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BLIN Marie M1 RICI

COÛTÉ Anaïs 2010/2011

 
 
 
 
 
 
 
 
Aide au développement
Haïti

Professeur : Mr F. Nohra

Université Charles de Gaulle-Lille 3


- TABLE DES MATIERES -  
I. OBJET D’ETUDE  4 

II. FICHE PAYS  5 
A. ÉVENEMENTS POLITIQUES  5 
B. LOCALISATION ET GEOGRAPHIE  5 
C. HAÏTI : UN PAYS MALMENE  6 
D. FICHE PAYS  7 
E. INSTITUTIONS POLITIQUES  8 
F. ENVIRONNEMENT GEOPOLITIQUE  8 

II. INDICATEURS STATISTIQUES  10 
A. PIB ET PIB/HABITANT  10 
B. DANS LA MEME REGION : REPUBLIQUE DOMINICAINE.  10 
C. REPARTITION ENTRE LES DIFFERENTS SECTEURS D’ACTIVITE  11 
D. REPARTITION DE L’EMPLOI  11 
E. POPULATION ACTIVE  12 
F. EXPORTATIONS ET IMPORTATIONS  12 
G. LES FLUX DE CAPITAUX  13 
1. INVESTISSEMENTS DIRECTS ETRANGERS  13 
2. TAUX DE COMMERCE  14 
3. DETTE HAÏTIENNE  14 
4. FLUX DE CAPITAUX ET IMPORTANCE DE LA DIASPORA HAÏTIENNE  15 
5. AUTRES PARTENAIRES EXTERIEURS  16 
6. INDICATEURS DE DEVELOPPEMENT  16 

III. POLITIQUE ECONOMIQUE  19 
A. APERÇU HISTORIQUE  19 
B. POLITIQUE FISCALE  19 
C. POLITIQUE COMMERCIALE  20 
D. POLITIQUE MONETAIRE  21 
E. POLITIQUE BUDGETAIRE  21 

IV. POLITIQUE D’INVESTISSEMENT  23 
A. STRATEGIE GLOBALE EN MATIERE D’INVESTISSEMENT ET SECTEURS PRIORITAIRES D’INVESTISSEMENT
  23 
B. INVESTISSEMENT DANS LE CAPITAL HUMAIN  23 
C. RESISTANCES ET OBSTACLES A LA POLITIQUE D’INVESTISSEMENT  24 
D. OBSTACLES ECONOMIQUES ET CULTURELS  24 

V. EVOLUTION DE LA POLITIQUE ECONOMIQUE  26 

CONCLUSION  27 

ANNEXES  28 

SOURCES  41 

  2 
  3 
I. OBJET D’ETUDE

Nous avons choisi d’étudier la situation d’Haïti, de 1994 à 2004. En effet, ce pays a connu
de nombreux régimes politiques et son économie a rencontré de nombreuses difficultés.
La République d'Haïti fait partie des Grandes Antilles1. Elle occupe le tiers occidental de
l'île d'Hispaniola (soit 28 000 km2 environ), et sa capitale est Port-au-Prince. C’est la révolte des
esclaves de Saint-Domingue qui est à l'origine de la création de la République d'Haïti, qui devient
en 1804 la première république indépendante de population majoritairement noire après
l'abandon de l'île par l'armée de Napoléon Bonaparte. Haïti est aussi le seul pays francophone
indépendant des Caraïbes ainsi que le premier pays noir à prendre son indépendance seul.
C’est l'un des pays les plus pauvres et les plus désorganisés du monde, avec pourtant les
mêmes conditions naturelles de départ que sa voisine, la République Dominicaine, qui
comparativement vit plutôt bien grâce au tourisme. Surnommé "la perle des Antilles", il fut un
temps le pays le plus visité de l’archipel.
Sur le plan politique, Haïti connaît une très grande instabilité. Entre 1994 et 2004, le pays
a connu trois présidents et deux coups d’Etat, le tout sous le contrôle des Etats-Unis.
Le Ministère du Commerce et de l’Industrie ainsi que le Ministère de l’Economie et des
Finances sont les principaux organes d’élaboration des politiques économiques haïtiennes.
Malgré tout, l’économie nationale repose énormément sur l’aide internationale, c’est pourquoi
Haïti participe à de nombreux groupements régionaux et organisations multilatérales :
l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), l’Organisation des Nations Unies (ONU), le
Fonds Monétaire International (FMI), la Banque mondiale, la Communauté et marché commun
de la Caraïbe (CARICOM), l’Association des États de la Caraïbe (AEC), et la Zone de Libre-
Échange des Amériques (ZLEA).

En voyant les difficultés rencontrées par la République d’Haïti et sa dépendance face aux
aides internationales, nous nous sommes demandé quels ont été les projets et actions mis en place
par le pouvoir haïtien dans l’objectif d’améliorer la situation du pays.

                                                        
1
 Voir annexe 1 

  4 
II. FICHE PAYS

A. ÉVENEMENTS POLITIQUES

Le pays a connu de nombreux troubles politiques durant la période de 1994 et 2004.

Jean-Bertrand Aristide remporte les élections présidentielles le 16 décembre 1990 par 67%
des voix. Malgré l’espoir redonné au peuple haïtien par son accession à la présidence de la
République, il sera renversé par la junte militaire dirigée par le général Raoul Cédras, le 29
septembre 1991. Ce coup d’état fut soutenu par la CIA et le gouvernement de George Bush.

Le 19 septembre 1994, et avec le soutien du Conseil de sécurité des Nations unies, les
Etats-Unis, sous la présidence de Bill Clinton, débarquèrent en Haïti avec 20 000 soldats. Cette
venue fait suite à une visite de l’ancien président Jimmy Carter et du général Colin Powell. Le 15
octobre 1994, le président Aristide est rétabli dans ses fonctions, qu'il laisse à son proche René
Préval, élu à la présidence de la République le 17 décembre 1995. En effet, le mandat d'Aristide
touchait à sa fin et la Constitution Haïtienne ne l’autorisait pas à briguer un second mandat
consécutif.

Des élections législatives sont organisées en mai 2000. Malgré un scrutin entaché
d’irrégularités et du boycott de l’opposition, Aristide est proclamé vainqueur de l’élection
présidentielle avec 91 % des suffrages exprimés. Le pays plonge alors à nouveau dans une
situation des plus confuses.

A partir de 2001, de nouveaux troubles apparaissent : des conflits entre partisans et


opposants au gouvernement sont de plus en plus fréquents, la police s'attaque alors aux deux
parties avec violence. En 2003, l’opposition s’organise. Sous la pression de militaires français et
de marines américains, (force internationale envoyée par l'ONU pour ramener l'ordre dans la
capitale) et avec l’appui des étudiants, Jean Bertrand Aristide finira par démissionner le 29 février
2004.

B. LOCALISATION ET GEOGRAPHIE

Le territoire d'Haïti 2 est principalement constitué par la partie occidentale de l'île


d'Hispaniola que l'on nomme également « Terre haute ou montagneuse », à laquelle vient
s'ajouter un certain nombre d'autres îles et archipels tels que : La Gonâve, l’Ile de la Tortue, les
Cayemites et l’Ïle-à-Vache. Elle est située à moins d'un millier de kilomètres de la Floride (USA),
et à une centaine de kilomètres de la côte est de Cuba. Elle est, en étendue, la deuxième des
Grandes Antilles (Cuba, Haïti, La Jamaïque et Porto-Rico).

Haïti, d'un mot Indien signifiant terres montagneuses, partage avec la République
Dominicaine cette île. Elle en occupe le tiers occidental et s'étend sur une superficie de 27 750
km². Elle est limitée au Nord par l'Océan Atlantique, au Sud, par la Mer des Caraïbes ou des
Antilles, à l'Ouest, par le Golfe du Mexique, à l'Est par la République Dominicaine. A côté de

                                                        
2
 Voir annexe 1 

  5 
cette dernière, ses voisins immédiats sont la Jamaïque (175 km.) au sud-ouest de son extrême
pointe Sud et Cuba (86 km.), au Nord-Ouest.

Le relief de cette terre est constitué principalement de montagnes escarpées, de petites


plaines côtières et des vallées. Comme pour l'île entière, celui de la République d'Haïti est formé
de deux bandes montagneuses principales séparées par la Plaine du Cul-de-Sac : l'une au Nord,
où s'élèvent la chaîne du Haut-Piton, le massif des Montagnes Noires et la chaîne des Matheux ;
l'autre au Sud, constituée du le massif du pic la Selle et du massif de la Hotte.

