécher en se promenant ou en marchant.
Quand ? Quand ?
Les douches alternantes endurcissent et constituent En cas d ' e x c ès de chaleur, de varices, de tendance à
un auto-traitement idéal en cas d ' é p u i s e m e n t et de l ' œ d è m e , de maux de t ê t e , d'hypotension, d'insom-
maladies rhumatismales dues à l'usure. Elles permet- nies, de troubles de la circulation sanguine, de ten-
tent de prévenir les refroidissements. dance à l'infection, de transpiration des pieds, de
contusions au niveau du pied et de la cheville.
>• Attention : ne pas appliquer en cas de pieds froids, de
vessie irritée, d'infection du système urinaire, d'hyperten-
sion sévère, de sciatique et d'obstruction vasculaire.

Marche dans l'eau


Comment ?
Marcher dans l'eau correctement se fait comme suit :
0 toujours avec des pieds chauds, on lève à chaque pas
la jambe totalement hors de l'eau froide, comme un

54
Les
applications
d'eau

Ajouts végétaux au bain (ex traits, infusions, huiles) et leur action

Plante/ sel Action

Ai g u i l l es d e sap i n Décollent les mucosités, améliorent l'irrigation sanguine, détendent


Baie d e g en évr i er Améliore l'irrigation sanguine, détend les muscles
Ca m o m i l l e Freine l'inflammation, atténue les réactions allergiques, en cas de maladies de la peau
Écorce de chêne Constricteur, en cas de peau humide, démangeaisons, plaies de l'anus, hémorroïdes
Eu cal yp t u s Rafraîchissant, antibactérien
Fleur s de f oin Améliorent l'irrigation sanguine, détendent les muscles et calment la douleur
Houblon Calme, endort
La va n d e Équilibre, stimule
M élisse Tranquillise
Pet it - lait Soigne la peau comme le son
Pr êl e d e s ch a m p s Constricteur, pour des plaies qui guérissent mal, eczémas, ulcères,
maladies du système urinaire et des organes sexuels
Ro m ar i n Détend, calme la douleur, améliore l'irrigation sanguine
Sel Stimule la peau, améliore l'irrigation sanguine
Son Laisse un film sur la peau qui atténue les démangeaisons. En cas d'allergies dermiques
et de psoriasis. Ne pas rincer
T h ym Décolle les mucosités, antibactérien
Tilleul Soigne la peau, équilibre
Val ér i an e Tranquillise, endort
Les bains pris avec des huiles de plantes soignent particulièrement bien la peau et permettent une dispersion uniforme des
huiles volatiles dans l'eau. Les sels de bains épicés stimulent la peau en douceur. Les fleurs de foin, la camomille et les
aiguilles de sapin peuvent provoquer des allergies. N'oubliez pas que la peau assimile facilement des produits au cours
d'un bain, également ceux que l'on ne désire pas. Veillez donc à acheter vos infusions, décoctions, huiles ou sels dans un
magasin de diététique ou dans une pharmacie, même si cela vous coûte un peu plus cher Vous aurez ainsi la garantie de
qualité de vos produits végétaux et vous pourrez aussi demander conseil quant à la préparation et au dosage.

échiassier marchiant dans l'eau. En plaçant un petit t a - o u dans la neige sont des variantes de la méthode.
pis en caoutchiouc au f o n d d u bain, cela f o n c t i o n n e Quand ?
très bien. O n p e u t aussi le faire en p o s i t i o n assise. Les indications p o u r la m a r c he dans l'eau sont les
Arrêter dès q u e la sensation de f r o i d d e v i e nt désa- mêmes q u e p o u r les bains de pieds froids.
gréable. Essuyer l'eau, s'habiller et se laisser sécher en
se p r o m e n a n t o u en m a r c h a n t . M a r c h e r dans l'eau sur Ba i n d e p i e d s c h a u d
des cailloux o u p r o m e n e r à sec sur un f o n d profilé Comment ?
renforce e n c o re la réaction. I m m e r g e r les pieds jusqu'au-dessus des chevilles p e n -
Le meilleur m o m e n t p o u r m a r c h e r dans l'eau est d a n t 10 à 15 m i n u t e s dans de l'eau à 3 8 ° C o u a u g -
l'après-midi o u le soir. M a r c h e r dans la rosée d u m a t i n m e n t e r la température j u s q u e 4 0 ° C . O n p e u t ajouter à

55
Méthodes
thérapeutiques
classiques

l'eau ciu t h y m , de la mélisse o u d'autres p r o d u i t s . O n d ' u n t u y a u o u d ' u n p o m m e a u de d o u c h e , d u pied


p e u t prendre un bain de pieds c h a u d t o u s les j o u r s . droit en m o n t a n t vers le tronc, ensuite la jambe
Quand ? gauche, le siège, le ventre, le bras droit, le bras
En cas de pieds f r o i d s , de début g a u c h e , la p o i t r i n e , le visage et le dos. S'essuyer e n -
d ' i n f e c t i o n s , p o u r détendre o u suite et se reposer une heure au lit.
p o u r rétablir. Quand ?
> /\tîenf/on .• ne jamais prendre Un bain c o m p l e t détend les muscles et l'esprit, mais
de bains de pieds chauds en cas sollicite le système cardiovasculaire.
de varices, d'œdèmes ou Demi- bain froid : eau c o u r a n t e , 5 à 10 secondes;
d'obstruction lymphatique. en cas de stress, de varices, le soir en cas d ' i n s o m n i e ;
éventuellement ajouter de la valériane.
Ba i n s a l t e r n a n t s p o u r Demi- bain à tem pérature croissante : pendant
les p i e d s 2 0 m i n u t e s m a x i m u m , a u g m e n t e r la température de
Comment ? 35 à 39-41 ° C ; en cas de début o u de fi n d ' i n f e c t i o n s ,
Cinq à dix minutes de sciatique, m a u x de dos.
bain c h a u d , cinq à dix m i - A j o u t e r éventuellement du t h y m , d u r o m a r i n o u
nutes de bain f r o i d . A l t e r - des fleurs de f o i n (voir p. 55).
ner deux fois m a x i m u m , ajouter des p r o d u i t s de bain . > - Attention : en cas de maladies cardiovasculaires,
Quand ? de varices et d'hémorroïdes.
Pour réguler et en cas d'artériosclérose.
Ba i n d e v a p e u r d e la t ê t e
Ba i n s d e b r a s Comment 7
Comment ? C h a u f f e r quelques litres d'eau dans un récipient j u s -
Laisser couler l'eau dans l'évier jusqu'au m o m e n t où le n i - qu'à évaporation. A t t e n t i o n : le récipient d o i t être
veau arrive à quelques centimètres au-dessus du coude. stable p o u r éviter les brûlures.
Quand ? Se dénuder le haut du corps et se pencher p e n d a n t
Bain de bras froid : en cas de p a l p i t a t i o ns cardiaques, 10 minutes au-dessus du récipient; couvrir la tête, les
de mau x de tête, de t r o u b l e d u s o m m e i l . épaules et le récipient d'une serviette et d'une couver-
Bain alternant pour les bras : en cas de mauvaise ture pour f o r m e r une sorte de " t e n t e " . S'envelopper
circulation dans les d o i g t s et les mains, en cas de ensuite et se coucher une demi-heure au lit. S'arroser
m a u x de tête. par après le visage et le haut du corps d'eau froide. Pour
Bain de bras à tem pérature croissante : laisser a u g - améliorer l'effet, on peut ajouter à l'eau du sel de cui-
m e n t e r la température de 35 à 4 0 ° C . Ce t y pe de bain sine, de la tisane de camomille, de tilleul ou de m e n t h e .
d o n n e le meilleur résultat le m a t i n . Bon en cas de Quand ?
b r o n c h i t e , d ' a s t h m e , de début d ' i n f e c t i o n des voies En cas de début d ' i n f e c t i o n s , de sinusite, de catarrhe
respiratoires, de t r o u b l e s de la circulation sanguine, tubaire, de b r o n c h i t e , de mau x de tête chroniques et
d ' a n g i n e de p o i t r i n e . de m i g r a i n e .
> • Attention : en cas de maladies cardiovasculaires.
Ba i n d e v a p e u r d e si è g e
Ba i n co m p l e t Comment ?
Comment ? S'asseoir nu sur une chaise faite de lattes espacées, sous la-
Prendre un bain c h a u d avec des p r o d u i t s de bain p e n - quelle on pose un récipient d'eau bouillante. Se couvrir
d a n t 2 0 m i n u t e s , rincer ensuite à l'eau f r o i d e à l'aide d'un drap et d'une couverture pour se protéger des cou-

56
Les
enveloppe-
ments et
les compresses

rants cJ'air, en ne laissant dépasser que la tête. Après 10 à large q u e la compresse f r o i d e et laissant passer l'air. Le
15 minutes, se mettre au lit pendant une demi-heure, s'as- fixer à l'aide d'épingles à nourrice et recouvrir le t o u t
perger ensuite le bas du corps d'eau froide. On peut ajou- d ' u n tissu de laine o u de flanelle.
ter à l'eau bouillante de la tisane de prèle des champs. Veiller ensuite à envelopper t o t a l e m e n t le p a t i e n t
Quand ? d ' u n d r a p de lin o u d ' u n e couverture chaude et vérifier
En cas de vessie irritée, de t r o u b l e de la vidange de la q u e la température de la pièce ne soit pas t r o p basse et
vessie, de plaintes de la prostate et après des i n t e r v e n - qu'il n'y ait pas de courants d'air. Laisser l'enveloppe
tions gynécologiques. en place p e n d a n t 4 5 à 6 0 minutes et l'enlever ensuite.
> • Attention : ne pas a p p l i q u e r en cas d'hémorroïdes. Le malade d o i t se reposer p e n d a n t une demi-heure.
Après un q u a r t d ' h e u r e , l'enveloppe d o i t être res-
Ba i n b r o ssé sentie c o m m e c h a u d e ; à défaut, o n p e u t réchauffer à
Comment ? l'aide d ' u n e b o u i l l o t t e . Si l'enveloppe est ressentie
A l'aide d ' u n g a n t de sisal, se brosser la peau jusqu'à c o m m e désagréable, il y a lieu de l'enlever.
ce qu'elle devienn e r o u g e . De l'extérieur vers le cœur :
d ' a b o r d le pied d r o i t et la j a m b e d r o i t e , puis le pied En v e l o p p e m e n t é v a cu a n t la ch a l e u r
g a u c h e et la j a m b e g a u c h e , le siège, le ventre, le bras Pour évacuer la chaleur, l'enveloppe d o i t rester en
droit, le bras gauche, la p o i t r i n e , le dos. S'asseoir e n - place jusqu'à ce qu'elle soit c h a u d e ; il f a u t alors l'enle-
suite dans l'eau chaud e et ajouter g r a d u e l l e m e n t de ver immédiatement et la renouveler. Si le malade
l'eau f r o i d e ; ajouter éventuellement d u r o m a r i n . S'ar- t r e m b l e , il y a lieu d'enlever l ' e n v e l o p p e m e n t.
roser d'eau f r o i d e , essuyer l'eau, s'habiller et se m o u -
voir brièvement et énergiquement à l'air libre. En v e l o p p e m e n t a ccu m u l a n t la ch a l e u r
Quand ? Pour accumule r la chaleur, l'enveloppe d o i t rester en
En cas d ' h y p o t e n s i o n artérielle et de trouble s de la cir- place p e n d a n t au m o i n s une heure et d e m i e . Si l'enve-
culation sanguine. l o p p e est ressentie c o m m e f r o i d e , il f a u t prévoir une
b o u i l l o t t e o u faire boire une boisson c h a u d e .

En v e l o p p e m e n t é va cu a n t la t r a n sp i r a t i o n

Les enveloppements Pour évacuer la t r a n s p i r a t i o n , l ' e n v e l o p p e m e n t (de la


p o i t r i n e , des lombes, e n v e l o p p e m e n t c o u r t o u total )
et les compresses d o i t rester en place p e n d a n t environ deux heures. A t -
t e n t i o n : il f a u t surveiller le m a l a d e afin de p o u v o i r i m -
médiatement enlever l'enveloppe dès l'apparitio n de
signes de nausée o u de vertige.
En v e l o p p e m e n t s
Après avoir enlevé l'enveloppe, f r o t t e r la partie d u
Les e n v e l o p p e m e n t s et les compresses p e u v e n t être corps avec une serviette p o u r sécher.
appliqués froids , chauds o u tiédes. Les personnes m a - Quand 7
lades d o i v e n t d ' a b o r d se m e t t r e une demi-heure au lit Enveloppement du mollet : p o u r évacuer la chaleur en
p o u r se réchauffer. cas de fièvre o u d ' i n f l a m m a t i o n vasculaire, contre
Comment 7 l ' o b s t r u c t i o n l y m p h a t i q u e et l'œdème. L'utilisation de
H u m i d i f i e r un linge de lin grossier avec de l'eau f r o i d e terre à v e r t u curative, d'argile et de q u a r k p e u t a u g -
(eau c h a u de en cas d ' a f f e c t i o n respiratoire), bien le m e n t e r l'effet sur les varices.
t o r d r e et l'appliquer étroitement sur la zone à traiter. Enveloppement des lombes : posé de la hanche jus-
Poser par-dessus un linge sec de lin o u de c o t o n plus q u ' a u mollet, calme en cas d'irritation intestinale, de

57
Méthodes
thérapeutiques
classiques

crampes abdominales, de douleur au ventre, d'ulcères > Attention : ne pas a p p l i q u er de compresses froides
gastriques, d ' i n f l a m m a t i on de la vésicule et des voies b i - lorsque le p a t i e n t a les pieds froids o u qu'il frissonne.
liaires, de nervosité et d'insomnies; réduit l'hypertension. Lors de l'application de compresses de glace, il f a u t i n -
Enveloppement du corps : un linge couvre le corps terposer un f i n linge p o u r protéger des dégâts dus au
de la partie inférieure des côtes j u s q u ' a u pubis; utile f r o i d . Ne pas a p p l i q u e r chez les personnes atteintes de
en cas de fièvre, de trouble s gastriques o u intestinaux, troubles de la sensibilité à la température.
de crampes, de trouble s végétatifs et d ' i n s o m n i e s.
Enveloppement du tronc : posé du pubis j u s q u ' a u x C o m p r e sse s c h a u d e s
aisselles, aide en cas de f o r t e fièvre. Comment ?
Enveloppement des hanches : passé entre les On p e u t t r e m p e r le linge d ' e n v e l o p p e m e n t dans une
j a m b e s , atténue les i n f l a m m a t i o n s du vagin et de la décoction de camomille arrosée d'eau bouillante
prostate, utile en cas d'hémorroïdes, d'eczéma anal et (freine l ' i n f l a m m a t i o n ) , d'écorce de chêne (constric-
i n f l a m m a t i o n s de la région d u bassin. teur) o u de fleurs de f o i n (améliore l'irrigation san-
Enveloppement de la poitrine : aide en cas de b r o n - g u i n e , atténue la douleur, calme). Tordre ensuite.
chite, d ' a f f e c t i o n p u l m o n a i r e et de névralgies. L'enveloppe conserve mieux la chaleur si l'on y dé-
Enveloppement de la gorge : atténue l'angine et pose une b o u i l l o t t e o u si o n e n d u i t le linge de terre o u
les m a ux de g o r g e . de b o u e c h a u d e .
Enveloppement des articulations : atténue la d o u - Un sac de f o i n retient encore plus l o n g t e m p s la
leur en cas d ' a r t h r i t e et d ' a r t h r o s e . chaleur. Pour ce faire, o n m e t des fleurs de f o i n dans
> • Attention : les grands e n v e l o p p e m e n t s ne d o i v e n t un sac de lin q u e l'on c h a u f f e au-dessus d'un e source
pas être appliqués chez une personne ayant le ventre de vapeur c h a u d e ( a t t e n t i o n au risque d'allergie). Le
plein. Pas p o u r les personnes cardiaques. sac de f o i n rend la chaleur plus l e n t e m e n t q u e les
compresses chaudes ordinaires et les compresses de l i -
m o n , de f a n g o et d'autres boues aux vertus curatives.
Co m p r e sse s L'argile, la terre, la b o u e et les fleurs de f o i n s o n t
disponibles en p h a r m a c i e.
C o m p r e sse s f r o i d e s e t co m p r e sse s d e g l a ce Les compresses chaudes restent en place pendant
Comment ? environ 45 minutes et le malade est bien couvert. Après
A p p l i q u e r sur le linge d ' e n v e l o p p e m e n t une couch e enlèvement, observer un repos au lit d'une demi-heure
épaisse d'argile mouillée - disponible en p h a r m a c ie - puis laver à l'eau tiède. Le m o m e n t idéal de l'application
o u de quark . On p e u t également t r e m p e r un linge de de compresses chaudes est avant o u pendan t le repas.
lin dans une s o l u t i o n saline à 10 % , le t o r d r e et le lais- Quand ?
ser geler dans le congélateur. Le linge reste alors Les compresses chaudes atténuent les plaintes dans
flexible. On p e u t aussi a p p l i q u e r une compresse de les maladies chroniques, l'arthrose o u les a f f e c t i o ns
glace (glaçons broyés dans un sac en plastique). rénales o u de la vessie. Elles a i d e n t en cas de m a ux
On pose la compresse f r o i d e p e n d a n t une m i n u t e , d'estomac, de ventre et de tête d ' o r i g i n e nerveuse et
on l'enlève p e n d a n t quatre m i n u t e s et o n répète de m i g r a i n e . Elles améliorent la circulation q u a n d o n
l'opération cinq fois de suite. les appose t a r d le soir dans la région l o m b a i r e .

Quand ? > - Attention : avant d'apposer la compresse, vérifier

En cas d ' i r r i t a t i o n a r t h r i t i q u e des articulations, d'accès si la température est s u p p o r t a b l e en la t o u c h a n t de la

de g o u t t e , de c o n t u s i o n s, d'élongations, de plaies o u - face i n t e r n e d u p o i g n e t . Ne pas apposer t r o p étroite-

vertes et de pleurite. En cas de tension musculaire, a p - m e n t chez les malades h y p e r t e n d u s, présentant une

pliquer un sachet de glace o u f r o t t e r avec des glaçons. faiblesse cardiaque o u des t r o u b l es respiratoires.

58
Les
processus
révulsifs

Les processus révulsifs Chez d'autres guérisseurs, ces méthodes s o n t encore


aussi répandues q u e par le passé.

— Historique Concept de base

La médecine populair e considère q u e ce s o n t des " hiu- Sous l'influence de la civilisation, n o t r e corps ne serait
meurs nocives" q u i r e n d e n t le corps malade et q u ' i l plus à même d'accomplir ses tâches de révulsion et
f a u t dès lors les évacuer p o u r recouvrer la santé. L'ori- d o i t dès lors être stimulé. S'il n'y a pas m o y e n de faire
g i n e de l'idée provient de tentatives p o u r expliquer les a u t r e m e n t , il f a u d r a d o n c offrir à ces " h u m e u r s n o -
maladies : elles étaient comprises c o m m e un mauvais cives" une voie de sortie artificielle. Le corps s'en re-
mélange d ' f i u m e u r s o r g a n i q u e s , la dyscrasie. M ê m e le trouvera nettoyé et l'ordre intérieur pourra être rétabli.
plus g r a n d médecin grec, Hippocrate de Cos (460-377
av. J.-C), était d'avis q u ' u n e plus g r a n d e sécrétion
— Explication de l'action
m e t t a i t f i n à la maladie. La t r a n s p i r a t i o n , les selles et
l'urine, les expectorations , les s a i g n e m e n t s , le pus et En médecine, la science des " h u m e u r s " est dépassée.
l'éruption cutanée c o n s t i t u a i e n t à ses yeux a u t a n t de On sait a u j o u r d ' h u i q u e n o m b r e de ces "thérapies ré-
moyens de se guérir. Cette conception a prévalu vulsives" f o n c t i o n n e n t par d'autres voies, q u e l'on dé-
c o m m e base de la science médicale occidentale de signe par le t e r m e anglais de " c o u n t e r i r r i t a t i o n " .
l'Antiquité j u s q u ' a u 19e siècle, avant d'être déclassée • Les s t i m u l a t i o n s cutanées p e u v e n t avoir u n e f f e t
par les nouvelles considérations scientifiques de Ru- sur les organes internes suite à leur transmission par
cio/f l//rc/7ow(1821-1902). les arcs réflexes (voir p. 72). C o n t r a i r e m e n t à ce q u e
Dans les années v i n g t , le gynécologue et clinicien l'on i m a g i n a i t a u p a r a v a n t, le sang n'est pas évacué de
viennois 6em^arc/Asc/7ner ( 1 8 8 3 - 1 9 6 0 ) reprit ces p r o - ces organes, mais il arrive j u s t e m e n t en plus g r a n d e
cessus révulsifs dans sa thérapie c o n s t i t u t i o n n e l l e et quantité. C'est l'effet visé par les massages (voir
les utilisa également après son émigration en A m é - p. 6 8 ) , par les thérapies d u c h a u d et d u f r o i d (voir
rique dans ses polycliniques de l'arthrite. En sus des p. 4 2 ) et par t o u s les processus révulsifs.
méthodes d'usage visant à vider la vessie et les intes- • Les s t i m u l a t i o n s artificielles douloureuses de la
tins et à p r o m o u v o i r la t r a n s p i r a t i o n (voir thérapie hy- peau (par ex. les égratignures, les brûlures et les p i -
p e r t h e r m i q u e p. 4 3 et sauna p. 4 4 ) , il préconisait des qûres) p e u v e n t c a m o u f l e r la d o u l e u r en un autre e n -
t r a i t e m e n t s q u i s e m b l a i e n t sortis t o u t d r o i t d ' u n f i l m d r o i t et ainsi la " c a l m e r " plus l o n g t e m p s . O n ne
d ' h o r r e u r : vomissements exagérés, prise de p r o d u i t s connaît pas les détails d u f o n c t i o n n e m e n t de cette ré-
toxiques et création de plaies artificielles. pression centrale de la douleur. De n o m b r e u x procé-

Situation actuelle dés reposent sur cet effet, par exemple la s t i m u l a t i o n

Font partie de ces processus révulsifs : le clystère (voir électrique transcutanée (voir p. 2 6 7 ) , l ' a c u p u n c t u r e

hydrothérapie d u côlon p. 200), la saignée (voir p. 60), le (voir p. 153), la m o x i b u s t i o n (voir p. 158) et la théra-

traitement par sangsues (voir p. 61), les ventouses (voir pie neurale (voir p. 2 3 2 ) .

p. 62), la thérapie de Baunscheidt (voir p. 63), l'emplâtre • Les inflammations de la peau artificiellement susci-
de cantharidine (voir p. 64) et les fontanelles, méthodes tées peuvent " i n t e r r o m p r e " u n processus inflammatoire
visant à créer de profondes plaies artificielles. du corps : le système immunitaire ne peut gérer à la fois
Les médecins partisans des méthodes d'Aschner les deux processus et ne s'adresse q u ' a u plus récent.
ne p r a t i q u e n t généralement plus les processus révul- • Les s t i m u l a t i o n s cutanées f o n c t i o n n e n t comme
sifs où il est q u e s t i o n de blessures i m p o r t a n t e s de la une stimulothérapie aspécifique : elles poussent l'or-
peau. ganisme à réagir a u t r e m e n t , en d'autres m o t s elles sti-

59
Méthodes
thérapeutiques
classiques

m u l e n t le système i m m u n i t a i r e (voir i m m u n o m o d u l a - — Examen et traitement


t i o n p. 3 3 ) . Les arômes particuliers des p r o d u i ts de
Lors d ' u n e saignée, le médecin place u n e aiguille " p a -
massage c o n t r i b u e n t également à cet e f f e t .
p i l l o n " et laisse couler 50 à m a x i m u m 5 0 0 ml de sang
• Le fait d'enlever d u sang par les saignées, les ven-
dans un verre gradué. Ceci dure d e 15 à 3 0 m i n u t e s .
touses et les sangsues est aussi en soi une stimulothéra-
Le p a t i e n t d o i t rester couché p e n d a n t l'opération. O n
pie (voir p. 30). Elle stimule la microcirculation et d i m i -
perfuse ensuite la même quantité de sérum p h y s i o l o -
nue "l'irrigation débordante" des zones enflammées.
g i q u e . Après 15 m i n u t e s de repos, o n p e u t reprendre
ses activités habituelles.

— Indications
La saignée
A c t u e l l e m e n t , de n o m b r e u x thérapeutes utilisent les
saignées dans les trouble s circulatoires p o u r améliorer
— Historique la m i c r o c i r c u l a t i o n . Il s'agit d ' u n e stimulothérapie en
cas de troubles de la m e n s t r u a t i o n et d ' h y p e r t e n s i o n .
Déjà p e n d a n t l'Antiquité et dans la culture indienne,
En cas d ' i n f l a m m a t i o n et d ' i n f e c t i o n , la prise de sang
les médecins p r a t i q u a i e n t des incisions dans la peau
aurait u n e f f e t a n t i - i n f l a m m a t o i r e .
de leurs patients p o u r les " s a i g n e r " . O n v o u l a i t ainsi
Limites de l'application
décharger l'organe malade o u mener le f l u x sanguin
Ne pas pratiquer de saignées en cas de troubles de la cir-
vers u n e autre région d u corps. On t r o u v a i t p a r t o u t
culation cérébrale o u de troubles de la coagulation. Les
des représentations d u corps h u m a i n où o n p o u v a i t
saignées ne sont pas utiles en cas d'hypotension, pendant
lire la s i t u a t i on exacte des point s d e saignée. Jusqu'au
les règles et en cas de diarrhées, d'arythmie cardiaque,
18e siècle, les thérapeutes saignaient t o t a l e m e n t a r b i -
d'angine de poitrine, d'anémie et de labilitè végétative.
t r a i r e m e n t leurs malades p o u r t o u t e s les plaintes pos-
sibles, convaincus de débarrasser ainsi le corps des
éléments q u i le rendaient malade. L'écrivain français — Risques
Jean- Baptiste Poquelin, d i t Molière ( 1 6 2 2 - 1 6 7 3 ) se
• Les saignées fréquentes affaiblissent le corps.
m o q u a i t dans sa pièce "Le m a l a d e i m a g i n a i r e " de ces
• Certains thérapeutes p e r f u s e n t après la saignée d u
médecins aux pratiques sanguinaires q u i t r a i t a i e nt
plasma de r e m p l a c e m e n t . Ceci n'est pas nécessaire
ainsi leurs malades par désespoir o u par cupidité. A u
mais d a n g e r e u x (risque de choc allergique).
f u r et à mesure des progrès de la médecine, les indica-
tions p o u r les saignées s o n t devenues plus restreintes.

La médecine m o d e r n e fait usage d e procédés a p -


— Critique
parentés à la saignée à des fins particulières, par
exemple l'hémodilution. • Les saignées ne s'imposen t médicalement que
dans deux cas rares de maladies d u sang : la polycy-
thémie (excès de globules rouges) et l'hémosidérose
— Idée et explication de l'action
ou excès de fer dans le sang. Il n'existe pas d'autres
Une saignée d o i t faire réagir le corps a u t r e m e n t (voir t r a i t e m e n t s utiles p o u r ces p a t h o l o g i e s.
i m m u n o m o d u l a t i o n p. 3 3 ) , diluer le sang, p r o m o u v o i r • En t a n t q u e stimulothérapie générale, il f a u t préfé-
l'oxygénation et éliminer les agents pathogènes. Les rer des procédés m o i n s invasifs tels q u e la thérapie de
différentes caractéristiques de fluidité auraien t u n e i n - Kneipp, le massage et d'autres méthodes de la méde-
f l u e n c e positive sur de nombreuses maladies. cine naturelle.

60
Le traitement
par
sangsues

— Conseil sont placées la tête la première sur une partie de peau lé-
gèrement incisée au scalpel. Les sangsues peuvent aspi-
La saignée est à conseiller p o u r les d e u x p a t h o l o g i es
rer de 8 à 10 ml de sang et t o m b e n t d'elles-mêmes après
sanguines rares précitées. Elle ne peut pas être
une heure. A défaut, il f a u t les saupoudrer de sel. Pour
conseillée en t a n t q u e stimulothérapie.
les tuer, o n les met dans du vinaigre o u dans du sel.
Après le traitement, il faut garder le lit, car la blessure
continue de saigner pendant environ 2 4 heures, ce qui
fait encore perdre à peu près 4 0 ml de sang. Selon la

Le traitement par sangsues plainte et la zone du corps, on utilise deux à dix sangsues.

— Historique — Explication de l'action

Cette méthode est vieille c o m m e le m o n d e . A l'époque, Les thérapeutes qui utilisent les sangsues les j u g e n t utiles
elle servait à soigner t o u t et n'importe quoi. Elle c o n n u t pour "la purification du sang, la dètoxification, la décon-
son apogée au début du 19e siècle. Dans sa clinique, le gestion, la lutte contre les crampes et leur effet calmant. "
médecin français François Broussais (1772-1838) saignait Il est probabl e q u e l'effet des sangsues repose sur
ses malades à t o u r de bras pour chaque i n f l a m m a t i o n , le f a i t q u e le p r o d u i t qui empêche la c o a g u l a t i o n au
au point de les vider de t o u t e substance, et décida de niveau de la blessure pénètre dans le corps par le
passer aux sangsues. C'est ainsi qu'en 1827, o n importa sang. Le sang devient de ce f a i t plus " f l u i d e " et les i n -
de Bohème et de Hongrie 33 millions de sangsues car les f l a m m a t i o n s s'en v o i e n t freinées.
étangs du pays avaient déjà été pillés depuis longtemps. En o u t r e , le t r a i t e m e n t par sangsues p e u t avoir un
A u cours d u 20e siècle, les sangsues passèrent de e f f et sur certaines régions individuelles du corps par la
m o d e , mais depuis quelques années la méthode re- voie réflexe (voir massage de z o n e réflexe p. 72).
g a g n e du t e r r a i n .

— Indications
— Procédé
Les thérapeutes recommandent le traitement par sangsues
Les sangsues (l- iirudinea) utilisées en médecine f o n t partie pour les inflammations rhumatismales de toute nature, lors
des annélidés et vivent habituellement en eau douce. Leur d'œdèmes, de phlébites avec thrombose, d'obstructions
orifice buccal est composé de trois mâchoires poun/ues de des vaisseaux sanguins et lymphatiques, de migraine et de
petites dents acérées. Leur morsure crée une blessure en sinusite. Les sangsues sont également placées un peu par-
f o r m e d'étoile à trois branches. Leur salive contient de l'hi- tout sur le corps pour traiter t o u t et n'importe quoi.
rudine, qui empêche le sang de se coaguler au niveau de L'utilisation de sangsues p e u t c o n t r i b u e r à la ré-
la morsure. L'hirudine est actuellement produite par le gé- d u c t i o n de prise d ' a n t i c o a g u l a n t s .
nie génétique et utilisée en médecine moderne pour le Limites de l'application
traitement de thromboses. Ne pas utiliser de sangsues en cas de maladies du
Les sangsues s o n t a u j o u r d ' h u i s u r t o u t importées de sang, sur les nœuds de varices et en cas de gangrène.
H o n g r i e où o n en f a i t l'élevage. On les conserve dans
un verre d'eau f r o i d e .
— Risques

• Les sangsues p e u v e n t absorber des germes p a t h o -


— Examen et traitement
gènes et les t r a n s m e t t r e ensuite. On ne p e u t d o n c les
Pendant le traitement, il f a u t rester couché. Les sangsues utiliser q u ' u n e seule fois.

61
Méthodes
thérapeutiques
classiques

• Chez les personnes s o u f f r a n t de trouble s de la c o a -


g u l a t i o n , les saignement s peuvent durer longtemps
après l'application .
• A l'endroit de la m o r s u r e , une allergie occasion-
nelle est possible.

— Critique

Il n'y a pas de recherche clinique p r o u v a n t l'action des


sangsues p o u r les indications précitées.

— Conseil

Le t r a i t e m e n t par sangsues des affection s précitées


n'est à conseiller q u e si d'autres types de t r a i t e m e n t s peau avant la pose de ventouses sanglantes. Les v e n -
restent sans effets. touses s o n t de petites cloches de verre o u de plastique
Pour les autres a f f e c t i o n s, leur utilisation est à dé- d ' e n v i r o n 6 cm de diamètre.
conseiller.

— Exannen et traitement

V e n t o u s e s sè ch e s

Les ventouses
Avant le traitement, on chauffe légèrement la peau du
patient couché à l'aide de lumière infrarouge. On pose
ensuite six à dix ventouses sur son dos. Le thérapeute fait
d'abord le vide dans la ventouse en brûlant l'air au-dessus
— Historique
de la f l a m m e d'un morceau d'ouate imbibé d'essence ou
La pose de ventouses était autrefois l'acte médical par à l'aide d'un système d'aspiration. Par la force de succion
excellence. Cette p r a t i q u e était t e l l e m e n t courante sur la peau, les capillaires de la circulation s'élargissent;
q u e même le sceau des médecins p o r t a i t une repré- après quelques minutes apparaissent des taches bleues,
s e n t a t i o n de v e n t o u s e . suivies un peu plus tard par de petites vésicules de la taille

Le principe même était déjà décrit il y a 3 00 0 ans en d'un petit pois. Le traitement dure de 10 à 15minutes.

Mésopotamie; on l'utilisait autant dans la culture indienne


que dans l'ancienne Amérique du Sud. Les ventouses M a s s a g e cJe su cci o n
étaient faites de corne de vaches, de bronze, d'argent et de Pour cette variante de ventouses sèches, o n e n d u i t
verre. Les ventouses à extraction de sang étaient déjà consi- d ' a b o r d la peau d ' h u i l e . Sur cette région de peau h u i -
dérées au Moyen-Âge c o m m e non conformes à l'éthique lée, le thérapeute déplace p e n d a n t quelques m i n u t e s
médicale et Paracelse (1493-1541 ) en critiquait l'usage. une p e t i t e ventouse sous vide j u s q u ' a u m o m e n t de
p r o v o q u e r u n épanchement de sang.

— Procédé
V e n t o u s e s sa n g l a n t e s
On parle de scarification l o r s q u ' u n médecin incise s u - On incise la peau en f o r m e de croix. Lors de la pose,
p e r f i c i e l l e m e n t la peau en b e a u c o u p d ' e n d r o i t s . Un les ventouses se remplissent de sang c o u l a n t de l'inci-
scarificateur est l ' i n s t r u m e n t utilisé p o u r inciser la sion d ' u n centimètre e n v i r o n . En 10 à 2 0 m i n u t e s , o n

62
La thérapie
de
Baunscheidt

extrait de la sorte jusqu'à 300 millilitres de sang. Le • Risque.' d'infection en cas de mauvaise désinfection
traitement est douloureux. du matériel d'incision.

— Explication de l'action — Critiique


Pas mal d'utilisateurs de cette méthode considèrent • La pireuve exacte de l'action supposée reste encore
que l'action des ventouses est conforme aux idées de à fournir.
la médecine traditionnelle chinoise (voir p. 148) visant • Les, thérapeutes se fondent sur la relation entre
à équilibrer le bilan énergétique. Il existe aussi la une zone de la peau et un organe interne grâce à l'arc
conception traditionnelle selon laquelle la présence de réflexe (voir p. 72) et présupposent une influence sur
gélose (contusions humides) sur la peau serait le signe "l'énergie" qui circule dans le corps. Ce fait est autant
du début d'une maladie et que son développement contesté que l'influence suggérée par de nombreux
serait prévenu par la pose de ventouses. thérapeutes des ventouses sur la pression du liquide
En réalité, on peut considérer les ventouses comme cép)halorachidien.
une stimulothérapie aspécifique (voir p. 30). • Pour poser des ventouses sanglantes, on blesse la peau
sans que ce soit nécessaire médicalement parlant. Pour atté-
nuer les maux de dos et de muscles, il existe aujourd'hui des
— Indications
massages et d'autres méthodes de médecine naturelle moins
Vent ouses sèches et m assage de succion invasives tout en étant efficaces. En tant que stimulothérapie
Poser des ventouses peut calmer la douleur. Mais, se- aspécifique et thérapie de la douleur, celles-ci méritent la pré-
lon la conception traditionnelle, le corps reçoit grâce férence au détriment des ventouses sèches également.
S'JX Ventouic5 plus de "sang, chaleur et force" en cas
de "maladies de vide". Ceci devrait aider en cas de
-Conseil '--^^^
troubles circulatoires et de durcissements de la peau
et du tissu sous-jacent, de douleur musculaire, de ten- Les ventouses sèches et le massage par succion ne
sion et de nœuds musculaires, de maux de tête chro- peuvent être conseillés.
niques, de maux de dos, de douleur rhumatismale, de Les ventouses sanglantes sont à déconseiller.
sifflements d'oreille, d'aménorrhée, d'asthme et de
tuberculose. Tout le corps devrait ainsi "réagir autre-
ment" (voir immunomodulation p. 33).

Vent ouses sanglant es


Les ventouses sanglantes sont censées combattre
"l'excès de sang, de chaleur et d'éléments sales" dans
les organes internes.
Limites de i'application La thérapie de Baunscheidt
Les ventouses ne peuvent être posées en cas d'insuffi-
sance rénale ni placées au-dessus des vertèbres.

