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Renouvellement urbain et politique de la Ville

Le 26 mai 2004, à l’Adels.


Un débat associatif porté par l’Adels

Contribution n°11

Cas pratique d’un projet de rénovation urbaine dans le cadre de la loi Borloo

quartier de la La Courdraie à Poissy (78)

Par le Collectif des Habitants de La Coudraie (78).

Les orientations générales du programme national de rénovation urbaine, dite loi Borloo du 1er août 2003, font
une large place aux habitants des quartiers qui font l’objet d’un projet de rénovation urbaine. Elles sont
précisées en introduction de l’ouvrage « Programme national de Rénovation Urbaine, Premiers projets,
Novembre 2003 », on peut y lire :

- « ce programme devra apporter des résultats rapides pour que, dans chaque quartier, l’action publique
reprenne visiblement toute sa place en améliorant immédiatement la vie quotidienne de ceux qui y
vivent et qui, bien souvent, n’ont pas le choix de leur résidence »,
- « l’association des habitants de ces quartiers à l’élaboration des projets reste, en tout état de cause, la
meilleure garantie de pertinence au regard de leurs aspirations. Il est souhaitable d’associer par une
concertation active les représentants des habitants pour tout le déroulement de la démarche »,
- « les procédures de relogement feront l’objet d’une attention particulière, en donnant à chacun le choix
de rester dans son quartier ou de déménager ».

A la lecture de ces lignes, la loi de rénovation urbaine semble être la bouée de sauvetage des habitants de
ces quartiers, le bol d’air tant attendu depuis des années.
Mais qu’en est-il vraiment ? L’épreuve des faits en est tout autre. En effet, la non consultation des habitants
dans les projets de rénovation urbaine n’est pas une théorie sans pratique : en voici un cas concret, à savoir,
le projet de « démolition-reconstruction » du quartier de la Coudraie à Poissy.

Les habitants : premiers concernés, derniers avertis !

Sans aucune concertation, ni information préalables, c’est par un communiqué de presse, en date du 16
février 2004, que les habitants de La Coudraie, un quartier HLM à Poissy de 600 logements, apprennent la
« démolition-reconstruction » de leur quartier en totalité.
C’est le « triumvirat » Mairie de Poissy, Sous-Préfecture de St Germain en Laye, et bailleur social, qui signe
ce communiqué, imposant ainsi arbitrairement aux habitants un projet de démolition d’un quartier entier sans
leur laisser la moindre marge de manœuvre. Ils y précisent, en outre, que cette opération est réalisée dans le
cadre de la loi Borloo de rénovation urbaine (Annexe 1).

