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Chapitre 2 

: Les mesures d’aménagement de la peine


Très grande diversité de mesures d’aménagement de la peine. Distinction afin de les regrouper :
celles qui influent sur la durée d’exécution de la peine et celles qui concernent les modalités
d’exécution de la peine.

Section 1 : Les mesures impactant la durée de la peine


Cela va toujours dans le sens d’une réduction et jamais dans celle d’une augmentation.

Sous-section introductive : La durée de la peine à exécuter


I) La durée d’une peine privative de liberté
La durée d’une peine privative de liberté => art 716 CPP (la durée de 1 mois est de 30 jours). On fixe
comme point de départ le jour où le condamné est détenu en vertu d’une condamnation définitive.
L’art 716-4 CPP prévoit que quand il y a eu Détention Provisoire à quel que stade que ce soit de la
procédure, cette détention est intégralement déduite de la durée de la peine prononcée. Les textes
vont plus loin car on tient compte de toutes les périodes de privation de liberté qui ont été subies par
le condamné, notamment en cas d’exécution d’un mandat d’arrêt ou d’amener par exemple.

Pour la réclusion criminelle à perpétuité, il n’y a pas de durée mais indicateur de temps fort qui est la
période de sureté sur laquelle on peut retrancher toute la durée de la Détention Provisoire.

II) La durée de plusieurs peines privatives de liberté


A) Les différentes hypothèses
Cas où plusieurs infractions ont été commises en concours réelles (plusieurs infractions commises par
le même auteur sans qu’une décision de justice n’ait été rendue entre elles). Dans cette hypothèse,
deux types de procédure à distinguer :

- Une même juridiction va être saisie de toutes les affaires et se prononcer sur toutes les
affaires
- Deux juridictions distinctes vont être saisies chacune d’une infraction
En cas de poursuite unique (une même procédure) => on peut prononcer chaque peine et engager la
culpabilité pour chaque infraction mais quand plusieurs peines de même nature sont encourues, on
ne prononce qu’une peine dans la limite du maximum légal encouru.

Dans l’hypothèse où on a des procédures séparées, l’art 132-4 CP dispose que les peines prononcées
s’exécutent cumulativement dans la limite du maximum légal le plus élevé. Au stade de l’exécution
de la peine, on va rétablir cette limite du maximum légal le plus élevé. Pourquoi cette règle  ? L’idée
c’est qu’il ne doit pas y avoir de différence selon que l’auteur des faits est poursuivi par une seule
juridiction ou par une pluralité de judications, il n’a pas à être traité plus sévèrement.

 Dans cette hypothèse de poursuites séparées, l’art 132-4 CP ajoute que la confusion totale
ou partielle des peines de même nature peut être ordonnée.
B) La confusion des peines
Confusion des peines = deux peines en concours poursuivies séparément, on va considérer que la
peine la plus faible doit être absorbée par la peine la plus importante (cette absorption peut être
totale ou partielle). On considère qu’elles sont exécutées en même temps, on n’additionne pas mais
on superpose. Pour obtenir la confusion, il faut saisir une juridiction.

C’est différent du cumul plafonné car on peut descendre en-dessous du maximum légal le plus élevé.
Idée : si l’auteur avait été poursuivi par une seule juridiction elle aurait souvent prononcé une peine
plus faible qu’en cas de pluralité de poursuites.

a) Les conditions de la confusion


En principe, la confusion devrait pouvoir opérer quel que soit l’infraction commise mais dans les
textes il n’est fait mention que des crimes ou des délits. Pas de possibilité de demander une
confusion en matière contraventionnelle car le législateur a considéré que la peine d’amende était
moins lourde et moins attentatoire aux libertés des individus donc cumul moins grave en la matière
(+ cela inciterait les contrevenants à commettre plusieurs contraventions plutôt qu’une donc il faut
que les amendes soient additionnées).

Il y a certaines infractions pour lesquelles la confusion est exclue en raison de leur particularité. Le
législateur veut décourager leurs auteurs de les commettre => infractions de rébellion et d’évasion.

La confusion ne s’applique qu’à des peines de même nature, on ne tient pas compte ici de crime ou
délit. Sont des peines de même nature les peines qui ont le même contenu et les mêmes effets et qui
se différencient uniquement par leur durée ou leur montant.

Il faut mettre de côté la peine de réclusion criminelle à perpétuité car dans ce cas la confusion est
obligatoire. Cela n’aurait pas de sens d’additionner cette peine avec une autre peine de prison. Elle
absorbe donc toutes les autres peines, toutes les peines sont censés être exécutées en même temps.

Autre condition : les peines doivent avoir été prononcées par une décision de condamnation
définitive (insusceptible de recours). La peine doit être prononcée par une juridiction française ou par
une juridiction d’un autre Etat membre de l’UE (principe de reconnaissance mutuelle).

En revanche, une peine qui a déjà fait l’objet d’une confusion peut être utilisé pour faire l’objet d’une
autre confusion.

b) La mise en œuvre de la confusion


Il faut saisir une juridiction et demander la confusion des peines prononcées par les deux juridictions
(alors que si le maximum légal n’a pas été respecté lors d’un cumul des peines, c’est le procureur de
la République qui gère cela).

Quelle juridiction saisir ? La juridiction qui a prononcé la condamnation. Elle peut être saisie avant
même que la deuxième juridiction rende sa décision.

En matière criminelle, c’est la chambre de l’instruction qui est compétente pour se prononcer sur la
confusion des peines. Il est possible pour le condamné de choisir de se tourner vers la chambre de
l’instruction ou le tribunal correctionnel dans le ressort duquel il est détenu (pas forcément du lieu
où il a été condamné).
 Le Juge d’application des peines n’est donc pas compétent.
Le plus souvent, la demande de confusion va être étudiée par un juge unique (sauf si affaire
particulièrement complexe = formation collégiale). Il sera libre de prononcer ou non la mesure de
confusion des peines, les juridictions du fond apprécient souverainement la demande de confusion.
Leur seule obligation est de respecter le maximum légal le plus élevé.

