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Raymond Barre

Raymond Barre, né le 12 avril 1924 à Saint-Denis (La Réunion) et mort le 25 août 2007 à Paris, est un
économiste et homme d'État français. Raymond Barre
Professeur d'université, il est vice-président de la Commission européenne, chargé de l'Économie et des
Finances, de 1967 à 1973.

En 1976, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, il est nommé ministre du Commerce extérieur du
premier gouvernement Jacques Chirac, puis devient Premier ministre. Il met en œuvre une politique monétaire
visant à réduire la pression de la monnaie sur les prix et une politique budgétaire stricte du fait de la hausse de la
dette. Il démissionne après la victoire de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1981.

Candidat de l'UDF à l'élection présidentielle de 1988, il arrive en troisième position avec 16,5 % des suffrages. Il
est député du Rhône de 1978 à 2002 et maire de Lyon de 1995 à 2001.

Classé au centre droit et proche de l'UDF, Raymond Barre est une des rares personnalités politiques
contemporaines à avoir occupé d'aussi hautes fonctions sans jamais avoir été membre d'un parti politique.

Sommaire Raymond Barre en 1980.


Biographie Fonctions
Jeunesse et vie privée
Économiste de profession Maire de Lyon
Engagement européen 25 juin 1995 – 25 mars 2001
Ministre du Commerce extérieur (5 ans et 9 mois)

Premier ministre Élection 25 juin 1995


Candidature présidentielle de 1988 Prédécesseur Michel Noir
Député et maire de Lyon Successeur Gérard Collomb
Maladie et mort Député
Affaire judiciaire après sa mort 2 juillet 1981 – 18 juin 2002
Détail des mandats et fonctions (20 ans, 11 mois et 16 jours)
Au gouvernement Élection 14 juin 1981
À l’Assemblée nationale Réélection 16 mars 1986
Au niveau européen 5 juin 1988
Au niveau local 21 mars 1993
1er juin 1997
Autres fonctions
Circonscription 4e du Rhône (1981-
Hommages 1986)
Décorations Rhône (1986-1988)
4e du Rhône (1988-
Œuvres 2002)
Notes et références Législature VIIe, VIIIe, IXe, Xe et
Annexes XIe (Cinquième
Bibliographie République)
Article connexe Groupe politique Apparenté UDF (1981-
Liens externes 1988; 1993-2002)
UDC (1988-1993)
Prédécesseur Jean Baridon
Biographie Successeur Christian Philip
3 avril – 3 mai 1978
(1 mois)
Jeunesse et vie privée
Élection 19 mars 1978
2
La famille Barre est installée à Saint-Denis, à La Réunion, depuis 1843 . Raymond Barre est le fils de René Circonscription 4e du Rhône
Barre (1898-1975), négociant, et de Charlotte Déramond (1902-2002). René Barre, fils d'un directeur de Législature VIe (Cinquième
pénitencier en poste à la Guyane puis en Nouvelle-Calédonie, s'était engagé au service de la France en 1915, à République)
17 ans, amoureux de l'héritière d'une grande famille, Charlotte Déramond, fille d'Octave Déramond, chirurgien,
Groupe politique Apparenté UDF
et de Marie Martin (issue des Martin, riches sucriers). Ses parents se marient à La Réunion le 3 décembre 1921 et
3 Prédécesseur Louis Joxe
ont deux filles (Anne-Marie et Marguerite Marie) et un fils. Ils se séparent lorsque Raymond Barre a quatre ans,
à la suite d'une affaire frauduleuse dans laquelle son père a été impliqué, jugé aux assises le jeudi 26 janvier 1928 Successeur Jean Baridon
4
avec son associé et conseiller Jules Bocquée . René Barre est finalement acquitté, mais les Déramond ne
Premier ministre français
peuvent tolérer que leur honneur et leur réputation aient été salis. Il ne reverra jamais plus son père, décédé le
2
18 mars 1975 . 25 août 1976 – 21 mai 1981
(4 ans, 8 mois et 26 jours)