Une unique réunion publique : pour inviter les habitants à quitter le quartier
A la suite de ce communiqué de presse, une réunion publique est organisée par la Mairie et le Bailleur, le 19
mars 2004, à laquelle sera également présent un représentant de l’Etat. La lettre d’invitation indique que le
triumvirat a conclut « un protocole d’accord dont l’objectif consiste en la démolition et la reconstruction d’un
quartier nouveau, en prenant en compte vos aspirations ».
Aussi, les habitants se rendent en nombre à cette réunion. Ils sont mitigés : le Collectif des Habitants
récemment créé, dont ils sont majoritairement des soutiens, les a bien mis en garde : « n’attendez rien, il n’y a
rien pour vous dans le projet.. » . Mais tous gardent encore un tout petit brin d’espoir : « enfin ! un projet de
rénovation urbaine rien que pour nous...nous le méritons bien, cela fait 15-20 ans que nous vivons dans ce
quartier dans des conditions parfois déplorables, comme pouvaient le montrer sans limites les médias lors des
précédentes élections..… ».
La réunion commence, un cadre de France Habitation (groupe OCIL), le bailleur social, présente une vue
aérienne du site du quartier , « c’est un site exceptionnel »…Les habitants sont très attentifs mais anxieux,
« quand va-t-on nous présenter le projet ?».
Le bailleur continue « nous n’en sommes pas à notre première opération de ce genre, nous savons mener ce
genre d’opération …» et enchaîne sur la présentation de la fameuse « cellule de relogement », mis en place
de manière commune par la mairie et le bailleur. Qu’est-ce donc ? Un passage obligé ?
Oui tous les titulaires d’un bail et uniquement ceux-là (excluant ainsi les enfants majeurs et autres personnes
hébergées) doivent se rendre à cette cellule et faire une demande de relogement. Deux propositions, sans
engagements de délais, leurs seront alors faites en fonction de leurs souhaits, de leurs charges de familles et
de leurs moyens surtout (passage en commission d’attribution).
Oui, d’accord, il faut passer par là, mais après ? …Le projet ? Quel est-il ? Les habitants sont impatients de le
découvrir. « Dans le cadre du relogement, les frais de déménagement et les branchements EDF GDF sont
pris en charge par la cellule de relogement », quel générosité !! On n’en attendait pas moins…(mais ils y sont
obligés, c’est mentionné dans la loi Borloo ).
Vous avez des questions ? proposent nos hôtes.
« Vous avez fini la présentation ? Et le projet, c’est quoi ?», lance un habitant.
« Pour l’instant, on est dans la phase de relogement, ensuite on verra le projet…celui-ci n’est d’ailleurs pas
établi !!! », répond le maire.
Incompréhension et indignation complète dans toute la salle. Un représentant du Collectif des Habitants prend
la parole et fait part à l’ensemble de l’assemblée du discours préparé pour porter la voix des habitants
(Annexe 2). La lecture de ce discours est applaudie chaleureusement, la foule des habitants s’y est
reconnue…Il n’y a plus d’ambiguïté, ils ont tous compris la supercherie de ce triumvirat qui les a méprisés en
les occultant du projet. A tour de rôle, ils prennent la parole pour faire part, à nouveau de leurs indignations,
de leurs inquiétudes, de leurs questions. Pourquoi détruire s’il n’y a pas de projet ? Pourquoi ne pas nous
reloger sur site ? Les appartements sont les plus grands et les plus spacieux de la ville, pourquoi les détruire ?
Pourquoi ne pas réhabiliter ?...Autant de questions qui resteront sans réponse..
Le maire, agacé, se lance dans son ultime provocation, il devient agressif « Vous ne comprenez pas ? Vous
avez besoin d’un traducteur ? Je vous le répète, vous n’avez qu’une seule chose à faire : aller vous inscrire à
la cellule relogement » !!
La salle, comble d’habitants, est sur les nerfs. Quel mépris ? Et cette allusion au traducteur ? Que signifie-t-
elle ? Nous fait-il rappeler qu’effectivement le quartier est majoritairement habité de familles issues de
l’immigration. Mais, une chose est claire, aucun n’a besoin de traducteur, ils sont tous très lucides et
comprennent le projet inavoué du maire : purger le quartier de sa population modeste !
Le maire continuera sur le même registre, se sentant à bout d’arguments, il stigmatise le quartier, il prétextera
la délinquance pour justifier la démolition. Mais, ce n’est pas très sérieux comme solution, si elle était
appliquée à l’ensemble du territoire français, il faudrait détruire beaucoup de quartier y compris dans des villes
très chics où prolifère la délinquance en col blanc ! Les habitants d’ailleurs ne comprennent pas, ils ne se
sentent pas être des délinquants. Ils ne comprennent pas cet argument venant d’un maire mis en examen.
Et la concertation, Monsieur le Député-Maire, celle qui est prévue dans le cadre de la loi Borloo, quand
envisagez-vous de la faire ?
« Nous verrons la concertation après, d’abord il faut vous reloger ».
C'est-à-dire quand il n’y aura plus d’habitants dans le quartier ! Le tour est joué ! La concertation contournée…