— Historique
— Risques
Bien que mécanicien de métier. Cari Baunsclieidt
• Ne pas poser de ventouses chez des personnes (1809-1873) se présentait comme "l'inventeur de la
présentant une tendance à l'hémorragie. médecine naturelle et du réveil de la vie". Suite à une

63
Méthodes
thérapeutiques
classiques

mauvaise a l i m e n t a t i o n , il avait contracté la g o u t t e • Le d a n g e r d ' i n f e c t i o n est g r a n d . Traiter les zones


causant la raideur de son bras droit. Un jour, il f u t p i - proches des articulations et des vertèbres p e u t m e n e r
qué par des m o u s t i q u e s à la main d r o i t e , la peau y d e - à des c o m p l i c a t i o n s .
v i n t rouge... et quelques j o u r s plus t a r d son bras f u t • Le produit d'origine qu'utilisait Baunscheidt contenait
guéri. Fort de cette expérience, Baunschieidt inventa de l'huile de croton; c'est un produit f o r t e m e n t co-carci-
en 1 8 4 8 u n i n s t r u m e n t p e r m e t t a n t d'inciser la peau. nogène, c'est-à-dire qu'il multiplie plusieurs fois le pouvoir
cancérigène d'autres produits. L'utilisation du croton est
réglementée et les naturopathes ne peuvent l'employer.
— Procédé
• Les infections encourues suite à la thérapie de
L'appareil de Baunscheidt est u n i n s t r u m e n t p o i n t u Baunscheidt sont à l'origine de quelques incidents sé-
p o u r v u de fines aiguilles. La recette d u p r o d u i t de f r i c - rieux et même de quelques décès.
t i o n de Baunscheidt était gardée secret à l'époque.
A u j o u r d ' h u i , o n utilise p o u r stimuler la peau des p r o -
— Critique
duits c o m m e la c a n t h a r i d i n e , les baies de genévrier,
l'huile de m o u t a r d e o u le jus d ' e u p h o r b e . L'idée d'éliminer les "mauvaises substances" par des
vésicules est erronée. La méthode est une stimulothé-
rapie aspécifique (voir p. 3 0 ) mais à h a u t risque.
— Examen et traitement

Le thérapeute roule l'appareil de Baunscheidt sur la


—Conseil
peau d u malade en divers endroits, les aiguilles pénè-
t r e n t dans la peau sur un à deux millimètres. Ces p e - La thérapie de Baunscheidt est à déconseiller.
tites blessures sont généralement couvertes d ' u ne
p o m m a d e q u i stimule la peau. En réaction se dévelop-
p e n t de petits b o u t o n s purulents. Si l'on traite des

L'emplâtre de cantharidine
zones étendues, le malade d o i t garder le lit p e n d a n t
une journée, b e a u c o u p boire et ne pas se laver p e n -
d a n t quelques jours. Le t r a i t e m e n t est très d o u l o u r e u x . et la fontanelle

— Indications
— Historique
A u n e certaine époque, presque c h a q u e mal était
traité par la thérapie de Baunscheidt mais, a u j o u r - Dans la médecine populaire , o n considérait (et o n le
d ' h u i , elle n'est appliquée q u e par ceux q u i visent u n e considère encore a u j o u r d ' h u i ) q u e la " m o u c h e d'Es-
" m o d i f i c a t i o n générale d e réaction"; elle devrait ainsi p a g n e " réduite en p o u d r e et ingérée avait des vertus
s'avérer utile en cas de névrite, de t r o u b l e s h o r m o - aphrodisiaques. C e t te erreur d e c o n c e p t i o n a déjà
naux, de maladies d u tissu c o n j o n c t i f . coûté la vie à plus d ' u n e personne. C o m m e s t i m u l a n t
Limites de l'application e r o t i q u e , o n l'applique également sur la peau. La m é -
La thérapie ne p e u t être appliquée en cas d ' i n f l a m m a - decine naturelle utilise la c a n t h a r i d i n e p o u r le t r a i t e -
t i o n s cutanées o u de tendances aux allergies. m e n t d ' i n f l a m m a t i o n s douloureuses.

— Risques —Concept de base

• Le t r a i t e m e n t p e u t laisser des cicatrices sur la peau. Les pâtes q u i suscitent des vésicules (vésicants) et sti-

64
L'emplâtre
de cantharidine
et la fontanelle

m u l e n t la peau déclenchent à sa surface u n e i n f l a m - rapeute f a i t ainsi durer l ' i n f l a m m a t i o n j u s q u ' a u m o -


m a t i o n q u i est censée " t i r e r vers l'extérieur" l ' i n f l a m - m e n t où cette " s o u r c e " (d'où le m o t f o n t a n e l l e ) p r o -
m a t i o n des a r t i c u l a t i o n s et des organes situés dans d u i t u n liquide p u r u l e n t . Après quelques j o u r s seule-
un plan plus p r o f o n d . C e t t e détérioration artificielle m e n t , la plaie sera soignée de façon à p o u v o i r guérir.
provoquée de la peau d o i t faire réagir le corps " a u -
t r e m e n t " (voir p. 3 3 ) , dégrader les soi-disant résidus
— Explication de l'action
d u métabolisme et s t i m u l e r l'irrigatio n s a n g u i n e .
Les p r o d u i t s q u i s t i m u l e n t la peau i n f l u e n c e n t les tis-
sus sous-jacents par l'intervention de l'arc réflexe,
_ Procédé
améliorent ainsi l'irrigation sanguine par les capillaires;
La c a n t h a r i d i n e s ' o b t i e n t en réduisant en p o u d r e des l ' i n f l a m m a t i o n de la peau i n t e r r o m p t l'évolution de
mouches d'Espagne (qui ne s o n t pas des mouches l'inflammation d'origine.
mais des coléoptères) séchées; les emplâtres de c a n -
t h a r i d i n e c o n t i e n n e n t ce p r o d u i t s t i m u l a n t dans la
— Indications
couche de surface.
Le Capsicum et la térébenthine s t i m u l e n t aussi la Em p l â t r e d e ca n t h a r i d i n e
peau et agissent l e n t e m e n t . L'huile de m o u t a r d e , le Il serait utile en cas de r h u m a t i s m e , de g o u t t e , d'ar-
c a m p h r e et l'acide f o r m i q u e suscitent par c o n t r e très t h r i t e , de m a ux de dos chroniques, de dépressions et
r a p i d e m e n t l'irritation de la p e a u . d ' i n f l a m m a t i o n de l'oreille m o y e n n e .
Limites de l'application
Le t r a i t e m e n t est à déconseiller en cas d ' i n f l a m m a -
— Examen et traitement
tions de l'appareil urinaire. La c a n t h a r i d i n e ne p e u t
Em p l â t r e d e ca n t h a r i d i n e être appliquée sur des articulations enflammées, les
Le médecin m a r q u e sur la peau une zone de cinq à six plaies ouvertes et les muqueuses.
centimètres d e diamètre où l'on appose ensuite l ' e m -
plâtre de c a n t h a r i d i n e . Cela brûle d ' a b o r d la peau et Fo n t a n e l l e
après 2 4 heures apparaît u n e vésicule remplie de l i - Ce procédé c o n t r i b u e r a i t à éliminer les résidus et à
q u i d e . Le thérapeute la transperce et en extrait le l i - éviter le "dérapage d u métabolisme" et les "maladie s
q u i d e avant de soigner la peau en y a p p o s a n t u n b a n - focales" voir p. 2 3 2 ) .
dage stérile. L ' i n f l a m m a t i o n guérit au b o u t de 10 à
14 j o u r s . O n p e u t alors répéter le t r a i t e m e n t .
— Risques
Le premier jour, le t r a i t e m e n t est très d o u l o u r e u x .
Plus t a r d , la température d u corps a u g m e n t e et o n se • Après le t r a i t e m e n t , des taches pigmentées et des
sent épuisé. cicatrices p e u v e n t subsister. Les démangeaisons p o u s -
De n o m b r e u x thérapeutes réinjectent le liquide ex- sent en o u t r e à se gratter.
trait au p a t i e n t p o u r renforcer cette réaction. • La c a n t h a r i d i n e est t o x i q u e p o u r les reins. Quatre
Fo n t a n e l l e g o u t t e s ingérées suffisent à entraîner la m o r t . Le p o i -
Après avoir ôté la vésicule provoquée par l'emplâtre à son agit également par la peau.
la c a n t h a r i d i n e , o n désensibilise la peau et o n y a p - • La c a n t h a r i d i n e renforce l'action cancérigène de
plique de l'acide n i t r i q u e . Se f o r m e ensuite u n e croûte certains p r o d u i t s .
qui t o m b e à son tour. Le thérapeute i n t r o d u i t alors • La f o n t a n e l l e entraîne le d a n g e r d ' i n f e c t i o n .
dans la plaie u n e petite bille de verre o u u n autre o b - • Les deux méthodes sont contraires aux principes
j e t , q u i reste en place p e n d a n t quelques j o u r s . Le thé- de l'hygiène et de la médecine de base.

65
Méthodes
thérapeutiques
classiques

— Critique La recherche médicale se concentr a immédiatement


sur ces éléments d u spectre l u m i n e u x . La découverte
• L'idée q u e le corps p o u r r a i t évacuer les h u m e u r s
d u p o u v o i r désinfectant de la lumière m e n a à son u t i -
nocives par le liquide d ' u n e plaie est dépassée.
lisation c o n t r e les maladies infectieuses. A cette pé-
• L'action prétendue est i n s u f f i s a m m e n t prouvée.
riode, les médecins tentèrent de t r a i t e r aux U.V. n o n
• Le risque lié à ce t r a i t e m e n t est plus g r a n d q u e
s e u l e m e n t la peau mais aussi les cavités corporelles et
l'avantage q u ' i l o f f r e . Il existe des méthodes moins in-
l e s a n g ( v o i r H O T / U V B p . 253).
vasives en t a n t q u e stimulothérapie { v o i r p. 3 0 ) .
Situation actuelle
Les bains de lumière sont depuis repris dans le traite-
m e n t dispensé dans de n o m b r e u x centres de cure (voir
Conseil
p. 138). Le t r a i t e m e n t par la lumière de la jaunisse d u
Le t r a i t e m e n t à la c a n t h a r i - nouveau-né, le recours aux UV pour le psoriasis et le l u -
dine est à déconseiller. pus sont des actes médicaux t o u t à f a i t courants a u -
Cela vaut aussi p o u r la j o u r d ' h u i . Le t r a i t e m e n t par la lumière des troubles d u
fontanelle. sommeil est aussi généralement reconnu. Le t r a i t e m e n t
de la dépression d'hiver par la lumière blanche reste e n -
core controversé et l'on n'utilise plus la lumière UV
c o m m e moyen désinfectant. O n connaît a u j o u r d ' h u i le
caractère dangereux de certains rayons UV, même dans
les milieux n o n spécialisés. Malgré cela, la couleur

La photothérapie brune de la peau reste un signe de b o n n e santé et


beaucoup de gens participent sans limites à la rage d u
bronzage sur les plages et sur les bancs solaires.
— Historique

Dans son r o m a n "La m o n t a g n e m a g i q u e " , Thomas


— Concept de base
Mann ( 1 8 7 5 - 1 9 5 5 ) rendait bien l'ambiance morbide
q u i régnait à cette époque : le s a n a t o r i u m p o u r t u b e r - Les n a t u r o p a t h e s o n t t o u j o u r s su apprécier l'action
culeux était p o u r lui le s y m b o l e de la s i t u a t i o n sociale. bienfaisante de la lumière d u soleil sur la peau, sur
A u début d u 2 0 e siècle, un n o m b r e incalculable de l ' h u m e u r et sur la résistance.
stations de plein air et d e s a n a t o r i u ms p o u r patients
poitrinaires virent le j o u r : la découverte d u p o u v o i r
— Examen et traitement
bactéricide de la lumière ultraviolette d o n n a i t u n n o u -
vel espoir aux t u b e r c u l e u x . Selon le diagnostic du médecin, le thérapeute
Les médecins de l'Antiquité utilisaient déjà la l u - conseillera les bains de soleil, l'exposition aux U.V. o u
mière d u soleil à des fins curatives. C e t te t r a d i t i o n à la lumière blanche sans les rayons U.V.
t o m b a dans l'oubli et ne f u t redécouverte qu'à la f i n Pendant le bain de soleil, le corps entier o u des
d u 18e siècle en France. Christoph Wiihelm Hufeiand zones de peau s o n t exposés au r a y o n n e m e n t direct o u
( 1 7 2 6 - 1 8 3 6 ) , médecin personnel d u roi prussien Fré- indirect d u soleil. On c o m m e n c e généralement par
déric G u i l l a u m e III, prescrivait des bains de lumière à des séances de deux fois dix m i n u t e s par jour, répé-
ses patients. En 1 8 0 1 , le physicien a l l e m a n d Johann tées t o u s les deux à trois jours. A c h a q u e t r a i t e m e n t ,
Wilhelm Ritter ( 1 7 7 6 - 1 8 1 0 ) découvrit la partie invi- on a u g m e n t e la dose de deux à cinq m i n u t e s .
sible de la lumière d u soleil : la lumière i n f r a r o u g e Dans le cas d u t r a i t e m e n t aux rayons U.V, o n a u g -
(I.R.) et la lumière ultraviolette (U.V.). m e n t e aussi progressivement la dose.

66
La photo-
thérapie

Le t r a i t e m e n t à la lumière blanche se f a i t en clinique, Limites de i'application


c h a q u e m a t i n o u soir p e n d a n t une heure e n v i r o n . Pour Les personnes allergiques à la lumière d u soleil, pré-
les troubles d u r y t h m e de s o m m e i l , ce t r a i t e m e n t dure s e n t a n t des défauts de p i g m e n t a t i o n , de nombreuses
généralement deux semaines. taches de beauté, de l'eczéma, des infections de t o u t e
n a t u r e , une hyperthyroïdie, des maladies infectieuses
Particularités de l'application aiguës, des ulcères gastriques et duodénaux, de la
nervosité et une faiblesse cardiovasculaire feraient
• Ne pas exposer directement la tête pendant le bain mieux de ne pas s'exposer en plein soleil. Il en est de
de soleil vu le risque d'insolation. même p o u r les personnes qui c o n t r a c t e n t un c o u p de
• Protéger les yeux à l'aide de lunettes de soleil qui soleil après quelques m i n u t e s d ' e x p o s i t i o n .
ne laissent pas passer les rayons UV. Chez un opticien,
vous pourrez contrôler si vos lunettes possèdent bien
— Risques
cette propriété.
• Ne pas exposer la peau au soleil plus longtemps que ne • La lumière directe d u soleil abîme la cornée et la
le permet votre type de peau (il s'agit du temps nécessaire c o n j o n c t i v e des yeux et p e r t u r b e les cellules senso-
pour faire rougir la peau. La règle veut que plus la couleur rielles de la rétine.
du mamelon sera claire, plus la peau sera sensible). • Les rayons U.V.-B et U.V.-A2 p r o v o q u e n t les coups de
• Boire en suffisance. soleil et e n d o m m a g e n t les cellules de la peau. Un coup
de soleil grave s'accompagne de fièvre. Les cellules e n -
dommagées peuvent même devenir cancéreuses.
• La peau seule ne p e u t pas se protéger l o n g t e m p s
— Explication de l'action
des rayons U.V. : de 10 à 2 0 m i n u t e s selon le t y p e de
La lumière d u soleil améliore l'état de santé psychique peau et le m o m e n t de la journée.
d u f a i t qu'elle s t i m u l e la p r o d u c t i o n p r o p r e d'agents Les p r o d u i t s de p r o t e c t i o n solaire avec filtre U.V.
analgésiques. Elle s t i m u l e l'hypophyse et le système (écran solaire) m u l t i p l i e n t par le facteur indiqué le
i m m u n i t a i r e et d i m i n u e la tension artérielle. t e m p s d ' e x p o s i t i o n possible avant la survenance du
La lumière d u soleil est composée de rayons de d i f - c o u p de soleil. Un p r o d u i t i n d i q u a n t un f a c t e u r 5 per-
férentes l o n g u e u r s d ' o n d e : la lumière visible, les m e t de rester au soleil cinq fois plus l o n g t e m p s , d o n c
rayons ultraviolets (U.V.) de différentes longueurs de 5 0 à 1 0 0 m i n u t e s .
d ' o n d e et les rayons i n f r a r o u g es (I.R.). • Les rayons c h a u f f a n t s i n f r a r o u g e s , les U.V.-Al et
L'action des rayons U.V. dépend de leur longueur p r o b a b l e m e n t aussi la lumière artificielle r e n f o r c e n t le
d'onde. Les U.V.-A1 stimulent la p i g m e n t a t i o n de la caractère nocif des rayons U.V.-C et U.V.-B. La lumière
peau. Les U.V.-B et les U.V.-A2 stimulent la productio n provenant de lampes halogènes sans protection
de vitamines D et sont bactéricides. La couleur brune qui c o n t i e n t également des rayons UV nocifs.
persiste sur la peau est une réaction de défense contre • Plus o n subit de coups de soleil, plus o n a de
les rayons U.V.-B qui p r o v o q u e n t les coups de soleil. risques de développer une peau tannée " d e m a r i n " et
plus le danger de cancer de la peau sera élevé.
• La couch e d'ozone de l'atmosphère retient une
— Indications
partie (les U.V.-C) des rayons ultraviolets. Cette
Les partisans de la photothérapie l'appliquent en cas de couche protectrice devient de plus en plus f i n e et les
tendance à l'infection, de plaies qui guérissent mal, trous dans la couch e d ' o z o n e s'agrandissent. Nous
d'acné, de mycoses, pour prévenir les coups de soleil, pour s o m m e s dès lors exposés à t o u j o u r s plus de rayons
promouvoir la régénération osseuse après une fracture. U.V. nocifs. Ces dernières années, le n o m b r e de can-

67
Méthodes
thérapeutiques
classiques

cers de la peau a pris des p r o p o r t i o n s inquiétantes et


l'on constate bien plus d'allergies au soleil.
Les massages classiques
A l'air libre, il v a u t mieux s'installer à l ' o m b r e q u ' a u
soleil. O n n'avertira jamais assez les gens d u d a n g e r
— Historique
des brûlures d u soleil.
L ' a t t o u c h e m e n t est c e r t a i n e m e n t la f o r m e la plus a n -
cienne de guérir. D'instinct, nous t o u c h o n s l ' e n d r o i t
— Critique
de la d o u l e u r en poussant dessus o u en le f r o t t a n t .
• La lumière égaie les personnes dépressives, p e u t Toutes les cultures o n t ainsi développé des massages
prévenir le rachitisme et p e u t avoir un e f f e t positif sur curatifs p o u r des plaintes bien déterminées o u p o u r
le lupus et le psoriasis (maladies de la peau). Elle p e u t faciliter la naissance. Il s'agissait aussi d ' u n e t e n t a t i v e
être utile dans les t r o u b l e s d u r y t h m e de s o m m e i l . p o u r chasser les démons responsables de la maladie.
L'effet positif des rayons i n f r a r o u g e s sur la f o r m a t i o n C'est la raison p o u r laquelle seuls les sorciers et gué-
des ulcères est possible mais n'est pas prouvé. risseuses les p r a t i q u a i e n t à l'origine en même t e m p s

• Les autres vertus curatives d u t r a i t e m e n t par la l u - que leurs m a n i p u l a t i o n s m a g i q u e s .

mière n ' o n t pas été prouvées. Les références écrites les plus anciennes au mas-
• Il est difficile de peser le p o u r et le c o n t r e d u t r a i t e - sage c u r a t i f nous v i e n n e n t de C h i n e et d a t e n t de plus
m e n t par les rayons U.V. de 4 5 0 0 ans.
Les Grecs enlevèrent au massage les t o u r s d e m a -
gie. Ils massaient les sportifs et les malades avec des
— Conseil
p o m m a d e s et des huiles o d o r a n t e s . Par l'intermédiaire
Le t r a i t e m e n t par la lumière bleue de la jaunisse d u des bains romains, la thérapie f u t i n t r o d u i t e dans la
nouveau-né est à conseiller, t o u t c o m m e le t r a i t e m e n t culture arabe.

par U.V. d u psoriasis et d u lupus. Il en va de même Dans la culture chrétienne, e n n e m i e d u corps, la


p o u r le t r a i t e m e n t à la lumière blanche en clinique connaissance médicale populaire des techniques de
p o u r les t r o u b l e s d u s o m m e i l . massage se perdit presque entièrement. Ce n'est q u ' a u
La photothérapie à d'autres fins ne peut être conseillée. 17e siècle qu'elle a c q u i t une nouvelle renommée.

68
Les massages
classiques

Situation actuelle Le massage influence les extrémités nerveuses de la peau


Les nombreux types de massage sur le marché de la et des structures sous-jacentes. Celles-ci t r a n s m e t t e n t les
santé créent une certaine confusion et on peut dire que, sensations telles que la chaleur, l'attouchement, la pres-
dans cette branche, t o u t ce qui brille n'est pas o r Les sion, le tiraillement, le f r o t t e m e n t et la douleur. Les m a -
types de massage suivants o n t une efficacité démontrée : nipulations douloureuses constituent une "contre-stimu-
l a t i o n " qui peut "éteindre" la douleur existante pendan t
Le massage classique développé au 19e siècle jusqu'à
un certain temps. Ce signal pousse manifestement le
sa f o r m e actuelle par le gymnaste suédois Per Henrik
cerveau à activer la sécrétion d'endorphines (substances
Ling et par le médecin néerlandais J. Georg Metzger
antidouleur produites par le corps). Le massage perme t
dans le même temps l'évacuation de produits irritants
Le massage de zone réflex e où les gestes de mas-
des muscles crispés. En pétrissant et en frottant , le mas-
sage sur certaines zones de peau p e u v e n t influencer
seur stimule l'irrigation sanguine, le flux lymphatique et
les organes internes.
la p r o d u c t i o n d ' h o r m o n e s tissulaires.
Ces t e c h n i q u es n ' o n t été développées et s c i e n t i f i - Par l'intermédiaire des arcs réflexes, la chaleur de
q u e m e n t étudiées q u e depuis ces dernières décen- f r o t t e m e n t et les impulsions de pression apportent
nies. La réflexologie plantaire ne fait pas partie de ces également un équilibre dans le f o n c t i o n n e m e n t des
t e c h n i q u e s et f a i t f i g u r e d ' e x c e p t i o n (voir p. 2 1 7 ) . organes internes concernés. Les séries de massages
régulent les glandes internes et le système végétatif.
Les massages f o n t partie des f o r m e s de t r a i t e m e n t
On soupçonne les massages d ' i n f l u e n c e r p o s i t i v e m e n t
holistique car ils sont salutaires p o u r le corps et l'esprit.
le système i m m u n i t a i r e . Les personnes d o n t la percep-

A côté des massages classiques et des massages de t i o n corporelle propre a été perturbée par les h a b i -

zone réflexe, il existe encore beaucoup de massages non tudes hostiles au corps, les expériences t r a u m a t i s a n t e s

conventionnels sur le marché. Il y a des formes mixtes o u la solitud e p e u v e n t regagner confiance en elles

entre le massage classique et les techniques t r a d i t i o n - grâce au c o n t a c t et au dévouement d u thérapeute.

nelles de l'Extrême-Orient. Elles sont basées sur l'idée


d'une énergie qui circule dans le corps et qu'il f a u t gar-
— Procédé
der en m o u v e m e n t (voir p. 153). De nombreuses t e c h -
niques de massage regorgent d'éléments magiques et Le massage est le langage des mains. Un b o n masseur
ésotériques. Elles visent généralement une action psy- détecte également les m o i n d r e s t r o u b l e s et c o n t r a c -
chique et prétendent souvent être un "massage holis- tures et p e u t ainsi a d a p t e r le massage individuel et i n -
tique ". On les trouve surtout dans les institutions privées fluencer les variations tissulaires q u ' i l ressent par une
et les centres " N e w A g e " où on les enseigne et les ré- m a n i p u l a t i o n appropriée. Il p e u t en o u t r e se baser sur
p a n d. Si dans un tel cas des personnes sans connais- la personnalité d u p a t i e n t . Les appareils de massage
sances médicales préalables sont également admises à ne p e u v e n t remplacer la m a i n qui tâte et t r o u v e et le
la f o r m a t i o n , il n'y aura pas la moindre garantie de q u a - dévouement de l ' h o m m e .
lité pour ce travail généralement exécuté dans un milieu Les huiles douces p e r m e t t e n t aux mains de mieux
privé (voir massage de l'aura p. 187 et reiki p. 250). glisser sur la peau. Les ajouts volatils ne sont pas utiles
et p e u v e n t dans certaines circonstances irriter la p e a u .

— Idée et explication de l'action


— Examen et traitement
Le massage est une stimulothérapie : t o u t l'organisme
réagit à sa s t i m u l a t i o n , ce qui d o n n e vie à t o u t e s les Tout massage p o u r raison médicale d o i t être précédé
f o n c t i o n s et à t o u t e s ses forces curatives. d ' u n e x a m e n médical et d ' u n e prescription. Tel n'est

69
Méthodes
thérapeutiques
classiques

pas le cas des massages dans le cadre s p o r t if et ceux c h a u f f a n t s , les compresses chaudes, les bains de va-
effectués dans un b u t de bien-être. peur et la visite au sauna sont f o r t appréciés, mais ne
Le silence, la c o n c e n t r a t i o n et la détente s o u l i g n e n t s o n t guère utiles puisqu'ils r e n d e n t difficile le massage
le succès de c f i a q u e massage. La pièce d o i t avoir une correct et en atténuent l'effet. Les compresses
température agréable et le p a t i e n t d o i t avoir s u f f i s a m - chaudes après le massage a u g m e n t e n t par c o n t r e l'ef-
ment chaud. f e t de détente. N o m b r e de patients se senten t bien
Le massage classique est composé de cinq m a n i p u - q u a n d ils c o n c e n t r e n t leur respiration sur la partie d u
lations différentes. Par l'effleurage de petites et de corps traitée par le masseur, d'autres se détendent
grandes surfaces, le masseur établit le c o n t a c t avec le plus f a c i l e m e n t en écoutant de la m u s i q u e d o u c e .
patient. Des mains et des j o i n t u r e s , il travaille t o u j o u r s Formation du thiérapeute
des zones périphériques vers le milieu d u corps. Par Les techniques de massage peuvent être apprises par le
f r i c t i o n , il réchauffe la p e a u . biais de cours privé mais sont le plus souvent appliquées
Le pétrissage, l'étirement et le m o u v e m e n t roulé de par des kinésithérapeutes et des médecins ( n o t a m m e n t
la peau a t t e i g n e n t les tissus adipeu x d u d e r m e et des dans le d o m a i n e sportif et en milieu hospitalier).
muscles. L'effleurage m e t f i n à cette phase. V i e n n e n t
ensuite les t e c h n i q u e s de f r i c t i o n "pénétrantes" bien
— Indications
ciblées. Elles a t t e i g n e n t les muscles, les t e n d o n s et les
l i g a m e n t s et libèrent les adhérences et autres consé- Le massage classique est analgésique en cas d ' a f f e c -
quences d'anciennes blessures. Les m o u v e m e n t s de tions rhumatismales , de l u m b a g o et de m a u x de dos
frictions et d ' e f f l e u r a g e se succèdent en alternance. p r o f o n d s , p e r m e t de lever les c o n t r a c t u r e s et de guérir
Percuter du t r a n c h a n t de la m a i n , du creux de la m a i n les séquelles de lésions musculaires. Il accélère la ré-
o u des d o i g t s stimule les tissus. Les vibrations induites éducation postopératoire en cas de blessures o u de
d u plat de la m a i n o u les secousses t e r m i n e n t le mas- paralysie de l'appareil l o c o m o t e u r . Le massage est
sage d ' u n e partie d u corps : elles c a l m e n t et atténuent utile en cas de dyspnée, d ' a f f e c t i o n s cardiaques, d ' h y -
la d o u l e u r d u e aux muscles contractés. On entame p e r t e n s i o n, de m i g r a i n e et améliore le développement
ensuite le t r a i t e m e n t de la z o ne suivante, plus proche corporel de l'enfant. Il p e r m e t u n e relaxation intense,
d u milieu d u corps. Le masseur t e r m i n e c h a q u e mas- une détente de l'esprit et p e u t guérir des t r o u b l e s
sage par des m o u v e m e n t s d ' e f f l e u r a g e. f o n c t i o n n e l s d ' o r i g i n e psychique.

Plusieurs massages thérapeutiques p e u v e n t être Limites de l'application


d o u l o u r e u x et laisser de petites ecchymoses sur la Les d o u l e u r s aiguës de la région de la g o r g e et d u co u
p e a u . C e p e n d a n t , si le masseur a d a p t e ses m a n i p u l a - ne p e u v e n t être massées en force mais d e m a n d e n t un
tions à la c o n s t i t u t i o n d u p a t i e n t , ces signes s'atténue- t r a i t e m e n t d o u x et p r u d e n t .
r o n t au f u r et à mesure des séances de massage. Le massage ne p e u t être effectué en cas de fièvre,
Il est i m p o r t a n t de regrouper les séries de massages d ' i n f l a m m a t i o n s , d ' a f f e c t i o n s de la peau, de t u m e u r s ,
individuels en trois séances par semaine, dans la mesure de maladies d u sang, de risque de t h r o m b o s e , d ' i n -
du possible. Le corps ne réagira à nouveau au massage farctus d u myocard e récent, de faiblesse cardiaque ca-
que plusieurs semaines après une séhe. Un t r a i t e m e n t ractérisée, aux environs d ' u n e occlusion artérielle et
de plusieurs mois de massage c o n t i n u n'a pas de sens. en cas d'artériosclérose grave.
Les massages peuvent soutenir d'autres traite- Pendant les cures de jeûne et d'exercices, le mas-
m e n t s , c o m m e par e x e m p l e les cures (voir p. 138), la sage p e u t améliorer la structure tissulaire. A u c u n mas-
kinésithérapie o u la thérapie respiratoire (voir p. 128). seur ne p e u t , par c o n t r e , faire disparaître c o m m e par
En guise de préparation au massage, o n conseille magie les coussinets de graisse sous la peau : il ne f a u t
l'exercice physique peu contraignant. Les rayons pas prendre ses désirs p o u r des réalités.

70
Les massage;
classiques

Variant e : Le drainage lymphatique est parfois recommandé


p o u r u n e série d'autres affections telles q u e le " r h u m e
Le d r a i n a g e l y m p h a t i q u e
des f o i n s " , la perte de cheveux, l'eczéma, les névral-
gies, l'ostéoporose, etc. L'utilité d u t r a i t e m e n t p o u r
Le drainag e l y m p h a t i q u e est u n e variante d u massage ces indications est loin d'être prouvée.
classique. O n l'exécute en décrivant des cercles et en
i m p r i m a n t u n e légère pression dans le b u t de t r a i t e r
des g o n f l e m e n t s bénins dus à l ' a c c u m u l a t i o n de l i -
q u i d e l y m p h a t i q u e . Le drainage d o i t t o u j o u r s être a p - Variant e :

pliqué en c o m b i n a i s o n avec d'autres méthodes p h y -


Le m a s s a g e s o u s l ' e a u
siques de levée d'occlusion c o m m e les bandages, les
p ar j e t s à h a u t e p r e ssi o n
soins de la peau, les exercices d ' a c t i v a t i o n , les posi-
tions couchées adéquates, etc. Le thérapeute masse le p a t i e n t q u i est couché et dé-
Selon les besoins, la thérapie est appliquée deux t e n d u dans u n bain c h a u d à l'aide d ' u n j e t à haute
fois par semaine o u q u o t i d i e n n e m e n t . Il s'agit généra- pression. Sous u n e pression de 0,5 à 1,5 atmosphère,
l e m e n t de séries de dix t r a i t e m e n t s . Le t r a i t e m e n t d o i t le j e t d'eau travaille les tissus en p r o f o n d e u r . En a d a p -
être prescrit par un médecin et effectué par des mas- t a n t une tête d'aspersion plus large (jusque 12 m m ) , le
seurs qualifiés. massage traite une surface et ce, de façon plus d o u c e.
Le j e t d'eau est dirigé progressivement de la périphérie
du corps vers le cœur.
— Indications

Le drainage lymphatique est utile en cas d'hémorragies


— Indications
et de fractures, après un accident, une intervention chi-
rurgicale o u une thrombose, en présence d'œdèmes, lors Le j e t d'eau soulage visiblement les douleurs m u s c u -
de problèmes de règles et de plaintes rhumatismales. laires tenaces, les crampes, la guérison lente après ac-
Le drainage lymphatiqu e j o u e un rôle i m p o r t a n t dans cidents, les limitations fonctionnelles des m o u v e m e n t s .
les soins assurés après une opération d u cancer d u sein. Limites de l'application
Umltes de l'application Cette thérapie n'est pas indiquée en cas de faiblesse
Le drainage l y m p h a t i q u e ne p e u t être appliqué en cas cardiaque, d ' h y p e r t e n s i o n sévère, d'artériosclérose, de
d ' i n f l a m m a t i o n s aiguës, de t h r o m b o s e s aiguës, de t u - varices et de t h r o m b o s e s .
berculose et de p a t h o l o g i e s malignes.

71
Méthodes
thérapeutiques
classiques

et le d e r m e s e m b l e n t reliés plus f e r m e m e n t , souven t


Les massages même "collés". Elisabeth Dicke, une kinésithérapeute,

de zone réflexe le constata en 1 9 2 9 sur sa personne au m o m e n t où


elle s o u f f r a i t de trouble s de la circulation artérielle
dans les j a m b e s . C e t t e découverte m e n a au dévelop-
p e m e n t du massage d u tissu c o n j o n c t i f .
_ l d é e et explication de l'action
Cette t e c h n i q u e est caractérisée par des m a n i p u l a -
En 1893, le neurologue anglais Henry Head (1861- tions p r o f o n d e s , des étirements qui suscitent une d o u -
1940) découvrit que des organes malades entraînaient leur aiguë.
des modifications dans certaines zones de la peau par Le massage d u tissu c o n j o n c t i f est utile en cas de
l'intermédiaire des voies nen/euses et sanguines. Lors- troubles f o n c t i o n n e l s d'organe s internes et de l'appa-
q u ' o n traite ou stimule ces zones de Head, o n induit le reil l o c o m o t e u r , de trouble s de la circulation et de la
réflexe des organes qui y sont reliés par les voies ner- m e n s t r u a t i o n . Le massage ne d o n n e r a pas de résultats
veuses (théorie des segments). La recherche plus récente si des améliorations ne sont pas constatées après
précise en outre que certains segments d u cerveau quatre o u six t r a i t e m e n t s .
pourraient être en relation avec ces arcs réflexes. La re- Limites de l'application
cherche sur la douleur part de l'hypothèse qu'aux envi- On ne peut effectuer de massage d u tissu conjonctif en
rons de la quatrième cavité cérébrale (le ventricule céré- cas d ' i n f l a m m a t i o n s aiguës, peu après un infarctus d u
bral), il y aurait une véritable représentation spatiale d u myocarde, en présence de t u m e u rs ou de psychoses.
système nerveux (un h o m u n c u l u s de la douleur). En sti-
m u l a n t l'endroit correspondant sur cette représentation
du corps, on obtiendrait l'absence de douleur au niveau Le m a s s a g e
de la région du corps qui y est reliée. Ces connexions ne d e z o n e r éf l ex e m u scu l a i r e
sont pas seulement utiles pour le massage de zone ré- Il s'agit d'une combinaison de massage du tissu
flexe, d o n t f o n t partie le massage du tissu conjonctif, le c o n j o n c t i f et du massage des muscles contractures
massage de zone réflexe musculaire, le massage du péri-
concernés, les p o i n ts s e g m e n t a u x .
oste et le massage du côlon, mais aussi pour les applica-
tions de froid et de chaleur (voir p. 42), la thérapie n e u -
rale (voir p. 232) et la neurostimulation électrique trans- Le m a s s a g e d u p é r i o st e
cutanée (voir p. 267). L'acupuncture (voir p. 153), le
On utilise ici les arcs réflexes qui passent par le péri-
moxa (voir p. 158), l'acupression et le shiatsu (voir
oste p o u r relier les organes à certaines surfaces. Le
p. 159) n'activent que partiellement ces zones.
thérapeute pousse de façon r y t h m i q u e en a u g m e n -
tant et en d i m i n u a n t la pression sur la structure
concernée. Cette pression est imprimée à l'aide des

— Indications j o i n t u r e s des d o i g ts p e n d a n t trois m i n u t e s . On p e u t


ainsi traiter les douleur s aiguës en cas d'arthrose, les
Le m a s s a g e d u t i ssu co n j o n ct i f m a u x de dos d'origines diverses et les ulcères de la

Lorsque l'on tâte d u d o i g t le t r o n c d'un e personne a t - j a m b e . Les crises lors de p a t h o l o g i e s cardiaques et

t e i n t e d ' u n ulcère gastrique, d ' u n e a f f e c t i o n de l'ar- d'ulcères d'estomac, les coliques des voies biliaires et

tère coronaire o u d ' u n autre o r g a n e , o n p e u t , s u r t o u t urinaires p e u v e n t être atténuées par ce t r a i t e m e n t .

au niveau d u dos, découvrir certaines zones d'une Limites de l'application


consistance différente de celle de la peau environ- Le massage d u périoste n'est pas indiqué en cas d'os-
nante. Dans les zones de tissu c o n j o n c t i f , l'épiderme téoporose et de t u m e u r s .

72
de zone
réflexe

Le m a s s a g e d u cô l o n
En suivant le r y t f i m e de la respiration d u malade, le
thiérapeute masse p e n d a n t deux à q u a t r e m i n u t e s , en
décrivant des cercles, cinq points déterminés du cô-
lon. Le massage stimule la motilité de l'intestin et a
souvent une influence favorable sur la c o n s t i p a t i o n et
le b a l l o n n e m e n t de l ' a b d o m e n .
Limites de l'application
Le massage d u côlon ne p e u t être effectué en cas
d'inflammation intestinale o u a b d o m i n a l e , en pré-
sence de t u m e u r s o u p e n d a n t la grossesse.