Président Valéry Giscard


À l'exception de quelques mois à Paris en 1934, il passe son enfance sur d'Estaing
son île natale de La Réunion, dans l'imposante case créole de Saint- Gouvernement Barre I, II et III
Denis appartenant à son grand-père maternel et dans laquelle il est né. Législature Ve et VIe (Cinquième
Cette villa, qui fut habitée par le poète Léon Dierx, est aujourd'hui
5 République)
appelée villa Déramond-Barre .
Coalition Majorité présidentielle
Là, il se retrouve d'abord dans la même école maternelle que Raymond UDR – RI – RCDS
Bourgine, l'école de l'Immaculée Conception, avant d'être scolarisé au (août-déc. 1976)
5 RPR –RI – PR – RCDS
lycée Leconte-de-Lisle aux côtés de Paul et Jacques Vergès . Il entre à
5 (1976-1978)
la faculté de droit de La Réunion au sortir du lycée .
La villa Déramond-Barre, maison RPR – UDF (1978-1981)
natale de Raymond Barre à Saint- Mobilisé à l'âge de vingt ans, il doit mettre de côté son vœu d'étudier la Prédécesseur Jacques Chirac
Denis de La Réunion.
médecine à Montpellier comme l'avait fait le reste de sa famille avant Successeur Pierre Mauroy
5
lui . Après son instruction à La Réunion sur la batterie de la pointe des
Galets, il part en 1945 pour Madagascar rejoindre son régiment Ministre de l'Économie et des Finances
d'artillerie du CEFEO et débarque à Tamatave, d'où il doit s'embarquer pour l'Indochine. Mais Américains et 27 août 1976 – 31 mars 1978
Britanniques ne voient pas d'un très bon œil que la France rétablisse sa souveraineté sur l'Indochine, si bien qu'ils (1 an, 7 mois et 4 jours)
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ne fournissent pas les navires de transport nécessaires avant la fin de la Seconde Guerre mondiale . Démobilisé,
5 Président Valéry Giscard
il prend le bateau pour Paris le 15 janvier 1946 . d'Estaing
Premier ministre Lui-même
Économiste de profession Gouvernement Barre I et II

