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DU MELON ,

DE SA CULTURE.
DANS LES SERRES, SOUS CHASSIS,

SUR DIFFÉRENTES COUCHES

ET EN PLEINE TERRE.

NOUVELLE ÉDITION,

Suivie (Pane Notice sur la COURGE-MELONE et sur ses


avantages.

Avec une planche. x

P43. Ër. CALVEL , membrç de plusieurs sociétés


savantes et dägnculture.

A PARIS,

I
AVERTISSEMENT.
Mes principes pratiques sur la culture du
filelon , consignés d’ab‘ord dans plusieurs
articles de la Feuille du Cultivateur (l) , que
j’ai rédigée seulpendant quinze mais, furent
réunis en corps d’ouvrage.
Les éditions multipliées qu'on en a faites,
même en pays Jtrangcr, où il a été traduit;
Ie succès général de la culture que j'indique 3
les observations qu'on a eu la bonté de me
faire5 les sufragesflatteurs (2) dont on a bien

(I) 5 volumes in-8°. du prix de 25 fi. pour Paris,‘


et 21 fr. par la poste.
(2) Je crois devoir distinguer sur-tout le sigffrage si
honorable de S. Exc. le Ministre actuel des affaires
étrangères , alors Ministre de l’intérieur , qui , à
l’époque où j’eus Plzonneur de lui cjfrir l'hommage de
la première édition de cet ouvrage , daigne: m'écrire de
Milan , le I7prairiaI an 13:
c: Je vous fais tous mes remerciemens , Monsieur,
n de l'envoi que vous avez bien voulu mefaire de votre
n ouvrage sur la culture du melon. Quand on réunit,
n comme vous , la théorie à la pratique, on ne peut
h manquer d’e‘tre utile , et cie iraériter les applaudisse
» mens du Gouvernement. .

n Je vous salue avec estime. Signé , Cmsnruonn.‘


voulu nflzonorer , niant impose’ Fobligation
de redoubler (Ïeflbrts pour le rendre plus
utile’, et dïy ajouter des instructions que
j'avais , ou négligeîss, ou que je m’étais
contente’ d'indiquer, en renvoyant à d'autres
articles de cette Feuille du Cultivateur.
Puissc-t-il avoir un nouveau degre’ d'uti
lite’, et guider plus sûrement le cultipatgur
à qui il a pu rester des incertitudes.’
Jïy aijoint une notice sur la culture de la.
Courge-melone, sipeu_ connue, encore moins
cultivée, et qui oflre, sous bien des rapports,
d'utiles avantages aux: environs de Tou
louse , d’où elle parait originaire.
Je puis garantir ses succès dans les envi
rons de Paris, d'après ceux dont j’ai été
téznoin à. Vitry-szir-Seine et ailleurs.
DU MELON ,
ET

DE SA CULTURE.

ORIGINAIRE des pays chauds, le melon y


demande peu de soins; dans les contrées qui
sont sous l'équateur, ou qui l’avoisinent, il
Vientlsans culture et se ressème de lui-même.
Dans une partie de PEspagne , de l'ltalie,
et dans nos départemens méridionaux, il n’est
pas rare d'en voir des champs entiers ; quel
quefois même , en semant le maïs à la char
rue, on jette au hasard, dans les rangées,
des graines de melon, de citrouille-melone,
de courge , de potiron, etc. , et souvent, lors
que la saison a été favorable, on en Voit ré
colter de bons et en quantité.
‘ On n’obtiendrait pas les mêmes succès dans
les départemens moins chauds; cependant il
(8 l
est des années où ils réussissent en pleine
terre. Je puis citer les environs d’Auxerre ,
etgur-tout ceux d’Honfleur, qui est en pos
‘session de fournir les meilleurs et les plus
gros melons de la Normandie et d’une grande
partie de la France. Il paraît que le climat,
Fexposition , la proximité de la mer , et, par
dessus tout, une excellente pratique, leur
sont très-favorables.
On n’en‘peut obtenir, dans bien d'autres
endroits , que d’une manière artificielle; mais
aussi a-t-on l'avantage , en forçant la chaleur
par des couches , en Pentretenant par des ré
chauds, de hâter leur maturité : on en mange
de bons à Paris , et par-tout où des jardiniers
intelligens savent conduire des serres et des
châssis, lorsquïls commencent à fleurir du
côté de Perpignan ou de Narbonne.
L'art de se procurer des melons précoces
s’est "extrêmement perfectionné ‘depuis en
viron cinquante ans. On le doità l'émulation,
ou ‘a une rivalité de jardiniers et d'amateurs
qui voulaient se ménager le plaisir d'être les
premiers à en offrir à Louis XV; le jour
même du Jeudi-Saint , qui arrivait , lorsque
la fête de Pâques était le plus avancée,‘ le
(9)
_20 Mars, et le 22 Avril, lorsqu'elle était le
‘plus retardée. ‘
Au nombre de ces rivaux, on distinguait
M. Calnier, à Cerilly , près Cbampigny ; MM.
Gondouin et Broune, à Choisy ; MM. Lesage
et Boucher, à Bellevue; M. Louis etson gen
dre , rue Saint-Lazare; M. Dufresne, au Ples
sis-Piquet; M. Busson , chez M. Boulin , à
Tivoly; M. Cailles, à Charenton ; les char
treux , les carmes et d’autres religieux. Il était
rare que la palme ne tilt accordée à M. Gon
douin seul, ou que du moins il ne la parta
geât avec les chartreux.
Ce genre d’émulation s'est perpétue’ à Li
vry , à trois lieues de Paris ( ou a un myria
mètre un tiers ). ‘
Tous les jardiniers des environs se ‘rassem
blent à une époque déterminée, et un jury ,
choisi parmi les marchands fruitiersîde Paris,
couronne le plus beau et le meilleur melon
‘ qui a été apporté. Le prix fut adjugé, en 1804,
à M. Fleuray , de Croix-Saint-Aubin. Jîguore
si cette louable rivalité existe en ce moment.
Conformément aux avis qu’on a bien voulu
me donner, je diviserai cette instruction en
plusieurs articles , où je traiterai des graines la
(I0)
et de leur semence , des serres, bâches et:
châssis , des couches , et de la manière d'en
tretenir leur chaleur , et de la culture du me
Ion, soit sur couche, soit en pleine terre , etc.

ARTICLE PREMIER. "


DES GRAINES.

La bonté d'une récolte tient essentielle


ment au choix de la graine. Il faut qu'elle soit
bien nourrie.
Les amateurs et les jardiniers qui sont ja
loux d'en obtenir de bonne , sacrifient tou
jours un de leurs meilleurs melons; ils le
laissent extrêmement mûrir sur pied, jusqu'à
ce qu'il approche de l'époque où il pourrait
s’altérer par la pourriture. On ôte alors la
graine et on la fait sécher à l'ombre , après
l'avoir SQarée du placenta qui la porte.
L'usage de la laver est vicieux , en ce que
par là on lui ôte un mucilage qui contribue à
la conservation. Lorsqu'on veut garder de
la graine pour les années subséquentes , je
conseille de Fenfermer dans des bouteilles
bien bouchées , à l'abri du contact de l'air et
d'une lumière trop. vive.
C H )
Il est des jardiniers qui croient pouvoir
garder la graine plusieurs années , et la semer
avec le même succès que celle des récoltes
précédentes; mais ils se trompent. Cette
graine, ainsi que celles des courges et ci
trouilles , a une huile plus susceptible de se
manoir que bien d’autres graines huileuses; et
l'altération qu'éprouve le germe , par la nour
riture qu'il reçoit des lobes viciés , ne peut
que nuire à la force de la végétation.
‘ On sasure de la bonté des graines en les
jettant dans l'eau; celles qui sont pleines se
précipitent "promptement, les autres ne vont
au fond que lentement , d'autres enfin surna
gent. Ces dernières sont très-communément
stériles; les autres, en général , ne donnent
que des pieds faibles; ce sont donc les pre
mières qui méritent exclusivement la préfé
rence. Jl faut observer que , lorsque lesgrai
nes ont plus d'un an ou sont trop sèches , elles.
sont plus long-tems à s'enfoncer.
Pour les avoir, il faut , après les avoir jet
tées dans l'eau , renverser le vase avant que
les autres ne soient descendues; elles sont en
traînées au moment de la décantation, et on.
prend celles qui sont au fond du Vase.
( 12 ) .
Avant de les semer, quelques jardiniers les
font tremper quelque tems dans deTeau froide
et même tiède , pour précipiter la germination,
ce qui est utile, sur-tout si le tems presse.

ARTICLE II.

DES SERRES ET DES COUCHES»

