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Les stratégies du régime algérien pour soumettre la Kabylie

Par : D.Messaoudi

La Kabylie, une région particulièrement montagneuse, se situe à l’Est d’Alger et compte aujourd’hui environ
5 000 000 d’habitants, dont +99% sont kabylophones d’origine. Cette région, pourtant connue pour sa
farouche résistance à l’armée coloniale française, n’a eu comme reconnaissance, après la soi-disant
indépendance, que totale ingratitude aussi bien de la part des populations arabes et berbères acquises aux
thèses islamo-panarabistes prônées par les Ulémas et les intellectuels arabisants algériens, que du régime
illégitime qui s’est autoproclamé garant des constantes nationales qui excluent toute référence à
l’amazighité / kabylité. Bien entendu, ce traitement raciste et négationniste n’a pas laissé les Kabyles
indifférents. En plus des pressions continues des mouvements kabyles, de véritables révoltes populaires
ont maintes fois ébranlé le pouvoir central en Kabylie (1963, 1980, 2001). Entre-temps, le pouvoir algérien
a mis au point une multitude de stratégies de défense et d’attaque qui visent à réformer la société kabyle,
qui aspire à la liberté, dans le sens de l’emmener, à moyen terme, vers la déstructuration et la destruction,
et, à long terme, vers sa reconstruction sur des bases qui assureront sa totale subordination. Des
stratégies élaborées par le régime algérien pour faire face au phénomène kabyle, deux se sont avérées
vraiment dangereuses pour l’entité kabyle : l’arabisation et l’islamisation à outrance ou l’usage politique de
l’islam.

1. Arabisation :

Les premières tentatives d’imposer la langue arabe en Kabylie datent déjà de la période coloniale. En
1948, un an après le début de la crise berbériste, les Ulémas algériens, sous la leadership du panarabiste
Mohamed Al-Bachir Al-Ibrahimi, écrivaient dans leur journal Al-Bassaïr que « la langue arabe est une
épouse libre et qui n’a pas de coépouse », rejetant ainsi clairement la langue berbère que les berbéristes
(tous d’origine kabyle) introduisaient en scène comme un élément constituant de l’identité algérienne.
Ensuite, à partir de 1949, Messali Lhadj et ses partisans, s’appuyant sur le soutien des Etats arabes
d’orient, lancèrent leur « l’Algérie est un pays arabe. Elle doit se tourner vers les pays du Proche-Orient,
devenir une composante de la nation arabe», excluant ainsi sans ambiguïté l’élément amazigh.
A l’indépendance, et après l’étouffement dans le sang de la révolte de 1963 qui a soulevé encore une fois
la question identitaire, le régime algérien, envahi par une horde de baathistes stationnés aux frontières
algéro-tunisiennes, mit au point un véritable programme de dépersonnalisation de la Kabylie. Ainsi, durant
la période qui s’étale de 1963 à 1988, il était strictement interdit de parler en kabyle dans l’armée,
l’administration et les tribunaux, forçant par conséquent les Kabyles à apprendre l’arabe et à l’utiliser même
quand ils s’y adressaient aux membres de leur famille (voir ‘pièce à conviction’, de Arezki Aït Larbi). C’est
également pendant cette période que l’Etat algérien a fait venir dans les écoles de la Kabylie les
coopérants arabes (Egyptiens, Syriens, Irakiens, Palestiniens) pour contraindre nos écoliers à ne
s’exprimer qu’en arabe en classe. Et pour renforcer la présence de la langue arabe en Kabylie, le régime
de Boumediène avait lancé son programme de « mille villages socialistes », villages qu’il avait fait
construire en pleine Kabylie et qu’il avait fait habiter par des nomades arabes (voir les villages ayant
accompagnés les coopératives agricoles près de Imcheddalen, Bouira). Quant à l’administration, elle
s’adonnait à volonté à la falsification des toponymes de la Kabylie en faveur de la langue arabe. Ainsi, en
leur appliquant des structures de substantifs arabes, « Ilmaten » est devenu « El-Maten », « Imcheddalen
», devenu « M’chedellah », « Tala-G’udi », devenu « Ain Zebda », « Iazzugen » devenu «Azazga » ; bref le
visiteur se croirait dans n’importe qu’elle autre région arabophone de l’Algérie. Et quand à partir de 1980,
sous l’influence des mouvements berbères, les Kabyles commençaient à réclamer l’utilisation officielle des
prénoms amazighs, les autorités algériennes répondirent par la distribution dans les services de l’état civil
d’un dictionnaire de prénoms arabes !