5 Prédécesseur Jean-Pierre Fourcade


Logé à la Cité internationale universitaire jusqu'en 1950 , il décroche plusieurs diplômes et concours de
Successeur René Monory
l'enseignement supérieur : le diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris (promotion 1948, section Service
7 2
Public) et l'agrégation de droit et de sciences économiques dont il finit deuxième en 1950 . Ministre du Commerce extérieur
12 janvier 1976 – 25 août 1976
Il est nommé professeur à la faculté de droit et de sciences économiques de Caen, mais ne rejoint pas son poste (7 mois et 13 jours)
immédiatement et, pendant quatre années, effectue des missions à l'Institut des hautes études de Tunis. En 1953,
il traduit l'ouvrage du libéral Friedrich Hayek paru l'année précédente : Scientisme et sciences sociales, Essai sur Président Valéry Giscard
le mauvais usage de la raison. d'Estaing
Premier ministre Jacques Chirac
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Le 19 novembre 1954, Raymond Barre épouse Eva Hegedűs (1920-2017), qu'il a rencontrée à Tunis . D'origine Gouvernement Chirac I
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hongroise, elle est fille de l'avocat Barthélémy Hegedüs et de Berthe Salamon . Ils ont ensemble deux fils :
10 Prédécesseur Norbert Ségard
Olivier (né en 1955) et Nicolas (né en 1961) .
Successeur André Rossi
Il publie en 1959 un manuel d'économie qui restera longtemps utilisé par les étudiants et qui est appelé
2 Vice-président de la Commission
familièrement Le Barre . européenne
chargé de l'Économie et des Finances
De 1959 à 1962, Raymond Barre est directeur de cabinet de Jean-Marcel Jeanneney, ministre de l'Industrie dans
le gouvernement Michel Debré. Ensuite, il redevient professeur d'économie à l'Institut d'études politiques de 7 juillet 1967 – 5 janvier 1973
11 (5 ans, 5 mois et 29 jours)
Paris, à la faculté de droit et de sciences économiques de Paris, ainsi qu'à l'École centrale Paris .
Président Jean Rey
Franco Maria Malfatti
Engagement européen Sicco Mansholt
Prédécesseur Robert Marjolin
En 1967, il est nommé vice-président de la Commission européenne, responsable des Affaires économiques et
2 Successeur Wilhelm Haferkamp
financières, poste qu'il occupera jusqu'en 1973 .
Biographie
Son mandat a été marqué par son action en faveur de l'union économique et monétaire entre les six États
Nom de naissance Raymond Octave
membres de la Communauté économique européenne. C'est à son initiative qu'a été élaboré un mémorandum en
Joseph Barre
février 1968 sur la politique monétaire de la Communauté économique européenne, préconisant un dispositif
d'assistance réciproque entre les États membres, et la définition d'une unité de compte européenne. Le Surnom Le Premier économiste
de France, Babar 1
12 février 1969, un document connu sous le nom de « premier plan Barre », propose ensuite au nom de la
Commission européenne une « convergence des orientations nationales » ainsi qu'une « concertation des Date de naissance 12 avril 1924
politiques économiques ». Pour l'universitaire Frédéric Lebaron, il s'agit d'« une des premières politiques Lieu de naissance Saint-Denis (La
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d’austérité de la période néolibérale qui s’ouvre alors » . Au Sommet de La Haye, les gouvernements des six Réunion, France)
États membres de la CEE se donnent pour objectif l'Union économique et monétaire : le plan Barre sert alors de Date de décès 25 août 2007
travail préparatoire. Puis, le 4 mars 1970, la Commission européenne présente au Conseil de l'Union européenne
Lieu de décès Paris (France)
une communication appelée « deuxième plan Barre » proposant trois étapes devant aboutir en 1978 à une Union
économique et monétaire. Ce document servira de base à la constitution du groupe présidé par Pierre Werner, qui Nature du décès Crise cardiaque
va élaborer le document connu sous le nom de « Plan Werner », étape suivante dans l'histoire de l'Union Sépulture Cimetière du
économique et monétaire européenne ayant mené à l'euro. Montparnasse
Nationalité Française

Ministre du Commerce extérieur Parti politique Indépendant


(proche de l'UDF)

Le 12 janvier 1976, il est nommé ministre du Commerce extérieur dans le gouvernement Jacques Chirac I par le Diplômé de IEP de Paris
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président de la République Valéry Giscard d'Estaing et le Premier ministre Jacques Chirac . Profession Économiste
Religion Catholicisme
Premier ministre

Le 25 août 1976, Raymond Barre est nommé Premier ministre par le président Valéry Giscard d'Estaing, après la
démission du gouvernement de Jacques Chirac. Le président Giscard d'Estaing, avec qui il avait des réunions
régulières à Bruxelles plusieurs années auparavant, dit alors de lui qu'il est « l'un des meilleurs économistes de

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14
France » . Il est d'ailleurs aussi nommé ministre de l'Économie et des Finances, fonction qu'il occupe jusqu'en Premiers ministres français
mars 1978. C'est la première fois que, sous la Ve République, un chef de gouvernement exerce en même temps Maires de Lyon
une autre fonction ministérielle.

Confronté aux hausses du chômage et de l'inflation liées à la crise économique mondiale des chocs pétroliers, Raymond Barre
mène une politique d'austérité économique, plus couramment nommée par les économistes comme celle de « la rigueur ». Il ne
parvient cependant à juguler ni le premier, ni la seconde à l'instar de ce qui se passera dans tous les pays européens à l'exception
de la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher. Il résume les problèmes économiques du pays le 22 septembre 1976 par la formule
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« la France vit au-dessus de ses moyens » .

