Sunteți pe pagina 1din 10

Université Mouloud MAMMERI Tizi-Ouzou

Faculté de Médecine
CPRS Centre/Cours des résidents
Blida 24 Février 2020

Les conduites suicidaires

Pr MESSAOUDI Abdelkrim
Mail: akmessaoudi@hayoo.fr
Le suicide est un phénomène qui a longtemps suscité l’intérêt des
chercheurs. C’est un phénomène complexe qu’on ne peut prétendre
aborder du seul point de vue médical.
D’autres approches, historique, philosophique, anthropologique,
théologique… se sont intéressées au phénomène.
Le suicide : un événement traumatisant du fait de sa soudaineté et de
sa brutalité ainsi que des perturbations plus ou moins durables qu'il
peut engendrer chez les proches des suicidés, tant sur le plan physique,
que psychique et/ou social.
Le phénomène du suicide constitue aujourd'hui un réel problème de
santé publique.
Environ un million de personnes meurent chaque année par suicide
dans le monde. Ce qui représente une mort toutes les quarante
secondes.
Selon des estimations, les troubles dépressifs et les schizophrénies sont
à l'origine de 60% des suicides.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) classe le suicide comme l'une
des premières causes de décès partout dans le monde,
particulièrement chez les jeunes.
Le mot « suicide » vient du mot latin (sui et caedere), il signifie le
meurtre de soi-même ou action de se donner la mort « l’acte délibéré
de mettre fin à sa propre vie».
Il a été utilisé pour la première fois par SIR BROWNE en 1642. Le terme
fut plus tard utilisé y compris dans les milieux religieux pour designer un
acte qui était totalement condamné plus gravement même que le
meurtre d’autrui.

INTERET DE LA QUESTION :

Problème majeur de santé publique à travers le monde.


Environ 01million de personnes se suicident chaque année.
Troisième cause de mortalité après les accidents vasculaires et accidents
de la voie publique.
Déterminisme complexe et multifactoriel.
La prévention reste le meilleur moyen de lutte contre ce phénomène
universel.

Qui se suicide ? Pourquoi ?


Quels sont les facteurs qui précipitent le passage à l'acte suicidaire ?
Quels sont les moyens utilisés ?
Quelles tranches d'âge sont les plus concernées ?

En ALGÉRIE

Le profil épidémiologique dégagé est celui:

Population jeune,
Sexe masculin,
Célibataire ,
Bas niveau socio-économique,
Chômage,
Antécédents familiaux de suicide,
Antécédents personnels de pathologie somatiques et de tentative de
suicide, la prise de toxique.

Que faire alors pour réduire le nombre de suicides ?


Comment prévenir ?
L’un des moyens pour baisser le nombre de morts par suicide, de
prévenir les tentatives de suicide, est de diagnostiquer la dépression et
de la traiter à temps, c’est cette maladie qui en est la raison première.
Des études récentes ont montré que des mécanismes épigénétiques
régulant l’expression des gènes, sans altérer la séquence de l’ADN, ont
été impliqués dans la régulation des conduites suicidaires.

Psychopathologie
Au fil du temps, deux types de conceptions et d’interprétations se sont
opposé :
- Les théories sociologiques à partir du XVIIIème siècle, qui s’appuient sur
des analyses épidémiologiques ;
- Les théories psychopathologiques.
DURKHEIM.E, définit la tentative de suicide comme « un acte de
suicide arrêté avant que la mort en soit résultée ».
Pour BAECHLER.J, il s'agit d'un « acte suicidaire qui ne débouche pas à
la mort effective du sujet ».

DURKHEIM a synthétisé :
• Une analyse critique des quatre facteurs extra-sociaux
(psychopathiques ou psychopathologiques, psychologiques normaux
comme la race et l’hérédité, cosmiques, l’imitation).
• Les causes sociales et types sociaux, s’appuie sur une méthode qui
consiste à étudier comment le taux de suicide varie en fonction de
différents déterminants sociaux ; il analyse ensuite ces variations
dans des contextes différents (religieux, familial, politique,
économique), pour distinguer trois grands types de suicide en
fonction de deux caractéristiques sociales que sont l’intégration de
l’individu dans la société et la régulation/réglementation de la
société sur la vie individuelle : le suicide égoïste, le suicide altruiste
et le suicide anomique.

PLATON : s'oppose au suicide pour deux raisons: même si le philosophe


aspire à rejoindre le monde des idées et à quitter ce corps où l'âme est
enfermée comme l'huître en sa coquille, l'homme n'a pas le droit de
décider lui-même du moment de cette séparation de l'âme et du corps
puisque c'est la divinité qui l'a placée là.