Administrativement, Haïti est divisé en dix départements3 (entre parenthèses, les capitales
des départements). Ces départements sont eux-mêmes divisés en 41 arrondissements et 133
communes : 1- Artibonite (Gonaïves), 2- Centre (Hinche), 3- Grand’Anse (Jérémie), 4- Nippes
(Miragoâne), 5- Nord (Cap-Haïtien), 6- Nord-Est (Fort Liberté), 7- Nord-Ouest (Port-de-Paix), 8-
Ouest (Port-au-Prince), 9- Sud-Est (Jacmel), 10 – Sud (Les Cayes). Il existe aussi ce qui est
couramment appelé le «onzième département», représentant les quelque deux millions d’Haïtiens
vivant à l’extérieur du pays: la diaspora haïtienne.

C. HAÏTI : UN PAYS MALMENE

Haïti est constamment aux prises avec des catastrophes naturelles. Selon une étude menée
en 2006 par la Banque mondiale4, Haïti est l’un des pays les plus vulnérables aux catastrophes
naturelles. Cette extrême vulnérabilité résulte de nombreux facteurs économiques et politiques
(degré élevé de pauvreté, infrastructures inadaptées, environnement dégradé, etc.). La
convergence de ces différents facteurs amplifierait l’impact et les conséquences de toute
catastrophe naturelle.

Du point de vue géographique, Haïti (comme le reste de l'île d'Hispaniola) se trouve dans
une zone sismiquement active, entre deux plaques tectoniques : la plaque nord-américaine au
nord et la plaque caraïbe au sud, qui rendent le pays particulièrement vulnérable aux
tremblements de terre. De plus, son climat est tropical. La saison des pluies s'étend d'avril à juin
puis d'octobre à novembre. La saison des ouragans s’étend du mois de juin jusqu’à la fin du mois
de novembre. Le pays subit régulièrement des précipitations importantes et des ouragans. Ainsi,
entre 1990 et 1999, le pays fut atteint par de nombreuses catastrophes naturelles. Il connut entre
autres : 16 cyclones, 25 inondations sectorielles, 1 séisme majeur et 7 sécheresses.

                                                        
3
 Voir annexe 2 
4
 Natural Disaster Hotspots : «Cartographie des catastrophes naturelles» 

  6 
D. FICHE PAYS

Langue officielle Français et créole haïtien


Capitale Port-au-Prince
Régime République
Superficie totale 27 750 km² (Eau: 190
km²)
Indépendance 1804
Monnaie Gourde (HTG)
Fuseau horaire UTC -5
Hymne national La Dessalinienne
Indicatif téléphonique +509

1994 2004 2
Population 7 689 8 121 622 99
410 (2
Densité 279 271
hab/km² hab/km² ha
Répartition
- 0 à 14 ans 42,854% 42,6% 3
- 15 à 64 ans 53,347% 53,9% 5
- 65 et plus 3,799% 3,5% 3
Diversité ethnique - 95% noirs 95%
5% 5% m
métisses et et
blancs
Taux de mortalité 11,373 12,34 pour 8
(1995) 1000 hab (estim
Taux de natalité 33,804 36,59 pour 2
(1995) 1000 hab (estim
Taux d’illettrisme (2003)
- Total - 52,9%
- Hommes - 54,8%
- Femmes - 51,2%
Religion (à noter que la moitié de la population pratique le vaudou) - 80%
- Catholiques
- 16%
- Protestants
13% sans
religion
3% autres

  7 
Entre 1994 et 2004, la population5 a connu une relative croissance. En effet, la répartition
de la population est restée quasiment stable pendant ces dix années. Une majorité de la
population se situe entre 15 et 64 ans, et les plus de 65 ans sont largement minoritaires. Ainsi, la
population âgée n’est presque pas, voire nullement, représentée.
Cela s’explique, dans un premier temps, par un fort taux de natalité. Le nombre d’enfants
par femmes sur cette période est de 3,75, ce qui est assez élevé (à noter que le taux général pour le
renouvellement d’une génération est de 2,05). Ceci s’explique entre autres par un système de
contrôle des naissances quasi inexistant (à peine 18% des femmes en couple utilisent un moyen
de contraception).
Ensuite, il y a un relatif (par rapport à la situation) mais important taux de mortalité qui
peut être synonyme d’un manque d’infrastructures sanitaires et d’accueil des personnes âgées,
relatif aussi à la pénibilité du travail, ainsi qu’à la conséquence d’un taux d’illettrisme élevé dans
chaque couche de la population.

Néanmoins, la comparaison de la population est difficile entre 2004 et 2010, en effet, la


croissance de la population est largement liée aux nombreuses catastrophes naturelles qu’a connu
le territoire et le pays. Seules les tranches de la population entre 0 à 14 ans et 15 à 64 ans ont
connu une légère modification.

E. INSTITUTIONS POLITIQUES

"Haïti est une République, indivisible, souveraine, indépendante, coopératiste, libre,


démocratique et sociale"6 fonctionnant sous l'égide d'une Constitution votée le 29 Mars 1987.
Cette Constitution établit un gouvernement tripartite de type semi-parlementaire composé d'une
branche exécutive, d'une branche législative et d'une branche judiciaire. Le droit de vote est
accordé à tous les citoyens âgés de dix-huit ans et plus.

Le chef de l’exécutif est le président de la république, et le chef du gouvernement est le


premier ministre. Le premier ministre ne peut être révoqué par le président, mais peut être
interpellé par le sénat et renvoyé après un vote de censure par ce dernier. Le pouvoir législatif est
exercé par deux chambres: le Sénat (30 sièges, 1/3 est élut pour 2 ans et 2/ pour 6 ans) et la
Chambre des Députés (99 sièges, élut pour 4 ans). Le pouvoir judiciaire est représenté par la Cour
de Cassation.

F. ENVIRONNEMENT GEOPOLITIQUE

Le pays n’a qu’un petit voire nul impact sur la géopolitique environnante, en effet cela
s’explique par différentes raisons.

Tout d’abord, sa situation géographique : déjà marginalisé par la taille du pays par
rapport aux autres puissances d’Amérique Latine, le pays l’est d’autant plus par le fait de se situer
sur un archipel et non sur le continent même. De plus, sa langue officielle ne permet pas au pays
d’établir de fortes relations extérieures et nationales. En effet, Haïti a pour langue officielle le
créole haïtien et le français, alors que la majorité du continent sud-américain parle l’anglais,
l’espagnol ou le portugais. Ensuite, les catastrophes naturelles s’ajoutent à l’instabilité politique
                                                        
5 Source : http://perspective.usherbrooke.ca/ 
6
 Constitutions de 1987, art. 1 

  8 
qui règne depuis des années ; ainsi, ce pays ne parvient pas à mettre en avant ses atouts, et n’attire
donc pas les touristes ni les investisseurs, tout le contraire de son voisin le plus proche, la
République Dominicaine. Enfin, et malgré le manque d’impact international, le pays doit faire
face à l’influence de nombreuses puissances internationales, présentes dans le pays depuis
plusieurs années : les Etats-Unis, la France, ainsi que les institutions politiques, humanitaires
ayant pour objectif de maintenir l’ordre et venir en aide à ce pays en débâcle.

  9 
III. INDICATEURS STATISTIQUES

A. PIB ET PIB/HABITANT

Le Produit intérieur brut (PIB) est l'indicateur le plus retenu pour évaluer la production de
biens et services d'un pays pendant une année. Il illustre l'importance de l'activité économique
d'un pays ou encore la grandeur de sa richesse générée. Quand il est formulé en dollars constants,
on peut procéder plus adéquatement à des comparaisons à travers les années puisqu'on tient alors
compte de l'inflation ou de la déflation. Pour la période qui nous intéresse, on constate une
augmentation de 3,43% du PIB en dollars américains constants (1994 : 3 556 260 000, 2004 :
3 678 140 000). En analysant le graphique7, on constate que ledit PIB a baissé de 1994 à 1995
puis s’est stabilisé, pour connaître une nouvelle baisse en 2004. La baisse significative constatée
entre 1994 à 1995 est très certainement due à l’instabilité politique régnant sur l’île. En effet, les
Etats-Unis ont dû intervenir pour renverser la junte militaire qui s’est emparé du pouvoir et y
rétablir Aristide. Le pays étant dans l’incertitude la plus totale, la création de richesses s’en est
logiquement vue altérée. Ce sont des circonstances similaires qui ont entraîné une baisse de
l’indicateur en 2004 : en effet, Aristide démissionne en février face à une insurrection croissante,
matée ensuite par les Etats-Unis. Pour ajouter à cela, le cyclone Jeanne dévaste le pays et fait plus
de 2000 morts. Là aussi, la production de richesses se voit considérablement entravée. Le PIB en
PPA (parité pouvoir d’achat8) a connu la même évolution9. Le PIB par habitant, lui, a baissé de
15,05% entre 1994 et 2004, cette dernière année enregistrant le niveau le plus bas (402)10,
conséquence certaine de la tempête Jeanne survenue en septembre de cette même année. Le PIB
par habitant en PPA a lui aussi connu la même évolution11.