Son plan de restructuration de la sidérurgie en 1979, consistant à quasi-nationaliser les usines concernées, sauvegarde une
industrie sidérurgique en France qui donnera plus tard naissance au groupe Arcelor. Ce plan implique la suppression de plusieurs
dizaines de milliers d'emplois, et de violents mouvements de protestations en découlent. Il permet néanmoins de reconstruire un
groupe plus moderne et créateur d'emplois. Son gouvernement engagera de plus le plan nucléaire. Cependant sa politique est
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contestée par la gauche, mais aussi le parti gaulliste , l'obligeant durant ses fonctions à engager dix fois la responsabilité de son
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gouvernement devant l'Assemblée nationale . Il en gardera toujours une rancœur contre le RPR . Raymond Barre en 1977.

À La Réunion, où il conserve des contacts avec quelques élus comme Pierre Lagourgue et Marcel Cerneau, il décide de la
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construction du second bassin du Port de la Pointe des Galets .

Par ailleurs, son passage à Matignon est marqué par la mort, en 1979, dans des circonstances qui donnent lieu à une importante polémique, du ministre du Travail,
Robert Boulin. Alors que selon la version officielle le cadavre de Robert Boulin n'a été retrouvé dans un étang de la forêt de Rambouillet qu'à 8 heures 40,
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Raymond Barre affirme avoir été prévenu de la découverte du corps dès 3 heures du matin , comme l'attestent les propos qu'il a tenus en mai 2005 au micro de
19, 20 21
Benoît Collombat, reporter à France Inter et auteur d'Un homme à abattre , et comme il le répètera dans son livre L'Expérience du pouvoir (2007) . Ce délai
de plus de cinq heures aurait permis de maquiller un possible assassinat du ministre en suicide ; l'hypothèse de l'implication du RPR, qui s'inquiétait de la possible
18
nomination à Matignon de Robert Boulin, qui était membre du parti gaulliste, est évoquée .

Le 3 octobre 1980, à la suite de l'attentat de la rue Copernic, il déclare : « Cet attentat odieux qui voulait frapper les Israélites qui se rendaient à la synagogue et
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qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic ». Cette déclaration ayant suscité une polémique, l'intéressé, prenant la parole le
8 octobre 1980 à la tribune de l'Assemblée nationale, tient à assurer ses « compatriotes juifs » de la « sympathie de l'ensemble de la nation ». Peu avant sa mort,
Raymond Barre a nié avoir tenu ces propos et imputé les protestations de l'époque au « lobby juif le plus lié à la gauche », « capable de monter des opérations qui
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sont indignes » .

Au début de 1981, la cote de popularité de Raymond Barre est au plus bas, ce qui conduit Valéry Giscard d'Estaing à le maintenir à l'écart de sa campagne
2 27
présidentielle . Le président de la République avait même un temps envisagé de changer de chef de gouvernement . Cette impopularité sera considérée comme
28, 27
un facteur de l'échec de Valéry Giscard d'Estaing à l'élection présidentielle de 1981 .

Raymond Barre annonce, après la victoire du candidat socialiste François Mitterrand à l'élection présidentielle, la démission de son gouvernement. Il souligne les
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aspects positifs de son action et condamne ceux qui ont « joué au quitte ou double le sort de la Ve République » . Le Premier ministre prédit par ailleurs que la
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gauche sera obligée de revenir dans les trois ans à la politique qu'il avait menée . Raymond Barre expédie les affaires courantes jusqu'à l'investiture de François
Mitterrand à la présidence de la République, le 21 mai 1981, et à la nomination de son successeur à Matignon, Pierre Mauroy.
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Dans les années 1980, il écrit également dans la revue du Club de l'horloge, Contrepoint .

Candidature présidentielle de 1988

Après le refus de Valéry Giscard d'Estaing de se présenter à l'élection présidentielle de 1988, les différentes composantes de
l'UDF se prononcent en faveur de la candidature de Raymond Barre. Celui-ci n'est pourtant pas membre de l'UDF, souhaitant
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rester un « homme au-dessus des partis » et s'estimant « inclassable ». Il se déclare candidat le 8 février 1988, au palais des
congrès de Lyon.