La municipalité profite de ce projet de rénovation urbaine pour servir sa politique immobilière

Il est encore difficile aujourd’hui de connaître les réelles intentions du triumvirat dans le cadre de ce projet.
Plus précisément, nous n’arrivons pas à savoir si ce projet rentrera effectivement dans le cadre d’un
financement loi Borloo de rénovation urbaine ou bien si cette loi est évoquée seulement pour donner une force
autoritaire à cette décision de démolition, et contraindre les habitants actuels à quitter le quartier.
Quoiqu’il en soit, les projets du maire deviennent plus lisibles : il sait depuis fort longtemps que La Coudraie
est un site très convoité, en face de son projet des futures Terrasses de Poncy (gigantesque projet de centre
de loisirs/commerces, un des plus grands d’Europe), et juste à la sortie de l’autoroute A14, soit à 15 min de
Neuilly/La Défense. Il serait très intéressant pour y construire des logements de standing pour peut-être les
nouveaux cadres du pôle tertiaire de Peugeot nouvellement implanté à Poissy-même. Et puis, le foncier se fait
rare sur cette ville…
C’est pourquoi, depuis des années, aucune action de valorisation du quartier n’a été entreprise. Le quartier a
été laissé à l’abandon avec un seul objectif : décourager les familles de rester. Résultat : sur les 600
logements du quartier, 300 sont aujourd’hui vacants et murés...
Même si le projet de reconstruction n’a pas été dévoilé aux habitants actuels, il est sûrement déjà défini et
opaque vis-à-vis de ces derniers.

Les habitants s’organisent et précisent leurs revendications en gardant l’espoir d’être un des acteurs
de la rénovation

Puisque des budgets ont été mis en place dans le cadre de la loi Borloo et qu’ils sont destinés à l’amélioration
de la qualité de vie et de la sécurité dans les quartiers, les habitants saisissent l’occasion pour formuler
clairement leur volonté de voir leur quartier enfin réhabilité et pour eux. Ils précisent leurs revendications
(Annexe 3).
Une manifestation est même organisée le 15 mai dernier pour montrer leur détermination. Les pères et mères
de familles sont descendus dans la rue avec leurs enfants pour montrer leurs déterminations. Ils souhaitent un
projet alternatif pour le quartier, un projet de réhabilitation avec éventuellement des démolitions d’immeubles ;
mais un projet duquel ils ne sont pas exclus.
C’est un véritable challenge de démocratie locale qu’ils ont lancé. Mais seront-ils entendus ou continuera t-on
à les mépriser comme cela a été le cas jusqu’à maintenant.
Aura-t-on des remords dans 10 à 20 ans comme ceux qui sont aujourd’hui exprimés au sujet de la
construction des grandes cités HLM pour ne pas avoir pris en compte les aspirations des habitants à l’époque.
Seule la suite des événements le dira.

En tout état de cause, les habitants ont demandé à plusieurs reprises à être reçus par le maire, le bailleur et la
sous-préfecture . Seule, le bailleur a bien voulu nous rencontrer à ce jour. Il nous a, à l’occasion, informé qu’il
ne savait pas s’il était dans le projet final ou non et que dorénavant sa marge de manœuvre est étroite car
« c’est le maire, dans le cadre des opérations de rénovation urbaine, qui pilote le projet ».
Le maire, lui n’a pas souhaité nous rencontré. Par contre, il continue sa communication par presse interposée
et par courrier individuel à tous les habitants dans lesquels il continue à stigmatiser le quartier comme quartier
de délinquants, et parle même de « terrorisme social », à la grande stupéfaction des habitants et de
l’ensemble des intervenants sur ce quartier. Cependant, toute la ville de Poissy a pu se rendre compte lors de
la manifestation du 15 mai dernier des habitants du quartier, qui a rassemblé plus de 500 personnes, (des
hommes, des femmes, des enfants, des jeunes), qui s’est déroulée dans une dignité exemplaire, sans aucun
incident, que les habitants de La Coudraie étaient des citoyens comme les autres....
L’Etat, pour sa part, a été quasi-inexistant jusqu’à aujourd’hui : son représentant à la réunion publique du 19
mars 2004 a été remarqué par son silence alors qu’il était interpellé directement par des questions des
habitants. Quant au sous-préfet, une demande de table ronde lui a été faite dès le début du mois de mars,
appuyée par des relances par écrit et par téléphone. Il a fallu attendre la manifestation du 15 mai dernier, qui a
rassemblé plus de 500 personnes, pour qu’il daigne nous donner un rendez-vous (qui n’a pas encore eu lieu à
la date de la rédaction de cette contribution).
ANNEXE 1