B. DANS LA MEME REGION : REPUBLIQUE DOMINICAINE.

La République Dominicaine est le pays limitrophe de la République d’Haïti. Bien que


partageant un territoire commun12, les deux pays ont des situations radicalement opposées.
En effet, les PIB et PIB par habitant en dollars constants et en PPA dominicains sont
beaucoup plus élevés que ceux d’Haïti13 (trois fois plus pour le PIB en dollars constants et sept
fois plus pour le PIB par habitant). Il semble que la République Dominicaine ait su valoriser son
territoire, d’où une croissance basée presqu’exclusivement sur le tourisme. L’instabilité politique
n’a semble-t-il pas traversé la frontière, ce qui accentue d’autant plus le clivage entre un pays en
croissance constante, et un autre criblé de dettes et à la merci du climat.14

                                                        
7
 Voir annexe 3 
8  Méthode  utilisée  en  économie  pour  établir  une  comparaison  entre  pays  du  pouvoir  d'achat  des  devises 
nationales, ce qu’une simple utilisation des taux de change ne permet pas de faire. 
9
 Voir annexe 4 
10
 Voir annexe 5 
11
 Voir annexe 6 
12
 Voir annexe 7 
13
 Voir annexes 8, 9, 10, 11. 
14
 Voir annexe 12 

  10 
C. REPARTITION ENTRE LES DIFFERENTS SECTEURS D’ACTIVITE15

En Haïti, l’agriculture consiste essentiellement en de petites exploitations de subsistance.


La contribution du secteur agricole au PIB réel n’est pourtant que d'environ 28%, ce qui reflète la
faible productivité enregistrée dans ces activités du fait, entre autres, des problèmes agraires, du
recours aux techniques culturales rudimentaires (y compris la faiblesse du réseau d’irrigation)
ainsi que des aléas climatiques, de fréquentes sécheresses plus particulièrement.
Le secteur manufacturier contribue actuellement à quelque 8% du PIB réel. La croissance
enregistrée dans ce secteur est restée relativement stable au cours de la période 1995-2000 avec
une moyenne de 2%. Le secteur des services enfin contribue au PIB réel à concurrence d'environ
64%. Ce dernier a profité de la baisse d’importance du secteur primaire pour progresser.

D. REPARTITION DE L’EMPLOI

Colin Clark a imaginé une classification de l’économie en trois secteurs :


- secteur primaire : agriculture, pêche.
- secteur secondaire : industrie
- secteur tertiaire : services

Malheureusement, aucune donnée n’est disponible pour les années 1994 et 2004 en ce qui
concerne la répartition de la masse salariale totale entre les différents secteurs d’activité.
Néanmoins, au vu de l’évolution de cette répartition entre 1990 et 1999, il est possible de dégager
des tendances générales adéquates à la période étudiée.

L’emploi dans le secteur primaire a très fortement diminué au courant des années 1990
(1999 a enregistré le plus bas niveau : 50,2%)16. Cette baisse est attribuable à l’accroissement du
secteur des services et à la baisse de la production agricole liée à l’exode rural, aux effets de
l’embargo international contre Haïti (à la suite du coup d'État de 1991) sur la production de
denrées exportables, aux aléas climatiques ainsi qu’à une importante déforestation qui a
considérablement accéléré l’érosion des sols. L’emploi dans le secteur de l’agriculture représente
cependant toujours la moitié de l’emploi total haïtien, ce qui constitue un retard certain par
rapport aux pays industrialisés, dont le secteur primaire représente la part la plus faible de
l’emploi (moins de 5%). Le secteur primaire a été très lent à la reprise car sa dégradation a
continué jusqu’en 1997 (-1,8%). Une reprise modeste a été observée à partir de 1998 (2.1% et
1,6%), puis le taux de croissance a été à nouveau négatif en 1999-2000 (–1,3%)17.

L’emploi dans le secteur secondaire a, lui, fortement augmenté durant les années 1990,
1999 enregistrant son plus haut niveau (10,8%)18. C’est aussi le cas pour le secteur tertiaire (38,7%
en 1999)19. Il est clair ici qu’Haïti est entré dans une phase de transition durant les années 1990, le
secteur primaire cédant la place aux secteurs secondaires et tertiaires.

                                                        
15
 Voir annexe 13 
16
 Voir annexe 14 
17
 Rapport du Secrétariat de l’OMC, 7 septembre 2003. 
18
 Voir annexe 15 
19
 Voir annexe 16 

  11 
E. POPULATION ACTIVE

Selon l'Organisation Internationale du Travail, le chômage est la situation de la main-


d’œuvre disponible à travailler qui est à la recherche d'un emploi mais ne réussit pas à en trouver.
La définition du chômage et de ce qu'est la main-d’œuvre disponible à travailler varie toutefois
selon les pays. Le calcul peut également être influencé par de nombreuses variables. En milieu
agricole, par exemple, les données d'une enquête peuvent changer de façon importante selon la
période de l'année où elle a lieu.

C'est en 1999 qu'on enregistre le taux de chômage le plus bas (7,2%)20. Il est important de
préciser que les emplois déguisés et les emplois précaires représentent une forte proportion du
pourcentage d’employés. Les salaires pratiqués sont généralement faibles, aussi bien dans le
secteur structuré que dans le secteur non structuré. En effet, le salaire minimum par jour de 8
heures de travail se positionne à 36 gourdes depuis 1995 soit environ U$ 1.44 (25 gourdes pour 1
dollar américain) 21 . Le développement du chômage urbain en Haïti s’est accompagné de
l’émergence et de l’essor du secteur informel. Les activités informelles constituent une alternative
largement répandue au chômage et participent à un phénomène massif d’auto-insertion précaire
d’une très grande partie des habitants dans la structure productive. En 2000, le secteur informel
occupait plus de personnes que l’agriculture. Il emploierait ainsi près de 92% de la population
active non agricole et 51% de la population active totale22.

F. EXPORTATIONS ET IMPORTATIONS

Les politiques commerciales assez libérales font d’Haïti l’une des économies les plus
ouvertes du bassin de la Caraïbe et d'Amérique Latine. L’importance du commerce extérieur
reste cependant modeste, les exportations et les importations de biens et services ne représentant,
respectivement, qu’environ 13% et 36 % du PIB en 2002.

Les exportations de biens et services regroupent la valeur de l'ensemble de biens et


services destinés à l'étranger, tandis que les importations de biens et services regroupent la valeur
de l'ensemble de biens et services provenant de l'étranger. Ces données incluent la valeur des
marchandises, du frêt, des assurances, transports, etc. Lorsque ces données sont exprimées en
pourcentage du PIB, on peut mieux comprendre la part et l’importance des exportations et des
importations dans l'économie du pays.

En 1994, les exportations de biens et services haïtiens ne représentent que 5,4% du PIB23,
leur niveau le plus bas. Quant aux importations, elles représentent 46,7% du PIB en 2003 contre
11,7% en 1994.24

Au cours des dernières années, les exportations haïtiennes se sont plus orientées vers les
marchandises que vers les services. La part de ces derniers dans les exportations de biens et
services a diminué d'environ 4% en 1995 à près de 35% en 2002 du fait surtout de la baisse des

                                                        
20
 Voir annexe 17 
21
 Rapport du Secrétariat de l’OMC, 7 septembre 2003. 
22
 Rapport du Secrétariat de l’OMC, 7 septembre 2003. 
23
 Voir annexe 18 
24
 Voir annexe 19 

  12 
activités touristiques25. Les recettes d’exportations de biens ont progressé entre 1995 et 1999 avant
de chuter durant le reste de la période. La hausse est avant tout imputable à la forte croissance
des exportations de produits textiles, de l’industrie de l’assemblage et de certains produits issus de
l’agriculture comme les mangues. La baisse est, quant à elle, due aux effets de certaines maladies
ayant affecté les récoltes de café, à la baisse des cours de cette denrée (de l’ordre de 8 %), ainsi
qu’au ralentissement de la demande américaine de produits textiles et de l’assemblage en
provenance d'Haïti, entre autres.