— Traitement
zmrn
— Conseil
Le massage d ' u n e partie malade d u corps d o i t durer
12 m i n u t e s , le massage d ' u n e plus g r a n d e partie d u Le massage thérapeutique est à conseiller p o u r les
corps de 15 à 2 0 m i n u t e s e n v i r o n . Il f a u t ensuite se re- plaintes susmentionnées.
poser en se c o u v r a n t bien p e n d a n t une période cor- Le massage relaxant est à conseiller en t a n t que
r e s p o n d a n t e p o u r p e r m e t t r e un développement cor- mesure préventive.
rect de l'action.
En cas de mauvaise p o s i t i o n , plusieurs parties d u
corps sont concernées par la douleur. Un massage à
Quel m assage pour quelle indication ?
g r a n d e échelle est alors indiqué, p e n d a n t une demi -
heure à trois quarts d ' h e u r e , suivi de repos.
Problèmes musculaires. Massage classique
Le massage est u n e stimulothérapie; une seule
tendineux ou ligamentaires
séance ne suffira pas à assurer une a c t i o n de l o n g u e
durée. Si les f o n c t i o n s corporelles d o i v e n t être régu- Lymphoedèmes Drainage lymphatique
lées de façon d u r a b l e , il f a u d r a effectuer deux à trois
Troubles végétatifs Massage du tissu conjonctif
massages par semaine. Pour le massage classique, il
s'agira généralement de six t r a i t e m e n t s , p o u r le d r a i -
Troubles fonctionnels Massage de zone réflexe
nage l y m p h a t i q u e et le massage de zone réflexe,
des organes internes
d o u z e et plus.

Pendant les séries de t r a i t e m e n t s , des "crises" p e u - Douleurs localisées Massage du périoste


v e n t survenir t o u s les sept j o u r s , c o m p a r a b l e s à la ré-
action au bain p e n d a n t les cures (voir p. 138). Constipation, tendance Massage du côlon

Pour p o u v o i r réagir à une nouvelle série de mas- aux ballonnements

sages, le corps a besoin d ' u n e période de repos de


Rafraîchissement, maux Massage classique,
quelques mois.
de tête, douleurs massage orientaux
En cas de douleur, le massage p e u t d i m i n u e r le b e -
musculaires, petits troubles (acupression, shiatsu,
soin en médicaments; il pousse le corps à l'auto-guéri-
organiques, plaintes voir p. 159)
son.
rhumatismales des tissus mous

73
Méthodes
thérapeutiques
classiques

La médecine manuelle —Concept de base

(ostéopathie, chiropraxie) On a l o n g t e m p s pensé, à t o r t , q u e les vertèbres et les


articulations p o u v a i e n t "sortir de l ' a l i g n e m e n t " ou
être "déplacées", et q u e l'on p o u v a i t les r e m e t t re
— Historique dans la b o n n e position par certaines m a n i p u l a t i o n s as-
sez brusques. A u j o u r d ' h u i , o n c o m p a r e ce blocage ar-
Dans de nombreuses cultures, o n connaît l'art de guérir par
ticulaire à u n tiroir bloqué : les muscles contractés re-
la manipulation de la colonne vertébrale et des articulations.
t i e n n e n t leurs "partenaires articulés" - les os c o m p o -
Au 19e siècle, le t r a i t e m e n t par manipulation
sant l'articulation - et les gênent dans leur m o u v e -
t o m b a dans l'oubli p o u r la médecine européenne. En
m e n t . Ce phénomène p e u t également mener à la
1 8 9 4 , Andrew Taylor Still ( 1 8 2 8 - 1 9 1 7 ) f o n d a l'école
compression d e vaisseaux sanguins et de nerfs.
d'ostéopathie aux États-Unis. Il e u t le m a l h e u r de voir
décéder trois de ses enfants des suites d ' u n e ménin-
gite et développa u n e théorie bizarre r a m e n a n t t o u t e s — Examen et traitement
les maladies à des erreurs structurelles dans la c o l o n n e
Le thérapeute doit informer le patient, avant le traitement,
vertébrale et dans les articulations. Sa théorie se ré-
des risques possibles et des autres possibilités de traitement.
p a n d i t r a p i d e m e n t , se développa et est a u j o u r d ' h u i
Avant " d ' e n venir aux m a i n s " , le médecin o u le
enseignée dans h u i t universités aux États-Unis.
thérapeute se renseignera sur l'état des articulation s
Toujours aux États-Unis, une autre t e c h n i q u e de m a -
par le biais d ' u n e x a m e n r a d i o g r a p h i q u e .
n i p u l a t i o n se développa après 1 8 9 5 , basée sur les idées
Il f a u t se déshabiller p o u r l'examen : la p o s i t i o n et
de l'épicier Daniel D a w d P a / m er ( 1 8 4 5 - 1 9 1 3) : la chiro -
les m o u v e m e n t s d u corps révèlent des i n f o r m a t i o n s
praxie. Cette école f o n c t i o n n a i t c o m m e une secte et
sur les blocages articulaires q u e l'examinateur p o u r r a
défendait des idées médicalement aberrantes sur le
d i a g n o s t i q u e r avec précision en p a l p a n t .
" p o s i t i o n n e m e n t " de vertèbres mal placées. Ce n'est
Le chiropraticien p e u t faire son choix entre diffé-
q u ' e n 1 9 8 7, après avoir apporté des corrections i m p o r -
rentes t e c h n i q u es d e t r a i t e m e n t :
tantes à leurs théories, q u e les chiropracteurs (45 0 0 0
environ) o n t reçu leur reconnaissance officielle aux
États-Unis. Des contrôles o n t c e p e n d a n t révélé q u e ces T e c h n i q u e s d e s t i ssu s m o u s

praticiens posaient souvent de mauvais diagnostics. ( t e ch n i q u e o st é o p a t h i q u e )


Ces techniques sont appliquées dans le b u t de détendre
Les événements de la Seconde Guerre mondiale rappro-
les groupes de muscles contractés. Le thérapeute
chèrent les naturopathes de Scandinavie et d'Allemagne, les
pousse d u bou t des doigts sur les points musculaires
ostéopathes d'Angleterre et les chiropracteurs des États-Unis
durs qu'il palpe p e n d a n t une m i n u t e : d'abord en a u g -
des médecins allemands. La thérapie manuelle se répandit.
m e n t a n t la pression, puis en la d i m i n u a n t . Il étire dans le
Situation actuelle
même temps les muscles tendus dans le sens de la l o n -
La thérapie manuelle s'est installée en Europe c o m m e
gueur et perpendiculairement à la direction des fibres.
branche de l'orthopédie o u de la médecine physique.

M o b i l i sa t i o n s
Le thérapeute mobilise avec p r u d e n c e l'articulation
dans le sens de la l i m i t a t i o n d u m o u v e m e n t . Il fixe u n e
partie de l'articulation et tire les plans articulaires en
les écartant. Il les f a i t b o u g e r parallèlement o u en s u i -
v a n t le plan de m o u v e m e n t n o r m a l . Ceci se f a i t lente-

74
La médecine
manuelle

m e n t , r y t h m i q u e m e n t et de façon i n d o l o re et est ré- Formation du tliérapeute


pété j u s q u ' a u m o m e n t où le " j e u " de l'articulation a En Belgique, sauf e x c e p t i o n , les chiropracteurs ne s o n t
augmenté sensiblement. C e t t e t e c h n i q u e p e u t être pas médecins. A peine 5 % s o n t kinés. La p l u p a r t sont
appliquée à t o u t e s les articulations vertébrales et a r t i - des chiropracteurs " p u r s " , q u i o n t suivi u n enseigne-
culations des m e m b r e s . m e n t de chiropraxie selon des norme s précises ( f o r m a -
En m o b i l i s a t i o n isométrique, une t e c h n i q u e p a r t i c u - t i o n de base de 6 ans). L'immense majorité des ostéo-
lière, le muscle est activé en résistance p e n d a n t 10 se- pathes (96 % ) o n t , q u a n t à eux, u n diplôme de kinési-
condes et est étiré en d o u c e u r p e n d a n t la phase de re- thérapeute.
lâchement. Par répétitions, cette t e c h n i q u e c o m b a t la
rigidité et la l i m i t a t i o n d u m o u v e m e n t . Ces exercices
— Explication de l'action
p e u v e n t être renforcés par l ' a d d i t i o n d e t e c h n i q u e s
respiratoires particulières. Sous contrôle d u médecin, Les articulations et les t e n d o n s s o n t mis en m o u v e -
la m o b i l i s a t i on isométrique p e u t être apprise et a p p l i - m e n t par les muscles. Si ces muscles sont t r o p t e n d u s ,
quée par le p a t i e n t lui-même. l'articulation est bloquée. En i m p r i m a n t u n e c o u r t e
pression, en t i r a n t et en t o u r n a n t , o n neutralise l'exci-
t a t i o n nerveuse excédentaire, la tension musculaire
décroît et l'articulation est "libérée". La m a n i p u l a t i o n
de chiropraxie est u n genre d ' i m p u l s i o n de départ q u i
lance la n o r m a l i s a t i o n . Le t r a i t e m e n t par la pression et
M a n i p u l a t i o n s ( t e ch n i q u e cie ch i r o p r a x i e ) l'étirement en d o u c e u r des articulation s travaille selon

C e t t e m é t h o d e est la plus c o n n u e . Elle est caractéri- le même principe.

sée par des " c r a q u e m e n t s " a u d i b l e s , m ê m e si le m é - Les blocages articulaires e n g e n d r e n t u n e d o u l e u r de


decin n ' i m p r i m e q u e p e u d e f o r c e . Par u n c o u r t c o n t r a c t i o n dans cette région. Une c o n t r a c t i o n dans le
m o u v e m e n t , il d o n n e u n e i m p u l s i o n r a p i d e à l ' a r t i - cou p e u t provoquer des m a u x de tête, des vertiges, des
culation. troubles t e n d i n e u x o u des f o u r m i l l e m e n t s dans les
L'impulsion d ' u n e puissance de 4 0 n e w t o n s seule- bras. C o m m e la c o l o n n e vertébrale est reliée aux or-
m e n t i n f l u e n ce les extrémités nerveuses de l'articula- ganes internes par des faisceaux nerveux, des vertèbres
t i o n , des muscles et des t e n d o n s , i n t e r r o m p t la surex- thoraciques bloquées peuvent induire u n e "pseudo-
c i t a t i o n d u e à la d o u l e u r et lève le blocage. Pour q u e la d o u l e u r cardiaque " o u des plaintes abdominales.
m a n i p u l a t i o n n ' a t t e i g ne q u e l'articulation concernée De nombreux chiropraticiens ramènent quasi
et n o n pas les articulations saines de la même région, t o u t e s les plaintes à des problèmes de c o l o n n e verté-
ces dernières devront être "verrouillées" par des brale et croient p o u v o i r les traiter t o u t e s par u n e m a -
gestes adéquats. nipulation.
Un t r a i t e m e n t bien appliqué est i n d o l o r e . O n est
généralement r a p i d e m e n t soulagé o u le s o u l a g e m e n t
— Indications
intervient dans le c o u r a n t de la journée. Un à deux
t r a i t e m e n t s suffisent en général. La chiropraxie p e u t aider en cas de l i m i t a t i o n de la m o -
Une m a n i p u l a t i o n de chiropraxie ne p e u t être répé- bilité d u dos et des m e m b r e s . Les m a ux de dos, les
tée plus de q u a t r e fois, en respectant u n e pause de muscles contractés, les douleurs en cas de tennis-el-
quelques j o u r s à c h a q u e fois. b o w , d'arthrose d u g e n o u o u de la hanche p e u v e n t
Si l'articulation n'est pas plus m o b i l e après trois à être soulagés par u n e m a n i p u l a t i o n .
quatre m a n i p u l a t i o n s , le médecin d o i t i n t e r r o m p r e le Limites de l'application
traitement. Les m a n i p u l a t i o n s ne p e u v e n t être effectuées :

75
Méthodes
thérapeutiques
classiques

• sans e x a m e n r a d i o g r a p h i q u e préalable; • Le fait q u e b e a u c o u p de médecins, de c h i r o p r a t i -


• s'il n'est pas q u e s t i o n de blocage; ciens, de masseurs et de n a t u r o p a t h e s p r e n n e n t en
• q u a n d les articulations o u la c o l o n n e vertébrale m a i n les articulations sans en avoir vu les radiographies
s o n t transformées par la maladie, t r o p mobiles o u e n - o u d'en avoir fait une interprétation correcte, a u g -
flammées o u f o r t e m e n t douloureuses ; m e n t e le d a n g e r de mauvais t r a i t e m e n t . Les manuels
• q u a n d les vertèbres s o n t touchées par u n e lésion consacrés à cette t e c h n i q u e minimalisen t le risque.
(par e x e m p l e le " c o u p d u l a p i n " aux vertèbres cervi- • Il n'y a pas de preuve de l'action " h o l i s t i q u e " des
cales après u n accident d e voiture); thérapies manuelles, même si de n o m b r e u x c h i r o p r a t i -
• en cas de vertiges et de plaintes d ' o r i g i n e psy- ciens le prétendent.
chique. • En cas de contractures i m p o r t a n t e s , la chiropraxie
La m a n i p u l a t i o n des vertèbres cervicales entraîne de p o u r r a i t être u t i l e m e n t complétée o u remplacée par
n o m b r e u x risques et la méfiance s'impose. des massages, de la physiothérapie, une anesthésie
thérapeutique locale et de la g y m n a s t i q u e appropriée.
Tous les chiropraticiens ne respectent pas ces limites.
— Risques

Les t e c h n i q u es des tissus m o u s et la m o b i l i s a t i o n e n -


— Conseil
traînent moins de risques q u e la m a n i p u l a t i o n .
• Les techniques de m a n i p u l a t i on des vertèbres cervi- Les thérapies manuelles sont à conseiller p o u r a p p o r -
cales présente un danger i m p o r t a n t . L'artère cervicale ter u n e nouvelle mobilité aux articulations d e la c o -
qui amène le sang au cerveau pourrait être comprimée, l o n n e vertébrale et des m e m b r e s , p o u r décontracter
entraînant ainsi une mauvaise irrigation d'une partie d u les muscles et atténuer la douleur.
cerveau. Ceci peut donner lieu à des vertiges, mais aussi
à des phénomènes semblables à l'hémorragie cérébrale :
depuis les troubles de la vue, de la parole et de la
conscience jusqu'aux paralysies et au décès. D'après de
récentes estimations, le risque de complications graves
La thérapie du mouvement
est de 1/100 0 0 0 . Seuls 10 % des dernières victimes gué-
rissent t o t a l e m e n t , 10 à 2 0 % décèdent et deux tiers des Il y a des centaines de milliers d'années, les hommes par-
victimes gardent des séquelles permanentes. couraient à pied 2 0 à 30 k m par jour pour la chasse et la
• Lors d u t r a i t e m e n t des autres vertèbres, les p r o - cueillette, et leur corps était dès lors plutôt costaud. Ils sont
blèmes sont m o i n s n o m b r e u x . O n connaît les cas de devenus sédentaires il y a 15 000 ans seulement. Considé-
déplacement de vertèbre, de f r a c t u r e vertébrale, de rée sous l'angle de l'évolution, il ne s'agit là que d'une
hernie, de paralysies de nerfs et d ' a g g r a v a t i o n des brève période et la constitution de l'homme n'a pas eu le
plaintes existantes. A u niveau i n t e r n a t i o n a l , plus de temps de s'adapter. De plus, la vie à cette époque n'était
t r e n t e cas de décès o n t été répertoriés. pas dénuée de mouvement c o m m e elle l'est aujourd'hui :
se rendre au travail en voiture, s'y asseoir derrière un b u -
reau o u rester à côté d'une machine, s'appuyer au bar pour
— Critique
un verre, rentrera la maison en voiture, prendre l'ascenseur

• En cas de m a u x de dos, il n'est pas prouvé q u e les et se laisser tomber dans un fauteuil devant la télévision un

m a n i p u l a t i o n s aient plus de valeur q u e l'effet placebo : paquet de chips à la main... Tout ceci a bien sûr un prix.

la d o u l e u r évolue de façon variée et le t a u x de guéri- Les muscles m o u s o u contractés, le cœur "pares-


son spontanée est élevé. Q u a r a n t e à c i n q u a n t e p o u r s e u x " , les affections de la circulation sanguine , les
cent des patients ne répondent pas à cette thérapie. troubles d u métabolisme, les t r o u b l e s végétatifs, les

76
• • •.

mauvaises positions, l'obésité et les lésions l i g a m e n - Situation actuelle


taires, tendineuses e t osseuses s o n t les maladies de Les sports de m o d e o n t entre-temps pris la place des
n o t r e époque. M o i n s nous faisons de m o u v e m e n t s , m o u v e m e n t s de masse, et les sensations passives d u
plus faible devient n o t r e p o t e n t i e l de p e r f o r m a n c e . culte d u corps o n t remplacé l'activité propre. Seuls 3 8 %
de la p o p u l a t i o n p r a t i q u e n t régulièrement o u occasion-
nellement un sport. Beaucoup arrêtent déjà l'activité
— Historique
sportive avant même d'avoir véritablement commencé.

" Un esprit sain dans u n corps sain " : voilà la devise e n - Plus grande est l'absence généralisée d'exercice, plus
seignée p e n d a n t l'Antiquité, tandis q u e l'on entraînait importante devient la valeur d u sport "spectacle" dans
de même façon le corps e t l'intelligence dans les g y m - notre société : dans les stades, les sportifs remportent les
nases. Daniel Gottfried Moritz Schreber (1808-1851) victoires en lieu et place des spectateurs et se battent
f u t le premier orthopédiste à se rendre c o m p t e d u fait c o m m e des panneaux publicitaires vivants bien plus pour la
q u e le m a n q u e de m o u v e m e n t rend malade e t q u ' i l vente d'équipements à la m o d e que pour le plaisir même
d e m a n d e u n e c o m p e n s a t i o n . En sa qualité de médecin de l'activité. A côté de cela nous est venue la rage du fitness
itinérant des aristocrates russes, il avait grossi et c o m - des États-Unis. Dans les centres de fitness et sur les pistes de
b a t t a i t sa c o r p u l e n c e à l'aide d'exercices réguliers de jogging, o n vise bien plus la "prestation" que la condition.
g y m n a s t i q u e . Schreber f o n d a une société de g y m n a s - A la l o n g u e , les sports d e prestation ne p e u v e n t sa-
t i q u e p o u r a p p o r t e r à la jeunesse u n e discipline p h y - tisfaire q u e pe u de gens et e n g e n d r e n t bien des bles-
sique e t développa u n e g y m n a s t i q u e spéciale p o u r les sures. C'est la raison p o u r laquelle les médecins re-
maladies orthopédiques. Son initiative f u t suivie dans c o m m a n d e n t de plus en plus les sports d ' e n d u r a n c e .
le m o n d e entier. A u j o u r d ' h u i encore, dans les "jardins Exercés de façon correcte, ils c o n s t i t u e n t le m o y e n
p o p u l a i r e s " de son i n v e n t i o n , maintes personnes y idéal p o u r a t t e i n d r e u n e b o n n e c o n d i t i o n d u r a b l e et
cueillent (même littéralement) les fruits d ' u n exercice une joie de vivre. En o u t r e , ils p e u v e n t prévenir de
sain en plein air. La thérapie d u m o u v e m e n t devin t u n nombreuses maladies e t p e r m e t t r e une économie s u b -
principe d e la médecine naturelle. Issue de l'éducation stantielle : les très nombreuse s affections provoquées
physique rigide d u pére de la g y m n a s t i q u e Friedrich par le m a n q u e d'exercice dans n o t r e société e n g l o u t i s -
Ludwig Jatin ( 1 7 7 8 - 1 8 5 2 ) e t d u m o u v e m e n t discipli- sent a c t u e l l e m e n t 2 0 % d u b u d g e t t o t a l de la santé.
naire d u 19e siècle, la c u l t u re physique libre se déve-
loppa entre les deux guerres. Après la Seconde Guerre
Ki n é si t h é r a p i e
m o n d i a l e , le s p o rt devint le principal loisir, avec u n e vé -
C e t t e g y m n a s t i q u e ne vise pas particulièrement la pré-
ritable explosion dans les années 8 0 .
v e n t i o n o u la lutte c o n t r e les maladies de n o t r e civilisa-

77
Méthodes
thérapeutiques
classiques

t i o n , mais agit c o m m e un t r a i t e m e n t ciblé et aide en — Procédé et buts poursuivis


cas de maladies existantes aiguës o u chronique s o u
La thérapie d u m o u v e m e n t d e m a n d e aux personnes
lors de la rééducation après u n accident, u n e maladie
saines de faire preuve d ' i n t e l l i g e n ce et de largesse
o u u n e opération. La kinésithérapie se f a i t sous la sur-
d'esprit, elle e n g e n d r e u n e a t t i t u d e nouvelle, active, e t
veillance de kinésithérapeutes qualifiés. Sous contrôle
exige u n e m o t i v a t i o n suffisante p o u r persévérer. Un
scientifique, cette g y m n a s t i q u e s'est développée p o u r
b o n dosage est i m p o r t a n t : l'exercice adapté est posi-
devenir un pilier de la médecine m o d e r n e . La kinési-
tif, l'exagération est nuisible.
thérapie est composée de mesures c l a i r e m e n t p l a n i -
fiées : Pour rester en b o n n e santé, il f a u t entraîner l ' e n d u -
rance, la f o r c e , la c o o r d i n a t i o n e t la mobilité.
• les mesures passives, telles q u ' u n e positio n c o u -
Endurance : elle est particulièrement i m p o r t a n t e .
chée déterminée, le massage (voir p. 58), les exercices
L'entraînement d o i t solliciter les muscles de telle façon
d'étirement passifs;
q u e leur besoin en oxygène reste encore c o u v e rt par le
• les mesures actives telles q u e les m o u v e m e n t s cor-
sang. C'est ce q u ' o n appelle le métabolisme aérobie.
porels p o u r prévenir e t éliminer les dégâts à l'appareil
l o c o m o t e u r , p o u r soutenir l'action de la circulation La d o u l e u r musculaire après l ' e f f o r t est u n e réaction

s a n g u i n e e t des p o u m o n s , p o u r éviter les risques de re- i n f l a m m a t o i r e des fibres musculaires d u e à u n e sollici-

c h u t e et p o u r aider à m i e u x vivre au q u o t i d i e n après t a t i o n exagérée i n h a b i t u e l l e . La sollicitation d o i t être

une hémorragie cérébrale o u u n infarctus d u m y o - adaptée au niveau d'entraînement.

carde. Les exercices c o n t r i b u e n t à l'amélioration de La périodicité doit être choisie de façon à prévoir une

problèmes n e u r o l o g i q u e s , d e t r o u b l es d u m o u v e m e n t sollicitation d'au moins 20 mais de préférence 3 0 minutes,

d ' o r i g i n e cérébrale chez l'enfant, de c o n s t i p a t i o n c h r o - trois à quatre fois par semaine, car ce n'est qu'à partir de

n i q u e et d ' i n c o n t i n e n c e urinaire. Ils c o n s t i t u e n t u n e cette durée q u e l'on atteint l'effet désiré sur le métabo-

aide p e n d a n t la grossesse e t l ' a c c o u c h e m e n t. lisme des graisses (et l'augmentation voulue du cholesté-
rol HDL). C'est en procédant ainsi que l'on arrive concrète-
Les techniques particulières sont, par exemple, la g y m -
m e n t aux améliorations importantes pour le corps.
nastique respiratoire (voir p. 131), la gymnastique sous
l'eau et l'hippothérapie pour remédier aux dégâts dus à Coordination : sans entraînement, la précision e t la

une mauvaise position o u en cas de troubles de la mobilité. vivacité de nos m o u v e m e n t s d i m i n u e n t déjà à partir de
l'âge de dix ans. A u n âge avancé, ce f a i t se précise de
plus en plus. Lorsqu'on entraîne la c o o r d i n a t i o n d e nos
—Concept de base m o u v e m e n t s , o n reste plus l o n g t e m p s à l'abri des

Plus o n parvient à intégrer de l'exercice dans son m o d e chutes e t autres accidents.

de vie, plus g r a n d sera l'effet sur la santé. Celui q u i se Mobilité : la mobilité des articulations dépend d e
déplace à vélo plutôt q u ' e n v o i t u r e , q u i p r e n d l'escalier leur état, de la taille et de l'élasticité des muscles, des
plutôt q u e l'ascenseur, q u i travaille régulièrement dans l i g a m e n t s et des t e n d o n s . Lorsque la souplesse est l i -
son j a r d i n , q u i prévoit u n e demi-heure de p r o m e n a d e mitée, le simple f a i t de se n o u e r les lacets p e u t devenir
dans ses activités q u o t i d i e n n e s , se réserve déjà pas mal une corvée. L'exercice d ' e n d u r a n c e e n t r e t i e n t la m o b i -
de " f i t n e s s " spontané. L'exercice devrait devenir u n e lité e t u n e g y m n a s t i q u e ciblée p e u t l'améliorer.
h a b i t u d e précieuse. Ceci depuis le plus j e u n e âge, Rythme et force : l'entraînement en vitesse n'est
p u i s q u ' u n j e u n e de moins de 10 ans sur cinq s o u f f r e pas très i m p o r t a n t p o u r m a i n t e n i r en b o n n e santé les
déjà des conséquences d ' u n e mauvaise p o s t u r e . muscles, le cœur e t les p o u m o n s . L'entraînement en
Le b u t de l'exercice physique n'est pas de réaliser des force n'est guère plus utile, mais il est i m p o r t a n t de
prestations de haut niveau, mais bien d'améliorer en gé- renforcer certains g r o u p e s de muscles, par e x e m p l e les
néral les capacités physiques et la faculté d ' a d a p t a t i o n . muscles dorsaux et a b d o m i n a u x q u i s o u t i e n n e n t la co-

78
La thérapie
du mouvemer

Entraînem ent d'endurance correct

• Échauffez-vous avant l'entraînement par des exercices actuellement ceux que l'on porte au poignet comme une
d'étirement et commencez lentement. montre et dont une électrode est fixée sur la poitrine. Un
• Évitez l'ambition démesurée. Interrompez l'entraînement si appareil ergométrique à domicile ne doit assurer que deux
vous êtes épuisé, même si vous n'avez pas encore eu votre fonctions : il doit mesurer le pouls en permanence et la
"dose". Votre condition n'est pas de même qualité chaque jour puissance doit être réglable.

• Évitez le sprint, laissez décroître lentement le • Les exercices qui durent moins de 6 minutes n'ont
mouvement et prévoyez suffisamment de pauses. aucun sens. On recommande 10 minutes par jour.
• La force de l'entraînement est bonne si le pouls • Plus vous vous entraînez souvent et longuement, plus
augmente d'abord pour se stabiliser ensuite. Mesurez votre votre niveau de prestation augmente. Vous pouvez chaque
pouls cinq minutes après le début de l'entraînement et à la fois augmenter la sollicitation en fonction de ce niveau.
fin, pendant une minute à chaque fois. Le pouls se mesure • L'influence positive de l'entraînement sur la santé ne
le plus facilement au niveau de la carotide ou au poignet. peut être "stockée" : l'entraînement doit être effectué en
Les meilleurs instruments électroniques de mesure sont permanence.

lonrne vertébrale en cas de mau x de dos. Ce résultat sure de l'endurance a p o u r devise : " c o u r i r sans être à
p e u t également être o b t e n u par un entraînement court d'haleine".
d ' e n d u r a n c e et u n e g y m n a s t i q u e régulière et bien c i -
blée.
— Explication de l'action

L'entraînement d'endurance a un effet sur t o u t l'orga-


— Pratique
nisme. Il améliore, après quelques semaines, l'absorption
A v a n t d e c o m m e n c e r l'entraînement, il est préférable d'oxygène par les muscles et augmente le volume muscu-
de se faire e x a m i n er par un médecin. Cett e visite s ' i m - laire. Il renforce le muscle cardiaque, ralentit le pouls et aug-
pose q u a n d o n souffre d ' u n e a f f e c t i o n c h r o n i q u e , q u e mente l'irrigation d u cœur et des poumons. Le métabo-
l'on vient d'être malade, q u e l'on ne s'est pas entraîné lisme des graisses est influencé de façon positive par l'aug-
depuis l o n g t e m p s o u q u e l'on ne c o m m e n c e qu'après mentation du taux de cholestérol HDL à l'effet protecteur.
l'âge de 3 5 ans. Il f a u d r a examiner les f o n c t i o n s m u s - Les ligaments et les tendons deviennent plus résistants aux
culaires, p u l m o n a i r e s et cardiaques. déchirures, toute la structure de soutien du corps devient

L'épreuve d ' e f f o r t sur la bicyclette ergométrique plus solide et le risque de fracture osseuse diminue.

p e r m e t au médecin de connaître votre a p t i t u d e au L'entraînement d'endurance calme le système ner-


sport. Il mesure aussi la t e n s i o n artérielle, le pouls et le veux végétatif et d i m i n u e la sécrétion d'hormones de
r y t h m e cardiaque. La mesure d u pouls est le m o y e n le stress. Un corps entraîné a une meilleure f o n c t i o n hépa-
plus simple de constater les limites individuelles à la tique, les cellules pancréatiques qui produisent l'insuline
sollicitation. C o m m e mesure d ' u n e sollicitation d ' e n - sont moins sollicitées et les hormone s sont utilisées avec
durance d'a u m o i n s 10 m i n u t e s , o n respectera un plus d'économie. Les personnes entraînées supportent
pouls à 1 9 0 , d o n t o n soustrait le n o m b r e des années. plus facilement les contraintes et le stress quotidien .
Seules les personnes q u i n ' o n t pas a t t e i n t l'âge de Leurs facultés mentales a u g m e n t e n t et la détérioration
3 0 ans p o u r r o n t se p e r m e t t r e un pouls de 2 2 0 pulsa- des facultés cérébrales due à la vieillesse ralentit claire-
tions par m i n u t e moins le n o m b r e des années. La m e - m e n t . L'entraînement d'endurance est salutaire pour les

79
Méthodes
thérapeutiques
classiques

malades : il d i m i n u e la raideur d u matin et la déforma- contre les sollicitations plus importantes et permet une re-
tion des doigts des maladies rhumatismales, il peut faire mise en condition après une maladie. Il peut diminuer les
diminuer le taux de sucre et de lipides élevés dans le sang risques après un infarctus du myocarde o u une hémorragie
des patients atteints de diabète sucré. L'état dépressif et cérébrale et maintenir le corps en état de prestation malgré
les troubles nerveux disparaissent, l'humeur s'équilibre. les limitations existantes o u le déclin dû à l'âge. La sensation
L'entraînement d'endurance prévient les phéno- physique qu'il procure peut avoir un effet positif sur l'esprit.
mènes négatifs liés à la vieillesse : les organes senso- Les sports repris dans l'encadré sollicitent u n e
riels conservent plus l o n g t e m p s leur qualité, o n reste g r a n d e partie d u système musculaire g l o b a l , sont facile
plus agile et le risque d'ostéoporose d i m i n u e . à doser en f o n c t i o n des besoins individuels et présen-
t e n t relativement pe u de risques. Pour rester en f o r m e ,
3 0 m i n u t e s de s p o r t d ' e n d u r a n c e trois fois par se-
— Indications
maine suffisent, en f o n c t i o n des capacités propres.

L'entraînement d'endurance peut armer l'organisme entier

Quel sport est indiqué ?

• Choisissez le sport que vous avez envie de pratiquer et entrecoupée de trois minutes de promenade toutes les 3,
partagez le plaisir qu'il vous procure avec vos amis : cela 6,12, 30 et 60 minutes (à augmenter progressivement) est
vous permettra plus facilement de persévérer. une bonne préparation. ' ,
• La gymnastique devrait faire partie de votre • Le "jogging" visant la performance est à déconseiller.
programme d'exercice quotidien : au moins six à dix • Le vélo et la natation sont des sports d'endurance
minutes. idéaux.
• Pour celui qui (re)commence après l'âge de quarante • Le ski de fond, l'aviron, le patinage sur glace, à
ans, la promenade sportive, la promenade en montagne et roulettes ou "in-line" et la gymnastique d'endurance sont
la marche de longue distance sont les activités les plus également des activités positives.
appropriées. Comme phase intermédiaire, la course lente

80
La thérapie
du mouvemei

M a r ch e e t co u r se à p i e d tébrale et aux pieds. Il diminue le stress, la nervosité et


Les deux activités sont b o n n e s p o u r des personnes n o n l'agressivité. Le vécu de ce sport dans des paysages ennei-
entraînées q u i désirent m a i n t e n i r leur circulation san- gés est de haute qualité et il peut être pratiqué facilement,
g u i n e en b o n état et améliorer leur humeur. L'impor- même à un âge élevé.
t a n t c'est la distance p a r c o u r u e et n o n pas le t e m p s
nécessaire p o u r la parcourir. Les pieds d o i v e n t être Gym n a st i q u e
s o u t e n u s par des chaussures solides p e r m e t t a n t u n e La g y m n a s t i q u e répond a u j o u r d ' h u i aux appellations à
b o n n e adhérence et dotées d ' u n t a l o n bien stable. La la m o d e c o m m e " t a e - b o " , " c a l l a n e t i c s " , " s t r e t c h i n g "
marche et la course sur sol m e u b l e , c o m m e dans les et bien d'autres encore. Pendant les cours de fitness,
bois o u les prairies, épargnent le squelette et a u g m e n - o n exécute généralement sur u n e m u s i q u e f o r t e et
t e n t la sollicitation corporelle et la sensation vécue. rythmée des exercices de différents niveaux de d i f f i -
culté.
Vélo L'entraînement peut mener à une plus grande sou-
Sur routes planes, l'effet d'entraînement ne s'exprime plesse et à une meilleure santé, mais aussi à une surcharge
qu'à partir d u m o m e n t où l'on roule très vite. L'ascension et des blessures. Tout est dans la façon de solliciter les
d o n n e plus de résultats. Le vélo calme l'esprit, d i m i n u e muscles, seuls o u par groupe, de manière brusque ou
l'emprise d u stress et a u g m e n t e l'efficacité de la circula- souple, et dans celle d'aborder l'articulation et les muscles
tion sanguine. Les articulations de la hanche, d u g e n o u et c o m m e un ensemble, o u de les étirer au-delà de leurs l i -
du pied ainsi que le squelette sont épargnés. Faire d u vélo mites. Il est dès lors important que ce soient des professeurs
sollicite cependant le cœur (attention pour les personnes de gymnastique qualifiés ou des kinésithérapeutes qui ac-
cardiaques) et la colonne vertébrale des personnes qui compagnent l'entraînement. En groupe ou sous la direc-
souffrent d'affections à ce niveau. Les vélos permettant tion d'un entraîneur enthousiaste, la motivation de prati-
une position assise et le dos droit sont à recommander. quer la gymnastique sera bien plus importante que seul
chez soi. Il est facile cependant d'insérer des exercices de

Nat at ion gymnastique dans le programme de la journée, puisqu'il ne

La n a t a t i o n a u n e f f e t sur t o u t l'organisme, détend et faut pas d'équipement particulier. Les cassettes vidéo ou

procure de la j o i e de vivre. audio peuvent encourager l'exercice à domicile. La g y m -

L'eau froide stimule l'irrigation sanguine et la régulation nastique en plein air fait plus d'effet et est plus agréable.

thermique. Le fait de flotter facilite chaque mouvement La gymnastique régulière améliore l'irrigation et brûle
dans l'eau et c'est pour cette raison que la natation est tel- les graisses d u corps. Les exercices bien ciblés peuvent
lement indiquée pour toutes les affections dégénératives renforcer certains groupes de muscles, augmenter la m o -
des articulations et des muscles, et qu'elle prévient la perte bilité articulaire et prévenir les dégâts occasionnés par une
généralisée des facultés de performance. Elle facilite la res- mauvaise posture. L'entraînement de fitness régulier dé-
piration chez les asthmatiques et est utile en cas de varices. t e n d , arme contre le stress et aide en cas de dépression.
Cependant, ce sport sollicite plus la circulation sanguine
q u ' o n ne le croyait auparavant. On conseille donc la modé-
— Risques
ration pour les personnes âgées et celles souffrant de m a -
ladies cardiaques. • Les débutants ne peuvent se lancer dans un sport
d'endurance sans visite de contrôle chez un médecin. Les
Sk i d e f o n d personnes non entraînées ne peuvent participer à un
Le ski de f o n d fait appel à presque tous les groupes mus- sport éprouvant occasionnel, une course de masse o u à
culaires de façon régulière et a surtout une influence posi- des épreuves p e r m e t t a n t l'obtention d'une attestation.
tive sur le squelette. Il prévient les dégâts à la colonne ver- • D'aucuns prétendent q u e le s p o r t est s y n o n y m e de

81
Méthodes
:hérapeutiques
classiques

l o n g u e vie, d'autres q u e le s p o r t est assassin. Tous exa- t o u j o u r s d e c o m b i n e r le t r a i t e m e n t par les a l i m e n t s


gèrent. L'entraînement d'endurance maintient aux exercices physiques e t de détente.
l ' h o m m e en b o n n e santé, c o n t r i b u e à la rééducation Situation actuelle
et a u g m e n t e la qualité de vie. La diététique est a u j o u r d ' h u i enseignée c o m m e u n e
Les sports d'équipe s o n t susceptibles d'entraîner science médicale et o n est loin de la " d i a i t a " classique
des blessures. Les accidents m o r t e l s s o n t extrêmement et de sa base p h i l o s o p h i q u e . La diététique développe

rares dans le cas de sports de santé pratiqués avec les p r i n c i p a l e m e n t l ' a l i m e n t a t i o n p o u r les personnes m a -

précautions q u i s ' i m p o s e n t. lades o u présentant des besoins médicaux déterminés.