R E PU BLI QUE fRANCIASE

VILLE DE POISSY
COMMUNIQUE DE PRESSE

Le Maire, Ville de Poissy, Démolition-reconstruction du quartier de la Coudraie


Député des Yvelines

Poissy, le 16 février 2004

U n renou ve lle m en t urba in du qu artie r de la C o ud ra ie à P oissy s'im pose . D e puis p lu sieu rs an nées, ce ql'arch
u a rtie
itecture
r,
c o n s tru it d a n s le s a n n é e s so ix a n te , c a ra cté ris é e p a r d e s b a rre s u n ifo rm e s d 'u n h adense
b ita t set
o c ia
isolé,
l trè sse révèle
inadaptée au x b eso ins et au x dem and es de s h ab ita nts, en d ép it d e d iffére nco tes
û tetenta
us e stives,
e t tou te s in fru c tue u s es , d e
re va lo ris a tion [ré h a b ilita tio n , n ou ve lle p olitiq u e de lo c a tio ndé
, egrad
tc.). ation
L e s s et le clim at d 'insécurité o n t ô té tou t attra it
q uartie r.

L a loi d 'o rien ta tion et d e prog ram m a tio n p ou r la ville e t la ré no v a tio n u rb a ine , diteer loi A oûBtorlo20 03o , douffre
désorm
1 a is de
n ouvelles possib ilités d 'inte rven tio n . A ussi l'E tat, la ville de P o issy, F ra nce H abitation u n, iq
b auilleur
e s u rsolecial q u a rtie r, filia le
d u g ro u p e O C IL , s o n t .to m b é s d 'a c c o rd s u r la d é m o litio n d u q u a rtie reconstruction"
r e t s u r la d'un "quartier nouveau prenant "en
com pte les aspirations des habitants. Les caractéristiques essentielles de ce projet de T rès grande am pleur seront ;
-un e a rchitectu re p lus hum a ine g râ ce à un équ ilibre e n tre loge m en ts ind ividue ls et pe tits im m e ub le s co lle ctifs,
-u n e rée lle m ixité so cia le p a r u n e co m b in a iso n ha rm on ie u s e d e lo g e m e n ts p riv és et d e log e m e n ts s o c ia u x
[H L M e t a ccessio n so ciale à la p ropriété),
-la s u p p re s s io n d u fo ye r d e tra v a ille u rs m ig ra n ts , g é ré p a r la S o n a c o tra , d o n t le s h a b ita n ts s e ro n t re lo g é s
d an s de ux o u tro is pe tites réside nces a crée r en -d eh ors de la C ou draie ,
-un s de sserte am éliorée du quartie r.
A ce jour, se uls les princip es du p ro je t sont retenus. La m ise a u p oin t d éta illé e est en cou rs d’é tu d edr.d éEfin
lleir perm
p ré c isé m e n t le n o m b re , la ré p a rtitio n e t l’im p la n ta tio n d e s lo g e m e n ts , e t le s é q u ip eré malise
e n tsr.p Lueb lic
dosssie
à r d éfinitif
de vra é ga le m e n t respecte r un éq u ilib re fin ancie r. Il se ra soum is au p rin tema ppp s ro
2 00
b a4tiopon uret fin a n ce m e n t a l'a ge n c e
n a tio n a le p o u r la ré n ova tio n u rb a in e (A N R U f, n o uv e l o rg a n isplace
m e menis 200
e n 4 pa r M . Je an -L ou is B orloo , m inistre dé lég u
la ville e t à la réno va tio n u rba in e.