Art 710 CPP => éléments pris en compte par les juges pour apprécier => comportement de la
personne condamnée depuis la condamnation, personnalité, situation matérielle/familiale/sociale.
En pratique, d’autres éléments sont pris en compte par les juridictions comme le passé pénal du
condamné ou encore la nature des infractions (si la nature des infractions est identique la demande
de confusion sera plus facilement acceptée).

Le détenu n’est pas tenu de comparaître, l’avocat n’est pas entendu pas sauf s’il le demande et la
procédure ne sera pas publique (décision prise en chambre du conseil souvent par un juge unique).
Recours possible si c’est une juridiction du premier degré qui est saisie. La juridiction saisie va
prendre une décision en acceptant ou refusant la confusion (le juge peut opter pour une confusion
partielle ou totale).

c) Les effets de la confusion


La confusion peut être refusée ou acceptée. Quand elle est refusée, on considère qu’il y a une
autorité de chose jugée donc il n’y aura pas de nouvelle demande de confusion des peines qui sera
possible. Lorsqu’elle est acceptée, la peine la plus lourde absorbe la peine la plus légère (confusion
totale ou partielle).

La peine absorbée ne disparaît pas, elle est absorbée par la peine la plus élevée. La peine ne
disparaît pas, elle s’exécute en même temps que l’autre mais elle existe toujours juridiquement.
Conséquence : si la peine absorbante est éteinte (en raison d’une grace par exemple), la peine
absorbée subsiste, elle n’a pas disparu.

En cas de confusion de peines => on va faire le total de la peine à subir après confusion, et c’est à ce
total qu’on va soustraire la durée de la Détention Provisoire.

Sous-section 1 : Les réductions de peines


La réduction de peine est une mesure par laquelle el condamné est dispensé de l’exécution d’une
partie de sa peine privative de liberté (absence de mauvaise conduite, efforts de réinsertion). On va
réduire la durée de sa peine, cet aménagement a donc vocation à raccourcir la durée d’exécution de
la peine. La réduction de peine doit être distinguée de la remise de peine car elle ne découle pas
d’une décision d’un magistrat mais plutôt d’un décret de grace. La réduction de peine s’opère sur le
contrôle ou la décision d’un magistrat (le JAP le plus souvent).

3 sortes de réductions de peines :

- Réductions de peine automatiques (« crédits »)


- Réductions de peine supplémentaires
- Réductions de peine exceptionnelles
I) Les crédits de réduction de peine
Ces crédits de réduction de peine ont été créés par la loi du 29 décembre 1972 mais ont été modifiés
depuis dans leur philosophie. Art 721 CPP => crédit calculé sur la durée de la condamnation
prononcée. L’idée c’est que ces crédits vont intervenir en l’absence de mauvaise conduite du
condamné, la condition principale est donc négative. Ces crédits sont donc accordés de façon
automatique, sauf mauvaise conduite du condamné. On se rapproche ici d’un aménagement de
peine automatique.

A) Les conditions
a) Le champ d’application de la réduction de peine
L’infraction concernée par la mesure  : champ d’application large car toutes les infractions sont
concernées, aussi bien les délits que les crimes (privation de liberté exclue en matière
contraventionnelle). Pas de limite tenant à la gravité de l’infraction commise.

 Toutefois, exception récemment introduite par la loi du 21 juillet 2016 relative à la lutte
contre le terrorisme : les auteurs d’infractions terroristes ne bénéficieront pas de ces crédits
de réduction de peine automatiques.
Exception à cette exception (retour au principe) : pour les actes terroristes les moins graves,
notamment l’apologie.

Auparavant, il y avait une distinction entre les primo délinquants et les récidivistes (crédits moins
importants pour eux) mais cette distinction a été supprimée par la loi Taubira de 2014.

La peine concernée  : ce sont les peines privatives de liberté et plus précisément l’emprisonnement
et la réclusion criminelle. Quid de la réclusion criminelle à perpétuité ? On ne peut pas retrancher
une durée à une peine qui est prévue à perpétuité donc dans ce cas seules les réductions de peines
exceptionnelles ou supplémentaires sont envisageables mais les crédits de réduction de peine ne les
concernent pas.

Dans le cas d’une confusion des peines, on impute sur la peine résultant de la confusion les crédits de
réduction de peine. Une fois la confusion intervenue on calcule les crédits de réduction de peine.

La peine doit être issue d’une condamnation prononcée par une juridiction de jugement. On exclu de
fait les mesures de détention prononcée à titre provisoire. De plus, la peine doit être exécutée en
France. S’il y a un transfèrement on va octroyer ces remises de peine sur la durée de la peine
exécutée en France uniquement (quel que soit le moment où la personne a été condamnée).

b) La condition matérielle
Avant la loi du 9 mars 2004 => les réductions de peine ordinaires ne pouvaient être attribuées que si
le condamné adoptait une bonne conduite.

La loi du 9 mars 2004 a modifié les choses => désormais les réductions de peine sont créditées sans
qu’aucun comportement positif particulier ne soit exigé du condamné. C’est s’il a adopté un mauvais
comportement qu’une décision pourra être prise par le Juge d’application des peines qui pourra
décider de retirer les crédits de réduction de peine.

 Attribution bien plus automatisée pour faciliter l’aménagement de peine et le rendre moins
coûteux.
B) La mise en œuvre
a) La décision
Depuis la réforme de 2004, les réductions de peine sont accordées automatiquement par voie de
crédit dès que la condamnation est devenue définitive. La réduction ne sera plus attribuée par le Juge
d’application des peines qui ne sera compétent que pour retirer ces crédits si le condamné se conduit
mal. Cela concerne les condamnés après le 1 er janvier 2005.