Les importations haïtiennes de biens et services ont augmenté de manière constante entre
1995 et 2000, avant de chuter en 2001 et 2002 du fait de la récession. Ces importations sont
largement dominées par les marchandises (en moyenne, trois quarts du total depuis 1995). Les
principales importations sont les produits alimentaires dont l’importance est en diminution (ils
représentent encore près de 31% des importations de marchandises), suivis des articles
manufacturés (28,5% de la valeur des importations en 2000) dont la part est en constante hausse.

La balance commerciale haïtienne est négative26, ce qui signifie que le pays vit au-dessus
de ses moyens puisqu'il consomme et investit plus qu'il ne produit de richesses. Une balance
négative doit être compensée par des emprunts auprès d'agents extérieurs ou en encore en
vendant des actifs possédés à l'extérieur du pays.

Le déficit structurel de la balance commerciale résultant du faible volume des


exportations par rapport à celui des importations, a créé une forte pression sur la monnaie
nationale aboutissant ainsi à une dévaluation continue de la gourde. Il est également constaté un
fort accroissement de la masse monétaire globale passant de 13,3651 milliards de Gourdes en
1994–1995 à 25,7186 milliards soit une croissance de 48,1%.27

G. LES FLUX DE CAPITAUX

1. Investissements directs étrangers

Les investissements directs étrangers28 et plus précisément les entrées nettes, représentent
les exportations de capitaux d’un pays vers un autre. L’objectif est d’acquérir une part à la
participation d’une entreprise, voire d’en créer une. Dans ce cas précis, une entrée positive
équivaut au « surplus » de ce que l’économie d’un pays reçoit par rapport à ce qu’elle envoie dans
une autre économie.

En 1994, les entrées nettes représentaient un chiffre négatif de 2 800 000 dollars, alors
qu’elles représentent en 2004 un chiffre positif de 5 900 000 dollars (et 184 033 333 dollars en
2010). La situation de 1994 est clairement influencée par les années de troubles diplomatiques et
sociales sous la dictature de 29 ans de la famille Duvalier (« Papa Doc » et « Baby Doc »). De
plus, la situation résulte aussi des années de crise causées en parties par l’embargo américain
pendant la période 1991-1994.

                                                        
25
 Rapport du Secrétariat de l’OMC, 7 septembre 2003 
26
 Voir annexe 20 
27
 Rapport du secrétariat de l’OMC, 7 septembre 2003. 
28
 Voir annexe 21 

  13 
Néanmoins, le bilan de 2004 reflète bien le sursaut du pays. En effet, ce sursaut est la
conséquence du soutien et de l’influence des Etats-Unis dans l’effort du pays de repartir sur de
bonnes bases, mettant un terme aux troubles politiques et sociaux, mais aussi dans
l’établissement du programme inspiré par ces derniers. Ce renouveau et l’implication d’une des
plus grandes puissances mondiales ainsi que son ambition par l’établissement du programme des
objectifs décidés pendant la Troisième Conférence des Nations Unis sur les Pays les Moins
Avancés pour l’intérêt de ce pays a clairement remotivé les investisseurs étrangers et redynamisé
l’économie du pays.
2. Taux de commerce

Cet indicateur29 représente la valeur totale des importations (biens et services) ainsi que la
valeur totale des exportations (biens et services), en pourcentage par rapport au PIB. Il permet
ainsi de prendre connaissance de l’ouverture d’une économie par rapport à l’étranger. Ainsi, plus
le pourcentage est élevé et plus l’économie de ce pays est ouverte.

L’année 1994 représente visiblement l’année la moins ouverte, avec un taux de 17,09%,
ce qui établit un contraste notoire avec les 57,19% de 2004. On peut observer une nette
augmentation de 1994 à 1995. L’année 1994 signe l’arrivée au pouvoir d’Aristide, et dès cette
date, le taux de commerce est croissant jusqu’à atteindre un chiffre record de 62,14% en 2003.
3. Dette haïtienne

La dette haïtienne est un sujet épineux et à l’heure d’aujourd’hui encore très controversé.
En effet, cette dette a une origine lointaine et a pourtant des conséquences encore très actuelles.
Appelée « la dette française de l’Indépendance », elle remonte à l’indépendance du pays par
Toussaint Louverture en 1804 et correspond à 150 millions de franc-or de l’époque, soit 21
millions de dollars actuels. Cette dette, malgré l’indépendance et l’auto-détermination du pays,
représentait un instrument néocolonial permettant d’entretenir l’accès aux multiples ressources
naturelles du pays pour la métropole. Ainsi elle fut contractée en signe « de dédommagement
pour les anciens colons ». Le remboursement au FMI (certains le justifient par le poids important
de la France dans l’organisation) se fit par versements successifs jusqu’au remboursement total.
Néanmoins, la dette actuelle s’est essentiellement formée sous le régime des Duvalier (de 1957 à
1986, soit 29 ans). Ces derniers ont détournés une grande partie des prêts fournis par des bailleurs
de fonds. Ainsi, le pays a cumulé 1,2 milliards de dollars de dettes jusqu’en 2004. La dette se
divise entres autres en trois parties : 214 millions de dollars aux Club de Paris30 et FMI, 447
millions de dollars à la BID (Banque Interaméricaine de Développement) et 295 millions de
dollars au Venezuela.

Suite aux nombreuses catastrophes et aux difficultés de subsistance que connait le pays,
une partie du remboursement de la dette, en l’occurrence le remboursement de la dette au Club
de Paris et au FMI, a été annulée. Aujourd’hui, le pays souffre encore de ce poids et une partie
considérable du remboursement de la dette reste en suspens. Les chiffres sont explicites,

                                                        
29
 Voir annexe 22 
30 Le  Club  de  Paris  est  un  groupe  informel  de  créanciers  publics  dont  le  rôle  est  de  trouver  des  solutions 

coordonnées  et  durables  aux  difficultés  de  paiement  de  pays  endettés.  L’origine  du  Club  de  Paris  remonte  en  1956 
lorsque l'Argentine accepta de rencontrer ses créanciers publics à Paris. Depuis, le Club de Paris  a conclu 421 accords 
avec 88 pays endettés. Depuis 1956, le montant total de la dette traitée par les accords du Club de Paris s'élève à 553 
milliards de $. http://www.clubdeparis.org/ 

  14 
néanmoins, il est difficile de dater et de chiffrer le montant des remboursements, et
principalement, le montant de la dette extérieure concernant la période qui nous intéresse.

Malgré cela, nous possédons les chiffres des exportations et des importations de biens et
services entre 1994 et 2004. Ainsi, les exportations représentent 129 122 000 dollars (1994) et
547 770 000 dollars (2004), contre 277 460 000 (1994) et 1 648 660 000 dollars (2004) pour les
importations. Le PIB (en dollars constants) de 2004 atteint les 3 840 900 000. Ainsi, la dette de
2004 représente 34% du PIB. Elle représente une partie conséquente des revenus du pays. Il est
dès lors difficile d’imaginer, sans une aide financière extérieure31, la possibilité pour le pays de
relancer l’économie nationale.
4. Flux de capitaux et importance de la diaspora haïtienne

Par rapport aux flux de capitaux, ce graphique32 est intéressant car il nous montre les
chiffres concernant la population réfugiée à l’étranger d’origine haïtienne. Il nous montre une
nette progression de la population entre 1995 et 1999, de l’ordre de 11%, et correspondant à la
période durant laquelle Préval était au pouvoir. Ce taux redescend et reste relativement stable
entre 1999 et 2004, date du mandat du président Aristide. L’année 1997 enregistre le taux le plus
haut avec plus de 15 481 de réfugiés.

Les entrées de capitaux sont principalement liées à la forte diaspora33 haïtienne éparpillée
à travers le monde.

Pour mieux comprendre cette importance il est opportun de s’intéresser au contexte. En


effet, la diaspora compte aujourd’hui près de 2 millions d’Haïtiens autour du globe. Près d’un
million se trouvent aux Etats-Unis et au Canada, qui représentent les pays industrialisés les plus
proches. A titre d’exemple, la communauté haïtienne new yorkaise représente plus de 600 000
personnes. Ayant une histoire commune, une large communauté est présente elle aussi sur le
territoire français et les DOM-TOM (Guadeloupe, Martinique et surtout Guyane), avec environ
40 000 personnes en métropole (se situant principalement dans la région parisienne). Cette
émigration a commencé sous la dictature des Duvalier, elle correspondait d’abord à un flux de
réfugiés politiques pour ensuite devenir, dans les années 1960 à 1980, une émigration
économique.