D a ns l'a tte n te , e t p o u r ne p as p erd re de te m ps , il a é té dé cid é d e prép a re r les fu tu re s dé m o lition


dè ss me ainten
n e n gaan
g ea
t lent
relog em e nt des h abitan ts d u qua rtie r, à sa vo ir 3 10 m é na g es. A cette fin , la ville de P o issy e t le b a ille u r F ra nc
constitu é une « éq uipe- re lo gem en t » , cha rgée d e rencon tre r les h ab préparer
ita n ts etleurs
de dossiers de relogem ent.

U n e ré u nio n p u bliqu e se tie n dra p roch a ine m e nt d a ns le q u a rtie r, q u i p e rm e ttra d 'in form er e n dé
surta illesle slignes
lo ca ta ire
directrices du pro|et, les principales étapes de sa m ise en œ uvre, et les m odalités de leur relogem ent.

Pour l'E tat P o u r la ville d e P o issy P o u r le g rou p e O C IL


François Burdeyron Jacques Masdeu-Arus Robert Domenget
de Saint-Gemain-en-Laye député maire de Poissy directeur génénéral

DÉPARTEMENT DES YVELINES - V!ille DE PQJSSY PIACE DF LA


RÉPUBliQUE-783Q3 CEDEX -TEL; 01. 39.22,56.40 -FAX 01.39.65.23 90
ANNEXE 2

Collectif des Habitants de La Coudraie

Discours lors de la réunion du 19 mars 2004

Le 28 février dernier, les habitants de La Coudraie se sont constitués en COLLECTIF suite à l’annonce faite
par le sous-préfet, le maire de Poissy et le directeur général du groupe OCIL (le bailleur) de la « démolition-
reconstruction du quartier de La Coudraie ». L’objectif du COLLECTIF est de faire valoir les droits des habitants
de ce quartier.

Nous voulons tout d’abord vous faire part de la profonde indignation des habitants de ne pas avoir été
consultés sur ce projet et pour avoir manqué d’informations tant au niveau des habitants que des associations
du quartier.

Constatant ces lacunes, nous avons nous-même organisé des consultations, des réunions ainsi qu’une
enquête auprès des habitants de ce quartier. Cette enquête a confirmé que les habitants, à hauteur de 90%
n’avaient reçu aucune information. Elle a révélé également que dans leur grande majorité, soit à hauteur de
80%, les habitants souhaitent continuer à vivre à La Coudraie, dans un quartier rénové.

Aussi, affirmer dans votre lettre d’invitation à cette présente réunion que le projet que vous avez établi pour La
Coudraie répond « aux aspirations des habitants », nous oblige à prendre ces paroles avec la plus grande
réserve.

Notre sentiment, à nous les habitants, est que La Coudraie est victime depuis des années d’une politique
d’inaction générale et concertée qui a conduit à la situation actuelle.

Alors que demandent aujourd’hui les habitants de La Coudraie ?

Comme le résultat de l’enquête le montre, dans leur grande majorité, les habitants revendiquent de continuer
à vivre à La Coudraie, dans un quartier qui sera rénové avec la participation de ses habitants actuels, en toute
transparence. Ceux, qui souhaitent quitter le quartier, doivent obtenir l’assurance de le faire dans des
conditions décentes.

Aussi, au nom des habitants, nous vous demandons le réexamen du projet, de manière concertée comme le
prévoit la Loi Borloo de rénovation urbaine, en tenant compte des aspirations réelles des citoyennes et des
citoyens de ce quartier.