L’accord du condamné n’est pas nécessaire pour lui octroyer ces crédits automatiques, le greffe va
calculer directement. Une JP précise que même si le condamné refusait cette réduction de peine, on
pourrait lui imposer.

b) Le calcul
Art 721 CPP : peine réduite à hauteur de 3 mois pour la première année, réduite de 2 mois pour les
années suivantes et 7 jours par mois pour les durées inférieures à 1 an

Elément de motivation pour les condamnés afin qu’ils se comportent bien en détention. Si la peine
prononcée est mixte (partie ferme et partie en sursis), la réduction s’applique à la partie ferme de la
peine.

Une question s’est posée : celle de la Détention Provisoire. Fallait-il tenir compte de la Détention
Provisoire  dans le calcul de réduction de peine  ? Les deux déductions vont s’opérer mais
indépendamment l’une de l’autre. On va calculer les réductions de peines PUIS sur la durée obtenue,
on va déduire la période de la détention provisoire.

Si des peines ont été confondues, on applique le crédit de réduction de peine sur la peine résultant
de la confusion. Si les peines avaient déjà fait l’objet de crédit de réduction de peine, celles-ci sont
rendues caduques et on ne va retenir que le crédit de réduction de peine qui s’applique sur la peine
après confusion.

C) Les effets
La peine à exécuter va être réduite dans sa durée. On permet une libération anticipée sans autre
condition procédurale. Mais réserve pour les condamnés à un suivi socio-judiciaire => si la réduction
de peines amène au fait qu’ils doivent être libérés, le Juge d’application des peines va avoir
l’obligation de procéder à une expertise psychiatrique avant de permettre la libération du détenu (on
veut s’assurer que son état psychologique permettre sa libération). De même, lorsque l’intéressé a
commis une infraction violente ou sexuelle, l’expertise doit se prononcer particulièrement sur le
risque de récidive.

L’expertise doit être faite pour permettre au JAP de décider une mesure de sureté si cela se justifie.

II) Les réductions de peine supplémentaires


Art 721-1 CP. Ces mesures s’ajoutent aux précédentes. Elles sont soumises à des conditions
particulières et à un régime autonome.
A) Les conditions
2 types de conditions :

 Condition positive : la réduction supplémentaire de la peine peut être accordée au


condamné manifestant des efforts sérieux de réadaptation sociale (mesure personnalisée, ce
n’est plus une mesure automatique). On veut encourager ce type de comportement et faire
en sorte que les condamnés se tournent vers leur réinsertion. La sortie « sèche » entraîne un
risque de récidive plus important.
Condamné qui fait des efforts pour apprendre à lire et écrire, qui obtient un diplôme, qui suit
une thérapie pour se soigner, qui fait des efforts pour indemniser sa victime… Pas de liste
limitative, le JAP a une marge de manœuvre et peut aussi regarder plusieurs critères de
manière cumulative.
En pratique, l’accès aux soins ou à des formations peut être délicat + difficultés liées à
l’isolement (certains magistrats en prennent compte, d’autres non).
Avant la loi de 2004, on considérait que la réduction de peine supplémentaire ne pouvait
être accordés que pour les détenus ayant déjà purgé 1an de détention mais cette condition a
disparu.
 Condition négative : aucune réduction supplémentaire ne peut être accordée pour une
personne condamnée pour un crime ou un délit pour lequel le suivi socio-judiciaire est
encouru et qui refuse de suivre le traitement décidé par le JAP (soit il refuse soit il ne prend
pas le traitement de manière régulière). Cela traduit une volonté du condamné de ne pas se
réinsérer.
De même, après avis médical et sauf décision contraire du JAP, aucune réduction
supplémentaire ne peut être accordée à une personne qui avait son discernement mental
altéré et qui ne suit pas son traitement. La peine encourue était ici moins importante, la
peine prononcée a tenu compte de ce trouble => si l’obligation de se soigner qui n’a pas été
respectée, pas de réduction supplémentaire de la peine. On veut décourager ce type de
comportement.
Sont également exclus les récidivistes de certaines infractions prévues art 706-47 CPP.
Le JAP a toutefois une marge de manœuvre et peut prononcer une réduction de peine
supplémentaire si cela se justifie.

B) Le régime
La réduction supplémentaire doit être décidée par le Juge d’application des peines (après avis de la
commission d’application des peines) donc c’est une décision judiciaire, ce n’est pas automatique.
Cette procédure est plus longue et plus coûteuse que les crédits qui sont automatiques. Cette
procédure sera donc plus rare, notamment parce qu’il faut que le JAP soit saisi de la question. Modes
de saisine classiques du JAP (condamné, procureur de la République, auto-saisine).

Inquiétude => le JAP ne serait pas saisi d’un dossier où le condamné mériterait ma réduction
supplémentaire de peine (car le condamné doit être un minimum renseigné et avoir certaines
connaissances pour saisir le JAP) donc il est prévu que la commission d’application des peines
examine la situation du condamné au moins 1x/an même s’il n’aurait pas sollicité une demande
auprès du JAP.
La réduction supplémentaire de peine doit être prononcée en une seule fois si incarcération < 1an, et
par fraction lorsque l’incarcération > 1an (on veut être sûr que le condamné ne diminue pas ses
efforts et garde sa motivation).

C) Le calcul
Le calcul de la réduction de peine = la réduction ne peut excéder 3 mois par année d’incarcération
ou 7 jours par moins quand la durée d’incarcération restante est inférieure à 1 an. Ici il s’agit d’un
maximum prévu par les textes, le Juge d’application des peines peut moduler, il peut aller en-deçà.
Permet une meilleure personnalisation.