A côté d e cela, il y a la science de la n u t r i t i o n q u i
étudie, e n t re autres, la façon d o n t les aliments e t les
— Conseil
boissons s o n t transformés en dépôts de graisse et le
L'entraînement d ' e n d u r a n c e est à conseiller. Les sports lien entre ceux-ci e t , par e x e m p l e , l'infarctus d u m y o -
d'équipe ne p e u v e n t être conseillés q u ' a u x personnes carde et le diabète. Ce q u e l'on considère c o m m e u n e
entraînées. Le s p o r t de compétition est à déconseiller. alimentation "correcte" est le résultat de cette re-
cherche : u n e a l i m e n t a t i o n q u i , sur base de l'état ac-
tuel des connaissances, couvre les besoins d u corps e t
de l'esprit sans e n g e n d r e r de maladies. Le c h e m i n de
cette " a l i m e n t a t i o n de qualité" a été indiqué par des
L'alimentation gens comme Kollath, Bircherr-Benner et Schnitzer,
d o n t les n o m s restent associés à certaines f o r m e s d ' a l i -
mentation.
— Historique
Les concepts d u genre " a l i m e n t c o m p l e t " , " b i o " ,
Une " b o n n e " a l i m e n t a t i o n est et reste u n des piliers "éco" o n t créé u n chaos d ' e n v e r g u r e . Il existe t o u t e
de t o u s les systèmes médicaux, en O c c i d e n t et en une série de f o r m e s d ' a l i m e n t a t i o n visant cette " q u a -
Orient, d u Moyen-Âge à ce jour. O n conseille depuis lité", liées en partie aux n o m s de ceux q u i les o n t " i n -

82
La diététique
qualitative

ventées" (Broker, Waerland, Anemueller, Evers). Il f a u t Une mauvaise alimentation contribue fortement à
en o u t r e faire la d i s t i n c t i o n entre les gens p o u r q u i seul l ' a p p a r i t i o n d e trouble s métaboliques e t circulatoires.
l'aspect sain e t équilibré est i m p o r t a n t et ceux q u i sont Si l'ordre h a r m o n i e u x dans le métabolisme reste per-
a t t e n t i f s à t o u s les éléments liés à l ' a l i m e n t a t i o n , tels turbé, il e n g e n d r e des maladies c h r o n i q u e s .
l ' e n v i r o n n e m e n t e t l'économie m o n d i a l e . Les processus métaboliques déterminent aussi l ' i m -
Cela devrait p o u r t a n t intéresser t o u t le m o n d e d e munité. Bien avant q u e les c h a n g e m e n t s dans le corps
savoir si les aliments c o u v r a n t les besoins en protéines ne d e v i e n n e n t mesurables, détectables o u visibles, le
d ' i m p o r t a n t s groupes d e la p o p u l a t i o n s o n t t r a n s p o r - système i m m u n i t a i r e aura déjà réagi face à u n e ali-
tés sur des milliers de kilomètres plutôt q u e d'être p r o - m e n t a t i o n défaillante. L'importance d u rôle joué par
duits sur place. Les r e c o m m a n d a t i o n s en matière ali- l ' a l i m e n t a t i o n dans l'apparitio n d e t o u t e s les maladies
m e n t a i r e p e u v e n t avoir u n e incidence sur la q u e s t i o n devient évident q u a n d o n considère le f a i t q u e cer-
de l'avenir des e x p l o i t a t i o n s agricoles. taines maladies ne p a r v i e n n e n t à s'installer qu'après

Un c o n c e p t d ' a l i m e n t a t i o n particulièrement bien avoir éliminé la résistance i m m u n i t a i r e .

élaboré à t o u s p o i n t s de vue est celui d e la "diététique Vu sous un angle moins scientifique, le simple fait de
q u a l i t a t i v e " selon von Koerber, Mânnie et Leitzmann. se nourrir peut être considéré c o m m e une c o n t r i b u t i o n
Il c o n s t i t u e la base des conseils d ' a l i m e n t a t i o n décrits à la vie. Les produits alimentaires n o n modifiés sont
ci-dessous. complets, ordonnés, finis. Il n'est pas impossible q u e
l'organisme réagisse différemment aux ingrédients
d ' i m i t a t i o n synthétique, puisqu'ils peuvent contenir des
éléments dont les propriétés ne sont pas encore

La diététique qualitative
connues. L'action positive de ce q u ' o n appelle les " m a -
tières végétales secondaires" n'a été découverte q u e
depuis p e u . Il s'agit d'éléments de produits alimentaires,
présents en toutes petites quantités, mais q u i j o u e n t u n
— Concept et explication de l'action
rôle n o n sans i m p o r t a n c e dans l'action salutaire de l'ali-

Une a l i m e n t a t i o n correcte e n t r e t i e n t et stabilise les m e n t a t i o n d'origine végétale. C'est ainsi q u e l'allicine

f o n c t i o n s de base d u corps, c o m m e le métabolisme, la de l'ail e t les isothiocyanates d u c h o u o n t un e f f e t a n t i -

circulation s a n g u i n e et le système i m m u n i t a i r e . Le cas bactérien. Les flavonoïdes présents dans tous les lé-

échéant, elle devra d ' a b o r d restaurer intégralement la g u m e s mais en quantités plus i m p o r t a n t e s dans les b r o -

f o n c t i o n d e ces systèmes. colis peuvent contrer l'effet de produits cancérigènes.

83
Méthodes
thérapeutiques
classiques

Il est p r o b a b l e q u e l'ensemble des éléments c o n t e n u s diabète, la g o u t t e , l'hypertension artérielle, les a f f e c -


dans u n a l i m e n t a i t u n e f f e t différent de celui de cha- tions de l'appareil digestif e t les caries.
c u n de ces éléments analysés séparément. Pour certains cancers, des éléments i n d i q u e n t q u ' i l
y aurait u n e plus g r a n d e prévalence chez des per-
sonnes présentant des h a b i t u d e s alimentaires détermi-
— Pratique
nées : le cancer d u sein e t de l'intestin p o u r u n e ali-
La diététique qualitative, c'est le repas d u citoyen m e n t a t i o n grasse, le cancer de l'intestin aussi p o u r u n e
moyen composé des quantités adéquates de n u t r i - a l i m e n t a t i o n pauvre en fibres.
ments, de vitamines et d'oligoéléments nécessaires pour En résumé, o n p o u r r a i t dire q u e par u n e autre ali-
le maintenir en b o n n e santé e t en f o r m e , mais sans m e n t a t i o n - plus de f r u i t s et de légumes, m o i n s de
m e t t r e cette santé en danger par l'excès. graisses, moins de viande, moins de "bonnes
Pour c o m p o s e r le m e n u q u o t i d i e n , vous pouvez choses" - u n e b o n n e partie des cancers p o u r r a i e n t
vous aider d u t a b l e a u de la p. 8 5 où vous trouverez les être évités.
denrées alimentaires habituelles évaluées sur base d u Thérapeutique : p o u r de n o m b r e u s es maladies,
c o n c e p t de la diététique qualitative . Il f a u t également l ' a l i m e n t a t i o n " c o r r e c t e " est le seul t r a i t e m e n t causal
veiller à la quantité appropriée. Celle-ci varie d'une qui ait u n sens. La g o u t t e e t le diabète de t y p e II (dia-
personne à l'autre e t dépend s u r t o u t de la sollicitation bète d e l'adulte) f o n t partie de ces maladies. Certains
corporelle e t de l'âge. m o d e s d ' a l i m e n t a t i o n spécialement composés d o i v e n t
alors décharger les organes digestifs, le métabolisme
En résumé, ces r e c o m m a n d a t i o n s reviennent à ceci : et la circulation s a n g u i ne en évitant certains éléments
• C h a q u e j o u r b e a u c o u p de p r o d u i t s végétaux crus : nutritifs (par e x e m p l e les matières grasses en cas d'ar-
f r u i t s , légumes, salade, épices tériosclérose) o u en p r o f i t a n t de certains éléments d e

• Céréales sous la f o r m e de p r o d u i t s c o m p l e t s l ' a l i m e n t a t i o n (par e x e m p l e les fibres en cas d e c o n s t i -

• M o i n s de viande, de saucisse e t d'œufs pation).

• M o i n s de graisse On soupçonne le jeûne (voir p. 92) de stimuler le sys-


• M o i n s d'alcool tème immunitaire. Les personnes souffrant de r h u m a -
• M o i n s de sucreries tisme inflammatoire o n t intérêt à jeûner un certain temps.
• M o i n s de sel de cuisine Un régime "spécial c a n c e r " , quelle q u e soit sa n a -
• Pour la p l u p a r t des gens aussi : m a n g e r moins en t u r e et q u i guérit à lui seul la maladie, n'existe pas. A u
général. contraire : u n e a l i m e n t a t i o n radicale, où u n a l i m e n t
Environ la moitié des denrées alimentaires devrait déterminé est soit t o t a l e m e n t interdit, soit absorbé en
être consommées crues et l'autre moitié préparées aussi de t r o p grandes quantités, p e u t même p r o v o q u e r la
p r u d e m m e n t q u e possible, ce q u i influence d'ailleurs croissance de la t u m e u r .
positivement le goût spécifique de chaque aliment.

— Risques
— Indications
Les p r o d u i t s alimentaires e x e m p t s d'éléments nocifs
Le c h e m i n vers la santé ne passe pas i n c o n d i t i o n n e l l e - n'existent plus. C e p e n d a n t , les p r o d u c t e u r s de l'agri-
m e n t par la p h a r m a c i e , mais très souvent plutôt par la culture écologique contrôlée se s o u m e t t e n t à certaines
cuisine. c o n d i t i o n s p o u r t e n t e r de réduire cette nocivité au
Prévention : la diététique qualitative prévient les maximum.
maladies d ' o r i g i n e alimentaire. Parmi ces dernières, o n Les mesures suivantes l i m i t e n t p o u r l'individu la
t r o u v e l'obésité, les calculs rénaux, l'artériosclérose, le quantité de p r o d u i t s nocifs :

84
La diététique
qualitative

Répartition des alim ent s selon leur valeur

Fort em ent recom m andé Recom m andé Peu recom m andé Pas recom m andé

Environ la moitié de Environ la moitié de Ne pas consommer Éviter si possible :


l'alimentation doit être l'alimentation doit être quotidiennement :
composée de ces aliments : composée de ces aliments :

Alim ent s non chauffés Alim ent s chauffés Alim ent s f ort em ent Éléments isolés
modifiés d'alim ent s

Graines germées, Produits de céréales Produits de farine (pain Amidons, produits


produits de céréales crues complètes (pain, pâtes, blanc, gris, riz blanc) protéiques et fibres
(muesli de céréales fraîches) pâtisseries de farine
complète)

Légumes crus Légumes cuits, jus de Conserves de légumes et de Sucre et vitamines


ou lacto-fermentés, fruits légumes ou de fruits, fruits, nectars, produits de
crus, légumineuses germées pommes de terre ou pommes de terre
légumineuses cuites

Noix, graines, huile non Margarine végétale non Graisses et huiles Sucreries, préparations
raffinée pressée à froid, durcie avec beaucoup d'extraction et raffinées d'éléments nutritifs,
graisse de coco non durcie d'huile pressée à froid préparations amaigrissantes

Lait de première qualité, (Produits de) lait pasteurisé, beurre Lait UHT, poudre de lait Lait stérilisé
produits de lait cru (en faible quantité). Raisson. Si Charcuteries, saucisses, Abats, saindoux
œufs et viande; en faible quantité conserves de viande

Eau minérale Eau du robinet, thé de plantes Thé noir, café, bière, vin Boissons à base de jus de
et de fruits, malt et succédané fruits, limonade, cola, boissons
de café, cacao non sucré instantanées, spiritueux

Épices et graines fraîches, Épices et graines chauffées, Extraits d'épices Produits aromatiques, sel de
sel de mer pauvre en iode sel de cuisine pauvre en iode cuisine

Fruits sucrés crus, fruits Miel, sirop de pomme et de Sirop de betterave sucrière, Sucre, édulcorants
séchés trempés dans l'eau poire allongé à l'eau et en mélasse, sirop d'érable
quantités modérées

• A c h e t e r en f o n c t i o n de la saison, c'est-à-dire les • M a n g e r le moins possible d'abats, car c'est là q u e


fruits et légumes d u m o m e n t , récoltés dans le pays s'accumule s u r t o u t le c a d m i u m et le p l o m b .
même. Les p r o d u i t s de serres chaudes reçoivent t r o p • Utiliser le moins possible de graisses d ' o r i g i n e a n i -
peu de soleil p o u r dégrader le surplus possible de n i - male. C'est là q u e s'accumulen t les liaisons o r g a n i q u e s
trates. halogénées, p r o v e n a n t par e x e m p l e des p r o d u i t s de
• Veiller à u n e a l i m e n t a t i o n variée. pulvérisation.
• Bien frotter, rincer et peler les aliments, car environ 8 0 %
du plomb qui s'est déposé sur la surface sera ainsi éliminé.

85
Méthodes
thérapeutiques
classiques

— Conseil — Pratique

Une diététique qualitativ e est à conseiller à c h a q u e Pour l ' a l i m e n t a t i o n q u o t i d i e n n e , Kollath r e c o m m a n -


a d u l t e en b o n n e santé. Pour les nournssons, les e n - dait p r i n c i p a l e m e n t les aliments des deux premières
fants, les fennmes enceintes o u q u i allaitent et les m a - colonnes. C e t t e façon d e se n o u r r i r c o r r e s p o n d au
lades, il f a u d r a p a r t i e l l e m e n t déroger aux principes de choix et à la c o m p o s i t i o n alimentair e d e la diététique
cette alimentation. qualitative.

— Conseil

L ' a l i m e n t a t i o n selon Kollath est à conseiller.

Le régime de Bircher-Benner

— Historique

Maximilian Bircher-Benner ( 1 8 6 7 - 1 9 3 9 ) est " l ' i n v e n -

L'alimentation selon Kollath teur" d'un produit marquant de toute une


génération : le muesli. Ce médecin en avait reçu la r e -
cette d ' u n berger des m o n t a g n e s suisses. C o m m e il
avait p u en évaluer le succès sur sa propre p e r s o n n e,
— Historique
Bircher-Benner qualifia les aliments crus d ' o r i g i n e v é -
"Gardons notre nourriture aussi naturelle q u e possible", gétale d e " n o u r r i t u r e salutaire par excellence ".
telle était la devise de l'hygiéniste et microbiologiste
Werner Kollath (1892-1970). Son concept de nourriture
— Concept de base
saine était basé sur l'expérimentation e t la recherche
scientifique. Son travail, confirmé par d'autres cher- Bircher-Benner avait développé u n c o n c e p t d'évalua-
cheurs et développé, et sert de base au c o n c e p t de la t i o n de l'énergie. La lumière d u soleil y o c c u p a i t la p r e -
diététique qualitative actuelle (voir p. 83). mière place, la chaleur p r o v e n a n t de calories brûlées
la dernière place. Pour lui, les plantes fraîches étaient
la n o u r h t u r e la plus précieuse, puisqu'elles avaient a b -
— Concept de base
sorbé d i r e c t e m e n t la lumière d u soleil e t en r e t e n a i e nt
Kollath partait de l'hypothèse q u e le p r o d u i t d ' o h g i n e , encore la plus g r a n d e partie en elles. Parmi les p r o -
n o n modifié, c o n t e n a i t le m a x i m u m d'éléments vitaux. duits d ' o r i g i n e a n i m a l e , seul le lait était précieux,
Sur cette base, il répartissait les aliments en six catégo- puisque de n a t u r e il nourrissait la descendance.
ries de valeur, selon qu'ils étaient " p u r e m e n t n a t u r e l s " Bircher-Benner voyait s u r t o u t dans ces plantes
o u modifiés par u n t r a i t e m e n t . Cette répartition a crues u n e " a l i m e n t a t i o n ordonnée" q u i , de pair avec
d'ailleurs servi de base au t a b l e a u de la p. 8 5 , mais l i - un m o d e de vie " o r d o n n é " , p e r m e t t a i t de prévenir et
mité à q u a t re catégories. de guérir des maladies.

86
Le régime
de Schnitzer

— Pratique tête, seraient à l'origine de t o u t e s les "maladies d e c i -


vilisation".
M ê m e scliéma q u e p o u r la diététique qualitative (voir
p. 8 3 ) .
— Pratique

— Critique Le régime d e Schnitzer d o n n e la priorité aux aliment s


p r o v e n a n t de l'agriculture écologique contrôlée.
Le c o n c e p t d e l'énergie solaire d o n n a n t sa valeur a u x
Régime intensif: n o u r r i t u r e végétale crue pauvre en
aliments ne p e u t plus être défendu a u j o u r d ' h u i . Bir-
calories, rien d e cuit, pas d e pain , pas de lait. A u lieu
cher-Benner avait développé ses idées à u n e époque
de cela, le muesli d u petit-déjeuner est enrichi d e
où les vitamines n'étaient pas encore c o n n u e s.
p o u d r e d e minéraux.
Globalement parlant, les c o n c e p t i o n s d e Bircher-
D'après Schnitzer, t o u t e s les personnes malades
Benner en matière alimentair e sont basées sur l'idée
d o i v e n t suivre ce régime intensif. Les patients d o i v e n t
q u e "la nature est b o n n e " plutôt q u e sur les connais-
respecter ce régime d e u x fois plus l o n g t e m p s q u e n é -
sances actuelles en vigueur. C e p e n d a n t , le régime pré-
cessaire p o u r recouvrer t o t a l e m e n t la santé.
conisé est basé sur le même choix et la même c o m p o -
Régime normai : c o m m e le régime intensif, mais
sition alimentaire q u e ceux proposés par la diététique
p o u r couvrir le besoin n o r m a l de calories o n a j o u t e d u
qualitative (voir p. 8 3 ) .
pain et des pâtisseries de farine complète, d u f r o m a g e ,
d u lait de première qualité, d u lait suri préparé sur base
— Conseil du lait précité, des œufs, d u riz c o m p l e t e t des
p o m m e s d e terre.
Le régime d e Bircher-Benner est à conseiller.

— Indications

Schnitzer p r o m e t avec son m o d e alimentaire n o n seu-


Le régime de Schnitzer l e m e n t la prévention e t la guérison d e t o u t e s les " m a -
ladies d e civilisation" (y c o m p r i s le diabète insulino-dé-
p e n d a n t ) , mais aussi le b o n h e u r e t la satisfaction.

— Historique
— Risques et critique
En sa qualité d e dentiste, l ' A l l e m a n d Johann-Georg
Schnitzer (né en 1 9 3 0 ) se t r o u v a i t " a u premier r a n g " • Le régime intensif présente à la l o n g u e le risque t y -
p o u r constater les dégâts occasionnés par u n e m a u - p i q u e d e t o u t e a l i m e n t a t i o n n o n variée : déficits d e
vaise a l i m e n t a t i o n . En réaction, il développa deux sys- protéines, d e calcium, de fer, d ' i o d e e t de v i t a m i n e B,2.
tèmes d ' a l i m e n t a t i o n d ' o r i g i n e p u r e m e n t végétale. • Il n'est pas prouvé q u ' u n e personne s o u f f r a n t d ' u n
diabète d e t y p e I p o u r r a i t se passer d'insuline en s u i -
v a n t le principe d ' a l i m e n t a t i o n intensive. A u c o n t r a i r e :
— Concept de base
cette a f f i r m a t i o n serait même dangereuse p o u r les d i a -
Sur base d e la natur e d e l'appareil masticateur h u - bétiques. Il en va d e même p o u r les autres promesses
m a i n , Schnitzer c o n c l u t q u e la n o u r r i t u r e " p r i m i t i v e " de guérison de maladies graves.
de l ' h o m m e devait être végétale. Un m o d e alimentaire • Le régime normal est une alimentation de qualité si l'on
p u r e m e n t végétal devait d o n c être le meilleur égale- n'exclut pas totalement la viande et le poisson o u si l'on
m e n t a u j o u r d ' h u i . Les autres p r o d u i t s , la viande en compose les repas avec soin (voir végétarisme p. 89).

87
Méthodes
thérapeutiques
classiques

— Conseil valse a l i m e n t a t i o n exclusivement et a f f i r m e q u e seule


sa diététique qualitative p e r m e t de vaincre l'obésité et
C o m m e a l i m e n t a t i o n à l o n g t e r m e , le régime intensif
la c o n s t i p a t i o n , d'améliorer le r h u m a t i s m e , le diabète,
est à déconseiller. Le régime n o r m a l est à conseiller
les a f f e c t i o n s hépatiques et biliaires, e t de prévenir les
avec une certaine limite.
maladies cardiovasculaires et les allergies.

_ Risques et critique

Le régime de Bruker • L'alimentation " m o r t e " n'existe pas. Les denrées


alimentaires q u i , suite à u n procédé de préparation,
sont considérées c o m m e "mortes" par Bruker f o n t
p a r t i e l l e m e n t partie de la catégorie 2 selon Kollath
— Historique
(voir p. 8 5 ) . Ce s o n t des éléments i m p o r t a n t s d u
Max Otto Bruker est u n interniste q u i p r o p a g e u n schéma d ' a l i m e n t a t i o n . Pour b e a u c o u p de gens, ces
m o d e de diététique qualitative. p r o d u i t s s o n t plus faciles à digérer q u e les p r o d u i t s

Bruker est c o n n u p o u r son refus t o t a l d u sucre. crus.

• Une denrée a l i m e n t a i re q u i ne répond pas aux exi-


gences maximales posées par Bruker (par e x e m p le le
— Concept de base
lait UHT) n'est c e r t a i n e m e n t pas dangereuse p o u r la
C o m m e p o u r le tableau d e la p. 8 5 , Bruker répartit les santé. Il en va de même p o u r le sucre.
aliments en trois groupes sur base de leur valeur, mais • Bruker a f f i r m e : " l a graisse ne rend pas g r a s " . Ce
leur d o n n e d'autres n o m s . Les "denrées a l i m e n t a i r e s " n'est pas vrai : c'est la quantité q u i f a i t la différence.
sont p o u r lui t o u t ce q u i est vivant, naturel e t q u i • Les œufs crus ne sont pas plus sains q u e les œufs
c o n t i e n t ce q u ' i l appelle les "éléments v i t a u x " , c'est- cuits. S'ils sont contaminés par la salmonelle, ce serait
à-dire les v i t a m i n e s, les oligoéléments, les minéraux, même le contraire : les œufs crus peuvent provoquer une
les enzymes, les acides gras insaturés de h a u t e q u a - salmonellose. O n ne peut être certain de la m o r t des
lité, les fibres e t les p r o d u i t s a r o m a t i q u e s . Les " a l i - éventuelles salmonelles présentes qu'à partir d u m o m e n t
m e n t s " et les "préparations" ne c o n t i e n n e n t selon lui où le blanc et le jaune d'œuf o n t t o t a l e m e n t durci.
" p l u s d'éléments v i t a u x " , s o n t " m o r t e s " et nocives. Le rejet de Bruker de t o u t médicament sauf le " n a t u -
rel" p e u t m e t t r e en danger les personnes obligées
d'en prendre. Les diabétiques, les personnes s o u f f r a n t
— Pratique
d'hypertension artérielle e t les a s t h m a t i q u e s , par
C o m m e pour la diététique qualitative (voir p. 83) mais exemple, f o n t bien de c o n t i n u e r à prendre leurs médi-
avec de sérieuses limitations. Le lait, les produits laitiers et caments et de ne pas se fier à l'action de l ' a l i m e n t a t i o n
les œufs sont à consommer avec modération. Les pro- selon Bruker.
duits préparés et en conserve sont à éviter. La graisse est • En cas de maladie cœliaque (un e maladie où l'in-
par contre d'une utilité illimitée aux yeux de Bruker, à testin réagit par u n e allergie à u n élément de céréales),
condition d'être de la bonne espèce, le beurre par Bruker r e c o m m a n d e de c o n t i n u e r à m a n g e r des p r o -
exemple. duits de farine complète : c'est d a n g e r e u x pour les m a -
lades en q u e s t i o n .
• En cas d e maladie, le régime de Bruker i n d u i t le
— Indications
risque de n o n respect de mesures de t r a i t e m e n t indis-
Bruker lie u n g r a n d n o m b r e de maladies à u n e mau- pensables.

88
Le végétarisme

— Conseil Les végétaliens ne c o n s o m m e n t a u c u n p r o d u i t d ' o r i -


g i n e a n i m a l e , pas même le beurre o u le miel.
L'alimentation selon Bruker n'est à conseiller q u ' a u x
personnes en b o n n e santé et ce, avec des réserves.
— Indications

• Comparé au g r o u p e de m a n g e u r s de viande , le
risque d ' a f f e c t i o ns coronariennes est de 3 0 à 7 0 %
Le végétarisme plus faible chez les végétariens. Leur système digestif
est m o i n s sensible aux maladies, il y a m o i n s de cas de
g o u t t e et d e troubles d e la f o n c t i o n rénale et, par r a p -
p o r t au g r o u p e des végétariens, le cancer f a i t deux à
— Historique
trois fois plus de victimes p a r m i la p o p u l a t i o n q u i se

Le p h i l o s o p he grec Pythagore nourrit autrement.

(5e siècle av. J.-C.) est c o n n u • Les végétariens a t t e i g n e n t plus s o u v e n t leur poids
en t a n t q u e pionnier d u m o d e idéal.
de vie végétarien. • Leur t e n s i o n artérielle est n e t t e m e n t plus basse.
• Leur taux de lipides sanguins est plus bas.
• Le lait des f e m m e s q u i vivent depuis des années se-
— Concept de base
lon le m o d e végétarien c o n t i e n t n e t t e m e n t moins de
Ce sont surtout des considérations religieuses et éthiques substances nocives q u e celui des autres f e m m e s .
qui poussaient dans le temps les végétariens à ne pas
manger d'animaux morts. S'y ajoutent aujourd'hui de
— Risques et critique
plus en plus des idées d'ordre politique et écologique. Il
est devenu difficile de justifier le fait q u e les pays riches Les végétariens, e t plus encore les végétaliens, d o i v e n t
consacrent d'énormes quantités d'aliments végétaux afin bien connaître la valeur nutritiv e de c h a q u e a l i m e n t sé-
de nourrir des animaux pour ensuite les consommer sous paré p o u r éviter les carences. Les f e m m e s enceintes et
la f o r m e " a n o b l i e " de morceaux de viande sélectionnés, qui allaitent, t o u t c o m m e les petits enfants, ne p e u -
alors que dans d'autres parties d u m o n d e les gens m e u - v e n t se passer t o t a l e m e n t de protéines animales. Pour
rent de faim. La culture de ces quantités gigantesques de les enfants en période de croissance, u n e a l i m e n t a t i o n

fourrage exige des terres d o n t le revenu direct permet- ovo-lactovégétarienne ne pose pas de problèmes à

trait d'alimenter bien plus de gens. Les excréments ( f u - c o n d i t i o n q u e leur m e n u soit bien composé sur le plan

mier) et les gaz de putréfaction (ammoniaque, méthane) de la valeur nutritive .

de t o u t ce bétail contribuent en grande partie au désé- Protéines : p o u r q u i c o n s o m m e des œufs et/ou d u


quilibre de notre environnement. lait, les besoins en protéines s o n t vite couverts. Les v é -
gétariens d o i v e n t m a n g e r plus s o u v e n t des légumi-
neuses, q u i sont les p r o d u i t s d ' o r i g i n e végétale les plus
— Pratique
riches en protéines. Le soja s u r t o u t est u n e b o n n e

Le végétarisme c o m p t e trois f o r m e s de base : source de protéines.

Les ovo-lactovégétariens ne mangent pas de Fer : le f e r présent dans les végétaux n'est aussi f a -
viande o u de poisson, mais c o n s o m m e n t des œufs, d u cile à assimiler par le corps q u e le fer d ' o r i g i n e a n i -
lait e t leurs p r o d u i t s dérivés. male. Néanmoins, les h o m m e s q u i suivent u n régime
Les lactovégétariens ne m a n g e n t ni viande, ni pois- végétarien ne présentent n o r m a l e m e n t pas de déficit
son, ni œufs. en fer. Chez les f e m m e s végétariennes, le taux de f e r

89
Méthodes
thérapeutiques
classiques

dans le sang est 10 % moins élevé q u e chez les La viande, le poisson e t le lait s o n t p o u r Hay des ali-
f e m m e s q u i m a n g e n t de la viande. Elles sont p o u r t a n t m e n t s à f o r t e c o n c e n t r a t i o n d e protéines. Selon s o n
m o i n s sensibles aux maladies. C o m m e les réserves d e c o n c e p t , les fruits surs f o n t également partie d e ce
fer de la f e m m e végétarienne sont moins i m p o r t a n t e s , g r o u p e . Les aliments riches en hydrates d e c a r b o n e
il se p e u t q u ' e n cas d e besoin en f e r accru, par s o n t les céréales, les p o m m e s d e terre, le sucre e t les
e x e m p l e p e n d a n t la grossesse, u n e carence en f e r i n - aliments r e n f e r m a n t d u sucre. Sont considérés c o m m e
tolérable s'installe. "neutres" les graisses, b e a u c o u p d e légumes e t les

Calcium : p o u r les végétaliens, l ' a p p o rt d e calcium épices.

p e u t devenir u n problème. Hay répartit ensuite les aliments en deux catégo-


Vitamine 8^2' elle n'est présente q u e dans les p r o - ries : les p r o d u i t s d o n t le solde est basique (fruits, lé-
duits d ' o r i g i n e a n i m a le et les p r o d u i t s d e f e r m e n t a t i o n g u m e s , lait, lait b a t t u , yaourt , crème) et ceux d o n t le
lactique (la c h o u c r o u t e , par exemple). Pourtant, même solde est acide (fromage, fromage blanc, poisson,
les végétaliens ne s o u f f r e n t q u e r a r e m e n t d ' u n déficit viande, œufs, p r o d u i t s d e céréales). D'après lui, u n e
en v i t a m i n e B12. Vue g l o b a l e m e n t , l ' a l i m e n t a t i o n végé- a l i m e n t a t i o n n'est correcte q u e si elle est basique à
t a l i e n n e p e u t c e p e n d a n t entraîner pas mal d e risques. 8 0 % et acide à 2 0 % .

— Conseil — Pratique

L'alimentation végétarienne est à conseiller moyen- Selon Hay, o n ne p e u t c o m b i n e r p e n d a n t un même re-


n a n t u n e c o m p o s i t i o n sérieuse des menus . pas q u e des aliments riches en protéines avec des ali-
L'alimentation végétalienne ne p e u t être conseillée. m e n t s neutres, o u q u e des hydrates d e c a r b o n e avec
des p r o d u i t s neutres. O n ne p e u t en a u c u n cas m a n g e r
des aliments à f o r t e c o n c e n t r a t i o n d'hydrates d e car-
b o n e en même t e m p s q u e des denrées à f o r t e c o n c e n -

Le régime dissocié de Hay t r a t i o n d e protéines.

— Indications
— Historique
Hay considère son régime dissocié c o m m e u n m o y e n
Une nouvelle ère de la santé, c'est là ce q u e p r o m e t t a i t de prévention d e maladies (également le cancer) e t
l'américain Howard Hay ( 1 8 6 6 - 1 9 4 0 ) en présentant la c o m m e n o u r r i t u r e salutaire p o u r les malades. Ce ré-
nouvelle théone d e l ' a l i m e n t a t i o n qu'il avait élaborée g i m e est aussi recommandé c o m m e t r a i t e m e n t p o u r
à la f i n d u 19e siècle. diabétiques e t p o u r les enfants.

— Concept et explication de l'action — Risques et critique

Hay développa ses propres " lois chimique s de la diges- • La séparation des aliments proposée par Hay
t i o n ". Selon lui, les protéines avaient besoin d e sucs d i - n'existe q u e dans sa théorie. La nature ne suit pas
gestifs acides, alors q u e les hydrates d e c a r b o n e n é - cette règle et mélange j o y e u s e m e n t t o u s les aliments.
cessitaient des sucs basiques. Si l'on m a n g e les deux • Ce q u i , selon Hay, n'est pas possible - digérer en
p r o d u i t s en même t e m p s , les hydrates d e c a r b o n e même t e m p s les protéines et les hydrates de c a r b o n e -
n'étaient, d'après lui, pas digérés et f e r m e n t a i e n t dans se p r o d u i t en p e r m a n e n c e dans le t u b e digestif d e
l'intestin. c h a q u e personne.

90
La macro-
biotique

• Le fait d e p o u v o i r guérir certaines maladies par le c u l m i n a i t dans l'exigence de se n o u r r i r exclusivement


régime dissocié d e Hay est u n e p r o p o s i t i o n q u i ne t i e n t de céréales. Le mérite de son élève Kushi est d'avoir re-
pas d e b o u t . noncé à cette f o r m e extrême a u p r o f i t d ' u n e diété-
• Le régime dissocié d e Hay c o m p l i q u e f o r t e m e n t t i q u e qualitativ e plus équilibrée.
l'action de se nourrir... sans la m o i n d r e utilité médicale
à la clé. Une a l i m e n t a t i o n équilibrée p e r m e t d e préser-
— Pratique
ver la santé de façon bien plus simple (voir p. 8 3 ) .
L'alimentation macrobiotique standard de Kushi res-
semble à la diététique qualitative (voir p. 83) d u p o i nt de
— Conseil
vue de la composition et des quantités. Mais Kushi rejette
Le régime dissocié d e Hay ne p e u t être conseillé. de n o m b r e u x aliments ; la viande, les œufs, le lait et ses
dérivés, les fruits et légumes des tropiques et de la région
subtropicale, d o n t également les p o m m es de terre, les
poivrons et les aubergines, et les produits édulcorants. En
macrobiotique, une règle s'impose : ne boire que q u a n d
La macrobiotique o n a soif. Les denrées alimentaires doivent provenir de la
culture écologique contrôlée et, si possible, des environs.

Pour l ' a l i m e n t a t i o n m a c r o b i o t i q u e des nourrissons,


— Historique
il existe le " k o k o h " , u n mélange d e céréales m o u l u e s ,
La m a c r o b i o t i q u e est u n e c o n c e p t i o n universelle basée de graines de sésame e t de haricots azuki.
sur la p h i l o s o p h i e d u b o u d d h i s m e z e n . C e t t e f o r m e
d ' a l i m e n t a t i o n f u t i n t r o d u i t e en Occident grâce aux j a -
— Indications
ponais George Ohsawa ( 1 8 9 3 - 1 9 6 6 ) e t Michio Kushi.
O h s a w a reprit des idées d u b o u d d h i s m e zen, mais L'alimentation m a c r o b i o t i q u e p r o m e t la santé e t la
élabora lui-même la p h i l o s o p h i e d e l ' a l i m e n t a t i o n . La longévité, la prévention et la guérison d e t o u t e s les
religion b o u d d h i s t e n e l'applique pas. maladies, y c o m p r i s le cancer.

— Idée et explication de l'action — Risques et critique

Les concepts d e base d u b o u d d h i s m e s o n t le yin e t le • U n e a b s o r p t i o n t r o p faible d e liquide entraîne le


y a n g . Ils représentent les principes f o n d a m e n t a u x d u risque de t r o u b l e d e la f o n c t i o n rénale.
m o n d e , opposés l'un à l'autre et c e p e n d a n t d é p e n - • Si o n c o n s o m m e dans le même t e m p s b e a u c o u p de
dants. Seuls les deux réunis c o n s t i t u e n t u n ensemble. sel d e cuisine, le d a n g e r p e u t être m o r t e l .
Les aliment s sont également répartis selon leur n a - • L'alimentation exclusive à base d e " k o k o h " expose
t u r e yin o u y a n g . L'élément déterminant p o u r la répar- les nourrissons et les petits enfants à un danger de m o r t .
t i t i o n serait la t e n e u r en potassium o u en s o d i u m , mais Les p r o p o s sur la préservation d e la santé et la lutte
aussi la t e n e u r en eau, la couleur e t la f o r m e , le m o - c o n t r e les maladies s o n t erronés :
m e n t et la vitesse de croissance, etc. • Le riz cru n'éloigne pas les parasites.
Pour les macrobiotes, une alimentation est idéalement • Les aliments moisis n e s o n t pas bons p o u r l'esto-
composée q u a nd elle respecte un rapport de cinq yin pour mac mais p e u v e n t par c o n t r e c o n t e n i r certains p r o -
un yang. Les céréales complètes respecteraient ce rapport duits des plus cancérigènes.
et sont dès lors considérées c o m m e l'aliment idéal. • L ' a l i m e n t a t i o n m a c r o b i o t i q u e n e p e u t pas guérir le
La f o r m e d e départ d e la m a c r o b i o t i q u e d'Ohsav\/a cancer.