Les sondages le donnent longtemps présent au second tour, devant Jacques Chirac, et certains le donnent même vainqueur face à
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François Mitterrand . Pendant la campagne, les intentions de vote en sa faveur diminuent et il obtient finalement 16,55 % des
17, 33
voix au premier tour, mais l'écart avec Jacques Chirac est moins important que prévu . En vue du second tour, il apporte son
17
soutien à Chirac face à François Mitterrand . Plus tard, ce dernier rendra hommage à Raymond Barre en le qualifiant de
17
« véritable homme d'État ». Raymond Barre se définira comme « un homme carré dans un corps rond ».

Député et maire de Lyon Raymond Barre en 1991.

2
Raymond Barre se fait élire député de la quatrième circonscription de Lyon lors des législatives de 1981 . Apparenté au
groupe centriste, il est constamment réélu jusqu'en 2002. Il reprend également ses cours à Sciences Po.

À la demande insistante de Jacques Chirac, il brigue le mandat de maire de Lyon contre Michel Noir aux élections
municipales de 1995, et obtient en échange la promesse d'un G7 dans la ville. Il ambitionne de faire de Lyon « le cœur du
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Grand Sud-Est européen » tout en s'engageant à ne pas augmenter les impôts de plus de 3 %. La liste qu'il conduit
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l'emporte au second tour, le 18 juin 1995, avec 47,5 % des voix . Lors de cette élection, il ne parvient pas à maintenir
tous les arrondissements de la ville à droite, la gauche en remportant trois sur neuf, tandis que le Front national obtient
35 35
deux élus . Il est élu maire par le nouveau conseil municipal le 25 juin 1995 .

Son engagement financier le pousse à préférer des lignes de tramways aux projets de métro, et à réduire diverses activités Raymond Barre aux côtés de la mère
au service des familles. Il lance l'idée de la refonte du quartier de la Confluence, qu'il souhaite confier à Ricardo Bofill, Tessa Bielecki et du grand-rabbin
mais la complexité des expropriations et les règles des appels d'offre l'obligent à laisser ce projet à son successeur. Fin Immanuel Jakobovits en 1989.
avril 1997, est inauguré le prolongement de la ligne D de Gorge de Loup à Gare de Vaise.

Sur le plan culturel, il conduit la rénovation et la mise à la disposition des artistes des Subsistances, ex intendance militaire. Il fait également inscrire en 1998 le
Vieux Lyon au patrimoine de l’humanité, grâce à une action intensive menée par Régis Neyret.
Au niveau de la COURLY, Raymond Barre instaure une politique d’attributions des vice-présidences aux divers groupes, en vue de plus larges consensus.

Du 15 au 17 juin 1996, il accueille le G7.

Dès le début de son mandat de maire, il annonce qu'il n'effectuera qu'un mandat à la tête de la ville. Le socialiste Gérard Collomb lui succède à la suite des
élections municipales de 2001. Raymond Barre se retire de la vie politique l'année suivante, ne briguant pas un nouveau mandat de député aux élections
législatives de 2002.

Maladie et mort

Aux problèmes rénaux dont il souffre de longue date s'ajoutent des problèmes cardiaques. Le 11 avril 2007, à la suite d'un malaise cardiaque, il est hospitalisé au
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centre cardio-thoracique de Monaco, puis transféré à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris, où il meurt le 25 août 2007, à l'âge de 83 ans .

Ses obsèques sont célébrées par l'archevêque de Paris Mgr André Vingt-Trois le 29 août 2007 dans la chapelle du Val-de-Grâce, en présence de nombreuses
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personnalités dont le président de la République Nicolas Sarkozy. Il est inhumé peu après à Paris, au cimetière du Montparnasse, au sein de la 18e division. Son
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épouse, Eva, morte à l'âge de 97 ans, dix ans après lui, est inhumée à ses côtés .