ARISTOTE : philosophe Grec, il traite le suicide dans le cadre des vertus,


plus particulièrement dans le contexte du courage, de l’amitié et de
l’amour de soi ainsi que de la justice. Pour lui, le courage est le juste
milieu entre l’audace et la lâcheté, entre la confiance excessive en soi et
le manque de confiance. Se donner la mort pour «échapper à la
pauvreté, ou par suite de chagrins d’amour ou de tout autre affliction»
n’est pas un acte de courage, mais de lâcheté.

MONTAIGNE : aborde la question du suicide pour le condamner comme


un acte de désespoir.

KARL MARX : Le suicide n’est qu’un des mille et un symptômes de lutte


sociale.
L’APPROCHE PHÉNOMÉNOLOGIQUE :
En 1967, dans un courant plus phénoménologique, DOUGLAS
s'intéresse aux significations sociales du suicide. En continuité avec
celui-ci, BAECHLER (1975) étudie le suicide à partir de 127 courtes
histoires. Il définit le suicide comme «une réponse à un problème»
ESQUIROL se démarque des positions philosophiques qui, au cours de
l’histoire, ont approuvé (DENUTRIUS, ZENON) ou désapprouvé le suicide
en le condamnant (PYTHAGORE) ou sont restés sans opinion tranchée
(PLATON, CICERON).
Pour ESQUIROL, le suicide a toutes les caractéristiques des aliénations
mentales, ce qui contribue à inclure ce comportement dans la clinique
psychiatrique. Il considère le suicide comme une maladie où prévaut le
délire.

HENRI EY : le suicide pathologique résulte de la dépression et de


l’anxiété.

Le modèle psychanalytique :
C’est le premier courant à avoir élaboré une théorie psychologique sur
les conduites suicidaires. FREUD dans Deuil et Mélancolie (1917) et
psychopathologie de la vie quotidienne (1901) a insisté sur l’importance
des facteurs individuels inconscients au lieu des enjeux sociaux comme
l’a prouvé DURKHEIM. Selon FREUD, le suicide est une « agression
interne contre un objet d’amour introjecté. C’est en effet dès 1905, il
évoque le retournement de l'agressivité contre le moi dans le geste
suicidaire, point de départ de ses travaux féconds sur la pulsion de mort.
Pour lui, pulsion de vie et pulsion de mort sont au cœur des motivations
de chacun d'entre nous. Quand la pulsion de mort l'emporte, l'acte
suicidaire apparaît.

Pour Mélanie KLEIN, « par le suicide, le moi cherche à tuer ses mauvais
objets et sauver ses objets d’amour, qu’ils soient internes ou externes.
Le suicide permet au moi de s’unir avec ses objets d’amour, bons objets
intériorisés auxquels il s’est identifié. Il peut également venir briser la
relation au monde extérieur » (KLEIN 1934 ; SEGAL 1964)

Evaluation
A)- La dangerosité de la crise suicidaire
 URGENCE FAIBLE
Désire de parler et de recherche la communication; Cherche des
solutions à ses problèmes; Pense au suicide, mais n’a pas de scénario
suicidaire précis; Maintient des projets réels pour les prochains jours;
Pense encore à des moyens et à des stratégies pour faire face à la crise

 URGENCE MOYENNE
Son équilibre émotif est fragile; Envisage le suicide et son intention est
claire; Envisagé un scénario suicidaire, mais son exécution est reportée;
Exprime directement ou indirectement son désarroi.
 URGENCE ÉLEVÉE
 Sa planification est claire (où, quand, comment ) et le passage
l’acte est prévu pour les jours qui viennent; Rationalise sa décision ou ,
au contraire, elle est très émotive; Elle se sent complètement
immobilisée par la dépression ou, elle se trouve dans un état de grande
agitation;
La douleur ou l’expression de sa souffrance sont omniprésents;
Accès direct et immédiat à un moyen de se suicider : médicaments,
armes à feu;Sentiment d’avoir tout fait et tout essayé.

