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QUI A TUÉ

SOCRATE ?
la parole est à la défense (3/4)
Dans l’Apologie de Socrate, Platon retranscrit le discours de défense oratoire que donne Socrate lors de
son procès, où il est accusé d’une part de corrompre la jeunesse athénienne, et d’autre part de ne pas croire
aux dieux de la cité et de divulguer des extravagances sur les démons. Sa prise de parole sera alors, plus
qu’une défense personnelle, une sorte d’accusation, qui ne jouera pas en sa faveur de condamné, mais aura le
mérite d’être brillamment construite philosophiquement.

Socrate, en quête de vérité, compte révéler ce qui est, et non convaincre son auditoire. Il assume donc
son accusation comme plaidoyer de ce qu’il représente vraiment. Et la réelle accusation profonde de Socrate,
qui est sûrement ce qui lui est reproché implicitement, est celle de la démocratie.
La démocratie est fondée sur deux principes : l’iségorie, qui accorde un droit de parole égal à tous, et l’isonomie,
qui promet à chacun une relation égale à la loi. L’iségorie provoque la rhétorique, car en un temps donné
l’orateur doit convaincre son auditoire mieux que ses adversaires. Son but n’est pas d’avoir raison, mais de
gagner. Or la seule quête de Socrate est celle de la vérité : il ne cherche pas à persuader, mais à éviter à tout
prix l’ignorance, ou pire, la croyance en une idée fausse. Ainsi son discours au tribunal n’est pas commun, en ce
qu’il n’emploie pas la rhétorique pour faire pencher son auditoire de son côté, mais s’obstine à dire la pure
vérité. (cf. le Gorgias, critique de la rhétorique politique)
L’isonomie quant à elle fonde la politique démocratique sur des lois écrites, qu’on pourrait décrire comme un
ensemble d’opinions codifiées. En effet la démocratie est un régime dans lequel c’est l’opinion (doxa) qui prime
et qui gouverne. Or en se fondant sur la doxa, la démocratie est coupée de la compétence. Cette incompatibilité
néfaste est décrite dans l’analogie entre la cité et le navire, que reprend l’ouvrage Le Politique. Dans cette
image le navire est mené par les matelots ; ils ne s’occupent pas du pilote, qui est compétent, mais cherchent
plutôt à gérer eux-mêmes, en votant et appliquant l’opinion dominante. En situation de crise, lors d’une tempête,
c’est le capitaine qui saurait gérer le navire, cependant au vu du système de «  démocratie  » employé sur le
bateau, ce sont les matelots qui tentent de gérer ; leur incompétence voue ici la croisière à l’échec. Socrate, à
travers la voix de Platon, démontre donc que l’opinion ne peut pas être une base en politique, elle est une affaire
de connaissances et de compétences. De plus, l’immuabilité et la permanence des lois écrites asservissent la
pensée et l’intelligence. La démocratie empêche donc de penser et annihile tout savoir.
La démocratie est également par essence le régime de la liberté : elle permet à chacun de satisfaire ses désirs,
quels qu’ils soient et sans condition. L’  «  homme démocratique  » tel que décrit dans le livre huit de La
République, suit d’instinct ses désirs sans les remettre en question ni les classifier, il vit d’un enchaînement de
plaisirs sans logique ou lien apparent, et s’estime heureux, satisfait. À première lecture, ce mode de vie en
démocratie paraît agréable, et c’est ainsi que Socrate qualifiera ce régime du «  moins pire  ». Mais à plus y
creuser le philosophe livre derrière une critique acerbe : la liberté de licence (faire ce que je veux) octroyée par
la démocratie inclut donc tout sans distinction, y compris son contraire, son auto-accusation, son
autodestruction… L’absence de limites de la liberté qu’accorde ce régime contribue donc à sa propre perte.

Socrate répond dans son apologie à ses différents chefs d’accusation, dont le principal est d’enseigner à
la jeunesse des connaissances impies, notamment à propos des démons, et amorales.
Accusé de corrompre la jeunesse, Socrate déclare  : « je  n’ai jamais promis […] d’enseigner rien qui
s’apprenne  ». Cette formule fait référence à la conception sophistique de l’enseignement, dénoncée dans Le
Banquet : enseigner un savoir ne revient pas à transvaser du contenu du maître vers l’élève, pur réceptacle. Au
contraire, selon Socrate, « enseigner, c’est se souvenir » (Le Ménon), c’est-à-dire guider l’élève vers un savoir
qu’il possède déjà, mais qu’il doit être en mesure d’exploiter. Ici le « maître » n’a donc pas le rôle de donneur de
leçons, et c’est en cela que Socrate réfute son accusation  : il ne peut pas corrompre la jeunesse s’il n’est
vecteur d’aucune connaissance à transmettre, à proprement parler. De plus il faudrait avoir l’audace de se
prétendre sachant, et savant, pour enseigner, ce que Socrate refuse totalement.
Cependant, lors de son apologie, il transmet quand même une leçon, mais celle-ci a plus la portée d’accusation
que d’enseignement dans sa forme. Il objecte aux Athéniens d’accumuler richesses et biens matériels, quand la
seule véritable richesse est l’excellence, la vertu. Pour Socrate, la seule quête, la seule recherche à poursuivre
est la compréhension de l’homme, la philosophie. Sa vie n’a donc de sens que si elle est motivée par cette
quête.

Finalement condamné à mort, Socrate ne considère pas avoir perdu pour autant, et aujourd’hui encore
nous pouvons dire que la mort de Socrate est une victoire pour la philosophie.
Ayant expliqué l’essence propre guidant toute sa vie, il annonce donc qu’à vivre en se taisant, en ne
philosophant plus, il préfère mourir. Il n’estime donc pas que la mort soit une perte en soit, d’autant que la
craindre reviendrait à prétendre qu’on connaît ce qu’elle nous annonce, alors que nous l’ignorons. Socrate
préfère donc ne pas juger la mort, et même l’envier si elle lui permet d’échapper à une vie dénuée de sens, ou
s’il doit devoir la vie à une défense rhétorique contraire à ses principes.
L’Apologie de Socrate est un fondement du texte de défense, un procès emblématique. Le principe de défense
sous forme d’accusation créé est un exemple encore beaucoup étudié et joué. Plus que cela encore, ce
discours marque le début de la philosophie, en s’opposant à la rhétorique, et la quantité de successeurs de
Socrate nous permet d’affirmer que sa mort, ayant permis son apologie, est bel et bien une victoire.

Ouvrages cités : Apologie de Socrate, Gorgias, Le Politique, La République, Le Banquet et Ménon : ouvrages
écrits par Platon qui retraduisent ou s’inspirent de la pensée de Socrate

plan :
Socrate accuse la démocratie
VÉRITÉ une quête de la vérité en contradiction avec le
fonctionnement du tribunal (rhétorique)
COMPÉTENCE une politique d’opinion incompatible avec
la connaissance = échec
LIBERTÉ un régime de la liberté voué à s’autodétruire

Socrate n’enseigne pas


SOPHISME n’enseigne pas comme un sophiste
SOUVENIR ne prétend pas savoir mais dialoguer
RICHESSE accusation comme seule leçon

la mort de Socrate est une victoire


CONSTANCE mort comme nécessité de vie
EMBLÈME procès fondateur de la défense
CRÉATION naissance de la philo contre la rhétorique