Affaire judiciaire après sa mort


Le 3 juillet 2019, Le Canard enchaîné révèle qu'une information judiciaire a été ouverte par le Parquet national financier pour blanchiment de fraude fiscale en
raison d’un compte bancaire dont Raymond Barre disposait en Suisse. Le journal, violant le secret de l'instruction, avance que celui-ci s’élevait à sa mort à onze
millions de francs suisses (soit l'équivalent de 6,8 millions d'euros de l’époque) non déclarés au fisc français. Ces investigations ont commencé après l’envoi
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anonyme au fisc d'une copie d'écran du réseau interne de la banque Crédit suisse .

Le Canard enchaîné précise que ses héritiers — qui ont racheté la villa de leur père à Saint-Jean-Cap-Ferrat pour 14 millions d’euros via une société dont ils ont le
39
contrôle, ce qui laisse planer d’autres soupçons de blanchiment — ont fini par se mettre en règle avec l'administration fiscale en versant un million d'euros de
pénalités. Selon l'hebdomadaire, la procédure judiciaire s’est par la suite enlisée mais est toujours en cours. Ces révélations conduisent les médias à s’interroger sur
la provenance des fonds en question, dont le montant semble peu compatible avec les revenus déclarés de l'intéressé. L’hypothèse d'une utilisation des fonds
39, 40
spéciaux est évoquée .
41
Les observateurs soulignent que cette affaire met à mal l’image de probité dont Raymond Barre bénéficiait jusque-là .

Détail des mandats et fonctions

Au gouvernement
12 janvier 1976 – 25 août 1976 : ministre du Commerce extérieur (gouvernement Jacques Chirac I).
25 août 1976 – 13 mai 1981 : Premier ministre (gouvernements Raymond Barre I, Raymond Barre II et Raymond Barre III).
27 août 1976 – 31 mars 1978 : ministre de l'Économie et des Finances (gouvernements Raymond Barre I et Raymond Barre II).

À l’Assemblée nationale
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3 avril 1978 – 4 mai 1978 : député de la 4e circonscription du Rhône .
2 juillet 1981 – 1er avril 1986 : député de la 4e circonscription du Rhône.
2 avril 1986 – 14 mai 1988 : député du Rhône.
23 juin 1988 – 18 juin 2002 : député de la 4e circonscription du Rhône.

Au niveau européen
7 juillet 1967 – 5 janvier 1973 : vice-président de la Commission européenne, chargé de l'Économie et des Finances.

Au niveau local
25 juin 1995 – 25 mars 2001 : maire de Lyon.
1995-2001 : président de la communauté urbaine de Lyon.

Autres fonctions
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Le 30 janvier 1973, il est nommé membre du conseil général de la Banque de France. La même année, il est élu président de l'association de Genève .

En 1988, il succède à Edgar Faure à la présidence de l'Institut libre d'étude des relations internationales (ILERI).
44
Membre du réseau mondial Aspen Institute, il fonde l'Institut Aspen France en 1983 dont il fut président de 1994 à 2004 puis président d'honneur jusqu'à sa
mort.
45 46
En 2001, il est élu à l’Académie des sciences morales et politiques au fauteuil d'Alain Peyrefitte (1925-1999) .
47
Il a été membre honoraire du Club de Rome .

Hommages
48
48
En 2008, une esplanade Raymond-Barre est inaugurée à Lyon, dans le sixième arrondissement . Le pont Raymond-Barre est mis en service sur le Rhône en
2014 pour permettre au Tramway T1 d’enjamber le fleuve.

Décorations
10
Officier de la Légion d'honneur (2003, chevalier en 1973) .
49
Grand-croix de l'ordre national du mérite, en 1977 en tant que Premier ministre .
10
Chevalier du Mérite agricole .
10
Commandeur du Mérite commercial .
Grand-croix de l'ordre d'Isabelle la Catholique en 1976.
50
Officier de l'Ordre national du Québec en 1986 .
Docteur honoris causa des universités de :
10
Ottawa (Canada) ;
10
Barcelone (Espagne) ;
10
Mayence (Allemagne) ;
10
Budapest (Hongrie) ;
10
Mons-Hainaut (Belgique) ;
10
Keiō à Tokyo (Japon) ;
51
Sciences Po Paris (France) ;
52
Lodz (Pologne).
53
Prix Europe 1979, partagé avec le chancelier allemand Helmut Schmidt .
Prix Jacques-de-Fouchier de l’Académie française (1998) pour l'ensemble de ses ouvrages.
Prix Konrad-Adenauer (2004).

