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Introduction

La technique est à la fois considérée comme un moyen au service de l’homme et


comme une menace à l’égard de la nature et de l’homme. D’une part, la technique provoque
en l’homme l’espoir d’une libération. Et d’autre part, elle engendre le sentiment de la crainte
d’un asservissement, d’une aliénation. Il y a donc une ambivalence qui sous-tend le rapport de
l’homme à la technique. Ambivalence parce que la technique confère à l’homme une volonté
de puissance sur la nature en paraphrasant l’expression nietzschéenne. Autrement dit, la
technique permet à l’homme de devenir tout ce qu’il est possible qu’il devienne par
l’accroissement de sa puissance. Ambivalence parce que la technique asservit l’homme par les
machines, par sa dépendance.
En général, la technique constitue l’ensemble des moyens mis en œuvre en vue d’une
fin. En particulier, la technique est l’ensemble des objets créés par l’homme en vue de
maîtriser la nature. En ce sens, la technique est anthropologique et instrumentale comme
l’entend Heidegger dans La Question de la technique. Les instruments, les outils, les
machines sont des médiats qui permettent de suppléer à la faiblesse naturelle du corps humain
et d’alléger la pénibilité du travail humain. La technique instrumentale permet la délégation.
Cette délégation libère du temps et de l’énergie. Ainsi l’homme peut-il se consacrer à autre
chose. En effet, l’homme libéré peut alors s’adonner aux loisirs et à l’oisiveté.
Toutefois, si la technique donne la liberté à l’homme, c’est certes la promesse d’une
tentation mais c’est aussi problématique. D’une part, la promesse d’une tentation permet
d’accroître la volonté de puissance de l’homme et de le rendre indépendant à l’égard des
contraintes naturelles.
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La liberté est indépendance comme affranchissement des contraintes naturelles et de la
pénibilité du travail. Toutefois, cette définition a une double signification. D’une part, être
libre c’est ne plus être dépendant des aléas climatiques, être soumis à l’hostilité de la nature.
L’homme se construit un habitat pour se protéger. L’homme chasse et cueille pour satisfaire
sa faim. Assurer sa survie est la condition première de la liberté humaine. Etre libre c’est
améliorer ses conditions d’existence en vue de bien vivre. Nous rejoignons le vœu de
Descartes à la Sixième partie du Discours de la Méthode. Pour Descartes, la connaissance des
lois de la nature ouvre des perspectives incommensurables et donne un pouvoir sans limites à
l’homme. La fin visée par la technique au sens cartésien est de « nous rendre comme maîtres
et possesseurs de la Nature ». En effet, les hommes se demandent quels usages ils peuvent
faire de la nature. Et de ce point de vue, la technique détourne les hommes des fins de la
nature. La nature n’est plus conçue comme fin mais comme moyen. La nature est
subordonnée à l’usage et à l’utilité de la vie humaine. Et subordonner la nature à l’utilité
humaine permet de reconnaître les défauts et les imperfections de la nature et de chercher à y
remédier par des inventions techniques. La technique corrige les défauts naturels. . Et d’autre
part, l’homme est libéré des corvées pénibles du travail. La technique accroît la liberté en
augmentant la puissance. Autrement dit, plus il y a de technique et plus il y a de liberté.
Certes, la technique accroît à la fois la liberté et la puissance humaines car elle est le médiat
entre l’homme et la nature. Mais quelles en sont les conséquences ?

La liberté ne peut pas être définie par le seul accroissement de la puissance. En effet,
la technique est la condition nécessaire mais non suffisante de la liberté. Etre libre par la
technique ne consiste pas de disposer de moyens en vue d’une fin. La technique est
instrumentale. Elle permet à l’homme d’atteindre une fin visée. Mais la technique ne sert pas
à viser une fin bonne ou mauvaise. La technique donne à l’homme les moyens de s’affranchir
des contraintes naturelles et des contraintes pénibles du travail. Mais elle n’indique pas à
l’homme si les conséquences de cette double libération sont souhaitables. En ce sens le vœu
de Descartes n’a pas été entendu. Certes, Descartes appelait de ses vœux le développement de
la médecine en vue de l’amélioration des conditions de vie. Cette liberté comme volonté de
puissance est rejetée par Platon dans Le Protagoras. Suite au vol du feu par Prométhée, il n’en
demeure pas moins que l’espèce humaine est indéniablement vouée à la disparition. En effet,
les hommes vivent de manière dispersée dans la nature. Mais ils sont menacés par les bêtes
féroces qui les tuent. Le savoir technique est tragiquement insuffisant. Le savoir politique leur
manque cruellement. Alors, les hommes cherchent à se rassembler pour lutter contre les bêtes
sauvages et pour se protéger mutuellement. Mais lorsqu’ils se rassemblent ensemble en créant
la cité, leur survie n’en est pas pour autant garantie. En effet, en vivant ensemble, les hommes
commettent des injustices car ils ne savent pas se gouverner vu qu’ils n’ont pas le savoir
politique. Les hommes vont vers la destruction, la disparition.
D’autre part, l’homme est aliéné quand il accomplit une tâche uniforme et répétitive. La
répétition de la tâche dépouille le travail de tout intérêt et atrophie les capacités humaines. Le
fordisme et le taylorisme ont systématisé ce type de travail aliénant, en décomposant à
l’extrême les gestes sur les chaînes de production. . Le projet du Capital montre que le
fonctionnement capitaliste a nécessairement besoin de l’exploitation. Et l’exploitation est le
résultat du fonctionnement du système capitaliste. C’est une idée révolutionnaire. Le
capitalisme est une formation sociale où l’exploitation est présente.

Heidegger soutient que la technique moderne est dangereuse au sens où l’homme ne


s’interroge plus sur son essence. En ce sens, l’homme court-il vers la catastrophe ? En 1966,
Heidegger donne un entretien au journal allemand Spiegel. A cette conception pessimiste de
l’usage de la technique, Heidegger soutient la chose suivante : « Seul un dieu peut nous
sauver. ». Autrement dit, l’homme est impuissant à se libérer de l’emprise de la technique. A
la question de savoir si la technique libère l’homme, il faut répondre que la technique aliène
l’homme, c’est-à-dire qu’il faut libérer l’homme de la technique. Le propos de Heidegger
souligne que l’homme ne peut se libérer seul de la technique. Seul un dieu a la capacité de
libérer l’homme. En effet, la technique permet une certaine forme de libération de l’homme
qui le conduit à de nouvelles formes d’asservissement. La réponse à la question de savoir si la
technique libère l’homme est celle du questionnement de l’homme sur l’essence de la
technique.