 La période prise en compte est la durée de la peine restante à subir (pas la peine totale).
La réduction peut être plus ou moins importante selon la gravité de l’infraction commise. Seuil
abaissé pour certaines infractions particulièrement graves (2 mois par an et 4 jours par mois de
réduction). La marge de manœuvre du JAP est ici limitée.

A noter que les condamnés à perpétuité, qui ne peuvent pas bénéficier des crédits automatiques,
vont ici être susceptibles de demander une réduction supplémentaire de peine, ce qui réduira leur
temps d’épreuve (temps avant lequel ils sont empêchés de demander une mesure de libération
conditionnelle).

Quid de la période de Détention Provisoire  ? Le code pénal retient que si l’intéressé a fait l’objet
d’une Détention Provisoire pendant au moins une année, sa situation pourra être étudiée devant la
commission d’application des peines dans un délai de 2 mois.

Si la peine a été prononcée à l’étranger, on va conserver les réductions de peine qui ont été
accordées par les autorités étrangères. Pour la durée de la détention restante, on appliquera les
règles du droit français pour calculer des éventuelles réductions de peine supplémentaires.

III) Les obligations susceptibles d’accompagner les réductions


de peine automatiques et supplémentaires
Depuis 2004, l’art 721-2 CPP permet d’imposer des obligations aux détenus et ce pendant une
période égale au total des réductions de peine obtenues (les crédits de peine + les réductions de
peine supplémentaires qui auraient été obtenues).

En 2004, cette mesure vise exclusivement à protéger les intérêts des victimes lorsque le condamné
est libéré => possibilité pour le Juge d’application des peines d’imposer au condamné de ne pas
revoir la victime. Cette mesure a ensuite été étendue en 2014 => on va considérer que ces
obligations sont applicables uniquement aux condamnés qui n’ont pas obtenu d’aménagement de
peine et qui n’ont pas été placés sous surveillance judiciaire. On considère qu’il faut conserver une
option pour que le détenu évite la sortie sèche. Ici encore, marge de manœuvre du Juge d’application
des peines car c’est lui qui choisi parmi les obligations, il va adapter les mesures à la situation du
condamné. Si ces mesures ne peuvent pas dépasser la période égale à la réduction de peine, elles
peuvent être moindres. La décision du JAP est rendue à la suite d’un débat contradictoire.

Le service pénitentiaire d’insertion et de probation sera chargé de vérifier que le condamné respecte
bien les obligations qui lui sont imposées. S’il ne respecte pas les mesures, il pourra retourner en
prison et perdre ses réductions de peine (décision prise à la suite d’un débat contradictoire là
encore).
IV) La réduction exceptionnelle de la peine
A) La législation classique
Cela vise a réduction exceptionnelle de peine fondée sur l’art 721-3 CPP => une réduction de peine
exceptionnelle (quantum peut aller jusqu’au tier de la peine prononcée) peut être accordée au
condamné lorsque ses déclarations ont permis d’éviter ou de faire cesser la commission d’une
nouvelle infraction. Il s’agit des personnes qui dénoncent la commission d’autres infractions.

Ici, la finalité est différente car on veut favoriser la dénonciation d’infractions par des détenus.

a) Les conditions
Cette réduction ne bénéficie qu’aux condamnés (ne s’applique pas pour la Détention Provisoire). Il se
peut toutefois que la dénonciation ait été effectué avant la condamnation en elle-même. Ce sont les
peines privatives de liberté qui donnent droit à ces réductions de peine, mais le texte n’exige pas
qu’elles soient en cours d’exécution. Il faut qu’il y ait eu une dénonciation. Le condamné doit avoir
fait une déclaration ayant permis de faire cesser ou d’éviter la commission d’une certaine infraction.

Il faut que ce soit dénoncé auprès de l’administration administrative ou judiciaire, donc cela ne
marche pas si le détenu dénonce une infraction à un proche ou un codétenu.

Cela vise l’infraction qui va être commise ou qui est en train de se commettre. Cela n’opère pas
pour les infractions passées. L’infraction doit relever de la délinquance ou de la criminalité
organisée. Toutefois, il arrive en pratique qu’il y ait eu des Tribunal d’application des peines qui est
accordé une telle réduction en dehors du cadre strict de la criminalité organisée.

b) Le régime
Qui prend la décision  ? Cela appartient exclusivement au Tribunal d’application des peines. Décision
grave qui nécessite une formation collégiale pour en décider. Le TAP ne peut pas s’auto-saisir
(contrairement au JAP) donc il va être saisi soit par le condamné, soit par le parquet, soit par le JAP.

L’effet de la réduction : la loi prévoit une réduction d’un maximum de 1/3 de le peine. Les juges
peuvent décider d’une réduction moindre (cela dépend en partie des risques pris par ceux qui ont
dénoncé l’infraction). Il est possible que le condamné demande plusieurs réductions exceptionnelles
de peine mais maximum absolu de 1/3 de la peine, dans tous les cas on ne peut pas aller au-delà.

Concernant ceux qui sont condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité, on va agir sur le temps
d’épreuve. La réduction du temps d’épreuve peut aller jusqu’à 5ans.

Si la réduction exceptionnelle entraîne la libération du condamné, le JAP ne pourra prendre


d’obligations spéciales vues précédemment.
B) La réduction exceptionnelle en raison de l’état d’urgence sanitaire
C’est issu d’un texte spécial/ponctuel. Contexte particulier. Art 27 de l’ordonnance du 25 mars 2020
=> réduction supplémentaire de la peine d’un quantum maximum de 2 mois accordé par le Juge
d’application des peines aux condamnés.

