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Les élèves stigmatisés réussissent-ils

moins bien à l’école ?


vintagevonnie
Publié le 3 décembre 2013 / 8 commentaires
« Les attentes positives ou négatives des enseignants concernant les capacités de leurs
élèves pourraient avoir un impact sur leurs performances ».
C’est à partir de cette hypothèse que deux psychologues américains ont mis au point dans
les années 60 une expérience bien connue en psychologie sociale. Il y a plus de 40 ans,
Rosenthal et Jacobson supposent en effet que si des enseignants croient leurs élèves plus
intelligents qu'ils ne le sont réellement, ces derniers pourraient vraiment devenir plus
performants. C’est ce que l’on appelle en psychologie sociale « l’effet Pygmalion », ou
prophétie auto-réalisatrice.
L’expérience est la suivante : les deux psychologues font passer un test intellectuel aux
élèves d’une classe de primaire. Les instituteurs sont informés des résultats des tests et on
leur dit que ces résultats permettent de prédire le développement intellectuel à venir des
enfants. En réalité, ce test est bidon. Il est un prétexte pour répartir de façon aléatoire les
élèves en 2 groupes : un groupe dit « d’enfants à potentiel » et un groupe « d’enfants sans
potentiel ». L’idée étant de créer chez les enseignants des attentes positives envers le groupe
« à potentiel ». Pour mesurer l’effet de ces attentes sur les comportements, les auteurs ont
fait passer un vrai test de QI aux enfants avant et après l’expérience. Ils ont recueilli
également les évaluations des enfants par les instituteurs.
Les résultats de l’expérience confirment l’hypothèse de départ puisque les attentes positives
des instituteurs vis-à-vis de certains élèves se traduisent par des notes plus élevées chez ces
élèves. Mais le plus surprenant, c’est que les élèves à « haut potentiel » ont vu leur QI
augmenter de façon plus significative que l’autre groupe.
Voici comment les psychologues interprètent ces résultats : d’une part, les attentes des
instituteurs peuvent biaiser leurs évaluations et faire augmenter les notes. Mais surtout, les
instituteurs émettent sans s’en rendre compte des comportements qui développent la
confiance et surtout la motivation à apprendre chez les élèves pour lesquels ils ont des a
priori positifs. Ces derniers sont traités différemment par les enseignants qui ont tendance,
de façon involontaire, à plus les encourager, à faire preuve de plus de patience  et à leur
donner plus de retours sur leur travail.
Autrement dit, les a priori positifs font augmenter l’attention sociale donnée aux bons
comportements des élèves supposés meilleurs. C’est cette attention sociale qui est en grande
partie responsable d’une augmentation de leur motivation pour les apprentissages.
Une telle théorie permettrait notamment d’expliquer que des élèves stigmatisés réussissent
moins bien à l’école. C’est le cas par exemple des élèves d’origine sociale modeste, les
élèves d’origine étrangère ou encore les élèves filles dans les matières scientifiques qui ont
la réputation d’être scolairement moins performants. Par « l’effet Pygmalion », les attentes
de l’enseignant concernant ces élèves ont tendance à se confirmer. L’enseignant se retrouve
alors conforté dans ses a priori, entretenant de façon circulaire la stigmatisation.