Nous vous demandons également, pour arrêter la désertification du quartier un arrêt définitif des expulsions
sachant que la quasi-totalité des « expulsables » se trouvent en règle vis-à-vis du bailleur, qu’une infime partie
de ces personnes rencontrent des difficultés financières passagères et que plus de 50% des appartements
sont vacants et condamnés.

Par ailleurs, nous réitérons notre demande de mise à disposition d’une salle, ici-même, à La Coudraie, à
raison d’une fois par semaine, le samedi ou le dimanche, et ce sur quatre semaines, afin de réunir les
habitants, les associations du quartier et les associations et organisations syndicales et politiques qui nous
soutiennent.

Le secrétariat du COLLECTIF
ANNEXE 3

Les revendications du Collectif des habitants de La Coudraie – 15 mai 2004

1. Que les habitants soient étroitement associés par l’intermédiaire du Collectif et de leurs associations au projet
de réhabilitation du quartier.

2. Réhabilitation et non destruction du quartier de la Coudraie.

3. Toutes les familles qui veulent rester dans le quartier réhabilité de la Coudraie peuvent le faire. Cela vaut pour
les habitants du foyer.

4. Pas de relogement forcé ou au rabais pour ceux qui souhaitent partir !


– Les familles qui souhaitent partir du quartier doivent recevoir des propositions de relogement
correctes. C’est-à-dire au moins aussi bonnes en termes de montant du loyer, de nombre de pièces et
de surface de l’appartement que ce qu’elles doivent abandonner à la Coudraie.
– À défaut, une indemnisation conséquente doit leur être proposée, en plus des frais de
déménagement et d’ouverture de compteur EDF-GDF, de ligne France Télécom….
– En définitive, toutes les familles qui ne seraient pas satisfaites du relogement proposé doivent pouvoir,
si elles changent d’avis, rester à la Coudraie.

5. Arrêt total des expulsions, dans la résidence comme dans le foyer.


En effet :
– la quasi-totalité des familles menacées d'expulsion le sont à la suite de difficultés financières ou
sociales ou d'"accidents de la vie" ;
– le bailleur, qui ne reloue plus les appartements vacants, ne peut se prévaloir d’aucun préjudice financier.

6. Régularisation du bail de toutes les familles qui vivent à la Coudraie.

7. Halte à l’abandon du quartier (entretien, services publics…)


– Le quartier ne doit pas être abandonné sous prétexte qu'il est destiné à être démoli. Des gardiens
doivent être réinstallés à demeure, l'entretien doit être repris, les réparations faites, au besoin en
recrutant le personnel nécessaire dans la résidence.
– Des espaces de jeux pour les enfants doivent être construits et les espaces verts entretenus.
– Les services publics (éclairage, entretien de la voirie, poste…) doivent fonctionner normalement.

8. Réouverture à la location des appartements aux portes condamnées.


– Il y a actuellement une pénurie grave de logements et particulièrement de logements sociaux. Cette
pénurie entretient une flambée des loyers dans le secteur des logements libres.
– Dans ces conditions, il est très choquant que plus de 300 grands logements sociaux soient
maintenus volontairement vides depuis plusieurs années.
C’est d’autant plus choquant que, si l’on en croit le maire et le bailleur, aucun projet de
réhabilitation n’existe encore à ce jour pour la Coudraie.

9. Non à la casse du logement social.


– Sous prétexte de mixité sociale, les autorités font détruire actuellement plus de logements sociaux
qu’elles n’en font construire. C’est le cas dans les Yvelines. Plus de 17 000 familles attendent un
logement social. Dans ces conditions, tous les logements qui seraient détruits doivent être
reconstruits, sur place ou sur d'autres sites si nécessaire.

10. Que cesse la stigmatisation du quartier, notamment par les autorités municipales, comme “ quartier de
délinquants ”.

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