Pourquoi cette réduction de peine supplémentaire  ? Idée de permettre la libération d’un nombre
assez important de détenus pour éviter que l’épidémie ne se propage au sein des établissements
pénitentiaires. On estime aujourd’hui à environ 8000 le nombre de détenus libérés de prison.

a) Les conditions de fond


Quant à la peine prononcée, il s’agit d’une peine privative de liberté à temps (on exclu ceux
condamnés à une peine de réclusion criminelle à perpétuité). Les auteurs de certaines infractions
sont exclus de l’application de cet article : les auteurs d’infractions terroristes, les auteurs de
violences conjugales, personnes détenues ayant initié une action collective précédée ou
accompagnée de violence envers les personnes ou de nature à compromettre la sécurité des
établissements (on exclut ceux qui se sont mal comportés en détention).

On a donc tout de même une application très large de cette mesure (pas de limite tenant à la gravité
de l’infraction). Certaines conditions procédurales doivent out de même être également remplies.

b) Les conditions procédurales


La décision est prise par le JAP donc la réduction de peine n’est pas accordée automatiquement. Le
JAP a une large marge de manœuvre car il n’a pas à consulter la commission d’application des peines
en cas d’avis favorable du procureur de la République. Le condamné doit avoir été détenu pendant la
durée de l’urgence sanitaire, mais la réduction peut être attribuée même si l’état d’urgence sanitaire
s’est terminé (mais dans ce cas on retrouve la nécessité de la commission d’application des peines).

Quantum maximum de 2 mois accordé par le JAP, il peut donc décider d’accorder une réduction de
peine moindre.

Le confinement a entraîné des restrictions importantes pour les détenues : bibliothèques fermées,
salles de sport fermées, lieux de culte fermés etc. cela peut être difficile pour les détenus. Autres
problèmes : report des entretiens avec les accompagnants + moins de visites des avocats en
détention + parloirs suspendus.
Sous-section 2 : Les libérations anticipées
Ce sont les libérations qui ont lieu de façon anticipée, et ce sous conditions. Il existe 2 mesures
différentes d’aménagement de la peine qui vont venir raccourcir sa durée :

- Libération conditionnelle
- Libération sous contrainte
Dans les deux cas on met fin à l’exécution de la peine mais on maintient une contrainte sur le
condamné. S’il ne respecte pas ce qui lui est imposé, on va le réincarcérer et il devra poursuivre
l’exécution de la peine qui avait été prononcée. Pourquoi avoir choisi de favoriser ce type de
mesures  ? L’idée c’est d’éviter au maximum les sorties sèches. On diminue le taux de récidive avec ce
type de mesures. Dans un second temps, cela permet aussi de diminuer la population carcérale. En
pratique ce n’est pas tout à fait satisfaisant car statistiquement il y a encore 80% des personnes
détenues qui sortent de prison sans aménagement de peine (98% pour ceux condamnés à moins de
6mois d’emprisonnement) => ces mesures ne sont donc pas un automatisme.

Ces mesures sont destinées à accompagner le condamner et préparer sa réinsertion. Cela lui permet
de recouvrer progressivement sa liberté.

I) La libération conditionnelle
Les finalités de cette libération conditionnelles => art 729 CPP : elle tend à la réinsertion des
condamnés et à la prévention de la récidive. C’est l’une des mesures permettant l’aménagement de
la peine qui est la plus ancienne. En France, elle a été créée depuis la loi Bérenger du 14 août 1885.
Elle est efficace pour lutter contre la récidive mais elle est peu mise en pratique. Elle est en
régression continue car se serait un système qui s’essoufflerait (aujourd’hui mesure concurrente qui
est la libération sous contrainte et qui est celle qui va être privilégiée).

A) Les conditions
Différentes hypothèses de libération conditionnelle : cas général et cas plus spécifiques tenant à une
situation particulière du détenu.

a) Le cas général
Dualité de conditions : conditions temporelles et conditions plus substantielles.

Conditions temporelles  : Le condamné doit avoir exécuté une certaine partie de sa peine s’il veut
bénéficier d’une mesure de libération conditionnelle.

 La libération conditionnelle est impossible pendant toute la durée de la période de sureté.


 Il existe un temps d’épreuve, temps pendant lequel on les empêche de demander une
mesure de libération conditionnelle.
Pour les peines à temps => la libération conditionnelle peut être accordée lorsque la durée
de la peine accomplie est au moins égale à la durée de la peine à subir (il doit avoir subi au
moins la moitié de sa peine). Limite : le temps d’épreuve ne peut excéder 15 ans (ou 20 ans si
condamné en situation de récidive) / concernant la réclusion criminelle à perpétuité, le
temps d’épreuve est de 18 ans. Le temps d’épreuve peut être diminué par les réductions
(supplémentaires) de peine (pas les automatiques).

Conditions plus substantielles  : Elles tiennent au projet du condamné. Il faut manifester des efforts
sérieux de réadaptation sociale (exercice d’une activité professionnelle, d’un stage, formation
professionnelle etc). La libération conditionnelle peut aussi être justifiée pour des raisons de santé
(nécessité de suivre un traitement médical) ou d’autres raisons comme le fait qu’un détenu doive
s’occuper d’un proche. On retrouve aussi le facteur de l’effort d’indemniser la victime.

Il se peut toutefois que ces conditions classiques soient assouplies à l’égard de certains condamnés
compte tenu de leur situation personnelle particulière.

b) Les hypothèses spécifiques


Hypothèses dans lesquelles ces conditions sont assouplies :