Ces nombreux Haïtiens émigrés représentent une source et une manne financière non
négligeable pour le pays. En effet, aujourd’hui, les transferts financiers de la diaspora représentent
35% du PIB. Ces transferts ont connu une croissance exponentielle pour pallier à l’embargo
imposé par les USA entre 1991 et 1994. En 1994, les transferts financiers représentaient moins de
50 millions de dollars, contre 100 millions de dollars en 1995. Le chiffre record est atteint en 2008
avec plus d’1,8 milliards de dollars. Depuis l’an 2000, ces transferts représentent 3 voire 4 fois la
valeur des exportations haïtiennes, et le double du budget national. D’après une source34, près de
31% des familles haïtiennes reçoivent de l’argent de la diaspora. Cet argent se dirige en majorité
aux dépenses pour la consommation courante, dans les biens intermédiaires, dans le paiement
des dépenses d’éducation et de santé ainsi qu’au milieu rural. Ces transferts d’argent de la
                                                        
31
 A noter qu’après les différentes catastrophes subies par le pays, le BID et la Banque mondiale ont prêté 130 et 
100 millions de dollars, et le FMI  a accordé un prêt à taux 0% de l’ordre de 100 millions de dollars. 
32
 Voir annexe 23 
33
 Par extension, l’éparpillement d’un peuple. 
34
 http://www.lenouvelliste.com/ 

  15 
diaspora signifient, pour la population émigrée comme pour la population sur le territoire, une
manière de ne plus dépendre seulement des activités de charité ou de philanthropie mais bien un
moyen de rentrer dans des activités d’investissement. Autant dire qu’ils ont une réelle fonction
structurale dans l’économie et dans la société haïtienne.

En dehors de l’implication de la population elle-même, les haïtiens et le gouvernement


peuvent compter sur les nombreux apports des différentes organisations internationales : que ce
soit des prêts financiers ou bien de l’aide humanitaire.
5. Autres partenaires extérieurs

A différents niveaux, que ce soit institutionnel, économique, social ou bien humanitaire,


ces organisations sont présentes sur le territoire depuis déjà plusieurs années. Ainsi, comme le
déplore le gouvernement dans son Mémoire35 de 2001, cette présence qui est, dans l’immédiat,
positive, ne permet pas au pays une indépendance complète, que ce soit dans la rédaction et la
mise en place de ses politiques ou même dans l’établissement de l’ordre social. Les partenaires
multilatéraux sont multiples : BID (Banque Interaméricaine de Développement), FMI (Fonds
Monétaire International), la Banque Mondiale, l’Union Européenne, et le PNUD (Programme
des Nations Unies pour le Développement), tout autant que les partenaires bilatéraux : USAID
(Agence Américaine pour le développement international) et ACDI (Agence Canadienne de
Développement International). Du fait de nombreuses sources différentes, il nous est difficile de
chiffrer de manière définitive les montants alloués par ces différentes organisations. Néanmoins,
il semble intéressant de rappeler leur rôle important voire décisif dans l’économie nationale
haïtienne.
6. Indicateurs de développement

Les indicateurs de développement sont liés à la crise socio-économique qui a résulté de


l’embargo économique et financier imposé entre 1991 et 1994.

L’indicateur de développement humain

Cet indicateur36 indique la qualité de vie moyenne de la population d’un pays. Il va de 0 à


1 et prend en compte trois dimensions :
- l’espérance de vie à la naissance. En Haïti l’espérance de vie atteint en moyenne sur cette
période 54 ans.
- le taux d’illettrisme et la fréquentation des différents niveaux du système scolaire. D’après
certaines données, le taux de scolarisation pour les enfants de moins de 6 ans était de 27,18%
entre 1990 et 1994 et 49% entre 1995 à 2000. Pour les enfants de 6 à 11 ans, le taux atteint
42,53% entre 1990 et 1994 et 64,93% entre 1995 et 2000. Ainsi, le taux net de scolarisation pour
les 3 premiers cycles approchent les 45,53% à 66,8%. Cette évolution fait écho à l’effort et aux
objectifs développés par le gouvernement, comptant sur l’investissement prochain du pays sur le
capital humain, que ce soit dans la formation des instituteurs ou même dans l’investissement
dans les infrastructures. Ainsi, fait positif, la croissance du taux d’alphabétisation passe de 42,6%
en 1990 à 58,4% en 2000.

                                                        
35
 Mémoire du Gouvernement Haïtien, lors de la Troisième Conférence des Nations Unis sur les Pays les Moins 
Avancés, en 2001 à Bruxelles. 
 
36
   Voir annexe 24 

  16 
- le standard de vie, qui est calculé à partir du PIB par capita et du PPA Parité du pouvoir
d’achat.

Cela signifie, non pas que les indicateurs augmentent proportionnellement, mais qu’il
suffit qu’un seul des trois indicateurs s’accroisse pour voir l’indicateur de développement humain
augmenter. Ce taux est de 0,487 en 1995, soit moins de la moyenne. En 2005, le taux atteint
0,529. Ainsi, il suppose une amélioration relative des conditions de vies de la population locale.
Néanmoins, il semble intéressant d’affirmer que ce taux reste encore très bas.

L’indicateur de pauvreté humaine

L’indicateur de pauvreté humaine (IPH) est un indice permettant de caractériser le niveau


de pauvreté d'un pays. Il a été créé par le programme des Nations unies pour le développement
(PNUD).

Il est difficile de trouver les données relatives à la période étudiée, néanmoins, nous
savons qu’en 2000, Haïti est classé au 150e rang sur 174. Il se classe ainsi devant le Rwanda (qui
occupe le 162e rang), mais derrière l'Afrique du Sud (107e rang). Cet indicateur nous permet donc
de confirmer la place et la prépondérance du pays par rapport à l’ensemble des autres pays. Ainsi,
nous pouvons en déduire qu’Haïti appartient à la catégorie de pays qu’on pourrait désigner
comme « pays les moins avancés ».

Le seuil de pauvreté

Cet indicateur représente le niveau de revenu au-dessous duquel un ménage est considéré
comme pauvre. Ce seuil prend des valeurs radicalement différentes selon les pays considérés,
qu’ils soient développés ou en développement. Dans le cas d’Haïti et d’après les données, 80%
des Haïtiens vivent en dessous du seuil de pauvreté et 54% dans la pauvreté la plus totale, ce qui
fait du pays le plus pauvre du continent américain.

Les indicateurs de répartitions des richesses

Sans pouvoir dater ces informations et se basant du point de vue de la répartition des
richesses, on estime qu’en Haïti seulement 4% de la population possèdent 66% des ressources du
pays, 16% de la population détient 14% des ressources du pays, 70% en possèdent à peine 20% et
les 10% restants vivent totalement démunis. Ces chiffres nous démontrent bien l’inégalité
persistante de la population par rapport à l’accès aux richesses et peut ainsi nous permettre de
comprendre certaines origines des troubles sociaux qu’a connu le pays entre 1994 et 2004.

La courbe de Lorenz et le coefficient de Gini

Nous n’avons pas pu trouver les données correspondant à T0 et T1, néanmoins le


document37 grâce auquel nous apportons cette explication provient d’une étude réalisée sur la
Pauvreté en Haïti dans le cadre du Projet du Ministère de l’Economie et des Finances MEF.

La courbe de Lorenz est la représentation graphique du rapport entre la part des ménages
les moins riches et la part du revenu qu’ils perçoivent, ainsi, selon ce document, 80% de la
                                                        
37
 Voir annexe 25 

  17 
population ont un revenu inférieur à ce qu’une égalité parfaite est censée distribuer et les 20%
restant perçoivent alors les 68% du revenu total du pays.

Le coefficient de Gini, quant à lui, mesure le degré d’inégalité de la distribution des


revenus d’un pays. Ce coefficient varie de 0 à 1 : 0 signifie que l’égalité parfaite où tout le monde
a le même revenu, et 1 signifie l’inégalité totale où une personne ou une catégorie de personnes
ont tout, et les autres n’ont rien. Ainsi, dans le cas d’Haïti, le coefficient de Gini avoisinerait 0,65.
Celui-ci illustre bien l’inégalité des ressources et des richesses au sein de la population haïtienne.

  18 
IV. POLITIQUE ECONOMIQUE

A. APERÇU HISTORIQUE

L'histoire économique et politique d'Haïti au cours de la dernière décennie est alarmante.


Au passage à l’an 2000, plus de la 50% de la population était en dessous du seuil international de
pauvreté extrême.