Chaque climat a ses productions qui pros


pèrent d'autant plus , que la température leur
est plus favorable. . ‘
Dans ceux où elle est trop tempérée, l'art
est venu au secours de la nature , pour sup
pléer , à la faveur d'une chaleur artificielle,
à ce_lle que lui refusaitPatmosphère ; et comme
il est facile de se procurer cette chaleur dans
tous les tems , de l'élever et de la soutenir au
degré même où elle est sous l'équateur, l'in
dustrie a trouvé une espèce de dédommage
ment par la facilité de provoquer , lorsqu'on
le désire , une germination et une végétation
précoces. Ainsi .on éprouve les efiets de la
canicule à l'époque même des frimats. '
C'est par ce moyen que l'art nous offre tant
de végétaux qui précèdent de quelques mois
l'époque où la culture ordinaire ne saurait les
( 13 )
attendre; c'est par suite de cette industrie
qu'on mange des melons à Paris dès le mois
de Mars ou d'Avril , lorsqu'à peine ils com
mencent à nouer à Perpignan , en Espagne et
en Portugal.
On obtient ces résultats par l'usage des cou
ches , soit dans des serres , soit sous des châs
sis.
Dans les premières, des poêles, des con
duits de chaleur , adroitement ménagés , en
tretiennent une chaleur constamment favo
rableà l'objet qu'on se propose, et qui seconde
utilement le calorique qui s'élève dans les
couches , qu'on dresse principalement avec
beaucoup de tannée, quand on est à portée de
s'en procurer.
L'usage des serres est une ressource que
peut seule invoquer l'opulence, soit chez elle,
soit en se rendant tributaire de l'industrie qui
spécule sur ses goûts ou sur son faste.
L'usage des châssis plats , sur couche , est
moins dispendieux , mais n'offre pas des pro
ductions aussi précoces, parce qu'il se fait par
le vitrage , continuellement refroidi par l'air
extérieur, une trop grande déperdition de
calorique , dont la nature est de se mettre
æ
(r4)
toujours en équilibre avec tout ce qui est en ‘
contact.
Les productions sont moins hâtives lors
qu'elles se font sur des couches , soit sourdes
ou autres , et où les plantes sont recouvertes
avec des cloches de verre fondu, ou de car
reaux réunis avec du plomb.
Toutes les matières animales ou végétales
sont propres à faire des couches , dans les
quelles elles fermentent avec d'autant plus ou
moins d'activité , que leur nature ou leur mé
lange excite ou développe une plus grande
quantité de calorique. Je parlerai plus bas
des matières propres à produire ces effets.
L'emplacement, l'exposition des couches con
_ tribuent principalement à leurs succès.
Il faut qu'elles soient abritées des vents de
nord et nord-est, et, faute d'abri , on leur en
forme un avec les paillassons dont on les en
toure. Elles doivent être placées de *manière
qu'elles reçoivent une partie du soleil levant
‘ jusqu'au couchant.
Comme le séjour des eaux peut leur être
extrêmement nuisible, le terrein‘, s'il est pos
sible , doit être un peu incliné, afin qu'elles
puissent s'écouler sans obstacle. Pour faciliter
. ( 15 )
cet écoulement, on commence par mettre au
fond de la fosse tout ce qui peut isoler les
eaux des matières dont on doit former la cou
che , tels que des plâtras, du mâchefer, des
gravats, des branchages , et on prend de pré
férence les objets quiabsorbent moins facile
ment le calorique , ou qui en sont de faibles
conducteurs.
Ces précautions sont principalement indis
pensables si l'emplacement qu'on choisit pour
faire ces couches est humide ou argileux. Les
eaux , en y croupissant , s'y corrompent , leur
putridité et leur mauvaise odeur pourraient se
communiquer de proche en proche dans la.
couche, et finiraient par altérer la plante , ou
par donnera son fruitune saveur désagréable.
On remédie à cet inconvénient en faisant,
au bas de la couche ,des rigoles dans lesquelles
vont se perdre les eaux.
Les matières animales qu'on peut employer
dans les couches, sont lespoils , la corne, les
peaux, la poudrette , les excrémens des ani
maux , ceux sur-tout de mouton, de chèvre ,
de pigeon, de poule, de cheval,de mulet ,etc.
Les matières végétales sont la paille, les
feuilles , la tannée , les tontes des arbres ,
C 16 )
les joncs , les bruyères , les fougères, le foin ,
et autres fourrages avariés, les herbes , etc.,
le marc de raisin , de pommes et poires à
cidre, d'olive, etc. *
On fait un fossé d'environ un mètre un
tiers de largeur ( 4 pieds) plus ou moins, et
d'au moins 32 centimètres de profondeur. On
transporte la terre ailleurs. On ne doit point
négliger de faire la rigole dont j'ai parlé. On
commence par garnir le fond avec ce qui est
nécessaire pour isoler l'eau; on le couvre de
branchages; les sarmens de vigne m'ont tou
jours réussi, lorsqu'il m'était possible de m'en
procurer. ‘
Ils m'ont été aussi extrêmement utiles pour
entourer les bords de la couche dans tous les
sens , en ce qu"isolant du terrein les matières
qui forment la couche, il y avait une bien
moindre diminution de calorique qui se com
muniquait à la terre inutilement, ou plutôt
. au préjudice de la surface de la_ couche. On
peut suppléer aux sarmens par l'emploi des
branchages de fagots.
On met au-dessus les matières qui doivent
entrer dans la composition de la couche ,aussi
mélangées qu'il est possible , avec l'attention
cependant
C r7 )
cependant de mettre à la seconde couche les
objets qui sont le plus en état d'établir une
fermentation vive et continue, tels que les
colombines , les fientes de poule, de cochon ,
les tentures , la poudrette , et le tan sur-tout.
Lorsqu'on est parvenu au niveau de la terre ,
on trépigne ces matières , qui fcrmentent d’au
tant plus qu'elles sont plus tassées. On com
mence alors à employer le fumier long, c'est
à-dire , la litière qui a séjourné sous les ani
maux , qui est imbibée de leurs excrémens et.
de leurs urines , et dont la paille n'est ni dé
composée ni trop hachée. On la replie alors de
sorte qu'elle fasse d'espèces de coussi‘nets dont
on garnit les extrémités et les bords de la
couche. On évite par là l'inconvénient de la
voir s’afi‘aisser sur les bords , et d'être obligé
de soutenir les pailles avec des piquets et des
cordes de paille tordue , etc.
Mais comme il est inévitable que ces bour
relets , quelques tassés qu'ils soient par le
manche de la fourche ou par le trépignement
.des pieds , ne laissent quelques intervalles par
lesquels ou la chaleur sévaporerait, ou le froid
pénétrerait , on a l’attention de les farcir avec
des bouchons de paille qu'on fait entrer à
‘ ‘ 2 v
9
( 18 )’
force. Avec ces soins on est sûr que la couche
se soutiendra sans äaffaisser trop prompte
ment, sur-tout si ona l'attention de lui donner
un peu d'inclinaison dans le haut, vers le mi
lieu. Ce tassement offre encore un autre avan
tage,celui d’empêcher les souris de pénétrer
aussi facilement dans l'intérieur de la couche,
où elles sont attirées par la chaleur, et l'appât
de la nourriture. Elles ont bientôt dégradé la
couche , en rangeant les pailles.
Lorsque la couche est bien tassée et bien
unie , on y jette quelques arrosoirs d‘eau ,
pour exciter la fermentation, si la litière n'est
pas assez humectée.Les urines et les eaux qui
commencent à se‘ corrompre , la provoquent
plus promptement.
On couvre ensuite la totalité de la couche
de 22 à 28 , 32 centimètres de terreau ( envi
rong à 1o pouces , même un pied).
L'usage de n’employer que du terreau pur
n'est pas aussi favorable qu’on se Pimagine,
Il n’a pas assez de consistance ni de parties
nutritives; s’il a l'avantage de se laisser péné
trer facilement par les racines , il a Pincon
vénient de laisser évaporer trop vite le calo
rique et Fhumidité, de ne pas fournir une
t r9 ) ,
nourriture aussi substantielle‘ que la plante
l’exigerait. Il vaut mieux mêler ce terreau
avec de la terre franche bien végétale , bien
fumée , ou avec une terre artificielle , dans la
composition de laquelle entreront de la fiènte
de poule et de pigeon , des crottins émiettés,
de la poudrette(mais en très-petite quantité),
de peur qu'elle ne communiquât un peu‘d’o‘—
deur à la plante et au fruit. Sur-tout du tan
émietté , fort approprié à cet objet.
La pratique que je viens d'exposer est com
mune aux autres couches qu’on peut ‘éta
blir sans faire un fossé dans la terre; je n'en
parlerai pas. " ‘ ’_
Ainsi préparée , la couche entre quelque
fois en fermentation le second et le trnisilïnàe
jour. Cette fermentation est, comme ‘jelai ‘
dit , d'autant plus forte, que les matières dont
la couche est composée ont plus dedisposi
tion à provoquer un plus grand caloriquéi '1'
Il s'élève quelquefois a un" très-haut "de
gré, même au-dessus du soixante-‘dixiëmue
du thermomètre de Rëaumur. Les plantes ré
sisteraient difficilement à cet excès de cha
leur. ‘ ‘
Pour confier des melons à cette couclie, il
( 2° )
faut attendre qu’elle soit baissée jusqu'à en
yirqn 3o degrés. ‘
On place alors sur la couche les châssis
volans , et on les assujettit de manière a pré
venir l'inconvénient de les Voir s'afl‘aisser. Si
les châssis étaient portés sur des bâches faites
en maçonnerie , e’est dans les bâches mêmes
qu'il aurait fallu faire les couches.
Il est assez difiieile de mesurer le degré de
chaleur , sans le secours d'un instrument qui
la fasse connaître exactement. Les moyens
_qu’on emploie sont fautifs ou peuvent induire
en erreur.
Je ne connais pas de moyen plus sûr , plus
utile et plus ingénieusement inventé que le
thermomètre de M. Regnier, directeur du dé
pôt central de l'artillerie , rue S.-Dominique.
Je l'ai indiqué dans un autre ouvrage , et je
crois qu'il est utile. de répéter ici ce que j'en
ai dit ailleurs.
Cet instrument , vu a l'extérieur, a la forme
‘d'un tuyau en bois de chêne , d'environ 27 cen
timètres de long( ropouces ). Fig. I , A.
Il a à son extrémité inférieure une Virole
conique en laiton , terminée par une pointe
d'acier. Cette Virole , fixée au tuyau , forme
( 9! )
un récipient dans lequel est logée la boule ou
tube du thermomètre; et cette Virole, cri
blée de petits trous, laisse un passage libre
aux impressions du calorique sur le thermo
mètre ( B ). _
Il est couvert de fer-blanc vernissé , qui re
couvre l’orifice du piquet, afin que lapluie
ni l'air extérieur ne puissent pénétrer dans
l'intérieur. _ w ‘ __ _
La partie supérieure du piquet est caneléo‘
de petites rayeures à l'extérieur, qui présen
tent des_ aspérités aux mains , afin qu'on puisse
l'enfoncer plus facilement, et tout ce quientre
en terre est noirci au feu, pour la conserva
tion du bois.
Fig. II. Coupe qui donne le développe
ment du thermomètre dans le piquet. Il est
construit comme les thermomètres à bain or
dinaires , mais avec un tube isolé, pour re
eevoir plus promptement les impressions du
calorique.
L'intérieur du piquet est garni, vers sa par
tie supérieure, d'une enveloppe de drap épais,
afin d'adoucir le frottement du thermomètre ,
quand on Fintroduit dans le tuyau.
Il y a une petite boulette de crin. au fond
f 22 )
de.la‘ Virole, ‘qui ferme un coussinet sur le
quel repose le tube du thermomètre.
Par cette disposition, le thermomètre , 1°.
ne peut pas être cassé. , comme cela arrive
rait s’il était mis à nu dans la terre, puisque
‘ le piquet et la virole‘le garantissent des corps
durs qu'il pourrait rencontrer.
' 2°. Il ne peut recevoir que les impres
sions de la température de la terre dans la
Îjuellell est enfoncé , puisque la partie supé
rieuredu piquetest bouchée hermétiquement.
Il facilite l'observation, puisqu'on peut
lfieügetirer pour le regarder , et le remettre ai
sément, sans déranger le piquet.
Ainsi, en enfonçant le piquet à une pro
fondeur déterminée , on a justement l'état de
température dans laquelle ce tube est placé.
— 4°.Cet instrument bien simple et peu dis
‘pendieux offre un excellent moyen de régler
la chaleur des couches, et de connaître, par
d'usage , celle qui est la plus convenable aux
* différens légumes qui exigent des soins parti
culiers. ‘
‘ 5°. Le naturaliste aura un moyen de plus
pour connaître et‘indiquerles différentes tem
C 23 )
pératures qui conviennent le mieux aux diffé
rentes plantes.
6°.Le cultivateur pourra connaître le rapport
qu'offre la température des terresfroides , avec
celle des terres qui sont plus productives; il
pourra apprécier la différence qui existe sou
vent entre la température de l'atmosphère et
celle de la terre.
7°. Pendant l'hiver , lorsque les froids sont
excessifs, ilsaura tout de suite si ses semailles
en auront été atteintes d'une manière préju
diciable.
8°. Il pourra s'assurer du refroidissement des
couches par degrés.
Enfin on voit qu'il est une infinité de cir
constances où le piquet à thermomètre peut
être utile à l'agriculture; et Pempressement
que plusieurs propriétaires instruits mettent
à s'en procurer de semblables , me détermine
‘a le faire connaître de nouveau.
Lorsque le degré de température le permet,
on ouvre des trous, on y dépote avec soin
les melons dont on a mis la graine à germer,
_ et l'on en met deux à côté l'un de l'autre; on
ne conserve ensuite que les plus vigoureux.
Si l'on n’a que des cloches, on met dans la
C 24 )
terre deux ou trois graines bien choisies, qui ne
tardent pas à germer , {sur-tout si on a eu la
précaution de les faire tremper auparavant.
Il faut, dans le début, garantir, tant le
jeune plant que les nouveaux germes, de
l'impression trop forte du soleil et d'une lu
mière trop vive ; les animaux et les plantes
ne peuvent que s'y essayer insensiblement et
‘par degrés; leur faiblesse résisterait bien dif
ficilement à des impressions qui doivent faire
à l'avenir leur force et leur vigueur. _
Si les nuits sont froides, ou même fraîches,
il faut couvrir les châssis et les cloches pen
dant la nuit; mais , le jour, il faut aérer de
tems en tems le jeune plant, soit pour renou
‘veller un air corrompu , soit pour tempérer
une chaleur étouffante, soit pour essuyer une
humidité funeste qui s'attache aux vitres et
‘ aux cloches.
Au défaut de carreaux de verre, on peut
employer du papier huilé, d'après le conseil
de Miller; mais il a le défaut de n'être point
aussi solide.
Lorsqu'on a plusieurs couches , on doit les
espacer parallélement d'un demi-mètre ( un
pied et demi ) ; on met , dans l'intervalle, du
( 25 )
fumier chaud bien tassé. La fermentation qu'il
éprouve communique _un nouveau calorique
à la couche, lorsqu'elle commence à se re
froidir, ce qu'on apperçoit lorsque le ther
momètre-piquet ne s'élève plus qu'à 12 deg.
On peut, s'il est nécessaire, renouveller
ces réchauds, en substituant d'autre fumier
chaud, lorsque ce dernier a perdu sa cha
leur.
ARTICLE III.