 Condamné de plus de 70 ans (la condition de durée n’est pas applicable si la réinsertion du
condamné est assurée). Les condamnés âgés sont moins à même de supporter les conditions
de détention, ils sont plus vulnérables. Cela s’accompagne aussi qu’on estime que le risque
de récidive diminue considérablement à cet âge-là.
 Condamné qui bénéficie d’une mesure de suspension de peine (détenu dans un état grave =>
si on se rend compte 1an après la mesure de suspension que la situation ne s’améliore pas et
que son état deviendra durablement incomptable avec la détention le condamné sera
soumis à une mesure de libération conditionnelle)
 Condamné qui a un lien avec un enfant (liberté conditionnelle accordée pour tout condamné
dont la peine à exécuter est < à 4 ans ou, pour les peines plus longues, tout condamné dont
la peine restante à effectuer est < à 4 ans). Il faudra observer la force du lien entre le parent
et l’enfant. Le parent doit être titulaire de l’autorité parentale sur l’enfant, et l’enfant doit
être âgé de moins de 10 ans. L’enfant doit avoir sa résidence habituelle chez le condamné.
Ces conditions cumulatives permettent de démontrer un lien fort entre le détenu et l’enfant
qui justifie une mesure de libération conditionnelle. L’objectif est de maintenir ce lien. On
prend en compte l’intérêt de l’enfant.
Limite : ne s’applique pas pour un condamné pour crime ou délit sur un mineur + ne
s’applique pas pour un condamné en récidive
 Le condamné est une femme enceinte de plus de 12 semaines (quel que soit le temps de
peine qu’elle a exécuté). On veut éviter le maintien en détention d’une femme enceinte.
Si une femme accouche en étant détenue, elle pourra garder son enfant avec elle en prison jusqu’à
ce qu’il ait atteint l’âge de 18 mois. Il existe des nurseries/des espaces spécialement aménagés au
sein des établissements pénitentiaires. Si elle souhaite garder son enfant elle devra formuler une
demande au service pénitentiaire d’insertion et de probation => les autorités judiciaires rendront une
décision. Mais à partir d’un certain âge le maintien de l’enfant en détention avec sa mère n’est pas
souhaitable.
c) Le durcissement des conditions
Réforme de 2016 suite aux attentats. A l’égard des étrangers condamnés pour terrorisme, on va
admettre une mesure de libération conditionnelle mais à condition qu’ils quittent le territoire. Dans
cette hypothèse, on admet de libérer de façon anticipée.

B) La prise de décision
Qui peut décider d’accorder ou non la libération conditionnelle ? Tout dépend de la gravité de la
peine concernée.

 Quand la peine prononcée est < ou égale à 10 ans OU quel que soit la durée quand la peine
restant à subir est < ou égale 3 ans => JAP compétent
Quand le condamné a purgé 2/3 de sa peine, la demande de liberté conditionnelle doit
entraîner un débat contradictoire, le JAP ne peut pas prendre rune ordonnance comme ça.
On considère qu’à partir du moment où le condamné a effectué 2/3 de sa peine, la demande
de libération conditionnelle devient plus légitime et doit être favorisée car on arrive vers la
fin de la peine. A contrario, quand le condamné a effectué mois que 2/3 de sa peine, le JAP
n’aura pas à organiser un débat contradictoire et la demande aura moins de chances
d’aboutir.
 Autres cas (décisions lourdes car peines plus importantes) => TAP compétent (procédure plus
formelle/plus lourde = formation collégiale)
La procédure peut être renforcée dans des cas présentant un degré de gravité supplémentaire => on
demande un avis sur l’état de santé/la dangerosité du condamné, le TAP prend sa décision suite à cet
avis pris par des experts concernant la dangerosité du condamné.

L’avocat de la victime partie civile est en droit de faire valoir les intérêts de la victime et présenter ses
observations à ce stade de l’exécution de la peine. La présence de la victime à ce stade pose
question, on peut se demander si c’est justifié car ce qui importe à ce stade est normalement le
projet de réinsertion du condamné alors que la victime est le témoin du passé pénal du condamné.
Cela ne favorise pas la mesure de libération conditionnelle. Cela témoigne la prise en compte accrue
de la victime.

C) Les effets
Objectif : permettre une sorte de détention, le condamné est libéré de façon anticipé, on met un
terme à sa peine plus tôt que prévu. Cette libération est accompagnée d’une contrepartie donc c’est
bien une modalité d’exécution de la peine car contrainte pesant sur le condamné même s’il quitte
l’établissement pénitentiaire.

Mesures d’assistance et de contrôle qui peuvent assortir la libération conditionnelle, c’est le plus
souvent le cas. Ces mesures :

Art 132-44 CPP = mesures de contrôle permettant de surveiller le condamné (recevoir des visites du
service pénitentiaire d’insertion et de probation, prévenir des changements d’emploi ou de domicile,
justifier certains déplacements etc)

Art 132-45 CPP = soumettre le condamné à certaines obligations (suivre un traitement médical ou
certains soins, payement des pensions alimentaires dont il est débiteur etc)
Pendant combien de temps le condamné doit-il respecter ces obligations  ? C’est la décision du JAP
qui va prévoir à la fois la nature des mesures d’assistance et de contrôle mais aussi leur durée. Sur la
question de la durée de ces mesures, le JAP n’est pas entièrement libre car l’art 732 CPP impose un
minimum au juge. Il prévoit que la durée ne peut être < à la durée de la partie de la peine non-subie
au moment de la libération (s’il s’agit d’une peine temporaire). On va donc libérer de façon anticipée
le détenu mais on est toujours sur l’exécution de la peine, on va aller jusqu’au bout de la durée
prononcée par la juridiction de jugement. Le juge ne peut pas aller en-dessous mais a contrario il
peut aller au-delà (par exemple il lui reste 10moi avant la sortie mais on prévoit des mesures pendant
18 mois).

 En cas de réclusion criminelle à perpétuité, la durée des mesures ne peut être < à 5 ans et ne
peut être > à 10 ans.
La libération conditionnelle peut être révoquée (art 733 CPP) en cas de violation des obligations par
exemple. La mesure de liberté conditionnelle n’est pas révoquée automatiquement si l’une des
mesures n’est pas respectée, il faut qu’il y ait une décision du JAP ou du TAP en ce sens (parfois il
peut y avoir une marge d’appréciation). Le juge peut modifier ces mesures et décider de les alléger
ou au contraire en cas de relâchement du condamné être plus sévère dans ces mesures.