91
Méthodes
thérapeutiques
classiques

• Une alinnentation m a c r o b i o t i q u e de qualité n'est p e n d a n t , même si l'on ne p e u t voir ces déchets sous le
possible qu'à c o n d i t i o n de s o i g n e u s e m e n t compose r microscope, o n ne p e u t nier le fait q u ' u n e mauvaise
les repas. a l i m e n t a t i o n crée dans le corps des c o n d i t i o n s peu f a -
vorables. Dans ce cas, une "élimination de scories" si-
gnifierait libérer les cellules du corps de l'excès de p r o -
— Conseil
téines, d'eau, d'acides et de substances toxiques.
L'alimentation m a c r o b i o t i q u e selon Kushi ne p e u t être En ce qui concerne les "scories", les n a t u r o p a t h e s
conseillée. p a r t a g e n t l'avis suivant : l'espace entre les organes est
Pour les petits enfants, elle est à déconseiller. rempli de "tissu de b a s e " , un tissu c o n j o n c t i f m o u ,
riche en cellules, où o n t lieu les échanges entre les ca-
pillaires, les cellules nerveuses et les cellules orga-
niques. C'est dans ce réseau de fibres q u e le corps e n -

Le jeûne treposerait t o u s les p r o d u i t s nocifs excédentaires q u ' i l


a assimilés. Avec l'âge, cette substance de base se
t r a n s f o r m e r a i t en un " c h a m p d ' i m m o n d i c e s d u méta-
b o l i s m e " . Les partisans de cette théorie considèrent
— Historique
ces dépôts c o m m e la cause de b e a u c o u p d ' i n f l a m m a -

Beaucoup de religions connaissent une période de tions articulaires, tissulaires et vasculaires chroniques.

jeûne. Par ce genre d'usage, la connaissance de ce qui Ces dépôts agrandiraien t les zones de t r a n s f e r t
est b o n p o u r l ' h o m m e est souvent transformée en exi- entre les capillaires et les cellules. Des réactions q u i
gence religieuse. n o r m a l e m e n t ne se p r o d u i r a i e n t pas, peuvent ainsi d e -
Il n'y a plus beaucoup de personnes en Europe a u - venir plus nombreuses. D'après cette théorie, ceci f a -
j o u r d ' h u i qui vivent d'après ces règles. Beaucoup d'Euro- voriserait la naissance et la croissance de t u m e u r s .
péens o n t cependant redécouvert le jeûne c o m m e mé-
t h o d e de perte de poids rapide. Ce genre de "régime
— Pratique
zéro", souvent entrepris de propre initiative, ne res-
semble en rien au jeûne pour raison de santé. Ce dernier La m o d i f i c a t i o n de la réaction d u corps est la plus
vise en effet l'épuration du corps et d'autres réactions g r a n d e q u a n d le jeûne s ' a c c o m p a g n e de l'effet de
corporelles, éventuellement en combinaison avec une ré- cure : loin de la vie de tous les j o u r s , ne pas travailler,
orientation psychique. Le jeûne curatif attend de cette pas de f a m i l le a u t o u r de soi, b e a u c o u p d'attention
"autre façon de réagir" d'au moins influencer positive- p o u r soi-même.
m e n t les maladies existantes, sinon même de les guérir. Les cures de jeûne se déroulent souvent suivant ce
Le p i o n n i er de cette méthode est le médecin alle- schéma suivant :
m a n d O f f o fiuc/i/nger ( 1 8 8 2 - 1 9 7 0 ) . Trois jours transitoires d ' a l i m e n t a t i o n pauvre en ca-
lories. Le premier j o u r : " n e t t o y a g e des intestins" à
l'aide de boissons à base de sulfate de soude o u d ' u n
— Concept de base
lavement à la c a m o m i l l e . On répète le t r a i t e m e n t trois
Les médecins partisans de la diète considèrent le jeûne fois c h a q u e semaine. La sensation de f a i m serait d u e à
c o m m e une détoxication b i o l o g i q u e . un intestin i n s u f f i s a m m e n t vidé.
Une des principales idées à la base de l'action du Par j o u r de jeûne, il f a u t absorber deux à trois litres
jeûne est le c o n c e p t de " s c o r i e s " . La médecine univer- de liquide pauvre en calories o u e x e m p t de calories.
sitaire insiste à c h a q u e fois sur le fait q u ' i l n'y a pas Après les jours de t r a n s i t i o n , les journées s'écoulent
d'indications de l'existence de ce type de déchets. Ce- au gré des séances de g y m n a s t i q u e , des p r o m e n a d e s.

92
Le jeûne

de la n a t a t i o n et, selon les besoins, des application s de — Indications


kinésithérapie c o m m e le massage, les application s
Les facteurs de risque q u e l'on " a c q u i e r t " par l'ali-
d ' e a u , l'électrothérapie, etc. L'après-midi, u n e sieste
m e n t a t i o n d i m i n u e n t bien évidemment et certaines
de deux heures est o b l i g a t o i r e , d e préférence avec u n
maladies évoluent f a v o r a b l e m e n t grâce au jeûne puis-
e n v e l o p p e m e n t c h a u d et h u m i d e p o u r s o u t e n i r le t r a -
qu'il n'y a plus d'arrivée de p r o d u i t s nocifs. Le succès
vail de désintoxication d u f o i e .
du jeûne est rapporté dans les cas d'obésité, d ' a f f e c -
Le jeûne thérapeutique d o i t durer enviro n 21 j o u r s .
tions rhumatismales, d ' a f f e c t i o ns articulaires dégéné-
Les personnes obèses p e u v e n t considérablement a l -
ratives, d ' h y p e r t e n s i o n , de maladies cardiovasculaires,
l o n g e r cette période. Pour u n poids n o r m a l , u n e per-
de taux de lipides sanguins élevés, d'allergies, de d i a -
sonne p e u t survivre sans m a n g e r pendant environ
bète de t y pe II (diabète de l'adulte), de g o u t t e et de
60 jours.
maladies de la p e a u .
Ce q u i ne p e u t être négligé après u n e l o n g u e pé-
En cas d e r h u m a t i s m e i n f l a m m a t o i r e , l'action p o s i -
riode de jeûne, c'est l'après-jeûne. Cett e période d e -
tive des cures d e jeûne surprend à chaqu e fois les m é -
vrait idéalement couvrir u n e durée d ' u n tiers de la pé-
decins et les patients, sans q u ' i l n'y ait d ' e x p l i c a t i on
riode de jeûne. Pendant ce t e m p s , o n reconstruit pas à
scientifique satisfaisante p o u r cela.
pas u n e a l i m e n t a t i o n de qualité équilibrée.
La conscience de soi a u g m e n t e q u a n d o n se rend
Les médecins partisans d u jeûne préconisent u n e
c o m p t e q u e l'on est capable d e se contrôler p e n d a n t
cure c h a q u e a n n é e . Ceci p e u t se faire en c l i n i q u e o u
une si l o n g u e période. Les soins intensifs prodigués
à d o m i c i l e , sous la surveillance d ' u n médecin q u a l i -
dans les centres de cure c o n t r i b u e n t également à la
fié.
stabilisation spirituelle de la personne q u i jeûne.

— Explication de l'action
— Risques
Le corps dispose d ' u n " p r o g r a m m a d ' u r g e n c e " pour
les jours sans n o u r r i t u r e . Il passe alors à la " d i g e s t i o n La personne q u i jeûne sans le m o i n d r e a p p o r t de calo-
intérieure". Le plus gros d u travail est assumé par le ries perd d e grandes quantités de protéines p e n d a n t
f o i e et les reins, mais le système h o r m o n a l s'adapte les deux premières semaines. Ce n'est qu'après c e t te
aussi à la règle "d'économie d'énergie". Dès q u e la ré- période q u e le corps c o m m e n c e r a à dégrader plus de
serve d'hydrates de c a r b o n e est épuisée, le corps e n - graisse q u e de protéines. Le m o n d e médical n'arrive
t a m e la graisse. Mais c o m m e la graisse est difficile à l i - pas à t o m b e r d'accord sur le risque engendré par u n e
bérer, les réserves en protéines d e v r o n t également perte aussi considérable de protéines.
couvrir les besoins énergétiques. La perte de poids est Les effets secondaires liés au jeûne sont les suivants :
de 3 5 0 à 4 5 0 g r a m m e s par jour. • D'anciennes plaintes mais aussi des trouble s jamais
Le corps p o m p e b e a u c o u p d'eau des tissus. Suite à ressentis a u p a r a v a n t p e u v e n t surgir.
la d i m i n u t i o n de la quantité de liquide, la circulation • Les t r o u b l es d u s o m m e i l s o n t propres au jeûne. Les
sanguine f o n c t i o n n e mieux, le cœur est m o i n s sollicité rêves p r o f o n d s et souven t inquiétants p e u v e n t rendre
et la tension d i m i n u e . L'estomac vide exerce moins de indispensable u n d i a l o g u e d'accompagnement.
pression et facilite la respiration. • La c o n c e n t r a t i o n d'acide u r i q u e dans le sang a u g -
Le jeûne " o u v r i r a i t " aussi t o u t l'espace d u tissu de m e n t e . Des accès d e g o u t t e s o n t d o n c possibles.
base, de sorte q u e les "scories" accumulées y soient • Une absence de règles p e u t être constatée.
digérées o u éliminées. Le jeûne est absolument déconseillé pour :
Le jeûne régulier économiserait les forces vives et Les personnes q u i s a i g n e n t f a c i l e m e n t , s o u f f r a n t de
renforcerait le système i m m u n i t a i r e . maladies organiques sévères, d'hyperthyroïdie, de

93
Méthodes
thérapeutiques
classiques

t r o u b l e s de l ' i r r i g a t i o n d u cerveau, de diabète d e Variant e :

t y p e I (insulino-dépendant), de cancer; les f e m m e s e n -


ceintes et q u i allaitent , les e n f a n t s de m o i n s de dix
Le jeûne selon Buchinger
ans.
Qui jeûne selon Buchinger, b o i t le m a t i n u n e à deux
Les personnes âgées et les enfants , les personnes
tasses de thé de plantes avec d u miel o u de thé noir lé-
aux organes abîmés, sujettes aux i n f e c t i o n s o u a t -
ger avec d u citron . L'après-midi, u n q u a r t de litre de
teintes m e n t a l e m e n t devraient faire leur choix parmi
b o u i l l o n de légumes o u de jus de légumes. En f i n
les variantes de jeûne décrites plus loin.
d'après-midi, la même chose q u e le m a t i n . Le soir, à
n o u v e a u le b o u i l l o n de légumes o u le jus de fruits.

— Critique Les boissons ne sont pas t o t a l e m e n t e x e m p t es de


calories; le métabolisme est d o n c m o i n s sollicité q u ' e n
• Le jeûne ne t r a n s f o r m e q u e r a r e m e n t u n e personne
cas d é j e u n e t o t a l . De plus, o n assimile ainsi quelque s
r o n d e l e t t e en m a n n e q u i n . C o m m e le jeûne n ' a p p r e n d
vitamines et minéraux.
pas à se nourri r de façon équilibrée, il est r a r e m e n t
q u e s t i o n de succès à l o n g t e r m e . C e p e n d a n t , p o u r les
personnes obèses, la perte de poids rapide p e u t être
une m o t i v a t i o n p o u r vivre ensuite sur u n e meilleure
base a l i m e n t a i r e . Variant e :

• Les critiques e s t i m e n t "l'élimination de scories"


d o u t e u s e , vu q u e les "scories" n ' o n t jamais été détec-
Le jeûne à base de jus
tées.
C o m m e le jeûne selon Buchinger, mais les boissons sont
• Il n'est pas prouvé de façon irréfutable q u e le jeûne
exclusivement composées de jus de fruits et de légumes.
renforce le système i m m u n i t a i r e .
• Certains médecins partisans d u jeûne e s t i m e n t q u e
le n e t t o y a g e d e l'intestin est inutile. L'auto-intoxica-
t i o n par résorption de substances t o x i q u e s intestinales
ne p e u t être démontrée. Pas mal de critiques v o i e n t Variant e :
dans le f a i t d'être " p r o p r e de l'intérieur et de l'exté-
r i e u r " des éléments de névrose.
Le jeûne
• Les clystères à répétition et le " b a i n i n t e s t i n a l " a p - à complément de protéines
pliqués dans pas mal de centres p o u r stimuler la v i -
d a n g e intestinale p e u v e n t entraîner des risques p o u r la Pendant le jeûne sans a p p o r t protéique, l'organisme
santé (voir hydrothérapie d u côlon p. 2 0 0 ) . perd énormément de protéines p e n d a n t les deux pre-
mières semaines. C'est dû, entre autres, aux organes q u i
ne peuvent se passer de protéines, c o m m e le muscle
Conseil
cardiaque. Surtout les personnes malades ne sortent
Le jeûne des personnes saines en t a n t q u e premier pas pas indemnes de cette période de perte de protéines.
vers u n e a l i m e n t a t i o n mieux pensée p e u t être conseillé Ce problème p e u t être évité en b u v a n t c h a q u e j o u r
sous réserve. une quantité de lait b a t t u , o u en p r e n a n t une dose de
Le jeûne sous surveillance médicale est à conseiller concentré de protéines conçu spécialement à cet e f f e t .
p o u r d i m i n u e r et atténuer les risques liés aux maladies La perte de poids q u o t i d i e n n e en est à peine i n -
citées sous le p o i n t " i n d i c a t i o n s " . fluencée. Le jeûne à complément de protéines a de
plus u n e f f e t désiré : la différence sur la balance est

94
La cure
de Mayr

d u e à une plus g r a n d e dégradation d e graisse q u e ce


n'est le cas p o u r le jeûne t o t a l .

La cure de Mayr

— Historique

Le médecin a u t r i c h i e n Franz Xaver Mayr ( 1 8 7 5 - 1 9 6 5 )


développa trois types d e cures d e régénération : le dans les muscles et sur les t e n d o n s , entraînant des a f -
jeûne selon la méthode Buchinger (voir p. 94), le ré- fections rhumatismales.
g i m e lacté e t le régime d e p u r g e légère. L ' a b d o m e n p e r m e t à u n médecin a d e p t e d e Mayr
d'évaluer le stade d ' a u t o - i n t o x i c a t i o n dans lequel o n
se t r o u v e . La peau aussi p e r m e t t r a i t de détecter les d i f -
—Concept de base
férents stades d ' a u t o - i n t o x i c a t i o n .
Pour Mayr, la maladie et la santé v i e n n e n t des intestins :
l ' h o m m e m o d e r n e m a n g e t r o p , t r o p souvent, t r o p t a r d
— Pratique
le soir, le taux d'éléments nutritifs est t r o p concentré,
l'action d e m a n g e r se f a i t avec t r o p d e hâte, t r o p d e Ré g i m e l act é
nonchalance et sans la m o i n d r e maîtrise interne. C h a q u e j o u r de la cure c o m m e n c e par un q u a r t de litre
Selon Mayr, t a n t d e n o u r r i t u r e f e r m e n t e dans l'in- d'eau tiède avec un p r o d u i t laxatif. Pour le petit-déjeu-
testin, libérant d e l'alcool e t des acides. C o m m e chez ner et à midi, il y a des petits pains, mais ils doiven t être
les alcooliques, l'alcool e n d o m m a g e r a i t le foie, les rassis, séchés à l'air p e n d a n t trois à cinq jours. C h a q u e
vaisseaux sanguins e t les nerfs. M a y r e s t i m a i t q u e le petit pain d o i t être mâché très l e n t e m e n t . Une cuillère
nez, les oreilles, les mains e t les pieds des végétariens de lait est prise p o u r avaler De cette façon, o n " m a n g e "
devaient p r e n d r e une c o l o r a t i o n r o u g e bleutée, parce un q u a r t de litre de lait au cours des deux repas. Le soir,
q u e l'alcool p r o d u i t par la f e r m e n t a t i o n d e grandes il f a u t se passer d e ces friandises et se c o n t e n t e r de
quantités d e crudités devait e n d o m m a g e r leurs vais- quantités royales d'eau et de thé de plantes léger.
seaux sanguins. Il appelait d'ailleurs ces adeptes d u vé- Un massage a b d o m i n a l q u o t i d i e n , u n e n v e l o p p e -
gétarisme des "alcooliques e n d o g è n e s ". m e n t c h a u d e t h u m i d e d u f o i e à m i d i , les p r o m e n a d e s
L'acide dans les tissus serait responsable d e r h u m a - et la g y m n a s t i q u e f o n t également partie de la cure qui
tisme, d e t r o u b l e s du métabolisme, d e g o u t t e , d e f o r - d o i t durer q u a t r e semaines et a lieu dans une clinique.
m a t i o n d e calculs et d'artériosclérose. Q u a n d le corps Ce régime c o r r e s p o n d à u n e cure de jeûne complé-
t a m p o n n e les acides par les bases, c e t t e réaction i n - tée de protéines e t d'hydrates de c a r b o n e (voir p. 94).
d u i r a i t u n déficit en minéraux responsable d e canes,
d'ostéoporose e t de varices. Ré g i m e d e p u r g e l é g è r e
Les symptômes c o m m e la f a t i g u e , la dépression, Il ressemble a u régime lacté, mais à m i d i o n o f f r e u n
l'irritabilité, les plaintes cardiovasculaires, les maux d e p e t i t morcea u d e viande maigre o u de poisson avec
tête et les vertiges seraient d'après Mayr les témoins des légumes préparés sans graisse. Une certaine m o -
d ' u n e t r o p f o r t e sollicitation du f o i e par les substances n o t o n i e est v o u l u e et le p a t i e n t d o i t la respecter.
toxiques intestinales. Des résidus se déposeraient alors Toujours selon Mayr, l'alimentation "correcte" à

95
Méthodes
thérapeutiques
classiques

suivre après le régime est composée d ' u n petit-déjeu- • " L ' a u t o - i n t o x i c a t i o n " par les substances t o x i q u e s
ner le m a t i n , éventuellement avec un f r u i t , un repas de intestinales n'a jamais été démontrée.
midi simple, éventuellement u n e salade c o m m e e n - • O n ne p e u t d i a g n o s t i q u e r une maladie sur base de
trée, pas de repas le soir, o u alors extrêmement léger. la f o r m e d e l ' a b d o m e n o u de l ' a t t i t u d e du corps.
Les c o m m a n d e m e n t s de M a y r sont : peu d e c r u d i - • La cure de Mayr n'est pas appropriée p o u r maigrir
tés, peu d e graisses, peu de sucreries, pas de café, pas de façon d u r a b l e . En t a n t q u ' a l i m e n t a t i o n p e r m a -
d ' a l c o o l , pas de n i c o t i n e , pas d'en-cas, mais le m a t i n nente, les conseils de M a y r ne répondent pas aux re-
un verre d'eau au sel d'Epsom c o m m e laxatif. c o m m a n d a t i o n s d ' u n e diététique qualitative.

— Explication de l'action — Conseil

Ces régimes m e t t e n t l'accent sur l'apprentissage d ' u n La cure de Mayr est à conseiller c o m m e régime amai-
processus d ' a l i m e n t a t i o n conscient. ghssant o u c o m m e jeûne c u r a t if adapté.
L'alimentation permanente par après est surtout basée
sur un équilibre entre les aliments "acides" et "basiques".

— Indications

Les affections c h r o n i q u e s des organes digestifs (esto-


mac, intestin, f o i e , vésicule biliaire et pancréas), l'obé-
sité, les affections cardiovasculaires, la t e n s i o n arté-
rielle t r o p élevée o u t r o p basse, les maladies des voies
respiratoires, le r h u m a t i s m e i n f l a m m a t o i r e o u dégéné-
ratif, l'arthrose, les maladies de la peau, les m a u x de
tête e t la m i g r a i n e réagissent à la cure de Mayr.
La cure de Schroth
— Risques
— Historique
Les effets secondaires sont m o i n s i m p o r t a n t s q u e p o u r
le jeûne t o t a l (voir p. 9 2 ) puisque la cure de Mayr e t Johannes Schroth ( 1 8 0 0 - 1 8 5 6) était contremaître. Il
son a p p o r t d'hydrates de c a r b o n e et de protéines est avait constaté que les gens prestaient n e t t e m e n t moins
un genre de "jeûne avec complément". bien q u a n d ils buvaient b e a u c o u p . Cette c o n s t a t a t i o n
le m e n a à élaborer une "cure de sécheresse".

— Critique
— Concept de base
• L'hypothèse de Mayr sur les d o m m a g e s o c c a s i o n-
nés au corps par les acides, les bases et l'alcool p r o - La cure de Schroth stimulerait les forces auto-curatives d u
duits par la d i g e s t i o n ne p e u t être étayée. corps, le débarrasserait de ses "scories" et de ses "poisons".
• Un corps sain assure lui-même l'équilibre
acide/base dans le sang et les urines, sans p o u r cela
— Pratique
avoir besoin d ' u n e a l i m e n t a t i o n particulière. Les p r o -
cessus métaboliques de l'équilibre acide/base au n i - Trois " j o u r s secs" par semaine : repas à base de riz, de
veau cellulaire ne s o n t pas encore connus. s e m o u l e et d'avoine; petits pains c o m p l e t s n o n salés

96
L'alimentation
instinctive

en quantité illimitée; fruits séchés, dattes, figues, noix • Les critiques e s t i m e n t que les compresses sollicitent
et graines. Pas plus d ' u n huitième de b o u t e i l l e de v i n . la circulation sanguin e et qu'elles ne sont pas i n d i -
Deux "jours de peu de boisson " : un demi-litre de vin. quées p o u r les personnes d o n t la t e n s i o n artérielle est
Deux " j o u r s de b e a u c o u p de b o i s s o n " : un litre de basse.
vin. L'eau et les jus de fruits sont interdits.
Pendant la cure, des e n v e l o p p e m e n t s h u m i d e s et
— Conseil
chauds d o i v e n t p e r m e t t r e l'élimination des "scories"
d u corps par la peau. La cure de Schroth n'est à conseiller q u e si elle est a p -
pliquée d ' u n e façon q u i répond à l'état actuel des
connaissances.
— Explication de l'action

Le vin serait un p r o d u i t salutaire. Il procure r a p i d e m e n t


de l'énergie et stabiliserait l'esprit.

L'alimentation instinctive
— Indications

Schroth r e c o m m a n d a i t son t r a i t e m e n t en cas de m a l a -


— Situation actuelle
dies d u métabolisme, de g o u t t e , de maladies diges-
tives, d ' a f f e c t i o n s cardiovasculaires et de maladies r h u - En 1 9 9 5 , les colonnes des j o u r n a u x étaient pleines
matismales. d ' i n f o r m a t i o n s sur une nouvelle façon de se n o u r r i r
qui préserverait la santé et guérirait de n o m b r e u s es
maladies : l ' a l i m e n t a t i o n instinctive c o m m e f o r m e par-
— Risques et critique
ticulière de l ' a l i m e n t a t i o n à base de p r o d u i t s végétaux
Répartie sur les différents j o u r s de la semaine, la cure crus (crudivorisme).
de Schroth est une c o m b i n a i s o n de jeûne t o t a l et Il existe aussi une variante c o n n u e sous le n o m de
adapté (voir p. 94). "thérapie p r i m i t i v e " .
• Si la cure est suivie p e n d a n t une plus l o n g u e pé-
riode, il f a u d r a c o m p e n s e r les m a n q u e s par des a p -
— Concept et explication de l'action
ports de vitamines et de minéraux, ce q u e Schroth i n -
terdit. Selon les partisans des régimes de crudités, le système
• La faible quantité de liquide permise p e n d a n t les digestif de l ' h o m m e ne s'est pas encore adapté à la
jours secs sollicite le métabolisme. Le taux d'acide c o n s o m m a t i o n d ' a l i m e n t s chauffés. Le corps serait de
urique dans le sang p e u t a u g m e n t e r au p o i n t de p r o - plus en plus "empoisonné" par cette n o u r r i t u r e cuite
v o q u e r des accès de g o u t t e . et, c o m m e s o l u t i o n , o n conseille une a l i m e n t a t i o n à
• Pendant le jeûne, l'alcool p e u t p r o v o q u e r un choc base de crudités.
hypoglycèmique. L'alcool p e u t , en o u t r e , représenter
une charge importante pour un foie " m is en
— Pratique
veilleuse".
Les s a n a t o r i u m s et les centres de cure t i e n n e n t a u j o u r - L'alimentation est composée de deux tiers de fruits et
d ' h u i c o m p t e de ces critiques q u a n d ils p r o p o s e n t u n e d ' u n tiers de légumes, complétés de quelques noix o u
cure de Schroth. Ils o f f r e n t , les j o u r s de boisson, du thé de fruits secs. Celui qui ne désire pas se passer t o t a l e -
de plantes n o n sucré, des jus et bouillon s de légumes m e n t de p r o d u i t s d ' o r i g i n e a n i m a l e d o i t au moins les
et du lait et ce, en quantités considérables. c o n s o m m e r crus. Il ne semble pas a b s o l u m e n t indis-

97
Méthodes
thérapeutiques
classiques

pensable de boire en plus des liquides déjà c o n t e n u s pas a a p p o r t e r au corps le liquide d o n t il a besoin.
dans la n o u r r i t u r e végétale. Si o n désire boire malgré Beaucoup d'eau est nécessaire en cas d ' e f f o r t p h y -
t o u t , o n conseille de l'eau distillée. sique, de chaleur et de fièvre.
L'instinct détermine le choix des fruits o u des lé- • L'eau distillée n ' a p p o r t e pas au corps les minéraux
g u m e s . Q u a n d l'apparence o u l'odeur d ' u n f r u i t o u nécessaires à la vie.
d ' u n légume vous d o n n e envie de m o r d r e dedans, il • Il n'y a pas de preuves p o u r étayer les promesses de
devient t o u t n a t u r e l l e m e n t votre prochain repas. Ceci guérison.
n'est bien sûr possible q u e si le p r o d u i t n'a pas été pré- • L'utilité prouvée ne f a i t pas le poids par r a p p o r t au
paré, mélangé o u épicé. d a n g e r d ' u n e a l i m e n t a t i o n déficitaire.
L'alimentation de la thérapie p r i m i t i v e est exclusive- • La critique est la même p o u r la thérapie p r i m i t i v e .
m e n t composée de plantes sauvages, de racines et de
fruits.
—Conseil

Une a l i m e n t a t i o n exclusivement à base de végétaux


— Indications
crus est à déconseiller, y c o m p h s sous la f o r m e d ' u n e
Une a l i m e n t a t i o n u n i q u e m e n t basée sur des végétaux a l i m e n t a t i o n instinctive o u de sa variante, la thérapie
crus préserverait la santé et guérirait b e a u c o u p de m a - primitive.
ladies, s u r t o u t si l'on sélectionne les p r o d u i t s de façon
instinctive.

— Risques et critique Les oligoéléments


• L'hypothèse q u e le corps h u m a i n ne se serait pas
encore adapté à la c o n s o m m a t i o n d ' a l i m e n t s cuits est
— Situation actuelle
erronée. L ' h o m m e utilise déjà le f e u p o u r préparer ses
aliments depuis 4 0 0 0 0 0 ans e n v i r o n . Le f a i t q u ' u n ali- Dans le sillage de la thérapie orthomoléculaire (voir
m e n t cuit p r o v o q u e r a i t des problèmes digestifs n'est p. 2 4 4 ) , les "oligoéléments" o n t aussi gagné de l'inté-
pas démontré. rêt.
• L'alimentation instinctive n'est pas variée et peut à S u r t o u t le sélénium, le zinc et le c h r o m e o n t été mis
la l o n g u e e n g e n d r e r des déficits et u n e m a l n u t r i t i o n . en exergue ces dernières années, car o n espère préve-
Ce d a n g e r g u e t t e s u r t o u t les enfants, les f e m m e s e n - nir des maladies en les a d m i n i s t r a n t en g r a n d e q u a n -
ceintes et q u i allaitent. tité.
• La viande, le poisson et le lait consommés crus p e u - Les n u t h t i o n n i s t e s s'attachent plutôt aux éléments
v e n t c o n t e n i r des agents pathogènes. C o m m e p o u r la de fer et d ' i o d e , car le c o m m u n des mortels n'en a b -
prise d'œufs crus, des règles strictes d'hygiène sont de sorbe pas t o u j o u r s assez et les déficits p e u v e n t entraî-
rigueur p o u r réduire au m i n i m u m le risque de c o n t a - ner d ' i m p o r t a n t s problèmes de santé.
mination.
• Beaucoup d ' a l i m e n ts ne prennent leur saveur
— Explication de l'action
q u ' u n e fois cuits, et b e a u c o u p de substances nutritives
ne d e v i e n n e n t assimilables qu'après avoir été m o d i - Beaucoup d'éléments présents dans le corps ne le sont
fiées par la cuisson. C'est, entre autres, le cas de la qu'à l'état de trace (d'où le n o m , o//gos signifiant " p e u
p o m m e de terre et des légumineuses. n o m b r e u x " ) . Certains de ces éléments sont i n d i s p e n -
• L'eau c o n t e n u e dans les p r o d u i t s végétaux ne s u f f i t sables à la vie. Pour d'autres, o n découvre p e u à p e u

98
Les oligo-
éléments

qu'ils p a r t i c i p e n t à des réactions b i o c h i m i q u e s . Il Chrome : cet élément est bien la preuve q u e même la
s'avère ainsi q u e le corps a besoin d ' u n e faible q u a n - science p e u t se t r o m p e r . En 1 9 7 8 , o n s'est rendu
tité d'arsenic, alors q u ' i l semblait bien p o u v o i r se pas- c o m p t e q u e cela faisait des dizaines d'années q u e l'on
ser de ce p o i s o n , g r a n d classique d u m e u r t r e . se t r o m p a i t t o t a l e m e n t dans la détermination d u taux
Tous les oligoéléments c o n n us à ce j o u r f o n t partie de c h r o m e . Les quantités d e c h r o m e nécessaires à
d'enzymes o u d ' h o r m o n e s , o u sont actifs par leur i n - l ' h o m m e e t les quantités nocives restent encore à d é -
termédiaire. terminer.

Pour n o m b r e de ces éléments, o n connaît les consé-


quences d u déficit grâce aux tests sur a n i m a u x d e l a -
— Risques
b o r a t o i r e . Chez l ' h o m m e aussi, o n a p u constater q u e
pas mal d e maladies a c c o m p a g n a i e n t u n e c o n c e n t r a - Il n'est pas t o u j o u r s simple d e déterminer avec préci-
t i o n t r o p basse de certains oligoéléments dans le sang. sion quelle quantité e t quel élément est indispensable
La q u e s t i o n q u i se pose est de savoir dans quelle m e - à la santé et a u bien-être. Pour chaqu e élément, o n
sure o n p e u t extrapoler à l ' h o m m e des résultats d e p e u t c e p e n d a n t a f f i r m e r q u e l'excès est t o x i q u e .
tests effectués sur l'animal. Q u a n t a ux c o n s t a t a t i o ns On constate de plus en plus q u e les r a p p o r ts entre
faites sur l ' h o m m e , d i s t i n g u e r la cause d e la consé- oligoéléments j o u e n t également u n rôle. U n excès d e
q u e n c e reste souvent u n e vaine spéculation. l'un p e u t contrecarrer l'effet de l'autre.

— Pratique — Critique

Il existe e n t o u s cas des r e c o m m a n d a t i o n s q u a n t à la Zinc : l'étude clinique sur le caractère préventif de l'ad-
prise q u o t i d i e n n e de certaines quantités de zinc, de sé- m i n i s t r a t i o n d ' u n e dose de zinc supérieure à la n o r -
lénium o u d e c h r o m e , mais elles ne sont pas étayées male n'a pas encore eu lieu.
par des résultats de recherche fiables. A v a n t d'avaler Sélénium : cet élément protégerait a p p a r e m m e n t
des oligoéléments sous la f o r m e de préparations, u n e c o n t r e les m o d i f i c a t i o n s cellulaires e n empêchant la
carence devra être constatée de façon sûre par le biais f o r m a t i o n d e " r a d i c a ux libres d'oxygène". Il p o u r r a i t
d ' u n e analyse d e sang. U n e analyse d e cheveux (voir c e p e n d a n t aussi affaiblir le système i m m u n i t a i r e . Dans
p. 2 8 5 ) ne s u f f i t pas. certains cas, l'expérimentation sur le modèle a n i m a l a
Une personne q u i se n o u r r i t de façon équilibrée a b - révélé q u e le sélénium freinait la croissance t u m o r a l e ,
sorbe n o r m a l e m e n t assez d'oligoéléments. dans d'autres il la stimulait. La recherche dans u n e ré-

Zinc : e n Belgique, l'absorptio n d e zinc est e n g i o n établit le lien entre u n e faible a b s o r p t i o n de sélé-

m o y e n n e suffisante. nium et les affections cardiovasculaires, alors

Sélénium : la quantité d e sélénium absorbée e n qu'ailleurs o n se base sur des taux d e sélénium bien

m o y e n n e est également considérée c o m m e suffisante, plus faibles sans q u ' i l ne soit q u e s t i o n de lien de cause

même si les instances américaines prescrivent u n e à e f f e t . O n ne sait ce q u e ces paradoxes représentent

dose q u o t i d i e n n e plus élevée. La quantité d e sélénium p o u r l ' h o m m e dans la p r a t i q u e .

absorbée par q u e l q u ' u n dépend de l'endroit où les ali- La m a r g e d e manœuvre entre le déficit o u l'excès
m e n t s q u ' i l m a n g e o n t été cultivés. Le taux d e sélé- de sélénium est étroite. O n a constaté des i n t o x i c a -
n i u m d ' u n sol varie en e f f e t d ' u n e région à u n e autre. tions chroniques e t aiguës au sélénium, certaines sui-
Mais les échanges d e p r o d u i t s alimentaires entre ré- vies d u décès d e la personne. Il est possible q u e ces
gions et l ' a p p o rt de p r o d u i t s d ' o r i g i n e i n t e r n a t i o n a l e conséquences sévères soient aussi liées à u n déficit e n
crée un tel mélange q u ' u n m a n q u e de sélénium dans protéines présenté par de nombreuses personnes de
un sol particulier n'a plus d ' i m p o r t a n c e . régions pauvres en sélénium.

99
Méthodes
thérapeutiques
classiques

Chrome : o n n'a t o u j o u r s pas p u prouver de façon ir- Le miel


réfutable le lien entre le chronne et le taux de sucre
dans le sang. La signification de "l'ultra-oligoélément" C o m m e g a r n i t u r e d u pain au petit-déjeuner, il n'est
c h r o m e p o u r l ' h o m m e nécessite encore des explica- guère plus q u ' u n e denrée a l i m e n t a i re mais, pris à la
tions. cuiller, le miel serait capable d e bien plus d e choses :
Une a l i m e n t a t i o n qualitative s u f f i s a m m e n t variée calmer les nerfs, stimuler l'appétit et la p r o d u c t i o n d e
a p p o r t e à c h a c u n les oligoéléments nécessaires. sang, protéger le f o i e et prévenir les r h u m e s . Il n'y a
pas de preuves p o u r étayer t o u t cela. Le miel est c o m -
posé de 8 0 % de sucre, de presque 2 0 % d'eau et
— Conseil
d ' u n e i n f i m e partie de protéines, de minéraux, de v i t a -

Avaler des oligoéléments sous la f o r m e de médica- mines et d'enzymes. La c o m b i n a i s o n de bien 1 0 0

ments pour prévenir des maladies n'est pas à autres substances détermine l'arôme t y p i q u e d u miel.

conseiller. En c o m p a r a i s o n avec le sucre, le miel p e u t d o n c


être u n a l i m e n t plus " n a t u r e l " , ce q u i ne signifie pas
p o u r a u t a n t q u ' i l soit plus " s a i n " . L'action d u miel sur
la santé reposerait p r i n c i p a l e m e n t sur la t e n e u r enzy-

Les "modes" m a t i q u e . Ces enzymes sont c e p e n d a n t


désactivées par l'acidité gastrique et par les enzymes
rapidement

dans l'alimentation de la d i g e s t i o n . La caractéristique collante d u miel f a -


vorise plus l'apparition d e caries q u e le sucre industriel.

Lors de l'achat de miel à l'étranger, la p r u d e n c e est


de rigueur. Si le p r o d u i t p r o v i e nt de régions où les
La gelée royale abeilles p e u v e n t récolter le miel d'azalées et de r h o d o -
La gelée royale est le p r o d u i t sécrété par les abeilles dendrons vénéneux (par e x e m p le en Turquie, en
ouvrières dans leurs glandes buccales. Toutes les larves Grèce, en O r e g o n et à W a s h i n g t o n ) , il se p e u t q u ' i l
d'abeille s o n t nourries de cette gelée p e n d a n t les trois c o n t i e n n e des substances très t o x i q u e s . Deux cuillers à
premiers j o u r s de leur vie; la reine reçoit ce repas royal soupe p e u v e n t déjà causer des signes d ' e m p o i s o n n e -
t o u t e sa vie. Une ouvrière ne vit q u e 4 5 j o u r s e n v i r o n , m e n t . Pendant l'Antiquité, o n m e t t a i t ainsi t o u t e u n e
alors q u e la reine vit cinq à six ans, période p e n d a n t la- armée hors c o m b a t .
quelle elle p o n d des milliers d'œufs. Une l o n g u e vie et Les habitant s des pays concernés mélangent le miel
une telle puissance sexuelle ne peuvent laisser p r o v e n a n t d e différentes périodes de floraison et d i -
l ' h o m m e indifférent. Il a d o n c essayé l'effet de la gelée l u e n t ainsi le poison p o u r p o u v o i r p r o f i t e r sans p r o -
royale sur sa personne et l'a trouvé s t i m u l a n t , t o n i f i a n t blèmes de leur miel.
et revitalisant.

Ces propriétés généralement formulées ne p e u v e n t


être prouvées, mais ne p e u v e n t pas n o n plus être réfu-
Le komboucha
tées. Il n'y a pas de preuves scientifiques p e r m e t t a n t Le k o m b o u c h a est u n e boisson t r o u b l e , légèrement
de prétendre q u e la gelée royale stimule la p r o d u c t i o n moussante et f a i b l e m e n t alcoolisée. O n l ' o b t i e n t en
de sang, atténue la d o u l e u r r h u m a t i s m a l e et c o m b a t t e p l o n g e a n t la levure d u thé, u n e structure molle et
l ' i n f l a m m a t i o n . M ê m e les éléments c o n s t i t u t i f s de la croissante, dans d u thé sucré q u i f e r m e n t e ainsi en
gelée, qui d u p o i n t de vue q u a l i t a t i f s o n t pareils à ceux deux à q u a t r e j o u r s . La levure d u thé est u n e c o m m u -
d u miel, ne p e r m e t t e n t pas de justifier de telles alléga- nauté solidaire d e bactéries et de levures. Si o n le laisse
tions. plus l o n g t e m p s dans le thé, il p r o d u i t u n vinaigre léger.