DE LA CULTURE DU MELON.

Rien n'est plus préjudiciable à la culture ,


au succès des melons , que la manie de plan
ter ces végétaux trop près les uns des autres.
Ils se dévorent, s'étendent mutuellement. On
croit remédier à cet inconvénient en les tail
lant, en les raccourcissant; la sève produit
d'autres gourmands, et son excès, faute de
pouvoir se distribuer ailleurs , noie le fruit,
et le fait avorter.
Il existe une pratique inepte , plus préjudi
ciable encore, celle de supprimer les coty
lédons ou feuilles séminales , que quelques
jardiniers nomment oreilles. Ils ne savent pas
f 25 )
qu'elles renferment la partie mucilagineuse,
nutritive de la plante naissante; que c'est là
le lait de l'enfant, jusqu'à ce qu'il puisse
digérer une nourriture plus solide, plus ana
logue au développement et à la force de ses
organes. _ ‘
Que résul‘te-t-il de cette opération barbare ?
que beaucoup de pieds périssent; que ceux
qui résistent à cette mutilation , sont faibles
et ne produisent que des fruits dégénérés.
Plusieurs melons a qui j'ai fait cette sup
pression, eurent constamment des feuilles
de moitié plus petites que ceux sur qui elle
n'avait pas eu lieu. Les fruits furent dans la
même proportion pour la qualité et la gros
seur. Je ne doute pas que la dégénération de
quelques plantes et arbres ne tienne à ce que
ceux dont on a tiré les semences qui les ont
produits , ont été privés de ce secours si né
cessaire à leur début dans la vie.
En prenant de la croissance, la plante s'al
longe. Lorsqu'elle a de quatre à cinq feuilles ,
indépendamment des cotylédons , on l'arrête ,
en coupant le reste de la branche au-dessus de
la seconde ou troisième feuille, suivant la
vigueur du plant. Il sort aussi-tôt des aisselles
( 27 )
des feuilles qui restent, d'autres branches que‘
l'on rabat, comme les précédentes, par la
taille , qui doit être plus ou moins allongée
selon la force du pied.
Bien des jardiniers , pour la taille du melon,
suivent toujours un même système , celui de
tailler à deux yeux , tant la mère-tige que les
branches , et les sous-branches qu'elles pro
duisent. Cette constante conformité de pra
tique , qui n'admet aucune exception , m'a
toujours paru vicieuse. 1°. On ne peut dis
convenir que les tailles multipliées ne soient
une espèce de blessure qu'on fait à la‘ plante;
2°. le résultat de ces suppressions est de faire
naître beaucoup de gourmands que la force
_de la sève fait sortir du collet de la tige, et
qui afiament plus la plante que les branches
qui fussent provenues à la suite d'une taille
plus longue; 3°. bien plus, une trop grande
abondance de sève noie les yeux qui devraient
produire du fruit , et les fait avorter.
Il n'est donc pas de règle. à cet égard , ex
cepté pour la routine qui s'est interdit le droit
de raisonner. On n'en peut établir d'autre que
_celle d'étudier le terrein , le climat, la force
de la plante, et de lui laisser, avec intelli
C 23 )
gence , plus ou moins de charge dans la pre
mière et la seconde taille , suivant que le sujet
sur lequel on opère paraît Pexiger.
Cette même intelligence doit éclairer sur la
conduite qu’on doit tenir à l'occasion des gour
mands. La plus grande partie des jardiniers ne
manque pas de dire supprimez tous les gour
mands. Ils traitent, à cet égard , les melons
comme les arbres , et ils mutilent les uns et
les autres.
Si, en emportant les gourmands, la sève
se dirigeait constamment à nourrir le fi'uit , à
fortifier les branches qui’ le portent, il résul
_terait un avantage de cette suppression; mais
une expérience constante prouve( sans ex
ception)le contraire. Ifamputation d'un gour
mand donne lieu à la naissance d'un ou de
plusieurs; bien plus, on a vu souvent des
branches afruit devenir elle-même des gour
mands , par l'action d'une sève excessive qui
se dirige vers elle.
Je pense donc que , dans bien des circons
tances , il y a de l'avantage à laisser subsister
ces gourmands; on doit se borner à les em
pêcher de nuire , leur donner d'abord des tor
sions réitérées, pour qu'ils n'épuisent pas la
( 99 )
tige. La sève , gênée dans la circulation libre
qu"elle éprouvait dans ces gourmands, cher
che insensiblement une issue , se répand uti
lement et avec plus d'abondance dans les
branches fructueuses; le gourmand languit
peu à peu ; et lorsque la fougue de la sève qui
le nourrissait avec une injuste prédilection,
est amortie, on le supprime sans inconvé
nient.
C'est ainsi qu'une bonne pratique doit se
diriger à l'égard des gourmands, lorsqu'elle
n'a pu prévenir leur naissance par une taille
sagement allongée ; mais , pour la faire avec
succès , il ne faut pas mettre les melons aussi
près les uns des autres qu'on est dans l'usage
de le faire.
Si le terrein et la chaleur les poussent , ils
se croisent, comme je l'ai déjà dit , et il faut
bien les raccourcir. Je suis persuadé que trois
‘melons bien espacés, dans un bon terrein,
donneront plus et de meilleur fruit, que cinq
à six qu'on est obligé de tailler continuelle
ment , faute de moyens pour leur laisser pren
dre de l'étendue.
Lorsque la taille est sagement dirigée , il
n'est pas rare de voir les sous-branches se
O
t 3° i
mettre à fruit. Il s'annonce par la naissance
des fleurs qui paraissent aux aisselles des
feuilles.
Ces fleurs sont de deux sortes; les unes
sont mâles , les autres sont femelles. Ces der
nières ont en dépôt l’embrion d'où doit naître
le fruit; mais elles ont besoin d'être fécon
dées par les poussières des étamines qui sont
dans les fleurs mâles. Par un mouvement ex
pansif, ces poussières se détachent à l'époque
de leur maturité , forment une atmosphère ;
une partie entre dans le pistil de la fleur fe
melle , et la fécondation est opérée.
J‘entre dans ce détail, qui doit paraître plus
qu'inutile à la plupart de mes lecteurs, pour
éclairer quelques cultivateurs sur les abus qui
résultent d'une routine plus inepte encore que
celle qui porte certains manouvriers ignorans
à supprimer les cotylédons. .
Quelques jardiniers ayant vu que les fleurs
mâles ne se nouaient jamais,en avaient conclu
qu'elles‘ étaient stériles et tout au moins inu
tiles. D'autres ont prétendu trouver dans leur
existence un danger réel, et se sont cru obli
gés de les supprimer sans pitié, pour procqrer
C 3! )
une nourriture plus copieuse aux fleurs fe
melles.
Ils se plaignent ensuite que leurs melons
réussissent mal. Ce qui doit surprendre, c'est
qu'ils en récoltent un seul. Heureusement
leur prévoyance à cet égard est en défaut. Mal
gré leurs constantes recherches, il échappe
"toujours quelque fleur mâle qui trompe leur
fatale vigilance.
Puisque j'en suis sur l'article des poussières
séminales , je crois devoir observer qu'on ne
s'occupe pas assez de l'effet qu'elles peuvent
produire. ‘
Elles se répandent dans tous les sens , se
mêlent entr'elles; et suivantla force de l'élas
ticité, la direction de leur mouvement ex
pansif, ou l'impulsion qu'elles reçoivent de
l'air, elles vont féconder les fleurs des plantes
voisines qui leur sont analogues.
Il résulte delà que , si de bons melons se
trouvent à côté de melons d'une qualité infé
rieure , à côté de quelques citrouilles ou de
concombres , les poussières de ces derniers
ne peuvent que communiquer un goût mé
diocre aux premiers , ou bien l‘es faire dégé
nérer. ‘ " ‘
C 32 )
C'est ce qui donne souvent lieu de dire que
les melons sentent le potiron ou le concom
bre. J'ai goûté, dans une occasion , un melon
qu'on avait cueilli dans une melonière à côté ‘