Avec le retour à la démocratie et la fin des sanctions en 1994, un programme de politiques


économiques visant à restaurer la stabilité macro-économique et basé sur la libéralisation du
commerce, la modernisation des entreprises publiques et la décentralisation a été lancé. En mars
1995, un accord de confirmation portant sur un montant de 20 millions de droits de tirages
spéciaux (DTS) a été signé avec le FMI afin de soutenir les efforts de reconstruction économique
du pays. Un programme de trois ans a été approuvé par le FMI en octobre 1996, permettant à
Haïti d'accéder à la facilité d'ajustement structurel renforcée (FASR). Par la suite, d’autres
programmes ont également été mis en œuvre par le gouvernement avec l'appui du FMI.

Entre 1995 et 2002, l’économie haïtienne a enregistré des taux de croissance quasiment en
constante baisse, et même une récession entre 2000 et 2002. Les années de croissance sont avant
tout celles d'une bonne performance du sous-secteur de la construction et des bâtiments. Elles
sont également le résultat d'un accroissement remarquable des exportations réalisées par des
entreprises manufacturières, et de certaines productions agricoles. Par exemple, entre 1996 et
2000, les exportations de biens ont connu un taux de croissance annuel moyen d’environ 18%
malgré les médiocres résultats du dernier exercice.

L'économie survit aujourd'hui grâce à l'aide internationale (10 % du PIB) et, surtout, aux
remises de salaires de la diaspora haïtienne (20 % du PIB). Cette apathie économique s'explique
largement par l'instabilité politique du pays. La situation s'est un peu améliorée, mais la
gouvernance reste aujourd'hui extraordinairement fragile. Haïti est classé parmi les pays les plus
corrompus au monde par Transparency International. La violence politique y est presque
institutionnelle. Avec un service policier inadéquat et corrompu, elle a engendré une criminalité
d'une rare ampleur. Il est alors difficile d’encourager l'entreprise et d’attirer les investisseurs dans
ces conditions. L'instabilité politique et une gouvernance déficiente nourrissent la stagnation
économique et la misère autant qu'elles se nourrissent d'elles. Le manque de perspectives
économiques et la pauvreté croissante attisent la lutte pour la survie, la violence, le crime et la
corruption à tous les niveaux de la société.

B. POLITIQUE FISCALE

Considérée comme une arme efficace de politique économique et sociale dans les pays
développés, en Haïti, la fiscalité ne participe que très peu au développement économique. La
politique fiscale pratiquée ne mobilise pas la quantité d’épargne conduisant à l’accumulation de
capital. L’accroissement attribué à une amélioration de la politique fiscale est en réalité un
accroissement nominal dû à l’inflation. L’État ne joue pas suffisamment son rôle qui consiste à

  19 
rendre plus productive l’entreprise privée. L’insuffisance des recettes collectées pousse les
décideurs politiques à recourir à l’aide internationale ou à solliciter des emprunts auprès de la
banque centrale ou des grandes institutions financières internationales : Banque mondiale, FMI,
BID. Le recours à l’aide extérieure et aux prêts a conduit le pays à une dépendance économique
très importante.

C. POLITIQUE COMMERCIALE

Depuis 1986, Haïti a substantiellement libéralisé son régime commercial à travers le


démantèlement de la plupart des restrictions quantitatives aux échanges (à l'exception de celles
maintenues pour des raisons de sécurité, de santé, morales ou environnementales) et l'élimination
des droits et taxes d'exportation.

Pendant le Cycle d’Uruguay38, Haïti a consolidé les droits d'entrée sur tous les produits
agricoles et sur quelques produits non-agricoles

Haïti n’a jamais pris de mesures antidumping, compensatoires ou de sauvegarde, et ne


dispose actuellement pas de législation en les matières. Il ne dispose pas non plus de législation en
matière de concurrence et de normalisation. Les régimes d'exception, inscrits au Code des
investissements et destinés à encourager certains types d'investissement considérés comme
prioritaires et stratégiques pour le développement économique du pays, prévoient l'exemption des
droits et taxes sur certains intrants, équipements et matières premières importés et nécessaires à
des activités de production, notamment celles tournées vers l'exportation et la réexportation. Une
exonération de l'impôt sur le revenu peut être aussi accordée pour une période limitée.

Un programme de modernisation des entreprises publiques a été lancé en 1996 afin de


pallier leurs difficultés financières et de gestion, et de diminuer la participation de l’État aux
activités productives. Cependant, le processus de privatisation n'ayant pas progressé comme
prévu (seules deux entreprises ont été privatisées), l'inefficacité d'entreprises publiques en
difficultés, notamment dans le secteur des services, affecte négativement d'autres branches
d'activités économiques.

Haïti commence progressivement à s'intégrer au sein des groupements économiques de sa


région afin d'accroître ses flux commerciaux et améliorer sa coopération dans des domaines tels
que la santé, l'éducation et la prévention des désastres naturels.

Le pays a exécuté des réformes qui ont substantiellement libéralisé son économie et en
ont fait l'une des plus ouvertes d'Amérique Latine et de la Caraïbe. Toutefois, la mise en œuvre
de la composante structurelle des réformes demeure hésitante, ce qui affecte négativement la
performance de l'économie étant donné que la plupart des entreprises publiques en difficultés
fournissent des services de base nécessaires à la production.

                                                        
38 Dernier et plus important des cycles de négociations internationales ayant eu lieu dans le cadre de l'Accord général sur 
les tarifs douaniers et le commerce (GATT), entre 1986 et 1994. Le cycle d'Uruguay a abouti aux accords de Marrakech (avril 
1994), et a finalement donné naissance à l'Organisation mondiale du commerce (1995). 
 

  20 
D. POLITIQUE MONETAIRE

Le taux de change de la gourde est déterminé par le marché, les autorités maintenant un
système de taux de change flottant depuis 1996. Jusqu’en 1999, le taux de change gourde/dollar
US s’était maintenu aux environs de 17 gourdes pour un dollar. La gourde s’est ensuite fortement
dépréciée, le taux de change atteignant plus de 28 gourdes pour un dollar US en septembre 2000,
et 43,22 gourdes pour un dollar au 8 juillet 2003.

Au cours des dernières années, l’économie haïtienne a également été caractérisée par un
phénomène de dollarisation. En janvier 2003, les dépôts en dollars US représentaient 47,5% du
total des dépôts (contre 38% en juin 2000) tandis qu’en juin 2003, 52,5% des prêts consentis par
les banques commerciales au secteur privé étaient libellés dans cette même devise (contre 41% en
juin 2000). Cette tendance est la conséquence de plusieurs facteurs dont le principal est
l’incertitude relative à la situation politico-économique et donc à la stabilité de la gourde
haïtienne.

La politique monétaire a pour objectif principal le contrôle de l’inflation et la stabilité de


taux de change. À cette fin, la politique monétaire est conçue pour maintenir un ratio constant
entre la masse monétaire et le PIB nominal. Si cet objectif a été atteint en 1998/99 (avec un taux
d’inflation de 8,1%), les taux d'inflation enregistrés en 1999/00 et 2000/01 ont été respectivement
de 11,4% et 16,8%. Ce dérapage est en partie imputable à la hausse des prix des produits
alimentaires et pétroliers alimentée par la dépréciation de la gourde. Face à ce regain d’inflation
et au mouvement de dépréciation de la gourde, la BRH (Banque de la République d’Haïti) a fait
usage de ses trois instruments de gestion de la liquidité bancaire, à savoir, l’intervention sur le
marché des changes, le relèvement des taux de réserves obligatoires sur les passifs en gourdes et
en devises des banques commerciales, et le relèvement des taux d’intérêt sur les bons BRH et du
taux de mise en pension. L'inflation a été ramenée à 8,7% en 2001/02.

E. POLITIQUE BUDGETAIRE

Les réformes en matière de politique budgétaire entreprises au cours des années 2000
visaient essentiellement à réduire les déséquilibres hérités des années d’embargo. Les principales
réformes ont été entreprises dans le cadre des programmes supportés par le FMI et visaient à
limiter le déficit public, ainsi qu’à faciliter les financements extérieurs devant aider à
l’accomplissement de progrès économiques. Ces réformes devraient permettre de diminuer le
financement monétaire du déficit de l’administration centrale, les programmes appuyés par le
FMI étant complétés par un programme de "cash-management" convenu entre la BRH et le
Ministère de l’économie et des finances (MEF) et destiné à assurer une synchronisation entre les
dépenses budgétaires et les recettes fiscales. Les efforts en termes de politiques budgétaires ont
essentiellement porté sur le contrôle de la masse salariale, l’amélioration des procédures de
gestion de trésorerie et de programmation des dépenses, le renforcement de la capacité des
organes de perception de recettes publiques, et l’élargissement de l’assiette de certains impôts.