Après « l’ouverture » du paysage politique en 1989, la langue berbère, ses défenseurs et la Kabylie
entière, commencèrent à subir une attaque généralisée de la part des gens ordinaires et des personnalités
politiques et culturelles se ressourçant de l’islamo-baathisme prévalant au Moyen-Orient. Ainsi, pour
dérouter les Kabyles accusés, en plus de berbérisme, de « hizb frança », en raison de leur utilisation de la
langue française au détriment de l’arabe, une loi pour la généralisation de la langue arabe fut votée par les
députés le 17 novembre 1990. Irrités par cette loi, les Kabyles durcirent le ton et réclamèrent la
constitutionnalisation immédiate de tamazight. Manipulateur, et allant en même temps à contre sens de ce

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qui se faisait en Kabylie, l’ex-président de la république Chadli Bendjedid répondit à un journaliste de
l’ENTV qu’il n’était pas contre tamazight, mais que celle-ci ne devrait être écrite qu’en caractères arabes.
Cette opinion fut ensuite reprise par le chef du parti islamiste MSP, Abddullah Djabullah, qui déclara
hypocritement que « nous ne sommes pas contre tamazight, mais il faut l’écrire en caractères arabes ».

Ces tentatives d’imposer à la langue berbère les caractères arabes, et en filigrane d’entraver le
développement de la langue et de la culture berbères, ne se sont pas limitées aux simples déclarations
orales via l’organe de la propagande gouvernementale, l’ENTV, mais elles les ont dépassées pour
atteindre la publication d’articles de presse et de livres, qui font l’éloge de la langue arabe dans le but aussi
de provoquer un complexe d’infériorité en les Kabyles qui réclament trop haut leurs droits linguistique et
culturel. Rien qu’à la lecture des titres suivants, le lecteur se rendra sans doute compte de l’ampleur de
l’acharnement des tenants de l’islamo-baathisme contre tamazight et ses seuls vrais défenseurs, les
Kabyles : « Faire face au berbérisme en Algérie ; par Dr Mohamed Ali Fara, in Akhbar Al-Usbua N° 152, du
10.09.2004 », « Le mouvement berbère, un retour vers l’âge d’ignorance, par B. Khadidja, in Al-Massa, du
30.05.1990 », «La Kabylie n’est qu’une mythologie coloniale française, par Abdesselam Kadi, in El-Watan
du 25.08.2004 », « Nous sommes des Arabes, les députés nous ont berbérisés, par Tayeb Yanoune, in El-
Youm du 13.05.2002 », « L’arabité de l’Algérie à travers l’histoire, par Othmane Sadi », etc.

Et comme si cette littérature, encouragée d’ailleurs par l’Etat lui-même, ne suffisait pas pour effacer la
spécificité kabyle, les adeptes du panarabisme se mirent à désigner à la vindicte publique les intellectuels
et les artistes kabyles qu’on décrit comme séparatistes, athées, racistes, pro-sionistes, et bien d’autres
qualificatifs qui avaient à maintes reprises forcé le fanatisme des fanatiques à se traduire sur le terrain par
de véritables actes criminels. Ce fut ainsi que la Kabylie avait perdu en 1993 l’un de ses brillants écrivains
et journalistes, Tahar Djaout, et en 1998 l’un de ses illustres chanteurs, Lounès Matoub.
Puis récemment, et plus exactement du 5 au 7 décembre 2006, à Sidi Fredj, l’Etat lança un Colloque
international sur l'aménagement de tamazight, présidé par le Dr Abderezzak Dourari qui affichait presque
ostensiblement sa préférence pour le système d’écriture arabe. Après cette énième tentative d’empêcher
tamazight d’avancer, les Kabyles découvrirent encore avec étonnement que l’interface du site de la radio
chaîne II (radio publique d’expression kabyle) avait été changée : les caractères arabes avaient pris la
place des caractères latins qui servaient de système d’écriture pour taqbaylit. Non satisfait, les autorités
arabistes algériennes ont récemment créé une télévision amazighe (TV-4) dont le générique est arabisé et
dont les thèmes arabo-islamisés à tel point qu’il ne reste qu’une insignifiante marge pour la langue, la
culture et l’histoire amazighes.