de laquelle il y avait plusieurs pieds de_ rue.
Tous ceux qui en mangèrcnt , convinrent
qu'il avait contracté un peu du goût de cette
plante. ‘ ‘
Ces observations sont faites pour éclairer
sur l'art si peu‘connu , ou du moins si peu
pratiqué , de faire les graines, et d'empêcher
sur-tout le mélange des pollen qui peuvent
altérer leurs qualités.
_ On pourrait même se servir avec succès de
ces poussières séminales , pour perfectionner
des qualités médiocres en fruits , en légumes,
etc.; il ne faut pour cela que prendre des fleurs
mâles d'une bonne qualité , et les secouer,
lorsqu'elles sont mûres, sur le pistil des fleurs
‘ femelles.
_ Plusieurs jardiniers recherchent avec soin
les vrilles , pour les supprimer. Ils ont raison
sous quelques rapports, mais non lorsqu'ils
prétendent que les vrilles épuisent la plante.
Que sont donc les vrilles ? quel est leur usage
dans l'économie agricole?
Ce
( 33 )
Ce sont des secours , des mains, des cram
pons que la nature. a donnés à certaines
plantes rampantes , ou qui du moins ne peu
vent se soutenir dans une direction verticale.
C'est par leur moyen que la vigne, les hari
cots , les pois , etc. s'accrochent aux soutiens
qu'on leur donne; sans quoi leurs branches,
étendues sur terre , prendraient peu de force;
et les fruits , en moindre abondance , se pour
riraient souvent , ou n’acquerraient pas la sa
veur que la circulation de l'air leur commu
nique.
Ces mains , dans d'autres plantes , ont un
autre avantage, celui de s'accrocher à la terre ,
d'y prendre racine , et de devenir un nouveau
moyen de multiplication. C'est ainsi que la
plus grande partie des fraisiers donne du plant
duquel il sort d'autres filets qui produisent
d'autres fraisiers et d’autres fruits.
Un des avantages des vrilles dans les cour
ges , les melons , parmi nous , est de s'accro
cher à la terre , et d'y puiser quelquefois un
surcroît de nourriture.
Dans les pays très-chauds, il n'est pas rare ,
de voir des melons s'accrocher avec leurs
3
C 34 )
vrilles à des buissons , à des arbustes , et offrir
des fruits qui ont mûri en l'air.
‘ Quelquefois ces vrilles s'accrochent à des
branches voisines de la même plante , les ser
rent , etoccasionnent ensuite un étranglement;
alors leur suppression est nécessaire. Elle me
paraît inutile et minutieuse dans toute autre
circonstance, ainsi que pour la vigne et autres.
On attend que le fruit soit noué , ait acquis
la grosseur à peu près d'un œuf, pour faire un
choix des melons qu'on doit conserver sur
chaque pied.
S'ils sont de la petite espèce, on en laisse"
un plus grand nombre que s'ils sont de la
grosse espèce; trois, au plus quatre de ces
derniers sufiisent communément pour chaque
plante. On peut en laisser six ou sept sur les
autres , si le terrein est très-fertile.
On compte assez ordinairement quarante
jours_depuis l'époque à laquelle le fruit est
noué, jusqu'à celle de sa parfaite maturité ;
mais ce n'est pas une règle invariable , à beau
coup près. Tant de circonstances contribuent
à accélérer ou à retarder la maturité, qu'il
est bien difficile de fixer l'époque à laquelle
elle peutavoir lien. ‘
( 35 )Ï
‘ Il ne l'est pas moins de. décider si un melon"?
est mûr à point. Les signesauxquels on préd
tend le reconnaître , sont souvent arbitraires
et trompeurs.C’est ce qui a fait dire qu’il était ‘
aussi difficile de choisir un véritable amiqu’un
bon melon. . . ‘ Ç _
Les signes les moinsñfautifs sont ceux qui
font voir les branches se flétrir , la queue prête
à se détacher , les feuilles coinmencer ‘à se
sécher sur le bord , et le melon répandre au
tour de laide l'odeur, et sur-tout le matin‘;
lorsqu'il‘ n’est pas échauffé par le soleil.
Le meloncraint l'humidité de la terre , et
l'eau , soit de pluie, soit celledes‘ arroseu
mens. Au ‘lieu de le laisser immédiatement"
sur la‘ couche, on a le soin de mettre ami-des‘
sous de lui un tuileau‘ , ‘une ardoise , unifier‘
ceau de ‘planche; c'est même un‘ des moyens ‘
pour le faire mûrir de tous lesdôtés etïpldtôlæ ï
On doit le laisser couvert par des cloches’, ‘
tant que l'on n’est pas assuréÏde‘la tempéra
ture de la‘ saison, et pour1que la‘‘pluie et: lesv
arrosemens ne" le gâtent pas. .> v =' ."
J e crois devoir faire quelquesréflexions i1mi
portantes sur les arrosemens. Ils sont néces
sairesquelquetbis, sans doute; mais ‘ilszne
( 36 )
doivent être ni aussi fréquens ni aussi co
pieux qu’on les fait ordinairement, sur-tout
chez les maraîchers. Ils tirent à l'abondance;
aussi ne trouve-t-on souvent chez eux que
des fruits dont les sucs sont lavés , et qui de
viennent par là. insipides.
Une expérience constante nous apprend
que , moins les fruits ( les melons sur-tout )
ont eu d'eau , plus ils ont acquis de qualité.
Un autre inconvénient qui résulte des arro
semens , c'est qu’on répand indistinctement
l'eau sur les feuilles. Si cet arrosement se fait
après le lever du soleil, ses rayons brûlent
ou raccornissent les feuilles; et comme il est
démontré que les plantes tirent encore plus
de nourriture de leurs feuilles que de leurs
racines , on sent quel tort on fait aux melons.
_ Si Parrosement a lieu vers le coucher du
soleil, la fraîcheur de la nuit moi-fond sou
vent la plante.
Pour rendre l’arrosement utile , il faut faire
une cuvette autour du pied , et y verser l'eau
toujours en petite‘quantité , vers le matin; la
chaleur seconde alors le vœu du cultivateur.
On conseille , avec bien de la raison , de ne
faire les arrosemens‘ que dans les sentiers qui
( 37 )
sont entre les melons. Ses racines y pénèa‘
trent , et d'ailleurs l'eau s'infiltre dans la terre
qui est très-légère , et l'entretient dans un étü
d'humidité , sans excès , ce qui est très-favo
rable à une utile végétation.
Il est un moyen (Tarrosement plus simple,
bien moins fatiguant et moins dispendieux
sous tous les rapports; c'est d'avoir un vase
plus élevé que la plante; on le remplit d'eau,
et on assujettit au fond le bout d'une corde,
surtout de coton ou de laine ; l'autre bout
est placé au pied du melon. L'eau monte par
les tuyaux capillaires de la corde , et redes
cend par son propre poids , pour aller hu
mecter continuellement la terre qui couvre
les racines; c'est une espèce de siphon‘ con
tinuel. De cette manière, un seul arrosoir
d'eau produit, sans aucune peine , plus d'effet:
que six qu’on répandrait d'une manière sou
vent nuisible.
ll faut avoir la précaution de couvrir le
vase , pour éviter la trop grande évaporation
que la chaleur occasionnerait.
Je crois qu'il est inutile d'avertir que l'eau
dont on se sert pour les arrosemens , doit être
au degré de température à peu près de l'at
C 33 )
mosphère ;. qu'on a dû l'exposer au soleil et à
‘l'air; Celle de’ puits ,‘ ‘de source , qui serait
hôpfroide , ne pourrait que suspendre la vé
gétation , et morfondre souvent la plante.
La pratique que‘je‘ ‘viens d'exposer pour les
melons de primeuryestla même’ pourles me
ions:subséquenär qu’on veut‘ faire sur‘ couche.
a Il ne s'agir qnetdêæfaireigermeræies‘ graines
dansides pots,‘ et‘deî les dépotettde‘ manière
qu'on‘ soi‘t assuré d'une succession de récoltes.
“L'usage où sont beaucouprde cultivateurs _
d'avoir ‘plusieurs’ couches: pour taire diverses
transplantations detmelons delÎune à l'autre ,
meiparaît non-seulement inutile, maismême
propre àrfatiguer les plantes ,=à affaiblir leur
fécondité et‘ retarder leur maturité. Je la crois
très-vicieuse." riz! ç ‘‘‘‘‘
.
" ‘ ‘ .‘n‘îl._.l 9H‘

-2 * ‘ARTICLE IV.