Œuvres
54
La Période dans l'analyse économique - une approche à l'étude du temps, SEDEIS, 1950 .
55 56
Économie Politique, Paris, Presses universitaires de France, Thémis économie, première édition en 1959 , réédité au moins 15 fois
57
depuis, traductions en espagnol, portugais, russe et arabe .
58
Le Développement économique : analyse et politique, 1958 .
59
Une politique pour l'avenir, Plon, 1981 .
60
La désinflation, Paris, Que sais-je ?, 1983 .
54
Un plan pour l'Europe - la Communauté européenne, problèmes et perspectives, Presses universitaires de Nancy, 1984 .
54
Réflexions pour demain, 1984, Pluriel (ISBN 2010102673) .
10
Au tournant du siècle, Plon, 1988 .
54
Questions de confiance - Entretiens avec Jean-Marie Colombani, Flammarion, 1988 .
61
Un goût de liberté, JC Lattès, 2000 .
10
Entretiens, collectif, 2001 .
62
L'Expérience du pouvoir, conversations avec Jean Bothorel, Fayard, 2007 (ISBN 2213630313) .

Notes et références
1. « «Babar», «tonton», «sphynx»… Ces curieux surnoms des hommes politiques » (https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/expressions-franc
aises/2018/10/17/37003-20181017ARTFIG00044-babar-tonton-sphynx-ces-curieux-surnoms-des-hommes-politiques.php), sur lefigaro.fr,
17 octobre 2018 (consulté le 9 mai 2020).
2. « L'ancien premier ministre français Raymond Barre est mort » (https://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3224,50-947468,0.
html) par Jean-Baptiste de Montvalon dans Le Monde du 25 août 2007.
3. Histoire familiale des hommes politiques français, Archives & culture, 1997, p. 32
4. Raymond Barre (http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS1224_19880422/OBS1224_19880422_049.pdf), Le Nouvel Observateur
5. Albert Weber, L'émigration réunionnaise en France, L'Harmattan, 1994 (ISBN 2738422020).
6. Raymond Barre, Jean-Marie Colombani, Questions de confiance : entretiens avec Jean-Marie Colombani, Flammarion, 1988, p. 28
7. Sciences Po, FNSP 27 rue Saint Guillaume 75007 Paris, « Sciences Po Stories - L'histoire de Sciences Po : la frise, les récits, les portraits
et la carte » (http://www.sciencespo.fr/stories/#!/fr/frise/63/ils-ont-etudie-a-sciences-po-1945-1985/), sur Sciences Po stories (consulté le
1er janvier 2018)
8. Gisèle Lombard, « rhône », Le Progrès, 11 novembre 2017 (lire en ligne (http://www.leprogres.fr/societe/2017/11/11/eve-barre-s-est-eteinte-a
-geneve-a-97-ans), consulté le 5 juillet 2020).
9. Marie-Odile Mergnac, Histoire familiale des hommes politiques français, Archives & culture, 1997, p. 32.
10. « Biographie de Raymond Barre » (http://www.whoswho.fr/decede/biographie-raymond-barre_5170), sur WhosWho.fr (consulté le
7 janvier 2015).
11. Benoît Berthou, Sophie Chautard, Gilbert Guislain, 100 hommes qui ont fait la France du XXe siècle. Politique, économie, culture, Studyrama,
2003, p. 141
12. Frédéric Lebaron, « La croyance économique dans le champ politique français », Regards croisés sur l'économie, vol. 1, no 18, 2016 (lire en
ligne (http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=RCE_018_0032), consulté le 16 septembre 2016)
13. Raymond Barre, un homme singulier dans la politique française, Fallois, 2010, p. 274
14. Ce à quoi Barre réplique, le 27 août 1976 : « Le meilleur économiste français ? En tout cas un des tout premiers » (il est à noter que la
remarque du président est arrivée déformée par la presse à M. Barre : de l'expression « l'un des meilleurs », la presse a gardé « le
meilleur »).
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septembre 2007 sur l'Internet Archive), Le Figaro, 25 août 2007.