2. Surislamisation et usage politique de l’islam :

Sachant que certaines lectures du Coran conseillent aux croyants d’obéir, autrement dire de se soumettre,
aux responsables, les autorités algériennes, dans un but purement politique, s’étaient mis dès
l’indépendance à favoriser certains aspects de l’éducation religieuse au sein de la société algérienne. Dans
le cas de la Kabylie, l’Etat encourageait, plus que dans toute autre région d’Algérie, la création de
confréries religieuses (zawiats) et la construction de mosquées. La wilaya de Tizi-Ouzou compte
aujourd’hui, selon certaines estimations, le plus grand nombre de mosquées en Algérie, 731 sur le total de
15 000, soit près de 50% à elle seule ! Ces lieux, zawiats et mosquées, dédiées en apparence uniquement
au culte, servent en réalité aussi à la manipulation des esprits. La preuve est que durant les événements
du Printemps Noir, et dans d’autres événements qu’a connus la Kabylie, certains prêches n’étaient presque
que des copies de discours manipulateurs que servent les autorités algériennes aux Algériens via l’ENTV.

La télévision et la radio publiques algériennes sont fermées presque à tout ce qui est kabyle, à l’exception
de la religion. Dans un kabyle exagérément arabisé – les prêches constituent un autre moyen d’arabisation
– les imams et théologiens invités chaque soir aux plateaux de la télévision et de la radio algériennes,
délivrent des prêches dans lesquels toute coutume et tout comportement qui ne soit pas d’origine orientale
est « haram », interdit. Même nos plus glorieux guerriers, nos plus sages personnalités, nos plus illustres
savants, et nos plus célèbres femmes, ne servent point de références et d’exemples d’humanisme et de
bravoure pour nos imams et théologiens ébahis devant les exploits souvent mythiques des Arabes du
Moyen-Orient. Et lorsque ces derniers mois les autorités algériennes ont été informées par la presse écrite
du « prosélytisme » pratiqué par certains chrétiens en Kabylie, des dizaines de conférences, animées par
des soi-disant savants de l’islam importés du Moyen-Orient, ont été organisées à Tizi-Ouzou même où plus

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de 400 imams ont été aussi dépêchés par Ghoulamallah pour enseigner aux Kabyle le bon islam !
Pourtant, le phénomène d’évangélisation n'est pas propre à la Kabylie.

Et comme tous les moyens sont bons dans cette guerre livrée aux consciences éveillées, même Bouteflika
use de son influence en tant que premier magistrat du pays et déclare que « nous sommes des Imazighen
que l’islam a arabisés ». À comprendre qu’en acceptant l’islam, on doit automatiquement accepter
l’arabisation. Bon attrape-nigaud !

Mais la plus dangereuse stratégie du régime algérien en Kabylie reste la création de maquis islamistes. Il
fut un temps où la Kabylie, en raison de la paix qui y régnait, était appelée « la Suisse de l’Afrique du Nord
». Bien évidemment, cette paix, due à l’inexistence des intégristes islamistes, permettait aux Kabyles
d’activer pacifiquement en faveur de leurs causes comme tamazight et la démocratie, ce qui dérangeait
beaucoup le pouvoir central. Il fallait donc pour celui-ci de trouver un moyen pour occuper les Kabyles, les
lasser, les étouffer. On laissa alors ouvertes les portes de la Kabylie, désertée par les forces de sécurité, et
on se mit à exercer une grande pression sur les islamistes dans les autres régions pour les amener à se
réfugier en Kabylie. Ce qui fut fait pour donner l’occasion aux forces gouvernementales d’intervenir en
Kabylie, en apparence, en sauveur. Mais on n’est pas dupe: la situation actuelle dans laquelle se trouve la
Kabylie ne rétrécit pas uniquement le champ de lutte pacifique des Kabyles, mais elle crée également des
conditions favorables à la liquidation des intellectuels et artistes kabyles. N’est-ce pas dans de telles
circonstances que le militant du FFS, Rabah Aïssat, fut assassiné en octobre 2006 à Aïn Zaouia, presque
en plein jour, alors que la Kabylie est dite quadrillée par l’ANP ?

En conclusion, quelque soit la nature du plan mis au point par le pouvoir algérien pour dépersonnaliser et
soumettre la Kabylie, celle-ci restera toujours attachée fièrement à son identité et demeurera toujours
rebelle jusqu’à son émancipation de toutes les forces du mal qui la hantent.