‘CULTURE {Des MELONS EN PLEINE TERRE.

J'ai parlé ci-dessus des melons qu'on semait


dans‘les champs dans les départemens méri
dionaux , et qu’on abandonnait aux soins de
la nature seuleavecles courges, les citrouilles ,
( 39 )
et qui , dans les années favorables , donnaient
des fruits faits pour surprendre , lorsqu'ils
avaient été binés , sarclés et chaussés à pro
pos.
.‘ Il est cependant une culture moins incer
taine dans les départemens méridionaux, où
les melons sont en aussi grande abondance
qu'ils ‘sont bons; elle est principalement en
tisage vers_ Perpignan , Pésenas , Narbonne,
Toulouse , etc.
On fait germer de la bonne graine dans des
pots _, vers le commencement de ’Mars, ou
on la sème. clair dans une exposition bien
abritée- _
v. Lorsque laplante a trois ou quatre feuilles,
on_ la met dans des carreaux de jardin ou dans
des champs bien clos. Chaque plante est ran
gée. en échiquier, et à la distance l'une de
l'autre d'environ 2 mètres ( 6 pieds).
.La terre dans laquelle on les place est très
substantiellc et bien fumée. On a le soin d'en
tourer le pied avec du fumier long, qui couvre
une. petite cuvette pour recevoir l'eau d'arro
semant. Au défaut de fumier , on met de la
vanne de blé , d'avoine, des feuilles ,_etc. pour:
conserver l'humidité au pied de la plante.
( 4o )
Comme dans ces pays il est bien rare que
les gelées se prolongent au-delà de Février ,
on ne fait aucun , ou du moins très-peu usage
des cloches.
On laisse croître la tige; et lorsqu'elle a
quatre ou cinq feuilles , on se contente de
pincer l'extrémité , pour qu'elle ne s'allonge
plus,’ et qu’elle pousse des branches latérales
qu'on arrête de la même manière, un peu
plus ou un peu moins long , selon la vigueur
de la plante.
Elles poussent des sous-branches qui oflient
assez promptement des fruits. On en supprime
une partie, qu’on met dans le vinaigre , en
guise de cornichons. Il n’est pas rare de voir
sept à huit melons sur le même pied, qui
prend une grande extension , et qui couvre
une circonférence de a mètres (6 pieds) de
diamètre. '
Le fruit une fois noué, on le pose sur un
tuileau , pour qu'il Çne se pourrisse pas sur la.
terre , ou ne contracte pas un mauvais goût.
Quelques légers arrosemens , si la sécheresse
est trop forte et de trop de durée , sont tous
les soins qu'on croit devoir se donner; et on
obtient des récoltes considérables.
( 4x >
Il est cependant des amateurs qui les culti
vent avec plus de recherches‘, d'intelligence
et de succès.
Ils ont l'attention, lorsque la tige a environ
2 pieds (64 centimètres) de longueur,de cou
vrir de terre les branches à environ 48 centi
mètres ( un pied et demi ) , de manière que
l'extrémité soit libre; elle pousse avec une
nouvelle vigueur , par le surcroît de nourri
ture que la branche reçoit de la terre dont
elle est couverte; et lorsqu'elle est parvenue
à la longueur déterminée, on la marcotte éga
lement. De cette manière un pied de melon
couvre une grande quantité de terrein et pro
duit beaucoup de fruits , qui ont souvent près
d'un pied ( 32 centimètres) de diamètre en
longueur.
Cette pratique est peu ou point connue de
nos maraîchers , et je ne doute pas qu'ils ne
gagnassent beaucoup à Yemployer. Tout ce
qui peut contribuer à donner un surcroît de
végétation ," ne peut qu'être favorable à la fé
condité. _ ‘
On a observé à Pésenas, àBedarrieux, etc.
que les arrosemens réitérés qui aifadissaient
les melons brodés, sucrins , étaient nécessaires
( 43 l
pour pousserlescantaloups ,_et_ne leur ôtaient
rien de leur qualité, dès qu'ils étaient faits
sans excès. _. . 5 _
J'ai parléplus haut des melons d'H_onfleur,
qu’on distingue ,1daqs les départemens sep.
tentrionaux,_sur tous ceux qu'on y cultive.
Je crois devoir indiquer la pratique qu'on suit:
ponrobtenir d'aussi bons melons, qui ont
quelquefois 2a 21.24 pouces delong; on en a
vu ‘qui pesaient trentes, ‘trente-six et jusqu'à
quarante livres; 1.9i r _ z‘ , .
‘ ‘. Je‘ne puisamieux faire que deconsigner ici
la lettredhnamatenr de ce pays, grand culti
vateur , et qui a‘ bien voulu me communiquer
les détails les plussexactseä‘ cet égard, __
::a «Vous désire; savoir. , Monsieur, par quels
procédés nous parvenons à nous procurer les
melons dont: vopsavezpparu étonnégsous tous
lesrapports, et qui ‘rivalisent , quoi que vous
en disiez çaveeîneuk que j'ai mangés à Nar
Abonne
l»r. Nous choisissons?!)voici
et à: PerpignaruaLe terrein,
: quiait du

fonds et qui soit substantiel, d'ailleurs bien


abritédii nordL‘Ëetwà‘une‘ bonne exposition.
Celui‘ sur lequelîdonne le soleil depuis son
lever j usqu'à ‘ce quÏiLSi: ‘couche , est préférable
( 43 3
à tout autre. Faute d'abri du côté du nord,
nous en faisons avec des branchages, des pail
lassons, etc.
» Vers la fin de Mars, lorsque nous pré
voyons que les Ïfortes gelées ne sont plus à
craindre, nous faisons ouvrir des trous car
‘rés, éloignésles uns des autres d'environ 3 mè
tres ( 9 pieds), pris. du milieu d’un trou jus
qu’au milieu du. trou voisin. ‘‘ ‘J:
‘ » Nous donnons environ 64 ou 75 centimè
tres (2 pieds , ou environ 2 pieds et demi ) de
profondeur , ‘ largëuret.longueur à ces trous;
on zles remplit de fumier long, qu’on tasse et
qu’onpiétine autant qu’il est possible. On re
couvre ce fumier’ d’environ 24 centimètres
(9 pouces ) de bonne terre bien substantielle,
mêlée avec un peu de crottin émietté, du
sable, et du terreau qui reste des trous de
l’année précédente. t u‘ *
nVers le 1°’. Avril , et plutôt, si la saison
le permet, nous couvrons ces trous avec de
grandes cloches à carreaux , et non avec des
cloches soufflées de Champagne ,‘qui ne nous
réussissent pas autant. Notre objet, eu les‘ re
couvrant , est de favoriser la fermentation que
l'air extérieur retarderait. Lorsqu’elle est bien
(44)
établie, et que la surface de la couche annonce
une forte chaleur de 36 à 4.0 degrés du ther
momètre de Réaumur, on met, à environ 15
lignes de profondeur , plusieurs graines qui
sont à la distance de 1o centimètres (environ
4 pouces).
» Ces graines ne tardent pas à germer; et
lorsqu'elles ont trois ou quatre feuilles, on
choisit sur le nombre des plantes les deux pieds
qui paraissent les plus robustes , qu’on taille
à deux yeux.
» Nous avons (toujours Pattention de tenir
ces plantes couvertes par des cloches , la né
gligence à cet égard ne pourrait que leur être
funeste. La température chez nous est varia
ble , et les vents qu’excitent les marées sont
quelquefois d'un froid âpre.
‘ » C'est ce qui nous force d'ajouter , pendant
la nuit , des paillassons qu’on met sur les clo
ches , pour qu'elles ne soient pas trop refroi
dies.
» Lorsqueles branches ont environ 1o pouc.
de long, on en pince l'extrémité, et on en
agit de même pour les branches qu'elles pro
duisent.
x C’est alors Pépoquede nos sollicitudes et
( 45 )
de nos alarmes. Les cloches sont trop étroites
pour contenir toutes les branches; alors nous
les faisons soutenir en l'air par des supports.
Si la journée est chaude , nos plantes jouis
sent des bienfaits de l'air et du soleil; si elle
est froide et pluvieuse, nous couvrons les clo
ches avec des paillassons , et nous continuons
ces précautions jusqu'à ce que nous soyions
assurés , par le retour des grandes chaleurs,
que la fraîcheur de la nuit ne sera pas nui
sible à nos melons.
» Je ne vous parle pas des sarclages néces
saires entre les melons, et des arrosemens
lorsque la chaleur l'exige.
» Comme nous nous attachons à récolter de
forts melons, nous en laissons deux , rare
ment plus de trois à chaque pied.
» Lorsqu'ils ont acquis un peu de grosseur,
nous les sofurons de la terre , en leur donnant:
une tuile pour support. Alors nous recher
chons toutes les branches stériles, qui alfa
meraient inutilement la branche fructueuse.
x Nous nous gardons bien de forcer d'arro
semens , qui nuiraient à la qualité. Le melon
n’a pas autant besoin d'eau qu’on le pense;
les vapeurs de l'atmosphère sont pour nous
( 46 )‘
un léger (arrosement , assez sensible dans la
végétation. Je ne doutepasque ces vapeurs
salines ne contribuenten partie à nous donner
les plus beaux et les meilleurs melons de
France *, sans en excepterceux du midi, que
je mets sur "la même ligne ( 1‘).
» Ce sont ces vapeurs, le voisinage ‘de
la mer qui donnent une température plus
douce que dans des pays plus au midi. Vous
avez remarquéavec bien de ia raison que les
figuiers bravent les hivers du côté de Saint
Malo , comme en Provence ,*à Toulouse et
à Avignon.
» Ils viennent avec peine àBlois età Or
léans. Je "suis persuadé que nos melons peu
vent se passer de‘ cloches plutôt qu’à Tours (2).
» L’efi'et des vapeurs salines de l'atmosphère
s'annonce par‘la force de lavégétation‘ , la
vigueur, la grandeur des feuilles, le calibre
des tiges. Sans contredit ilefumier, le terreau