100
Les "modes"
dans
l'alimentation

L'action salutaire q u ' o n lui a t t r i b u e r e m o n t e à l'héri- LeQ1 0


t a g e laissé par la médecine populaire o u à des p u b l i c a -
Cette f o r m u l e cryptique est mise p o u r "co-enzyme
t i o n s plus anciennes. Il n'y a pas de recherche plus ré-
Q10", une substance c h i m i q u e également connue
cente q u i c o n f i r m e son a c t i o n . De t o u t e s les vertus a t -
sous l'appellation " U b i q u i n o n 5 0 " . Le m o t , la lettre et
tribuées au k o m b o u c h a , les seules plausibles sur base
les chiffres d o n n e n t aux chimistes les i n f o r m a t i o n s sur
des éléments c o n s t i t u t i f s analysés seraient dans le
la c o n s t r u c t i o n et la structure de la molécule. O n a p -
meilleurs des cas u n e a c t i o n légèrement laxative et
pelle ces matières " u b i q u i n o n e s " car elles p e u v e n t être
désinfectante. Mais élever le p r o d u i t au rang d e re-
produites par t o u t e s les cellules vivantes ( " u b i q u e " s i -
mède c o n t r e le cancer est irresponsable, car il n'y a pas
gnifie "partout" en latin). On les rencontre chez
le m o i n d r e élément p o u r justifier un tel e f f e t, et encore
l ' h o m m e , chez l'animal et dans les micro-organismes.
m o i n s d'expérience clinique .
Le maïs, le soja, les noix et les huiles grasses q u i en sont
Il est t o u t aussi risqué d e faire passer le k o m b o u c h a extraites sont très riches en Q 1 0 . La viande et le poisson
p o u r un " c o c k t a i l i m m u n i t a i r e n a t u r e l " en p a r t a n t de (sardine et maquereau) en c o n t i e n n e n t également.
l'idée q u e des cellules de levure s t i m u l e r a i e n t le sys-
On donne comme conseil aux consommateurs
tème i m m u n i t a i r e aspécifique. La présence de ce
d'avaler des p r o d u i t s c o n t e n a n t d u Q 1 0 p o u r prévenir
g e n r e d e cellules dans la boisson et leur a c t i o n dans le
les maladies cardiaques et oculaires, p o u r réduire le
corps restent des éléments nébuleux.
risque d e cancer, p o u r améliorer l'état d e résistance et
Les préparations d e k o m b o u c h a en t a n t q u e b o i s -
p o u r c o n t r e r en général les phénomènes liés à l'âge.
son rafraîchissante s o n t acceptables, à c o n d i t i o n d e
respecter les règles d'hygiène. A l'étranger, il y a déjà Le Q 1 0 n'est pas v r a i m e n t u n e v i t a m i n e , c'est p l u -

des d o u t e s à ce sujet de sources officielles. tôt u n élément nutritif. Ce q u i caractérise, entre


autres, les vitamines, c'est q u e le corps n'en utilise q u e
Des p r o d u i t s de k o m b o u c h a prêts à l'emploi se v e n -
de très faibles quantités et q u ' i l ne p e u t généralement
d e n t c o m m e des denrées alimentaires; ce ne sont pas
pas les p r o d u i r e lui-même. Le Q 1 0 n'est p o u r t a n t pas
des médicaments.
une matière q u ' i l f a u t a p p o r t e r d e l'extéheur, puisque
le corps p e u t en p r o d u i r e des quantités suffisantes. On
La propolis ne p e u t parler d e faibles quantités à l'instar des v i t a -
mines, p u i s q u e le corps t r a n s f o r m e des quantités rela-
C'est avec cette g o m m e résineuse q u e les abeilles f i x e n t
t i v e m e n t i m p o r t a n t e s d ' u b i q u i n o n e s . On ne connaît
leurs gâteaux de cire. Elles prélèvent cette substance
pas à ce j o u r de phénomènes liés au déficit de la co-
collante sur les b o u r g e o n s de bouleaux et de peupliers.
e n z y m e Q 1 0 . Peut-être la p r o d u c t i o n propre d u corps
La propolis est constituée de 10 à 2 0 % de cire, mélan-
pourrait-elle être limitée en cas d ' a p p o r t insuffisant de
gée à de la résine et à d u b a u m e où sont dissous envi-
matières nutritives et de vitamines.
ron 10 % d'huiles essentielles, une quantité de pollen
ainsi q u e des produits organiques et des minéraux. Les u b i q u i n o n e s participent à l'absorption d'oxy-

T r a d i t i o n n e l l e m e n t , o n p r e n d la propolis par voie gène de la cellule et à sa p r o d u c t i o n d'énergie. Leur

orale en cas d ' i n f l a m m a t i o n d u t u b e digestif et en tâche consiste aussi à neutraliser les radicaux libres (voir

usage e x t e r n e p o u r les i n f l a m m a t i o n s d e la p e a u . Il n'y p. 2 4 5 ) o u à empêcher leur naissance. Théoriquement

a pas de preuves scientifiques étayant l'action. parlant, o n p e u t d o n c a t t r i b u e r au 0 1 0 toutes les q u a -

La propolis est c e p e n d a n t u n allergisant puissant. lités de ces "prédateurs de radicaux libres". Cet e f f e t

Les personnes q u i réagissent par u n e allergie au venin salutaire n'est c e p e n d a n t pas prouvé p o u r le Q 1 0 .

d'abeille d o i v e n t être très p r u d e n t e s dans l'utilisation Le f a i t q u e le corps semble p r o d u i r e le Q 1 0 en suf-


de propolis. L'usage i n t e r n e et l'usage externe p e u v e n t fisance, q u ' i l n'y a pas de phénomènes de déficit
d o n n e r lieu à une f o r t e réaction allergique . c o n n u s et q u e l'effet sur la santé de la prise de Q l 0 ne

101
Méthodes
thérapeutiques
classiques

La prétendue vertu thérapeutique d u lait de j u m e n t re-


pose sur la recherche de l'époque soviétique q u i reste
difficile a apprécier. Des publications scientifiques de
chercheurs occidentaux n'existent pas en la matière.

L'eau minérale et médicinale

La personne q u i désire offrir à son corps de plus


grandes quantités de minéraux p e u t choisir comme
boisson q u o t i d i e n n e u n e eau minérale o u u n e eau m é -
dicinale riche en minéraux désirés. O n les t r o u v e dans
les magasins mais aussi en pharmacie; la t e n e u r en m i -
p e u t être prouvé, suffit p o u r qualifier le p r o d u i t de pré- néraux est à lire sur l'étiquette.
p a r a t i o n inutile. La présence de minéraux ne d o i t pas mener à la
conclusion q u e l'action curative sera la même q u e celle
d ' u n e thérapie ciblée. Souvent les éléments recherchés
Le lait de jument p o u r u n e indication particulière sont présents en q u a n -
La cure de lait de j u m e n t serait véritablement m i r a c u - tité insuffisante, o u la présence d'autres éléments
leuse : p o u r les affections gastriques, intestinales et vient a n n u l e r l'action positive escomptée.
hépatiques, p o u r les problèmes de peau ( s u r t o u t en En tant que contribution à une alimentation
cas d e névrodermite), p o u r les troubles circulatoires et consciente et saine, les eaux minérales et médicinales
le t r a i t e m e n t d u cancer. sont utiles mais, c o m m e p r o d u i t thérapeutique, u n e
Des 15 à 2 0 litres de lait p r o d u i t s par la j u m e n t p o u r appréciation critique est de rigueur.
son p o u l a i n , l ' h o m m e p e u t soutirer deux à trois litres
sans q u e la source ne tarisse. Le lait est emballé, sur- Allégat ions
gelé et transporté pour être ensuite consommé
c o m m e lait p u r o u transformé en p r o d u i t s dérivés à
absorber dans l'espoir de santé o u à enduire comme L'eau de source et l'eau minérale naturelle se
cosmétique dans l'espoir de beauté. différencient par le fait que la dernière peut
Pour l'alimentation des nourrissons, le lait de j u m e n t mentionner certaines caractéristiques propres. Le texte
est aussi peu approprié q u e le lait de vache, si ce n'est de loi définit précisément la manière dont ces
p o u r d'autres raisons. Le lait de j u m e n t c o n t i e n t énor- allégations doivent être formulées. Par exemple, les
mément de protéines. A la longue, les reins d ' u n n o u r - eaux minérales qui contiennent moins de 20 mg de
risson seraient bien t r o p sollicités par le t r a i t e m e n t des sodium par litre peuvent indiquer sur leur étiquette
protéines et l'évacuation des déchets. Le fait q u e le lait "convient pour un régime pauvre en sodium". Si
de j u m e n t soit moins gras q u e le lait de vache et qu'il 1 litre d'eau minérale contient plus de 150 mg de
contienne plus de sucres de lait et de vitamines C, calcium, l'étiquette peut mentionner "eau minérale
c o m m e la publicité aime à l'annoncer, ne signifie certai- calcique", etc.
n e m e n t pas pour a u t a n t qu'il soit proche de la qualité
nécessaire à la première alimentatio n d ' u n nourrisson.

102
Les plantes
médicinales

Les plantes médicinales A u 19e siècle arrivèrent les preuves d ' u n e a c t i o n phar-
m a c o l o g i q u e . C'est alors s e u l e m e n t q u e la c h i m i e par-
(phytothérapie) vint à isoler les substances actives des plantes et à a t -
t r i b u e r aux substances individuelles les effets de cer-
taines parties de plantes tels q u e déjà constatés par la
— Historique
médecine p o p u l a i r e.
La p h a r m a c i e des plantes de la n a t u re n'est pas seule- Ceci d o n n a naissance à l'industrie p h a r m a c e u t i q u e
m e n t o u v e r t e à l ' h o m m e . Les chimpanzés dans leur qui avait au départ c o m m e b u t de m e t t r e à la disposi-
environnement naturel utilisent certaines plantes t i o n des thérapeutes leur p r o d u c t i o n de purs extraits
c o m m e médicament, en petites quantités et en les végétaux.
mâchant b i e n , p o u r soigner une diarrhée o u p o u r se Vers le début d u 2 0 e siècle, o n se rendit c o m p t e
débarrasser de vers q u i leur r e n d e n t la vie désagréable. q u e l'action d ' u n e plante entière p e u t être plus q u e la
L ' h o m m e aussi t r o u v a les premiers médicaments s o m m e de ses c o m p o s a n t s . C'était le début de la p h y -
p o u r se traiter t o u t s i m p l e m e n t derrière sa h u t t e , dans tothérapie telle q u e nous la connaissons a u j o u r d ' h u i .
le bois o u près d u ruisseau. Le plus gros problème était Situation actuelle
celui d u dosage, p o u r éviter q u e l'action curative ne se Les possibilités d ' u t i l i s a t i o n des plantes médicinales
t r a n s f o r m e en action t o x i q u e . s o n t bien plus diversifiées q u ' a u p a r a v a n t . Il existe e n -
En même t e m p s q u e survint la réflexion sur l'origine core t o u j o u r s des plantes o u parties de plantes v e n -
et le sens de la vie et d o n c aussi de la maladie, d'autres dues séchées c o m m e p r o d u i t s de " d r o g u e r i e " , mais il
pouvoirs supérieurs s'ajoutèrent au j e u . Selon la période y a aussi des p r o d u i t s végétaux prêts à l'emploi d ' o r i -
concernée, ils prirent la f o r m e d'esprits, de démons, de g i n e industrielle à prendre c o m m e des médicaments.
dieux o u d ' u n dieu u n i q u e. La phytothérapie f u t étroite- L'industrie utilise e n v i r on 4 0 0 plantes différentes p o u r
m e n t liée à la magie, au m y t h e et à la croyance. Les p r o - leur p r o d u c t i o n de p r o d u i t s " p h y t o p h a r m a c e u t i q u e s " .
priétés d u type " p o t i o n m a g i q u e " p e u v e n t , a u j o u r d ' h u i Les cliniciens sont, à ce j o u r encore, les moin s
encore, être à l'origine des effets attribués à pas mal de convaincus de l'utilité de la phytothérapie, mais
plantes par nos ancêtres. n o m b r e de médecins établis prescrivent régulièrement

103
Méthodes
thérapeutiques
classiques

des p r o d u i t s p h y t o p h a r m a c e u t i q u e s à leurs patients. l'ayurveda (p. 161) e t la médecine t r a d i t i o n n e l l e c h i -


S'ajoute à cela ce q u e le c o n s o m m a t e u r achète d e noise (p. 148).
sa p r o p r e initiative : ce genre d e médicaments repré-
sente plus d e 10 % d u marché d e l'automédication.
— Procédé

Pour utiliser ces plantes, certaines méthodes t r a d i t i o n -


—Concept de base
nelles s o n t encore à la m o d e :
La réponse à la q u e s t i o n " q u e l l e plante p o u r guérir Décoction dans l'eau : o n verse l'eau sur les (parties
quelle m a l a d i e " est différente selon les périodes. de) plantes séchées e t o n e n b o i t le thé, o n y t r e m p e
La "science des quatr e h u m e u r s " d e l'Antiquité a des compresses, o n utilise la décoction c o m m e a j o u t
longtemps dominé la phytothérapie. Selon cette au bain o u o n en inhale la vapeur.
science, les q u a t r e éléments - terre, f e u , eau et air - Décoction dans l'alcool : o n p e u t l'acheter en p h a r -
c o r r e s p o n d a i e n t dans le corps à la bile noire e t j a u n e , macie o u dans les magasins de p r o d u i t s naturels sous
la salive e t le sang. O n les i d e n t i f i e au sec, au c h a u d , à la f o r m e d ' e x t r a i t ( g o u t t e s de valériane, par exemple).
l ' h u m i d e e t au f r o i d . Les plantes aussi posséderaient
ces propriétés. Les m é d i ca m e n t s à b a se d e p l a n t e s

L'équilibre des h u m e u r s signifiait la santé et les Il existe u n e liste officielle de plantes p o u v a n t faire
trouble s de l'équilibre, la maladie. Les plantes médici- l'objet d ' u n e procédure d ' e n r e g i s t r e m e n t c o m m e m é -
nales devaient gommer les o p p o s i t i o n s et rétablir d i c a m e n t . Il s'agit de plantes d o n t le niveau de sécurité
l'harmonie. est considéré c o m m e acceptable : valériane, m i l l e p e r -
La religion chrétienne y ajouta encore la "science tuis, lavande, mélisse, g i n s e n g, m a r r o n d'Inde... Les
de la s i g n a t u r e " . Dans l'hypothèse. Dieu aurait donné c o n d i t i o n s d ' e n r e g i s t r e m e n t s o n t m o i n s sévères q u e
un signe distinctif secret à c h a q u e plante , par sa f o r m e p o u r les médicaments classiques. Le f a b r i c a n t ne d o i t
o u sa couleur, p e r m e t t a n t d e lire la maladie qu'elle pas réaliser d'études p o u r démontrer l'efficacité e t la
guérirait. La noix devait ainsi guérir les m a u x d e tête sécurité d u p r o d u i t . Il p e u t se c o n t e n t e r d ' u n dossier
puisque l'intérieur ressemblait à u n cerveau. avec des références b i b l i o g r a p h i q u e s . Il d o i t p o u v o i r

A c t u e l l e m e n t , les spécialistes connaissent de la p l u - assurer u n e qualité c o n s t a n t e d e s o n médicament.

part des plantes médicinales au moins l'élément assu- Pour c h a q u e p l a n t e , les indications permises s o n t cir-

rant la plus g r a n d e partie d e l'action. Il reste c e p e n - conscrites par la loi, q u i précise aussi quelles plantes

d a n t encore d e nombreuses plantes ( d o n t des espèces o n p e u t c o m b i n e r dans u n même médicament (pas

c o n n u e s c o m m e la valériane) d o n t o n ne connaît t o u - plus d e trois). A c t u e l l e m e n t , il n'y a guère de prépara-

jours pas avec c e r t i t u d e le p o u r q u o i de leur action irré- t i o n s à base d e plantes enregistrées c o m m e médica-

f u t a b l e depuis des siècles. Dans certains cas, o n n'a m e n t . De plus, ces "médicaments o f f i c i e l s " ne diffè-

t o u j o u r s pas p u expliquer le phénomène v o u l a n t q u e rent pas f o n d a m e n t a l e m e n t des préparations q u e l'on

les substances isolées agissent a u t r e m e n t q u e l'extrait retrouve chez l'herboriste o u en g r a n d e surface, voire

de la plante entière. même en p h a r m a c i e .

A u sein d u mélange de substances, il est a p p a r e m -


m e n t question d'influences mutuelles entre action et ef- Les p r o d u i t s n o n e n r e g i st r é s
ficacité. Les preuves d'efficacité d'usage p o u r d'autres Pour clarifier e t contrôler u n marché en pleine e x p a n -
médicaments ne p e r m e t t e n t pas ici d e déterminer sion, o n a publié en 1 9 9 7 un arrêté royal relatif à la f a -
quelle substance est responsable de quelle action. brication e t au c o m m e r c e des "denrées alimentaires
Pour les t r a i t e m e n t s à base d e plantes p r o v e n a n t composées de ou contenant des plantes".\\d
d'autres cultures, voir l'ethnomédecine (p. 146), u n e liste d e plantes dangereuses q u ' i l est interdit d e

104
Les plantes
médicinales

commercialiser (absinthe, belladone, grande ciguë, cosités en cas de t o u x , s u r t o u t chez les petits e n f a n t s
etc.). Les autres ne p e u v e n t être commercialisées et les n o u r r i s s o n s " . Ce genre de phrase t o m b e éven-
qu'après n o t i f i c a t i o n . Le dossier de n o t i f i c a t i o n d o i t t u e l l e m e n t sous le c o u p de dispositions légales. Une
c o m p r e n d r e u n e liste des ingrédients, l'étiquetage d u f o r m u l e d u style "très approprié p o u r les petits p r o -
p r o d u i t , l ' e n g a g e m e n t de procéder à des analyses ré- blèmes d'hiver chez l ' e n f a n t " ne t o m b e pas sous le
gulières q u i d o i v e n t être à disposition p o u r contrôle, c o u p de telles dispositions.
des données sur la toxicité, e t c. Si le p r o d u i t est ac-
cepté, il reçoit u n numéro d e n o t i f i c a t i o n (qu'il n'est
—Traitement et auto-traitement
pas o b l i g a t o i r e de m e n t i o n n e r sur l'emballage). En ce
qui concerne l'étiquetage, la loi di t q u e le n o m scienti- Beaucoup de gens q u i veulent se traiter eux-mêmes re-
f i q u e de la p l a n te d o i t être mentionné, mais c'est à c o u r e n t au x plantes médicinales o u à leurs p r o d u i t s
peu près t o u t : pas u n m o t sur les mises en garde, les dérivés.
indications permises, etc. A c t u e l l e m e n t , t o u t p r o d u i t à Médecins et thérapeutes les recommandent
base de plantes faisant état d ' u n e f f e t sur la santé s'ex- comme t r a i t e m e n t présentant p e u d'effets secon-
pose d'ailleurs à être considéré c o m m e médicament, daires p o u r des trouble s généraux d e la santé e t p o u r
ce q u i p e u t entraîner des poursuites. Ce q u i explique de légères a f f e c t i o n s, o u p o u r soutenir d'autres types
p o u r q u o i les " i n d i c a t i o n s " sur les p r o d u i t s à base de de t r a i t e m e n t s .
plantes sont souvent f o r t vagues et assez générales
("favorise un s o m m e i l n a t u r e l " plutôt q u e " c o n t r e l'in-
s o m n i e " , "le m o r a l au beau f i x e " plutôt q u e " c o n t r e la — Explication de l'action
dépression", etc.).
L'action des plantes médicinales aux éléments connus
s'explique en sciences naturelles sur base de ce q u e
T i sa n e s p r ê t e s à l 'e m p l o i f o n t ces substances dans le corps. C'est ainsi q u e la ca-
En sachets : ces derniers contiennent la quantité m o m i l l e atténue la d o u l e u r lors d ' u n e i n f l a m m a t i o n de
exacte de p r o d u i t séché p o u r u n e tasse. C o m m e le la m u q u e u s e gastrique parce q u e l'huile volatile de la
p r o d u i t est très f i n e m e n t m o u l u , une g r a n d e partie des camomille contient des substances anti-inflamma-
huiles essentielles p e u t s'être échappée. Dans les sa- toires, le bisabolol e t le chamazulène. Pour b e a u c o u p
chets, le p r o d u c t e u r p e u t également cacher une m o i n s d'autres plantes, ce genre d ' i n f o r m a t i o n va encore bien
b o n n e qualité. Un prix élevé n'équivaut pas t o u j o u r s à plus loin q u e les limites de la recherche scientifique.
une qualité élevée. Il est possible q u e l'odeur j o u e également u n rôle
Instantanées : faciles à préparer, mais pas t o u j o u r s dans l'action de nombreuses plantes. B e a u c o u p de
avec la même c o m p o s i t i o n q u e la tisane q u e l'on pré- gens r e n i f l e nt i n s t i n c t i v e m e n t u n médicament avant
pare soi-même. Lors de la p r o d u c t i o n , des éléments d u de l'absorber. Il se p o u r r a i t ainsi q u e l'action c a l m a n t e
p r o d u i t p e u v e n t disparaître. D'autres substances p e u - des g o u t t e s de valéhane, par e x e m p l e , s'explique par
v e n t être ajoutées p o u r o b t e n i r u n e p o u d r e dosable. une chaîne d'associations. Le nez signale : "valériane";
Les granulés p e u v e n t c o n t e n i r jusqu'à 9 7 % de sucre. la mémoire envoie la connaissance q u e la c u l t u r e nous
La tisane instantanée attire f a c i l e m e n t l'humidité et a transmise : valériane = c a l m a n t (voir aromathérapie
f o r m e des g r u m e a u x . p. 184).

La qualité d ' u n e tisane instantanée est difficile à d é -


t e r m i n e r par les non-initiés. Beaucou p de fabricants
— Indications
p r e n n e n t le " s o i n " de ne pas "se m o u i l l e r " en se réfé-
rant t r o p e x p l i c i t e m e n t à des problèmes d e santé spé- Les tests sur des plantes d o n t l'action est c o n n u e d e -
cifiques sur l'étiquette, par exemple , "décolle les m u - puis la n u i t des t e m p s mais q u i a été oubliée par la mé-

105
Méthodes
thérapeutiques
classiques

decine m o d e r n e o n t rapporté des résultats divergents : — Risques


p o u r certaines plantes l'action a été confirmée, p o u r
d'autres o n l'a jugée plausible. Dans ces cas, la p h y t o - • La p l u p a r t des herbes médicinales n ' o n t pas encore
thérapie est u n m o y e n adéquat pour traiter des été examinées systématiquement sur le plan toxicolo-
troubles légers et passagers, des a f f e c t i o n s chro- g i q u e . Le risque lié à leur utilisation ne p e u t d o n c être
niques, p s y c h o s o m a t i q u e s et f o n c t i o n n e l l e s . Ce n'est apprécié d e façon f i a b l e .
pas u n t r a i t e m e n t par placebo (voir p. 2 0 ) . Ces prépa- • L'usage correct de ces plantes i m p l i q u e également
rations à base de plantes p e u v e n t d i m i n u e r la c o n s o m - une l i m i t a t i o n dans le t e m p s . O n sait q u e l'usage p r o -
m a t i o n d'autres médicaments o u en réduire les inévi- longé o u même p e r m a n e n t de n o m b r e u s e s plantes
tables effets secondaires. médicinales peut entraîner des effets secondaires
Pour certaines plantes, o n ne c o m p r e n d t o u j o u r s considérables mais, p o u r la p l u p a r t d ' e n t r e elles, ceci
pas p o u r q u o i o n les utilisait dans le t e m p s p o u r cer- n'a jamais été étudié.
taines maladies. • L'aloès, le genêt, la m e n t h e p o u l i o t et la raiponce
Une c o m m i s s i o n compétente en A l l e m a g n e a r e- ne p e u v e n t être utilisés p e n d a n t la grossesse.
c o n n u l'action des plantes énumérées p o u r le t r a i t e - • Les plantes c o n t e n a n t des alcaloïdes à n o y a u pyro-
m e n t des plaintes et maladies reprises dans les t a - lizidine d o i v e n t être utilisées d e façon restrictive : ces
bleaux des pages suivantes. substances e n d o m m a g e n t de manière visible le f o i e et
Limites de l'application p e u v e n t p r o v o q u e r un cancer. On les t r o u v e , entre
Les plantes médicinales f o r t es d o n t la m a r g e entre la
dose curative et la dose nocive est étroite a p p a r t i e n -
n e n t au c h a m p de compétence d u médecin.
Lorsque des plaintes o u des maladies ne réagissent
pas s u f f i s a m m e n t bien à l'auto-traitement à base d e
plantes médicinales, il y a lieu de consulter un médecin.

Particularités de l'utilisation

• A quelques exceptions près, le terme "tisane" se


réfère à une décoction chaude : on verse de l'eau
bouillante sur la quantité prescrite de plantes et on
laisse infuser pendant 10 minutes. Ne pas laisser
bouillir I
• Les décoctions d'écorce et de racines (excepté la
guimauve officinale) doivent cependant bouillir
pendant environ 10 minutes.
• Boire l'infusion lentement par petites gorgées.
• Les huiles essentielles se dissolvent à peine dans
l'eau. On peut améliorer la dissolution en ajoutant du
sucre ou du miel.
• Sauf exception, les plantes médicinales peuvent
être combinées à d'autres thérapies.

106
Les plantes
médicinales

Voies respirat oires

Voles r e sp i r at o i r e s Saponaire rouge (racine) Co q u e l u ch e , a st h m e M au x de g o r g e


en g én ér al Sénéga (racine) Ammi-visnage (fruits) Aigremoine
Camomille (fleurs) Thym Ephedra Camomille (fleurs)
Capucine Thym sauvage Lierre (feuilles) ' ' ' Carbo coffea
Niaouli (huile) Tolu (baume) Thym Clou de girofle
Spirée des marais Myrrhe
Sureau (fleurs) Myrtilles bleues
Ortie blanche (fleurs)
Sé d a t i f s de la t ou x I n f l a m m a t i o n d e la Plantain lancéolé
Bouillon blanc m u q u e u se b u ccal e Potentille ansérine
M u co l yt i q u e s Epiaire Aigremoine Prunelier (fruits)
Aiguilles de pin nain (huile) Fromageon (feuilles) Arnica (fleurs) Ratanhia (racine)
Aiguilles de sapin (huile) Fromageon (fleurs) Camomille (fleurs) Renouée des oiseaux
Anis/anis étoile Galéope (ortie royale) Carbo coffea Ronce (feuilles)
Camphre Guimauve officinale Clou de girofle Roses (fleurs)
Cresson d'eau (feuilles) Hamamélis (écorce) Souci (fleurs)
Eucalyptus (feuilles) Guimauve officinale Hamamélis (feuilles) Syzigium (écorce)
Eucalyptus (huile) (racine) Menthe poivrée (huile) Tormentille (rhizome)
Fenouil (huile) Herbe vulnéraire Myrrhe Tussilage (feuilles)
Grindelia (sanicle) Myrtilles bleues Usnée
Huile de térébenthine Lichen d'Islande Ortie blanche (fleurs)
Lierre (feuilles) Ortie blanche (fleurs) Plantain lancéolé
Mélèze (térébenthine) Pas d'âne Potentille ansérine
Menthe (huile) Plantain lancéolé Prunelier (fruits)
Menthe poivrée (huile) Renouée des oiseaux Ratanhia (racine)
Moutarde blanche (graines) Saponaire blanche (racine) Renouée des oiseaux
Petite pimprenelle Ronce (feuilles)
Pin (pousses) Roses (fleurs)
Primevère (racine) Sauge (feuilles)
Primevère coucou (fleurs) An t i t u ssi f Souci (fleurs)
Radis noir Rosée crépusculaire (rossolis, Syzigium (écorce)
Raifort drosère) Tormentille (rhizome)
Réglisse (racine) Tussilage (feuilles)
Sapin (bourgeons) Usnée

f
i

107
Méthodes
thérapeutiques
classiques

Syst èm e digest if

M a n q u e d 'ap p ét i t . Angélique sauvage D i ar r h ée Cardamome


d éf icit de su c Anis Aigremoine Chicorée sauvage
g a st r i q u e Anis étoile Carbo coffea Curcuma (rhizome)
Absinthe Artichaut Caroubier (graines) Curcuma tinctorial
Achillée millefeuille (feuilles) Chêne (écorce) Epiaire
Angélique sauvage Bigarade Colombo (racine) Gnaphale (fleurs)
Bigarade (écorce) (écorce) Myrtilles bleues Haronga (écorce)
Cannelier (écorce) Boido (feuilles) Pied-de-lion Haronga (feuilles)
Chardon bénit Camomille (fleurs) Potentille ansérine Menthe (huile)
Chicorée sauvage Camomille romaine Ronce (feuilles) Menthe poivrée (feuilles)
Condurango (écorce) Cannelier (écorce) Syzigium (écorce) Menthe poivrée (huile)
Coriandre Cardamome Tormentille Pissenlit (plante)
Epiaire Carvi, huile de carvi (rhizome) Pissenlit (racine)
Fénugrec Chardon bénit Uzara (racine) Raiponce (racine)
Galanga (rhizome) Chicorée sauvage
Gentiane (racine) Coriandre
Levure Cumin
Lichen d'Islande Curcuma (rhizome) Co n st i p a t i o n Ulcèr e d u o d é n al
Lupuline Curcuma tinctoriel Aloès Guimauve officinale
Oignon Epiaire Bourdaine (racine)
Orange (écorce) Fenouil, huile de fenouil Cascara (écorce) Réglisse (racine)
Petite centaurée Galanga (rhizome) Lin (graines)
Pissenlit (plante) Genévrier (baies) Manne
Pissenlit (racine) Gentiane (racine) Nerprun purgatif (baies)
Quassia Gingembre (racine) Plantain (téguments)
Quinquina Gnaphale, pied de chat Rhubarbe (racine)
Raiponse (fleurs) Séné (feuilles)
Trèfle d'eau Grande éclaire Séné (graines)
(feuilles) Haronga (écorce)
Haronga (feuilles)
Lavande (fleurs)
Mélisse (feuilles) Vo m i sse m e n t s,
M a l a d i e s d u f oi e Menthe (huile) m al d u vo ya g e
Silybe (graines) Menthe poivrée (feuilles) Gingembre (rhizome)
Petite centaurée
Pissenlit (plante)
Pissenlit (racine)
St i m u l a n t s d e la Quinquina St i m u l a n t s
d i g e st i o n Radis noir d e la vésicule
(en cas d e Raiponce (racine) b iliair e
b a l l o n n e m e n t s) Romarin (feuilles) Absinthe
Absinthe Sauge (feuilles) Achillée millefeuille
Achillée millefeuille Silybe (graines) Artichaut (feuilles)
Aneth (graines) Trèfle d'eau (feuilles) Boido (feuilles)

108
Les plantes
médicinales

Voies urinaires

Clairance Ortie (plante) Capucine Calculs rénaux


Asperge (rhizome) Persil (plante) Chiendent (rhizome) Ammi-visnage
Bouleau (feuilles) Persil (racine) Echinacée pourpre (fruits)
Bugrane (racine) Pissenlit (plante) Raifort Asperge (rhizome)
Fèves Pissenlit (racine) Raisin d'ours Chiendent
Genévrier (baies) Prêle (rhizome)
Livèche (racine) Verge d'or Irritation de la vessie. Livèche (racine)
Maté (feuilles) plaintes prostatiques Persil (plante)
Muguet Inflammation des voies Citrouille (graines) Persil (racine)
Orthosiphon (feuilles) urinaires Ortie (racine) Tussilage (rhizome)
Ortie (feuilles) Bois de santal blanc Sérénoa (fruits) Verge d'or

Maladies infectieuses en général

Aiguilles de pin (huile) Echinacée pourpre


Aiguilles de sapin (huile) (racine)
Ail Galanga (racine)
Aneth (graines) Huile de térébenthine
Anis Levure
Arnica (fleurs) Lichen d'Islande
Baume du Pérou Mélèze (térébenthine)
Bois de santal blanc Menthe (huile)
Camomille (fleurs) Menthe poivrée (huile)
Cannelier (écorce) Moutarde blanche Psyché
Cardamome (graines)
Carvi (huile) Oignon Calmant,

Pin (pousses)
troubles
Chêne (écorce)
Plantain lancéolé
du sommeil
Chiendent (rhizome)
Fleur de la passion
Clou de girofle Radis noir
(plante)
Echinacée rose (racine) Sapin (bourgeons)
Houblon (cônes)
Kawa-kawa (rhizome)
Lavande (fleurs)
Mélisse (feuilles)
Rauwolfia (racine)
Valériane (racine)

Angoisse, dépression
Millepertuis commun
Méthodes
thérapeutiques
classiques

Cœur et circulation sanguine Appareil locom oteur

Faible prestation Mauvaise circulation Contusions, luxations, Aiguilles de sapin (huile)


cardiaque sanguine ecchymoses Arnica (fleurs)
(légère insuffisance Lavande (fleurs) Arnica (fleurs) Bouleau (feuilles)
cardiaque) Mélèze (térébenthine) Consoude officinale Cajéput (huile)
Adonide Pin (pousses) (feuilles) Camphre
Agripaume (léonure) Romarin (feuilles) Consoude officinale Eucalyptus (huile)
Aubépine (racine) Foin (fleurs)
Belladone Mélilot officinal Huile de térébenthine
Bourse-à-pasteur Millepertuis commun Mélèze (térébenthine)
Camphre P r é v e n t i on de Moutarde blanche (graines)
Maté (feuilles) l'artériosclérose Ortie (feuilles)
Muguet (en combinaison avec Douleurs Ortie (plante)
Scille maritime un r é g i m e ) "rhumatismales" Poivron
Ail (pas en cas de
Oignon rhumatisme
Plantain (téguments) inflammatoire) Goutte
Irrigation Aiguilles de pin (huile) Colchique d'automne
coronarienne
Ammi-visnage (fruits)
Aubépine Affections vasculaires
Fragon piquant (rhizome)
Hamamélis (écorce)
Hamamélis (feuilles)
Arythmie cardiaque Marron d'Inde (semences)
Aubépine Mélilot officinal
Muguet Régulation horm onale
Belladone
Bourse-à-pasteur Scille maritime
Hyperthyroïdie
Maté (feuilles)
Lycopode
Scille maritime
Plaintes liées
à la m é n o p a u s e
H é m o r r o ï d es
Cimicifuga (rhizome)
Baume du Pérou
Douleurs dues
Problèmes de tension Fragon piquant (rhizome)
aux règles, douleurs
Bourse-à-pasteur Hamamélis (écorce)
prémenstruelles
Camphre Hamamélis (feuilles)
Achillée millefeuille
Genêt Mélilot officinal
Bourse-à-pasteur
Oignon Peuplier (bourgeons)
Gattilier commun (fruits)

110
Les plantes
médicinales

Analgésiques Peau

Ammi-visnage (fruits) Menthe poivrée (huile) Légèr es Ci cat r i san t s


Anetii (graines) Orthosiphon (feuilles) inf lam m at ions Baume du Pérou
Anis Romarin (feuilles) cu t an ées Bourse-à-pasteur
Belladone Scopolie (rhizome) Aigremoine Camomille (fleurs)
Bois de santal blanc Arnica (fleurs) Echinacée pourpre
Camomille (fleurs) Camomille (fleurs) Hamamélis (écorce)
Carvi, huile de carvi Chêne (écorce) Hamamélis (feuilles)
Fumeterre Fénugrec (graines) Millepertuis commun
Galanga (rhizome) Hamamélis (écorce) Peuplier (bourgeons)
Jusquiame (feuilles) Hamamélis (feuilles) Prêle
Menthe poivrée (feuilles) Lin (graines) Souci (fleurs)
Millepertuis commun
Noyer (feuilles)
Ortie blanche
(fleurs)
Paille d'avoine
Pensée
Plantain lancéolé
Syzigium (écorce)
Vigne de Judée

111
Méthodes
thérapeutiques
classiques

autres, dans la c o n s o u d e officinale, la jacobée, le pas des écologistes, car des plantes protégées s o n t s o u -
d'âne et le tussilage. v e n t arrachées o u endommagées par des mains n o n -
• Les p r o d u i t s laxatifs d ' o r i g i n e végétale c o n t e n a n t chalantes.
de l ' a n t l i r a q u i n o n e , c o m m e l'aloès, la b o u r d a i n e , la La p l u p a r t de ces cueilleurs d'herbes ne disposent
r h u b a r b e et le séné, p e u v e n t entraîner u n cancer d u pas de la m o i n d r e i n f o r m a t i o n sur les substances n o -
côlon en cas d'usage p e r m a n e n t . Ils ne p e u v e n t être cives présentes dans le sol et dans l'air de l'endroit où
pris p e n d a n t plus de deux semaines et s o n t interdits ils sévissent.
p e n d a n t la grossesse et l'allaitement.
• Les résidus de la dégradation des éléments c o n t e - C o n se r v a t i o n d e s p l a n t e s sé ch é e s
nus dans la valériane i n d i e n n e et mexicaine o n t la p r o - • Dans des pots q u i ne laissent pas passer la lumière
priété d e m o d i f i e r le matériel génétique des a n i m a u x (terre cuite , verre, fer blanc).
de laboratoire. O n ne sait si des tests similaires a u - • Dans des pots hermétiquement fermés p o u r éviter
raient les mêmes répercussions p o u r l ' h o m m e . les insectes.
• Les plantes p e u v e n t p r o v o q u e r des allergies; les • Protégées de l'humidité car les plantes séchées d e -
plantes fraîches s o n t plus allergisantes q u e les plantes venues h u m i d e s c o n s t i t u e n t un c h a m p de culture idéal
séchées, l'usage externe est plus allergisant que p o u r les bactéries et les moisissures.
l'usage i n t e r n e . L'allergie p e u t se manifeste r sous la
f o r m e d ' u n e éruption cutanée q u i disparaît r a p i d e -
— Critique
m e n t . Elle p e u t c e p e n d a n t aussi devenir c h r o n i q u e .
Toute personne présentant u n e réaction allergique à Il f a u t faire u n e d i s t i n c t i o n claire entre u n t r a i t e m e n t à
une plante d o i t s'attendre à d'autres réactions d u base d'herbes médicinales et u n t r a i t e m e n t à base de
même type. produits phytopharmaceutiques.
Beaucoup de plantes séchées p e u v e n t provoquer • L'expérience q u i nous a été transmise au sujet des
une crise d ' a s t h m e l o r s q u ' o n en inspire la poussière. vertus curatives des plantes concerne leur préparation
• C o m m e t o u s les végétaux naturels, les plantes m é - usuelle d e l'époque, c'est à dire la tisane principale-
dicinales c o n t i e n n e n t aussi des substances nocives. m e n t . Les p r o d u i t s p h y t o p h a r m a c e u t i q u e s industriels
O n n'en prescrit pas la quantité m a x i m a l e , mais o n se p r o v i e n n e n t peut-être d e la même plante, mais ne
base en général sur les valeurs limites en v i g u e u r p o u r p e u v e n t revendiquer p o u r a u t a n t la même a c t i o n . Une
les denrées alimentaires. La recherche s c i e n t i f i q u e i n - préparation différente entraîne u n p r o d u i t différent.
d i q u e q u e le t a u x d e pesticides q u i était encore d o u - Lorsque deux firmes p r o d u i s e n t de façons différentes
t e u x il y a q u e l q u e s années mais d o n t o n ne retrouve un extrait de valériane, par e x e m p l e , le résultat ne sera
q u e le q u a r t dans la tisane d i m i n u e sans cesse. La pré- pas nécessairement le même. Les d e u x p r o d u i t s p e u -
sence de métaux lourds c o m m e le p l o m b , le c a d m i u m v e n t avoir le même e f f e t, mais il p e u t en être a u t r e -
et le mercure reste relativement stable depuis ment.
q u e l q u e s années. La quantité en est inférieure aux v a - • Pour absorber, par exemple , la quantité de valé-
leurs limites considérées c o m m e tolérables par l'Orga- riane conseillée par la médecine populaire p o u r la f a -
nisation m o n d i a l e de la Santé p o u r u n usage de brication de la tisane, il f a u d r a i t avaler entre 7 à
c o u r t e durée. 100 pilules de préparation prête à l ' e m p l o i , selon le
• Les livres sur les herbes médicinales poussen t t o u - t y p e de p r o d u i t .
j o u r s le lecteur à cueillir lui-même ces plantes sur le • Les phytothérapeutes d e m a n d e n t q u e les p r o -
t e r r a i n . Les médecins et centres a n t i p o i s o n s s o n t les d u i t s prêts à l ' e m p l o i s o i e n t les plus standardisés
témoins privilégiés d u résultat de ces cueillettes i n - possible, c'est-à-dire q u ' i l s c o n t i e n n e n t au moins
tempestives. C e t t e activité n'est d'ailleurs pas d u g o i j t u n e quantité g a r a n t i e d e la s u b s t a n c e active princi-