18. Interview de Raymond Barre. À 50 s, il précise : "Trois heures du matin", avant d'ajouter : "Nous ne pensions pas que le RPR allait
assassiner Boulin". (https://www.dailymotion.com/video/xfe6xb_affaire-robert-boulin-sa-fille-rencontre-le-procureur-general-de-paris_news).
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21. L'expérience du pouvoir, Raymond Barre, Paris, Fayard, 2007 (https://books.google.fr/books/about/L_exp%C3%A9rience_du_pouvoir.html?i
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37. Le président de la République Nicolas Sarkozy, le Premier ministre François Fillon, l'ancien président de la République Valéry Giscard
d'Estaing et son épouse Anne-Aymone, les anciens Premiers ministres Pierre Mauroy, Laurent Fabius, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin,
les ministres Michèle Alliot-Marie, Christine Lagarde, Michel Barnier, André Santini, Laurent Wauquiez, Nathalie Kosciusko-Morizet, Xavier
Darcos, le président du Sénat Christian Poncelet, le premier président de la Cour des comptes Philippe Séguin, le président de la Banque
centrale européenne Jean-Claude Trichet, le président du MoDem François Bayrou, le maire de Paris Bertrand Delanoë et le maire de Lyon,
Gérard Collomb ainsi que le président de la région Île-de-France Jean-Paul Huchon, l'amiral Philippe de Gaulle et l'acteur Alain Delon sont
présents pour rendre un ultime hommage à l'ancien chef du gouvernement.
38. « Ève Barre s’est éteinte à Genève à 97 ans », Le Progres, 11 novembre 2017 (lire en ligne (http://www.leprogres.fr/societe/2017/11/11/eve-b
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Annexes
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Henri Amouroux, Monsieur Barre, 1986. dia.org/wiki/Category:Raymond_Barre?u
Damien Fière Pozzo di Borgo, Raymond Barre, un homme en politique, 2002. selang=fr), sur Wikimedia Commons
Christiane Rimbaud, Raymond Barre, Perrin, 2015.
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Article connexe
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Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Brockhaus Enzyklopädie (https://brockhaus.de/ecs/enzy/article/barre-raym
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raymond-barre_(Dizionario-di-Storia)/) • Encyclopædia Britannica (https://www.britannica.com/biography/Raymond-Barre) • Encyclopædia
Universalis (https://www.universalis.fr/encyclopedie/raymond-barre/) • Encyclopédie Treccani (http://www.treccani.it/enciclopedia/raymond-
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r/encyclopedie/personnage/wd/107654) • Swedish Nationalencyklopedin (https://www.ne.se/uppslagsverk/encyklopedi/lång/raymond-barr
e) • Munzinger Archiv (https://www.munzinger.de/search/go/document.jsp?id=00000011769) • Store norske leksikon (https://snl.no/Raymon
d_Barre) • Who's Who in France (https://www.whoswho.fr/bio/raymond-barre_5170)

Ressource relative à l'audiovisuel :


(en) Internet Movie Database (https://tools.wmflabs.org/wikidata-externalid-url/?p=345&url_prefix=https://www.imdb.com/&id=nm1311853)

Ressources relatives à la recherche : La France savante (http://cths.fr/an/prosopo.php?id=2153) ·


Persée (https://www.persee.fr/authority/24368)
Ressources relatives à la vie publique : Assemblée nationale (http://www2.assemblee-nationale.fr/deputes/fiche/OMC_PA376) ·
Base Sycomore (http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche.asp?num_dept=432) ·
Vie publique (https://www.vie-publique.fr/2417-raymond-barre)

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