(i) Il y a là un peu dlexagération ; mais cet amour


du solnata‘l est‘si naturel , que je n'ai pas été étonné
de voir souvent des Normands refuser un verre de vin
de Bourgogne , pour continuer à boire du cidre.
(2) Cela paraît un peu difiicile à zcroire.
(47)
y entrent pour quelque chose , mais je ne
doute pas que Faction de l'air sur nos plants
et nos fruits n'y entre pour la majeure partie,
ainsi que pour les cucurbitacées ; autrement
il serait impossible de croire que des melons
qui couvrent 1o à I2 mètres carrés ( environ
2 toises carrées)de surface , qui donnent trois
et quatre fruits qui pèsent plus de cent livres;
que des potirons et des citrouilles qui s’éten
dent à plus de 8 mètres delong, qui couvrent
une surface de plus de 3o mètres carrés (près
de 8 toises carrées ) , qui ont des fruits quel
quefois de quatre-vingt et cent livres , ‘des
feuilles très-larges, puissent tirer leur seule
substance des petites racines qu’ils ont dans
la terre. _ ‘
n On se hâte trop de cueillir nos melons.
On les sèvre de la tige au moment où la fer
mentation qui décide la maturité , continue
rait de leur donner une qualité plus délicieuse
que celle qu’ils ont communément. _
i; Je suis persuadé qu'à l'époque de cette
fermentation , il s'évapore une quantité d'eau
insipide, et que le fruit retirerait de la plante
une plus grande quantité de ces esprits séveux
et aromatiques qui font le goût et le mérite
du melon.
( 48 )
s C'est sur les lieux , chez un bon cultiva
teur , chez un amateur qu'il faut juger du mé
rite de nos melons , lorsqu'on a le bonheur de
les cueillir à leur véritable point de maturité.
Ce n'est ni aux marchés de Paris , de Rouen
ni à. Londres qu’on peut les apprécier. S'ils
avaient acquis le vrai point de maturité , ils
ne soutiendraient point le transport.Nous som;
mes obligés de les cueillir encore verts; et
la fermentation artificielle, quelques éloges
qu'en fasse une fausse théorie , ne saurait rem
placer celle qui les bonifie sur pied dans l'at
mosphère qui les a fait naître.
x On a ici deux opinions sur les feuilles et
les filets; les uns prétendent qu'il faut les
couper, les autres sont d'un avis contraire.
Pour moi, je pense que la soustraction des
derniers est inutile, et que celle des feuilles
peut être nuisible avant que le melon ne
tourne , dest-à-dire , ne soit en état de matu
rité commencée. Lorsque le fruit mûrit, la."
nature sait assez se débarrasser des feuilles.
je me permets tout au plus de faire en sorte
qu'elles nbmbragent pas trop le melon , si je
désire qu'il mûrisse plus promptement; si
j'ai
( 49 )
j'ai intérêt de retarder sa maturité, je pré- .
fère qu'elles interceptent les rayons solaires.
D Je vous salue , etc. »
Cette bonne pratique s'est répandue et a été
adoptée aux environs de Paris; elle est très
favorable pour donner des melons tardifs,
lorsque ceux de couche finissent, ou sont près
de finir.
Mais il faut pour cela être secondé par la
saison. Quelques années précédentes ont été
très-favorables, àcause de la chaleur et de la
sécheresse. J'ai vu , entr'autres, un jardin où
il y en avait en abondance. Lejardinier me
fit remarquer trois à quatre pieds qu'il avait
laissé venir naturellement, sans les pincer en
aucune manière , et ils avaient de beaux ct
excellens melons. Il ajouta même que cette
expérience pourrait finir par le dégoûter de la
‘ taille ou du pincement des melons. Il .a fait,
depuis, dilférens essais qui n'ont rien de bien
déterminé.
Ce fait me rappelle celui que cite Rozier.
« J'ai ,dit-il, laissé livré à lui-même un can
» taloup; il a poussé des bras autant et comme
>> il a voulu , et je puis assurer que j'ai eu de
v très-bons et très-beaux melons». C'est un
4
C 5° )
fait particulier; beaucoup d'autres essais ont
été infructueux.

ARTICLE V.

DE QUELQUES MALADIES DES MELONS.

Je compte au nombre des maladies de cet


utile végétal, un excès dans la vigueur ou
dans la faiblesse de sa végétation.
Si elle est trop forte, les branches s’éten
dent avec rapidité , en fournissent avec profu
sion des secondaires ; la plante s'épuise par
un luxe de végétation qui laisse peu d'espé
rance pour avoir des fruits bien nourris , et
d'une grosseur telle qu'on eût dû naturelle
ment les attendre.
Le résultat d'un excès de faiblesse de végé
tation laisse encore moins d'espérance d'une
bonne récolte. Ainsi les deux extrêmes pro
duisent les mêmes effets.
I. Iîexnbérance de végétation, dans le pre
mier cas , provient de plusieurs causes dans
lesquelles j'ai remarqué principalement, ou
l'effet" d‘une taille trop courte, ou l'emploi
d'une terre tropzcrue et trop active qui ne donne
( 5! )
pas aux fleurs le tems de se nouer. Ce triste
résultat est également la suite de l'ineptie qui
supprime avec une désastreuse activité les
fleurs mâles, dès qu'elle peut les distinguer.
Je fis la triste expérience que l'emploi des
curures d'une marre , mêlées trop fraîches
avec du terreau , sans avoir été purifiées dans
l'air , donnait au bois une croissance démesu
rée. Je pris alors le parti d'enlever autant que
je le pus, sans nuire aux racines , la surface
de cette terre , que je remplaçai avec celle du
jardin et un peu de sable. Je fis à chaque
branche , et au-dessus du cinquième_œil , une
torsion entière. La fougue de la sève se calma,
de nouvelles branches sortirent des aisselles,
donnèrent des‘ fleurs , et me permirent de sup
primer les tiges supérieures au point de leur
torsion.
Lorsque donc cet excès de végétation tient
à une trop grande fertilité du terrein , on peut
la diminuer avec un mélange de sable , ou de
toute autre terre légère, peu végétale , et sur
tout par des torsions telles que celles que je
Viens d'indiquer. _
Je ne saurais être de l'avis de ceux qui con
‘ seillent ou dessections annullaires sur les bran
C 5? )
ches, ou l'enlèvement de quelques lanières
b
d'écorce ,et autres opérations que je crois inu
tiles , insuffisantes, et quelquefois dangereuses
dans ces sortes de circonstances.
Lorsque le fruit est bien noué ,‘ et lorsqu'il
ne subsiste‘ aucun motif d'inquiétude sur son
succès , on fait un choix de ce que l'on doit:
laisser suivant la force et la variété du sujet;
on ôte les petits melons , car la terre s'épuise
principalement par les graines , de même que
par les ‘fruits inutiles, au préjudice de ceux
que l'on veut conserver. Aussi les bons agri
culteurs se donnent bien de garde de laisser
croître sur‘‘leurs arbres les fruits avec trop
d'abondance.
_ Si la végétation n’est pas assez affaiblie , il
faut se garder d'employer la serpette; la sève
pourrait, par son trop d'abondance, faire périr
le fruit, en le noyant.Il suffit alors de détour
ner les branches de leur direction naturelle,
ce qui est alors une espèce d'arqûre. Il reste
enfin la ressource de la torsion , réitérée plu
sieurs fois, s’il le faut.
J'ai constamment éprouvé qu'en enterrant
à la profondeur d'environ 2o centimètres (8
pouces ) la branche au-dessus du quatrième
C 53 )
œil qui est au-dessus du fruit, il prennait non
sculement plus de grosseur , mais une saveur
plus agréable. J'avertis cependant que l'excès
de nourriture qui lui est transmis à la faveur
de la sève descendante , exige une main très
économe pour les arrosemens.
C'est ici l'occasion de dire qu'ils sont sou
vent la cause de ce luxe immodéré ‘de végé
tation qui s'oppose à l'épanouissement des
fleurs ou à la fruclification. L'abondance de
l'eau dilatant trop les vaisseaux par lesquels
elle circule, noie une sève féconde qui, em
portée par le torrent de la circulation , ne sau
rait s'arrêter et s’élaborer suffisamment pour
produire des fruits.
_ I I. La faiblesse de la végétation provient de
plu sieurs causes. Il est possible que la plante
soit: dans un état de langueur. Si l'on présume
qu'il n'est que momentané, il faut invoquer
tous les moyens qui peuvent en activer la vé
gétation ; si les alarmes sont trop fondées ,"il
\ faut marcotter , comme je l'ai dit plus haut,
à côté de ‘ce pied , la branche la plus vigou
reuse du pied le plus voisin; lorsqu'elle est
bien reprise, on supprime le pied malade.
Quelquefois cette branche n'est pas assez
C 54 _)
allongée; on parvient à lui donner de l'ex
tension par de fréquentes aspersions , sur les
feuilles, d'eau tiédie au soleil, avec l'atten
tion de les abriter de ses rayons.
L'année dernière j'ai fait allonger, par cette
opération, de près de 6 mètres ('plus de 17
pieds) un sarment de vigne que j'avais in
térêt de faire filer le long d'un mur. J'en fis
entrer l'extrémité , avec trois yeux, par un
trou , dans un salon , où il a déjà poussé de
nouveaux bourgeons couverts de feuilles. Il
est vrai que , pour faciliter cette végétation,
comme ces boutons étaient entièrement à
l'ombre , j'ai constamment , tant quele tems
l'a permis , fait réfléchir sur ces boutons les
rayons du soleil à la faveur d'un ou de deux
miroirs. La végétation eût été bien plus forte
et plus rapide , si le feu eût été constamment
entretenu dans ce salon.
Je suis persuadé qu'on a trop négligé l'opé
ration du marcottage. Les bons melons que
j'en ai retirés , à la vérité plus tardifs, m'ont
convaincu de son utilité pour en obtenir dans
une seconde ou troisième saison , sur-tout le
melon dit des Carmes , si intéressant par sa
jolie forme et par son arome sucré. J'avoue
C 55 J
que. ce procédé peut avoir difficilement lieu
dans les serres et sous les châssis , faute de
place.
III. La faiblesse de la plante peut être occa
sionnée par le défaut de nourriture, et c'est ce
qui arrive toujours lorsqu'on se contente de
mettre sur la couche un terreau déjà épuisé.
Le remède est facile , en substituant , avec
mesure , un engrais succulent et assez actif
pour réparer le tems perdu. Le tan mélangé
peutproduire cet effet.
Cette maladie peut provenir d'un défaut de
chaleur suffisante. On devine le remède sans
que je l'indique. S'il n'est pas_ possible de faire
des réchauds , si la plante est dans une de ces
petites couches sourdes qu’on fait isolées dans_
un trou ou on a tassé du fumier, il faut , tout
le tour , faire une petite fosse où on tasse un
fumier bien chaud et qu'on recouvre de litière
arrosée, où on l’abandonn_e aux bienfaits d'une
atmosphère plus propice. _
IV. Quelquefois les feuilles jaunissent. Il
faut voir alors si la cause ne tient pas à la na
ture de la terre , à l'abondance des arrose
mens, à la fraîcheur de la température, aux
ravages des insectes dont je parlerai plus bas,
C 56 )
à la négligence de purifier l'air qui se cor
rompt facilement sous des châssis et des clo
ches, à une chaleur étouffante qui affaiblit
les ressorts et les fibres du végétal.
V. Il est une autre maladie qui attaque les
melons , sur-tout lorsqu'ils ont pris plus d'ex
tension qu'il ne faut pour être abrités par les
cloches. La plante, à partir des extrémités ,
diminue de dimension , ses fibres se crispent, .
les feuilles se recoquillent insensiblement et
en remontant, elles blanchissant , ce que les
jardiniers appellent la maladie du blanc. La
cause peut dépendre de quelques brouillards ,
ou de roux-vents. Le vrai remède , qui n'est
souvent qu'un palliatif, est d'attaquer le mal
au vif , et de couper les branches à trois yeux
du pied. Je conseille, comme une chose très
utile, de faire précéder cette amputationdune
double ou triple torsion, pendant vingt-quatre ‘
heures, afin d'éviter une excessive déperdi
tion de sève dans des branches aussi poreuses.
VI. Le fruit est aussi exposé à des accidens.
L'épiderme se durcit au point de ne pas se
prêter à une dilatation nécessaire. Il ne peut
alors ni aspirer,‘ni transpirer, ni se débar
‘rasser, par des sécrétions utiles , d'une portion
( 57 )
de sève qui , par sa nature , devait s'évaporer
au dehors,ni attirer à lui les principes bienfai
sans qu'il aurait reçus de l'atmosphère. Alors
il croît difficilement, et les mauvais sucs qu'il
renferme altèrent sa pulpe et la corrompent.
Les signes de cette espèce de rachitisme ,
si je puis m'exprimer ainsi, sont sensibles.
On en prévient souvent les suites en faisant,
mais très-légèrement, (Ës ‘incisions longitu
dinales qui attirent la sève et lui fournissent
la facilité de dilater l'épiderme. Souvent cette
espèce de maladie n'est que locale. Vous voyez
des melons qui grossissent dans une partie ,
et dont la végétation reste stationnaire dans
l'autre, ce qui le partage en deux hémisphères
très-inégaux. Ce rachitisme se place le plus
souvent vers la partie sur laquelle le fruit est
supporté. On y remédie , si le mal est dans son
début, en renversant le melon sur la partie
qui a de l'embonpoint; et s'il est nécessaire ,
on fait quelques incisions longitudinales, même
transversales, lorsque la nature du mal l'exige.
VII.Il estune autre maladie trop commune
au melon, vers l'époque sur-tout où il appro
che de la maturité.Il se crève quelquefois sur
toute sa longueur , et plus souvent à son ex
( 53 )
trémité opposée au pédicule. D'un côté , il
perd en partie son arome , et , de l’autre , il est:
exposé à se pourrir.
Cet accident est l'effet d’une sève trop abon
dante qui a le plus souvent pour cause l'excès
de l'arrosement. On arrête le progrès du mal,
soit en changeant de direction la branche qui
le porte, et en la coudant, soit en lui don
nant une torsion enŒre , soit en enlevant lé
gèrement quelques lanières au-dessous du
fruit, soit en coupant quelques .feuilles supé
rieures et inférieures. Une diminution de sève
arrête les progrès de ces crevasses.
Tajoute de plus que ces courbures, que
ces torsions ne peuvent quïnfluer sur la bonté
du melon, lorsqu’il a acquis toute sa grosseur,
et qu’il approche de sa maturité. Ces obstacles
opposés à la sève la forcent de s’épurer. Le
fruit a plus d'aromeet moins d’eau. Je ga
rantis le succès de cette expérience que j’ai
réitérée bien souvent.
( 59 )