Les performances budgétaires ont été généralement satisfaisantes puisque le déficit de


l’administration centrale a pu être réduit et maintenu dans des limites raisonnables. Entre
1994/95 et 1996/97, il est passé de 2,8 %à 0,6% du PIB, avant de remonter pour ensuite se
maintenir au-dessus de 2% depuis 1998/99. Cette aggravation du déficit public est due au
manque-à-gagner fiscal au titre des recettes sur les produits pétroliers, à la faiblesse du

  21 
financement extérieur et aux dépenses liées à l’organisation du scrutin dans un climat électoral
tendu. De ce fait, le financement monétaire du déficit public a dépassé les objectifs prévus par le
programme de "cash-management", atteignant environ 2,5% du PIB en 2000, 2,4% en 2001 et
2,6% en 2002.

  22 
V. POLITIQUE D’INVESTISSEMENT

Les données et les objectifs de la politique d’investissement sont tirés du Programme


d’action pour le Développement d’Haïti. Rédigé et présenté en 2001 lors de la Troisième
conférence aux Nations Unis pour le développement des pays les moins avancés, il établit des
perspectives en matière économique, sociale, culturelle et financier pour la décennie 2001-2010.

A. STRATEGIE GLOBALE EN MATIERE D’INVESTISSEMENT ET SECTEURS PRIORITAIRES


D’INVESTISSEMENT

La politique d’investissement du pays d’Haïti s’attache à répondre et à améliorer le bilan


plus ou moins catastrophique de la dernière décennie. En effet, le dossier met en évidence une
série d’obstacles à l’essor tant économique que politique. Ainsi, il retient en particuliers les
difficultés suivantes : (cette liste n’est pas exhaustive, et toutes les données n’ont pas pu être trouvées).

‐ la difficulté d’accès à l’enseignement et le problème d’alphabétisation


‐ les difficultés rencontrées par la condition féminine : La population féminine représente la
catégorie la plus représentée. Elle occupe la majorité des emplois précaires et informels.
Dans le pays, dans le niveau social défavorisé, les femmes chefs de famille représentent
48% en villes, 33% en milieu rural et 39% pour l’ensemble du pays.
‐ la mortalité infantile, post-infantile et celle liée à la maternité : en 1995, la mortalité
infantile représente 75,8 pour 1000, 66,7 pour 1000 en 2000. La mortalité liée à la
naissance représente 457 pour 1000 naissances. 15% des décès sont liés à la maternité
touchent les adolescentes et 27% de ces décès sont liés au SIDA ou aux complications
liées à la grossesse
‐ l’accès aux soins et l’efficience du secteur sanitaire
‐ l’insertion économique des jeunes

B. INVESTISSEMENT DANS LE CAPITAL HUMAIN

L’un des points positifs de l’étude est l’engagement pour la population que semble
prendre le gouvernement dans ses objectifs institutionnels. En fonction du bilan ci-dessus mis en
exergue par le dossier de la commission, l’Etat a établi un programme de renforcement des
moyens humains.

Tout d’abord, le gouvernement s’est attelé à créer deux institutions nationales : dans un
premier temps, la création du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits de la Femme et
enfin, la mise en place d’un fond d’insertion socio-économique par la Secrétairerie d’Etat à la
Jeunesse, aux sports et au service civique (SEJSSC). Ces institutions visent la promotion de
programmes permettant d’une part, la reconnaissance et prise en compte des difficultés, et d’autre
part, l’établissement de projets concrets visant à diminuer l’impact de ces difficultés.

De plus, il a défini des axes prioritaires d’intervention qui sont l’éducation et la santé. En
effet, l’éducation et la formation sont des éléments centraux car ils déterminent la « capacité du
pays à répondre favorablement au degré de performance de l’économie haïtienne ». L’objectif du
programme concernant l’éducation est l’accomplissement du taux net de scolarisation (au niveau

  23 
des deux premiers cycles de l’enseignement) aux horizons de 2004 et pouvoir effectuer la
promotion d’une école de qualité accessible à tous. Ainsi, le Ministère de l’Education Nationale
de la Jeunesse et des Sports souhaite augmenter l’offre scolaire, améliorer la qualité de
l’éducation et du système éducatif et effectuer une réhabilitation et une construction
d’infrastructures scolaires.

Ces objectifs seront les conséquences des différentes actions mises en place : il s’agit en
effet d’apporter des subventions à la population en difficulté afin de favoriser l’accès à
l’éducation, de promouvoir un partenariat fonctionnel entre les secteurs privés et publics, d’établir
un programme de crédit au profit des étudiants (cycle universitaire et centre de formation et de
technique), d’établir un programme alternatif d’alphabétisation et enfin d’effectuer un
encadrement des enseignants et des directeurs avec un système de suivi, d’évaluation
d’apprentissage.

C. RESISTANCES ET OBSTACLES A LA POLITIQUE D’INVESTISSEMENT

A notre connaissance, cette politique d’investissement ne semble pas rencontrer de


résistance de la classe politique, quelle soit nationale ou internationale. En effet, il semble même
que cette politique et ces objectifs soient en corrélation avec les mêmes objectifs des organisations
internationales de l’aide au développement. Ainsi, les différents fonds apportés par ces
organisations représentent une base financière utile à l’établissement de ces projets.

Le programme de cette politique d’investissement prévoit un budget de 345 392 000 000
de gourdes (soit 13 815 680 000 dollars US). Ces besoins en investissement devront être
accompagnés de mesures commerciales, d’investissement, de production ainsi que des politiques
fiscales et monétaires.

D. OBSTACLES ECONOMIQUES ET CULTURELS

Les obstacles du pays se retrouvent à plusieurs niveaux : interne et externe.

En ce qui concerne le niveau interne, les difficultés rencontrées touchent principalement


la question de la gouvernance. En effet, il y a une faiblesse structurelle qui constitue la cause
majeure des problèmes économiques et sociaux du pays : par exemple, le problème de collecte
des taxes qui représente un revenu financier pour l’Etat, problème de mise en place d’une
administration de service et de proximité et la difficulté de faire la promotion du réseau associatif.
La question économique est soulevée aussi car le pays a connu une période de récession
catastrophique ces 10 dernières années qui, avec la pauvreté, ont favorisé le développement de
l’économie informelle affaiblissant ainsi l’épargne de l’Etat et les investissements dans les
politiques sociales.

De plus, il est important de prêter une attention particulière à la corruption présente dans
le pays, au sein du gouvernement ainsi que dans les institutions publiques. L’histoire d’Haïti est
entachée, non seulement par la dictature et la corruption dont ont fait preuve les Duvalier durant
29 ans, mais aussi par les conséquences économiques désastreuses qu’ils ont laissées derrière eux.
En effet, après leur renonciation au pouvoir en 1986, il semblerait que le détournement financier

  24 
de cette famille soit évalué entre 300 millions et 2 milliards de dollars39. Néanmoins, et malgré
leur évincement du pouvoir du pays et le retour à la démocratie, il semble que la corruption soit
toujours bien présente et un des obstacles les plus persistant au sein du pays. Elle fait d’ailleurs
l’objet de nombreuses remises en cause des organisations internationales. L’indice de
corruption40, établit par Transparency International41 nous permet d’évaluer l’importance de la
présence de la corruption au sein d’un pays. Il est construit à l’aide de sondage d’opinion
d’experts sur leur perception de la corruption au sein du pays et des secteurs publics. Ainsi, ne
pouvant évoquer 1994, les chiffres de l’indice de corruption concernant 2002 atteigne 2,2, pour
enfin atteindre une relative baisse en 2004 avec un indice de 1,5. En effet, cette année marque le
départ du Président Préval et l’administration du pouvoir par un gouvernement provisoire
soutenu par les Nations Unies. Néanmoins, l’année 2006 annonce une nouvelle augmentation,
avec un taux de 1,8%.

Enfin, il est bon de s’intéresser au faible niveau de formation des ressources humaines car
le bas niveau d’éducation impacte sur le degré de performance de l’économie, tout en agissant
négativement sur l’individu en tant que tel et la cohésion sociale.