112
pale. Ceci n'est m a l h e u r e u s e m e n t pas le cas d e Variant e :

n o m b r e u x e x t r a i t s d e p l a n t e s p o u r lesquels il serait
possible d e le f a i r e.
Maria Treben
• Le t r a i t e m e n t par les plantes i m p l i q u e le même
principe médical v o u l a n t q u e l'on se limite à u n seul Des h o m m e s e t des f e m m e s q u i se proclament
p r o d u i t , dans la mesure d u possible. La c o m b i n a i s o n "thérapeutes par les p l a n t e s " v e n d e n t des m i l l i o n s
de différents p r o d u i t s végétaux dans un mélange de t i - de livres d e r e c e t t e s p o u r rester en b o n n e santé.
sane n'a de sens q u e si leurs éléments actifs se c o m - Ivlaria Treben est probablement une des plus
plètent o u se r e n f o r c e n t m u t u e l l e m e n t . connues.
Les p r o d u i t s prêts à l'emploi constitués d e différents Maria Treben c o m b i n a la connaissance p o p u l a i re en
extraits végétaux présentent pas mal d'inconvénients : matière d e plantes médicinales à l'héritage d u passé et
• Il est q u a s i m e n t impossible d'inclure dans u n ca- à ses propres expériences et interprétations. Il en ré-
chet, par exemple , le dosage actif d e plusieurs plantes. sulte, d ' u n e part, u n e naïveté ridicule et, d'autr e part,
Ce cachet aurait alors la taille d ' u n e balle de tennis, o u des conseils de t r a i t e m e n t s d a n g e r e ux p o u r la vie.
il f a u d r a i t en avaler u n e poignée à c h a q u e fois. Quelques p o i n t s de critique :

• Les réactions entre les différents extraits s o n t i m - • Pour traiter des maladies fatales (hémophilie, c a n -
prévisibles. cer, occlusion intestinale...). Maria Treben conseille des
• Le d a n g e r d'effets indésirables a u g m e n t e . plantes d o n t l'effet sur ces maladies n'a jamais été
• La c o m p o s i t i o n d u mélange est difficile à contrôler. prouvé.
• Le p r o d u i t devien t i n u t i l e m e n t plus cher. • Son explication de la cause d ' u n e maladie ne cor-
La c o m b i n a i s o n d'extraits de plantes et de p r o d u i t s respond pas à la réalité. Un e x e m p l e : " l ' o c c l u s i o n i n -
homéopathiques o u d e médicaments de synthèse est testinale est u n e c o n t r a c t i o n d u sphincter vers l'inté-
à déconseiller. M ê m e p o u r l'application t r a d i t i o n n e l l e , rieur".
ces c o m b i n a i s o n s ne s o n t pas permises. • De n o m b r e u x exemples témoignent d u manque
B e a u c o u p de thérapeutes l o u e n t l'action de plantes absolu d e connaissance professionnelle f o n d a m e n t a l e
médicinales utilisées depuis des siècles par des guéris- de m a d a m e Treben. Elle arrive ainsi à des conclusions
seurs en d'autres endroits sur terre. L'expéhence t r a d i - t o u t à f a i t erronées c o m m e celle-ci : elle c o n f o n d l'inu-
t i o n n e l l e est c e p e n d a n t liée aux plantes de la c u l t u r e line (un sucre) avec l'insuline ( l ' h o r m o n e ) et r e c o m -
en q u e s t i o n . 11 n'est pas d u t o u t certain q u e les plantes m a n d e sur cette base le pissenlit - q u i c o n t i e n t de
de chez nous d o n n e n t les mêmes résultats q u e les thé- l'inuline - c o n t r e le diabète.
rapies à base d'herbes asiatiques, par exemple (voir • M a d a m e Treben évalue le d a n g e r d'effets s e c o n -
p. 146). daires et de toxicité des plantes d ' u n e t o u t e a u t re m a -
nière q u e ne l'a fixé la littérature scientifique depuis
l o n g t e m p s déjà. Sa recette à base d e g r a n d e éclaire
— Conseil
p o u r le t r a i t e m e n t d ' a f f e c t i o n s hépatique et biliaire
Un t r a i t e m e n t à base d e plantes médicinales est à mène à l ' e m p o i s o n n e m e n t .
conseiller p o u r soulager les plaintes dues aux troubles • Son conseil d ' a d m i n i s t r e r u n e cuillère à soupe
fonctionnels et aux a f f e c t i o ns c h r o n i q u e s . 11 p e u t d'élixir d u Suédois aux herbes a r o m a t i q u e s à u n e per-
c o n t r i b u e r à la l i m i t a t i o n d e l'usage d e médicaments sonne inconsciente est périlleux p o u r la vie.
et en réduire les irrémédiables effets secondaires. Les indications généralement acceptées pour les
11 est préférable d'utiliser des tisanes o u autres pré- plantes médicinales, telles qu'elles sont décrites dans les
parations " m a i s o n " plutôt q u e des p r o d u i t s industriels livres sérieux, a p p o r t e n t s u f f i s a m m e n t d'éléments pour
prêts à l ' e m p l o i . traiter des maladies de façon " p u r e m e n t végétale ".

113
Méthodes
thérapeutiques
classiques

La personne q u i se fie aux recettes de m a d a m e Treben trer de l'éleuthérocoque en cas de fièvre o u de tensio n
renonce n o n s e u l e m e n t à u n t r a i t e m e n t professionnel élevée. En Russie, l'extrait f a i t partie des remèdes de
possible, mais m e t éventuellement sa santé en danger. base d u t r a i t e m e n t médical académique de maladies
graves.
L'éleuthérocoque d o i t être pris sous la f o r m e d ' u n e
cure q u ' i l f a u t p o n c t u e r d ' u n e pause après c h a q u e se-

Les produits "à la m o d e " maine.

Le ginseng
L'éleuthérocoque Cela fait plus de 2 0 0 0 ans q u e la médecine asiatique d u
On désigne par " e l e u t f i e r o c o c c u s " un extrait de la " r a - sud-est repose sur l'action de la racine de ginseng. On
cine d e la taïga " o u " ginseng d e Sibérie ". C e t t e plante ne l'utilise pas c o m m e remède spécifique pour certaines
pousse en Sibérie et dans le n o r d de la Cfiine. maladies, mais plutôt c o m m e m o y e n de prévention gé-
L'extrait alcoolisé rendrait le corps plus résistant néral et p o u r soutenir une thérapie bien particulière.
c o n t r e les sollicitations et le stress. La science devra ce- Ce genre de " p a n a c é e " paraît suspecte aux yeux
p e n d a n t encore examiner ce fait. des chercheurs o c c i d e n t a u x , mais c o n s t i t u e u n e a u -
La médecine p o p u l a i re d'Asie orientale utilise baine p o u r les entreprises p h a r m a c e u t i q u e s désireuses
l'éleuthérocoque c o m m e remède en cas d'artériosclé- de conquérir des marchés.
rose, d ' i n s o m n i e , d ' h y p e r t e n s i o n , de r h u m a t i s m e , de Si le ginseng est actif, c'est s u r t o u t grâce au ginse-
b r o n c h i t e c h r o n i q u e et de cancer. Les manuels occi- noside. (vlais l'action de la racine de ginseng semble
d e n t a u x signalent p o u r t a n t q u e l'on ne p e u t a d m i n i s - également i m p l i q u e r d'autres éléments. La recherche a
isolé le ginsenoside et en a contrôlé l'action chez de
n o m b r e u x a n i m a u x de laboratoire. Les résultats c o n f i r -
m e n t p a r t i e l l e m e n t les a f f i r m a t i o n s de la médecine p o -
pulaire.
Les scientifiques déclarent donc q u e le ginseng peut
renforcer la capacité de résistance contre les sollicita-
tions, q u e la racine d o n n e au corps une meilleure dé-
fense naturelle et qu'elle aide à vaincre plus rapidement
les maladies, la fatigue et l'état de faiblesse. Il s'agit d o n c
d'un p r o d u i t à prendre par voie orale et qui " e n d u r c i t " .

Ces déclarations ne c o n c e r n e n t cependant que


l'extrait de ginseng pur; le fait q u ' i l soit r o u ge o u blanc
(ce q u i dépend d u procédé utilisé p o u r le sécher) n'a
aucune i m p o r t a n c e . Dans les préparations prêtes à
l ' e m p l o i , l'extrait de g i n s e n g est s o u v e n t mélangé à
d'autres substances.
La personne q u i n'absorbe pas plus de la dose re-
commandée de p r o d u i t prêt à l'emploi c h a q u e j o u r
( 2 0 0 à 4 0 0 m i l l i g r a m m e s d'extrai t de ginseng o u 25 à
3 0 m i l l i g r a m m e s de ginsenoside) ne d o i t pas craindre
d'effets indésirables.

114
De plus grandes quantités peuvent engendrer une irritabi- ment d i f f é r e n t e . On ne sait donc pas combien de pi-
lité. L'insomnie et la nervosité en sont les conséquences. lules, de cachets, de capsules ou de liquide correspon-
Ces s y mpt ôm es et d'autres encore se présentent lorsqu'on dent à quatre grammes d'ail frais. Comme la q u a n t i t é
combine le ginseng et le café. En Asie orientale, on n'uti- de substance active est déjà tellement variable dans la
lise pas le ginseng en cas d'hypertension. m a t i è r e de base, on ne sait plus combien d'ail frais a
En cas de doses d é r a i s o n n a b l e m e n t élevées, l'action été i n c o r p o r é par le fabricant dans le produit m ê m e
"hormonale" du ginseng peut se manifester. Chez la quand il le signale.
femme, ceci peut mener à des h é m o r r agies inattendues. Une é t u d e de 1999 m e n é e par l'association des
L'excès de ginseng a déjà m e n é à la fin p r é m a t u r é e consommateurs Test-Achats a livré des résultats d é -
d'une grossesse. Chez l'homme, le ginseng semble agir concertants : les s u p p l é m e n t s d'ail ne sont que rare-
de la m ê m e f a ç o n que l'hormone sexuelle testostérone. ment à la hauteur des promesses de leurs fabricants.
L'Association des Consommateurs Test-Achats a L'ail frais est p r é f é r a b l e mais peut provoquer des al-
c o n t r ô l é en 1995 la q u a n t i t é de ginsenoside p r é s e n t e lergies. Beaucoup de personnes qui absorbent des p r é -
dans les p r é p a r a t i o n s à base de ginseng. La conclusion parations à base d'ail ressentent des nausées, vomis-
était la suivante : "Dans la plupart des p r é p a r a t i o n s on sent et p r é s e n t e n t une d i a r r h é e . Les enfants ne peu-
ne trouve que relativement peu de substance p r é s u - vent pas prendre de p r é p a r a t i o n s à base d'ail.
m é e active. Beaucoup en contiennent une q u a n t i t é Une odeur d'ail d é s a g r é a b l e entoure les personnes
négligeable." qui en consomment plus de deux grammes par jour.
Ceci est i n é v i t a b l e, m ê m e en y ajoutant de la chloro-
phylle ou en prenant des capsules résistantes au suc
L'ail gastrique. Les choses sont claires : l'ail n'est actif que
La m é d e c i n e populaire utilise surtout l'ail pour son ac- lorsqu'on en p e r ç o i t l'odeur. C'est peut être là l'effet
tion contre les bactéries et les moisissures. On s'en sert secondaire le plus p é n i b l e de la consommation d'ail : la
aussi en cas de rhumes, de ballonnements et de solitude...
plaintes gastro-intestinales. La recherche scientifique
confirme son action a n t i b a c t é r i e n n e .
Elle confirme é g a l e m e n t le fait que l'ail fait baisser
L'huile d'œnothère
les taux élevés de lipides sanguins. Il faut pour cela L'huile obtenue à partir de graines d ' œ n o t h è r e , condi-
prendre de l'ail pendant au moins quatre mois. Com- t i o n n é e en capsules prêtes à avaler, a longtemps servi
b i n é à un r é g i m e a p p r o p r i é , l'ail peut ainsi préveni r "d'activateur du m é t a b o l i s m e " pour contrer la plupart
l'athérosclérose. D'autres effets encore font de l'ail un des processus de vieillissement.
moyen de p r é v e n t i o n contre les modifications vascu- Aujourd'hui, elle rendrait aux personnes fortement
laires liées à l'âge. é p r o u v é e s par une n é v r o d e r m i t e une peau lisse et
Les quatre grammes d'ail frais (soit une gousse et exempte de prurit. Une femme p r é s e n t a n t une ten-
demi à deux gousses) que l'on proposait auparavant dance à l'allergie qui prendrait cette huile pendant sa
ne suffisent pas toujours, car la q u a n t i t é de substance grossesse et qui en ajouterait à l'alimentation de son
active peut varier d'une gousse à l'autre d'un facteur n o u v e a u - n é éviterait à ce dernier le risque de devenir
13. La recherche révèle cependant que la m o i t i é de allergique et de d é v e l o p p e r é g a l e m e n t une n é v r o d e r -
cette q u a n t i t é d'ail frais influence déjà favorablement mite. Ici s ' a r r ê t e n t les a l l é g a t i o n s .
le m é t a b o l i s m e des lipides. L'analyse de la recherche m e n é e en la m a t i è r e ré-
L'ail frais ne peut sans plus être r e m p l a c é par une vèle que l'huile d ' œ n o t h è r e rend une peau sèche plus
p r é p a r a t i o n . Les divers p r o c é d é s de production m è - douce. L'action antiprurigineuse en est jugée
nent à des p r é p a r a t i o n s d'ail de composition totale- moyenne dans le meilleur des cas. Une é t u d e m e n é e

115
Méthodes
thérapeutiques
classiques

en 1993 a c o n s t a t é que l'effet d ' a t t é n u a t i o n de la n é -


vrodermite ne dépassait pas celui obtenu par un pla-
cebo.
C o m p a r é e aux autres traitements a c a d é m i q u e s ,
l'huile d ' œ n o t h è r e cause moins d'effets secondaires,
mais soulage moins bien les plaintes aiguës .
La recherche sur l'action des capsules d'huile d ' œ -
n o t h è r e en cas de fortes douleurs mammaires de cer-
taines femmes pendant le cycle a cependant é t é cou-
r o n n é e de succès. Des chercheurs critiques estiment
qu'une recherche plus poussée sur l'huile d ' œ n o t h è r e
est utile, mais ne peuvent en confirmer l'effet à ce jour.
En Grande-Bretagne, l'huile d ' œ n o t h è r e est enre-
gistrée comme m é d i c a m e n t . Chez nous, elle n'est dis-
ponible qu'en tant que s u p p l é m e n t alimentaire.
L'idée de p r é v e n t i o n est n é e de conceptions t h é o -
riques sur le lien qui existerait entre le principal consti-
tuant de l'huile d ' œ n o t h è r e (l'acide g a m m a - l i n o l é i q u e )
et le systèm e immunitaire.
D'autres plantes riches en linol et en acide lino-
léique comme la bourrache officinale et les p é p i n s de
cassis sont é g a l e m e n t utilisées pour la p r é p a r a t i o n de
produits à prendre par voie orale. Ceux-ci peuvent être
moins chers que les p r é p a r a t i o n s à base d ' œ n o t h è r e . et autres antibiotiques et la recherche cessa de l ' é t u -
dier.
A partir de 1970, l'intérêt croissant pour la m é d e -
L'huile de l'arbre à thé cine naturelle ramena l'huile sous le feu des projec-
Les a b o r i g è n e s australiens guérissent à l'aide de teurs. Entre-temps, 100 de ses constituants ont été d é -
feuilles de Melaleuca alternifolia des plaies ouvertes et t e r m i n é s . L'action antiseptique s'explique par la p r é -
des blessures. Ils couvrent ces dernière s d'une épaisse sence d'une grande quantité de terpènes. La
couche de feuilles moulues et d é p o s e n t une couche de recherche clinique confirme l'action bactéricid e en
boue par-dessus. En cas de refroidissement, ils boivent usage externe, surtout en cas d ' a c n é . Pour le traite-
du t h é de ces feuilles qui ressemblent à des aiguilles. ment des mycoses c u t a n é e s , l'action de l'huile de
Quand les Anglais d é c o u v r i r e n t cette boisson aroma- l'arbre à t h é est de m ê m e niveau que celle d'un anti-
tique à la fin du 18e siècle, ils a p p e l è r e n t l'arbre "tea fongique chimique. Pour son utilisation dans toute
tree" (arbre à t h é ) . une série d'inflammations internes et externes, les
Quelques d é c e n n i e s plus tard, on distilla des feuilles nouvelles sont encourageantes.
de cet arbre une huile volatile dont l'action b a c t é r i c i de Tous ces effets positifs n'ont jamais é t é assombris
et antifongique sans effets secondaires dignes de ce par des effets secondaires dignes d ' ê t r e m e n t i o n n é s . Il
nom fut accueillie avec chaleur pour l'utiliser en lieu et est question de cas sporadiques d ' e c z é m a de contact
place du p h é n o l toxique de l ' é p o q u e . Cette huile de- lors de l'utilisation de l'huile non d i l u é e .
vint l'antiseptique standard en cas d ' o p é r a t i o n . On On utilise g é n é r a l e m e n t cette huile à une concen-
l'oublia cependant après la d é c o u v e r t e de la pénicilline tration de 5 à 10 % . C'est é g a l e m e n t la dilution p r é -

116
Les ImmunO'
stimulants
d'origine
végétale

conisée de source australienne et anglaise pour l'utili- — Indications


sation de l'huile de l'arbre à t h é comme antiseptique.
Les immunostimulants d'origine v é g é t a l e protége-
Les affirmations livrées par la tradition et les résul-
raient contre les maladies infectieuses, notamment les
tats de recherche individuelle sur l'utilisation de l'huile
rhumes. Dans ce cas, on les utilise dans l'espoir qu'ils
de l'arbre à t h é sont prometteurs, mais la recherche cli-
fassent fonctionner le système immunitaire comme
nique ne fait que commencer. On ne peut encore ap-
souhaité.
précier avec certitude l'utilité et le risque é v e n t u e l de
Pourtant, le systèm e immunitaire de personnes qui
son application.
sont souvent malades n'a pas n é c e s s a i r e m e n t besoin
de stimulation. Les petits enfants sont, par exemple,
souvent malades parce que leur système immunitaire
"apprend" à gérer les germes. L'administration d'im-
Les immunostimulants munostimulants peut g ê n e r ce processus. Le système

d'origine végétale immunitaire des personnes âgées s'affaiblit avec le


temps. A p r è s des maladies répétées ou de longue du-
rée, leur système immunitaire doit d'abord se rétablir.
Dans ce genre de situation, mieux vaut laisser au
— Procédé corps le temps de se rétablir naturellement p l u t ô t que
de l'envahir d'immunostimulants.
Les immunostimulants d'origine v é g é t a l e peuvent être
pris par voie orale ou injectés. La plupart de ces pro-
Limites de l'application
duits contiennent de l'extrait pur d'Echinacea; d'autres
Lors d'infections a c c o m p a g n é e s de fortes fièvres, le
sont, en outre, c o m b i n é s à des extraits d'arbre de vie
système immunitaire tourne déjà à plein rendement.
(Thuya) et de Baptisia tinctoria. Quand la liste d'ajouts
Les immunostimulants peuvent alors le freiner. On ne
compte encore bien plus d ' é l é m e n t s , il s'agit g é n é r a l e -
peut les utiliser :
ment d ' i n g r é d i e n t s h o m é o p a t h i q u e s . Le gui (Viscum
alba) est aussi un immunostimulant. Les p r é p a r a t i o n s à
base de gui sont utilisées dans le traitement du cancer
(voir p. ???).
Les immunostimulants sont très appréciés par les Particularités de l'utilisation
patients (qui se traitent é g a l e m e n t seuls), les m é d e c i n s
et les naturopathes. Un traitement régulièrement interrompu est plus
efficace qu'un traitement de longue durée.
• Traitement préventif : prendre le produit pendant
— Explication de l'action
cinq à six jours, puis observer une pause de trois à
Les immunostimulants d'origine v é g é t a l e stimulent le quatre jours. Prolonger ensuite cette alternance
système immunitaire a s p é c i f i q u e , mais ceci n'est pos- pendant quatre à cinq semaines, si nécessaire.
sible que si ce système est encore en é t a t de fonction- • Traitement curatif : une dose un peu plus élevée
ner. Ils ne pourront rétablir un système immunitaire af- pendant cinq à six jours, suivi d'une pause de trois
faibli par la maladie. jours. Ne pas prolonger le traitement au-delà de trois
A ce jour, il n'y a pas d'explication scientifique va- semaines.
lable pour le fonctionnement de ces produits. L'échi- • Une faible dose stimule mieux un système
nacée d é p l o i e probablement son action dans les or- immunitaire affaibli qu'une dose élevée.
ganes immunitaires de la gorge et de l'intestin.

117
Méthodes
thérapeutiques
classiques

• en cas de tuberculose, de maladies affectant la pro- • Beaucoup d ' é t u d e s cliniques sur leur action sont
duction sanguine, de sclérose en plaques et de toutes maladroites.
les maladies auto-immunes comme le d i a b è t e de type • Au cours des tests de laboratoire, les extraits végétaux
I et l'arthrite r h u m a t o ï d e . changent effectivement quelques paramètres mesurables
L'injection n'est pas permise; du système immunitaire, ce qui n'implique pas pour au-
• en cas de tendance à l'allergie; tant qu'ils exercent une influence positive sur l'évolution
• pendant la grossesse. de la maladie concernée ou sur l'état général du patient.
• L'activation d é l i b é r é e du système immunitaire n'est
pas toujours un avantage. Chez beaucoup de per-
Risques
sonnes, la répression de la r é a c t i o n immunitaire est tel-
A p r è s l'injection d'extraits v é g é t a u x , la t e m p é r a t u r e du lement forte que les processus immunitaires dirigés
corps peut augmenter de 0,5 à 1,5°C. Des nausées et vers le corps l u i - m ê m e ne se font pas ressentir. Si l'on
vomissements peuvent se produire. Pour les partisans incite ce système à une meilleure prestation, des mala-
du traitement, ceci constitue une r é a c t i o n normale, dies auto-immunes peuvent survenir, comme le rhu-
alors que pour les d é t r a c t e u r s il s'agit d'une sensibili- matisme inflammatoire chronique.
sation possible et ils rapportent des cas de fortes réac- • Les partisans de la m é t h o d e voient dans l'augmen-
tions allergiques et de maladies auto-immunes après tation mesurable des cellules de d é f e n s e du corps chez
ce genre d'injections. Ces effets secondaires dange- une personne testée, la preuve de l'efficacité. Il est
reux ont é g a l e m e n t é t é c o n s t a t é s après l'absorption possible que ce soit exactement le contraire et que ce
de p r é p a r a t i o n s à base d ' é c h i n a c é e . soit le signe d'une action qui favorise le cancer. Les cri-
Susciter une fièvre chez des personnes par l'injection tiques d é d u i s e n t cette idée de l'expérience acquise
de lait, de sang a u t o g è n e , de soufre ou d ' é l é m e n t s de avec l'aristoloche, un produit v é g é t a l qui était é g a l e -
bactéries était une m é t h o d e qui, jusqu'il y a quelques an- ment censé renforcer l ' i m m u n i t é et dont la substance
nées, bénéficiait d'une reconnaissance scientifique natu- active s'est révélée c a r c i n o g è n e de f a ç o n i r r é f u t a b l e .
relle pour stimuler le corps à se guérir par l u i - m ê m e (voir L'aristoloche est encore toujours p r é s e n t e dans le
f é b r o t h é r a p i e p. 42). Peut-être l'effet immunostimulant commerce en dilutions h o m é o p a t h i q u e s , sous le nom
constaté pour l'injection de préparations à base d ' é c h i- d'Aristolochia ou Serpentina.
nacée ou de gui repose-t-elle sur cette action. Comme la
marge entre l'effet curatif et le danger est très étroite, on
préfère actuellement éviter cette provocation de fièvre.
— Conseil
Pris par voie orale, les immunostimulants v é g é t a u x
sont à conseiller, sous réserve, comme p r é v e n t i o n et
— Critique
traitement de soutien d'infections récurrentes des
M ê m e les scientifiques qui sont d'avis qu'il y a de plus voies respiratoires et urinaires et comme soutien de
en plus de preuves de l'effet produit par les immuno- traitement d'affections inflammatoires chroniques.
stimulants v é g é t a u x é m e t t e n t des critiques : Les p r é p a r a t i o n s injectables sont à déconseiller, car
• La composition des p r é p a r a t i o n s à base d ' é c h i n a - le risque induit est s u p é r i e u r à l'utilité probable.
cée varie selon l'espèce particulièr e qui a servi de ma-
tière de base et selon le mode de production.
• La teneur en substance active n'est pas toujours
L'arbre de vie (thuya)
fixée pour toutes les p r é p a r a t i o n s à base de gui. Un programme de recherche intensive a été lancé r é c e m-
Les m é d e c i n s qui rejettent ces produits vont bien ment pour tester l'influence des substances provenant du
plus loin dans leur critique : thuya sur le système immunitaire. Il a déjà ét é c o n f i r m é

118
Les Immuno-
stimulants
d'origine
végétale

qu'elles activent les cellules T-helper, une "sous-espèce" minuer plus rapidement l'inflammation à traiter. Il s'agit
de leucocytes importante pour la défense immunitaire. La dans ce cas d'une s t i m u l o t h é r a p i e aspécifique et c'est
recherche ultérieure devra encore d é t e r m i n e r dans quelle dans cet esprit que l'extrait de gui a été a c c e p té comme
mesure le thuya sera utile en cas de maladie. traitement d'accompagnement en cas de cancer.
La monographie sur les applications anthroposo-
phiques accepte l'extrait de gui pour la p r é v e n t i o n et
Le gui le traitement de maladies tumorales et autres affec-
Le gui était l'herbe magique des druides, les prêtres tions inflammatoires chroniques. Pour l ' h o m é o p a t h i e ,
guérisseurs des Celtes. Actuellement, cette plante pa- il y a encore d'autres champs d'application.
rasite est surtout utilisée pour le traitement alternatif La r é a c t i o n du système immunitaire d é c l e n c h é e par
du cancer, une application qui remonte aux idées de l'injection d'extrait de gui est due aux lectines, un
l'anthroposophe Rudolf Steiner (voir p. 172). Il est peu groupe de substances présentes dans la plante. L'ac-
probable que l'extrait fortement dilué du gui ralentisse tion d é p e n d très fort de la dose, de la f a ç o n de l'admi-
directement la croissance tumorale. Il est cependant nistrer, de la d u r é e et du moment. Comme les sys-
certain qu'il active les cellules immunitaires, qui à leur t è m e s r é g u l a t e u r s de l ' i m m u n i t é ne sont pas encore
tour peuvent attaquer les cellules tumorales. connus avec suffisamment de certitude, et que beau-
Trois monographies allemandes (description, prépara- coup de p r é p a r a t i o n s à base d'extrait de gui ne sont
tion et application) ont é té écrites sur le gui en tant que pas standardisée s au niveau de leur teneur d'une sub-
plante médicinale, en h o m é o p a t h i e et dans la m é d e c i n e stance d é t e r m i n é e , il est normal que les résultats de re-
anthroposophique, avec des conclusions variées. Il n'y a cherche sur les traitements à base de gui divergent. Les
pas de consensus sur la nature et la concentration des d i f f é r e n t s résultats rendent toute comparaison diffi-
substances que l'on croit responsables de l'action. cile, voire impossible. Il n'existe toujours pas de preuve
Dans le cadre de la p h y t o t h é r a p i e , l'utilisation du gui absolue permettant d'affirmer que les injections d'ex-
a é t é considérée comme utile dans les inflammations traits de gui g u é r i s s e nt le cancer.
articulaires d é g é n é r a t i v e s lorsque l'extrait en est in- L'effet du gui sur l'hypertension reste un objet de
j e c t é . A l'endroit de l'injection se produit alors une in- discussions, parce que le mode d'action n'a toujours
flammation plus ou moins intense. Le système immuni- pas é t é fixé. Le gui contient un groupe de substances,
taire y réagit avec une activité accrue, ce qui ferait di- les viscotoxines, qui font baisser la tension lorsqu'on

119
Méthodes
thérapeutiques
classiques

les injecte, mais la question est de savoir si ces sub- angustifolia, \'E. purpurea et l'E.pallida. Quel extrait a
stances peuvent être extraites de la plante par une d é - été utilisé, de quelle plante et pour quel traitement, la
coction. Quand bien m ê m e ce serait le cas, elles se- r é p o n s e à ces questions n'a pu être r e t r o u v é e dans la
raient d é g r a d é e s par le systèm e digestif. l i t t é r a t u r e ancienne. L ' é v a l u a t i on positive ne concerne
que la plante de YEchinacea purpurea. La plupart des
fabricants de produits phytopharmaceutiques sont
L'échinacée entre-temps passés à cette m a t i è r e p r e m i è r e . Pour at-
Les partisans de l'échinacée et les fabricants de l'extrait teindre l'action s o u h a i t é e comme traitement de sou-
affirment qu'il est utile en cas d'infections aiguës et chro- tien lors d'infections chroniques et récurrente s des
niques des voies respiratoires et urinaires, de mycoses, de voies respiratoires et urinaires, l ' é t u d e publique p r é c i -
plaies qui guérissent mal, de diverses affections cutanées t é e c o n s i d è r e qu'il faut prendre chaque jour six à neuf
et d'inflammations purulentes des sinus et des oreilles. millilitres de jus pressé d'Ectiinacea purpurea ou la
Au cours des tests de laboratoire, l'extrait d ' é c h i n a - q u a n t i t é de p r é p a r a t i o n correspondante.
cée change toute une série de p a r a m è t r e s mesurables Les professionnels sont habituellement sceptiques
du système immunitaire. L'utiliser pour un malade et face aux combinaisons fixes de m é d i c a m e n t s , mais
comment l'utiliser ? La question reste encore posée du pour les m é l a n g e s d ' é c h i n a c é e ce scepticisme est plus
point de vue des sciences naturelles. Des a n n é e s d'ex- faible. Une p r é p a r a t i o n combinant Ecliinacea, Thuya
périences positives, c o n s t a t é es par des m é d e c i n s et et Baptisia donne de meilleurs résultats que les p r é p a -
des patients, plaident cependant en faveur de cet an- rations d'Echinacea seul. Des résultats positifs ont é t é
cien r e m è d e d'Indiens. signalés en cas d'infections des voies respiratoires,
Une é t u d e publique allemande a c o n t r ô l é les avec ou sans traitement aux antibiotiques, et en cas
é t u d e s existantes sur l'extrait d ' é c h i n a c é e , pour en ar- d'infections c u t a n é e s par bactéries et par herpès sim-
river à la conclusion qu'elles n ' é t a y a i e n t pas suffisam- plex. En outre, la p r é p a r a t i o n a a m é l i o r é le taux de leu-
ment l'action r e v e n d i q u é e . Sous l'appellation "Echina- cocytes chez des patients cancéreux après traitement
cea", on utilise des extraits de la plante et/ou des ra- aux rayons. L'action de ralentissement du cancer n'a
cines de trois espèces différentes : YEchinaœa cependant pas é t é p r o u v é e scientifiquement.

120
Les techniques de relaxation Situation actuelle
Dans les cultures occidentales, les techniques de re-
et de méditation laxation sont populaires là o ù elles ont vu le jour : en
France, l'hypnose est la m é t h o d e la plus connue, aux
États-Unis c'est la technique de relaxation d é v e l o p p é e
par l'américain Edmund Jacobson (1885-1976) et en
— Historique
Allemagne, le training a u t o g è n e . Vers le milieu des an-
Dans chaque culture, les moments de repos é t a i e n t ju- nées soixante, on d é v e l o p p a , dans le cadre de la t h é -
gés importants et il y a toujours eu des m é t h o d e s spé - rapie comportementale a p p l i q u é e en clinique, le bio-
ciales pour se d é t e n d r e ou pour s'absorber dans de feedback, une technique de relaxation salutaire ensei-
profondes réflexions. A notre é p o q u e moderne, cette g n é e avec le soutien d'une machine.
tradition semble être o u b l i é e , le rythme de vie s'est ac- Les m é t h o d e s de relaxation efficaces font aujour-
céléré et s'est c o n d e n s é en un stress permanent qui d'hui partie i n t é g r a n t e des traitements d'accompa-
rend malade le corps et l'esprit. L'alternance de ten- gnement dans les h ô p i t a u x - pour la p r é p a r a t i o n à une
sion et de d é t e n t e fait à p r é s e nt partie du b i e n - ê t r e . o p é r a t i o n par exemple - et dans le sport. Les presta-
Vers le d é b u t du 20e siècle, de nouvelles techniques tions de haut niveau seraient à peine pensables si les
virent le jour pour apprendre à atteindre l'équilibre in- sportifs ne recouraient pas aux techniques de relaxa-
térieur. Pour vaincre son angoisse dans les t r a n c h é e s tion entre leurs phases actives.
pendant la Première Guerre mondiale, le neurologue Les m é t h o d e s de relaxation jouent é g a l e m e n t un
Johannes Heinrich Schuitz (1884-1970) tenta l'auto- rôle stimulant lors des séances de p s y c h o t h é r a p i e , en
suggestion, une technique qui venait d ' ê t r e d é c o u - permettant une concentration plus importante sur
verte par la recherche sur le cerveau. Sur cette base, il l'origine des p r o b l è m e s pour mieux y faire face en-
d é v e l o p p a le training a u t o g è n e . Cette technique de suite.
relaxation connut rapidement beaucoup de succès, car La prudence est cependant de mise quant au sé-
elle est effectivement facile à apprendre et à mettre en rieux de la technique : tous les exercices de relaxation
œ u v r e seul, dans un temps relativement court. Au et de m é d i t a t i o n ne se font pas sous la surveillance
cours des a n n é e s , bien des m é t h o d e s furent élaborées d'une personne c o m p é t e n t e . Les cours o r g a n i s és par
et, ces dernière s d é c e n n i e s , des techniques d'autres une m u t u a l i t é ou faisant partie d'un traitement psy-
cultures devinrent à la mode en Europe occidentale. c h o t h é r a p e u t i q u e offrent plus de garanties que ceux

121
Méthodes
thérapeutiques
classiques

Caractéristiques des méthodes sérieuses Ce genre de relaxation.peut être visualisée à l'aide


d'un é l e c t r o - e n c é p h a l o g r a m m e (EEG) : le tracé des
• Les annonces publicitaires et les auteurs ne ondes électrique s du cerveau change de f a ç o n typique
promettent rien, mais se réfèrent uniquement aux selon les états conscients enregistrés. Pour chaque é t a t
opportunités de développement ou aux processus de conscient, la collaboration entre les deux h é m i s p h è r e s
réflexion. c é r é b r a u x change é g a l e m e n t .
• Elles ne promettent pas de guérison mais offrent La relaxation et la m é d i t a t i o n libèren t l'angoisse,
de l'aide, un soutien et du réconfort. peuvent supprimer des blocages intérieurs et les affec-
• Elles ne séduisent pas par des succès fracassants tions qui les accompagnent, aident à ouvrir la porte
en un temps record, du style "l'instant enlightment", aux dons cachés et favorisent l'équilibre, la conscience
le soulagement instantané comme le café du même et la connaissance de soi. Une fois que l'on trouve en
nom. s o i - m ê m e le chemin vers la paix intérieure, on peut le
parcourir sans cesse à nouveau. Les nouvelles e x p é -
riences permettent le d é v e l o p p e m e n t d'un regard
nouveau sur s o i - m ê m e et sur son entourage et l'on est
plus à m ê m e de puiser dans ses propres ressources in-
térieures pour faire front aux sollicitations et aux désa-
disperisés en formation c o m p l é m e n t a i r e ou sur le mar- g r é m e n t s de la vie quotidienne.
c h é de l'auto-assistance. Depuis l ' a v è n e m e n t de la Grâce aux exercices de relaxation, on peut d é t e n d r e
"flower-pow/er g é n é r a t i o n " dans les a n n é e s 70 et de de f a ç o n ciblée des groupes de muscles et des vais-
la mode des techniques de m é d i t a t i o n hindouistes, on seaux sanguins, influencer des fonctions corporelles
assiste sans cesse à l'apparition de nouvelles m é t h o d e s comme la circulation cardiovasculaire, le s y s t è m e res-
pour se d é t e n d r e , d i g é r er des p r o b l è m e s du passé et piratoire ou digestif, et calmer la douleur. On dort
"se retrouver s o i - m ê m e " . mieux, la c a p a c i té de r é f l e x i o n et de concentration
augmente, la nervosité et l'angoisse diminuent et on
parvient à garder son calme face aux difficulté s de la
— Concept et explication de l'action
vie de tous les jours.
Toute personne possède normalement la f a c u l t é de
vivre d'autres états conscients en dehors de la veille,
— Pratique
du sommeil et des rêves. Chaque culture a d é v e l o p p é
des m é t h o d e s pour "sortir de soi" ou pour rendre l'ex- Avant d'apprendre une m é t h o d e , il est important de
tase possible. Elles sont g é n é r a l e m e n t intégrées dans savoir d ' o ù provient l'état de tension. Un entretien
certaines m œ u r s , coutumes ou rituels. avec un p s y c h o t h é r a p e u t e q u a l i f i é peut vous aider à le
Dans les cultures asiatiques, la m é d i t a t i o n fait partie découvrir, et il vous aidera aussi à trouver la technique
des occupations quotidiennes; dans les cultures tradi- de relaxation qui vous correspond le mieux (voir cadre
tionnelles d'Afrique, d ' A m é r i q u e et de Sibérie, la p. 126). Personne ne trouve exactement sa place dans
transe est d'usage courant. La m é d i t a t i o n , la transe et les groupes d é t e r m i n é s dans le texte e n c a d r é : la plu-
m ê m e l'hypnose ne font pas partie de notre culture. part des gens sont de types m é l a n g é s . Laissez-vous
Nous connaissons cependant l'état " h y p n o ï d e " , cette guider par vos propres expérience s lorsque vous es-
fascination qui nous fait oublier le monde autour de sayez une technique. N'hésitez pas à changer "d'en-
nous. Ce sont des moments que nous connaissons, t r a î n e u r " : le succès ne viendra que si celui-ci a b é n é f i -
entre autres, pendant l'orgasme, à l ' é c o u te d'une mu- cié d'un e n t r a î n e m e n t de q u a l i t é et si "le courant
sique ou à la lecture d'un roman policier passionnant. passe bien" entre vous. Ne renoncez pas trop vite, il

122
Les technique;
de relaxation
de méditation

vous faut peut être du temps pour vous familiariser minuer le stress, l ' i n q u i é t u d e et les angoisses, a t t é n u e r
avec la technique choisie. Mais il se peut é g a l e m e n t la douleur et normaliser la tension artérielle et les
qu'une autre m é t h o d e soit plus a p p r o p r i é e à votre troubles digestifs. Le cycle s u p é r i e u r du training auto-
personne. Il vaut parfois la peine de persévérer. g è n e concerne les processus psychiques et l'introspec-
Demandez à votre e n t r a î n e u r s'il travaille avec un tion.
moyen de supervision. Les bons e n t r a î n e u r s recourent Comment ?
à cette technique pour pouvoir c o n t r ô l e r leur propre L ' e n t r a î n e m e n t a lieu en groupes de maximum 15 par-
travail et pour r é s o u d r e les p r o b l è m e s qui peuvent ticipants. L'exercice en groupe est nécessaire une fois
surgir. par semaine pendant sept à huit semaines, ensuite on
Vous trouverez ci-dessous la description de tech- maîtrise la technique. Celle-ci doit être exercée chaque
niques de relaxation dont l'efficacité a é t é p r o u v é e . La jour pendant 15 minutes environ, une à trois fois de
liste de c o n t r ô l e qui suit vous aidera à d é c o u v r i r le suite, pendant la d u r é e du cours, et ensuite sur une
moment a p p r o p r i é pour apprendre une technique de base régulière d'une fois par jour. A ce moment, trois
relaxation, quelle technique, quand, pour qui et à à cinq minutes suffisent pour arriver à une d é t e n t e
quelle fin. profonde.