ARTICLE VI.

DES ANIMAUX ET DES INSECTES NUISIBLES


AU MELON.

I. Visitant un jour une melonière que j'a


vais faite sur couche , je veux un jeune pied
dont les feuilles jaunissaient. Je fis remuer
avec une boulette la terre que je me disposais
d'arroser, il en bondit un crapaud , attiré sans
doute par la chaleur de la couche, ou par
l’appât de quelques vers ou autres insectes qui
se trouvent dans le terreau. Avait-il mangé
les feuilles ou attaqué les racines ? Je ne pus
le découvrir, quelques recherches que je fisse ;
mais les racines étaient assez soulevées pour
me faire conjecturer qu'elles avaient été éven
tées.
Est-ce la seule cause de la jauneur de la
plante Z’ Cet insecte , par les émanations de
son corps, par la liqueur qui sort des tuber
cules dont il est couvert, ou qui coule de son
anus, avait-il altéré la plante? Je lïgnore.
Il est possible que cette espèce de poison , si
faible communément, quelquefois si âcre,
(60)
"_ eût altéré la vigueur de la plantmLe seul s‘ou
lèvement de la terre eût peut-être sufii pour
produire cet effet.
La présence des crapaudsau pied des me-î
Ions n'est pas fort commune. Je ne me rap
pelle pas d’en avoir trouvé plus d’une demi
douzaine.
Ainsi le mal n’est pas très-dangereux, et on
peut le prévenir ou y remédierfacilement avec
dela vigilance. Cet insecte ne se cache pas assez
profondément pour qu’il puisse échapper à la.
surveillance. Le seul inconvénient assez grave
qu’on puisse lui reprocher, c’est de retarder
le développement et la fructification du vé
gétal , par le malaise momentané qu’il lui
procure. ‘
II. Entr’autres paradoxes _, j'ai vu désigner
comme dangereux les cloportes et les arai
gnées, qui, dit-on , par leurs fils empêchent
le développement des feuilles, et, selon quel
ques prétendus agriculteurs , les dévorent.
J'avoue qu’il faut avoir une bien faible idée

puisse être contrariée par un ou plusieurs fils


d’araignée. Quant aux cloportes, je ne vois
as en uoi ils P auvent être nuisibles 2 àmoins
t 6! )
qu’on ne prétende qu’ils vont entretenir l'hu
midité dans les bois des châssis; mais cela n’a
rien de commun avec la plante qu'ils renfer
ment.
I I I. ‘Les vrais ennemis bien reconnus et
signalés par tous les agriculteurs , c'est le ver
blanc ou la larve du hanneton.
Si le jardinier ,au lieu d'employer en grande
masse le terreau , se donnait la peine de l’é
mietter ou de le visiter, il ne renfermerait pas
le loup dans la bergerie. Ces insectes destruc
teurs , ainsi que les courtillières , ont bientôt
détruit une melonière; mais cet accident n'ar
rive pas au cultivateur qui a veillé avec soin
sur la formation de ses couches. Si l'on soup
çonne l'existence du ver blanc , on plante à
côté du melon un ou deux pieds de laitues
qu’il aime de préférence. Si on les voit se fa
ner , c'est un signe de l'existence de cet insecte
destructeur , et on le déterre facilement avec
la houlette. .
IV. Il est d’autres animaux voraces qui heu
reusement laissent des traces de leur passage,
tels que les limaçous et la limace. Ils se cachent
le jour. Il faut tâcher de les surprendre à la
lumière , et entourer la plante avec du sable
C 6? )
fin ou des cendres tarnisées, qui secollent à
leur corps au moyen de la bave qui en suinte;
alors on les attrappe moins diflicilement.
V. Il est des pucerons qui s'attachent aux
feuilles du melon. Je ne me suis jamais ap
perçu d'un dégât sensible ; mais leur existence
a l'inconvénient d'attirer des fourmis qui peu
ventxdevenir doublement dangereuses, si une
fois le fruit est entamé ou crevassé à l'époque
qui annonce une pochaine maturité.
VI. Les mulets et les rats , si redoutables
souvent pour les fruits , ne le sont pas moins
pour les melons qu'ils entament, et qu’ils
livrent ensuite aux guêpes , aux frelons , aux
fourmis. Ces dernières sont les plus nuisibles,
parce qu'elles (rmrvmuniqtxent bientôt au fruit
‘ 11n goût nauséabonde qui infecte la bouche.
On Cherche à attirer les fourmis avec une eau
miellée. La destruction des mulots est très
difiicile; la nzort-aux-rats ne les tente pas
beaucoup à l'époque des fruits, et c'est un
moyen dangereux pour d’autres animaux uti
les. Les mulets se méfient des pièges. Il s'en
noie par fois quelques-uns dans des cloches à
demi-pleines d'eau , renversées et enfoncées
dans la terre , au bas des couches. En vérité
( 63 )
le cultivateur aurait quelquefois besoin de
n'être pas obligé de dormir. Si les résultats de
l'agriculture ofirent des jouissances et des plai
sirs réels , ils sont bien souvent le prix de nos
alarmes et de nos inquiétudes. Ainsi l'a voulu
l’Auteur de la nature.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . Pater îpse colendi


Haudfacilem esse viam volait . . . . . . . .
. . . . ; . . . . Curis acuens mortalia corda.

VIRG. Georg. , lib. I.

ARTICLE VII.

Je crois devoir ajouter ici la nomenclature


qui paraît assez généralement reçue à Paris
et aux environs , de diverses variétés de melon.

Espèces les plus hâtives sous châssis.