Au niveau externe, le pays rencontre des difficultés diverses. En effet, de par son passé,
ses difficultés antérieures, le pays et son économie sont largement dépendants de l’assistance
externe. Ainsi, comme présenté précédemment, la diaspora haïtienne représente la 2e source de
revenu des ménages. De plus, le pays connait des obstacles à attirer les investissements et
capitaux étrangers. Ainsi, en 1990 les IDE représentaient 8 millions de dollars, contre 4 millions
de dollars en 1997. Néanmoins, l’augmentation du chiffre des IDE en 1999 est dût au
développement du secteur des télécommunications. Enfin, une dernière difficulté concerne l’idée
d’une coopération externe répondant aux urgences et pas à la vision plus durable souhaitée par
l’Etat. Ainsi, l’Etat haïtien regrette que l’impact de cette substitution étatique par les Etats
extérieurs modifie profondément les structures économiques et sociales du pays.

                                                        
39
 Entre  300  millions  et  800  millions  selon  Transparency  International,  et  entre  500  millions  et  2  milliards  selon 
l'Office des Nations Unies 
40
 Voir annexe 26 
41
 Transparency  International  est  une  organisation  non  gouvernementale,  crée  en  1993,  et  qui  se  consacre  à  la 
lutte contre la corruption 

  25 
VI. EVOLUTION DE LA POLITIQUE ECONOMIQUE

Comme exposé dans la partie IV, le gouvernement a mis en place de nombreuses


réformes visant à remettre le pays sur le chemin de la croissance. Cependant, la politique
économique haïtienne doit constamment s’adapter aux catastrophes naturelles qui touchent le
pays (ouragans Gordon et George en 1994 et 1998, inondations, ouragans Ivan et Jeanne en
2004). Ces conditions climatiques particulièrement difficiles rendent presque impossibles les
réformes économiques sur le long terme, le pays devant parer au plus pressé pour tenter de
secourir les populations en danger. L’aide internationale et humanitaire représente donc une
manne incontournable dans la mise en place de tels projets.

Peu d’informations sont disponibles concernant les résultats des réformes mises en œuvre
par le gouvernement, et les catastrophes naturelles survenues après la période étudiée (surtout le
tremblement de terre de 2010) ont réduit à néant toutes les avancées économiques effectuées
durant les deux décennies précédentes. Cependant, nous savons que la politique économique du
gouvernement haïtien s’est fixé deux grands objectifs : une croissance économique durable et la
réduction de la pauvreté. Ces objectifs seront atteints par le renforcement des actions visant à
améliorer les conditions de vie de la population et à assurer une redistribution équitable des fruits
de la croissance. La lutte contre la pauvreté permettra de réduire sensiblement le nombre
d’Haïtiens vivant au-dessous du seuil de pauvreté absolue et d’améliorer les indicateurs de bien-
être de la population. Au regard de l’évolution du pays entre 1994 et 2004, il est essentiel que ces
objectifs soient atteints pour qu’enfin Haïti puisse espérer sortir de la situation d’extrême pauvreté
dans laquelle elle se situe actuellement.

  26 
CONCLUSION

Les problèmes que rencontre Haïti pendant cette période sont bien évidemment liés à son
histoire politique. En effet, celle-ci fut particulièrement instable, ce qui permet d’expliquer en
partie sa grande difficulté et sa possible incapacité à profiter non seulement de son potentiel de
développement, mais aussi de mettre en faction ses objectifs et les moyens financiers (qu’ils
soient sous formes d’aide ou bien de prêt) qui lui ont été fournis par les organisations
internationales pendant de nombreuses années.

Ainsi, les différentes perspectives de progrès, que ce soit économiques ou politiques sont
peu encourageantes. Cela pourrait s’expliquer par la constante instabilité politique de la période
étudiée, de la faiblesse des institutions publiques nationales, du niveau d’éducation
particulièrement faible de la population etc. S’ajoute à cela, un mauvais état des infrastructures de
productions et un état inquiétant de toutes les autres infrastructures relatives à la vie quotidienne
(écoles, hôpitaux, routes, etc.).

Néanmoins, il semblerait que la situation du pays ne pouvant être pire, l’Etat n’a d’autres
choix que d’aller de l’avant, d’accepter l’aide internationale et travailler en partenariat avec les
organisations extérieures, pour enfin avoir la possibilité de mettre en place des programmes
concrets et soutenus par tous. C’est ainsi que nous pouvons voir les choses. L’Etat haïtien, pour
faire table rase du passé et des difficultés ancrées dans la société depuis plus d’une dizaine
d’années, exprime la volonté d’avoir une vision positive et tente d’établir des programmes non
seulement susceptibles de fonctionner, mais étudiés pour être proche des réalités.

Malheureusement, les prévisions futures ne sont pas réjouissantes. En effet, le pays doit
faire face à des obstacles plus qu’incontrôlables : les catastrophes naturelles. Ainsi, en 2004
l'ouragan Jeanne s'est soldé par un bilan provisoire de plus de 1 160 morts et 1 250 disparus. Plus
récemment, le séisme de 2010 a réduit complètement à néant les perspectives du pays et de la
population. Encore sous le coup des difficultés, du mauvais état des infrastructures, du manque
de politique sociale et sanitaire, cet épisode malheureux à fait d’énormes ravages. Il s'agit du
séisme le plus important et le plus meurtrier de l’histoire d’Haïti. Le bilan de ce cataclysme
sismique s’élève, au 24 février 2010, à plus de 222 500 morts, 300 000 blessés et 1 000 000 sans-
abri.

Enfin, et à la lumière de tous ces éléments heureux comme malheureux, de ces difficultés
comme de son potentiel, il est bon de garder espoir pour que ce pays et sa population puisse un
jour être apaisés, tourner une nouvelle page de leur histoire et se construire un avenir plus
glorieux.

  27 
ANNEXES

Annexe 1 : Situation géographique.

Annexe 2 : Les départements haïtiens.

  28 
Annexe 3

Annexe 4

  29 
Annexe 5

Annexe 6

  30 
Annexe 7 : République Dominicaine (situation géographique).

Annexe 8

Données :
1994 : 16 293 600 000
2004 : 26 117 700 000

  31 
Annexe 9

Données :
1994 : 33 749 500 000
2004 : 54 098 400 000

Annexe 10

Données :
1994 : 2070,9
2004 : 2800,9

  32 
Annexe 11

Données :
1994 : 3425,4
2004 : 5620

Annexe 12 : La frontière Haïti/République Dominicaine : les ravages de la déforestation.

  33 
Annexe 13

Annexe 14

  34 
Annexe 15

Annexe 16

  35 
Annexe 17

Annexe 18

Données :
1994 : 5,43
2004 : 14,26

  36 
Annexe 19

Données :
1994 : 11,66
2004 : 42 ,92

Annexe 20

Données :
1994 : -0,98
2004 : -1,45

  37 
Annexe 21

Annexe 22

  38 
Annexe 23

Annexe 24

  39 
Annexe 25

Annexe 26

  40 
SOURCES

http://www.bibliomonde.com/donnee/haiti-donnees-economiques-301.html
http://www.fao.org/countryprofiles/index.asp?lang=fr&subj=3&iso3=HTI
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/haiti_513/presentation-
haiti_1839/index.html
http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/ACCUEILEXTN/PAYSEXTN/LACINF
RENCHEXT/HAITIINFRENCHEXTN/0,,contentMDK:20225722~pagePK:1497618~piPK:2
17854~theSitePK:461315,00.html
http://www.haiti-reference.com/
http://www.cia.gov/theworldfactbook
http://www.coeurpourhaiti.org/index.php?option=com_content&view=article&id=31&Itemid=
21
http://www.undp.org/french/
http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/tend/HTI/fr/BX.KLT.DINV.CD.WD.html
http://www.ladiasporahaitienne.com/
http://brises.org/notion.php/Produit-interieur-brut/PIB/croissance-
economique/notId/32/notBranch/32/
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/chronologie-de-haiti-1492-
2010_495209.html
http://www.potomitan.info/ayiti/deshommes/deshommes.php
http://www.alterpresse.org/spip.php?article1989
http://www.lesechos.fr/opinions/points_vue/020330497048.htm
http://www.ihsi.ht
http://www.tlfq.ulaval.ca
http://www.coeurpourhaiti.fr
http://www.countrystudies.us/haiti
http://alterpresse.org/
http://apps.who.int/
http://www.dette2000.org/data/File/Haiti_DetteOdieuse.pdf.pdf
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=73128&PubDate=2009-08-18
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/haiti/population.shtml
http://www.mpce.gouv.ht/profilpauvretepartirdonnes.pdf
http://www.haitilibre.com/article-2195-haiti-duvalier-l-argent-mysterieux-de-baby-doc-pour-la-
reconstruction.html

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