Le training autogène La relaxation selon Jacobson


Avant le d é b u t des exercices, l'entraîneu r demande à Dans une position d é t e n d u e sur le dos ou mi-assise
chaque participant quels sont ses motivations et pro- dans un fauteuil, les participants au cours apprennent
b l è m e s individuels. de f a ç o n s y s t é m a t i q u e à fortement contracter certains
Les participants adoptent une position assise d é t e n - groupes de muscles, pour les relâcher ensuite. Par
due ou se couchent sur le dos. L'entraîneu r leur in- exemple, on serre le poing pendant quelques se-
dique sur quelle partie du corps ils doivent concentrer condes, et on le relâche. On fronce les sourcils, on plie
leurs idées et ce qu'ils doivent s'imaginer. Par le bras avec force, on serre les abdominaux, et puis on
exemple : relâche. On fait de m ê m e pour les cuisses, les mollets,
• le bras droit devient lourd; les pieds. L'alternance permet d'apprendre la d é t e n t e
• le bras droit devient chaud; de f a ç o n intensive, et on parvient ainsi à un é t a t de re-
• le bras droit devient lourd et chaud. pos et de calme.
Par l'autosuggestion, ces sensations se manifestent Cette m é t h o d e est p a r t i c u l i è r e m e n t a p p r o p r i é e à la
r é e l l e m e n t . Peu à peu, on se dirige vers d'autres zones relaxation dans des situations de stress aigu, de nervo-
du corps et on apprend à d é t e n d r e les muscles du sité, de troubles du sommeil, de tension et de contrac-
corps entier. On les ressent en termes de chaleur et de tion, de douleur et d'angoisses.
pesanteur. Comment ?
A la fin de chaque exercice, la d é t e n t e est " l e v é e " : Il vaut mieux apprendre la technique en groupe. La
à la demande de l'entraîneur, les participants plient mise en pratique peut se faire seul, chaque jour ou
leurs bras avec force et respirent de f a ç o n consciente. quand cela s'avère nécessaire.
Dès que l'on maîtrise l'exercice de base, on peut diri-
ger de m a n i è r e consciente le système v é g é t a t i f : modi-
fier le rythme cardiaque, c o n t r ô l e r la respiration et Le biofeedback
bien d'autres fonctions organiques. Par biofeedback, on entend le renvoi de signaux biolo-
Cette technique est p a r t i c u l i è r e m e n t i n d i q u é e en giques : les électrode s des appareils de biofeedback
cas de troubles du sommeil. Elle peut être utile pour di- permettent de mesurer la respiration, la tension a r t é -

123
Méthodes
thérapeutiques
classiques

rielle, le rytlime cardiaque, la tension musculaire, la disparaître ensuite par des exercices. Une nouvelle
t e m p é r a t u r e du corps et les ondes cérébrales, et ces conscience du corps a p p a r a î t et on apprend à gérer ses
d o n n é e s sont ensuite t r a n s f o r m é e s en signaux op- pensées et sentiments, ainsi que leur influence sur le
tiques et acoustiques. Pour apprendre la relaxation, on comportement physique. On apprend à c o n n a î t r e ses
rend visible et audible le rythme respiratoire, la tension propres besoins et à en tenir compte.
musculaire de l'avant-bras, du front et de l'appareil L'eutonie n'est pas à considérer comme une t h é r a -
masticateur, ainsi que la résistance c u t a n é e . La tension pie, mais p l u t ô t comme une p é d a g o g i e . Elle est utile
est visualisée à l'écran sous la forme d'une courbe. en cas de contractures, de troubles v é g é t a t i f s et fonc-
Lorsque la tension musculaire change, le participant le tionnels.
voit sur l ' é v o l u t i o n de la courbe et peut ainsi mieux res- Comment ?
sentir l'état de relaxation. Le retour direct d'informa- La m é t h o d e est apprise en groupe, l'entraînement
tions lui permet d'apprendre rapidement comment in- peut être fait seul, chaque jour pendant un quart
fluencer par sa propre v o l o n t é des fonctions corpo- d'heure.
relles qui se d é r o u l e n t habituellement de façon
inconsciente.

La f a c u l t é de relaxation acquise par le biofeedback


La relaxation fonctionnelle
aide en cas de céphalées de tension, de migraine, de
selon Fuchs
troubles du sommeil, de nervosité et d'angoisses. On se base sur sa propre f a ç o n de se tenir en position
G r â c e à la d é t e n t e obtenue par le biofeedback, on assise, c o u c h é e , debout et lors de la marche pour trou-
peut diminuer l'hypertension, a t t é n u e r l'asthme et les ver des moyens de libérer des tensions. Afin d ' a c c r o î t re
troubles cardiovasculaires. On peut, en outre, rendre la sensibilité, l'attention est focalisée sur la respiration
visible le succès obtenu par les exercices de relaxation et sur la sensation d ' e x p é r i e n c e s physiques. Le soutien
et l'approfondir. offert par le sol est, par exemple, utilisé pour libérer la
Comment ? tension excessive, l'effort physique est r e m p l a c é par
Un m é d e c i n ou un p s y c h o t h é r a p e u t e apprend aux par- l'équilibre. Par le biais du mouvement et de la parole,
ticipants la manipulation de l'appareil. G é n é r a l e m e n t , les besoins et sentiments r é p r i m é s que l'on constate
10 à 25 séances de 45 minutes, de p r é f é r e n c e chaque s o i - m ê m e dans les blocages physiques sont e x p r i m é s .
jour, suffisent à arriver à la relaxation sans retour d'in- Pendant l'exercice, on s'abandonne volontairement
formations de l'appareil. Il existe é g a l e m e n t des appa- aux moindres changements de sensations et on les
reils portables pour l'utilisation à domicile. laisse agir le temps nécessaire. Le r e l â c h e m e n t et la li-
b é r a t i o n normalisent la respiration, lèvent les contrac-
tures et la tension et permettent la d é c o u v e r t e des
L'eutonie possibilités et des limites au sein du rythme personnel.
La p h y s i o t h é r a p e u t e Gerda Alexander (1908-1994) Une personne est ainsi plus à m ê m e de d é c o u v r i r les
d é v e l o p p a cette technique en partant de l'idée que sources positives qu'elle a en soi et de les exploiter.
chaque personne doit trouver son propre rythme pour Cette m é t h o d e est p a r t i c u l i è r e m e n t a p p r o p r i é e en
atteindre un é q u i l i b r e aussi grand que possible. Ceci cas de troubles respiratoires, de contractures muscu-
peut être appris en effectuant les mouvements de fa- laires, de douleur, de p r o b l è m e s digestifs et d'an-
ç o n consciente p l u t ô t que de le faire de l'habituelle fa- goisse.
ç o n automatique et m é c a n i q u e . On d é t e c t e d'abord Comment ?
les mauvaises positions assises, les mauvaises habi- Au cours des séances individuelles ou en petits
tudes dans le mouvement et les blocages dus aux groupes, on recherche avec le t h é r a p e u t e de nouvelles
contractures musculaires, on les corrige et on les fait f a ç o n s de communiquer avec le corps. Cette e x p é -

124
Les technique!
de relaxation (
de méditation

rience est ensuite t r a n s f é r é e à des situations c o n c r è t e s on dirige le regard sur un point


de tous les jours. Au lieu d'un exercice régulier, on in- d é t e r m i n é au sol, à environ un
cite à exploiter les changements sur un mode ludique. m è t r e de distance. La respira-
tion se fait légère, on peut y
faire attention, mais on n'est
La thérapie du mouvement pas o b l i g é de l'influencer. On
concentratif peut se concentrer sur un point
La perception consciente du mouvement sert de base en dessous du nombril, pendant
à cette t h é r a p i e pour apprendre à vivre de m a n i è r e que l'on regarde la flamme
plus consciente sa propre personne, sa f a ç o n de vivre d'une bougie ou des r e p r é s e n-
et ses actions. Les yeux f e r m é s , on apprend à se tations particulières (mandala),
concentrer sur le corps. Peu à peu, on parvient à ap- on peut s'absorber dans des pensées intérieures ou r é -
p r é h e n d e r le monde avec calme, car on se sent ca- péter inlassablement des mantras. Le mantra est
pable de le faire. Contrairement aux techniques d'au- c o n s t i t u é de syllabes dont le son a un effet sur les vi-
tosuggestion, on ne r é d u i t pas l'état conscient mais on brations du cerveau. Lorsque les pensées s ' é g a r e n t ,
l'exacerbe afin " d ' ê t r e p r ê t " . Cette t h é r a p i e est non l'attention est à nouveau d i r i g é e sur le point de
seulement une technique de relaxation, mais aussi une concentration. On p e r ç o i t l'arrivée de sentiments, mais
p s y c h o t h é r a p i e basée sur la psychologie des profon- on n'y p r ê t e pas attention. Il s'agit de se d é t a c h e r des
deurs. impressions sensorielles externes, pour que l'esprit se
Les exercices de perception du corps sont e f f e c t u é s d é t e n d e et que l'on se retrouve dans un é t a t d'éveil to-
en partie à l'aide d'objets et en partie avec d'autres tal qui crée en m ê m e temps une distance par rapport
participants du groupe. aux choses extérieures. Le but est d'arriver à cet é t a t
Cette m é t h o d e est p a r t i c u l i è r e m e n t a p p r o p r i é e en sans aide et de le maintenir pendant un temps.
cas de troubles fonctionnels, de maladies d'origine La m é d i t a t i o n r é g u l e l'humeur, affine l'esprit et
psychosociale, de p r o b l è m e s de contact, de névroses, augmente la confiance en soi; l'effet secondaire en est
de troubles du rythme de la vie et de crises de crois- la d é t e n t e physique. On peut ainsi préveni r les mala-
sance. dies liées au stress.
Comment ? Comment ?
La t h é r a p i e du mouvement concentratif peut être ap- Les instructions doivent être d o n n é e s par des profes-
prise individuellement avec des psychothérapeutes sionnels aussi c o m p é t e n t s que possible. Attention aux
qualifiés, mais l'apprendre en groupe est p r é f é r a b l e . groupes aux allures de sectes qui se réunissent autour
Les cours ont g é n é r a l e m e n t lieu une fois par semaine. d'un gourou (voir m é d i t a t i o n transcendantale p. 166).
Pour l'exercice, prévoir une demi-heure chaque jour,
de f a ç o n aussi régulièr e que possible, au m ê m e mo-
La méditation ment de la j o u r n é e et au m ê m e endroit.
Ces dernières a n n é e s , des é l é m e n t s de m é d i t a t i o n ont
é t é testés en clinique et il est apparu qu'ils pouvaient
contribuer à la relaxation moyennant une application
Les mindmachines
correcte. La d é t e n t e en appuyant sur un bouton, c'est ce que
On s'assied le dos droit, les jambes croisées sur un nous promet le système de m é d i t a t i o n é l e c t r o n i q u e .
coussin ou un tabouret de m é d i t a t i o n , les mains repo- Les fabricants de "mindmachines" partent de l'hypo-
sent sur les genoux ou entre les jambes, les pouces et thèse que le cerveau peut, comme un objet qui r é -
les index peuvent se toucher. Les yeux à m o i t i é f e r m é s . sonne, vibrer sous l'effet d'impulsions acoustiques et

125
Méthodes
thérapeutiques
classiques

optiques envoyée s de l'extérieur. Les mindmachines


Quelle méthode de relaxation choisir ?
sont dès lors c o m p o s é e s d'une paire de lunettes pour-
vues de diodes lumineuses à la face interne, d'un
La connaissance de soi est importante pour trouver la
casque d ' é c o u t e , d'une installation de musique et
méthode adéquate. Laissez-vous guider par vos
d'une console de c o n t r ô l e . La personne qui désire se
sentiments lors de l'essai : une bonne relation avec
relaxer s'installe confortablement, ferme les yeux et
l'entraîneur est importante et cela vaut la peine de
met les lunettes et le casque. Selon le r é g l a g e , les
persévérer.
rayons lumineux clignotent, les t o n a l i t és r é s o n n e n t , de
la musique ou des murmures se suivent sur un mode Si vous ne vous sentez pas entravé par les règles et
tranquille ou selon des f r é q u e n c e s variées. On peut les que vous aimer suivre en toute confiance certaines
m é l a n g e r à v o l o n t é et en guider le rythme. Une séance prescriptions, les méthodes suivantes vous plairont car
de ce genre dure g é n é r a l e m e n t une demi-heure. elles suivent des règles strictes :
• le training autogène (voir p. 123); ^
Les appareils pour l ' e n t r a î n e m e n t à domicile c o û -
• la relaxation selon Jacobson (voir p. 123);
tent de 15 000 à 50 000 francs et une séance dans un
• le qigong (voir p. 160).
"brain-studio", environ 800 francs. Les fabricants de
Êtes-vous du genre à ressentir les règles comme un
ces appareils promettent la d é t e n t e , la diminution du
carcan et préférez-vous prendre vos propres
stress, la l i b é r a t i o n de l'esclavage, l'augmentation de
responsabilités, suivre votre volonté, vous fier à votre
la concentration et bien d'autres choses encore. Les
instinct ? Votre choix se portera alors plutôt sur :
preuves de l'utilité se font cependant encore attendre.
Selon l ' é t u d e d'envergure faite par l'association alle- • le biofeedback (voir p. 123);

mande des consommateurs, la relaxation obtenue • La méthode Feldenkrais de groupe (voir p. 215);
g r â c e à la mindmachine n'est pas s u p é r i e u r e à celle • la relaxation fonctionnelle selon Fuchs
obtenue en é c o u t a n t de la musique. (voir p. 124);
>• Attention : les personnes sensibles à la l u m i è r e et • l'eutonie (voir p. 124);
les enfants ne peuvent utiliser ce genre d'appareil; • la thérapie du mouvement concentratif
pour les personnes souffrant d'affections cardiovascu- (voir p. 125).
laires, d ' é p i l e p s i e, de psychose latente, le danger de Êtes-vous du genre peu actif, aimez-vous vous faire
r é s u r g e n c e a i g u ë de la maladie existe. Ceci peut s'ac- gâter et soigner ? Préférez-vous céder le contrôle à
compagner de nervosité , de stress et de crispation. autrui et vous livrer en toute confiance au
thérapeute ? Votre choix se portera alors sur :
• le massage (voir p. 68);
— Indications • la méthode Feldenkrais individuelle (voir p. 215);
• l'hypnothérapie (voir p. 132).
L'apprentissage de techniques de relaxation est utile :
Êtes-vous un chercheur, quelqu'un qui prend ses
• dans un é t a t d ' i n q u i é t u d e i n t é r i e u r e a c c o m p a g n é e
responsabilités même dans des situations extrêmes ?
de tension spasmodique engendrant, entre autres,
Votre préférence ira alors vers :
l'insomnie, les p r o b l è m e s d ' a p p é t i t , les troubles v é g é -
• le training autogène (voir p. 123);
tatifs, les palpitations cardiaques, les tensions muscu-
• le yoga (voir p. 167);
laires, les plaintes de l'appareil locomoteur;
• les techniques méditatives (voir p. 125)
• en cas de maladies psychosomatiques comme les ul-
La thérapie respiratoire (voir p. 128) est
cères gastro-duodénaux, l'asthme, la névrodermite, la mi-
complémentaire de toutes les méthodes précitées et
graine, la névrose cardiaque et les douleurs menstruelles;
convient à toutes les personnes.
• lors d ' é t a t s convulsifs d'origine organique (excepté
l'épilepsie);

126
Les technique
de relaxation
de méditatior

Comparaison entre techniques de relaxation et de méditation

En principe, on ne peut s'attendre au succès que si la technique a été enseignée


par des professionnels qualifiés et si elle est exercée de façon durable.

Techniques de relaxation Méditatio n

• Position : détendue et confortable. • Position : détendue et tendue en même temps, donc


On se couche sur le dos, en position mi-couchée ou en pas facile. Il est important que la colonne vertébrale soit
position du cocher. bien droite; la place des bras et des jambes diffère selon la
tradition.

• Pratique : on se concentre sur le corps en général, sur • Pratique : par le biais de différentes techniques auxiliai-
certaines parties du corps ou sur la respiration. On res, on atteint l'état de veille désiré. On n'influence pas la
influence la respiration et on procède étape par étape respiration et on ne prête pas attention aux perceptions
selon les instructions données. sensorielles et aux sentiments pour pouvoir "vider l'esprit".

• Conscience : le conscient est réprimé. On peut évoquer • Conscience : la conscience est en état d'alerte et de
des images "soft", comme la lune au-dessus de la mer, un vivacité accrue.
champ de fleurs.

• But : le but est la détente physique et mentale. Elle • But : le but de la méditation est de vivre une sensation
reste en surface et ne mène pas à un élargissement de religieuse de "vide" ou de proximité de Dieu. L'effet
l'état conscient. secondaire en est un plus profond repos, plus de confiance
en soi et de calme.

• Action : ces techniques agissent par l'intermédiaire du • Action : le processus se déroule dans les profondeurs
système végétatif, qui passe du système sympathique au du vécu spirituel. Ceci mène également à la relaxation
parasympathique. Beaucoup de personnes atteignent par physique et permet d'émerger de la routine de chaque
cette relaxation profonde des images intérieures qu'elles jour.
n'auraient pu vivre dans la course effrénée de tous les
jours et arrivent donc au "centre intérieur".

• Exercice : l'apprentissage et l'exercice des techniques • Exercice: il faut se confier à un professeur sérieux.
peut se faire en prenant des cours, en groupe ou seul. L'exercice se fait en groupe ou seul. La méditation n'est
Quelques semaines ou mois suffisent pour les maîtriser. pas un processus rapide : la maîtriser peut prendre des
années.

127
Méthodes
thérapeutiques
classiques

• lors de conflits au travail, de p r o b l è m e s relationnels • L'offre de sous-culture p s y c h o t h é r a p e u t i q u e et éso-


et de chagrin suite à une s é p a r a t i o n ou un deuil. t é r i q u e est é n o r m e , mais les d o n n é e s manquent pour
• La d é t e n t e peut diminuer la prise de m é d i c a m e n t s confirmer l'efficacité d'une technique de relaxation en
(par exemple en cas d'hypertension). particulier et mesurer cette efficacité.
Mieux vaut insérer l'exercice dans le programme nor- L'appellation " m é d i t a t i o n " est souvent u s u r p é e par
mal d'une j o u r n é e et le mettre en œuvre régulièrement certaines offres qui m é l a n g e n t des é l é m e n t s de di-
en se retirant dans un endroit tranquille. L'apprentissage verses cultures et m é t h o d e s et qui promettent d'ouvrir
d'une technique de relaxation peut prendre des semaines la voie vers la relaxation et le "centre i n t é r i e u r " .
ou m ê m e des mois. Plus tard, cela devient "automa- • En E x t r ê m e - O r i e n t , la m é d i t a t i o n est é t r o i t e m e n t
tique" et cette faculté ne se perd plus jamais totalement. liée aux s y s t è m e s religieux et philosophiques et
• La t h é r a p i e du mouvement concentratif, tout constitue un é l é m e n t fondamental de l ' h y g i è n e men-
comme le training a u t o g è n e , la relaxation fonction- tale. La m é d i t a t i o n y est c o n s i d é r é e comme un
nelle et la m é d i t a t i o n , est une é b a u c h e de traitement moyen de purifier l'esprit et d'atteindre les couches
psychothérapeutique. s u p é r i e u r e s de la conscience. Loin de cette c o h é s i o n
Limites de l'application d'origine, cette m é d i t a t i o n est souvent utilisée en Oc-
• Les personnes qui ne sont pas assez attentives aux cident comme "gymnastique spirituelle", ce qui la
stimuli de douleur ou qui ne sont pas assez m o t i v é e s d é n a t u r e . Comme l'apprentissage de ces techniques
pour v é r i t a b l e m e n t changer quelque chose à leur fa- ne se fait g é n é r a l e m e n t pas dans les règles de l'art et
ç o n d ' ê t r e ne verront pas leur e n t r a î n e m e n t c o u r o n n é qu'elles ne sont pas mises en œ u v r e avec l'attention
de succès. En p é r i o d e de crise, l'apprentissage de tech- et la c o m p r é h e n s i o n nécessaires de la culture qui les
niques de relaxation prend plus de temps. a g é n é r é e s , elles ne peuvent procurer l'effet sou-
• Pour les personnes souffrant de névrose d'an- haité.
goisse, de sentiment d ' i n f é r i o r i t é , d'hypochondrie, de
dépression profonde et de tendances suicidaires, l'ap-
— Conseil
prentissage de techniques de relaxation n'est pas indi-
q u é . Les toxicomanes ne devraient s'entraîne r q u ' à Les techniques de relaxation sont à conseiller en cas de
l'occasion d'un séjour à l ' h ô p i t a l . troubles de fonctions organiques, de troubles v é g é t a -
tifs et de crispation. La m é d i t a t i o n correctement effec-
t u é e est à conseiller pour d é t e n d r e et pour élargir
— Risques
l'état de conscience.
• La relaxation ne résou t pas les p r o b l è m e s . La "re-
laxation spirituelle" peut être mal utilisée comme fuite
ou comme m a n œ u v r e de diversion. Dans ce cas, la re-
laxation paralyse l'initiative.
• La m é d i t a t i o n est f r é q u e m m e n t exercée dans des
La thérapie respiratoire
groupes aux allures de sectes. Ceci peut e n t r a î n e r un
danger de d é p e n d a n c e spirituelle.
— Historique
Dans la bible, l'histoire de la c r é a t i o n commence au
— Critique
moment o ù Dieu insuffle la vie à l'être qu'il a créé de
• Une é t u d e comparative a révélé que les techniques ses propres mains. Bien d'autres mythes sur la c r é a t i o n
de relaxation les plus efficaces é t a i e n t la relaxation se- se basent sur l'image de ce souffle qui apporte la vie.
lon Jacobson et le biofeedback. Depuis plus de 2 000 ans, on sait qu'une bonne respi-

128
La thérapie
respiratoire

Dans la culture occidentale, on envisage la gymnas-


tique respiratoire lors de traitement d'affections bron-
chiques et pulmonaires. Peu à peu, l'idée de "travailler
la respiration" gagne du terrain en tant que moyen
t h é r a p e u t i q u e contre les troubles fonctionnels et les
p r o b l è m e s psychiques, lise Middendorf, professeur de
gymnastique et d'art plastique, a d é v e l o p p é une t h é -
rapie respiratoire particulière qui met l'accent sur la
perception propre de la respiration et de l'expérience.

— Concept de base
Le fait de respirer est un processus inconscient. La res-
piration ne devient perceptible qu'en cas de très
grande joie, de détresse mentale ou quand on a atteint
les limites de son niveau de prestation. On peut égale-
ment la guider comme bon nous semble : respirer len-
tement ou plus vite, p r o f o n d é m e n t ou en la retenant.
De nos jours, rares sont les gens qui respirent correcte-
ment d'instinct : m ê m e les petits enfants sont souvent
déjà crispés et respirent de f a ç o n "plane", tandis que
les adultes m è n e n t souvent une vie de "tension à court
d'haleine", sans rythme ou pause, au point de "man-
ration est la condition d'une santé physique, mentale quer d'air". Les v ê t e m e n t s serrés et l'obésité, une ma-
et spirituelle. En Inde, des écoles de respiration pour nière crispée de s'asseoir, les mauvaises postures, le
professeurs de yoga se d é v e l o p p è r e n t p a r a l l è l e m e n t manque de mouvement et la tension permanente, la
au bouddhisme; au Japon, des pratiques respiratoires course folle de la vie et les p r o b l è m e s irrésolus coupent
virent le jour dans la philosophie zen. Dans les deux le souffle à beaucoup de gens. Le but de la t h é r a p i e res-
cas, le but était une croissance mentale et personnelle piratoire est de r é a p p r e n d r e à respirer calmement et r é -
et une orientation religieuse. g u l i è r e m e n t , pour a m é l i o r e r l ' o x y g é n a t i o n du corps,

Au d é b u t de notre ère, les écoles de pneumatologie pour reprendre une attitude naturelle et pour d é m a n -

d'Asie Mineure et de Grèce enseignaient une f a ç o n teler les é m o t i o n s négatives afin de résoudre les

saine de respirer. Il y a un siècle, Ofto Hanisch (1854- troubles fonctionnels et les p r o b l è m e s psychiques.

1936) importa ces techniques respiratoires en Europe


Centrale, o ù elles furent encore d é v e l o p p é e s . La danse
— Traitement et pratique
et la k i n é s i t h é r a p i e , les mouvements f é m i n i s t e s , la psy-
chosomatique et la p s y c h o t h é r a p i e ont encore in- Les personnes atteintes de maladies des voies respira-
f l u e n c é le d é v e l o p p e m e n t ultérieur des d i f f é r e n t e s m é - toires doivent accorder une attention particulière à ces
thodes de t h é r a p i e respiratoire. organes : les muqueuses doivent toujours être hu-
Situation actuelle mides. Ceci signifie arrêter de fumer, toujours bien a é -
Au Japon et en Chine, les exercices respiratoires et rer une pièce et respirer par le nez.
physiques font actuellement partie des prescriptions Au d é b u t de la t h é r a p i e respiratoire, on cherche le
a p p l i q u é e s en m a t i è r e de s a n t é (voir p. 128). rythme de sa propre respiration, sa vitesse et son mou-

129
Méthodes
thérapeutiques
classiques

vement. Pour a m é l i o r e r la respiration, il existe diverses gistre vocal, la t o n a l i t é , le rythme, les vibrations... Les
méthodes. orateurs et les chanteurs sont f o r m é s selon cette m é -
thode.
C o n t r ô l e conscient de la respiration Le mode d'expression vocal joue en outre un rôle
L'attention est consciemment fixée sur la correction de important lors des exercices visant à libérer des senti-
la respiration. On exerce d'abord l'expiration, ce qui ments cachés.
stimule le centre respiratoire, et ensuite la f a ç o n cor- Lors de l ' é t i r e m e n t et du b â i l l e m e n t , lors de la posi-
recte de respirer, qui e n t r a î n e la respiration abdomi- tion debout, assise, c o u c h é e , lors du balancement et
nale et diaphragmatique. de la flexion d e m a n d é s par le t h é r a p e u t e , la respira-
Cette technique est surtout a p p r o p r i é e pour les tion change d ' e l l e - m ê m e . Une profonde réflexion
sportifs et pour les personnes dont la respiration est li- avant et après l'exercice et la collaboration d'un parte-
m i t é e par des affections des voies respiratoires. naire ou d'un groupe augmentent l'effet. Cette m é -
thode est a p p r o p r i é e lors de mauvaises postures, de
C o n t r ô l e mi-conscient de la respiration respiration incorrecte, de troubles fonctionnels et
Lors de la respiration, les recommandations d'un t h é - d'entraves psychiques.
rapeute vous aident à en suivre le d é r o u l e m e n t : l'air Le t h é r a p e u t e peut pousser les participants à expri-
"est inspiré, on laisse aller et on attend qu'il revienne mer leurs états d ' â m e par le biais de jeux de mime, de
de l u i - m ê m e " . On dirige l'attention et la respiration mouvements et de contacts physiques avec le groupe.
vers des parties d é t e r m i n é e s du corps et on les y ras- Il sort les personnes "de leur réserve" et il souligne et
semble. La respiration s'élargit de f a ç o n arbitraire, la
perception de l'espace change. On vit son corps
comme s'il était nouveau et " d é t a c h é " . Une position
de base interne et externe é q u i l i b r é e , une nouvelle
"conscience naissante" s'installe.
L'eutonie (voir p. 124) et la relaxation fonctionnelle
(voir p. 124) se basent sur ce c o n t r ô l e mi-conscient de
la respiration.
Ces techniques respiratoires et de relaxation in-
fluencent de m ê m e f a ç o n le corps et l'esprit, et sont
a p p r o p r i é e s pour les personnes stressées, assoiffées de
prestation et s u r m e n é e s . En m ê m e temps que la "ca-
rapace musculaire", les crispations intérieures se relâ-
chent. guide correctement leur "langage respiratoire". Il doit
Katharina Schroth a d é v e l o p p é la m é t h o d e de res- aussi être capable, le cas é c h é a n t , de gérer les senti-
piration mi-consciente à l'intention plus particulièr e ments qui jaillissent ensemble avec les participants, de
des personnes souffrant de scoliose : les exercices res- sorte à pouvoir les i n t é g r e r dans la vie de tous les jours.
piratoires peuvent à un certain point contrer la malpo- Cette f a ç o n de p r o c é d e r est é g a l e m e n t i n d i q u é e en
sition des côtes et des muscles p r o v o q u é e par la mala- cas d'entraves psychiques, de troubles fonctionnels et
die, et faciliter la respiration. de mauvaises positions corporelles.
La danse, les exercices avec des partenaires et les
D é r o u l e m e n t inconscient de la respiration jeux de groupe peuvent, pour les t h é r a p i e s précitées,
Le d é r o u l e m e n t de la respiration est indirectement in- a m é l i o r e r encore la f a c u l t é d'adaptation de la respira-
f l u e n c é par la voix. La sensation est e x p r i m é e par le re- tion.

130
La thérapie
respiratoire

La t h é r a p i e respiratoire peut être suivie en séances in- G r â c e aux exercices respiratoires ciblés et à la percep-
dividuelles ou en groupe. G é n é r a l e m e n t , on s ' e n t r a î ne tion propre du corps, on peut a c q u é r i r à nouveau la
une fois par semaine et on s'exerce r é g u l i è r e m e n t respiration involontaire correcte.
pendant quelques mois. La respiration participe à tous les système s r é g u l a -
teurs de l'organisme. Lors de la respiration, le sys-
Massage respiratoire manuel t è m e v é g é t a t i f , l'action volontaire et la p o u s s é e é m o -
Le massage est p r é p a r é par des effleurements des tis- tionnelle collaborent. Les sollicitations physiques et
sus. Le diaphragme réagit avec une activité accrue aux mentales influencent é g a l e m e n t la respiration. Les
percussions et aux manipulations de stimulation dou- exercices respiratoires agissent à trois niveaux : le
loureuses. A p r è s la douleur vient la d é t e n t e et la respi- tissu pulmonaire se d é v e l o p p e mieux, le c o n t r ô l e bio-
ration suit un rythme arbitraire. Les stimulations cuta- logique de la respiration est i n f l u e n c é et des tensions
nées, musculaires et douloureuses influencent la respi- musculaires peuvent ê t r e levées. Les exercices per-
ration par le biais des réflexes. L'attouchement d é v o u é mettent de c o n s i d é r e r d i f f é r e m m e n t le s c h é m a cor-
d'une autre personne participe aussi à l'action de re- porel et peuvent mener à une nouvelle approche de
laxation en profondeur. On peut ainsi a t t é n u e r les soi.
troubles respiratoires et digestifs, l ' i n q u i é t u d e et les
troubles du sommeil.
Indications
Gymnastique ou k i n é s i t h é r a p i e respiratoire La thérapie et le massage respiratoire au sein de la ki-
Des mouvements d é t e r m i n é s d ' é t i r e m e n t , de flexion nésithérapie sont utiles comme traitement de soutien
et d ' é q u i l i b r e influencent la f a ç o n de respirer par la lors d'affections des voies respiratoires et a p r è s de
voie réflexe. Au ralenti, on passe de la position de relâ- lourdes interventions chirurgicales, ainsi que pour la
chement à celle de soutien, et on maintient cette posi- p r é p a r a t i o n à l'accouchement. Ils permettent d ' é v i t e r
tion le plus longtemps possible en respirant, pour en- et de contrer une mauvaise respiration, les troubles
suite retourner à la position de d é p a r t . Le souffle pro- locomoteurs, les troubles v é g é t a t i f s et de la presta-
fond après l'exercice est le signe des nouvelles f a c u l t é s tion cardiaque, les p r o b l è m e s digestifs, d ' a m é l i o r e r la
respiratoires acquises. tension artérielle et d ' a t t é n u e r les troubles psy-
La gymnastique respiratoire aide les personnes at- chiques légers.
teintes d'affections bronchiques chroniques et L'application se fait g é n é r a l e m e n t à l ' h ô p i t a l ou
d'asthme. L'apprentissage se fait a u p r è s d'un kinési- dans un cabinet privé sur prescription m é d i c a l e .
t h é r a p e u t e et l'exercice doit être quotidien. Elle aug- La thérapie respiratoire peut traiter les p r o b l è m e s
mente la c a p a c i t é pulmonaire et soulage les plaintes. de voix et les troubles psychosomatiques, r é g u l er la vie
sentimentale, influencer les d é g â t s p r o v o q u é s par une
mauvaise posture, aider à évacuer le stress et les an-
— Explication de l'action
goisses. C'est une mesure de s a n t é p r é v e n t i v e qui est
Une inspiration fait p é n é t r e r cinq litres d'air (et plus) a p p l i q u é e comme soutien de processus de d é v e l o p p e -
dans nos poumons. A p r è s l'expiration, il reste un litre ment et de changement de comportement.
d'air résiduel. Une respiration plane n'utilise pas tota- Limites de l'application
lement la c a p a c i t é pulmonaire; le corps reçoit trop peu La t h é r a p i e respiratoire ne peut être a p p l i q u é e en cas
d ' o x y g è n e , ce qui entrave la sensation de b i e n - ê t r e . de troubles sévères d'ordre physique ou psychique.
Lorsque la prestation pulmonaire est d i m i n u é e par la Le succès de la t h é r a p i e respiratoire d é p e n d tou-
maladie, l'exercice respiratoire permet de sauvegarder jours de la collaboration du patient/client.
ou d'augmenter la prestation résiduelle.

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