Le petit melon hâtif de Prescotte ; on le


cultive sous châssis.‘ Il est petit , rond, à côte,
très-fondant , sucré , vineux. Il produit beau
coup ; on laisse de quatre à cinq fruits sur le
même pied. Le petit rosé , le petit sucrin , le
petit renégat , idem.
/
( 54 )
Le petit Cantaloup de Malte , le gros pres
‘cotte , le gros sucrin; ils sont un peu plus
gros et plus vineux que les précédens.
_ Le petit melon des Carmes , moyenne gros
seur , rond, bien brodé, très-charnu , fon
dant , sucré et très-vineux. On peut manger
de ce fruit recherché, pendant neuf mois de
l'année , depuis Avril jusqu'en Décembre.

Espèces moins hâtives ,‘qui peuvent venir


sous châssis, sur "couches ; et en pleine
terre , dans les années chaudes, sous clo
che.

Le melon de Gênes , de moyenne gros


seur , très-varié dans son espèce et de formes
différentes. Il a le. goût fin , vineux , beaucoup
d'eau.
Les melons de Fleuray.
Cantaloup rond fort, brodé , à côte. Il
vient mieux sous châssis.
\
Gros melon à côte , pour cloche.
Cantaloup galleux , gros, pour cloche.
Gros melon , côte renfoncée, pour cloche.
Gros melon de Caille.
Melon maraîcher.
‘i Melon
( 65 )
Melon d’Honfleur , long , très-gros, à côte,
chair rouge , vineux. Il n’est pas hâtif , il
mûrit en Août et Septembre. Bon fruit , bois
très-vigoureux. Il réussit en pleine terre dans
des années favorables , sur couche sourde.
_ Melon de Coulommiers, un peu semblable
au précédent.
Le melon à chair blanche , de Saint-Do
mingue , est de moyenne grosseur , uni, rond,
un peu allongé , très-sucré. Il est rare.
Le cantaloup long , à chair blanche.
Cantaloup du Grand-Mogol , à grandes ou
petites galles , chair rouge.
Cantaloup bossu , à chair verte.
Le melon brodé , à fausses côtes.
Le pastèque , ou melon d'eau , fruit excel
lent,gros, rond, chair rouge; graine de même.
Il exige le châssis.
Les melons de Rugonnant; il y en a deux
variétés, l'une ronde et l'autre longue et à
côte brodée , noir , bien charnu et très-bon.
Le cantaloup vert; le pied est beau et vi
goureux; les feuilles en sont grandes , larges
et dentelées à leur bord, elles sont d'un vert
brun et luisant; le fruit excellent, gros, long,
bien fait, les côtes bien partagées, minces ,
5
( 66 )
fines; sa chair est délicate, fondante, d'un
goût exquis ,rouge , de belle couleur; son point
de maturité est aussi aisé à connaître que celui
d'une poire de doyenné.
Les melons de Malte , d'hiver, chair blan
che et rouge; melons d'Espagne , longs, et
d'Ilalie ; durs à mûrir.
_ S'il résultait des nuances tout autant de va
riétés, la nomenclature pourrait en être très
étendue, et par conséquent très-fautive. Bien
des personnes qui sèment desgraines qu'on leur
a apportées de divers pays , donnent aux me
lons le nom des lieux où on a recueilli leur
semence; et tout de suite vous trouvez dans
des livres une nouvelle variété. J'en ai plu
sieurs exemples sous les yeux. La nomencla
ture que j'offre a été rédigée avec soin , et
d'après les conseils d'un amateur et de M.
Tatin , marchand de graines à Paris , quai de
l’Ecole , chez qui on trouvera une collection
complète , faite pour inspirer la confiance. Il
s'est attaché à perfectionner le gros et excel
lent melon de Coulommiers , dont il soigne
exactement la graine , ainsi que celle des frai
ses perpétuelles ou des Alpes.
ä
( 67 )
DE LA COURGE-MELONE
( Cucurbita-Melo ).

JE conserve à cette courge la dénomina


tion qu'elle a dans le lieu d'où je la crois ori
gmaire.
Est-ce une espèce particulière ? est-ce une
variété de la melonée ( cucurbita moschata)
des Antilles? Doit-elle être comprise dans le
genre des pepons?_Je l'ignore , et j'avoue que
je n'ai ni le tems ni le goût de me livrer à.
d'aussi savantes recherches. Tout ce que j'en
puis dire, c'est que je ne saurais la reconnaître
aux caractères qu’on assigne aux pepons et à
l9 melonée.
‘ Sa graine est médiocrement grande , ren
flée , ovale, pointue; sa tige _et ses feuilles ,
terminées en cinq angles très-prononcés, sont
‘d'un vert foncé assez brillant , et panachées
d'un blanc vif qui tranche fortement, et qui
‘fait qu'on distinguerait facilement cette espèce
‘sur toutes les autres courges et citrouilles.
‘ ‘ Elles sont armées de petites épines ou de
poils très-rudes au toucher. Latleur jaune de
la courge-melone a la forme d'une “cloche et
_a3 a. 5..
C 63 ï
sbuvre bien.La_plante jette peu de branches ,
et a une fructification au moins aussi hâtive
que le potiron.
_ Son fruit estdïm vert foncé , avec quelques
plaques couleur"fauveî,_et conserve cette
couleur , même a l'époque de sa parfaite ma
turité , qui arrive en même tems que celle
dnpotiron , duqpastisson
girauijqont _,_‘e_tc. l‘ . j , dLrbonnet-turc
‘j ‘ _ , duq
h Sqrnécorèe est agissi fine. qriexcelle du po
ltïrôn ê? 5Pi58} filtre Ïqùs Éè1IÉ.ËB‘ÏP9H“°Ï'‘Ï“P°
‘ chair , lorsque ‘le j _fijtiif ‘gîriafcqïtis toute sa
Wétsîïté‘àït‘; "ê? ÉPÏI"? äPŸËÎÏÊÏPÂÉÊ’‘ï 431°‘ ëènë
d'un byon‘melon‘ cantaloup. sucréet
son aromeifont rien de la facteur dæpotiron.
C'est ce. goût particulier et sa’ couleur'quil’pnt
sansdoute faitnomméi- cou’rge-‘inèlone. i‘
=* Le peuple; s Toulouse, et sursaut les in
bitqnsv_des campagnes dèsfeiiviirohs, en‘ font
la soupïaÎavécÎde la viandede {et
plus. souvent avec du pétit-Êaliä‘îls la coupent
et celle
en morceaux la suffit

pour. pétasse .q‘ébiiés deàflîäexe


sonnes ne dédaigneraient pas; l" .‘ 2; "31:21.:
“ ‘
.’ "‘ W4‘: ‘si î :
On en fait d'excellentes confitures de rai
f 69 J . l
siné, et je l'ai toujours préféré à celui qu’on
fait avec des pommes et des poires ordinaires.
On l'emploie aussi dans des gâteaux qu'on
fait sous le four de campagne. On fait d'abord
bouillir la citrouille coupée en morceaux , on
en exprime l'eau, et l'on mêle la pulpe qui
reste , avec des œufs et du lait; lorsqu'on lui
a donné l'assaisonnement nécessaire , on la
fait cuire sous le four de campagne. Je n'ai
vu personne quine mangeât avec plaisir ces
gâteaux ,'ainsi que ceux qu'on fait avec la "fine
fleur de blé de Turquie , préparée de la même
manièréü" ‘ ‘ ‘
La culture de la courge-melone n'a rien
de particulier. On fait germer sa graine
dans des pots ,‘à un endroit chaud,1 ou dans
une couche et sous cloche‘. (Do‘ouvre un trou
d'environ 33a ‘36 centimètres ‘de profondeur
( un pied ou ‘14 pouces ‘environ D’; oh leÎrem
pljt de fumier qu’on tasseetqubnarrose‘, s'il
‘est’ sec. On‘ couvre‘ cïrfumieiïdïm ter
"réau'vég‘étal‘ onde bonne terre de jardin. Lors
‘que le‘ jeune‘ plant a trois_ ou quatre feuilles,
'on‘le dépote jet on‘ Fenfonce dans cette es’
‘pèse’ de" douche. ‘ On le tient couvert d'une
cloche tant ‘que la fraîcheur des nuits l'exige.
(70)
Il est tout au moins aussi robuste que le
potiron. Vers Toulouse , l'on sème la graine
de la courge-melone dans les champs, avec
la charrue, comme je l’ai dit plus haut, et
elle y réussit, même d'une manière étonnante
quelquefois; mais elle prospère bien davan
tage dans les terres grasses , bien fumées , et
sur-tout sur des couches ou au pied des fu
miers.
On en distingue deux variétés qui toutes
deux ont également réussi à Vitry et ailleurs;
l’uue ronde , à côtes assez bien prononcées
et un peu enfoncées , tant du côté du pédicule
que de Pextrémité opposée.
L’autre a la forme allongée , à côtes ou en
tièrement unie, et a également quelquefois
des plaques fauves.
Ces courges sont souvent entièrement ver
tes, sauf au point de la couche, où la peau
conserve une teinte jaunâtre.
Elles ne sont pas aussi grosses que certains
potirons ; mais , parmi celles que nous avons
récoltées à Vitry, il y en avait qui pesaient
environ cinquante livres, et elles avaient une
pulpe très-rouge. On en a renouvellé la se
mence que m’a apporté cette année M. de

. .. a-x-æ"
( 7! )
Puymaurin, membre du Corps législatif, et
je l’ai distribuée en grande partie aux ama
teurs qui m’en ont demandé.
Je suis convaincu que, lorsque la courge
melone sera bien connue , on trouvera agréable
de la cultiver concurremment avec le potiron.
Elle a sur lui l'avantage de fructifier aussi
bien , et de ne pas couvrir autant de terrein.
Il est vrai que c’est assez la faute du jardinier
qui, lorsque le fruit a atteint une certaine
grosseur, pourrait débarrasser le terrein des
branches qui Pombragent inutilement, et qui
dévorent la plante.
On doit avoir cette même attention pour la
courge-melone; c'est un moyen de la faire
grossir.
Je me propose, cette année, de la mar
cotter dans plusieurs endroits , pour connaître
plus particulièrement quel sera le résultat de
cette opération.

FIN.

VILLE nation
renom. du Palais 2195M!
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