La révocation de la libération conditionnelle = le condamné va être de nouveau détenu pour exécuter


la durée de la peine qu’il lui restait à faire. Si le condamné se comporte bien et respecte toutes les
obligations prononcées, la libération devient définitive => on considère qu’il a intégralement exécuté
sa peine, peu importe son comportement postérieur.

Mais désormais, autre mécanisme qui est une autre façon d’éviter la sortie sèche du détenu = la
libération sous contrainte.

II) La libération sous contrainte


Prévue art 720 CPP. Elle peut être comparée à la libération conditionnelle car l’objet est le même
(éviter la sortie sèche, on veut un retour à la liberté progressif). Créée par la loi de 2014 pour
compléter la mesure de libération conditionnelle pas assez utilisée. Dans les faits, elle a elle aussi été
peu utilisée.

Pour essayer de favoriser son usage et renforcer l’aménagement des peines, cette mesure de
libération sous contrainte a été revue par la loi du 23 mars 2019. Dans cette loi, on a entendu faciliter
considérablement les libérations sous contrainte et faire en sorte que la libération sous contrainte
devienne une étape normale du processus d’aménagement de la peine. Premiers chiffres
encourageants (augmentation de 50% de ces mesures). Si ces chiffres sont encourageants, ils ne
suffisent pas car si généralise cette libération sous contrainte et qu’on n’a pas les moyens de suivre
derrière cela revient à organiser une sortie sèche anticipée.

A) Les conditions
Les conditions de la libération sous contrainte peuvent être distinguées en des conditions de fond et
des conditions de forme.
a) Les conditions de fond
Art 720 CPP prévoit des conditions positives et négatives.

Conditions positives importantes :

 Le condamné doit exécuter une ou plusieurs peines privatives de liberté d’une durée totale <
5 ans (on s’intéresse à la peine prononcée, pas encourue). On ne prend pas en compte le
reliquat de peine. Pour les peines plus importantes, cette mesure de libération sous
contrainte ne peut pas être accordée. La libération sous contrainte avait donc vocation à
toucher particulièrement les courtes peines.
 Le condamné doit avoir accompli au moins les 2/3 de sa peine.
La mesure de libération sous contrainte a donc un champ d’application très large. Pourtant, le texte a
exclu certains condamné du bénéfice de cette libération sous contrainte :

- Ceux qui ont fait connaître leur refus d’une libération sous contrainte (s’il ne dit rien on
considère qu’il est consentant, il est exclu s’il fait explicitement part de son refus d’en
bénéficier)
- Les condamnés pour lesquels une requête en aménagement de peine est pendante devant la
juridiction d’application des peines (démarche déjà faite pour obtenir un aménagement de
peine particulier donc on va privilégier ce projet à la libération sous contrainte qui est une
sorte de « droit commun » de l’aménagement de peine)
 Considérations tenant principalement à l’économie procédurale
On ne distingue plus les récidivistes des primo délinquants (nouveauté apportée par la loi du 23 mars
2019). De plus, ici on n’exclut pas les auteurs d’infraction terroriste. La libération sous contrainte a
donc une vocation très large.

b) Les conditions de forme


La situation du condamné doit obligatoirement être étudiée par le JAP, JAP qui va décider d’accorder
ou non la libération sous contrainte (décision après avis de la commission d’application des peines).
Pendant un temps, on avait évoqué une mesure de libération sous contrainte qui serait automatique
(sans prise de décision par un juge) ce qui permettrait de toucher un grand nombre de détenus sans
solliciter trop lourdement les magistrats (économie + moins de surpopulation carcérale). Cela a
toutefois été refusé sur le fondement du principe d’individualisation de la peine.

Il faut une décision du JAP => l’exigence d’une décision juridictionnelle pourrait avoir comme
conséquence de diminuer considérablement le nombre de libérations sous contrainte. Néanmoins,
depuis 2019 ce risque a été réduit car finalement le JAP n’est jamais saisi. On va automatiser cette
procédure dès lors qu’un condamné rempli les conditions prévues par la loi, dans ce cas il est inscrit
et entre dans l’emploi du temps du JAP qui va examiner la situation du condamné. On cherche à
augmenter le nombre de libérations sous contrainte donc ici on n’exige plus de saisines du JAP.

L’art 720 CPP prévoit que le JAP ne peut refuser l’octroi de la libération sous contrainte qu’en
constatant par ordonnance motivée qu’il est impossible de mettre en œuvre ces mesures.

 Exigence de motivation particulière


 Il doit être impossible de mettre en œuvre cette mesure au regard des exigences de l’art 707
CPP (ce n’est pas simplement inadapté, cela doit être impossible)
Quels sont les impératifs de l’art 707 CPP  ? Risque de récidive de la part du condamné ou intérêts de
la victime menacés.
La libération sous contrainte doit devenir le principe, et son refus l’exception. Le JAP peut refuser s’il
y a un risque de récidive ou si les intérêts de la victime sont menacés. Il doit motiver sa décision => il
faut une ordonnance spécialement motivée de la part du juge. L’exigence d’une motivation a parfois
vocation à dissuader le juge de prendre telle ou telle décision (cela prend plus de temps + il doit
s’interroger sur la justification du refus).

Circulaire publiée en 2019 pour accompagner l’application de ce texte  : elle explique quel allait être
le champ d’application de la libération sous contrainte. Elle réaffirme que seule le risque de récidive
et l’intérêt de la victime vont guider la décision du juge. A contrario elle prévoit que d’autres
éléments tels que le comportement en détention ne doivent pas constituer un motif d’opposition à la
mesure. La circulaire ajoute que la libération sous contrainte ne doit pas être considéré comme un
aménagement de peine soumis à la construction d’un projet de sortie, mais comme une étape
normale du parcours d’exécution de la peine. On rompt ici avec la logique des aménagements de
peine qui sont axés sur cette réinsertion. Volonté de faire sortir plus de détenus de détention ? cela
peut accroître les craintes sur les moyens alliés à cette libération sous contrainte (sachant que le juge
n’a que deux hypothèse pour la refuser).