B)-Facteurs de risques
 des signes de vulnérabilité psychique

Troubles de l’image de soi;


Changements de comportement récents, particulièrement significatifs
chez les adolescents et les jeunes adultes.
Sentiment de désespoir qui apparaît significativement plus fort chez les
sujets ayant des idées suicidaires et tendance au passage à l’acte.
 Les facteurs individuels
 Antécédents de tentative de suicide;
 Présence de problèmes de santé mentale (troubles affectifs, abus
et dépendance à l'alcool et aux drogues, troubles de la personnalité);
 Pauvre estime de soi;
 Tempérament et style (impulsivité, rigidité de la pensée, colère,
agressivité);
 Présence de troubles de santé physique (maladie, handicap, etc.).
 Les facteurs familiaux
 Présence de violence, d'abus physique, psychologique ou sexuel ;
 Pertes et abandons précoces;
 Toxicomanie et d'alcoolisme chez les parents;
 Conflits conjugaux majeurs;
 Comportements suicidaires de la part de l'un ou des deux parents;
 Problèmes de santé mentale chez l'un ou chez les deux parents.

 Les facteurs psychosociaux


 Difficultés économiques ;
 Isolement social et affectif ;
 Séparation et perte récente de liens importants, deuil;
 Placement dans un foyer d'accueil, en institution ou dans un
centre de détention, traitement discriminatoire;
 Difficultés scolaires ou professionnelles;
 Effet de contagion (à la suite du suicide d'un proche);
 Problèmes d'intégration sociale.

 Facteurs précipitant 

Les circonstances précédent le passage à l’acte ou déterminants dans la


crise suicidaire :
 Evénements de vie négatifs (séparation, une maladie,un échec).
 Evénements anodins revêtant une importance affective pour le
suicidant.
 Problématiques liées au passé du sujet.
 PRISE EN CHARGE

A-Objectifs généraux :
Traiter  Triple urgence :
Somatique
Psychiatrique
Sociale
Prévenir

B)- L’ACCUEIL AUX URGENCES 

La qualité de l’accueil aux urgences et des premiers contacts, et en


particulier le respect de la confidentialité paraissent essentiels à la
bonne continuité des soins et à l’adhésion de la personne.
Les soins prévus doivent être présentés au patient dés que son état
somatique et sa vigilance le permettent.

 Examen somatique :

Permet d’évaluer la gravité immédiate et différée du geste suicidaire et


permet de définir le traitement et la surveillance adaptés. Il doit être
complété dans un second temps pour évaluer, entre autres, l’état
général, l’état nutritionnel et staturo-pondéral, les comorbidités .
Il apporte des éléments utiles à l’évaluation psychologique.
Il guide le choix des examens complémentaires, des consultations
spécialisées et des traitements éventuellement nécessaires.

RECONAITRE UNE PERSONNE EN CRISE:

 des signes d’impulsivité


 Agressivité dont on sait qu’elle facilite le passage à l’acte.
 Instabilité comportementale.
 Conduites à risque.

 l’éventualité d’un syndrome présuicidaire de Ringel

C)- prise en charge après la période de soins aux urgences  :

L’évaluation psychologique, familiale et sociale doit être poursuivie,


parallèlement à la mise en route des soins. Deux modes de prise en
charge sont envisageables en fonction des possibilités locales et de
chaque cas particulier :

1)-Prise en Charge Hospitalière :Elle aura pour but :


 Protection de la personne ;
 Etablissement d’une relation de confiance ;
 Faire un diagnostic;
 Traitement.
L’hospitalisation doit être la règle, tout particulièrement en cas :
 Risques de récidive immédiate de la TS, en particulier s’il existe
une forte intentionnalité suicidaire;
 Pathologie psychiatrique non stabilisée, patente ou suspectée;
 Environnement extérieur jugé défavorable, voire délétère
(maltraitance, abus sexuels);
 Si le patient le désire.
2)- Prise en charge psychologique Son but principal est:
 Définir et mettre en place des alternatives au projet suicidaire;
 L’évaluation des facteurs précipitant;
 L’analyse de la perception de la crise actuelle;
 Evaluation des capacités personnelles à mobiliser ses propres
ressources adaptatives;
 Repérer les éléments positifs de sa vie et de sa personnalité.

D)- Le suivi ultérieur

Des suivis structurés, planifiés, reposant éventuellement sur des


programmes psychothérapiques préparés, permettant l’adhésion aux
soins et de diminution des récidives suicidaires.

Conclusion

Le suicide, sujet tabou, rejeté par notre société qui le considère comme
un sacrilège, engendre une forme de deuil particulière. Celle ci peut être
compliquée ou au contraire résolue selon les conditions
psychosociologiques des endeuillés.
C’est un phénomène complexe qui nécessite une analyse
étiopathogeniques approfondie, afin de mieux le comprendre. Elle nous
permettra une meilleure prise en charge et surtout des actions de
préventions bien ciblées.