B) Les effets
La libération sous contrainte entraîne l’exécution du reliquat de la peine sous un autre régime (on
quitte le régime de la détention). Le texte donne différentes hypothèses : soit le régime de la
libération conditionnelle, soit la détention à domicile sous surveillance électronique mobile, soit le
placement à l’extérieur ou la semi-liberté. On veut mettre fin à la détention.

Le JAP va choisir la mesure qui lui paraît la mieux adaptée à la situation du condamné, il va donc
personnaliser l’aménagement de la peine. Mais en pratique, avec l’explosion des mesures de
libération sous contrainte, le plus souvent (56% des cas) le JAP choisi la détention à domicile avec
bracelet électronique (en second lieu c’est la semi-liberté qui est choisie). On n’a pas de libération
conditionnelle car elle nécessite plus de personnalisation et plus de suivi. Quel que soit l’hypothèse,
le condamné va être contraint de respecter le régime qui va lui être appliqué => ce régime va
s’appliquer sur tout le temps qu’il lui restait à effectuer pour sa peine. On a donc converti la peine
mais on est toujours dans la phase d’exécution de la peine.

S’il ne respecte pas les obligations imposées, il sera réincarcéré.


Sous-section 3 : La suspension et le fractionnement de la peine
I) Le cas général
La suspension et le fractionnement de la peine dans le cas général = art 720-1 CPP.

Une première condition tient à l’infraction commise. Le législateur ne vise que les délits et ne
permet pas de suspension de peine en matière criminelle (car il parle d’emprisonnement). Sont aussi
exclus les auteurs d’actes terroristes.

Autre condition relative à la durée de la peine à exécuter : il faut qu’il reste à subir par la personne
condamnée une peine d’emprisonnement < ou égale à 2 ans. Le reliquat de peine doit être < ou égal
à 2 ans. Une demande peut donc intervenir dès le début de la peine dans le cas d’une courte peine
d’emprisonnement. On ne s’interroge pas sur la durée d’emprisonnement prononcée, seul le reliquat
est ici pris en compte. A noter qu’en cas d’autorité parentale sur un enfant de moins de 10 ans
résidant au domicile du prévenu ou femme enceinte de 12 semaines, le reliquat de la peine restant à
exécuter s’élève à 4 ans au lieu de 2 ans.

Le motif invoqué pour demander une suspension ou un fractionnement de la peine : la peine peut
être suspendue ou fractionnée pour motif d’ordre médical, familial, professionnel ou social. Ce n’est
pas le comportement du condamné qui importe, on ne tient pas compte de son comportement ou
des efforts fournis. Ce sont des motifs extérieurs à lui qui justifient qu’on suspende ou fractionne sa
peine (par exemple s’il a un travail on peut fractionner la peine pour qu’il continue à exercer sa
profession). Ce sont les juges qui apprécient souverainement ces motifs (décision prise par le JAP, pas
de caractère automatique). Ce n’est pas parce qu’il y a un motif qui justifie qu’on suspendue ou
fractionne la peine qu’on ne contrôle plus le condamné.

Le JAP va décider de tout : suspension, fractionnement, obligations qui vont les accompagner ou non.
Il peut modifier une décision de la juridiction de jugement car celle-ci peut décider de la suspension
ou du fractionnement de la peine. Cette décision peut être modifiée ultérieurement par le JAP.

 Suspension  : on reporte l’exécution de la peine, pendant un moment la peine n’est plus du


tout exécutée (la durée de suspension ne peut pas être > à 4 ans)
 Fractionnement  : on alterne des moments d’exécution de la peine et des périodes sans
exécution de la peine (fraction d’une durée minimum de 2 jours et durée de détention d’une
durée minimum de 2 jours)
Le JAP peut prononcer pendant le fractionnement de la peine des obligations. Il va veiller au respect
des intérêts de la partie civile pendant les moments où le condamné retrouve sa liberté. Si le
condamné ne réintègre pas l’établissement pénitentiaire lorsqu’il le doit => pas de texte précis sur
cette situation donc on applique une sorte de droit commun. Le JAP pourra lui faire perdre le
bénéfice du fractionnement de la peine + le condamné peut être poursuivi pour évasion + le
condamné pourra faire l’objet de poursuites ou de sanctions disciplinaires en détention.

Les textes prévoient une durée maximale identique car le fractionnement de la peine ne peut pas
dépasser 4 ans en tout.

II) Le cas particulier


Art 720-1-1 CPP récemment modifié par ordonnance de septembre 2019. Hypothèse dans laquelle le
condamné est gravement malade, on ne veut pas qu’il soit maintenu en détention car ce n’est pas
conforme aux droits fondamentaux et ce n’est pas utile car il n’est pas dangereux. Ici, la suspension
de peine peut être ordonnée quel que soit la durée de la peine ou sa nature. Le condamné doit être
atteint d’une pathologie engageant son pronostic vital ou si leur état psychique ou physique est
incompatible avec le maintien en détention.

On va exiger une expertise médicale. Mais en cas d’urgence la suspension peut être ordonnée sur
présentation d’un certificat médical par le médecin de l’établissement.

On a une exigence procédurale classique => le Juge d’Application des Peines va prendre la décision
de suspendre la peine SAUF pour les peines les plus lourdes (peines > 10 ans d’emprisonnement) où
le TAP peut être saisi de cette question. Un débat contradictoire aura lieu et le condamné sera
représenté par son avocat lorsque son état fait obstacle à son audition. En pratique, certains
condamnés dont l’état de santé est vraiment mauvais sont maintenus en détention.